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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le programme d’échange européen a bénéficié, en 2017, à près de 80 000 étudiants, apprentis, lycéens professionnels ou enseignants français. Les demandes s’annoncent en hausse de 6 % en 2018.
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Le programme Erasmus + attire toujours plus d’étudiants

Le programme d’échange européen a bénéficié, en 2017, à près de 80 000 étudiants, apprentis, lycéens professionnels ou enseignants français. Les demandes s’annoncent en hausse de 6 % en 2018.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 17h29
    |

            Adrien de Tricornot








                        



   


L’engouement pour le programme européen Erasmus + ne se dément pas en France : les demandes pour bénéficier de ce programme conçu pour les étudiants et étendu progressivement aux apprentis, aux élèves de lycée professionnel, aux stagiaires de la formation professionnelle ou encore aux enseignants, sont en hausse de 6 % en 2018, selon les premières tendances dévoilées par Laure Coudret-Laut, directrice de l’Agence Erasmus + France, mardi 27 mars à Paris, à l’occasion de la présentation du bilan à mi-parcours du programme Erasmus + 2014-2020. Ces chiffres provisoires pour 2018 confortent la hausse observée ces dernières années dans l’Hexagone comme dans les autres pays européens, concomitante à la hausse du budget d’Erasmus + et du montant des bourses.

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          Les bourses Erasmus + pour partir à l’étranger seront plus nombreuses et plus élevées en 2018



En 2017, année où les trente ans de la création d’Erasmus ont été célébrés, 79 888 personnes ont ainsi pu bénéficier du programme en France et partir en mobilité, soit un bond de 18,2 % par rapport à 2016. Le nombre de demandes a augmenté encore plus vite : 121 121 demandes ont été déposées en 2017 (+19,8 %).

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          Erasmus : tout savoir sur le programme d’échanges universitaires, qui fête ses 30 ans



Trois quarts des demandes d’étudiants satisfaites
Les étudiants constituent toujours la majorité des bénéficiaires : 43 745 ont pu partir étudier ou effectuer un stage dans le cadre d’Erasmus + (contre 38 531 en 2016). Près des trois quarts des demandes d’étudiants (74,2 %) ont pu être satisfaites, soit une amélioration de quatre points en un an. Un étudiant sur trois part en Erasmus pour un stage, une proportion croissante. Ces stages soutenus par Erasmus + peuvent être réalisés dès la première année d’études supérieures (quand la mobilité d’études est possible à compter de la 2e année) et peuvent durer de deux à douze mois. Il est aussi possible de les combiner avec une période d’études en Erasmus.
La Tunisie et la Russie sont les deux destinations les plus demandées
Les étudiants sont aussi de plus en plus nombreux à être séduits par la mobilité internationale, hors Europe, désormais proposée via Erasmus + : seulement une demande sur trois a pu être satisfaite, et 3 437 étudiants français ont pu ainsi étudier au-delà de l’UE. La Tunisie et la Russie sont les deux destinations les plus demandées.

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          Erasmus : nos conseils pour partir étudier ou faire un stage à l’étranger



Demande croissante pour les séjours de plus de trois mois
De leur côté, les apprentis, les élèves de lycées professionnels et les stagiaires de la formation professionnelle sont de plus en plus nombreux à entrer dans le dispositif et forment désormais le second contingent : 20 338 ont effectué une mobilité en 2017 contre 14 991 en 2016. La tendance pour 2018 confirme la demande croissante pour les séjours « longs », de plus de trois mois. Si rien n’empêche théoriquement des alternances de se réaliser dans un autre pays, les systèmes d’apprentissage communiquent encore assez peu et « cela ne s’est jamais pratiqué dans aucun pays d’Europe », note Laure Coudret-Laut. En France, elle estime que la réforme en cours de la formation professionnelle, en procédant au « déverrouillage » de l’apprentissage, pourrait faciliter à terme sa réalisation dans le cadre d’Erasmus +.

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Une forte progression pour l’Occitanie, les Hauts-de-France et la Martinique
S’il touche des effectifs encore limités, le programme Erasmus + compte parmi ses bénéficiaires étudiants 39 % de boursiers sur critères sociaux (38 % des étudiants étaient boursiers en France lors de l’année 2016-2017). Enfin, si l’Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine sont les régions qui ont le plus bénéficié du programme en 2017, celles qui affichent la plus forte progression sont l’Occitanie, les Hauts-de-France et la Martinique.

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          Cinq idées fausses mais répandues sur le programme Erasmus



En mai commenceront les discussions sur le prochain programme Erasmus +, qui débutera en 2020. Pour Isabelle Jégouzo, cheffe de la représentation en France de la Commission européenne, la sanctuarisation du budget des deux « programmes d’avenir » que sont Erasmus + et Horizon 2020 (pour la recherche) est d’ores et déjà acquise. Mais des scénarios sont également envisagés pour augmenter le nombre de bénéficiaires – qui représentent seulement 3 % d’une classe d’âge aujourd’hui. Afin de doubler cette part, il faudrait disposer d’une enveloppe de l’ordre de 30 milliards d’euros sur sept ans (le programme actuel dispose de 16,38 milliards d’euros au niveau européen, soit 1,5 % du budget total de l’UE). Autre option, plus ambitieuse : dégager 90 milliards d’euros dans le but de toucher, via un des dispositifs Erasmus +, un jeune Européen sur trois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Le projet de loi, qui devrait être soumis au vote des députés avant l’été, provoque la colère unanime des organisations religieuses sur l’archipel et à l’étranger.
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L’Islande se prépare à interdire la circoncision

Le projet de loi, qui devrait être soumis au vote des députés avant l’été, provoque la colère unanime des organisations religieuses sur l’archipel et à l’étranger.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 14h19
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 14h59
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

S’il est adopté, le texte, en cours d’examen à l’Althingi, fera de l’Islande le premier pays européen à interdire la circoncision. L’ablation du prépuce d’un mineur, sans raison médicale, sera alors passible d’une peine allant jusqu’à six ans d’emprisonnement. Proposé par la députée de centre droit Silja Dögg Gunnarsdóttir, il est soutenu par cinq formations au Parlement, y compris le parti vert de la première ministre, Katrin Jakobsdottir.
Le projet de loi fait un parallèle avec l’excision, déjà interdite dans la plupart des pays européens et en Islande depuis 2005. Il met en avant « les droits de l’enfant » et soutient que l’intervention est en général pratiquée sans anesthésie, dans « des maisons qui ne sont pas stériles et par des leaders religieux qui ne sont pas médecins », entraînant de « hauts risques d’infection qui peuvent mener à la mort ».
Selon un sondage publié le 1er mars, la moitié seulement des Islandais sont favorables à une interdiction, qui affectera principalement les communautés juive et musulmane de l’archipel, soit respectivement environ 250 et 1 500 personnes, sur une population totale de 336 000 habitants.
« Criminalisation »
Tous les leaders religieux islandais s’y opposent. L’imam Mansoor Ahmad Malik craint l’essor de la clandestinité, qui pourrait entraîner des risques pour l’enfant. Le rabbin Avi Feldman, attendu en Islande d’ici à la fin de l’année, fait part de sa « grande inquiétude », tandis que les évêques des églises catholique et luthérienne mettent en garde contre « la persécution des individus pour des motifs religieux » et la « criminalisation » de l’islam et du judaïsme.
Mais c’est à l’étranger que les réactions sont les plus virulentes. Dans une lettre au Parlement, Jonathan A. Greenblatt, président de l’Anti-Defamation League (ADL), assure que si l’Islande interdit la circoncision, l’archipel « sera célébré par les néonazis,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Pour protester contre l’incarcération des leaders indépendantistes, des groupes radicaux ont bloqué mardi matin l’autoroute A7 près de la frontière et la nationale qui relie la Catalogne à la côte espagnole.
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Blocages de routes en Catalogne pour protester contre l’arrestation de Puigdemont

