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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le Québécois Alexandre Bissonnette a finalement reconnu mercredi être l’auteur du meurtre de six fidèles dans une mosquée le 29 janvier 2017.
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Attentat contre une mosquée à Québec : l’accusé plaide coupable

Le Québécois Alexandre Bissonnette a finalement reconnu mercredi être l’auteur du meurtre de six fidèles dans une mosquée le 29 janvier 2017.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 18h40
   





                        



   


Il a finalement décidé de plaider coupable. Le Québécois Alexandre Bissonnette a reconnu, mercredi 28 mars, être l’auteur de la tuerie qui a fait six morts parmi les fidèles de la mosquée de Québec le 29 janvier 2017.
Cet ex-étudiant de 28 ans aux idées nationalistes a plaidé coupable des douze chefs d’accusation, dont six meurtres avec préméditation et six tentatives de meurtre. Il encourt une condamnation à la prison à perpétuité, dont vingt-cinq ans incompressibles. Alexandre Bissonnette avait initialement plaidé non coupable lundi à l’ouverture de son procès avant de reconnaître sa culpabilité quelques heures plus tard pour la pire attaque dans une mosquée en Occident. La sentence sera prononcée par le juge François Huot à une date ultérieure.
Après avoir pénétré dans la mosquée, Alexandre Bissonnette avait tiré sur un groupe d’une quarantaine de musulmans faisant six morts et 35 blessés, dont quatre enfants. Le premier ministre Justin Trudeau avait qualifié cette tuerie d’« attentat terroriste ».

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Dernier jour du scrutin pour la présidentielle, dont l’issue est sans surprise. Les autorités craignent cependant une forte abstention.
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Compte rendu

La participation, enjeu principal de l’élection présidentielle en Egypte

Dernier jour du scrutin pour la présidentielle, dont l’issue est sans surprise. Les autorités craignent cependant une forte abstention.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-28T17:46:43+02:00"

        Le 28.03.2018 à 17h46






    
Bulletins de vote à Gizeh, en Egypte, le 28 mars.
Crédits : FETHI BELAID / AFP


Avec un proche du favori Abdel Fattah Al-Sissi en guise d’adversaire, l’issue de l’élection présidentielle égyptienne sera sans surprise. Ce qui pose question, en revanche, c’est la participation. Si une certaine affluence a été observée lundi 26 mars à l’ouverture du scrutin, les électeurs ne se sont pas bousculés mardi et mercredi, dernier jour du scrutin, en milieu de journée dans certains bureaux de vote au Caire et dans le delta du Nil, ont constaté des journalistes de l’AFP. Aucun chiffre officiel de participation n’a été publié depuis le début du vote.

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Elu en 2014 avec 96,9 % des voix, M. Sissi, 63 ans, a pour seul adversaire Moussa Mostafa Moussa, 65 ans, le chef du minuscule parti libéral Al-Ghad, méconnu du grand public et partisan affiché du régime. D’autres candidats potentiels, parfois plus crédibles que M. Moussa Mostafa, ont été soit emprisonnés pour violation de la loi, soit se sont dits découragés en raison de pressions des autorités.
Au cours de la campagne, l’aspect politique a été éludé par les deux candidats, qui n’ont pas débattu sur le fond autour de leurs projets respectifs. M. Mostafa Moussa, qui nie être un candidat fantoche venu légitimer l’élection, n’adresse aucune critique à son adversaire et rappelle même ses nombreuses réalisations durant son premier mandat. Dans l’unique interview télévisée de sa campagne, M. Sissi avait affirmé ne pas être responsable de l’absence de concurrents sérieux. « J’aurais aimé que soient présents un, deux, trois ou dix des meilleurs » candidats.
Scènes de liesse autour des bureaux de vote
Dans ce contexte, le pouvoir redoute surtout un taux d’abstention élevé, susceptible de décrédibiliser l’élection. Les abstentionnistes seront ainsi sanctionnés, a annoncé mercredi l’Autorité nationale des élections. « Une amende de 500 livres » (22 euros) sera appliquée contre eux, a affirmé son porte-parole, Mahmoud El-Chérif, à la télévision. La veille, le premier ministre, Chérif Ismaïl, a exhorté les électeurs à voter. « C’est un droit constitutionnel et un devoir pour la nation de tous les citoyens. » A la télévision publique et dans la rue, des chansons patriotiques sont diffusées pour inciter les Egyptiens à aller voter.
Les appels insistants à la participation tranchent avec les scènes de liesse et de foule autour des bureaux de vote que les médias favorables au régime relayent en continue. Ces derniers relatent également, comme les autorités, la bonne organisation des élections, l’absence de problème sécuritaire ou encore la couverture sans difficultés majeures pour les médias étrangers.

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Appels au boycott du scrutin, qualifié de « mascarade »
Mardi, M. Chérif a fait état d’une mobilisation importante dans les grandes villes, mais sans donner de chiffres exacts. A la présidentielle de 2014, le taux de participation avait atteint 37 % après deux jours de scrutin, puis 47,5 % après une prolongation d’une journée.
Seules quelques personnalités de l’opposition ont appelé, avant les élections, au boycott du scrutin qu’ils ont qualifié de « mascarade ». Ils ont vite été rappelés à l’ordre par le président lui-même qui, sans les nommer, a prévenu, dans un discours fin janvier, qu’il ne tolérerait pas qu’on joue avec « la sécurité » de l’Egypte.
Populaire en raison du retour d’une certaine stabilité en Egypte, après les années de troubles ayant suivi le soulèvement populaire de 2011, l’ancien maréchal Sissi est arrivé au pouvoir un an après avoir destitué l’islamiste Mohamed Morsi, premier président égyptien élu démocratiquement mais vite devenu impopulaire. M. Sissi est régulièrement critiqué par les dissidents, les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme qui dénoncent des graves violations des libertés individuelles et la répression implacable des opposants. Les résultats officiels de la présidentielle seront proclamés le 2 avril.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ L’ancien prisonnier Win Myint est nommé au poste jusqu’à présent honorifique de chef de l’Etat. Politicien chevronné, il pourrait être tenté d’étendre ses pouvoirs.
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En Birmanie, un proche d’Aung San Suu Kyi désigné à la présidence

L’ancien prisonnier Win Myint est nommé au poste jusqu’à présent honorifique de chef de l’Etat. Politicien chevronné, il pourrait être tenté d’étendre ses pouvoirs.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 17h28
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 17h42
    |

                            Antoine Clapik (Rangoun, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Un proche d’Aung San Suu Kyi en remplace un autre. Après la soudaine démission, la semaine dernière, du président sortant Htin Kyaw, un fidèle allié de la Lady du temps de la lutte contre la dictature, Win Myint a été élu, mercredi 28 mars, au poste désormais largement honorifique de chef de l’Etat de la République de l’Union de Myanmar, nom officiel de la Birmanie.
Les éventuelles répercussions politiques de cette élection au suffrage indirect, fruit du vote d’un collège électoral composé des membres des deux chambres du Parlement, font l’objet de spéculations dans la presse et les milieux diplomatiques : au contraire du chef de l’Etat sortant, qui était de santé fragile et n’avait accepté ce poste que pour complaire à son ami Aung San Suu Kyi, le nouveau président, âgé de 66 ans, est un politicien chevronné.
L’ex-président, la « marionnette » de la Lady
Ancien prisonnier de conscience, il est engagé en politique depuis 1988, quand les manifestants du mouvement prodémocratie tombaient sous les balles des soldats de la junte. Depuis les élections législatives de novembre 2015, il occupait le poste névralgique de président de la chambre basse du Parlement.
Cet ex-étudiant en géologie de l’université de Rangoun devenu avocat pourrait s’avérer plus pugnace et surtout plus enclin à endosser le costume de chef de l’Etat que son prédécesseur. Il pourrait, si telle était son intention, exercer des pouvoirs relativement étendus comme le lui permettent les dispositions de la Constitution de 2008, approuvée par référendum à l’époque de la junte militaire.
Forte de l’écrasante victoire en 2015 de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), Mme Suu Kyi briguait d’ailleurs le poste mais un article de cette même Constitution empêche toute personne ayant été mariée à un étranger de devenir président. Aung San Suu Kyi ayant épousé un Britannique avec lequel elle a eu deux fils, la route de la présidence lui était barrée....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Dans le nord du pays, des islamistes armés mènent des raids qui rappellent le mode opératoire de Boko Haram au Nigeria.
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Reportage

Au Mozambique, les femmes dans la ligne de mire d’un groupe djihadiste émergent

Dans le nord du pays, des islamistes armés mènent des raids qui rappellent le mode opératoire de Boko Haram au Nigeria.

