<FILE-date="2018/03/29/19">

<article-nb="2018/03/29/19-1">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Les sept religieux du monastère situé près d’Alger auraient été tués avant le 21 mai 1996 et décapités post mortem.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤         

Décryptage

Moines de Tibéhirine : de nouvelles expertises renforcent les doutes sur la date de la mort

Les sept religieux du monastère situé près d’Alger auraient été tués avant le 21 mai 1996 et décapités post mortem.

Charlotte Bozonnet
    



LE MONDE
              datetime="2018-03-29T17:54:55+02:00"

        Le 29.03.2018 à 17h54






    
Les tombes des sept moines du monastère de Tibéhirine, en Algérie, enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 et dont seules les têtes ont été retrouvées.
Crédits : AFP


Nouvelle étape dans l’interminable enquête sur la mort des moines de Tibéhirine, enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996. Selon les conclusions des dernières expertises scientifiques, révélées jeudi 29 mars par Radio France, les moines auraient été tués avant la date officielle de leur mort, le 21 mai 1996, et décapités post mortem.
Les prélèvements en question avaient été effectués en octobre 2014, en Algérie, lors d’une exhumation des crânes des religieux enterrés dans le jardin du monastère de Tibéhirine. L’opération avait été autorisée par Alger, mais les experts français qui y avaient assisté s’étaient ensuite vu refuser le droit de les rapporter en France.

        Lire aussi :
         

                Moines de Tibéhirine : l’Algérie a remis les prélèvements attendus à la justice française



Ils avaient tout de même publié un rapport en juin 2015 à partir des constatations faites sur place et de photographies. En se fondant sur ces éléments, les scientifiques avaient déjà avancé l’hypothèse d’une décapitation post mortem et d’un décès antérieur au 21 mai 1996. La période du 25 au 27 avril précédemment citée par un témoin leur apparaissait « vraisemblable ».
La version de la bavure « fragilisée »
Après deux années de discussions entre Alger et Paris, la juge d’instruction Nathalie Poux a pu se rendre à Alger en juin 2016 pour récupérer les prélèvements. « Ce nouveau rapport d’expertise est très important, dans la mesure où aucune autopsie n’avait jamais été effectuée depuis 1996 », rappelle l’avocat des familles des moines, Patrick Baudouin.
Rédigé par une équipe de huit experts, le document confirme que les têtes retrouvées sont celles des sept moines. Il atteste aussi que celles-ci ne présentaient pas de particule métallique. « Ce qui fragilise la version selon laquelle une patrouille de l’armée aurait commis une bavure en tirant sur les moines depuis un hélicoptère, souligne Me Baudouin, sans pour autant l’éliminer totalement puisque les corps des moines n’ont pas été retrouvés. »

        Lire aussi :
         

                Béatification des moines de Tibéhirine : « Une démarche difficile et passionnante »



Selon les experts, les crânes ont probablement été inhumés une première fois avant leur découverte. Ils confirment aussi l’hypothèse de décapitations post mortem. « Le dernier point important, ajoute Me Baudouin, a trait à la datation de la mort des moines : elle serait antérieure de plus de neuf jours à la découverte des têtes. » « L’hypothèse du décès survenu entre le 25 et le 27 avril reste plausible », ajoute le rapport, sans toutefois pouvoir déterminer avec précision la date de la mort.
Un crime revendiqué par le GIA
Si ces éléments ne disent rien de nouveau quant aux responsabilités de ces assassinats, ils renforcent le scepticisme quant à la version officielle du déroulement des faits. « L’absence d’autopsie initiale, le fait d’avoir dans un premier temps dissimulé l’absence des corps, le fait que les décapitations aient eu lieu post mortem et maintenant les questions autour de la datation de la mort : tous ces éléments font peser un doute très fort sur la version algérienne », estime Patrick Baudouin.

        Lire aussi :
         

                A Tibéhirine, le message de paix des prêtres du monastère



Les sept religieux – Christian de Chergé, Luc Dochier, Paul Favre-Miville, Michel Fleury, Christophe Lebreton, Bruno Lemarchand et Célestin Ringeard – avaient été enlevés à Tibéhirine par une vingtaine d’hommes armés en mars 1996. Ce n’est que le 23 mai que le Groupe islamique armé (GIA) revendiquait les avoir séquestrés et assassinés deux jours plus tôt. Les têtes furent découvertes le 30 mai.
Mais cette version a été régulièrement dénoncée, certains accusant l’armée algérienne d’être impliquée dans leur disparition. Vingt-deux ans après, les circonstances de la mort des sept moines trappistes restent controversées et l’affaire continue d’empoisonner régulièrement les relations franco-algériennes. « Nous souhaitons que l’instruction se poursuive, en attendant qu’un jour, les langues se délient en Algérie », conclut l’avocat.


<article-nb="2018/03/29/19-2">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le net regain de la fécondité est surtout dû à l’immigration, qui a battu des records en 2015.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

L’Allemagne fait plus d’enfants mais continue à vieillir

Le net regain de la fécondité est surtout dû à l’immigration, qui a battu des records en 2015.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h50
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 18h04
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Pour commenter la nouvelle, le Spiegel n’a pas hésité à titrer : « Baby-boom en Allemagne. » 792 000 naissances ont été enregistrées outre-Rhin en 2016, soit 7 % de plus que l’année précédente, a annoncé, mercredi 28 mars, l’office allemand des statistiques Destatis. Cela représente un taux de fécondité de 1,59 enfant par femme.
Un niveau qui n’avait pas été atteint depuis 1973 et qui place désormais l’Allemagne dans la moyenne des pays de l’Union européenne (UE), où le taux de fécondité s’est élevé à 1,60 enfant par femme en 2016, selon Eurostat. Au sein de l’UE, l’Allemagne se classe désormais au 13e rang en termes de fécondité, la France étant en tête du classement (1,92 enfant par femme) et l’Espagne en queue de peloton (1,34)
Cette hausse de la natalité est notamment due à l’immigration. Certes, le nombre d’enfants nés de mères allemandes a augmenté de 3 % entre 2015 et 2016. Mais, dans le même temps, celui des enfants nés en Allemagne de mères étrangères a bondi de 25 %.
Ce miniboom démographique est directement lié à la politique d’accueil des réfugiés décidée par la chancelière Merkel en 2015
En cela, le miniboom démographique que connaît l’Allemagne est directement lié à la politique d’accueil des réfugiés décidée par la chancelière Angela Merkel, en 2015, qui s’est traduite par l’arrivée de 900 000 demandeurs d’asile cette année-là. En 2016, les Syriennes ont ainsi eu 18 500 enfants en Allemagne (contre 4 800 en 2015), les Afghanes, 5 900 (contre 2 000 en 2015) et les Irakiennes, 5 500 (contre 2 800 en 2015).
Si le taux de fécondité des mères étrangères est nettement plus élevé que celui des mères allemandes (2,28 enfants par femme contre 1,46), le nombre d’enfants nés de mères allemandes reste toutefois sans commune mesure avec celui des enfants nés de mères étrangères (607 500 contre 184 660 en 2016)
L’augmentation de la natalité en Allemagne, pour la cinquième année d’affilée, ne doit toutefois pas faire oublier l’essentiel : le vieillissement de la population, surtout dans les Länder situés dans l’ex-Allemagne de l’Est, où le nombre de naissances a augmenté de 3 % entre 2015 et 2016 (contre 8 % dans l’Ouest). Selon les projections officielles, les actifs âgés de 20 à 65 ans passeront de 49,8 millions en 2015 à 43,9 millions en 2035 et 39,6 millions en 2060 dans l’ensemble du pays.
Pour l’économie, cette question du vieillissement est un problème majeur. D’après une étude de la Bundesbank publiée en avril 2017, le vieillissement sera la cause principale de la baisse de la croissance du pays dans la décennie à venir. Une croissance qui était en moyenne de 1,25 % par an ces cinq dernières années et qui, selon l’institution, devrait être d’environ 0,75 % par an sur la période 2021-2025.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/29/19-3">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ La NASA enverra en juillet la sonde « Parker Solar Probe ». Elle doit nous aider à comprendre les tempêtes et éruptions solaires.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ 
<article-nb="2018/03/29/19-4">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Elle n’est plus dans un état critique, sa condition est désormais stable, précise l’hôpital de Salisbury.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Affaire Skripal : amélioration de l’état de santé de la fille de l’agent secret