Pour protester contre l’incarcération des leaders indépendantistes, des groupes radicaux ont bloqué mardi matin l’autoroute A7 près de la frontière et la nationale qui relie la Catalogne à la côte espagnole.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 13h46
   





                        



   


L’arrestation et l’incarcération en Allemagne de Carles Puigdemont, dimanche, continuent de provoquer de vives tension en Catalogne. Des militants indépendantistes ont bloqué deux routes de la région espagnole, mardi 27 mars au matin, pour protester contre la détention de l’ancien président régional, mais aussi contre l’incarcération en Espagne de plusieurs autres leaders indépendantistes.
Des barrages ont été érigés sur l’autoroute A7 près de la frontière française et sur la nationale N340 qui relie la Catalogne à la côte sud-est de l’Espagne. Le trafic a aussi été coupé par des manifestants aux alentours de Lleida, dans l’ouest de la région, sur l’autoroute A-2 reliant la Catalogne à Saragosse. Les deux principaux accès à Barcelone, par le nord et le sud, ont également été brièvement coupés.
La police est intervenue à la mi-journée pour lever le barrage dressé sur l’autoroute A7, près de la frontière. La télévision catalane TV3 a montré en direct des agents antiémeutes de la police catalane encerclant des manifestants assis sur l’autoroute et les traînant un par un sous des huées.
Ces manifestations ont été organisées par les Comités de défense de la République (CDR), des groupes radicaux proches du parti séparatiste d’extrême gauche Candidature d’unité populaire (CUP), qui ont lancé lundi un cycle de protestations « permanentes ». Ils avaient aussitôt bloqué pendant quelques heures une autoroute près de Lleida, dans l’ouest de la Catalogne.
Au début de novembre, ils avaient bloqué des voies ferrées, des routes et des sites touristiques lors d’une grève en soutien aux militants emprisonnés. « Avec les dernières incarcérations et l’arrestation du président Carles Puigdemont, il apparaît clairement que nous avons franchi un point de non-retour », ont-ils déclaré dans un communiqué lundi.
Neuf dirigeants séparatistes en détention
A l’annonce de l’interpellation de Carles Puigdemont en Allemagne, à la demande de Madrid, dimanche, des manifestations ont eu lieu dans toute la Catalogne, et des heurts entre manifestants et policiers ont fait plus d’une centaine de blessés.
L’ancien président est maintenu en détention jusqu’à ce qu’une décision soit prise quant à son expulsion en Espagne, réclamée par un mandat européen. Le tribunal régional de Kiel, dans le nord de l’Allemagne, a soixante jours pour trancher.

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                De la destitution à l’arrestation de Puigdemont, retour sur les moments forts de la crise catalane



Neuf dirigeants séparatistes, dont le candidat à la présidence de la région, Jordi Turull, ont été placés en détention provisoire près de Madrid et inculpés de rébellion pour leur rôle dans la tentative de sécession unilatérale du 27 octobre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Au moins 64 personnes sont mortes à Kemerovo, en Sibérie, alors que les premières conclusions de l’enquête confirment les « violations flagrantes » des normes de sécurité.
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Un incendie meurtrier dans un centre commercial révèle la corruption endémique en Russie

Au moins 64 personnes sont mortes à Kemerovo, en Sibérie, alors que les premières conclusions de l’enquête confirment les « violations flagrantes » des normes de sécurité.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 11h07
    |

                            Intérim (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Comme souvent dans les villes russes, le centre commercial de Kemerovo était devenu son principal lieu de vie pour les week-ends en famille ou entre amis. Dimanche 25 mars au soir, dans la cité minière de Sibérie occidentale, la sortie au magasin, au restaurant, au cinéma ou au bowling a viré au drame. Au moins 64 personnes, dont officiellement une dizaine d’enfants, ont péri dans l’incendie de Zimnaia Vishnia (« cerise d’hiver »), le centre commercial où s’étaient retrouvés, sur quatre étages, des milliers d’habitants de la ville et des villages environnants.
Les premières conclusions du comité d’enquête ont vite confirmé le constat des secouristes. Dans la conception du centre, mais surtout dans son exploitation, les « violations flagrantes » des normes de sécurité étaient nombreuses : matériaux de construction inflammables, issues de secours closes, système d’évacuation de fumées déficient, alarme débranchée, alertes inexistantes… Bloqués à l’intérieur du cinéma dont les portes étaient fermées à clef pour éviter les resquilleurs, des enfants ont appelé leurs parents au téléphone. D’autres ont sauté par les fenêtres.
« On parle de problèmes démographiques, mais trop de gens meurent, et à cause de quoi ? A cause de négligence criminelle, de laisser-aller », a fustigé mardi matin Vladimir Poutine. Arrivé à Kemerovo, le chef du Kremlin doit s’entretenir avec les autorités locales, notamment le gouverneur Aman Tuleyev. Ce dernier pourrait être rapidement remercié. A la présidentielle du 18 mars, il avait pourtant fait obtenir à M. Poutine l’un de ses meilleurs résultats : plus de 85 % des voix, sur fond d’une participation supérieure à 80 %.
« Démission ! », « Criminels ! » et « Vérité ! »
Mais, après l’incendie, la colère monte. Quelques centaines d’habitants se sont rassemblés mardi matin dans le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le feu s’est déclaré dimanche dans un centre commercial au cœur de Kemerovo. Le bilan est d’au moins 64 morts. Vladimir Poutine s’est rendu sur place mardi.
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Incendie meurtrier en Sibérie : une série de négligences et de violations des normes

Le feu s’est déclaré dimanche dans un centre commercial au cœur de Kemerovo. Le bilan est d’au moins 64 morts. Vladimir Poutine s’est rendu sur place mardi.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 15h01
   





                        



   


Quarante et un enfants sont morts dans l’incendie qui a tué au moins soixante-quatre personnes dimanche dans un centre commercial de Kemerovo, en Sibérie, a annoncé mardi 27 mars une source des services d’urgence, citée par l’agence de presse publique russe RIA Novosti. L’incendie meurtrier a été provoqué par une série de négligences criminelles et de violations des normes de sécurité, selon les autorités.
D’après une source au sein des services d’urgence de la région de Kemerovo, le bilan de soixante-quatre morts n’est pas encore définitif. « Dans la liste des morts figurent les noms de famille de quarante et un enfants », a déclaré cette même source à RIA Novosti.
Le centre commercial était très fréquenté dimanche, notamment par plusieurs classes d’écoliers de villages avoisinants ,qui ont été pris au piège dans les salles de cinéma et les salles de jeux. Une enseignante avait laissé sa classe seule et sans surveillance, selon les enquêteurs, qui n’ont pas exclu que le feu ait pu être déclenché par des enfants jouant avec un briquet.
Selon plusieurs témoins et victimes ayant appelé leurs proches des salles de cinéma situées près de l’épicentre de l’incendie, les portes avaient été fermées à clé, probablement par les employés du cinéma pour empêcher l’entrée de spectateurs sans ticket. Les issues de secours avaient également été verrouillées, sans doute par des employés de la sécurité. Une vidéo diffusée sur Internet montre des personnes s’efforçant d’ouvrir une issue bloquée en criant : « On va étouffer ! »
Système d’alerte hors service
Le système d’alerte automatique ne fonctionnait pas dans le centre commercial depuis le 19 mars, mais aucune mesure n’avait été prise pour le réparer, selon les enquêteurs. Quant au système d’alerte manuel, l’employé qui aurait dû le déclencher ne l’a pas fait « pour une raison difficilement compréhensible ».

