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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ En avril 1971, l’actrice Stéphane Audran et le réalisateur Claude Chabrol se confiaient sur l’ORTF. Ce dernier y expliquait alors pourquoi, selon lui, il aimait sa « Stéph’ » de façon « très rare ».
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Elle a incarné des bourgeoises devant la caméra décapante de son ex-époux Claude Chabrol, et connu deux de ses plus beaux rôles dans « Le Charme discret de la bourgeoisie » et « Le Festin de Babette » : l’actrice française Stéphane Audran est morte mardi à 85 ans.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ En 2017, 300 films ont été tournés dans l’Hexagone, c’est 6 % de plus que l’année précédente, selon l’étude annuelle du CNC.
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Cinq chiffres pour tout savoir de la production cinématographique française

En 2017, 300 films ont été tournés dans l’Hexagone, c’est 6 % de plus que l’année précédente, selon l’étude annuelle du CNC.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 16h56
    |

            Nicole Vulser








                        



   


Mardi 27 mars, le Centre national de la cinématographie et de l’image animée (CNC) a publié son étude annuelle sur le cinéma français. De loin, l’enquête démontre, selon les termes des auteurs d’une « stabilité » entre 2016 et 2017. Un constat s’appuyant sur le chiffre global de la production dans l’Hexagone. Mais en zoomant sur certains points, l’image se fait plus contrastée.
300 films produits en 2017 dans l’Hexagone
L’an dernier, il s’est produit 300 films en France. C’est 6 % de plus qu’en 2016. Sur ce total, 222 films étaient d’initiative française, c’est-à-dire avec une majorité de financement français. Les autres avaient un financement majoritairement étranger. Toutes ces œuvres représentent un investissement total de 1,32 milliard d’euros (– 4,4 % par rapport à 2016).
1,08 milliard d’euros investi dans la production française
Les investissements réalisés dans la production d’initiative française ont baissé en 2017 de 9,9 %, à 1,08 milliard d’euros. Ceci s’explique, selon le jargon statistique par un effet de base défavorable. En effet, 2016 a été marquée par la production de deux longs-métrages à méga budgets : Valérian et la Cité des mille planètes de Luc Besson (197,4 millions d’euros) et The Lake de Steven Quale (66 millions d’euros). A titre de comparaison en 2017, le film d’initiative française le plus coûteux, toujours signé Luc Besson, Anna (qui n’est pas encore sorti), ne s’élève « qu’à » 30,69 millions d’euros. Il est suivi par Santa & Cie d’Alain Chabat (28,3 millions) et La ch’tite famille de Dany Boon (26,8 millions).

« La Ch’tite Famille » remplit les salles

   


Boudée par l’Académie des Césars, la comédie est un genre cinématographique qui plaît au public, comme en témoignent les chiffres cumulés des entrées en salle publiés par Ecran total. Pour la période du mercredi 28 février au dimanche 4 mars, c’est le nouveau film de et avec Dany Boon, La Ch’ tite Famille, qui a attiré le plus de monde, réunissant plus de 2 millions de spectateurs pour une distribution sur 843 écrans. Les Tuche 3, d’Olivier Barroux, sorti il y a cinq semaines, continue sur la voie du succès public avec un total de 5,3 millions de spectateurs sur 639 écrans.

        Lire aussi le reportage :
         

          Séance en ch’tite famille à Saint-Omer



Triomphe mondial, Black Panther avec ses super-héros noirs séduit aussi les cinéphiles de l’Hexagone : en trois semaines d’exploitation, le film de Ryan Coogler y a été vu par 2,4 millions de spectateurs. Quant au grand gagnant des Oscars 2018, le film fantastique de Guillermo del Toro, La Forme de l’eau, il n’a pour l’instant attiré qu’un peu plus d’un demi million de spectateurs en deux semaines. Parions que les quatre statuettes remportées dimanche donneront un coup de pouce à sa carrière.

        Lire le récit :
         

          « Black Panther » bouscule les schémas hollywoodiens





49 films dont le budget était supérieur à 7 millions d’euros
C’est le nombre de films produits en 2017 dont le budget était supérieur à 7 millions d’euros. C’est neuf de plus qu’en 2016. Le CNC dénombre également 49 œuvres dont le budget est compris entre 4 et 7 millions. Dans cette catégorie figurent par exemple Un autre monde de Stéphane Brizé, Les Estivants de Valeria Bruni Tedeschi ou Place Publique d’Agnès Jaoui. Tous trois sont attendus en salles cette année. Le devis moyen des films d’initiative française s’établit à 4,9 millions d’euros.
72 premiers films
C’est le nombre de premiers films produits en 2017 sur les 222 œuvres d’initiatives françaises, soit près d’un tiers. Signe d’une réelle diversité, il s’est produit l’an dernier 43 films documentaires, 5 films d’animation, des films de genre, des biopics réinventés comme Barbara de Mathieu Amalric… Autre caractéristique : le nombre de coproductions internationales reste très élevé (à 123 films). Ces partenariats incluent 48 pays différents et ont permis de tourner The man who killed Don Quixote de Terry Gilliam ou Submergence de Wim Wenders, qui sortiront cette année.
363,3 millions investis par les chaînes de télévision dans les films agréés par le CNC
Les investissements des chaînes de télévision dans les films agréés par le CNC ont crû de 15,3 %, à 363,3 millions d’euros. Une manne répartie entre 193 films. Obligé d’investir dans le cinéma au prorata de son chiffre d’affaires, Canal + qui fut longtemps « le » banquier du cinéma, voit sa part s’amenuiser au fil des années mais conserve, si on y ajoute sa filiale Ciné +, une place prépondérante (173,5 millions d’euros d’investissements dans le septième art soit près la moitié du financement total des chaînes). Si TF1 ou M6 investissement surtout dans des films à devis élevé, les chaînes publiques choisissent des longs-métrages plus variés. Le nombre de films non financés par les télévisions a diminué l’an dernier mais représente toujours 107 longs-métrages agréés. Souvent des premiers films à petit budget.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ Après des débuts au théâtre dans les années 1950, sa carrière prit un tournant avec sa rencontre avec Claude Chabrol, dont elle deviendra l’actrice fétiche. Elle avait 85 ans.
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L’actrice Stéphane Audran est morte

Après des débuts au théâtre dans les années 1950, sa carrière prit un tournant avec sa rencontre avec Claude Chabrol, dont elle deviendra l’actrice fétiche. Elle avait 85 ans.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 12h37
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 16h40
   





                        



Stéphane Audran, qui fut notamment l’actrice fétiche et épouse du cinéaste Claude Chabrol, est morte, a annoncé son fils Thomas Chabrol, mardi 27 mars. Elle avait 85 ans. « Ma mère était souffrante depuis quelque temps. Elle a été hospitalisée une dizaine de jours et était revenue chez elle. Elle est partie paisiblement cette nuit vers 2 heures du matin », a précisé M. Chabrol.
Stéphane Audran fut une figure emblématique du cinéma français des années 1970. Elle avait débuté au théâtre dans les années 1950, avant d’obtenir des rôles secondaires dans certains films tournés par des réalisateurs de la nouvelle vague.
Récompensée par un César pour son rôle dans « Violette Nozière »
Sa carrière prit un tournant avec sa rencontre avec Claude Chabrol, en 1959. Mariée au cinéaste, elle en était devenue l’actrice fétiche. Elle fut révélée dans Les Biches, en 1968, avec un Ours d’argent à la clé à Berlin, avant de tenir des premiers rôles marquants dans Le Boucher et Les Noces rouges.
Son rôle dans Violette Nozière, un autre film de Claude Chabrol, lui permit de remporter le César de la meilleure actrice dans un second rôle en 1979.
Elle tourna aussi avec Luis Buñuel, dans Le Charme discret de la bourgeoisie, lauréat de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1973.
Stéphane Audran effectua ensuite un retour éphémère au premier plan dans les années 1980 avec Le Festin de Babette, du Danois Gabriel Axel, lauréat du meilleur film en langue étrangère aux Oscars en 1988.

