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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Centrées sur les expériences positives, de nouvelles méthodes d’analyse peuvent aider à s’orienter vers le métier idéal. Avec des surprises à la clé.
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Carrière : identifier sa « zone d’excellence » professionnelle pour rebondir

Centrées sur les expériences positives, de nouvelles méthodes d’analyse peuvent aider à s’orienter vers le métier idéal. Avec des surprises à la clé.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 18h17
    |

                            Béatrice Madeline








                        



   


Après deux bébés et un séjour à l’étranger, Mandy souhaite démarrer une carrière professionnelle. Titulaire d’une licence en arts plastiques, elle n’a jamais travaillé et ne sait pas trop vers quoi s’orienter. « Je me suis demandé quelles compétences j’avais aujourd’hui », raconte la trentenaire. Pour les identifier, Mandy s’inscrit chez Switch Collective, une start-up qui accompagne les personnes en recherche d’emploi ou en transition.
« Le principe est qu’on reçoit un mail tous les jours avec un exercice à faire, qui permet de découvrir ou redécouvrir ses compétences. Ce que j’ai trouvé génial, c’est qu’on va chercher aussi bien dans la sphère professionnelle ou académique que la sphère personnelle. Par exemple, j’ai pris conscience de mes capacités d’adaptation et de ma détermination, acquis lors de mon expatriation », poursuit-elle.
La démarche de Switch Collective, comme celle conduite par le coach Joël Guillon, qui accompagne les gens vers leur « zone d’excellence », est très simple dans sa philosophie. « Identifier ses compétences, c’est identifier ses modes d’action, dont on n’est pas toujours conscient, analyse le consultant et formateur. Certaines tâches, pourtant rebutantes pour d’autres, ne vous demandent que peu d’efforts, vous semblent fluides, faciles, et vous les accomplissez même avec plaisir ? C’est là que résident vos compétences, celles qu’il faut mettre en avant. »
L’accompagnement pour se poser les bonnes questions
« Pour prendre conscience de ces compétences, il faut rechercher les moments les plus positifs que l’on a pu vivre dans sa vie et s’interroger : quelles étaient les aptitudes mises en œuvre à ce moment ? Pourquoi cela a-t-il tant de résonance pour moi ? », confirme Béatrice Moulin, cofondatrice de Switch.
« On a toujours le sentiment que ce qui est facile pour soi l’est pour tous – or, c’est loin d’être le cas. » Joël Guillon, formateur et consultant
Patricia, ancienne cadre dans le marketing, a découvert à sa grande surprise qu’elle n’était pas faite pour le coaching, comme elle le pensait, mais plutôt pour l’organisation – domaine où elle excelle y compris dans sa vie privée, où la moindre journée est naturellement planifiée. Elle songe désormais à devenir consultante en organisation auprès des entreprises et sait que cette compétence lui permettra de faire la différence sur le marché du travail.
Pour mener cette démarche, mieux vaut ne pas rester seul. L’accompagnement permet de se poser les bonnes questions et de bénéficier du regard et de l’étonnement des autres. « On a toujours le sentiment que ce qui est facile pour soi l’est pour tous – or, c’est loin d’être le cas », souligne le consultant Joël Guillon.
Se sentir enfin légitime
Laurent, 22 ans, mal à l’aise dans le système scolaire, rêvait de devenir pompier professionnel. En racontant ses expériences « positives » de vie aux autres membres du groupe, une nouvelle image de lui-même est apparue. Certes, il n’est pas « scolaire », mais il est doué pour appréhender l’information visuellement, sans notes, évaluer une situation d’un coup d’œil, et il a le geste sûr. Les compétences idéales pour intégrer la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, ce qu’il a fait en se sentant – enfin – légitime.
Gilles, lui, en transition professionnelle, a découvert qu’il s’était quelque peu fourvoyé : « J’ai compris que mon truc n’est pas d’être expert dans un domaine, mais plutôt de faire en sorte que les gens travaillent ensemble – ce qui m’a fait gagner beaucoup de temps dans mes recherches. » Gilles a aujourd’hui trouvé un nouveau poste où il est heureux et a le sentiment d’avoir « augmenté [sa] valeur » sur le marché du travail.
Un MOOC pour lister ses points forts
Si l’on ne peut être accompagné par un professionnel, une démarche toute simple et gratuite consiste à interroger ses amis, sa famille ou ses collègues (bienveillants, de préférence !) avec cette question toute simple : « Et toi, quelles sont les qualités que tu apprécies chez moi ? Quels talents me reconnais-tu ? »
Pour accompagner les demandeurs d’emploi dans cette démarche, Pôle emploi a mis en place un certain nombre de prestations. Dès leur inscription, les personnes sont invitées à identifier leurs compétences dans un référentiel de métiers, aidées par leurs conseillers et éventuellement des psychologues du travail.
Un MOOC est ensuite disponible en ligne, sur Emploi store. Très simple d’accès et ponctué d’exercices pratiques, il permet en quatre séquences d’une vingtaine de minutes chacune de dresser une liste de ses points forts. Par exemple, le goût pour l’organisation et le sens du contact, qui pour un jeune avec une formation de guide touristique peuvent être de précieux atouts dans d’autres métiers. Enfin, les conseillers peuvent proposer des ateliers de groupe dans certaines agences.
Cet article fait partie d’un dossier réalisé dans le cadre d’un partenariat avec Pôle emploi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Les arguments du fabricant d’imprimantes ne sont pas jugés recevables par l’association Halte à l’obsolescence programmée.
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Obsolescence programmée : HOP réplique à Epson

Les arguments du fabricant d’imprimantes ne sont pas jugés recevables par l’association Halte à l’obsolescence programmée.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 18h16
    |

            Vincent Fagot








                        


HOP a décidé de saisir la balle au bond. Alors que le fabricant d’imprimantes Epson, soupçonné de pratiquer l’obsolescence programmée, a commencé à esquisser sa ligne de défense, l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP) estime que les arguments avancés ne tiennent pas la route.

        Lire aussi :
         

                Obsolescence programmée : le fabricant d’imprimantes Epson livre sa défense



HOP a déposé plainte en septembre 2017 contre le fabricant japonais, l’accusant de réduire volontairement la durée de vie de ses cartouches d’encre : celles-ci sont déclarées vides par la machine – bloquant par là même l’appareil –, alors qu’elles contiendraient encore de 20 % à 50 % d’encre. A la suite de cette plainte, le tribunal de Nanterre a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire.
Pour sa défense, Epson explique que l’encre conservée dans la cartouche doit préserver la tête d’impression par laquelle l’encre est projetée : si de l’air s’y introduit, la pièce peut être endommagée. Mais selon HOP, qui a procédé à ses propres tests, les premières dégradations n’interviendraient qu’après une quinzaine d’« impressions » avec des cartouches complètement vides, explique Me Emile Meunier, avocat de l’association. Alors pourquoi gâcher une telle proportion d’encre dans les cartouches ?
Information méconnue
Epson admet également que ses imprimantes sont bloquées quand le tampon absorbeur – qui recueille les projections d’encre – est déclaré plein, mais rétorque que le remplacement de la pièce est gratuit sur les modèles où celui-ci n’est pas amovible par le client. Même si c’est bien le cas, HOP estime que cette information est méconnue de la plupart des consommateurs, et également des réparateurs qu’elle a pu consulter.
HOP a déjà pu développer ses arguments devant la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) chargée de cette enquête, qui est appelée à durer encore des mois. Le délit d’obsolescence programmée est passible depuis son inscription en juillet 2015 dans le code de la consommation d’une peine de prison de deux ans et de 300 000 euros d’amende.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ La haut-commissaire à la transformation des compétences auprès de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, détaille la mission qui lui est confiée.
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Estelle Sauvat : « Il faut doter chaque citoyen des compétences nécessaires pour trouver un emploi »

La haut-commissaire à la transformation des compétences auprès de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, détaille la mission qui lui est confiée.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 18h12
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 18h20
    |

                            Nadine Bayle








                        


