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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Alors que l’armée de Bachar Al-Assad est en passe de reprendre les territoires de la Ghouta orientale, combattants et civils fuient la région, largement détruite.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Seize pays de l’UE, mais aussi les Etats-Unis et au moins six pays alliés ont annoncé l’expulsion de plus d’une centaine de diplomates russes en réaction à l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal en Angleterre.
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Comment et pourquoi des diplomates peuvent-ils se faire expulser ?

Seize pays de l’UE, mais aussi les Etats-Unis et au moins six pays alliés ont annoncé l’expulsion de plus d’une centaine de diplomates russes en réaction à l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal en Angleterre.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 16h56
    |

            Mathilde Damgé, 
Alexandre Pouchard et 
Pierre Breteau








                        


Seize pays de l’UE, mais aussi les Etats-Unis et au moins six pays alliés ont pour l’heure annoncé l’expulsion de plus d’une centaine de diplomates russes de leurs territoires en réaction à l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal en Angleterre, au début du mois de mars.
L’expulsion de diplomates reste une mesure avant tout symbolique. C’est, selon Paris et Berlin, les capitales les plus engagées aux côtés de Londres, une façon de marquer le coup et d’éviter tout signe de faiblesse.

        Lire l’édito :
         

          Affaire Skripal : le rapport de force avec la Russie est nécessaire



Paris, comme Berlin, va expulser quatre des 90 diplomates russes accrédités en France : l’attaché de défense, le chef de la mission économique, le consul à Strasbourg et l’un des responsables du consulat de Marseille. Ils doivent quitter le territoire national dans un délai d’une semaine. « Ils font partie de ceux que nous avions déjà mis en garde pour leurs activités d’espionnage », rappelle-t-on de source diplomatique.
Combien y a-t-il de diplomates en France ?
En juillet 2017, le réseau diplomatique français comptait 182 ambassadeurs et 89 consuls et consuls généraux. En 2014, 810 représentations étrangères étaient présentes en France métropolitaine et d’outre mer.
Quel statut pour quelle immunité ?
Selon la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques (1961) et la Convention sur les relations consulaires (1963), les diplomates jouissent d’un statut reconnu internationalement, et notamment d’une immunité qui les couvre dans l’exercice de leur fonction. Ces avantages doivent les rendre libres de leur action dans des contextes politiques parfois difficiles. Pour rester sur le territoire français, le ministère des affaires étrangères leur délivre un titre de séjour spécial d’un à trois ans, renouvelable pour deux ans.
Mais ils ont aussi des devoirs : ils doivent s’astreindre à respecter les réglementations locales : « En cas de défaillance grave ou répétée, le Protocole [service qui accueille les ambassadeurs étrangers] sera amené à prendre diverses mesures, de la simple mise en garde à la déclaration “persona non grata” », prévient le Quai d’Orsay.
Peuvent-ils être expulsés ?
Un diplomate peut être désigné « persona non grata » (« personne qui n’est pas la bienvenue »). Il est alors visé par une procédure d’expulsion mais conserve son statut diplomatique, ce qui l’empêche de demander l’asile.
La décision d’expulsion doit être assumée par l’Etat d’envoi, qui est tenu de rappeler la personne jugée indésirable et de s’assurer que son départ du territoire est effectif. Si ce dernier refuse, l’Etat d’accueil peut refuser de reconnaître la personne concernée en tant que membre d’une mission diplomatique et peut alors être expulsé comme n’importe quel citoyen étranger.
Y a-t-il eu des précédents ?
Pour la France, il s’agit de la vague la plus massive d’expulsions depuis 1983, lorsque François Mitterrand avait renvoyé 47 Russes, principalement des diplomates. Ils étaient accusés d’être des agents du KGB, sur la foi des informations fournies par une « taupe » de la DST, le contre-espionnage français.
En pleine guerre froide (septembre 1971), le Royaume-Uni avait également expulsé 105 Soviétiques accusés d’espionnage. La Russie avait répondu deux semaines plus tard en renvoyant 18 Britanniques, dans une logique de riposte qui prévaut à nouveau en 1985, lors de la défection d’un espion soviétique haut gradé, Oleg Gordievsky.
Les cas d’expulsion pour raisons d’espionnage (désaccords politiques, délits ou crimes qui justifient un rappel…) sont les plus fréquents, car ils correspondent à un système, comme l’expliquait au Monde Franck Renaud, auteur du livre Les Diplomates : derrière la façade des ambassades de France (éd. Nouveau Monde, 2010) :
« Il y a deux types de représentants des services secrets dans une ambassade. Il y a celui qui est officiellement là dans le cadre d’un accord avec les services du pays où il est en poste. Et puis il y a ceux qui sont “sous couverture”, c’est-à-dire qu’on leur accorde une couverture diplomatique. Ils sont là pour recueillir du renseignement en étant “clandestins” dans le pays. »
Et au sein de l’Europe ?
Les relations diplomatiques entre Etats sont régies par la Convention de Vienne de 1961, et il n’existe pas de textes spécifiques entre Etats européens, et donc pas de différence. Une fois que le pays de résidence a donné son accord pour l’arrivée d’un ambassadeur ou d’une ambassadrice, et qu’il ou elle est accréditée par le pays d’origine, le statut est accordé (article 39). Pour les autres diplomates, le pays d’origine se contente de notifier le pays de résidence.
Seule différence, très mineure, pour un diplomate ressortissant de l’Union européenne ou d’un pays de l’Espace économique européen (EEE) : il peut revenir librement dans le pays – et sans visa – si on lui retire son titre diplomatique ou si sa mission prend fin.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/27/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ L’OTAN s’est joint aux 26 pays ayant pris de telles mesures, en réduisant la taille de la mission russe auprès de l’Alliance atlantique à 20 personnes.
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Affaire Skripal : 150 diplomates russes expulsés au total

L’OTAN s’est joint aux 26 pays ayant pris de telles mesures, en réduisant la taille de la mission russe auprès de l’Alliance atlantique à 20 personnes.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 18h12
   





                        


Au lendemain de la décision des Etats-Unis et de l’UE d’expulser par dizaines des diplomates russes, en réaction à l’empoisonnement d’un ex-espion russe au Royaume-Uni, l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) a suivi le mouvement.
L’OTAN a décidé, mardi 27 mars, de retirer leurs accréditations à sept membres de la mission russe et de rejeter trois demandes d’accréditation supplémentaires. L’alliance atlantique a également réduit la taille de la mission russe, a ajouté Jens Stoltenberg. Elle ne pourra plus accueillir que 20 personnes, contre 30 auparavant.
« Cela adresse un message très clair à la Russie, à savoir qu’il y a des coûts », a déclaré Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN lors d’une conférence de presse. « Notre décision reflète les graves préoccupations exprimées par les alliés pour leur sécurité », a expliqué le chef de l’OTAN, selon qui c’est la première fois qu’un agent neurotoxique est utilisé sur le territoire d’un pays membre de l’alliance.
Vague d’expulsions
Cent cinquante diplomates russes devraient, au total, être expulsés de 26 pays mais aussi de l’OTAN. Les Etats-Unis ont déclaré non grata 60 personnes ; le Royaume-Uni, 23 ; l’Ukraine, 13 ; la France, le Canada, l’Allemagne et la Pologne, 4 ; la République tchèque, la Moldavie et la Lituanie ont annoncé en expulser 3 ; l’Australie, l’Italie, l’Espagne, le Danemark, les Pays-Bas et l’Albanie, 2 ; L’Estonie, la Lettonie, la Finlande, la Suède, la Norvège, l’Irlande, la Roumanie, la Croatie, la Macédoine et la Hongrie un chacun.
Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, ont été retrouvés inconscients, le 4 mars, à Salisbury dans le sud de l’Angleterre. Ils sont toujours hospitalisés dans un état critique. Selon le gouvernement britannique, ils ont été victimes d’un agent neurotoxique militaire datant de l’époque soviétique, le Novitchok. La Russie dément toute implication.
Cet empoisonnement a pris des allures de confrontation Est-Ouest, les alliés occidentaux désignant la Russie d’une même voix.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Paris reproche à l’archipel de l’océan Indien de refuser d’accueillir des Comoriens expulsés de l’île française de Mayotte.
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Compte rendu

