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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Les élèves de l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique, qui a déménagé au plateau de Saclay en septembre 2017, témoignent d’un enclavement pesant.
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A l’Ensae, « faute de bouger facilement, les étudiants s’investissent dans les associations »

Les élèves de l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique, qui a déménagé au plateau de Saclay en septembre 2017, témoignent d’un enclavement pesant.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h32
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 18h49
    |

            Adrien de Tricornot








                        



                                


                            

C’est un beau cube de verre, de béton et d’acier, qu’une soucoupe volante semble avoir déposé à côté de l’école Polytechnique, sur le plateau de Saclay, dans l’Essonne. L’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae) s’y est installée en septembre 2017. Ses élèves de première année sont logés dans la résidence étudiante voisine, construite en même temps, et y bénéficient d’un restaurant universitaire ouvert à midi et en service restreint le soir, mais pas le week-end.

Flambant neuf, le nouveau campus de l’Ensae, autour duquel les travaux continuent, tranche à côté des logements défraîchis des élèves de la prestigieuse école militaire. Il est désormais situé à une bonne heure de Malakoff, en bordure de Paris, où l’école était précédemment implantée. « On a un superbeau campus. Le gros point négatif, en revanche, c’est les transports, explique Xavier Van Poelvoorde, président du bureau des élèves (BDE). Le pire c’est quand il neige » : en février, l’Ensae a dû fermer trois jours, laissant un peu seuls ses élèves logés sur place dans leurs résidences étudiantes.
Même quand les cieux sont cléments, le quotidien des étudiants est marqué par l’offre limitée de transports, comme l’explique M. Van Poelvoorde :
En dehors des créneaux de 8 heures à 10 heures et de 16 heures à 19 heures, c’est l’enfer. Et dès qu’on veut aller ailleurs, on est dépendants d’Uber : HEC est à cinq minutes en voiture mais facilement à quarante-cinq minutes en transports… »

« Pour mon stage à Paris, je vais loger sur place »
« Comme le plateau est mal desservi, on va peu à Paris. S’il était mieux connecté, on aurait l’occasion de découvrir la capitale. On n’a pas accès à la nuit parisienne, ou alors il faut partir tôt et revenir au petit matin », ajoute Sofian El-Atifi, représentant des élèves de première année. Il y a bien les VTC, mais à 40 ou 50 euros la course, ils sont trop...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ [Semaine de la presse 2018] Les rares études évaluant l’impact de cette pollution sur les bêtes permettent de révéler plus vite des risques invisibles pour la santé.
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Pollution de l’air : les animaux, des sentinelles pour l’homme

[Semaine de la presse 2018] Les rares études évaluant l’impact de cette pollution sur les bêtes permettent de révéler plus vite des risques invisibles pour la santé.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h21
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 18h43
    |

            Faustine Vincent








                        



   


Ce sujet a été proposé à une journaliste du Monde par onze élèves de 4e du collège Henri-IV de Meaux, le 19 mars, à l’occasion de la Semaine de la presse 2018, lors d’une visite à la rédaction du journal. 
Le canari était jadis un célèbre lanceur d’alerte. Quand les hommes descendaient dans les mines de charbon, ils l’emportaient avec eux pour être avertis quand la concentration en monoxyde de carbone devenait potentiellement mortelle. L’oiseau, vingt fois plus sensible que l’homme à ce gaz très toxique mais inodore et incolore, prévenait du danger en tombant de son perchoir, asphyxié. Il ne restait alors qu’une dizaine de minutes aux mineurs pour sortir et échapper à la mort.
Dans les mines hier comme dans les zones urbaines aujourd’hui, les animaux sont aussi exposés que les hommes à la pollution de l’air. On peut évaluer ses ravages chez les êtres humains : plus de 500 000 morts prématurées par an en Europe, dont 45 840 en France, selon l’Agence européenne de l’environnement. En revanche, on ignore ce qu’il en est pour les animaux. L’équivalent de l’agence Santé publique France et de l’Assurance-maladie (qui observent en permanence l’état de santé des Français) n’existant pas pour eux, il est impossible de mesurer l’impact de cette pollution de façon globale et systématique. Et les études sur le sujet sont rarissimes.
« Personne ne s’intéresse à ça, regrette Martine Kammerer, professeure de toxicologie animale et responsable du Centre antipoison animal et environnemental de l’Ouest. Je le déplore, parce que la pollution atmosphérique participe des problèmes respiratoires et du développement de cancers chez les animaux de compagnie. » A défaut de statistiques, elle fait valoir le « bon sens » : « Ils respirent le même air que nous, donc ils en subissent les mêmes effets, surtout les plus âgés et les plus fragiles. »
« On a découvert que les chats avaient des phtalates dans le sang. C’était une grande surprise »
Les risques sont plus marqués pour les chiens en ville, dont le museau est au niveau des pots d’échappement, provoquant des troubles respiratoires. Les chats sont eux aussi vulnérables au dioxyde d’azote, aux particules fines et aux hydrocarbures ; en particulier les asthmatiques. « C’est certain, mais difficile à chiffrer », précise la professeure. D’autant que les pics de pollution ne se traduisent pas forcément par une hausse des consultations vétérinaires.
A l’image du canari dans les mines, les animaux de compagnie peuvent pourtant jouer un rôle de « sentinelle » pour les hommes : étudier l’impact de la pollution atmosphérique sur eux permet de collecter des données sur la composition de l’environnement, et de révéler plus rapidement des risques invisibles pour la santé.

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La docteure vétérinaire Brigitte Enriquez, professeure émérite de l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort, a ainsi mené une étude sur des chats à Paris en 2016. « On a découvert qu’ils avaient des phtalates dans le sang. C’était une grande surprise, car l’environnement [où ils évoluaient pour l’expérience] était “pauvre”, sans objets plastique alentour. » Elle en a conclu que des phtalates étaient présents dans l’air extérieur. Les chats ont ici servi d’« indicateurs d’exposition » à la pollution. Mais les effets de cette exposition, eux, peuvent varier entre les animaux et les humains, dont la sensibilité n’est pas la même. La prudence est donc de mise avant de transposer telles quelles les observations faites sur les bêtes.
Pour autant, Brigitte Enriquez juge « essentiel » d’étudier cette question. « Pendant des décennies, le discours consistait à dire que les hommes étaient une espèce à part, sur son piédestal, et qu’on ne pouvait pas les comparer avec les animaux, se souvient cette pionnière sur le sujet en France. La prise de conscience de l’intérêt d’étudier les animaux est venue tardivement. »
Des répercussions sur la chaîne alimentaire
La mystérieuse maladie observée dans les années 1950 au Japon dans la baie de Minamata, contaminée par le mercure que déversait l’usine chimique voisine, a servi de déclic. Les chats qui ont mangé des poissons malades ont eu rapidement un comportement anormal : ils devenaient fous et se jetaient dans la mer. Des années plus tard, pêcheurs et habitants ont, à leur tour, développé des symptômes physiques et neurologiques. Premier cas d’intoxication environnementale à grande échelle, le scandale a mis au jour le fait que « les chats pouvaient être des animaux sentinelles en servant d’indicateurs d’exposition et d’effet neurologique », souligne Brigitte Enriquez. Il a aussi mis en évidence « l’importance et le fonctionnement de la chaîne alimentaire ».
Et plus on est haut dans la chaîne alimentaire, comme l’homme, plus la concentration des polluants - ingérés en bas de la chaîne par les plus petits animaux - s’accentue. Les scientifiques appellent cela « phénomène de biomagnification » ou « bioaccumulation ». « Les polluants s’accumulent au fur et à mesure dans les graisses des animaux, explique Renaud Scheifler, écotoxicologue et maître de conférences au laboratoire de chrono-environnement du CNRS. Une algue contenant 0,1 microgramme par kilo [de polluant] va ainsi passer à 10 000 chez l’ours polaire en bout de chaîne. Mais on peut parfois passer d’un coefficient de 1 à un million ! » D’où l’intérêt de ne pas négliger l’observation de l’impact de la pollution même sur les plus petits animaux.
Les vers de terre et les merles des villes trois fois plus contaminés que ceux des champs
C’est ce qui a incité Renaud Scheifler à se pencher en même temps sur la contamination au plomb des vers de terre et sur celle des merles, qui les mangent. L’idée était de voir si les oiseaux pouvaient être encore contaminés par ce métal lourd potentiellement toxique – dégagé pendant des décennies par les pots d’échappements puis retombé sur le sol – malgré l’interdiction du plomb dans les carburants depuis le 1er janvier 2000. « On s’attendait à ce que [le plomb] passe par voie alimentaire », précise l’écotoxicologue. L’hypothèse s’est confirmée : les vers de terre et les merles des villes étaient trois fois plus contaminés que ceux des champs. Le plomb, qui peut rester des millénaires dans la terre, a continué d’être ingurgité par les vers de terre, eux-mêmes consommés par les merles.
A plus grande échelle, l’impact de la pollution de l’air sur les animaux en zone urbaine reste à défricher. « C’est LE gros sujet de demain, assure Renaud Tissier, professeur de pharmacie-toxicologie. D’abord parce qu’on parle de plus en plus du bien-être animal, mais aussi parce que les animaux peuvent jouer ce rôle de sentinelle pour l’homme. » Et pas seulement les canaris.

