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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ La députée LRM a évoqué, le 22 mars, la possibilité de « tirer » en cas d’intrusion dans une centrale nucléaire, sans chercher à savoir s’il s’agit d’un acte terroriste ou de militants écologistes. Greenpeace a porté plaine pour incitation au meurtre.
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<article-nb="2018/03/27/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Pascal Canfin, directeur de WWF France, plaide dans une tribune au « Monde » pour qu’une partie du budget militaire finance l’adaptation des pays du Sud au changement climatique, facteur majeur de déstabilisation et d’insécurité.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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Défense : « Il y a davantage de réfugiés climatiques que de réfugiés liés aux conflits dans le monde »

Pascal Canfin, directeur de WWF France, plaide dans une tribune au « Monde » pour qu’une partie du budget militaire finance l’adaptation des pays du Sud au changement climatique, facteur majeur de déstabilisation et d’insécurité.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 14h00
    |

Pascal Canfin (Directeur général du WWF France (Fonds mondial pour la nature) et ancien ministre délégué au développement (2012-2014)







                        



                                


                            
Tribune. La loi de programmation militaire doit être votée mardi 27 mars à l’Assemblée nationale. Dans quelques semaines, ce sera au tour de la loi asile et immigration. Dans les deux cas, le gouvernement fait l’impasse sur l’un des bouleversements majeurs de notre époque : les conséquences du changement climatique sur la sécurité et la stabilité mondiales.
Le premier droit de chaque être humain est de pouvoir vivre en paix chez soi
Les rapports annuels du Conseil norvégien pour les réfugiés montrent, depuis plusieurs années, qu’il y a davantage de réfugiés climatiques que de réfugiés liés aux conflits dans le monde. Et ce n’est que le début : l’ONU prévoit 250 millions de réfugiés climatiques dans le monde en 2050, et d’autres rapports évoquent même le chiffre de un milliard !
Le premier droit de chaque être humain est de pouvoir vivre en paix chez soi. Or le dérèglement climatique que nous connaissons remet en cause ce droit, et il est totalement illusoire de penser que cela va s’arrêter demain puisque nous ne subissons aujourd’hui que les tous premiers impacts de ce dérèglement.
Plutôt que de nier cette réalité, le gouvernement devrait tout mettre en œuvre pour la gérer au mieux. Aucun mur, aucune déclaration, même martiale, de quelque ministre de l’intérieur que ce soit, n’y viendra à bout. En revanche, en aidant les pays et les communautés les plus vulnérables à s’adapter, on leur offre l’opportunité de modérer les conséquences déstabilisatrices du choc climatique. Et il est difficile de prétendre que nous manquons de moyens financiers quand la loi de programmation militaire 2019 - 2024 prévoit de consacrer 295 milliards d’euros à la défense et d’augmenter de plusieurs milliards d’euros les crédits accordés à la dissuasion nucléaire (37 milliards entre 2019 et 2025 !).
Financer l’adaptation au changement climatique
Dans son rapport 3S (soutenabilité, stabilité, sécurité, lien vers PDF), le World Wife Fund for Nature...




                        

                        


<article-nb="2018/03/27/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Jean-Michel Jacques, vice-président de la commission de la défense à l’Assemblée nationale, dénonce, dans une tribune au « Monde », la lenteur des procédures qui empêche l’acquisition rapide de matériel moderne.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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Défense : « Nos armées doivent acquérir plus rapidement leurs équipements opérationnels »

Jean-Michel Jacques, vice-président de la commission de la défense à l’Assemblée nationale, dénonce, dans une tribune au « Monde », la lenteur des procédures qui empêche l’acquisition rapide de matériel moderne.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 14h00
    |

Jean-Michel Jacques (Député (LRM) du Morbihan, vice-président de la commission de la défense nationale et des forces armées)







                        



                                


                            
Tribune. Lors de la bataille de Mossoul, Daech utilisait des petits drones piégés pour attaquer nos soldats. Les terroristes jouissaient d’une telle capacité d’adaptation que leurs drones étaient renouvelés deux à trois fois par mois, pour devenir plus meurtriers. Mais pour un régiment français, les procédures d’acquisition de matériel sont si lourdes qu’obtenir un simple drone d’observation peut prendre six mois en procédure accélérée, et jusqu’à trois ans en procédure classique. Un temps déraisonnable face à la réactivité de nos ennemis. C’est insupportable. Il est impératif de raccourcir les délais d’acquisition afin d’assurer la performance de l’équipement de nos soldats et de mieux les protéger.
La loi de programmation militaire 2019-2025 consacre la remontée budgétaire de nos armées. C’est un choix politique fort. Néanmoins, nul ne peut s’enfermer dans une logique strictement budgétaire. A l’heure de la rationalisation des dépenses de l’Etat, l’efficience de chaque euro dépensé doit être maximale. Il faut donc en finir avec les lourdeurs procédurales d’un autre temps qui altèrent la réactivité opérationnelle de nos armées.
Les procédures en vigueur engendrent des surcoûts évitables et une perte de réactivité, non seulement pour les armées mais également pour la Direction générale de l’armement (DGA), qui régit les programmes d’équipement des forces.
Une inertie inacceptable
La DGA est essentielle pour notre outil de défense, mais elle doit pouvoir se concentrer sur son cœur de métier : la direction des grands programmes d’armement comme le programme « Scorpion » de modernisation des capacités de combat des groupements tactiques de l’armée de terre. Elle assure notre autonomie stratégique et protège notre industrie de défense. Elle n’est pas une centrale d’achat, mais un véritable maître d’ouvrage pour des programmes complexes.
Aujourd’hui, trop souvent nos soldats manquent d’équipements opérationnels de qualité qui...