   


Des témoins ont par ailleurs fait état du dysfonctionnement du système d’extincteurs automatiques. Selon le comité d’enquête, plusieurs employés chargés de la sécurité du centre commercial ont fui les lieux au début de l’incendie, au lieu de prévenir les clients et d’organiser les évacuations.
Les autorités ont relevé de nombreuses « violations flagrantes » des règles de sécurité, dans la construction puis dans la mise en exploitation de ce centre commercial, ouvert en 2013 à la place d’une fabrique de confiseries.
Selon les autorités, le centre commercial n’avait pas reçu l’accord du ministère des situations d’urgence pour sa mise en exploitation en 2013, en raison précisément de problèmes dans la sécurité anti-incendie du bâtiment.

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          Un incendie qui révèle la corruption endémique en Russie



Le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, s’est rendu mardi à Kemerovo, où il a déposé une gerbe sur les lieux de l’incendie et a rendu visite à des victimes hospitalisées. Lors d’une réunion avec plusieurs hauts responsables locaux et nationaux, il a dénoncé « une négligence criminelle », alors que les autorités attribuent cet incendie à de nombreuses violations des règles de sécurité. « Que se passe-t-il ici ? Il ne s’agit pas d’hostilités armées. Il ne s’agit pas d’une fuite inattendue de méthane. (…) Trop de gens meurent et à cause de quoi ? A cause de négligence criminelle, de laisser-aller », a dit le président russe dans des propos retransmis par le Kremlin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le gouvernement autrichien, qui compte des ministres du parti d’extrême droite FPÖ, présente le pays comme « un pont entre l’Est et l’Ouest ».
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Affaire Skripal : une dizaine de pays européens choisissent la neutralité

Le gouvernement autrichien, qui compte des ministres du parti d’extrême droite FPÖ, présente le pays comme « un pont entre l’Est et l’Ouest ».



Le Monde
 |    27.03.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 18h11
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Elles ont coûté, jusqu’ici, quelque 60 milliards d’euros aux pays européens – et 40 à la Russie – et suscitent traditionnellement des débats : les sanctions adoptées contre la Russie, en 2014, après l’annexion de la Crimée et le crash du vol MH17 dans l’est de l’Ukraine, n’ont jamais fait une réelle unanimité en Europe. L’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille a toutefois amené une série d’Etats à franchir un nouveau palier avec l’expulsion de diplomates russes. Une dizaine de pays ne se sont pas ralliés à cette décision.
L’Autriche invoque sa neutralité, son gouvernement affirmant vouloir « maintenir ouverts les canaux de communication avec la Russie ». Le pays – qui n’est pas membre de l’OTAN – dit se considérer comme « un pont entre l’Est et l’Ouest ». Le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ, extrême droite), allié du chancelier Sebastian Kurz, est lié par un « accord de coopération » au parti Russie unie du président russe, Vladimir Poutine.

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                Affaire Skripal : le front uni des Occidentaux face à la Russie



Maintenir le dialogue : c’est aussi l’espoir du premier ministre belge Charles Michel, qui s’est, comme M. Kurz, rendu récemment à Moscou. Il devait adopter une décision sur les expulsions, mardi 27 mars. La situation est d’autant plus délicate pour lui que son pays, siège de l’OTAN et de l’UE, abrite de très nombreux diplomates russes.
Ligne prudente
La Grèce – qui a félicité M. Poutine pour sa réélection – s’était ralliée à contrecœur aux sanctions de 2014, mais veut attendre les preuves définitives dans l’affaire de Salisbury. Elle s’interroge périodiquement sur les mesures de rétorsion à l’égard de la Russie, que le premier ministre Alexis Tsipras voulait appeler à la rescousse au plus fort de la crise financière qui frappait son pays en 2015.
La Bulgarie s’inquiète de l’escalade actuelle. Une position défendue aussi, il y a peu, par la Hongrie de Viktor Orban, désormais ralliée au camp des « durs ». La Slovaquie va se contenter de convoquer l’ambassadeur russe. Le Portugal se demande si les expulsions sont l’outil le plus approprié « compte tenu de la gravité de la crise actuelle ».
Chypre, terre d’accueil et d’investissement pour les capitaux russes, et qui a par ailleurs permis à la flotte russe d’accroître sa présence en Méditerranée, campe aussi sur une ligne prudente. Malte et le Luxembourg se disent, eux, solidaires, mais incapables de procéder à des expulsions, qui signifieraient une rupture de fait de leurs relations diplomatiques.
Une éventuelle aggravation des sanctions, évoquée par Donald Tusk, le président du Conseil européen, ne fera sans doute qu’illustrer davantage la désunion des Vingt-Huit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Editorial. L’expulsion par des pays occidentaux de plus d’une centaine de diplomates russes a le mérite de signifier à Vladimir Poutine qu’il a franchi la ligne rouge.
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Affaire Skripal : le rapport de force avec la Russie est nécessaire

Editorial. L’expulsion par des pays occidentaux de plus d’une centaine de diplomates russes a le mérite de signifier à Vladimir Poutine qu’il a franchi la ligne rouge.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 11h27
   





                        


Editorial du « Monde ». Vladimir Poutine est visiblement aussi doué pour galvaniser son peuple en jouant sur la fibre nationaliste que pour ­coaliser contre lui un front uni à l’extérieur. Dans un mouvement inédit par son ampleur, les Etats-Unis, le ­Canada, ainsi que seize pays de l’Union européenne (UE) parmi lesquels la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Pologne, ont annoncé lundi 26 mars de façon simultanée et concertée l’expulsion d’au moins 116 diplomates russes.
Ces mesures de représailles spectaculaires font écho à l’empoisonnement au gaz neurotoxique le 4 mars de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille, alors qu’ils s’étaient réfugiés en Grande-Bretagne. Une semaine après son élection triomphale, le président russe se retrouve plus isolé que jamais sur la scène internationale.

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Le Royaume-Uni accuse la Russie d’avoir commandité cette tentative d’assassinat, dont le modus operandi porte la signature de Moscou. Dans un premier temps, Theresa May, la première ministre britannique, avait fermement répliqué en expulsant vingt-trois diplomates russes. Si l’UE avait très vite apporté son soutien à Londres, la position américaine avait été plus compliquée à décrypter après le coup de fil passé par Donald Trump à Vladimir Poutine pour féliciter ce dernier de son élection sans même évoquer le différend créé par l’empoisonnement de Sergueï Skripal.
Solidité de la solidarité occidentale
Malgré les louvoiements de M. Trump sur ses rapports avec la ­Russie, les expulsions de diplomates russes décidées lundi lèvent les ambiguïtés sur la solidité de la solidarité occidentale face à un acte qualifié par la Maison Blanche d’« attaque odieuse ». L’UE, elle, a su passer outre les tensions inhérentes aux négociations sur le Brexit pour réaffirmer son appui indéfectible à Londres.

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Le camp occidental n’avait d’autre choix que de réagir de façon nette et ferme. Même si ces expulsions de diplomates restent symboliques, elles signifient clairement que Moscou a franchi la ligne rouge en utilisant pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale une arme ­chimique sur le sol européen. Habile joueur d’échecs, Vladimir Poutine a testé à de maintes reprises la capacité de réaction des Occidentaux, qu’il s’agisse de l’intervention en Ukraine, de l’annexion de la Crimée, de son rôle en Syrie ou des interférences dans les élections américaines. De ce point de vue, l’affaire Skripal est un pion poussé trop loin aux yeux des Occidentaux.
Comme à chaque fois, Moscou martèle n’avoir rien à voir avec cet empoisonnement, accusant les alliés de la Grande-Bretagne de suivre « aveuglément le principe de l’unité euro-atlantique au détriment du bon sens, des normes d’un dialogue civilisé entre Etats ». Justement, les Occidentaux, en optant pour une riposte graduelle, ont choisi de maintenir le dialogue avec la Russie au moment où celui-ci reste indispensable. Même si Moscou a d’ores et déjà annoncé vouloir riposter selon le « principe de réciprocité », il en va de l’intérêt de chaque camp de trouver les clefs de la désescalade.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Les dirigeants de l’UE ont fait part à M. Erdogan de leurs « sujets de préoccupation » à Afrin et à Chypre, tout en voulant préserver l’accord sur les migrations de 2016
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/03/2018
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A Varna, reprise du dialogue a minima entre Bruxelles et Ankara

