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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans « Porn Valley », la journaliste Laureen Ortiz brise tout fantasme ou apparence de glamour qui pourrait encore exister autour de l’industrie du X, « la plus décriée de Californie ».
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Bienvenue à Pornoland

Dans « Porn Valley », la journaliste Laureen Ortiz brise tout fantasme ou apparence de glamour qui pourrait encore exister autour de l’industrie du X, « la plus décriée de Californie ».



Le Monde
 |    28.03.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 17h42
    |

            Hélène Bekmezian








                        



   


Livre. Assise sur un canapé posé dans un garage quelque part sous le soleil de Los Angeles, Laureen Ortiz préfère, à ce moment précis, « se concentrer sur le petit chien qui se dandine autour [d’elle], une espèce de caniche blanc minuscule respirant l’innocence ». La journaliste, en pleine enquête de terrain, est allée au plus près de son sujet, et l’animal n’est pas de trop pour apaiser son malaise : « J’imagine que lui aussi ne comprend pas tout ce qui se passe ici. A ses yeux, une scène de sodomie est sans doute une bagatelle. Pour moi, c’est plus difficile, comme ça, en direct. Les gouttes de transpiration se transforment en sueur froide. » Bienvenue dans la réalité des films pornographiques.
Dès les premières pages de Porn Valley, cette journaliste indépendante basée à Los Angeles brise tout fantasme ou apparence de glamour qui pourrait encore exister autour de l’industrie du X, « la plus décriée de Californie », comme l’annonce le sous-titre.
Recul des limites de l’acceptable
Plus de cent vingt ans après le premier film à caractère pornographique, sorti en 1896 en France, les protagonistes du secteur eux-mêmes affichent un certain écœurement. Il suffit pour s’en convaincre de faire un tour sur le compte Twitter du réalisateur Mike Quasar, cité à de nombreuses reprises par l’auteure du livre. Dans ses messages, le cynisme le dispute au dégoût, comme lorsqu’il se plaint d’être obligé de devoir rester, pour le montage d’un film, devant son ordinateur pendant son jour de congé « jusqu’à ce que [ses] yeux saignent ».

When you're "day off" requires you to sit in front of a computer until your eyes bleed. https://t.co/B6nQsTbDOk— mikequasar (@Mike Quasar)


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Après un énième tournage mettant en scène une femme et son supposé demi-frère, il écrit avoir perdu toute « dignité ». Car ce que raconte surtout Laureen Ortiz dans cette passionnante enquête narrée à la première personne, c’est le virage inquiétant qu’a pris le milieu depuis quelques années, avec le développement des sites de diffusion de vidéos X gratuites et le recul toujours plus loin des limites de l’acceptable. Un membre de l’industrie raconte : « Dans les années 1980, on a inventé le porno dit “tabou”. Ça a donné une flopée de scénarios du genre “infirmière et patient”, “prêtre et bonne sœur”, “élève et professeur”, bon. Maintenant, c’est “père et fille”, “frère et demi-sœur”, tu vois le genre. » « Plus c’est déviant, mieux c’est », appuie un autre.
MindGeek, détentrice de tous les gros « tubes »
Désormais, une entreprise tentaculaire, dont le nom pourrait la faire passer pour une sympathique start-up, fait la pluie et le beau temps sur l’industrie et sur les scénarios de ces films : MindGeek. Détentrice de tous les gros « tubes » (ces sites qui diffusent du porno gratuitement), la boîte a racheté un à un la plupart des studios de la vallée de San Fernando, surnommée « Porn Valley ».
Début 2017, la réalisatrice française et ex-actrice X Ovidie avait déjà dénoncé, dans son documentaire Pornocratie, les pratiques de cette société que tout le monde connaît dans l’industrie du X mais que personne n’a jamais vue. « Barricadés à Montréal, en Floride, à Chypre, ainsi que dans divers paradis fiscaux », les dirigeants de MindGeek se sont imposés par la force et à distance. « Ils se sont construits sur le piratage, sur le vol de nos œuvres, puis ils sont devenus si gros qu’on a dû apprendre à travailler avec eux », résume l’actrice X Tasha Reign.
Les filles arrivent, se préparent, se déshabillent, exécutent des figures relevant du sport de combat extrême, puis se barrent, le corps en lambeaux. Les bleus apparaissent les jours suivant
« Tout vient du Canada. Ils nous envoient le script, le choix des filles, la catégorie, etc. Nous, on tourne, c’est tout », raconte un chef opérateur ayant requis l’anonymat. Les yeux rivés sur les algorithmes et l’analyse des données de leurs sites – davantage que sur la plastique des acteurs –, ces financiers avisés ont changé la donne dans la Porn Valley.
Sur les tournages, « les filles paraissent isolées. Elles arrivent, se préparent, se déshabillent, exécutent des figures relevant du sport de combat extrême, puis se barrent, le corps en lambeaux. Les bleus apparaissent les jours suivant », raconte Laureen Ortiz, que l’on suit dans ses doutes, ses impasses, ses questionnements.
Industrie sordide et impitoyable
Pour autant, l’industrie n’a pas attendu MindGeek pour être sordide et impitoyable, surtout avec les filles. Comme le dit une autre actrice, Nina Hartley, « faire du porno, ce n’est pas une question de morale, mais de classe sociale ». Les biographies des filles sont truffées de pères alcooliques, de mères toxicomanes, de violences sexuelles et, très souvent, nourries d’une éducation catholique très stricte.
Sur elles, le piège du X se referme très vite. « Au départ, tu ne comprends pas bien dans quoi tu tombes. Puis une fois que tu y es, tu ne peux plus en sortir », témoigne Phyllisha, ex-actrice et fil rouge du livre. Rob Spallone, réalisateur et « encyclopédie ambulante du porno », sort, lui, de ses vieux souvenirs l’histoire d’« une fille, très belle » : « Elle débarque et me dit qu’elle veut faire que du fille-fille. Tu parles ! Quatre mois plus tard, elle était au milieu d’un gang bang ! Sinon, tu dures pas et tu gagnes pas ta vie. »
Les morts par overdose ou les suicides de filles du X ne datent pas non plus de l’arrivée d’Internet, mais depuis quelques mois, leur rythme semble s’être tristement accéléré
La santé est un enjeu majeur de l’industrie, et ce n’est pas (que) à cause de MindGeek que les producteurs se sont élevés contre le port du préservatif. Quand celui-ci est devenu obligatoire, en 2012, les studios se sont simplement mis à filmer sans autorisation (entre 2012 et 2015, les demandes de permis de tourner des films X à Los Angeles ont chuté de 95 %).
Outre le VIH, « les staphylocoques sont monnaie courante », rapporte Phyllisha, qui pense être « protégée par une bonne étoile », puisqu’elle n’a attrapé « que » une chlamydiose. Les morts par overdose ou les suicides de filles du X ne datent pas non plus de l’arrivée d’Internet, mais depuis quelques mois, leur rythme semble s’être tristement accéléré : entre novembre et janvier, cinq jeunes actrices sont mortes dans des circonstances dramatiques. Une liste qui n’est sûrement pas exhaustive.
« Porn Valley. Une saison dans l’industrie la plus décriée de Californie », de Laureen Ortiz. Premier Parallèle, 320 pages, 19,90 euros



