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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Deux enquêtes sont en cours après l’évacuation violente d’étudiants grévistes de la faculté de droit dans la nuit du 22 mars.
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Violences à la faculté de droit de Montpellier : l’ex-doyen et un professeur placés en garde à vue

Deux enquêtes sont en cours après l’évacuation violente d’étudiants grévistes de la faculté de droit dans la nuit du 22 mars.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 16h08
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 18h29
    |

            Camille Stromboni








                        



   


Près d’une semaine après l’évacuation violente d’étudiants grévistes de la faculté de droit de Montpellier, dans la nuit du jeudi 22 mars, deux personnes ont été placées en garde à vue, en début d’après-midi mercredi 28 mars. Il s’agit de l’ancien doyen de la faculté, Philippe Pétel, et d’un professeur d’histoire du droit, Jean-Luc Coronel de Boissezon, précise au Monde le procureur Christophe Barret.
Ils étaient entendus dans le cadre de l’enquête pour « violences aggravées », commises par des hommes encagoulés et armés de bâtons qui ont fait irruption dans un amphithéâtre occupé par des étudiants hostiles au projet de réfome de l’université. Outre le président de l’université, huit victimes auraient déposé plainte, d’après la Ligue des droits de l’homme, qui accompagne plusieurs étudiants. Les blessures les plus graves correspondent à une journée d’incapacité totale de travail, précise le procureur.
L’université de Montpellier avait annoncé vendredi soir la démission du doyen de la faculté de droit, Philippe Pétel, accusé par des étudiants – ce qu’il dément – d’avoir été à l’origine de l’expulsion.

        Lire :
         

          Montpellier : le doyen de la faculté de droit démissionne après la violente évacuation d’étudiants



Des noms d’enseignants accusés d’avoir participé à ces violences avaient par ailleurs été publiés sur un site antifasciste montpelliérain ou tagués sur des murs de la fac, dont celui de Jean-Luc Coronel de Boissezon. D’après les témoignages recueillis par Le Monde, plusieurs étudiants participant à l’occupation ont expliqué l’avoir vu dévaler les marches de l’amphithéâtre, le visage découvert, et frapper des étudiants sur l’estrade, avec ses poings. Celui-ci a répondu par courriel aux questions de Libération sur son implication :
« Si j’étais bien présent dans l’amphithéâtre de ma faculté, ce soir-là, pour veiller sur nos locaux, nos étudiants et nos collègues présents, je n’étais évidemment pas cagoulé et donc parfaitement identifiable de mon plein gré. » 
S’il précisait réserver ses observations aux autorités compétentes, il ne niait pas avoir porté des coups, ajoutant :
« Je n’ai pas l’habitude, lorsque je suis agressé, de rester passif. »
Plaintes pour diffamation
Les noms d’autres enseignants ou chargés de travaux dirigés (TD) circulent, avec des témoignages d’étudiants contradictoires quant à la participation de certains au commando. Un professeur spécialiste du droit de la santé a assuré, dans un courriel à Libération, de sa « ferme condamnation envers toute forme de violence », et explique avoir porté plainte pour diffamation ; ce que le parquet a confirmé au Monde. Le doyen de la faculté de droit aurait lui aussi porté plainte, notamment pour diffamation, précise Le Point, citant « une source proche du dossier ». Libération évoque enfin, sans citer leurs noms, deux chargés de TD ainsi que deux de leurs collègues qui ont, selon leur avocat, été entendus par la police sans être mis en examen.
Deux enquêtes en cours et huit plaintes de victimes déposées à ce jour
Outre l’enquête judiciaire, une autre, administrative, a débuté lundi : la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a en effet dépêché sur place l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR).
Le président de l’université de Montpellier a annoncé, mardi, le maintien de la fermeture de la faculté de droit – décidée vendredi, au lendemain des événements, et ce, jusqu’au matin du mardi 3 avril. La réouverture n’aura lieu qu’une fois « la situation complètement apaisée et lorsque les conditions de sécurité seront remplies pour garantir l’accueil des étudiants et des agents », précise un communiqué.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Le rassemblement mercredi, place de la Nation à Paris, a été organisé par le CRIF, en hommage à la rescapée de la Shoah dont le meurtre à caractère antisémite a provoqué une vive émotion.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Le président Emmanuel Macron a prononcé en fin de matinée l’éloge funèbre du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, assassiné vendredi à Trèbes, dans l’Aude.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Hommage national : « Le nom d’Arnaud Beltrame est devenu celui de l’héroïsme français »

Le président Emmanuel Macron a prononcé en fin de matinée l’éloge funèbre du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, assassiné vendredi à Trèbes, dans l’Aude.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 08h49
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 15h39
   





                        



Passage devant le Panthéon, éloge funèbre aux Invalides et élévation au grade de commandeur de la Légion d’honneur : la France a rendu un hommage national, mercredi 28 mars, au gendarme Arnaud Beltrame, « héros » des attentats dans l’Aude. Le président Emmanuel Macron a salué « l’esprit français de résistance » du lieutenant-colonel, tué dans l’attaque djihadiste de vendredi.

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                Hommage à Arnaud Beltrame : Emmanuel Macron a salué un homme « droit, lucide et brave »



Ce qu’il faut retenir du discours d’Emmanuel Macron
Le président a d’abord loué le courage d’Arnaud Beltrame, mort des suites de ses blessures après s’être substitué à une otage dans un supermarché à Trèbes, le 23 mars :
« Le lieutenant-colonel avait démontré par son parcours exceptionnel que cette grandeur parcourait ses veines. […] A cet instant toutefois, d’autres, même parmi les braves, auraient peut-être transigé. Mais le lieutenant-colonel Beltrame a pris une décision qui n’était pas seulement celle du sacrifice, mais celle, d’abord, de la fidélité à soi-même, à ses valeurs, à tout ce qu’il avait toujours été et voulu être. 
Dès que nous avons appris son geste, nous tous avons tremblé d’un frisson singulier. L’un d’entre nous venait de se dresser, droit, lucide et brave. Il faisait face à la folie meurtrière, à la haine. Et avec lui surgissait l’esprit de résistance des Français.
Ce geste convoqua dans nos mémoires les figures de Jean Moulin […] des héros anonymes de Verdun […], de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui, un jour, avaient décidé que la France, la liberté France, la fraternité France ne survivraient qu’au prix de leur vie et que cela en valait la peine. »

        Portrait :
         

          Le gendarme Arnaud Beltrame, « un mec bien, humain avec ses troupes »




   


Emmanuel Macron a salué le travail des forces armées françaises, avant d’appeler « chaque citoyen » à « un regain de vigilance et de civisme » pour combattre « l’islamisme souterrain, un ennemi insidieux ». L’organisation djihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué les attentats de Trèbes et Carcassonne perpétrés par Radouane Lakdim.
Le président français a également associé la figure de l’octogénaire juive Mireille Knoll, assassinée à Paris, à l’hommage à Arnaud Beltrame, estimant qu’elle avait été victime du même « obscurantisme barbare » :
« L’obscurantisme barbare (…) nie la valeur que nous donnons à la vie, valeur niée par le terroriste de Trèbes, valeur niée par le meurtrier de Mireille Knoll, qui a assassiné une femme innocente et vulnérable parce qu’elle était juive et qui ainsi a profané nos valeurs sacrées et notre mémoire. »
Si ces attentats constituent « une nouvelle épreuve » pour le peuple français, celui-ci la surmontera, comme il en a déjà surmonté beaucoup d’autres, a-t-il assuré.
« Nous l’emporterons grâce au calme et à la résilience des Français, peuple rompu aux morsures de l’histoire, comme si souvent, l’a montré notre longue et belle histoire. […] Nous l’emporterons par la cohésion d’une nation rassemblée. »

        Décryptage :
         

          Qu’est-ce qu’un hommage national ?



Du Panthéon aux Invalides

Sous une pluie plus vive, au son des tambours de la garde nationale, le cercueil d'Arnaud #Beltrame recouvert d'un… https://t.co/46YN8m4BwU— CBouanchaud (@Cécile Bouanchaud)


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L’hommage national, auquel ont été conviées les familles des trois autres victimes de l’assaillant Radouane Lakdim, a débuté vers 10 heures au Panthéon, à Paris, d’où est parti le cortège funéraire.
Escorté par huit motards de la garde républicaine, celui-ci a rejoint l’Hôtel des Invalides où s’est tenue la cérémonie, en présence notamment de 200 « frères d’armes » d’Arnaud Beltrame, de l’ensemble du gouvernement et des maires de Trèbes et Carcassonne. Fait rare, le grand bourdon – la plus grosse cloche – de la cathédrale Notre-Dame a sonné pendant le parcours.
Une minute de silence a également été observée à 10 heures dans toutes les gendarmeries, commissariats et préfectures du pays, et les drapeaux ont été mis en berne sur les bâtiments et édifices publics. Dans les établissements scolaires, le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a demandé « un moment de recueillement », accompagné d’un temps d’échange entre professeurs et élèves.
A l’issue de l’éloge funèbre, Emmanuel Macron a procédé à l’élévation directe du colonel Beltrame au rang de commandeur de la Légion d’honneur, alors que la garde républicaine interprétait Aux morts.