Les dirigeants de l’UE ont fait part à M. Erdogan de leurs « sujets de préoccupation » à Afrin et à Chypre, tout en voulant préserver l’accord sur les migrations de 2016



Le Monde
 |    27.03.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 14h43
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            
C’est Donald Tusk, avec son sens du parler vrai, qui a le mieux résumé cette délicate réunion entre les dirigeants de l’Union européenne et Recep Tayyip Erdogan, le président turc : « Nous ne sommes parvenus à aucune avancée concrète ce soir », a regretté le président du Conseil européen à l’issue d’échanges visiblement tendus dans la ville bulgare de Varna, lundi 26 mars.
C’était la première fois depuis près d’un an que les Européens tentaient de renouer le dialogue au plus haut niveau avec un pouvoir turc jugé indispensable pour limiter les arrivées de migrants, mais dont les dérives autoritaires ont rendu très illusoire le processus d’adhésion à l’Union.
La relation avec Bruxelles s’est brutalement détériorée après le coup d’Etat manqué du 15 juillet 2016, les purges de dizaines de milliers de fonctionnaires turcs qui ont suivi, ainsi que les condamnations de centaines de journalistes – la Turquie est devenue « la plus vaste prison pour journalistes » du monde selon l’ONG Reporters sans frontières. Sans compter les violentes accusations de M. Erdogan qui, en pleine campagne pour le référendum sur le renforcement de ses pouvoirs en 2017, est allé jusqu’à accuser la chancelière allemande, Angela Merkel, de « pratiques nazies ».
« J’ai soulevé [lors de la rencontre] tous nos sujets de préoccupation, de l’Etat de droit à la liberté de la presse et à la question syrienne, c’était une longue liste », a ajouté M. Tusk. L’ex-premier ministre polonais a souligné, à propos de l’intervention d’Ankara à Afrin et dans le nord de la Syrie visant à déloger la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), que « l’escalade de la violence et des déplacements [de population], alors que la situation est déjà dramatique et volatile, doit être évitée ». 

Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, qui l’accompagnait, ont en outre réitéré, lundi, le ferme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Seize pays de l’UE, mais aussi les Etats-Unis, et au moins six pays alliés, ont annoncé l’expulsion d’au moins 116 diplomates russes de leur territoire.
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Affaire Skripal : le front uni des Occidentaux face à la Russie

Seize pays de l’UE, mais aussi les Etats-Unis, et au moins six pays alliés, ont annoncé l’expulsion d’au moins 116 diplomates russes de leur territoire.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 11h08
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant) et 
Marc Semo








                        



                                


                            
La riposte est sans précédent, aussi bien par son ampleur que par son caractère coordonné. Au moins 116 diplomates russes sont en passe d’être expulsés des deux côtés de l’Atlantique : soixante par les Etats-Unis, qui ferment en outre le consulat à Seattle, et plus d’une trentaine par seize pays de l’Union européenne, rejoints par six autres pays alliés, dont le Canada et l’Australie.
Cette riposte est à l’aune du défi représenté par la tentative d’assassinat, le 4 mars à Salisbury, dans le sud de l’Angleterre, d’un agent double russe ayant travaillé pour le GRU (le renseignement militaire russe), Sergueï Skripal, 66 ans, et de sa fille Youlia, 33 ans. Un redoutable gaz neurotoxique de la quatrième génération mis au point par l’URSS dans les années 1980, le Novitchok (« petit nouveau » en russe), aurait été utilisé à cette occasion.

« C’est un avertissement pour la Russie qui ne peut continuer ainsi à bafouer le droit international », s’est réjouie la première ministre britannique, Theresa May, satisfaite de « la grande solidarité » montrée par l’UE et l’OTAN. « Nous disons au gouvernement russe que lorsque vous attaquerez un ami, vous aurez à en subir les conséquences », a fait valoir un haut responsable de l’administration américaine.
« Les Etats-Unis sont prêts à coopérer pour bâtir une meilleure relation avec la Russie, mais cela ne peut se produire que si le gouvernement russe change d’attitude », a commenté le porte-parole adjoint de la Maison Blanche, Raj Shah. Moscou, qui nie toute implication dans la tentative d’assassinat, dénonce un « geste provocateur témoignant de la poursuite d’une ligne de confrontation » et promet des représailles.
L’expulsion de diplomates, même massive, reste une mesure avant tout symbolique. C’est une façon de marquer le coup et surtout d’éviter tout « signal de faiblesse ». « Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Après l’affaire Skripal et contre l’avis de ses conseillers, le président américain avait appelé Vladimir Poutine pour le féliciter pour sa réélection.
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Sanctions contre la Russie : la détermination américaine à l’épreuve des ambiguïtés de Trump

Après l’affaire Skripal et contre l’avis de ses conseillers, le président américain avait appelé Vladimir Poutine pour le féliciter pour sa réélection.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 18h18
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

L’expulsion de soixante diplomates russes et la fermeture d’un consulat à Seattle, annoncés lundi 26 mars au matin à Washington, en concertation avec les alliés occidentaux des Etats-Unis, s’inscrit en droite ligne dans la « vision stratégique » américaine présentée en décembre 2017.
Le document, concocté par le Conseil de sécurité nationale dirigé alors par le général H. R. McMaster, insistait sur les défis présentés par la Russie. Il pointe les ambitions de réarmement de Moscou combinées avec une stratégie d’interférence dans les affaires intérieures d’autres pays, notamment lors d’élections. « L’objectif de la Russie est d’affaiblir l’influence des Etats-Unis dans le monde et de nous éloigner de nos alliés et partenaires », précise le document.
Les décisions coordonnées annoncées lundi, après le communiqué commun de Washington, Londres, Paris et Berlin le 14 mars mettant en cause Moscou dans l’affaire de l’empoisonnement d’un ex-agent russe au Royaume-Uni, s’inscrivent dans cette analyse. « Nous disons au gouvernement russe que lorsque vous attaquerez un ami, vous aurez à en subir les conséquences », a indiqué lundi matin un haut responsable de l’administration. « Comme nous l’avons toujours indiqué à Moscou, la porte du dialogue est ouverte », à condition cependant de « mettre fin à un comportement imprudemment agressif », a-t-il ajouté.

Face à la Russie, un « rival » qualifié de « révisionniste » du fait de son positionnement jugé « illibéral » dans la vision stratégique de l’administration, la détermination américaine reste parfois contredite par les ambiguïtés du président Donald Trump. Ce dernier a à plusieurs reprises fait crédit aux dénégations de son homologue Vladimir Poutine pour les accusations d’interférences dans l’élection présidentielle de 2016, en dépit des assurances de ses propres services de renseignement.

