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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. François-Xavier Trégan a pu traverser le pays d’Aden à Sanaa. Images rares d’un territoire plongé dans une guerre « qu’on entend pas » (sur Arte à 21 h 45).
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TV – « Yémen, le chaos et le silence »

Notre choix du soir. François-Xavier Trégan a pu traverser le pays d’Aden à Sanaa. Images rares d’un territoire plongé dans une guerre « qu’on entend pas » (sur Arte à 21 h 45).



Le Monde
 |    27.03.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 18h10
    |

            Christophe Ayad








                        


Documentaire sur Arte à 21 h 45



Très peu de journalistes ­connaissent aussi bien le Yémen que François-Xavier Trégan. Il y a vécu et travaillé, notamment pour Le Monde. On imagine – et on sent parfois à travers les images et le commentaire de son documentaire – combien il a été bouleversé de retrouver le pays tant aimé qu’il a quitté pour la dernière fois au tout début de la guerre – fin 2014-début 2015 – qui le déchire actuellement. Une guerre qui, faute de témoins extérieurs et d’intérêt international, « se réduit à un huis clos misérable ».
Afin de pouvoir traverser le Yémen du sud au nord, ce qui est aujourd’hui impossible pour un journaliste étranger, Trégan et son équipe se sont mis dans les pas du président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, pour un périple de six jours au pas de charge mais éclairant. L’organisation internationale est aujourd’hui la seule à être en contact avec toutes les parties du conflit, en dehors de l’ONU. Le professionnalisme du CICR et son aide précieuse ouvrent toutes les portes ou presque à Maurer, venu « pour rééquilibrer ce ­décalage entre [manque d’] attention internationale et besoins humanitaires [immenses] ».
Le film nous conduit d’Aden, « capitale qui ne l’est pas tout à fait », à Sanaa, « capitale qui ne l’est plus vraiment », en passant par Taëz, l’ancienne « capitale culturelle » du pays, réduite à un tas de ruines et d’ordures. Taëz marque la ligne de front et la frontière symbolique entre Sud et Nord, essentielle à la compréhension du pays. Le Yémen défile à travers le pare-brise sale d’un 4 × 4, les interlocuteurs se succèdent.

   


La guerre, elle, est aussi omniprésente qu’invisible. On saisit des bribes de réel au vol : comment le pays houthiste est mieux tenu, d’une main de fer, que le Sud gouvernemental ; ­combien la psychose des bombardements aériens, qui tuent pour moitié des civils, est forte, au point que les habitants pensent que ce sont les bombes saoudiennes qui diffusent le choléra, le mal silencieux de cette guerre. Le conflit a pris un tour confessionnel, inédit dans ce pays entièrement musulman, entre chiites – auxquels sont assimilés les houthistes, d’obédience zaïdite, une branche du chiisme – et sunnites. « Ils sont ­sortis de leurs grottes et on les y remettra », promet un milicien anti-houthiste. Une guerre « sans issue et sans merci », comme la qualifie François-Xavier Trégan.
A Aden, la guerre est en sommeil, mais ses stigmates sont partout. D’autres conflits pointent déjà. Depuis le passage de Peter Maurer, à l’été 2017, le conflit entre les sécessionnistes sudistes et le gouvernement a éclaté au grand jour. C’est aussi le cas à Sanaa, où l’alliance entre les rebelles houthistes et l’ancien président Ali Abdallah Saleh s’est achevée par l’assassinat de ce dernier. A Taëz, la présence de djihadistes d’Al-Qaida et de l’Etat islamique aux côtés des soldats gouvernementaux et des milices tribales unies contre les houthistes ne présage rien de bon.
« La communauté internationale sous-estime largement le potentiel de déstabilisation de la guerre au Yémen », prédit M. Maurer. Nabil Subay, journaliste yéménite en exil, le dit avec ses mots : « Une guerre, c’est un pays qu’on n’entend pas. Il n’est pas silencieux, c’est juste qu’on ne l’entend pas. »
Yémen, le chaos et le silence, de François-Xavier Trégan (Fr., 2018, 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Le propriétaire de l’abbaye de Fontfroide, à Narbonne, qui, avec sa famille, s’est employé à préserver et valoriser le patrimoine cistercien du site, est mort le 24 mars, à l’âge de 87 ans.
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Décès du mécène Nicolas d’Andoque de Sériège

Le propriétaire de l’abbaye de Fontfroide, à Narbonne, qui, avec sa famille, s’est employé à préserver et valoriser le patrimoine cistercien du site, est mort le 24 mars, à l’âge de 87 ans.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 17h37
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 18h14
    |

            Renaud Machart








                        


                                                        
Nicolas d’Andoque de Sériège avait une passion pour le chant grégorien. Depuis plus de trente ans, à l’approche de Pâques, il recevait le Chœur grégorien de Paris dans l’enceinte de l’ancienne abbaye Sainte-Marie de Fontfroide, qu’il administrait en gentilhomme bon vivant, courtois et avisé. C’est au son de cette musique qu’il s’est éteint, le 24 mars, à l’âge de 87 ans.
Né le 21 février 1931, à Paris, il est l’un des petits-fils de l’artiste, viticulteur, conservateur de musée, mécène et collectionneur Gustave Fayet (1865-1925) qui, avec son épouse Madeleine, née d’Andoque, rachète en 1908 l’abbaye cistercienne de Fontfroide, abandonnée par les moines en 1901.
Les lieux, cachés dans un vallon arboré des Corbières, à une dizaine de kilomètres de Narbonne (Aude), nécessitent une importante restauration, à laquelle s’attelle le couple Fayet. Ami des arts et des artistes – Gustave Fayet possédait de nombreuses toiles de Paul Gauguin (1848-1903) dont il fut l’un des premiers collectionneurs –, le couple demande au peintre Odilon Redon (1840-1916) de décorer l’ancien dortoir des moines transformé en bibliothèque de deux grandes fresques, Le Jour et La Nuit, ainsi que d’un panneau, Le Silence. Ces œuvres constituent, selon le Musée d’Orsay, « la grande réalisation de Redon en matière de décor ».
Les musiciens fréquentent aussi Fontfroide, dont les pianistes Ricardo Vinès (1875-1943) et Richard Burgsthal (1884-1944). Celui-ci, plus connu pour son travail de peintre et de maître verrier, signera pour l’abbaye des vitraux et de grandes fresques inspirées par les opéras de Richard Wagner.
Commande artistique
Après la mort de Gustave Fayet, Yseut d’Andoque, la mère de Nicolas d’Andoque, prend le relais. Son fils lui succédera en 1983 en devenant le gérant de la société civile immobilière de l’ancienne abbaye cistercienne.
Après une enfance au Maroc, des études de droit et quatre ans de guerre en Algérie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A voir aussi ce soir. Un documentaire délicat sur Yanie placé depuis ses 14 mois en famille d’accueil qui, à l’adolescence, s’apprète à vivre le déchirement de la séparation (sur Arte à 23 h 45).
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TV – « Itinéraire d’un enfant placé »

A voir aussi ce soir. Un documentaire délicat sur Yanie placé depuis ses 14 mois en famille d’accueil qui, à l’adolescence, s’apprète à vivre le déchirement de la séparation (sur Arte à 23 h 45).



