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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Pour l’avocat Frédéric Gérard, dans une tribune au « Monde », la fiscalité des activités numériques exige de refondre la notion de localisation de l’activité, et non des mesures inadaptées à la réalité des entreprises, fussent-elles populaires.
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« Au lieu de protéger les acteurs européens, la “taxe GAFA” pourrait paradoxalement les pénaliser »

Pour l’avocat Frédéric Gérard, dans une tribune au « Monde », la fiscalité des activités numériques exige de refondre la notion de localisation de l’activité, et non des mesures inadaptées à la réalité des entreprises, fussent-elles populaires.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 14h00
    |

Frédéric Gérard (Avocat associé du cabinet Velvet)







                        



                                


                            
Tribune. La Commission européenne a présenté, le 21 mars, son projet de création d’une taxe sur les services numériques (TSN). Les géants du numérique réalisent en effet des recettes colossales en Europe, mais n’y payent en proportion qu’un impôt sur les sociétés très faible. Le principe de cette taxe est donc simple : taxer ces recettes indépendamment des bénéfices réalisés, afin de contraindre les GAFA [Google, Apple, Facebook, Amazon] à payer un niveau satisfaisant d’impôts en Europe.
La contribution fiscale de ces sociétés, qui s’appuient sur des pratiques fiscales critiquées, est indéniablement faible. Le principe de cette taxe est donc populaire. Mais peut-elle vraiment atteindre le but recherché ? En premier lieu, la définition des activités concernées pose question. Le projet de directive vise les « services numériques caractérisés par la création de valeur par les utilisateurs ». Vague et subjective, elle est la promesse de contentieux fiscaux nombreux et hasardeux pour l’administration et les entreprises.

Les seuils d’assujettissement semblent en première analyse moins approximatifs. Pour ne pas peser sur les start-up et les PME, la taxe ne concernerait que les sociétés dont le chiffre d’affaires mondial dépasserait 750 millions d’euros ou dont le chiffre d’affaires réalisé en Europe excéderait 50 millions d’euros. Elle serait calculée au taux de 3 % du chiffre d’affaires. Ces montants seront souvent difficiles à déterminer, et conduiront probablement certaines sociétés à se réorganiser pour y échapper.
Au lieu de protéger les acteurs européens, la taxe pourrait paradoxalement les pénaliser : elle impactera peu la rentabilité des concurrents américains ou chinois, mais pèsera sans doute plus lourdement sur ces entreprises de taille intermédiaire dont l’Europe manque tant.
Contournements et effets indirects
Que dire des entreprises européennes qui acquittent aujourd’hui un montant normal...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Poursuivie pour rébellion, cette ex-ministre avait prévu de se livrer aux autorités locales depuis l’arrestation, dimanche en Allemagne, de Carles Puigdemont.
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L’indépendantiste catalane Clara Ponsati, exilée en Ecosse, s’est rendue à la police

Poursuivie pour rébellion, cette ex-ministre avait prévu de se livrer aux autorités locales depuis l’arrestation, dimanche en Allemagne, de Carles Puigdemont.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 13h05
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 13h56
   





                        



   


L’ancienne dirigeante indépendantiste catalane Clara Ponsati, visée par un mandat d’arrêt européen émis par Madrid, s’est rendue mercredi 28 mars à la police en Ecosse, où elle s’est exilée.
L’ex-ministre de l’éducation catalane, arrivée dans la matinée au commissariat Saint Léonard d’Edimbourg, sera présentée à un tribunal de la capitale écossaise dans la journée, a annoncé son avocat, Aamer Anwar.
Poursuivie pour rébellion, elle avait prévu de se livrer aux autorités locales depuis l’arrestation, dimanche par la police allemande, de l’ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont. La rébellion est passible de trente ans de prison en Espagne. Ce chef d’accusation est controversé, car il suppose un « soulèvement violent », qui, selon de nombreux juristes, ne s’est jamais produit.

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« Persécution politique »
Clara Ponsati souhaite se « défendre vigoureusement » contre ces accusations qu’elle réfute et qui relèvent, selon elle, d’une « persécution politique », a ajouté son conseil. Elle soutient que les tribunaux espagnols ne peuvent garantir ses droits.
Comme d’autres dirigeants catalans, Clara Ponsati s’était exilée à Bruxelles le 30 octobre, après la mise sous tutelle de la Catalogne, décidée par Madrid en réponse à la déclaration unilatérale d’indépendance de la région le 27 octobre.
Elle s’est installée il y a peu en Ecosse où elle travaille pour l’université de St Andrews (côte est) en tant que professeur d’économie et où elle a reçu le soutien de membres du Parti nationaliste écossais (SNP), qui partage les aspirations des indépendantistes catalans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ A partir du 1er avril, la portabilité des services numériques sera effective. Mais seuls les citoyens de l’Union se déplaçant dans un autre pays européen pourront profiter de leur abonnement.
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Spotify, Netflix, Deezer... les Européens pourront voyager dans l’UE en profitant de leurs abonnements numériques

A partir du 1er avril, la portabilité des services numériques sera effective. Mais seuls les citoyens de l’Union se déplaçant dans un autre pays européen pourront profiter de leur abonnement.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 16h07
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Ce n’est pas tous les jours que la Commission européenne fait une annonce vraiment parlante pour les citoyens de l’Union. La commissaire au digital Mariya Gabriel est donc descendue en salle de presse de l’institution bruxelloise, mardi 27 mars, pour confirmer l’effectivité au 1er avril de la « portabilité des services numériques ».

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Les abonnés à Spotify, Netflix et autres sites de vidéo à la demande pourront continuer à accéder à ces services lors de leurs voyages internationaux, à condition qu’ils soient citoyens européens et qu’ils se déplacent, temporairement, dans un autre pays de l’Union européenne (UE). Ils devront pouvoir justifier qu’ils ne sont qu’en transit : les fournisseurs de services auront les moyens de vérifier leur adresse IP et/ou certification de résidence.
Le législateur voulait de fait éviter un effet d’aubaine qui conduirait les utilisateurs à s’abonner dans les pays où les services en ligne sont le moins chers. Les Français, très soucieux du droit d’auteur, militaient pour que soit fixée une limite temporelle à la portabilité des services. Le Parlement et le Conseil européen (les Etats membres) n’ont pas retenu cette option.
Une vraie avancée pour les consommateurs
Il s’agit en tout cas d’une vraie avancée pour les consommateurs du Vieux Continent, même si elle ne devrait dans un premier temps concerner que des « millenials » à fort pouvoir d’achat : des fonctionnaires européens, par exemple, bien payés, et sillonnant constamment l’Europe. Elle vient après la fin du roaming, les surtaxes aux appels internationaux (le 15 juin 2017), et avant celle du géoblocking, effective d’ici fin 2018, qui empêchera les cybermarchands de discriminer les clients d’autres pays membres que le leur.
Autre moment fort de l’agenda européen, allant lui aussi dans le sens du renforcement du pouvoir des citoyens : l’entrée en force du règlement sur la protection des données personnelles (RGPD), le 25 mai prochain. Ce texte, très attendu au moment où le scandale Cambridge Analytica défraye la critique, leur donnera théoriquement bien davantage de contrôle sur leurs informations en ligne.

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                Affaire Facebook : « Il faut développer des plates-formes européennes souveraines »



Après avoir enfin osé proposer de taxer les géants du Web, devenus des champions de l’évitement fiscal, la commission devrait aussi rendre publique, fin avril, une proposition de régulation des plates-formes du Web, visant à rééquilibrer la relation, très inégale, entre Google, Apple et autres Facebook, et les PME sur le Net. Il s’agira d’éviter par exemple qu’une société ne soit brutalement déréférencée d’un moteur de recherches sans raison valable ni possibilité d’engager un recours.
« Territorialité des droits »
La commission Juncker, qui nourrissait de grandes ambitions pour le « marché unique » du numérique, a en revanche du mal à faire adopter deux textes pourtant jugés fondamentaux : celui sur la modernisation du droit d’auteur, et un autre sur les services audiovisuels (le règlement câble-satellite). Le premier, un projet de directive, a été rendu public en septembre 2016, mais son examen au Parlement européen, et en parallèle au Conseil, n’a toujours pas abouti. La Commission espère encore une adoption définitive avant fin 2018.