Estelle Sauvat a été nommée, en novembre, haut-commissaire à la transformation des compétences auprès de Muriel Pénicaud, la ministre du travail, afin de mieux répondre aux mutations du monde professionnel.
Certaines entreprises ont du mal à recruter alors que le taux de chômage frôle les 9 %. Cela tient-il à un déficit de compétences ou à la façon de rapprocher offre et demande ?
Nous sommes en effet face à un paradoxe. Avec la croissance qui repart, les employeurs expriment un besoin en recrutement immédiat, notamment dans des secteurs spécifiques. Entre 200 000 et 300 000 projets de recrutement ont été abandonnés faute de candidats avec les compétences adéquates.
Au-delà du manque de compétences, d’autres facteurs interviennent comme le « manque d’attractivité du poste proposé » (77 % des cas), mais aussi « le manque d’expérience, de compétences ou de motivation » des candidats (près de 70 %).
L’an dernier, la France a créé 268 000 emplois. Nous devons saisir cette opportunité pour doter chaque citoyen des compétences qui lui permettront de trouver un emploi et de rebondir. C’est tout l’enjeu du Plan d’investissement dans les compétences (PIC). Une action spécifique sera conduite pour apporter un ensemble de réponses coordonnées entre l’Etat, les régions et les secteurs concernés.
Que faut-il faire ?
Sans perdre de vue les compétences techniques dont la France a besoin à court et moyen terme, il faut sécuriser les compétences relationnelles – plus transversales et moins attachées aux métiers –, qui sont de plus en plus valorisées par les entreprises. Elles dénotent notamment votre capacité à comprendre les règles et la culture d’une entreprise, à vous adapter à son environnement ou à travailler avec d’autres, à l’ère du collaboratif. Et elles sont valables tout au long de la carrière : elles facilitent aussi la mobilité professionnelle.
Comment inclure les plus fragiles ?
Le PIC, dont j’ai la responsabilité auprès de Muriel Pénicaud, représente un effort inédit de 15 milliards d’euros pour former deux millions de jeunes et demandeurs d’emploi sans diplôme, à travers des parcours personnalisés, adaptés à chacun. Avec les régions, Pôle emploi et les Missions locales, l’enjeu sera d’identifier des personnes qui n’étaient pas repérées jusqu’ici et de les aider à maîtriser les codes de l’entreprise et du numérique. Pôle emploi proposera aussi des ateliers sur les compétences comportementales, ou soft skills (« compétences douces »), à partir de septembre prochain. Nous annoncerons les prochaines étapes du Plan d’investissement dans les compétences au mois d’avril.

        Lire aussi :
         

                Assurance-chômage, formation professionnelle, apprentissage : ce que contient le projet de loi



Comment mesurer ces compétences transversales ?
Nous travaillons sur un référentiel commun de compétences transversales : quelles sont-elles, quand sont-elles acquises et validées ? Avec, à la clé, leur reconnaissance pour qu’elles puissent être valorisées et reconnues au même titre que les compétences génériques, c’est en cela qu’elles constitueront un levier de l’évolution professionnelle.
Tout l’enjeu est de mettre en place des blocs de compétences, intégrant également ces soft skills – encore insuffisamment reconnues en France, à la différence des pays anglo-saxons –, pour pouvoir les embarquer dans le compte personnel de formation. Avec l’application que nous préparons, chacun pourra choisir de façon simple et transparente ses formations.
Comment anticiper la transformation des emplois à l’heure du numérique ?
C’est un autre grand chantier du PIC. Il consiste à se doter d’une « longue-vue » pour identifier les compétences émergentes. Cela passe par la mise en place d’outils de collecte et d’analyse en temps réel qui utilisent les dernières technologies du big data et de l’intelligence artificielle. Ils scruteront les offres déposées par les entreprises mais aussi les nouvelles sémantiques de leurs pages carrières, riches en enseignements sur les nouvelles compétences qu’elles attendent.
L’idée est de décrypter les dynamiques et les tendances, par filières et secteurs, y compris les signaux faibles qui pourraient se transformer en signaux forts. A partir de ces prévisions, on doit définir les champs dans lesquels la France a besoin de former ou pas, ou de se reconvertir.
Avez-vous quelques exemples ?
Avec le passage du Wi-Fi au Li-Fi, l’Internet par la lumière, la profession d’éclairagiste doit se préparer à renforcer ses compétences sur le terrain du numérique. En outre, au rythme du développement des « villes intelligentes » et de l’émergence des objets connectés, qui pénètrent de plus en plus de foyers, on peut estimer à plusieurs milliers le nombre de spécialistes qu’il faudra former d’ici à deux à quatre ans sur tout le territoire pour accompagner cette transformation inédite.
Cet article fait partie d’un dossier réalisé dans le cadre d’un partenariat avec Pôle emploi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ « Le Monde » s’est procuré le texte envoyé pour avis au Conseil d’Etat. Le texte, qui compte 65 articles, modifie les sanctions applicables aux demandeurs d’emploi.
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Assurance-chômage, formation professionnelle, apprentissage : ce que contient le projet de loi

« Le Monde » s’est procuré le texte envoyé pour avis au Conseil d’Etat. Le texte, qui compte 65 articles, modifie les sanctions applicables aux demandeurs d’emploi.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 16h21
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 16h34
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Notre économie est confrontée à des « transformations majeures » qui « requièrent de refonder une grande partie de notre modèle de protection sociale ». C’est pourquoi le gouvernement veut transformer en profondeur trois dispositifs essentiels – l’assurance-chômage, la formation continue et l’apprentissage – dans le but d’accorder de « nouveaux droits aux personnes » et de « renforcer l’investissement des entreprises dans les compétences de leurs salariés ». Tels sont les objectifs du projet de loi qui vient d’être envoyé pour avis au Conseil d’Etat et que Le Monde s’est procuré.
Ce texte, qui comporte 65 articles développés sur une centaine de pages, affiche un intitulé conforme à celui qu’avait évoqué la ministre du travail, Muriel Pénicaud, lors d’une conférence de presse, début mars : « Projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel ». Il reprend – évidemment – les principales annonces faites au cours des dernières semaines par l’exécutif sur la formation des apprentis et des autres catégories d’actifs, ainsi que sur la couverture des demandeurs d’emplois. Il recèle également des dispositions qui n’étaient pas toutes connues sur d’autres thématiques : lutte contre le travail illégal et la fraude au détachement, emploi des handicapés, promotion de l’égalité professionnelle.
De nouvelles règles sont, enfin, prévues pour encourager la mobilité des fonctionnaires – ce qui constitue une petite surprise. Après la réécriture du code du travail, qui vise à octroyer plus de flexibilité aux entreprises, ce projet de loi est présenté comme un acte II des réformes sociales, davantage tourné vers la sécurisation des personnes, l’idée étant d’inventer une « flexisécurité » à la française.
Assurance-chômage
Très attendu, ce volet du texte affiche comme objectif de « garantir une assurance-chômage plus universelle et plus juste ». Promesse emblématique d’Emmanuel Macron pendant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ La députée LRM a évoqué, le 22 mars, la possibilité de « tirer » en cas d’intrusion dans une centrale nucléaire, sans chercher à savoir s’il s’agit d’un acte terroriste ou de militants écologistes. Greenpeace a porté plaine pour incitation au meurtre.
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<filnamedate="20180327"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180327"><AAMMJJHH="2018032719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Pascal Canfin, directeur de WWF France, plaide dans une tribune au « Monde » pour qu’une partie du budget militaire finance l’adaptation des pays du Sud au changement climatique, facteur majeur de déstabilisation et d’insécurité.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Défense : « Il y a davantage de réfugiés climatiques que de réfugiés liés aux conflits dans le monde »

Pascal Canfin, directeur de WWF France, plaide dans une tribune au « Monde » pour qu’une partie du budget militaire finance l’adaptation des pays du Sud au changement climatique, facteur majeur de déstabilisation et d’insécurité.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 14h00
    |

Pascal Canfin (Directeur général du WWF France (Fonds mondial pour la nature) et ancien ministre délégué au développement (2012-2014)







                        



                                