L’ambassadeur des Comores en France convoqué au ministère des affaires étrangères

Paris reproche à l’archipel de l’océan Indien de refuser d’accueillir des Comoriens expulsés de l’île française de Mayotte.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-27T16:02:34+02:00"

        Le 27.03.2018 à 16h02






    
Le port de Mutsamudu, sur l’île d’Anjouan, aux Comores, le 21 mars 2018.
Crédits : IBRAHIM YOUSSOUF / AFP


L’ambassadeur des Comores en France a été convoqué, lundi 26 mars, au ministère des affaires étrangères après le refus de son pays d’accueillir des Comoriens expulsés de l’île française voisine de Mayotte, secouée par une crise migratoire, a annoncé mardi la diplomatie française. Il « a été rappelé » à Mohamed Soulaimana « la grave préoccupation quant aux conséquences pour Mayotte des mesures notifiées la semaine dernière par les autorités comoriennes », indique le ministère des affaires étrangères dans un point de presse électronique.

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                Mayotte : il faut « appliquer une politique diplomatique ferme à l’attention de l’Union des Comores »



« Nous réitérons fermement notre demande de levée immédiate de ces mesures qui empêchent le retour de ressortissants comoriens entrés irrégulièrement à Mayotte, a déclaré la porte-parole du ministère, Agnès von der Mühll. Au-delà des mesures que nous demandons aux autorités comoriennes de prendre immédiatement, nous sommes déterminés à faire progresser la coopération régionale conformément aux orientations fixées lors du dernier comité interministériel pour la coopération internationale et le développement, dans l’intérêt mutuel de la France et des Comores. »

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                Pour les Comoriens, « les clandestins sont chez eux à Mayotte »



Les tensions sont vives actuellement entre Paris et Moroni sur la question de Mayotte : ce département français d’outre-mer est secoué depuis un mois par un mouvement social qui dénonce l’insécurité et l’immigration clandestine venue des Comores. Les autorités ont multiplié dernièrement les expulsions de Comoriens sans papiers.
Moroni a riposté mercredi 21 mars en refusant de laisser rentrer sur son territoire ses citoyens refoulés. Mais les Comores ont promis vendredi un renforcement des mesures de sécurité sur l’île d’Anjouan, principal point de départ des migrants clandestins vers Mayotte, notamment pour « traquer » les passeurs.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ La députée LRM a évoqué, le 22 mars, la possibilité de « tirer » en cas d’intrusion dans une centrale nucléaire, sans chercher à savoir s’il s’agit d’un acte terroriste ou de militants écologistes. Greenpeace a porté plaine pour incitation au meurtre.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Huit contributeurs de Nation Media Group ont démissionné pour protester contre le manque d’indépendance de leur employeur.
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Compte rendu

Au Kenya, des chroniqueurs dénoncent l’ingérence du gouvernement dans les médias

Huit contributeurs de Nation Media Group ont démissionné pour protester contre le manque d’indépendance de leur employeur.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-27T15:44:32+02:00"

        Le 27.03.2018 à 15h44






    
Le siège de Nation Media Groupe, à Nairobi, au Kenya, le 19 janvier 2018.
Crédits : SIMON MAINA / AFP


Huit chroniqueurs de premier plan travaillant pour le plus grand groupe de presse au Kenya, Nation Media Group (NMG), ont démissionné, mardi 27 mars, en dénonçant l’ingérence du gouvernement et le manque d’indépendance de leur employeur.
Parmi ces contributeurs, George Kegoro, le directeur général de la Commission kényane des droits humains (KHRC), Lynne Muthoni Wanyeki, la directrice Afrique de l’Open Society Foundation (du milliardaire américain George Soros), et Nic Cheeseman, professeur de politique à l’université anglaise de Birmingham.

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                Les contre-pouvoirs se consolident au Kenya malgré l’adversité



« Je démissionne pour protester contre les atteintes croissantes à la liberté de la presse. Je démissionne en signe de solidarité avec les voix qui ont été réduites au silence. Je démissionne parce que nous devons vivre avec nos convictions », a écrit M. Cheeseman sur son compte Twitter.
Dans un communiqué commun, les huit chroniqueurs ont mis en exergue plusieurs incidents, ces dernières années, qui tendent à remettre en cause l’indépendance de NMG. Cela comprend le renvoi d’un rédacteur en chef après un éditorial très critique à l’égard du président Uhuru Kenyatta ou le non-renouvellement du contrat du très populaire caricaturiste Gado, souvent très caustique envers le gouvernement.
« Intolérance pour les avis discordants »
En février, NMG a aussi congédié le directeur de sa chaîne de télévision NTV, Linus Kaikai, après qu’il eut dénoncé la collusion entre les différents propriétaires de médias et le gouvernement à l’occasion de l’investiture symbolique, en janvier, du chef de l’opposition, Raila Odinga, qui estime avoir remporté l’élection présidentielle de 2017. NTV et deux autres chaînes avaient été interdites de diffusion pendant une semaine pour avoir tenté de couvrir cette cérémonie d’investiture. Elles n’avaient repris leurs programmes que sur décision de justice.

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                La justice kényane ordonne à l’Etat de rebrancher les télévisions



« Une tendance inquiétante est apparue : il semble que l’exécutif est capable d’influencer qui travaille ou contribue à NMG, reprend le communiqué. Censurer des chroniqueurs individuels témoigne d’une intolérance pour les avis discordants et d’une volonté de l’exécutif d’utiliser n’importe quel moyen pour réaliser son objectif, y compris en cooptant des rédacteurs en chef. » NMG est le principal groupe de presse en Afrique de l’Est, avec des médias fonctionnant au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie et au Rwanda.
La dernière élection présidentielle kényane, en 2017, a été marquée par l’annulation d’un premier scrutin, entaché d’irrégularités, puis par un deuxième exercice boycotté par l’opposition. Le président sortant, Uhuru Kenyatta, a été réélu avec 98 % des voix au terme de cette présidentielle en deux temps marquée par des violences politiques qui ont fait au moins 92 victimes, la plupart tuées par la police, selon les organisations de défense des droits humains. Début mars, MM. Odinga et Kenyatta se sont serré la main en public en promettant d’œuvrer de concert pour réconcilier le pays.