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                La foire d’empoigne des droits d’auteur



Les associations d’ayants droit, notamment françaises, bataillent pied à pied, redoutant une modernisation sans discernement qui fragiliserait encore plus les sources de revenus des auteurs. Les éditeurs de presse, spécialement allemands, espèrent quant à eux obtenir un « droit voisin », c’est-à-dire la possibilité de réclamer des droits auprès des plates-formes qui référencent les articles de leurs journalistes.
La discussion autour du règlement « câble-sattelite » est plus avancée : elle en est au stade des pourparlers entre le Parlement de Strasbourg et le Conseil européen. Mais les négociateurs butent encore sur une disposition cruciale, la « territorialité des droits ». La Commission tenait à ce que des contenus numériques financés dans un pays membre puissent être diffusés ailleurs dans l’Union sans avoir à s’acquitter de droits de diffusion dans ces Etats. Mais là encore, les acteurs traditionnels, cinéma et TV, font de la résistance.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Les électeurs voient dans le premier ministre un rempart contre les dangers extérieurs et l’immigration.
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A Debrecen, dans le fief de la Hongrie rêvée d’Orban

Les électeurs voient dans le premier ministre un rempart contre les dangers extérieurs et l’immigration.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 11h33
    |

                            Blaise Gauquelin (Debrecen (Hongrie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Marie Csernyi presse le pas sur le parvis de l’immense temple calviniste de Debrecen. C’est ici que Lajos Kossuth, héros du roman national, a proclamé la déchéance des Habsbourg et l’indépendance de la Hongrie, le 14 avril 1849. Le personnage est sacré pour les patriotes ; Viktor Orban, le premier ministre en campagne pour obtenir un troisième mandat d’affilée, se présente comme son héritier.
Trente-cinq ans durant, cette sexagénaire a passé la serpillière sur les tomettes foulées par les ouailles protestantes. Elle votera bien sûr pour le chef du gouvernement, si décrié à l’étranger, aux législatives du 8 avril. « Pour qui d’autre ? Regardez donc autour de vous ! Tout a changé en mieux chez nous grâce au parti Fidesz. »
Impossible d’échapper à la couleur orange du parti au pouvoir dans la seconde ville de Hongrie, une vitrine du régime, située à 225 kilomètres à l’est de Budapest. Tramway flambant neuf, centre-ville rénové : l’argent coule à flots à Debrecen depuis la victoire, en 2010, de cette formation et de son dirigeant ultraconservateur, car la municipalité de 210 000 habitants est tenue par des proches du clan Orban.
Difficile de dénicher des électeurs ouvertement critiques, même au sein de l’important campus qui fait vivre la cité. « Je vais voter pour le Fidesz parce que le chômage a baissé », assure par exemple Aniko Csillag, 20 ans, qui étudie la littérature hongroise. « Et moi parce que les salaires ont augmenté », explique Zoltan Lukacs, en première année de sciences politiques. La corruption, le clientélisme, l’état catastrophique des hôpitaux ? Des mensonges de l’opposition. « Les gens veulent reconduire Orban parce qu’ils ont constaté des changements positifs au niveau local », analyse son camarade Janos Santa.
Détourner l’attention
A Debrecen, les habitants disent « merci Orban ». Ils sont rarement contredits dans leurs convictions : la base électorale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Après sa sortie de l’Union, le Royaume-Uni n’aura plus accès au système européen de satellites. David Davis, le ministre du Brexit, dénonce une décision « extraordinairement peu judicieuse ». Paris est suspecté d’être à la manoeuvre.
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Londres furieux d’être écarté du projet Galileo

Après sa sortie de l’Union, le Royaume-Uni n’aura plus accès au système européen de satellites. David Davis, le ministre du Brexit, dénonce une décision « extraordinairement peu judicieuse ». Paris est suspecté d’être à la manoeuvre.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 17h50
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Le Royaume-Uni a décidé de taper du poing sur la table pour ne pas être écarté, après le Brexit, du projet Galileo, le système de satellites européens concurrent du GPS américain. En janvier, la Commission européenne avait informé discrètement le gouvernement britannique qu’après sa sortie de l’Union européenne celui-ci ne pourrait plus avoir accès au signal le plus sophistiqué de Galileo, qui est chiffré et utilisé dans le secteur de la défense, notamment pour le guidage des systèmes d’armement. Une telle décision aurait d’importantes répercussions économiques, excluant automatiquement les entreprises britanniques des prochains appels d’offres de Galileo, attendus dans les mois qui viennent.

Dans un entretien arrangé dans l’urgence, mardi 27 mars, avec quelques médias européens, dont Le Monde, David Davis, le secrétaire d’Etat à la sortie de l’Union européenne, a décidé de contre-attaquer. « Nous sommes surpris de la décision de la Commission. Ce n’est pas nécessaire et ce n’est pas judicieux, non seulement pour nous, mais pour la sécurité européenne. »
« Un impact sur la capacité de nos systèmes de défense »
Le ministre du Brexit souligne que le Royaume-Uni est l’une des principales puissances militaires européennes, et que son service de renseignement est extrêmement utile à la sécurité de l’ensemble des Européens. Conserver la coopération la plus complète relève donc de l’intérêt des Britanniques, mais aussi des Européens.
« Suggérer que le Royaume-Uni n’est pas un pays sûr pour recevoir des données chiffrées me semble extraordinaire, et extraordinairement peu judicieux. Cela signifierait que nous n’aurions plus accès aux données les plus intéressantes du signal de Galileo. Cela aurait un impact sur la capacité de nos systèmes d’armement, de défense. » Selon M. Davis, l’Europe a besoin du Royaume-Uni dans le domaine de la défense. « Nous sommes le pays qui dépense le plus en recherche et équipement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Quatre écrivains, parmi lesquels Daniel Pennac et Erri de Luca, dénoncent dans une tribune au « Monde » l’incarcération des responsables politiques catalans.
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« Nous, citoyens d’Europe, demandons la liberté immédiate des citoyens catalans incarcérés pour leurs convictions politiques »

Quatre écrivains, parmi lesquels Daniel Pennac et Erri de Luca, dénoncent dans une tribune au « Monde » l’incarcération des responsables politiques catalans.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 10h23
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 12h12
    |

Erri de Luca, Jean-Marie Laclavetine, Daniel Pennac et Roberto Saviano







                        



   


Tribune. Nous, citoyens d’Europe, demandons la liberté immédiate des citoyens catalans incarcérés pour leurs convictions politiques.
Ils sont mis en examen pour rébellion et subversion, ils risquent une condamnation à trente ans de réclusion, mais ils n’avaient pas une seule pierre dans la main.
Il ne s’agit pas pour nous d’intervenir pour ou contre l’indépendance de la Catalogne.
Il s’agit pour nous de défendre des citoyens d’Europe incarcérés pour leur fidélité à leurs paroles.
Laboratoire de démocratie
Nous demandons leur liberté et le retrait du très grave et démesuré chef d’accusation.
En tant que citoyens, nous nous sentons responsables du droit à la libre parole et à la libre expression.