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Avoir 20 ans en 2018 (3/5). Cinquante ans après Mai 68, comment les jeunes d’aujourd’hui vivent-ils l’amour ? Si les réseaux sociaux et les sites de rencontre ont bousculé le discours amoureux, le couple reste un horizon enviable et la rupture demeure douloureuse.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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Avoir 20 ans en 2018 : aimer, les nouvelles idylles des jeunes

Avoir 20 ans en 2018 (3/5). Cinquante ans après Mai 68, comment les jeunes d’aujourd’hui vivent-ils l’amour ? Si les réseaux sociaux et les sites de rencontre ont bousculé le discours amoureux, le couple reste un horizon enviable et la rupture demeure douloureuse.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 16h53
    |

                            Zineb Dryef








                        



                                


                            

« Je ne veux plus entendre parler d’amour », a décidé Amira il y a six mois. C’était fin septembre. Elle était au restaurant chinois avec son nouveau copain. Une sortie exceptionnelle. La jeune fille de 22 ans, apprentie esthéticienne dans un salon parisien, avait pensé que ce serait « sympa » de faire quelque chose à deux, de rompre l’ordinaire des soirées en pantalons mous devant l’écran plat de son studio, à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). « A la base, c’était mon meilleur ami. Comme j’ai pris un studio pas loin de chez mes parents, il venait traîner chez moi quasiment tous les soirs. » 
Au restaurant, devant un bœuf aux oignons, son copain s’est mis à parler d’une autre fille, comme ça, sans précautions particulières – ça s’annonçait plutôt bien, leurs échanges sur Messenger – la messagerie de Facebook – étaient encourageants. Quand elle a explosé, qu’elle lui a demandé s’il se foutait de sa gueule, il n’a pas compris. « Pour lui, on n’était pas ensemble. On s’est embrassé une fois et tout ça… Mais pour lui, je n’étais rien. » Depuis, elle préfère les rencontres sur Tinder. « La plupart des mecs te demandent direct : “Tu fais quoi sur Tinder ? Tu cherches juste un plan cul ou autre chose ? C’est pour que les choses soient claires.” »
« Plans cul »
Amira a donc rejoint les quelque 50 millions d’utilisateurs de l’application mobile. Massivement utilisée par des jeunes – 50 % des utilisateurs ont entre 18 et 24 ans –, Tinder s’est imposée comme un nouveau mode de rencontre, ludique et décomplexé, et a institutionnalisé les possibilités de relations éphémères (également dites « plan cul »). « Internet a banalisé la sexualité, vécue par certains comme un plaisir sans engagement, un loisir comme un autre, décrit le sociologue du couple Jean-Claude Kaufmann. Ce développement d’une sexualité dédramatisée et décomplexée est très impressionnant, comme s’il s’agissait de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Le terroriste Radouane Lakdim – qui a tué quatre personnes lors d’attaques le 23 mars à Carcassonne et à Trèbes (Aude) – était un individu fiché « S » par les services de police et de l’antiterrorisme. Cette particularité a relancé la polémique sur le traitement à accorder aux individus surveillés.
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Fichés « S » : faut-il légiférer ?

Le terroriste Radouane Lakdim – qui a tué quatre personnes lors d’attaques le 23 mars à Carcassonne et à Trèbes (Aude) – était un individu fiché « S » par les services de police et de l’antiterrorisme. Cette particularité a relancé la polémique sur le traitement à accorder aux individus surveillés.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 16h34
   





                        



   


Le terroriste Radouane Lakdim qui a tué, le 23 mars, quatre personnes, dont le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, lors d’attaques à Trèbes et à Carcassonne (Aude), était un individu fiché « S » par les services de police et de l’antiterrorisme. Cette particularité a relancé la polémique sur le traitement à accorder aux individus surveillés.
Deux points de vue s’opposent sur la question : l’ancien député (PS) Sébastien Pietrasanta considère que légiférer serait un contresens dans la lutte contre le terrorisme, alors que le professeur de droit, Christian Vallar propose de s’inspirer de la loi du 5 juillet 2011 sur les soins psychiatriques sans consentement – qui permet aux autorités administratives d’hospitaliser des personnes sans leur accord, pour des motifs en particulier d’ordre public –, à condition de respecter les principes juridiques de la République.
Christian Vallar : « La loi sur les soins psychiatriques sans consentement de 2011 peut être la référence. » Le professeur de droit rappelle que voter une loi contre les personnes faisant l’objet d’une fiche « S » doit respecter l’ensemble des conditions juridiques et techniques, ainsi que les principes républicains.
Sébastien Pietrasanta : « La rétention est un contresens en matière de lutte contre le terrorisme. » L’ancien député socialiste et rapporteur de la commission d’enquête sur les attentats estime que placer un individu fiché « S » en détention administrative ou l’assigner équivaut à le prévenir qu’il est surveillé.
A lire aussi :
– Qu’est-ce qu’une « fiche S » ?, par Jérémie Baruch et Pierre Breteau. Les membres identifiés de l’attaque contre le Bataclan faisaient tous l’objet d’une signalisation d’atteinte à la sûreté de l’Etat, comme 20 000 personnes en France.
– Ce que contient le plan pour identifier et prendre en charge la radicalisation, par Jean-Baptiste Jacquin. Education, justice et recherche font partie des secteurs mobilisés dans le plan, baptisé « Prévenir pour protéger » (lien PDF), dévoilé le 23 février par le premier ministre.
– L’internement des fichés « S », un débat récurrent mais une mesure impossible, par Julia Pascual. Le Conseil d’Etat a estimé fin 2015 que « nul ne peut être détenu arbitrairement ».
– « La quête de vengeance est consubstantielle à l’ensemble du djihadisme contemporain », par Myriam Benraad (professeure associée en science politique à l’université de Leyde, Pays-Bas). L’universitaire explique que la vengeance permet aux terroristes de justifier leurs actes et de se fabriquer un ennemi. Un discours qu’il faut donc déconstruire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien député (PS) et rapporteur de la commission d’enquête sur les attentats, Sébastien Pietrasanta, estime que placer un individu fiché S en détention administrative ou l’assigner équivaut à le prévenir qu’il est surveillé.
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Fichés « S » : « La rétention est un contresens en matière de lutte contre le terrorisme »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien député (PS) et rapporteur de la commission d’enquête sur les attentats, Sébastien Pietrasanta, estime que placer un individu fiché S en détention administrative ou l’assigner équivaut à le prévenir qu’il est surveillé.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 15h18
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 16h35
    |

Sébastien Pietrasanta (Ancien député PS, rapporteur de la commission d'enquête sur les attentats, consultant sur les questions de terrorisme)







                        



                                


                            