Le Monde
 |    27.03.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 18h12
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur Arte à 23 h 45



Alors qu’il n’avait que 14 mois, Yanie a été placé dans une famille d’accueil. Désormais âgé de 14 ans, l’adolescent s’apprête à vivre le déchirement de la séparation. Malgré toute la tendresse qu’ils lui témoignent, Myriam (65 ans) et Jacques (70 ans), qui l’ont élevé, s’apprêtent à prendre leur retraite et à passer la main à un autre couple, plus jeune. Ce départ vers l’inconnu, sous un autre toit où il lui faudra trouver sa place, au sein d’une nouvelle école où il lui faudra récréer des liens, est vécu par Yanie comme « un choc ». « Pire même, écrit-il dans son journal, c’est comme mourir pour la première fois, mais pas en vrai. »
Reste qu’au milieu des bouleversements, l’adolescent à la bouille pouponne veut croire au rapprochement avec sa mère, qu’il revoit deux week-ends par mois, depuis sa sortie de prison. Une mère qui aimerait, elle aussi, tenir un rôle, à la faveur de ces changements.
Entouré, ballotté, sans toujours parvenir à placer des mots sur ses peurs, ses doutes, ses douleurs, sa difficulté à savoir où est sa place, ainsi apparaît cet enfant (dé)placé que Ketty Rios Palma a suivi lors de ce moment charnière entre enfance et adolescence.

   


Un entre-deux de vies, de lieux et d’êtres à l’intérieur duquel la caméra de la réalisatrice s’est discrètement glissée. Au point de se faire presque oublier des différents protagonistes qui gravitent autour du garçon, et s’efforcent de faire au mieux, sans toujours y parvenir. Que ce soit les familles d’accueil, les éducateurs, les assistantes sociales. Mais aussi sa mère, qui attendrit autant qu’elle terrifie, par sa maladresse brutale, par la violence de ses mots, crus, blessants, voire humiliants, par la dureté de ses décisions : ainsi, dans son désir farouche de renouer avec son fils, elle ira jusqu’à lui interdire tout contact avec ­Myriam et Jacques, ce qui le conduira « à péter les plombs » et à être brièvement hospitalisé.
Construit en trois actes, ce documentaire poignant dessine, sans apprêt ni commentaire ou « voix off », mais avec une infinie délicatesse, l’itinéraire d’un gamin qui cherche sa définition. Et qui finira, par lancer, comme une victoire, dans son journal : « Je suis le gamin de personne. Un gamin ­orphelin mais un gamin, fils de ­soi-même et fier de l’être. »
Itinéraire d’un enfant placé, de Ketty Rios Palma (Fr., 2017, 55 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ En avril 1971, l’actrice Stéphane Audran et le réalisateur Claude Chabrol se confiaient sur l’ORTF. Ce dernier y expliquait alors pourquoi, selon lui, il aimait sa « Stéph’ » de façon « très rare ».
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Elle a incarné des bourgeoises devant la caméra décapante de son ex-époux Claude Chabrol, et connu deux de ses plus beaux rôles dans « Le Charme discret de la bourgeoisie » et « Le Festin de Babette » : l’actrice française Stéphane Audran est morte mardi à 85 ans.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ En 2017, 300 films ont été tournés dans l’Hexagone, c’est 6 % de plus que l’année précédente, selon l’étude annuelle du CNC.
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Cinq chiffres pour tout savoir de la production cinématographique française

En 2017, 300 films ont été tournés dans l’Hexagone, c’est 6 % de plus que l’année précédente, selon l’étude annuelle du CNC.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 16h56
    |

            Nicole Vulser








                        



   


Mardi 27 mars, le Centre national de la cinématographie et de l’image animée (CNC) a publié son étude annuelle sur le cinéma français. De loin, l’enquête démontre, selon les termes des auteurs d’une « stabilité » entre 2016 et 2017. Un constat s’appuyant sur le chiffre global de la production dans l’Hexagone. Mais en zoomant sur certains points, l’image se fait plus contrastée.
300 films produits en 2017 dans l’Hexagone
L’an dernier, il s’est produit 300 films en France. C’est 6 % de plus qu’en 2016. Sur ce total, 222 films étaient d’initiative française, c’est-à-dire avec une majorité de financement français. Les autres avaient un financement majoritairement étranger. Toutes ces œuvres représentent un investissement total de 1,32 milliard d’euros (– 4,4 % par rapport à 2016).
1,08 milliard d’euros investi dans la production française
Les investissements réalisés dans la production d’initiative française ont baissé en 2017 de 9,9 %, à 1,08 milliard d’euros. Ceci s’explique, selon le jargon statistique par un effet de base défavorable. En effet, 2016 a été marquée par la production de deux longs-métrages à méga budgets : Valérian et la Cité des mille planètes de Luc Besson (197,4 millions d’euros) et The Lake de Steven Quale (66 millions d’euros). A titre de comparaison en 2017, le film d’initiative française le plus coûteux, toujours signé Luc Besson, Anna (qui n’est pas encore sorti), ne s’élève « qu’à » 30,69 millions d’euros. Il est suivi par Santa & Cie d’Alain Chabat (28,3 millions) et La ch’tite famille de Dany Boon (26,8 millions).

« La Ch’tite Famille » remplit les salles

   


Boudée par l’Académie des Césars, la comédie est un genre cinématographique qui plaît au public, comme en témoignent les chiffres cumulés des entrées en salle publiés par Ecran total. Pour la période du mercredi 28 février au dimanche 4 mars, c’est le nouveau film de et avec Dany Boon, La Ch’ tite Famille, qui a attiré le plus de monde, réunissant plus de 2 millions de spectateurs pour une distribution sur 843 écrans. Les Tuche 3, d’Olivier Barroux, sorti il y a cinq semaines, continue sur la voie du succès public avec un total de 5,3 millions de spectateurs sur 639 écrans.

        Lire aussi le reportage :
         

          Séance en ch’tite famille à Saint-Omer



Triomphe mondial, Black Panther avec ses super-héros noirs séduit aussi les cinéphiles de l’Hexagone : en trois semaines d’exploitation, le film de Ryan Coogler y a été vu par 2,4 millions de spectateurs. Quant au grand gagnant des Oscars 2018, le film fantastique de Guillermo del Toro, La Forme de l’eau, il n’a pour l’instant attiré qu’un peu plus d’un demi million de spectateurs en deux semaines. Parions que les quatre statuettes remportées dimanche donneront un coup de pouce à sa carrière.