La Garde Républicaine interprète "Aux morts" (l'hommage aux morts de la gendarmerie) avant une minute de silence, p… https://t.co/STIM2Jrt2E— CBouanchaud (@Cécile Bouanchaud)


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Editorial. La réélection d’Abdel Fattah Al-Sissi ne fait pas de doute, toute opposition ayant été écartée du scrutin qui se tient du 26 au 28 mars.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Egypte : une parodie d’élection présidentielle

Editorial. La réélection d’Abdel Fattah Al-Sissi ne fait pas de doute, toute opposition ayant été écartée du scrutin qui se tient du 26 au 28 mars.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 11h23
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Faudra-t-il féliciter le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, au lendemain de sa probable réélection à l’issue de la parodie d’élection présidentielle qui se tient en Egypte du 26 au 28 mars ? La question ne se pose pas, car il est vrai que M. Sissi n’a pas entrepris de déstabiliser l’Union européenne en faisant assassiner ses opposants à l’arme chimique sur son territoire, contrairement au président russe.

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                Présidentielle égyptienne : une formalité pour Abdel-Fattah Al-Sissi



Mais, si l’on s’en tient aux normes de la « démocratie » qu’il entend mettre en œuvre en Egypte, il y aurait assurément matière à débat. Car l’élection égyptienne n’a rien à envier au scrutin russe en matière de pluralisme. Presque tous les prétendants à la magistrature suprême, même ceux issus de l’armée comme le président sortant (le colonel Ahmed Konsowa, le général Sami Anan, le général et ex-premier ministre Ahmed Chafik, mais aussi le député Mohamed Anouar El-Sadate, neveu de l’ex-président Sadate, et l’avocat Khaled Ali), ont été intimidés ou arrêtés afin d’être empêchés de se présenter. Résultat, le dirigeant du petit parti Ghad (« demain »), Moussa Mustafa Moussa, qui avait annoncé qu’il voterait Sissi à la présidentielle, a dû se dévouer pour donner une légitimité minimale au scrutin. Ceux qui appelaient au boycottage de cette « farce électorale » ont été menacés de se voir accuser de porter atteinte à la « sécurité » du pays.
Pendant la campagne, le président n’a effectué aucun meeting et n’a accordé qu’une seule interview à un média d’Etat, comme s’il craignait que la moindre critique sur son bilan n’entraîne un débat plus large sur sa légitimité. Pourtant, le maréchal Sissi n’a rien à craindre : l’immense majorité, vaccinée par les trois années d’instabilité qui ont suivi la révolution de 2011, n’aspire qu’à la stabilité et à la sécurité.
Soutien des démocraties occidentales
Mais le bilan pèche : l’insurrection djihadiste, dont l’épicentre se situe dans la péninsule du Sinaï, n’a cessé de gagner en intensité ; les réformes économiques courageuses ont amputé le pouvoir d’achat des classes populaires. Alors qu’il a toutes les manettes, le président égyptien peine à restructurer un paysage politique en ruine après l’échec et la répression des Frères musulmans, dont le court passage au pouvoir, en 2012-2013, fut une calamité.
C’est au nom de cette menace – une Egypte de près de 100 millions d’habitants basculant dans l’islamisme – que les démocraties occidentales apportent un soutien sans faille au régime égyptien, à l’instar d’Emmanuel Macron, qui n’a pas jugé nécessaire de critiquer les multiples atteintes à l’Etat de droit, à la liberté d’expression, et les dérives autocratiques de son homologue lors de sa visite à Paris, à l’automne dernier.

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                L’abstention, seul enjeu de la présidentielle égyptienne



Mais, en privé, les inquiétudes se font de plus en plus vives : l’Egypte ne décolle pas, son économie est incapable d’absorber une jeunesse trop nombreuse et mal formée ; le régime court derrière une société de plus en plus religieuse, voire bigote, ne parvenant pas à « réformer l’islam », comme l’avait promis le président Sissi ; l’anomie politique garantit un soutien de façade à un pouvoir plus que jamais dépendant de son appareil de sécurité aux jeux ténébreux.
S’il n’est pas possible d’infléchir le cours des choses en Egypte, au moins serait-il prudent de rappeler au président Sissi ses promesses de ne pas modifier la Constitution pour briguer un troisième mandat. Car tel est désormais l’enjeu du second mandat d’un président qui abhorre la politique et ne cache pas son admiration pour le modèle chinois de Xi Jinping.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Les renforts américains cherchent à donner de l’air au gouvernement afghan, ébranlé par les attaques des talibans et de groupes affiliés à l’EI dans la capitale.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/03/2018
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Afghanistan : à Kaboul, « on sent nos vies rétrécir, on s’emmure »

Les renforts américains cherchent à donner de l’air au gouvernement afghan, ébranlé par les attaques des talibans et de groupes affiliés à l’EI dans la capitale.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 06h26
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 16h12
    |

            Louis Imbert (Kaboul, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Il faut reconnaître qu’elle est mal gardée, cette porte. Quatre soldats autour d’un mince battant de métal, sans guérite ni piles de sacs de sable : c’est peu, pour l’un des principaux hôpitaux de Kaboul. Les voisins n’ont pas confiance : ils ne viennent qu’en cas d’urgence. Le directeur de l’établissement Istiqlal, Mohammad Saber Nassib, s’est habitué à ce que de futurs papas, forcés de passer la nuit au département d’obstétrique aux côtés de leur épouse enceinte, lui demandent en chuchotant, à la tombée du jour, où se trouve l’issue de secours et s’il existe une pièce fortifiée, dans laquelle ils pourraient se réfugier, au cas où… M. Nassib, 45 ans, ne s’étonne plus lorsque des familles, prises de panique parce qu’un nouvel attentat a ébranlé la capitale afghane, lui réclament leurs malades. « Ils préfèrent les avoir chez eux, quitte à ce qu’ils meurent faute de soins. Ils ont peur que l’hôpital soit la prochaine cible, dit le directeur. Ce ne sont plus seulement les bombes qui nous tuent : c’est la peur elle-même. » 
Depuis le début de l’année, la peur a fait de nouveaux progrès dans Kaboul. Suffisamment pour qu’à la mi-mars, le chef des forces armées américaines et de l’OTAN en Afghanistan, le général John Nicholson, affirme que la capitale était redevenue leur terrain de déploiement prioritaire. Des forces spéciales américaines y mènent des raids contre les talibans et la filiale régionale de l’organisation Etat islamique (EI), qui ont revendiqué cinq attaques meurtrières à Kaboul en décembre 2017 et en janvier, faisant plus de 200 morts, pour la plupart des civils.
Les unités américaines doivent opérer entre un premier cordon de sécurité, tenu par l’armée afghane, dans les bidonvilles qui ne cessent de s’étendre aux marges de la capitale, et un second anneau qui enserre les administrations centrales – un dédale de rues fortifiées aux abords duquel certains chauffeurs de taxi refusent désormais de se rendre, par peur de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Sacha Ghozlan, président de l’UEJF, dénonce des actes commis sur ce local de Tolbiac « le jour de la marche blanche pour Mireille Knoll, ce qui n’est pas anodin ».
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Un local de l’Union des étudiants juifs de France saccagé à l’université Paris-I

Sacha Ghozlan, président de l’UEJF, dénonce des actes commis sur ce local de Tolbiac « le jour de la marche blanche pour Mireille Knoll, ce qui n’est pas anodin ».



Le Monde
 |    28.03.2018 à 18h14
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 18h28
    |

            Adrien de Tricornot








                        


Un local utilisé par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) a été saccagé, et ses murs recouverts d’inscriptions à caractère antisémite, sur le site Tolbiac de l’université Paris-I, a annoncé le président de l’UEJF, Sacha Ghozlan, qui a constaté les dégâts, mercredi 28 mars, vers 13 heures. Une vidéo diffusée sur le compte Twitter de l’association montre une armoire éventrée, et des inscriptions telles qu’« A mort Israël », « vive Arafat » ou « local sioniste raciste anti-goy » et « Palestine vaincra », ainsi que des aplats de peinture noire : « visiblement d’autres tags ont été effacés, avant la découverte des locaux, avec la même peinture, sans que l’on sache s’il s’agissait des mêmes messages que ceux laissés visibles, ou bien d’autres inscriptions », précise au Monde M. Ghozlan.