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                L’Allemagne décide de prolonger la détention de Carles Puigdemont



Pourquoi nous occupons-nous de la Catalogne et non de la Turquie ? Parce que la Catalogne est une terre d’Europe et que nous pensons vivre dans son laboratoire de démocratie. C’est pourquoi l’expérience d’arrêter les représentants élus par la volonté populaire, les menacer de peines exemplaires pour leurs idées politiques doit être rejetée par le laboratoire d’Europe.
La répression des minorités ne doit pas avoir de citoyenneté dans notre espace commun.
Les opinions et les convictions, on les discute, on ne les met pas en prison.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le feu s’est déclaré dimanche dans un centre commercial au cœur de Kemerovo. Le bilan est d’au moins 64 morts. Une journée de deuil national a été décrétée mercredi.
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Incendie meurtrier en Sibérie : les Russes manifestent pour réclamer la tête des autorités locales

Le feu s’est déclaré dimanche dans un centre commercial au cœur de Kemerovo. Le bilan est d’au moins 64 morts. Une journée de deuil national a été décrétée mercredi.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 08h16
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 10h00
   





                        



   


Les Russes réclamaient la tête des autorités locales et exigeaient justice à Kemerovo, alors que le pays observe, mercredi 28 mars, une journée de deuil après l’incendie meurtrier d’un centre commercial dû à des violations choquantes des règles de sécurité.
En visite à Kemerovo, ville industrielle de Sibérie de 550 000 habitants, le président Vladimir Poutine avait dénoncé la veille une « négligence criminelle » dans cette tragédie qui a fait dimanche au moins 64 morts, dont 41 enfants.
Des milliers de manifestants exigent des explications
Des milliers de manifestants s’étaient rassemblés mardi sur la place centrale de Kemerovo pour pleurer les disparus et exiger des explications de la part des autorités. « Qui est vraiment responsable ? », « Combien de victimes, réellement ? », « Des lampistes vont être condamnés, les rois s’en tireront », pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants, parmi lesquels se trouvaient des proches des victimes ainsi que des rescapés.
L’annonce de l’arrestation de cinq personnes, parmi lesquelles des responsables du centre commercial et un membre de la sécurité, n’a pas suffi à calmer la colère des habitants qui craignent que les vrais coupables ne soient jamais punis et exigent le limogeage des responsables de la région. Des rumeurs insistantes ayant fait état d’un nombre de victimes plus élevé qu’annoncé officiellement, le maire de la ville, Ilia Serediouk, a dû donner l’accès aux morgues à un groupe de protestataires.

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                Un incendie meurtrier dans un centre commercial révèle la corruption endémique en Russie



Lorsque le vice-gouverneur de la région, Sergueï Tsiviliov, a rejoint les manifestants, il s’est fait interpeller par un homme, Igor Vostrikov, qui a affirmé avoir perdu sa femme, ses trois enfants et sa sœur dans l’incendie, et qui l’a accusé de « traiter les gens comme du bétail ». « Jeune homme, qu’est-ce que vous voulez ? Vous faire de la publicité grâce à l’affliction générale ? », lui a lancé le vice-gouverneur, avant de demander plus tard pardon à genoux à la population et de promettre de punir les responsables.
Furieux, Igor Vostrikov, dont l’intervention a fait le tour d’Internet et des médias, a appelé les habitants de Kemerovo a se rassembler de nouveau samedi 31 mars. Des manifestations dénonçant la « corruption meurtrière » et exigeant une enquête transparente ont également eu lieu mardi à Moscou et Saint-Pétersbourg.

   


Une série de négligences et de violations des normes
Issues de secours bloquées, salles de cinéma fermées à clé, système d’alarme en panne, membres de la sécurité incompétents, système anti-incendie défaillant : la liste des « violations flagrantes » relevées par les enquêteurs a suscité l’incompréhension et la colère dans un pays où des incendies meurtriers se produisent chaque année.
Les premiers résultats de l’enquête ont montré que les dirigeants du centre commercial avaient bénéficié d’une tolérance coupable de la part des autorités locales.
Le centre avait pu ouvrir en 2013 malgré des manques constatés dans la sécurité anti-incendie puis, sans difficulté, ignorer les injonctions faites par le ministère des situations d’urgence lors d’une inspection en 2016. Enfin, le lieu était officiellement enregistré comme entreprise de moins de 100 salariés, pour éviter d’être trop fréquemment contrôlé.
Par ailleurs, selon ce même comité d’enquête, plusieurs employés chargés de la sécurité du centre commercial ont fui les lieux au début de l’incendie, au lieu de prévenir les clients et d’organiser les évacuations.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ La « common law » britannique, qui s’est imposée par l’alliance entre la City et les cabinets d’avocats londoniens, pourrait bien reculer au bénéfice de la tradition juridique continentale, observe l’avocat Frédéric Peltier dans une tribune au « Monde ».
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« Le Brexit, une chance pour construire un droit des affaires européen »

La « common law » britannique, qui s’est imposée par l’alliance entre la City et les cabinets d’avocats londoniens, pourrait bien reculer au bénéfice de la tradition juridique continentale, observe l’avocat Frédéric Peltier dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    28.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 10h00
    |

                            Frédéric Peltier (Avocat)








                        



                                


                            
Tribune. Le Brexit a relancé une guerre économique des juridictions en matière financière, qui semblait avoir été définitivement gagnée par la common law britannique. L’hégémonie de la City de Londres ne s’est pas construite sur la seule puissance de l’industrie de la finance. Elle a également été portée par le dynamisme de l’industrie juridique britannique, avec ses grands cabinets d’avocats installés dans des tours voisines des banques à Canary Wharf, dans l’Est londonien.
Ces cabinets ont imposé à l’Europe un droit modelé par des juristes anglais, lorsqu’il s’agit de finance. La suprématie de Londres en matière financière s’est donc construite sur une alliance entre banquiers et avocats qui ont œuvré quotidiennement dans les négociations du business, mais aussi par un lobbying redoutable dans les instances européennes pour imposer leur juridiction. Avec le droit anglais, les banques anglo-saxonnes ont trouvé leur avantage concurrentiel, et, avec les banques, les juristes anglo-saxons ont trouvé le gisement fructueux de leur prospérité.
Nouvelle donne
Il est clair que le Brexit vient modifier la donne, car si l’allié bancaire des juristes anglais quitte le berceau du droit britannique pour venir s’installer en Europe continentale, la formidable coopération entre la finance et l’industrie du droit britannique deviendra plus complexe.
Le Brexit va-t-il se prolonger par un « Brexlaw », c’est-à-dire un recul de l’emprise du droit britannique sur les opérations financières en Europe et dans le monde ? Les juristes français en rêvent. Prendre une revanche sur les Anglais est toujours source de jubilation… Mais attention aux attitudes nationalistes qui ne sont peut-être pas à la hauteur de l’enjeu.
On vante désormais la qualité de nos procédures judiciaires pour attirer les contrats financiers dans le « for » français
Le Brexit est vu comme une chance pour la France. Première victoire, elle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Pour la politologue Marie Mendras, l’expulsion concertée des diplomates russes « ne peut s’expliquer que dans un contexte de tensions graves depuis l’annexion de la Crimée ».
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Affaire Skripal : des sanctions occidentales pour « faire passer un message au Kremlin »

Pour la politologue Marie Mendras, l’expulsion concertée des diplomates russes « ne peut s’expliquer que dans un contexte de tensions graves depuis l’annexion de la Crimée ».



