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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le net regain de la fécondité est surtout dû à l’immigration, qui a battu des records en 2015.
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L’Allemagne fait plus d’enfants mais continue à vieillir

Le net regain de la fécondité est surtout dû à l’immigration, qui a battu des records en 2015.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h50
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 18h04
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Pour commenter la nouvelle, le Spiegel n’a pas hésité à titrer : « Baby-boom en Allemagne. » 792 000 naissances ont été enregistrées outre-Rhin en 2016, soit 7 % de plus que l’année précédente, a annoncé, mercredi 28 mars, l’office allemand des statistiques Destatis. Cela représente un taux de fécondité de 1,59 enfant par femme.
Un niveau qui n’avait pas été atteint depuis 1973 et qui place désormais l’Allemagne dans la moyenne des pays de l’Union européenne (UE), où le taux de fécondité s’est élevé à 1,60 enfant par femme en 2016, selon Eurostat. Au sein de l’UE, l’Allemagne se classe désormais au 13e rang en termes de fécondité, la France étant en tête du classement (1,92 enfant par femme) et l’Espagne en queue de peloton (1,34)
Cette hausse de la natalité est notamment due à l’immigration. Certes, le nombre d’enfants nés de mères allemandes a augmenté de 3 % entre 2015 et 2016. Mais, dans le même temps, celui des enfants nés en Allemagne de mères étrangères a bondi de 25 %.
Ce miniboom démographique est directement lié à la politique d’accueil des réfugiés décidée par la chancelière Merkel en 2015
En cela, le miniboom démographique que connaît l’Allemagne est directement lié à la politique d’accueil des réfugiés décidée par la chancelière Angela Merkel, en 2015, qui s’est traduite par l’arrivée de 900 000 demandeurs d’asile cette année-là. En 2016, les Syriennes ont ainsi eu 18 500 enfants en Allemagne (contre 4 800 en 2015), les Afghanes, 5 900 (contre 2 000 en 2015) et les Irakiennes, 5 500 (contre 2 800 en 2015).
Si le taux de fécondité des mères étrangères est nettement plus élevé que celui des mères allemandes (2,28 enfants par femme contre 1,46), le nombre d’enfants nés de mères allemandes reste toutefois sans commune mesure avec celui des enfants nés de mères étrangères (607 500 contre 184 660 en 2016)
L’augmentation de la natalité en Allemagne, pour la cinquième année d’affilée, ne doit toutefois pas faire oublier l’essentiel : le vieillissement de la population, surtout dans les Länder situés dans l’ex-Allemagne de l’Est, où le nombre de naissances a augmenté de 3 % entre 2015 et 2016 (contre 8 % dans l’Ouest). Selon les projections officielles, les actifs âgés de 20 à 65 ans passeront de 49,8 millions en 2015 à 43,9 millions en 2035 et 39,6 millions en 2060 dans l’ensemble du pays.
Pour l’économie, cette question du vieillissement est un problème majeur. D’après une étude de la Bundesbank publiée en avril 2017, le vieillissement sera la cause principale de la baisse de la croissance du pays dans la décennie à venir. Une croissance qui était en moyenne de 1,25 % par an ces cinq dernières années et qui, selon l’institution, devrait être d’environ 0,75 % par an sur la période 2021-2025.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ L’ancienne garde des sceaux s’insurge, dans une tribune au « Monde », contre la condamnation du réalisateur ukrainien, en 2015, par un tribunal militaire russe, à vingt ans d’emprisonnement.
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Christiane Taubira : « Nous demandons la libération d’Oleg Sentsov »

L’ancienne garde des sceaux s’insurge, dans une tribune au « Monde », contre la condamnation du réalisateur ukrainien, en 2015, par un tribunal militaire russe, à vingt ans d’emprisonnement.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h07
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 18h58
    |

                            Christiane Taubira (Ancienne garde des sceaux, ministre de la justice (2012-2016)








                        



                                


                            
[Opposé à l’annexion russe de la Crimée, dont il est originaire, le réalisateur ukrainien Oleg Sentsov a été ­arrêté en mai 2014 par le Service fédéral de sécurité de la ­Fédération de Russie et condamné en août 2015 à vingt ans d’emprisonnement pour « organisation d’un groupe terroriste ». Christiane Taubira est la marraine du mouvement demandant sa libération immédiate, qui a mis en ligne une pétition en ce sens sur le site Change.org]
Tribune. Le temps presse. On ne séjourne pas sans graves conséquences dans une prison en Sibérie, en hiver, au nord du Cercle polaire. Et si ces lieux résonnent dans notre mémoire collective avec un écho glaçant de détresse et de destruction, c’est parce que nous savons que des femmes, des hommes y furent broyés.
« Je vous écris d’un pays autrefois clair. Je vous écris du pays du manteau et de l’ombre. Nous vivons depuis des années. Nous vivons sur la Tour du pavillon en berne. Je vous écris de la cité du Temps interrompu. La catastrophe lente ne s’achève pas. ­Notre vie s’écoule, notre vie s’amenuise, et nous attendons encore le moment qui ­repasse le mur. »
C’est du poète Henri Michaux et cela sonne comme un manifeste pour prisonniers injustement détenus.
Nous demandons la libération d’Oleg Sentsov.
Au nom d’un procès juste et équitable. Au nom du respect des droits de la ­défense. Au nom du refus de la torture, de tous traitements cruels, inhumains et ­dégradants. Au nom de la liberté ­d’expression et de la liberté artistique. Au nom du droit de se réclamer d’accords ­internationaux dûment conclus, ainsi des accords et protocoles de Minsk. Au nom tout simplement des principes d’un Etat de droit, ce qu’est censé être tout pays membre du Conseil de l’Europe. La Russie en est.
Nous demandons qu’Oleg Sentsov puisse revenir dans son pays, l’Ukraine.
Nous savons que nous vivons dans un monde de fracas. Les bombardements en Syrie, dans la Ghouta orientale ;...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Dix-sept millions d’Européens vivent et travaillent dans un autre pays de l’Union. Ils doivent pouvoir faire respecter leurs droits et bénéficier d’une protection sociale, quel que soit leur statut. La Commission de Bruxelles peut les y aider, affirme Marianne Thyssen, commissaire européenne à l’emploi, dans une tribune au « Monde ».
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Pourquoi il faut créer « une nouvelle autorité européenne du travail »

Dix-sept millions d’Européens vivent et travaillent dans un autre pays de l’Union. Ils doivent pouvoir faire respecter leurs droits et bénéficier d’une protection sociale, quel que soit leur statut. La Commission de Bruxelles peut les y aider, affirme Marianne Thyssen, commissaire européenne à l’emploi, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    29.03.2018 à 14h15
    |

Marianne Thyssen (Commissaire européenne pour l’emploi, les affaires sociales, les compétences et la mobilité des travailleurs)







                        



                                


                            

Tribune. Le retour de la croissance en Europe s’affirme et a des effets visibles sur le marché de l’emploi : fin 2017, 237 millions d’Européens exerçaient un emploi dans l’Union européenne (UE), le niveau le plus élevé jamais enregistré. La Commission européenne s’est fixé comme priorité de veiller à ce que cette croissance soit plus inclusive et profite à tous.
C’est l’objectif du socle européen des droits sociaux, que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont officiellement proclamé en novembre 2017 à Göteborg : il traduit en 20 principes les valeurs d’équité, de justice sociale et d’inclusion que l’Europe sociale doit porter. Il s’agit maintenant de mettre en pratique ces principes, avec la création d’une nouvelle autorité européenne du travail, proposée par la Commission.
Lorsque l’on pose la question aux Européens : quel est le droit de l’UE qui vous tient le plus à cœur ? 80 % répondent : la libre circulation. Aujourd’hui, 17 millions d’Européens vivent et travaillent dans un autre Etat membre. C’est deux fois plus qu’il y a dix ans. Avec la révision de la directive sur le travail détaché et les nouvelles règles de coordination de la sécurité sociale, nous allons maintenant disposer de règles justes pour faciliter la mobilité des travailleurs.
Faciliter l’accès à l’information
Mais que se passe-t-il si les travailleurs ignorent leurs droits, ou si ces règles ne sont pas appliquées dans la pratique ? Ce sera justement le rôle de cette future autorité d’aider les citoyens à connaître leurs droits, et les Etats membres à les faire respecter.