        Lire le récit :
         

          « Black Panther » bouscule les schémas hollywoodiens





49 films dont le budget était supérieur à 7 millions d’euros
C’est le nombre de films produits en 2017 dont le budget était supérieur à 7 millions d’euros. C’est neuf de plus qu’en 2016. Le CNC dénombre également 49 œuvres dont le budget est compris entre 4 et 7 millions. Dans cette catégorie figurent par exemple Un autre monde de Stéphane Brizé, Les Estivants de Valeria Bruni Tedeschi ou Place Publique d’Agnès Jaoui. Tous trois sont attendus en salles cette année. Le devis moyen des films d’initiative française s’établit à 4,9 millions d’euros.
72 premiers films
C’est le nombre de premiers films produits en 2017 sur les 222 œuvres d’initiatives françaises, soit près d’un tiers. Signe d’une réelle diversité, il s’est produit l’an dernier 43 films documentaires, 5 films d’animation, des films de genre, des biopics réinventés comme Barbara de Mathieu Amalric… Autre caractéristique : le nombre de coproductions internationales reste très élevé (à 123 films). Ces partenariats incluent 48 pays différents et ont permis de tourner The man who killed Don Quixote de Terry Gilliam ou Submergence de Wim Wenders, qui sortiront cette année.
363,3 millions investis par les chaînes de télévision dans les films agréés par le CNC
Les investissements des chaînes de télévision dans les films agréés par le CNC ont crû de 15,3 %, à 363,3 millions d’euros. Une manne répartie entre 193 films. Obligé d’investir dans le cinéma au prorata de son chiffre d’affaires, Canal + qui fut longtemps « le » banquier du cinéma, voit sa part s’amenuiser au fil des années mais conserve, si on y ajoute sa filiale Ciné +, une place prépondérante (173,5 millions d’euros d’investissements dans le septième art soit près la moitié du financement total des chaînes). Si TF1 ou M6 investissement surtout dans des films à devis élevé, les chaînes publiques choisissent des longs-métrages plus variés. Le nombre de films non financés par les télévisions a diminué l’an dernier mais représente toujours 107 longs-métrages agréés. Souvent des premiers films à petit budget.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Après des débuts au théâtre dans les années 1950, sa carrière prit un tournant avec sa rencontre avec Claude Chabrol, dont elle deviendra l’actrice fétiche. Elle avait 85 ans.
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L’actrice Stéphane Audran est morte

Après des débuts au théâtre dans les années 1950, sa carrière prit un tournant avec sa rencontre avec Claude Chabrol, dont elle deviendra l’actrice fétiche. Elle avait 85 ans.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 12h37
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 16h40
   





                        



Stéphane Audran, qui fut notamment l’actrice fétiche et épouse du cinéaste Claude Chabrol, est morte, a annoncé son fils Thomas Chabrol, mardi 27 mars. Elle avait 85 ans. « Ma mère était souffrante depuis quelque temps. Elle a été hospitalisée une dizaine de jours et était revenue chez elle. Elle est partie paisiblement cette nuit vers 2 heures du matin », a précisé M. Chabrol.
Stéphane Audran fut une figure emblématique du cinéma français des années 1970. Elle avait débuté au théâtre dans les années 1950, avant d’obtenir des rôles secondaires dans certains films tournés par des réalisateurs de la nouvelle vague.
Récompensée par un César pour son rôle dans « Violette Nozière »
Sa carrière prit un tournant avec sa rencontre avec Claude Chabrol, en 1959. Mariée au cinéaste, elle en était devenue l’actrice fétiche. Elle fut révélée dans Les Biches, en 1968, avec un Ours d’argent à la clé à Berlin, avant de tenir des premiers rôles marquants dans Le Boucher et Les Noces rouges.
Son rôle dans Violette Nozière, un autre film de Claude Chabrol, lui permit de remporter le César de la meilleure actrice dans un second rôle en 1979.
Elle tourna aussi avec Luis Buñuel, dans Le Charme discret de la bourgeoisie, lauréat de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1973.
Stéphane Audran effectua ensuite un retour éphémère au premier plan dans les années 1980 avec Le Festin de Babette, du Danois Gabriel Axel, lauréat du meilleur film en langue étrangère aux Oscars en 1988.

        Lire aussi :
         

                TV – « Le Festin de Babette », pour l’œil et l’oreille



« Stéphane était épatante pour jouer les femmes libres et indépendantes, comme elle l’était dans la vie. Je l’ai dirigée dans Les Saisons du plaisir, avec Sylvie Joly. Beaucoup de metteurs en scène étaient amoureux d’elle, et d’ailleurs Claude Chabrol l’a épousée. Il en a fait son actrice fétiche. Elle a été aussi l’égérie des Cahiers du cinéma. Elle était très aimée », a témoigné le cinéaste Jean-Pierre Mocky.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Ce natif de Brazzaville a dû quitter le Congo pour fuir la guerre. A 26 ans, après avoir été repéré par Booba, le rappeur rencontre le succès. Même si ses clips font des millions de vues sur Internet, il veut rester anonyme.
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Siboy, en passe-montagne pour le sommet de la gloire


                      Ce natif de Brazzaville a dû quitter le Congo pour fuir la guerre. A 26 ans, après avoir été repéré par Booba, le rappeur rencontre le succès. Même si ses clips font des millions de vues sur Internet, il veut rester anonyme.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 14h53
    |

                            Stéphanie Binet








   


Pour éviter d’évoquer son passé douloureux, le rappeur Siboy, en tournée, prétexte d’abord des problèmes de mémoire… à 26 ans ? « Non, mais c’est parce que je fume beaucoup, se défend-il, ça a un peu atteint mes neurones. » Le jeune homme n’a pas eu une vie facile, et il la camoufle, tout comme son état civil, dans ses morceaux, où il pratique l’humour, le cynisme et un flow aussi doucereux qu’âpre.
Dans ses clips, comme Mobali ou Au revoir, vus plusieurs millions de fois sur Internet, il apparaît le visage encagoulé. En entretien, il ne quitte pas son passe-montagne, et il faut un peu de temps pour qu’il lâche pudiquement : « Je suis né à Brazzaville, mais il y a eu la guerre. Mes parents ont décidé de partir, car ma mère était d’une ethnie différente de celle mon père, qui, lui, était militaire. Ils ont eu peur que notre famille soit divisée. J’ai encore les images de la guerre en tête. »
De bouches de métro en foyers
Après un passage par Kinshasa, Siboy arrive en France à l’âge de 8 ans, dort avec sa famille dans les bouches de métro parisien, dans les hôtels payés par l’État français puis s’installe définitivement, trois ans plus tard, à Mulhouse, dans un foyer pour réfugiés placés par l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et des apatrides) : « A partir de là, nous avons commencé à vivre une vie normale. J’ai grandi en foyer avec des Yougoslaves, des Congolais, des Ivoiriens avant d’être intégré dans un parcours scolaire normal et que mes parents obtiennent une HLM. »

Le hip-hop n’arrive dans sa vie qu’à l’âge adulte. Alors qu’il loue son propre appartement, un ami dépose toutes ses affaires chez lui : « Dans ses cartons, il avait laissé un ordinateur, un micro et une carte son externe. J’ai essayé de composer des musiques. Le son de ma voix m’a paru bizarre au début, mais je me suis lancé. » Repéré par Booba dès son premier freestyle sur YouTube, celui qui a d’abord été beatmaker a affûté son style en se détachant le plus possible de son influence américaine, la trap de Young Buck ou de Future.