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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le projet de loi, qui devrait être soumis au vote des députés avant l’été, provoque la colère unanime des organisations religieuses sur l’archipel et à l’étranger.
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édition abonné


L’Islande se prépare à interdire la circoncision

Le projet de loi, qui devrait être soumis au vote des députés avant l’été, provoque la colère unanime des organisations religieuses sur l’archipel et à l’étranger.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 14h19
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 14h59
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

S’il est adopté, le texte, en cours d’examen à l’Althingi, fera de l’Islande le premier pays européen à interdire la circoncision. L’ablation du prépuce d’un mineur, sans raison médicale, sera alors passible d’une peine allant jusqu’à six ans d’emprisonnement. Proposé par la députée de centre droit Silja Dögg Gunnarsdóttir, il est soutenu par cinq formations au Parlement, y compris le parti vert de la première ministre, Katrin Jakobsdottir.
Le projet de loi fait un parallèle avec l’excision, déjà interdite dans la plupart des pays européens et en Islande depuis 2005. Il met en avant « les droits de l’enfant » et soutient que l’intervention est en général pratiquée sans anesthésie, dans « des maisons qui ne sont pas stériles et par des leaders religieux qui ne sont pas médecins », entraînant de « hauts risques d’infection qui peuvent mener à la mort ».
Selon un sondage publié le 1er mars, la moitié seulement des Islandais sont favorables à une interdiction, qui affectera principalement les communautés juive et musulmane de l’archipel, soit respectivement environ 250 et 1 500 personnes, sur une population totale de 336 000 habitants.
« Criminalisation »
Tous les leaders religieux islandais s’y opposent. L’imam Mansoor Ahmad Malik craint l’essor de la clandestinité, qui pourrait entraîner des risques pour l’enfant. Le rabbin Avi Feldman, attendu en Islande d’ici à la fin de l’année, fait part de sa « grande inquiétude », tandis que les évêques des églises catholique et luthérienne mettent en garde contre « la persécution des individus pour des motifs religieux » et la « criminalisation » de l’islam et du judaïsme.
Mais c’est à l’étranger que les réactions sont les plus virulentes. Dans une lettre au Parlement, Jonathan A. Greenblatt, président de l’Anti-Defamation League (ADL), assure que si l’Islande interdit la circoncision, l’archipel « sera célébré par les néonazis,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Pascal Canfin, directeur de WWF France, plaide dans une tribune au « Monde » pour qu’une partie du budget militaire finance l’adaptation des pays du Sud au changement climatique, facteur majeur de déstabilisation et d’insécurité.
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édition abonné


Défense : « Il y a davantage de réfugiés climatiques que de réfugiés liés aux conflits dans le monde »

Pascal Canfin, directeur de WWF France, plaide dans une tribune au « Monde » pour qu’une partie du budget militaire finance l’adaptation des pays du Sud au changement climatique, facteur majeur de déstabilisation et d’insécurité.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 14h00
    |

Pascal Canfin (Directeur général du WWF France (Fonds mondial pour la nature) et ancien ministre délégué au développement (2012-2014)







                        



                                


                            
Tribune. La loi de programmation militaire doit être votée mardi 27 mars à l’Assemblée nationale. Dans quelques semaines, ce sera au tour de la loi asile et immigration. Dans les deux cas, le gouvernement fait l’impasse sur l’un des bouleversements majeurs de notre époque : les conséquences du changement climatique sur la sécurité et la stabilité mondiales.
Le premier droit de chaque être humain est de pouvoir vivre en paix chez soi
Les rapports annuels du Conseil norvégien pour les réfugiés montrent, depuis plusieurs années, qu’il y a davantage de réfugiés climatiques que de réfugiés liés aux conflits dans le monde. Et ce n’est que le début : l’ONU prévoit 250 millions de réfugiés climatiques dans le monde en 2050, et d’autres rapports évoquent même le chiffre de un milliard !
Le premier droit de chaque être humain est de pouvoir vivre en paix chez soi. Or le dérèglement climatique que nous connaissons remet en cause ce droit, et il est totalement illusoire de penser que cela va s’arrêter demain puisque nous ne subissons aujourd’hui que les tous premiers impacts de ce dérèglement.
Plutôt que de nier cette réalité, le gouvernement devrait tout mettre en œuvre pour la gérer au mieux. Aucun mur, aucune déclaration, même martiale, de quelque ministre de l’intérieur que ce soit, n’y viendra à bout. En revanche, en aidant les pays et les communautés les plus vulnérables à s’adapter, on leur offre l’opportunité de modérer les conséquences déstabilisatrices du choc climatique. Et il est difficile de prétendre que nous manquons de moyens financiers quand la loi de programmation militaire 2019 - 2024 prévoit de consacrer 295 milliards d’euros à la défense et d’augmenter de plusieurs milliards d’euros les crédits accordés à la dissuasion nucléaire (37 milliards entre 2019 et 2025 !).
Financer l’adaptation au changement climatique
Dans son rapport 3S (soutenabilité, stabilité, sécurité, lien vers PDF), le World Wife Fund for Nature...




                        

                        


<article-nb="2018/03/27/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Jean-Michel Jacques, vice-président de la commission de la défense à l’Assemblée nationale, dénonce, dans une tribune au « Monde », la lenteur des procédures qui empêche l’acquisition rapide de matériel moderne.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Défense : « Nos armées doivent acquérir plus rapidement leurs équipements opérationnels »

Jean-Michel Jacques, vice-président de la commission de la défense à l’Assemblée nationale, dénonce, dans une tribune au « Monde », la lenteur des procédures qui empêche l’acquisition rapide de matériel moderne.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 14h00
    |

Jean-Michel Jacques (Député (LRM) du Morbihan, vice-président de la commission de la défense nationale et des forces armées)







                        



                                


                            
Tribune. Lors de la bataille de Mossoul, Daech utilisait des petits drones piégés pour attaquer nos soldats. Les terroristes jouissaient d’une telle capacité d’adaptation que leurs drones étaient renouvelés deux à trois fois par mois, pour devenir plus meurtriers. Mais pour un régiment français, les procédures d’acquisition de matériel sont si lourdes qu’obtenir un simple drone d’observation peut prendre six mois en procédure accélérée, et jusqu’à trois ans en procédure classique. Un temps déraisonnable face à la réactivité de nos ennemis. C’est insupportable. Il est impératif de raccourcir les délais d’acquisition afin d’assurer la performance de l’équipement de nos soldats et de mieux les protéger.
La loi de programmation militaire 2019-2025 consacre la remontée budgétaire de nos armées. C’est un choix politique fort. Néanmoins, nul ne peut s’enfermer dans une logique strictement budgétaire. A l’heure de la rationalisation des dépenses de l’Etat, l’efficience de chaque euro dépensé doit être maximale. Il faut donc en finir avec les lourdeurs procédurales d’un autre temps qui altèrent la réactivité opérationnelle de nos armées.
Les procédures en vigueur engendrent des surcoûts évitables et une perte de réactivité, non seulement pour les armées mais également pour la Direction générale de l’armement (DGA), qui régit les programmes d’équipement des forces.
Une inertie inacceptable
La DGA est essentielle pour notre outil de défense, mais elle doit pouvoir se concentrer sur son cœur de métier : la direction des grands programmes d’armement comme le programme « Scorpion » de modernisation des capacités de combat des groupements tactiques de l’armée de terre. Elle assure notre autonomie stratégique et protège notre industrie de défense. Elle n’est pas une centrale d’achat, mais un véritable maître d’ouvrage pour des programmes complexes.
Aujourd’hui, trop souvent nos soldats manquent d’équipements opérationnels de qualité qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Pour le chercheur Alexis Nicolay, dans une tribune au « Monde », si l’industrie de l’armement est un fournisseur, elle doit aussi se transformer en prestataire des armées.
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Défense : « Les industriels français doivent répondre à l’évolution des réalités opérationnelles des ­armées »

Pour le chercheur Alexis Nicolay, dans une tribune au « Monde », si l’industrie de l’armement est un fournisseur, elle doit aussi se transformer en prestataire des armées.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 14h30
    |

Alexis Nicolay (Docteur en gestion et chercheur associé au centre de recherche en gestion de l’Ecole polytechnique (i3-CRG)







                        



                                