                        

                        


<article-nb="2018/03/27/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Pour le chercheur Alexis Nicolay, dans une tribune au « Monde », si l’industrie de l’armement est un fournisseur, elle doit aussi se transformer en prestataire des armées.
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Défense : « Les industriels français doivent répondre à l’évolution des réalités opérationnelles des ­armées »

Pour le chercheur Alexis Nicolay, dans une tribune au « Monde », si l’industrie de l’armement est un fournisseur, elle doit aussi se transformer en prestataire des armées.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 14h30
    |

Alexis Nicolay (Docteur en gestion et chercheur associé au centre de recherche en gestion de l’Ecole polytechnique (i3-CRG)







                        



                                


                            
Tribune. Les mots n’ont pas manqué pour qualifier le budget de la défense sur la période 2019-2024, qui devait être voté mardi 27 mars à l’Assemblée nationale avant de poursuivre son parcours législatif. Un effort « colossal » ou « inédit », « la fin de l’érosion des armées », « le début de la régénération des forces » : près de 300 milliards d’euros. Remplacement du porte-avions, renouvellement de la dissuasion, augmentation des effectifs… les idées ne manquent pas pour les mettre à profit.
aujourd’hui, le potentiel militaire répond à des menaces diverses, diffuses, aussi bien hors de nos frontières que sur le territoire national ou dans le cyberespace
Cet effort inédit était nécessaire : les armées ont atteint, et souvent dépassé, les limites de leurs capacités dans un contexte sécuritaire toujours plus instable. Pourtant, au-delà des moyens de remplacer ici ou d’améliorer là, c’est à une rupture majeure que doit faire face l’écosystème de la défense. Alors que s’est déjà largement affirmée, dans des secteurs comme la mobilité ou l’énergie, le concept de service, celui-ci émerge désormais aussi dans le domaine de la défense (en anglais, on parle de defense as a service, « la ­défense comme service »).
Aux fondements de cette émergence, il y a un constat : face à l’évolution des menaces, l’armée d’aujourd’hui agit au moins autant qu’elle se prépare. Il n’en a pas toujours été ainsi. Dans l’entre-deux-guerres, face à la menace allemande, on construit la ligne Maginot. Durant la guerre froide, face aux divisions blindées soviétiques, la France développe le char Leclerc. Les périodes de paix permettaient aux armées de se régénérer en prévision des périodes de crise.
Mais aujourd’hui, le potentiel militaire a vocation à servir quotidiennement. Il répond à des menaces diverses, diffuses, aussi bien hors de nos frontières que sur le territoire national ou dans le cyberespace. La...




                        

                        


<article-nb="2018/03/27/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ La crise qui secoue Mayotte depuis des semaines constitue une occasion historique pour la République de faire cesser les provocations des Comores rendant impossible la mise en œuvre d’une coopération équilibrée, écrivent le sénateur de Mayotte Thani Mohamed Soilihi et l’avocate Nathalie Trousseville dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Mayotte : il faut « appliquer une politique diplomatique ferme à l’attention de l’Union des Comores »

La crise qui secoue Mayotte depuis des semaines constitue une occasion historique pour la République de faire cesser les provocations des Comores rendant impossible la mise en œuvre d’une coopération équilibrée, écrivent le sénateur de Mayotte Thani Mohamed Soilihi et l’avocate Nathalie Trousseville dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    27.03.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 14h33
    |

Thani Mohamed-Soilihi (sénateur de Mayotte) et Nathalie Trousseville (avocate au barreau de Paris)







                        



                                


                            

Tribune. Le soulèvement populaire, observé actuellement au sein du 101e département de Mayotte, relance le sempiternel débat sur l’appartenance de cette île à la France, différend qui l’oppose à l’Union des Comores depuis des décennies. Le 22 décembre 1974, à l’occasion d’une consultation d’autodétermination, les habitants d’Anjouan, de Mohéli et Grande Comores ont voté à plus de 95 % pour l’indépendance, tandis que les Mahorais se prononçaient largement pour le maintien au sein de la République française.
Prenant acte de ce choix, la France a alors décidé de comptabiliser les résultats île par île, conservant ainsi dans son giron le futur jeune département. Cette décision, vivement critiquée, aurait été prise en violation du droit international, et notamment du point 6 de la déclaration du 14 décembre 1960 sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples colonisés des Nations unies, qui édicte que l’intégrité territoriale des anciennes colonies doit être préservée. La France aurait ainsi arbitrairement amputé les Comores d’un quart de son territoire se fondant sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Accuser la République française d’avoir construit une opposition fictive entre des populations d’un même environnement traduit une méconnaissance manifeste de l’histoire de Mayotte, que l’on fait remonter à tort à 1946 et à la création de cette entité administrative qu’est un territoire d’outre-mer (TOM).
Instabilité et violence depuis l’indépendance
En réalité, c’est cette opposition originelle entre les îles composant l’archipel qui a conduit les Mahorais, régulièrement victimes de razzias depuis le XIIIe siècle, à réclamer la protection de la France. Le monarque malgache de Mayotte, Andriantsoly, lui a cédé l’île en 1841, afin de mettre un terme à la guerre que se livraient les « sultans batailleurs ».
D’ailleurs, preuve s’il en fallait, l’Union des Comores a de nouveau...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. L’expulsion par des pays occidentaux de plus d’une centaine de diplomates russes a le mérite de signifier à Vladimir Poutine qu’il a franchi la ligne rouge.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Affaire Skripal : le rapport de force avec la Russie est nécessaire

Editorial. L’expulsion par des pays occidentaux de plus d’une centaine de diplomates russes a le mérite de signifier à Vladimir Poutine qu’il a franchi la ligne rouge.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 11h27
   





                        


Editorial du « Monde ». Vladimir Poutine est visiblement aussi doué pour galvaniser son peuple en jouant sur la fibre nationaliste que pour ­coaliser contre lui un front uni à l’extérieur. Dans un mouvement inédit par son ampleur, les Etats-Unis, le ­Canada, ainsi que seize pays de l’Union européenne (UE) parmi lesquels la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Pologne, ont annoncé lundi 26 mars de façon simultanée et concertée l’expulsion d’au moins 116 diplomates russes.
Ces mesures de représailles spectaculaires font écho à l’empoisonnement au gaz neurotoxique le 4 mars de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille, alors qu’ils s’étaient réfugiés en Grande-Bretagne. Une semaine après son élection triomphale, le président russe se retrouve plus isolé que jamais sur la scène internationale.