Les principaux composants de la pollution de l’air
Les principaux polluants atmosphériques se classent dans deux grandes familles bien distinctes, explique l’association Airparif, qui surveille la qualité de l’air en Ile-de-France : les polluants primaires et les polluants secondaires.
Les polluants primaires. Ils sont directement issus des sources de pollution (trafic routier, industries, chauffage, agriculture...). Il s’agit par exemple des oxydes de carbone, des oxydes d’azote, des hydrocarbures légers, des particules (les plus fines sont dix fois plus petites que l’épaisseur d’un cheveu, mais peuvent entraîner des maladies graves), et des métaux comme le plomb ou le mercure.
Les polluants secondaires. Ils ne sont pas directement rejetés dans l’atmosphère mais proviennent de réactions chimiques de gaz entre eux. C’est le cas notamment des particules secondaires, de l’ozone et du dioxyde d’azote.
Par ailleurs, les phtalates sont des produits chimiques couramment utilisés dans les matières plastiques, mais aussi présents dans les cosmétiques, les vêtements, les jouets, etc.



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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Le caporal Arthur Noyer, du 13e bataillon de chasseurs alpins (BCA), a disparu dans la nuit du 11 au 12 avril 2017 près de Chambéry. Son crâne a été retrouvé et identifié.
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Meurtre du caporal Noyer : audition de Nordahl Lelandais et transport de justice

Le caporal Arthur Noyer, du 13e bataillon de chasseurs alpins (BCA), a disparu dans la nuit du 11 au 12 avril 2017 près de Chambéry. Son crâne a été retrouvé et identifié.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h15
   





                        



   


Nordahl Lelandais, entendu jeudi 29 mars à propos de la mort d’Arthur Noyer, militaire qu’il est soupçonné d’avoir assassiné en avril 2017, a été transporté par les enquêteurs sur le lieu où les ossements de la victime avaient été découverts, en Savoie. Rien n’a filtré des éventuelles déclarations du suspect, ni des raisons de son transport sur les lieux de la découverte des restes de la victime.
L’ancien maître-chien dans l’armée, âgé de 35 ans, déjà mis en examen pour le meurtre de la petite Maëlys, dans l’Isère, a été extrait dans la matinée de l’unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) de la prison de Lyon-Corbas, au sein de l’hôpital psychiatrique du Vinatier, à Bron, où il est détenu. Il avait été hospitalisé à la mi-février, deux jours après avoir avoué avoir tué Maëlys « accidentellement ».
Arrivé à la mi-journée au palais de justice de Chambéry, Nordahl Lelandais en est ressorti environ trois heures plus tard quand, vers 15 heures, un convoi s’est mis en route. La juge d’instruction et des enquêteurs ont pris place dans des fourgons de la gendarmerie, ainsi que le suspect et son avocat, Me Alain Jakubowicz, qui n’a pas souhaité s’exprimer.
Crâne retrouvé en septembre et identifié
Ils se sont rendus à Cruet, petite commune de Savoie, au pied du massif des Bauges et proche de Montmélian, à une vingtaine de kilomètres de Chambéry. C’est là avaient fait savoir les autorités judiciaires que les restes du crâne du caporal Noyer avaient été retrouvés sur un chemin par un promeneur en septembre et identifiés par la suite.
Cette découverte avait conduit à la mise en examen du suspect en décembre, qui se fonde notamment sur des expertises téléphoniques, son appareil ayant borné aux mêmes endroits et aux mêmes moments que celui de la victime. D’autres ossements ont depuis été retrouvés sur les lieux.

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Le 5 février, Nordahl Lelandais avait déjà été longuement entendu à propos de ce dossier dans lequel il est mis en examen depuis décembre. Il avait alors reconnu avoir pris en stop le militaire de 23 ans le soir des faits, sans avouer l’avoir tué, ce dont la justice le soupçonne.
Le caporal Arthur Noyer, membre du 13e bataillon de chasseurs alpins (BCA), avait disparu dans la nuit du 11 au 12 avril 2017 près de Chambéry après être sorti en boîte de nuit.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Dominique Schnapper, sociologue et présidente du conseil des sages de la laïcité à l’éducation nationale, a répondu aux questions des lecteurs du « Monde.fr ».
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Mort de Mireille Knoll : « L’antisémitisme est un signe inquiétant de l’affaiblissement de la démocratie »

Dominique Schnapper, sociologue et présidente du conseil des sages de la laïcité à l’éducation nationale, a répondu aux questions des lecteurs du « Monde.fr ».



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h05
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 18h42
   





                        


Mercredi 28 mars, des milliers de personnes ont défilé à Paris en mémoire de Mireille Knoll et ont appelé à « l’union » contre l’antisémitisme. Les deux meurtriers de cette retraitée modeste de 85 ans de confession juive ont été mis en examen pour « homicide volontaire à raison de l’appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion ». Pour retenir la circonstance aggravante d’antisémitisme, la justice s’est appuyée sur leurs déclarations aux policiers.
La sociologue Dominique Schnapper, autrice de Réflexions sur l’antisémitisme (Odile Jacob, 2016), a répondu, jeudi 29 mars, aux questions des lecteurs du Monde.fr sur la banalisation de la haine des personnes de confession juive :

        Lire l’intégralité du tchat avec Dominique Schnapper :
         

          « L’antisémitisme est un signe inquiétant de l’affaiblissement de la démocratie »



Daz : Qui sont aujourd’hui les antisémites et pourquoi le sont-ils ?
Question infinie : pourquoi le mal existe-t-il ? Tant d’éléments : l’intériorisation des représentations religieuses héritées du passé, l’hostilité au monde moderne, au capitalisme et à la démocratie, l’envie, le besoin de boucs émissaires, l’hostilité à l’égard de l’autre et beaucoup de situations historiques diverses qui cristallisent ces représentations et ces sentiments.
Croyez-vous que les êtres humains soient spontanément bons ? Il faut que la démocratie soit assez forte pour contrôler les passions mauvaises.
Princesse : Est-ce que l’antisémitisme est autant banalisé aujourd’hui parce que les jeunes générations n’ont pas connu la Shoah ?
Pendant au moins une génération, les antisémites n’ont pas pu se manifester. Leurs sentiments continuaient à exister, mais ils ne s’exprimaient pas, la connaissance de la Shoah sidérait les antisémites.
Les jeunes n’ont évidemment pas la même expérience, la Shoah est un objet d’histoire, elle est devenue abstraite. Mais ce n’est pas la seule raison de la nouvelle « banalisation ». La démocratie est fragilisée par une série de facteurs et, dans les démocraties fragiles, le contrôle social s’affaiblit et les sentiments d’hostilité, de haine et d’envie s’épanchent facilement. L’antisémitisme est un signe inquiétant de l’affaiblissement de la démocratie, ce n’est pas seulement l’affaire des juifs, mais de tous les démocrates.
Sarah : Le conflit israélo-palestinien aggrave-t-il l’antisémitisme en France ?
Même si Israël n’existait pas, l’antisémitisme existerait. Le conflit donne des arguments nouveaux à de vieilles passions, même s’il peut aussi conduire certains, par solidarité avec le sort des Palestiniens, à raviver ou même à faire naître l’hostilité à l’égard des juifs. Ils arrivent à confondre la critique de la politique du gouvernement israélien et l’antisémitisme. Il faut évidemment les distinguer.
Heros : Y a-t-il un antisémitisme de gauche ? Les « insoumis » se sont fait virer de la marche blanche hier, tout comme le FN…
Il y a toujours eu un courant hostile aux juifs chez les penseurs socialistes, depuis le XIXe siècle, ils s’opposaient aux juifs dans la mesure où ils assimilaient les juifs à la banque et au capitalisme – ce qui est un des thèmes favoris de l’antisémitisme.
L’extrême gauche aujourd’hui comprend des militants qui déclarent ne pas être antisémites mais antisionistes, mais qui renouvellent ce courant de pensée. Ce n’est pas le cas de tous, bien sûr, mais cela existe effectivement. Or qu’est-ce qu’être antisioniste aujourd’hui ? Etre pour la destruction de l’Etat d’Israël ? Peut-on souhaiter la disparition d’un peuple, même s’il est né de la guerre ? Tous les Etats sont nés de la guerre.
Jean-Pierre : Un acte aussi abject que celui dont vient d’être victime Madame Knoll, tout comme l’avaient été Ilan Halimi et plus récemment Sarah Halimi, ne montre-t-il pas une incapacité de notre démocratie à prévenir la barbarie parce qu’elle n’est pas capable de la penser ? Cela ne nous rend-il pas aveugle face à des comportements tels que le flot de haine qui se déverse en toute impunité sur nombre de forums, de pages Facebook ou de commentaires, y compris sur ceux du « Monde », que nous banalisons parce que nous sommes incapables de les considérer comme l’expression d’une culture et non comme l’addition d’actes isolés ?
La démocratie n’est peut-être pas capable de prévenir la barbarie, mais les autres régimes encore moins. Ce qui est vrai, c’est que le monde virtuel ne comporte aucun contrôle et que cela encourage le déferlement des haines et des absurdités, puisqu’elles peuvent s’y développer sans contrôle et sans conséquences. Mais ce n’est pas le propre de la démocratie, c’est le monde de la modernité et le pouvoir du monde virtuel.
Il est vrai aussi que les démocrates européens sont en majorité devenus « doux » et qu’ils ont de la peine à comprendre la folie meurtrière. Mais ce n’est pas par la répression qu’on arrivera à en maîtriser les expressions. Il faut mener le combat intellectuel et politique pour résister à ces forces destructives de toutes nos valeurs. C’est un combat difficile et à long terme.
Pierre B. : Faut-il remobiliser les survivants du génocide des juifs d’Europe et parcourir les collèges comme cela se faisait il y a plusieurs années pour que les jeunes écoutent directement les récits de ceux qui ont touché du doigt l’enfer ?
Les survivants du génocide sont maintenant morts ou très fatigués. Cela a souvent été une expérience digne d’intérêt et utile. Mais, malheureusement, ce n’est pas une solution d’avenir. C’est aux générations suivantes d’essayer de transmettre.
Mimi : Pendant la campagne, on a vu des caricatures de M. Macron avec un nez crochu parce qu’il avait travaillé chez Rothschild. Pourquoi l’antisémitisme touche aussi les non-juifs ?
La question serait plutôt : pourquoi touche-t-il les juifs, indépendamment de toute expérience concrète, et pourquoi les stéréotypes les concernant ont-ils la vie aussi dure ? Si M. Macron avait travaillé dans une banque comme le Crédit lyonnais, aurait-on dit « le banquier du Crédit lyonnais » comme on a dit « le banquier de Rothschild » ? L’extension des préjugés à l’égard de ceux qui ont travaillé avec les juifs est moins surprenante que la permanence des préjugés. Beaucoup de juifs sont pauvres et beaucoup de banquiers ne sont pas juifs. Et ce n’est pas répréhensible d’être banquier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ L’affirmation selon laquelle la communauté juive serait « victime d’un tiers des délits et crimes racistes » alors qu’elle « représente 1 % de la population française » est sujette à caution.
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Pourquoi il faut prendre les chiffres sur les actes antisémites avec précaution