« La Russie a commencé sa...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Grande spécialiste des lettres russes et en particulier de la poètesse Marina Tsvetaeva, Véronique Lossky est morte à Paris, le 17 mars, à 87 ans.
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Mort de Véronique Lossky, auteure et traductrice

Grande spécialiste des lettres russes et en particulier de la poètesse Marina Tsvetaeva, Véronique Lossky est morte à Paris, le 17 mars, à 87 ans.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 16h59
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 17h43
    |

                            Elena Balzamo (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

C’était l’une des figures tutélaires du monde slavisant français. Véronique Lossky est morte le 17 mars, à l’âge de 87 ans, tandis que battait son plein le salon du livre de Paris dont le pays invité était la Russie. Coïncidence significative : c’est à ce pays, ou plus exactement à sa littérature, qu’elle avait consacré la majeure partie de sa vie. Ce choix professionnel découlait de ses inclinations, de ses études, mais aussi de ses racines familiales.
A l’automne 1922, parti de Petrograd, le « bateau des philosophes » emmenait vers l’exil plus de 150 personnes, la fine fleur de l’intelligentsia russe : hommes de science, écrivains, philosophes, expulsés sur l’ordre de Lénine en tant qu’éléments hostiles, voire nuisibles, à l’Etat soviétique. Parmi eux se trouvait le théologien orthodoxe Vladimir Lossky (1903-1958), futur beau-père de Véronique.
Chassés manu militari, dépouillés de leurs biens, ces expulsés ne furent autorisés à emporter que quelques vêtements. Pas d’argent ni de livres. Plusieurs d’entre eux vinrent grossir les rangs de la diaspora russe en France, dont les membres se comptaient déjà en dizaines de milliers. Ainsi naquit un milieu unique, littéralement saturé de culture : écoles, églises, conservatoires de musique, maisons d’édition, qui, malgré les inévitables conflits internes, œuvraient tous à un but commun, conserver la culture russe dans l’espoir de la « restituer » un jour à la patrie. On y comptait plusieurs écrivains de premier rang dont Ivan Bounine, Gaïto Gazdanov, Nina Berberova, ou encore Marina Tsvetaeva.
Fille d’exilés russes
C’est dans ce milieu que grandit Véronique Youdine-Belsky. Née en 1931 à Paris de parents émigrés, elle était la petite-fille d’un prêtre orthodoxe. Après une scolarité au lycée russe de Paris, elle suit des études à la Sorbonne, puis à Oxford, un parcours au cours duquel elle se spécialise en littérature et en histoire russes, ancienne et moderne. De sorte que, à la différence de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’ancien ministre des finances grec, figure anti-austérité, a lancé à Athènes le MeRA25, qui s’inscrit dans un mouvement européen plus large.
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Grèce : Yanis Varoufakis lance un nouveau parti politique

L’ancien ministre des finances grec, figure anti-austérité, a lancé à Athènes le MeRA25, qui s’inscrit dans un mouvement européen plus large.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 17h55
    |

                            Intérim








                        



   


« MeRA25 propose un plan pour mettre fin à la colonisation de la Grèce par la dette », a expliqué Yanis Varoufakis lors d’une conférence de presse inaugurant son nouveau parti, lundi 26 mars à Athènes. L’ancien ministre des finances grec, qui se rendait en veste de cuir aux réunions de l’Eurogroupe à Bruxelles et qui s’est rendu célèbre pour ses confrontations répétées avec les créanciers de la Grèce, a noté que « MeRA25 ne sera pas juste un parti de plus, mais sera partie intégrante du mouvement pan-européen Diem25 ».
DiEM25, lancé il y a un peu plus d’un an à Berlin, se définit comme un mouvement européen pour lutter contre « l’establishment » qui gouverne l’Europe. « L’Europe fait face actuellement à cinq crises : celles de la dette, du système bancaire, de la pauvreté, d’un faible investissement et migratoire. DiEM25 est la plateforme qui s’adresse à tous les démocrates européens pour trouver des réponses communes à ces crises », peut-on lire sur le site du parti. Autre cheval de bataille de DiEM25 : la transparence des institutions européennes. L’économiste marxiste, grand argentier grec de janvier à juillet 2015, qui avait enregistré en secret avec son téléphone portable les principales conversations lors des réunions à Bruxelles, a dénoncé dans son dernier livre, Conversations entre adultes (Les Liens qui libèrent, 2017), le manque de démocratie au sein des institutions européennes.

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                Au cœur de la bataille de la Grèce contre l’Eurogroupe



Lundi à Athènes, Yanis Varoufakis, qui s’est brouillé avec le premier ministre Alexis Tsipras, a présenté son « new deal » pour la Grèce. Dans son programme en vue des élections législatives qui doivent se tenir à l’automne 2019 dans son pays figurent ces points essentiels : la restructuration de la dette avec la création d’une société pour la restructuration de la dette publique, une baisse importante des taux d’imposition, le développement d’une banque de développement, la création d’une société publique chargée de gérer la dette des clients des banques et de protéger les clients surendettés des saisies immobilières, le retour des droits des travailleurs, et l’incitation à l’entreprenariat.
« Psychodrame »
Selon Nikos Dimou, journaliste et auteur de Du malheur d’être Grec (Payot, 2012), « ce nouveau parti n’aura pas une grande influence sur la scène politique grecque ». « Les électeurs déçus de Syriza qui sont allés vers les partis plus à gauche, comme le parti de Panagiotis Lafazanis, Unité populaire, ne représentent qu’une faible proportion de l’électorat, et M. Varoufakis ne pourrait récupérer que les voix de ces quelques électeurs marqués à l’extrême gauche », dit-il.
Autre désavantage pour M. Varoufakis : « Il parle comme un universitaire, et en Grèce un homme politique comme Andréas Papandréou [ex-premier ministre et fondateur du Pasok, le parti socialiste], qui pourtant était aussi intellectuel, avait compris qu’il faut jouer l’homme du peuple, aller danser le sirtaki, manger dans les tavernes populaires, employer la langue de la plèbe », poursuit l’éditorialiste.

        Lire l’entretien :
         

          Yanis  Varoufakis : « Macron a déjà échoué face à l’Allemagne »



Enfin, pour la majorité des Grecs, Yanis Varoufakis reste associé selon M. Dimou, « à la catastrophe de l’été 2015 », lorsque les banques ont été fermées et imposé le contrôle des capitaux. « J’ai perdu 20 % de mon chiffre d’affaires à cause de ce psychodrame qui a failli nous conduire hors de la zone euro ! », s’insurge ainsi Kostis, propriétaire d’un magasin d’informatique dans le centre d’Athènes.
Au début du mois de mars, Thomas Wieser, ancien président des réunions préparatoires de l’Eurogroupe, avait déclaré que « les six premiers mois du gouvernement Syriza avaient coûté à la Grèce près de 200 milliards d’euros ». Lundi, à Athènes, Yanis Varoufakis a répondu à ces accusations : « En 2015, ce sont les créanciers qui ont étranglé la Grèce, refusé de négocier de bonne foi et orchestré une panique bancaire. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Les Etats-Unis, le Canada et 14 pays de l’UE ont annoncé des mesures de rétorsion consécutives à la tentative d’assassinat de l’agent double Sergueï Skripal.
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Affaire Skripal : action coordonnée de pays occidentaux pour expulser des diplomates russes

Les Etats-Unis, le Canada et 14 pays de l’UE ont annoncé des mesures de rétorsion consécutives à la tentative d’assassinat de l’agent double Sergueï Skripal.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 15h29
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 05h00
   





                        



   


Trois semaines après l’empoisonnement de l’agent double Sergueï Skripal, de nombreux pays occidentaux – dont quatorze de l’UE, a annoncé Donald Tusk, président du Conseil européen – ont décidé, lundi 26 mars, de mener une action coordonnée pour sanctionner la Russie en expulsant nombre de diplomates.
La mesure doit concerner plus de trente diplomates dans l’Union européenne, a souligné Donald Tusk, et plus d’une soixantaine aux Etats-Unis, qui s’ajoutent aux 23 diplomates russes déjà expulsés par la Grande-Bretagne. « Des mesures supplémentaires, incluant de nouvelles expulsions, ne sont pas exclues dans les prochains jours et [les prochaines] semaines », a ajouté M. Tusk.
La Russie a aussitôt réagi. « Le geste provocateur de prétendue solidarité avec Londres de ces pays (…) témoigne de la poursuite d’une ligne de confrontation visant à aggraver la situation, a déclaré la diplomatie russe dans un communiqué. Nous allons forcément y répondre. »
De son côté, le ministre des affaires étrangères britanniques, Boris Johnson, a salué sur Twitter « la réponse extraordinaire » des alliés du Royaume-Uni, qui « constitue le plus grand mouvement d’expulsion d’agents russes de l’histoire, et permet de défendre notre sécurité partagée ».