    #Twap #life @braveneworld_ 📸 Une publication partagée par  SIBOY (@siboy_bmg) le 4 Janv. 2018 à 1 :18 PST 

Son anonymat, il l’explique ainsi : « J’ai toujours été très réservé et j’ai cherché un substitut pour ne pas montrer mon visage. La cagoule était évidente, c’est ce qu’il y avait de moins cher : 3 euros. Je ne regrette pas ce choix, c’est un luxe d’avoir une vie normale quand tu es un artiste. » 

Depuis son arrivée en France, Siboy n’est jamais retourné au Congo. Il en rêve : « Je peux bien sûr parler sur WhatsApp avec mes cousins. Mais les odeurs me manquent, je suis sûr qu’elles m’aideront à me souvenir. J’ai envie de sentir la chaleur, de voir comment le pays à évolué. J’ai besoin de déclics pour réveiller ma mémoire, il y a encore des choses enfouies. »

Mon 1er Album « Spécial » certifié Or! Merci à tous mes mastas qui me suivent depuis le début #92i ! #Twaap… https://t.co/AWy4tVmOz6— Siboy_BMG (@Siboy)


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Siboy en tournée, dont le 8 avril à La Seine musicale, sur l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Avec son premier roman qui dénonce la culture de l’honneur et l’oppression des femmes, « Dodevaskeren », l’écrivaine danoise, d’origine kurde, Sara Omar, est comparée à l’auteur des « Cerfs-volants de Kaboul », Khaled Hosseini.
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« La laveuse de morts », le best-seller qui passionne les Danois


                      Avec son premier roman qui dénonce la culture de l’honneur et l’oppression des femmes, « Dodevaskeren », l’écrivaine danoise, d’origine kurde, Sara Omar, est comparée à l’auteur des « Cerfs-volants de Kaboul », Khaled Hosseini.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 08h15
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 15h36
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








   


Le livre le plus courageux publié depuis des années » ; « de la littérature qui peut changer notre société » ; « la révolution #metoo trouve son roman le plus fort » ; « un enrichissement de la littérature danoise ». Rarement la critique aura été à ce point unanime dans l’éloge d’un livre qui s’affiche comme un des plus grands succès littéraires de ces dernières années au Danemark. Sorti le 30 novembre 2017 en librairie, le roman Dødevaskeren (« la laveuse de morts ») a déjà été vendu à plus de 50 000 exemplaires, dans un pays où 10 000 ventes suffisent à faire un best-seller.
Son auteure, Sara Omar, 31 ans, est comparée à la romancière danoise Karen Blixen ou à Khaled Hosseini, l’auteur des Cerfs-volants de Kaboul. Elle est originaire de Souleimaniyé, dans le Kurdistan irakien, qu’elle quitte à l’âge de 10 ans. Après cinq années passées dans des camps de réfugiés au Moyen-Orient, sa famille arrive au Danemark en 2001.
Sous le contrôle d’un père tyrannique
Son livre dénonce la culture de l’honneur et l’oppression des femmes, dans son pays d’origine et au Danemark, chez certaines familles musulmanes conservatrices. De la sienne, elle ne veut rien dire. « Les problèmes que je décris me dépassent, ils sont universels », dit-elle. Mais, entre les lignes, on devine son histoire.

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                Un livre danois relance la polémique sur la circoncision



Comme elle, son héroïne, Frmesk, « larme » en kurde, est née le 21 août 1986 à Souleimaniyé. Toutes deux sont sorties du ventre de leur mère avec une mèche blanche en forme de cœur au-dessus du front. Un signe d’Allah ? Une malédiction ? Dans une société patriarcale, où les femmes sont toujours suspectes, cette « tache de naissance » est un danger supplémentaire pour une petite fille. Craignant la violence du père, les grands-parents maternels de Frmesk la recueillent. Darwésh, le grand-père, croit au pouvoir des livres. Gawhar, son épouse, lave les corps des femmes massacrées par les hommes, rendant leur dignité à celles jugées impures.
« Je savais qu’il y aurait des conséquences quand j’ai décidé d’écrire ce livre, mais je n’avais pas le choix », Sara Omar
Trente ans plus tard, on retrouve Frmesk clouée sur un lit d’hôpital au Danemark. Sans famille. Sans ami. Elle passe ses journées à noircir des feuilles de papier, jusqu’à ce qu’une étudiante en médecine, Darya, fasse irruption dans sa vie. La jeune femme voilée vit sous le contrôle d’un père tyrannique, obnubilé par les commandements de sa religion.
« Je savais qu’il y aurait des conséquences quand j’ai décidé d’écrire ce livre, mais je n’avais pas le choix, souffle l’écrivaine. C’était ça ou mourir, et j’avais toutes les raisons de choisir la mort. » La voix tremblante, de grands yeux sombres brillants dans un visage aux traits fins, encadrés de deux longues mèches blanches contrastant avec sa chevelure de jais, Sara Omar, étudiante en science politique, raconte les multiples tentatives de suicide, les longs séjours à l’hôpital, le désespoir. Puis les huit mois passés devant son ordinateur, en transe, à écrire sans s’arrêter.
Opposée au port du voile
Fan de Simone de Beauvoir et de Voltaire, elle fustige une culture patriarcale qui opprime au nom de la religion et d’un livre « écrit il y a mille quatre cents ans » considéré comme « un texte de loi ». Pas parce qu’un dieu l’aurait ordonné, mais « parce que les hommes en ont décidé ainsi », bâtissant des sociétés où « la vie humaine a moins de valeur que la religion, la culture et la réputation » et où « l’honneur de la famille repose entre les jambes des femmes ».

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                Au Danemark, l’école de la ségrégation



Musulmane agnostique, opposée au port du voile, elle appelle à « une réforme de l’islam » et à une « révolution des mentalités ». En commençant au Danemark, où la gauche, « animée de bonnes intentions », « a trop longtemps fermé les yeux », tandis que la droite « mettait de l’huile sur le feu, au lieu d’apporter des solutions ». Pour avoir rompu avec sa famille et publié un livre, Sara Omar est menacée. Mais, plus que jamais, elle garde espoir. Tous les jours, elle reçoit des lettres de femmes et d’hommes témoignant de leur calvaire. « La parole, dit-elle, est en train de se libérer. »
Sara Omar s’exprime en faveur des droits des femmes (vidéo sous-titrée en anglais) 




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le réalisateur explique son désir de traiter de l’éducation dans « Madame Hyde » et de travailler à nouveau avec Isabelle Huppert.
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Serge Bozon : « Toucher la vérité demande de filmer des choses simples »

Le réalisateur explique son désir de traiter de l’éducation dans « Madame Hyde » et de travailler à nouveau avec Isabelle Huppert.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 07h58
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 14h43
    |

            Isabelle Regnier








                        



                                


                            

A l’occasion de la sortie de Madame Hyde, son quatrième film, Serge Bozon évoque sa relation à la France, à l’école et à Isabelle Huppert.

Aussi différents soient-ils, « La France », « Tip Top » et « Madame Hyde », vos trois derniers longs-métrages, ont en commun d’esquisser une image, nouvelle et singulière, de la France…
J’aurais voulu que tous mes films s’appellent La France. N’en faire qu’un, c’est risquer de paraître un peu prétentieux. Tandis que si je le faisais à chaque fois, on se dirait : « Ah tiens, il travaille le truc un peu, il y revient… ». Je n’ai pas trop réfléchi à la question, en réalité, mais c’est vrai que l’idée de faire des choses qui ont un rapport au pays m’excite… Dans un film de guerre comme La France, le rapport est direct, évident. Dans Tip Top ou Madame Hyde, c’est le rapport entre le pays et la banlieue, ou le pays et les étrangers, ou le pays et les gens de couleur… Je ne saurais pas théoriser, mais je lis les journaux et je m’intéresse aux questions liées aux banlieues, au racisme et à tout ce qui en découle.
En tant que cinéaste, vous ­refusez toutefois de les aborder de manière naturaliste…
Le vraisemblable amène à faire tellement de nuances que c’en devient émollient : les gens ne sont jamais vraiment en échec, jamais vraiment en réussite, jamais vraiment cons… Toucher la vérité demande au contraire de filmer des choses très simples, à l’os. Cela peut passer par des jeux d’opposition basiques : une classe où il n’y a que des garçons arabes, des Noirs et deux filles blanches ; Isabelle Huppert, qui est petite et maigre, et sa voisine, du coup grande et grosse, etc. Ce n’est pas plus compliqué que du Laurel et Hardy. Ces choses qui peuvent sembler stylisées, ou irréalistes, vont à l’inverse dans le sens d’une grande franchise par rapport au sujet.
Le film fonctionne, de fait, sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le secteur voit émerger de nouveaux acteurs à l’heure des smartphones et des enceintes connectées.
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Radio : le « bouillonement créatif » des podcasts « natifs »