Elle n’est plus dans un état critique, sa condition est désormais stable, précise l’hôpital de Salisbury.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h35
   





                        


Les jours de Ioulia Skripal, fille de l’ancien espion russe Sergueï Skripal, ne sont plus en danger a annoncé, jeudi 29 mars, l’hôpital de Salisbury où elle est soignée avec son père, après leur empoisonnement à l’aide d’un agent innervant, le 4 mars à Salisbury.
Son état « s’améliore rapidement. Elle n’est plus dans un état critique, sa condition est désormais stable », a précisé l’hôpital de Salisbury. Son père est toujours dans un état critique mais stable, déclare aussi l’hôpital.
Selon les enquêteurs, le père, âgé de 66 ans, et sa fille, 33 ans, ont eu le premier contact avec l’agent innervant au domicile de Sergueï Skripal. « Les experts ont déterminé que la plus haute concentration de l’agent neurotoxique se trouvait sur la porte d’entrée de ce domicile », a précisé, mercredi, la police dans un communiqué.
Londres a accusé la Russie d’être responsable de cet empoisonnement, ce que nie Moscou. L’affaire a provoqué une crise diplomatique est-ouest sans précédent depuis la guerre froide.

        Lire aussi :
         

                Affaire Skripal : l’empoisonnement a eu lieu au domicile de l’ex-espion



Moscou demande à accéder aux pièces de l’enquête
A Moscou, le comité d’enquête russe, qui mène des investigations sur l’empoisonnement de Ioulia Skripal, a annoncé, jeudi, avoir adressé une requête à la Grande-Bretagne pour qu’elle fournisse à Moscou une assistance légale.
Le comité d’enquête, qui dépend de l’autorité du Kremlin, demande, en outre, à Londres de lui fournir « les résultats de l’inspection du lieu où Ioulia Skripal a été découverte inconsciente ainsi que les résultats de son examen médical ».
Moscou a annoncé, le 16 mars, avoir ouvert une enquête sur l’agression de Ioulia Skripal, le 4 mars à Salisbury, et sur la mort d’un homme d’affaires russe, Nikolaï Glouchkov, dont le corps sans vie a été retrouvé à Londres le 12 mars.

        Lire aussi :
         

                Affaire Skripal : action coordonnée de pays occidentaux pour expulser des diplomates russes






                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/29/19-5">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le frère de l’ancien président Blaise Compaoré est soupçonné d’avoir commandité, entre autres, l’assassinat du journaliste Norbert Zongo en 1998.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤         

Synthèse

Extradition de François Compaoré au Burkina : la justice française se prononcera le 13 juin

Le frère de l’ancien président Blaise Compaoré est soupçonné d’avoir commandité, entre autres, l’assassinat du journaliste Norbert Zongo en 1998.

Par                                            Chams Iaz




LE MONDE
              datetime="2018-03-29T17:14:40+02:00"

        Le 29.03.2018 à 17h14






    
François Comparoré, le frère de l’ex-président du Burkina Faso, à Ouagadougou, en décembre 2012.
Crédits : AHMED OUOBA/AFP


François Compaoré, ancien conseiller de son frère Blaise lorsque celui-ci présidait aux destinées du Burkina Faso, a comparu devant la justice française mercredi 28 mars. Poursuivi par la justice de son pays pour « incitation à assassinats » – « au pluriel », comme le précise l’avocate générale de la cour d’appel de Paris –, il risque d’être extradé au Burkina pour y être jugé. La délibération a été fixée au 13 juin.

        Lire aussi :
         

                François Compaoré, le « petit président » du Burkina Faso



Dès le début de l’audience, celui qui s’était vu affublé du surnom de « petit président » prévient : « Je refuse d’être remis aux autorités burkinabées. » Puis plus un mot. Le prévenu en costume noir s’en remet à ses avocats, prend des notes sur un petit carnet orange. La chambre de l’instruction est comble. Dans l’auditoire : sa femme, sa fille, un ancien conseiller de Blaise Compaoré, des représentants d’associations, des Burkinabés et des journalistes.
Un procès « très attendu » au Burkina
François Compaoré était entendu par la justice française à la suite de l’émission, en mai 2017, d’un mandat d’arrêt international à son encontre. Il est soupçonné d’être le commanditaire des assassinats du journaliste Norbert Zongo, de son frère Ernest et de ses amis Blaise Ilboudo et Abdoulaye Nikiema, dit Ablassé. Leurs corps ont été retrouvés le 13 décembre 1998 dans une voiture calcinée. Norbert Zongo enquêtait à cette époque sur la mort du chauffeur de François Compaoré.
Une commission d’enquête indépendante avait par la suite été mise en place au Burkina Faso, mais celle-ci a abouti à un non-lieu en 2006 après « la mort d’un officier, le seul inculpé dans cette affaire », précise la présidente de la cour. Qui ajoute, à l’adresse du prévenu : « Des documents sur le journaliste et ses enquêtes depuis 1996 ont été retrouvés à votre domicile, ainsi que les procès-verbaux des témoins les plus importants. »

        Lire aussi :
         

                Burkina Faso : où en est l’affaire Norbert Zongo ?



Interpellé à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle en octobre 2017, François Compaoré était en exil en Côte d’Ivoire et résidait régulièrement à Paris depuis le renversement de son frère par une insurrection populaire, en octobre 2014. « Il vivait à Paris alors qu’il y avait un mandat d’arrêt international ! Ce procès peut être le signe d’un changement de la politique française. Il est très attendu et suivi par le Burkina, car Norbert Zongo est une figure de la liberté d’expression », souligne Bruno Jaffré, un essayiste français qui, pendant des années, a pourfendu le régime Compaoré.
« On le couperait en rondelles »
La représentante de l’Etat burkinabé, Me Anta Guissé, rappelle que « les procédures précédentes ont été bâclées », que « François Compaoré s’est soustrait à la justice de son pays » et que « le nouveau gouvernement a besoin de la coopération française pour l’inculper ». Du côté de la défense, on souligne que les faits remontent à plus de vingt ans, que les conditions de délivrance du mandat n’ont pas été respectées et que François Compaoré risque, s’il est extradé, d’être exécuté. 
« Deux projets de textes importants sont en préparation au Burkina Faso pour abolir la peine de mort. Elle ne sera ni requise, ni exécutée », assure la présidente de la cour. L’avocat de la défense, Pierre-Olivier Sur, rebondit alors, journal en main : « Une peine de mort a été annoncée le 15 mars, même si elle n’a pas été exécutée. » Selon lui, François Compaoré « est entendu car ils n’arrivent pas à juger son frère. On l’accuse d’avoir ouvert la porte de son pays aux terroristes. On le couperait en rondelles ».