Tribune. Malheureusement, après chaque attentat, la polémique revient sur les fiches S. Un débat qui tourne au mieux à la méconnaissance et au pire à la démagogie et aux habituels poncifs. Soit l’individu qui a commis un acte terroriste n’était pas fiché et on accuse les services de renseignement d’être inefficaces, soit le terroriste est fiché et on remet alors en cause la pertinence des fichiers.
60 % des terroristes ayant commis un attentat ces trois dernières années n’étaient pas fichés par nos services de renseignement
Faut-il rappeler une nouvelle fois, qu’une fiche S, sous-fichier du FPR (fichier des personnes recherchées) est un outil de renseignement comme les écoutes téléphoniques, la géolocalisation ou encore la sonorisation ? La fiche S est utile en cas de contrôle d’identité pour collecter des informations pour le service prescripteur : où, vers quelle direction ou de quelle provenance, quand, avec qui est l’individu fiché.
C’est intéressant pour connaître ses déplacements, notamment à l’international, grâce aux contrôles opérés par la direction centrale de la police aux frontières. Dans la lutte contre le terrorisme, pourquoi vouloir casser un outil qui collecte du renseignement ?
Contraire à notre Constitution
Il ne faut donc pas confondre fiche S et dangerosité de l’individu. Les fiches S sont numérotées de S1 à S16, non pas en fonction de la dangerosité de l’individu mais en fonction de la conduite à tenir pour les policiers et les gendarmes en cas de contrôle d’identité. Rappelons, en outre, que d’après le Centre d’analyse du terrorisme, 60 % des terroristes ayant commis un attentat ces trois dernières années n’étaient pas fichés par nos services de renseignement.
Renier notre Etat de droit c’est donner une victoire symbolique aux islamistes
On a voulu faire de la question des fichiers l’alpha et l’oméga de la lutte contre le terrorisme. Il était nécessaire, en 2015, de créer le fichier des signalements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le juriste Christian Vallar rappelle que voter une loi contre les personnes faisant l’objet d’une fiche S doit respecter l’ensemble des conditions juridiques, techniques et les principes républicains.
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Fichier S : « La loi sur les soins psychiatriques sans consentement de 2011 peut être la référence »

Dans une tribune au « Monde », le juriste Christian Vallar rappelle que voter une loi contre les personnes faisant l’objet d’une fiche S doit respecter l’ensemble des conditions juridiques, techniques et les principes républicains.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 15h05
    |

Christian Vallar (Professeur, doyen de la faculté de droit et science politique université Côte-d'Azur, avocat au barreau de Nice)







                        



                                


                            

Tribune. La fiche S, pour sûreté de l’Etat, est devenue depuis quelque temps avec la perpétration d’actes terroristes djihadistes un thème récurrent, sujet à polémiques. Le fiché S serait ipso facto un individu dangereux à surveiller étroitement par les services de police, et d’aucuns ne comprennent pas comment un terroriste qui était ainsi fiché a pu néanmoins passer à l’acte.
La fiche S est un instrument de contrôle et d’alerte pour les forces de police et de gendarmerie, sans surveillance systématique et régulière, avec une mise à jour biannuelle
Encore faut-il rappeler ce qu’est en réalité une fiche S. Instituée initialement pour le contrôle du déplacement des diplomates, elle relève de la catégorie plus étendue du fichier des personnes recherchées qui regroupe plus de 400 000 noms sur vingt et-une rubriques… Elle signale toute personne menaçante pour la sûreté de l’Etat, qui pour autant n’est pas un terroriste potentiel, et encore moins un terroriste islamiste : sur environ vingt mille fichés S près de onze mille sont en lien avec l’islamisme radical, d’autres sont par exemple des activistes d’extrême droite ou d’extrême gauche, des hooligans.
Cette fiche est un instrument de contrôle et d’alerte pour les forces de police et de gendarmerie, sans surveillance systématique et régulière, avec une mise à jour bisannuelle. Elle est classée en différents niveaux de S1 à S16, qui renvoient au type d’action à effectuer par les forces de l‘ordre plus qu’à la dangerosité des personnes, même si la relation entre les deux facteurs existe (S14 vise les djihadistes de retour de Syrie ou d’Irak).
Risque d’inconstitutionnalité ?
Il n’est donc pas possible de procéder à l’arrestation de quelqu’un pour le seul motif de son fichage S, ni de l’expulser s’il est étranger. En tout état de cause une autorité administrative ne dispose pas de la compétence pour ce faire, sous peine d’illégalité sinon de voie de fait. Dans un Etat de droit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans son dernier essai, le docteur en philosophie Alexis Cukier s’interroge sur les réponses à apporter aux attaques néolibérales contre le droit du travail afin de mettre ce dernier au service de la démocratie.
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Abolir le clivage aliénant entre citoyenneté et travail

Dans son dernier essai, le docteur en philosophie Alexis Cukier s’interroge sur les réponses à apporter aux attaques néolibérales contre le droit du travail afin de mettre ce dernier au service de la démocratie.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 14h00
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. Quelle forme de démocratie faut-il mettre en œuvre pour s’opposer aux attaques néolibérales contre le droit du travail ? La question, au centre du mouvement social dirigé contre la réforme du code du travail, pose le problème du rapport entre travail et démocratie. Alexis Cukier préfère inverser l’interrogation : comment faire du travail un moyen d’une telle transformation démocratique de la société ?, se demande le docteur en philosophie dans Le Travail démocratique.
Le néolibéralisme est un projet de « dé-démocratisation » du travail, soutient le chercheur associé au laboratoire Sophiapol (université Paris-Nanterre), exemples à l’appui : de la politique du gouvernement Thatcher II (1983-1987) pour dompter les syndicats du secteur public, à la mise en échec par les institutions européennes du programme économique de Thessalonique, qui prévoyait le rétablissement du salaire minimum et de la législation du travail…, « dans chacun de ces cas, c’est bien la menace spécifique d’un renforcement du pouvoir des travailleurs qui fut visée ». Pour sortir du cauchemar néolibéral, la défense des institutions de la démocratie libérale n’est alors pas suffisante.
Nouveaux droits démocratiques
Eviter que les frontières de la démocratie s’arrêtent au seuil de l’entreprise suppose d’« inventer les institutions d’une démocratie des travailleurs », conçues à partir d’expériences positives : les coopératives de travail, les expérimentations des entreprises ou collectifs de travail en autogestion, et enfin les conseils des travailleurs. Ces nouvelles institutions seraient attachées à de nouveaux droits démocratiques : droit au travail dès l’accession à la majorité politique, nouveau statut juridique de l’entreprise devenant une institution politique dont tous les travailleurs sont membres souverains, et institution d’un statut politique du travailleur-citoyen. Le droit au travail est déjà inscrit dans la Constitution,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Pour l’avocat Frédéric Gérard, dans une tribune au « Monde », la fiscalité des activités numériques exige de refondre la notion de localisation de l’activité, et non des mesures inadaptées à la réalité des entreprises, fussent-elles populaires.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« Au lieu de protéger les acteurs européens, la “taxe GAFA” pourrait paradoxalement les pénaliser »

Pour l’avocat Frédéric Gérard, dans une tribune au « Monde », la fiscalité des activités numériques exige de refondre la notion de localisation de l’activité, et non des mesures inadaptées à la réalité des entreprises, fussent-elles populaires.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 14h00
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Frédéric Gérard (Avocat associé du cabinet Velvet)







                        



                                


                            
Tribune. La Commission européenne a présenté, le 21 mars, son projet de création d’une taxe sur les services numériques (TSN). Les géants du numérique réalisent en effet des recettes colossales en Europe, mais n’y payent en proportion qu’un impôt sur les sociétés très faible. Le principe de cette taxe est donc simple : taxer ces recettes indépendamment des bénéfices réalisés, afin de contraindre les GAFA [Google, Apple, Facebook, Amazon] à payer un niveau satisfaisant d’impôts en Europe.
La contribution fiscale de ces sociétés, qui s’appuient sur des pratiques fiscales critiquées, est indéniablement faible. Le principe de cette taxe est donc populaire. Mais peut-elle vraiment atteindre le but recherché ? En premier lieu, la définition des activités concernées pose question. Le projet de directive vise les « services numériques caractérisés par la création de valeur par les utilisateurs ». Vague et subjective, elle est la promesse de contentieux fiscaux nombreux et hasardeux pour l’administration et les entreprises.