L’affirmation selon laquelle la communauté juive serait « victime d’un tiers des délits et crimes racistes » alors qu’elle « représente 1 % de la population française » est sujette à caution.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 17h59
    |

            Mathilde Damgé








                        


Le rapt et l’assassinat d’Ilan Halimi en région parisienne (février 2006), la tuerie à l’école juive Ozar Hatorah à Toulouse (mars 2012), l’agression d’un jeune couple à Créteil (décembre 2014), l’attentat contre l’Hyper Cacher à Paris (janvier 2015), l’attaque à la machette d’un enseignant juif à Marseille (janvier 2016), l’assassinat de Sarah Halimi à Paris (avril 2017), la séquestration d’une famille juive à Livry-Gargan (septembre 2017)… la multiplication et la gravité des violences ciblant des juifs en France signalent la persistance d’un « vieil antisémitisme » et l’apparition d’une « nouvelle judéophobie », selon les termes de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH).
Cela posé, que vaut l’affirmation régulièrement reprise selon laquelle « la communauté juive représente 1 % de la population française, mais est victime d’un tiers des délits et des crimes racistes ». Ces chiffres, très repris ces derniers jours alors que le meurtre à caractère antisémite de Mireille Knoll a donné lieu à plusieurs rassemblements en France, sont, en réalité, très difficiles à établir.
1. Les actes racistes sont comptés approximativement
Depuis 2008, le Service central du renseignement territorial (SCRT) suit l’évolution des actes racistes en France, grâce à des synthèses chiffrées comptabilisant « actions » (homicides, attentats et tentatives, incendies, dégradations, violences) et « menaces » (propos, gestes menaçants et démonstrations injurieuses, inscriptions, tracts et courriers) racistes. Ces données sont ensuite croisées avec les signalements transmis par le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) et le Conseil français du culte musulman (CFCM), pour affiner leur traitement. Ce dernier pose deux problèmes principaux :
peuvent être pris en compte des faits n’ayant pas donné lieu à un dépôt de plainte mais portés à sa connaissance par ses partenaires associatifs, ses relais territoriaux ou par les médias — contrairement aux indications du ministère de l’intérieur qui craint que certaines observations ne manquent « de clarté ou de concordance avec les contours des infractions pertinentes » ;le partenariat avec le CFCM ne date que de 2010 et « sa pleine effectivité rest [e] encore à parfaire pour que les données recueillies soient les plus représentatives possibles », selon la CNCDH. En l’absence de chiffres vraiment fiables sur les actes islamophobes, difficile d’établir une proportion exacte du total des actes enregistrés.
En clair, puisque la méthodologie générale du SCRT et que la collecte spécifique côté musulman ne sont pas exhaustives, il est difficile d’affirmer que les actes antisémites représentent un tiers (ou même 40 % comme dans cette étude de 2013) des crimes et délits. Certes, la tendance indiquée par les derniers chiffres en date coïncide avec un tiers, mais il ne s’agit que d’une tendance.


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Les actions islamophobes et antisémites en hausse en 2017
Les données du SCRT sont ventilées en trois catégories : antisémites, antimusulmans et « autres », catégorie dans laquelle sont répertoriés les actes contre les maghrébins et, de façon très minoritaire, ceux contre les chrétiens.

Source : Service central du renseignement territorial (SCRT)



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        Lire aussi :
         

                Comment compte-t-on les actes antisémites et islamophobes ?



2. Absence de statistiques ethniques
Il y a un autre point de fragilité dans l’assertion « la communauté juive représente 1 % de la population française, mais est victime d’un tiers des délits et des crimes racistes » : l’absence de statistiques ethniques. Autant le rapport de la CNCDH peut affirmer que les étrangers sont surreprésentés dans les victimes d’actes racistes (« étranger » étant un statut administratif), autant il est strictement impossible, en l’état actuel du droit français, de faire le même genre de calcul en intégrant les choix religieux des citoyens.
La loi interdit, en effet, de considérer les citoyens en fonction de critères comme la couleur de la peau, la religion ou « l’ethnie », terme qui fait déjà en lui-même débat (contrairement aux Etats-Unis où l’on demande aux interrogés de se définir comme « Indien d’Amérique », « Asiatique », « Noir ou Africain-Américain », « Hawaïen », « Hispanique », « Blanc ou Caucasien », etc.).
Certains chercheurs déplorent le manque de données sur l’origine des personnes ou leur religion, qui permettraient d’étudier certains phénomènes, notamment les discriminations, mais le sujet reste extrêmement polémique. Ainsi, en 2014, un rapport du député (Les Républicains) Guillaume Larrivé évoquant « 60 % de musulmans » dans les prisons françaises avait fait polémique, alors même que ce chiffre était largement sujet à caution.
Sans donner de chiffres précis, des estimations donnent une fourchette qui serait même inférieure au « 1 % » évoqué puisqu’elle serait comprise entre 125 000 (âgés de 18 ans à 50 ans, selon l’enquête en 2010 de l’Institut national d’études démographiques) et 478 000 juifs (en 2013, selon le gouvernement israélien). Soit un peu ou beaucoup moins de 1 % de la population française (environ 700 000 personnes).

        Lire aussi :
         

                Quatre questions sur les statistiques ethniques



3. Hausse des actions antisémites, nouvelle judéophobie
En gardant en tête l’aspect tendanciel (et non exhaustif) des données du SCRT, on peut noter que le total des actes antisémites diminue depuis 2014, et notamment depuis le déploiement du plan de protection des sites religieux sensibles dans le cadre de l’opération « Sentinelle ».
En revanche, dans le détail, les actions (par opposition aux menaces) sont en hausse (+ 26 %) et, en particulier, les actions les plus violentes, souligne la CNCDH. Lors de son audition, le SPCJ a fait part de son inquiétude sur la progression dans l’échelle de la violence observée ces dernières années (attaques avec barre de fer, armes de poing et couteaux, etc.).
Dans son rapport, la CNCDH alerte aussi sur une « nouvelle judéophobie » qui ne s’appuierait ni sur l’antijudaïsme chrétien, ni sur une prétendue supériorité de la race aryenne, ni sur la négation de la Shoah, mais sur l’antisionisme.
« A partir de 2000 [déclenchement de la seconde Intifada], le nombre d’actes antisémites se situe, mais avec de fortes fluctuations, à des niveaux notablement plus élevés qu’auparavant », explique la Commission. L’évolution des actes antisémites semble liée aux soubresauts du conflit israélo-palestinien, contrairement à l’évolution des opinions (mesurée par l’indice de tolérance à l’altérité de la CNCDH) : les préjugés à l’égard des juifs sont désormais nettement minoritaires dans l’opinion.
Des préjugés antisémites qui touchent encore, toutefois, une minorité non négligeable de la population : ainsi, 20 % des Français jugent que « les juifs ont trop de pouvoir en France », 38 % que « les juifs ont un rapport particulier à l’argent » et 39 % que « pour les juifs français Israël compte plus que la France ».