        Lire aussi :
         

                Affaire Skripal : le front uni des Occidentaux face à la Russie



Le Royaume-Uni accuse la Russie d’avoir commandité cette tentative d’assassinat, dont le modus operandi porte la signature de Moscou. Dans un premier temps, Theresa May, la première ministre britannique, avait fermement répliqué en expulsant vingt-trois diplomates russes. Si l’UE avait très vite apporté son soutien à Londres, la position américaine avait été plus compliquée à décrypter après le coup de fil passé par Donald Trump à Vladimir Poutine pour féliciter ce dernier de son élection sans même évoquer le différend créé par l’empoisonnement de Sergueï Skripal.
Solidité de la solidarité occidentale
Malgré les louvoiements de M. Trump sur ses rapports avec la ­Russie, les expulsions de diplomates russes décidées lundi lèvent les ambiguïtés sur la solidité de la solidarité occidentale face à un acte qualifié par la Maison Blanche d’« attaque odieuse ». L’UE, elle, a su passer outre les tensions inhérentes aux négociations sur le Brexit pour réaffirmer son appui indéfectible à Londres.

        Lire aussi :
         

                Sanctions contre la Russie : la détermination américaine à l’épreuve des ambiguïtés de Trump



Le camp occidental n’avait d’autre choix que de réagir de façon nette et ferme. Même si ces expulsions de diplomates restent symboliques, elles signifient clairement que Moscou a franchi la ligne rouge en utilisant pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale une arme ­chimique sur le sol européen. Habile joueur d’échecs, Vladimir Poutine a testé à de maintes reprises la capacité de réaction des Occidentaux, qu’il s’agisse de l’intervention en Ukraine, de l’annexion de la Crimée, de son rôle en Syrie ou des interférences dans les élections américaines. De ce point de vue, l’affaire Skripal est un pion poussé trop loin aux yeux des Occidentaux.
Comme à chaque fois, Moscou martèle n’avoir rien à voir avec cet empoisonnement, accusant les alliés de la Grande-Bretagne de suivre « aveuglément le principe de l’unité euro-atlantique au détriment du bon sens, des normes d’un dialogue civilisé entre Etats ». Justement, les Occidentaux, en optant pour une riposte graduelle, ont choisi de maintenir le dialogue avec la Russie au moment où celui-ci reste indispensable. Même si Moscou a d’ores et déjà annoncé vouloir riposter selon le « principe de réciprocité », il en va de l’intérêt de chaque camp de trouver les clefs de la désescalade.

        Lire aussi :
         

                Que sait-on sur l’empoisonnement de l’ex-agent double russe au Royaume-Uni ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans cette chronique, l’historien Jean-Baptiste Fressoz explique en quoi le vocabulaire de l’exploitation de la nature est lourd de réminiscences sexuelles.
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« Donald Trump, organisateur de Miss Univers et promoteur de King Coal »

Dans cette chronique, l’historien Jean-Baptiste Fressoz explique en quoi le vocabulaire de l’exploitation de la nature est lourd de réminiscences sexuelles.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 09h48
    |

Jean-Baptiste Fressoz







                        



                                


                            
Transformations. Y a-t-il quelque chose de commun entre #metoo et les combats environnementaux ? Le retour du charbon et le développement des pétroles non conventionnels ont-ils quelque chose à voir avec les rapports entre les sexes ?
Durant l’Antiquité et jusqu’à la Renaissance, la terre fut conçue comme un être vivant
Répondre par l’affirmative pourrait faire soupçonner une intention de distribuer femmes et hommes de part et d’autre du grand partage entre nature et culture – en plaçant les femmes du côté d’une nature qu’il faudrait protéger de la voracité des hommes. Pourtant, si ces oppositions paraissent « naturelles » (et même clichés), c’est parce qu’elles sont profondément ancrées dans la culture occidentale. C’est précisément leur genèse qu’éclaire le livre classique de la philosophe américaine Carolyn Merchant, The Death of Nature. Women, Ecology and the Scientific Revolution (Harper & Row, 1980), hélas non traduit en français.
L’argument de l’auteure est le suivant : durant l’Antiquité et jusqu’à la Renaissance, la terre fut conçue comme un être vivant, un super-organisme avec ses artères et ses orifices, ses tremblements et ses poils, son sang, sa salive et sa sueur. La terre était plus précisément une mère nourricière dont la matrice souterraine générait métaux et minéraux. L’art de la métallurgie, la réduction des minerais dans le creuset des forges revenaient à accélérer la naissance des métaux dans une sorte d’utérus artificiel.
Rituels propitiatoires
Dans cet univers mental, fouiller la terre, la pénétrer pour récolter l’or, l’argent, le fer et le cuivre était lourd de dangers physiques et religieux. Aussi, avant de s’introduire dans les galeries/vagins de la terre, les mineurs réalisaient des rituels propitiatoires et divers sacrifices aux divinités chthoniennes. Pline, Ovide, Sénèque et bien d’autres auteurs, jusqu’à Agricola, au XVIe siècle, et Milton, au XVIIe, accusent l’extraction...