Par                                            Adrien Barbier (Mocimboa da Praia (Mozambique), envoyé spécial)




LE MONDE
              datetime="2018-03-28T15:27:43+02:00"

        Le 28.03.2018 à 15h27

     •
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        Mis à jour le 28.03.2018 à 15h29






    
Mocimboa da Praia, au Mozambique, le 6 mars 2018. Une femme marche à travers les ruines d’une mosquée détruite après une attaque djihadiste dans le quartier de Nanduadua, en octobre 2017.
Crédits : ADRIEN BARBIER / AFP


Janvier, février, mars : Momade Mfaume compte les jours comme on égrène un chapelet. Ce petit grand-père inoffensif a été attaqué dans son champ, près de Mocimboa da Praia, dans l’extrême nord du Mozambique, au début de l’année. Alors qu’on lui tirait dessus, sa femme, Zanaïda, a été kidnappée. « Cela fait soixante-six jours qu’ils l’ont prise. Je ne mange plus, je ne dors plus, explique cet homme de 70 ans en triturant son kufi (bonnet). C’est ma seule femme, vous comprenez. »
M. Mfaume, de confession musulmane comme la majorité des habitants de la région, est l’une des victimes du groupe djihadiste qui sévit dans le nord du pays. Bourgade d’apparence calme et sans histoires, Mocimboa a été prise d’assaut le 5 octobre 2017 par des dizaines d’insurgés. Chassés par l’armée, ils ont depuis pris le maquis, d’où ils mènent des raids. Ce groupe de jeunes musulmans radicalisés, la population locale les nomme les « chabab » (« les jeunes », en arabe), bien qu’aucun lien avec les Chabab somaliens ne soit avéré. Ils affirment combattre l’Etat et vouloir l’application de la charia, la loi islamique.

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Leurs premières cibles sont les fonctionnaires – policiers, leaders communautaires, infirmiers, professeurs –, qui comptent déjà plusieurs morts. Mais le reste de la population aussi est visé, même si les autorités évitent de l’admettre. Les habitants parlent d’assassinats à la machette dans les champs, d’enlèvements de femmes, de maisons brûlées. Dans le village de Makulo, à une trentaine de kilomètres de Mocimboa, les assaillants ont brûlé une église et hissé le drapeau de l’Etat islamique, avant d’être délogés. Leur mode opératoire rappelle le groupe islamiste Boko Haram, qui sévit depuis 2009 dans le nord-est du Nigeria.
« Les hommes, ils les égorgent »
L’épouse de M. Mfaume a été remariée de force à l’un des djihadistes. L’information lui a été donnée par une autre captive, parvenue à s’échapper. « Toutes les femmes qui sont là-bas ont été remariées, déplore le vieillard. Dans le quartier, on est onze hommes dans ce cas. A nous tous, on a perdu 27 femmes. » Cet ancien combattant de la guerre de libération tient les comptes : d’après lui, sept hommes ont été tués à la machette lors des enlèvements. « Ils veulent seulement les femmes. Les hommes, ils les égorgent comme des cabris », précise t-il.
Dans le même quartier de Nanduadua, Fatou Chak raconte comment son frère a réussi à s’échapper des mains des djihadistes. Kidnappé avec sa mère puis emmené en forêt, il a été entendu par la police à son retour et, depuis, se tient caché. « Il nous a raconté que les chabab n’avaient pas voulu les tuer, rapporte la jeune fille. Ils les utilisaient pour transporter des choses, surtout la nuit. Comme des esclaves. » 

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Pour Ussenne Amisse, professeur dans une école coranique du quartier, les djihadistes s’en prennent à la population car ils n’ont plus de nourriture. « Les chabab ont fui dans la forêt et ils n’avaient pas prévu que ça se passerait comme ça, dit-il. Ils ont commencé à prendre des femmes, même enceintes, et à dire que c’étaient les leurs. Ils tuent des gens, surtout dans les champs, et ils ont dit qu’ils continueraient jusqu’à leur mort. »
Ussenne Amisse s’interrompt alors que surgit un secrétaire de quartier. Depuis les attaques, un climat de suspicion généralisée s’est répandu dans la communauté musulmane. Le contrôle de la population a redoublé au Mozambique, où le même parti, anciennement marxiste, est au pouvoir depuis l’indépendance en 1975.
Gigantesque coup de filet
Interrogées sur les enlèvements, les autorités affirment ne pas avoir d’informations. « Je pense que ce n’est pas vrai. En tant que représentant du gouvernement, je n’ai jamais entendu une chose pareille », assure Fernando Neves, le maire de Mocimboa, alors que la police a arrêté de donner le bilan des victimes de chaque attaque. Si une accalmie a été constatée depuis la fin janvier, les médias d’Etat ont rapporté dix attaques entre le 5 octobre et le 15 mars, qui ont fait au moins 44 morts, dont 21 djihadistes, et des dizaines de blessés.

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Officiellement, la situation est désormais « calme et sous contrôle » dans toute la province de Cabo Delgado, une région stratégique pour ses immenses réserves de gaz. Des dizaines d’assaillants ont été tués dans des opérations de contre-insurrection et les forces de police ont mené un gigantesque coup de filet : depuis octobre, 470 personnes ont été arrêtées. Début février, les déplacés, dont le nombre exact demeure inconnu, ont été exhortés à regagner leur maison. Sous couvert d’anonymat, des responsables locaux reconnaissent néanmoins n’avoir aucune idée du nombre de djihadistes restant dans les épaisses forêts alentour.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Pour l’avocat Frédéric Gérard, dans une tribune au « Monde », la fiscalité des activités numériques exige de refondre la notion de localisation de l’activité, et non des mesures inadaptées à la réalité des entreprises, fussent-elles populaires.
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« Au lieu de protéger les acteurs européens, la “taxe GAFA” pourrait paradoxalement les pénaliser »

Pour l’avocat Frédéric Gérard, dans une tribune au « Monde », la fiscalité des activités numériques exige de refondre la notion de localisation de l’activité, et non des mesures inadaptées à la réalité des entreprises, fussent-elles populaires.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 14h00
    |

Frédéric Gérard (Avocat associé du cabinet Velvet)







                        



                                


                            
Tribune. La Commission européenne a présenté, le 21 mars, son projet de création d’une taxe sur les services numériques (TSN). Les géants du numérique réalisent en effet des recettes colossales en Europe, mais n’y payent en proportion qu’un impôt sur les sociétés très faible. Le principe de cette taxe est donc simple : taxer ces recettes indépendamment des bénéfices réalisés, afin de contraindre les GAFA [Google, Apple, Facebook, Amazon] à payer un niveau satisfaisant d’impôts en Europe.
La contribution fiscale de ces sociétés, qui s’appuient sur des pratiques fiscales critiquées, est indéniablement faible. Le principe de cette taxe est donc populaire. Mais peut-elle vraiment atteindre le but recherché ? En premier lieu, la définition des activités concernées pose question. Le projet de directive vise les « services numériques caractérisés par la création de valeur par les utilisateurs ». Vague et subjective, elle est la promesse de contentieux fiscaux nombreux et hasardeux pour l’administration et les entreprises.