                            
Tribune. La loi de programmation militaire doit être votée mardi 27 mars à l’Assemblée nationale. Dans quelques semaines, ce sera au tour de la loi asile et immigration. Dans les deux cas, le gouvernement fait l’impasse sur l’un des bouleversements majeurs de notre époque : les conséquences du changement climatique sur la sécurité et la stabilité mondiales.
Le premier droit de chaque être humain est de pouvoir vivre en paix chez soi
Les rapports annuels du Conseil norvégien pour les réfugiés montrent, depuis plusieurs années, qu’il y a davantage de réfugiés climatiques que de réfugiés liés aux conflits dans le monde. Et ce n’est que le début : l’ONU prévoit 250 millions de réfugiés climatiques dans le monde en 2050, et d’autres rapports évoquent même le chiffre de un milliard !
Le premier droit de chaque être humain est de pouvoir vivre en paix chez soi. Or le dérèglement climatique que nous connaissons remet en cause ce droit, et il est totalement illusoire de penser que cela va s’arrêter demain puisque nous ne subissons aujourd’hui que les tous premiers impacts de ce dérèglement.
Plutôt que de nier cette réalité, le gouvernement devrait tout mettre en œuvre pour la gérer au mieux. Aucun mur, aucune déclaration, même martiale, de quelque ministre de l’intérieur que ce soit, n’y viendra à bout. En revanche, en aidant les pays et les communautés les plus vulnérables à s’adapter, on leur offre l’opportunité de modérer les conséquences déstabilisatrices du choc climatique. Et il est difficile de prétendre que nous manquons de moyens financiers quand la loi de programmation militaire 2019 - 2024 prévoit de consacrer 295 milliards d’euros à la défense et d’augmenter de plusieurs milliards d’euros les crédits accordés à la dissuasion nucléaire (37 milliards entre 2019 et 2025 !).
Financer l’adaptation au changement climatique
Dans son rapport 3S (soutenabilité, stabilité, sécurité, lien vers PDF), le World Wife Fund for Nature...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Jean-Michel Jacques, vice-président de la commission de la défense à l’Assemblée nationale, dénonce, dans une tribune au « Monde », la lenteur des procédures qui empêche l’acquisition rapide de matériel moderne.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Défense : « Nos armées doivent acquérir plus rapidement leurs équipements opérationnels »

Jean-Michel Jacques, vice-président de la commission de la défense à l’Assemblée nationale, dénonce, dans une tribune au « Monde », la lenteur des procédures qui empêche l’acquisition rapide de matériel moderne.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 14h00
    |

Jean-Michel Jacques (Député (LRM) du Morbihan, vice-président de la commission de la défense nationale et des forces armées)







                        



                                


                            
Tribune. Lors de la bataille de Mossoul, Daech utilisait des petits drones piégés pour attaquer nos soldats. Les terroristes jouissaient d’une telle capacité d’adaptation que leurs drones étaient renouvelés deux à trois fois par mois, pour devenir plus meurtriers. Mais pour un régiment français, les procédures d’acquisition de matériel sont si lourdes qu’obtenir un simple drone d’observation peut prendre six mois en procédure accélérée, et jusqu’à trois ans en procédure classique. Un temps déraisonnable face à la réactivité de nos ennemis. C’est insupportable. Il est impératif de raccourcir les délais d’acquisition afin d’assurer la performance de l’équipement de nos soldats et de mieux les protéger.
La loi de programmation militaire 2019-2025 consacre la remontée budgétaire de nos armées. C’est un choix politique fort. Néanmoins, nul ne peut s’enfermer dans une logique strictement budgétaire. A l’heure de la rationalisation des dépenses de l’Etat, l’efficience de chaque euro dépensé doit être maximale. Il faut donc en finir avec les lourdeurs procédurales d’un autre temps qui altèrent la réactivité opérationnelle de nos armées.
Les procédures en vigueur engendrent des surcoûts évitables et une perte de réactivité, non seulement pour les armées mais également pour la Direction générale de l’armement (DGA), qui régit les programmes d’équipement des forces.
Une inertie inacceptable
La DGA est essentielle pour notre outil de défense, mais elle doit pouvoir se concentrer sur son cœur de métier : la direction des grands programmes d’armement comme le programme « Scorpion » de modernisation des capacités de combat des groupements tactiques de l’armée de terre. Elle assure notre autonomie stratégique et protège notre industrie de défense. Elle n’est pas une centrale d’achat, mais un véritable maître d’ouvrage pour des programmes complexes.
Aujourd’hui, trop souvent nos soldats manquent d’équipements opérationnels de qualité qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Pour le chercheur Alexis Nicolay, dans une tribune au « Monde », si l’industrie de l’armement est un fournisseur, elle doit aussi se transformer en prestataire des armées.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Défense : « Les industriels français doivent répondre à l’évolution des réalités opérationnelles des ­armées »

Pour le chercheur Alexis Nicolay, dans une tribune au « Monde », si l’industrie de l’armement est un fournisseur, elle doit aussi se transformer en prestataire des armées.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 14h30
    |

Alexis Nicolay (Docteur en gestion et chercheur associé au centre de recherche en gestion de l’Ecole polytechnique (i3-CRG)







                        



                                


                            
Tribune. Les mots n’ont pas manqué pour qualifier le budget de la défense sur la période 2019-2024, qui devait être voté mardi 27 mars à l’Assemblée nationale avant de poursuivre son parcours législatif. Un effort « colossal » ou « inédit », « la fin de l’érosion des armées », « le début de la régénération des forces » : près de 300 milliards d’euros. Remplacement du porte-avions, renouvellement de la dissuasion, augmentation des effectifs… les idées ne manquent pas pour les mettre à profit.
aujourd’hui, le potentiel militaire répond à des menaces diverses, diffuses, aussi bien hors de nos frontières que sur le territoire national ou dans le cyberespace
Cet effort inédit était nécessaire : les armées ont atteint, et souvent dépassé, les limites de leurs capacités dans un contexte sécuritaire toujours plus instable. Pourtant, au-delà des moyens de remplacer ici ou d’améliorer là, c’est à une rupture majeure que doit faire face l’écosystème de la défense. Alors que s’est déjà largement affirmée, dans des secteurs comme la mobilité ou l’énergie, le concept de service, celui-ci émerge désormais aussi dans le domaine de la défense (en anglais, on parle de defense as a service, « la ­défense comme service »).
Aux fondements de cette émergence, il y a un constat : face à l’évolution des menaces, l’armée d’aujourd’hui agit au moins autant qu’elle se prépare. Il n’en a pas toujours été ainsi. Dans l’entre-deux-guerres, face à la menace allemande, on construit la ligne Maginot. Durant la guerre froide, face aux divisions blindées soviétiques, la France développe le char Leclerc. Les périodes de paix permettaient aux armées de se régénérer en prévision des périodes de crise.
Mais aujourd’hui, le potentiel militaire a vocation à servir quotidiennement. Il répond à des menaces diverses, diffuses, aussi bien hors de nos frontières que sur le territoire national ou dans le cyberespace. La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ En 2017, 300 films ont été tournés dans l’Hexagone, c’est 6 % de plus que l’année précédente, selon l’étude annuelle du CNC.
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Cinq chiffres pour tout savoir de la production cinématographique française

En 2017, 300 films ont été tournés dans l’Hexagone, c’est 6 % de plus que l’année précédente, selon l’étude annuelle du CNC.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 16h56
    |

            Nicole Vulser








                        



   


Mardi 27 mars, le Centre national de la cinématographie et de l’image animée (CNC) a publié son étude annuelle sur le cinéma français. De loin, l’enquête démontre, selon les termes des auteurs d’une « stabilité » entre 2016 et 2017. Un constat s’appuyant sur le chiffre global de la production dans l’Hexagone. Mais en zoomant sur certains points, l’image se fait plus contrastée.
300 films produits en 2017 dans l’Hexagone
L’an dernier, il s’est produit 300 films en France. C’est 6 % de plus qu’en 2016. Sur ce total, 222 films étaient d’initiative française, c’est-à-dire avec une majorité de financement français. Les autres avaient un financement majoritairement étranger. Toutes ces œuvres représentent un investissement total de 1,32 milliard d’euros (– 4,4 % par rapport à 2016).
1,08 milliard d’euros investi dans la production française
Les investissements réalisés dans la production d’initiative française ont baissé en 2017 de 9,9 %, à 1,08 milliard d’euros. Ceci s’explique, selon le jargon statistique par un effet de base défavorable. En effet, 2016 a été marquée par la production de deux longs-métrages à méga budgets : Valérian et la Cité des mille planètes de Luc Besson (197,4 millions d’euros) et The Lake de Steven Quale (66 millions d’euros). A titre de comparaison en 2017, le film d’initiative française le plus coûteux, toujours signé Luc Besson, Anna (qui n’est pas encore sorti), ne s’élève « qu’à » 30,69 millions d’euros. Il est suivi par Santa & Cie d’Alain Chabat (28,3 millions) et La ch’tite famille de Dany Boon (26,8 millions).