                        

                        


<article-nb="2018/03/27/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ En général, les économistes évaluent la valeur d’un bien à l’aune de ce que les consommateurs dépensent pour l’acquérir et s’en servir. Mais comment estimer la valeur d’étendues d’eau dont on ne paye pas l’utilisation et qu’on n’utilise pas, s’interroge l’économiste Béatrice Cherrier dans sa chronique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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« Quelle valeur donner aux eaux touchées par la marée noire ? »

En général, les économistes évaluent la valeur d’un bien à l’aune de ce que les consommateurs dépensent pour l’acquérir et s’en servir. Mais comment estimer la valeur d’étendues d’eau dont on ne paye pas l’utilisation et qu’on n’utilise pas, s’interroge l’économiste Béatrice Cherrier dans sa chronique.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 08h43
    |

Béatrice Cherrier (Economiste à l’université de Cergy-Pontoise et à l’Institute for new economic thinking)







                        



                                


                            

Recherches. Mars, mois des marées noires : après les 50 ans du naufrage de l’Amoco Cadiz, le 16 mars 1978, voici les 39 ans de celui de l’Exxon Valdez, le 24 mars 1989. Le rôle joué par les économistes dans l’estimation des dommages provoqués par cette seconde catastrophe illustre parfaitement les difficultés que rencontrent les experts scientifiques quand ils pénètrent l’arène publique, comme le montrent les historiens Harro Maas (université de Lausanne) et Andrej Svorencik (Université de Mannheim) – « Fraught with Controversy : Organizing Expertise against Contingent Valuation », History of Political Economy n°49/2, 2017.
Le problème était de savoir quelle valeur donner aux eaux touchées par la marée noire. En général, les économistes évaluent la valeur d’un bien à l’aune de ce que les consommateurs dépensent pour l’acquérir et s’en servir. Mais comment estimer la valeur d’étendues d’eau dont on ne paye pas l’utilisation et, plus encore, qu’on n’utilise pas ?
Dans les années 1960, les économistes de l’environnement développèrent une méthode pour évaluer cette « valeur d’existence ». Il s’agissait de demander à un échantillon de citoyens combien ils seraient prêts à payer pour qu’un parc naturel ou un monument auquel ils n’ont parfois pas même accès continue à exister.
2,5 milliards de dollars
Cette méthode, dite de « l’évaluation contingente », fut très critiquée. Certains économistes considéraient que la valeur déclarée par les citoyens interrogés n’était pas sincère, d’autres que les seules expérimentations valides étaient celles menées sur de vrais marchés, avec de vraies incitations, de vraies dépenses.
L’enjeu était de taille : soit les résultats étaient faux, soit les citoyens se comportaient de manière erratique – ce qui mettait à mal nombre de modèles économiques construits autour de l’hypothèse que les agents économiques sont rationnels, bien informés et bon calculateurs.
Ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Après les réactions de la droite et de l’extrême droite aux attentats dans l’Aude, Emmanuel Macron devra apporter une réponse politique rapide s’il veut contrer les démagogues de l’antiterrorisme, estime, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 26/03/2018
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« On reste confondu par le cynisme ou le simplisme de la droite et de l’extrême droite »

Après les réactions de la droite et de l’extrême droite aux attentats dans l’Aude, Emmanuel Macron devra apporter une réponse politique rapide s’il veut contrer les démagogues de l’antiterrorisme, estime, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    27.03.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 11h23
   





                        



                                


                            
Chronique. Il n’aura pas fallu attendre longtemps. Trois jours à peine après l’attentat djihadiste de Carcassonne et de Trèbes (Aude), Marine Le Pen et Laurent Wauquiez n’ont pas eu de mots assez cinglants pour dénoncer l’incurie du chef de l’Etat dans la lutte contre le terrorisme. On a beau savoir que l’opposition est faite pour s’opposer et s’y emploie volontiers de manière pavlovienne, savoir également que ces deux chefs de parti se disputent avec acharnement la place de champion de la sécurité, l’on reste confondu par le cynisme ou le simplisme de la droite et de l’extrême droite.

Le cynisme d’abord. Le président des Républicains semble décidé à s’en faire une spécialité. Lundi 26 mars, il a ainsi dénoncé la « coupable naïveté » et « l’irresponsabilité » d’Emmanuel Macron, l’accusant de se « tromper tragiquement de diagnostic sur la barbarie islamiste lorsque, pour l’expliquer, il met en avant le chômage ou les discriminations ». C’est renvoyer le chef de l’Etat à une déclaration du 22 novembre 2015, quand il était ministre de l’économie, et faire comme s’il en était resté là.
Ecrits et discours attestent le contraire. On ne retiendra que deux exemples. En novembre 2016, le candidat Macron revenait longuement sur le sujet dans son livre-programme, Révolution. « Le fait que nombre de jeunes et de moins jeunes, nés sur notre territoire, puissent s’enfermer dans un projet de mort totalitaire procède d’une logique complexe » qui impose des réponses « qui vont bien au-delà de l’indispensable approche sécuritaire », écrivait-il. Mais il ajoutait : « L’équation est simple : ne rien céder aux discours de division ou de haine, et tout faire pour la liberté ; aider l’islam à construire sa place dans la République, mais ne céder en rien sur nos principes et lutter contre tous les communautarismes. »
Panoplie de mesures à l’emporte-pièce
Depuis son élection, Emmanuel Macron...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Les mutations technologiques et politiques amènent désormais à envisager son plan de carrière sur un court ou un moyen terme, explique le docteur en gestion Roland Robeveille.
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Carrière : « Ne plus se fixer d’objectifs au-delà de trois ou cinq ans »

Les mutations technologiques et politiques amènent désormais à envisager son plan de carrière sur un court ou un moyen terme, explique le docteur en gestion Roland Robeveille.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 16h51
    |

                            Elodie Chermann








                        



                                


                            