Le Monde
 |    27.03.2018 à 19h07
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 12h39
    |

            Laura Motet








                        


L’empoisonnement au gaz neurotoxique de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille, dimanche 4 mars, a déclenché, lundi 26 mars, l’application de nouvelles sanctions contre la Russie : une vingtaine de pays occidentaux, dont les Etats-Unis, le ­Canada, la France, l’Allemagne, la Hongrie et l’Ukraine, ont annoncé lundi 26 mars de façon simultanée et concertée l’expulsion d’au moins 144 diplomates russes.
Marie Mendras, politologue au CNRS et au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) de Sciences Po, souligne dans un entretien au Monde le caractère « totalement inédit » de cette action coordonnée au niveau international.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Affaire Skripal : le front uni des Occidentaux face à la Russie



Quel est le profil des diplomates expulsés ?
Les diplomates expulsés sont pour la très grande majorité d’entre eux, si ce n’est pour tous, des agents des services de renseignement extérieur russe avec une couverture diplomatique.
Ces expulsions sont-elles une première dans l’histoire des relations internationales ?
Les expulsions de diplomates font partie des incidents diplomatiques entre Etats depuis très longtemps.
Ce qui est totalement inédit cette semaine, c’est la décision concertée de plus de vingt pays occidentaux de montrer leur solidarité vis-à-vis de l’Etat britannique, en conduisant une politique de rétorsion contre les actions de l’Etat russe en Grande-Bretagne, par l’expulsion d’un certain nombre de « diplomates ».

        Décryptage :
         

          Comment et pourquoi des diplomates peuvent-ils se faire expulser ?



Quel signal ces expulsions envoient-elles à Moscou ?
Par ces expulsions, les gouvernements occidentaux signalent à Moscou qu’ils considèrent les actes de l’Etat russe comme des actes qui mettent en danger la sécurité de leurs populations. Ces sanctions ne visent donc pas à affaiblir la Russie, mais à arrêter Vladimir Poutine et freiner ses politiques perçues comme dangereuses, parce qu’elles entretiennent un climat de conflictualité et font monter le risque d’affrontement.
A noter que cette décision fait un consensus très large au sein des Etats occidentaux : parmi eux, on trouve les Etats-Unis, le Canada, de nombreux Etats européens, dont la Hongrie de Viktor Orban, la Roumanie, l’Albanie et l’Ukraine. Cette solidarité permet à l’Ukraine de revendiquer son appartenance à la famille des pays occidentaux.
Vous évoquez l’Ukraine. La décision d’expulser les diplomates s’inscrit-elle dans une réflexion diplomatique de plus long terme, entamée par les Occidentaux à la suite de l’annexion de la Crimée et de l’intervention russe dans le Donbass en 2014 ?
Tout à fait. La réaction des gouvernements occidentaux ne peut s’expliquer que dans un contexte de tensions graves depuis l’annexion de la Crimée et l’intervention russe dans l’est de l’Ukraine il y a quatre ans. S’il n’y avait pas eu ce précédent, l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille par un gaz neurotoxique de fabrication soviétique aurait suscité un grand émoi, mais probablement pas une riposte collective.
Au printemps 2014, les pays occidentaux devaient absolument réagir aux actes d’agressions contre un Etat souverain, l’Ukraine, et, en même temps, ne voulaient pas être entrainés dans une escalade militaire. D’où le choix d’appliquer des sanctions ciblées contre des personnalités et des secteurs d’activité russes.
C’est un peu la même logique qui préside aujourd’hui à la décision concertée d’expulsion d’agents russes : exprimer la solidarité des pays occidentaux et faire passer un message au Kremlin, sans aller dans le sens d’une confrontation militaire.
Hormis l’annexion de la Crimée et l’intervention russe dans le Donbass, y a-t-il eu d’autres éléments qui ont conduit les Etats occidentaux à réagir si vivement à l’empoisonnement de M. Skripal ?
En premier lieu, la détermination des Occidentaux a été renforcée par des dénégations peu convaincantes. Moscou a par exemple prétendu que le gaz Novitchok [utilisé contre Sergueï Skripal] venait de République tchèque.
Autre raison qui explique cette riposte ferme : le plébiscite mal acquis de Poutine le 18 mars dernier. Les Occidentaux se sont sentis obligés de reconnaître la victoire de Poutine une nouvelle fois, sans être convaincus de l’honnêteté du scrutin.
Enfin, la propagande et les fake news participent à cette exaspération occidentale. Les services de renseignement russes n’ont eu aucun scrupule à lancer des campagnes de dénigrement contre nos sociétés, partis politiques, femmes et hommes politiques, Emmanuel Macron notamment. Nos gouvernements disent clairement : « Stop, nous ferons front commun pour défendre nos sociétés, nos institutions démocratiques et notre sécurité. » Une forme de dissuasion par la force du nombre, contre un seul rival.
Les Etats-Unis sont-ils à l’origine de ces sanctions ?
Cette fois-ci, l’initiative des mesures de rétorsion vient d’Europe et en particulier de Grande-Bretagne, puisque c’est là que le double empoisonnement a eu lieu ; les Etats-Unis ont suivi.
Comment interpréter la décision américaine – apparemment contradictoire – de renvoyer soixante diplomates russes une semaine après que Donald Trump a félicité Vladimir Poutine pour sa réélection ?
Une contradiction de plus parmi beaucoup d’autres ! Trump a été l’un des rares dirigeants occidentaux à féliciter chaleureusement Vladimir Poutine pour sa réélection, sans même mentionner l’affaire Skripal. Quelques jours après, il est bien obligé de suivre le mouvement, et d’accepter les conseils du département d’Etat et du Pentagone qui sont sur une ligne très claire : avec Moscou, il faut être ferme, et ne pas se mettre en position de faiblesse.
Depuis sa prise de fonctions en janvier 2017, le président des Etats-Unis n’a même pas pu nouer de relation avec Vladimir Poutine. Il s’est trouvé vite bloqué parce que toute relation avec Moscou était vue comme toxique du fait de l’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection américaine. Trump et ses proches se trouvent tous sous la pression de l’enquête menée par le procureur Mueller sur leurs liens cachés avec des intérêts russes pendant la campagne présidentielle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Le programme d’échange européen a bénéficié, en 2017, à près de 80 000 étudiants, apprentis, lycéens professionnels ou enseignants français. Les demandes s’annoncent en hausse de 6 % en 2018.
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Le programme Erasmus + attire toujours plus d’étudiants

Le programme d’échange européen a bénéficié, en 2017, à près de 80 000 étudiants, apprentis, lycéens professionnels ou enseignants français. Les demandes s’annoncent en hausse de 6 % en 2018.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 17h29
    |

            Adrien de Tricornot








                        



   


L’engouement pour le programme européen Erasmus + ne se dément pas en France : les demandes pour bénéficier de ce programme conçu pour les étudiants et étendu progressivement aux apprentis, aux élèves de lycée professionnel, aux stagiaires de la formation professionnelle ou encore aux enseignants, sont en hausse de 6 % en 2018, selon les premières tendances dévoilées par Laure Coudret-Laut, directrice de l’Agence Erasmus + France, mardi 27 mars à Paris, à l’occasion de la présentation du bilan à mi-parcours du programme Erasmus + 2014-2020. Ces chiffres provisoires pour 2018 confortent la hausse observée ces dernières années dans l’Hexagone comme dans les autres pays européens, concomitante à la hausse du budget d’Erasmus + et du montant des bourses.

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          Les bourses Erasmus + pour partir à l’étranger seront plus nombreuses et plus élevées en 2018



En 2017, année où les trente ans de la création d’Erasmus ont été célébrés, 79 888 personnes ont ainsi pu bénéficier du programme en France et partir en mobilité, soit un bond de 18,2 % par rapport à 2016. Le nombre de demandes a augmenté encore plus vite : 121 121 demandes ont été déposées en 2017 (+19,8 %).