Les seuils d’assujettissement semblent en première analyse moins approximatifs. Pour ne pas peser sur les start-up et les PME, la taxe ne concernerait que les sociétés dont le chiffre d’affaires mondial dépasserait 750 millions d’euros ou dont le chiffre d’affaires réalisé en Europe excéderait 50 millions d’euros. Elle serait calculée au taux de 3 % du chiffre d’affaires. Ces montants seront souvent difficiles à déterminer, et conduiront probablement certaines sociétés à se réorganiser pour y échapper.
Au lieu de protéger les acteurs européens, la taxe pourrait paradoxalement les pénaliser : elle impactera peu la rentabilité des concurrents américains ou chinois, mais pèsera sans doute plus lourdement sur ces entreprises de taille intermédiaire dont l’Europe manque tant.
Contournements et effets indirects
Que dire des entreprises européennes qui acquittent aujourd’hui un montant normal...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Dans cette chronique hebdomadaire, la journaliste du « Monde » Marie de Vergès explique que le président vénézuélien devra trouver une autre martingale que ce « cryptoactif adossé au pétrole » pour tirer le pays de son cau­chemar monétaire.
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Au Venezuela, le petro ne fait pas le bonheur

Dans cette chronique hebdomadaire, la journaliste du « Monde » Marie de Vergès explique que le président vénézuélien devra trouver une autre martingale que ce « cryptoactif adossé au pétrole » pour tirer le pays de son cau­chemar monétaire.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 14h46
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Il est facile de ne pas prendre le Venezuela au sérieux. Et tentant de ranger aussitôt le petro, sa nouvelle monnaie ­virtuelle, au rang des informations surréalistes qui nous arrivent, avec une régularité de métronome, du pays de Nicolas ­Maduro. Un Etat qui fut, jadis, le plus riche d’Amérique latine et qui paie cher aujourd’hui des années d’un pilotage économique désastreux. Comment, dès lors, croire au potentiel du petro, ce « cryptoactif adossé au pétrole » et « instrument de stabilité économique », comme le présente sentencieusement Caracas ?
L’ONG vénézuélienne Cenda a calculé qu’il fallait désormais vingt salaires au minimum pour acheter le ­panier de la ménagère
Mais ne cédons pas à la facilité. Après tout, vouloir lancer une nouvelle devise au Venezuela n’est pas totalement dénué de fondement. Avec une monnaie nationale – le bolivar – en chute libre, la population se retrouve totalement désorientée. Rien qu’en février l’inflation s’est envolée ­au-delà de 6 000 % sur un an. L’ONG vénézuélienne Cenda a calculé qu’il fallait désormais vingt salaires au minimum pour acheter le ­panier de la ménagère. Ces calamités ne sont d’ailleurs pas étrangères à la popularité dont jouit au Venezuela la plus célèbre des cryptodevises, le bitcoin.
Par le passé, d’autres pays en plein dérapage des prix ont fait le pari d’une nouvelle monnaie. En 1923, l’Allemagne a tenté de stopper l’hyperinflation en introduisant le rentenmark, garanti par la richesse industrielle et agricole du pays. Plus récemment, et plus proche de Caracas, le Brésil lança, en 1994, le plan réal pour enrayer dix ans de valse frénétique des ­étiquettes. Deux initiatives couronnées d’un certain succès.
Amateurisme économique
Dans le cas du petro, un « détail » pratique compromet toutefois ces rêves de retour à stabilité : la cryptomonnaie peut s’acheter contre des dollars, des euros, voire des bitcoins… mais pas avec des bolivars. Tant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ L’auteur présumé de la tentative de viol et sa victime, 17 ans, vivent dans la province de Rhamna, dans le sud du pays.
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Compte rendu

Au Maroc, un homme arrêté après la diffusion d’une vidéo d’agression sexuelle

L’auteur présumé de la tentative de viol et sa victime, 17 ans, vivent dans la province de Rhamna, dans le sud du pays.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 28.03.2018 à 13h52

     •
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        Mis à jour le 28.03.2018 à 17h25






    
Manifestation contre le harcèlement sexuel à Casablanca, au Maroc, le 23 août 2017.
Crédits : STRINGER / AFP


Les autorités marocaines ont annoncé, mercredi 28 mars, l’arrestation de l’auteur d’une agression sexuelle qui a soulevé un tollé après la diffusion des images sur les réseaux sociaux. La gendarmerie royale a « procédé à l’arrestation de l’auteur de la tentative de viol d’une fille qui figurait dans une vidéo publiée sur Internet », a souligné le ministère de l’intérieur dans un communiqué.
L’homme, âgé de 21 ans, a été placé en garde à vue, selon le ministère, qui précise que l’agresseur et sa victime, 17 ans, vivent tous les deux dans la province de Rhamna (sud). L’agression, dont les images ont été diffusées mardi sur les réseaux sociaux, a suscité une tempête de réactions dans le royaume, où une enquête avait immédiatement été ouverte pour identifier l’auteur.

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                Au Maroc, le fléau des violences faites aux femmes



Les images montraient une adolescente plaquée à terre par un jeune homme qui la déshabillait de force et touchait des parties intimes de son corps. « L’identité de l’autre personne qui a filmé ces actes criminels a été déterminée et les investigations sont en cours en vue de son arrestation », ont souligné les autorités locales.
Une loi contre les violences faites aux femmes
« Une scène d’une rare violence », « des images atroces », ont écrit mardi des médias locaux, alors que la ministre de la famille, de la femme et de la solidarité, Bassima Hakkaoui, a dénoncé une agression « barbare ». En août 2017, une agression sexuelle collective contre une jeune femme dans un bus à Casablanca, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, avait déjà soulevé un tollé.

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Le Parlement marocain a adopté, mi-février, une loi contre les violences faites aux femmes, qui incrimine pour la première fois « certains actes considérés comme des formes de harcèlement, d’agression, d’exploitation sexuelle ou de mauvais traitement ». Le texte a toutefois été jugé « insuffisant » par les mouvements de défense des droits des femmes, qui appellent à plus de fermeté face à ce fléau.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Poursuivie pour rébellion, cette ex-ministre avait prévu de se livrer aux autorités locales depuis l’arrestation, dimanche en Allemagne, de Carles Puigdemont.
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L’indépendantiste catalane Clara Ponsati, exilée en Ecosse, s’est rendue à la police

Poursuivie pour rébellion, cette ex-ministre avait prévu de se livrer aux autorités locales depuis l’arrestation, dimanche en Allemagne, de Carles Puigdemont.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 13h05
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 13h56
   





                        



   


L’ancienne dirigeante indépendantiste catalane Clara Ponsati, visée par un mandat d’arrêt européen émis par Madrid, s’est rendue mercredi 28 mars à la police en Ecosse, où elle s’est exilée.
L’ex-ministre de l’éducation catalane, arrivée dans la matinée au commissariat Saint Léonard d’Edimbourg, sera présentée à un tribunal de la capitale écossaise dans la journée, a annoncé son avocat, Aamer Anwar.
Poursuivie pour rébellion, elle avait prévu de se livrer aux autorités locales depuis l’arrestation, dimanche par la police allemande, de l’ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont. La rébellion est passible de trente ans de prison en Espagne. Ce chef d’accusation est controversé, car il suppose un « soulèvement violent », qui, selon de nombreux juristes, ne s’est jamais produit.