Chargé de cours à l’Ensta Paris Tech et à l’université de Versailles Saint-Quentin, Roland Robeveille donne quelques clés pour adapter son parcours professionnel aux évolutions du marché du travail.
Dans un monde en profonde mutation, cela a-t-il encore un sens de se construire un plan de carrière ?
Bien sûr que c’est utile ! Si on reste éternellement dans une posture d’attente, on n’avance pas. Mais les scénarios qu’on échafaude ne se réalisent évidemment pas toujours comme prévu. Parce qu’un plan de carrière dépend non seulement de la capacité qu’a ou non le salarié à évoluer professionnellement et personnellement dans un milieu professionnel, mais aussi des opportunités que l’entreprise a à lui offrir.
Aujourd’hui, un jeune ne peut plus envisager le développement de sa carrière de façon linéaire. Il doit intégrer le fait qu’il sera amené, sans doute plusieurs fois au cours de son parcours, à changer non seulement d’entreprise mais aussi de métier. Ainsi, d’après les estimations de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), 10 à 20 % des emplois disparaîtront dans les dix ans qui viennent sous l’effet des mutations technologiques, 50 % seront profondément transformés, tandis que 10 à 20 % d’emplois nouveaux apparaîtront.
Les statuts aussi vont évoluer. Aujourd’hui déjà, les contrats à durée indéterminée (CDI) sont de plus en plus souvent remplacés par des CDD, des intérimaires et des stagiaires et à l’avenir, ce sont les contrats de projet ou de chantier qui risquent de se généraliser.
Mais les jeunes sont habitués à gérer cette incertitude, non ?
Tout dépend de leur situation. Aujourd’hui, on peut considérer qu’il y a trois catégories de jeunes sur le marché du travail. D’un côté, on a les détenteurs de master 2 et les diplômés d’écoles de commerce ou d’ingénieurs qui parviennent, en général, à s’intégrer rapidement dans un poste et une activité correspondant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Lycéenne rescapée de la tuerie de Parkland, Emma Gonzalez a de nouveau pris la parole samedi 24 mars au cours de la manifestation qui a réuni plus d’un million d’Américains contre la libre circulation des armes à feu.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Le sport joue un rôle dans la prévention des troubles psychologiques chez les jeunes exposés à des événements traumatisants.
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Le sport, un outil de résilience

Le sport joue un rôle dans la prévention des troubles psychologiques chez les jeunes exposés à des événements traumatisants.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 15h25
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 10h09
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Stimulant de la mémoire, protecteur du déclin cognitif, antidépresseur, anxiolytique… Les scientifiques n’en finissent pas de découvrir les effets de l’activité physique sur le cerveau. Mais dans cet inventaire réjouissant des pouvoirs du sport, il en est un sur lequel les pédopsychiatres et les professionnels de l’enfance seraient bien inspirés de miser : la prévention des troubles psychologiques chez les jeunes exposés à des événements traumatisants.
Au-delà des histoires individuelles de champions ou d’anonymes que le sport a aidés à se reconstruire, il existe désormais des données épidémiologiques. Par exemple dans une vaste étude menée par le ­système de santé du Pays de Galles et l’université de Bangor, dont les premiers résultats ont été rendus publics en janvier. A partir d’un échantillon représentatif de 2 500 Gallois âgés de 18 à 69 ans, Mark Bellis et ses collègues se sont penchés sur la santé mentale et les sources de résilience de ceux qui avaient vécu des expériences négatives dans l’enfance.
Ils en ont identifié 11 types : événements familiaux (tels une séparation parentale, des violences domestiques, un contexte d’alcoolisme), antécédents de maltraitance (verbale, physique ou sexuelle) ou de négligence, physique ou émotionnelle. Un participant à l’étude sur deux n’avait connu aucune de ces situations, mais 14 % en cumulaient quatre ou plus.
Ces derniers se sont révélés bien plus vulnérables à l’âge adulte que ceux sans expérience négative pendant l’enfance. Au moment de l’enquête, ils étaient 3,7 fois plus souvent traités pour un trouble mental. Et leur risque de s’être automutilé ou d’avoir eu des pensées suicidaires était quasiment décuplé. Le ­niveau de risque dépendait cependant des moyens de résilience auxquels ils avaient eu accès pendant leur jeunesse puis à l’âge adulte.
Creuset de relations affectives
Dans l’enfance, le fait d’avoir noué une relation de confiance avec un adulte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Alors que les signataires de l’accord de Nouméa du 5 mai 1998 se retrouvent à Paris le 27 mars pour formuler la question du référendum calédonien qui sera soumise aux électeurs en novembre, l’ancien député (PS) René Dosière juge, dans une tribune au « Monde », que cette consultation intervient trop tôt.
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« En Nouvelle-Calédonie, la population n’a jamais eu l’occasion de débattre de l’avenir de son pays »

Alors que les signataires de l’accord de Nouméa du 5 mai 1998 se retrouvent à Paris le 27 mars pour formuler la question du référendum calédonien qui sera soumise aux électeurs en novembre, l’ancien député (PS) René Dosière juge, dans une tribune au « Monde », que cette consultation intervient trop tôt.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 15h25
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 12h42
    |

René Dosière (Membre honoraire du Parlement, a été le rapporteur du statut de la Nouvelle Calédonie)







                        



                                


                            

Tribune. La prochaine consultation de la population calédonienne sur l’avenir institutionnel de leur pays, conformément aux engagements pris à Nouméa en 1998, constitue une étape importante dans un processus de décolonisation pacifique unique et exemplaire dans notre histoire.
Il y a trente ans, les accords de Matignon mettent un terme à la guerre civile naissante et marquent le début d’une nouvelle relation entre la France et la Nouvelle-Calédonie. L’identité du peuple kanak est réhabilitée ; un effort important de rééquilibrage en matière de développement économique, social, éducatif est engagé en faveur des populations mélanésiennes ; un programme de formation accélérée des cadres kanaks est mis en place. La population française approuve, par référendum, cette politique nouvelle.
Une égale légitimité
Dix ans plus tard, avec l’Accord de Nouméa, une étape supplémentaire est franchie. Après avoir dressé un tableau réaliste de la colonisation, le préambule de l’accord fixe la finalité ultime du processus de décolonisation : la construction d’un destin commun par les deux principales communautés vivant sur le territoire qui se reconnaissent une égale légitimité à y demeurer, dans le cadre d’un partage de souveraineté avec la France.
A cet effet, la Calédonie est dotée d’un statut tellement spécifique et unique qu’il exigera une modification de la Constitution dont le titre XIII regroupe les dispositions transitoires relatives à la Nouvelle-Calédonie.