« La Ch’tite Famille » remplit les salles

   


Boudée par l’Académie des Césars, la comédie est un genre cinématographique qui plaît au public, comme en témoignent les chiffres cumulés des entrées en salle publiés par Ecran total. Pour la période du mercredi 28 février au dimanche 4 mars, c’est le nouveau film de et avec Dany Boon, La Ch’ tite Famille, qui a attiré le plus de monde, réunissant plus de 2 millions de spectateurs pour une distribution sur 843 écrans. Les Tuche 3, d’Olivier Barroux, sorti il y a cinq semaines, continue sur la voie du succès public avec un total de 5,3 millions de spectateurs sur 639 écrans.

        Lire aussi le reportage :
         

          Séance en ch’tite famille à Saint-Omer



Triomphe mondial, Black Panther avec ses super-héros noirs séduit aussi les cinéphiles de l’Hexagone : en trois semaines d’exploitation, le film de Ryan Coogler y a été vu par 2,4 millions de spectateurs. Quant au grand gagnant des Oscars 2018, le film fantastique de Guillermo del Toro, La Forme de l’eau, il n’a pour l’instant attiré qu’un peu plus d’un demi million de spectateurs en deux semaines. Parions que les quatre statuettes remportées dimanche donneront un coup de pouce à sa carrière.

        Lire le récit :
         

          « Black Panther » bouscule les schémas hollywoodiens





49 films dont le budget était supérieur à 7 millions d’euros
C’est le nombre de films produits en 2017 dont le budget était supérieur à 7 millions d’euros. C’est neuf de plus qu’en 2016. Le CNC dénombre également 49 œuvres dont le budget est compris entre 4 et 7 millions. Dans cette catégorie figurent par exemple Un autre monde de Stéphane Brizé, Les Estivants de Valeria Bruni Tedeschi ou Place Publique d’Agnès Jaoui. Tous trois sont attendus en salles cette année. Le devis moyen des films d’initiative française s’établit à 4,9 millions d’euros.
72 premiers films
C’est le nombre de premiers films produits en 2017 sur les 222 œuvres d’initiatives françaises, soit près d’un tiers. Signe d’une réelle diversité, il s’est produit l’an dernier 43 films documentaires, 5 films d’animation, des films de genre, des biopics réinventés comme Barbara de Mathieu Amalric… Autre caractéristique : le nombre de coproductions internationales reste très élevé (à 123 films). Ces partenariats incluent 48 pays différents et ont permis de tourner The man who killed Don Quixote de Terry Gilliam ou Submergence de Wim Wenders, qui sortiront cette année.
363,3 millions investis par les chaînes de télévision dans les films agréés par le CNC
Les investissements des chaînes de télévision dans les films agréés par le CNC ont crû de 15,3 %, à 363,3 millions d’euros. Une manne répartie entre 193 films. Obligé d’investir dans le cinéma au prorata de son chiffre d’affaires, Canal + qui fut longtemps « le » banquier du cinéma, voit sa part s’amenuiser au fil des années mais conserve, si on y ajoute sa filiale Ciné +, une place prépondérante (173,5 millions d’euros d’investissements dans le septième art soit près la moitié du financement total des chaînes). Si TF1 ou M6 investissement surtout dans des films à devis élevé, les chaînes publiques choisissent des longs-métrages plus variés. Le nombre de films non financés par les télévisions a diminué l’an dernier mais représente toujours 107 longs-métrages agréés. Souvent des premiers films à petit budget.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ La Commission européenne somme le réseau social d’expliquer comment 50 millions de données d’utilisateurs ont été piratées par Cambridge Analytica
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Marck Zuckerberg ne souhaite pas se présenter devant la commission parlementaire britannique

La Commission européenne somme le réseau social d’expliquer comment 50 millions de données d’utilisateurs ont été piratées par Cambridge Analytica



Le Monde
 |    27.03.2018 à 12h38
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 13h35
   





                        


Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, ne souhaite pas se présenter devant la commission parlementaire britannique qui veut l’interroger sur le détournement de données personnelles de près de 50 millions d’utilisateurs, et il propose d’envoyer l’un de ses adjoints à sa place, selon un courrier dévoilé mardi 27 mars en Grande-Bretagne.
Les députés britanniques ont immédiatement refusé cette proposition. Le président de la commission sur le numérique, la culture et les médias, Damian Collins, a estimé qu’il était « approprié » qu’il vienne s’expliquer lui-même, au vu de la gravité des accusations.
Facebook est dans la tempête depuis les révélations sur les pratiques de la société Cambridge Analytica (CA), accusée d’avoir récupéré à leur insu les données de 50 millions d’utilisateurs du groupe californien et de les avoir utilisées pour appuyer la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016. « Nous pouvons maintenant confirmer qu’environ 1 % des téléchargements mondiaux de l’application proviennent d’utilisateurs dans l’UE, dont le Royaume-Uni », a d’ailleurs précisé mardi Facebook.
Le lanceur d’alerte Chris Wylie invité par la commission
La responsable de la politique publique de Facebook au Royaume-Uni, Rebecca Stimson, a dit aux parlementaires que « M. Zuckerberg a[vait] personnellement demandé à un de ses adjoints de se rendre disponible pour témoigner en personne devant la Commission ». Elle ajoute que le directeur technique Mike Schroepfer ou le responsable produit Chris Cox pourraient être présents « directement » après la suspension des travaux parlementaires de Pâques, soit le 16 avril au plus tôt.
« Nous serions très heureux d’inviter M. Cox à témoigner », a déclaré M. Collins au début d’une séance de sa commission, dont l’invité est le lanceur d’alerte Chris Wylie, ancien directeur de recherche de Cambridge Analytica. « Toutefois nous voudrions toujours entendre M. Zuckerberg également », a-t-il ajouté, précisant qu’il pouvait témoigner « en personne » ou « en visioconférence, si c’est plus pratique pour lui ».
De son côté, la Commission européenne a demandé à Facebook d’apporter des réponses « dans les deux prochaines semaines » aux questions soulevées par le scandale, afin de savoir notamment si les données personnelles d’Européens ont été touchées.
L’exécutif européen souhaite également que le réseau social l’informe des mesures qu’il envisage de prendre. « Je vous écris pour mieux comprendre comment les données d’utilisateurs de Facebook, y compris potentiellement celles de citoyens de l’UE, sont tombées dans les mains de tierces parties à leur insu et sans leur consentement », a écrit la commissaire à la justice européenne, Vera Jourova, dans un courrier adressé au numéro deux de Facebook, Sheryl Sandberg.