L’autorité européenne du travail permettra aux citoyens et aux entreprises de trouver leurs marques sur un marché du travail de plus en plus européen en facilitant l’accès à l’information. Elle servira aussi à renforcer la coopération entre les Etats membres pour s’assurer que les autorités nationales travaillent ensemble à faire respecter les règles communes....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif comprenant, entre autres, Stéphane Breton, Pascal Bruckner, Gérard Chaliand et Bernard Kouchner appelle le président de la République à soutenir nos alliés kurdes avant qu’il soit trop tard.
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« Monsieur Macron, sortez du silence et agissez en faveur des Kurdes de Syrie »

Dans une tribune au « Monde », un collectif comprenant, entre autres, Stéphane Breton, Pascal Bruckner, Gérard Chaliand et Bernard Kouchner appelle le président de la République à soutenir nos alliés kurdes avant qu’il soit trop tard.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 13h20
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 13h42
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Monsieur le président, vous savez mieux que personne que ce sont les Kurdes qui ont mis hors d’état de nuire en Syrie les islamistes de Daech, auteurs des effroyables attentats qui ont frappé la France. Ils y sont parvenus avec notre soutien militaire et celui du reste de la coalition internationale. Pendant plus de trois années de combats, ils ont été nos alliés indéfectibles et efficaces. Et voilà qu’aujourd’hui la France reste silencieuse devant l’invasion injustifiée qu’ils subissent par la Turquie dans la région d’Afrin.
Si la France laissait se poursuivre la conquête turque, elle s’exposerait à deux conséquences désastreuses ; l’une morale, l’autre politique
Appuyée par des groupes islamistes sanguinaires, l’armée turque vient de s’emparer de la capitale, dont le pillage a commencé. Est-il acceptable que nous soyons indifférents au sort de nos alliés kurdes, maintenant que nous croyons à tort ne plus avoir besoin d’eux ? Si la France laissait se poursuivre la conquête turque, qui viole toutes les règles du droit international, elle s’exposerait à deux conséquences désastreuses ; l’une morale, l’autre politique.
Nous risquerions d’abord d’être complices du gigantesque nettoyage ethnique annoncé publiquement par le président turc lui-même, qui a promis d’installer à la place des Kurdes d’Afrin des populations étrangères à cette région. Si nous n’empêchions pas cela, nous nous trouverions devant une situation rappelant celle des Arméniens en Turquie il y a cent ans.
Retour en arrière
Ensuite, laisser la Turquie établir dans le nord de la Syrie des islamistes antioccidentaux revient à accepter la reconstitution de réseaux terroristes qui ne manqueront pas de frapper à nouveau la France. Nous sommes en train de perdre en ce moment tous les gains du combat que nous avons mené avec les Kurdes contre Daech depuis plus de trois ans. C’est un retour en arrière pur et simple. Plus que jamais, les intérêts sécuritaires des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Un « marché du travail social » va être organisé avec la création de 150 000 emplois aidés.
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Le gouvernement allemand s’attaque au chômage de longue durée

Un « marché du travail social » va être organisé avec la création de 150 000 emplois aidés.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 12h00
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Ils sont l’une des faces sombres du « miracle » allemand du marché du travail : les chômeurs de longue durée. Alors que l’Allemagne affiche de nouveaux records d’activité, le nombre des personnes durablement éloignées du marché du travail ne baisse pas. Jeudi 29 mars, l’institut de statistiques Destatis a annoncé que le nombre de chômeurs, en février 2018, n’était plus que de 1,6 million, soit 236 000 de moins qu’un an avant, selon la définition du BIT. L’agence pour l’emploi, elle, recense 2,5 millions de chômeurs. Mais le noyau dur des chômeurs de longue durée, lui, reste stable depuis plusieurs années, à environ 900 000 personnes.
A Berlin, le nouveau gouvernement a entrepris de mettre ce problème au sommet de ses priorités. Angela Merkel avait promis lors de sa campagne électorale d’atteindre le plein-emploi d’ici à la fin de la législature. Aux manettes du grand ministère du travail et des affaires sociales, le plus doté du gouvernement avec un budget de 140 milliards d’euros, le social-démocrate Hubertus Heil s’est donné pour mission de réduire le nombre de chômeurs de longue durée. Quatre milliards d’euros sur quatre ans devraient y être consacrés. Une des mesures phare annoncées est d’organiser un « marché du travail social » avec 150 000 emplois aidés qui leurs seront réservés. Il s’agit d’activités d’intérêt général ne devant pas entrer en concurrence avec les emplois classiques.
Régions sensibles
La mesure sera-t-elle efficace ? Certains experts sont réservés. « C’est un second marché du travail. On entérine le fait qu’une partie des chômeurs de longue durée n’ont vraisemblablement aucune chance sur le marché du travail normal. Pour 150 000 emplois, c’est raisonnable. Mais si on étend ce dispositif, on éloigne les gens durablement du vrai marché du travail et on les enferme dans ces emplois. C’est ce qui s’est passé dans les années 1990 en Allemagne de l’Est », explique Enzo Weber, chercheur à l’Institut du travail de Nuremberg...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le processus d’acquisition lancé le 23 mars pour remplacer les F/A-18 américains met de nouveau en concurrence le Rafale de Dassault et le Gripen de Saab.
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L’armée de l’air suisse veut un nouvel avion de chasse polyvalent

Le processus d’acquisition lancé le 23 mars pour remplacer les F/A-18 américains met de nouveau en concurrence le Rafale de Dassault et le Gripen de Saab.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 14h01
    |

            Nathalie Guibert (Payerne (Suisse), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Les quatre chasseurs F/A-18, suivis des deux petits F-5 « Tiger » d’entraînement, s’envolent de la piste militaire de Payerne (canton de Vaud) vers la crête des Alpes suisses. Ce mercredi 28 mars, seule la croix blanche sur fond rouge qu’arborent les carlingues apporte une touche de couleur dans le paysage pluvieux.
Quadragénaires, les avions de l’armée de l’air helvète achèvent leur vie. Le département fédéral de la défense a publié, le 23 mars, les « exigences relatives à l’acquisition du prochain avion de combat et d’un nouveau système de défense sol-air », lançant ainsi la compétition pour renouveler sa flotte à partir de 2025. Un appel d’offres sera lancé à l’été.
Cinq concurrents sont pris en compte par le gouvernement : l’Eurofighter d’Airbus, le Rafale du français Dassault, les américains F-18 Super Hornet de Boeing et F-35 de Lockheed Martin, et le Gripen E du suédois Saab. Pour la défense sol-air, trois systèmes sont invités à concourir, sachant que Berne ne veut pas de système de défense antimissile balistique : le SAMP/T français (Eurosam), le David’s Sling israélien (Rafael) et le Patriot américain (Raytheon).
Le tout représente un marché total de 8 milliards de francs suisses (6,8 milliards d’euros), dont 1,5 milliard pour une défense aérienne de longue portée (couvrant au moins 15 000 km2), inexistante à ce jour. Le pays exige des offsets (contreparties) représentant 100 % du prix d’achat, et un prix tenant compte des coûts d’exploitation sur trente ans.
« Le prochain avion de combat restera en service jusqu’aux années 2050-2060 », souligne le rapport du groupe d’experts sur l’avenir de la défense aérienne qui ont travaillé pour le Conseil fédéral. Pour eux, « nul ne peut prévoir quelle sera l’évolution dans l’environnement sécuritaire ». Le rapport note par exemple : « Dans la mesure où le contraste Est-Ouest s’accentue à nouveau suite à l’annexion de la Crimée par la Russie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ L’organisation d’un référendum était une promesse du premier ministre, Leo Varadkar, arrivé au pouvoir en juin 2017, qui juge la loi actuelle « trop restrictive ».
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Les Irlandais se prononceront le 25 mai sur la libéralisation de l’avortement

L’organisation d’un référendum était une promesse du premier ministre, Leo Varadkar, arrivé au pouvoir en juin 2017, qui juge la loi actuelle « trop restrictive ».