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« Persécution politique »
Clara Ponsati souhaite se « défendre vigoureusement » contre ces accusations qu’elle réfute et qui relèvent, selon elle, d’une « persécution politique », a ajouté son conseil. Elle soutient que les tribunaux espagnols ne peuvent garantir ses droits.
Comme d’autres dirigeants catalans, Clara Ponsati s’était exilée à Bruxelles le 30 octobre, après la mise sous tutelle de la Catalogne, décidée par Madrid en réponse à la déclaration unilatérale d’indépendance de la région le 27 octobre.
Elle s’est installée il y a peu en Ecosse où elle travaille pour l’université de St Andrews (côte est) en tant que professeur d’économie et où elle a reçu le soutien de membres du Parti nationaliste écossais (SNP), qui partage les aspirations des indépendantistes catalans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ A partir du 1er avril, la portabilité des services numériques sera effective. Mais seuls les citoyens de l’Union se déplaçant dans un autre pays européen pourront profiter de leur abonnement.
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Spotify, Netflix, Deezer... les Européens pourront voyager dans l’UE en profitant de leurs abonnements numériques

A partir du 1er avril, la portabilité des services numériques sera effective. Mais seuls les citoyens de l’Union se déplaçant dans un autre pays européen pourront profiter de leur abonnement.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 16h07
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Ce n’est pas tous les jours que la Commission européenne fait une annonce vraiment parlante pour les citoyens de l’Union. La commissaire au digital Mariya Gabriel est donc descendue en salle de presse de l’institution bruxelloise, mardi 27 mars, pour confirmer l’effectivité au 1er avril de la « portabilité des services numériques ».

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Les abonnés à Spotify, Netflix et autres sites de vidéo à la demande pourront continuer à accéder à ces services lors de leurs voyages internationaux, à condition qu’ils soient citoyens européens et qu’ils se déplacent, temporairement, dans un autre pays de l’Union européenne (UE). Ils devront pouvoir justifier qu’ils ne sont qu’en transit : les fournisseurs de services auront les moyens de vérifier leur adresse IP et/ou certification de résidence.
Le législateur voulait de fait éviter un effet d’aubaine qui conduirait les utilisateurs à s’abonner dans les pays où les services en ligne sont le moins chers. Les Français, très soucieux du droit d’auteur, militaient pour que soit fixée une limite temporelle à la portabilité des services. Le Parlement et le Conseil européen (les Etats membres) n’ont pas retenu cette option.
Une vraie avancée pour les consommateurs
Il s’agit en tout cas d’une vraie avancée pour les consommateurs du Vieux Continent, même si elle ne devrait dans un premier temps concerner que des « millenials » à fort pouvoir d’achat : des fonctionnaires européens, par exemple, bien payés, et sillonnant constamment l’Europe. Elle vient après la fin du roaming, les surtaxes aux appels internationaux (le 15 juin 2017), et avant celle du géoblocking, effective d’ici fin 2018, qui empêchera les cybermarchands de discriminer les clients d’autres pays membres que le leur.
Autre moment fort de l’agenda européen, allant lui aussi dans le sens du renforcement du pouvoir des citoyens : l’entrée en force du règlement sur la protection des données personnelles (RGPD), le 25 mai prochain. Ce texte, très attendu au moment où le scandale Cambridge Analytica défraye la critique, leur donnera théoriquement bien davantage de contrôle sur leurs informations en ligne.

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Après avoir enfin osé proposer de taxer les géants du Web, devenus des champions de l’évitement fiscal, la commission devrait aussi rendre publique, fin avril, une proposition de régulation des plates-formes du Web, visant à rééquilibrer la relation, très inégale, entre Google, Apple et autres Facebook, et les PME sur le Net. Il s’agira d’éviter par exemple qu’une société ne soit brutalement déréférencée d’un moteur de recherches sans raison valable ni possibilité d’engager un recours.
« Territorialité des droits »
La commission Juncker, qui nourrissait de grandes ambitions pour le « marché unique » du numérique, a en revanche du mal à faire adopter deux textes pourtant jugés fondamentaux : celui sur la modernisation du droit d’auteur, et un autre sur les services audiovisuels (le règlement câble-satellite). Le premier, un projet de directive, a été rendu public en septembre 2016, mais son examen au Parlement européen, et en parallèle au Conseil, n’a toujours pas abouti. La Commission espère encore une adoption définitive avant fin 2018.

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Les associations d’ayants droit, notamment françaises, bataillent pied à pied, redoutant une modernisation sans discernement qui fragiliserait encore plus les sources de revenus des auteurs. Les éditeurs de presse, spécialement allemands, espèrent quant à eux obtenir un « droit voisin », c’est-à-dire la possibilité de réclamer des droits auprès des plates-formes qui référencent les articles de leurs journalistes.
La discussion autour du règlement « câble-sattelite » est plus avancée : elle en est au stade des pourparlers entre le Parlement de Strasbourg et le Conseil européen. Mais les négociateurs butent encore sur une disposition cruciale, la « territorialité des droits ». La Commission tenait à ce que des contenus numériques financés dans un pays membre puissent être diffusés ailleurs dans l’Union sans avoir à s’acquitter de droits de diffusion dans ces Etats. Mais là encore, les acteurs traditionnels, cinéma et TV, font de la résistance.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ En collaboration avec Ford, le géant chinois du commerce en ligne veut rajeunir la vente d’automobiles. Les clients peuvent acheter un véhicule sans intervention humaine.
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Alibaba lance un « distributeur automatique de voitures »

En collaboration avec Ford, le géant chinois du commerce en ligne veut rajeunir la vente d’automobiles. Les clients peuvent acheter un véhicule sans intervention humaine.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 11h50
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



   


Acheter une voiture presque comme une paire de basket ou des couches pour bébé, c’est déjà possible sur Tmall, la plate-forme de vente pour les marques d’Alibaba. Le géant du ecommerce chinois va encore un cran plus loin avec son « distributeur automatique de voitures ». Le premier a été ouvert à Canton lundi 26 mars, pour un mois de test.
C’est un parking vertical qui range les voitures automatiquement. Une fois sur place, vous vous identifiez sur une borne grâce à une caméra 3D qui reconnaît votre visage. Puis la voiture descend comme par magie. Vous pouvez l’essayer trois jours, moyennant une caution. Convaincu ? vous n’avez qu’à valider votre achat sur Tmall et le véhicule est à vous. Si besoin Alipay, le portefeuille électronique d’Alibaba propose aussi des services de paiement différé

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En 2016, 5 % des achats de véhicules s’effectuaient sur le Net
Ce « distributeur automatique » associe Alibaba et Ford, un projet annoncé en décembre 2017. Pour l’instant, seuls les véhicules du constructeur américains sont disponibles. C’est une petite tour de cinq étages, entièrement automatisée qui contient 42 véhicules, Mondeo, et autres Mustang. D’après Alibaba, les clients peuvent acheter un véhicule en dix minutes, sans la moindre intervention humaine. D’autres distributeurs pourraient entrer en fonctionnement à Pékin et Hangzhou le mois prochain.
Avec ce partenariat, Ford, en perte de vitesse dans le pays, espère séduire la clientèle jeune : un quart des acheteurs de voitures de moins de 24 ans ont effectué leur achat en ligne en 2016, selon McKinsey. Les ventes sur Internet représentaient 5 % des achats de véhicules, contre 1 % en 2014. Elles ont atteint 1 million d’unités en 2016, pour 100,7 milliards de yuans (13 milliards d’euros), d’après le cabinet de conseil Frost & Sullivan. La Chine, relativement peu pourvue en concessionnaires traditionnels, est de loin le marché le plus avancé en la matière.
Quoique souvent innovant, Alibaba n’est pas le premier à tester les distributeurs de voitures. Des start-up ont déjà lancé leur propre concept aux Etats-Unis, au Japon et à Singapour. Mais avec ses 520 millions de clients, Alibaba a une tout autre force de frappe. C’est le partenaire idéal pour les grandes marques qui veulent toucher le public chinois. Le 11 novembre 2017, rebaptisé « fête des célibataires » en Chine, Alibaba a notamment vendu 100 000 voitures.