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                Affaire Facebook-Cambridge Analytica : le lanceur d’alerte s’explique






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Avec ces projets représentant huit milliards d’euros d’investissements, le groupe français espère devenir leadeur européen du secteur d’ici à 2035.
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EDF annonce un grand plan de stockage électrique

Avec ces projets représentant huit milliards d’euros d’investissements, le groupe français espère devenir leadeur européen du secteur d’ici à 2035.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 13h55
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


Après avoir annoncé, en décembre, un investissement massif dans le développement du solaire, EDF accélère dans les énergies renouvelables. Le groupe français a présenté, mardi 27 mars, un plan de stockage électrique d’envergure, avec l’objectif de devenir le leadeur européen du secteur à l’horizon 2035. Un ensemble de projets représentant 8 milliards d’euros d’investissements sur la période 2018-2035.
L’enjeu est crucial : dans de nombreux pays, pour diminuer les gaz à effet de serre, la production électrique provient de plus en plus d’énergies renouvelables, notamment les éoliennes et les panneaux solaires. La capacité à conserver l’électricité produite lorsque le vent souffle ou le soleil brille, afin de pouvoir la réinjecter sur le réseau lorsque les besoins sont plus importants, est donc déterminante pour la stabilité du réseau électrique.
La logique est assez simple : il s’agit de stocker l’électricité lorsqu’elle est abondante et peu chère pour la réutiliser lors des pics de consommation. Jusqu’ici, la manière la plus efficace était d’utiliser les barrages hydroélectriques. Plus spécifiquement, les stations de transfert d’énergie par pompage (STEP), qui permettent de pomper de l’eau lorsque l’électricité est peu chère et d’en produire selon les besoins.
Une giga-batterie de secours
Mais, depuis cinq ans, c’est dans le domaine des batteries que se joue la bataille technologique et économique au niveau international. Même si les voitures électriques représentent aujourd’hui moins de 1 % des véhicules circulant dans le monde, les constructeurs automobiles anticipent tous un virage massif vers l’électrique. Cette tendance a entraîné une course à l’innovation, qui porte soit sur l’amélioration de technologies existantes (comme le lithium-ion), soit sur de nouveaux procédés.

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                Les batteries au lithium bouleversent des pans entiers de l’industrie



C’est précisément ce qu’entend faire EDF avec son plan de stockage. Au niveau international, le groupe français veut pouvoir équiper de batteries des réseaux électriques dont la production est parfois insuffisante. Une giga-batterie de secours, en quelque sorte.
C’est, par exemple, ce type d’installation que Tesla a mis en place pour 31 millions d’euros dans l’Etat australien de l’Australie-Méridionale, en novembre, en lien avec un parc éolien opéré par le groupe français Neoen. Ce système peut prendre le relais pendant trois heures en cas d’absence de vent, afin de limiter les coupures.
« Lisser l’intermittence des énergies renouvelables »
Ce type de dispositif devrait représenter l’essentiel en matière d’investissements pour le groupe EDF dans le cadre du plan de stockage. L’électricien n’investira pas lui-même sur ses fonds propres, mais s’appuiera sur des partenaires industriels et financiers, comme il le fait déjà dans le secteur des énergies renouvelables, avec sa filiale EDF Energies nouvelles (EDF EN). Comme dans le secteur des renouvelables, l’essentiel de ces investissements devrait être réalisé hors de France.
« Les progrès significatifs qui ont été réalisés en matière de stockage permettent de lisser l’intermittence des énergies renouvelables et de les rendre plus pilotables », explique au Monde le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy.
C’est notamment la baisse spectaculaire du coût des batteries qui permet d’accompagner un tel développement. Leur prix a diminué de 80 % entre 2010 et 2017, selon une étude du cabinet Bloomberg New Energy Finance, et pourrait encore reculer de manière radicale dans les prochaines années. Mais l’usage de métaux rares, la domination chinoise sur le marché et la compétition internationale font peser des risques sur ce segment en plein développement.
« Une vraie attente sociale pour l’autoconsommation »
Un autre volet du plan devrait, lui, concerner plus directement la France : EDF veut consacrer près de 40 % de son effort au marché des clients particuliers, des entreprises et des collectivités qui produisent eux-mêmes de l’électricité et souhaitent pouvoir la stocker. « Il y a une vraie attente sociale pour l’autoconsommation », note M. Lévy.
L’idée est de proposer à celles et ceux qui possèdent déjà des panneaux photovoltaïques sur leur toit de se doter d’une batterie, qui pourrait ensuite être couplée de manière intelligente avec un véhicule électrique. Un dispositif encore complexe à mettre en œuvre aujourd’hui : la réglementation française encourage plutôt la revente de l’électricité produite par les particuliers que le stockage.
Cette annonce d’EDF intervient dans un contexte particulier : le débat public sur la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) doit dessiner la feuille de route énergétique de la France, en particulier la trajectoire de développement des énergies renouvelables et de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité.
« Urgence climatique »
En se faisant, par son plan solaire et son plan de stockage électrique, le chantre de la transition énergétique, EDF cherche à répondre à la demande expresse de Nicolas Hulot. Ces derniers mois, le ministre de la transition écologique et solidaire a appelé plusieurs fois le groupe, détenu à 83 % par l’Etat, à s’engager plus fermement dans les énergies renouvelables. « L’urgence climatique nous impose de trouver des solutions industrielles et compétitives », assure le patron d’EDF.
Mais c’est aussi l’occasion pour EDF de ne pas laisser passer le train des batteries. Alors que de nouveaux acteurs, venus de l’industrie automobile ou du numérique, s’emparent du dossier, le groupe français veut montrer qu’il conserve toute sa place dans le secteur. Dans le cadre de son plan, il a d’ailleurs décidé de doubler ses efforts de recherche et développement sur le sujet pour passer à 70 millions d’euros sur la période 2018-2020.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Critiqué dans le scandale Cambridge Analytica, le réseau social est confronté à un mouvement de défiance de la part d’utilisateurs.
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Quitter Facebook, un « grand saut dans le vide » au risque de « se couper du monde »

Critiqué dans le scandale Cambridge Analytica, le réseau social est confronté à un mouvement de défiance de la part d’utilisateurs.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 12h11
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 13h32
    |

            Charlotte Chabas








                        



                                


                            

Au début, c’était « tout feu tout flamme ». Une inscription « comme une évidence » pour Thomas D., 23 ans à l’époque, de retour d’un Erasmus d’un an à Madrid. « Garder contact avec ses amis éparpillés dans le monde, abolir les frontières du temps et de l’espace », voilà la promesse faite en 2008 par Facebook pour ce « grand timide » qui n’aurait « jamais osé écrire des mails pour demander des nouvelles ».
« Tout était plus simple que dans la vie réelle », raconte Thomas D., qui, dix ans plus tard, est devenu commercial pour une entreprise textile. A l’arrêt de bus, entre deux rendez-vous ou à la pause déjeuner…, « je passais au moins trois heures par jour à regarder les liens sociaux se créer », dit le trentenaire, qui s’autodiagnostique « une addiction, c’est sûr ».
Ce sentiment de « facilité sociale » s’abîme pourtant au fil des ans. Le « côté voyeuriste » prend le pas « sur la naïveté des débuts ». Très vite, on s’affiche. Thomas D. masque une bonne partie des publications de ses « amis » et de « leurs excès d’ego pathétiques ». « On grandit, on change », résume pudiquement l’ancien étudiant en langues étrangères, qui ne se reconnaît plus dans « cet affichage permanent du moi-je ».
« Je me laissais faire passivement »
Et puis, « la plate-forme devient fréquentée de tous » et il voit alors « débarquer des gens [qu’il n’avait] vraiment pas envie d’y voir ». Mais, à l’époque, le jeune homme ne blâme pas encore Facebook, l’outil. Ce n’est qu’en 2016 qu’apparaissent « les premiers doutes sérieux ». En septembre, le voilà convoqué pour une réunion de travail à Milan. Le soir même, dans sa chambre d’hôtel, Facebook lui propose de signaler sa présence et noter les lieux fréquentés dans la journée. Les profils des personnes rencontrées lui sont suggérés comme « amis » :
« J’ai compris...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le sénateur Union centriste Hervé Maurey doit présenter mercredi une proposition de loi sur la concurrence ferroviaire.
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Le Sénat entre en compétition avec le gouvernement sur la réforme ferroviaire