                            
Tribune. Les mots n’ont pas manqué pour qualifier le budget de la défense sur la période 2019-2024, qui devait être voté mardi 27 mars à l’Assemblée nationale avant de poursuivre son parcours législatif. Un effort « colossal » ou « inédit », « la fin de l’érosion des armées », « le début de la régénération des forces » : près de 300 milliards d’euros. Remplacement du porte-avions, renouvellement de la dissuasion, augmentation des effectifs… les idées ne manquent pas pour les mettre à profit.
aujourd’hui, le potentiel militaire répond à des menaces diverses, diffuses, aussi bien hors de nos frontières que sur le territoire national ou dans le cyberespace
Cet effort inédit était nécessaire : les armées ont atteint, et souvent dépassé, les limites de leurs capacités dans un contexte sécuritaire toujours plus instable. Pourtant, au-delà des moyens de remplacer ici ou d’améliorer là, c’est à une rupture majeure que doit faire face l’écosystème de la défense. Alors que s’est déjà largement affirmée, dans des secteurs comme la mobilité ou l’énergie, le concept de service, celui-ci émerge désormais aussi dans le domaine de la défense (en anglais, on parle de defense as a service, « la ­défense comme service »).
Aux fondements de cette émergence, il y a un constat : face à l’évolution des menaces, l’armée d’aujourd’hui agit au moins autant qu’elle se prépare. Il n’en a pas toujours été ainsi. Dans l’entre-deux-guerres, face à la menace allemande, on construit la ligne Maginot. Durant la guerre froide, face aux divisions blindées soviétiques, la France développe le char Leclerc. Les périodes de paix permettaient aux armées de se régénérer en prévision des périodes de crise.
Mais aujourd’hui, le potentiel militaire a vocation à servir quotidiennement. Il répond à des menaces diverses, diffuses, aussi bien hors de nos frontières que sur le territoire national ou dans le cyberespace. La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Dans la nuit de lundi à mardi, 6 749 personnes, dont un quart de combattants, ont été évacuées. Il s’agit du convoi le plus important en effectif à quitter à ce jour la Ghouta.
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Syrie : le secteur rebelle de la Ghouta orientale continue de se vider

Dans la nuit de lundi à mardi, 6 749 personnes, dont un quart de combattants, ont été évacuées. Il s’agit du convoi le plus important en effectif à quitter à ce jour la Ghouta.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 12h58
   





                        



   


Le régime de Bachar Al-Assad, soutenu militairement par Moscou, est en passe de reconquérir l’intégralité des territoires rebelles à la périphérie de Damas, dans la Ghouta orientale. Le dernier fief rebelle aux portes de la capitale syrienne continue de se vider de ses combattants après que deux groupes islamistes ont accepté en fin de semaine dernière l’accord d’évacuation imposé par la Russie. Les évacuations se poursuivaient mardi 27 mars, sous le parrainage de la Russie.
Pour la seule nuit de lundi à mardi, 6 749 personnes, dont un quart de combattants, ont quitté la poche sud de la Ghouta, tenue par la faction islamiste Faylaq Al-Rahmane. Il s’agit du convoi le plus important en effectif à quitter à ce jour la Ghouta. Depuis le 22 mars, plus de 17 000 personnes — des combattants accompagnés de leurs familles, mais aussi d’autres civils — ont pris la direction du Nord-Ouest syrien pour s’installer dans des territoires rebelles. Faylaq Al-Rahmane a assuré qu’au total, quelque 30 000 personnes devraient être évacuées.
Chaque jour, le même processus se répète : des combattants privés de la plupart de leur armement, mais aussi des civils, chargés de valises bourrées d’affaires, se rassemblent au milieu d’un paysage de ruines, en attendant que se remplissent les bus. Après de longues heures d’attente, des inspections et des fouilles minutieuses sous la supervision de soldats russes, le convoi peut enfin s’ébranler, des dizaines de bus quittant la périphérie de Damas pour un périple épuisant d’une douzaine d’heures.
Douloureux accords d’évacuation
Après les salafistes d’Ahrar Al-Cham, mercredi 21 mars, les combattants de Faylaq Al-Rahmane, une faction islamiste modérée, ont fini par signer, vendredi, l’accord d’évacuation imposé par la Russie. Mais le doute subsiste quant au sort de la troisième et dernière poche rebelle : celle de Douma, la plus grande ville encore tenue par des insurgés de Jaich Al-Islam, où, selon des statistiques locales, quelque 200 000 civils sont installés, après l’afflux de nombreux déplacés.

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                Syrie : les rebelles de la Ghouta hissent le drapeau blanc



Des négociations sont toujours en cours entre Jaich Al-Islam et la Russie, mais les deux parties se sont donné plusieurs jours de réflexion sur les termes d’un accord « préliminaire » qui pourrait avoir été trouvé. En échange du désarmement des rebelles et du déploiement de la police militaire russe, la zone verrait le retour des institutions du régime et des services de base (eau, électricité), sans toutefois que l’armée syrienne y pénètre, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Mais d’après le directeur de l’Observatoire, Rami Abdel Rahmane, les discussions sont retardées par des divergences au sein des rebelles et des « tentatives de sabotage par le camp le plus radical ».
110 000 civils en exil
Appuyé par son allié russe, le pouvoir de Damas multiplie les victoires face aux rebelles et aux djihadistes, jusqu’à reconquérir plus de la moitié du pays. En début d’année, il avait fait de la Ghouta orientale sa priorité, alors que les rebelles de ce secteur, assiégés depuis 2013, tiraient obus et roquettes meurtriers sur la capitale.

   


Face à la progression des forces du régime, quelque 110 000 civils ont déjà fui les territoires rebelles dans la Ghouta, selon les médias étatiques. Ils n’ont d’autre choix que de rejoindre les secteurs tenus par le gouvernement, en dépit de la crainte de représailles pour certains. Ils abandonnent derrière eux des localités en ruine, où des immeubles éventrés s’alignent le long de rues jonchées de décombres. En prenant le contrôle de nouvelles localités, les forces du régime ont arrêté ces derniers jours une quarantaine de personnes, selon l’OSDH.
Le conflit qui ravage la Syrie depuis 2011 a fait plus de 350 000 morts et s’est transformé en guerre complexe, impliquant de multiples belligérants. Les provinces d’Idleb (Nord-Ouest) et de Deraa (Sud), où rebelles et djihadistes sont très présents, échappent encore très largement au pouvoir d’Assad, de même que le Nord-Est, dominé par les Kurdes.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ La crise qui secoue Mayotte depuis des semaines constitue une occasion historique pour la République de faire cesser les provocations des Comores rendant impossible la mise en œuvre d’une coopération équilibrée, écrivent le sénateur de Mayotte Thani Mohamed Soilihi et l’avocate Nathalie Trousseville dans une tribune au « Monde ».
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Mayotte : il faut « appliquer une politique diplomatique ferme à l’attention de l’Union des Comores »

La crise qui secoue Mayotte depuis des semaines constitue une occasion historique pour la République de faire cesser les provocations des Comores rendant impossible la mise en œuvre d’une coopération équilibrée, écrivent le sénateur de Mayotte Thani Mohamed Soilihi et l’avocate Nathalie Trousseville dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    27.03.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 14h33
    |

Thani Mohamed-Soilihi (sénateur de Mayotte) et Nathalie Trousseville (avocate au barreau de Paris)







                        



                                


                            