Le Monde
 |    29.03.2018 à 09h31
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 11h00
   





                        


Les Irlandais vont être appelés à se prononcer le 25 mai par référendum sur la libéralisation de l’avortement. Ils décideront d’abroger ou non la législation actuelle, le 8e amendement, qui grave dans le marbre le droit à la vie de la mère et de son enfant à naître.
Il s’agit de l’une des législations les plus restrictives d’Europe, puisque l’avortement n’est prévu qu’en cas de risque mortel pour la mère. En cas de majorité, il reviendra au gouvernement d’élaborer un nouveau projet de loi, qui devrait autoriser l’avortement dans les douze premières semaines de grossesse.
« Le référendum pour abroger le 8e amendement [de la Constitution] aura lieu vendredi 25 mai », a tweeté mercredi 28 mars le ministre de la santé irlandais, Simon Harris, engagé en faveur d’une libéralisation de la loi. « Le peuple aura son mot à dire. » L’organisation du référendum a été approuvée par les deux chambres du Parlement irlandais, qui ont voté une loi en ce sens. Le Sénat irlandais a adopté mercredi le texte de loi par 40 voix contre 10.

        Lire aussi :
         

                La carte d’Europe des pays qui autorisent ou non l’avortement



« Une opportunité unique »
L’ONG Amnesty Internationale a salué sur Twitter l’annonce du référendum, estimant qu’il s’agissait d’une « opportunité unique pour l’Irlande de mettre en place des lois qui respectent les droits de l’homme, des femmes et des filles ».
L’organisation d’un référendum était une promesse du premier ministre, Leo Varadkar, arrivé au pouvoir en juin 2017, qui juge la loi « trop restrictive ». Médecin de formation, il avait annoncé qu’il ferait campagne en faveur de la libéralisation de la loi. En janvier, il avait affirmé publiquement que la Constitution n’avait pas vocation à « établir des affirmations définitives sur des sujets médicaux, moraux et légaux ».
L’avortement a toujours été illégal en Irlande, mais son interdiction n’a été insérée dans la Constitution qu’en 1983, après avoir recueilli 67 % des suffrages lors d’un référendum. Le huitième amendement garantit « le droit à la vie » de l’embryon, en tenant compte du « droit égal à la vie de la mère ».

        Lire aussi :
         

                En Irlande, les partisans du droit à l’avortement descendent dans la rue avant le référendum



Quatorze ans de prison
L’exception à cette interdiction – le risque mortel pour la mère – a été ajoutée en 2013, peu après la mort d’une femme enceinte, des suites d’une grossesse à problèmes que ses médecins avaient refusé d’interrompre, et qui avait scandalisé l’opinion. Néanmoins, le viol, l’inceste ou la malformation du fœtus ne sont pas des raisons légales d’avorter, et une telle intervention constitue un crime passible d’une peine de quatorze ans de prison.
Des milliers d’Irlandaises se rendent chaque année à l’étranger, principalement au Royaume-Uni, pour avorter. Deux études d’opinion publiées à la fin de janvier laissent entendre qu’entre 51 % et 56 % des électeurs sont favorables à l’autorisation de l’avortement au cours des douze premières semaines de grossesse, tandis que 30 % y sont opposés, les autres étant indécis. Ces sondages témoignent toutefois d’un fossé générationnel : une franche majorité des plus de 65 ans étant contre une telle réforme. Et, selon des observateurs, la mobilisation risque d’être forte dans le camp des adversaires de la proposition.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le bilan, encore provisoire, est de 64 morts, dont 41 enfants. Dans la ville sibérienne comme dans la capitale, la population dénonce la corruption et le laxisme des autorités.
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Trois jours après l’incendie à Kemerovo, la colère sur place et à Moscou s’intensifie

Le bilan, encore provisoire, est de 64 morts, dont 41 enfants. Dans la ville sibérienne comme dans la capitale, la population dénonce la corruption et le laxisme des autorités.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 20h21
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 10h31
    |

                            Intérim (Moscou, correspondante)








                        



   


Face à la colère, Vladimir Poutine a promis des sanctions. Mais, en plein deuil national, trois jours après le tragique incendie à Kemerovo, le chef du Kremlin se retrouve au centre des critiques. La cité minière de Sibérie a commencé à enterrer les 64 personnes, dont 41 enfants, mortes dimanche 25 mars, selon le bilan officiel, dans les flammes du Zimnaia Vishnia (« cerise d’hiver »), principal centre commercial de la ville.
Le feu aurait été provoqué par un court-circuit, mais l’ampleur du bilan s’explique par l’effarante série de dysfonctionnements de la sécurité. Des groupes d’enfants se sont notamment retrouvés prisonniers de salles de cinéma aux portes fermées à clé, alors que le système d’alarme était en panne. Les hommes chargés de la sécurité ont été parmi les premiers à fuir et les services de secours ont tardé à intervenir.
« Nous n’oublierons pas », promettent les affiches déposées sur les mémoriaux installés à Kemerovo, Moscou et dans tout le pays. Alors que les autorités voulaient limiter le recueillement, elles ont été contraintes de déclarer mercredi 28 mars jour de deuil national. Une minute de silence a été observée dans tout le pays.
Les drapeaux étaient en berne, les programmes de divertissement annulés et les publicités sur les principaux panneaux électroniques remplacées par des images de bougies. Les mairies ont aussi installé des stands officiels de recueillement, avec musique funéraire et encadrement policier. A Moscou, le long de la muraille du Kremlin, de nombreuses personnes bien encadrées ont ainsi défilé toute la journée pour déposer fleurs et peluches.

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Les pancartes aux mots durs et directs
« Mais la vraie peine et la vraie colère, elles sont ici ! », confie au Monde Natacha, rencontrée sur la place Pouchkine, dans le centre de la capitale. C’est ici au pied de la statue du poète que, spontanément, des centaines de Moscovites se rassemblent depuis deux jours autour d’un mémorial improvisé. Au milieu des jouets et des fleurs déposés en mémoire des enfants décédés, les pancartes révèlent l’ampleur de la colère. Avec des mots durs et directs : « Les pots-de-vin tuent les enfants » ou « Nous ne pardonnerons pas le pouvoir pour sa négligence et pour nous avoir trompés ».
Aman Tuleyev, le gouverneur de Kemerovo vétéran parmi les responsables régionaux au service du Kremlin, est visé. Il a refusé de se rendre sur les lieux du drame, officiellement pour que son cortège ne dérange pas les secours. Puis il a semblé rejeter les critiques sur son administration, au cœur de la corruption qui a permis aux gérants du centre commercial de contourner pendant cinq ans les règles de sécurité. « Démission ! », « Criminels ! », « Vérité ! », ont crié les manifestants à Kemerovo. Mais Aman Tuleyev n’est jamais venu à leur rencontre et, au contraire, s’en est pris aux « opposants » venus « faire leur publicité sur le dos de la tragédie ».

   


De passage à Kemerovo mardi, Vladimir Poutine a réclamé des sanctions contre les responsables de ce qu’il a qualifié de « négligence criminelle ». Mais il a pareillement évité la foule en colère. Le ton est monté. « Vova et Aman, en prison », a même affirmé une pancarte brandie par un manifestant sur la place principale de Kemerovo, en référence aux surnoms de Vladimir Poutine et du gouverneur. Le Kremlin a fait savoir qu’il n’avait pas l’intention de remercier Aman Tuleyev qui, jusqu’à présent, s’est contenté de destituer deux hauts responsables locaux.
Autorités accusées de minimiser le bilan
« Le problème est bien plus large ! C’est tout le système de corruption et de laxisme qui est en cause. Il s’est développé sous Poutine pendant ses dix-huit ans au pouvoir », fulmine une femme au pied de la statue Pouchkine, à Moscou. « A Kemerovo, les responsables du centre commercial ont dû pas mal distribuer de pots-de-vin pour éviter les contrôles et continuer à gagner de l’argent au détriment de la sécurité. Ce problème est général à toute la Russie », prévient un homme d’affaires venu, lui aussi, se recueillir devant le matelas de fleurs improvisé de la place Pouchkine et non devant le Kremlin où la foule se rassemble sans un mot de protestation.