Le sénateur Union centriste Hervé Maurey doit présenter mercredi une proposition de loi sur la concurrence ferroviaire.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 12h00
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Ça se bouscule pour réformer le rail en France ! Mercredi 28 mars, le sénateur (Union centriste) de l’Eure, Hervé Maurey, présentera devant l’hémicycle de la Haute Assemblée une proposition de loi relative à l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs, elle-même concurrente du projet de « nouveau pacte ferroviaire » porté par le premier ministre, Edouard Philippe, et la ministre des transports, Elisabeth Borne.
Voilà que, face à une opposition syndicale à la réforme de la SNCF, s’ouvre, pour Emmanuel Macron, un front sénatorial plus inattendu. Les parlementaires ont trouvé là un moyen de contrer la mécanique des ordonnances voulue par l’exécutif et de porter, devant les assemblées, un débat, article par article, dont le pouvoir se serait bien passé. C’est aussi une occasion de laver ce qui a été vécu par les élus de la Nation comme un affront fait au pouvoir législatif.
« J’ai été surpris – et plus que cela – d’apprendre que le gouvernement décidait de réformer par ordonnances, fulmine Hervé Maurey, qui est aussi président de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable. Elisabeth Borne m’avait assuré que notre proposition, présentée le 6 septembre [2017], serait un des véhicules législatifs de la réforme. A sa demande, j’ai accepté de renoncer à l’inscription de ce texte en janvier, afin d’attendre les conclusions du rapport Spinetta. Comment ne pas voir dans ce revirement un mépris absolu du Sénat et du Parlement ? »

« Un vrai débat s’impose »
« Pour justifier les ordonnances, le gouvernement invoque la nécessité d’aller vite, poursuit M. Maurey. [Il] dispose d’un texte qui est prêt, et qui a même été validé par le Conseil d’Etat. Il pourra aller plus vite qu’avec les ordonnances. Qu’il s’en saisisse ! »
« Sur un tel sujet, un vrai débat s’impose, déclare le sénateur. Une soixantaine d’amendements à notre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Smovengo devait avoir installé un millier de stations de vélos partagés en mars. Nul ne sait quand l’opérateur, qui a succédé à JCDecaux, tiendra cet engagement. Un « accident industriel » qui finit par atteindre la maire de Paris.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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Vélib’, retour sur le fiasco qui fragilise Anne Hidalgo

Smovengo devait avoir installé un millier de stations de vélos partagés en mars. Nul ne sait quand l’opérateur, qui a succédé à JCDecaux, tiendra cet engagement. Un « accident industriel » qui finit par atteindre la maire de Paris.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 16h11
    |

                            Olivier Razemon








                        



                                


                            

« Heureusement que l’hiver a été long », souffle-t-on au cabinet de Christophe Naj­dovski, adjoint (EELV) chargé des transports à la Mairie de Paris. Avec la pluie, la neige et le froid, la crise du Vélib a moins pénalisé les usagers que si la laborieuse installation du vélo partagé s’était déroulée à la belle saison.

A mesure que les rebondissements du ­ « Vélibgate » se succèdent, les qualificatifs, « accident industriel », « fiasco », « crash », sont de moins en moins tendres pour Smovengo, l’opérateur du service, qui était censé avoir achevé la mise en place d’un millier de stations en cette fin mars. Désormais, plus personne ne se hasarde à pronostiquer la date exacte à laquelle le service sera complètement installé. En attendant, les accusations finissent par atteindre le donneur d’ordre, le Syndicat Autolib’Vélib’Métropole (SAVM), qui rassemble les 67 communes concernées, mais aussi Anne Hidalgo, la maire (PS) de Paris, à qui ses adversaires politiques reprochent également « le scandale Streeteo » – de faux contrôles de stationnement par la société privée qui en a la charge – ou la piétonnisation chaotique des berges de la rive droite de la Seine.
Mais « comment a-t-on pu en arriver là ? », se demande-t-on, face à cette inscription dérisoire qui figure depuis trois mois sur les barrières de chantier : « Vélib’, reviens vite ! » Pourquoi avoir enlevé les stations pour les remplacer par d’autres, exactement aux mêmes endroits ? En d’autres termes, fallait-il vraiment procéder au changement de délégataire, décidé au printemps 2017 ?
Un défi inédit
La commande, au début de l’an dernier, semblait ambitieuse. « Le nouveau Vélib sera électrique et métropolitain », ne cessaient de ­répéter les élus parisiens. Les communes de la petite couronne francilienne étaient invitées à s’équiper de stations et de vélos, sous l’égide du Syndicat Autolib’Métropole, devenu SAVM, alors...




                        

                        


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« Des courts-circuits à prévoir dans l’électricité européenne »

Les grands électriciens devront-ils choisir entre la production et les services, interroge l’éditorialiste économique du « Monde » Philippe Escande, après l’amorce de démantèlement du suisse Alpiq.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 11h11
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Ah, la Suisse, ses vertes vallées, ses sommets enneigés, ses affaires prospères, ses votations hebdomadaires !… Une forme d’optimum démocratique et économique. Même dans le domaine de l’énergie, la confédération était un modèle. Ses innombrables barrages lui fournissent une électricité propre, la seule énergie renouvelable réellement stockable par simple pompage de l’eau en aval. Grâce à cette faculté unique, le pays pouvait jouer des tarifs variables du kilowatt-heure. Achetant aux Français en heures creuses pour remplir ses réservoirs, revendant aux Italiens aux heures de pointe avec grand profit. On l’appelait l’émirat européen. Et puis la terre a tremblé au Japon un beau jour de mars 2011 et plus rien n’a été comme avant.
Ce lundi 26 mars, le premier producteur suisse d’électricité, Alpiq, a amorcé une forme de démantèlement en cédant au français Bouygues son activité d’ingénierie et de services à l’énergie pour le bâtiment et l’industrie. Un métier très rentable, dont il se sépare à contrecœur, mais qui va lui rapporter près de 725 millions d’euros. De quoi soulager des finances marquées par le surendettement et de premières pertes nettes. Pas de quoi néanmoins résoudre un problème de fonds que connaissent à présent tous les électriciens européens : l’électricité est aujourd’hui plus chère à produire qu’à vendre.
L’effondrement des prix de gros, dû à la conversion allemande à l’éolien subventionné, est à l’origine de la crise partout sur le Vieux Continent et a provoqué des restructurations massives chez tous les opérateurs. Le français Engie a été l’un des premiers à mettre le cap sur les services. Le 11 mars, c’était au tour des deux leadeurs allemands du secteur de procéder à un échange d’actifs géant, au terme duquel E.ON se concentrera sur la distribution et les services à l’énergie et RWE sur la pure production.

Trop tôt pour décider ?
Ce dilemme des grands producteurs d’électricité braque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Si 91 % des 15-29 ans estiment que la transmission de connaissances entre salariés de différentes générations est essentielle à la réussite de l’entreprise, un sur deux exprime néanmoins que cela se révèle compliqué.
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Au travail, les jeunes veulent apprendre de leurs aînés

Si 91 % des 15-29 ans estiment que la transmission de connaissances entre salariés de différentes générations est essentielle à la réussite de l’entreprise, un sur deux exprime néanmoins que cela se révèle compliqué.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 10h54
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                            Catherine Quignon








                        



                                


                            

Malgré la vitesse à laquelle les métiers changent, la jeune génération ne peut se passer de l’expérience de ses aînés. Ainsi, 91 % des jeunes interrogés du 20 au 26 février dans le cadre d’une enquête Agefos-PME/OpinionWay estiment que la transmission de connaissances entre salariés de différentes générations est essentielle à la réussite de l’entreprise et une source d’épanouissement pour les salariés.
La même part estime que le partage de connaissances entre salariés d’âges différents crée un environnement de travail dynamique, révèle cette enquête présentée lors de la table ronde organisée pour Agefos-PME dans le cadre du Printemps de l’optimisme. Ce chiffre augmente jusqu’à 97 % chez les apprentis, au cœur de la réalité du monde de l’entreprise.