Tribune. Le soulèvement populaire, observé actuellement au sein du 101e département de Mayotte, relance le sempiternel débat sur l’appartenance de cette île à la France, différend qui l’oppose à l’Union des Comores depuis des décennies. Le 22 décembre 1974, à l’occasion d’une consultation d’autodétermination, les habitants d’Anjouan, de Mohéli et Grande Comores ont voté à plus de 95 % pour l’indépendance, tandis que les Mahorais se prononçaient largement pour le maintien au sein de la République française.
Prenant acte de ce choix, la France a alors décidé de comptabiliser les résultats île par île, conservant ainsi dans son giron le futur jeune département. Cette décision, vivement critiquée, aurait été prise en violation du droit international, et notamment du point 6 de la déclaration du 14 décembre 1960 sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples colonisés des Nations unies, qui édicte que l’intégrité territoriale des anciennes colonies doit être préservée. La France aurait ainsi arbitrairement amputé les Comores d’un quart de son territoire se fondant sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Accuser la République française d’avoir construit une opposition fictive entre des populations d’un même environnement traduit une méconnaissance manifeste de l’histoire de Mayotte, que l’on fait remonter à tort à 1946 et à la création de cette entité administrative qu’est un territoire d’outre-mer (TOM).
Instabilité et violence depuis l’indépendance
En réalité, c’est cette opposition originelle entre les îles composant l’archipel qui a conduit les Mahorais, régulièrement victimes de razzias depuis le XIIIe siècle, à réclamer la protection de la France. Le monarque malgache de Mayotte, Andriantsoly, lui a cédé l’île en 1841, afin de mettre un terme à la guerre que se livraient les « sultans batailleurs ».
D’ailleurs, preuve s’il en fallait, l’Union des Comores a de nouveau...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ La mort en détention de Solo Sandeng, en 2016, avait déclenché le mouvement politique qui a permis de faire tomber Yahya Jammeh.
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Compte rendu

En Gambie, un responsable du renseignement arrêté en lien avec le meurtre d’un opposant

La mort en détention de Solo Sandeng, en 2016, avait déclenché le mouvement politique qui a permis de faire tomber Yahya Jammeh.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 27.03.2018 à 11h35

     •
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        Mis à jour le 27.03.2018 à 11h57






    
L’ancien dictateur gambien Yahya Jammeh, à Banjul, en novembre 2016.
Crédits : Thierry Gouegnon / REUTERS


La police gambienne a annoncé, lundi 26 mars, avoir arrêté un haut responsable des services de renseignement, James Mendy, dans le cadre de l’enquête sur le meurtre, en avril 2016, de Solo Sandeng. La mort en détention de cet opposant avait déclenché le mouvement politique qui a permis de faire tomber le dictateur de l’époque, Yahya Jammeh, au pouvoir pendant vingt-deux ans.

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Une vingtaine de membres de la National Intelligence Agency (NIA) sont en cours de jugement ou doivent répondre devant la justice du meurtre de M. Sandeng, qui avait été arrêté lors d’une manifestation. Les tortures et le meurtre supposés du responsable du United Democratic Party (UDP) avaient provoqué des manifestations, peu communes dans ce petit pays enclavé d’Afrique de l’Ouest, et avaient encouragé une opposition faible et divisée à s’unir contre le pouvoir autoritaire.
Le porte-parole de la police, David Kujabie, a précisé lundi que James Mendy, chef de la sécurité de la NIA, avait été placé en détention par la police et qu’on enquêtait sur lui « en liaison avec le meurtre de Solo Sandeng ». James Mendy a été « l’un des hauts responsables de l’agence impliqués dans le meurtre », a indiqué une source sécuritaire à l’AFP.
Le procès avance lentement
Des procureurs gambiens avaient inculpé, mercredi 21 mars, huit anciens membres de la NIA d’association de malfaiteurs en vue de commettre un meurtre dans l’affaire Sandeng. Neuf autres membres de la NIA, dont son ancien chef, Yankuba Badjie, sont déjà en cours de jugement pour leur rôle dans cette affaire. Le procès avance lentement : treize témoins ont été appelés à la barre. Deux autres anciens agents des renseignements, Ngora Njie et Sheikh Tijan Camara, ont accepté la semaine dernière de devenir des témoins de l’accusation.

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Ancien militaire parvenu au pouvoir par un putsch sans effusion de sang en 1994, Yahya Jammeh avait été largement élu et réélu sans interruption jusqu’à sa défaite, en décembre 2016, face au candidat de l’opposition, Adama Barrow. Après six semaines de crise à rebondissements provoquée par son refus de céder le pouvoir, il a finalement quitté le pays le 21 janvier 2017 à la suite d’une intervention militaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et d’une ultime médiation guinéo-mauritanienne.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ La nouvelle superproduction d’Ubisoft, la première à s’intéresser à l’Amérique agricole, n’a pas la charge politique suggérée en 2017.
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« Far Cry 5 », un jeu vidéo sur la guerre froide plus que sur l’Amérique de Trump

La nouvelle superproduction d’Ubisoft, la première à s’intéresser à l’Amérique agricole, n’a pas la charge politique suggérée en 2017.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 12h21
    |

            William Audureau








                        



   


Un malentendu est si vite arrivé. Lorsque Far Cry 5 a été annoncé au printemps 2017, sa communication provocatrice a provoqué l’ire de l’alt-right, cette extrême droite américaine très présente sur les réseaux sociaux. Et pour cause : non seulement cette franchise de jeux vidéo de tir habituée aux décors exotiques se déroule pour la première fois aux Etats-Unis, en l’occurence dans le Montana, mais elle prend pour ennemi un groupe présenté comme blanc et chrétien.

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Mardi 27 mars, le jeu sort enfin dans le commerce, et bien loin des intentions qui lui ont été prêtées, il n’y est guère question de l’Amérique de Trump. « Ce n’était pas notre but de faire quelque chose de politique », insiste Dan Hay, responsable de la franchise, rencontré par Le Monde lors du Salon de l’E3 en juin 2017.
« On raconte un jeu qui se déroule dans un Etat, et au sein d’un Etat, d’un comté. C’est l’histoire de civils qui sont pris en otage par une secte. Ce que vous évoquez, ce n’est pas le sujet du jeu », confirme Jean-Sébastien Décant, concepteur-narrateur. Dan Hay insiste :
« Nous n’avons pas de message à faire passer. Le jeu parle de fin du monde, du sentiment que la fin du monde est imminente ; cela parle de la relation du joueur au gourou et à sa famille ; et du plaisir de faire joujou avec tout l’univers agricole que l’on peut trouver dans le Montana. En revanche, vous rencontrerez des gens dans le jeu qui ont des idées politiques, mais comme vous pourriez en rencontrer dans un bar. »
Climat de guerre froide
Le jeu met en scène une secte millénariste armée, dont l’emprise s’étend sur tout un comté, imaginaire, Hope County. L’héroïne ou le héros – au choix – doit mener la résistance, épaulé, entre autres, par Joseph, un pasteur. Dans Far Cry 5, pas de guerre des religions, mais un soulèvement contre une horde de fanatiques décérébrés et bien souvent, drogués. L’aventure se déroule à la fin du XXe siècle, et insiste davantage sur la rencontre explosive entre le flower power des années 1970 et les angoisses géopolitiques d’une génération, celle de Dan Hay, né en 1972.
« Quand j’étais enfant, je me rappelle du climat de guerre froide, ce sentiment que la Russie allait appuyer sur le bouton de la bombe atomique à n’importe quel moment. Je regardais Terminator, je regardais War Games, la télévision et les films me foutaient la pétoche. C’était une période où votre vie se passait absolument normalement, mais votre cœur était toujours sous pression. »
Ce sentiment d’insécurité a disparu avec l’effondrement du bloc soviétique en 1991. « Tout le monde s’est dit : ouf, c’est fini, nous avons échappé à l’apocalypse. Le climat général a changé », témoigne Dan Hay.
Cela a duré plus de quinze ans, jusqu’à la crise des subprimes, raconte le directeur créatif. « C’était le même sentiment qu’enfant. J’écoutais les gens parler, ils se demandaient ce que faisait le gouvernement, pourquoi ils n’avaient pas été protégés, il y avait un sentiment d’insécurité très fort. C’est la seconde fois que je le ressentais. » 
« Un sentiment d’insécurité très fort »
Dan Hay, qui cherche depuis la sortie de Far Cry 3, en 2012, un thème permettant d’aborder les Etats-Unis dans la franchise, décide de s’inspirer de ce souvenir d’enfance. « J’ai alors imaginé la secte dans le Montana, et que le Père (le gourou de la secte) nourrissait le même sentiment que moi. Sauf que lui se serait dit : écoutez, l’apocalypse, ça va arriver, alors on va se préparer, et je vais vous sauver, que vous le vouliez ou non. » 
Le choix de cet état trumpien n’a pas grand chose à voir avec la politique, mais plus avec l’envie d’explorer les marges intérieures des Etats-Unis, autant que de récrer un espace qui puisse transmettre un sentiment d’hostilité. « Au Montana, un sentiment de rebellion qui se transmet de génération en génération, beaucoup de “do it yourself”, du troc..., énumère Jean-Sébastien Décant. Ce sont des éléments qui nous ont donné envie de placer le jeu dans un far-west moderne. Certains cultes des années 1980-1990 ont fréquenté des miliciens du Montana. Cela avait du sens. »
« Pas de boule de cristal »
L’idée d’appuyer au début de la phase de promotion sur le parallèle possible entre l’univers du jeu et l’Amérique trumpienne est née des équipes marketing d’Ubisoft Europe, et n’a pas forcément fait l’unanimité en interne. Après les réactions courroucées à son annonce, l’éditeur français avait rétropédalé en revenant à une communication plus consensuelle, en cessant de mettre en avant des ennemis blancs.
Ubisoft Montréal et Ubisoft Toronto, les deux studios en charge du développement, étaient conscients que le choix des Etats-Unis était audacieux. « Quand on raconte une histoire qui se passe aux USA, qu’on essaie de l’ancrer dans un espace qui est réel au départ, c’est sûr que cela va créer la polémique. Mais on ne s’attendait pas à une telle réaction », assure Jean-Sébastien Décant.
Lorsque le développement débute, en 2014, rien ne permet d’imaginer que les Etats-Unis s’apprêtent à porter au pouvoir deux ans plus tard Donald Trump, hérault d’une fierté blanche blessée. « Nous avons construit cet espèce de royaume, mais nous n’avons pas de boule de cristal, nous n’avions aucune idée de ce qui allait se passer politiquement. On avait juste le sentiment que quelque chose pouvait se produire, relate Dan Hay. Mais nous ne savions pas quoi. »