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          Erasmus : tout savoir sur le programme d’échanges universitaires, qui fête ses 30 ans



Trois quarts des demandes d’étudiants satisfaites
Les étudiants constituent toujours la majorité des bénéficiaires : 43 745 ont pu partir étudier ou effectuer un stage dans le cadre d’Erasmus + (contre 38 531 en 2016). Près des trois quarts des demandes d’étudiants (74,2 %) ont pu être satisfaites, soit une amélioration de quatre points en un an. Un étudiant sur trois part en Erasmus pour un stage, une proportion croissante. Ces stages soutenus par Erasmus + peuvent être réalisés dès la première année d’études supérieures (quand la mobilité d’études est possible à compter de la 2e année) et peuvent durer de deux à douze mois. Il est aussi possible de les combiner avec une période d’études en Erasmus.
La Tunisie et la Russie sont les deux destinations les plus demandées
Les étudiants sont aussi de plus en plus nombreux à être séduits par la mobilité internationale, hors Europe, désormais proposée via Erasmus + : seulement une demande sur trois a pu être satisfaite, et 3 437 étudiants français ont pu ainsi étudier au-delà de l’UE. La Tunisie et la Russie sont les deux destinations les plus demandées.

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          Erasmus : nos conseils pour partir étudier ou faire un stage à l’étranger



Demande croissante pour les séjours de plus de trois mois
De leur côté, les apprentis, les élèves de lycées professionnels et les stagiaires de la formation professionnelle sont de plus en plus nombreux à entrer dans le dispositif et forment désormais le second contingent : 20 338 ont effectué une mobilité en 2017 contre 14 991 en 2016. La tendance pour 2018 confirme la demande croissante pour les séjours « longs », de plus de trois mois. Si rien n’empêche théoriquement des alternances de se réaliser dans un autre pays, les systèmes d’apprentissage communiquent encore assez peu et « cela ne s’est jamais pratiqué dans aucun pays d’Europe », note Laure Coudret-Laut. En France, elle estime que la réforme en cours de la formation professionnelle, en procédant au « déverrouillage » de l’apprentissage, pourrait faciliter à terme sa réalisation dans le cadre d’Erasmus +.

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          Muriel Pénicaud va puiser dans le rapport Arthuis pour développer l’Erasmus des apprentis



Une forte progression pour l’Occitanie, les Hauts-de-France et la Martinique
S’il touche des effectifs encore limités, le programme Erasmus + compte parmi ses bénéficiaires étudiants 39 % de boursiers sur critères sociaux (38 % des étudiants étaient boursiers en France lors de l’année 2016-2017). Enfin, si l’Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine sont les régions qui ont le plus bénéficié du programme en 2017, celles qui affichent la plus forte progression sont l’Occitanie, les Hauts-de-France et la Martinique.

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          Cinq idées fausses mais répandues sur le programme Erasmus



En mai commenceront les discussions sur le prochain programme Erasmus +, qui débutera en 2020. Pour Isabelle Jégouzo, cheffe de la représentation en France de la Commission européenne, la sanctuarisation du budget des deux « programmes d’avenir » que sont Erasmus + et Horizon 2020 (pour la recherche) est d’ores et déjà acquise. Mais des scénarios sont également envisagés pour augmenter le nombre de bénéficiaires – qui représentent seulement 3 % d’une classe d’âge aujourd’hui. Afin de doubler cette part, il faudrait disposer d’une enveloppe de l’ordre de 30 milliards d’euros sur sept ans (le programme actuel dispose de 16,38 milliards d’euros au niveau européen, soit 1,5 % du budget total de l’UE). Autre option, plus ambitieuse : dégager 90 milliards d’euros dans le but de toucher, via un des dispositifs Erasmus +, un jeune Européen sur trois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le projet de loi, qui devrait être soumis au vote des députés avant l’été, provoque la colère unanime des organisations religieuses sur l’archipel et à l’étranger.
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L’Islande se prépare à interdire la circoncision

Le projet de loi, qui devrait être soumis au vote des députés avant l’été, provoque la colère unanime des organisations religieuses sur l’archipel et à l’étranger.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 14h19
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 14h59
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

S’il est adopté, le texte, en cours d’examen à l’Althingi, fera de l’Islande le premier pays européen à interdire la circoncision. L’ablation du prépuce d’un mineur, sans raison médicale, sera alors passible d’une peine allant jusqu’à six ans d’emprisonnement. Proposé par la députée de centre droit Silja Dögg Gunnarsdóttir, il est soutenu par cinq formations au Parlement, y compris le parti vert de la première ministre, Katrin Jakobsdottir.
Le projet de loi fait un parallèle avec l’excision, déjà interdite dans la plupart des pays européens et en Islande depuis 2005. Il met en avant « les droits de l’enfant » et soutient que l’intervention est en général pratiquée sans anesthésie, dans « des maisons qui ne sont pas stériles et par des leaders religieux qui ne sont pas médecins », entraînant de « hauts risques d’infection qui peuvent mener à la mort ».
Selon un sondage publié le 1er mars, la moitié seulement des Islandais sont favorables à une interdiction, qui affectera principalement les communautés juive et musulmane de l’archipel, soit respectivement environ 250 et 1 500 personnes, sur une population totale de 336 000 habitants.
« Criminalisation »
Tous les leaders religieux islandais s’y opposent. L’imam Mansoor Ahmad Malik craint l’essor de la clandestinité, qui pourrait entraîner des risques pour l’enfant. Le rabbin Avi Feldman, attendu en Islande d’ici à la fin de l’année, fait part de sa « grande inquiétude », tandis que les évêques des églises catholique et luthérienne mettent en garde contre « la persécution des individus pour des motifs religieux » et la « criminalisation » de l’islam et du judaïsme.
Mais c’est à l’étranger que les réactions sont les plus virulentes. Dans une lettre au Parlement, Jonathan A. Greenblatt, président de l’Anti-Defamation League (ADL), assure que si l’Islande interdit la circoncision, l’archipel « sera célébré par les néonazis,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Pour protester contre l’incarcération des leaders indépendantistes, des groupes radicaux ont bloqué mardi matin l’autoroute A7 près de la frontière et la nationale qui relie la Catalogne à la côte espagnole.
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Blocages de routes en Catalogne pour protester contre l’arrestation de Puigdemont

Pour protester contre l’incarcération des leaders indépendantistes, des groupes radicaux ont bloqué mardi matin l’autoroute A7 près de la frontière et la nationale qui relie la Catalogne à la côte espagnole.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 13h46
   





                        



   


L’arrestation et l’incarcération en Allemagne de Carles Puigdemont, dimanche, continuent de provoquer de vives tension en Catalogne. Des militants indépendantistes ont bloqué deux routes de la région espagnole, mardi 27 mars au matin, pour protester contre la détention de l’ancien président régional, mais aussi contre l’incarcération en Espagne de plusieurs autres leaders indépendantistes.
Des barrages ont été érigés sur l’autoroute A7 près de la frontière française et sur la nationale N340 qui relie la Catalogne à la côte sud-est de l’Espagne. Le trafic a aussi été coupé par des manifestants aux alentours de Lleida, dans l’ouest de la région, sur l’autoroute A-2 reliant la Catalogne à Saragosse. Les deux principaux accès à Barcelone, par le nord et le sud, ont également été brièvement coupés.
La police est intervenue à la mi-journée pour lever le barrage dressé sur l’autoroute A7, près de la frontière. La télévision catalane TV3 a montré en direct des agents antiémeutes de la police catalane encerclant des manifestants assis sur l’autoroute et les traînant un par un sous des huées.
Ces manifestations ont été organisées par les Comités de défense de la République (CDR), des groupes radicaux proches du parti séparatiste d’extrême gauche Candidature d’unité populaire (CUP), qui ont lancé lundi un cycle de protestations « permanentes ». Ils avaient aussitôt bloqué pendant quelques heures une autoroute près de Lleida, dans l’ouest de la Catalogne.
Au début de novembre, ils avaient bloqué des voies ferrées, des routes et des sites touristiques lors d’une grève en soutien aux militants emprisonnés. « Avec les dernières incarcérations et l’arrestation du président Carles Puigdemont, il apparaît clairement que nous avons franchi un point de non-retour », ont-ils déclaré dans un communiqué lundi.
Neuf dirigeants séparatistes en détention
A l’annonce de l’interpellation de Carles Puigdemont en Allemagne, à la demande de Madrid, dimanche, des manifestations ont eu lieu dans toute la Catalogne, et des heurts entre manifestants et policiers ont fait plus d’une centaine de blessés.
L’ancien président est maintenu en détention jusqu’à ce qu’une décision soit prise quant à son expulsion en Espagne, réclamée par un mandat européen. Le tribunal régional de Kiel, dans le nord de l’Allemagne, a soixante jours pour trancher.