Le secteur voit émerger de nouveaux acteurs à l’heure des smartphones et des enceintes connectées.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 18h00
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

Le foisonnement d’initiatives est tel qu’il faudrait remonter à l’époque des radios libres, au début des années 1980, pour avoir une idée de l’effervescence actuelle. Les émissions ont pour nom « Les Couilles sur la table », « Bouffons », « Commencer », « Hasta dente ! »… elles traitent de féminisme, de gastronomie, de création d’entreprises ou réinventent la fiction. Alors qu’on a crié à l’hégémonie de l’écran et de l’écrit, la voix est bel et bien de retour, grâce aux podcasts dit « natifs », qui ne sont plus simplement des réécoutes d’émissions diffusées sur les antennes mais des productions à part entière, disponibles à tout moment sur les smartphones et les enceintes connectées, connues également sous le nom d’assistants vocaux.
Ces nouveaux acteurs, que ce soient de petites structures de type start-up ou des initiatives en provenance de la radio publique, proposent des reportages au long cours, des émissions thématiques, des séries de fictions, voire une matinale sur mesure. Elles ont émergé dans le sillage de plus anciens, comme Arte Radio. « Nous sommes à un moment où la radio se réinvente », constate Florent Latrive, délégué aux nouveaux médias de France Culture. Joël Ronez, ancien responsable des nouveaux médias de Radio France et créateur de Binge Audio, un éditeur de podcasts, parle, lui d’un « bouillonnement créatif ».
Comme souvent, le modèle américain inspire beaucoup d’entre eux. Outre-Atlantique, le marché est suffisamment appétissant et rentable pour que des médias traditionnels, comme le New York Times, s’y soient lancés. C’est avec l’espoir que la France suive cette voie que deux anciennes journalistes de la version française du site américain Slate, Charlotte Pudlowski et Mélissa Bounoua, ont créé Louie Media. On les retrouve dans un studio de musique, installé en sous-sol d’un immeuble parisien, où elles ont mis la dernière touche à leur série lancée le 7 mars, « Entre », où une préadolescente,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le cinéaste Serge Bozon relit Robert Louis Stevenson dans un film social requalifié par le conte de fées.
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« Madame Hyde » : le buisson ardent de la connaissance

Le cinéaste Serge Bozon relit Robert Louis Stevenson dans un film social requalifié par le conte de fées.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 08h03
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Sortez crayons et compas, tracez deux droites qui se rejoignent sans se couper, l’une partant de L’Etrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, de Robert Louis Stevenson (1886), l’autre depuis De bruit et de fureur (1988), film de Jean-Claude Brisseau. Deux chefs-d’œuvre que cent ans séparent, intéressés l’un et l’autre par la question du mal qui ronge le cœur des hommes, scrutant le rapport de l’individu à la société, faisant surgir le fantastique dans le quotidien. Tracez à présent la bissectrice partant du sommet angulaire de ces droites et vous aurez une idée de la direction que prend ce drôle d’objet, si emporté et bizarre, si excentrique et nécessaire, nommé Madame Hyde.

Serge Bozon est, de fait, un réalisateur qui fait bouger les lignes. L’un de ceux, pour oser le mot et le sentiment, qui rendent plutôt fier que le cinéma français sache ménager en son sein une place à une tentative aussi audacieuse de le cambrioler. L’Amitié (1998), Mods (2003), La France (2007), Tip Top (2013) sont autant d’étapes d’un vacillement concerté, où chaque sujet est traité de biais, chaque attendu mis cul par-dessus tête, chaque évidence poétiquement déplacée. Goût du fantastique, humour diagonal, maniérisme allégorique, cruauté farcesque : rien, pourtant, tel est le miracle bozonien, ne vient affaiblir la capacité de ces films à toucher juste sur des questions qui importent à tous.
Torturée par sa classe
Ainsi, Madame Hyde est-il un film social (banlieue, fracture, école, transmission du savoir…) requalifié par le conte de fées. Madame Géquil (Isabelle Huppert) est une professeure de physique close en ses principes mais pusillanime, et donc constamment torturée par sa classe. A la tête de la fronde railleuse, Malik (Adda Senani), adolescent handicapé qui compense sa prostration par une tchatche insolente et étincelante.

Autour de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » propose un choix de séries à découvrir ou à revoir.
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Des espions russes, deux cousins et une zombie : une semaine en séries

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » propose un choix de séries à découvrir ou à revoir.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 07h26
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Au programme cette semaine, la dernière et ultime saison de The Americans, le retour du rappeur Paper Boi dans Atlanta et une zombie cannibale qui choisit ses victimes en respectant une certaine éthique.
« The Americans » : espionne de mère en fille

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Phillip et Elizabeth Jennings, le couple d’espions que le KGB a installé près de Washington, au début des années 1980, juste après l’élection de Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis, il est temps de découvrir The Americans, une très attachante série dont paraît la dernière saison, hélas.
En ce début de saison 6 – que nous n’avons pas pu voir –, l’espionnage reste une affaire de famille mais dans une configuration nouvelle, a commenté le créateur de The Americans, Joe Weisberg, lui-même ancien agent de la CIA. Durant les derniers mois de 1987, toujours en pleine guerre froide donc, Philip (Matthew Rhys) a cessé de travailler pour le KGB, mais sa fille, Paige (Holly Taylor), devenue « stagiaire en espionnage », seconde désormais sa mère, Elizabeth (Keri Russell) dans des missions de surveillance. Mais le rêve de cette dernière est-il de former sa fille – citoyenne américaine – pour la faire entrer au KGB, comme elle ? Rien n’est moins sûr… Martine Delahaye
The Americans, saison 6. Série créée par Joel Fields et Joe Weisberg. Avec Matthew Rhys, Keri Russell, Holly Taylor, Noah Emmerich (EU, 2018, 10 × 42 min). En US + 24 sur Canal+ Séries, le jeudi à 0 h 30 à partir du 29 mars. Les cinq premières saisons sont disponibles sur MyCanal et sur Netflix.
« Atlanta » : deux cousins, deux tendances 