                            


                        

                        


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Compte rendu

En Guinée équatoriale, des opposants affirment avoir été torturés par la police

Les faits auraient eu lieu juste après que le régime eut annoncé avoir déjoué une tentative de coup d’Etat, fin 2017.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-28T11:48:21+02:00"

        Le 28.03.2018 à 11h48






    
Le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema, en Bolivie, en novembre 2017.
Crédits : David Mercado / REUTERS


Des militants d’un parti d’opposition dissous en février en Guinée équatoriale affirment avoir été « torturés », pratique confirmée par des défenseurs des droits humains mais fermement démentie par le pouvoir à Malabo. C’est à « Guantanamo », surnom du commissariat central de Malabo, que plusieurs des 38 militants du parti d’opposition Citoyens pour l’innovation (CI) disent avoir subi des mauvais traitements, du 28 décembre 2017 au 3 janvier, selon des témoignages recueillis par l’AFP.
Les faits auraient eu lieu juste après que le régime eut annoncé avoir déjoué, le 24 décembre 2017, une tentative de coup d’Etat dont les commanditaires étaient des Equato-Guinéens et les exécutants des étrangers, parmi lesquels des Français, selon Malabo. Des militants du parti CI avaient été arrêtés après une tentative de rassemblement début novembre.

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« Nous avons été torturés pendant une semaine, affirme Ernesto Obama Ondo, 42 ans, militant de CI. Je recevais 150 coups de fouet chaque jour, mes fesses étaient en lambeaux. » Mireille Buila Euka, 24 ans, elle aussi membre de CI, a également reçu des coups de fouet après avoir été attachée par les mains et les pieds : « J’ai reçu 100 coups la première nuit » en détention.
Un opposant « mort sous la torture »
Ernesto Obama Ondo dit avoir été finalement emmené à l’hôpital La Paz de Malabo, comme d’autres victimes, information confirmée à l’AFP par des employés de l’hôpital. C’est là que Susana Esono, la trentaine, affirme avoir subi une tentative d’assassinat. Elle y avait été emmenée après avoir eu un bras cassé et une côte fracturée à coups de barre de fer lors de son arrestation le 28 décembre.
« Après deux jours à l’hôpital La Paz, un homme m’a fait une injection et je me suis évanouie », dit-elle. Alors qu’elle était encore sous perfusion, des « policiers » sont venus la chercher pour la conduire à « Guantanamo », où ils lui ont arraché la perfusion en disant que « les gens de CI doivent mourir et n’ont pas droit au traitement ».

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Selon M. Obama Ondo et le parti CI, un autre opposant, Santiago Ebee Ela, « est mort sous la torture » en détention, mi-janvier. « Ce n’est pas vrai, je pense qu’il était malade », avait affirmé à l’époque le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema, promettant une enquête sur les circonstances de son décès qui n’a pas encore commencé, selon l’avocat Fabian Nsue et Amnesty International. « Les militants de CI ont été torturés, nous envisageons une action en justice », a déclaré Me Nsue à l’AFP, doutant qu’elle aboutisse, la justice étant selon lui liée au gouvernement, dont l’objectif est « d’en finir avec CI ».
Saisie, l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) souhaiterait que l’ONU mène une enquête, a indiqué la chercheuse Sarah Saadoun. « Je suis en train de faire de plus amples recherches » pour une plainte devant l’ONU, déclare Tutu Alicante, Equato-Guinéen en exil et collaborateur de HRW.
Des militants comparés à « des paramilitaires »
Début février, l’Union européenne s’est inquiétée de la « forte détérioration de la situation des droits de l’homme » en Guinée équatoriale, tout comme Amnesty International. « Depuis les élections législatives et municipales de novembre 2017, nous avons constaté une augmentation du nombre de cas de torture de membres de l’opposition », déclare à l’AFP Marta Colmer, chercheuse à Amnesty. Mais le « refus de collaborer » des autorités équato-guinéennes rend difficile la vérification « des violations des droits de l’homme dans ce pays », explique-t-elle. 
« Qui est torturé ? », se demande l’ambassadeur de Guinée équatoriale en France, Miguel Oyono Ndong Mifumu, interrogé par l’AFP. « Les gens qui ont été arrêtés ne l’ont pas été parce qu’ils étaient membres d’un parti politique », affirme-t-il. Ils l’ont été pour « sédition, désordre public, atteintes à l’autorité et blessures graves » suite à des échauffourées survenues le 5 novembre pendant la campagne pour le scrutin du 12 novembre à Aconibe, sur la partie continentale du pays. « Un groupe de 200 personnes » a « tabassé des policiers », a ajouté l’ambassadeur, comparant les militants de CI à « des paramilitaires ».

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La police avait empêché la tenue d’un meeting de campagne du parti CI à Aconibe, ville natale du leader du parti, Gabriel Nse Obiang Obono. Trois policiers avaient été blessés et leurs armes de service arrachées.
Fin février, CI a été dissous et 147 de ses militants jugés sur la base des événements d’Aconibe, dont 21 condamnés à plus de trente ans de prison. Trente-et-un militants sont encore en détention, selon CI, dont son unique député, Jésus Mitogo. Le parti affirme que, lors de leur procès, mi-février, une trentaine d’accusés ne pouvaient pas se tenir debout « en raison de la torture subie » pendant leur détention « à Guantanamo ».


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les électeurs voient dans le premier ministre un rempart contre les dangers extérieurs et l’immigration.
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édition abonné


A Debrecen, dans le fief de la Hongrie rêvée d’Orban

Les électeurs voient dans le premier ministre un rempart contre les dangers extérieurs et l’immigration.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 11h33
    |

                            Blaise Gauquelin (Debrecen (Hongrie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Marie Csernyi presse le pas sur le parvis de l’immense temple calviniste de Debrecen. C’est ici que Lajos Kossuth, héros du roman national, a proclamé la déchéance des Habsbourg et l’indépendance de la Hongrie, le 14 avril 1849. Le personnage est sacré pour les patriotes ; Viktor Orban, le premier ministre en campagne pour obtenir un troisième mandat d’affilée, se présente comme son héritier.
Trente-cinq ans durant, cette sexagénaire a passé la serpillière sur les tomettes foulées par les ouailles protestantes. Elle votera bien sûr pour le chef du gouvernement, si décrié à l’étranger, aux législatives du 8 avril. « Pour qui d’autre ? Regardez donc autour de vous ! Tout a changé en mieux chez nous grâce au parti Fidesz. »
Impossible d’échapper à la couleur orange du parti au pouvoir dans la seconde ville de Hongrie, une vitrine du régime, située à 225 kilomètres à l’est de Budapest. Tramway flambant neuf, centre-ville rénové : l’argent coule à flots à Debrecen depuis la victoire, en 2010, de cette formation et de son dirigeant ultraconservateur, car la municipalité de 210 000 habitants est tenue par des proches du clan Orban.
Difficile de dénicher des électeurs ouvertement critiques, même au sein de l’important campus qui fait vivre la cité. « Je vais voter pour le Fidesz parce que le chômage a baissé », assure par exemple Aniko Csillag, 20 ans, qui étudie la littérature hongroise. « Et moi parce que les salaires ont augmenté », explique Zoltan Lukacs, en première année de sciences politiques. La corruption, le clientélisme, l’état catastrophique des hôpitaux ? Des mensonges de l’opposition. « Les gens veulent reconduire Orban parce qu’ils ont constaté des changements positifs au niveau local », analyse son camarade Janos Santa.
Détourner l’attention
A Debrecen, les habitants disent « merci Orban ». Ils sont rarement contredits dans leurs convictions : la base électorale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Selon les informations du « Monde », le chef des services secrets syriens a rencontré son homologue italien en janvier à Rome. C’est une violation des sanctions européennes.
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édition abonné