        Lire aussi :
         

                TV – « Le Festin de Babette », pour l’œil et l’oreille



« Stéphane était épatante pour jouer les femmes libres et indépendantes, comme elle l’était dans la vie. Je l’ai dirigée dans Les Saisons du plaisir, avec Sylvie Joly. Beaucoup de metteurs en scène étaient amoureux d’elle, et d’ailleurs Claude Chabrol l’a épousée. Il en a fait son actrice fétiche. Elle a été aussi l’égérie des Cahiers du cinéma. Elle était très aimée », a témoigné le cinéaste Jean-Pierre Mocky.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ Le réalisateur explique son désir de traiter de l’éducation dans « Madame Hyde » et de travailler à nouveau avec Isabelle Huppert.
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Serge Bozon : « Toucher la vérité demande de filmer des choses simples »

Le réalisateur explique son désir de traiter de l’éducation dans « Madame Hyde » et de travailler à nouveau avec Isabelle Huppert.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 07h58
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 14h43
    |

            Isabelle Regnier








                        



                                


                            

A l’occasion de la sortie de Madame Hyde, son quatrième film, Serge Bozon évoque sa relation à la France, à l’école et à Isabelle Huppert.

Aussi différents soient-ils, « La France », « Tip Top » et « Madame Hyde », vos trois derniers longs-métrages, ont en commun d’esquisser une image, nouvelle et singulière, de la France…
J’aurais voulu que tous mes films s’appellent La France. N’en faire qu’un, c’est risquer de paraître un peu prétentieux. Tandis que si je le faisais à chaque fois, on se dirait : « Ah tiens, il travaille le truc un peu, il y revient… ». Je n’ai pas trop réfléchi à la question, en réalité, mais c’est vrai que l’idée de faire des choses qui ont un rapport au pays m’excite… Dans un film de guerre comme La France, le rapport est direct, évident. Dans Tip Top ou Madame Hyde, c’est le rapport entre le pays et la banlieue, ou le pays et les étrangers, ou le pays et les gens de couleur… Je ne saurais pas théoriser, mais je lis les journaux et je m’intéresse aux questions liées aux banlieues, au racisme et à tout ce qui en découle.
En tant que cinéaste, vous ­refusez toutefois de les aborder de manière naturaliste…
Le vraisemblable amène à faire tellement de nuances que c’en devient émollient : les gens ne sont jamais vraiment en échec, jamais vraiment en réussite, jamais vraiment cons… Toucher la vérité demande au contraire de filmer des choses très simples, à l’os. Cela peut passer par des jeux d’opposition basiques : une classe où il n’y a que des garçons arabes, des Noirs et deux filles blanches ; Isabelle Huppert, qui est petite et maigre, et sa voisine, du coup grande et grosse, etc. Ce n’est pas plus compliqué que du Laurel et Hardy. Ces choses qui peuvent sembler stylisées, ou irréalistes, vont à l’inverse dans le sens d’une grande franchise par rapport au sujet.
Le film fonctionne, de fait, sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ Le cinéaste Serge Bozon relit Robert Louis Stevenson dans un film social requalifié par le conte de fées.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/03/2018
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« Madame Hyde » : le buisson ardent de la connaissance

Le cinéaste Serge Bozon relit Robert Louis Stevenson dans un film social requalifié par le conte de fées.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 08h03
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Sortez crayons et compas, tracez deux droites qui se rejoignent sans se couper, l’une partant de L’Etrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, de Robert Louis Stevenson (1886), l’autre depuis De bruit et de fureur (1988), film de Jean-Claude Brisseau. Deux chefs-d’œuvre que cent ans séparent, intéressés l’un et l’autre par la question du mal qui ronge le cœur des hommes, scrutant le rapport de l’individu à la société, faisant surgir le fantastique dans le quotidien. Tracez à présent la bissectrice partant du sommet angulaire de ces droites et vous aurez une idée de la direction que prend ce drôle d’objet, si emporté et bizarre, si excentrique et nécessaire, nommé Madame Hyde.

Serge Bozon est, de fait, un réalisateur qui fait bouger les lignes. L’un de ceux, pour oser le mot et le sentiment, qui rendent plutôt fier que le cinéma français sache ménager en son sein une place à une tentative aussi audacieuse de le cambrioler. L’Amitié (1998), Mods (2003), La France (2007), Tip Top (2013) sont autant d’étapes d’un vacillement concerté, où chaque sujet est traité de biais, chaque attendu mis cul par-dessus tête, chaque évidence poétiquement déplacée. Goût du fantastique, humour diagonal, maniérisme allégorique, cruauté farcesque : rien, pourtant, tel est le miracle bozonien, ne vient affaiblir la capacité de ces films à toucher juste sur des questions qui importent à tous.
Torturée par sa classe
Ainsi, Madame Hyde est-il un film social (banlieue, fracture, école, transmission du savoir…) requalifié par le conte de fées. Madame Géquil (Isabelle Huppert) est une professeure de physique close en ses principes mais pusillanime, et donc constamment torturée par sa classe. A la tête de la fronde railleuse, Malik (Adda Senani), adolescent handicapé qui compense sa prostration par une tchatche insolente et étincelante.

Autour de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Le film de Ryan Coogler, sorti en janvier aux Etats-Unis, est le plus tweeté de 2018.
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« Black Panther » prend le pouvoir sur Twitter

Le film de Ryan Coogler, sorti en janvier aux Etats-Unis, est le plus tweeté de 2018.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 12h58
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 14h48
   





                        


A la manière du héros qu’il met en scène – le roi du Wakanda et ses pouvoirs surhumains, interprété par Chadwick Boseman – le dernier film Marvel a pris le pouvoir sur Twitter et règne sans partage. Selon le réseau social, Black Panther (sorti en France en février) a remporté le titre de film le plus tweeté de tous les temps, détrônant au passage Star Wars.
Mentionné plus de 35 millions de fois, le film de Ryan Coogler qui porte à l’écran un superhéros populaire, noir et africain, a rassemblé sa communauté. Les communautés. La célébration de la négritude, de sa fierté et de son universalité, a dominé sous les hashtags #Wakanda, #WakandaForever, et bien sûr, #BlackPanther.
Preuve supplémentaire, s’il en fallait, que Black Panther, qui a bousculé les stéréotypes de genre et de « race », qui a suscité l’enthousiasme et l’excitation du public, bousculé la pop culture et réveillé les consciences, s’inscrit comme acteur des mutations des sociétés, en faveur de la diversité.
Le compteur des tweets a explosé notamment àla suite de celui du rappeur Kendrick Lamar qui y présentait la bande-son du film, et celui de Michelle Obama, qui félicitait l’équipe du film de jouer un rôle (si) important : encourager les gens à trouver le courage d’être les héros de leur propre histoire.

Black Panther The Album 2/9 https://t.co/MqhsEcj6iF— kendricklamar (@Kendrick Lamar)


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Congrats to the entire #blackpanther team! Because of you, young people will finally see superheroes that look like… https://t.co/mGf422Nu7k— MichelleObama (@Michelle Obama)


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Cette rencontre entre le pitch de « Prison Break » et le style de « Uncharted » est uniquement jouable en coopération. Une ode maladroite mais plaisante à la fraternité.
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Jeu vidéo : « A Way Out », ou le plaisir de changer une ampoule à deux

Cette rencontre entre le pitch de « Prison Break » et le style de « Uncharted » est uniquement jouable en coopération. Une ode maladroite mais plaisante à la fraternité.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 21h47
    |

            William Audureau








                        



   


Il y a des œuvres qui fédèrent, d’autres qui divisent, et certaines, plus rares, qui invitent à se demander s’il est plus intéressant de changer une ampoule seul ou à deux. La production des suédois de Hazelight appartient aux trois catégories à la fois.
Dans ce jeu d’action-aventure, sorti vendredi 23 mars sur PC, PlayStation 4 et Xbox One, les deux joueurs – car on ne peut pas jouer seul – incarnent Vincent, quadra plein de sang-froid, et Leo, braqueur sanguin, tous deux incarcérés après s’être fait piéger par le même homme.
Leur évasion sera tout autant une histoire de vengeance que de rédemption, un jeu sur l’évasion que sur la construction d’une famille. Leo l’orphelin donnerait tout pour retrouver son fils de 5 ans ; Vincent a abandonné sa femme enceinte pour poursuivre l’assassin de son frère.

Une thématique pas tout à fait gratuite pour son réalisateur d’origine libanaise, Josef Fares, exilé avec son frère en Suède à ses dix ans et qui a déjà évoqué à plusieurs reprises le thème dans ses films. « A Way Out [une porte de sortie], c’est un titre qui peut aussi bien parler de prison que de la vie en général », prévenait-il en juin dernier, interrogé par Pixels.