        Lire aussi :
         

                Burkina Faso : François Compaoré interpellé à Roissy dans l’affaire Norbert Zongo



Les conditions dans lesquelles serait incarcéré le frère cadet du « beau Blaise » ont également agité les débats. Une note du ministère burkinabé de la justice signale que les prisons du pays sont surpeuplées et que l’accès à l’alimentation et les soins restent limités. François Compaoré, s’il est extradé puis condamné, serait détenu dans un quartier « VIP et un taux de surpopulation de 75 % au lieu de 188 % », observe l’avocate générale.
Après plus de trois heures d’audience et une interruption à la suite de l’enregistrement illégal par son épouse de la séance, François Compaoré se lève enfin pour s’exprimer. Les oreilles se tendent pour entendre sa voix fluette : « On dit que j’ai la nationalité ivoirienne pour fuir, mais j’ai été arrêté avec mon passeport burkinabé, car j’ai un attachement pour mon pays. Je n’ai jamais incité quelqu’un à commettre un crime. »


<article-nb="2018/03/29/19-6">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ L’ancienne garde des sceaux s’insurge, dans une tribune au « Monde », contre la condamnation du réalisateur ukrainien, en 2015, par un tribunal militaire russe, à vingt ans d’emprisonnement.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Christiane Taubira : « Nous demandons la libération d’Oleg Sentsov »

L’ancienne garde des sceaux s’insurge, dans une tribune au « Monde », contre la condamnation du réalisateur ukrainien, en 2015, par un tribunal militaire russe, à vingt ans d’emprisonnement.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h07
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 18h58
    |

                            Christiane Taubira (Ancienne garde des sceaux, ministre de la justice (2012-2016)








                        



                                


                            
[Opposé à l’annexion russe de la Crimée, dont il est originaire, le réalisateur ukrainien Oleg Sentsov a été ­arrêté en mai 2014 par le Service fédéral de sécurité de la ­Fédération de Russie et condamné en août 2015 à vingt ans d’emprisonnement pour « organisation d’un groupe terroriste ». Christiane Taubira est la marraine du mouvement demandant sa libération immédiate, qui a mis en ligne une pétition en ce sens sur le site Change.org]
Tribune. Le temps presse. On ne séjourne pas sans graves conséquences dans une prison en Sibérie, en hiver, au nord du Cercle polaire. Et si ces lieux résonnent dans notre mémoire collective avec un écho glaçant de détresse et de destruction, c’est parce que nous savons que des femmes, des hommes y furent broyés.
« Je vous écris d’un pays autrefois clair. Je vous écris du pays du manteau et de l’ombre. Nous vivons depuis des années. Nous vivons sur la Tour du pavillon en berne. Je vous écris de la cité du Temps interrompu. La catastrophe lente ne s’achève pas. ­Notre vie s’écoule, notre vie s’amenuise, et nous attendons encore le moment qui ­repasse le mur. »
C’est du poète Henri Michaux et cela sonne comme un manifeste pour prisonniers injustement détenus.
Nous demandons la libération d’Oleg Sentsov.
Au nom d’un procès juste et équitable. Au nom du respect des droits de la ­défense. Au nom du refus de la torture, de tous traitements cruels, inhumains et ­dégradants. Au nom de la liberté ­d’expression et de la liberté artistique. Au nom du droit de se réclamer d’accords ­internationaux dûment conclus, ainsi des accords et protocoles de Minsk. Au nom tout simplement des principes d’un Etat de droit, ce qu’est censé être tout pays membre du Conseil de l’Europe. La Russie en est.
Nous demandons qu’Oleg Sentsov puisse revenir dans son pays, l’Ukraine.
Nous savons que nous vivons dans un monde de fracas. Les bombardements en Syrie, dans la Ghouta orientale ;...




                        

                        


<article-nb="2018/03/29/19-7">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Contrairement au football américain et au basket-ball, les terrains de base-ball ne connaissent ni protestations ni discussions politiques.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Pourquoi le base-ball n’est pas une terre d’activisme dans les Etats-Unis de Trump

Contrairement au football américain et au basket-ball, les terrains de base-ball ne connaissent ni protestations ni discussions politiques.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 17h23
    |

            Luc Vinogradoff








                        


Pour la première fois depuis 1968, chacune des 30 équipes de la ligue américaine de base-ball (MLB) jouera lors de la première journée, jeudi 29 mars. A New York, Detroit, Cincinnati ou Seattle, le rituel d’avant-match sera le même : hymne américain avec joueurs et spectateurs debout, hommage et applaudissements pour l’armée avec, pour les plus proches d’une base militaire, un bruyant survol du stade par des avions de chasse. Sur le podium des sports majeurs américains, le base-ball n’est pas celui qui génère le plus de revenus (c’est le football américain) ou s’exporte le mieux (c’est le basket-ball). Mais c’est celui qui se considère comme plus qu’un simple sport, une partie intégrante de la société, et se surnomme « le passe-temps préféré des Américains ».
Sur aucun des terrains, on ne verra, en revanche, ce qui est devenu une habitude dans ceux des deux autres sports américains majeurs : des gestes ou des messages à caractère politique. Pas de joueur agenouillé ou de poing levé pendant l’hymne comme dans le football américain, pas d’action condamnant les violences policières ou d’interview post-match hostile à Donald Trump, comme dans certaines équipes de basket-ball.
En 2018, de nombreux athlètes américains ont fait de leur sport une tribune, allant parfois à l’encontre des volontés de la ligue et des propriétaires. Si certains médias soutiennent cet activisme, d’autres leur préconisent de « se taire et continuer à dribbler », et le président lui-même s’en sert comme d’un marqueur politique clivant, en criant au « manque de respect à [notre] drapeau ». La politique s’immisce dans chaque interstice de la société américaine, y compris les sports, mais elle semble s’arrêter aux portes des terrains et des vestiaires de base-ball.
« Je ne veux pas froisser mes coéquipiers… »

   


Jusqu’ici, un seul joueur de base-ball s’était agenouillé pendant l’hymne, comme a commencé à le faire en août 2016 l’ex-joueur de football, Colin Kaepernick, pour protester contre les violences policières. Le 20 septembre, le catcher des A’s d’Oakland, Bruce Maxwell a mis un genou à terre, selon lui, « pour ceux qui n’ont pas de voix ».
« Ma main sur le cœur symbolisait le fait que je suis et resterai toujours un citoyen américain. Mais c’est mon genou à terre qui a retenu l’attention. (…) Cela dépasse la communauté noire ou la communauté hispanique. Aujourd’hui, il y a une certaine indifférence et un fossé racial entre chaque type de personnes. C’est défendu dans les plus hautes sphères du pouvoir de ce pays, et cela équivaut à dire que c’est OK de traiter les gens différemment. »
Maxwell, 26 ans, est né dans une base militaire allemande d’un père noir et d’une mère blanche, a grandi dans l’Alabama et décrit comme quelqu’un d’« extrêmement patriotique ». Pour son geste, il a reçu le soutien de coéquipiers, de son club et un communiqué très neutre de la MLB qui dit « respecter chacun de nos joueurs en tant qu’individu avec son propre parcours et opinions ». Mais personne n’a suivi son exemple. « Il fallait quelqu’un de vraiment spécial, avec un parcours unique, pour se lancer », a dit Chris Archer, un pitcher afro-américain des Rays de Tampa Bay.
Il a lui-même hésité à suivre cette voie, mais a décidé de ne rien faire après en avoir parlé à ses coéquipiers. « Vu les retours que j’ai eus, ce ne serait pas la meilleure chose à faire pour moi actuellement. Je ne veux offenser personne », a-t-il avoué à USA Today. Puis il a eu une phrase en apparence innocente qui dit pourtant beaucoup sur la non-politisation de son sport :
« Je ne veux pas froisser mes coéquipiers avec mes opinions personnelles, qui n’ont rien à voir avec le base-ball. »
« Le base-ball est un sport d’homme blanc »

   


En tant que joueurs de base-ball afro-américains, Bruce Maxwell et Chris Archer se sentent à juste titre sentis concernés par la mobilisation conduite par le mouvement Black Lives Matter, Colin Kaepernick et d’autres. Mais contrairement aux athlètes de la NFL ou de la NBA, ils ont moins de marge de manœuvre et de poids pour agir dans le cadre de leur sport.
Selon une étude de l’université de Floride, les joueurs de base-ball afro-américains ne représentaient que 7,7 % des professionnels au début de la saison 2017, derrière les joueurs blancs (57,5 %) et les latino-américains (31,9 %). En NFL et en NBA, les joueurs afro-américains comptent respectivement pour près de 70 % et 75 % des effectifs.
« Les spécificités des protestations politiques dans le sport américain sont la question raciale, celle de la violence policière et d’un racisme systémique contre les minorités afro-américaines, dit Peter Marquis, maître de conférences à l’université de Rouen, historien des Etats-Unis et auteur d’une thèse sur le base-ball. La mobilisation de masse autour de ces thèmes ne peut exister dans le base-ball, en grande partie parce que la situation démographique est différente. »
Ce rapport de force est brutalement décrit par Adam Jones, joueur afro-américain des Baltimore Orioles. Lorsqu’on l’a interrogé sur l’inertie politique de son sport, il a répondu :
« Dans le football américain, vous ne pouvez pas les virer. Vous avez besoin de ces joueurs. Dans le base-ball, ils n’ont pas besoin de nous. Le base-ball est un sport d’homme blanc. »
Un sport « conservateur et imbriqué dans les mœurs américaines »