        Lire aussi :
         

                De la destitution à l’arrestation de Puigdemont, retour sur les moments forts de la crise catalane



Neuf dirigeants séparatistes, dont le candidat à la présidence de la région, Jordi Turull, ont été placés en détention provisoire près de Madrid et inculpés de rébellion pour leur rôle dans la tentative de sécession unilatérale du 27 octobre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Au moins 64 personnes sont mortes à Kemerovo, en Sibérie, alors que les premières conclusions de l’enquête confirment les « violations flagrantes » des normes de sécurité.
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Un incendie meurtrier dans un centre commercial révèle la corruption endémique en Russie

Au moins 64 personnes sont mortes à Kemerovo, en Sibérie, alors que les premières conclusions de l’enquête confirment les « violations flagrantes » des normes de sécurité.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 11h07
    |

                            Intérim (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Comme souvent dans les villes russes, le centre commercial de Kemerovo était devenu son principal lieu de vie pour les week-ends en famille ou entre amis. Dimanche 25 mars au soir, dans la cité minière de Sibérie occidentale, la sortie au magasin, au restaurant, au cinéma ou au bowling a viré au drame. Au moins 64 personnes, dont officiellement une dizaine d’enfants, ont péri dans l’incendie de Zimnaia Vishnia (« cerise d’hiver »), le centre commercial où s’étaient retrouvés, sur quatre étages, des milliers d’habitants de la ville et des villages environnants.
Les premières conclusions du comité d’enquête ont vite confirmé le constat des secouristes. Dans la conception du centre, mais surtout dans son exploitation, les « violations flagrantes » des normes de sécurité étaient nombreuses : matériaux de construction inflammables, issues de secours closes, système d’évacuation de fumées déficient, alarme débranchée, alertes inexistantes… Bloqués à l’intérieur du cinéma dont les portes étaient fermées à clef pour éviter les resquilleurs, des enfants ont appelé leurs parents au téléphone. D’autres ont sauté par les fenêtres.
« On parle de problèmes démographiques, mais trop de gens meurent, et à cause de quoi ? A cause de négligence criminelle, de laisser-aller », a fustigé mardi matin Vladimir Poutine. Arrivé à Kemerovo, le chef du Kremlin doit s’entretenir avec les autorités locales, notamment le gouverneur Aman Tuleyev. Ce dernier pourrait être rapidement remercié. A la présidentielle du 18 mars, il avait pourtant fait obtenir à M. Poutine l’un de ses meilleurs résultats : plus de 85 % des voix, sur fond d’une participation supérieure à 80 %.
« Démission ! », « Criminels ! » et « Vérité ! »
Mais, après l’incendie, la colère monte. Quelques centaines d’habitants se sont rassemblés mardi matin dans le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le feu s’est déclaré dimanche dans un centre commercial au cœur de Kemerovo. Le bilan est d’au moins 64 morts. Vladimir Poutine s’est rendu sur place mardi.
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Incendie meurtrier en Sibérie : une série de négligences et de violations des normes

Le feu s’est déclaré dimanche dans un centre commercial au cœur de Kemerovo. Le bilan est d’au moins 64 morts. Vladimir Poutine s’est rendu sur place mardi.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 15h01
   





                        



   


Quarante et un enfants sont morts dans l’incendie qui a tué au moins soixante-quatre personnes dimanche dans un centre commercial de Kemerovo, en Sibérie, a annoncé mardi 27 mars une source des services d’urgence, citée par l’agence de presse publique russe RIA Novosti. L’incendie meurtrier a été provoqué par une série de négligences criminelles et de violations des normes de sécurité, selon les autorités.
D’après une source au sein des services d’urgence de la région de Kemerovo, le bilan de soixante-quatre morts n’est pas encore définitif. « Dans la liste des morts figurent les noms de famille de quarante et un enfants », a déclaré cette même source à RIA Novosti.
Le centre commercial était très fréquenté dimanche, notamment par plusieurs classes d’écoliers de villages avoisinants ,qui ont été pris au piège dans les salles de cinéma et les salles de jeux. Une enseignante avait laissé sa classe seule et sans surveillance, selon les enquêteurs, qui n’ont pas exclu que le feu ait pu être déclenché par des enfants jouant avec un briquet.
Selon plusieurs témoins et victimes ayant appelé leurs proches des salles de cinéma situées près de l’épicentre de l’incendie, les portes avaient été fermées à clé, probablement par les employés du cinéma pour empêcher l’entrée de spectateurs sans ticket. Les issues de secours avaient également été verrouillées, sans doute par des employés de la sécurité. Une vidéo diffusée sur Internet montre des personnes s’efforçant d’ouvrir une issue bloquée en criant : « On va étouffer ! »
Système d’alerte hors service
Le système d’alerte automatique ne fonctionnait pas dans le centre commercial depuis le 19 mars, mais aucune mesure n’avait été prise pour le réparer, selon les enquêteurs. Quant au système d’alerte manuel, l’employé qui aurait dû le déclencher ne l’a pas fait « pour une raison difficilement compréhensible ».

   


Des témoins ont par ailleurs fait état du dysfonctionnement du système d’extincteurs automatiques. Selon le comité d’enquête, plusieurs employés chargés de la sécurité du centre commercial ont fui les lieux au début de l’incendie, au lieu de prévenir les clients et d’organiser les évacuations.
Les autorités ont relevé de nombreuses « violations flagrantes » des règles de sécurité, dans la construction puis dans la mise en exploitation de ce centre commercial, ouvert en 2013 à la place d’une fabrique de confiseries.
Selon les autorités, le centre commercial n’avait pas reçu l’accord du ministère des situations d’urgence pour sa mise en exploitation en 2013, en raison précisément de problèmes dans la sécurité anti-incendie du bâtiment.

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Le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, s’est rendu mardi à Kemerovo, où il a déposé une gerbe sur les lieux de l’incendie et a rendu visite à des victimes hospitalisées. Lors d’une réunion avec plusieurs hauts responsables locaux et nationaux, il a dénoncé « une négligence criminelle », alors que les autorités attribuent cet incendie à de nombreuses violations des règles de sécurité. « Que se passe-t-il ici ? Il ne s’agit pas d’hostilités armées. Il ne s’agit pas d’une fuite inattendue de méthane. (…) Trop de gens meurent et à cause de quoi ? A cause de négligence criminelle, de laisser-aller », a dit le président russe dans des propos retransmis par le Kremlin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Le gouvernement autrichien, qui compte des ministres du parti d’extrême droite FPÖ, présente le pays comme « un pont entre l’Est et l’Ouest ».
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Affaire Skripal : une dizaine de pays européens choisissent la neutralité

Le gouvernement autrichien, qui compte des ministres du parti d’extrême droite FPÖ, présente le pays comme « un pont entre l’Est et l’Ouest ».