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Pour protester contre l’incarcération des leaders indépendantistes, des groupes radicaux ont bloqué mardi matin l’autoroute A7 près de la frontière et la nationale qui relie la Catalogne à la côte espagnole.
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Blocages de routes en Catalogne pour protester contre l’arrestation de Puigdemont

Pour protester contre l’incarcération des leaders indépendantistes, des groupes radicaux ont bloqué mardi matin l’autoroute A7 près de la frontière et la nationale qui relie la Catalogne à la côte espagnole.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 13h46
   





                        



   


L’arrestation et l’incarcération en Allemagne de Carles Puigdemont, dimanche, continuent de provoquer de vives tension en Catalogne. Des militants indépendantistes ont bloqué deux routes de la région espagnole, mardi 27 mars au matin, pour protester contre la détention de l’ancien président régional, mais aussi contre l’incarcération en Espagne de plusieurs autres leaders indépendantistes.
Des barrages ont été érigés sur l’autoroute A7 près de la frontière française et sur la nationale N340 qui relie la Catalogne à la côte sud-est de l’Espagne. Le trafic a aussi été coupé par des manifestants aux alentours de Lleida, dans l’ouest de la région, sur l’autoroute A-2 reliant la Catalogne à Saragosse. Les deux principaux accès à Barcelone, par le nord et le sud, ont également été brièvement coupés.
La police est intervenue à la mi-journée pour lever le barrage dressé sur l’autoroute A7, près de la frontière. La télévision catalane TV3 a montré en direct des agents antiémeutes de la police catalane encerclant des manifestants assis sur l’autoroute et les traînant un par un sous des huées.
Ces manifestations ont été organisées par les Comités de défense de la République (CDR), des groupes radicaux proches du parti séparatiste d’extrême gauche Candidature d’unité populaire (CUP), qui ont lancé lundi un cycle de protestations « permanentes ». Ils avaient aussitôt bloqué pendant quelques heures une autoroute près de Lleida, dans l’ouest de la Catalogne.
Au début de novembre, ils avaient bloqué des voies ferrées, des routes et des sites touristiques lors d’une grève en soutien aux militants emprisonnés. « Avec les dernières incarcérations et l’arrestation du président Carles Puigdemont, il apparaît clairement que nous avons franchi un point de non-retour », ont-ils déclaré dans un communiqué lundi.
Neuf dirigeants séparatistes en détention
A l’annonce de l’interpellation de Carles Puigdemont en Allemagne, à la demande de Madrid, dimanche, des manifestations ont eu lieu dans toute la Catalogne, et des heurts entre manifestants et policiers ont fait plus d’une centaine de blessés.
L’ancien président est maintenu en détention jusqu’à ce qu’une décision soit prise quant à son expulsion en Espagne, réclamée par un mandat européen. Le tribunal régional de Kiel, dans le nord de l’Allemagne, a soixante jours pour trancher.

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Neuf dirigeants séparatistes, dont le candidat à la présidence de la région, Jordi Turull, ont été placés en détention provisoire près de Madrid et inculpés de rébellion pour leur rôle dans la tentative de sécession unilatérale du 27 octobre.



                            


                        

                        


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Décryptage

Sénatoriales ivoiriennes : pour le pouvoir, la victoire en déchantant

La défaite surprise du RHDP à Bouaké et Yamoussoukro révèle les faiblesses qui traversent la coalition, qui a remporté 50 sièges sur 66.

Par                Sidy Yansané (contributeur Le Monde Afrique, Abidjan)



LE MONDE
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        Le 27.03.2018 à 11h26

     •
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        Mis à jour le 27.03.2018 à 11h30






    
Un bureau de vote à Cocody, en Côte d’Ivoire, lors des élections sénatoriales, le 24 mars 2018.
Crédits : SIA KAMBOU / AFP


Le suspense n’était pas au rendez-vous, samedi 24 mars au soir, lors de l’annonce des résultats provisoires des premières élections sénatoriales ivoiriennes. Sur la RTI, la télévision nationale, Victoire Alley, la porte-parole de la Commission électorale indépendante (CEI), a égrené les scores obtenus dans les 33 circonscriptions électorales du pays, répétant le même acronyme : « RHDP ».
Le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, né de l’alliance notamment entre le Rassemblement des républicains (RDR), du président Alassane Ouattara, et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), de l’ancien président Henri Konan Bédié, s’est facilement imposé, raflant 25 régions du pays. De leur côté, le Front populaire ivoirien (FPI), de l’ancien président Laurent Gbagbo, toujours jugé à la Cour pénale internationale (CPI), et les autres partis d’opposition avaient boudé les urnes, estimant l’organisation du scrutin illégale.