   


Cela n’empêche pas certains joueurs de base-ball, peu importent leurs origines, d’être politisés, dit Peter Marquis. « La différence est qu’ils n’utilisent pas leur sport comme une tribune », rappelle-t-il. Historiquement, « le base-ball est un sport conservateur, profondément imbriqué dans la société et les mœurs américaines. Il est construit sur le mythe selon lequel sport et politique seraient deux sphères séparées », dit l’historien.
Même quand il n’est pas en uniforme, le joueur de base-ball est ramené à cette idée qu’il doit être politiquement neutre. Dexter Fowler, dont la femme est d’origine iranienne, a eu le malheur de dire sur compte Instagram que le décret anti-immigration de Donald Trump était « regrettable ». Sous le post, des centaines de réponses négatives, souvent des insultes, exigeant qu’il cesse de parler politique et se contente d’être un joueur des Cardinals de St. Louis.
Parmi l’important contingent latino-américain, certains auraient pu aussi se sentir visés par les mesures et les mots du président américain, comme sa description de certaines nations comme des « pays de merde » ou de Mexicains comme « des violeurs ». Un des rares à avoir publiquement réagi a été David « Big Papi » Ortiz, une légende des Boston Red Sox dont la récente retraite a un peu libéré la parole.
Le silence relatif des autres athlètes latino s’explique, selon le magazine spécialisé Remezcla, non pas par l’indifférence, mais « parce qu’ils préfèrent se concentrer sur la situation politique dans leur pays d’origine plutôt que celle Etats-Unis ».
Pour certains, comme le journaliste politique et grand fan du sport Chuck Todd, les spécificités du base-ball l’obligent justement à prendre ses responsabilités dans un pays de plus en plus divisé politiquement. « Le base-ball a l’occasion de guérir ce pays, grâce à la diversité raciale, ethnique et politique dans ses vestiaires. Aucun autre sport n’a cela », écrit-il, se demandant si les joueurs, entraîneurs et propriétaires veulent être cette force unificatrice ou s’ils préfèrent rester « la distraction des Etats-Unis ». La question commencera à se poser de nouveau dès les premiers pitchs de jeudi soir.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/29/19-8">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ A Guatemala City, l’association Refuge de l’enfance tente de venir en aide aux migrants mineurs, victimes des gangs et de la pauvreté.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ 
<article-nb="2018/03/29/19-9">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Dix-sept millions d’Européens vivent et travaillent dans un autre pays de l’Union. Ils doivent pouvoir faire respecter leurs droits et bénéficier d’une protection sociale, quel que soit leur statut. La Commission de Bruxelles peut les y aider, affirme Marianne Thyssen, commissaire européenne à l’emploi, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pourquoi il faut créer « une nouvelle autorité européenne du travail »

Dix-sept millions d’Européens vivent et travaillent dans un autre pays de l’Union. Ils doivent pouvoir faire respecter leurs droits et bénéficier d’une protection sociale, quel que soit leur statut. La Commission de Bruxelles peut les y aider, affirme Marianne Thyssen, commissaire européenne à l’emploi, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    29.03.2018 à 14h15
    |

Marianne Thyssen (Commissaire européenne pour l’emploi, les affaires sociales, les compétences et la mobilité des travailleurs)







                        



                                


                            

Tribune. Le retour de la croissance en Europe s’affirme et a des effets visibles sur le marché de l’emploi : fin 2017, 237 millions d’Européens exerçaient un emploi dans l’Union européenne (UE), le niveau le plus élevé jamais enregistré. La Commission européenne s’est fixé comme priorité de veiller à ce que cette croissance soit plus inclusive et profite à tous.
C’est l’objectif du socle européen des droits sociaux, que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont officiellement proclamé en novembre 2017 à Göteborg : il traduit en 20 principes les valeurs d’équité, de justice sociale et d’inclusion que l’Europe sociale doit porter. Il s’agit maintenant de mettre en pratique ces principes, avec la création d’une nouvelle autorité européenne du travail, proposée par la Commission.
Lorsque l’on pose la question aux Européens : quel est le droit de l’UE qui vous tient le plus à cœur ? 80 % répondent : la libre circulation. Aujourd’hui, 17 millions d’Européens vivent et travaillent dans un autre Etat membre. C’est deux fois plus qu’il y a dix ans. Avec la révision de la directive sur le travail détaché et les nouvelles règles de coordination de la sécurité sociale, nous allons maintenant disposer de règles justes pour faciliter la mobilité des travailleurs.
Faciliter l’accès à l’information
Mais que se passe-t-il si les travailleurs ignorent leurs droits, ou si ces règles ne sont pas appliquées dans la pratique ? Ce sera justement le rôle de cette future autorité d’aider les citoyens à connaître leurs droits, et les Etats membres à les faire respecter.

L’autorité européenne du travail permettra aux citoyens et aux entreprises de trouver leurs marques sur un marché du travail de plus en plus européen en facilitant l’accès à l’information. Elle servira aussi à renforcer la coopération entre les Etats membres pour s’assurer que les autorités nationales travaillent ensemble à faire respecter les règles communes....




                        

                        


<article-nb="2018/03/29/19-10">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif comprenant, entre autres, Stéphane Breton, Pascal Bruckner, Gérard Chaliand et Bernard Kouchner appelle le président de la République à soutenir nos alliés kurdes avant qu’il soit trop tard.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Monsieur Macron, sortez du silence et agissez en faveur des Kurdes de Syrie »

Dans une tribune au « Monde », un collectif comprenant, entre autres, Stéphane Breton, Pascal Bruckner, Gérard Chaliand et Bernard Kouchner appelle le président de la République à soutenir nos alliés kurdes avant qu’il soit trop tard.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 13h20
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 13h42
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Monsieur le président, vous savez mieux que personne que ce sont les Kurdes qui ont mis hors d’état de nuire en Syrie les islamistes de Daech, auteurs des effroyables attentats qui ont frappé la France. Ils y sont parvenus avec notre soutien militaire et celui du reste de la coalition internationale. Pendant plus de trois années de combats, ils ont été nos alliés indéfectibles et efficaces. Et voilà qu’aujourd’hui la France reste silencieuse devant l’invasion injustifiée qu’ils subissent par la Turquie dans la région d’Afrin.
Si la France laissait se poursuivre la conquête turque, elle s’exposerait à deux conséquences désastreuses ; l’une morale, l’autre politique
Appuyée par des groupes islamistes sanguinaires, l’armée turque vient de s’emparer de la capitale, dont le pillage a commencé. Est-il acceptable que nous soyons indifférents au sort de nos alliés kurdes, maintenant que nous croyons à tort ne plus avoir besoin d’eux ? Si la France laissait se poursuivre la conquête turque, qui viole toutes les règles du droit international, elle s’exposerait à deux conséquences désastreuses ; l’une morale, l’autre politique.
Nous risquerions d’abord d’être complices du gigantesque nettoyage ethnique annoncé publiquement par le président turc lui-même, qui a promis d’installer à la place des Kurdes d’Afrin des populations étrangères à cette région. Si nous n’empêchions pas cela, nous nous trouverions devant une situation rappelant celle des Arméniens en Turquie il y a cent ans.
Retour en arrière
Ensuite, laisser la Turquie établir dans le nord de la Syrie des islamistes antioccidentaux revient à accepter la reconstitution de réseaux terroristes qui ne manqueront pas de frapper à nouveau la France. Nous sommes en train de perdre en ce moment tous les gains du combat que nous avons mené avec les Kurdes contre Daech depuis plus de trois ans. C’est un retour en arrière pur et simple. Plus que jamais, les intérêts sécuritaires des...