Les seuils d’assujettissement semblent en première analyse moins approximatifs. Pour ne pas peser sur les start-up et les PME, la taxe ne concernerait que les sociétés dont le chiffre d’affaires mondial dépasserait 750 millions d’euros ou dont le chiffre d’affaires réalisé en Europe excéderait 50 millions d’euros. Elle serait calculée au taux de 3 % du chiffre d’affaires. Ces montants seront souvent difficiles à déterminer, et conduiront probablement certaines sociétés à se réorganiser pour y échapper.
Au lieu de protéger les acteurs européens, la taxe pourrait paradoxalement les pénaliser : elle impactera peu la rentabilité des concurrents américains ou chinois, mais pèsera sans doute plus lourdement sur ces entreprises de taille intermédiaire dont l’Europe manque tant.
Contournements et effets indirects
Que dire des entreprises européennes qui acquittent aujourd’hui un montant normal...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans cette chronique hebdomadaire, la journaliste du « Monde » Marie de Vergès explique que le président vénézuélien devra trouver une autre martingale que ce « cryptoactif adossé au pétrole » pour tirer le pays de son cau­chemar monétaire.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Au Venezuela, le petro ne fait pas le bonheur

Dans cette chronique hebdomadaire, la journaliste du « Monde » Marie de Vergès explique que le président vénézuélien devra trouver une autre martingale que ce « cryptoactif adossé au pétrole » pour tirer le pays de son cau­chemar monétaire.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 14h46
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Il est facile de ne pas prendre le Venezuela au sérieux. Et tentant de ranger aussitôt le petro, sa nouvelle monnaie ­virtuelle, au rang des informations surréalistes qui nous arrivent, avec une régularité de métronome, du pays de Nicolas ­Maduro. Un Etat qui fut, jadis, le plus riche d’Amérique latine et qui paie cher aujourd’hui des années d’un pilotage économique désastreux. Comment, dès lors, croire au potentiel du petro, ce « cryptoactif adossé au pétrole » et « instrument de stabilité économique », comme le présente sentencieusement Caracas ?
L’ONG vénézuélienne Cenda a calculé qu’il fallait désormais vingt salaires au minimum pour acheter le ­panier de la ménagère
Mais ne cédons pas à la facilité. Après tout, vouloir lancer une nouvelle devise au Venezuela n’est pas totalement dénué de fondement. Avec une monnaie nationale – le bolivar – en chute libre, la population se retrouve totalement désorientée. Rien qu’en février l’inflation s’est envolée ­au-delà de 6 000 % sur un an. L’ONG vénézuélienne Cenda a calculé qu’il fallait désormais vingt salaires au minimum pour acheter le ­panier de la ménagère. Ces calamités ne sont d’ailleurs pas étrangères à la popularité dont jouit au Venezuela la plus célèbre des cryptodevises, le bitcoin.
Par le passé, d’autres pays en plein dérapage des prix ont fait le pari d’une nouvelle monnaie. En 1923, l’Allemagne a tenté de stopper l’hyperinflation en introduisant le rentenmark, garanti par la richesse industrielle et agricole du pays. Plus récemment, et plus proche de Caracas, le Brésil lança, en 1994, le plan réal pour enrayer dix ans de valse frénétique des ­étiquettes. Deux initiatives couronnées d’un certain succès.
Amateurisme économique
Dans le cas du petro, un « détail » pratique compromet toutefois ces rêves de retour à stabilité : la cryptomonnaie peut s’acheter contre des dollars, des euros, voire des bitcoins… mais pas avec des bolivars. Tant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ L’écrivain estime, dans une tribune au « Monde », que seuls les musulmans ont la capacité de contrer l’idéologie de Daech et de la confrérie des Frères musulmans.
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Marek Halter : « C’est aux musulmans, horrifiés par les meurtres qui salissent l’image de leur religion, de s’organiser, de protester, de réagir »

L’écrivain estime, dans une tribune au « Monde », que seuls les musulmans ont la capacité de contrer l’idéologie de Daech et de la confrérie des Frères musulmans.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 12h43
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 12h44
    |

Marek Halter (Ecrivain)







                        



                                


                            

Tribune. Un meurtre est toujours motivé. Par le gain, s’il est crapuleux. Par une idéologie, s’il est politique. C’est elle, d’ailleurs, qui arme le bras de l’assassin. La plupart des attentats qui ont touché la France, comme celui de Trèbes et de Carcassonne, sont exécutés par des hommes qui croient.
La question est simple : qui nourrit cette foi qui pousse cette poignée d’hommes, jeunes pour la plupart, à porter la mort à d’autres hommes qu’ils ne connaissent même pas ? Le Coran ? Non, parce qu’ils ne l’ont pas lu. Le Coran au contraire condamne le meurtre des innocents (cf. sourate V, 32) et promet aux assassins les affres de l’enfer.
La guerre qui nous est imposée n’est pas, comme certains le prétendent, une guerre classique
Or, dans notre pays, des groupes, des associations, au nom de leurs intérêts ou de la stratégie des puissances qui les financent, répercutent, totalement ou partiellement, une idéologie proche de celle de Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique, EI]. N’est-ce pas un membre de la confrérie des Frères musulmans qui a assassiné Anouar el-Sadate au Caire le 6 octobre 1981 ? Pourtant, depuis, cette organisation a toujours un pied-à-terre en France.
La guerre qui nous est imposée n’est pas, comme certains le prétendent, une guerre classique. Il ne sert à rien de mobiliser des dizaines de milliers de policiers supplémentaires, des gendarmes, des soldats… Car il s’agit d’une guerre idéologique. Rien ne sert non plus, dans ce cas, d’opposer le Traité de la tolérance de Voltaire à la charia.
C’est aux musulmans eux-mêmes, héritiers d’Avicenne, d’Al-Boukhari et d’Al-Farabi, horrifiés par les meurtres qui salissent l’image de leur religion, de s’organiser, de protester, de réagir. Comme l’ont fait en leur temps les dissidents russes, Soljenitsyne, Sakharov ou Boukovski, qui n’exigeaient que l’application de la Constitution soviétique.
Les mots précèdent les actes
Un rassemblement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Deuxième volet de la collection « Génie des mathématiques », avec Laplace, formidable représentant du siècle des Lumières qui voulu remplacer la métaphysique, voire la religion, par d’autres formes de pensée.
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Laplace, un savant de haut vol