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« Ce drame, juste après la réélection de Poutine, va le poursuivre comme d’autres tragédies par le passé », insiste une mère de famille, dans une allusion au naufrage du sous-marin Koursk, en 2000 (118 marins morts), et à la prise d’otages de l’école de Beslan, en 2004 (334 morts dont 186 enfants).
Comme lors de ces précédents drames, les autorités sont accusées non seulement d’avoir fui leurs responsabilités, mais aussi de minimiser le bilan. A Kemerovo, malgré l’engagement de la mairie d’ouvrir les morgues, de nombreux habitants assurent que les morts se comptent par centaines. Ces évaluations font le tour du Web. Mais Vladimir Poutine, qui a exigé une enquête « totalement objective et transparente » puis ordonné des inspections dans tous les centres commerciaux du pays, a dénoncé des « tentatives de semer la panique » sur Internet. Un sabotage mené depuis l’étranger, a-t-il insisté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Pour l’avocat Frédéric Gérard, dans une tribune au « Monde », la fiscalité des activités numériques exige de refondre la notion de localisation de l’activité, et non des mesures inadaptées à la réalité des entreprises, fussent-elles populaires.
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« Au lieu de protéger les acteurs européens, la “taxe GAFA” pourrait paradoxalement les pénaliser »

Pour l’avocat Frédéric Gérard, dans une tribune au « Monde », la fiscalité des activités numériques exige de refondre la notion de localisation de l’activité, et non des mesures inadaptées à la réalité des entreprises, fussent-elles populaires.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 14h00
    |

Frédéric Gérard (Avocat associé du cabinet Velvet)







                        



                                


                            
Tribune. La Commission européenne a présenté, le 21 mars, son projet de création d’une taxe sur les services numériques (TSN). Les géants du numérique réalisent en effet des recettes colossales en Europe, mais n’y payent en proportion qu’un impôt sur les sociétés très faible. Le principe de cette taxe est donc simple : taxer ces recettes indépendamment des bénéfices réalisés, afin de contraindre les GAFA [Google, Apple, Facebook, Amazon] à payer un niveau satisfaisant d’impôts en Europe.
La contribution fiscale de ces sociétés, qui s’appuient sur des pratiques fiscales critiquées, est indéniablement faible. Le principe de cette taxe est donc populaire. Mais peut-elle vraiment atteindre le but recherché ? En premier lieu, la définition des activités concernées pose question. Le projet de directive vise les « services numériques caractérisés par la création de valeur par les utilisateurs ». Vague et subjective, elle est la promesse de contentieux fiscaux nombreux et hasardeux pour l’administration et les entreprises.

Les seuils d’assujettissement semblent en première analyse moins approximatifs. Pour ne pas peser sur les start-up et les PME, la taxe ne concernerait que les sociétés dont le chiffre d’affaires mondial dépasserait 750 millions d’euros ou dont le chiffre d’affaires réalisé en Europe excéderait 50 millions d’euros. Elle serait calculée au taux de 3 % du chiffre d’affaires. Ces montants seront souvent difficiles à déterminer, et conduiront probablement certaines sociétés à se réorganiser pour y échapper.
Au lieu de protéger les acteurs européens, la taxe pourrait paradoxalement les pénaliser : elle impactera peu la rentabilité des concurrents américains ou chinois, mais pèsera sans doute plus lourdement sur ces entreprises de taille intermédiaire dont l’Europe manque tant.
Contournements et effets indirects
Que dire des entreprises européennes qui acquittent aujourd’hui un montant normal...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Poursuivie pour rébellion, cette ex-ministre avait prévu de se livrer aux autorités locales depuis l’arrestation, dimanche en Allemagne, de Carles Puigdemont.
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L’indépendantiste catalane Clara Ponsati, exilée en Ecosse, s’est rendue à la police

Poursuivie pour rébellion, cette ex-ministre avait prévu de se livrer aux autorités locales depuis l’arrestation, dimanche en Allemagne, de Carles Puigdemont.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 13h05
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 13h56
   





                        



   


L’ancienne dirigeante indépendantiste catalane Clara Ponsati, visée par un mandat d’arrêt européen émis par Madrid, s’est rendue mercredi 28 mars à la police en Ecosse, où elle s’est exilée.
L’ex-ministre de l’éducation catalane, arrivée dans la matinée au commissariat Saint Léonard d’Edimbourg, sera présentée à un tribunal de la capitale écossaise dans la journée, a annoncé son avocat, Aamer Anwar.
Poursuivie pour rébellion, elle avait prévu de se livrer aux autorités locales depuis l’arrestation, dimanche par la police allemande, de l’ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont. La rébellion est passible de trente ans de prison en Espagne. Ce chef d’accusation est controversé, car il suppose un « soulèvement violent », qui, selon de nombreux juristes, ne s’est jamais produit.

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« Persécution politique »
Clara Ponsati souhaite se « défendre vigoureusement » contre ces accusations qu’elle réfute et qui relèvent, selon elle, d’une « persécution politique », a ajouté son conseil. Elle soutient que les tribunaux espagnols ne peuvent garantir ses droits.
Comme d’autres dirigeants catalans, Clara Ponsati s’était exilée à Bruxelles le 30 octobre, après la mise sous tutelle de la Catalogne, décidée par Madrid en réponse à la déclaration unilatérale d’indépendance de la région le 27 octobre.
Elle s’est installée il y a peu en Ecosse où elle travaille pour l’université de St Andrews (côte est) en tant que professeur d’économie et où elle a reçu le soutien de membres du Parti nationaliste écossais (SNP), qui partage les aspirations des indépendantistes catalans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ A partir du 1er avril, la portabilité des services numériques sera effective. Mais seuls les citoyens de l’UE se déplaçant dans un autre Etat membre pourront accéder à leur service.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/03/2018
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Les Européens pourront voyager dans l’UE en profitant de leurs abonnements numériques

A partir du 1er avril, la portabilité des services numériques sera effective. Mais seuls les citoyens de l’UE se déplaçant dans un autre Etat membre pourront accéder à leur service.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 10h03
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Ce n’est pas tous les jours que la Commission de Bruxelles fait une annonce vraiment parlante pour les citoyens de l’Union européenne (UE). La commissaire au digital, Mariya Gabriel, est descendue en salle de presse, mardi 27 mars, pour confirmer l’effectivité, au 1er avril, de la « portabilité des services numériques ».

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Les abonnés à Spotify, Netflix et autres sites de vidéo à la demande pourront continuer à accéder à ces services lors de leurs voyages internationaux, à condition qu’ils soient citoyens européens et qu’ils se déplacent, temporairement, dans un autre pays de l’UE. Ils devront pouvoir justifier qu’ils ne sont qu’en transit : les fournisseurs de services auront les moyens de vérifier leur adresse IP et/ou la certification de résidence. Mais aucune limite en nombre de jours n’a été fixée.
Le législateur voulait de fait éviter un effet d’aubaine qui conduirait les utilisateurs à s’abonner dans les pays où les services en ligne sont le moins chers. Les Français, soucieux du droit d’auteur, militaient pour que soit fixée une limite temporelle à la portabilité des services. Le Parlement et le Conseil européen (les Etats membres) n’ont pas retenu cette option.
Une vraie avancée pour les consommateurs
Il s’agit en tout cas d’une vraie avancée pour les consommateurs du Vieux Continent, même si elle ne devrait, dans un premier temps, concerner que des « millenials » à fort pouvoir d’achat : des fonctionnaires européens, par exemple, bien payés, et sillonnant constamment l’Europe. Elle vient après la fin du « roaming », les surtaxes aux appels internationaux (le 15 juin 2017), et avant celle du « géoblocking », effective d’ici à la fin 2018, qui empêchera les cybermarchands de discriminer les clients d’autres pays membres que le leur.
Autre moment fort de l’agenda européen, allant lui aussi dans le sens du renforcement du pouvoir des citoyens : l’entrée en force du règlement sur la protection des données personnelles (RGPD), le 25 mai. Ce texte, très attendu au moment où le scandale Cambridge Analytica défraye la critique, donnera aux usagers théoriquement bien davantage de contrôle sur leurs informations en ligne.