                        

                        


<article-nb="2018/03/29/19-11">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ La visite de Thomas Bach à Pyongyang, après les JO d’hiver de Pyeongchang, apparaît comme une nouvelle initiative diplomatique dans la péninsule.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Le président du Comité international olympique en visite en Corée du Nord

La visite de Thomas Bach à Pyongyang, après les JO d’hiver de Pyeongchang, apparaît comme une nouvelle initiative diplomatique dans la péninsule.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 12h38
   





                        


Plusieurs médias sud-coréens rapportent qu’ils ont vu le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, embarquer jeudi 29 mars dans un avion à Pékin pour Pyongyang, dans ce qui apparaît comme une nouvelle initiative diplomatique dans la péninsule après les Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang.
« La visite de Bach en Corée du Nord semble avoir pour objectif d’accroître la notoriété du CIO après les Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang (Corée du Sud) et d’aborder le potentiel de participation du Nord à des compétitions internationales », estime l’agence de presse sud-coréenne Yonhap en citant une source diplomatique à Pékin.
Rapprochement
Un porte-parole du CIO avait déclaré pendant les Jeux qui se sont déroulés du 9 au 25 février que Thomas Bach se rendrait en Corée du Nord après les JO, à une date qui restait à fixer.
Ces Jeux ont entraîné un rapprochement considérable entre le Sud et le Nord isolé, qui y a envoyé des athlètes, des représentants du régime et des majorettes.

        Lire aussi :
         

                Entre les deux Corées, un début de détente



Des sportifs des deux Corées avaient défilé ensemble lors de la cérémonie d’ouverture, au cours de laquelle le président sud-coréen, Moon Jae-in, avait serré la main de la sœur du dirigeant de la Corée du Nord, Kim Jong-un. Depuis, le Nord et le Sud ont décidé d’organiser un sommet le mois prochain, et M. Kim a effectué son premier voyage à l’étranger en tant que dirigeant cette semaine, pour y rencontrer le président chinois, Xi Jinping.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/29/19-12">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Depuis un mois, trois assassinats et cinq tentatives de kidnapping ont secoué le pays, sans que les autorités parviennent à les expliquer.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤         

Décryptage

Une vague d’enlèvements et de meurtres d’enfants crée la psychose au Sénégal

Depuis un mois, trois assassinats et cinq tentatives de kidnapping ont secoué le pays, sans que les autorités parviennent à les expliquer.

Par                                            Matteo Maillard (Dakar, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-03-29T12:36:19+02:00"

        Le 29.03.2018 à 12h36

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-03-29T13:02:01+02:00"

        Mis à jour le 29.03.2018 à 13h02






    
Dans la maison du petit Sérigne Fallou Diop, décédé (en blanc sur la photo), avec son père (en noir) et ses proches, le 23 mars 2018, à Rufisque, au Sénégal.
Crédits : Matteo Maillard


Les mouches bombinent autour d’un sac plastique au pied d’un mur en parpaing. Des grappes noires excitées par la puanteur s’y agglutinent. Leur frénésie et leur nombre attirent le regard d’un paysan. Il quitte son champ, s’approche, tapote le sac avec un bâton, l’agite jusqu’à révéler un pied. Un pied d’enfant.
Le petit Sérigne Fallou Diop est mort à 2 ans « et 6 mois », précise son père, assis dos au mur dans son salon gris béton avec sa femme et sa fille. Dans sa main gauche, il égrène un chapelet. Dans sa droite, son téléphone portable diffuse un prêche enregistré la veille par l’imam local en hommage à la famille.

        Lire aussi :
         

                En Côte d’Ivoire, une série de rapts d’enfants crée une psychose et inquiète les autorités



Dans ce quartier populaire de Rufisque, à 30 km à l’est de Dakar, les habitants sont venus en procession présenter leurs condoléances aux Diop depuis que le corps de leur fils a été retrouvé, jeudi 22 mars, dans ce champ au bout de la rue, face à leur porte. Fallou avait disparu quatre jours plus tôt, « alors qu’il jouait avec sa sœur jumelle devant la maison », raconte sa mère. Il était 13 heures, les rues étaient vides pour le déjeuner. Personne n’a vu qui a emporté l’enfant.
Des rumeurs difficiles à vérifier
Le cas du petit Sérigne Fallou Diop est le dernier d’une série d’enlèvements d’enfants qui agite le Sénégal depuis plusieurs semaines. Mardi, Aly Ngouille Ndiaye, le ministre de l’intérieur, faisait état de trois meurtres et cinq tentatives de kidnapping, dont le premier recensé est l’assassinat de Fallou Bâ, le 24 février. Agé de 10 ans, il a été retrouvé la gorge tranchée dans un immeuble en construction de la ville de Touba.
D’autres cas d’enlèvements ont été répertoriés à Matam, Mbao, Grand Yoff, Dakar et Tivaouane, déclenchant la panique dans la population. Une psychose répétée de la rue à la radio, des foyers aux journaux, et finissant inévitablement sur les réseaux sociaux où les rumeurs viennent se mêler aux faits avérés.

        Lire aussi :
         

                Au Sénégal, les cas d’infanticides posent la question de la légalisation de l’avortement



Tenaillés par la peur, de nombreux parents gardent leurs enfants à la maison. « Nous avions l’habitude de laisser nos portes ouvertes, désormais nous les verrouillons », affirme Cheikh Ndiaye, un notable du quartier de Rufisque où le petit Fallou a été tué. Plusieurs écoles de Dakar ont signalé dans les médias locaux une augmentation des absences, du fait de la crainte des parents de voir leur enfant lui aussi kidnappé.
Le 22 mars, une femme de 26 ans, Idiatou Diallo, a été arrêtée par la police aux abords d’une école du quartier de Médina, à Dakar alors qu’elle tentait de fuir avec une enfant de 7 ans en pleurs sans lien familial avec elle, manquant de se faire lyncher par la foule.
« Il faut que ça s’arrête »
Cette succession d’événements a obligé le président Macky Sall à réagir, le lendemain, sur les ondes de Radio Futurs Médias. « J’ai appris avec douleur ces rapts d’enfants suivis de meurtres. J’ai déjà donné des instructions les plus fermes [à la police] pour traquer ces malfaiteurs, les traduire devant la justice. […] C’est ignoble, c’est inacceptable et le Sénégal ne saurait tolérer cela », a martelé le chef de l’Etat.
Deux jours auparavant, le directeur de la sécurité publique, le commissaire divisionnaire Abdoulaye Diop, annonçait la création d’une « task force » pour lutter contre la recrudescence des kidnappings d’enfants. « Le sentiment d’insécurité ne saurait prospérer. C’est pourquoi nous avons pris des mesures fortes pour renforcer la sécurité nationale », a-t-il avancé, sans spécifier le détail des moyens humains et matériels mis à disposition.