Deuxième volet de la collection « Génie des mathématiques », avec Laplace, formidable représentant du siècle des Lumières qui voulu remplacer la métaphysique, voire la religion, par d’autres formes de pensée.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 17h37
    |

                            Jean Dhombres (Mathématicien et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales)








                        



                                


                            
Collection « Génies des mathématiques ». Le nom de Laplace est connu : une station de RER aux abords de Paris, un centre d’examen, une petite rue du 5e arrondissement de la capitale du côté de l’ancienne Ecole polytechnique. C’est en dessous de la gloire urbaine de Monge, qui détient, à Paris même, sa rue, son métro bien sûr, et qui est crédité d’avoir participé à la fondation, en 1794, de l’Ecole polytechnique.
Pierre-Simon de Laplace (1749-1827) collabora à la vie de cette école, comme responsable du conseil de perfectionnement de l’établissement et donc comme défenseur de la méritocratie fondée sur la science, voire de l’ascenseur social. Or il était déjà examinateur pour les écoles militaires d’artillerie sous l’Ancien Régime. De ce fait, dans le paysage politique français clivé de la Révolution, ce savant né avec le milieu du XVIIIe siècle fait davantage figure de continuateur que de révolutionnaire.
La science, une véritable philosophie
Sait-on qu’il fut le ministre de Bonaparte au lendemain du coup d’Etat de Brumaire ? Cette première en Europe, consistant à confier des missions politiques à un scientifique, devint pour longtemps une singularité française ! Pierre-Simon de Laplace usa de ce pouvoir pour permettre à la brillante communauté scientifique de participer à l’activité nationale française.

A la défense de la méritocratie et du caractère indispensable de la science pour la société, le savant ajoute un troisième principe, pour constituer un triptyque qui marque son influence en France. Il veut faire de la science une véritable philosophie et ainsi dépasser le cadre des disciplines. Car il souhaite fournir une armature intellectuelle à toute une société, remplacer la métaphysique, voire la religion, par d’autres formes de pensée.
A la fin du siècle des Lumières, dont il est un représentant formidable, Laplace écrit un Traité de mécanique céleste dans lequel il range tout...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Editorial. La réélection d’Abdel Fattah Al-Sissi ne fait pas de doute, toute opposition ayant été écartée du scrutin qui se tient du 26 au 28 mars.
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Egypte : une parodie d’élection présidentielle

Editorial. La réélection d’Abdel Fattah Al-Sissi ne fait pas de doute, toute opposition ayant été écartée du scrutin qui se tient du 26 au 28 mars.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 11h23
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Faudra-t-il féliciter le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, au lendemain de sa probable réélection à l’issue de la parodie d’élection présidentielle qui se tient en Egypte du 26 au 28 mars ? La question ne se pose pas, car il est vrai que M. Sissi n’a pas entrepris de déstabiliser l’Union européenne en faisant assassiner ses opposants à l’arme chimique sur son territoire, contrairement au président russe.

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                Présidentielle égyptienne : une formalité pour Abdel-Fattah Al-Sissi



Mais, si l’on s’en tient aux normes de la « démocratie » qu’il entend mettre en œuvre en Egypte, il y aurait assurément matière à débat. Car l’élection égyptienne n’a rien à envier au scrutin russe en matière de pluralisme. Presque tous les prétendants à la magistrature suprême, même ceux issus de l’armée comme le président sortant (le colonel Ahmed Konsowa, le général Sami Anan, le général et ex-premier ministre Ahmed Chafik, mais aussi le député Mohamed Anouar El-Sadate, neveu de l’ex-président Sadate, et l’avocat Khaled Ali), ont été intimidés ou arrêtés afin d’être empêchés de se présenter. Résultat, le dirigeant du petit parti Ghad (« demain »), Moussa Mustafa Moussa, qui avait annoncé qu’il voterait Sissi à la présidentielle, a dû se dévouer pour donner une légitimité minimale au scrutin. Ceux qui appelaient au boycottage de cette « farce électorale » ont été menacés de se voir accuser de porter atteinte à la « sécurité » du pays.
Pendant la campagne, le président n’a effectué aucun meeting et n’a accordé qu’une seule interview à un média d’Etat, comme s’il craignait que la moindre critique sur son bilan n’entraîne un débat plus large sur sa légitimité. Pourtant, le maréchal Sissi n’a rien à craindre : l’immense majorité, vaccinée par les trois années d’instabilité qui ont suivi la révolution de 2011, n’aspire qu’à la stabilité et à la sécurité.
Soutien des démocraties occidentales
Mais le bilan pèche : l’insurrection djihadiste, dont l’épicentre se situe dans la péninsule du Sinaï, n’a cessé de gagner en intensité ; les réformes économiques courageuses ont amputé le pouvoir d’achat des classes populaires. Alors qu’il a toutes les manettes, le président égyptien peine à restructurer un paysage politique en ruine après l’échec et la répression des Frères musulmans, dont le court passage au pouvoir, en 2012-2013, fut une calamité.
C’est au nom de cette menace – une Egypte de près de 100 millions d’habitants basculant dans l’islamisme – que les démocraties occidentales apportent un soutien sans faille au régime égyptien, à l’instar d’Emmanuel Macron, qui n’a pas jugé nécessaire de critiquer les multiples atteintes à l’Etat de droit, à la liberté d’expression, et les dérives autocratiques de son homologue lors de sa visite à Paris, à l’automne dernier.

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                L’abstention, seul enjeu de la présidentielle égyptienne



Mais, en privé, les inquiétudes se font de plus en plus vives : l’Egypte ne décolle pas, son économie est incapable d’absorber une jeunesse trop nombreuse et mal formée ; le régime court derrière une société de plus en plus religieuse, voire bigote, ne parvenant pas à « réformer l’islam », comme l’avait promis le président Sissi ; l’anomie politique garantit un soutien de façade à un pouvoir plus que jamais dépendant de son appareil de sécurité aux jeux ténébreux.
S’il n’est pas possible d’infléchir le cours des choses en Egypte, au moins serait-il prudent de rappeler au président Sissi ses promesses de ne pas modifier la Constitution pour briguer un troisième mandat. Car tel est désormais l’enjeu du second mandat d’un président qui abhorre la politique et ne cache pas son admiration pour le modèle chinois de Xi Jinping.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Analyse. Pour l’éditorialiste Michel Noblecourt, le dirigeant cégétiste semble entraîner la centrale, qui a braqué tous les autres syndicats et est loin d’avoir la puissance de feu qu’elle avait en 1995, dans une fuite en avant.
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Le cavalier seul hasardeux de la CGT