Le sondage Agefos-PME, mené en ligne auprès d’un échantillon représentatif de 803 jeunes de 15 à 29 ans, actifs ou non, dresse le portrait d’une jeunesse qui a envie d’apprendre de ses aînés, tout en émettant quelques réserves : un sur deux (51 %) pense que cette transmission est compliquée en raison des différences générationnelles et 49 % qu’elle bride la capacité d’innovation des jeunes.
Faciliter le choix de carrière
Pour des jeunes qui vivent leur première expérience dans l’entreprise, ce partage est aussi le meilleur moyen de définir leurs choix de carrière.
L’immersion en entreprise, via les stages ou l’apprentissage, est reconnue par 86 % d’entre eux comme le meilleur moyen de les aider dans le choix d’orientation professionnelle, devant la recommandation des proches (77 %) celles des sites Internet et des salons (77 %), les conseils des enseignants (62 %) et enfin des conseillers d’orientation – dont c’est pourtant le métier (44 %). D’où l’importance des échanges avec leurs tuteurs pour se forger une opinion de leur profession.
Et si les nouvelles méthodes d’apprentissage numérique (Moocs [cours en ligne ouverts et massifs]…) peuvent venir compléter efficacement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ L’entreprise ne respecterait pas la loi imposant d’obtenir le consentement « libre, éclairé et spécifique » avant de collecter des données. Le fournisseur s’en défend.
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Linky : la CNIL met en demeure Direct Energie à propos des données personnelles

L’entreprise ne respecterait pas la loi imposant d’obtenir le consentement « libre, éclairé et spécifique » avant de collecter des données. Le fournisseur s’en défend.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 18h00
    |

                            Nabil Wakim et 
Morgane Tual








                        



   


Les usagers chez qui un compteur Linky a été installé par Direct Energie ont-ils consenti à ce que leurs données soient recueillies par ce fournisseur d’énergie ? Pas suffisamment, selon la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), qui a décidé de mettre l’entreprise en demeure « en raison d’une absence de consentement à la collecte des données de consommation issues du compteur communicant Linky », écrit-elle dans un communiqué publié mardi 27 mars.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Cinq questions que pose le compteur Linky



Que reproche la CNIL à Direct Energie ?
Concrètement, lors de l’installation d’un compteur Linky, Direct Energie demande à Enedis, qui gère le réseau de distribution, de lui transmettre des données de consommation de ses clients, explique la CNIL. Des données qui, selon la loi, « ne peuvent cependant être recueillies qu’après avoir obtenu le consentement des personnes concernées ». Or, les contrôles de la CNIL « ont révélé que le consentement des clients n’était pas recueilli dans des conditions conformes » à la loi, « n’étant pas libre, éclairé et spécifique ».
La CNIL reproche à l’entreprise d’informer ses clients de la collecte de leurs données de consommation quotidienne, mais sans pour autant demander leur accord préalable.
La finalité de facturation au plus juste « n’est pas exacte »
Elle dénonce aussi la façon dont est présentée la collecte des données de consommation à la demi-heure. La Commission explique ainsi qu’à l’installation d’un compteur, Direct Energie demande l’accord simultané des clients sur deux points : la mise en service du compteur et « la collecte des données de consommation horaires, qui est présentée comme le corollaire de l’activation du compteur et comme permettant au client de bénéficier d’une facturation au plus juste ». Or, souligne la CNIL, la finalité de facturation au plus juste pour le client « n’est pas exacte, puisque Direct Energie ne propose pas d’offres basées sur la consommation horaire ». Qui plus est, « la cadence précise de la remontée des données de consommation, par demi-heure, n’est pas indiquée au client ».
La CNIL estime aussi que cette présentation donne au client « l’impression, erronée, qu’il choisit d’activer le compteur alors qu’il ne consent, en réalité, qu’à la collecte de ses données de consommation » — puisque l’installation de ce compteur « revêt un caractère obligatoire, et sa mise en service ne dépend pas de la société Direct Energie ».
Que répond Direct Energie ?
« Nous respectons scrupuleusement la loi », assure au Monde Xavier Caïtucoli, fondateur et président de Direct Energie : « Rien n’est caché à nos clients, nous envoyons trois e-mails explicatifs et détaillés. La preuve que les clients comprennent très bien, c’est que 35 % acceptent » – les autres ne se prononcent pas, « donc refusent implicitement », ajoute l’entreprise. « Si la CNIL trouve que ce n’est pas assez précis, on précisera », assure Xavier Caïtucoli.
« Nos données ne sont vendues à personne », répète M. Caïtucoli, pour qui Linky est « une très bonne nouvelle, qui permet de faire beaucoup de choses pour la transition énergétique ».
« Je regrette simplement que cette mise en demeure alimente une cabale anti-Linky qui n’a pas lieu d’être. »
L’entreprise dispose désormais d’un délai de trois mois pour se mettre en conformité avec la loi, précise la CNIL, tout en rappelant que « cette mise en demeure n’est pas une sanction » et qu’« aucune suite ne sera donnée à cette procédure si la société se conforme à la loi dans le délai imparti ».
Quelles données recueille le compteur Linky ?
Linky est un compteur dit « intelligent », puisqu’il recueille des données sur les habitudes de consommation des clients. C’est d’ailleurs l’un des arguments majeurs d’Enedis pour le promouvoir. Une connaissance fine des données des utilisateurs permet au fournisseur de mieux gérer les besoins et surtout de facturer avec précision la consommation d’électricité.
Les données ne peuvent être transmises à des tiers, sauf consentement explicite
Cette volonté de recueillir des données a attiré dès 2012 l’attention de la CNIL, qui l’a strictement encadrée. Elles sont anonymisées, restent la propriété de l’usager et ne peuvent être transmises à des tiers, sauf consentement explicite du client.
Autrement dit, personne ne pourra savoir à quelle heure l’usager se réveille ou fait fonctionner sa machine à laver, s’il ne le souhaite pas. Mais les fournisseurs d’électricité, comme EDF, Engie ou Direct Energie, peuvent mettre en place des offres spécifiques qui utilisent les données des clients pour mieux maîtriser la consommation d’électricité.
Direct Energie a d’ailleurs lancé il y a quelques semaines une offre spéciale Linky qui programme à distance le ballon d’eau chaude.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Pourquoi le compteur Linky électrise les passions



Mise à jour : contrairement au chiffre initialement fourni par M. Caïtucoli, 35 % des clients de Direct Energie acceptent de transmettre leurs données, et non pas 65 %.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Le troisième fabricant mondial de smartphones lance deux nouveaux modèles haut de gamme. Objectif : concurrencer le Galaxy S9 de Samsung et l’iPhone 8 d’Apple.
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Le groupe chinois Huawei fait son show à Paris pour rayonner sur toute l’Europe

Le troisième fabricant mondial de smartphones lance deux nouveaux modèles haut de gamme. Objectif : concurrencer le Galaxy S9 de Samsung et l’iPhone 8 d’Apple.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 18h06
    |

            Vincent Fagot








                        



   


Ce n’est pas tous les jours que Paris accueille le lancement mondial d’un smartphone. Pour l’occasion, le chinois Huawei, troisième constructeur mondial, a vu les choses en grand, mardi 27 mars, en réquisitionnant le Grand Palais pour accueillir environ 2 000 invités, dont 1 500 journalistes. La marque a dévoilé deux nouveaux modèles, le P20 (5,8 pouces, 649 euros) et le P20 Pro (6,1 pouces, 899 euros), appelés à concurrencer le haut de gamme de Samsung (Galaxy S9) et d’Apple (iPhone 8). Tous deux seront disponibles en France le 5 avril. La marque mise notamment sur le P20 Pro et son triple capteur photo en façade, développé avec Leica, pour se démarquer de la concurrence.
Au-delà des symboles – voire des clichés –, Paris aurait été choisie pour les valeurs de « luxe et de “lifestyle” [style de vie] » qu’elle véhicule et auxquelles Huawei veut associer ses produits. Ce choix témoigne de l’importance que le géant de Shenzhen porte au marché français, et plus largement européen, où il consolide ses positions.