        Lire l’éditorial du « Monde  :
         

          Antisémitisme, le refus de la banalisation






                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/29/19-6">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Renvoyé devant un tribunal correctionnel, l’ancien chef de l’Etat est soupçonné d’avoir voulu influencer un haut magistrat pour obtenir une décision favorable de la Cour de cassation dans une de ses affaires.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Affaire des écoutes : ce qui est reproché à Nicolas Sarkozy

Renvoyé devant un tribunal correctionnel, l’ancien chef de l’Etat est soupçonné d’avoir voulu influencer un haut magistrat pour obtenir une décision favorable de la Cour de cassation dans une de ses affaires.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 17h13
    |

                            Les Décodeurs








                        



   


Nicolas Sarkozy sera jugé devant un tribunal correctionnel dans l’affaire des écoutes, révèle Le Monde jeudi 29 mars. L’ancien président de la République est soupçonné de « corruption active » et « trafic d’influence ».
Le résumé de l’affaire : Il est suspecté d’avoir tenté d’obtenir d’un magistrat à la Cour de cassation, Gilbert Azibert, des informations le concernant couvertes par le secret. En échange, Nicolas Sarkozy aurait promis d’intervenir en faveur du magistrat pour qu’il obtienne un poste de prestige à Monaco.
Qui est poursuivi : 
Nicolas Sarkozy (« corruption active » et « trafic d’influence »)Son avocat, Thierry Herzog (« corruption active », « trafic d’influence » et « violation du secret professionnel »)L’ancien magistrat Gilbert Azibert (« corruption active », « trafic d’influence » et « violation du secret professionnel »)
Explications en quatre questions sur cette affaire débutée en 2013 et dérivée de celle sur un possible financement libyen en 2007, dans laquelle M. Sarkozy a été mis en examen le 21 mars.
Pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il été mis sur écoute ?Qu’ont révélé ces écoutes ?Pourquoi les agendas de Nicolas Sarkozy sont-ils si importants ?La justice avait-elle le droit d’écouter les conversations d’un avocat et de son client ?
1. Pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il été mis sur écoute ?
L’ancien président de la République est menacé par plusieurs affaires. Parmi elles figure celle concernant un supposé financement de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy par des fonds libyens provenant de la famille Kadhafi.
Le 19 avril 2013, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre X pour « corruption active et passive », « trafic d’influence », « faux et usage de faux », « abus de biens sociaux » et « blanchiment, complicité et recel de ces délits ». Deux juges, Serge Tournaire et René Grouman, ont instruit ce dossier.
Le 7 mars 2014, Le Monde a révélé que Nicolas Sarkozy, ainsi que Claude Guéant et Brice Hortefeux, qui furent ses ministres de l’intérieur, avaient été mis sur écoute dans le cadre de cette information judiciaire.
2. Qu’ont révélé ces écoutes ?
Le 11 mars 2014, la Cour de cassation se prononçait sur un recours déposé par Nicolas Sarkozy. L’ancien chef de l’Etat souhaitait que ses agendas ne soient pas versés aux dossiers sur l’enquête sur l’affaire Bettencourt, puis sur l’affaire Tapie-Lagarde (voir ci-dessous).
Les informations récoltées lors des écoutes suggèrent que Nicolas Sarkozy et son avocat, Thierry Herzog, ont pu bénéficier en amont de cette décision de la complicité d’un haut magistrat, Gilbert Azibert. Selon les documents brandis par la ministre de la justice, Christiane Taubira, lors d’une conférence de presse en mars 2014, M. Azibert aurait notamment « rencontr[é] un par un » deux à trois collègues appelés à se prononcer sur le pourvoi de Nicolas Sarkozy, afin de leur « expliquer » « avant qu’ils ne délibèrent ».
Mediapart a publié en mars 2014 une nouvelle série de révélations extraites des synthèses des écoutes. Elles tendent à confirmer que M. Sarkozy et son avocat avaient plusieurs soutiens, tant dans la justice que dans la haute administration policière, dont le fameux juge Azibert. M. Sarkozy aurait également évoqué une personne qui l’aurait renseigné sur les avancées de la justice dans l’affaire des soupçons de financements libyens de sa campagne de 2007.
Par ailleurs, « Monsieur Thierry Herzog aurait pu être renseigné », tant « sur la surveillance des téléphones de Nicolas Sarkozy » que sur l’éventualité « d’une perquisition » dans le cadre du dossier libyen. Un acte, s’il était avéré, extrêmement grave pour la défense de M. Sarkozy. Le Monde révèle aussi que, craignant d’être écouté, M. Sarkozy avait pris un second téléphone sous un faux nom.

        Lire :
         

          Ecoutes de Sarkozy : qui sont les protagonistes de l'affaire ?



3. Pourquoi les agendas de Nicolas Sarkozy sont-ils importants ?
Les écoutes judiciaires de Nicolas Sarkozy ont placé les agendas de l’ancien président au centre de l’attention. Les soupçons de « trafic d’influence » à l’encontre de M. Sarkozy découlent en effet de ses interventions présumées en amont d’une décision très attendue de la Cour de cassation sur ces agendas, le 11 mars.
L’ancien chef d’Etat s’est pourvu en cassation. Les magistrats de la plus haute juridiction devaient dire si la saisie de ses agendas par la justice était illicite, car couverts par l’immunité présidentielle. Une décision qui n’avait aucun impact sur l’affaire Bettencourt, dans laquelle Nicolas Sarkozy a bénéficié d’un non-lieu le 7 octobre 2013.
En revanche, elle aurait pu faire tomber un pan entier de procédure dans l’affaire Tapie-Crédit lyonnais, dans laquelle Nicolas Sarkozy est soupçonné d’être intervenu en faveur de l’homme d’affaires. Le juge Gentil, chargé à Bordeaux de l’affaire Bettencourt, a en effet transmis en janvier 2013 ces agendas aux magistrats qui enquêtent sur l’affaire Tapie. Or, ceux-ci font apparaître que Nicolas Sarkozy a rencontré à plusieurs reprises Bernard Tapie sur la période clé 2007-2008, ainsi que Pierre Mazeaud, l’un des trois arbitres choisis pour trancher le litige. Ils constituent donc le principal élément à charge des juges contre l’ancien président dans ce dossier.
Les agendas pourraient également être utilisés dans le cadre de l’enquête sur un éventuel financement de la campagne présidentielle de 2007 par la Libye de Mouammar Kadhafi.
Finalement, malgré les interventions supposées du juge Azibert auprès de ses collègues magistrats, la Cour de cassation a rendu en mars 2014 une décision défavorable à Nicolas Sarkozy. Elle a jugé qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur ce pourvoi, dans la mesure où l’affaire Bettencourt était close en ce qui le concernait. Les agendas pourront donc être conservés et utilisés par la justice.
4. La justice avait-elle le droit d’écouter les conversations d’un avocat et de son client ?
Oui, mais à deux conditions, car les avocats bénéficient d’une protection particulière, au nom du secret professionnel :
L’avocat doit être lui-même soupçonné d’avoir commis une infraction (sinon, ses propos ne pourront ni être consignés dans les procès-verbaux, ni être retenus contre lui) ;Son bâtonnier doit en être informé.
La Cour de cassation a validé en mars 2016 la validité des écoutes policières, reconnaissant ainsi que les enquêteurs avaient le droit d’écouter ces conversations entre un avocat et son client.

        Lire l’article (2014) :
         

          Ecoutes téléphoniques : qui sait quoi, et quand ?







