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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Dominique Schnapper, sociologue et présidente du conseil des sages de la laïcité à l’éducation nationale, a répondu aux questions des lecteurs du « Monde.fr ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Mort de Mireille Knoll : « L’antisémitisme est un signe inquiétant de l’affaiblissement de la démocratie »

Dominique Schnapper, sociologue et présidente du conseil des sages de la laïcité à l’éducation nationale, a répondu aux questions des lecteurs du « Monde.fr ».



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h05
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 18h42
   





                        


Mercredi 28 mars, des milliers de personnes ont défilé à Paris en mémoire de Mireille Knoll et ont appelé à « l’union » contre l’antisémitisme. Les deux meurtriers de cette retraitée modeste de 85 ans de confession juive ont été mis en examen pour « homicide volontaire à raison de l’appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion ». Pour retenir la circonstance aggravante d’antisémitisme, la justice s’est appuyée sur leurs déclarations aux policiers.
La sociologue Dominique Schnapper, autrice de Réflexions sur l’antisémitisme (Odile Jacob, 2016), a répondu, jeudi 29 mars, aux questions des lecteurs du Monde.fr sur la banalisation de la haine des personnes de confession juive :

        Lire l’intégralité du tchat avec Dominique Schnapper :
         

          « L’antisémitisme est un signe inquiétant de l’affaiblissement de la démocratie »



Daz : Qui sont aujourd’hui les antisémites et pourquoi le sont-ils ?
Question infinie : pourquoi le mal existe-t-il ? Tant d’éléments : l’intériorisation des représentations religieuses héritées du passé, l’hostilité au monde moderne, au capitalisme et à la démocratie, l’envie, le besoin de boucs émissaires, l’hostilité à l’égard de l’autre et beaucoup de situations historiques diverses qui cristallisent ces représentations et ces sentiments.
Croyez-vous que les êtres humains soient spontanément bons ? Il faut que la démocratie soit assez forte pour contrôler les passions mauvaises.
Princesse : Est-ce que l’antisémitisme est autant banalisé aujourd’hui parce que les jeunes générations n’ont pas connu la Shoah ?
Pendant au moins une génération, les antisémites n’ont pas pu se manifester. Leurs sentiments continuaient à exister, mais ils ne s’exprimaient pas, la connaissance de la Shoah sidérait les antisémites.
Les jeunes n’ont évidemment pas la même expérience, la Shoah est un objet d’histoire, elle est devenue abstraite. Mais ce n’est pas la seule raison de la nouvelle « banalisation ». La démocratie est fragilisée par une série de facteurs et, dans les démocraties fragiles, le contrôle social s’affaiblit et les sentiments d’hostilité, de haine et d’envie s’épanchent facilement. L’antisémitisme est un signe inquiétant de l’affaiblissement de la démocratie, ce n’est pas seulement l’affaire des juifs, mais de tous les démocrates.
Sarah : Le conflit israélo-palestinien aggrave-t-il l’antisémitisme en France ?
Même si Israël n’existait pas, l’antisémitisme existerait. Le conflit donne des arguments nouveaux à de vieilles passions, même s’il peut aussi conduire certains, par solidarité avec le sort des Palestiniens, à raviver ou même à faire naître l’hostilité à l’égard des juifs. Ils arrivent à confondre la critique de la politique du gouvernement israélien et l’antisémitisme. Il faut évidemment les distinguer.
Heros : Y a-t-il un antisémitisme de gauche ? Les « insoumis » se sont fait virer de la marche blanche hier, tout comme le FN…
Il y a toujours eu un courant hostile aux juifs chez les penseurs socialistes, depuis le XIXe siècle, ils s’opposaient aux juifs dans la mesure où ils assimilaient les juifs à la banque et au capitalisme – ce qui est un des thèmes favoris de l’antisémitisme.
L’extrême gauche aujourd’hui comprend des militants qui déclarent ne pas être antisémites mais antisionistes, mais qui renouvellent ce courant de pensée. Ce n’est pas le cas de tous, bien sûr, mais cela existe effectivement. Or qu’est-ce qu’être antisioniste aujourd’hui ? Etre pour la destruction de l’Etat d’Israël ? Peut-on souhaiter la disparition d’un peuple, même s’il est né de la guerre ? Tous les Etats sont nés de la guerre.
Jean-Pierre : Un acte aussi abject que celui dont vient d’être victime Madame Knoll, tout comme l’avaient été Ilan Halimi et plus récemment Sarah Halimi, ne montre-t-il pas une incapacité de notre démocratie à prévenir la barbarie parce qu’elle n’est pas capable de la penser ? Cela ne nous rend-il pas aveugle face à des comportements tels que le flot de haine qui se déverse en toute impunité sur nombre de forums, de pages Facebook ou de commentaires, y compris sur ceux du « Monde », que nous banalisons parce que nous sommes incapables de les considérer comme l’expression d’une culture et non comme l’addition d’actes isolés ?
La démocratie n’est peut-être pas capable de prévenir la barbarie, mais les autres régimes encore moins. Ce qui est vrai, c’est que le monde virtuel ne comporte aucun contrôle et que cela encourage le déferlement des haines et des absurdités, puisqu’elles peuvent s’y développer sans contrôle et sans conséquences. Mais ce n’est pas le propre de la démocratie, c’est le monde de la modernité et le pouvoir du monde virtuel.
Il est vrai aussi que les démocrates européens sont en majorité devenus « doux » et qu’ils ont de la peine à comprendre la folie meurtrière. Mais ce n’est pas par la répression qu’on arrivera à en maîtriser les expressions. Il faut mener le combat intellectuel et politique pour résister à ces forces destructives de toutes nos valeurs. C’est un combat difficile et à long terme.
Pierre B. : Faut-il remobiliser les survivants du génocide des juifs d’Europe et parcourir les collèges comme cela se faisait il y a plusieurs années pour que les jeunes écoutent directement les récits de ceux qui ont touché du doigt l’enfer ?
Les survivants du génocide sont maintenant morts ou très fatigués. Cela a souvent été une expérience digne d’intérêt et utile. Mais, malheureusement, ce n’est pas une solution d’avenir. C’est aux générations suivantes d’essayer de transmettre.
Mimi : Pendant la campagne, on a vu des caricatures de M. Macron avec un nez crochu parce qu’il avait travaillé chez Rothschild. Pourquoi l’antisémitisme touche aussi les non-juifs ?
La question serait plutôt : pourquoi touche-t-il les juifs, indépendamment de toute expérience concrète, et pourquoi les stéréotypes les concernant ont-ils la vie aussi dure ? Si M. Macron avait travaillé dans une banque comme le Crédit lyonnais, aurait-on dit « le banquier du Crédit lyonnais » comme on a dit « le banquier de Rothschild » ? L’extension des préjugés à l’égard de ceux qui ont travaillé avec les juifs est moins surprenante que la permanence des préjugés. Beaucoup de juifs sont pauvres et beaucoup de banquiers ne sont pas juifs. Et ce n’est pas répréhensible d’être banquier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Renvoyé devant un tribunal correctionnel, l’ancien chef de l’Etat est soupçonné d’avoir voulu influencer un haut magistrat pour obtenir une décision favorable de la Cour de cassation dans une de ses affaires.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Affaire des écoutes : ce qui est reproché à Nicolas Sarkozy

Renvoyé devant un tribunal correctionnel, l’ancien chef de l’Etat est soupçonné d’avoir voulu influencer un haut magistrat pour obtenir une décision favorable de la Cour de cassation dans une de ses affaires.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 17h13
    |

                            Les Décodeurs








                        



   


Nicolas Sarkozy sera jugé devant un tribunal correctionnel dans l’affaire des écoutes, révèle Le Monde jeudi 29 mars. L’ancien président de la République est soupçonné de « corruption active » et « trafic d’influence ».
Le résumé de l’affaire : Il est suspecté d’avoir tenté d’obtenir d’un magistrat à la Cour de cassation, Gilbert Azibert, des informations le concernant couvertes par le secret. En échange, Nicolas Sarkozy aurait promis d’intervenir en faveur du magistrat pour qu’il obtienne un poste de prestige à Monaco.
Qui est poursuivi : 
Nicolas Sarkozy (« corruption active » et « trafic d’influence »)Son avocat, Thierry Herzog (« corruption active », « trafic d’influence » et « violation du secret professionnel »)L’ancien magistrat Gilbert Azibert (« corruption active », « trafic d’influence » et « violation du secret professionnel »)
Explications en quatre questions sur cette affaire débutée en 2013 et dérivée de celle sur un possible financement libyen en 2007, dans laquelle M. Sarkozy a été mis en examen le 21 mars.
Pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il été mis sur écoute ?Qu’ont révélé ces écoutes ?Pourquoi les agendas de Nicolas Sarkozy sont-ils si importants ?La justice avait-elle le droit d’écouter les conversations d’un avocat et de son client ?
1. Pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il été mis sur écoute ?
L’ancien président de la République est menacé par plusieurs affaires. Parmi elles figure celle concernant un supposé financement de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy par des fonds libyens provenant de la famille Kadhafi.
Le 19 avril 2013, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre X pour « corruption active et passive », « trafic d’influence », « faux et usage de faux », « abus de biens sociaux » et « blanchiment, complicité et recel de ces délits ». Deux juges, Serge Tournaire et René Grouman, ont instruit ce dossier.
Le 7 mars 2014, Le Monde a révélé que Nicolas Sarkozy, ainsi que Claude Guéant et Brice Hortefeux, qui furent ses ministres de l’intérieur, avaient été mis sur écoute dans le cadre de cette information judiciaire.
2. Qu’ont révélé ces écoutes ?
Le 11 mars 2014, la Cour de cassation se prononçait sur un recours déposé par Nicolas Sarkozy. L’ancien chef de l’Etat souhaitait que ses agendas ne soient pas versés aux dossiers sur l’enquête sur l’affaire Bettencourt, puis sur l’affaire Tapie-Lagarde (voir ci-dessous).
Les informations récoltées lors des écoutes suggèrent que Nicolas Sarkozy et son avocat, Thierry Herzog, ont pu bénéficier en amont de cette décision de la complicité d’un haut magistrat, Gilbert Azibert. Selon les documents brandis par la ministre de la justice, Christiane Taubira, lors d’une conférence de presse en mars 2014, M. Azibert aurait notamment « rencontr[é] un par un » deux à trois collègues appelés à se prononcer sur le pourvoi de Nicolas Sarkozy, afin de leur « expliquer » « avant qu’ils ne délibèrent ».
Mediapart a publié en mars 2014 une nouvelle série de révélations extraites des synthèses des écoutes. Elles tendent à confirmer que M. Sarkozy et son avocat avaient plusieurs soutiens, tant dans la justice que dans la haute administration policière, dont le fameux juge Azibert. M. Sarkozy aurait également évoqué une personne qui l’aurait renseigné sur les avancées de la justice dans l’affaire des soupçons de financements libyens de sa campagne de 2007.
Par ailleurs, « Monsieur Thierry Herzog aurait pu être renseigné », tant « sur la surveillance des téléphones de Nicolas Sarkozy » que sur l’éventualité « d’une perquisition » dans le cadre du dossier libyen. Un acte, s’il était avéré, extrêmement grave pour la défense de M. Sarkozy. Le Monde révèle aussi que, craignant d’être écouté, M. Sarkozy avait pris un second téléphone sous un faux nom.