Ali Mamlouk, le discret émissaire de Damas, a été reçu à Rome

Selon les informations du « Monde », le chef des services secrets syriens a rencontré son homologue italien en janvier à Rome. C’est une violation des sanctions européennes.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 18h37
   





                        



                                


                            

Le chef des services secrets syriens, Ali Mamlouk, est l’ambassadeur de l’ombre du régime Assad. Alors que les hauts dignitaires syriens ne s’aventurent presque jamais en dehors de leur pays, ce général de 72 ans, visé comme eux par des sanctions internationales pour son rôle dans la répression du soulèvement en Syrie, voyage fréquemment à l’étranger.
Ces dernières années, il s’est discrètement rendu en Jordanie, en Egypte, en Russie, en Irak et même en Arabie saoudite, pourtant l’un des principaux adversaires de la Syrie. Derrière la façade sécuritaire, l’objectif de ces missions est évidemment politique : rompre l’isolement du régime, amorcer sa normalisation, dans le but de transformer ses victoires militaires en victoire diplomatique.
A ce petit jeu, le maître espion a récemment marqué des points. Alors qu’il limitait jusqu’alors ses déplacements à des pays du Proche-Orient ou bien aux alliés de la Syrie, en janvier il a posé le pied dans un pays membre de l’Union européenne : l’Italie. Ce voyage qui fait suite à une invitation de l’Agence d’information et de sécurité externe (AISE), les services secrets transalpins, enfreint des actes législatifs adoptés par l’UE prohibant à de nombreux hauts responsables syriens de pénétrer sur le territoire des Vingt-Huit.
Révélée fin février par Al-Akhbar, un quotidien libanais proche du régime syrien, cette visite a été confirmée au Monde par trois sources très au fait des affaires syriennes, dont un agent de renseignement d’un pays voisin de la Syrie. Selon nos informations, M. Mamlouk s’est rendu à Rome dans un jet privé mis à sa disposition par les autorités italiennes.

Dans la capitale italienne, le chef de la Sécurité nationale, un service qui chapeaute l’appareil de renseignement syrien, a rencontré son homologue, Alberto Manenti, directeur de l’AISE. « Mamlouk peut leur parler des migrations, de questions sécuritaires, mais ce sont des prétextes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Editorial. La réélection d’Abdel Fattah Al-Sissi ne fait pas de doute, toute opposition ayant été écartée du scrutin qui se tient du 26 au 28 mars.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Egypte : une parodie d’élection présidentielle

Editorial. La réélection d’Abdel Fattah Al-Sissi ne fait pas de doute, toute opposition ayant été écartée du scrutin qui se tient du 26 au 28 mars.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 11h23
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Faudra-t-il féliciter le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, au lendemain de sa probable réélection à l’issue de la parodie d’élection présidentielle qui se tient en Egypte du 26 au 28 mars ? La question ne se pose pas, car il est vrai que M. Sissi n’a pas entrepris de déstabiliser l’Union européenne en faisant assassiner ses opposants à l’arme chimique sur son territoire, contrairement au président russe.

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Mais, si l’on s’en tient aux normes de la « démocratie » qu’il entend mettre en œuvre en Egypte, il y aurait assurément matière à débat. Car l’élection égyptienne n’a rien à envier au scrutin russe en matière de pluralisme. Presque tous les prétendants à la magistrature suprême, même ceux issus de l’armée comme le président sortant (le colonel Ahmed Konsowa, le général Sami Anan, le général et ex-premier ministre Ahmed Chafik, mais aussi le député Mohamed Anouar El-Sadate, neveu de l’ex-président Sadate, et l’avocat Khaled Ali), ont été intimidés ou arrêtés afin d’être empêchés de se présenter. Résultat, le dirigeant du petit parti Ghad (« demain »), Moussa Mustafa Moussa, qui avait annoncé qu’il voterait Sissi à la présidentielle, a dû se dévouer pour donner une légitimité minimale au scrutin. Ceux qui appelaient au boycottage de cette « farce électorale » ont été menacés de se voir accuser de porter atteinte à la « sécurité » du pays.
Pendant la campagne, le président n’a effectué aucun meeting et n’a accordé qu’une seule interview à un média d’Etat, comme s’il craignait que la moindre critique sur son bilan n’entraîne un débat plus large sur sa légitimité. Pourtant, le maréchal Sissi n’a rien à craindre : l’immense majorité, vaccinée par les trois années d’instabilité qui ont suivi la révolution de 2011, n’aspire qu’à la stabilité et à la sécurité.
Soutien des démocraties occidentales
Mais le bilan pèche : l’insurrection djihadiste, dont l’épicentre se situe dans la péninsule du Sinaï, n’a cessé de gagner en intensité ; les réformes économiques courageuses ont amputé le pouvoir d’achat des classes populaires. Alors qu’il a toutes les manettes, le président égyptien peine à restructurer un paysage politique en ruine après l’échec et la répression des Frères musulmans, dont le court passage au pouvoir, en 2012-2013, fut une calamité.
C’est au nom de cette menace – une Egypte de près de 100 millions d’habitants basculant dans l’islamisme – que les démocraties occidentales apportent un soutien sans faille au régime égyptien, à l’instar d’Emmanuel Macron, qui n’a pas jugé nécessaire de critiquer les multiples atteintes à l’Etat de droit, à la liberté d’expression, et les dérives autocratiques de son homologue lors de sa visite à Paris, à l’automne dernier.

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Mais, en privé, les inquiétudes se font de plus en plus vives : l’Egypte ne décolle pas, son économie est incapable d’absorber une jeunesse trop nombreuse et mal formée ; le régime court derrière une société de plus en plus religieuse, voire bigote, ne parvenant pas à « réformer l’islam », comme l’avait promis le président Sissi ; l’anomie politique garantit un soutien de façade à un pouvoir plus que jamais dépendant de son appareil de sécurité aux jeux ténébreux.
S’il n’est pas possible d’infléchir le cours des choses en Egypte, au moins serait-il prudent de rappeler au président Sissi ses promesses de ne pas modifier la Constitution pour briguer un troisième mandat. Car tel est désormais l’enjeu du second mandat d’un président qui abhorre la politique et ne cache pas son admiration pour le modèle chinois de Xi Jinping.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Sous l’égide de l’ONU, les grandes puissances ont approuvé l’idée soumise par le président afghan à l’opposition armée talibane de devenir un « parti légitime ».
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À Tachkent, un sommet sans illusions pour trouver un « accord politique » avec les talibans

Sous l’égide de l’ONU, les grandes puissances ont approuvé l’idée soumise par le président afghan à l’opposition armée talibane de devenir un « parti légitime ».



Le Monde
 |    28.03.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 15h01
    |

            Isabelle Mandraud (Tachkent, envoyée spéciale)








                        



   


Le temps presse, avant la pleine reprise des combats du printemps. Un mois après la proposition du président afghan Ashraf Ghani, faite en février aux talibans, d’engager des pourparlers directs sans conditions préalables, afin de mettre fin à des années de guerre, les pays d’Asie centrale, la Russie, les Etats-Unis, la Chine et l’Union européenne ont approuvé la démarche. A l’issue d’intenses discussions menées en amont, les participants de la conférence internationale sur l’Afghanistan qui s’est tenue mardi 27 mars à Tachkent, en Ouzbékistan, ont apporté leur soutien à la recherche d’« un accord politique avec les talibans » décrit comme « la meilleure façon de mettre fin à la violence » dans le pays.
« Ce serait la victoire de toutes les parties et la défaite de personne », assure la déclaration finale de Tachkent, ratifiée avec la caution du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, intervenu par vidéo. « Cela garantirait l’intégration des talibans dans le processus politique comme un acteur politique légitime », précise le document. Le « processus de Kaboul » de M. Ghani ainsi intronisé, l’opposition armée talibane, qui s’était emparée du pouvoir de 1996 à 2001 et qui mène la guerre au gouvernement central afghan depuis plus de dix ans, y gagnerait un bureau de représentation, comme un parti. L’offre mise sur des divisions internes des talibans, grands absents de la réunion, avant les élections parlementaires et présidentielle, prévues en 2019.