Analyse. Pour l’éditorialiste Michel Noblecourt, le dirigeant cégétiste semble entraîner la centrale, qui a braqué tous les autres syndicats et est loin d’avoir la puissance de feu qu’elle avait en 1995, dans une fuite en avant.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 11h28
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            
Analyse. Dernière initiative en date : les fédérations CGT des transports et des services publics ont appelé, lundi 26 mars, à une grève illimitée dans la filière des déchets, à partir du 3 avril, pour la création d’un « service public national » dans ce secteur. Une date qui colle au début de la grève perlée à la SNCF, prévue deux jours sur cinq jusqu’au 28 juin.
, a fait chou blanc
Le même jour, les syndicats d’Air France invitent les ­avions à rester au sol. La CGT déploie son opposition frontale à Emmanuel Macron sur tous les terrains. En même temps, elle crée les conditions pour que la « convergence des luttes », slogan qu’elle porte en bandoulière, s’éloigne chaque jour un peu plus. Sa décision de « proposer », au soir des manifestations des fonctionnaires et des cheminots du 22 mars, « une journée nationale de mobilisation interprofessionnelle, le 19 avril », a fait chou blanc.
La CGT avait pourtant bien joué au départ. A la SNCF, où elle reste, même affaiblie, le premier syndicat, elle avait réussi à imposer à ses partenaires, à l’exception de SUD-Rail, la stratégie inédite d’une grève étalée sur trente-six jours. Dans le même mouvement, Philippe Martinez, quitte à bousculer un peu sa fédération des cheminots, avait pris la main. Le secrétaire général de la CGT avait obtenu une audience auprès d’Edouard Philippe pour présenter au premier ministre ses propositions sur la SNCF.

Un coup habile, qui lui permettait d’apporter un démenti à tous ceux qui affirment que la centrale – qui s’est mise hors jeu dans toutes les concertations et a refusé de signer les accords interprofessionnels sur la formation professionnelle et l’assurance-chômage – n’est plus une force de propositions. Pour enfoncer le clou, elle préconisait, le 19 mars, « dix...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Quatre écrivains, parmi lesquels Daniel Pennac et Erri de Luca, dénoncent dans une tribune au « Monde » l’incarcération des responsables politiques catalans.
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« Nous, citoyens d’Europe, demandons la liberté immédiate des citoyens catalans incarcérés pour leurs convictions politiques »

Quatre écrivains, parmi lesquels Daniel Pennac et Erri de Luca, dénoncent dans une tribune au « Monde » l’incarcération des responsables politiques catalans.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 10h23
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 12h12
    |

Erri de Luca, Jean-Marie Laclavetine, Daniel Pennac et Roberto Saviano







                        



   


Tribune. Nous, citoyens d’Europe, demandons la liberté immédiate des citoyens catalans incarcérés pour leurs convictions politiques.
Ils sont mis en examen pour rébellion et subversion, ils risquent une condamnation à trente ans de réclusion, mais ils n’avaient pas une seule pierre dans la main.
Il ne s’agit pas pour nous d’intervenir pour ou contre l’indépendance de la Catalogne.
Il s’agit pour nous de défendre des citoyens d’Europe incarcérés pour leur fidélité à leurs paroles.
Laboratoire de démocratie
Nous demandons leur liberté et le retrait du très grave et démesuré chef d’accusation.
En tant que citoyens, nous nous sentons responsables du droit à la libre parole et à la libre expression.

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                L’Allemagne décide de prolonger la détention de Carles Puigdemont



Pourquoi nous occupons-nous de la Catalogne et non de la Turquie ? Parce que la Catalogne est une terre d’Europe et que nous pensons vivre dans son laboratoire de démocratie. C’est pourquoi l’expérience d’arrêter les représentants élus par la volonté populaire, les menacer de peines exemplaires pour leurs idées politiques doit être rejetée par le laboratoire d’Europe.
La répression des minorités ne doit pas avoir de citoyenneté dans notre espace commun.
Les opinions et les convictions, on les discute, on ne les met pas en prison.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/28/19-14">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ La « common law » britannique, qui s’est imposée par l’alliance entre la City et les cabinets d’avocats londoniens, pourrait bien reculer au bénéfice de la tradition juridique continentale, observe l’avocat Frédéric Peltier dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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« Le Brexit, une chance pour construire un droit des affaires européen »

La « common law » britannique, qui s’est imposée par l’alliance entre la City et les cabinets d’avocats londoniens, pourrait bien reculer au bénéfice de la tradition juridique continentale, observe l’avocat Frédéric Peltier dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    28.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 10h00
    |

                            Frédéric Peltier (Avocat)








                        



                                


                            
Tribune. Le Brexit a relancé une guerre économique des juridictions en matière financière, qui semblait avoir été définitivement gagnée par la common law britannique. L’hégémonie de la City de Londres ne s’est pas construite sur la seule puissance de l’industrie de la finance. Elle a également été portée par le dynamisme de l’industrie juridique britannique, avec ses grands cabinets d’avocats installés dans des tours voisines des banques à Canary Wharf, dans l’Est londonien.
Ces cabinets ont imposé à l’Europe un droit modelé par des juristes anglais, lorsqu’il s’agit de finance. La suprématie de Londres en matière financière s’est donc construite sur une alliance entre banquiers et avocats qui ont œuvré quotidiennement dans les négociations du business, mais aussi par un lobbying redoutable dans les instances européennes pour imposer leur juridiction. Avec le droit anglais, les banques anglo-saxonnes ont trouvé leur avantage concurrentiel, et, avec les banques, les juristes anglo-saxons ont trouvé le gisement fructueux de leur prospérité.
Nouvelle donne
Il est clair que le Brexit vient modifier la donne, car si l’allié bancaire des juristes anglais quitte le berceau du droit britannique pour venir s’installer en Europe continentale, la formidable coopération entre la finance et l’industrie du droit britannique deviendra plus complexe.
Le Brexit va-t-il se prolonger par un « Brexlaw », c’est-à-dire un recul de l’emprise du droit britannique sur les opérations financières en Europe et dans le monde ? Les juristes français en rêvent. Prendre une revanche sur les Anglais est toujours source de jubilation… Mais attention aux attitudes nationalistes qui ne sont peut-être pas à la hauteur de l’enjeu.
On vante désormais la qualité de nos procédures judiciaires pour attirer les contrats financiers dans le « for » français
Le Brexit est vu comme une chance pour la France. Première victoire, elle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Alors que sont relancées les ambitions françaises en matière d’intelligence artificielle, Bernhard Schölkopf, un spécialiste allemand de l’IA, appelle, dans une tribune au « Monde », à une coopération plus étroite entre les laboratoires européens.
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Intelligence artificielle : « Il faut forger une alliance des sites de pointe en Europe »

Alors que sont relancées les ambitions françaises en matière d’intelligence artificielle, Bernhard Schölkopf, un spécialiste allemand de l’IA, appelle, dans une tribune au « Monde », à une coopération plus étroite entre les laboratoires européens.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 09h59
    |

Bernhard Schölkopf (Directeur de l'Institut Max Planck pour les systèmes intelligents)







                        



                                