        Lire :
         

          Ecoutes de Sarkozy : qui sont les protagonistes de l'affaire ?



3. Pourquoi les agendas de Nicolas Sarkozy sont-ils importants ?
Les écoutes judiciaires de Nicolas Sarkozy ont placé les agendas de l’ancien président au centre de l’attention. Les soupçons de « trafic d’influence » à l’encontre de M. Sarkozy découlent en effet de ses interventions présumées en amont d’une décision très attendue de la Cour de cassation sur ces agendas, le 11 mars.
L’ancien chef d’Etat s’est pourvu en cassation. Les magistrats de la plus haute juridiction devaient dire si la saisie de ses agendas par la justice était illicite, car couverts par l’immunité présidentielle. Une décision qui n’avait aucun impact sur l’affaire Bettencourt, dans laquelle Nicolas Sarkozy a bénéficié d’un non-lieu le 7 octobre 2013.
En revanche, elle aurait pu faire tomber un pan entier de procédure dans l’affaire Tapie-Crédit lyonnais, dans laquelle Nicolas Sarkozy est soupçonné d’être intervenu en faveur de l’homme d’affaires. Le juge Gentil, chargé à Bordeaux de l’affaire Bettencourt, a en effet transmis en janvier 2013 ces agendas aux magistrats qui enquêtent sur l’affaire Tapie. Or, ceux-ci font apparaître que Nicolas Sarkozy a rencontré à plusieurs reprises Bernard Tapie sur la période clé 2007-2008, ainsi que Pierre Mazeaud, l’un des trois arbitres choisis pour trancher le litige. Ils constituent donc le principal élément à charge des juges contre l’ancien président dans ce dossier.
Les agendas pourraient également être utilisés dans le cadre de l’enquête sur un éventuel financement de la campagne présidentielle de 2007 par la Libye de Mouammar Kadhafi.
Finalement, malgré les interventions supposées du juge Azibert auprès de ses collègues magistrats, la Cour de cassation a rendu en mars 2014 une décision défavorable à Nicolas Sarkozy. Elle a jugé qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur ce pourvoi, dans la mesure où l’affaire Bettencourt était close en ce qui le concernait. Les agendas pourront donc être conservés et utilisés par la justice.
4. La justice avait-elle le droit d’écouter les conversations d’un avocat et de son client ?
Oui, mais à deux conditions, car les avocats bénéficient d’une protection particulière, au nom du secret professionnel :
L’avocat doit être lui-même soupçonné d’avoir commis une infraction (sinon, ses propos ne pourront ni être consignés dans les procès-verbaux, ni être retenus contre lui) ;Son bâtonnier doit en être informé.
La Cour de cassation a validé en mars 2016 la validité des écoutes policières, reconnaissant ainsi que les enquêteurs avaient le droit d’écouter ces conversations entre un avocat et son client.

        Lire l’article (2014) :
         

          Ecoutes téléphoniques : qui sait quoi, et quand ?







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Catherine Champrenault, procureure générale de Paris, détaille l’évolution de la politique pénale qu’elle met en œuvre alors que le nombre de procès explose.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 28/03/2018
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Justice antiterroriste : « Nous constatons un durcissement de la répression »

Catherine Champrenault, procureure générale de Paris, détaille l’évolution de la politique pénale qu’elle met en œuvre alors que le nombre de procès explose.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 17h30
    |

            Jean-Baptiste Jacquin, 
Soren Seelow et 
Elise Vincent








                        



                                


                            

Catherine Champrenault, procureure générale de la cour d’appel de Paris depuis septembre 2015, expose dans un entretien au Monde le durcissement de la répression pénale dans les dossiers terroristes. Cette haute magistrate qui chapeaute les neuf procureurs de la République du ressort, y compris celui de Paris, François Molins, notamment chargé notamment de la section antiterroriste, justifie néanmoins un infléchissement du principe d’une criminalisation de tous les dossiers de « revenants » de Syrie ou d’Irak, qui avait été arrêté il y a deux ans.
Comment analysez-vous l’évolution de la menace terroriste ?
Catherine Champrenault : La section antiterroriste du parquet de Paris a fait l’objet de 173 saisines en 2017, en baisse par rapport aux 240 de 2016. Cette tendance a été observée à la suite des défaites militaires de l’organisation Etat islamique (EI). Cela ne veut pas dire, et l’actualité récente le montre, que la menace baisse. Elle change de configuration. Nous sommes confrontés à une menace plus endogène avec des individus qui se réclament de Daech.
Pour mieux comprendre le phénomène, nous avons créé au parquet général de la cour d’appel de Paris en septembre 2017 un groupe de travail pluridisciplinaire sur la dangerosité et la réversibilité de l’engagement violent qui complète un premier travail sur le passage à l’acte.
La notion de dangerosité utilisée par la justice pour mesurer la menace n’est-elle pas trop floue ?
Non, la dangerosité, c’est le risque de récidive. Nous ne devons pas être crédules sur certains terroristes qui affichent des volontés de repentir. La question est de savoir si la dangerosité est sociale ou psychiatrique.
Il est intéressant de voir comment le terrorisme djihadiste parvient à glorifier la violence, et même la cruauté, qui font pourtant l’objet d’une désapprobation sociale totale. L’idéologie a certainement sa place chez...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Seul candidat en lice, Olivier Faure sera officiellement élu, jeudi soir, avant d’être investi premier secrétaire les 7 et 8 avril, lors du congrès du parti.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

PS : les enjeux de l’élection d’Olivier Faure au poste de premier secrétaire

Seul candidat en lice, Olivier Faure sera officiellement élu, jeudi soir, avant d’être investi premier secrétaire les 7 et 8 avril, lors du congrès du parti.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 10h46
    |

                            Gilles Rof et 
                            Astrid de Villaines








                        


Les militants du Parti socialiste (PS) sont de nouveau appelés aux urnes, jeudi 29 mars, pour désigner leur futur secrétaire général. Un seul candidat est en lice : Olivier Faure, arrivé largement en tête du premier tour, le 15 mars, avec 48,56 % des voix. Arrivé en deuxième position, avec 26,10 % des suffrages, Stéphane Le Foll s’est retiré le lendemain du scrutin.
Outre le choix du futur « patron » du PS, les adhérents du parti devront également désigner « les premiers fédéraux [les chefs de file du parti dans chaque département] et les secrétaires de section : ceux qui vont mener les batailles pour la rénovation idéologique et préparer les échéances à venir », explique le coordinateur du PS, Rachid Temal, qui ne fixe aucun seuil de participation.
L’espoir d’une « participation correcte »
« Il n’y a pas d’enjeu. » Voilà comment les cadors du PS résument ce second tour. Le futur premier secrétaire minimise lui-même l’importance de cette élection : « Etant le seul candidat, l’enjeu est assez faible », a estimé M. Faure, mercredi 28 mars à Toulouse, où il effectuait son dernier déplacement de campagne.
Le président du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale espère tout de même une « participation correcte » afin « d’asseoir cette renaissance », thème qu’il a porté tout au long de la campagne.
Il y a deux semaines, ils étaient 37 014 militants socialistes à prendre part au vote du premier tour, sur les 102 000 revendiqués par le parti (en comptant les adhésions depuis 2015). Pas sûr qu’ils soient autant à se déplacer jeudi soir, alors qu’Olivier Faure est sûr de l’emporter.

        Lire aussi :
         

                Congrès du PS : quatre fois moins de votants en dix ans



Un seul candidat en lice dans 70 % des fédérations
Les militants n’auront guère plus le choix sur le vote de leurs représentants locaux, puisque 70 % des fédérations ne présentent qu’un seul candidat au poste de premier fédéral.
« C’est la jurisprudence Le Foll ! », se félicite Luc Carvounas, ex-candidat au poste de premier secrétaire (arrivé en dernière position au premier tour avec 6,36 % des voix), qui y voit « un signe de rassemblement du parti ».
« Pas du tout, c’est très classique », répond Rachid Temal. « Quand il y a un vote clair sur les motions, c’est naturel qu’il n’y ait qu’un candidat au poste de premier fédéral, abonde un fin connaisseur de la Rue de Solférino. Beaucoup n’ont pas envie de s’infliger une défaite. »
Même en Seine-Saint-Denis, où les discussions ont été animées entre Mathieu Monot, le candidat d’Olivier Faure, et l’ancien député Daniel Goldberg, le candidat d’Emmanuel Maurel – le représentant de l’aile gauche du PS, arrivé troisième au premier tour pour le poste de secrétaire général (18,98 % des voix) –, les deux hommes ont fini par se mettre d’accord.
M. Monot sera le seul candidat et M. Goldberg participera à l’équipe de direction avec ses troupes. Ce dernier, ancien frondeur, relativise l’importance de ce scrutin : « La plus grande section PS de France, c’est celle qui nous a quittés. Il faut dépasser nos divisions et s’adresser aux Français. Si le PS n’arrive plus à intéresser, alors notre avenir s’écrira en pointillé. »
« Mascarade » dans les Bouches-du-Rhône
Dans les Bouches-du-Rhône, la situation est assez atypique. La candidate au poste de première fédérale, Nora Mebarek, conseillère municipale d’Arles, est soutenue par Emmanuel Maurel mais aussi par Marie-Arlette Carlotti, ex-ministre déléguée aux personnes handicapées et à la lutte contre l’exclusion dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault et soutien de Stéphane Le Foll pendant la campagne.
Face à elle, Yannick Ohanessian, le candidat d’Olivier Faure et de Luc Carvounas, s’est finalement retiré dans la nuit de mercredi à jeudi. Par communiqué, il dénonce d’avance « des irrégularités ». « Je refuse de cautionner ce scrutin qui s’apparente plus à une mascarade qu’à un combat à armes égales », a-t-il écrit. L’ex-puissante fédération des Bouches-du-Rhône reviendra donc à Emmanuel Maurel, une belle prise.
Il faudra scruter le rapport de force entre le représentant de l’aile gauche et Olivier Faure, tenant de la ligne majoritaire. Emmanuel Maurel compte remporter « entre dix et vingt fédérations », ce qui lui permettrait d’asseoir ses troupes et de mesurer son poids dans le parti. Outre la fédération symbolique des Bouches-du-Rhône où il était arrivé en tête, il devrait pouvoir compter sur l’Aube et la Nièvre, où il a réalisé d’excellents scores (72 % et 68 %). Olivier Faure, qui disposera de toute façon d’une écrasante majorité, sera officiellement investi premier secrétaire du PS lors du congrès d’Aubervilliers les 7 et 8 avril prochains.