L'UEJF dénonce le saccage du local de l’UEJF (FEDER) à l’Universite Paris 1 Sorbonne et demande au président de l’U… https://t.co/VUnNmQD5sz— uejf (@UEJF)


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Les faits se sont probablement produits dans la matinée, selon lui, alors que le centre Tolbiac-Pierre-Mendès-France de Paris-I est occupé depuis plusieurs jours par des étudiants demandant le retrait de la loi orientation et réussite des étudiants (ORE), qui réforme l’accès à l’université, et la loi asile-immigration.
Journée de deuil national, avant la marche blanche pour Mireille Knoll
A Tolbiac, « cela faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu d’actes aussi éclatants ou forts d’antisémitisme. Mais dans les universités, la haine d’Israël sert bien souvent de prétexte pour s’en prendre aux étudiants juifs », ajoute Sacha Ghozlan, citant l’annulation récente d’un festival culturel sur Israël à l’université de Lille. Il souligne aussi que la dégradation du local « intervient le jour de la marche blanche pour Mireille Knoll, ce qui n’est pas anodin ». La manifestation doit rendre hommage à cette octogénaire juive, survivante de la rafle du Vél’ d’Hiv, assassinée dans son appartement. Le président de l’UEJF a aussi déclaré :
« Je demande au président de l’université d’agir rapidement pour mettre fin au blocus et mettre tout en œuvre pour identifier les auteurs de ce saccage d’un local d’étudiants juifs parce qu’ils sont juifs. »
Dans un communiqué, la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a condamné « avec la plus grande fermeté ces dégradations honteuses », à « caractère antisémite ». « En cette journée de deuil national et à quelques heures de la marche blanche en hommage à Mireille Knoll, il est plus que jamais nécessaire de replacer au cœur de notre société les valeurs fondamentales de respect, de solidarité et de fraternité », a-t-elle ajouté.

Toute la lumière doit être faite sur les dégradations et les tags à caractère antisémite découverts aujourd’hui à l… https://t.co/S9OYjon0Wz— VidalFrederique (@Frédérique Vidal)


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Sacha Ghozlan a affirmé qu’il allait « déposer plainte au commissariat ». Ariel Goldmann, président du Fonds social juif unifié (FSJU) – qui soutient l’UEJF –, s’est dit « extrêmement choqué par cet acte lâche qui apparaît à un moment compliqué pour la nation et les Français juifs ». Le chancelier des universités de l’académie de Paris, Gilles Pécout, a réagi également sur Twitter, prévenant que « ces actes seront instruits avec la sévérité qui s’impose ».

Je tiens, comme chancelier des universités @Academie_Paris, à assurer de ma solidarité la communauté étudiante et u… https://t.co/xifidiwAah— GillesPecout (@Gilles Pécout)


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ A partir du 1er avril, la portabilité des services numériques sera effective. Mais seuls les citoyens de l’Union se déplaçant dans un autre pays européen pourront profiter de leur abonnement.
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Spotify, Netflix, Deezer... les Européens pourront voyager dans l’UE en profitant de leurs abonnements numériques

A partir du 1er avril, la portabilité des services numériques sera effective. Mais seuls les citoyens de l’Union se déplaçant dans un autre pays européen pourront profiter de leur abonnement.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 16h07
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Ce n’est pas tous les jours que la Commission européenne fait une annonce vraiment parlante pour les citoyens de l’Union. La commissaire au digital Mariya Gabriel est donc descendue en salle de presse de l’institution bruxelloise, mardi 27 mars, pour confirmer l’effectivité au 1er avril de la « portabilité des services numériques ».

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Les abonnés à Spotify, Netflix et autres sites de vidéo à la demande pourront continuer à accéder à ces services lors de leurs voyages internationaux, à condition qu’ils soient citoyens européens et qu’ils se déplacent, temporairement, dans un autre pays de l’Union européenne (UE). Ils devront pouvoir justifier qu’ils ne sont qu’en transit : les fournisseurs de services auront les moyens de vérifier leur adresse IP et/ou certification de résidence.
Le législateur voulait de fait éviter un effet d’aubaine qui conduirait les utilisateurs à s’abonner dans les pays où les services en ligne sont le moins chers. Les Français, très soucieux du droit d’auteur, militaient pour que soit fixée une limite temporelle à la portabilité des services. Le Parlement et le Conseil européen (les Etats membres) n’ont pas retenu cette option.
Une vraie avancée pour les consommateurs
Il s’agit en tout cas d’une vraie avancée pour les consommateurs du Vieux Continent, même si elle ne devrait dans un premier temps concerner que des « millenials » à fort pouvoir d’achat : des fonctionnaires européens, par exemple, bien payés, et sillonnant constamment l’Europe. Elle vient après la fin du roaming, les surtaxes aux appels internationaux (le 15 juin 2017), et avant celle du géoblocking, effective d’ici fin 2018, qui empêchera les cybermarchands de discriminer les clients d’autres pays membres que le leur.
Autre moment fort de l’agenda européen, allant lui aussi dans le sens du renforcement du pouvoir des citoyens : l’entrée en force du règlement sur la protection des données personnelles (RGPD), le 25 mai prochain. Ce texte, très attendu au moment où le scandale Cambridge Analytica défraye la critique, leur donnera théoriquement bien davantage de contrôle sur leurs informations en ligne.

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Après avoir enfin osé proposer de taxer les géants du Web, devenus des champions de l’évitement fiscal, la commission devrait aussi rendre publique, fin avril, une proposition de régulation des plates-formes du Web, visant à rééquilibrer la relation, très inégale, entre Google, Apple et autres Facebook, et les PME sur le Net. Il s’agira d’éviter par exemple qu’une société ne soit brutalement déréférencée d’un moteur de recherches sans raison valable ni possibilité d’engager un recours.
« Territorialité des droits »
La commission Juncker, qui nourrissait de grandes ambitions pour le « marché unique » du numérique, a en revanche du mal à faire adopter deux textes pourtant jugés fondamentaux : celui sur la modernisation du droit d’auteur, et un autre sur les services audiovisuels (le règlement câble-satellite). Le premier, un projet de directive, a été rendu public en septembre 2016, mais son examen au Parlement européen, et en parallèle au Conseil, n’a toujours pas abouti. La Commission espère encore une adoption définitive avant fin 2018.

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Les associations d’ayants droit, notamment françaises, bataillent pied à pied, redoutant une modernisation sans discernement qui fragiliserait encore plus les sources de revenus des auteurs. Les éditeurs de presse, spécialement allemands, espèrent quant à eux obtenir un « droit voisin », c’est-à-dire la possibilité de réclamer des droits auprès des plates-formes qui référencent les articles de leurs journalistes.
La discussion autour du règlement « câble-sattelite » est plus avancée : elle en est au stade des pourparlers entre le Parlement de Strasbourg et le Conseil européen. Mais les négociateurs butent encore sur une disposition cruciale, la « territorialité des droits ». La Commission tenait à ce que des contenus numériques financés dans un pays membre puissent être diffusés ailleurs dans l’Union sans avoir à s’acquitter de droits de diffusion dans ces Etats. Mais là encore, les acteurs traditionnels, cinéma et TV, font de la résistance.



                            


                        

                        


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Bienvenue à Pornoland

Dans « Porn Valley », la journaliste Laureen Ortiz brise tout fantasme ou apparence de glamour qui pourrait encore exister autour de l’industrie du X, « la plus décriée de Californie ».



Le Monde
 |    28.03.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 17h42
    |

            Hélène Bekmezian








                        



   


Livre. Assise sur un canapé posé dans un garage quelque part sous le soleil de Los Angeles, Laureen Ortiz préfère, à ce moment précis, « se concentrer sur le petit chien qui se dandine autour [d’elle], une espèce de caniche blanc minuscule respirant l’innocence ». La journaliste, en pleine enquête de terrain, est allée au plus près de son sujet, et l’animal n’est pas de trop pour apaiser son malaise : « J’imagine que lui aussi ne comprend pas tout ce qui se passe ici. A ses yeux, une scène de sodomie est sans doute une bagatelle. Pour moi, c’est plus difficile, comme ça, en direct. Les gouttes de transpiration se transforment en sueur froide. » Bienvenue dans la réalité des films pornographiques.
Dès les premières pages de Porn Valley, cette journaliste indépendante basée à Los Angeles brise tout fantasme ou apparence de glamour qui pourrait encore exister autour de l’industrie du X, « la plus décriée de Californie », comme l’annonce le sous-titre.
Recul des limites de l’acceptable
Plus de cent vingt ans après le premier film à caractère pornographique, sorti en 1896 en France, les protagonistes du secteur eux-mêmes affichent un certain écœurement. Il suffit pour s’en convaincre de faire un tour sur le compte Twitter du réalisateur Mike Quasar, cité à de nombreuses reprises par l’auteure du livre. Dans ses messages, le cynisme le dispute au dégoût, comme lorsqu’il se plaint d’être obligé de devoir rester, pour le montage d’un film, devant son ordinateur pendant son jour de congé « jusqu’à ce que [ses] yeux saignent ».