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Après avoir enfin osé proposer de taxer les géants du Web, devenus des champions de l’évitement fiscal, la Commission devrait aussi rendre publique, fin avril, une proposition de régulation des plates-formes Internet, visant à rééquilibrer la relation, très inégale sur le Net, entre Google, Apple et autres Facebook d’une part, et les PME d’autre part. Il s’agira d’éviter par exemple qu’une société ne soit brutalement déréférencée d’un moteur de recherches sans raison valable ni possibilité d’engager un recours.
« Territorialité des droits »
La Commission Juncker, qui nourrissait de grandes ambitions pour le « marché unique » du numérique, a en revanche du mal à faire adopter deux textes pourtant jugés fondamentaux : celui sur la modernisation du droit d’auteur, et un autre sur les services audiovisuels (le règlement câble-satellite). Le premier, un projet de directive, a été rendu public en septembre 2016, mais son examen au Parlement européen, et en parallèle au Conseil, n’a toujours pas abouti. La Commission espère encore une adoption définitive avant fin 2018.

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Les associations d’ayants droit, notamment françaises, bataillent pied à pied, redoutant une modernisation sans discernement qui fragiliserait encore plus les sources de revenus des auteurs. Les éditeurs de presse, spécialement allemands, espèrent quant à eux obtenir un « droit voisin », c’est-à-dire la possibilité de réclamer des droits auprès des plates-formes qui référencent les articles de leurs journalistes.
La discussion autour du règlement « câble-sattelite » est plus avancée : elle en est au stade des pourparlers entre le Parlement de Strasbourg et le Conseil européen. Mais les négociateurs butent encore sur une disposition cruciale, la « territorialité des droits ». La Commission tenait à ce que des contenus numériques financés dans un pays membre puissent être diffusés ailleurs dans l’UE sans avoir à s’acquitter de droits de diffusion dans ces Etats. Mais là encore, les acteurs traditionnels, cinéma et TV, font de la résistance.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Les électeurs voient dans le premier ministre un rempart contre les dangers extérieurs et l’immigration.
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A Debrecen, dans le fief de la Hongrie rêvée d’Orban

Les électeurs voient dans le premier ministre un rempart contre les dangers extérieurs et l’immigration.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 11h33
    |

                            Blaise Gauquelin (Debrecen (Hongrie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Marie Csernyi presse le pas sur le parvis de l’immense temple calviniste de Debrecen. C’est ici que Lajos Kossuth, héros du roman national, a proclamé la déchéance des Habsbourg et l’indépendance de la Hongrie, le 14 avril 1849. Le personnage est sacré pour les patriotes ; Viktor Orban, le premier ministre en campagne pour obtenir un troisième mandat d’affilée, se présente comme son héritier.
Trente-cinq ans durant, cette sexagénaire a passé la serpillière sur les tomettes foulées par les ouailles protestantes. Elle votera bien sûr pour le chef du gouvernement, si décrié à l’étranger, aux législatives du 8 avril. « Pour qui d’autre ? Regardez donc autour de vous ! Tout a changé en mieux chez nous grâce au parti Fidesz. »
Impossible d’échapper à la couleur orange du parti au pouvoir dans la seconde ville de Hongrie, une vitrine du régime, située à 225 kilomètres à l’est de Budapest. Tramway flambant neuf, centre-ville rénové : l’argent coule à flots à Debrecen depuis la victoire, en 2010, de cette formation et de son dirigeant ultraconservateur, car la municipalité de 210 000 habitants est tenue par des proches du clan Orban.
Difficile de dénicher des électeurs ouvertement critiques, même au sein de l’important campus qui fait vivre la cité. « Je vais voter pour le Fidesz parce que le chômage a baissé », assure par exemple Aniko Csillag, 20 ans, qui étudie la littérature hongroise. « Et moi parce que les salaires ont augmenté », explique Zoltan Lukacs, en première année de sciences politiques. La corruption, le clientélisme, l’état catastrophique des hôpitaux ? Des mensonges de l’opposition. « Les gens veulent reconduire Orban parce qu’ils ont constaté des changements positifs au niveau local », analyse son camarade Janos Santa.
Détourner l’attention
A Debrecen, les habitants disent « merci Orban ». Ils sont rarement contredits dans leurs convictions : la base électorale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Après sa sortie de l’Union, le Royaume-Uni n’aura plus accès au système européen de satellites. David Davis, le ministre du Brexit, dénonce une décision « extraordinairement peu judicieuse ». Paris est suspecté d’être à la manoeuvre.
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Londres furieux d’être écarté du projet Galileo

Après sa sortie de l’Union, le Royaume-Uni n’aura plus accès au système européen de satellites. David Davis, le ministre du Brexit, dénonce une décision « extraordinairement peu judicieuse ». Paris est suspecté d’être à la manoeuvre.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 17h50
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Le Royaume-Uni a décidé de taper du poing sur la table pour ne pas être écarté, après le Brexit, du projet Galileo, le système de satellites européens concurrent du GPS américain. En janvier, la Commission européenne avait informé discrètement le gouvernement britannique qu’après sa sortie de l’Union européenne celui-ci ne pourrait plus avoir accès au signal le plus sophistiqué de Galileo, qui est chiffré et utilisé dans le secteur de la défense, notamment pour le guidage des systèmes d’armement. Une telle décision aurait d’importantes répercussions économiques, excluant automatiquement les entreprises britanniques des prochains appels d’offres de Galileo, attendus dans les mois qui viennent.

Dans un entretien arrangé dans l’urgence, mardi 27 mars, avec quelques médias européens, dont Le Monde, David Davis, le secrétaire d’Etat à la sortie de l’Union européenne, a décidé de contre-attaquer. « Nous sommes surpris de la décision de la Commission. Ce n’est pas nécessaire et ce n’est pas judicieux, non seulement pour nous, mais pour la sécurité européenne. »
« Un impact sur la capacité de nos systèmes de défense »
Le ministre du Brexit souligne que le Royaume-Uni est l’une des principales puissances militaires européennes, et que son service de renseignement est extrêmement utile à la sécurité de l’ensemble des Européens. Conserver la coopération la plus complète relève donc de l’intérêt des Britanniques, mais aussi des Européens.
« Suggérer que le Royaume-Uni n’est pas un pays sûr pour recevoir des données chiffrées me semble extraordinaire, et extraordinairement peu judicieux. Cela signifierait que nous n’aurions plus accès aux données les plus intéressantes du signal de Galileo. Cela aurait un impact sur la capacité de nos systèmes d’armement, de défense. » Selon M. Davis, l’Europe a besoin du Royaume-Uni dans le domaine de la défense. « Nous sommes le pays qui dépense le plus en recherche et équipement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Quatre écrivains, parmi lesquels Daniel Pennac et Erri de Luca, dénoncent dans une tribune au « Monde » l’incarcération des responsables politiques catalans.
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« Nous, citoyens d’Europe, demandons la liberté immédiate des citoyens catalans incarcérés pour leurs convictions politiques »

Quatre écrivains, parmi lesquels Daniel Pennac et Erri de Luca, dénoncent dans une tribune au « Monde » l’incarcération des responsables politiques catalans.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 10h23
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 12h12
    |

Erri de Luca, Jean-Marie Laclavetine, Daniel Pennac et Roberto Saviano







                        



   


Tribune. Nous, citoyens d’Europe, demandons la liberté immédiate des citoyens catalans incarcérés pour leurs convictions politiques.
Ils sont mis en examen pour rébellion et subversion, ils risquent une condamnation à trente ans de réclusion, mais ils n’avaient pas une seule pierre dans la main.
Il ne s’agit pas pour nous d’intervenir pour ou contre l’indépendance de la Catalogne.
Il s’agit pour nous de défendre des citoyens d’Europe incarcérés pour leur fidélité à leurs paroles.
Laboratoire de démocratie
Nous demandons leur liberté et le retrait du très grave et démesuré chef d’accusation.
En tant que citoyens, nous nous sentons responsables du droit à la libre parole et à la libre expression.