        Lire aussi :
         

                « Le chantier de la reconstruction du PS est vertigineux »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Les sept religieux du monastère situé près d’Alger auraient été tués avant le 21 mai 1996 et décapités post mortem.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤         

Décryptage

Moines de Tibéhirine : de nouvelles expertises renforcent les doutes sur la date de la mort

Les sept religieux du monastère situé près d’Alger auraient été tués avant le 21 mai 1996 et décapités post mortem.

Charlotte Bozonnet
    



LE MONDE
              datetime="2018-03-29T17:54:55+02:00"

        Le 29.03.2018 à 17h54






    
Les tombes des sept moines du monastère de Tibéhirine, en Algérie, enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 et dont seules les têtes ont été retrouvées.
Crédits : AFP


Nouvelle étape dans l’interminable enquête sur la mort des moines de Tibéhirine, enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996. Selon les conclusions des dernières expertises scientifiques, révélées jeudi 29 mars par Radio France, les moines auraient été tués avant la date officielle de leur mort, le 21 mai 1996, et décapités post mortem.
Les prélèvements en question avaient été effectués en octobre 2014, en Algérie, lors d’une exhumation des crânes des religieux enterrés dans le jardin du monastère de Tibéhirine. L’opération avait été autorisée par Alger, mais les experts français qui y avaient assisté s’étaient ensuite vu refuser le droit de les rapporter en France.

        Lire aussi :
         

                Moines de Tibéhirine : l’Algérie a remis les prélèvements attendus à la justice française



Ils avaient tout de même publié un rapport en juin 2015 à partir des constatations faites sur place et de photographies. En se fondant sur ces éléments, les scientifiques avaient déjà avancé l’hypothèse d’une décapitation post mortem et d’un décès antérieur au 21 mai 1996. La période du 25 au 27 avril précédemment citée par un témoin leur apparaissait « vraisemblable ».
La version de la bavure « fragilisée »
Après deux années de discussions entre Alger et Paris, la juge d’instruction Nathalie Poux a pu se rendre à Alger en juin 2016 pour récupérer les prélèvements. « Ce nouveau rapport d’expertise est très important, dans la mesure où aucune autopsie n’avait jamais été effectuée depuis 1996 », rappelle l’avocat des familles des moines, Patrick Baudouin.
Rédigé par une équipe de huit experts, le document confirme que les têtes retrouvées sont celles des sept moines. Il atteste aussi que celles-ci ne présentaient pas de particule métallique. « Ce qui fragilise la version selon laquelle une patrouille de l’armée aurait commis une bavure en tirant sur les moines depuis un hélicoptère, souligne Me Baudouin, sans pour autant l’éliminer totalement puisque les corps des moines n’ont pas été retrouvés. »

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Selon les experts, les crânes ont probablement été inhumés une première fois avant leur découverte. Ils confirment aussi l’hypothèse de décapitations post mortem. « Le dernier point important, ajoute Me Baudouin, a trait à la datation de la mort des moines : elle serait antérieure de plus de neuf jours à la découverte des têtes. » « L’hypothèse du décès survenu entre le 25 et le 27 avril reste plausible », ajoute le rapport, sans toutefois pouvoir déterminer avec précision la date de la mort.
Un crime revendiqué par le GIA
Si ces éléments ne disent rien de nouveau quant aux responsabilités de ces assassinats, ils renforcent le scepticisme quant à la version officielle du déroulement des faits. « L’absence d’autopsie initiale, le fait d’avoir dans un premier temps dissimulé l’absence des corps, le fait que les décapitations aient eu lieu post mortem et maintenant les questions autour de la datation de la mort : tous ces éléments font peser un doute très fort sur la version algérienne », estime Patrick Baudouin.

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Les sept religieux – Christian de Chergé, Luc Dochier, Paul Favre-Miville, Michel Fleury, Christophe Lebreton, Bruno Lemarchand et Célestin Ringeard – avaient été enlevés à Tibéhirine par une vingtaine d’hommes armés en mars 1996. Ce n’est que le 23 mai que le Groupe islamique armé (GIA) revendiquait les avoir séquestrés et assassinés deux jours plus tôt. Les têtes furent découvertes le 30 mai.
Mais cette version a été régulièrement dénoncée, certains accusant l’armée algérienne d’être impliquée dans leur disparition. Vingt-deux ans après, les circonstances de la mort des sept moines trappistes restent controversées et l’affaire continue d’empoisonner régulièrement les relations franco-algériennes. « Nous souhaitons que l’instruction se poursuive, en attendant qu’un jour, les langues se délient en Algérie », conclut l’avocat.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Le président de la République a annoncé, jeudi, le déblocage d’une enveloppe de 1,5 milliard d’euros sur le quinquennat, dont « 400 millions d’euros d’appel à projets ».
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Intelligence artificielle : la politique par petites touches d’Emmanuel Macron

Le président de la République a annoncé, jeudi, le déblocage d’une enveloppe de 1,5 milliard d’euros sur le quinquennat, dont « 400 millions d’euros d’appel à projets ».



Le Monde
 |    29.03.2018 à 16h41
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 16h59
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Il n’y aura ni « Airbus de l’intelligence artificielle », ni « grand soir de la recherche », avait prévenu l’Elysée en début de semaine. Jeudi 29 mars, au Collège de France, Emmanuel Macron a tenu parole. Pour permettre à la France d’avoir une chance de concourir à l’échelle mondiale, le chef de l’Etat préfère lever les verrous réglementaires et réallouer des budgets déjà existants, sans bouleverser les finances publiques, pour faire émerger un écosystème favorable aux futurs champions de l’intelligence artificielle.
Au cœur du plan présidentiel, la recherche, qui constitue, en France comme ailleurs, le nerf de la guerre. Pour retenir les chercheurs français, attirés comme des aimants par les salaires et les projets de la Silicon Valley, Emmanuel Macron lance un « programme national », coordonné par l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria). L’objectif, faire émerger « un réseau d’instituts dédiés localisés dans 4 ou 5 endroits en France », accompagné par un programme de chaires individuelles, afin « d’attirer les meilleurs chercheurs mondiaux et doubler les capacités de formation en IA ».
En revanche, le président de la République n’a pas voulu doubler les salaires des chercheurs du secteur public en France, comme recommandé par le rapport Villani, alors que la faiblesse des rémunérations, doublée de la difficulté de faire carrière en tant que doctorant dans l’Hexagone, décourage les vocations et pousse les meilleurs hors de nos frontières.

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Favoriser les allers-retours entre le public et le privé
Soucieux de favoriser les allers-retours des chercheurs entre le public et le privé, le gouvernement simplifiera les démarches de création de start-up pour les chercheurs, accélérera les procédures contrôlant les projets scientifiques, réduira les cas où il faut faire appel à la commission de déontologie et relèvera de 20 % à 50 % le temps qu’un chercheur peut consacrer à une entité privée.
En parallèle, la politique en matière d’ouverture des données sera étendue : un plus grand nombre de bases de données publiques sera accessible, et un effort sera fait sur les données de santé remboursées par l’assurance-maladie, les données cliniques des hôpitaux et celles de la médecine de ville.

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Pour accompagner l’ensemble du plan et donner un coup de pouce aux start-up, Emmanuel Macron a annoncé le déblocage de 1,5 milliard d’euros sur le quinquennat, dont « 400 millions d’euros d’appel à projets ». Cette manne est issue de redéploiements budgétaires, de fonds publics existants et du nouveau fonds pour l’innovation de 10 milliards d’euros, censés produire 260 millions d’euros de ressources publiques par an. Une enveloppe de 100 millions d’euros et de 70 millions d’euros les années suivantes sera consacrée à l’amorçage de start-up dans l’intelligence artificielle et la deep tech, ces technologies de rupture.
Cela sera-t-il suffisant ? La France débloque déjà tous dispositifs confondus dix milliards d’euros par an dans l’innovation, sans que ces budgets aient permis à la France de se hisser sur la scène mondiale du numérique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Cette entité de droit californien a été constituée par le chanteur en juillet 2014. Le quotidien en révèle les dessous à la veille de l’audience devant le TGI de Nanterre.
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Héritage Johnny Hallyday : « Libération » dévoile des détails sur le « trust »

Cette entité de droit californien a été constituée par le chanteur en juillet 2014. Le quotidien en révèle les dessous à la veille de l’audience devant le TGI de Nanterre.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 12h13
   





                        


Il sera au cœur de l’audience prévue vendredi 30 mars devant le tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre. Le quotidien Libération dévoile jeudi les dessous du « trust » qui détient l’héritage de Johnny Hallyday. Cette entité de droit californien a été constituée par le chanteur en juillet 2014, trois ans et demi avant sa mort le 6 décembre d’un cancer. Elle récupère alors « tout ce qu’il possède, à l’exception notable des biens immobiliers situés en France », indique le journal.
Les enfants aînés du rocker, David Hallyday et Laura Smet, se sont lancés dans une procédure pour faire reconnaître qu’ils ont été lésés par les dispositions testamentaires et annuler le testament de leur père, rédigé aux Etats-Unis au seul bénéfice de sa veuve. Ils arguent qu’ils sont déshérités, ce qu’interdit le droit français. David et Laura ont notamment intenté une action en référé pour obtenir un droit de regard sur l’album posthume de Johnny, ainsi que le gel de son patrimoine dans l’attente du règlement du litige sur l’héritage. Une première audience initialement fixée au 15 mars devant le tribunal de Nanterre a été reportée au 30 mars.