        Relire :
         

          « A Way Out », sensation de l’E3 2017



Un jeu d’action sur la famille et la fraternité
Comme le touchant Brothers : A Tale of Two Sons, son précédent jeu, A Way Out met en scène deux personnages. Comme lui, il raccroche tous les enjeux à leur capacité à s’entraider. Comme lui, il thématise l’idée que seul, on n’est jamais complet. L’épopée initiatique légère et poétique d’alors a laissé place ici à de l’action « testostéronée », des visages burinés et une ambiance de film des années 1980, mais l’écriture reste subtilement autobiographique.
L’un des deux héros, Leo, est incarné par Fares Fares, le frère du réalisateur, et derrière son caractère impulsif, c’est celui de Josef Fares lui-même que l’on devine. Les Fares aiment être réunis, et le jeu est un hommage communicatif à la fraternité au sens large. Communiquer, s’aider, faire diversion, rejoindre, mais aussi défier, taquiner, battre, ou trahir : le jeu repose entièrement sur une grammaire du compagnonnage, l’art d’être deux dans la fuite.

   


Qu’il s’agisse d’escalader un conduit vertical en s’appuyant dos contre dos, de faire le guet pendant que son accolyte démonte un toilette, ou de piloter un pick-up tandis que son binôme est, arme au poing, sur le toit, de nombreux passages sont conçus pour que, depuis leur canapé (ou en ligne), les deux joueurs ne puissent progresser sans parler ensemble. C’est la réussite d’A Way Out : ses moments forts sont des moments de partage.

        Moment nostalgie :
         

          Souvenirs de jeux en coop



Innovations formelles et déjà-vu
Malheureusement, le fait de jouer à deux ne suffit pas toujours à relever une aventure souvent plan-plan. Par exemple, dans la dernière partie de l’aventure, les deux acolytes se retrouvent chacun en moto, poursuivis à travers la jungle mexicaine par un convoi armé, et le plus dur n’est pas de survivre, mais de compter dans combien de dizaines de jeux la même scène se retrouve déjà à l’identique.
Souvent A Way Out donne l’impression étrange et diffuse de s’être trompé de décennie. Dans son registre très rentre-dedans, ses références appuyées à la série télé Prison Break comme aux jeux Uncharted pour son format, Army of Two pour la « coop » ou encore Heavy Rain, pour la surcouche de sentimentalisme, sans même parler de sa réalisation technique datée, la production des suédois de Hazelight Studios semble relier directement 2018 aux années PlayStation 3.
Il s’en distingue toutefois par une idée formelle emballante : le jeu reprend la classique division du téléviseur en deux écrans, mais en laissant la ligne de démarcation voguer selon les scènes, renouvelant régulièrement les cadrages et dynamisant la mise en scène.

   


Si l’astuce est sous-exploitée la plupart du temps, elle accouche tout de même de quelques séquences notables, comme une scène de fusillade à trois fenêtres simultanées, façon Nouvelle vague, ou un habile plan-séquence de plusieurs minutes papillonnant d’un héros à l’autre via les cursives d’un hôpital, relevé d’un hommage au célèbre plan de coupe de Old Boy, de Park Chan-wook. Mais là encore, à plusieurs reprises, par des dialogues prévisibles ou des enchaînements narratifs incohérents, A Way Out donne l’impression d’une écriture pas totalement maîtrisée.
Activités triviales
Difficile de s’expliquer certains échanges incongrus. Ainsi, lorsque l’impétueux Leo se moque de deux techniciens syndiqués en train de changer une ampoule. « Vous avez vraiment besoin d’être deux pour ça ? », s’esclaffe le héros. « Oui, c’est l’avantage quand on est syndiqués », répond l’un des deux avec désinvolture.
Drôle de séquence, où l’on pourra voir, au choix, une saillie gratuite d’un créateur contre la syndicalisation (alors même que le mécontentement social monte dans l’industrie) ; ou bien une mise en abyme taquine du principe même du jeu, interdit à un joueur sans binôme. Fût-ce pour jouer aux fléchettes, porter du linge ou manger à la cantine, autant d’activités triviales de l’aventure qui valent bien un changement d’ampoule.

   


Finalement, au bout de six petites heures de jeu, on ressort d’A Way Out l’esprit partagé, entre l’impression d’avoir passé sa soirée sur une production bis, et d’inévitables bons souvenirs de partie avec son ou sa partenaire de canapé. Et surtout, cette conviction nouvelle qu’à bien y réfléchir, changer une ampoule, ce ne peut être que plus drôle à deux.
En bref
On a aimé
Le rythme très efficaceLe mélange entre scènes d’action et séquences intimistesQuelques très bonnes idées de mise en scèneUn jeu en coop ne peut pas être foncièrement mauvais
On n’a pas aimé
Un fort sentiment de déjà-vuRéalisation technique datéeFaire la courte-échelle pour enjamber un plot
C’est plutôt pour vous si…
Vous avez un second joueur sous la mainVous aimeriez jouer à un Uncharted light à deuxLa manière dont on peut innover avec des jeux de caméra vous intéresseVous aimez changer les ampoules en couple
Ce n’est pas pour vous si…
Vous n’avez ni seconde manette ni abonnement en ligneVous n’êtes pas venu là pour revenir en 2007, ok ?Vous avez une aversion pour les jeux linéaires
La note de pixels :  4/10 × 2 = 8/10



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ Le nouveau jeu de rôle de Bandai Namco mêle action, gestion et gentils esprits de la forêt, dans un croisement improbable entre « The Witcher 3 » et « Mon voisin Totoro ».
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On a testé… « Ni no Kuni II », le jeu vidéo entre Bilbo le Hobbit et Miyazaki

Le nouveau jeu de rôle de Bandai Namco mêle action, gestion et gentils esprits de la forêt, dans un croisement improbable entre « The Witcher 3 » et « Mon voisin Totoro ».



Le Monde
 |    24.03.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 21h11
    |

                            Daniel Andreyev








                        



   


C’est un royaume féerique et coloré, peuplé d’hommes-chats et de vieillards à tête de souris. C’est un monde chaleureux, complètement dépourvu de toxicité. Certes, il y a des combats, des gentils et des méchants et les enjeux sont parfois plus importants qu’ils n’y paraissent. Mais si peu.
Au milieu de ce royaume de Carabas, vous êtes Evan, petit prince aux oreilles de chat qui se voit dépossédé de son rang par un coup d’Etat de souris. Il prend la fuite, aidé par Roland, un fonctionnaire international arrivé là par le truchement des mondes parallèles. Ensemble, ils vont essayer de rebâtir un royaume de paix et d’amour.
Comme dans les films du studio Ghibli, l’histoire est racontée à hauteur d’enfant, mais avec quelques grilles de lectures pour les adultes. L’intrigue explore différents horizons comme la conspiration politique ou une réflexion sur l’écologie et la course à l’armement. Le thème de l’aventure, c’est l’espoir, et ce jeu le rappelle de mille feux.

« A la manière » du studio Ghibli
Disponible depuis vendredi 23 mars sur PlayStation 4 et PC, Ni no Kuni II s’adresse directement à notre inconscient de cinéphile, alimenté par l’animation japonaise et principalement par des œuvres comme Le Voyage de Chihiro, Le Château ambulant ou Princesse Mononoké. Complètement à l’opposé de la course au photoréalisme, son apparence fait croire qu’il s’agit du travail du studio Ghibli.
C’était le cas avant : le premier épisode, sorti en 2010 sur PlayStation 3 et Nintendo DS, était une collaboration directe avec le studio de Hayao Miyazaki. Cette fois, ses artistes vétérans, en free-lance, font tout pour entretenir l’illusion, « à la manière de ». Les connaisseurs se souviennent qu’en 1998 le jeu de rôle japonais Jade Cocoon, sur PlayStation 1, jouait déjà sur ce style.

   


Le style Ghibli, justement, c’est l’animation japonaise dans sa plus éclatante expressivité. Pas seulement des couleurs en aplats, mais aussi le choix des textures, toujours douces et ses lignes, souvent très simples et épurées. La force des films de Miyazaki, c’est leur puissance évocatrice et le sentiment de nostalgie qu’ils procurent. Au cinéma comme en jeu vidéo, c’est devenu presque un genre en soi et Ni no Kuni II parvient avec raffinement à l’évoquer.
Pour que la rêverie soit totale, le studio de développement Level-5 a fait appel une nouvelle fois à Joe Hisaishi, le compositeur attitré de Miyazaki et de la grande période de Takeshi Kitano. Et, même s’il est meilleur pour mettre en musique les longs-métrages, certaines de ses mélodies sont vraiment très réussies.
Pensé pour les plus jeunes
Manette en main, le jeu maintient une accessibilité maximale, grâce à un système de combat qui est sans doute ce qui se fait de plus simple dans le genre. Il ressemble presque à un The Witcher pour enfants – étrangement, Ni no Kuni II s’inspire d’ailleurs beaucoup de la trilogie de jeux de rôles polonais, jusque dans la représentation de son monde ouvert.
Ni no Kuni II n’est jamais ardu, et à part de rares moments purement aléatoires et certains boss, on reste dans une difficulté calibrée pour les joueurs débutants. Le jeu invente tout un tas d’options et de paramètres pour leur simplifier encore plus la tâche, comme les esprits sylvains locaux, les Mousses, qui distribuent des sorts de soin, des attaques bonus, tandis que l’armement de qualité est abondamment distribué.