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Pourquoi nous occupons-nous de la Catalogne et non de la Turquie ? Parce que la Catalogne est une terre d’Europe et que nous pensons vivre dans son laboratoire de démocratie. C’est pourquoi l’expérience d’arrêter les représentants élus par la volonté populaire, les menacer de peines exemplaires pour leurs idées politiques doit être rejetée par le laboratoire d’Europe.
La répression des minorités ne doit pas avoir de citoyenneté dans notre espace commun.
Les opinions et les convictions, on les discute, on ne les met pas en prison.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Le feu s’est déclaré dimanche dans un centre commercial au cœur de Kemerovo. Le bilan est d’au moins 64 morts. Une journée de deuil national a été décrétée mercredi.
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Incendie meurtrier en Sibérie : les Russes manifestent pour réclamer la tête des autorités locales

Le feu s’est déclaré dimanche dans un centre commercial au cœur de Kemerovo. Le bilan est d’au moins 64 morts. Une journée de deuil national a été décrétée mercredi.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 08h16
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 10h00
   





                        



   


Les Russes réclamaient la tête des autorités locales et exigeaient justice à Kemerovo, alors que le pays observe, mercredi 28 mars, une journée de deuil après l’incendie meurtrier d’un centre commercial dû à des violations choquantes des règles de sécurité.
En visite à Kemerovo, ville industrielle de Sibérie de 550 000 habitants, le président Vladimir Poutine avait dénoncé la veille une « négligence criminelle » dans cette tragédie qui a fait dimanche au moins 64 morts, dont 41 enfants.
Des milliers de manifestants exigent des explications
Des milliers de manifestants s’étaient rassemblés mardi sur la place centrale de Kemerovo pour pleurer les disparus et exiger des explications de la part des autorités. « Qui est vraiment responsable ? », « Combien de victimes, réellement ? », « Des lampistes vont être condamnés, les rois s’en tireront », pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants, parmi lesquels se trouvaient des proches des victimes ainsi que des rescapés.
L’annonce de l’arrestation de cinq personnes, parmi lesquelles des responsables du centre commercial et un membre de la sécurité, n’a pas suffi à calmer la colère des habitants qui craignent que les vrais coupables ne soient jamais punis et exigent le limogeage des responsables de la région. Des rumeurs insistantes ayant fait état d’un nombre de victimes plus élevé qu’annoncé officiellement, le maire de la ville, Ilia Serediouk, a dû donner l’accès aux morgues à un groupe de protestataires.

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                Un incendie meurtrier dans un centre commercial révèle la corruption endémique en Russie



Lorsque le vice-gouverneur de la région, Sergueï Tsiviliov, a rejoint les manifestants, il s’est fait interpeller par un homme, Igor Vostrikov, qui a affirmé avoir perdu sa femme, ses trois enfants et sa sœur dans l’incendie, et qui l’a accusé de « traiter les gens comme du bétail ». « Jeune homme, qu’est-ce que vous voulez ? Vous faire de la publicité grâce à l’affliction générale ? », lui a lancé le vice-gouverneur, avant de demander plus tard pardon à genoux à la population et de promettre de punir les responsables.
Furieux, Igor Vostrikov, dont l’intervention a fait le tour d’Internet et des médias, a appelé les habitants de Kemerovo a se rassembler de nouveau samedi 31 mars. Des manifestations dénonçant la « corruption meurtrière » et exigeant une enquête transparente ont également eu lieu mardi à Moscou et Saint-Pétersbourg.

   


Une série de négligences et de violations des normes
Issues de secours bloquées, salles de cinéma fermées à clé, système d’alarme en panne, membres de la sécurité incompétents, système anti-incendie défaillant : la liste des « violations flagrantes » relevées par les enquêteurs a suscité l’incompréhension et la colère dans un pays où des incendies meurtriers se produisent chaque année.
Les premiers résultats de l’enquête ont montré que les dirigeants du centre commercial avaient bénéficié d’une tolérance coupable de la part des autorités locales.
Le centre avait pu ouvrir en 2013 malgré des manques constatés dans la sécurité anti-incendie puis, sans difficulté, ignorer les injonctions faites par le ministère des situations d’urgence lors d’une inspection en 2016. Enfin, le lieu était officiellement enregistré comme entreprise de moins de 100 salariés, pour éviter d’être trop fréquemment contrôlé.
Par ailleurs, selon ce même comité d’enquête, plusieurs employés chargés de la sécurité du centre commercial ont fui les lieux au début de l’incendie, au lieu de prévenir les clients et d’organiser les évacuations.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ La « common law » britannique, qui s’est imposée par l’alliance entre la City et les cabinets d’avocats londoniens, pourrait bien reculer au bénéfice de la tradition juridique continentale, observe l’avocat Frédéric Peltier dans une tribune au « Monde ».
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« Le Brexit, une chance pour construire un droit des affaires européen »

La « common law » britannique, qui s’est imposée par l’alliance entre la City et les cabinets d’avocats londoniens, pourrait bien reculer au bénéfice de la tradition juridique continentale, observe l’avocat Frédéric Peltier dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    28.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 10h00
    |

                            Frédéric Peltier (Avocat)








                        



                                


                            
Tribune. Le Brexit a relancé une guerre économique des juridictions en matière financière, qui semblait avoir été définitivement gagnée par la common law britannique. L’hégémonie de la City de Londres ne s’est pas construite sur la seule puissance de l’industrie de la finance. Elle a également été portée par le dynamisme de l’industrie juridique britannique, avec ses grands cabinets d’avocats installés dans des tours voisines des banques à Canary Wharf, dans l’Est londonien.
Ces cabinets ont imposé à l’Europe un droit modelé par des juristes anglais, lorsqu’il s’agit de finance. La suprématie de Londres en matière financière s’est donc construite sur une alliance entre banquiers et avocats qui ont œuvré quotidiennement dans les négociations du business, mais aussi par un lobbying redoutable dans les instances européennes pour imposer leur juridiction. Avec le droit anglais, les banques anglo-saxonnes ont trouvé leur avantage concurrentiel, et, avec les banques, les juristes anglo-saxons ont trouvé le gisement fructueux de leur prospérité.
Nouvelle donne
Il est clair que le Brexit vient modifier la donne, car si l’allié bancaire des juristes anglais quitte le berceau du droit britannique pour venir s’installer en Europe continentale, la formidable coopération entre la finance et l’industrie du droit britannique deviendra plus complexe.
Le Brexit va-t-il se prolonger par un « Brexlaw », c’est-à-dire un recul de l’emprise du droit britannique sur les opérations financières en Europe et dans le monde ? Les juristes français en rêvent. Prendre une revanche sur les Anglais est toujours source de jubilation… Mais attention aux attitudes nationalistes qui ne sont peut-être pas à la hauteur de l’enjeu.
On vante désormais la qualité de nos procédures judiciaires pour attirer les contrats financiers dans le « for » français
Le Brexit est vu comme une chance pour la France. Première victoire, elle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Pour la politologue Marie Mendras, l’expulsion concertée des diplomates russes « ne peut s’expliquer que dans un contexte de tensions graves depuis l’annexion de la Crimée ».
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Affaire Skripal : des sanctions occidentales pour « faire passer un message au Kremlin »

Pour la politologue Marie Mendras, l’expulsion concertée des diplomates russes « ne peut s’expliquer que dans un contexte de tensions graves depuis l’annexion de la Crimée ».