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« Aucun trustee n’a été déclaré »
De leur côté, les représentants de la veuve du chanteur, Laeticia Hallyday, et de ses deux filles font valoir la loi américaine, qui permet de léguer librement ses biens. Le TGI avait intimé à ces derniers de produire le testament, de divulguer le « périmètre » précis des avoirs du trust monté pour bénéficier à la dernière épouse et aux filles de Johnny Hallyday, et de révéler « le nom du ou des trustees » (gestionnaires du trust).
D’après Libération, l’audience de vendredi risque de frustrer les avocats de David Hallyday et Laura Smet. « Depuis le décès du premier titulaire du poste, aucun trustee n’a été déclaré », avance le journal, qui pense que « ce petit jeu du chat et de la souris peut durer encore longtemps ». L’avocat de Laeticia Hallyday, Ardavan Amir-Aslani, avait affirmé à Paris Match qu’aucun membre de la famille de la veuve n’avait de rôle dans le trust.
Ce trust, appelé JPS (pour Jean-Philippe Smet), a pour objet selon ses statuts consultés par le quotidien de maintenir pour Laeticia un niveau de ressources « conforme au niveau de vie auquel [Johnny Hallyday] et Laeticia ont été habitués durant leur vie commune », quitte à entamer le patrimoine. Les statuts prévoient par ailleurs comment est financée l’« éducation (...) scolaire, artistique ou autre » des deux fillettes, Jade et Joy.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Le président des Etats-Unis a confirmé sur Twitter un article paru la veille dans la presse américaine, qui a provoqué une forte baisse, mercredi, de l’action Amazon en Bourse.
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Trump s’en prend de nouveau à Amazon, qui dévisse en Bourse

Le président des Etats-Unis a confirmé sur Twitter un article paru la veille dans la presse américaine, qui a provoqué une forte baisse, mercredi, de l’action Amazon en Bourse.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 18h10
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


« J’ai fait état de mes inquiétudes concernant Amazon bien avant l’élection. Contrairement aux autres, ils ne paient pas ou peu d’impôts aux gouvernements locaux ou fédéral et traitent notre système postal comme leur livreur (provoquant d’énormes pertes aux Etats-Unis) en provoquant la fermeture de milliers de commerces ! » C’est par ce tweet d’attaque assez frontale que Donald Trump s’en est pris, jeudi 29 mars, au géant de la distribution en ligne.
Ce tacle public du président des Etats-Unis a confirmé un article paru la veille dans la presse américaine, qui avait commencé à faire baisser le cours de l’action d’Amazon en Bourse. Mercredi, le titre a clôturé en forte baisse à la Bourse de New York (– 4,38 %), ce qui s’est traduit par une perte de 31,4 milliards de dollars de capitalisation boursière. Jeudi (à 16 heures à Paris), il reculait de 3,07 %, en raison du tweet, alors qu’il avait commencé la séance par une hausse de 1,7 %.
Mercredi, le fameux site d’information en ligne Axios a créé la sensation en publiant un article sobrement titré « Trump déteste Amazon, pas Facebook ». Le média y explique que le président n’a pas spécialement l’intention de prendre des mesures contre le réseau social visé depuis plusieurs jours par le scandale de l’exploitation indue de ses données par le prestataire Cambridge Analytica, mais qu’il est « obsédé » par l’entreprise fondée par Jeff Bezos.
Spéculation sur des mesures anticoncurrences
« Trump s’est interrogé à voix haute sur les moyens qui pourraient exister pour s’en prendre à Amazon grâce aux lois antitrusts ou à la législation sur la concurrence », précise une source anonyme citée par Axios.
Mercredi, la Maison Blanche a réagi en déclarant n’avoir aucun projet en cours concernant le groupe. Mais, jeudi, Raj Shah, secrétaire adjoint à la presse de la présidence, a été plus flou : il a assuré que les critiques du président n’avaient rien à voir avec des griefs personnels visant Amazon ou Jeff Bezos, tout en disant sur Fox News qu’« il s’agit bel et bien de politique ». Il a ajouté que les critiques de Donald Trump n’impliquaient aucun changement de ligne. Mais a précisé : « Il y a un certain nombre de propositions qui ont fait leur chemin à la Chambre et au Sénat ou ont été envisagées par la Chambre et le Sénat. Il soutiendrait des efforts de ce genre. »
Sur le fond, les arguments de M. Trump sur la poste sont contestés : « On lui a expliqué dans de nombreuses réunions que sa perception n’était pas exacte et que la poste gagnait même beaucoup d’argent en travaillant pour Amazon. » Sur le plan fiscal, Amazon collecte depuis le printemps 2017 des taxes sur les ventes (sales tax) dans tous les Etats américains. Toutefois, ce n’était souvent pas le cas avant, ce qui donnait à la vente en ligne un avantage, dont se plaignaient les distributeurs traditionnels. De plus, certains vendeurs tiers qui utilisent la plate-forme Amazon ne collectent toujours pas cette taxe.
Amazon emploie aux Etats-Unis près de 200 000 personnes et a un poids considérable dans la distribution. Son rachat de la chaîne de supermarchés bio Whole Foods, en juin, n’a fait que renforcer sa position. Et alimente les discussions sur des mesures liées au droit de la concurrence.
Une guerre ouverte depuis 2015
C’est loin d’être la première fois que Donald Trump cible M. Bezos et Amazon nommément. Les premiers tweets datent de 2015. « Amazon cause un grand tort aux petits commerçants, qui, eux, paient des impôts », avait depuis écrit le président sur Twitter, en août 2017.
De son côté, Jeff Bezos s’est parfois aussi opposé à M. Trump, par exemple à propos du texte anti-immigration signé en janvier 2017 pour interdire l’accès au pays pour les ressortissants de sept pays jugés « risqués », au nom de la lutte contre le terrorisme. « A nos employés aux Etats-Unis et dans le monde qui pourraient être directement touchés par ce décret, je veux que vous sachiez que toutes les ressources d’Amazon sont derrière vous », avait écrit M. Bezos.
Pendant la campagne, il avait semblé défendre Hillary Clinton contre Donald Trump : « Dire qu’il pourrait faire enfermer son adversaire érode notre démocratie sur les bords », avait-il dit au Vanity Fair’s New Establishment Summit.
Derrière Amazon, le « Washington Post »
Une fois Trump élu, M. Bezos avait envoyé des signaux moins univoques : il a félicité le nouveau président et, par exemple, annoncé en janvier qu’il créerait des emplois aux Etats-Unis, ce dont la Maison Blanche s’est félicitée.
Derrière la campagne de Donald Trump contre Jeff Bezos, certains voient des représailles contre le Washington Post, racheté en 2013 par le patron d’Amazon. Comme le New York Times ou CNN, le quotidien a été en pointe sur plusieurs sujets, notamment les soupçons d’ingérence russe dans la campagne. Il a aussi révélé que l’homme d’affaires avait accroché une fausse couverture de Time à son effigie, dans les clubs de golf qu’il possède. Le Washington Post a même gagné un prestigieux prix Pulitzer en 2017 pour avoir mis en cause la réalité des actions philanthropique de M. Trump. Le journal avait fait partie des médias temporairement interdits d’accès à la présidence, avec CNN.
Le président des Etats-Unis a d’ailleurs lui-même fait le lien entre ses attaques contre Amazon et le Washington Post, insinuant que M. Bezos s’en servait pour faire campagne contre lui. « L’#AmazonWashingtonPost – que certains surnomment parfois le gardien d’Amazon qui ne paye pas ses impôts (et qui devrait le faire) – est une fake news ! », lançait-il dans un tweet en juin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Vers 8 h 15, un homme a tenté de renverser des militaires qui faisaient leur footing à proximité de la caserne de Varces-Allières-et-Risset. Il n’y a pas de blessé.
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En Isère, un homme a foncé avec sa voiture sur des militaires : deux interpellations

Vers 8 h 15, un homme a tenté de renverser des militaires qui faisaient leur footing à proximité de la caserne de Varces-Allières-et-Risset. Il n’y a pas de blessé.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 14h58
   





                        


Un homme a foncé avec sa voiture, jeudi 29 mars, sur des militaires qui faisaient leur footing à proximité de la caserne de Varces-Allières-et-Risset (Isère), au sud de Grenoble, sans faire de blessé, puis a été interpellé dans la matinée, a-t-on appris de sources proches du dossier. La police nationale précise sur Twitter que des vérifications sont en cours « pour déterminer s’il était le conducteur au moment des faits ».

#Varces #Grenoble. La Police judiciaire procède à des vérifications sur l'individu interpellé pour déterminer si il… https://t.co/VaUX9GaJjI— PoliceNat38 (@Police nationale 38)


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La propriétaire du véhicule a également été interpellée à Echirolles, selon la police.

#Varces #Grenoble. Interpellation de la propriétaire du véhicule par La BRI sur la commune d'#Echirolles. https://t.co/62SyEMJ7sp— PoliceNat38 (@Police nationale 38)


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Les faits se sont déroulés après 8 heures. L’homme, dont les motivations étaient encore inconnues, a tenté de renverser des militaires de la 27e brigade d’infanterie de montagne, clairement identifiables comme des militaires, avant d’en insulter d’autres puis de prendre la fuite, selon ces sources.
« Aux alentours de 8 h 15, il a menacé verbalement six ou sept militaires qui faisaient un footing. Il a insulté un deuxième groupe de militaires qui sortaient faire un footing et qui l’ont perdu de vue. A leur retour, il leur a foncé dessus. Les militaires ont réussi à remonter sur le trottoir sans être écrasés. Les gendarmes ont bouclé la zone et ont lancé les poursuites et, côté militaire, nous avons renforcé le périmètre de sécurité », a précisé le colonel Benoît Brulon, porte-parole de l’armée de terre.
Confinement
L’antenne de Grenoble de la direction interrégionale de la police judiciaire de Lyon a été saisie. Sur Franceinfo, le maire de Varces avait annoncé le confinement des enfants et des collégiens en attendant que l’automobiliste soit retrouvé.
Cette agression survient moins d’une semaine après les attentats dans l’Aude qui ont fait quatre morts, dont Arnaud Beltrame, l’officier de gendarmerie qui s’est livré à la place d’une otage. Les obsèques des victimes ont lieu jeudi à Trèbes et à Carcassonne.
En août, une voiture avait foncé sur des militaires de l’opération Sentinelle à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, faisant six blessés. Le parquet antiterroriste avait été saisi et le suspect interpellé quelques jours plus tard dans le nord de la France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Deux mois avant la fermeture de l’usine de fabrication de sèche-linge, les syndicats réclament une hausse salariale de 4 %.
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A Amiens, la direction de Whirlpool propose un sèche-linge aux salariés en guise d’augmentation

Deux mois avant la fermeture de l’usine de fabrication de sèche-linge, les syndicats réclament une hausse salariale de 4 %.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 17h41
    |

            Faustine Vincent








                        


Les syndicats de l’usine Whirlpool d’Amiens ont d’abord cru à une plaisanterie. Quand ils ont demandé une augmentation de salaire de 4 % pour les 286 salariés lors de la réunion de négociations annuelles obligatoires, mercredi 28 mars, la direction leur a proposé… un sèche-linge.
« Nous payer avec un sèche-linge, on n’avait encore jamais vu ça ! Est-ce qu’on paye les bouchers en tranches de jambon ?, s’indigne Frédéric Chantrelle, délégué CFDT. C’est du foutage de gueule. On veut du pouvoir d’achat, pas du bricolage. »
L’an dernier, quand l’usine de fabrication de sèche-linge a annoncé qu’elle allait se délocaliser en Pologne, malgré des bénéfices records, les salariés avaient déjà demandé 4 % d’augmentation, contre 1,5 % environ les années précédentes. Vu le contexte, la direction la leur avait accordée.
A deux mois de la fermeture du site, prévue le 31 mai, les syndicats espéraient de nouveau obtenir 4 % mercredi, soit 80 euros pour un salaire de 2 000 euros brut. « Pour un groupe qui gagne des millions d’euros, ce n’est pas beaucoup », fait valoir Frédéric Chantrelle. En 2016, le numéro deux mondial du gros électroménager affichait 20,7 milliards de dollars (19 milliards d’euros) de chiffre d’affaires, et 888 millions de dollars (815 millions d’euros) de bénéfice net.