    
Des enfants défilent lors de la grande marche pour la protection des enfants, à Dakar, le 24 mars 2018.
Crédits : Matteo Maillard


Cette annonce n’a pas eu l’effet escompté. Samedi, un demi-millier de personnes se sont réunies dans le quartier de Médina pour protester contre ces rapts et exorciser une psychose étouffante. Habillés de noir, les militants ont défilé en scandant des slogans tels que « Dafadoy ! » (« ça suffit ! », en wolof) ou « Chut, xalé yaa ngi jeex » (« silence, on tue nos enfants »).
« C’est un cri du cœur pour alerter les parents et le gouvernement, qui doivent prendre leurs responsabilités afin de protéger nos enfants, lance Anta Pierre Loum, l’une des organisatrices de la manifestation. Je ne suis qu’une mère qui s’est levée. La mort du petit Fallou était celle de trop. Le Sénégal n’a jamais connu une telle vague d’agressions de ses enfants. L’autre nuit, mon fils s’est réveillé d’un cauchemar en pleurant. Il criait “Ne m’emmenez pas !” Il faut que ça s’arrête. »
L’hypothèse de crimes rituels
Si aucun suspect n’a été appréhendé et aucune piste ne semble encore privilégiée, la psychose fait ressurgir le fantasme de sombres crimes rituels. A une année de l’élection présidentielle, des observateurs de plus en plus nombreux soutiennent que le mobile de ces meurtres est sacrificiel, à l’instar de cas révélés au Liberia, au Gabon ou en Ouganda. Dans ce dernier pays, l’ONG Kyampisi Childcare Ministries avait dénoncé lors de la campagne électorale de 2016 de nombreux cas de sacrifices humains, prélèvements d’organes et amputations sur des enfants, afin de porter chance à des candidats. Des pratiques cependant très inhabituelles au Sénégal.
« Ces actes nous font penser à des sacrifices, mais nous devons d’abord attendre les résultats des autopsies, ensuite on verra ce que les autorités nous dirons », affirme Anta Loum. Dans le rapport d’autopsie du petit Fallou obtenu par Le Monde Afrique, le médecin légiste souligne « l’absence de signes extérieurs de violence. Absence de fracture ». Mais l’état avancé de décomposition du corps « rend non fiable la description des lésions », l’obligeant à conclure que « la cause directe du décès n’est pas objective ». La famille Diop devra encore attendre les résultats de l’enquête de police pour trouver réponse à leur malheur.


<article-nb="2018/03/29/19-13">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Depuis l’arrestation de deux de ses proches, l’ancien président ne cesse de dénoncer le système judiciaire iranien. Il évoque « un règlement de comptes politique, sous couvert d’accusations financières ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ 
<article-nb="2018/03/29/19-14">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le taux de participation à la présidentielle, seul véritable enjeu du scrutin, se situerait autour de 40 %.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Egypte : le président Al-Sissi réélu avec plus de 90 % des voix, selon les premières estimations

Le taux de participation à la présidentielle, seul véritable enjeu du scrutin, se situerait autour de 40 %.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h52
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 15h29
   





                        


Le résultat est sans surprise. Au terme de trois jours de vote, le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, a remporté plus de 90 % des voix à la présidentielle, selon les premières estimations publiées, jeudi 29 mars, par la presse d’Etat, ouvrant la voie à un second mandat de quatre ans. Les résultats officiels devraient être proclamés le 2 avril.
Il avait pour seul adversaire Moussa Mostafa Moussa, 65 ans, le chef du minuscule parti libéral Al-Ghad, méconnu du grand public et partisan affiché du régime. Selon les premières estimations, ce dernier aurait remporté 3 % des voix. « J’espérais obtenir une moyenne de 10 % (du total des voix), mais je connais l’immense popularité du président Sissi », a-t-il dit, mercredi soir, à Ahmed Moussa, un présentateur prorégime sur Sada El-Balad.
Malgré les incitations nombreuses exercées sur les 59 millions d’électeurs, le taux de participation est inférieur à 50 % et se situerait plutôt autour de 40 % d’après les mêmes sources. L’objectif affiché par le pouvoir était d’égaler le taux de participation de la dernière présidentielle, en 2014 – soit 47 %.

        Lire notre reportage :
         

          En Egypte, les électeurs ont boudé une présidentielle jouée d’avance



Incitations à voter
Plusieurs mesures avaient pourtant été prises pour éviter un taux d’abstention élevé, susceptible de décrédibiliser l’élection. Les autorités avaient annoncé mercredi, au dernier jour du scrutin, que les abstentionnistes seraient sanctionnés par une amende. La veille, le premier ministre, Chérif Ismaïl, avait exhorté les électeurs à voter. « C’est un droit constitutionnel et un devoir pour la nation de tous les citoyens. » A la télévision publique et dans la rue, des chansons patriotiques étaient diffusées pour inciter les Egyptiens à se rendre aux urnes. Des électeurs ont même eu droit à des repas et collations gratuits devant certains bureaux de vote.
En 2013, alors chef de l’armée, M. Sissi avait destitué le président islamiste Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans, puis mené une répression impitoyable contre ses partisans. Lors des élections organisées l’année suivante, il avait obtenu 96,9 % des voix.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/29/19-15">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Des adolescents, pensionnaires d’Independiente, étaient victimes d’un réseau de prostitution de mineurs. Une affaire qui pourrait toucher d’autres clubs.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Argentine : scandale de pédophilie dans un prestigieux club de football de première division

Des adolescents, pensionnaires d’Independiente, étaient victimes d’un réseau de prostitution de mineurs. Une affaire qui pourrait toucher d’autres clubs.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 12h15
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)








                        



   


Ils rêvaient de football dans un pays où le ballon rond est une passion. Ils se sont retrouvés à la merci de pédophiles. La découverte d’un réseau de prostitution de mineurs au sein du prestigieux club de football de première division, Independiente, à Buenos Aires, bouleverse l’Argentine.
Ils sont une vingtaine d’adolescents, âgés de 14 à 16 ans, logés dans un internat du club, et qui s’entraînaient dans des catégories inférieures. Un homme de 19 ans, qui jouait à Independiente en quatrième division, était chargé de recruter les victimes. Pendant les heures de cours, il conduisait les adolescents dans un centre commercial, à côté du club, à Avellaneda, un faubourg de Buenos Aires, où les attendaient d’autres personnes qui les conduisaient en voiture dans des appartements de différents quartiers où ils devaient avoir des relations sexuelles avec des adultes en échange d’argent.
Lors de ces rencontres, il n’y avait ni drogue, ni violence, ni femme, ont expliqué les victimes, précisant qu’il y avait seulement des hommes majeurs – six ou sept – qui les payaient pour pratiquer sexe oral et pénétration. Les adolescents recevaient entre 800 et 1 000 pesos (entre 34 et 40 euros). Les entremetteurs touchaient le double.
« Des proies faciles »
Plusieurs personnes ont été arrêtées. Parmi elles, le chef présumé de la bande, Martin Bustos, un arbitre assistant officiant en première division, qui est accusé de corruption de mineurs. Il a été expulsé de l’Association du football argentin (AFA). L’entremetteur de 19 ans, lui, a été expulsé d’Independiente, mais il a été laissé en liberté, la justice soupçonnant qu’il a lui-même été victime du réseau de prostitution.
L’affaire sordide ne cesse de prendre de l’ampleur, car les enquêteurs sont convaincus qu’il s’agit d’une vaste bande de pédophilie qui pourrait opérer dans d’autres clubs de première division : tous les suspects sont liés au monde du football. Parmi eux, un attaché de presse, connu dans les milieux sportifs et sur les réseaux sociaux, Leonardo Cohen Arazi, propriétaire d’un bar à Palermo, le quartier branché de la capitale, où ont l’habitude de se retrouver des joueurs de football.
Cinquante-trois adolescents décidés à tenter leur chance pour être sélectionnés par le club sont actuellement logés dans le pensionnat d’Independiente, à Avellaneda. Ils viennent de provinces de l’intérieur du pays, le plus souvent de milieux pauvres, éloignés de leurs familles qui les ont confiés au club.
Pour la directrice du Comité argentin des droits de l’enfant, Nora Schulman, ce scandale met en évidence la vulnérabilité de ces enfants qui viennent à Buenos Aires avec l’espoir de devenir des stars du football : « Les parents les laissent partir, espérant qu’ils deviennent de nouveaux Messi. Mais beaucoup se retrouvent vite sans un sou, éloignés de leur famille et avec la frustration d’un rêve déçu, ce qui en fait des proies faciles pour les réseaux de pédophilie. »
C’est un enfant de 14 ans qui a osé briser le silence en se confiant au psychologue d’Independiente, Ariel Ruiz, qui a alerté le coordinateur des groupes inférieurs, Fernando Beron. Ce dernier a dénoncé les faits à la justice. La procureure, Maria Soledad Garibaldi, chargée de l’enquête, a qualifié les faits d’« agression sexuelle, promotion et facilitation de la prostitution ». Elle s’est rendue au pensionnat du club pour dialoguer avec les victimes. Mardi 27 mars, la magistrate a décrété le secret de l’instruction afin de protéger les victimes et les témoins.
Collaborer avec la justice
Le président d’Independiente, Hugo Moyano, a condamné « ce type d’actions », promettant de collaborer avec la justice. M. Moyano est surtout connu comme étant l’un des plus puissants et polémiques syndicalistes argentins, longtemps secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT).
A la tête du syndicat des camionneurs, il est également considéré comme le principal opposant du gouvernement du président de droite, Mauricio Macri, contre lequel il avait mobilisé des milliers de manifestants le 12 mars à Buenos Aires. Homme d’affaires à la tête d’une immense fortune, M. Moyano est impliqué dans plusieurs affaires de corruption. Il se déclare « innocent » et « victime » d’une persécution politique du gouvernement.
Les responsables des autres clubs argentins de première division, comme les légendaires Boca Juniors (présidé par Mauricio Macri entre 1995 et 2008) et River Plate, se refusent à tout commentaire sur ce scandale sans précédent dans l’histoire du football argentin. Mais les enquêteurs veulent savoir si, eux aussi, étaient impliqués dans ce réseau.
Le Club Atlético Independiente, fondé en 1905, est considéré comme l’un des meilleurs clubs argentins de football. Il est appelé familièrement Rojo (« rouge »), à cause de la couleur des maillots de ses joueurs, eux-mêmes baptisés Los Diablos rojos (« les diables rouges »).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/29/19-16">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Des représentants de Zentan et Misrata se sont rencontrés pour la première fois depuis les combats meurtriers qui ont opposé leurs groupes armés en 2014.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤         