                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/29/19-7">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Les juges financiers ont signé l’ordonnance de renvoi ouvrant la voie au procès de cette affaire de trafic d’influence à la Cour de cassation, dans laquelle l’ex-président avait été placé sur écoute.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Nicolas Sarkozy renvoyé en correctionnelle pour « corruption » et « trafic d’influence » à la Cour de cassation

Les juges financiers ont signé l’ordonnance de renvoi ouvrant la voie au procès de cette affaire de trafic d’influence à la Cour de cassation, dans laquelle l’ex-président avait été placé sur écoute.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 15h47
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 17h33
    |

            Fabrice Lhomme et 
Gérard Davet








                        



                                


                            

Les déboires judiciaires de Nicolas Sarkozy se multiplient : quelques jours après avoir été mis en examen dans l’affaire libyenne, l’ancien président de la République est rattrapé par l’affaire de corruption à la Cour de cassation.
Selon nos informations, les juges d’instruction ont en effet signé, jeudi 29 mars, le document dans lequel ils ordonnent le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de l’ex-chef de l’Etat, aux côtés de son avocat et ami Thierry Herzog, et d’un ancien haut magistrat, Gilbert Azibert, tous trois renvoyés pour des faits de corruption et de trafic d’influence. Ses avocats, Pierre Haïk et Jacqueline Laffont, ont fait savoir dans un communiqué cité par Reuters que Nicolas Sarkozy ferait « valoir ses droits » en saisissant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris.
M. Sarkozy est déjà sous le coup d’une ordonnance de renvoi, rendue cette fois dans le dossier Bygmalion, pour lequel le juge Serge Tournaire souhaite le voir comparaître pour « financement illégal de campagne électorale ». Si l’affaire dite Azibert peut paraître a priori plus anecdotique, la perspective de devoir affronter un procès pour « corruption active » et « trafic d’influence actif », des incriminations dégradantes pour un ancien chef de l’Etat, ne devrait pas réconcilier M. Sarkozy avec la justice en général, et les juges d’instruction en particulier.
Téléphones portables « secrets »
Dans son entourage, on ne se faisait plus guère d’illusions sur l’issue de cette procédure depuis que le Parquet national financier (PNF), en octobre 2017, avait rendu son réquisitoire. Dans un document d’une grande sévérité pour les trois protagonistes de ce scandale, les magistrats du PNF assuraient que l’enquête des juges avait « mis en évidence des charges lourdes et concordantes à l’encontre de MM. Azibert, Herzog et Sarkozy », allant jusqu’à comparer les méthodes utilisées par l’ex-président et son avocat – notamment le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Dominique Schnapper, sociologue spécialiste de l’antisémitisme, a répondu à vos questions après la mort de Mireille Knoll.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Les syndicats CGT, UNSA, CFDT ont appelé à une grève par épisodes de deux jours sur cinq pendant trois mois. Ils déposeront au total 18 préavis de grève distincts, du 3 avril au 28 juin. Mais pour la SNCF, cette grève constitue un seul mouvement social.
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SNCF : direction et syndicats s’opposent sur le calcul des jours de grève

Les syndicats CGT, UNSA, CFDT ont appelé à une grève par épisodes de deux jours sur cinq pendant trois mois. Ils déposeront au total 18 préavis de grève distincts, du 3 avril au 28 juin. Mais pour la SNCF, cette grève constitue un seul mouvement social.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 14h51
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 15h14
   





                        



   


A quelques jours du début du mouvement des agents de la SNCF contre la réforme ferroviaire, qui prévoit deux jours de grève sur cinq pendant trois mois, direction et syndicats s’opposent sur le décompte des jours de grève.
Le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, a estimé, jeudi 29 mars, sur France 2 que « dix-huit fois deux jours, c’est-à-dire trente-six jours, c’est une seule et même grève contre la réforme du système ferroviaire, et donc les règles normales de l’entreprise s’appliquent ». Le groupe pourra ainsi considérer certains jours de repos comme jours de grève, donc non payés.
« C’est une grève qui va beaucoup, beaucoup pénaliser les Français », a insisté M. Pepy sur France 2. « On est dans un service public (…), quand on est en grève, on est en grève, quand la grève est terminée, le service doit reprendre, et tout le monde, même les grévistes, doit faire en sorte qu’on réussisse le service le plus normal possible. »
Une vision soutenue jeudi par la ministre des transports. « Je pense que les Français ont bien l’impression que c’est un mouvement global », a déclaré Elisabeth Borne sur Europe 1. « Quand on a dix-huit préavis qui sont déposés, on considère que c’est un mouvement global. »

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Des préavis de grève « successifs et différents »
Les syndicats CGT, UNSA et CFDT de la SNCF défendent un autre calcul. Sébastien Mariani, le secrétaire général adjoint de la CFDT, a jugé mercredi « très clairement contestable cette interprétation » de la grève comme « un seul et même mouvement » qui conduirait à des « retenues de salaire sur jours de repos », alors qu’« on a plusieurs préavis de grève successifs et différents ».
La CGT-Cheminots, premier syndicat du groupe, a accusé la direction de « mentir sur le droit de grève » pour « étouffer la contestation ». « La direction est prête à se mettre dans l’illégalité afin de casser la grève », alors que « la mobilisation s’annonce extrêmement importante », a déclaré à l’Agence France-Presse son porte-parole, Cédric Robert, pour qui ces méthodes « démontrent sa fébrilité ».
L’UNSA, deuxième syndicat, dénonce sur son site Internet une « note de la DRH » qui « induit sciemment en erreur les salariés » sur leurs droits. Sous le titre « Réponses aux infos mensongères de la DRH SNCF », le syndicat publie un long document conseillant les salariés, notamment sur le point litigieux des jours de repos que la direction veut considérer comme « des jours de grève ».

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Plutôt qu’un improbable grand établissement réunissant universités et grandes écoles sur le plateau de Saclay, Christophe Assens et Jean-Pierre Bouchez, chercheurs en management, plaident dans une tribune au « Monde » pour une structure en réseau préservant l’autonomie de chacun.
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« Il est impérieux que le projet d’université Paris-Saclay réussisse »

Plutôt qu’un improbable grand établissement réunissant universités et grandes écoles sur le plateau de Saclay, Christophe Assens et Jean-Pierre Bouchez, chercheurs en management, plaident dans une tribune au « Monde » pour une structure en réseau préservant l’autonomie de chacun.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 14h00
    |

Christophe Assens (Directeur adjoint du Larequoi (laboratoire de recherche en management de l’université Paris-Saclay) et Jean-Pierre Bouchez (Dire...







                        



                                


                            
Tribune. En dépit des grandes manœuvres autour de la création de l’université de Paris-Saclay, dont la finalisation a d’ailleurs été repoussée de trente mois pour des raisons de gouvernance, il semble difficile de réunir à Saclay les conditions d’excellence d’un « cluster » comme la Silicon Valley, où chercheurs et entrepreneurs partagent la même proximité de travail. En raison d’un choc culturel entre grandes écoles et universités, à cause des conflits politiques dans la gouvernance et des lourdeurs administratives, ce projet n’est toujours pas à la hauteur des exigences de la compétition mondiale.

En effet, comment se fait-il que HEC, partenaire naturel sur le plateau de Saclay, semble vouloir développer un double partenariat stratégique d’une part avec Polytechnique et d’autre part avec Sciences Po (basé à Paris), au détriment des collaborations de proximité dans Paris-Saclay ? S’agit-il d’un nouveau recul dans ce projet d’université de classe mondiale ?
Depuis une décennie, on assiste à une campagne de lobbying de la part des grandes écoles pour résister au « mariage » avec les universités
Depuis plus de dix ans, le pouvoir politique cherche à faire entrer la France dans le XXIe siècle de la recherche en essayant de réduire le fossé entre grandes écoles prestigieuses et privées – un modèle d’exception française unique au monde – et universités publiques.
Il s’agit d’améliorer nos chances de mieux figurer au palmarès des grandes universités dans les classements internationaux de type Shanghaï en incitant, par des subventions publiques, les grandes écoles et les universités à se regrouper pour former l’université de Paris-Saclay, considérant que la grande taille fait la force.
Mais ce raisonnement est singulier, dans la mesure où les universités de classe mondiale sont généralement de petite taille ! Par ailleurs, les établissements partenaires de Paris-Saclay sont unanimement d’accord pour bénéficier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ La date du 3 avril est symbolique puisque c’est le point de départ de la mobilisation des cheminots.
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La CGT appelle à la grève dans l’énergie à partir du 3 avril

La date du 3 avril est symbolique puisque c’est le point de départ de la mobilisation des cheminots.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 13h24
   





                        


La Fédération nationale des mines et de l’énergie-Confédération générale du travail (FNME-CGT), première organisation syndicale dans l’énergie, appelle à la grève à partir « du 3 avril jusqu’au 28 juin », soit durant la même période que la grève des cheminots. Elle réclame notamment « un nouveau service public de l’électricité et du gaz », jeudi 29 mars dans un communiqué.
« Un préavis est déposé du 1er avril au 30 avril, qui sera reconduit tous les mois », précise-t-on à la FNME-CGT. Mais le 1er et le 2 avril tombant un dimanche et le lundi de Pâques, jours où « la plupart des salariés » ne travailleront pas, l’appel cible plus particulièrement la date du 3 avril, symbolique, puisque c’est le point de départ de la mobilisation des cheminots.
« Le préavis de grève ne veut pas dire qu’on est en grève (…) il permet aux salariés de se mettre en grève », nuance-t-on toutefois à la FNME-CGT, où l’on explique que des initiatives auront « certainement » lieu dès le 3 avril, sans pouvoir d’ores et déjà évaluer leur importance. La volonté du syndicat est d’ensuite « construire avec les salariés les temps forts d’action ».

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« Faire converger les luttes »
L’organisation a déjà pour perspective de participer « à la mobilisation interprofessionnelle prévue le 19 avril », à l’appel de la confédération CGT, annonce le communiqué. Alors que des « mobilisations » ont déjà lieu dans certains secteurs, comme l’hydraulique, « l’idée est de faire converger les luttes dans notre profession, mais également en interprofessionnel », explique-t-on de même source.