   


La protection du royaume est aussi primordiale et fait intervenir une mécanique de stratégie en temps réelle. Pas de problème pour les plus jeunes, la victoire repose sur la traditionnelle trinité des forces, pierre-feuille-ciseaux. Parfois un peu brouillon, ce mode de combat casse le rythme et la monotonie, et s’inscrit dans une longue tradition des champs de bataille dans les jeux de rôle japonais, à commencer par Suikoden. La partie stratégie demeure assez simple pour ne pas dire limitée : il suffit souvent de foncer dans le tas pour voir les troupes ennemies tomber comme des cafards.
Du « SimCity » dans un jeu de rôle
L’idée géniale de Ni no Kuni II est surtout de proposer de créer un royaume. Concrètement, cela implique de le gérer, un peu comme une base. Au Japon, le modèle a été popularisé par Suikoden. Plus récemment, les récents Metal Gear Survive et Fire Emblem ont offert des possibilités de décorer son habitat et de fonder des casernes.

   


Un quartier général à gérer, c’est souvent la garantie d’un jeu accrocheur. Ici, il faut construire des baraques, gérer les commerces, créer une société meilleure où ses citoyens gagnent de l’expérience pour la mettre, à leur tour, aux services du bien commun… Le monde de Ni no Kuni II fonctionne comme une monarchie éclairée, une utopie qui opère quand tout le monde remplit sa part de travail. Même sa gestion de quêtes s’inspire d’une interface à la Facebook, dénuée de toute toxicité.
Un jeu japonais pour Occidentaux
L’éditeur Bandai Namco s’est spécialisé avec la série des « Tales of » dans les jeux de rôles puisant dans l’animation japonaise. Ici, ils franchissent une étape supplémentaire : l’aventure bienveillante et généreuse. Ni no Kuni 2, c’est Bilbo le Hobbit dans le monde de Miyazaki avec un jeu de gestion au milieu. Et le paradoxe le plus fascinant, c’est que le premier épisode a été un jeu qui s’est vendu avant tout en Occident.

   


A la fin de sa vie, Kurosawa était devenu presque un ovni dans son pays, un génie boudé et ignoré. Pour faire ses films, le maître faisait appel à ceux qui l’aimaient, aux réalisateurs étrangers, à ses généreux admirateurs. De cette manière, il a réalisé des films pas forcément personnels, mais grandioses et ambitieux. Les parallèles avec Ni no Kuni II paraissent évidents : plus riche, plus grandiloquent, moins intimiste.
Conçu avant tout pour le public des gaijin – les non-japonais –, il n’oublie cependant pas ses racines et ses recettes purement nippones. Cela ne veut pas dire que c’est un chef-d’œuvre du genre, non. Cela signifie simplement que, désormais, l’Occident ne passe plus à côté des choses simples.
En bref
On a aimé :
L’ambiance ;Le système de royaume à construire ;Les musiques dans leur ensemble ;Un jeu de rôle très simple mais pas simpliste ;Un bien meilleur jeu que le précédent ;L’histoire, aussi « Ghibli » que les graphismes.
On n’a pas aimé :
La difficulté parfois aléatoire ;Les quêtes de remplissage ;Les donjons annexes.
C’est plutôt pour vous si…
il vous faut un jeu de rôle accessible à tout public ;Les films de Miyazaki vous manquent ;Vous débutez dans le jeu de rôles japonais.
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
Si les jeux à l’apparence enfantine vous refroidissent.
La note de Pixels 8 Mikado sur 10 Choco BN à la fraise.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Dans un entretien au « Film français », le délégué général du Festival, Thierry Frémaux détaille les changements qui prendront effet lors de la 71e édition, du 8 au 19 mai.
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Cannes 2018 : calendrier modifié et interdiction des selfies sur le tapis rouge

Dans un entretien au « Film français », le délégué général du Festival, Thierry Frémaux détaille les changements qui prendront effet lors de la 71e édition, du 8 au 19 mai.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 14h56
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Lors de la 71e édition du Festival de Cannes, qui aura lieu du 8 au 19 mai, les médias découvriront les films en compétition pour la Palme d’or en même temps que, ou après, les spectateurs et l’équipe du film présenté en séance de gala. Le public de ces séances, organisées en soirée dans la salle Lumière à laquelle conduisent les fameuses marches, aura interdiction d’immortaliser le moment en prenant un selfie sur le tapis rouge.
Ces modifications du règlement de la plus grande manifestation cinématographique au monde ont été annoncées, vendredi 23 mars, à l’hebdomadaire professionnel Le Film français par Thierry Frémaux, délégué général du Festival. Les selfies seront prohibés en raison de leur « trivialité et du ralentissement » qu’ils provoquent. Dans cet entretien, Thierry Frémaux revient également sur la question de la parité et sur les conséquences des affaires Weinstein ainsi que sur l’état des relations entre le Festival et la plateforme Netflix.

        Lire la chronique :
         

          « A Cannes, les films se sont fait voler la vedette par Netflix, les séries télé et la réalité virtuelle »



Calendrier modifié
On savait déjà que le calendrier du Festival avait été modifié. Il commencera un jour plus tôt, le mardi au lieu du mercredi, et se terminera le samedi de la semaine suivante, au lieu du dimanche. Depuis quelques années, le Festival exige du distributeur du film d’ouverture qu’il sorte en salle simultanément. Cette obligation a parfois eu pour conséquence – ce fut le cas pour Gatsby le Magnifique en 2013 – de faire passer la projection de gala après les premières séances en salle. L’ouverture le mardi lui rend ainsi son statut d’avant-première.
Le nouvel agencement des projections de presse procède d’un souci largement partagé par les dirigeants de festival qui voient régulièrement des équipes, acteurs, réalisateur, faire grise mine sur le tapis rouge après avoir appris que leur film a mal été accueilli lors de la projection de presse, qui précède l’officielle.
Le film projeté en séance de gala à 19 heures était montré aux médias le matin à 8 h 30, celui de la séance de gala de 22 heures, la veille à 19 heures, un rythme conçu en fonction des impératifs de la presse écrite quotidienne. Or, désormais de nombreuses critiques sont mises en ligne, en particulier par les trades, les influentes publications professionnelles anglophones, dans la foulée de la projection de presse. Certaines manifestations, comme la Berlinale, se sont contentées de faire respecter un strict embargo sur les critiques jusqu’à l’heure de la projection officielle. Dorénavant, le film de 19 heures sera montré simultanément, dans deux salles différentes, au public de la séance de gala et à la presse. Quant à celui de 22 heures, les accrédités médias devront attendre le lendemain pour le découvrir. Seuls quelques journalistes, titulaire de la carte « soiriste », pourront assister aux projections de gala.
Les conséquences des affaires Weinstein
En ce qui concerne la parité entre genres, Thierry Frémaux rappelle au Film français que le Festival la respecte en ce qui concerne la présidence et la composition des jurys (celui qui décernera la Palme d’or sera cette année présidé par l’actrice australienne Cate Blanchett) et que les comités qui sélectionnent les films des diverses sections de la sélection officielle sont arrivés à une « quasi-parité ». Le délégué général annonce qu’il rencontrera prochainement, avec Pierre Lescure, le président du Festival, la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa pour évoquer les conséquences des affaires Weinstein, dont plusieurs épisodes ont eu le Festival pour cadre.

        Lire le compte-rendu :
         

          L’actrice Cate Blanchett présidera le jury du 71e Festival de Cannes



Quant à Netflix, le refus de la plateforme de laisser sortir en salle, dans le respect de la réglementation française, les films qui pourraient être sélectionnés en compétition, a eu pour conséquence une modification du règlement du Festival qui barre la route des longs-métrages qu’elle présente. Ceux-ci pourront être projetés hors compétition, mais dorénavant les films concourant pour la Palme d’or devront « sortir dans les salles françaises ». Pour Thierry Frémaux, les deux longs-métrages de la plateforme sélectionnés en 2017, Okja, de Bong Joon-ho, et The Meyerowitz Stories, de Noah Baumbach, « se sont perdus dans les algorithmes ».