Que comporte l’accord signé à Nouméa le 5 mai 1998 ?
Sur une période de vingt ans, l’Etat transférera à la Calédonie l’ensemble de ses attributions et des moyens correspondant, à l’exception de ses pouvoirs régaliens (défense, police, justice, affaires étrangères) dont le transfert fera l’objet avant la fin de l’année 2018 d’une consultation de la population calédonienne. Nous y voilà : ce sera le 4 novembre.
Un gouvernement associant européens...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Connu en France pour ses dizaines d’ouvrages sur la poésie persane et le soufisme, le spécialiste des religions orientales est mort le 22 mars, à Téhéran, à l’âge de 83 ans.
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Le philosophe iranien Daryush Shayegan est mort

Connu en France pour ses dizaines d’ouvrages sur la poésie persane et le soufisme, le spécialiste des religions orientales est mort le 22 mars, à Téhéran, à l’âge de 83 ans.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 14h33
    |

            Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance)








                        



                                


                            

Daryush Shayegan, l’un des plus grands philosophes contemporains iraniens, connu en France pour ses dizaines d’ouvrages sur la poésie persane et le soufisme, est mort le 22 mars, à Téhéran, après presque deux mois dans le coma. Agé de 83 ans, ce spécialiste des religions orientales avait notamment rédigé des ouvrages remettant en cause la domination occidentale de la pensée philosophique et prônait dans ses premiers travaux une identité fondée sur les traditions et l’héritage culturel en Orient.
L’essayiste, né le 2 février 1935 à Téhéran d’un père iranien, d’ethnie turque, et d’une mère géorgienne, élevé par une nourrice russe et ensuite scolarisée dans une école française à Téhéran, a été dès l’enfance bercé dans une multitude de langues et de cultures. Des années plus tard, c’est ce même contexte qui le fait étudier les interactions entre cultures et civilisations.
A 15 ans, Daryush Shayegan part étudier au Royaume-Uni, puis en Suisse, et finalement en France, où il fait son doctorat en philosophie à la Sorbonne avec le grand professeur de philosophie islamique iranienne, Henry Corbin (1903-1978). Spécialiste des religions et des écoles philosophiques de l’Inde à seulement 25 ans, Daryush Shayegan commence à dispenser des cours de sanskrit à l’université de Téhéran.
Dialogue des civilisations
Ses recherches sur l’islam et sa fréquentation des penseurs musulmans comme Muhammad Husayn at-Tabataba’i (1903-1981), renforce son regard critique : « S’abandonner face à l’Occident relève de l’ignorance vis-à-vis de ce dernier », disait-il. Son ouvrage « l’Asie face à l’Occident » (1977, non traduit) a eu un grand succès auprès de l’intelligentsia iranienne au cours des années qui ont mené à la révolution et au renversement du chah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, en 1979, lequel était critiqué notamment pour sa proximité avec l’Occident.
Avant la révolution, Daryush Shayegan développe également l’idée du dialogue...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans le dernier numéro de la revue « Esprit », l’ancien ministre des affaires étrangères Hubert Védrine et Christian Lequesne, ancien directeur du Centre d’études et de recherches internationales, donnent leurs visions de la politique étrangère de la France.
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L’interventionnisme français en débat

Dans le dernier numéro de la revue « Esprit », l’ancien ministre des affaires étrangères Hubert Védrine et Christian Lequesne, ancien directeur du Centre d’études et de recherches internationales, donnent leurs visions de la politique étrangère de la France.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 16h47
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            

Y a-t-il une rupture dans la politique étrangère de la France depuis la victoire d’Emmanuel Macron en 2017 ? Les dix ans de présidence « sarko-hollandiste » ont-ils été une parenthèse dans l’histoire diplomatique de la République ?
Dans un article paru en novembre 2017 dans la revue ­Esprit, Justin Vaïsse, directeur du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie du Quai d’Orsay, estimait qu’il n’y avait pas de rupture entre les « gaullo-mitterrandiens » (attachés à l’indépendance de la France, l’intérêt national et la légalité internationale) et les « néoconservateurs à la française » (attachés au lien trans­atlantique et à l’interventionnisme au nom des « guerres justes ») – ces ­derniers étant vivement critiqués par le président Macron.
Face à cette démarche, des spécialistes des relations internationales ­démontrent le contraire dans la nouvelle livraison de la revue. Parmi eux : Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères (de 1997 à 2002), et Christian Lequesne, ancien directeur du Centre d’études et de recherches internationales (CERI). Tous deux considèrent que la décennie « sarko-hollandiste » s’ouvre et se ferme sur une double rupture diplomatique. La présidence Sarkozy se serait systématiquement alignée sur les positions de Washington.
Une continuité de principes
La présidence Macron, elle, a mis un terme au réflexe interventionniste de son prédécesseur. Toujours selon eux, la formule « gaullo-mitterrandien » n’est pas un « oxymore », comme l’écrit ­Justin Vaïsse. Elle traduit une continuité de principes entre les deux présidents et l’existence d’un attachement à l’indépendance de la France envers l’allié américain.
L’autre volet sur lequel le débat ­diplomatique s’emballe concerne les interventions dans lesquelles la France est engagée depuis quelques années (Afghanistan, Libye, Mali, République centrafricaine, ­Syrie-Irak). Pour Justin Vaïsse, il n’y a pas eu plus d’interventions sous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Une récente tribune signée par des historiens laissait entendre que les Archives nationales s’apprêtent à détruire des documents concernant des femmes qui ont subi un avortement. Ce qui est faux, rappellent Françoise Banat-Berger et Claire Sibille, des Archives nationales.
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Non, les Archives nationales ne déconsidèrent pas « l’histoire des femmes ordinaires »

Une récente tribune signée par des historiens laissait entendre que les Archives nationales s’apprêtent à détruire des documents concernant des femmes qui ont subi un avortement. Ce qui est faux, rappellent Françoise Banat-Berger et Claire Sibille, des Archives nationales.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 12h44
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 13h25
    |

Françoise Banat-Berger (Directrice des Archives nationales) et Claire Sibille (Sous-directrice de la politique archivistique)







                        



                                


                            