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Outre « l’organisation d’un nouveau service public de l’électricité et du gaz qui réponde à l’intérêt général », le syndicat réclame un « bilan de la déréglementation du secteur de l’énergie », « la fin de la libéralisation du marché de l’électricité et du gaz » et « un statut de l’énergéticien pour l’ensemble des salariés qui travaillent » dans le secteur.
De plus, la FNME-CGT a précisé à l’Agence France-Presse souhaiter « peser » sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour la période 2019-2023, que le gouvernement est en train d’élaborer et qui doit déterminer la trajectoire énergétique de la France. A cette fin, « des interventions sur l’outil de travail » sont prévues après la journée du 19 avril, selon le communiqué.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Editorial. La marche blanche organisée mercredi en mémoire de Mireille Knoll a réuni des milliers de personnes à Paris. Un sursaut de l’ensemble de la société est nécessaire et urgent.
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Antisémitisme, le refus de la banalisation

Editorial. La marche blanche organisée mercredi en mémoire de Mireille Knoll a réuni des milliers de personnes à Paris. Un sursaut de l’ensemble de la société est nécessaire et urgent.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 15h06
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Comment en est-on arrivé là ? Ou plutôt comment en est-on revenu là, à cette résurgence de plus en plus insistante d’un antisémitisme que l’on voulait croire éradiqué par l’Histoire et les millions de morts de la Shoah ? Comment en est-on revenu à cette vieille haine hideuse, odieuse, qui ne se satisfait plus de préjugés obscurantistes, mais insulte, agresse et, désormais, tue des Français parce qu’ils sont juifs ? Comment en est-on réduit, aujourd’hui, à constater la banalisation de l’intolérable et à devoir descendre dans la rue pour dénoncer cette insulte à la France ?
La justice dira la part des motivations antisémites qui ont conduit au meurtre, dans son appartement parisien, de Mireille Knoll, cette vieille dame de 85 ans qui avait échappé à la rafle du Vél’ d’Hiv en 1942, quand elle était encore une enfant. Mais la liste est déjà accablante des assassinats dont le motif ne fait aucun doute.
Celui d’Ilan Halimi, kidnappé en 2006 et tué par l’autoproclamé « gang des barbares » après d’infinies tortures – Ilan Halimi dont la stèle qui honore la mémoire à Bagneux a été à nouveau profanée à l’automne 2017. Celui des quatre victimes, dont trois enfants, de l’école juive de Toulouse par Mohamed Merah en mars 2012. Celui des clients de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, en janvier 2015. Celui encore de Sarah Halimi, en avril 2017 à Paris, dont la justice vient de retenir le mobile antisémite après de longs mois d’atermoiements.

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Il ne s’agit là que des exemples les plus dramatiques. Ils ne sauraient masquer la banalisation d’un antisémitisme ordinaire, fait d’insultes quotidiennes, d’inscriptions menaçantes dans les cages d’escalier ou sur des magasins juifs, de rassemblements hostiles, d’agressions physiques, d’ostracisme dans les établissements scolaires. Selon les derniers chiffres publiés en janvier par le ministère de l’intérieur, si les actes racistes ont globalement diminué en France en 2016, les actions violentes dont la population juive est la cible ont augmenté de façon très significative, passant de 77 à 97 faits avérés. Encore ne s’agit-il que des agressions déclarées.
« Vigilance et civisme »
Même si le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) ne s’est pas grandi en voulant en écarter Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, la marche blanche qui a réuni à Paris, mercredi 28 mars, des milliers de personnes venues honorer la mémoire de Mireille Knoll témoigne d’une salutaire prise de conscience. Mais il ne suffira pas, comme l’a fait le président de la République, le matin même, lors de l’hommage national au colonel Arnaud Beltrame, victime de l’attaque terroriste de Carcassonne, d’appeler à un « regain de vigilance et de civisme ».
C’est à une lutte sans relâche contre tous les racismes – et particulièrement contre l’antisémitisme – que les pouvoirs publics doivent se consacrer. Des mesures ont été annoncées, le 19 mars, par le premier ministre. Elles visent notamment à encadrer par la loi, en France et en Europe, les obligations et les responsabilités des plates-formes numériques qui permettent la diffusion virale des menaces antisémites. Elles prévoient également de renforcer le travail de prévention et de pédagogie mené par l’éducation nationale. Mais, au-delà, c’est un sursaut de l’ensemble de la société qui est urgent. Pour combattre l’indifférence, alerter les consciences, mobiliser la solidarité républicaine. Et apaiser l’inquiétude et la colère – légitimes – de la communauté juive.

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Mise à jour du 29 mars à 15 heures : une erreur de date concernant les meurtres commis par Mohamed Merah a été corrigée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Cette entité de droit californien a été constituée par le chanteur en juillet 2014. Le quotidien en révèle les dessous à la veille de l’audience devant le TGI de Nanterre.
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Héritage Johnny Hallyday : « Libération » dévoile des détails sur le « trust »

Cette entité de droit californien a été constituée par le chanteur en juillet 2014. Le quotidien en révèle les dessous à la veille de l’audience devant le TGI de Nanterre.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 12h13
   





                        


Il sera au cœur de l’audience prévue vendredi 30 mars devant le tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre. Le quotidien Libération dévoile jeudi les dessous du « trust » qui détient l’héritage de Johnny Hallyday. Cette entité de droit californien a été constituée par le chanteur en juillet 2014, trois ans et demi avant sa mort le 6 décembre d’un cancer. Elle récupère alors « tout ce qu’il possède, à l’exception notable des biens immobiliers situés en France », indique le journal.
Les enfants aînés du rocker, David Hallyday et Laura Smet, se sont lancés dans une procédure pour faire reconnaître qu’ils ont été lésés par les dispositions testamentaires et annuler le testament de leur père, rédigé aux Etats-Unis au seul bénéfice de sa veuve. Ils arguent qu’ils sont déshérités, ce qu’interdit le droit français. David et Laura ont notamment intenté une action en référé pour obtenir un droit de regard sur l’album posthume de Johnny, ainsi que le gel de son patrimoine dans l’attente du règlement du litige sur l’héritage. Une première audience initialement fixée au 15 mars devant le tribunal de Nanterre a été reportée au 30 mars.

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« Aucun trustee n’a été déclaré »
De leur côté, les représentants de la veuve du chanteur, Laeticia Hallyday, et de ses deux filles font valoir la loi américaine, qui permet de léguer librement ses biens. Le TGI avait intimé à ces derniers de produire le testament, de divulguer le « périmètre » précis des avoirs du trust monté pour bénéficier à la dernière épouse et aux filles de Johnny Hallyday, et de révéler « le nom du ou des trustees » (gestionnaires du trust).
D’après Libération, l’audience de vendredi risque de frustrer les avocats de David Hallyday et Laura Smet. « Depuis le décès du premier titulaire du poste, aucun trustee n’a été déclaré », avance le journal, qui pense que « ce petit jeu du chat et de la souris peut durer encore longtemps ». L’avocat de Laeticia Hallyday, Ardavan Amir-Aslani, avait affirmé à Paris Match qu’aucun membre de la famille de la veuve n’avait de rôle dans le trust.
Ce trust, appelé JPS (pour Jean-Philippe Smet), a pour objet selon ses statuts consultés par le quotidien de maintenir pour Laeticia un niveau de ressources « conforme au niveau de vie auquel [Johnny Hallyday] et Laeticia ont été habitués durant leur vie commune », quitte à entamer le patrimoine. Les statuts prévoient par ailleurs comment est financée l’« éducation (...) scolaire, artistique ou autre » des deux fillettes, Jade et Joy.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Le député La France insoumise rapporte des injures et des violences lors de la marche organisée mercredi à Paris en hommage à l’octogénaire juive assassinée.
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Marche pour Mireille Knoll : Alexis Corbière appelle la direction du CRIF à se « ressaisir »

Le député La France insoumise rapporte des injures et des violences lors de la marche organisée mercredi à Paris en hommage à l’octogénaire juive assassinée.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 15h07
   





                        



   


Le député de La France insoumise (LFI) Alexis Corbière a appelé jeudi 29 mars les dirigeants du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) à réagir après les insultes dont il dit avoir été victime, ainsi que Jean-Luc Mélenchon, lors de la marche blanche organisée la veille en hommage à Mireille Knoll.