        Lire l’enquête :
         

          « Okja » ou le coup de pied du pachyderme dans la fourmilière du cinéma



Sur le Web : www.festival-cannes.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ Avec « Ready Player One », qui sort sur les écrans français le 28 mars, l’auteur américain voit son premier roman mis en scène par le réalisateur de ses rêves.
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Ernest Cline, un fan de Spielberg adapté par son idole


                      Avec « Ready Player One », qui sort sur les écrans français le 28 mars, l’auteur américain voit son premier roman mis en scène par le réalisateur de ses rêves.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 14h30
    |

            Samuel Blumenfeld








   


A l’origine, il avait imaginé son premier roman comme une conversation entre amis. La discussion aurait porté sur la culture des années 1980 : La Guerre des étoiles, Alien, Indiana Jones, Retour vers le futur, l’avènement des premiers jeux vidéo, Space Invaders en tête. Soit, aux yeux d’Ernest Cline, l’âge d’or de la « culture geek », ce moment magique, selon lui, juste avant l’apparition d’Internet, devenu l’alpha et l’oméga de son existence.
Après neuf ans de travail, Ready Player One paraissait en 2011 aux Etats-Unis, et atterrissait en tête des meilleures ventes. Traduit depuis dans plus d’une vingtaine de langues – il a été publié en France en 2013 par Michel Lafon –, il a surtout fait l’objet d’une féroce surenchère entre plusieurs studios de cinéma pour l’obtention des droits.
Une chasse au trésor
Le 28 mars, Ready Player One sort sur les écrans français, adapté par Steven Spielberg, d’après un scénario de l’auteur et d’un de ses partenaires de PlayStation, Zak Penn. Un aboutissement inespéré pour Ernest Cline, qui voit son premier roman mis en scène par le réalisateur idéal à ses yeux. Celui dont les films des années 1980 – Les Aventuriers de l’Arche perdue, Indiana Jones et le Temple maudit, E.T. – atteignent à ses yeux une forme de perfection.

Lorsqu’il s’est lancé dans ce projet au début du millénaire, l’informaticien avait d’abord à se prouver à lui-même qu’il était à même de relever le défi. Ernest Cline imaginait alors une histoire de chasse au trésor dans un univers virtuel dont l’issue dépendrait de la maîtrise par les candidats de la culture des années 1980.
« J’ai grandi dans une petite ville de l’Ohio. J’avais 7 ans en 1980 et ma vie a débuté avec cette décennie. Pour se clore avec elle d’une certaine manière. » Ernest Cline
« J’ai grandi dans une petite ville de l’Ohio. J’avais 7 ans en 1980 et ma vie a débuté avec cette décennie. Pour se clore avec elle d’une certaine manière. Tout mène et se ramène à cette période », explique-t-il par téléphone. La vie d’Ernest Cline, qui avait entre-temps déménagé à Austin, au Texas, était alors réglée comme une horloge : le matin, programmation sur son ordinateur ; en fin d’après-midi, jeux en ligne ; le soir, écriture.
Après le succès immédiat de Ready Player One, l’écrivain se souvient avoir pensé à une seule chose : une DeLorean, la voiture de sport aux formes uniques conduite par Michael J. Fox dans Retour vers le futur. Il pouvait s’offrir le véhicule emblématique du cinéma des années 1980, effectuer la promotion de son livre à bord de cet engin et devenir la créature d’un de ses films préférés. Parvenu depuis au rang de star de la science-fiction aux Etats-Unis, il roule bien entendu toujours à bord de son bolide, signe de sa réussite et de son appartenance à une époque.

   


Avec le recul, Ernest Cline reste frappé par la noirceur de son premier roman, qui reflétait son angoisse de l’époque. Dans un futur proche, en 2044, notre planète est à bout de souffle : crise énergétique, dérèglement climatique, famine, pauvreté, guerre. L’unique échappatoire à ce cauchemar devenu réalité est l’OASIS, un système de réalité virtuelle où se connecte chaque habitant sur Terre.

        Lire aussi
         

          Ernest Cline, auteur de « Ready Player One » : « J’ai grandi à l’époque parfaite »



Ernest Cline avait imaginé son histoire juste après le 11-Septembre. « A cela s’ajoutaient la prolifération nucléaire, la crise énergétique avec la fin du pétrole. Il était alors facile d’imaginer que nous allions vers le pire. Aujourd’hui, ce n’est guère différent », analyse-t-il.
Un avatar pour deux existences
Quand Ready Player One est apparu en librairie, Ernest Cline regardait Internet, par sa capacité à mettre en réseau ses utilisateurs, comme l’une des inventions les plus heureuses de l’histoire de l’humanité. L’idée de prendre un avatar – un principe au centre de l’œuvre – séduisait particulièrement le romancier, qui y voyait le moyen de mener deux existences séparées, lui qui assure avoir une vie devant un ordinateur quand il écrit et une autre, sous pseudonyme, dans les jeux en ligne.
Un rêve qu’il estime désormais impossible, à l’heure de Facebook. « C’est frappant. Si Internet était conçu à l’origine comme un moyen de communication, les gens l’utilisent de plus en plus pour s’isoler – en atteste leur usage du smartphone – et ne plus interagir. Il y aura des conséquences politiques. Je crains qu’on ne se mette à protester que sur le Net, et plus dans le vrai monde. » Pour raconter cette histoire, Ernest Cline a déjà un titre : Ready Player Two.

        Lire aussi :
         

                La sidération selon Steven Spielberg






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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ Le festival parisien du documentaire, qui s’ouvre le 23 mars, fête sa 40e édition dans un climat de concurrence.
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L’image brouillée du Cinéma du réel

Le festival parisien du documentaire, qui s’ouvre le 23 mars, fête sa 40e édition dans un climat de concurrence.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 09h56
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Comment devenir « le » festival de référence du film documentaire, l’endroit incontournable pour les professionnels qui cherchent la pépite ? C’est l’ambition du Cinéma du réel, dont la quarantième édition aura lieu du 23 mars au 1er avril, au Centre Pompidou, à Paris (ainsi qu’au Forum des images et au Luminor). Mais pour l’heure, la manifestation parisienne cherche sa place dans un paysage de plus en plus compétitif. La concurrence s’exacerbe avec les grands festivals, tels la Berlinale, qui sélectionnent des documentaires et leur décernent des prix spéciaux. Les esthétiques évoluent, les frontières avec la fiction s’estompent, les passerelles avec l’art contemporain se développent…

C’est un paradoxe : fort de son histoire et de ses prestigieux fondateurs, le « Réel » souffre d’un manque de moyens et n’est pas assez reconnu à l’étranger. En 1979, la Bibliothèque publique d’information (BPI) du Centre Pompidou créait, sous l’impulsion de la responsable du secteur audiovisuel de l’établissement Marie-Christine de Navacelle, le Cinéma du réel sous l’égide du cinéaste ethnologue Jean Rouch. Les films sociologiques et ethnographiques étaient mis à l’honneur pour un public de spécialistes. Puis l’Association des amis du Cinéma du réel est apparue en 1984, sous la présidence d’honneur du Néerlandais Joris Ivens. Le Réel est aujourd’hui cogéré par la BPI et l’Association des amis du Réel, laquelle a pour mission de faire rayonner le festival et de trouver l’argent : essentiellement des subventions et quelques partenariats privés (pour un total d’environ 450 000 euros).
Après le départ de l’ancienne directrice artistique Maria Bonsanti, la BPI et l’Association ont choisi de recruter Andréa Picard, alors programmatrice au Toronto International Film Festival et commissaire d’exposition. Quel regard la critique de cinéma porte-t-elle sur l’héritage du Réel ? « Le défi de cet anniversaire, c’est de rendre hommage à cette histoire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ Son long-métrage « Anni » fait partie des trois films qu’on pourra découvrir en première mondiale au Cinéma du réel.
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Zhu Rikun documente le déficit démocratique de la Chine

Son long-métrage « Anni » fait partie des trois films qu’on pourra découvrir en première mondiale au Cinéma du réel.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 09h57
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Jamais sans doute la programmation générale du Réel n’a donné l’impression de mettre le cap si loin de lui-même, sans qu’il soit assuré qu’à cette ouverture un peu « tendance » au cinéma d’artiste, le festival, en plus de brouiller son image, gagne au change. Onze longs-métrages y sont présentés par ailleurs dans une compétition internationale dont la politique de non-exclusivité pose problème face à une concurrence accrue. Trois premières mondiales, comme c’est le cas cette année, ne suffisent plus à la crédibilité et au rang d’un festival qui vise l’excellence. Le renoncement à cette loi d’airain compétitive n’est certes pas déshonorant, dès lors qu’il permet d’aligner, en revanche, une sélection de très haut niveau. Guère plus de trois films, politiquement brûlants, peuvent néanmoins y prétendre.