Tribune. Le Monde a fait paraître le 8 mars, une tribune signée par plusieurs historiennes et historiens intitulée : « Politique des archives publiques : Les femmes ordinaires seront les premières sacrifiées ». Cette tribune laisse à penser que les Archives nationales se préoccupent peu de l’histoire des femmes ordinaires puisqu’elles auraient l’intention de pilonner les bulletins anonymes d’IVG papier qu’elles conservent.
Procédons tout d’abord à un petit rappel sur la procédure de déclaration individuelle obligatoire. Celle-ci a été définie initialement par l’article 16 de la loi n°75-18 du 17 janvier 1975. La procédure est actuellement encadrée par l’arrêté du 25 novembre 1992 modifié relatif à la création d’un traitement statistique des bulletins d’interruption volontaire de grossesse au ministère de la santé et de l’action humanitaire.
Fichiers informatiques
Les données recensées portent sur l’année de naissance, le département ou le pays de naissance, la nationalité, le département ou le pays de domicile, la situation familiale, la situation professionnelle de la femme et de son conjoint, les informations médicales relatives à l’IVG et aux antécédents. Les destinataires en sont le ministère, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, l’Institut national d’études démographiques (INED) et les Archives nationales.
Les Archives nationales conservent donc :
– Les bulletins anonymes individuels au format papier : 1975-1980, 1982, 1984-1992, versés en plusieurs fois entre 1979 et 1996. Les années 1981 et 1983 n’ont jamais été versées ; l’année 1993 a été pilonnée en 2009, conformément au visa commun du chef de service de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) et du chef de la mission auprès des ministères sociaux ; les années postérieures n’ont jamais été versées.
– L’ensemble des fichiers informatiques (saisie des données comprises...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la professeure en science politique explique que la vengeance permet aux terroristes de justifer leurs actes et de se fabriquer un ennemi. Un discours qu’il faut donc déconstruire.
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Myriam Benraad : « La quête de vengeance est consubstantielle à l’ensemble du djihadisme contemporain »

Dans une tribune au « Monde », la professeure en science politique explique que la vengeance permet aux terroristes de justifer leurs actes et de se fabriquer un ennemi. Un discours qu’il faut donc déconstruire.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 12h26
    |

Myriam Benraad (Professeure associée en science politique à l'université de Leyde (Pays-Bas))







                        



                                


                            
[Jean Mazières, Christian Medves, Hervé Sosna et Arnaud Beltrame ont été assassinés, vendredi 23 mars, dans une attaque terroriste à Trèbes (Aube), près de Carcassonne, qui a également fait quinze blessés, dont un se trouve toujours dans un état grave. Le meurtrier, Radouane Lakdim, a été abattu par des militaires du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) alors qu’il s’était retranché dans un supermarché de Trèbes. Il était fiché « S » depuis 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste et était connu pour des faits de ­petite délinquance. Il avait été ­condamné à deux reprises, en 2011 et en 2015, pour des faits de droit commun et avait été incarcéré ­pendant un mois, en 2016, à Carcassonne. Peu avant, il avait braqué une voiture et attaqué quatre CRS qui revenaient d’un jogging dans cette ville. L’organisation Etat ­islamique (EI) a revendiqué l’attaque et la section antiterroriste du ­parquet de Paris a été saisie de l’affaire. Après s’être substitué à l’une des otages du supermarché, le lieutenant-colonel Arnaud ­Beltrame a succombé à ses blessures samedi – il est « tombé en ­héros », a souligné le président Emmanuel Macron. Un hommage national lui sera rendu.]
Tribune. Aux témoins de sa descente aux enfers, le terroriste franco-marocain Radouane Lakdim hurla vouloir « venger » ses frères en Syrie. Avant lui, l’un des bourreaux de l’attentat du 13 novembre 2015 à Paris avait déclaré sans aucun remords aux otages du Bataclan : « On fait partie de l’Etat islamique et on est là pour venger nos familles et nos proches de l’intervention française en Syrie. » L’année suivante, en juillet 2016, un nachid (poème musulman musical très populaire) baptisé Ma vengeance rendait hommage aux attentats de Paris et Bruxelles. La France se voyait accusée d’être responsable de la violence la frappant en raison de sa supposée « guerre contre l’islam et les musulmans ».
Evoquant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Le correspondant du « Monde » à New York Arnaud Leparmentier, remarque que si rien n’empêche de faire un coup en Bourse, à long terme, mieux vaut parier sur un vrai champion que sur un canard boiteux dopé au protectionnisme d’Etat.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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« Faut-il s’aventurer au casino des entreprises protectionnistes ? »

Le correspondant du « Monde » à New York Arnaud Leparmentier, remarque que si rien n’empêche de faire un coup en Bourse, à long terme, mieux vaut parier sur un vrai champion que sur un canard boiteux dopé au protectionnisme d’Etat.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h42
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            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Marchés. L’alerte de fin janvier semble soudain secondaire. Wall Street a connu sa pire semaine depuis deux ans, effrayée par la politique douanière de Donald Trump. Près de 3 % de recul jeudi 22 mars, 1,77 % le vendredi, le vent est mauvais. Et pourtant, en ce temps de guerre commerciale, n’y a-t-il pas moyen de se faire quelque argent rapide ?
Monty Quinn, qui tient une boutique à Hawesville dans le Kentucky devant l’usine de Century Aluminium, se frotte les mains : protégée par la grâce de Trump, l’usine va investir, et les actions de l’entreprise d’aluminium qu’il a achetées sont reparties à la hausse.
A quelques kilomètres de là, le maire de la ville, Charles King, s’emporte : sa femme lui a interdit d’acheter les fameuses actions quand elles étaient à 5 dollars, en septembre 2016. Et elles sont montées jusqu’à 25 dollars cet hiver, le marché anticipant l’activation des droits de douane.
« Gonflette »
Mais voilà qu’est survenue la dégelée inattendue de la semaine dernière : l’action a perdu près de 20 % en trois jours, tombant de plus de 20 dollars à 16,50 dollars, lorsque le marché a réalisé que Donald Trump avait fait de la « gonflette » et multipliait les exemptions de droits de douane pour les pays alliés, réduisant la « protection » de Century Aluminium.
Alors faut-il s’aventurer au casino des entreprises protectionnistes ? La tentation est grande : qui dit droit de douane dit marché protégé, et rien de tel pour faire fructifier sa rente. L’économiste en chef de Natixis, Patrick Artus, rappelle le précédent de 2002, lorsque George W. Bush avait imposé des droits sur les importations d’acier allant jusqu’à 30 %.
Les entreprises n’en avaient pas profité pour baisser leurs prix et conquérir des parts de marché. Non, elles s’étaient alignées sur le nouveau prix américain (le prix international majoré du droit de douane) et avaient encaissé tranquillement la différence. Soudain, les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur s’oppose à la proposition que Manuel Valls a faite dimanche 25 mars. Une interdiction du salafisme serait inapplicable et risquerait d’être contre-productive. Mieux vaut renforcer la surveillance de ces milieux.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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Jean-Luc Marret : « Doit-on interdire le salafisme ? »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur s’oppose à la proposition que Manuel Valls a faite dimanche 25 mars. Une interdiction du salafisme serait inapplicable et risquerait d’être contre-productive. Mieux vaut renforcer la surveillance de ces milieux.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h38
    |