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Il a dénoncé sur la chaîne CNews le comportement d’« une quarantaine de personnes, des militants d’extrême droite, d’une organisation groupusculaire, la Ligue de défense juive. Ils l’ont d’ailleurs revendiqué sur Twitter ». La Ligue de défense juive (LDJ) est une organisation sioniste extrémiste, connue pour ses actions violentes.
Ces personnes ont, selon lui, lancé « des insultes homophobes » et « à connotation raciste » « intolérables » : « “Mélenchon PD”. Un homme face à moi m’a dit “collabo d’arabe” », a-t-il relaté, et « le rabbin Gabriel Farhi a été molesté, jeté à terre par ces militants d’extrême droite ». « C’est une tache sur cette manifestation », a-t-il déploré.
M. Mélenchon et les députés LFI qui l’accompagnaient lors de cette marche, notamment Alexis Corbière et Eric Coquerel, ont dû gagner une rue adjacente du parcours emprunté par les manifestants après avoir été invectivés, notamment aux cris d’« insoumis, dehors ! », par des personnes présentes dans le cortège.
Le CRIF « doit se ressaisir »
« La direction du CRIF doit se réunir. S’il n’y a aucune réaction, aucun mot pour s’enquérir de notre santé, aucun mot qui condamne clairement ces groupuscules d’extrême droite, cette direction, je pense, ne peut plus rester en place », a déclaré Alexis Corbière. « Il est temps de la part du CRIF de se ressaisir », a-t-il ajouté.
« Il fallait être hier dans cette manifestation les plus nombreux contre l’antisémitisme, en hommage à Mireille Knoll. Il le fallait, nous y sommes allés [et] nous serons toujours là malgré ce qui a eu lieu », a assuré Alexis Corbière jeudi. « Il n’y a aucun antisémite comme responsable de La France insoumise. [L’accusation] est infamante », a-t-il ajouté.
Plus tôt, le président du CRIF avait expliqué son rejet du patron de LFI en raison du soutien que ce dernier a exprimé à l’égard du mouvement de boycottage contre Israël lancé en 2014, en réponse à une offensive de l’Etat hébreu dans la bande de Gaza.

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Le CRIF avait déclaré que M. Mélenchon et Marine Le Pen n’étaient « pas les bienvenus » à la marche organisée à la mémoire de l’octogénaire juive tuée à Paris ; ce que les deux partis avaient contesté.
Marine Le Pen s’est elle aussi rendue à la marche, avec les députés frontistes Gilbert Collard, Louis Aliot, Bruno Bilde et Ludovic Pajot. Accueillie par des invectives et des insultes, sa délégation a bénéficié de l’aide de militants de la LDJ pour assurer sa protection, selon les informations du Monde. Le groupuscule, menacé de dissolution en 2014, avait reçu le soutien public de la présidente du parti d’extrême droite.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Les élus de la majorité se sont mis d’accord pour modifier les conditions du délai de rétention de 90 jours.
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Immigration : les députés tentent d’adoucir la copie de Gérard Collomb

Les élus de la majorité se sont mis d’accord pour modifier les conditions du délai de rétention de 90 jours.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 13h26
    |

            Manon Rescan








                        



                                


                            

La majorité progresse, mais le défi est loin d’être gagné. Face au projet de loi asile-immigration, qui sera discuté à partir de mercredi 4 avril en commission à l’Assemblée nationale, les députés de La République en marche (LRM) sont confrontés à un dilemme : ne pas dénaturer le texte, par fidélité au gouvernement, tout en préservant l’unité d’un groupe divisé par le fond de projet de loi. Le ministère de l’intérieur souhaite accélérer le traitement des demandes d’asile et les expulsions. Il a abouti à un texte jugé « répressif » par de nombreuses associations et par une partie des députés de la majorité.
Mercredi 28 mars au soir, les députés du groupe LRM tenaient leur « réunion de balayage » au cours de laquelle chacun défend ses amendements et le groupe décide de ceux qui seront portés collectivement – et donc a priori votés. Quelque 300 amendements ont été présentés pendant près de sept heures. Des échanges ponctuellement « rudes » ou « tendus », selon des participants.
Le caractère inflammable du sujet pour le groupe LRM était déjà apparu au grand jour lors de l’examen, début février, de précédents débats sur ce thème. Plusieurs voies divergentes s’étaient faites entendre lors de l’adoption d’un texte sur les conditions de placement en centre de rétention de certains migrants. Le gouvernement avait alors demandé aux députés d’adopter telle quelle une version durcie par le Sénat, provoquant un profond malaise au sein de la majorité. Afin de ressouder les troupes avant la discussion du projet de loi asile-immigration, plusieurs décisions ont été prises. Le choix du rapporteur du texte, d’abord. Une femme venue de la gauche, Elise Fajgeles, avait été préférée à la juppéiste Marie Guévenoux. Elle est épaulée par un homme également venu PS, dont c’est le deuxième mandat de député, Florent Boudié, nommé responsable de texte.

« Il va y avoir du sport »
Mercredi soir, un texte aménagé a été présenté aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Pour l’historien et directeur des études du CRIF, l’année 2000 a marqué un tournant pour ce qui est des actes antisémites.
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Marc Knobel : « L’Europe va se vider de ses juifs. En France, 60 000 sont partis en dix ans »

Pour l’historien et directeur des études du CRIF, l’année 2000 a marqué un tournant pour ce qui est des actes antisémites.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 12h11
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            
Marc Knobel, historien, directeur des études du CRIF, a publié Haine et violences antisémites. Une rétrospective : 2000-2013 (Berg international, 2013). Il explique l’impact des assassinats de juifs commis ces dernières années.
En douze ans, onze juifs ont été assassinés parce que juifs, en France. Comment a évolué l’état d’esprit des communautés juives pendant cette période ?
Lorsque Ilan Halimi a été torturé et tué dans les conditions horribles que l’on sait, en 2006, j’avais réagi en disant, dans une expression qui m’avait peut-être échappé : « C’est le premier meurtre antisémite du XXIe siècle. » Comme si quelque chose m’avait poussé à commencer à comptabiliser cela, comme si je pressentais qu’il y en aurait d’autres – ce que bien évidemment j’ignorais en 2006.
Quels facteurs vous avaient conduit à dire cela ?
Depuis l’année 2000, nous étions devant un panorama nouveau. A partir du premier octobre 2000, en l’espace de quinze jours, 75 actes antisémites ont été commis contre des juifs ou des institutions juives. C’était presque autant que pour l’ensemble des années 1998 (81 actes) et 1999 (82 actes). Fin 2000, le ministère de l’intérieur en comptabilisait 744, presque dix fois plus que les années précédentes.
Quelles ont été les réactions à l’époque ?
Elles ont été faibles. Les gouvernants et un certain nombre de responsables politiques ont été tentés de faire passer ces agressions pour des violences ordinaires. Alors que pour nous, la qualification antisémite ne faisait pas l’ombre d’un doute. Il a fallu attendre 2003 pour que le président de la République, Jacques Chirac, réagisse très fortement. Cela a marqué un tournant.
Comment a évolué la situation par la suite ?
Les événements nous ont hélas donné raison : en 2002, il y a eu 936 actes antisémites ; en 2004, 974. Ils ne sont jamais redescendus au niveau des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Analyse. Pour le journaliste du « Monde » Jean-Baptiste Jacquin, si le constat d’une justice pau­périsée, asphyxiée et, au final, décrédibilisée ne fait plus guère de débat, la divergence entre gouvernement et syndicats porte sur la méthode et certains choix.
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La justice a besoin de sa réforme

Analyse. Pour le journaliste du « Monde » Jean-Baptiste Jacquin, si le constat d’une justice pau­périsée, asphyxiée et, au final, décrédibilisée ne fait plus guère de débat, la divergence entre gouvernement et syndicats porte sur la méthode et certains choix.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 10h30
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            
Analyse. Que se passe-t-il dans les palais de justice ? Les mou­vements de protestation des avocats et des magistrats contre le projet de loi de programmation de la justice semblent extrê­mement vifs alors qu’aucun gouvernement n’avait promis une telle progression des moyens. Selon le texte, actuellement soumis au Conseil d’Etat avant son examen en conseil des ministres prévu le 18 avril, le budget de la justice et des prisons progressera de 24 % sur le quinquennat, à 8,3 milliards d’euros, et 6 500 emplois à temps plein seront créés, sans compter le comblement des vacances de poste promis.
Le Conseil national des barreaux dénonce « un projet dicté par une vision purement gestionnaire au mépris des droits fondamentaux »
Pourquoi, alors, les principaux syndicats de la justice appellent-ils à une journée « justice morte », vendredi 30 mars, après celle décrétée, le 21 mars, par le Conseil national des barreaux ? Parce que le gouvernement organise « le décès programmé de la justice », prévient le texte signé mardi 27 mars par l’Union syndicale des magistrats (USM) et le Syndicat de la magistrature (SM), avec les syndicats de greffiers et des personnels de justice (CGT, CFDT, FO, UNSA) et le Syndicat des avocats de France.
Selon l’intersyndicale, le gouvernement veut « racler, réduire, supprimer, sacrifier tout ce qui peut l’être, au détriment de la qualité, pour que les jugements – ou leurs ersatz – sortent le plus vite possible, à moindre coût, et que les personnels ne soient plus que des pions à déplacer ». Le Conseil national des barreaux dénonce « un projet dicté par une vision purement gestionnaire au mépris des droits fondamentaux ».
L’écart des moyens
Un fossé s’est-il creusé entre les intentions affichées par la garde des sceaux et la perception qu’en ont ses interlocuteurs syndicaux ? Certains griefs sont mal fondés, comme ­l’absence de concertation. Ceux qui hurlent aujourd’hui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Les quatre personnes tuées par Radouane Lakdim sont inhumées jeudi, après des hommages auxquels assistent des membres du gouvernement.
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Cérémonie d’hommage dans l’Aude : « Ce n’était l’heure de partir pour aucun d’entre eux »