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Il y a tout de même quelques prérequis : la renonciation à la violence, la rupture de tous les liens « avec le terrorisme international, y compris Al-Qaida, Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] et d’autres réseaux transnationaux », le respect de la Constitution afghane et de l’égalité des droits entre tous les citoyens – les femmes comme les hommes, ainsi qu’a tenu à le souligner la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. Une gageure. Les talibans n’ont en effet jamais renoncé à la violence, comme en témoigne le dernier attentat qu’ils ont revendiqué à Kaboul, qui a fait 103 morts et 235 blessés le 27 janvier. Ils ne veulent surtout pas entendre parler de la Constitution afghane adoptée en 2004. Et à leurs yeux, M. Ghani n’est rien d’autre qu’une « marionnette » des Américains.
« Stratégie d’encerclement »
A Tachkent, aucune des 26 délégations présentes – parmi lesquelles figuraient aussi l’Inde, le Pakistan ou l’Iran – n’entretenait beaucoup d’illusions sur la suite. Toutes les précédentes initiatives ont échoué et les talibans, selon de nombreux participants, contrôlent aujourd’hui la moitié du pays. « La situation se dégrade », a prévenu, l’air particulièrement morose, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui s’est dit « très préoccupé par l’implantation de Daech, en particulier dans le nord de l’Afghanistan, et par l’augmentation du trafic de drogue ».
La présence de l’EI dans le jeu avive les tensions. Américains et Russes divergent sur le nombre de djihadistes, les premiers accusant les seconds d’exagérer délibérément la menace des « retours de Syrie », pour mieux conforter en sous-main les talibans, rivaux de l’EI. Il y a peu, dans un entretien à la chaîne britannique BBC, le général John Nicholson, commandant des forces de l’OTAN et américaines en Afghanistan, avait ainsi accusé Moscou de fournir une aide financière et des armes aux talibans. A Tachkent, le représentant spécial de Vladimir Poutine pour l’Afghanistan, Zamir Kaboulov, désigné comme l’artisan de ce rapprochement, accompagnait M. Lavrov, qui ne s’est pas attardé. Les échanges ont été inexistants avec le représentant américain, le sous-secrétaire d’Etat Thomas Shannon. « Depuis deux à trois ans, Moscou considère que l’Afghanistan fait partie de la stratégie américaine d’encerclement de la Russie. Le gouvernement étant soutenu par les Etats-Unis, les Russes se sont tournés vers ceux qui sont contre », résume un expert occidental.
L’inquiétude grimpe également du côté des pays d’Asie centrale voisins, en particulier l’Ouzbékistan. Son président, Chavkat Mirziyoyev, qui a succédé en décembre 2016 à Islam Karimov, à la tête du pays pendant vingt-sept ans, a entrepris une série de réformes ambitieuses pour attirer les investisseurs et sortir ce pays de 33 millions de personnes de son enclavement. L’un des projets « stratégiques » caressés par Tachkent passe notamment par la construction d’une ligne de chemin de fer au nord de l’Afghanistan destinée, à terme, à lui assurer un débouché maritime via l’Iran.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le groupe insurgé syrien Jaych Al-Islam détient un nombre important de prisonniers, dont des femmes et des enfants.
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Avec la chute de la Ghouta orientale, les prisons rebelles commencent à livrer leurs secrets

Le groupe insurgé syrien Jaych Al-Islam détient un nombre important de prisonniers, dont des femmes et des enfants.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 11h17
    |

            Laure Stephan (Beyrouth, correspondance)








                        



                                


                            

Les prisons tenues par les rebelles de Jaych Al-Islam, dans la région de Douma, ont longtemps été un sujet tabou parmi les habitants de la Ghouta orientale, par peur de représailles de la part du puissant groupe armé. Avec courage, des militants de l’opposition ont toutefois dénoncé ses méthodes d’intimidation et sa pratique de la torture. Au fil des ans, des dissidents ou des combattants de factions rivales ont échoué dans les geôles, officielles ou clandestines, du groupe. D’autres prisonniers, assimilés au régime, y ont aussi été incarcérés.
Avec la reprise de la Ghouta orientale par le régime, ces prisons pourraient désormais livrer une partie de leurs mystères. Mais seul le sort des militaires et des civils, dont des femmes et des enfants enlevés en zone loyaliste, a fait partie des récentes négociations entre les Russes et Jaych Al-Islam. Les familles de ces prisonniers espèrent voir l’heure de vérité se rapprocher : des proches expriment sur les réseaux sociaux leur frêle espoir de retrouvailles, après des années d’impuissance. D’autres font le guet, fébrilement, aux abords de la Ghouta orientale, dans l’attente de voir réapparaître les détenus.
Dans des cages
Les portes des prisons ne se sont, pour l’instant, ouvertes que dans d’autres parties de l’enclave rebelle, où se poursuivent les évacuations vers le nord du pays de combattants insurgés et de civils qui refusent une « réconciliation » avec le régime. A l’exception de la ville de Douma, menacée d’un nouvel assaut, l’armée a pris le contrôle de la totalité de la Ghouta orientale, après une violente offensive qui a fait plus de 1 600 victimes civiles, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Lundi 26 mars, 28 personnes, soldats du régime ou civils, ont été libérées des geôles tenues par d’autres groupes rebelles.

Mais c’est à Douma que se trouve le plus grand nombre des prisonniers « loyalistes ». Il s’agit des « kidnappés d’Adra » – des membres des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Vingt-trois personnes ont été arrêtées pour « organisation et participation à une marche interdite » et « complicité de dégradations de biens publics et privés ».
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Compte rendu

Au Niger, des figures de la société civile inculpées après une manifestation

Vingt-trois personnes ont été arrêtées pour « organisation et participation à une marche interdite » et « complicité de dégradations de biens publics et privés ».


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-28T11:14:49+02:00"

        Le 28.03.2018 à 11h14






    
Le président nigérien, Mahamadou Issoufou, à Bruxelles, le 23 février 2018.
Crédits : Eric Vidal / REUTERS


La justice nigérienne a inculpé, mardi 27 mars, plusieurs responsables de la société civile écroués après une manifestation interdite qui avait dégénéré, dimanche, en violences avec la police, ont indiqué les médias locaux. Vingt-trois personnes, dont quatre figures de la société civile, avaient été arrêtées.
Selon des responsables du collectif d’ONG à l’origine de la protestation, les personnes incarcérées sont poursuivies notamment pour « organisation et participation à une marche interdite » et « complicité de dégradations de biens publics et privés ».

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Des télévisions locales ont précisé que les quatre figures de la contestation sont incarcérées dans différentes prisons : Nouhou Arzika est en détention à Say (au sud de Niamey), Moussa Tchangari à Ouallam (au nord de la capitale), Me Lirwana Abdourahamane à Dai-Kaina (ouest) et Ali Idrissa à Filingué (à environ 180 km au nord-est de Niamey).
Une loi de finances jugée « antisociale »
Lundi, Amnesty International a demandé la libération des 23 personnes. « Les autorités nigériennes doivent immédiatement libérer les activistes de la société civile et de l’opposition politique arrêtés [dimanche] au cours d’une manifestation publique », indique l’organisation de défense des droits humains dans un communiqué.
D’après Amnesty, « la vague d’arrestations d’activistes et la réponse manifestement brutale des forces de sécurité bafouent non seulement le droit des manifestants à la liberté de réunion pacifique, mais risquent d’embraser une situation déjà tendue au Niger ».