Jean-Luc Marret (chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique et écrivain)







                        



                                


                            
[Jean Mazières, Christian Medves, Hervé Sosna et Arnaud Beltrame ont été assassinés, vendredi 23 mars, dans une attaque terroriste à Trèbes (Aube), près de Carcassonne, qui a également fait quinze blessés, dont un se trouve toujours dans un état grave. Le meurtrier, Radouane Lakdim, a été abattu par des militaires du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) alors qu’il s’était retranché dans un supermarché de Trèbes. Il était fiché « S » depuis 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste et était connu pour des faits de ­petite délinquance. Il avait été ­condamné à deux reprises, en 2011 et en 2015, pour des faits de droit commun et avait été incarcéré ­pendant un mois, en 2016, à Carcassonne. Peu avant, il avait braqué une voiture et attaqué quatre CRS qui revenaient d’un jogging dans cette ville. L’organisation Etat ­islamique (EI) a revendiqué l’attaque et la section antiterroriste du ­parquet de Paris a été saisie de l’affaire. Après s’être substitué à l’une des otages du supermarché, le lieutenant-colonel Arnaud ­Beltrame a succombé à ses blessures samedi – il est « tombé en ­héros », a souligné le président Emmanuel Macron. Un hommage national lui sera rendu.]
Tribune. Va-t-on vivre encore avec des attentats djihadistes ? Oui. C’est une manifestation négative de la mondialisation, et en particulier des mobilisations qui se développent dans toute diaspora, y compris sur plusieurs générations. Va-t-on de surcroît subir les attaques d’individus en proie à des crises mystiques ou à des psychoses ? Oui, quoique cette réalité puisse s’atténuer avec l’usure de la propagande de Daech.
Doit-on interdire le salafisme ? Poser la question ainsi revient à considérer que ce courant serait bien défini et s’incarnerait dans des organisations identifiées, et par conséquent susceptibles d’être frappées d’interdiction. Ce n’est pas le cas. Le salafisme est très varié. On peut le définir en fonction de l’autorité religieuse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le général considère que si le public garde davantage en mémoire le nom des auteurs d’attentats, le gendarme Arnaud Beltrame, tué à Trèbes vendredi 23 mars, sera pour les Français l’incarnation du courage et du sens du devoir.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Vincent Desportes : « Arnaud Beltrame donne un visage à la vertu militaire »

Dans une tribune au « Monde », le général considère que si le public garde davantage en mémoire le nom des auteurs d’attentats, le gendarme Arnaud Beltrame, tué à Trèbes vendredi 23 mars, sera pour les Français l’incarnation du courage et du sens du devoir.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h37
    |

Vincent Desportes (Général et professeur des universités associé à Sciences Po, ancien directeur de l’Ecole de guerre)







                        



                                


                            
[Jean Mazières, Christian Medves, Hervé Sosna et Arnaud Beltrame ont été assassinés, vendredi 23 mars, dans une attaque terroriste à Trèbes (Aube), près de Carcassonne, qui a également fait quinze blessés, dont un se trouve toujours dans un état grave. Le meurtrier, Radouane Lakdim, a été abattu par des militaires du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) alors qu’il s’était retranché dans un supermarché de Trèbes. Il était fiché « S » depuis 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste et était connu pour des faits de ­petite délinquance. Il avait été ­condamné à deux reprises, en 2011 et en 2015, pour des faits de droit commun et avait été incarcéré ­pendant un mois, en 2016, à Carcassonne. Peu avant, il avait braqué une voiture et attaqué quatre CRS qui revenaient d’un jogging dans cette ville. L’organisation Etat ­islamique (EI) a revendiqué l’attaque et la section antiterroriste du ­parquet de Paris a été saisie de l’affaire. Après s’être substitué à l’une des otages du supermarché, le lieutenant-colonel Arnaud ­Beltrame a succombé à ses blessures samedi – il est « tombé en ­héros », a souligné le président Emmanuel Macron. Un hommage national lui sera rendu.]
Tribune. Arnaud Beltrame est aujourd’hui l’incarnation du courage et des valeurs militaires, celles où l’honneur, l’abnégation et l’obsession du succès de la mission tiennent une place centrale, aux côtés du principe d’humanité. D’autres les partagent bien sûr, mais l’armée les cultive, elle en sculpte le caractère de ses soldats afin qu’ils aient la force d’aller, si la nation le leur demande, au bout de leur engagement, jusqu’à donner leur vie.
Ce geste est le résultat d’une décision prise en toute connaissance de cause, n’obéissant qu’au devoir et à l’honneur
Aujourd’hui, au Levant, au Sahel, et ailleurs dans le monde, sans que les citoyens français en aient une claire conscience, des soldats presque anonymes sont grièvement blessés...




                        

                        