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Soixante diplomates expulsés par les Etats-Unis
Le plus gros contingent est annoncé aux Etats-Unis. Un haut responsable de l’administration américaine a indiqué que 48 « agents de renseignement connus » du consulat de Russie à Seattle, au nord-ouest des Etats-Unis, et 12 de plus à la mission russe de l’ONU ont sept jours pour quitter les Etats-Unis.
« Les Etats-Unis sont prêts à coopérer pour bâtir une meilleure relation avec la Russie, mais cela ne peut se produire que si le gouvernement russe change d’attitude », souligne un communiqué de presse de la Maison Blanche, qui a aussi annoncé la fermeture du consulat de Seattle en raison de sa proximité avec une base de sous-marin et d’une grande partie des installations industrielles de Boeing. Son voisin américain, le Canada, a expulsé quatre diplomates.
« Nous prenons ces mesures pour démontrer notre solidarité indéfectible avec le Royaume-Uni, et pour imposer à la Russie de sérieuses conséquences pour ses violations continuelles des normes internationales », a expliqué le département d’Etat américain.
Très offensive, l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Nikki Haley, a elle affirmé qu’à New York, « la Russie utilise les Nations unies comme un refuge pour des activités dangereuses à l’intérieur de nos propres frontières ».
En Australie, le premier ministre Malcolm Turnbull a déclaré mardi que deux diplomates russes étaient « des agents de renseignement non déclarés » et avaient sept jours pour quitter le pays. « Cette décision reflète la nature choquante de l’attaque, la première utilisation offensive d’armes chimiques en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale, avec une substance mortelle dans une zone habitée, mettant en danger un nombre inconnu de personnes », a affirmé le premier ministre.
Quatre diplomates expulsés de France
La France va expulser quatre diplomates russes « dans un délai d’une semaine », a fait savoir le Quai d’Orsay. De son côté, l’Allemagne va également en expulser quatre, a précisé le ministère des affaires étrangères allemand. « Nous avons expulsé aujourd’hui quatre diplomates russes. Car la Russie n’a toujours pas contribué à éclaircir l’empoisonnement de Salisbury » a-t-il ajouté. L’Italie, le Danemark et les Pays-Bas ont chacun annoncé l’expulsion de deux diplomates vers Moscou, la Finlande, la Suède et la Croatie expulseront chacun un diplomate russe.
Plusieurs pays ayant fait partie de l’ancien bloc soviétique, la Pologne, l’Ukraine, la République tchèque et les trois pays baltes (Lituanie, Estonie et Lettonie) ont annoncé le même genre d’initiatives. Les principales mesures de rétorsion viennent de l’Ukraine – dont les tensions avec la Russie ne retombent pas depuis l’annexion de la Crimée par la Russie il y a quatre ans –, qui a annoncé l’expulsion de 13 diplomates russes. En revanche, la Slovaquie a décidé d’étudier « les mesures à venir ».

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Représailles contre la Russie
Ces annonces sont les conséquences de l’affrontement diplomatique qui oppose la Russie et le Royaume-Uni depuis trois semaines. Le 4 mars, un agent double du nom de Sergueï Skripal et sa fille Ioulia ont été les victimes d’une attaque au gaz innervant, le Novitchok. L’événement a tout de suite pris une tournure politique à la lumière de l’identité de la victime : Sergueï Skripal, 66 ans, est un ancien colonel du service de renseignement russe réfugié au Royaume-Uni. Les soupçons se sont alors portés sur la Russie qui nie toute implication dans cette tentative d’assassinat.
Londres a déjà expulsé 23 diplomates russes présentés comme des « agents du renseignement sous couverture » et suspendu les relations bilatérales avec la Russie. Moscou a répliqué en expulsant le même nombre de diplomates et en ordonnant la fermeture du British Council.
En soutien au Royaume-Uni qui n’enverra pas d’officiels en Russie à la Coupe du monde de football, l’Islande a annoncé lundi un boycott diplomatique de la compétition organisée du 14 juin au 15 juillet en Russie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Revenant sur l’affaire Skripal, l’auteur britannique de « McMafia », spécialiste de la Russie, regrette la trop grande ouverture du Royaume-Uni aux oligarques.
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Pour Misha Glenny, « la City a tout fait pour attirer l’argent russe »

Revenant sur l’affaire Skripal, l’auteur britannique de « McMafia », spécialiste de la Russie, regrette la trop grande ouverture du Royaume-Uni aux oligarques.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 12h12
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 12h25
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Misha Glenny est l’auteur du livre McMafia : au cœur de la criminalité internationale (Denoël, 2009), qui a servi de base au scénario d’une série de la BBC, McMafia. Ancien correspondant en Europe de l’Est du Guardian puis de la BBC, il a couvert la fin des régimes socialistes en Europe de l’Est et la guerre en ex-Yougoslavie.
Comment la fin du communisme a-t-elle généré des mafias ?
En travaillant au long cours en Russie, deux choses m’ont frappé. D’abord le contexte de mondialisation : la levée de tout contrôle d’Etat sur les transactions financières à la fin des années 1980 a fait exploser le nombre des transactions effectuées sans surveillance. Avec cet argent, les multinationales et les institutions financières ont pu persuader des pays comme le Brésil et l’Inde de s’ouvrir aux investissements étrangers avec la promesse que l’argent serait ensuite rapatrié. Cela a enclenché le mouvement d’externalisation du travail de l’Ouest vers le monde entier.
En parallèle se sont produits l’effondrement du communisme et le passage brutal d’une économie planifiée à une économie de marché. Or la Russie ne disposait d’aucun instrument pour réglementer ce nouvel environnement. Les tribunaux ne fonctionnaient pas et ignoraient ce que signifiait régler un différend commercial. Aussi chaque homme d’affaires russe a dû recruter sa propre police pour assurer le respect de ses contrats. Les sociologues parlaient de « forces de l’ordre privées » mais il s’agit en réalité de mafias. En Sicile au milieu du XIXe siècle, elles étaient apparues exactement dans le même contexte. La fonction intrinsèque d’une mafia consiste à protéger les marchés lorsque l’Etat n’est pas en situation de le faire.
Un capitalisme de gangsters a émergé en Russie dans les années 1990 sous l’égide de ces groupes armés capables de déployer des menaces violentes. Chaque oligarque a commencé à en entretenir un ou plusieurs....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Sur son blog, Olivier Rollot revient sur l’ambition d’Emmanuel Macron de voir se constituer des universités européennes. A ce stade, « rien n’est vraiment clair » sur leur périmètre, leur caractère ouvert ou élitiste ou encore sur le diplôme délivré.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Deux cents personnes ont manifesté dimanche à Bruxelles en soutien aux indépendantistes catalans en fuite. Trois anciens ministres ont dit se tenir à la disposition de la justice belge.
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En Belgique, la mobilisation pour Puigdemont et ses ministres faiblit

Deux cents personnes ont manifesté dimanche à Bruxelles en soutien aux indépendantistes catalans en fuite. Trois anciens ministres ont dit se tenir à la disposition de la justice belge.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h23
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)








                        



                                


                            

Trois des quatre anciens ministres catalans qui avaient suivi Carles Puigdemont dans sa fuite séjournent toujours en Belgique. Ils ont fait savoir dimanche 25 mars au procureur du roi, par l’entremise de leurs avocats, qu’ils se tenaient à la disposition de la justice. Compte tenu de la réactivation par Madrid, vendredi, du mandat d’arrêt européen qui les vise, comme l’ex-président de Catalogne, ils devraient, en principe, être de nouveau arrêtés.