Les quatre personnes tuées par Radouane Lakdim sont inhumées jeudi, après des hommages auxquels assistent des membres du gouvernement.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 12h27
   





                        



   


Les derniers hommages et les obsèques des quatre personnes tuées par Radouane Lakdim ont lieu jeudi 29 mars à Carcassonne et Trèbes, près d’une semaine après les attentats de l’Aude.
« Ce n’était pas l’heure de partir, pour aucun d’entre eux », a déclaré Marc Rofes, le maire de Villedubert, dont la première victime était originaire, évoquant le « déchirement » des familles réunies devant lui, le visage grave, souvent en sanglots.
« Vous êtes tombés sous les balles du terrorisme et avez emporté avec vous l’insouciance d’une petite ville d’Occitanie que rien ni personne ne prédisposait à vivre de tels événements », a poursuivi le maire de Trèbes, Eric Menassi, sur la place des armes de Trèbes où avaient été alignés les cercueils des trois Audois. « Trèbes au sein de la République restera debout et fière de ses valeurs », a conclu la voix soudainement cassée par l’émotion l’édile, dont le petit supermarché a été la cible de l’islamiste.
Plusieurs centaines d’habitants et des proches des victimes s’étaient rassemblés pour rendre un dernier hommage avec salut au drapeau, Marseillaise, dépose de fleurs et minute de silence.
Le premier ministre Edouard Philippe était présent, accompagné des ministres de l’intérieur, Gérard Collomb, et de la justice, Nicole Belloubet, au lendemain de l’hommage national rendu mercredi à Paris au colonel Arnaud Beltrame, qui a donné sa vie pour sauver une otage et incarne, selon les mots du président, Emmanuel Macron, « l’esprit français de résistance ».

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                Attentats dans l’Aude : portraits des victimes



Premier à être tombé sous les balles de Lakdim, Jean Mazières, 61 ans, viticulteur à la retraite. Le petit délinquant radicalisé l’a abattu dans une voiture stationnée sur un terrain boisé de Carcassonne. Le conducteur, de nationalité portugaise, a été atteint d’une balle dans la tête. Il est toujours dans un état grave.
Arnaud Beltrame inhumé dans les Corbières
Le tueur de 25 ans, qui se revendique du groupe Etat islamique, s’est ensuite rendu au Super U de Trèbes et a tué immédiatement près des caisses un employé, Christian Medves, 50 ans, chef boucher d’origine italienne, père de deux filles, bon vivant et sportif accompli, ainsi qu’un client, Hervé Sosna, 65 ans, maçon à la retraite.
Après l’hommage de Trèbes, les deux ministres, cette fois sans le premier ministre, devaient se rendre à Carcassonne pour visiter l’espace d’information et d’accompagnement des victimes puis assister à 11 heures à la messe des obsèques du colonel Arnaud Beltrame à la cathédrale Saint-Michel.
Agé de 44 ans, marié sans enfant, le colonel Beltrame s’était substitué à une otage dans le supermarché, laissant son téléphone ouvert pour aider les forces de l’ordre. Il a été mortellement blessé au cou par Lakdim, abattu lors de l’assaut du GIGN.
« Sa grandeur a sidéré la France », a déclaré mercredi aux Invalides Emmanuel Macron devant le cercueil du gendarme recouvert d’un drapeau français, en présence de plus de 1 200 invités et du gouvernement au complet. Ses obsèques doivent être célébrées dans l’après-midi à Ferrals, dans le massif des Corbières, où il résidait.
La compagne de Lakdim mise en examen
Jeudi après-midi, la garde des sceaux se rendra enfin au tribunal de grande instance de Carcassonne pour rencontrer, lors d’une visite hors presse, les magistrats, notamment l’avocat général référent radicalisation et les représentants de l’association locale d’aide aux victimes.
Sur le plan politique, la droite et l’extrême droite se sont déchaînées contre le gouvernement depuis les attentats, l’accusant de « naïveté » face à la menace islamiste. Des accusations rejetées en bloc par le premier ministre, Edouard Philippe.

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Concernant l’enquête, la compagne du tueur, Marine P., une convertie de 18 ans, également radicalisée, a été mise en examen mardi soir pour « association de malfaiteurs terroristes en vue de préparer des crimes d’atteintes aux personnes » et incarcérée provisoirement.
Les enquêteurs ont,en revanche, libéré un jeune de 17 ans, présenté comme un ami de Lakdim, faute « d’élément l’incriminant à ce stade ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Vers 8 h 15, un homme a tenté de renverser des militaires qui faisaient leur footing à proximité de la caserne de Varces-Allières-et-Risset. Il n’y a pas de blessé.
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En Isère, un homme a foncé avec sa voiture sur des militaires : « une triste et banale affaire de violence »

Vers 8 h 15, un homme a tenté de renverser des militaires qui faisaient leur footing à proximité de la caserne de Varces-Allières-et-Risset. Il n’y a pas de blessé.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 19h17
   





                        


Un homme a foncé avec sa voiture, jeudi 29 mars, sur des militaires qui faisaient leur footing à proximité de la caserne de Varces-Allières-et-Risset (Isère), au sud de Grenoble, sans faire de blessé, puis a été interpellé dans la matinée, a-t-on appris de sources proches du dossier. La police nationale précise sur Twitter que des vérifications sont en cours « pour déterminer s’il était le conducteur au moment des faits ».

#Varces #Grenoble. La Police judiciaire procède à des vérifications sur l'individu interpellé pour déterminer si il… https://t.co/VaUX9GaJjI— PoliceNat38 (@Police nationale 38)


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La propriétaire du véhicule a également été interpellée à Echirolles, selon la police.

#Varces #Grenoble. Interpellation de la propriétaire du véhicule par La BRI sur la commune d'#Echirolles. https://t.co/62SyEMJ7sp— PoliceNat38 (@Police nationale 38)


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Les faits se sont déroulés après 8 heures. L’homme, dont les motivations étaient encore inconnues, a tenté de renverser des militaires de la 27e brigade d’infanterie de montagne, clairement identifiables comme des militaires, avant d’en insulter d’autres puis de prendre la fuite, selon ces sources.
Pas un acte terroriste, ni même une tentative d’homicide, plutôt « une triste et banale affaire de violence » : le procureur de Grenoble a tenu à ramener l’agression de militaires, qui n’a pas fait de blessés jeudi en Isère, « à de plus justes proportions ».
Moins d’une semaine après l’attentat jihadiste survenue dans l’Aude, dont les quatre victimes étaient inhumées ce jeudi à Carcassonne et Trèbes, ce geste a cependant réveillé le souvenir d’attaques contre les forces de l’ordre. Mais « nous ne sommes pas dans une affaire de terrorisme, très clairement », a assuré le procureur de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, lors d’une conférence de presse retransmise sur internet par France 3.
Confinement
« Aux alentours de 8 h 15, il a menacé verbalement six ou sept militaires qui faisaient un footing. Il a insulté un deuxième groupe de militaires qui sortaient faire un footing et qui l’ont perdu de vue. A leur retour, il leur a foncé dessus. Les militaires ont réussi à remonter sur le trottoir sans être écrasés. Les gendarmes ont bouclé la zone et ont lancé les poursuites et, côté militaire, nous avons renforcé le périmètre de sécurité », a précisé le colonel Benoît Brulon, porte-parole de l’armée de terre.
L’antenne de Grenoble de la direction interrégionale de la police judiciaire de Lyon a été saisie. Sur Franceinfo, le maire de Varces avait annoncé le confinement des enfants et des collégiens en attendant que l’automobiliste soit retrouvé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Les malades du sida renoncent souvent à se faire dépister, de peur d’être stigmatisés.
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Afrique du Sud : l’autodépistage anonyme du sida en test



Le Monde.fr avec AFP
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        Le 29.03.2018 à 10h20

     •
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        Mis à jour le 29.03.2018 à 11h43






Durée : 01:33 | 

Malgré les progrès de la prévention, la généralisation des tests et la baisse du prix des trithérapies, le virus VIH continue à faire des ravages en Afrique du Sud. Le pays compte 7 millions de séropositifs, soit 18,9 % de sa population adulte.
Selon l’ONG Unitaid, trois personnes séropositives sur dix dans le monde ignorent qu’elles sont infectées par le virus. En cause, la peur d’être stigmatisé lors des dépistages.
Pour contourner cette difficulté, Unitaid propose des tests d’autodépistage aux portes d’un supermarché du quartier pauvre de Hillbrow, au centre de Johannesburg.
Au nord de Johannesburg, dans le township d’Alexandra, l’association Right ePharmacies offre la possibilité aux malades de retirer leur traitement en toute discrétion dans un distributeur automatique semblable à ceux des banques, le tout premier de ce type en service sur le continent africain.


                

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