Le Monde
 |    27.03.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 18h11
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Elles ont coûté, jusqu’ici, quelque 60 milliards d’euros aux pays européens – et 40 à la Russie – et suscitent traditionnellement des débats : les sanctions adoptées contre la Russie, en 2014, après l’annexion de la Crimée et le crash du vol MH17 dans l’est de l’Ukraine, n’ont jamais fait une réelle unanimité en Europe. L’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille a toutefois amené une série d’Etats à franchir un nouveau palier avec l’expulsion de diplomates russes. Une dizaine de pays ne se sont pas ralliés à cette décision.
L’Autriche invoque sa neutralité, son gouvernement affirmant vouloir « maintenir ouverts les canaux de communication avec la Russie ». Le pays – qui n’est pas membre de l’OTAN – dit se considérer comme « un pont entre l’Est et l’Ouest ». Le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ, extrême droite), allié du chancelier Sebastian Kurz, est lié par un « accord de coopération » au parti Russie unie du président russe, Vladimir Poutine.

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Maintenir le dialogue : c’est aussi l’espoir du premier ministre belge Charles Michel, qui s’est, comme M. Kurz, rendu récemment à Moscou. Il devait adopter une décision sur les expulsions, mardi 27 mars. La situation est d’autant plus délicate pour lui que son pays, siège de l’OTAN et de l’UE, abrite de très nombreux diplomates russes.
Ligne prudente
La Grèce – qui a félicité M. Poutine pour sa réélection – s’était ralliée à contrecœur aux sanctions de 2014, mais veut attendre les preuves définitives dans l’affaire de Salisbury. Elle s’interroge périodiquement sur les mesures de rétorsion à l’égard de la Russie, que le premier ministre Alexis Tsipras voulait appeler à la rescousse au plus fort de la crise financière qui frappait son pays en 2015.
La Bulgarie s’inquiète de l’escalade actuelle. Une position défendue aussi, il y a peu, par la Hongrie de Viktor Orban, désormais ralliée au camp des « durs ». La Slovaquie va se contenter de convoquer l’ambassadeur russe. Le Portugal se demande si les expulsions sont l’outil le plus approprié « compte tenu de la gravité de la crise actuelle ».
Chypre, terre d’accueil et d’investissement pour les capitaux russes, et qui a par ailleurs permis à la flotte russe d’accroître sa présence en Méditerranée, campe aussi sur une ligne prudente. Malte et le Luxembourg se disent, eux, solidaires, mais incapables de procéder à des expulsions, qui signifieraient une rupture de fait de leurs relations diplomatiques.
Une éventuelle aggravation des sanctions, évoquée par Donald Tusk, le président du Conseil européen, ne fera sans doute qu’illustrer davantage la désunion des Vingt-Huit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Editorial. L’expulsion par des pays occidentaux de plus d’une centaine de diplomates russes a le mérite de signifier à Vladimir Poutine qu’il a franchi la ligne rouge.
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Affaire Skripal : le rapport de force avec la Russie est nécessaire

Editorial. L’expulsion par des pays occidentaux de plus d’une centaine de diplomates russes a le mérite de signifier à Vladimir Poutine qu’il a franchi la ligne rouge.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 11h27
   





                        


Editorial du « Monde ». Vladimir Poutine est visiblement aussi doué pour galvaniser son peuple en jouant sur la fibre nationaliste que pour ­coaliser contre lui un front uni à l’extérieur. Dans un mouvement inédit par son ampleur, les Etats-Unis, le ­Canada, ainsi que seize pays de l’Union européenne (UE) parmi lesquels la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Pologne, ont annoncé lundi 26 mars de façon simultanée et concertée l’expulsion d’au moins 116 diplomates russes.
Ces mesures de représailles spectaculaires font écho à l’empoisonnement au gaz neurotoxique le 4 mars de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille, alors qu’ils s’étaient réfugiés en Grande-Bretagne. Une semaine après son élection triomphale, le président russe se retrouve plus isolé que jamais sur la scène internationale.

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Le Royaume-Uni accuse la Russie d’avoir commandité cette tentative d’assassinat, dont le modus operandi porte la signature de Moscou. Dans un premier temps, Theresa May, la première ministre britannique, avait fermement répliqué en expulsant vingt-trois diplomates russes. Si l’UE avait très vite apporté son soutien à Londres, la position américaine avait été plus compliquée à décrypter après le coup de fil passé par Donald Trump à Vladimir Poutine pour féliciter ce dernier de son élection sans même évoquer le différend créé par l’empoisonnement de Sergueï Skripal.
Solidité de la solidarité occidentale
Malgré les louvoiements de M. Trump sur ses rapports avec la ­Russie, les expulsions de diplomates russes décidées lundi lèvent les ambiguïtés sur la solidité de la solidarité occidentale face à un acte qualifié par la Maison Blanche d’« attaque odieuse ». L’UE, elle, a su passer outre les tensions inhérentes aux négociations sur le Brexit pour réaffirmer son appui indéfectible à Londres.

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Le camp occidental n’avait d’autre choix que de réagir de façon nette et ferme. Même si ces expulsions de diplomates restent symboliques, elles signifient clairement que Moscou a franchi la ligne rouge en utilisant pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale une arme ­chimique sur le sol européen. Habile joueur d’échecs, Vladimir Poutine a testé à de maintes reprises la capacité de réaction des Occidentaux, qu’il s’agisse de l’intervention en Ukraine, de l’annexion de la Crimée, de son rôle en Syrie ou des interférences dans les élections américaines. De ce point de vue, l’affaire Skripal est un pion poussé trop loin aux yeux des Occidentaux.
Comme à chaque fois, Moscou martèle n’avoir rien à voir avec cet empoisonnement, accusant les alliés de la Grande-Bretagne de suivre « aveuglément le principe de l’unité euro-atlantique au détriment du bon sens, des normes d’un dialogue civilisé entre Etats ». Justement, les Occidentaux, en optant pour une riposte graduelle, ont choisi de maintenir le dialogue avec la Russie au moment où celui-ci reste indispensable. Même si Moscou a d’ores et déjà annoncé vouloir riposter selon le « principe de réciprocité », il en va de l’intérêt de chaque camp de trouver les clefs de la désescalade.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Les dirigeants de l’UE ont fait part à M. Erdogan de leurs « sujets de préoccupation » à Afrin et à Chypre, tout en voulant préserver l’accord sur les migrations de 2016
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/03/2018
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A Varna, reprise du dialogue a minima entre Bruxelles et Ankara

Les dirigeants de l’UE ont fait part à M. Erdogan de leurs « sujets de préoccupation » à Afrin et à Chypre, tout en voulant préserver l’accord sur les migrations de 2016



Le Monde
 |    27.03.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 14h43
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            
C’est Donald Tusk, avec son sens du parler vrai, qui a le mieux résumé cette délicate réunion entre les dirigeants de l’Union européenne et Recep Tayyip Erdogan, le président turc : « Nous ne sommes parvenus à aucune avancée concrète ce soir », a regretté le président du Conseil européen à l’issue d’échanges visiblement tendus dans la ville bulgare de Varna, lundi 26 mars.
C’était la première fois depuis près d’un an que les Européens tentaient de renouer le dialogue au plus haut niveau avec un pouvoir turc jugé indispensable pour limiter les arrivées de migrants, mais dont les dérives autoritaires ont rendu très illusoire le processus d’adhésion à l’Union.
La relation avec Bruxelles s’est brutalement détériorée après le coup d’Etat manqué du 15 juillet 2016, les purges de dizaines de milliers de fonctionnaires turcs qui ont suivi, ainsi que les condamnations de centaines de journalistes – la Turquie est devenue « la plus vaste prison pour journalistes » du monde selon l’ONG Reporters sans frontières. Sans compter les violentes accusations de M. Erdogan qui, en pleine campagne pour le référendum sur le renforcement de ses pouvoirs en 2017, est allé jusqu’à accuser la chancelière allemande, Angela Merkel, de « pratiques nazies ».
« J’ai soulevé [lors de la rencontre] tous nos sujets de préoccupation, de l’Etat de droit à la liberté de la presse et à la question syrienne, c’était une longue liste », a ajouté M. Tusk. L’ex-premier ministre polonais a souligné, à propos de l’intervention d’Ankara à Afrin et dans le nord de la Syrie visant à déloger la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), que « l’escalade de la violence et des déplacements [de population], alors que la situation est déjà dramatique et volatile, doit être évitée ». 

Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, qui l’accompagnait, ont en outre réitéré, lundi, le ferme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Seize pays de l’UE, mais aussi les Etats-Unis, et au moins six pays alliés, ont annoncé l’expulsion d’au moins 116 diplomates russes de leur territoire.
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Affaire Skripal : le front uni des Occidentaux face à la Russie

Seize pays de l’UE, mais aussi les Etats-Unis, et au moins six pays alliés, ont annoncé l’expulsion d’au moins 116 diplomates russes de leur territoire.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 11h08
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant) et 
Marc Semo








                        



                                


                            
La riposte est sans précédent, aussi bien par son ampleur que par son caractère coordonné. Au moins 116 diplomates russes sont en passe d’être expulsés des deux côtés de l’Atlantique : soixante par les Etats-Unis, qui ferment en outre le consulat à Seattle, et plus d’une trentaine par seize pays de l’Union européenne, rejoints par six autres pays alliés, dont le Canada et l’Australie.
Cette riposte est à l’aune du défi représenté par la tentative d’assassinat, le 4 mars à Salisbury, dans le sud de l’Angleterre, d’un agent double russe ayant travaillé pour le GRU (le renseignement militaire russe), Sergueï Skripal, 66 ans, et de sa fille Youlia, 33 ans. Un redoutable gaz neurotoxique de la quatrième génération mis au point par l’URSS dans les années 1980, le Novitchok (« petit nouveau » en russe), aurait été utilisé à cette occasion.

« C’est un avertissement pour la Russie qui ne peut continuer ainsi à bafouer le droit international », s’est réjouie la première ministre britannique, Theresa May, satisfaite de « la grande solidarité » montrée par l’UE et l’OTAN. « Nous disons au gouvernement russe que lorsque vous attaquerez un ami, vous aurez à en subir les conséquences », a fait valoir un haut responsable de l’administration américaine.
« Les Etats-Unis sont prêts à coopérer pour bâtir une meilleure relation avec la Russie, mais cela ne peut se produire que si le gouvernement russe change d’attitude », a commenté le porte-parole adjoint de la Maison Blanche, Raj Shah. Moscou, qui nie toute implication dans la tentative d’assassinat, dénonce un « geste provocateur témoignant de la poursuite d’une ligne de confrontation » et promet des représailles.
L’expulsion de diplomates, même massive, reste une mesure avant tout symbolique. C’est une façon de marquer le coup et surtout d’éviter tout « signal de faiblesse ». « Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Après l’affaire Skripal et contre l’avis de ses conseillers, le président américain avait appelé Vladimir Poutine pour le féliciter pour sa réélection.
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Sanctions contre la Russie : la détermination américaine à l’épreuve des ambiguïtés de Trump

Après l’affaire Skripal et contre l’avis de ses conseillers, le président américain avait appelé Vladimir Poutine pour le féliciter pour sa réélection.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 18h18
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

L’expulsion de soixante diplomates russes et la fermeture d’un consulat à Seattle, annoncés lundi 26 mars au matin à Washington, en concertation avec les alliés occidentaux des Etats-Unis, s’inscrit en droite ligne dans la « vision stratégique » américaine présentée en décembre 2017.
Le document, concocté par le Conseil de sécurité nationale dirigé alors par le général H. R. McMaster, insistait sur les défis présentés par la Russie. Il pointe les ambitions de réarmement de Moscou combinées avec une stratégie d’interférence dans les affaires intérieures d’autres pays, notamment lors d’élections. « L’objectif de la Russie est d’affaiblir l’influence des Etats-Unis dans le monde et de nous éloigner de nos alliés et partenaires », précise le document.
Les décisions coordonnées annoncées lundi, après le communiqué commun de Washington, Londres, Paris et Berlin le 14 mars mettant en cause Moscou dans l’affaire de l’empoisonnement d’un ex-agent russe au Royaume-Uni, s’inscrivent dans cette analyse. « Nous disons au gouvernement russe que lorsque vous attaquerez un ami, vous aurez à en subir les conséquences », a indiqué lundi matin un haut responsable de l’administration. « Comme nous l’avons toujours indiqué à Moscou, la porte du dialogue est ouverte », à condition cependant de « mettre fin à un comportement imprudemment agressif », a-t-il ajouté.

Face à la Russie, un « rival » qualifié de « révisionniste » du fait de son positionnement jugé « illibéral » dans la vision stratégique de l’administration, la détermination américaine reste parfois contredite par les ambiguïtés du président Donald Trump. Ce dernier a à plusieurs reprises fait crédit aux dénégations de son homologue Vladimir Poutine pour les accusations d’interférences dans l’élection présidentielle de 2016, en dépit des assurances de ses propres services de renseignement.

« La Russie a commencé sa...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Grande spécialiste des lettres russes et en particulier de la poètesse Marina Tsvetaeva, Véronique Lossky est morte à Paris, le 17 mars, à 87 ans.
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Mort de Véronique Lossky, auteure et traductrice

Grande spécialiste des lettres russes et en particulier de la poètesse Marina Tsvetaeva, Véronique Lossky est morte à Paris, le 17 mars, à 87 ans.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 16h59
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 17h43
    |

                            Elena Balzamo (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

C’était l’une des figures tutélaires du monde slavisant français. Véronique Lossky est morte le 17 mars, à l’âge de 87 ans, tandis que battait son plein le salon du livre de Paris dont le pays invité était la Russie. Coïncidence significative : c’est à ce pays, ou plus exactement à sa littérature, qu’elle avait consacré la majeure partie de sa vie. Ce choix professionnel découlait de ses inclinations, de ses études, mais aussi de ses racines familiales.
A l’automne 1922, parti de Petrograd, le « bateau des philosophes » emmenait vers l’exil plus de 150 personnes, la fine fleur de l’intelligentsia russe : hommes de science, écrivains, philosophes, expulsés sur l’ordre de Lénine en tant qu’éléments hostiles, voire nuisibles, à l’Etat soviétique. Parmi eux se trouvait le théologien orthodoxe Vladimir Lossky (1903-1958), futur beau-père de Véronique.
Chassés manu militari, dépouillés de leurs biens, ces expulsés ne furent autorisés à emporter que quelques vêtements. Pas d’argent ni de livres. Plusieurs d’entre eux vinrent grossir les rangs de la diaspora russe en France, dont les membres se comptaient déjà en dizaines de milliers. Ainsi naquit un milieu unique, littéralement saturé de culture : écoles, églises, conservatoires de musique, maisons d’édition, qui, malgré les inévitables conflits internes, œuvraient tous à un but commun, conserver la culture russe dans l’espoir de la « restituer » un jour à la patrie. On y comptait plusieurs écrivains de premier rang dont Ivan Bounine, Gaïto Gazdanov, Nina Berberova, ou encore Marina Tsvetaeva.
Fille d’exilés russes
C’est dans ce milieu que grandit Véronique Youdine-Belsky. Née en 1931 à Paris de parents émigrés, elle était la petite-fille d’un prêtre orthodoxe. Après une scolarité au lycée russe de Paris, elle suit des études à la Sorbonne, puis à Oxford, un parcours au cours duquel elle se spécialise en littérature et en histoire russes, ancienne et moderne. De sorte que, à la différence de...




                        

                        