When you're "day off" requires you to sit in front of a computer until your eyes bleed. https://t.co/B6nQsTbDOk— mikequasar (@Mike Quasar)


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Après un énième tournage mettant en scène une femme et son supposé demi-frère, il écrit avoir perdu toute « dignité ». Car ce que raconte surtout Laureen Ortiz dans cette passionnante enquête narrée à la première personne, c’est le virage inquiétant qu’a pris le milieu depuis quelques années, avec le développement des sites de diffusion de vidéos X gratuites et le recul toujours plus loin des limites de l’acceptable. Un membre de l’industrie raconte : « Dans les années 1980, on a inventé le porno dit “tabou”. Ça a donné une flopée de scénarios du genre “infirmière et patient”, “prêtre et bonne sœur”, “élève et professeur”, bon. Maintenant, c’est “père et fille”, “frère et demi-sœur”, tu vois le genre. » « Plus c’est déviant, mieux c’est », appuie un autre.
MindGeek, détentrice de tous les gros « tubes »
Désormais, une entreprise tentaculaire, dont le nom pourrait la faire passer pour une sympathique start-up, fait la pluie et le beau temps sur l’industrie et sur les scénarios de ces films : MindGeek. Détentrice de tous les gros « tubes » (ces sites qui diffusent du porno gratuitement), la boîte a racheté un à un la plupart des studios de la vallée de San Fernando, surnommée « Porn Valley ».
Début 2017, la réalisatrice française et ex-actrice X Ovidie avait déjà dénoncé, dans son documentaire Pornocratie, les pratiques de cette société que tout le monde connaît dans l’industrie du X mais que personne n’a jamais vue. « Barricadés à Montréal, en Floride, à Chypre, ainsi que dans divers paradis fiscaux », les dirigeants de MindGeek se sont imposés par la force et à distance. « Ils se sont construits sur le piratage, sur le vol de nos œuvres, puis ils sont devenus si gros qu’on a dû apprendre à travailler avec eux », résume l’actrice X Tasha Reign.
Les filles arrivent, se préparent, se déshabillent, exécutent des figures relevant du sport de combat extrême, puis se barrent, le corps en lambeaux. Les bleus apparaissent les jours suivant
« Tout vient du Canada. Ils nous envoient le script, le choix des filles, la catégorie, etc. Nous, on tourne, c’est tout », raconte un chef opérateur ayant requis l’anonymat. Les yeux rivés sur les algorithmes et l’analyse des données de leurs sites – davantage que sur la plastique des acteurs –, ces financiers avisés ont changé la donne dans la Porn Valley.
Sur les tournages, « les filles paraissent isolées. Elles arrivent, se préparent, se déshabillent, exécutent des figures relevant du sport de combat extrême, puis se barrent, le corps en lambeaux. Les bleus apparaissent les jours suivant », raconte Laureen Ortiz, que l’on suit dans ses doutes, ses impasses, ses questionnements.
Industrie sordide et impitoyable
Pour autant, l’industrie n’a pas attendu MindGeek pour être sordide et impitoyable, surtout avec les filles. Comme le dit une autre actrice, Nina Hartley, « faire du porno, ce n’est pas une question de morale, mais de classe sociale ». Les biographies des filles sont truffées de pères alcooliques, de mères toxicomanes, de violences sexuelles et, très souvent, nourries d’une éducation catholique très stricte.
Sur elles, le piège du X se referme très vite. « Au départ, tu ne comprends pas bien dans quoi tu tombes. Puis une fois que tu y es, tu ne peux plus en sortir », témoigne Phyllisha, ex-actrice et fil rouge du livre. Rob Spallone, réalisateur et « encyclopédie ambulante du porno », sort, lui, de ses vieux souvenirs l’histoire d’« une fille, très belle » : « Elle débarque et me dit qu’elle veut faire que du fille-fille. Tu parles ! Quatre mois plus tard, elle était au milieu d’un gang bang ! Sinon, tu dures pas et tu gagnes pas ta vie. »
Les morts par overdose ou les suicides de filles du X ne datent pas non plus de l’arrivée d’Internet, mais depuis quelques mois, leur rythme semble s’être tristement accéléré
La santé est un enjeu majeur de l’industrie, et ce n’est pas (que) à cause de MindGeek que les producteurs se sont élevés contre le port du préservatif. Quand celui-ci est devenu obligatoire, en 2012, les studios se sont simplement mis à filmer sans autorisation (entre 2012 et 2015, les demandes de permis de tourner des films X à Los Angeles ont chuté de 95 %).
Outre le VIH, « les staphylocoques sont monnaie courante », rapporte Phyllisha, qui pense être « protégée par une bonne étoile », puisqu’elle n’a attrapé « que » une chlamydiose. Les morts par overdose ou les suicides de filles du X ne datent pas non plus de l’arrivée d’Internet, mais depuis quelques mois, leur rythme semble s’être tristement accéléré : entre novembre et janvier, cinq jeunes actrices sont mortes dans des circonstances dramatiques. Une liste qui n’est sûrement pas exhaustive.
« Porn Valley. Une saison dans l’industrie la plus décriée de Californie », de Laureen Ortiz. Premier Parallèle, 320 pages, 19,90 euros



                            


                        

                        


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Le gouvernement présente un projet de loi pour renforcer la lutte contre la fraude fiscale

Le texte étend la possibilité de rendre public le nom des grands fraudeurs. Il ne remet pas en question le monopole de Bercy en matière de poursuites pénales.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 09h20
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 12h24
    |

            Benoît Floc'h








                        


Le gouvernement accroît la pression sur les sites de type Airbnb ou Drivy. Une loi parue à la fin de 2016 prévoit que les plates-formes devront déclarer les revenus de leurs utilisateurs à compter de 2019. Mais le texte voté alors n’était pas assez précis. Le projet de loi sur la fraude fiscale qui sera présenté mercredi 28 mars en conseil des ministres complète donc le dispositif pour le rendre applicable. Et il crée une sanction : elles devront s’acquitter de 50 000 euros à chaque fois qu’elles oublient de déclarer des revenus.

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C’est une nouvelle illustration du mantra de la politique fiscale du gouvernement : être bienveillant avec les citoyens de bonne foi – c’est le projet de loi sur le « droit à l’erreur », actuellement examiné par le Parlement – mais se montrer intraitable avec les fraudeurs. Le texte porté par Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, entend renforcer la lutte contre la fraude fiscale.
Outre les mesures concernant Airbnb, le projet de loi étend la possibilité de rendre public le nom des grands fraudeurs. Cela deviendra obligatoire en cas de condamnation pénale, sauf décision expresse du juge. Cela deviendra possible pour les sanctions administratives. Aujourd’hui, le secret fiscal couvre ceux qui en sont destinataires.
Renforcement des sanctions
Les amendes pénales seront également renforcées. Alors qu’elles s’expriment aujourd’hui en valeur absolue, le juge pourra désormais les fixer en pourcentage du montant fraudé, et ce, jusqu’au double. La liste française des paradis fiscaux sera complétée par celle de l’Union européenne. Et, contrairement à celle-ci, le dispositif français prévoit des sanctions. L’obligation de contrôle et de déclaration est renforcée pour les fonds transférés vers ces pays à la fiscalité légère.
Ils seront lourdement taxés en France, « puisqu’ils ne le sont plus après », justifie-t-on au cabinet de M. Darmanin. Et les cabinets spécialisés qui proposent des montages clés en main d’évasion fiscale pourront dorénavant être sanctionnés à hauteur de la moitié des revenus qu’ils tirent de cette activité.
Police fiscale
Bercy se dote d’une police fiscale. Le service judiciaire des douanes, qui existe déjà et compte environ 250 agents, va se transformer en « service judiciaire des finances » avec un pôle Douanes et un pôle fiscal, qui rassemblera une cinquantaine de fonctionnaires. L’idée est de délester des dossiers purement fiscaux le département qui, au sein du ministère de l’intérieur, suit ces affaires de délinquance.
Enfin, le travail sur les données massives va également être approfondi afin de mieux identifier les potentiels grands fraudeurs. Le projet de loi contient des dispositions qui faciliteront l’échange des informations entre les administrations.
Le texte n’est cependant uniquement répressif. Le « plaider-coupable », qui consiste à échapper au juge correctionnel en acceptant la peine proposée par le parquet, sera étendu en matière fiscale. En revanche, il n’est toujours pas question pour le moment de faire sauter le « verrou de Bercy », c’est-à-dire le monopole du ministère du budget en matière de poursuites pénales pour fraude fiscale.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Doux, qui emploie quelque 1 200 personnes, doit déposer une demande de placement en liquidation judiciaire au tribunal de commerce de Rennes le 3 avril.
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Le volailler français LDC dépose une offre de reprise pour Doux

Doux, qui emploie quelque 1 200 personnes, doit déposer une demande de placement en liquidation judiciaire au tribunal de commerce de Rennes le 3 avril.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 16h01
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 16h21
   





                        



   


Alors que le volailler Doux pourrait être placé en liquidation dès le 4 avril, le groupe français LDC a déposé une offre pour reprendre l’entreprise. Aucun détail n’a été donné dans l’immédiat sur la teneur de cette offre.
LDC, installé dans la Sarthe, possède les marques Loué, Le Gaulois, Maître Coq, Marie et Traditions d’Asie. Il revendique un chiffre d’affaires de 3,6 milliards d’euros pour 2016-2017, avec 18 500 collaborateurs et 75 sites de production.
Plus de 1 200 emplois menacés
Deux ans après son redressement, le groupe Doux, dont le siège est situé dans le Finistère, frôle une fois encore le gouffre. Le volailler doit déposer le 3 avril une demande de placement en liquidation judiciaire. Le tribunal de commerce de Rennes doit rendre sa décision le lendemain dans le cadre d’une procédure accélérée.
Terrena, l’actionnaire majoritaire et deuxième groupe coopératif agricole français, ne veut plus soutenir sa filiale au-delà du 31 mars. Cela fait donc quelques mois que Terrena s’est mis en quête d’un ou plusieurs partenaires pour prendre le relais. Ce dernier assure que le volailler perd plus de 35 millions d’euros par an.