Après leur arrivée en Belgique, le 30 octobre 2017, trois jours après la proclamation unilatérale de l’indépendance catalane, ils avaient été entendus par la police avant d’être conduits devant un juge d’instruction. Celui-ci les avait libérés sous condition. Devant la Chambre du conseil de Bruxelles, chargée d’examiner si le mandat d’arrêt européen devait être exécuté ou non, les avocats de M. Puigdemont et des quatre anciens ministres avaient plaidé que leurs clients n’avaient commis aucune infraction pénale susceptible de tomber sous le coup de la loi belge – une thèse contestée par certains constitutionnalistes. Les défenseurs estimaient, dans un long argumentaire, que les responsables catalans étaient mis en cause par Madrid pour leurs seules activités politiques.
Le 5 décembre, avant la décision du président de la Chambre, Madrid décidait de retirer le mandat, ce qui a permis à M. Puigdemont de poursuivre ses activités en Belgique et de voyager en Europe. Il s’est notamment rendu au Danemark et en Suisse et a occupé la scène médiatique belge. A Bruxelles, il bénéficie du soutien politique et matériel des nationalistes flamands, dont des élus de l’Alliance néoflamande (NVA), le parti de Bart De Wever, qui détient plusieurs portefeuilles au gouvernement fédéral et dirige la Région flamande.
« Régime autoritaire »
Dimanche, l’avocat belge du président destitué, maître Paul Bekaert, a dénoncé une arrestation « à visée purement politique » et un « danger de violation des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Masquées par la confrontation orchestrée avec l’Occident, les questions de politique intérieure préoccupent l’entourage du chef du Kremlin.
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Le nouveau mandat de Vladimir Poutine débute par le « dilemme » des réformes manquées

Masquées par la confrontation orchestrée avec l’Occident, les questions de politique intérieure préoccupent l’entourage du chef du Kremlin.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 14h44
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Prévue début mai, l’investiture officielle de Vladimir Poutine donnera le coup d’envoi de son nouveau bail de six ans à la présidence de la Russie. A l’approche de cette date, Moscou bruisse de rumeurs sur d’éventuels changements au sein du gouvernement. « Ce n’est que maintenant que j’y pense vraiment », avait assuré le chef du Kremlin au soir de sa réélection avec 76,69 % des voix, selon les résultats définitifs annoncés vendredi 23 mars par la Commission centrale électorale.
Le sort du chef du gouvernement Dmitri Medvedev est désormais scruté. Il se dit aussi que Sergueï Lavrov, ministre des affaires étrangères depuis quatorze ans, serait « fatigué ». Mais remaniement ou pas, la question demeure : un nouveau mandat pour faire quoi ?

Sans aucune discussion sur son bilan après dix-huit ans au pouvoir, ni même la présentation d’un programme économique et social, la campagne présidentielle – pour laquelle a été dépensée la bagatelle de 18 milliards de roubles (257 millions d’euros) – n’a guère permis de lever le voile sur les intentions de M. Poutine.
Vendredi, ce dernier a remercié ses compatriotes dans une courte allocution télévisée tout en les appelant de nouveau à l’unité « face au défi historique auquel nous sommes confrontés ». Sans doute, le chef du Kremlin voulait-il parler de la nouvelle dégradation des relations avec l’Occident, après l’attaque chimique sur le sol britannique imputée à la Russie contre un ex-agent double et sa fille.
Le président russe promet « des changements profonds » pour accroître l’efficacité de l’économie et réduire la pauvreté, « sur la base d’une percée technologique » annoncée sans plus de précision
Mais il a plutôt choisi de mettre l’accent sur la politique intérieure en promettant « des changements profonds » pour accroître l’efficacité de l’économie et réduire la pauvreté, « sur la base d’une percée technologique » annoncée sans plus de précision....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le chef de la diplomatie turque explique ce qu’il attend du sommet de Varna : des avancées sur « les visas, l’union douanière, l’accord migratoire ».
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Sommet UE-Turquie : « Il faut arrêter de nous regarder de haut »

Le chef de la diplomatie turque explique ce qu’il attend du sommet de Varna : des avancées sur « les visas, l’union douanière, l’accord migratoire ».



Le Monde
 |    26.03.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 14h34
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Le « mini-sommet » qui s’ouvre, lundi 26 mars à Varna, en Bulgarie, entre le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et les présidents de la Commission et du Conseil européen, Jean-Claude Juncker et Donald Tusk, est censé durer quelques heures. Suffira-t-il à recoller les morceaux de la relation dégradée entre l’Union européenne et la Turquie ? Sans trop s’attarder sur les sujets qui fâchent – les tensions en Méditerranée, la dérive autoritaire du président Erdogan, les atteintes aux droits de l’homme –, les responsables européens vont jouer la conciliation.
Dépendante d’Ankara pour la gestion des flux migratoires, la lutte antiterroriste et la coopération pour la capture des djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI) de retour de Syrie, l’UE marche sur des œufs. Conformément à l’accord sur les migrants conclu en mars 2016 avec la Turquie, Bruxelles a décidé de débloquer trois milliards d’euros supplémentaires pour aider l’Etat turc dans sa prise en charge de trois millions de réfugiés syriens.

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Comme il faut bien sanctionner les manquements à l’Etat de droit, les versements octroyés à la Turquie en 2018 au titre de la préadhésion vont diminuer (moins 100 millions d’euros). Les versements de préadhésion existent mais il n’est plus question d’adhésion. Depuis la dérive autoritaire qui a suivi le coup d’Etat manqué de juillet 2016, aucun responsable en Europe ne peut croire sérieusement à l’arrimage de la Turquie à l’UE. « L’accession de la Turquie à l’Union en tant qu’alliance politique organisée n’est plus à l’ordre du jour », écrit Marc Pierini, chercheur à la Fondation Carnegie Europe, dans une analyse publiée le 14 mars. Malgré cela, « il faut continuer à coopérer », ajoute l’ancien diplomate.
Le gouvernement turc, lui, continue d’y croire, ou fait comme si. « L’adhésion reste notre but stratégique. Notre volonté n’a jamais faibli mais, malheureusement, Bruxelles fait tout pour l’ignorer », a expliqué Mevlüt Çavusoglu, le chef de la diplomatie, lors d’un entretien avec Le Monde à Ankara, à la veille de la rencontre de Varna. De celle-ci, il attend des avancées dans trois domaines : « La libéralisation des visas, l’union douanière, l’accord migratoire. » Selon lui, les tensions dans la relation Turquie-UE sont « passagères » : « Les Européens vont s’habituer à la nouvelle Turquie. Bien sûr, cela prendra du temps. Ils vont devoir réaliser que nous ne pouvons plus patienter les bras croisés devant la porte. » 
« Nous faisons partie de ce continent »
Sûre d’elle, la « nouvelle Turquie » entend tenir la dragée haute aux partenaires européens tant elle se voit comme « irremplaçable » pour la gestion des flux migratoires et la lutte antiterroriste. « Il est inacceptable que les Européens nous rappellent combien nous sommes éloignés d’eux, estime M. Çavusoglu. Nous faisons partie de ce continent. » Selon lui, la mésentente est due en grande partie « à la morgue des Européens ». « Bruxelles a un regard condescendant sur certains pays, à commencer par ses propres Etats membres, regrette M. Çavusoglu. Il faut arrêter de nous regarder de haut. Menacer, mépriser est contre-productif. Pour progresser ensemble, encore faut-il voir l’interlocuteur comme un égal. » 
La Turquie n’a-t-elle pas quelques manquements à déplorer ? « Aucun. » Le coupable, c’est l’autre. « Les Européens ne savent pas ce qu’ils veulent par rapport à l’élargissement, attaque le diplomate. Leur projet est plein d’incertitudes, leur politique n’est pas claire. Certains Etats veulent rétrécir l’Union, retourner à l’ordre ancien, douze pays ; d’autres veulent la quitter. L’émergence de mouvements politiques souverainistes et xénophobes remet en question la raison d’être de l’Union et lui fait perdre sa crédibilité. »
Le « partenariat privilégié » évoqué par Emmanuel Macron lors de la visite de son homologue turc à Paris, en janvier, n’est pas vu d’un bon œil. « Cette proposition est floue », balaie M. Çavusoglu. C’est l’adhésion ou rien. Mais pour y prétendre, ne faudrait-il pas commencer par rétablir l’Etat de droit en Turquie ? « Toutes les exigences des Européens en matière de respect des droits de l’homme figurent dans les chapitres 23 et 24 des négociations d’adhésion. Il ne tient qu’à Bruxelles de décider de les ouvrir. De notre côté, nous sommes prêts à appliquer ces critères. Si nous échouons, ces chapitres seront fermés. Pourquoi ne pas les ouvrir ? »
Litige chypriote
Comme si les sujets qui fâchent ne suffisaient pas entre l’UE et la Turquie, un nouveau litige s’est ajouté, qui porte sur l’exploitation des réserves de gaz au large de Chypre. Ankara s’y est opposé en empêchant un navire de la compagnie italienne ENI d’accéder aux gisements. Jeudi 22 mars, le Conseil européen a condamné « la poursuite des actions illégales de la Turquie en Méditerranée orientale et en mer Egée », affirmant sa « pleine solidarité avec Chypre et la Grèce ».
Les Turcs ont une lecture opposée. « Tous les pays garants reconnaissent que les Chypriotes turcs ont des droits sur ces richesses. La partie chypriote grecque agit de façon inacceptable en niant ces droits. Pour eux, négocier la part des Chypriotes turcs sur les réserves gazières offshore équivaut sans doute à reconnaître la partie turque de Chypre en tant qu’Etat », affirme M. Çavusoglu. « Une solution pourrait être négociée avec l’aide [de l’UE]. Mais que fait-elle ? Au lieu de convaincre la partie chypriote grecque de reconnaître les droits des Turcs de l’île, elle n’est que critiques vis-à-vis de la Turquie. »