Le Monde
 |    27.03.2018 à 19h07
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 12h39
    |

            Laura Motet








                        


L’empoisonnement au gaz neurotoxique de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille, dimanche 4 mars, a déclenché, lundi 26 mars, l’application de nouvelles sanctions contre la Russie : une vingtaine de pays occidentaux, dont les Etats-Unis, le ­Canada, la France, l’Allemagne, la Hongrie et l’Ukraine, ont annoncé lundi 26 mars de façon simultanée et concertée l’expulsion d’au moins 144 diplomates russes.
Marie Mendras, politologue au CNRS et au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) de Sciences Po, souligne dans un entretien au Monde le caractère « totalement inédit » de cette action coordonnée au niveau international.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Affaire Skripal : le front uni des Occidentaux face à la Russie



Quel est le profil des diplomates expulsés ?
Les diplomates expulsés sont pour la très grande majorité d’entre eux, si ce n’est pour tous, des agents des services de renseignement extérieur russe avec une couverture diplomatique.
Ces expulsions sont-elles une première dans l’histoire des relations internationales ?
Les expulsions de diplomates font partie des incidents diplomatiques entre Etats depuis très longtemps.
Ce qui est totalement inédit cette semaine, c’est la décision concertée de plus de vingt pays occidentaux de montrer leur solidarité vis-à-vis de l’Etat britannique, en conduisant une politique de rétorsion contre les actions de l’Etat russe en Grande-Bretagne, par l’expulsion d’un certain nombre de « diplomates ».

        Décryptage :
         

          Comment et pourquoi des diplomates peuvent-ils se faire expulser ?



Quel signal ces expulsions envoient-elles à Moscou ?
Par ces expulsions, les gouvernements occidentaux signalent à Moscou qu’ils considèrent les actes de l’Etat russe comme des actes qui mettent en danger la sécurité de leurs populations. Ces sanctions ne visent donc pas à affaiblir la Russie, mais à arrêter Vladimir Poutine et freiner ses politiques perçues comme dangereuses, parce qu’elles entretiennent un climat de conflictualité et font monter le risque d’affrontement.
A noter que cette décision fait un consensus très large au sein des Etats occidentaux : parmi eux, on trouve les Etats-Unis, le Canada, de nombreux Etats européens, dont la Hongrie de Viktor Orban, la Roumanie, l’Albanie et l’Ukraine. Cette solidarité permet à l’Ukraine de revendiquer son appartenance à la famille des pays occidentaux.
Vous évoquez l’Ukraine. La décision d’expulser les diplomates s’inscrit-elle dans une réflexion diplomatique de plus long terme, entamée par les Occidentaux à la suite de l’annexion de la Crimée et de l’intervention russe dans le Donbass en 2014 ?
Tout à fait. La réaction des gouvernements occidentaux ne peut s’expliquer que dans un contexte de tensions graves depuis l’annexion de la Crimée et l’intervention russe dans l’est de l’Ukraine il y a quatre ans. S’il n’y avait pas eu ce précédent, l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille par un gaz neurotoxique de fabrication soviétique aurait suscité un grand émoi, mais probablement pas une riposte collective.
Au printemps 2014, les pays occidentaux devaient absolument réagir aux actes d’agressions contre un Etat souverain, l’Ukraine, et, en même temps, ne voulaient pas être entrainés dans une escalade militaire. D’où le choix d’appliquer des sanctions ciblées contre des personnalités et des secteurs d’activité russes.
C’est un peu la même logique qui préside aujourd’hui à la décision concertée d’expulsion d’agents russes : exprimer la solidarité des pays occidentaux et faire passer un message au Kremlin, sans aller dans le sens d’une confrontation militaire.
Hormis l’annexion de la Crimée et l’intervention russe dans le Donbass, y a-t-il eu d’autres éléments qui ont conduit les Etats occidentaux à réagir si vivement à l’empoisonnement de M. Skripal ?
En premier lieu, la détermination des Occidentaux a été renforcée par des dénégations peu convaincantes. Moscou a par exemple prétendu que le gaz Novitchok [utilisé contre Sergueï Skripal] venait de République tchèque.
Autre raison qui explique cette riposte ferme : le plébiscite mal acquis de Poutine le 18 mars dernier. Les Occidentaux se sont sentis obligés de reconnaître la victoire de Poutine une nouvelle fois, sans être convaincus de l’honnêteté du scrutin.
Enfin, la propagande et les fake news participent à cette exaspération occidentale. Les services de renseignement russes n’ont eu aucun scrupule à lancer des campagnes de dénigrement contre nos sociétés, partis politiques, femmes et hommes politiques, Emmanuel Macron notamment. Nos gouvernements disent clairement : « Stop, nous ferons front commun pour défendre nos sociétés, nos institutions démocratiques et notre sécurité. » Une forme de dissuasion par la force du nombre, contre un seul rival.
Les Etats-Unis sont-ils à l’origine de ces sanctions ?
Cette fois-ci, l’initiative des mesures de rétorsion vient d’Europe et en particulier de Grande-Bretagne, puisque c’est là que le double empoisonnement a eu lieu ; les Etats-Unis ont suivi.
Comment interpréter la décision américaine – apparemment contradictoire – de renvoyer soixante diplomates russes une semaine après que Donald Trump a félicité Vladimir Poutine pour sa réélection ?
Une contradiction de plus parmi beaucoup d’autres ! Trump a été l’un des rares dirigeants occidentaux à féliciter chaleureusement Vladimir Poutine pour sa réélection, sans même mentionner l’affaire Skripal. Quelques jours après, il est bien obligé de suivre le mouvement, et d’accepter les conseils du département d’Etat et du Pentagone qui sont sur une ligne très claire : avec Moscou, il faut être ferme, et ne pas se mettre en position de faiblesse.
Depuis sa prise de fonctions en janvier 2017, le président des Etats-Unis n’a même pas pu nouer de relation avec Vladimir Poutine. Il s’est trouvé vite bloqué parce que toute relation avec Moscou était vue comme toxique du fait de l’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection américaine. Trump et ses proches se trouvent tous sous la pression de l’enquête menée par le procureur Mueller sur leurs liens cachés avec des intérêts russes pendant la campagne présidentielle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le programme d’échange européen a bénéficié, en 2017, à près de 80 000 étudiants, apprentis, lycéens professionnels ou enseignants français. Les demandes s’annoncent en hausse de 6 % en 2018.
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Le programme Erasmus + attire toujours plus d’étudiants

Le programme d’échange européen a bénéficié, en 2017, à près de 80 000 étudiants, apprentis, lycéens professionnels ou enseignants français. Les demandes s’annoncent en hausse de 6 % en 2018.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 17h29
    |

            Adrien de Tricornot








                        



   


L’engouement pour le programme européen Erasmus + ne se dément pas en France : les demandes pour bénéficier de ce programme conçu pour les étudiants et étendu progressivement aux apprentis, aux élèves de lycée professionnel, aux stagiaires de la formation professionnelle ou encore aux enseignants, sont en hausse de 6 % en 2018, selon les premières tendances dévoilées par Laure Coudret-Laut, directrice de l’Agence Erasmus + France, mardi 27 mars à Paris, à l’occasion de la présentation du bilan à mi-parcours du programme Erasmus + 2014-2020. Ces chiffres provisoires pour 2018 confortent la hausse observée ces dernières années dans l’Hexagone comme dans les autres pays européens, concomitante à la hausse du budget d’Erasmus + et du montant des bourses.

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          Les bourses Erasmus + pour partir à l’étranger seront plus nombreuses et plus élevées en 2018



En 2017, année où les trente ans de la création d’Erasmus ont été célébrés, 79 888 personnes ont ainsi pu bénéficier du programme en France et partir en mobilité, soit un bond de 18,2 % par rapport à 2016. Le nombre de demandes a augmenté encore plus vite : 121 121 demandes ont été déposées en 2017 (+19,8 %).

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          Erasmus : tout savoir sur le programme d’échanges universitaires, qui fête ses 30 ans



Trois quarts des demandes d’étudiants satisfaites
Les étudiants constituent toujours la majorité des bénéficiaires : 43 745 ont pu partir étudier ou effectuer un stage dans le cadre d’Erasmus + (contre 38 531 en 2016). Près des trois quarts des demandes d’étudiants (74,2 %) ont pu être satisfaites, soit une amélioration de quatre points en un an. Un étudiant sur trois part en Erasmus pour un stage, une proportion croissante. Ces stages soutenus par Erasmus + peuvent être réalisés dès la première année d’études supérieures (quand la mobilité d’études est possible à compter de la 2e année) et peuvent durer de deux à douze mois. Il est aussi possible de les combiner avec une période d’études en Erasmus.
La Tunisie et la Russie sont les deux destinations les plus demandées
Les étudiants sont aussi de plus en plus nombreux à être séduits par la mobilité internationale, hors Europe, désormais proposée via Erasmus + : seulement une demande sur trois a pu être satisfaite, et 3 437 étudiants français ont pu ainsi étudier au-delà de l’UE. La Tunisie et la Russie sont les deux destinations les plus demandées.