        Lire :
         

          Tout comprendre à la fermeture de l’usine Whirlpool à Amiens



Une nouvelle réunion convoquée à la hâte
Reste que les salariés avaient bel et bien demandé un sèche-linge à la direction. Mais dans le cadre du comité d’entreprise, pas des négociations salariales. François Gorlia, délégué syndical de la CGT, explique :
« On en réclame un depuis plus de dix mois, après l’annonce de la fermeture du site. On ne rejette pas le fait que la direction nous en propose un, mais on ne comprend pas pourquoi elle l’a mis sur le tapis maintenant : ça n’a rien à voir avec les négociations annuelles obligatoires ! »
En 2002, lorsque l’usine avait annoncé qu’elle transférait en Slovaquie la fabrication des lave-linge, elle en avait donné un aux salariés en échange d’une journée de travail. « A raison de 300 ou 400 euros la machine, ça valait le coup », se souvient le syndicaliste de la CGT. Cette fois, il s’agirait d’un sèche-linge de « milieu de gamme, d’environ 150 euros », précise-t-il.
Face à la médiatisation de l’affaire, révélée par Le Courrier picard, les dirigeants de Whirlpool ont tenté d’éteindre l’incendie en convoquant à la hâte une nouvelle réunion, jeudi 29 mars en début d’après-midi, au lieu du 19 avril, comme prévu initialement. Contactée par Le Monde, la direction n’a pas souhaité faire de commentaire.
Outre l’augmentation de 4 %, avec rétroactivité au 1er janvier, les revendications syndicales portent sur la prise en charge de la mutuelle à 100 %, la participation aux bénéfices et un treizième mois réel, c’est-à-dire sans décompter les absences. Sur ce dernier point, la direction a donné son accord, selon la CGT.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Le caporal Arthur Noyer, du 13e bataillon de chasseurs alpins (BCA), a disparu dans la nuit du 11 au 12 avril 2017 près de Chambéry. Son crâne a été retrouvé et identifié.
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Meurtre du caporal Noyer : audition de Nordahl Lelandais et transport de justice

Le caporal Arthur Noyer, du 13e bataillon de chasseurs alpins (BCA), a disparu dans la nuit du 11 au 12 avril 2017 près de Chambéry. Son crâne a été retrouvé et identifié.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h15
   





                        



   


Nordahl Lelandais, entendu jeudi 29 mars à propos de la mort d’Arthur Noyer, militaire qu’il est soupçonné d’avoir assassiné en avril 2017, a été transporté par les enquêteurs sur le lieu où les ossements de la victime avaient été découverts, en Savoie. Rien n’a filtré des éventuelles déclarations du suspect, ni des raisons de son transport sur les lieux de la découverte des restes de la victime.
L’ancien maître-chien dans l’armée, âgé de 35 ans, déjà mis en examen pour le meurtre de la petite Maëlys, dans l’Isère, a été extrait dans la matinée de l’unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) de la prison de Lyon-Corbas, au sein de l’hôpital psychiatrique du Vinatier, à Bron, où il est détenu. Il avait été hospitalisé à la mi-février, deux jours après avoir avoué avoir tué Maëlys « accidentellement ».
Arrivé à la mi-journée au palais de justice de Chambéry, Nordahl Lelandais en est ressorti environ trois heures plus tard quand, vers 15 heures, un convoi s’est mis en route. La juge d’instruction et des enquêteurs ont pris place dans des fourgons de la gendarmerie, ainsi que le suspect et son avocat, Me Alain Jakubowicz, qui n’a pas souhaité s’exprimer.
Crâne retrouvé en septembre et identifié
Ils se sont rendus à Cruet, petite commune de Savoie, au pied du massif des Bauges et proche de Montmélian, à une vingtaine de kilomètres de Chambéry. C’est là avaient fait savoir les autorités judiciaires que les restes du crâne du caporal Noyer avaient été retrouvés sur un chemin par un promeneur en septembre et identifiés par la suite.
Cette découverte avait conduit à la mise en examen du suspect en décembre, qui se fonde notamment sur des expertises téléphoniques, son appareil ayant borné aux mêmes endroits et aux mêmes moments que celui de la victime. D’autres ossements ont depuis été retrouvés sur les lieux.

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                Affaire Maëlys : comment travaille la police scientifique



Le 5 février, Nordahl Lelandais avait déjà été longuement entendu à propos de ce dossier dans lequel il est mis en examen depuis décembre. Il avait alors reconnu avoir pris en stop le militaire de 23 ans le soir des faits, sans avouer l’avoir tué, ce dont la justice le soupçonne.
Le caporal Arthur Noyer, membre du 13e bataillon de chasseurs alpins (BCA), avait disparu dans la nuit du 11 au 12 avril 2017 près de Chambéry après être sorti en boîte de nuit.

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                Qui est Nordahl Lelandais, le suspect dans l’affaire Maëlys ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Au Guatemala, des ONG tentent de venir en aide aux migrants mineurs, victimes des gangs et de la pauvreté.
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Sur la route de l’Amérique, des enfances brisées

Au Guatemala, des ONG tentent de venir en aide aux migrants mineurs, victimes des gangs et de la pauvreté.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 10h47
    |

            Maryline Baumard (Guatemala, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le geste fait partie de la routine matinale du foyer. Tina, 17 ans, tire son couvre-lit à quatre épingles, puis installe Loupita, sa poupée de chiffon. Lina, elle, cache son ours en peluche dans son casier avant d’en refermer la porte. Il est tellement important pour elle, cet ourson. En plus, elle n’a pas grand-chose d’autre à y mettre, dans ce casier, elle qui est arrivée là sans sac ni bagage. Juste chargée d’un passé trop lourd pour ses 16 ans.
Au cœur de la ville de Guatemala, derrière une porte anonyme protégée par un Interphone et deux gardiens, les deux adolescentes inventent l’enfance qu’elles n’ont pas eue. Aussi, la nuit, quand les horreurs vécues sur la route ou dans les rues se rappellent à leur souvenir, les peluches sont là, à portée de main, pour éponger les larmes, écouter les confidences. Le jour, la vie est plus douce. Le soleil se lève sur le foyer Racines d’amour, quand l’équipe d’éducateurs arrive, pansant un à un les maux de « ces enfants qui ont déjà tout vécu », comme le résume Kimberley Molina Estrada, la pédiatre du lieu.
Le Guatemala sait la souffrance des mineurs qui sont passés par la rue, comme Lina et Tina, mais ne peut pas prendre en charge tout le monde, dans un pays où un enfant sur cinq travaille. L’Amérique du Sud compte, à elle seule, la moitié des 120 millions d’enfants des rues de la planète. Leonel Dubon, le directeur du Refuge de l’enfance, une ONG qui vient en aide à ces victimes, se désole de ne disposer que de trois foyers, dont un seul pour les enfants migrants d’Amérique centrale, sans distinguo de nationalité.
Le sort des « retournés »
Aujourd’hui, il se trouve face à une demande multiforme et exponentielle. « Il y a ceux qui sont interpellés en montant vers les Etats-Unis, ceux qui sont échoués en ville ici, et… les enfants que Trump renvoie. Je suis inquiet », soupire l’homme qui ne tarit pas en histoires folles, comme celle des « trois petits » qui viennent finalement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ La compagnie aérienne anticipe le maintien de 80 % des long-courriers, autant de court-courriers à Orly et en province, ainsi que de 70 % des vols moyen-courriers au départ et à destination de Roissy - Charles-de-Gaulle.
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Grève à Air France : la direction prévoit 76 % des vols assurés vendredi

La compagnie aérienne anticipe le maintien de 80 % des long-courriers, autant de court-courriers à Orly et en province, ainsi que de 70 % des vols moyen-courriers au départ et à destination de Roissy - Charles-de-Gaulle.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 13h51
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 17h20
   





                        


En dépit du troisième appel à la grève pour les salaires lancé par onze syndicats, et de la décision des syndicats de pilotes de quitter les négociations avec la compagnie, Air France prévoit d’assurer « 76 % » de ses vols vendredi, a annoncé la direction jeudi 29 mars par un communiqué. Une tendance quasi identique à celle du 22 février et du 23 mars, quand les prévisions de vol faisaient état d’un trafic assuré à 75 %.
Dans le détail, la compagnie aérienne anticipe le maintien, vendredi, de 80 % des vols long-courriers, autant de court-courriers à Orly et en province, ainsi que 70 % des vols moyen-courriers au départ de et vers Roissy - Charles-de-Gaulle.
Jeudi, la ministre des transports, Elisabeth Borne, a appelé la direction d’Air France et l’intersyndicale de l’entreprise à la « responsabilité » dans le conflit qui les oppose sur la question des salaires, arguant qu’il ne fallait pas « casser » la dynamique de croissance de l’entreprise.
Augmentation générale de 6 %
Onze syndicats, de tous métiers, appellent de nouveau à cesser le travail durant une journée, avec une revendication commune : une augmentation générale des salaires de 6 %, au lieu de celle de 1 % appliquée en deux temps cette année. La direction met, de son côté, en avant l’enveloppe d’augmentations individuelles (primes, promotions, ancienneté…) de 1,4 % pour le personnel au sol et 130 millions d’euros redistribués grâce à l’intéressement. Un rassemblement est prévu vendredi à partir de 10 heures aux abords du siège d’Air France, à Roissy.
A partir des déclarations préalables de grève, conformément à la loi Diard — qui oblige le personnel navigant des compagnies aériennes à se déclarer grévistes à l’avance —, la direction a estimé le taux de grévistes à 31,6 % des pilotes, 28,3 % des hôtesses, stewards et chefs de cabine (PNC, personnel navigant commercial), 20,4 % du personnel au sol. La direction « regrette cette situation et met tout en œuvre pour limiter les désagréments que cette grève pourrait occasionner à ses clients », dit-elle dans son communiqué.
« Avec le déblocage des grilles de rémunérations et diverses autres mesures, on arrive à 200 millions d’euros » redistribués, alors que le groupe Air France a enregistré en 2017 un bénéfice d’exploitation de « 590 millions d’euros », rappelle jeudi dans Le Parisien le directeur général d’Air France, Franck Terner.
L’intersyndicale d’Air France a d’ores et déjà programmé deux autres journées de grève les 3 et 7 avril.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Contrairement au football américain et au basket-ball, les terrains de base-ball ne connaissent ni protestations ni discussions politiques.
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Pourquoi le base-ball n’est pas une terre d’activisme dans les Etats-Unis de Trump

Contrairement au football américain et au basket-ball, les terrains de base-ball ne connaissent ni protestations ni discussions politiques.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 17h23
    |

            Luc Vinogradoff








                        