Deux ont été récemment découverts au Festival de Berlin, et chroniqués dans ces colonnes. Il s’agit de Kinshasa Makambo, du Congolais Dieudo Hamadi, et de Waldheims Walzer, de l’Autrichienne Ruth Berckermann. Le premier suit, dans le feu de l’action, l’insurrection indécise de la jeunesse congolaise contre le pouvoir de Joseph Kabila. Le second est un remarquable montage d’archives qui revient sur le scandale de l’élection de Kurt Waldheim, impliqué comme officier de la Wehrmacht dans des actions relatives à des crimes contre l’humanité, à la présidence autrichienne en 1986.

Le troisième, qui est l’un des trois films qu’on pourra découvrir en première mondiale, est Anni, du réalisateur chinois Zhu Rikun. Ce film se situe dans le sillage d’un cinéma alternatif chinois qui documente de manière brute, et d’autant plus sensible, le déficit démocratique d’un pays dont le président vient de faire passer une loi sur mesure lui assurant le renouvellement potentiellement sans limites de son mandat. Zhu Rikun, né dans le Guangdong voici quarante et un ans, est l’une des principales figures de ce mouvement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », observe que les avocats du producteur sont des pointures qui sauront entretenir le doute sur sa culpabilité.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/03/2018
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« Depuis la révélation du scandale, Weinstein n’est toujours pas poursuivi, pas interrogé »

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », observe que les avocats du producteur sont des pointures qui sauront entretenir le doute sur sa culpabilité.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 09h14
    |

            Michel Guerrin (Rédacteur en chef au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. Et si Harvey Weinstein n’était pas jugé ? Et s’il n’était pas condamné ? Ces questions peuvent sembler ahurissantes, mais elles sont posées depuis quelques jours aux Etats-Unis.
Parce qu’il faut bien constater que depuis la révélation du scandale, il y a près de six mois, les enquêtes se multiplient à New York – où se trouve l’entreprise Weinstein – et à Los Angeles – où se trouve l’industrie d’Hollywood –, mais l’ancien producteur n’est pas poursuivi, pas interrogé et encore moins incarcéré.
L’association Time’s Up vient de demander au gouverneur de l’Etat de New York, Andrew Cuomo, « une enquête sur le processus de décision dans le dossier Weinstein »
Le décalage est vertigineux avec les témoignages de quelque 80 femmes, pour la plupart des actrices. Elles ont dit dans la presse ce que le producteur américain leur a fait subir – du comportement sexiste au viol. Leurs confessions ont provoqué un mouvement dépassant de loin le cas Weinstein. Qui, de son côté, n’a pas donné un seul entretien.
Devant le malaise, l’association Time’s Up est passée à l’offensive le 19 mars. Son nom signifie « c’est fini ». C’est fini, pour nous les femmes, de laisser faire. Créée en janvier par 300 actrices, dont Cate Blanchett, Natalie Portman ou Meryl Streep, ce groupe part d’un constat : « Souvent, les harceleurs ne payent jamais les conséquences de leurs actes. » Aussi Time’s Up vient de demander au gouverneur de l’Etat de New York, Andrew Cuomo, « une enquête sur le processus de décision dans le dossier Weinstein ». Des juristes s’étonnent également de voir la police s’activer mais pas la justice.
La question centrale est celle de la preuve
Comme par enchantement, cette enquête va voir le jour. Dans la ligne de mire, le procureur du district de Manhattan, Cyrus R. Vance Jr et la façon dont il mène l’enquête Weinstein.
Time’s Up a des raisons de douter de « l’intégrité » du procureur....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Malgré Thierry Lhermitte en grand-père vieillissant, le premier long-métrage de Robin Sykes ne casse pas trois pattes à un canard.
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« La Finale » : un énième film de tandem sur fond d’Alzheimer

Malgré Thierry Lhermitte en grand-père vieillissant, le premier long-métrage de Robin Sykes ne casse pas trois pattes à un canard.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 09h53
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
La maison UGC montre rarement ses comédies à la presse non acquise à sa cause, laquelle est souvent et censément comique. De fait, La Finale, film plus respectable que ne le laisserait supposer une telle rétention, ne casse pas trois pattes à un canard. Pour son premier long-métrage, le réalisateur Robin Sykes a imaginé – non le premier en la matière – le croisement entre une problèmatique sociale (la maladie d’Alzheimer) et le traditionnel film de tandem aussi dissemblable que possible.
Motif évidemment porteur, a fortiori avec la présence d’un acteur particulièrement apprécié d’un public qui a vieilli pour ainsi dire avec lui. Il s’agit ici, dans la famille Verdi, de Thierry Lhermitte posant, avec une sobriété bienvenue, en ex-restaurateur parisien atteint de ladite maladie et temporairement hébergé à Lyon chez sa fille Delphine (Emilie Caen) et son gendre Hicham (Lyes Salem). L’argument le rapproche de son petit-fils Jean-Baptiste (Rayane Bensetti), qui n’a guère dû voir son aïeul plus de cinq fois dans sa vie, les relations entre gendre et beau-père ne l’ayant vraisemblablement pas permis. Suffisamment d’éléments laissent ici discrètement à penser que les préjugés franchouillards du second y seraient pour quelque chose.
Un « road trip » sous perfusion doucereuse
L’action démarre le jour où le couple, chargé à bon compte par le film, recherche une institution pour placer l’ancêtre, et se voit contraint, suite à un problème inopiné, de confier sa garde à Jean-Baptiste, qui doit conséquemment annuler sa participation à une finale junior de basket-ball le soir même à Paris, autant dire renoncer au jour le plus important de sa vie. Qu’à cela ne tienne, JB emmène pépé avec lui, et le voyage, comme on se l’imagine, connaîtra quelques péripéties tout en permettant au grand-père – bloqué, quant à lui, le jour de la Coupe du monde de football 1998, dernière image d’une France qui gagne – et à son petit-fils de renouer une relation.
Deux facteurs entravent cependant le déroulement des opérations. Le premier tient aux bons sentiments et au moralisme qui grippent la mécanique comique. Le second est lié à la manière dont les scénaristes, jamais à court d’un filon, commencent à s’emparer du phénomène de vieillissement (notamment du public de cinéma) dans les pays riches, multipliant ce genre de « road trip » sous perfusion doucereuse qui donne en vérité peu envie de rire.

Film français de Robin Sykes. Avec Thierry Lhermitte, Rayane Bensetti, Emilie Caen, Lyes Salem (1 h 25). Sur le Web : www.ugcdistribution.fr/film/la-finale



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ La filiale de vidéos de Google a annoncé la sortie prochaine en salles de « Vulture Club », avec Susan Sarandon en tête d’affiche.
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YouTube emboîte le pas à Amazon pour produire des films

La filiale de vidéos de Google a annoncé la sortie prochaine en salles de « Vulture Club », avec Susan Sarandon en tête d’affiche.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 01h04
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 08h03
   





                        



   


Emboîtant le pas au géant de la distribution en ligne Amazon, la filiale de vidéos de Google, YouTube, a fait savoir, mercredi 21 mars, qu’elle allait produire en interne un film qui sera distribué en salles de cinéma. Vulture Club est actuellement en postproduction. L’actrice oscarisée Susan Sarandon (La Dernière Marche, Thelma et Louise) y campe une infirmière urgentiste dont le fils a été enlevé par des terroristes. Le long-métrage, réalisé par l’Irano-Américaine Maryam Keshavarz (En secret), met également en scène Edie Falco (Les Sopranos, Nurse Jackie) et Matt Bomer (Magic Mike, American Horror Story : Hotel).

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                La concurrence s’intensifie dans le streaming vidéo



YouTube Red, le service de streaming de la plateforme, avait déjà distribué en salles une comédie de science-fiction, Lazer Team, en janvier 2016. Il s’agissait toutefois d’un projet à faible budget avec des acteurs inconnus et qui est passé inaperçu au box-office. Vulture Club est d’une tout autre dimension, tout comme deux autres acquisitions récentes de YouTube Red : la parodie produite par le rappeur Eminem Bodied et le documentaire sur l’industrie alimentaire Super Size Me 2 : Holy Chicken ! de Morgan Spurlock.

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L’irritant Netflix
La référence du secteur du streaming, Netflix, a irrité nombre de cinéastes, dont Christopher Nolan, en montrant peu d’intérêt pour les sorties en salles, diffusant en même temps ses films en ligne et sur grand écran.