Atlanta fait partie des magnifiques surprises de 2016. Il faut dire que son créateur, Donald Glover, qui en est aussi le réalisateur, le producteur et l’interprète principal, fait partie de ces artistes surdoués capables d’occuper divers champs du paysage culturel en même temps : il est également reconnu en tant qu’humoriste et surtout musicien (rappeur, chanteur, compositeur, DJ…). Nous n’avons encore pas pu voir la deuxième saison d’Atlanta, mais on ne voit pas comment Donald Glover aurait perdu le grand talent d’écriture, d’humour, de finesse et d’inventivité dont il a fait preuve en première saison.
En saison 1, Paper Boi a beau s’être révélé un rappeur (et un dealeur) à la petite semaine, une vidéo virale a fait de lui une petite sommité sur la scène du rap à Atlanta. Son cousin Earn (Donald Glover), éduqué, la tête sur les épaules mais sans travail – et un bébé sur les bras –, devient son manageur. Mais ces deux-là s’opposent à peu près sur tout. Pour résumer, le rappeur, face aux difficultés de la vie et au racisme, se veut tendance « Malcolm » (sous-entendu Malcolm X), quand son cousin manageur mène sa vie dans la voie de « Martin » (Luther King). M. De.
Atlanta, saison 2. Série créée par Donald Glover. Avec Donald Glover, Brian Tyree Henry, Keith Stanfield (EU, 2018, 10 × 30 min). Disponible le vendredi sur OCS City et MyCanal (un épisode par semaine).
« Santa Clarita Diet » : régalade hémoglobinée

Les cinéphiles exigeants préféreront sans doute, dans le registre de la fable cannibale, les films The Territory (1981), de Raoul Ruiz, ou Ma loute (2016), de Bruno Dumont. Mais la série Santa Clarita Diet ravira, par son ton de comédie gore, les amateurs de rigolade hémoglobinée sur fond de découpe de viande humaine.
Sheila, agente immobilière mariée et mère d’une adolescente, se trouvait, au début de la saison 1, victime d’une étrange et monstrueuse crise vomitive. Elle devait vite comprendre que cette éruption marquait sa transition en zombie : morte-vivante, Sheila, était désormais contrainte de se nourrir de chair humaine. Avec l’aide de sa famille et d’un jeune voisin dans la confidence, Sheila va réorganiser sa vie en tâchant de combiner les impératifs de son nouveau régime alimentaire avec une sélection éthique de ses victimes : délinquants sexuels, néonazis, etc.
Les deux acteurs principaux, Drew Barrymore et Timothy Olyphant, sont en surjeu permanent. Mais, grâce à des dialogues enlevés, des jeux de mots récurrents – en partie intraduisibles –, ainsi qu’à des situations invraisemblables dans leur outrance tragi-comique, Santa Clarita Diet reste extrêmement divertissante, en dépit d’un léger délayage qui fait souhaiter qu’une troisième saison ne soit pas envisagée. Renaud Machart
Santa Clarita Diet, saison 2, série créée par Victor Fresco. Avec Drew Barrymore, Timothy Olyphant, Liv Hewson, Skyler Gisondo, Natalie Morales (EU, 2018, 10 x 26-30 min). Netflix à la demande.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le refus de son inscription par une école publique du Kansas au début des années 1950 avait donné lieu à un arrêt mettant fin à la ségrégation raciale scolaire.
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Mort de Linda Brown, écolière ayant provoqué la fin de la ségrégation scolaire aux Etats-Unis

Le refus de son inscription par une école publique du Kansas au début des années 1950 avait donné lieu à un arrêt mettant fin à la ségrégation raciale scolaire.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 01h30
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 07h30
   





                        



   


Le refus de son inscription par une école publique du Kansas avait débouché, en 1954, sur l’interdiction de la ségrégation scolaire aux Etats-Unis. Linda Brown est morte à 76 ans, a rapporté lundi 26 mars le Topeka Capital-Journal.
En 1951, Oliver Brown, qui résidait dans la ville de Topeka, avait voulu inscrire sa fille de 9 ans dans une école proche du domicile familial. Mais celle-ci était réservée aux blancs et Linda avait été refusée au prétexte qu’elle était noire. L’écolière avait été forcée de suivre la classe d’un établissement nettement plus éloigné.
A l’époque la plupart des Etats du Sud avaient la possibilité de séparer ainsi les élèves en fonction de leur couleur de peau. Mais, le père de Linda Brown avait contesté en justice, dans une plainte en nom collectif, cette loi du Kansas autorisant les villes de plus de 15 000 habitants à établir des écoles séparées.
« Brown v. Board of Education »
Cette longue procédure a été soutenue et portée par l’Association nationale pour la promotion des gens de couleur (NAACP). Elle s’est conclue par l’une des victoires les plus emblématiques de l’organisation et une date phare du mouvement des droits civiques : le 17 mai 1954, la Cour suprême a jugé à l’unanimité que cette ségrégation scolaire était contraire à la Constitution.
Soixante-quatre ans après cet arrêt historique, connu sous le nom de « Brown v. Board of Education », l’annonce de la mort de Linda Brown a ému aux Etats-Unis. « Linda Brown fait partie de ces jeunes gens héroïques qui, avec sa famille, se sont courageusement battus pour mettre fin au symbole ultime de la suprématie blanche - la ségrégation raciale dans les écoles publiques », a réagi dans un communiqué Sherrilyn Ifill, directrice de la branche juridique de la NAACP, organisation fondée en 1909 pour défendre la cause des Noirs.
« L’arrêt Brown a fait de l’Amérique un rayon d’espoir pour le reste du monde, il nous a appris que grâce à la loi, nous pouvions mettre fin à un système de caste basé sur la race et oppressif », a fait savoir pour sa part l’Union américaine pour les libertés civiques (ACLU), avant d’ajouter : « Aujourd’hui nous rendons hommage à Linda Brown et à tous les combats qu’il nous reste à gagner ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Notre choix du soir. Entre action, épopée historique et biopic, une adaptation élégante du livre de David Grann signée James Gray (sur Canal+ à 23 h 30).
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TV – « The Lost City of Z » : le rêve perdu de l’homme blanc

Notre choix du soir. Entre action, épopée historique et biopic, une adaptation élégante du livre de David Grann signée James Gray (sur Canal+ à 23 h 30).



Le Monde
 |    26.03.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 17h50
    |

                            Jean-François Rauger








                        


Film sur Canal+ à 23 h 30

Adapté d’un ouvrage de David Grann, lui-même inspiré des exploits de l’explorateur Percival Harrison Fawcett, The Lost City of Z procède d’un discret mais implacable travail critique de ce qui fut peut-être, longtemps, un des rêves de l’homme blanc occidental.
Officier déclassé en raison d’une généalogie imparfaite (son père était joueur et alcoolique), Percy Fawcett est envoyé en Bolivie, aux sources de l’Amazonie, par la Société royale géographique londonienne pour y pra­tiquer un relevé de frontières. L’expédition prend, au terme d’un voyage périlleux, une autre dimension.
Convaincu d’avoir trouvé les vestiges d’une civilisation perdue, se heurtant à l’incrédulité des autorités, Fawcett va tenter d’en apporter la preuve aux cours d’une seconde expédition qui, là encore, ne comblera pas ses attentes.
The Lost City of Z devient le récit d’une obsession dont la signification n’est sans doute pas tout entière réductible à la psychologie du personnage central. Car la quête de Fawcett va se nourrir de la frustration engendrée par l’inaboutissement autant qu’elle va bousculer les prescriptions de la société et de sa vie de ­famille ; celle-ci étant réduite aux moments que passe chez lui l’homme, entre deux expéditions, découvrant ses enfants grandis, se heurtant à l’insatisfaction d’une épouse cantonnée à la place que la société lui impose.