                            
Tribune. Il y a soixante ans, le New York Times publiait, sous le titre « New Navy Device Learns by Doing » (« Le nouveau dispositif de la Navy apprend par la pratique »), un article qui passa inaperçu. On y décrivait le Perceptron, un algorithme d’apprentissage mis au point par le psychologue Frank Rosenblatt. Celui-ci avait montré comment un Perceptron apprenait, « en cinquante tentatives, à distinguer la gauche de la droite ». A l’instar d’un humain, affirmait Rosenblatt, le Perceptron tirait les leçons de son expérience ; donc il était possible, en principe, de construire des cerveaux artificiels qui soient conscients de leur propre existence.
La mise au point du Perceptron vint à point. Claude Shannon venait tout juste de fonder la théorie de l’information et Norbert Wiener étudiait le traitement de l’information chez les créatures vivantes et les machines. Un nouveau domaine de recherche, baptisé « cybernétique », était né ; on étudiait dans de nombreux lieux des machines d’apprentissage « connectionnistes » dont le système était plaqué sur les réseaux nerveux naturels.
C’est à la même époque que naquit l’« intelligence artificielle symbolique » (IA), qui ne tarderait pas à régler son compte au Perceptron. Elle concevait l’intelligence comme un traitement des symboles discrets et devint la sage-femme de l’informatique moderne. L’intérêt économique que l’on portait à l’IA déboucha sur la fondation d’institutions comme le Centre allemand de recherche sur l’intelligence artificielle (DFKI). Malgré tout cela, l’IA perdit peu à peu sa place centrale au sein de l’informatique – beaucoup d’espoirs ambitieux ne furent pas exaucés.
« Digital », mot inadéquat
Aujourd’hui, l’IA connaît une renaissance, et ce – ironie de l’histoire – par le biais d’un retour des systèmes apprenants. Ceux-ci ont refoulé de l’IA l’élément « symbolique », et permettent des applications qui paraissaient jusqu’alors insolubles, comme la...




                        

                        


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Daniel Lagot : « La guerre en Libye n’a entraîné que le chaos »

L’Occident semble avoir voulu surtout protéger ses intérêts et a dépassé le mandat de l’ONU, estime l’expert en droit international Daniel Lagot dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    28.03.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 09h54
    |

Daniel Lagot (Président de l’Association d’étude sur le droit international et la guerre (ADIF)







                        



                                


                            
Tribune. On a beaucoup parlé ces jours-ci de sommes d’argent que l’ex-président Sarkozy aurait reçues du régime Kadhafi pour financer sa campagne électorale en 2007. Il est difficile de savoir ce qu’il en est. Si les faits étaient confirmés, ce serait effectivement très grave.
Mais il y a beaucoup plus grave de la part de Sarkozy et curieusement on n’en parle moins : la guerre qu’il a lancée en 2011 contre ce même régime Kadhafi avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, jusqu’à sa destruction et l’assassinat de Kadhafi.
Cela pose des problèmes toujours d’actualité directe, par exemple dans les cas de la Syrie, de la Birmanie (aurait-on dû y intervenir à propos du sort des Rohingya ?) : à partir de quelle ampleur de crimes ou de violations des droits de l’homme, vérifiés, et non seulement affirmés, doit-on intervenir militairement, avec ou sans l’accord de l’ONU, au lieu d’utiliser la diplomatie et la négociation ?
Massacres et « fake news »
Une majorité des Français continue à penser que la guerre en Libye était justifiée par les massacres généralisés commis par le régime Kadhafi contre sa population. Il ne s’agit pas ici de défendre ce régime, probablement responsable de graves violations des droits de l’homme et de crimes, mais le problème est que ces massacres sont l’une des plus grosses « fake news » de notre époque (avec celle des Etats-Unis contre l’Irak en 2003) pour justifier une guerre ayant eu probablement d’autres motifs : c’est là la conclusion du Parlement britannique (pourquoi n’y a-t-il pas l’équivalent en France ?) dans un rapport de 2015 à ce sujet.
Les pays occidentaux, et en premier lieu Sarkozy, ont poursuivi la guerre jusqu’au bout, en violation très probable de la résolution de l’ONU
Des organisations humanitaires telles qu’Amnesty ou Human Rights Watch, qui ont pourtant largement soutenu la guerre contre un régime criminel à différents égards selon elles, évaluent entre 100 et 400 le nombre de morts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Donald Trump doit décider de l’engagement des Etats-Unis dans l’accord d’ici au 12 mai. Les conséquences d’un retrait peuvent être catastrophiques, juge l’éditorialiste au « Monde » Sylvie Kauffmann dans sa chronique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/03/2018
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« Sur le nucléaire iranien, le compte à rebours vers une sorte de catastrophe annoncée a commencé »

Donald Trump doit décider de l’engagement des Etats-Unis dans l’accord d’ici au 12 mai. Les conséquences d’un retrait peuvent être catastrophiques, juge l’éditorialiste au « Monde » Sylvie Kauffmann dans sa chronique.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 06h26
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 10h21
    |

            Sylvie Kauffmann (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Lorsque le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, accepta de participer à la conférence annuelle sur la sécurité de Munich à la mi-février, il posa une condition aux organisateurs : son avion officiel devrait faire le plein de carburant pour pouvoir repartir le jour même à Moscou, où l’attendait une autre conférence.
Les hauts diplomates qui parcourent le monde se soucient parfois de leur empreinte carbone, rarement de leur kérosène. M. Zarif, pourtant, avait quelque raison de poser ce problème logistique. Sollicitées, toutes les sociétés susceptibles de fournir du carburant à l’aéroport de Munich refusèrent d’approvisionner l’avion iranien, par peur d’être la cible de sanctions américaines. Wolfgang Ischinger, le maître d’œuvre de la conférence de Munich, dut finalement convaincre le gouvernement allemand d’autoriser la Bundeswehr à livrer 17 000 litres de kérosène à l’appareil iranien.
Ce petit détail réglé, M. Zarif, fin négociateur à l’anglais parfait, a pu se consacrer à Munich à ce qui l’a beaucoup occupé ces derniers mois : plaider la bonne foi iranienne et dénoncer la duplicité américaine dans le JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action), nom technique de l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu en juillet 2015, pendant que, à la tribune, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, brandissait ce qu’il décrivait comme un morceau de drone iranien intercepté par son armée en vitupérant l’Iran, « la plus grande menace pour le monde ».
Date-butoir fixée au 12 mai
Cela n’est qu’un avant-goût, version soft, de ce qui nous attend si Donald Trump décide de saborder cet accord international, qui prévoyait l’arrêt, vérifiable, du programme nucléaire militaire iranien en échange de la levée des sanctions occidentales. La date-butoir pour décider si Washington rétablit un régime strict de sanctions à l’égard de Téhéran, mettant ainsi fin à l’engagement des Etats-Unis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ La haut-commissaire à la transformation des compétences auprès de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, détaille la mission qui lui est confiée.
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Estelle Sauvat : « Il faut doter chaque citoyen des compétences nécessaires pour trouver un emploi »

La haut-commissaire à la transformation des compétences auprès de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, détaille la mission qui lui est confiée.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 18h12
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 12h05
    |

                            Nadine Bayle








                        