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Avec deux sénateurs par liste, le pouvoir remporte donc 50 sièges au futur Sénat, 16 autres revenant aux candidatures indépendantes. A ces 66 élus vont s’ajouter 33 sénateurs directement désignés par le chef de l’Etat d’ici au 10 avril, date de l’installation de la nouvelle chambre parlementaire à Yamoussoukro, la capitale administrative.
« Une élection illégitime »
La création du Sénat est un serpent de mer de la politique ivoirienne. Le projet a été évoqué pour la première fois en 1995, mais les crises politiques successives qui ont traversé le pays l’ont constamment retardé, jusqu’à ce que le sujet soit de nouveau remis sur la table par Alassane Ouattara, en 2015, durant sa campagne pour un second mandat. La mise en œuvre de cette promesse a été rendue possible grâce à l’instauration d’une nouvelle Constitution adoptée par référendum en novembre 2016 et donnant naissance à l’actuelle IIIe République.
Les 66 premiers sénateurs ont été élus par un collège de 7 010 grands électeurs, composé des députés et des conseillers municipaux, régionaux et des districts autonomes d’Abidjan et Yamoussoukro. Ne possédant que trois sièges à l’Assemblée et ayant également boycotté les scrutins locaux précédents, le FPI n’avait donc aucune chance de décrocher un siège sénatorial. « Nous ne comprenons pas que des élus en fin de mandat issus de la République précédente puissent voter pour des sénateurs, déplore Jean Bonin Kouadio, secrétaire général adjoint du FPI. Nous ne reconnaîtrons pas ce Sénat né d’une élection illégale et illégitime. »

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Les partis d’opposition ne tarissent pas de critiques au sujet de la nouvelle chambre haute. Mais leur première cible reste la CEI, qu’ils ne considèrent ni indépendante ni équilibrée et dont ils réclament la réforme. Ses détracteurs, parmi lesquels la star du reggae Tiken Jah Fakoly, s’appuient sur un arrêt de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples rendu en novembre 2016, selon lequel l’actuelle CEI contrevient aux normes internationales. Le gouvernement a rétorqué que cette décision ne comportait aucun caractère contraignant. Pour enfoncer le clou, le premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, a déclaré publiquement, en février, que la CEI était issue d’un consensus de tous les partis politiques.
La seconde cible des opposants, c’est le chef de l’Etat lui-même, qui a fixé la date des sénatoriales via une ordonnance et non par une loi organique, comme le prévoit le Code électoral. « Nous avons engagé toutes les procédures de recours auprès de la Cour suprême, mais nous n’avons jamais obtenu de réponse, affirme Jean Bonin Kouadio. Comme le permet notre Constitution, nous allons multiplier les actions de masse. Alassane Ouattara ne nous laisse pas d’autres choix que d’occuper la rue. » Le bras de fer a déjà commencé. Jeudi 22 mars, une manifestation de la plate-forme d’opposition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS) a été empêchée par les forces de l’ordre à coups de gaz lacrymogène et d’interpellations de militants.
« Des leaders coupés de leur base »
Le triomphe du RHDP aux sénatoriales n’est pas total. Si la coalition présidentielle a fait le plein à Abidjan avec 100 % des voix, des bastions du pouvoir ont été remportés par des outsiders. A Yamoussoukro, la liste indépendante (60,42 % des voix) écarte celle de Jean Kouakou Kouadio, maire PDCI depuis dix-sept ans. Idem à Bouaké, deuxième ville du pays et base de l’ex-rébellion pro-Ouattara, où le RHDP n’a pas su convaincre.

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« Ces résultats prouvent que les leaders du RHDP sont coupés de leur base, qui a préféré sanctionner le pouvoir en choisissant des indépendants, analyse Sylvain N’Guessan, directeur de l’Institut de stratégie d’Abidjan. Cela montre que le jeu politique s’ouvre davantage à l’approche des élections locales et régionales prévues cette année. »
De fait, la coalition montre de nombreux signes de faiblesse. Le président Ouattara souhaite voir le RDR et le PDCI se fondre dans une seule et même formation. Mais la perspective de cette fusion s’est éloignée, le 10 mars, lorsque les figures du parti historique ont ouvertement déclaré leur opposition au projet et leur volonté de présenter un candidat issu de leurs rangs à la présidentielle de 2020.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Au moins 64 personnes sont mortes à Kemerovo, en Sibérie, alors que les premières conclusions de l’enquête confirment les « violations flagrantes » des normes de sécurité.
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Un incendie meurtrier dans un centre commercial révèle la corruption endémique en Russie

Au moins 64 personnes sont mortes à Kemerovo, en Sibérie, alors que les premières conclusions de l’enquête confirment les « violations flagrantes » des normes de sécurité.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 11h07
    |

                            Intérim (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Comme souvent dans les villes russes, le centre commercial de Kemerovo était devenu son principal lieu de vie pour les week-ends en famille ou entre amis. Dimanche 25 mars au soir, dans la cité minière de Sibérie occidentale, la sortie au magasin, au restaurant, au cinéma ou au bowling a viré au drame. Au moins 64 personnes, dont officiellement une dizaine d’enfants, ont péri dans l’incendie de Zimnaia Vishnia (« cerise d’hiver »), le centre commercial où s’étaient retrouvés, sur quatre étages, des milliers d’habitants de la ville et des villages environnants.
Les premières conclusions du comité d’enquête ont vite confirmé le constat des secouristes. Dans la conception du centre, mais surtout dans son exploitation, les « violations flagrantes » des normes de sécurité étaient nombreuses : matériaux de construction inflammables, issues de secours closes, système d’évacuation de fumées déficient, alarme débranchée, alertes inexistantes… Bloqués à l’intérieur du cinéma dont les portes étaient fermées à clef pour éviter les resquilleurs, des enfants ont appelé leurs parents au téléphone. D’autres ont sauté par les fenêtres.
« On parle de problèmes démographiques, mais trop de gens meurent, et à cause de quoi ? A cause de négligence criminelle, de laisser-aller », a fustigé mardi matin Vladimir Poutine. Arrivé à Kemerovo, le chef du Kremlin doit s’entretenir avec les autorités locales, notamment le gouverneur Aman Tuleyev. Ce dernier pourrait être rapidement remercié. A la présidentielle du 18 mars, il avait pourtant fait obtenir à M. Poutine l’un de ses meilleurs résultats : plus de 85 % des voix, sur fond d’une participation supérieure à 80 %.
« Démission ! », « Criminels ! » et « Vérité ! »
Mais, après l’incendie, la colère monte. Quelques centaines d’habitants se sont rassemblés mardi matin dans le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le feu s’est déclaré dimanche dans un centre commercial au cœur de Kemerovo. Le bilan est d’au moins 64 morts. Vladimir Poutine s’est rendu sur place mardi.
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Incendie meurtrier en Sibérie : une série de négligences et de violations des normes

Le feu s’est déclaré dimanche dans un centre commercial au cœur de Kemerovo. Le bilan est d’au moins 64 morts. Vladimir Poutine s’est rendu sur place mardi.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 15h01
   





                        



   


Quarante et un enfants sont morts dans l’incendie qui a tué au moins soixante-quatre personnes dimanche dans un centre commercial de Kemerovo, en Sibérie, a annoncé mardi 27 mars une source des services d’urgence, citée par l’agence de presse publique russe RIA Novosti. L’incendie meurtrier a été provoqué par une série de négligences criminelles et de violations des normes de sécurité, selon les autorités.
D’après une source au sein des services d’urgence de la région de Kemerovo, le bilan de soixante-quatre morts n’est pas encore définitif. « Dans la liste des morts figurent les noms de famille de quarante et un enfants », a déclaré cette même source à RIA Novosti.
Le centre commercial était très fréquenté dimanche, notamment par plusieurs classes d’écoliers de villages avoisinants ,qui ont été pris au piège dans les salles de cinéma et les salles de jeux. Une enseignante avait laissé sa classe seule et sans surveillance, selon les enquêteurs, qui n’ont pas exclu que le feu ait pu être déclenché par des enfants jouant avec un briquet.
Selon plusieurs témoins et victimes ayant appelé leurs proches des salles de cinéma situées près de l’épicentre de l’incendie, les portes avaient été fermées à clé, probablement par les employés du cinéma pour empêcher l’entrée de spectateurs sans ticket. Les issues de secours avaient également été verrouillées, sans doute par des employés de la sécurité. Une vidéo diffusée sur Internet montre des personnes s’efforçant d’ouvrir une issue bloquée en criant : « On va étouffer ! »
Système d’alerte hors service
Le système d’alerte automatique ne fonctionnait pas dans le centre commercial depuis le 19 mars, mais aucune mesure n’avait été prise pour le réparer, selon les enquêteurs. Quant au système d’alerte manuel, l’employé qui aurait dû le déclencher ne l’a pas fait « pour une raison difficilement compréhensible ».