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          Erasmus : nos conseils pour partir étudier ou faire un stage à l’étranger



Demande croissante pour les séjours de plus de trois mois
De leur côté, les apprentis, les élèves de lycées professionnels et les stagiaires de la formation professionnelle sont de plus en plus nombreux à entrer dans le dispositif et forment désormais le second contingent : 20 338 ont effectué une mobilité en 2017 contre 14 991 en 2016. La tendance pour 2018 confirme la demande croissante pour les séjours « longs », de plus de trois mois. Si rien n’empêche théoriquement des alternances de se réaliser dans un autre pays, les systèmes d’apprentissage communiquent encore assez peu et « cela ne s’est jamais pratiqué dans aucun pays d’Europe », note Laure Coudret-Laut. En France, elle estime que la réforme en cours de la formation professionnelle, en procédant au « déverrouillage » de l’apprentissage, pourrait faciliter à terme sa réalisation dans le cadre d’Erasmus +.

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          Muriel Pénicaud va puiser dans le rapport Arthuis pour développer l’Erasmus des apprentis



Une forte progression pour l’Occitanie, les Hauts-de-France et la Martinique
S’il touche des effectifs encore limités, le programme Erasmus + compte parmi ses bénéficiaires étudiants 39 % de boursiers sur critères sociaux (38 % des étudiants étaient boursiers en France lors de l’année 2016-2017). Enfin, si l’Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine sont les régions qui ont le plus bénéficié du programme en 2017, celles qui affichent la plus forte progression sont l’Occitanie, les Hauts-de-France et la Martinique.

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          Cinq idées fausses mais répandues sur le programme Erasmus



En mai commenceront les discussions sur le prochain programme Erasmus +, qui débutera en 2020. Pour Isabelle Jégouzo, cheffe de la représentation en France de la Commission européenne, la sanctuarisation du budget des deux « programmes d’avenir » que sont Erasmus + et Horizon 2020 (pour la recherche) est d’ores et déjà acquise. Mais des scénarios sont également envisagés pour augmenter le nombre de bénéficiaires – qui représentent seulement 3 % d’une classe d’âge aujourd’hui. Afin de doubler cette part, il faudrait disposer d’une enveloppe de l’ordre de 30 milliards d’euros sur sept ans (le programme actuel dispose de 16,38 milliards d’euros au niveau européen, soit 1,5 % du budget total de l’UE). Autre option, plus ambitieuse : dégager 90 milliards d’euros dans le but de toucher, via un des dispositifs Erasmus +, un jeune Européen sur trois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le projet de loi, qui devrait être soumis au vote des députés avant l’été, provoque la colère unanime des organisations religieuses sur l’archipel et à l’étranger.
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L’Islande se prépare à interdire la circoncision

Le projet de loi, qui devrait être soumis au vote des députés avant l’été, provoque la colère unanime des organisations religieuses sur l’archipel et à l’étranger.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 14h19
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 14h59
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

S’il est adopté, le texte, en cours d’examen à l’Althingi, fera de l’Islande le premier pays européen à interdire la circoncision. L’ablation du prépuce d’un mineur, sans raison médicale, sera alors passible d’une peine allant jusqu’à six ans d’emprisonnement. Proposé par la députée de centre droit Silja Dögg Gunnarsdóttir, il est soutenu par cinq formations au Parlement, y compris le parti vert de la première ministre, Katrin Jakobsdottir.
Le projet de loi fait un parallèle avec l’excision, déjà interdite dans la plupart des pays européens et en Islande depuis 2005. Il met en avant « les droits de l’enfant » et soutient que l’intervention est en général pratiquée sans anesthésie, dans « des maisons qui ne sont pas stériles et par des leaders religieux qui ne sont pas médecins », entraînant de « hauts risques d’infection qui peuvent mener à la mort ».
Selon un sondage publié le 1er mars, la moitié seulement des Islandais sont favorables à une interdiction, qui affectera principalement les communautés juive et musulmane de l’archipel, soit respectivement environ 250 et 1 500 personnes, sur une population totale de 336 000 habitants.
« Criminalisation »
Tous les leaders religieux islandais s’y opposent. L’imam Mansoor Ahmad Malik craint l’essor de la clandestinité, qui pourrait entraîner des risques pour l’enfant. Le rabbin Avi Feldman, attendu en Islande d’ici à la fin de l’année, fait part de sa « grande inquiétude », tandis que les évêques des églises catholique et luthérienne mettent en garde contre « la persécution des individus pour des motifs religieux » et la « criminalisation » de l’islam et du judaïsme.
Mais c’est à l’étranger que les réactions sont les plus virulentes. Dans une lettre au Parlement, Jonathan A. Greenblatt, président de l’Anti-Defamation League (ADL), assure que si l’Islande interdit la circoncision, l’archipel « sera célébré par les néonazis,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Pour protester contre l’incarcération des leaders indépendantistes, des groupes radicaux ont bloqué mardi matin l’autoroute A7 près de la frontière et la nationale qui relie la Catalogne à la côte espagnole.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Blocages de routes en Catalogne pour protester contre l’arrestation de Puigdemont

Pour protester contre l’incarcération des leaders indépendantistes, des groupes radicaux ont bloqué mardi matin l’autoroute A7 près de la frontière et la nationale qui relie la Catalogne à la côte espagnole.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 13h46
   





                        



   


L’arrestation et l’incarcération en Allemagne de Carles Puigdemont, dimanche, continuent de provoquer de vives tension en Catalogne. Des militants indépendantistes ont bloqué deux routes de la région espagnole, mardi 27 mars au matin, pour protester contre la détention de l’ancien président régional, mais aussi contre l’incarcération en Espagne de plusieurs autres leaders indépendantistes.
Des barrages ont été érigés sur l’autoroute A7 près de la frontière française et sur la nationale N340 qui relie la Catalogne à la côte sud-est de l’Espagne. Le trafic a aussi été coupé par des manifestants aux alentours de Lleida, dans l’ouest de la région, sur l’autoroute A-2 reliant la Catalogne à Saragosse. Les deux principaux accès à Barcelone, par le nord et le sud, ont également été brièvement coupés.
La police est intervenue à la mi-journée pour lever le barrage dressé sur l’autoroute A7, près de la frontière. La télévision catalane TV3 a montré en direct des agents antiémeutes de la police catalane encerclant des manifestants assis sur l’autoroute et les traînant un par un sous des huées.
Ces manifestations ont été organisées par les Comités de défense de la République (CDR), des groupes radicaux proches du parti séparatiste d’extrême gauche Candidature d’unité populaire (CUP), qui ont lancé lundi un cycle de protestations « permanentes ». Ils avaient aussitôt bloqué pendant quelques heures une autoroute près de Lleida, dans l’ouest de la Catalogne.
Au début de novembre, ils avaient bloqué des voies ferrées, des routes et des sites touristiques lors d’une grève en soutien aux militants emprisonnés. « Avec les dernières incarcérations et l’arrestation du président Carles Puigdemont, il apparaît clairement que nous avons franchi un point de non-retour », ont-ils déclaré dans un communiqué lundi.
Neuf dirigeants séparatistes en détention
A l’annonce de l’interpellation de Carles Puigdemont en Allemagne, à la demande de Madrid, dimanche, des manifestations ont eu lieu dans toute la Catalogne, et des heurts entre manifestants et policiers ont fait plus d’une centaine de blessés.
L’ancien président est maintenu en détention jusqu’à ce qu’une décision soit prise quant à son expulsion en Espagne, réclamée par un mandat européen. Le tribunal régional de Kiel, dans le nord de l’Allemagne, a soixante jours pour trancher.

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Neuf dirigeants séparatistes, dont le candidat à la présidence de la région, Jordi Turull, ont été placés en détention provisoire près de Madrid et inculpés de rébellion pour leur rôle dans la tentative de sécession unilatérale du 27 octobre.



                            


                        

                        