Compte rendu

En Libye, deux villes rivales font un « premier pas » vers la réconciliation

Des représentants de Zentan et Misrata se sont rencontrés pour la première fois depuis les combats meurtriers qui ont opposé leurs groupes armés en 2014.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-29T11:21:23+02:00"

        Le 29.03.2018 à 11h21

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-03-29T11:22:12+02:00"

        Mis à jour le 29.03.2018 à 11h22






    
Réunion de réconciliation entre les villes de Misrata et Zentan après quatre années de conflit, à Zentan, au sud-ouest de Tripoli, le 28 mars 2018.
Crédits : MAHMUD TURKIA / AFP


Des représentants des villes libyennes de Zentan et Misrata, qui comptent les groupes armés les plus puissants de l’ouest du pays, se sont rencontrés, mercredi 28 mars, pour la première fois depuis les combats meurtriers qui les ont opposés en 2014 pour le contrôle de la capitale, Tripoli.
Misrata et Zentan étaient parmi les premières villes à se soulever contre le régime de Mouammar Kadhafi en février 2011. Leurs groupes armés ont pris le contrôle de la capitale durant l’été 2011, signant la fin du régime de l’ex-dictateur, capturé puis tué deux mois plus tard dans sa ville natale de Syrte. En s’installant à Tripoli, ces ex-rebelles se sont partagé le contrôle d’installations stratégiques jusqu’à ce qu’une coalition conduite par Misrata en chasse les Zentanis, en 2014, au prix de plusieurs semaines de combats meurtriers.

        Lire aussi :
         

                Daniel Lagot : « La guerre en Libye n’a entraîné que le chaos »



Des représentants des groupes armés et des dignitaires de la ville de Misrata (200 km à l’est de Tripoli) ont fait le déplacement mercredi à Zentan (170 km au sud-ouest de la capitale) pour participer à cette rencontre qualifiée d’« historique », selon leur communiqué final. « Cette réunion est un premier pas qui sera suivi d’autres », a déclaré le maire de Zentan, Mustafa Al-Barouni, au début de la réunion. « Il n’y aura plus de recours aux armes pour résoudre nos différends », a-t-il promis.
« Réconciliation avec d’autres régions et tribus »
Avant la prochaine réunion, à Misrata cette fois, les représentants des deux villes ont mis en place une commission pour régler les questions en suspens, comme le sort des prisonniers et des disparus. Selon Mohamad Rajab, chef du conseil militaire de Misrata, cette première réunion facilitera la « réconciliation avec d’autres régions et tribus » en Libye. Dans leur communiqué final, les deux camps ont souligné la nécessité d’unifier l’armée et la police sous une autorité civile et de combattre le terrorisme sous toutes ses formes.

        Lire aussi :
         

                Rony Brauman : « La Libye, c’est l’Irak de la France »



Depuis la chute du régime de Kadhafi, la Libye est livrée aux milices alors que deux autorités se disputent le pouvoir : d’un côté le gouvernement d’union nationale, reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli, de l’autre une autorité exerçant son pouvoir dans l’est du pays avec le soutien du maréchal Khalifa Haftar. Ce dernier est accusé par ses rivaux, notamment de la ville de Misrata, de vouloir instaurer une nouvelle dictature militaire en Libye.


<article-nb="2018/03/29/19-17">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le processus d’acquisition lancé le 23 mars pour remplacer les F/A-18 américains met de nouveau en concurrence le Rafale de Dassault et le Gripen de Saab.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’armée de l’air suisse veut un nouvel avion de chasse polyvalent

Le processus d’acquisition lancé le 23 mars pour remplacer les F/A-18 américains met de nouveau en concurrence le Rafale de Dassault et le Gripen de Saab.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 14h01
    |

            Nathalie Guibert (Payerne (Suisse), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Les quatre chasseurs F/A-18, suivis des deux petits F-5 « Tiger » d’entraînement, s’envolent de la piste militaire de Payerne (canton de Vaud) vers la crête des Alpes suisses. Ce mercredi 28 mars, seule la croix blanche sur fond rouge qu’arborent les carlingues apporte une touche de couleur dans le paysage pluvieux.
Quadragénaires, les avions de l’armée de l’air helvète achèvent leur vie. Le département fédéral de la défense a publié, le 23 mars, les « exigences relatives à l’acquisition du prochain avion de combat et d’un nouveau système de défense sol-air », lançant ainsi la compétition pour renouveler sa flotte à partir de 2025. Un appel d’offres sera lancé à l’été.
Cinq concurrents sont pris en compte par le gouvernement : l’Eurofighter d’Airbus, le Rafale du français Dassault, les américains F-18 Super Hornet de Boeing et F-35 de Lockheed Martin, et le Gripen E du suédois Saab. Pour la défense sol-air, trois systèmes sont invités à concourir, sachant que Berne ne veut pas de système de défense antimissile balistique : le SAMP/T français (Eurosam), le David’s Sling israélien (Rafael) et le Patriot américain (Raytheon).
Le tout représente un marché total de 8 milliards de francs suisses (6,8 milliards d’euros), dont 1,5 milliard pour une défense aérienne de longue portée (couvrant au moins 15 000 km2), inexistante à ce jour. Le pays exige des offsets (contreparties) représentant 100 % du prix d’achat, et un prix tenant compte des coûts d’exploitation sur trente ans.
« Le prochain avion de combat restera en service jusqu’aux années 2050-2060 », souligne le rapport du groupe d’experts sur l’avenir de la défense aérienne qui ont travaillé pour le Conseil fédéral. Pour eux, « nul ne peut prévoir quelle sera l’évolution dans l’environnement sécuritaire ». Le rapport note par exemple : « Dans la mesure où le contraste Est-Ouest s’accentue à nouveau suite à l’annexion de la Crimée par la Russie...




                        

                        


<article-nb="2018/03/29/19-18">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Des centaines de personnes ont manifesté à Accra pour dénoncer une « atteinte à la souveraineté du pays ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤         

Compte rendu

Au Ghana, l’accord militaire avec les Etats-Unis contesté dans la rue

Des centaines de personnes ont manifesté à Accra pour dénoncer une « atteinte à la souveraineté du pays ».