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                La Turquie dénonce les critiques « inacceptables » de l’UE sur ses actions en Méditerranée






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’ancien dirigeant indépendantiste catalan a été arrêté à son entrée en Allemagne dimanche. Il était présenté à un juge lundi.
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L’Allemagne décide de prolonger la détention de Carles Puigdemont

L’ancien dirigeant indépendantiste catalan a été arrêté à son entrée en Allemagne dimanche. Il était présenté à un juge lundi.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 05h27
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Le chef indépendantiste catalan, Carles Puigdemont, va rester en détention en Allemagne, le temps que la justice se prononce sur une éventuelle remise à l’Espagne qui l’accuse de « rébellion », a annoncé le tribunal compétent lundi. M. Puigdemont va « rester en détention dans un premier temps, jusqu’à ce qu’une décision soit prise concernant une procédure d’extradition », indique le tribunal régional de Kiel, dans la région du nord de l’Allemagne où il avait été arrêté dimanche. Il n’y a aucun recours possible contre cette décision, a-t-il précisé. A Genève, le Comité des droits de l’homme de l’ONU a annoncé avoir enregistré une plainte de M. Puigdemont.
La réaction du gouvernement allemand a été tardive, prudente et laconique. Ce n’est qu’en toute fin d’après-midi, dimanche 25 mars, que Katarina Barley, la ministre de la justice, avait commenté l’arrestation par la police allemande de Carles Puigdemont. « Les premiers temps de l’affaire sont purement judiciaires. Vous comprendrez donc que je n’intervienne pas politiquement dans une procédure qui ne relève que du droit. Et que je ne fasse pas de déclarations précipitées », s’est contentée de déclarer Mme Barley sur la chaîne de télévision ARD.

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                De la destitution à l’arrestation de Puigdemont, retour sur les moments forts de la crise catalane



Il n’empêche : même si le gouvernement allemand souhaite, pour l’heure, la cantonner à sa pure dimension juridique, l’affaire a déjà pris un tour très politique outre-Rhin. Dimanche, le parti de gauche radicale Die Linke a qualifié de « honte » l’arrestation de M. Puigdemont, et réclamé sa « libération immédiate ».
Egalement dans l’opposition, les Verts et les libéraux-démocrates (FDP) ont réclamé une prise de position claire de la part du gouvernement d’Angela Merkel, afin que celui-ci pousse la Commission européenne à se saisir du dossier au lieu de le laisser entre les mains de la justice d’un seul Etat. « Juridiquement, la détention de M. Puigdemont n’est pas contestable, mais politiquement elle soulève de gros problèmes », a ainsi réagi le député FDP Alexander Graf Lambsdorff, dimanche.
Depuis le début de la crise catalane, la « grande coalition » de Mme Merkel considère que la cause indépendantiste n’est ni légale, ni légitime. D’un autre côté, l’Allemagne peut-elle faire avec M. Puigdemont ce que d’autres pays européens n’ont pas fait avec lui jusqu’à présent, à l’instar de la Belgique où il s’est installé en octobre 2017 ? « L’Allemagne a son premier prisonnier politique », commentait, dimanche, le quotidien Süddeutsche Zeitung. Une chose est sûre : quel qu’il soit, le sort de l’ex-président catalan est désormais au cœur du débat politique allemand.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Yves Trotignon, ancien cadre de la DGSE, suggère que le message émis avec l’empoisonnement des Skripal est peut-être plus important encore que la cible frappée.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/03/2018
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« Les pratiques traditionnelles du renseignement ne disparaissent pas »

Dans une tribune au « Monde », Yves Trotignon, ancien cadre de la DGSE, suggère que le message émis avec l’empoisonnement des Skripal est peut-être plus important encore que la cible frappée.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 09h00
    |

Yves Trotignon (enseignant à Science Po)







                        



                                


                            
[La Grande-Bretagne a ­accusé la Russie d’avoir empoisonné, le 4 mars, un agent double, Sergueï Skripal, et sa fille Ioulia, retrouvés inconscients sur un banc à Salisbury, au sud-ouest de Londres. La riposte des pays occidentaux, qui allait crescendo, a pris une tournure inédite le 26 mars : au moins 116 diplomates russes sont en passe d’être expulsés de manière coordonnée, soixante par les Etats-Unis et plus d’une trentaine par seize pays de l’Union européenne, rejoints par six autres pays alliés. La Russie a nié toute responsabilité dans cette tentative d’empoisonnement, pourfendant un « numéro de cirque » du gouvernement britannique. Londres avait déjà annoncé mi-mars ­l’expulsion de 23 diplomates russes en poste en Grande-Bretagne. Moscou avait répondu en expulsant 23 diplomates britanniques.]
Tribune. La fin de la guerre froide, marquée par la chute du mur de Berlin puis l’effondrement de l’Union soviétique, fit disparaître aux yeux de nombre de responsables politiques les services de renseignement, perçus comme des administrations obscures et coûteuses. Au cours des années 1990, le moment unipolaire des Etats-Unis ne fit qu’entériner l’idée, fausse mais séduisante, que les grands affrontements entre services n’avaient plus de cause qu’économique.
Les commentateurs avaient alors coutume de dire que les compétitions stratégiques s’effaçaient et que les chocs idéologiques étaient en passe de disparaître, au profit d’une supposée guerre entre grands intérêts commerciaux et financiers. La réalité, naturellement, était très différente, et les services continuaient, de la façon la plus feutrée, de démasquer les inévitables taupes adverses tout en plaçant les leurs.
« Contre des réseaux djihadistes complexes, les méthodes séculaires retrouvèrent aux yeux des gouvernements toute leur pertinence »
Les attentats du 11-Septembre remirent soudainement sous les projecteurs les services de sécurité et de renseignement. Contre...




                        

                        