Pour la première fois depuis 1968, chacune des 30 équipes de la ligue américaine de base-ball (MLB) jouera lors de la première journée, jeudi 29 mars. A New York, Detroit, Cincinnati ou Seattle, le rituel d’avant-match sera le même : hymne américain avec joueurs et spectateurs debout, hommage et applaudissements pour l’armée avec, pour les plus proches d’une base militaire, un bruyant survol du stade par des avions de chasse. Sur le podium des sports majeurs américains, le base-ball n’est pas celui qui génère le plus de revenus (c’est le football américain) ou s’exporte le mieux (c’est le basket-ball). Mais c’est celui qui se considère comme plus qu’un simple sport, une partie intégrante de la société, et se surnomme « le passe-temps préféré des Américains ».
Sur aucun des terrains, on ne verra, en revanche, ce qui est devenu une habitude dans ceux des deux autres sports américains majeurs : des gestes ou des messages à caractère politique. Pas de joueur agenouillé ou de poing levé pendant l’hymne comme dans le football américain, pas d’action condamnant les violences policières ou d’interview post-match hostile à Donald Trump, comme dans certaines équipes de basket-ball.
En 2018, de nombreux athlètes américains ont fait de leur sport une tribune, allant parfois à l’encontre des volontés de la ligue et des propriétaires. Si certains médias soutiennent cet activisme, d’autres leur préconisent de « se taire et continuer à dribbler », et le président lui-même s’en sert comme d’un marqueur politique clivant, en criant au « manque de respect à [notre] drapeau ». La politique s’immisce dans chaque interstice de la société américaine, y compris les sports, mais elle semble s’arrêter aux portes des terrains et des vestiaires de base-ball.
« Je ne veux pas froisser mes coéquipiers… »

   


Jusqu’ici, un seul joueur de base-ball s’était agenouillé pendant l’hymne, comme a commencé à le faire en août 2016 l’ex-joueur de football, Colin Kaepernick, pour protester contre les violences policières. Le 20 septembre, le catcher des A’s d’Oakland, Bruce Maxwell a mis un genou à terre, selon lui, « pour ceux qui n’ont pas de voix ».
« Ma main sur le cœur symbolisait le fait que je suis et resterai toujours un citoyen américain. Mais c’est mon genou à terre qui a retenu l’attention. (…) Cela dépasse la communauté noire ou la communauté hispanique. Aujourd’hui, il y a une certaine indifférence et un fossé racial entre chaque type de personnes. C’est défendu dans les plus hautes sphères du pouvoir de ce pays, et cela équivaut à dire que c’est OK de traiter les gens différemment. »
Maxwell, 26 ans, est né dans une base militaire allemande d’un père noir et d’une mère blanche, a grandi dans l’Alabama et décrit comme quelqu’un d’« extrêmement patriotique ». Pour son geste, il a reçu le soutien de coéquipiers, de son club et un communiqué très neutre de la MLB qui dit « respecter chacun de nos joueurs en tant qu’individu avec son propre parcours et opinions ». Mais personne n’a suivi son exemple. « Il fallait quelqu’un de vraiment spécial, avec un parcours unique, pour se lancer », a dit Chris Archer, un pitcher afro-américain des Rays de Tampa Bay.
Il a lui-même hésité à suivre cette voie, mais a décidé de ne rien faire après en avoir parlé à ses coéquipiers. « Vu les retours que j’ai eus, ce ne serait pas la meilleure chose à faire pour moi actuellement. Je ne veux offenser personne », a-t-il avoué à USA Today. Puis il a eu une phrase en apparence innocente qui dit pourtant beaucoup sur la non-politisation de son sport :
« Je ne veux pas froisser mes coéquipiers avec mes opinions personnelles, qui n’ont rien à voir avec le base-ball. »
« Le base-ball est un sport d’homme blanc »

   


En tant que joueurs de base-ball afro-américains, Bruce Maxwell et Chris Archer se sentent à juste titre sentis concernés par la mobilisation conduite par le mouvement Black Lives Matter, Colin Kaepernick et d’autres. Mais contrairement aux athlètes de la NFL ou de la NBA, ils ont moins de marge de manœuvre et de poids pour agir dans le cadre de leur sport.
Selon une étude de l’université de Floride, les joueurs de base-ball afro-américains ne représentaient que 7,7 % des professionnels au début de la saison 2017, derrière les joueurs blancs (57,5 %) et les latino-américains (31,9 %). En NFL et en NBA, les joueurs afro-américains comptent respectivement pour près de 70 % et 75 % des effectifs.
« Les spécificités des protestations politiques dans le sport américain sont la question raciale, celle de la violence policière et d’un racisme systémique contre les minorités afro-américaines, dit Peter Marquis, maître de conférences à l’université de Rouen, historien des Etats-Unis et auteur d’une thèse sur le base-ball. La mobilisation de masse autour de ces thèmes ne peut exister dans le base-ball, en grande partie parce que la situation démographique est différente. »
Ce rapport de force est brutalement décrit par Adam Jones, joueur afro-américain des Baltimore Orioles. Lorsqu’on l’a interrogé sur l’inertie politique de son sport, il a répondu :
« Dans le football américain, vous ne pouvez pas les virer. Vous avez besoin de ces joueurs. Dans le base-ball, ils n’ont pas besoin de nous. Le base-ball est un sport d’homme blanc. »
Un sport « conservateur et imbriqué dans les mœurs américaines »

   


Cela n’empêche pas certains joueurs de base-ball, peu importent leurs origines, d’être politisés, dit Peter Marquis. « La différence est qu’ils n’utilisent pas leur sport comme une tribune », rappelle-t-il. Historiquement, « le base-ball est un sport conservateur, profondément imbriqué dans la société et les mœurs américaines. Il est construit sur le mythe selon lequel sport et politique seraient deux sphères séparées », dit l’historien.
Même quand il n’est pas en uniforme, le joueur de base-ball est ramené à cette idée qu’il doit être politiquement neutre. Dexter Fowler, dont la femme est d’origine iranienne, a eu le malheur de dire sur compte Instagram que le décret anti-immigration de Donald Trump était « regrettable ». Sous le post, des centaines de réponses négatives, souvent des insultes, exigeant qu’il cesse de parler politique et se contente d’être un joueur des Cardinals de St. Louis.
Parmi l’important contingent latino-américain, certains auraient pu aussi se sentir visés par les mesures et les mots du président américain, comme sa description de certaines nations comme des « pays de merde » ou de Mexicains comme « des violeurs ». Un des rares à avoir publiquement réagi a été David « Big Papi » Ortiz, une légende des Boston Red Sox dont la récente retraite a un peu libéré la parole.
Le silence relatif des autres athlètes latino s’explique, selon le magazine spécialisé Remezcla, non pas par l’indifférence, mais « parce qu’ils préfèrent se concentrer sur la situation politique dans leur pays d’origine plutôt que celle Etats-Unis ».
Pour certains, comme le journaliste politique et grand fan du sport Chuck Todd, les spécificités du base-ball l’obligent justement à prendre ses responsabilités dans un pays de plus en plus divisé politiquement. « Le base-ball a l’occasion de guérir ce pays, grâce à la diversité raciale, ethnique et politique dans ses vestiaires. Aucun autre sport n’a cela », écrit-il, se demandant si les joueurs, entraîneurs et propriétaires veulent être cette force unificatrice ou s’ils préfèrent rester « la distraction des Etats-Unis ». La question commencera à se poser de nouveau dès les premiers pitchs de jeudi soir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ L’ancienne garde des sceaux s’insurge, dans une tribune au « Monde », contre la condamnation du réalisateur ukrainien, en 2015, par un tribunal militaire russe, à vingt ans d’emprisonnement.
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Christiane Taubira : « Nous demandons la libération d’Oleg Sentsov »

L’ancienne garde des sceaux s’insurge, dans une tribune au « Monde », contre la condamnation du réalisateur ukrainien, en 2015, par un tribunal militaire russe, à vingt ans d’emprisonnement.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h07
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 18h58
    |

                            Christiane Taubira (Ancienne garde des sceaux, ministre de la justice (2012-2016)








                        



                                


                            
[Opposé à l’annexion russe de la Crimée, dont il est originaire, le réalisateur ukrainien Oleg Sentsov a été ­arrêté en mai 2014 par le Service fédéral de sécurité de la ­Fédération de Russie et condamné en août 2015 à vingt ans d’emprisonnement pour « organisation d’un groupe terroriste ». Christiane Taubira est la marraine du mouvement demandant sa libération immédiate, qui a mis en ligne une pétition en ce sens sur le site Change.org]
Tribune. Le temps presse. On ne séjourne pas sans graves conséquences dans une prison en Sibérie, en hiver, au nord du Cercle polaire. Et si ces lieux résonnent dans notre mémoire collective avec un écho glaçant de détresse et de destruction, c’est parce que nous savons que des femmes, des hommes y furent broyés.
« Je vous écris d’un pays autrefois clair. Je vous écris du pays du manteau et de l’ombre. Nous vivons depuis des années. Nous vivons sur la Tour du pavillon en berne. Je vous écris de la cité du Temps interrompu. La catastrophe lente ne s’achève pas. ­Notre vie s’écoule, notre vie s’amenuise, et nous attendons encore le moment qui ­repasse le mur. »
C’est du poète Henri Michaux et cela sonne comme un manifeste pour prisonniers injustement détenus.
Nous demandons la libération d’Oleg Sentsov.
Au nom d’un procès juste et équitable. Au nom du respect des droits de la ­défense. Au nom du refus de la torture, de tous traitements cruels, inhumains et ­dégradants. Au nom de la liberté ­d’expression et de la liberté artistique. Au nom du droit de se réclamer d’accords ­internationaux dûment conclus, ainsi des accords et protocoles de Minsk. Au nom tout simplement des principes d’un Etat de droit, ce qu’est censé être tout pays membre du Conseil de l’Europe. La Russie en est.
Nous demandons qu’Oleg Sentsov puisse revenir dans son pays, l’Ukraine.
Nous savons que nous vivons dans un monde de fracas. Les bombardements en Syrie, dans la Ghouta orientale ;...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Les quatre personnes tuées par Radouane Lakdim sont inhumées jeudi, après des hommages auxquels assistent des membres du gouvernement.
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Cérémonie d’hommage dans l’Aude : « Ce n’était l’heure de partir pour aucun d’entre eux »

Les quatre personnes tuées par Radouane Lakdim sont inhumées jeudi, après des hommages auxquels assistent des membres du gouvernement.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 12h27
   





                        



   


Les derniers hommages et les obsèques des quatre personnes tuées par Radouane Lakdim ont lieu jeudi 29 mars à Carcassonne et Trèbes, près d’une semaine après les attentats de l’Aude.
« Ce n’était pas l’heure de partir, pour aucun d’entre eux », a déclaré Marc Rofes, le maire de Villedubert, dont la première victime était originaire, évoquant le « déchirement » des familles réunies devant lui, le visage grave, souvent en sanglots.
« Vous êtes tombés sous les balles du terrorisme et avez emporté avec vous l’insouciance d’une petite ville d’Occitanie que rien ni personne ne prédisposait à vivre de tels événements », a poursuivi le maire de Trèbes, Eric Menassi, sur la place des armes de Trèbes où avaient été alignés les cercueils des trois Audois. « Trèbes au sein de la République restera debout et fière de ses valeurs », a conclu la voix soudainement cassée par l’émotion l’édile, dont le petit supermarché a été la cible de l’islamiste.
Plusieurs centaines d’habitants et des proches des victimes s’étaient rassemblés pour rendre un dernier hommage avec salut au drapeau, Marseillaise, dépose de fleurs et minute de silence.
Le premier ministre Edouard Philippe était présent, accompagné des ministres de l’intérieur, Gérard Collomb, et de la justice, Nicole Belloubet, au lendemain de l’hommage national rendu mercredi à Paris au colonel Arnaud Beltrame, qui a donné sa vie pour sauver une otage et incarne, selon les mots du président, Emmanuel Macron, « l’esprit français de résistance ».