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La manifestation de dimanche « a été interdite pour des raisons de sécurité » et surtout « parce qu’elle était prévue la nuit », a précisé à l’AFP le ministre nigérien de l’intérieur, Mohamed Bazoum. Mais ses organisateurs « ont passé outre », a expliqué le ministre. Les manifestants « ont incité et provoqué des troubles à l’ordre public […], ils sont en rébellion pour avoir jugé l’arrêté d’interdiction des autorités illégal », a-t-il affirmé.
Dimanche soir, la police a ordonné la fermeture « jusqu’à nouvel ordre » du groupe privé de radio-télévision Labari, appartenant à Ali Idrissa. Des heurts ont éclaté dimanche après-midi à Niamey entre les forces de l’ordre et des manifestants qui voulaient braver l’interdiction par les autorités d’une manifestation contre la loi de finances 2018, qu’ils jugent « antisociale ».


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Après sa sortie de l’Union, le Royaume-Uni n’aura plus accès au système européen de satellites. David Davis, le ministre du Brexit, dénonce une décision « extraordinairement peu judicieuse ». Paris est suspecté d’être à la manoeuvre.
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Londres furieux d’être écarté du projet Galileo

Après sa sortie de l’Union, le Royaume-Uni n’aura plus accès au système européen de satellites. David Davis, le ministre du Brexit, dénonce une décision « extraordinairement peu judicieuse ». Paris est suspecté d’être à la manoeuvre.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 17h50
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Le Royaume-Uni a décidé de taper du poing sur la table pour ne pas être écarté, après le Brexit, du projet Galileo, le système de satellites européens concurrent du GPS américain. En janvier, la Commission européenne avait informé discrètement le gouvernement britannique qu’après sa sortie de l’Union européenne celui-ci ne pourrait plus avoir accès au signal le plus sophistiqué de Galileo, qui est chiffré et utilisé dans le secteur de la défense, notamment pour le guidage des systèmes d’armement. Une telle décision aurait d’importantes répercussions économiques, excluant automatiquement les entreprises britanniques des prochains appels d’offres de Galileo, attendus dans les mois qui viennent.

Dans un entretien arrangé dans l’urgence, mardi 27 mars, avec quelques médias européens, dont Le Monde, David Davis, le secrétaire d’Etat à la sortie de l’Union européenne, a décidé de contre-attaquer. « Nous sommes surpris de la décision de la Commission. Ce n’est pas nécessaire et ce n’est pas judicieux, non seulement pour nous, mais pour la sécurité européenne. »
« Un impact sur la capacité de nos systèmes de défense »
Le ministre du Brexit souligne que le Royaume-Uni est l’une des principales puissances militaires européennes, et que son service de renseignement est extrêmement utile à la sécurité de l’ensemble des Européens. Conserver la coopération la plus complète relève donc de l’intérêt des Britanniques, mais aussi des Européens.
« Suggérer que le Royaume-Uni n’est pas un pays sûr pour recevoir des données chiffrées me semble extraordinaire, et extraordinairement peu judicieux. Cela signifierait que nous n’aurions plus accès aux données les plus intéressantes du signal de Galileo. Cela aurait un impact sur la capacité de nos systèmes d’armement, de défense. » Selon M. Davis, l’Europe a besoin du Royaume-Uni dans le domaine de la défense. « Nous sommes le pays qui dépense le plus en recherche et équipement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Quatre écrivains, parmi lesquels Daniel Pennac et Erri de Luca, dénoncent dans une tribune au « Monde » l’incarcération des responsables politiques catalans.
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« Nous, citoyens d’Europe, demandons la liberté immédiate des citoyens catalans incarcérés pour leurs convictions politiques »

Quatre écrivains, parmi lesquels Daniel Pennac et Erri de Luca, dénoncent dans une tribune au « Monde » l’incarcération des responsables politiques catalans.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 10h23
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 12h12
    |

Erri de Luca, Jean-Marie Laclavetine, Daniel Pennac et Roberto Saviano







                        



   


Tribune. Nous, citoyens d’Europe, demandons la liberté immédiate des citoyens catalans incarcérés pour leurs convictions politiques.
Ils sont mis en examen pour rébellion et subversion, ils risquent une condamnation à trente ans de réclusion, mais ils n’avaient pas une seule pierre dans la main.
Il ne s’agit pas pour nous d’intervenir pour ou contre l’indépendance de la Catalogne.
Il s’agit pour nous de défendre des citoyens d’Europe incarcérés pour leur fidélité à leurs paroles.
Laboratoire de démocratie
Nous demandons leur liberté et le retrait du très grave et démesuré chef d’accusation.
En tant que citoyens, nous nous sentons responsables du droit à la libre parole et à la libre expression.

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Pourquoi nous occupons-nous de la Catalogne et non de la Turquie ? Parce que la Catalogne est une terre d’Europe et que nous pensons vivre dans son laboratoire de démocratie. C’est pourquoi l’expérience d’arrêter les représentants élus par la volonté populaire, les menacer de peines exemplaires pour leurs idées politiques doit être rejetée par le laboratoire d’Europe.
La répression des minorités ne doit pas avoir de citoyenneté dans notre espace commun.
Les opinions et les convictions, on les discute, on ne les met pas en prison.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Le chef de l’Etat, Idriss Déby, a annoncé la création d’une IVe République qui implique une nouvelle Constitution adoptée par référendum.
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Compte rendu

Le Tchad s’achemine vers un régime présidentiel intégral

Le chef de l’Etat, Idriss Déby, a annoncé la création d’une IVe République qui implique une nouvelle Constitution adoptée par référendum.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-28T09:55:16+02:00"

        Le 28.03.2018 à 09h55






    
Le président tchadien, Idriss Déby, à Berlin, en octobre 2016.
Crédits : Stefanie Loos / REUTERS


Le Tchad a décidé d’adopter un « régime présidentiel », mardi 27 mars à N’Djamena, au cours d’un forum sur les réformes institutionnelles rassemblant les forces politiques, religieuses et sociales du pays, boycotté par l’opposition. Les participants ont, dans leur majorité, opté pour l’application d’un régime présidentiel intégral au lieu du régime semi-présidentiel actuellement en vigueur, selon le document final du forum consulté par l’AFP.

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Le passage au régime présidentiel prévoit une révision de la durée du mandat du président, qui passera de cinq à six ans, renouvelable une fois. Le mandat des députés passera, lui, de quatre à cinq ans, renouvelable une fois. Des législatives repoussées depuis 2015 ont été promises pour 2018 par le président Idriss Déby.
Dans ses conclusions, le forum préconise également un renforcement de la place des femmes dans la vie politique tchadienne, pour « passer progressivement du principe actuel de quota à une parité intégrale », a déclaré mardi le président Déby dans son discours de clôture. La Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, sera désormais chômée et payée.
Dix-sept provinces
Les projets de fédéralisation de l’Etat ont été abandonnés au profit d’un « Etat unitaire », mais « fortement décentralisé ». En lieu et place d’un Sénat, un « Haut Conseil des collectivités territoriales décentralisées » sera créé. Il sera composé de membres nommés et élus. Le Tchad sera désormais découpé en 17 « provinces », contre 23 « régions » auparavant. Dans un souci d’économies, la Cour des comptes, le Conseil constitutionnel et la Haute Cour de justice deviennent des chambres de la Cour suprême.

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Lors de son discours d’ouverture, le 19 mars, Idriss Déby avait annoncé la création d’une IVe République. « Le socle de la nouvelle République a été posé », s’est-il réjoui mardi. Sa mise en place définitive suppose une nouvelle Constitution qui sera soumise à référendum.