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Sans repreneur, ce sont au total 1 172 salariés en CDI, 67 en CDD et des centaines d’intérimaires qui seraient menacés, après un millier de suppressions de postes en 2012. Lundi, la région Bretagne s’était dite prête à mettre jusqu’à 15 millions d’euros sur la table pour accompagner un éventuel projet de reprise.
Doux est également en discussion avec MHP, qui se présente comme le leader de la volaille en Ukraine, en vue d’une éventuelle reprise. S’il décide de faire une offre, le groupe ukrainien doit la déposer avant mercredi soir minuit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Dominique Sorain remplacera Frédéric Veau, a annoncé Annick Girardin, la ministre des outre-mer, tandis que l’île est secouée par un mouvement social depuis plus d’un mois.
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Mayotte : le gouvernement nomme un nouveau préfet

Dominique Sorain remplacera Frédéric Veau, a annoncé Annick Girardin, la ministre des outre-mer, tandis que l’île est secouée par un mouvement social depuis plus d’un mois.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 15h50
   





                        



   


Le gouvernement a nommé, mercredi 28 mars, un nouveau préfet à Mayotte, Dominique Sorain, en remplacement de Frédéric Veau, a annoncé la ministre des outre-mer, Annick Girardin. Le mouvement de contestation dans ce département d’outre-mer est entré dans sa sixième semaine.
Jusqu’alors directeur de cabinet de la ministre des outre-mer, M. Sorain, nommé également « délégué du gouvernement », sera « accompagné d’une équipe interministérielle qui viendra renforcer les services de l’Etat sur place », a détaillé la ministre. Autour du délégué, « l’équipe interministérielle sera en lien direct avec élus, acteurs du mouvement social, société civile et présentera, dans un délai d’un mois, un train de mesures sociales et économiques en faveur du développement et du redressement de Mayotte », a-t-elle précisé.

J’ai proposé de nommer mon directeur de cabinet, Dominique Sorain, délégué du gouvernement et préfet du département… https://t.co/mExetOtVtA— AnnickGirardin (@Annick Girardin)


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« Les entraves à la circulation, la mise en danger d’autrui, les opérations de justice communautaires et le racket organisé sur certains barrages sont des faits graves passibles de poursuites », a rappelé la ministre. Le département français d’outre-mer est secoué depuis plus d’un mois par un mouvement social qui dénonce l’insécurité et l’immigration clandestine venue des Comores. Lors de rassemblements, des manifestants avaient demandé le départ du préfet, qu’ils accusaient de régulariser massivement la communauté comorienne.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Un rassemblement a eu lieu lundi pour soutenir ce proche d’Olivier Besancenot, dont le ministère du travail a autorisé le licenciement.
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Gaël Quirante, le syndicaliste que La Poste veut licencier, dénonce une « décision politique »

Un rassemblement a eu lieu lundi pour soutenir ce proche d’Olivier Besancenot, dont le ministère du travail a autorisé le licenciement.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 17h15
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières








                        


Pour Gaël Quirante, l’affaire est entendue : « Il s’agit d’une décision politique. Ils veulent casser un syndicalisme combatif ! » Le secrétaire départemental de SUD-Activités postales dans les Hauts-de-Seine ne décolère pas. Le 24 mars, il a eu la mauvaise surprise d’apprendre que le ministère du travail autorisait finalement son licenciement demandé par La Poste pour faute grave. Lundi soir, lors d’un rassemblement rue de Grenelle, dans le 7e arrondissement de Paris, sous les fenêtres de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, plusieurs personnalités politiques sont venues le soutenir, du leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, au porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Olivier Besancenot, dont M. Quirante est proche.

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L’histoire, longue et complexe, s’inscrit dans un contexte tendu entre l’entreprise postale et la fédération SUD-PTT dans les Hauts-de-Seine. Elle remonte à 2010 lors d’un long mouvement de grève dans le département. Le 10 mai, des salariés, parmi lesquels M. Quirante et M. Besancenot, à l’époque facteur à Neuilly-sur-Seine et également militant SUD, ont investi un site à Nanterre afin d’être reçus par le directeur. Le groupe retient pendant plus de deux heures des personnels des ressources humaines.
Figure bien connue
Avec neuf autres salariés, ils seront condamnés en 2011 par le tribunal correctionnel de Nanterre à 1 500 euros d’amende avec sursis pour séquestration. Une peine confirmée deux ans plus tard pour trois d’entre eux, dont M. Quirante, par la cour d’appel de Versailles. Dans son arrêt, elle note que, si ce dernier a eu « le rôle le plus actif » parmi les grévistes, les premiers juges avaient, « de manière adaptée », « tenu compte du contexte » pour « faire une application très modérée de la loi pénale ».
Dans le département, M. Quirante est une figure locale bien connue, présent dans de nombreuses luttes. Membre de la direction du NPA, ce dernier est par ailleurs l’un des animateurs du Front social, un collectif qui avait organisé les premières manifestations au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron. Il est surtout la bête noire de La Poste : depuis son embauche en 2003, la direction lui a notifié deux cent soixante-quatre jours de mise à pied.
Dès les événements de Nanterre en 2010, l’entreprise a souhaité engager une procédure de licenciement à son encontre. En raison des fonctions syndicales de M. Quirante, elle est obligée de solliciter l’autorisation de l’administration. Jusqu’à présent, cela lui avait toujours été refusé, que ce soit par l’inspection du travail ou le ministère de l’époque (en l’occurrence dirigé par l’UMP Xavier Bertrand). Mais, en avril 2017, une décision de la cour administrative d’appel de Versailles relance la procédure et impose à l’inspection du travail d’instruire à nouveau le dossier. Face au silence de l’administration qui équivaut à un refus, La Poste se tourne vers le ministère.
Contre-enquête
Une « contre-enquête » est envoyée, en décembre 2017, à la direction générale du travail (DGT) par ses services déconcentrés. Il y est écrit que compte tenu « du climat délétère qui prévalait à l’époque en raison notamment de la durée excessivement longue de la grève et du comportement de La Poste », les faits ne sont pas « d’une gravité suffisante » pour justifier le licenciement. De plus, il est fait état d’éléments « permettant d’établir un lien entre la demande et les mandats exercés par le salarié ». En conclusion, le rapport propose d’annuler la décision de l’inspection du travail « en raison du non-respect du contradictoire » mais de « refuser le licenciement » de M. Quirante.
Comme cela arrive, la DGT décide de ne pas suivre cet avis. Dans une lettre datée du 20 mars, soit au dernier jour du délai imparti, elle informe le syndicaliste qu’elle autorise la rupture de son contrat de travail. Rue de Grenelle, on réfute « tout traitement politique ». « On a apprécié la situation au regard du droit, explique-t-on au ministère. Nous ne pouvions pas refuser le licenciement étant tenu par l’autorité de la chose jugée [la condamnation pénale] et étant donné qu’il n’y avait pas de lien avec le mandat. » C’est ce que conteste l’avocat de M. Quirante. « Au-delà des faits reprochés, la décision de La Poste de solliciter l’autorisation de licenciement est basée sur la volonté de licencier un responsable syndical pour l’activité qu’il remplit, estime Me Julien Rodrigue. C’est un motif de discrimination. Le ministère ne répond pas sur ce point et pour moi, c’est très critiquable. »
Si un recours contre la décision du ministère peut être formé devant le tribunal administratif, il n’est pas suspensif. « On va se battre comme des chiffonniers », assure M. Quirante. Mercredi, selon le syndicaliste, « plus de 200 » postiers avaient voté la grève reconductible dans plusieurs établissements des Hauts-de-Seine. M. Quirante et sa fédération ont rendez-vous jeudi avec le DRH de La Poste. Il ne se fait cependant guère d’illusions sur son sort. Sollicitée, l’entreprise indique ne pas avoir « pour habitude de commenter les décisions du ministère du travail ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Alors que sont relancées les ambitions françaises en matière d’intelligence artificielle, Bernhard Schölkopf, un spécialiste allemand de l’IA, appelle, dans une tribune au « Monde », à une coopération plus étroite entre les laboratoires européens.
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Intelligence artificielle : « Il faut forger une alliance des sites de pointe en Europe »