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                Attentats dans l’Aude : portraits des victimes



Premier à être tombé sous les balles de Lakdim, Jean Mazières, 61 ans, viticulteur à la retraite. Le petit délinquant radicalisé l’a abattu dans une voiture stationnée sur un terrain boisé de Carcassonne. Le conducteur, de nationalité portugaise, a été atteint d’une balle dans la tête. Il est toujours dans un état grave.
Arnaud Beltrame inhumé dans les Corbières
Le tueur de 25 ans, qui se revendique du groupe Etat islamique, s’est ensuite rendu au Super U de Trèbes et a tué immédiatement près des caisses un employé, Christian Medves, 50 ans, chef boucher d’origine italienne, père de deux filles, bon vivant et sportif accompli, ainsi qu’un client, Hervé Sosna, 65 ans, maçon à la retraite.
Après l’hommage de Trèbes, les deux ministres, cette fois sans le premier ministre, devaient se rendre à Carcassonne pour visiter l’espace d’information et d’accompagnement des victimes puis assister à 11 heures à la messe des obsèques du colonel Arnaud Beltrame à la cathédrale Saint-Michel.
Agé de 44 ans, marié sans enfant, le colonel Beltrame s’était substitué à une otage dans le supermarché, laissant son téléphone ouvert pour aider les forces de l’ordre. Il a été mortellement blessé au cou par Lakdim, abattu lors de l’assaut du GIGN.
« Sa grandeur a sidéré la France », a déclaré mercredi aux Invalides Emmanuel Macron devant le cercueil du gendarme recouvert d’un drapeau français, en présence de plus de 1 200 invités et du gouvernement au complet. Ses obsèques doivent être célébrées dans l’après-midi à Ferrals, dans le massif des Corbières, où il résidait.
La compagne de Lakdim mise en examen
Jeudi après-midi, la garde des sceaux se rendra enfin au tribunal de grande instance de Carcassonne pour rencontrer, lors d’une visite hors presse, les magistrats, notamment l’avocat général référent radicalisation et les représentants de l’association locale d’aide aux victimes.
Sur le plan politique, la droite et l’extrême droite se sont déchaînées contre le gouvernement depuis les attentats, l’accusant de « naïveté » face à la menace islamiste. Des accusations rejetées en bloc par le premier ministre, Edouard Philippe.

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                Fichés « S » : faut-il légiférer ?



Concernant l’enquête, la compagne du tueur, Marine P., une convertie de 18 ans, également radicalisée, a été mise en examen mardi soir pour « association de malfaiteurs terroristes en vue de préparer des crimes d’atteintes aux personnes » et incarcérée provisoirement.
Les enquêteurs ont,en revanche, libéré un jeune de 17 ans, présenté comme un ami de Lakdim, faute « d’élément l’incriminant à ce stade ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », explique les raisons pour lesquelles le président américain a finalement décidé de nommer cet ultranationaliste au poste de conseiller pour la sécurité nationale à la Maison Blanche.
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« La moustache de John Bolton, ce détail qui a fait hésiter Trump à le recruter  »

Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », explique les raisons pour lesquelles le président américain a finalement décidé de nommer cet ultranationaliste au poste de conseiller pour la sécurité nationale à la Maison Blanche.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 09h57
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 10h08
   





                        



                                


                            
Chronique. Le président a longtemps hésité. Il aimait bien s’entretenir avec John Bolton. Ce boutefeu de la politique étrangère, détesté de toute l’aristocratie diplomatico-journalistique, a des solutions simples pour chacune des pathologies de la scène internationale. Donald Trump ne pouvait qu’être séduit. Pourtant, dans la personnalité de Bolton, quelque chose retenait le président américain.

En janvier 2016, il avait bien pensé à lui pour le poste de secrétaire d’Etat – ministre des affaires étrangères. Mais non, Bolton ne ferait pas l’affaire. Un détail clochait, tranchait avec cette image de gros dur de la planète, empêchait qu’on prenne le personnage avec toute la gravité requise par la fonction. Ce n’étaient pas les idées ni la carrière, plutôt médiocre, suivie par ce laborieux de la profession politique. C’était un détail physique : la moustache.
Trump ne s’y habituait pas, raconte l’ancien conseiller du président, Steve Bannon, dans Le Feu et la fureur, le livre de Michael Wolff (Robert Laffont, 418 pages, 20 euros). Que voulez-vous, « la moustache, Trump pensait que ça ne faisait pas secrétaire d’Etat », dit Bannon. Le New York Times confirme :
« M. Bolton a longtemps fait campagne pour avoir le poste (…), même après que le président lui a dit non, en partie – c’est sérieux – parce qu’il n’aimait pas cette grosse moustache. »
Que craignait Trump ?
A la décharge de Donald Trump, il faut dire qu’il ne s’agit pas de n’importe quelle moustache. Bolton arbore une énorme barre de poils drus, aujourd’hui grisonnants, tombant à pic de la narine à la lèvre supérieure, comme on en voit chez certains vieux morses (Odobenus rosmarus) sommeillant le soir sur la banquise. Que craignait Trump ? Que ce barrage de pilosité touffue ne masque un tempérament de poète plus que de faucon ? Un tropisme bohème, plus que guerrier ?
Il faut croire que Trump...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Avec ses partenaires, dont le saoudien Al Munajem, le groupe français LDC propose de reprendre ou reclasser l’essentiel du personnel.
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Le propriétaire des poulets Loué favori pour la reprise de Doux

Avec ses partenaires, dont le saoudien Al Munajem, le groupe français LDC propose de reprendre ou reclasser l’essentiel du personnel.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 10h52
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 11h37
    |

            Denis Cosnard








                        



   


Personne ne l’avait vu venir. Candidat de la toute dernière heure, le groupe français LDC, connu pour ses marques Loué, Le Gaulois et Maître Coq, se retrouve néanmoins en position d’ultra-favori pour la reprise partielle de Doux, l’ancien numéro un européen du poulet.

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Avec ses partenaires, dont le saoudien Al Munajem et la coopérative Terrena, actuel actionnaire majoritaire de Doux, LDC propose, en effet, de reprendre ou reclasser l’essentiel du personnel. Au total, 920 emplois sur 1 187 seraient repris par LDC et ses associés, selon les offres combinées dévoilées jeudi 29 mars par Terrena. Par ailleurs, 418 propositions de reclassement dans d’autres sites seraient présentées aux salariés non repris.
LDC dispose en outre du soutien d’une partie des politiques qui suivent le dossier. La région Bretagne est prête à investir 15 millions d’euros dans le projet. Le sénateur (LR) de Vendée Bruno Retailleau est lui aussi favorable à cette solution. « Le modèle de Doux, axé sur des exportations subventionnées, ne fonctionnait plus, analyse-t-il. Il faut monter en gamme, et reconquérir le marché français. C’est exactement l’objectif de LDC. » 
Le « poulet du quotidien »
Un autre industriel, l’ukrainien MHP, a bien déposé une offre, mercredi 28 mars, auprès du conciliateur nommé par le tribunal de Quimper, afin de récupérer les meilleurs morceaux de Doux. Mais sa proposition paraît nettement inférieure. Dans l’immédiat, MHP ne reprendrait en effet que 285 postes, dans les deux usines de Quimper (Finistère) et Plouray (Morbihan) et au siège de Châteaulin (Finistère). N’étant pas implanté en France, il ne peut proposer de reclassements dans des sites voisins. Les trois quarts du personnel se retrouveraient donc au chômage. MHP évoque cependant la construction d’ici à deux ans d’une nouvelle usine ultra-moderne à Châteaulin, pour remplacer les installations actuelles. Cela permettrait de réembaucher alors 430 personnes supplémentaires.

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La candidature de LDC paraissait jusqu’à présent exclue. Plusieurs fois sollicité ces dernières années, le groupe familial avait toujours refusé de s’intéresser à Doux. Pas question pour une entreprise ayant tout misé, avec succès, sur les marques et les produits élaborés de se mettre à produire des poulets bas de gamme exportés congelés au Moyen-Orient.
Tout récemment, quand les pouvoirs publics ont une nouvelle fois appelé LDC à l’aide, le groupe s’est néanmoins penché sur le dossier. « Tout a été monté en une dizaine de jours », confie Denis Lambert, le patron de LDC. Et cette fois-ci, les familles aux commandes du groupe ont dit oui. Deux éléments ont en effet changé. D’abord, LDC a commencé depuis quatre ans à investir sur le marché de moyen de gamme, dit du « poulet du quotidien », en achetant des usines à Glon et – déjà – Doux. « Un poulet consommé sur quatre en France est désormais importé, on ne peut pas regarder cela sans réagir », juge M. Lambert.
Accord avec le saoudien Al Munajem
Surtout, LDC a trouvé un accord avec Al Munajem, le principal client de Doux. Le groupe saoudien est prêt à se charger de l’abattoir de Châteaulin, « redimensionné à ses besoins pour le marché du grand export ». A lui seul, Al Munajem reprendrait 347 salariés à Châteaulin. Avec des partenaires, dont LDC, Terrena et la région Bretagne, il pourrait aussi racheter les sites de Bannalec (Finistère) et La Harmoye (Côtes-d’Armor), ce qui porterait à 450 le total des emplois repris par le groupe saoudien. L’usine de Plouray, passerait, elle, dans le giron de la société Les Volailles de Plouray.
« Dans la mesure où nous n’aurons pas à nous occuper du grand export, le dossier Doux est devenu intéressant pour nous », explique M. Lambert.
LDC pourra ainsi se consacrer à ce qui s’intègre dans sa stratégie, en reprenant le site de produits élaborés de Quimper et en construisant à Châteaulin une nouvelle usine d’abattage et de découpe de volailles pour les marchés industriels et la restauration. Un investissement évalué à 55 millions d’euros.
Le conciliateur et le gouvernement vont maintenant étudier les deux offres et tenter de faire monter les enchères. Puis le tribunal de Rennes tranchera entre les deux propositions. Une première audience est prévue le 4 avril, à l’issue de laquelle la société Doux, lâchée par son actionnaire Terrena, devrait être placée en liquidation.
Quelle que soit l’offre retenue, l’abattoir de Chantonnay et le couvoir de l’Oie, en Vendée, qui emploient au total 180 personnes, semblent condamnés. Sur place, une cellule de reclassement est déjà en train de se mettre en place.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ FO, la CFDT et la CGT dénoncent une dégradation du dialogue social, une baisse du pouvoir d’achat et la suppression de plusieurs milliers d’emplois.
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Carrefour : les syndicats lancent un appel à la grève pour la journée de samedi