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                Netflix, le nouveau nabab d’Hollywood



A l’inverse, Amazon Studios fait équipe avec des sociétés de production et distribution comme Bleecker Street ou Lionsgate pour donner aux nouvelles œuvres une fenêtre de sortie uniquement en salles avant une diffusion en streaming. La société est maintenant considérée comme un studio à part entière, avec des films nommés ou primés aux Oscars comme The Big Sick, Manchester by the Sea ou Le Client. 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ Deux réalisateurs brésiliens, Juliana Rojas et Marco Dutra, cosignent un conte de fées cruel.
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« Les Bonnes Manières » : gare au louveteau-garou

Deux réalisateurs brésiliens, Juliana Rojas et Marco Dutra, cosignent un conte de fées cruel.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 07h45
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 13h37
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Amis lycanthropiques bonsoir, ce film est pour vous. Venu du Brésil, il est signé d’un tandem, Juliana Rojas et Marco Dutra, qui marque également un faible pour l’hybridation ­esthé­tique, si l’on se souvient de leur film Travailler fatigue, croisement de chronique sociale et d’ambiance fantastique, sorti en France en 2012. Les voici de retour avec une histoire de loup-garou sise dans la mégapole elle-même la plus mélangée du monde, Sao Paulo. Rappelons les règles de base du genre : un homme, pour une raison débattue par la légende, se transforme peu ou prou en loup durant la nuit, condamné à errer jusqu’au matin au péril de ceux qui le ­croisent, oublieux le jour revenu de ses forfaits.

        Lire la rencontre :
         

          Juliana Rojas et Marco Dutra, paire de chimistes cinéphiles



Créature légendaire et universelle des folklores (pullulant dans le nôtre), pont aux ânes du genre fantastique (le X-Man Wolverine étant le dernier grand avatar cinématographique en date), elle prend chez notre couple une ­teneur inaccoutumée, non dénuée de poésie ni d’étrange douceur. De fait, sans renoncer à sa cruauté, c’est proprement un conte de fées que nous propose Les Bonnes Manières. Une situation réaliste et ancillaire assez ­typique du jeune cinéma latino-américain introduit le propos. A Sao Paulo, Ana, une jeune femme au charme clinquant, afférente à la catégorie nouvelle riche idiote et oisive, enceinte, engage une infirmière noire, Clara, tout en ­réserve déliée, pour qu’elle prenne comme nounou ses quartiers chez elle.

        Lire le reportage :
         

          A Gérardmer, du sang neuf pour le cinéma d’horreur



La bête du Gévaudan miniature
Les deux femmes cohabitent donc dans ce que le spectateur, familier des terres sud américaines ou non, est invité à lire comme une métaphore menée sur fond d’une guerre des classes larvée. La force du film tient pour beaucoup dans la manière, à la fois subtile et brutale, dont il va s’arracher à ce canevas attendu pour nous mener sur un terrain plus original et inquiétant, celui des vieilles légendes ­revisitées et d’un fantastique ­social merveilleusement inspiré.

   


Tandis que les deux femmes apprennent à se connaître, c’est le ­décor à lui seul qui met la puce à l’oreille quant à un possible développement des forces obscures. Entre l’appartement bleu ciel, les vues urbaines bleutées et futuristes et les nuages immobiles, tout ici respire le faux, le trucage, la stylisation glaciale, l’architecture propice au fantasme. Une série de ruptures dramatiques poursuit crescendo cette mise en doute des apparences. Ana, rejetée par sa famille pour une histoire de mésalliance, s’y révèle comme une âme esseulée, qui va nouer avec Clara le scandale ethnique et social d’une union charnelle, passablement affamée et sauvage. On est déjà ici aux confins du possible, mais, à mesure que la grossesse progresse, l’histoire se détraque un peu plus. Clara ne tarde pas à ­noter, en effet, qu’Ana souffre de somnambulisme, sortant toutes les nuits en petite tenue dans les rues désertes et nimbées du théâtre urbain qui les environne.
Le film passe du registre du mystère et de la suggestion à celui de la confrontation directe avec une monstruosité
L’acte ultime de cette montée en puissance du désordre – ici, ­lecteur soucieux de fraîcheur, suspends ta lecture ! – consiste en la mort en couches de la mère, en l’adoption par la servante de ­l’enfant-monstre qui a assassiné sa génitrice de l’intérieur, in fine en la naissance concomitante d’un deuxième film qui, à la ­faveur d’une ellipse, se met à nous raconter les aventures ­diurnes et nocturnes d’un petit loup-garou de 7 ans.

        Lire le récit :
         

          Au Festival de Locarno, trois âges de l’effroi



Les Bonnes Manières passe alors du registre du mystère et de la suggestion à celui de la confrontation directe avec une monstruosité d’autant plus embarrassante qu’elle est incarnée par un enfant très mignon nommé Joël. Attaché la nuit par Clara comme un galérien dans une pièce sans fenêtre, le garçonnet vit le jour sa vie d’écolier ­modèle, que sa mère adoptive et aimante nourrit selon un régime strictement végétarien. La bonne voisine qui lui donne le goût de la viande, la pleine lune qui reprend ses droits, la recherche d’un père inconnu, finiront bien sûr par ­libérer la bête du Gévaudan ­miniature, montrée de telle ­manière qu’elle dispense tout à la fois le sentiment de la bestialité et de l’enfance. Un film merveilleux donc, inextricablement sauvage et tendre, tel qu’il ne pouvait ­naître, peut-être, qu’au Brésil.



Film brésilien de Juliana Rojas et Marco Dutra. Avec Isabel Zuaa, Marjorie Estiano, Miguel Lobo (2 h 15). Sur le Web : www.jour2fete.com/distribution/les-bonnes-manieres



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Le duo de réalisateurs brésiliens est à l’origine des « Bonnes Manières », Léopard d’argent 2017 au Festival de Locarno.
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Les cinéastes Juliana Rojas et Marco Dutra, paire de chimistes cinéphiles

Le duo de réalisateurs brésiliens est à l’origine des « Bonnes Manières », Léopard d’argent 2017 au Festival de Locarno.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 07h44
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 15h03
    |

                            Mathieu Macheret








                        



                                


                            

Ils tournent des films ensemble et, chacun de leur côté, écrivent pour eux ou pour les autres, œuvrent pour le cinéma ou la télévision. Rencontrer Juliana Rojas et Marco Dutra, duo de réalisateurs brésiliens à l’origine des Bonnes Manières (Léopard d’argent 2017 au Festival de Locarno), c’est se confronter à une singulière combinaison d’autonomie et de complémentarité. Nés au début des années 1980, dans la région de Sao Paulo, les deux complices ont conservé des airs d’éternels étudiants, fidèles à leur goût juvénile pour un cinéma de l’imaginaire et de la féerie. « J’ai toujours aimé raconter des histoires, dit Juliana Rojas. Enfant, je voulais devenir écrivaine. A l’école, je créais des bandes dessinées. En grandissant, je me suis mise à voir des films de toutes sortes. »

Marco Dutra complète le tableau : « Nous nous sommes rencontrés à l’Ecole des arts et de la communication de l’université de Sao Paulo [ECA-USP]. On avait des goûts en commun et on allait souvent voir des films ensemble après les cours. C’est au sein de l’école que nous avons tourné nos premiers courts-métrages. » Le Drap blanc (2004), leur film de fin d’études, leur vaut une ­sélection à la Cinéfondation de Cannes en 2004, puis Un rameau (2007) à la Semaine de la critique, jusqu’à un premier long-métrage d’épouvante et de critique sociale, Trabalhar Cansa (2011), sorti en France en novembre 2012.
« Le film est sorti d’un de mes rêves »
Les Bonnes Manières, conte fantastique baigné dans un rayon de lune et renouant avec le mythe du loup-garou, est un film à l’image du duo : bicéphale, scindé en deux époques, truffé de motifs doubles et de personnages fonctionnant par paires. « Le film est sorti d’un de mes rêvessur deux femmes élevant un bébé monstre, dans un endroit isolé, avec une atmosphère très marquée, précise Marco Dutra. Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ Le cinéaste Cédric Kahn suit le parcours d’un jeune homme qui tente de soigner sa toxicomanie par la religion.
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« La Prière » : le cheminement de Thomas, entre foi et fuite