Alors que sont relancées les ambitions françaises en matière d’intelligence artificielle, Bernhard Schölkopf, un spécialiste allemand de l’IA, appelle, dans une tribune au « Monde », à une coopération plus étroite entre les laboratoires européens.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 09h59
    |

Bernhard Schölkopf (Directeur de l'Institut Max Planck pour les systèmes intelligents)







                        



                                


                            
Tribune. Il y a soixante ans, le New York Times publiait, sous le titre « New Navy Device Learns by Doing » (« Le nouveau dispositif de la Navy apprend par la pratique »), un article qui passa inaperçu. On y décrivait le Perceptron, un algorithme d’apprentissage mis au point par le psychologue Frank Rosenblatt. Celui-ci avait montré comment un Perceptron apprenait, « en cinquante tentatives, à distinguer la gauche de la droite ». A l’instar d’un humain, affirmait Rosenblatt, le Perceptron tirait les leçons de son expérience ; donc il était possible, en principe, de construire des cerveaux artificiels qui soient conscients de leur propre existence.
La mise au point du Perceptron vint à point. Claude Shannon venait tout juste de fonder la théorie de l’information et Norbert Wiener étudiait le traitement de l’information chez les créatures vivantes et les machines. Un nouveau domaine de recherche, baptisé « cybernétique », était né ; on étudiait dans de nombreux lieux des machines d’apprentissage « connectionnistes » dont le système était plaqué sur les réseaux nerveux naturels.
C’est à la même époque que naquit l’« intelligence artificielle symbolique » (IA), qui ne tarderait pas à régler son compte au Perceptron. Elle concevait l’intelligence comme un traitement des symboles discrets et devint la sage-femme de l’informatique moderne. L’intérêt économique que l’on portait à l’IA déboucha sur la fondation d’institutions comme le Centre allemand de recherche sur l’intelligence artificielle (DFKI). Malgré tout cela, l’IA perdit peu à peu sa place centrale au sein de l’informatique – beaucoup d’espoirs ambitieux ne furent pas exaucés.
« Digital », mot inadéquat
Aujourd’hui, l’IA connaît une renaissance, et ce – ironie de l’histoire – par le biais d’un retour des systèmes apprenants. Ceux-ci ont refoulé de l’IA l’élément « symbolique », et permettent des applications qui paraissaient jusqu’alors insolubles, comme la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ L’auteur présumé de la tentative de viol et sa victime, 17 ans, vivent dans la province de Rhamna, dans le sud du pays.
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Compte rendu

Au Maroc, un homme arrêté après la diffusion d’une vidéo d’agression sexuelle

L’auteur présumé de la tentative de viol et sa victime, 17 ans, vivent dans la province de Rhamna, dans le sud du pays.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 28.03.2018 à 13h52

     •
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        Mis à jour le 28.03.2018 à 17h25






    
Manifestation contre le harcèlement sexuel à Casablanca, au Maroc, le 23 août 2017.
Crédits : STRINGER / AFP


Les autorités marocaines ont annoncé, mercredi 28 mars, l’arrestation de l’auteur d’une agression sexuelle qui a soulevé un tollé après la diffusion des images sur les réseaux sociaux. La gendarmerie royale a « procédé à l’arrestation de l’auteur de la tentative de viol d’une fille qui figurait dans une vidéo publiée sur Internet », a souligné le ministère de l’intérieur dans un communiqué.
L’homme, âgé de 21 ans, a été placé en garde à vue, selon le ministère, qui précise que l’agresseur et sa victime, 17 ans, vivent tous les deux dans la province de Rhamna (sud). L’agression, dont les images ont été diffusées mardi sur les réseaux sociaux, a suscité une tempête de réactions dans le royaume, où une enquête avait immédiatement été ouverte pour identifier l’auteur.

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                Au Maroc, le fléau des violences faites aux femmes



Les images montraient une adolescente plaquée à terre par un jeune homme qui la déshabillait de force et touchait des parties intimes de son corps. « L’identité de l’autre personne qui a filmé ces actes criminels a été déterminée et les investigations sont en cours en vue de son arrestation », ont souligné les autorités locales.
Une loi contre les violences faites aux femmes
« Une scène d’une rare violence », « des images atroces », ont écrit mardi des médias locaux, alors que la ministre de la famille, de la femme et de la solidarité, Bassima Hakkaoui, a dénoncé une agression « barbare ». En août 2017, une agression sexuelle collective contre une jeune femme dans un bus à Casablanca, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, avait déjà soulevé un tollé.

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                Le Maroc légifère contre les violences faites aux femmes



Le Parlement marocain a adopté, mi-février, une loi contre les violences faites aux femmes, qui incrimine pour la première fois « certains actes considérés comme des formes de harcèlement, d’agression, d’exploitation sexuelle ou de mauvais traitement ». Le texte a toutefois été jugé « insuffisant » par les mouvements de défense des droits des femmes, qui appellent à plus de fermeté face à ce fléau.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Le terroriste Radouane Lakdim – qui a tué quatre personnes lors d’attaques le 23 mars à Carcassonne et à Trèbes (Aude) – était un individu fiché « S » par les services de police et de l’antiterrorisme. Cette particularité a relancé la polémique sur le traitement à accorder aux individus surveillés.
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Fichés « S » : faut-il légiférer ?

Le terroriste Radouane Lakdim – qui a tué quatre personnes lors d’attaques le 23 mars à Carcassonne et à Trèbes (Aude) – était un individu fiché « S » par les services de police et de l’antiterrorisme. Cette particularité a relancé la polémique sur le traitement à accorder aux individus surveillés.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 16h34
   





                        



   


Le terroriste Radouane Lakdim qui a tué, le 23 mars, quatre personnes, dont le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, lors d’attaques à Trèbes et à Carcassonne (Aude), était un individu fiché « S » par les services de police et de l’antiterrorisme. Cette particularité a relancé la polémique sur le traitement à accorder aux individus surveillés.
Deux points de vue s’opposent sur la question : l’ancien député (PS) Sébastien Pietrasanta considère que légiférer serait un contresens dans la lutte contre le terrorisme, alors que le professeur de droit, Christian Vallar propose de s’inspirer de la loi du 5 juillet 2011 sur les soins psychiatriques sans consentement – qui permet aux autorités administratives d’hospitaliser des personnes sans leur accord, pour des motifs en particulier d’ordre public –, à condition de respecter les principes juridiques de la République.
Christian Vallar : « La loi sur les soins psychiatriques sans consentement de 2011 peut être la référence. » Le professeur de droit rappelle que voter une loi contre les personnes faisant l’objet d’une fiche « S » doit respecter l’ensemble des conditions juridiques et techniques, ainsi que les principes républicains.
Sébastien Pietrasanta : « La rétention est un contresens en matière de lutte contre le terrorisme. » L’ancien député socialiste et rapporteur de la commission d’enquête sur les attentats estime que placer un individu fiché « S » en détention administrative ou l’assigner équivaut à le prévenir qu’il est surveillé.
A lire aussi :
– Qu’est-ce qu’une « fiche S » ?, par Jérémie Baruch et Pierre Breteau. Les membres identifiés de l’attaque contre le Bataclan faisaient tous l’objet d’une signalisation d’atteinte à la sûreté de l’Etat, comme 20 000 personnes en France.
– Ce que contient le plan pour identifier et prendre en charge la radicalisation, par Jean-Baptiste Jacquin. Education, justice et recherche font partie des secteurs mobilisés dans le plan, baptisé « Prévenir pour protéger » (lien PDF), dévoilé le 23 février par le premier ministre.
– L’internement des fichés « S », un débat récurrent mais une mesure impossible, par Julia Pascual. Le Conseil d’Etat a estimé fin 2015 que « nul ne peut être détenu arbitrairement ».
– « La quête de vengeance est consubstantielle à l’ensemble du djihadisme contemporain », par Myriam Benraad (professeure associée en science politique à l’université de Leyde, Pays-Bas). L’universitaire explique que la vengeance permet aux terroristes de justifier leurs actes et de se fabriquer un ennemi. Un discours qu’il faut donc déconstruire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le réalisateur explique son désir de traiter de l’éducation dans « Madame Hyde » et de travailler à nouveau avec Isabelle Huppert.
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Serge Bozon : « Toucher la vérité demande de filmer des choses simples »

Le réalisateur explique son désir de traiter de l’éducation dans « Madame Hyde » et de travailler à nouveau avec Isabelle Huppert.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 07h58
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 14h43
    |

            Isabelle Regnier








                        



                                


                            

A l’occasion de la sortie de Madame Hyde, son quatrième film, Serge Bozon évoque sa relation à la France, à l’école et à Isabelle Huppert.