   


L’élégance du film de James Gray réside dans cette manière, unique, de faire ressentir les ­forces contradictoires qui entraînent le désir d’aventure et de savoir de Fawcett et s’y opposent tout autant. L’expression rentrée, voire coincée, des sentiments y souligne ­paradoxalement la mégalomanie d’un personnage espérant conjurer le sort de sa paternité honteuse et qui, pour cela, peut-être, entraînera son fils dans ce qui n’aura sans doute été (le doute demeurera) qu’un songe fatal.
On pourrait citer une lignée ­cinématographique pour définir The Lost City of Z : Stanley Kubrick pour la description de mécanismes abstraits qui meuvent les individus, David Lean pour le goût de l’épopée, Luchino Visconti pour cette in­telligence des forces sociales ­confrontées à la malédiction des liens du sang. Mais ce serait peut-être passer à côté de la singularité du travail de Gray, qui combine avec une subtilité inouïe toutes ces préoccupations.
The Lost City of Z, de James Gray. Avec Charlie Hunnam, Robert Pattinson (EU, 2016, 140 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Une génération avant les frères Lumière, un savant original, Louis Ducos du Hauron, mettait au point un procédé de production d’images basé sur la trichromie. Des chercheurs ont analysé ses clichés au synchrotron européen de Grenoble.
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Les premières photographies couleur révèlent leurs secrets

Une génération avant les frères Lumière, un savant original, Louis Ducos du Hauron, mettait au point un procédé de production d’images basé sur la trichromie. Des chercheurs ont analysé ses clichés au synchrotron européen de Grenoble.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 17h45
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Qui a inventé la photographie couleur ? La réponse commune en ­attribue la paternité aux frères ­Lumière. Et de fait, avec son procédé d’autochromie, le duo lyonnais a mis au point, en 1903, le premier dispositif commercialement viable d’image colorée. Une génération plus tôt, pourtant, un savant original nommé Louis Ducos du Hauron présentait, en 1869, devant la Société française de photographie, une méthode de reproduction d’images basée sur la trichromie. Une équipe de scientifiques et de conservateurs a entrepris d’analyser plusieurs de ses œuvres. Publié mardi 20 mars dans la prestigieuse revue Angewandte Chemie, leur article permet de mieux cerner cet esprit en perpétuelle quête d’innovation… au risque de sombrer dans l’extrême complexité.
Drôle d’oiseau, en vérité, que ce Louis Ducos du Hauron (1837-1920). Né à Langon (Gironde), grandi à Agen (Lot-et-Garonne) et élevé loin de l’école par des précepteurs, le jeune homme montre des talents multiples. La musique, d’abord, qui lui offrira son seul et provisoire métier : professeur de piano. Ses vraies passions sont pourtant ailleurs, dans le dessin et les sciences, plus exactement la physique et la chimie. Ainsi mettra-t-il au point, dès 1864, un dispositif d’images animées. Il proposera également, le premier, d’observer des images en trois dimensions grâce – déjà – à des ­lunettes avec un verre rouge et un autre vert.
Mais l’essentiel de ses efforts, le rêve de sa vie, est d’une autre portée. Il veut « forcer le soleil à peindre avec des couleurs toutes faites qu’on lui présente », comme il l’exprimera, en 1869, dans son premier ouvrage. Autrement dit, adapter les procédés inventés par Niépce et Daguerre pour la photographie noir et blanc afin de produire des images en couleur. Il y consacrera sa vie, d’abord entretenu par son père, collecteur des ­impôts indirects à Agen, puis par son frère, avocat devenu juge, qu’il suivra jusqu’à Alger et à Paris, au gré des postes occupés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Grande spécialiste des lettres russes et en particulier de la poètesse Marina Tsvetaeva, Véronique Lossky est morte à Paris, le 17 mars, à 87 ans.
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Mort de Véronique Lossky, auteure et traductrice

Grande spécialiste des lettres russes et en particulier de la poètesse Marina Tsvetaeva, Véronique Lossky est morte à Paris, le 17 mars, à 87 ans.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 16h59
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 17h43
    |

                            Elena Balzamo (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

C’était l’une des figures tutélaires du monde slavisant français. Véronique Lossky est morte le 17 mars, à l’âge de 87 ans, tandis que battait son plein le salon du livre de Paris dont le pays invité était la Russie. Coïncidence significative : c’est à ce pays, ou plus exactement à sa littérature, qu’elle avait consacré la majeure partie de sa vie. Ce choix professionnel découlait de ses inclinations, de ses études, mais aussi de ses racines familiales.
A l’automne 1922, parti de Petrograd, le « bateau des philosophes » emmenait vers l’exil plus de 150 personnes, la fine fleur de l’intelligentsia russe : hommes de science, écrivains, philosophes, expulsés sur l’ordre de Lénine en tant qu’éléments hostiles, voire nuisibles, à l’Etat soviétique. Parmi eux se trouvait le théologien orthodoxe Vladimir Lossky (1903-1958), futur beau-père de Véronique.
Chassés manu militari, dépouillés de leurs biens, ces expulsés ne furent autorisés à emporter que quelques vêtements. Pas d’argent ni de livres. Plusieurs d’entre eux vinrent grossir les rangs de la diaspora russe en France, dont les membres se comptaient déjà en dizaines de milliers. Ainsi naquit un milieu unique, littéralement saturé de culture : écoles, églises, conservatoires de musique, maisons d’édition, qui, malgré les inévitables conflits internes, œuvraient tous à un but commun, conserver la culture russe dans l’espoir de la « restituer » un jour à la patrie. On y comptait plusieurs écrivains de premier rang dont Ivan Bounine, Gaïto Gazdanov, Nina Berberova, ou encore Marina Tsvetaeva.
Fille d’exilés russes
C’est dans ce milieu que grandit Véronique Youdine-Belsky. Née en 1931 à Paris de parents émigrés, elle était la petite-fille d’un prêtre orthodoxe. Après une scolarité au lycée russe de Paris, elle suit des études à la Sorbonne, puis à Oxford, un parcours au cours duquel elle se spécialise en littérature et en histoire russes, ancienne et moderne. De sorte que, à la différence de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ A voir. Avec sa nouvelle série d’animation, France 4 entend sensibiliser les plus jeunes à ce registre musical (à 17 h 15).
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TV – « Max et Maestro » : quand le classique a droit de cité

A voir. Avec sa nouvelle série d’animation, France 4 entend sensibiliser les plus jeunes à ce registre musical (à 17 h 15).