Le cinéaste Cédric Kahn suit le parcours d’un jeune homme qui tente de soigner sa toxicomanie par la religion.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 07h42
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 08h30
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
En 1900, Jeanne d’Arc entendait des voix devant la caméra de Méliès. Depuis, le cinéma succombe régulièrement à la tentation de l’invisible, de l’ineffable. Il n’est pas besoin d’être croyant – voir Pasolini, Cavalier et maintenant Cédric Kahn.
Le réalisateur de Roberto Succo ou Une vie meilleure aime fouailler dans le tissu social, de préférence aux endroits où il souffre. Dans ce film étonnant, le cinéaste prend la tangente sur les pas de Thomas (Anthony Bajon), un garçon d’une vingtaine d’années qu’on découvre assis dans un autocar qui l’emmène on ne sait où. La trajectoire de Thomas, héroïnomane qui cherche à échapper à son addiction, n’obéira pas aux lois du réalisme social, comme le faisait récemment sur un sujet voisin Marie Garel-Weiss dans son premier film, La fête est finie.
Cédric Kahn trouve la distance nécessaire pour laisser au spectateur sa liberté de croyant ou d’athée
Il sera ici question de foi, de miracle, de vocation, des questions auxquelles Cédric Kahn répond non pas par la théologie mais par le cinéma, trouvant la distance nécessaire pour laisser au spectateur sa liberté de croyant ou d’athée, donnant à son film une rigueur presque ascétique. Ici, tout est dans le « presque », qui laisse à l’humour, à la fantaisie, de petits interstices qui font que cette Prière ne résonne pas seulement comme une psalmodie, mais aussi comme une chanson.
L’autocar emmène Thomas dans une communauté catholique, isolée en montagne (le film a été tourné dans le Jura) où les arrivants sont soumis à une discipline monacale faite de travaux agricoles, de prières et de chants.
On retrouve la violence verbale et physique qui a souvent été le terrain d’élection de Cédric Kahn dans les premières séquences, qui montrent la difficile soumission du nouvel arrivant. Face à lui, il trouve Marco (l’acteur allemand Alex Brendemühl), raide comme la justice inquisitoriale, et une poignée de convertis emmenés par Pierre (Damien Chapelle), bouleversant en grand frère exaspérant qui n’en finit pas d’expier on ne sait quelle faute. Tous conjuguent leurs efforts pour persuader Thomas de se laisser aller.
Reddition
A partir du moment de sa reddition, La Prière prend un autre rythme, plus contemplatif. Le tournage a duré assez longtemps pour que l’on sente le rythme des saisons. Le débutant Anthony Bajon, qui impressionnait au début du film par une violence qui démentait sa carrure, s’épanouit, prend toute sa place dans la petite communauté. Mais au moment de prouver son adhésion à cette foi qui l’a éloigné de la maladie qui le rongeait, Thomas trébuche.
Le film pivote autour des séquences consacrées à la célébration de la communauté par elle-même. Les garçons du centre où séjourne Thomas sont alors réunis avec les filles d’une institution sœur, et l’on attend la visite de sœur Myriam (Hanna Schygulla), la religieuse fondatrice. Il y a l’été qui arrive, et la saynète un peu ridicule que les pensionnaires montent pour évoquer la résurrection de Lazare, il y a tous ces jeunes gens réunis une nuit d’été et le regard sans pitié de sœur Myriam.
Au moment de prouver son adhésion à cette foi qui l’a éloigné de la maladie qui le rongeait, Thomas trébuche
A ce moment, La Prière autorise toutes les formulations possibles : Thomas a été touché par la révélation ; à moins qu’il ne s’appuie sur une béquille métaphysique, avant de reprendre son chemin ; ou encore est-il manipulé par une secte. Quelle que soit l’interprétation dont on se sent le plus proche, elle ne fait pas sortir du film, qui est assez ample, assez accueillant pour les faire cohabiter.
Reste que les lois du scénario obligeaient Cédric Kahn et ses collaborateurs, Fanny Burdino et Samuel Doux, à mener leur personnage jusqu’au port, bon ou mauvais. La dernière partie n’est pas tout à fait à la hauteur du reste. Il y a d’abord l’intervention du surnaturel un soir d’excursion en montagne, qui semble faire tomber Thomas dans le camp des vrais croyants, puis ses hésitations entre les attraits de Sibylle (Louise Grinberg), une jeune archéologue qui vit dans la vallée, et ceux de l’habit sacerdotal. Non seulement ces dilemmes reviennent aux figures traditionnelles de la littérature cléricale, mais ils tendent vers l’abstraction, s’éloignant de l’incarnation forte qui avait jusque-là donné son énergie au film.
Film français de Cédric Kahn. Avec Anthony Bajon, Damien Chapelle, Louise Grinberg (1 h 47). Sur le Web : www.le-pacte.com/france/prochainement/detail/la-priere



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ Le réalisateur Robert Schwentke met en scène un épisode de l’effondrement de l’Allemagne hitlérienne.
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« The Captain » : comment devenir criminel de guerre en trois jours

Le réalisateur Robert Schwentke met en scène un épisode de l’effondrement de l’Allemagne hitlérienne.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 07h40
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 08h29
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Tourné en noir et blanc, dans un paysage hivernal qui évoque le printemps glacial de 1945, The Captain (L’Usurpateur) prend la forme brutale et précise d’une scène de la guerre de Trente Ans gravée par Jacques Callot. Robert Schwentke, réalisateur allemand exilé à Hollywood (Red, Divergente…), revient au pays et remonte dans le temps pour mettre en scène avec lucidité un épisode de l’effondrement de l’Allemagne hitlérienne.
Le film s’ouvre sur une scène de chasse : un conscrit au visage crasseux court à perdre haleine pour échapper à un commando. Poursuivi et poursuivants portent des uniformes de la Wehrmacht. Les Alliés ont pénétré sur le territoire du Reich et l’une des tâches prioritaires du régime agonisant est de réprimer les traîtres réels ou présumés. Le déserteur, un gamin blond aux traits encore enfantins, s’échappe de justesse. Alors qu’il va succomber au froid et à la faim, il trouve sur une route de campagne une voiture militaire abandonnée. Dans le réservoir, de l’essence. Dans une valise, un uniforme de capitaine de la Luftwaffe.
Le deuxième classe Herold (Max Hubacher) se vêt de l’habit noir, coiffe la casquette et se lance, d’abord avec un peu d’hésitation, puis avec une assurance irrésistible, dans une brève mais fulgurante carrière de criminel de guerre. Il rassemble sous sa jeune autorité une bande faite de désespérés qui voient en lui l’assurance d’un repas chaud, de soudards expérimentés et de gamins perdus. Après avoir terrorisé quelques fermiers, le groupe d’Herold s’installe dans un camp de prisonniers où ont été enfermés des déserteurs allemands.
La perversion des institutions
Dans ce décor funèbre, Robert Schwentke met en scène la transformation d’un lieu de détention en lieu d’extermination. Se prévalant d’ordres oraux du Führer, Herold tente de persuader les policiers, soldats et SS qui encadrent le camp de procéder à l’élimination des détenus. Ce n’est pas tant le désarroi suscité par l’imminence de la défaite qui conduit les bons pères de famille houspillés par l’imposteur à prendre des décisions aberrantes que l’habitude de la soumission. L’image se fait alors presque expressionniste pour mettre en scène cette perversion des institutions – la justice, la fonction publique – et ceux qui les servent. Max Hubacher fait passer de vagues scrupules, des peurs fugaces sur le visage du faux capitaine, aussitôt masqués par son aplomb infernal.
L’épisode du camp de prisonniers donne au film une tournure quasi allégorique
L’épisode du camp de prisonniers occupe la partie centrale de The Captain (pourquoi pas Le Capitaine ou Der Hauptmann ? On finira par croire que les études de marché ont définitivement démontré que les amateurs de cinéma d’auteur étaient d’une anglophilie imbécile). Il donne au film une tournure quasi allégorique et se conclut si brutalement qu’on aurait aimé que le film s’arrêtât sur ce coup de tonnerre.
Mais l’histoire du « capitaine » Herold n’est pas sortie de l’imagination de Robert Schwentke, qui signe le scénario. A la tête de sa petite bande, le jeune déserteur a écumé la Basse-Saxe avant d’être arrêté à quelques jours de l’armistice. Entre picaresque et sordide, ces tribulations qui allongent le film n’ont pas la force terrible des séquences qui précèdent. Reste celle du procès expéditif d’Herold, lorsque les vestiges du système finissent par l’arrêter : cédant à la logique qui les gouverne depuis 1933, ces messieurs de la cour finissent par convenir que le déserteur assassin a fait preuve de toutes les qualités que l’on pouvait attendre d’un bon nazi.

Film allemand de Robert Schwentke. Avec Max Hubacher, Milan Peschel, Frederick Lau (1 h 58). Sur le Web : alfamafilms.com/film/the-captain-l-usurpateur



                            


                        

                        