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-29T11:07:01+02:00"

        Le 29.03.2018 à 11h07

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-03-29T15:26:21+02:00"

        Mis à jour le 29.03.2018 à 15h26






    
Manifestation à Accra, le 28 mars 2018, contre l’accord de défense conclu entre le Ghana et les Etats-Unis.
Crédits : Francis Kokoroko / REUTERS


Des centaines de personnes ont manifesté dans les rues d’Accra, mercredi 28 mars, pour protester contre un accord de défense controversé conclu entre le Ghana et les Etats-Unis, a constaté un correspondant de l’AFP. L’accord, approuvé le 23 mars par le gouvernement du président Nana Akufo-Addo, est vivement critiqué par l’opposition, qui dénonce une « atteinte à la souveraineté » du pays.
Les manifestants, dont beaucoup portaient des tee-shirts aux couleurs noire et rouge du principal parti d’opposition, le National Democratic Congress (NDC), brandissaient des pancartes clamant « Akufo-Addo ne doit pas vendre le Ghana » ou encore « Gouvernement incompétent, accord incompétent ». « Nous allons nous opposer à cet accord avec les Etats-Unis parce que cela ne nous favorise pas », a déclaré à l’AFP un manifestant, Yaa Yaa Abban.

        Lire aussi :
         

                Au Ghana, le cacao est une affaire d’Etat



Dans un tweet de soutien à la manifestation, l’ancien président John Mahama a déclaré : « Je me joins au mot d’ordre #GhanaFirst, au moment où mes compatriotes et d’autres forces démocratiques convergent pour manifester leur opposition à l’accord militaire entre le Ghana et les Etats-Unis. »
Exercices conjoints
Les deux pays ont démenti les rumeurs selon lesquelles Washington projette d’installer des bases militaires dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Elles ne sont pas, selon eux, prévues par l’accord de défense controversé. L’ambassade des Etats-Unis à Accra a en revanche annoncé la semaine dernière un investissement de 20 millions de dollars (16,3 millions d’euros) pour la formation et l’équipement des forces armées ghanéennes. Des exercices conjoints sont également prévus en 2018, « nécessitant l’accès aux bases ghanéennes des participants américains ainsi que ceux d’autres pays », a-t-elle précisé.
Mardi, un responsable du NDC, Koku Anyidoho, a été convoqué par la police pour être interrogé après avoir appelé sur une radio locale à un « coup d’Etat civil », selon l’un de ses avocats, contacté par l’AFP. Le ministre de l’information, Mustapha Abdul-Hamid, a qualifié ces propos de « trahison » dans un communiqué publié mardi.

        Lire aussi :
         

                Ghana, le grand bond en avant



Ces dernières années, les Etats-Unis ont intensifié leur présence militaire en Afrique dans le cadre de la lutte contre les mouvements djihadistes extrémistes comme l’Etat islamique (Sahel), Boko Haram (région du lac Tchad) ou les Chabab (Somalie). Le Ghana, grand producteur d’or et de cacao sur le continent, se targue d’être un pôle de stabilité dans une région minée par les rébellions, les régimes autoritaires et la corruption.





<article-nb="2018/03/29/19-19">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le chef du gouvernement veut sécuriser son pouvoir à l’approche des élections.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Malaisie, le premier ministre, Najib Razak, se taille une carte électorale sur mesure

Le chef du gouvernement veut sécuriser son pouvoir à l’approche des élections.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 10h52
    |

            Harold Thibault








                        



                                


                            

Le parti au pouvoir depuis l’indépendance de la Malaisie (1957) déroule l’inventaire des manipulations qui doivent lui permettre, une nouvelle fois, d’emporter la majorité des sièges au Parlement. L’Assemblée qu’il domine a approuvé, mercredi 28 mars, un redécoupage des circonscriptions électorales censé garantir la victoire du premier ministre Najib Razak et de la coalition autour de sa formation, l’Organisation nationale unifiée malaise (United Malays National Organisation, UMNO). Et ce même s’il venait à perdre le vote populaire, comme ce fut le cas lors du précédent scrutin, en 2013. A l’époque, il avait remporté 47 % des suffrages, mais 60 % des sièges.
Les élections doivent être organisées avant août, mais la dissolution de l’Assemblée sortante pourrait être annoncée dès les prochaines semaines et le scrutin se tenir avant le début du ramadan, le 15 mai. La manœuvre doit se jouer par un savant redécoupage : réunir un maximum de citoyens dans un petit nombre de circonscriptions très hostiles au pouvoir en place, pour qu’ils aient le moins possible de représentants, et au contraire étaler la population qui lui est favorable sur le plus grand nombre de circonscriptions, qui rapporteront autant de sièges.
Ainsi, entre Kuala Lumpur et sa zone portuaire, la circonscription de Klang, qui comptait déjà 98 000 électeurs mais a « mal » voté en 2008, et récidivé en 2013, en réélisant un député d’opposition, a gonflé de 37 937 électeurs avec la réforme de mercredi, ­tandis que celle de Kuang, 35 km au nord, qui a voté pour la coalition au pouvoir il y a cinq ans, perd 5 000 de ses seulement 25 000 électeurs inscrits.
« A ce niveau, c’est inédit pour une démocratie : la Malaisie se rapproche de la catégorie des pays où il n’y a simplement pas d’élections », se plaint Chua Tian Chang, député d’opposition et vice-président du Parti de la justice du peuple.
Le « voyou » Najib
Le nouveau chef de l’opposition n’est autre que Mahathir...




                        

                        


<article-nb="2018/03/29/19-20">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Au Guatemala, des ONG tentent de venir en aide aux migrants mineurs, victimes des gangs et de la pauvreté.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Sur la route de l’Amérique, des enfances brisées

Au Guatemala, des ONG tentent de venir en aide aux migrants mineurs, victimes des gangs et de la pauvreté.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 10h47
    |

            Maryline Baumard (Guatemala, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le geste fait partie de la routine matinale du foyer. Tina, 17 ans, tire son couvre-lit à quatre épingles, puis installe Loupita, sa poupée de chiffon. Lina, elle, cache son ours en peluche dans son casier avant d’en refermer la porte. Il est tellement important pour elle, cet ourson. En plus, elle n’a pas grand-chose d’autre à y mettre, dans ce casier, elle qui est arrivée là sans sac ni bagage. Juste chargée d’un passé trop lourd pour ses 16 ans.
Au cœur de la ville de Guatemala, derrière une porte anonyme protégée par un Interphone et deux gardiens, les deux adolescentes inventent l’enfance qu’elles n’ont pas eue. Aussi, la nuit, quand les horreurs vécues sur la route ou dans les rues se rappellent à leur souvenir, les peluches sont là, à portée de main, pour éponger les larmes, écouter les confidences. Le jour, la vie est plus douce. Le soleil se lève sur le foyer Racines d’amour, quand l’équipe d’éducateurs arrive, pansant un à un les maux de « ces enfants qui ont déjà tout vécu », comme le résume Kimberley Molina Estrada, la pédiatre du lieu.
Le Guatemala sait la souffrance des mineurs qui sont passés par la rue, comme Lina et Tina, mais ne peut pas prendre en charge tout le monde, dans un pays où un enfant sur cinq travaille. L’Amérique du Sud compte, à elle seule, la moitié des 120 millions d’enfants des rues de la planète. Leonel Dubon, le directeur du Refuge de l’enfance, une ONG qui vient en aide à ces victimes, se désole de ne disposer que de trois foyers, dont un seul pour les enfants migrants d’Amérique centrale, sans distinguo de nationalité.
Le sort des « retournés »
Aujourd’hui, il se trouve face à une demande multiforme et exponentielle. « Il y a ceux qui sont interpellés en montant vers les Etats-Unis, ceux qui sont échoués en ville ici, et… les enfants que Trump renvoie. Je suis inquiet », soupire l’homme qui ne tarit pas en histoires folles, comme celle des « trois petits » qui viennent finalement...




                        

                        