Estelle Sauvat a été nommée, en novembre, haut-commissaire à la transformation des compétences auprès de Muriel Pénicaud, la ministre du travail, afin de mieux répondre aux mutations du monde professionnel.
Certaines entreprises ont du mal à recruter alors que le taux de chômage frôle les 9 %. Cela tient-il à un déficit de compétences ou à la façon de rapprocher offre et demande ?
Nous sommes en effet face à un paradoxe. Avec la croissance qui repart, les employeurs expriment un besoin en recrutement immédiat, notamment dans des secteurs spécifiques. Entre 200 000 et 300 000 projets de recrutement ont été abandonnés faute de candidats avec les compétences adéquates.
Au-delà du manque de compétences, d’autres facteurs interviennent comme le « manque d’attractivité du poste proposé » (77 % des cas), mais aussi « le manque d’expérience, de compétences ou de motivation » des candidats (près de 70 %).
L’an dernier, la France a créé 268 000 emplois. Nous devons saisir cette opportunité pour doter chaque citoyen des compétences qui lui permettront de trouver un emploi et de rebondir. C’est tout l’enjeu du Plan d’investissement dans les compétences (PIC). Une action spécifique sera conduite pour apporter un ensemble de réponses coordonnées entre l’Etat, les régions et les secteurs concernés.
Que faut-il faire ?
Sans perdre de vue les compétences techniques dont la France a besoin à court et moyen terme, il faut sécuriser les compétences relationnelles – plus transversales et moins attachées aux métiers –, qui sont de plus en plus valorisées par les entreprises. Elles dénotent notamment votre capacité à comprendre les règles et la culture d’une entreprise, à vous adapter à son environnement ou à travailler avec d’autres, à l’ère du collaboratif. Et elles sont valables tout au long de la carrière : elles facilitent aussi la mobilité professionnelle.
Comment inclure les plus fragiles ?
Le PIC, dont j’ai la responsabilité auprès de Muriel Pénicaud, représente un effort inédit de 15 milliards d’euros pour former deux millions de jeunes et demandeurs d’emploi sans diplôme, à travers des parcours personnalisés, adaptés à chacun. Avec les régions, Pôle emploi et les Missions locales, l’enjeu sera d’identifier des personnes qui n’étaient pas repérées jusqu’ici et de les aider à maîtriser les codes de l’entreprise et du numérique. Pôle emploi proposera aussi des ateliers sur les compétences comportementales, ou soft skills (« compétences douces »), à partir de septembre prochain. Nous annoncerons les prochaines étapes du Plan d’investissement dans les compétences au mois d’avril.

        Lire aussi :
         

                Assurance-chômage, formation professionnelle, apprentissage : ce que contient le projet de loi



Comment mesurer ces compétences transversales ?
Nous travaillons sur un référentiel commun de compétences transversales : quelles sont-elles, quand sont-elles acquises et validées ? Avec, à la clé, leur reconnaissance pour qu’elles puissent être valorisées et reconnues au même titre que les compétences génériques, c’est en cela qu’elles constitueront un levier de l’évolution professionnelle.
Tout l’enjeu est de mettre en place des blocs de compétences, intégrant également ces soft skills – encore insuffisamment reconnues en France, à la différence des pays anglo-saxons –, pour pouvoir les embarquer dans le compte personnel de formation. Avec l’application que nous préparons, chacun pourra choisir de façon simple et transparente ses formations.
Comment anticiper la transformation des emplois à l’heure du numérique ?
C’est un autre grand chantier du PIC. Il consiste à se doter d’une « longue-vue » pour identifier les compétences émergentes. Cela passe par la mise en place d’outils de collecte et d’analyse en temps réel qui utilisent les dernières technologies du big data et de l’intelligence artificielle. Ils scruteront les offres déposées par les entreprises mais aussi les nouvelles sémantiques de leurs pages carrières, riches en enseignements sur les nouvelles compétences qu’elles attendent.
L’idée est de décrypter les dynamiques et les tendances, par filières et secteurs, y compris les signaux faibles qui pourraient se transformer en signaux forts. A partir de ces prévisions, on doit définir les champs dans lesquels la France a besoin de former ou pas, ou de se reconvertir.
Avez-vous quelques exemples ?
Avec le passage du Wi-Fi au Li-Fi, l’Internet par la lumière, la profession d’éclairagiste doit se préparer à renforcer ses compétences sur le terrain du numérique. En outre, au rythme du développement des « villes intelligentes » et de l’émergence des objets connectés, qui pénètrent de plus en plus de foyers, on peut estimer à plusieurs milliers le nombre de spécialistes qu’il faudra former d’ici à deux à quatre ans sur tout le territoire pour accompagner cette transformation inédite.
Cet article fait partie d’un dossier réalisé dans le cadre d’un partenariat avec Pôle emploi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Stéphane Gatignon a annoncé sa démission à son conseil municipal mardi soir. Il explique au « Monde » les raisons de son choix.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/03/2018
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Le maire de Sevran démissionne pour protester contre l’insuffisance des politiques publiques en banlieue

Stéphane Gatignon a annoncé sa démission à son conseil municipal mardi soir. Il explique au « Monde » les raisons de son choix.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 18h09
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 12h35
    |

            Ariane Chemin et 
Louise Couvelaire








                        



                                


                            

Maire de Sevran, ville de 50 000 habitants qui compte parmi les plus pauvres de Seine-Saint-Denis, Stéphane Gatignon a été successivement communiste refondateur, écologiste et enfin soutien d’Emmanuel Macron pour la présidentielle de 2017. Ce fin connaisseur des banlieues françaises a annoncé à son conseil municipal, mardi 27 mars, qu’il abandonne son fauteuil de maire, détenu depuis mars 2001. Il explique au Monde les raisons de son départ.
Pourquoi renoncez-vous à votre mandat de maire de Sevran avant son terme ?
J’ai été élu à 31 ans, cela fait donc dix-sept ans que j’exerce cette fonction. Dix-sept ans durant lesquels on s’est battus comme des fous pour transformer Sevran, attirer de grands projets, comme l’arrivée du métro, faire exister la ville en dehors de la rubrique faits divers. Mon but a toujours été de péter le ghetto, mais je crois que, malgré les déclarations qui vont dans ce sens, les gouvernements successifs ne partagent pas cet objectif. On continue à faire de la banlieue un monde parallèle, structuré comme une société précaire qui ne s’en sort que grâce aux solidarités, à la débrouille, à la démerde. Je pense aujourd’hui que cette situation arrange tout le monde. Alors, à un moment, on fatigue, on perd le jus…
Vous n’y croyez plus ?
En novembre 2012, j’ai mené une grève de la faim pour obtenir le remboursement des sommes dues par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine, l’ANRU, et de meilleures dotations pour les villes pauvres et notamment pour Sevran. Cette action extrême montrait qu’à ce moment-là j’y croyais encore. J’avais dit, en y mettant fin au bout de six jours, que je démissionnerai le jour où je n’y croirais plus. Nous y sommes. Aujourd’hui, les villes de banlieue sont tenues à la gorge et on nous traite comme si nous étions aussi riches que Puteaux. La loi de finances 2018 nous impose de ne pas augmenter nos budgets de fonctionnement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ La députée LRM a évoqué, le 22 mars, la possibilité de « tirer » en cas d’intrusion dans une centrale nucléaire, sans chercher à savoir s’il s’agit d’un acte terroriste ou de militants écologistes. Greenpeace a porté plaine pour incitation au meurtre.
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