Aussi différents soient-ils, « La France », « Tip Top » et « Madame Hyde », vos trois derniers longs-métrages, ont en commun d’esquisser une image, nouvelle et singulière, de la France…
J’aurais voulu que tous mes films s’appellent La France. N’en faire qu’un, c’est risquer de paraître un peu prétentieux. Tandis que si je le faisais à chaque fois, on se dirait : « Ah tiens, il travaille le truc un peu, il y revient… ». Je n’ai pas trop réfléchi à la question, en réalité, mais c’est vrai que l’idée de faire des choses qui ont un rapport au pays m’excite… Dans un film de guerre comme La France, le rapport est direct, évident. Dans Tip Top ou Madame Hyde, c’est le rapport entre le pays et la banlieue, ou le pays et les étrangers, ou le pays et les gens de couleur… Je ne saurais pas théoriser, mais je lis les journaux et je m’intéresse aux questions liées aux banlieues, au racisme et à tout ce qui en découle.
En tant que cinéaste, vous ­refusez toutefois de les aborder de manière naturaliste…
Le vraisemblable amène à faire tellement de nuances que c’en devient émollient : les gens ne sont jamais vraiment en échec, jamais vraiment en réussite, jamais vraiment cons… Toucher la vérité demande au contraire de filmer des choses très simples, à l’os. Cela peut passer par des jeux d’opposition basiques : une classe où il n’y a que des garçons arabes, des Noirs et deux filles blanches ; Isabelle Huppert, qui est petite et maigre, et sa voisine, du coup grande et grosse, etc. Ce n’est pas plus compliqué que du Laurel et Hardy. Ces choses qui peuvent sembler stylisées, ou irréalistes, vont à l’inverse dans le sens d’une grande franchise par rapport au sujet.
Le film fonctionne, de fait, sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ La dernière superproduction d’Ubisoft transforme le Montana en terrain de jeu permissif, foutraque et explosif.
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Jeu vidéo : « Far Cry 5 », jouissive corrida dans une Amérique perchée

La dernière superproduction d’Ubisoft transforme le Montana en terrain de jeu permissif, foutraque et explosif.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 15h23
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 15h39
    |

            William Audureau








                        



   


Hurk Drubman Jr a un lance-roquettes. Lorsqu’on le rencontre pour une mission, il nous conseille de passer par l’arrière, « comme [son] grand-père pendant la seconde guerre mondiale avec les prostituées ». Il est « juste dangereusement débile », précise sa fiche de personnage. Mais aux côtés de Nick Rye, pilote d’avion extravagant, de Sharky Boswhaw, pyromane inarrêtable, ou encore d’un grizzly (parce que pourquoi pas un grizzly ?), il fait partie des neuf mercenaires dont le joueur pourra s’attacher les services dans Far Cry 5, le jeu de tir en monde ouvert sorti, sur PC, PlayStation 4 et Xbox One, mardi 27 mars.
Far Cry 5 se déroule dans le comté fictif de Hope (Hope County), où une secte d’illuminés millénaristes armés jusqu’aux dents s’est persuadée que la fin des temps était proche, et que prendre en otage l’intégralité de la population civile était la meilleure solution pour s’assurer de leur rédemption. L’héroïne ou le héros, officier de police coincé au Montana après avoir échoué à capturer leur gourou, va devoir, petit à petit, par ses exploits, se muer en meneuse ou meneur de la Résistance.

Secte quelconque, mais ton extravagant
On imaginait le jeu engagé, il est surtout déjanté. Le nouveau blockbuster d’Ubisoft avait semé le doute en mai 2017 lors de son annonce, en laissant imaginer un titre politique, dont les suprémacistes blancs seraient l’ennemi principal. De cette secte que l’on a crue métaphorique, il n’y a finalement pas grand-chose d’intéressant à dire, si ce n’est que son leadeur, Joseph Seed, incarné par l’acteur canadien Greg Bryk (A History of Violence, de David Cronenberg, Saw 5, de David Hackl) est d’un magnétisme ensorcelant.

        Lire aussi :
         

                « Far Cry 5 », un jeu vidéo sur la guerre froide plus que sur l’Amérique de Trump



Ses sujets se divisent essentiellement en soldats anonymes, muets et interchangeables, que l’on se délecte tout de même à entendre chantonner les airs country de propagande de la secte, et d’autre part des illuminés sous drogue, dont le comportement agressif et décérébré rapproche plus de zombies que de protagonistes sérieux. A cet égard, on est plus proche d’un Resident Evil à ciel ouvert.

   


En réalité, si Far Cry 5 prend bel et bien pour cadre un Etat trumpien, en l’occurrence celui du Montana, c’est moins pour s’attaquer au néonazisme qu’à une secte d’illuminés, et d’une manière générale, à une sulfureuse parodie de l’Amérique profonde, faite de festival des testicules, d’amateurs d’armes fêlés et de pilotes de supertrucks maquillés comme des catcheurs mexicains.
Ceux qui avaient déjà exploré l’île paradisiaque de Far Cry 3 et les hauteurs himalayennes de Far Cry 4 ne seront que peu surpris : la franchise s’est fait une spécialité des cadres exotiques à la nature intense, et surtout des lieux traités de manière théâtrale et décalée. Ce cinquième opus ne déroge pas à la règle. Même si en prenant pour matière première l’un des poumons de la première puissance mondiale, il revêt une saveur toute particulière, qui le rapproche de la satire au vitriol des Grand Theft Auto. En moins urbain, en plus perché.
Des personnages hauts en couleur
Son humour corrosif, le jeu le fait passer à travers toute une galerie de personnages secondaires hauts en couleur, que l’on délivre, que l’on aide ou qui se joignent à nous, comme les mercenaires. Un pasteur résistant qui cache un revolver dans une fausse Bible. Une snipeuse d’élite hantée par la mission de protéger la tombe de son père. Un complotiste fou persuadé que le gouvernement le manipule à travers la nourriture. Un politique sénile pestant contre les « gauchos » qui ont voté Obama. Un cuisinier qui veut restaurer la fierté locale en cuisinant des testicules de taureau.

   


Ce sont eux qui donnent sa richesse et sa folie à ce Montana replié sur lui-même. A travers eux, c’est l’Amérique des laissés-pour-compte que l’on retrouve, mais aussi une Amérique mythologique, où la bannière étoilée sert de vêtements, où des promeneurs s’arrêtent auprès d’un feu de camp pour partager un air de country, tous traités avec un égal mélange de tendresse et de moquerie.
Festival de possibilités
Et le joueur, alors ? Dans ce théâtre géant de silos agricoles, de champs de maïs et de bétail, il fait office d’électron libre, voire d’agent du chaos. Infiltration d’avant-poste, dogfight aérien en hydravion, réparation de canalisations, course chronométrée à travers des arceaux en feu, chasse au cerf, course-poursuite avec un hélicoptère ou encore escorte de vaches, Far Cry 5 brille par son éclectisme autant que par les mille manières qu’il offre de laisser sa trace sur ce Montana.

   


Les grands amateurs de jeux en monde ouvert, dont Ubisoft est un champion, apprécieront par ailleurs la fluidité de celui-ci. Ce n’est pas seulement que les paysages majestueux et la réalisation de très haute volée invitent à la contemplation ; c’est que, pour une fois, l’éditeur français n’a pas cédé à la facilité d’un découpage artificiel en nombreuses régions avec autant de tours absurdes à escalader. Ici, le Montana se découvre essentiellement par soi-même, au besoin en prenant de la hauteur en hélicoptère ou en avion, ou en trouvant des plans çà et là. Même la carte du monde brille par son épure et sa lisibilité.
Parfois subversif, souvent exagéré
Les missions elles-mêmes sont impeccablement rythmées et variées, à l’image d’une scène d’introduction épique ou d’une séquence de fuite haletante depuis les geôles souterraines du bunker du gourou. Parfois, le jeu donne dans l’iconoclaste et le subversif, comme cette fusillade entre les tombes d’un cimetière américain, ou d’assaut armé au cœur d’une église.
Mais le plus souvent, il fait dans la surenchère et le n’importe quoi, à la manière de la destruction d’une statue géante, de la défense d’un fort contre des illuminés soûlés de musique country, ou encore d’une curieuse scène, pas très végane, de mise à mort de taureaux en plein coït. Far Cry 5 est excessif dans tous ses paris, dans toutes ses caricatures.