FO, la CFDT et la CGT dénoncent une dégradation du dialogue social, une baisse du pouvoir d’achat et la suppression de plusieurs milliers d’emplois.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h11
   





                        


Des supermarchés et hypermarchés bloqués ou fermés, des entrepôts à l’arrêt et des gondoles dégarnies : les syndicats de Carrefour entendent frapper fort face aux « attaques » de la direction. Ils ont lancé une « grève générale » samedi 31 mars, en plein week-end de Pâques.
« Exceptionnel » selon FO, voire inédit selon la CFDT, le mouvement qui s’annonce est à la mesure de la colère qui gronde parmi les salariés du géant de la grande distribution. De leur « inquiétude » aussi, dit la CGT. Il traduit également une très forte « dégradation » du dialogue social, dénoncée par tous les syndicats.
Une participation moyenne de 57 euros, contre 610 l’an dernier
Appelée par FO et la CFDT, et relayée séparément par la CGT, cette journée de grève aura pour mot d’ordre la défense des emplois et du pouvoir d’achat. Les syndicats dénoncent la suppression de milliers d’emplois, annoncée en janvier, le projet de passage en location gérance de plusieurs hypermarchés, les craintes sur l’avenir à long terme d’autres milliers d’emplois, ainsi que le « mépris » ressenti par les salariés face à une « aumône ».
L’annonce d’une participation moyenne de 57 euros, contre 610 l’an dernier, c’est « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », dit Sylvain Macé (CFDT). « L’ébullition » s’est manifestée bien avant samedi par des débrayages et manifestations spontanés dans des magasins et des plates-formes logistiques, souligne Michel Enguelz, représentant de FO, premier syndicat du groupe. « Consciente de l’impact de cette baisse sur le pouvoir d’achat », la direction a proposé de relever ce montant à 407 euros, via un complément forfaitaire d’intéressement de 350 euros. Sans désamorcer la fronde. Les actionnaires vont toucher, eux, 356 millions d’euros de dividendes, font valoir les syndicats qui anticipent aussi des négociations salariales au rabais.
Signe que le mécontentement touche aussi les cadres, considérés comme « la dernière roue du carrosse », leur syndicat, le SNEC CFE-CGC, s’il ne s’associe pas au mouvement de grève, les appelle à la « déconnexion totale » de 9 heures à 11 heures, vendredi, dans toutes les sociétés du groupe.

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Méthode contestée des négociations autour du plan de transformation
Annonces par voie de presse avant d’en informer les représentants du personnel, négociations « à marche forcée », pas de réponses aux revendications formulées : les syndicats sont unanimes à s’élever contre la « méthode » depuis qu’Alexandre Bompard, qui a pris les rênes du groupe l’été dernier, a dévoilé, le 23 janvier, son « plan de transformation ».
Menées dans un calendrier très resserré, les négociations sur le plan de départs volontaires (PDV) qui vise les sièges du groupe (2 400 suppressions de postes sur 10 500) se sont achevées mercredi. Celles sur le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) accompagnant la fermeture de 273 magasins de proximité (ex-Dia) avec quelque 2 300 emplois supprimés devraient l’être jeudi.
Sur le PSE, M. Enguelz évoque quelques « avancées », sur la durée du congé de reclassement ou le budget formation. Même son de cloche à la CFDT, qui reste toutefois, comme la CGT, « très sceptique sur les capacités » du groupe à reclasser les salariés.
Si le plan de transformation « s’accompagne de mesures difficiles sur le volet social », il « vise à pérenniser l’activité de l’entreprise », fait valoir, de son côté, la direction.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Le frère de l’ancien président Blaise Compaoré est soupçonné d’avoir commandité, entre autres, l’assassinat du journaliste Norbert Zongo en 1998.
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Synthèse

Extradition de François Compaoré au Burkina : la justice française se prononcera le 13 juin

Le frère de l’ancien président Blaise Compaoré est soupçonné d’avoir commandité, entre autres, l’assassinat du journaliste Norbert Zongo en 1998.

Par                                            Chams Iaz




LE MONDE
              datetime="2018-03-29T17:14:40+02:00"

        Le 29.03.2018 à 17h14






    
François Comparoré, le frère de l’ex-président du Burkina Faso, à Ouagadougou, en décembre 2012.
Crédits : AHMED OUOBA/AFP


François Compaoré, ancien conseiller de son frère Blaise lorsque celui-ci présidait aux destinées du Burkina Faso, a comparu devant la justice française mercredi 28 mars. Poursuivi par la justice de son pays pour « incitation à assassinats » – « au pluriel », comme le précise l’avocate générale de la cour d’appel de Paris –, il risque d’être extradé au Burkina pour y être jugé. La délibération a été fixée au 13 juin.

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Dès le début de l’audience, celui qui s’était vu affublé du surnom de « petit président » prévient : « Je refuse d’être remis aux autorités burkinabées. » Puis plus un mot. Le prévenu en costume noir s’en remet à ses avocats, prend des notes sur un petit carnet orange. La chambre de l’instruction est comble. Dans l’auditoire : sa femme, sa fille, un ancien conseiller de Blaise Compaoré, des représentants d’associations, des Burkinabés et des journalistes.
Un procès « très attendu » au Burkina
François Compaoré était entendu par la justice française à la suite de l’émission, en mai 2017, d’un mandat d’arrêt international à son encontre. Il est soupçonné d’être le commanditaire des assassinats du journaliste Norbert Zongo, de son frère Ernest et de ses amis Blaise Ilboudo et Abdoulaye Nikiema, dit Ablassé. Leurs corps ont été retrouvés le 13 décembre 1998 dans une voiture calcinée. Norbert Zongo enquêtait à cette époque sur la mort du chauffeur de François Compaoré.
Une commission d’enquête indépendante avait par la suite été mise en place au Burkina Faso, mais celle-ci a abouti à un non-lieu en 2006 après « la mort d’un officier, le seul inculpé dans cette affaire », précise la présidente de la cour. Qui ajoute, à l’adresse du prévenu : « Des documents sur le journaliste et ses enquêtes depuis 1996 ont été retrouvés à votre domicile, ainsi que les procès-verbaux des témoins les plus importants. »

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Interpellé à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle en octobre 2017, François Compaoré était en exil en Côte d’Ivoire et résidait régulièrement à Paris depuis le renversement de son frère par une insurrection populaire, en octobre 2014. « Il vivait à Paris alors qu’il y avait un mandat d’arrêt international ! Ce procès peut être le signe d’un changement de la politique française. Il est très attendu et suivi par le Burkina, car Norbert Zongo est une figure de la liberté d’expression », souligne Bruno Jaffré, un essayiste français qui, pendant des années, a pourfendu le régime Compaoré.
« On le couperait en rondelles »
La représentante de l’Etat burkinabé, Me Anta Guissé, rappelle que « les procédures précédentes ont été bâclées », que « François Compaoré s’est soustrait à la justice de son pays » et que « le nouveau gouvernement a besoin de la coopération française pour l’inculper ». Du côté de la défense, on souligne que les faits remontent à plus de vingt ans, que les conditions de délivrance du mandat n’ont pas été respectées et que François Compaoré risque, s’il est extradé, d’être exécuté. 
« Deux projets de textes importants sont en préparation au Burkina Faso pour abolir la peine de mort. Elle ne sera ni requise, ni exécutée », assure la présidente de la cour. L’avocat de la défense, Pierre-Olivier Sur, rebondit alors, journal en main : « Une peine de mort a été annoncée le 15 mars, même si elle n’a pas été exécutée. » Selon lui, François Compaoré « est entendu car ils n’arrivent pas à juger son frère. On l’accuse d’avoir ouvert la porte de son pays aux terroristes. On le couperait en rondelles ».

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Les conditions dans lesquelles serait incarcéré le frère cadet du « beau Blaise » ont également agité les débats. Une note du ministère burkinabé de la justice signale que les prisons du pays sont surpeuplées et que l’accès à l’alimentation et les soins restent limités. François Compaoré, s’il est extradé puis condamné, serait détenu dans un quartier « VIP et un taux de surpopulation de 75 % au lieu de 188 % », observe l’avocate générale.
Après plus de trois heures d’audience et une interruption à la suite de l’enregistrement illégal par son épouse de la séance, François Compaoré se lève enfin pour s’exprimer. Les oreilles se tendent pour entendre sa voix fluette : « On dit que j’ai la nationalité ivoirienne pour fuir, mais j’ai été arrêté avec mon passeport burkinabé, car j’ai un attachement pour mon pays. Je n’ai jamais incité quelqu’un à commettre un crime. »


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Elle n’est plus dans un état critique, sa condition est désormais stable, précise l’hôpital de Salisbury.
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Affaire Skripal : amélioration de l’état de santé de la fille de l’agent secret

Elle n’est plus dans un état critique, sa condition est désormais stable, précise l’hôpital de Salisbury.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h35
   





                        


Les jours de Ioulia Skripal, fille de l’ancien espion russe Sergueï Skripal, ne sont plus en danger a annoncé, jeudi 29 mars, l’hôpital de Salisbury où elle est soignée avec son père, après leur empoisonnement à l’aide d’un agent innervant, le 4 mars à Salisbury.
Son état « s’améliore rapidement. Elle n’est plus dans un état critique, sa condition est désormais stable », a précisé l’hôpital de Salisbury. Son père est toujours dans un état critique mais stable, déclare aussi l’hôpital.
Selon les enquêteurs, le père, âgé de 66 ans, et sa fille, 33 ans, ont eu le premier contact avec l’agent innervant au domicile de Sergueï Skripal. « Les experts ont déterminé que la plus haute concentration de l’agent neurotoxique se trouvait sur la porte d’entrée de ce domicile », a précisé, mercredi, la police dans un communiqué.
Londres a accusé la Russie d’être responsable de cet empoisonnement, ce que nie Moscou. L’affaire a provoqué une crise diplomatique est-ouest sans précédent depuis la guerre froide.

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Moscou demande à accéder aux pièces de l’enquête
A Moscou, le comité d’enquête russe, qui mène des investigations sur l’empoisonnement de Ioulia Skripal, a annoncé, jeudi, avoir adressé une requête à la Grande-Bretagne pour qu’elle fournisse à Moscou une assistance légale.
Le comité d’enquête, qui dépend de l’autorité du Kremlin, demande, en outre, à Londres de lui fournir « les résultats de l’inspection du lieu où Ioulia Skripal a été découverte inconsciente ainsi que les résultats de son examen médical ».
Moscou a annoncé, le 16 mars, avoir ouvert une enquête sur l’agression de Ioulia Skripal, le 4 mars à Salisbury, et sur la mort d’un homme d’affaires russe, Nikolaï Glouchkov, dont le corps sans vie a été retrouvé à Londres le 12 mars.

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