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                Mobile World Congress : la compétition se déplace vers le haut de gamme



Profitant de bonnes relations avec les opérateurs télécoms, avec qui il est en affaires depuis longtemps dans les infrastructures, un autre pan de son activité, Huawei a réussi en quelques années à se tailler des parts de marché importantes sur le Vieux Continent. La marque revendique la place de leader en volume en Espagne et en Italie, et occupe la troisième place en France.
Au niveau européen, le groupe, numéro un en Chine, se positionne sur la troisième marche du podium, avec 13,5 % de parts de marché. « L’Europe est le plus grand marché étranger de Huawei depuis 2013, témoigne Mo Jia, du cabinet Canalys. En 2017, près d’un téléphone Huawei sur cinq a été expédié en Europe. »
Surtout, l’Europe lui a permis de se forger au niveau international une image de constructeur haut de gamme, rivalisant avec Samsung et Apple, soit sur les segments les plus rentables du marché. C’est en Europe de l’Ouest que la marque parvient à obtenir son meilleur prix moyen de vente par appareil, faisant de cette zone « son marché le plus rentable », affirme Annette Zimmermann, analyste chez Gartner.
Déconvenues aux Etats-Unis
Le succès du lancement du Mate 10 Pro (799 euros au départ), en novembre, l’a conforté dans sa conviction qu’il était aujourd’hui légitime sur ce segment de marché. « Nous avons de grandes opportunités sur le haut de gamme en France et en Allemagne », confirme Alex Huang, le patron pour la France de la division grand public de la marque.
Le marché européen est d’autant plus capital pour Huawei qu’il a connu de nouvelles déconvenues dans ses velléités de percer aux Etats-Unis. Début janvier, le constructeur chinois était sur le point de conclure un accord avec l’opérateur américain AT&T. Mais ce dernier s’est rétracté au dernier moment. Une décision qui semble avoir été dictée par la pression exercée par les commissions du renseignement du Sénat et de la Chambre des représentants. Celles-ci s’inquiétaient, le 20 décembre 2017, de « l’espionnage chinois en général, et [du] rôle de Huawei en particulier dans cet espionnage ».

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                Télécoms : l’offensive de Huawei aux Etats-Unis rencontre de nouveaux obstacles



Dans la foulée, Verizon a annoncé qu’il n’envisageait plus de travailler avec le groupe chinois, provoquant l’exaspération du patron de la division mobile de Huawei, Richard Yu : « C’est un grave revers pour nous, car on sait que, aux Etats-Unis, 90 % des ventes se font par l’intermédiaire des opérateurs », avait-il déclaré au salon de l’électronique grand public (CES) de Las Vegas, en janvier.
Faute de pouvoir exister de manière significative sur le marché américain, Huawei doit donc impérativement continuer à progresser en Europe, s’il veut, comme le rappelle Dominic Sunnebo, du cabinet Kantar, « devenir le premier constructeur mondial de smartphone en 2021, objectif qu’il s’est fixé ». D’autant que, pour l’analyste, les consommateurs européens « ont montré plus de propension à essayer une alternative au duopole Samsung-Apple ».
Bien conscients de cette opportunité, d’autres constructeurs chinois nourrissent des ambitions nouvelles sur le Vieux Continent. Dernier en date, Xiaomi a ouvert ses premiers magasins en Espagne, en novembre 2017. En à peine trois mois, il a réussi à y écouler un demi-million d’appareils.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Dans cette chronique, l’historien Jean-Baptiste Fressoz explique en quoi le vocabulaire de l’exploitation de la nature est lourd de réminiscences sexuelles.
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« Donald Trump, organisateur de Miss Univers et promoteur de King Coal »

Dans cette chronique, l’historien Jean-Baptiste Fressoz explique en quoi le vocabulaire de l’exploitation de la nature est lourd de réminiscences sexuelles.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 09h48
    |

Jean-Baptiste Fressoz







                        



                                


                            
Transformations. Y a-t-il quelque chose de commun entre #metoo et les combats environnementaux ? Le retour du charbon et le développement des pétroles non conventionnels ont-ils quelque chose à voir avec les rapports entre les sexes ?
Durant l’Antiquité et jusqu’à la Renaissance, la terre fut conçue comme un être vivant
Répondre par l’affirmative pourrait faire soupçonner une intention de distribuer femmes et hommes de part et d’autre du grand partage entre nature et culture – en plaçant les femmes du côté d’une nature qu’il faudrait protéger de la voracité des hommes. Pourtant, si ces oppositions paraissent « naturelles » (et même clichés), c’est parce qu’elles sont profondément ancrées dans la culture occidentale. C’est précisément leur genèse qu’éclaire le livre classique de la philosophe américaine Carolyn Merchant, The Death of Nature. Women, Ecology and the Scientific Revolution (Harper & Row, 1980), hélas non traduit en français.
L’argument de l’auteure est le suivant : durant l’Antiquité et jusqu’à la Renaissance, la terre fut conçue comme un être vivant, un super-organisme avec ses artères et ses orifices, ses tremblements et ses poils, son sang, sa salive et sa sueur. La terre était plus précisément une mère nourricière dont la matrice souterraine générait métaux et minéraux. L’art de la métallurgie, la réduction des minerais dans le creuset des forges revenaient à accélérer la naissance des métaux dans une sorte d’utérus artificiel.
Rituels propitiatoires
Dans cet univers mental, fouiller la terre, la pénétrer pour récolter l’or, l’argent, le fer et le cuivre était lourd de dangers physiques et religieux. Aussi, avant de s’introduire dans les galeries/vagins de la terre, les mineurs réalisaient des rituels propitiatoires et divers sacrifices aux divinités chthoniennes. Pline, Ovide, Sénèque et bien d’autres auteurs, jusqu’à Agricola, au XVIe siècle, et Milton, au XVIIe, accusent l’extraction...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ A la suite de l’accident impliquant l’un de ses véhicules, et qui a coûté la vie à une piétonne le 18 mars, la société Uber avait d’elle-même suspendu ses essais, sur les voies publiques.
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L’Etat d’Arizona interdit à Uber de faire circuler des voitures autonomes

A la suite de l’accident impliquant l’un de ses véhicules, et qui a coûté la vie à une piétonne le 18 mars, la société Uber avait d’elle-même suspendu ses essais, sur les voies publiques.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 08h03
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 08h27
   





                        


C’en est terminé des essais de voiture autonome sur la voie publique. En tout cas pour Uber. Après l’accident impliquant un véhicule de ce type conçu par la société américaine, et qui a coûté la vie à une piétonne le 18 mars à Tempe, en Arizona, les autorités de cet état ont annoncé, lundi 26 mars, « suspendre l’autorisation d’Uber de tester et opérer des véhicules autonomes sur les routes d’Arizona ».
Pourquoi l’Arizona prend-il cette décision ?
Immédiatement après l’accident, la société Uber avait en effet d’elle-même suspendu ses essais, menés à Tempe, San Francisco (Californie), Pittsburgh (Pennsylvanie) aux Etats-Unis et à Toronto au Canada.
Mais le gouverneur d’Arizona s’est dit marqué par la vidéo de l’accident rendue publique par la police. « J’ai trouvé cette vidéo choquante et inquiétante, et elle soulève de nombreuses questions quant à la capacité d’Uber à continuer les tests », a-t-il écrit. L’Arizona est l’un des Etats à la législation la plus souple en matière de conduite autonome.
Que sait-on sur l’accident survenu mi-mars ?
La police a ouvert une enquête. Le régulateur des transports a fait de même. « Nous continuons à aider les enquêteurs de notre mieux et comptons continuer à dialoguer avec les services du gouverneur », a fait savoir à l’AFP une porte-parole d’Uber.

        Lire aussi :
         

                Qui est responsable en cas d’accident impliquant une voiture autonome ?



Qu’en est-il pour les autres acteurs de ce secteur ?
Uber n’est effectivement pas la seule société à tester ces voitures autonomes. Nombre de groupes technologiques et de constructeurs et équipementiers automobiles travaillent sur la conduite autonome. Celle-ci est en effet vue comme l’avenir des transports. Elle serait censée, selon ses partisans, réduire le nombre d’accidents.
En Arizona, d’autres entreprises testent, par exemple, des voitures autonomes, notamment Waymo, filiale d’Alphabet-Google.
Les tests grandeur nature étant considérés comme indispensables pour mettre au point la technologie, leur arrêt pourrait freiner le programme de développement d’Uber.

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Trois jours après l’accident du 18 mars, le constructeur automobile japonais Toyota avait décidé de suspendre ses tests de conduite autonome, mais le constructeur allemand BMW a pour sa part annoncé maintenir ses projets.



                            


                        

                        