   


A noter qu’à plusieurs reprises, de légers bugs en apparence anodins se sont avérés au final très contrariants, comme des personnages secondaires qui interrompent spontanément un dialogue, l’attention captée par un ennemi lointain, et refusent d’y revenir ; des objectifs réussis qui ne sont pas pris en compte, obligeant à reprendre la dernière sauvegarde ; ou encore une intelligence artificielle pas toujours bien brillante, voire capable de bugger en pleine mission coopérative. Mais à ce niveau-là de générosité, difficile d’en tenir rigueur à cette aventure montanienne caustique, décalée et enivrante.
En bref
On a aimé :
la reconstitution sublime du Montana ;l’ambiance champ de maïs, bunkers et drapeaux étoilés ;la satire sociale discrète mais mordante ;un grand fourre-tout de moyens de locomotion ;rythme et progression impeccablement huilés ;scène d’introduction mémorable ;Boomer le chien, meilleur acolyte ;la bande-son irrésistible.
On n’a pas aimé :
la secte est au final assez quelconque ;quelques bugs agaçants ;Le jeu dans le jeu, Far Cry Arcade, n’est pas vraiment un jeu rétro.
C’est pour vous si :
vous avez aimé Far Cry 4 ;vous avez aimé GTA V ;vous avez aimé le Montana ;et voir des taureaux monter des vaches.
Ce n’est pas pour vous si :
vous espériez combattre des suprémacistes blancs ;tuer des animaux sauvages en jeu vidéo, ça vous dérange.
La note de Pixels
4th of July/4.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Le film de Steven Spielberg, en salles ce mercredi 28 mars, est inspiré du roman éponyme de cet auteur américain qui révère la pop culture des années 1980 et se qualifie volontiers de « geek ».
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Ernest Cline, auteur de « Ready Player One » : « J’ai grandi à l’époque parfaite »

Le film de Steven Spielberg, en salles ce mercredi 28 mars, est inspiré du roman éponyme de cet auteur américain qui révère la pop culture des années 1980 et se qualifie volontiers de « geek ».



Le Monde
 |    13.03.2018 à 18h18
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 09h15
    |

            Pauline Croquet (Austin (États-Unis), envoyée spéciale)








                        



   


« Quand j’ai écrit Ready Player One, j’ai admis dès le départ que cela ne deviendrait pas un film car c’était un pêle-mêle de références de pop culture que j’aimais : Atari, Pac Man, Godzilla, Duran Duran… Et au cinéma, il faut payer des droits. A vrai dire, c’était mon premier roman et je ne l’ai même pas écrit en pensant être publié. » Doublement perdu. Non seulement le récit de science-fiction d’Ernest Cline est devenu un best-seller à sa sortie en 2011, mais il a ensuite fait l’objet d’une adaptation sur grand écran par Steven Spielberg lui-même, qui arrivera en salles le 28 mars. La première mondiale du film a eu lieu au festival South by Southwest (SXSW) d’Austin (Texas), dimanche 11 mars.
Un happy end qui ne manque pas de charme : cet auteur geek – il préfère dire « enthousiaste » –, a été biberonné aux films Amblin, la société de production de Steven Spielberg. A l’image des héros des Goonies ou de la bande de Stranger Things, il raconte son enfance dans l’Ohio des années 1980 occupée par les jeux vidéo et les aventures entre copains. « J’ai grandi à l’époque parfaite, je fais partie de la première génération d’enfants à avoir eu un ordinateur et une console à la maison. Il y avait tant de films déterminants destinés aux jeunes et Star Wars m’a ouvert au monde de la science-fiction », a-t-il expliqué lors d’une conférence au festival d’Austin, sa ville de résidence.
« Ces nouvelles technologies inquiétaient mes parents. Ils disaient “les jeux vidéos vont te pourrir le cerveau”. Tu n’iras nulle part si tu continues à jouer. J’aimerais qu’ils soient encore là pour voir comment cela a tourné. » 
Œufs de Pâques
Dans sa dystopie, qui se déroule en 2044, l’auteur présente un magnat excentrique multimilliardaire qui a créé un univers de réalité virtuelle, l’Oasis, permettant aux utilisateurs d’échapper à un monde en crise économique et écologique. Lorsque ce personnage meurt, il laisse un message : quiconque trouvera l’« easter egg » (un œuf de Pâques, qui désigne dans les jeux vidéo une fonction cachée) qu’il a inséré dans son jeu héritera de sa fortune. Un adolescent, Wade Wyatt, part à sa recherche.

« Au début des années 1980, j’ai trouvé un easter egg dans le jeu Adventure d’Atari. Cela m’a profondément influencé et cela a nourri mon imagination », explique le romancier, qui estime avoir appris à raconter des histoires en jouant plus jeune au jeu de rôle Donjons et Dragons.
Ernest Cline a aussi été invité par Steven Spielberg à travailler comme scénariste sur l’adaptation de son livre, lui permettant de se réconcilier avec l’industrie du cinéma après un épisode difficile. « Au début des années 2000, j’ai commencé à écrire le script d’un film indépendant, Fanboys, dans lequel j’ai mis beaucoup de choses personnelles. » Cette histoire d’un ado en phase terminale, fan de Star Wars, dont les amis vont tenter de pénétrer chez George Lucas pour voir l’épisode 1 avant sa sortie en salles, a fini par intéresser des producteurs. « Et c’est la partie la plus triste de Fanboys : il a fini dans les mains des pires personnes d’Hollywood : Kevin Spacey était producteur, Harvey Weinstein aussi… » Ricanements dans la salle du festival SXSW. L’auteur précise : « Ils ont fait tout ce qu’ils ont pu pour ruiner le film. Ils l’ont vidé des éléments essentiels, puis ils l’ont confié à un autre réalisateur. » Le long-métrage ne rencontrera pas le succès. C’est ce déchirement qui l’a conduit à écrire Ready Player One.
« Je ne voulais plus être scénariste et perdre le contrôle de mes créations. Avec le roman, il n’y a rien qui s’immisce entre toi et ton public. » 
« Se balader dans son livre »

   


Avec l’adaptation en film, l’écrivain ne pense pas toutefois avoir perdu le contrôle sur Ready Player One, bien que des scènes ont dû être réinterprétées pour des raisons cinématographiques. « Steven Spielberg m’a fait me sentir comme un collaborateur à part entière », assure l’auteur. Il s’est pourtant senti tout petit le jour de leur rencontre. « J’avais été chez le coiffeur, ma tenue était calculée avec soin, j’étais nerveux et les mots ne me venaient pas. Et là je me suis dit que, depuis trente ans, tous les gens qui ont dû le rencontrer devaient se comporter ainsi. Le pauvre gars devait se retrouver systématiquement devant des gens qui bafouillent. Et lui, il arrive simplement, avec décontraction. » 
Mais c’est avant tout sur le plateau du tournage à Londres que le romancier a réalisé qu’il ne s’agissait plus d’un rêve de gosse, mais d’une affaire bien concrète. « Jusqu’à présent les décors, les vêtements n’existaient que dans ma tête. Et là les techniciens avaient tout construit d’après mes écrits. J’étais littéralement en train de me balader dans mon livre. »



                            


                        

                        


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Alibaba lance un « distributeur automatique de voitures »

En collaboration avec Ford, le géant chinois du commerce en ligne veut rajeunir la vente d’automobiles. Les clients peuvent acheter un véhicule sans intervention humaine.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 11h50
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            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



   


Acheter une voiture presque comme une paire de basket ou des couches pour bébé, c’est déjà possible sur Tmall, la plate-forme de vente pour les marques d’Alibaba. Le géant du ecommerce chinois va encore un cran plus loin avec son « distributeur automatique de voitures ». Le premier a été ouvert à Canton lundi 26 mars, pour un mois de test.
C’est un parking vertical qui range les voitures automatiquement. Une fois sur place, vous vous identifiez sur une borne grâce à une caméra 3D qui reconnaît votre visage. Puis la voiture descend comme par magie. Vous pouvez l’essayer trois jours, moyennant une caution. Convaincu ? vous n’avez qu’à valider votre achat sur Tmall et le véhicule est à vous. Si besoin Alipay, le portefeuille électronique d’Alibaba propose aussi des services de paiement différé

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En 2016, 5 % des achats de véhicules s’effectuaient sur le Net
Ce « distributeur automatique » associe Alibaba et Ford, un projet annoncé en décembre 2017. Pour l’instant, seuls les véhicules du constructeur américains sont disponibles. C’est une petite tour de cinq étages, entièrement automatisée qui contient 42 véhicules, Mondeo, et autres Mustang. D’après Alibaba, les clients peuvent acheter un véhicule en dix minutes, sans la moindre intervention humaine. D’autres distributeurs pourraient entrer en fonctionnement à Pékin et Hangzhou le mois prochain.
Avec ce partenariat, Ford, en perte de vitesse dans le pays, espère séduire la clientèle jeune : un quart des acheteurs de voitures de moins de 24 ans ont effectué leur achat en ligne en 2016, selon McKinsey. Les ventes sur Internet représentaient 5 % des achats de véhicules, contre 1 % en 2014. Elles ont atteint 1 million d’unités en 2016, pour 100,7 milliards de yuans (13 milliards d’euros), d’après le cabinet de conseil Frost & Sullivan. La Chine, relativement peu pourvue en concessionnaires traditionnels, est de loin le marché le plus avancé en la matière.
Quoique souvent innovant, Alibaba n’est pas le premier à tester les distributeurs de voitures. Des start-up ont déjà lancé leur propre concept aux Etats-Unis, au Japon et à Singapour. Mais avec ses 520 millions de clients, Alibaba a une tout autre force de frappe. C’est le partenaire idéal pour les grandes marques qui veulent toucher le public chinois. Le 11 novembre 2017, rebaptisé « fête des célibataires » en Chine, Alibaba a notamment vendu 100 000 voitures.



                            


                        

                        