Le Monde
 |    26.03.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 13h16
    |

                            Camille Langlade








                        


Série d’animation sur France 4 à 17 h 15

Du rap au classique, il n’y a qu’un pas. Max en fait l’expérience. Bassiste d’un groupe de hip-hop, Les Ninjas VNR, c’est un garçon populaire et apprécié dans la cité tranquille où il vit avec ses parents. A 11 ans, il jongle entre matchs de basket et concerts de rap.
Un jour, alors qu’il joue avec ses amis, le jeune garçon rencontre inopinément le Maestro, un vieil homme qui habite dans le grand manoir niché au milieu des barres d’immeubles. Tout le monde se méfie de ce « vieux fou » un peu toqué qui n’a cependant rien d’un détraqué. Il s’agit d’un chef d’orchestre de renommée internationale, à l’image de celui qui lui prête sa voix et son image : Daniel Barenboim. Max se découvre alors une passion et un talent certain pour le registre classique (et la musique en général). Petit bémol : cette nouvelle vocation doit rester secrète, car il ne tient pas à devenir la risée de la cité.
Et pour cause. Qui écoute cette musique de « vieux », de « croque-mort », comme la définissent les amis de Max ? Pas grand monde dans l’entourage du garçon, et sans doute parmi les téléspectateurs du programme diffusé dans la case des « Minikeums » de France 4. Sensibiliser les plus jeunes à la musique classique tout en parlant de leur quotidien : tel est le pari de la chaîne avec Max et Maestro.
« S’écouter les uns les autres »
Les enseignements que délivre le Maestro ont autant leur place sur une partition que dans la vie de Max, ce Billy Elliot de la cité. « S’écouter les uns les autres » : voilà un adage valable lors d’un concert tout comme dans un groupe d’amis. Aussi, qu’on soit d’humeur joyeuse ou morose, il suffit d’un rien pour changer de tonalité, ­passer du mode mineur au mode majeur. Chaque épisode propose ainsi une pratique musicale qui s’accorde à la vie de chacun.
La série offre un savant mélange de musique classique et de ­culture urbaine. Un peu comme dans La Haine, le filmde Mathieu Kassovitz, quand les punchlines de NTM se mêlent aux vibratos du Non, je ne regrette rien, d’Edith Piaf, sur les platines du DJ Cut Killer. Un « mix » que l’on retrouve ici dans la bande originale, signée par le rappeur Akhenaton, qui avait déjà participé à la musique de « Foot 2 rue », autre programme de France Télévisions aux tonalités rap.

   


Lors de la conférence de presse présentant cette série d’animation, Akhenaton a rappelé que le rap a toujours été lié à la musique classique, notamment grâce à la technique du sampling, qui permet de mêler tous les styles de musiques. « Les gens du classique ont le regret que leur musique ne soit pas connue ; nous, on aimerait que la nôtre soit reconnue », expliquait-il, tout en reconnaissant n’écouter de la « grande » musique que lorsqu’il veut sampler. Ce type de programme, selon lui, est nécessaire dans une période « où les gens sont placés dans des cases qu’il faut chercher à déconstruire ».
D’ailleurs, le propos de Max et Maestro n’est pas de cloisonner les deux styles musicaux. Au ­contraire, ils s’enrichissent à travers le personnage de Max, qui perçoit la complémentarité de ces genres communément présentés comme antithétiques.
« Il s’agit d’offrir à beaucoup d’enfants l’occasion de découvrir une musique qu’ils entendent très peu chez eux », résume Tiphaine de Raguenel, la directrice des programmes de France 4. Avec Max et Maestro, elle entend ainsi démocratiser un genre souvent qualifié d’élitiste en lui donnant une place de choix dans sa grille jeunesse.
Max et Maestro, réalisé par Christophe Pinto (52 × 11 min 30).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le film de Ryan Coogler, sorti en janvier aux Etats-Unis, est le plus tweeté de 2018.
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« Black Panther » prend le pouvoir sur Twitter

Le film de Ryan Coogler, sorti en janvier aux Etats-Unis, est le plus tweeté de 2018.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 12h58
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 14h48
   





                        


A la manière du héros qu’il met en scène – le roi du Wakanda et ses pouvoirs surhumains, interprété par Chadwick Boseman – le dernier film Marvel a pris le pouvoir sur Twitter et règne sans partage. Selon le réseau social, Black Panther (sorti en France en février) a remporté le titre de film le plus tweeté de tous les temps, détrônant au passage Star Wars.
Mentionné plus de 35 millions de fois, le film de Ryan Coogler qui porte à l’écran un superhéros populaire, noir et africain, a rassemblé sa communauté. Les communautés. La célébration de la négritude, de sa fierté et de son universalité, a dominé sous les hashtags #Wakanda, #WakandaForever, et bien sûr, #BlackPanther.
Preuve supplémentaire, s’il en fallait, que Black Panther, qui a bousculé les stéréotypes de genre et de « race », qui a suscité l’enthousiasme et l’excitation du public, bousculé la pop culture et réveillé les consciences, s’inscrit comme acteur des mutations des sociétés, en faveur de la diversité.
Le compteur des tweets a explosé notamment àla suite de celui du rappeur Kendrick Lamar qui y présentait la bande-son du film, et celui de Michelle Obama, qui félicitait l’équipe du film de jouer un rôle (si) important : encourager les gens à trouver le courage d’être les héros de leur propre histoire.

Black Panther The Album 2/9 https://t.co/MqhsEcj6iF— kendricklamar (@Kendrick Lamar)


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Congrats to the entire #blackpanther team! Because of you, young people will finally see superheroes that look like… https://t.co/mGf422Nu7k— MichelleObama (@Michelle Obama)


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ A 47 ans, l’éditeur et écrivain français prendra, le 4 avril, la tête de la maison. Pour ce PDG réservé, l’institution « doit avoir confiance dans son projet humaniste ».
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Hugues Jallon, un patron du Seuil résolument de gauche

A 47 ans, l’éditeur et écrivain français prendra, le 4 avril, la tête de la maison. Pour ce PDG réservé, l’institution « doit avoir confiance dans son projet humaniste ».



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 12h13
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

« J’aime les institutions », affirme Hugues Jallon, qui prend la tête, le 4 avril, de l’une des maisons les plus convoitées de l’édition française, Le Seuil. Celle-là même qui édite J. M. Coetze, Mo Yan, John Irving, Günther Grass (1927-2015), Patrick Deville ou Chantal Thomas. La maison a aussi publié les plus grands noms en sciences humaines, entre Roland Barthes (1915-1980), Paul Ricœur (1913-2005) ou Edgar Morin.
C’est chez l’éditeur encore que sont nées des collections mythiques comme « Tel quel », animée par Philippe Sollers, « Combats », voulue par Claude Durand (1938-2015), dans le tohu-bohu politico-intellectuel du début des années 1970, puis « Fiction & Cie », créée par Denis Roche (1937-2015), ou « La librairie du XXIe siècle », de Maurice Olender. Le Seuil est une véritable institution. Qui vient de changer d’actionnaire, depuis que le groupe belge Média-Participations a pris, en décembre 2017, le contrôle des éditions La Martinière, propriétaire du Seuil depuis 2004.
Succédant à Olivier Bétourné (66 ans), le nouveau président du Seuil et de ses filiales se revendique ouvertement de gauche. Dans le droit-fil de la maison. Hugues Jallon a fait le voyage avec les altermondialistes au sommet du G8, à Gênes, en 2001, a signé la pétition en faveur des mis en cause de Tarnac, en 2008, a apporté son soutien aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes…
Ce fils d’un médecin militaire et d’une artiste peintre quitte la présidence de La Découverte (Editis) – marquée à gauche, dans la continuité de son fondateur François Maspero – pour revenir dans une maison qu’il connaît bien. Hugues Jallon a en effet été directeur éditorial des sciences humaines et des documents au Seuil, entre 2010 et 2014. Il est habitué aux allers-retours, puisqu’il avait démarré à La Découverte en 1997. « J’étais convaincu qu’il reviendrait un jour », affirme Olivier Bétourné, qui, lui, rejoint le tout nouveau conseil d’administration du Seuil...




                        

                        