   


Des témoins ont par ailleurs fait état du dysfonctionnement du système d’extincteurs automatiques. Selon le comité d’enquête, plusieurs employés chargés de la sécurité du centre commercial ont fui les lieux au début de l’incendie, au lieu de prévenir les clients et d’organiser les évacuations.
Les autorités ont relevé de nombreuses « violations flagrantes » des règles de sécurité, dans la construction puis dans la mise en exploitation de ce centre commercial, ouvert en 2013 à la place d’une fabrique de confiseries.
Selon les autorités, le centre commercial n’avait pas reçu l’accord du ministère des situations d’urgence pour sa mise en exploitation en 2013, en raison précisément de problèmes dans la sécurité anti-incendie du bâtiment.

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          Un incendie qui révèle la corruption endémique en Russie



Le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, s’est rendu mardi à Kemerovo, où il a déposé une gerbe sur les lieux de l’incendie et a rendu visite à des victimes hospitalisées. Lors d’une réunion avec plusieurs hauts responsables locaux et nationaux, il a dénoncé « une négligence criminelle », alors que les autorités attribuent cet incendie à de nombreuses violations des règles de sécurité. « Que se passe-t-il ici ? Il ne s’agit pas d’hostilités armées. Il ne s’agit pas d’une fuite inattendue de méthane. (…) Trop de gens meurent et à cause de quoi ? A cause de négligence criminelle, de laisser-aller », a dit le président russe dans des propos retransmis par le Kremlin.



                            


                        

                        


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Affaire Skripal : une dizaine de pays européens choisissent la neutralité

Le gouvernement autrichien, qui compte des ministres du parti d’extrême droite FPÖ, présente le pays comme « un pont entre l’Est et l’Ouest ».



Le Monde
 |    27.03.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 18h11
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Elles ont coûté, jusqu’ici, quelque 60 milliards d’euros aux pays européens – et 40 à la Russie – et suscitent traditionnellement des débats : les sanctions adoptées contre la Russie, en 2014, après l’annexion de la Crimée et le crash du vol MH17 dans l’est de l’Ukraine, n’ont jamais fait une réelle unanimité en Europe. L’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille a toutefois amené une série d’Etats à franchir un nouveau palier avec l’expulsion de diplomates russes. Une dizaine de pays ne se sont pas ralliés à cette décision.
L’Autriche invoque sa neutralité, son gouvernement affirmant vouloir « maintenir ouverts les canaux de communication avec la Russie ». Le pays – qui n’est pas membre de l’OTAN – dit se considérer comme « un pont entre l’Est et l’Ouest ». Le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ, extrême droite), allié du chancelier Sebastian Kurz, est lié par un « accord de coopération » au parti Russie unie du président russe, Vladimir Poutine.

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Maintenir le dialogue : c’est aussi l’espoir du premier ministre belge Charles Michel, qui s’est, comme M. Kurz, rendu récemment à Moscou. Il devait adopter une décision sur les expulsions, mardi 27 mars. La situation est d’autant plus délicate pour lui que son pays, siège de l’OTAN et de l’UE, abrite de très nombreux diplomates russes.
Ligne prudente
La Grèce – qui a félicité M. Poutine pour sa réélection – s’était ralliée à contrecœur aux sanctions de 2014, mais veut attendre les preuves définitives dans l’affaire de Salisbury. Elle s’interroge périodiquement sur les mesures de rétorsion à l’égard de la Russie, que le premier ministre Alexis Tsipras voulait appeler à la rescousse au plus fort de la crise financière qui frappait son pays en 2015.
La Bulgarie s’inquiète de l’escalade actuelle. Une position défendue aussi, il y a peu, par la Hongrie de Viktor Orban, désormais ralliée au camp des « durs ». La Slovaquie va se contenter de convoquer l’ambassadeur russe. Le Portugal se demande si les expulsions sont l’outil le plus approprié « compte tenu de la gravité de la crise actuelle ».
Chypre, terre d’accueil et d’investissement pour les capitaux russes, et qui a par ailleurs permis à la flotte russe d’accroître sa présence en Méditerranée, campe aussi sur une ligne prudente. Malte et le Luxembourg se disent, eux, solidaires, mais incapables de procéder à des expulsions, qui signifieraient une rupture de fait de leurs relations diplomatiques.
Une éventuelle aggravation des sanctions, évoquée par Donald Tusk, le président du Conseil européen, ne fera sans doute qu’illustrer davantage la désunion des Vingt-Huit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Une délégation nord-coréenne de haut rang aurait quitté Pékin en train, mardi, après une journée de rumeurs sur la possible visite du dirigeant de Pyongyang.
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Spéculations autour d’une visite historique de Kim Jong-un à Pékin

Une délégation nord-coréenne de haut rang aurait quitté Pékin en train, mardi, après une journée de rumeurs sur la possible visite du dirigeant de Pyongyang.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 10h43
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 11h48
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



   


Un mystérieux train vert aux vitres teintées noires est arrivé, lundi 26 mars dans l’après-midi, à Pékin en provenance de Pyongyang. Des palissades avaient été dressées dans la gare de la ville frontalière de Dandong, et des retards étaient annoncés sur de nombreux trains reliant le nord-est chinois à la capitale. Des mesures exceptionnelles de sécurité ont été prises autour du Grand Hall du peuple, sur la place Tiananmen, et un convoi officiel lourdement gardé a été aperçu en des lieux stratégiques.
Tout laisse à croire qu’un dignitaire nord-coréen de très haut rang est arrivé à Pékin. Possiblement le dirigeant Kim Jong-un en personne, qui effectuerait ainsi sa première visite à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir, en 2011. L’agence Bloomberg l’annonce, en se fondant sur trois sources. Sans démentir, le ministère chinois des affaires étrangères s’est refusé, mardi, à en dire davantage, sa porte-parole, Hua Chunying, se contentant d’indiquer que des informations à ce sujet seraient rendues publiques « en temps voulu ». Selon l’agence japonaise Kyodo, le train spécial nord-coréen devait repartir mardi après-midi.
Moment décisif
Le père de Kim Jong-un, Kim Jong-il, connu pour sa phobie de l’avion, avait déjà l’habitude de mener en train, et sans annonce officielle préalable, ses tournées auprès de ses deux grands voisins, la Chine et la Russie. Pékin confirmait la visite quand celle-ci arrivait à sa fin. Et comme lui, notent les observateurs, Kim Jong-un aurait ainsi attendu de consolider son pouvoir pendant plusieurs années pour sortir des frontières du pays ermite.
Les photos volées du convoi officiel – escorte de motards, limousines noires, ambulance – qui ont circulé sur les réseaux sociaux laissent penser que ce visiteur a gagné, lundi soir, la résidence officielle des dignitaires étrangers en visite en Chine, le Diaoyutai. Il faut noter également que les officiels nord-coréens en visite en Chine, à l’exception du dirigeant suprême du pays, s’y rendent par avion.
A Washington, la Maison Blanche s’est dite incapable de confirmer si Kim Jong-un se trouvait ou non toujours à Pyongyang. Et le gouvernement sud-coréen, généralement bien informé sur la situation au Nord, a dit simplement « suivre la situation de près ». Cette visite surprise, si elle se confirmait, intervient à un moment décisif dans le processus de désescalade entre la Corée du Nord, les Etats-Unis et la Corée du Sud, amorcé par l’invitation de Pyongyang à l’occasion des Jeux olympiques de Pyeongchang, en Corée du Sud, en février.
Il s’agirait d’abord pour Pyongyang de reprendre langue avec son ancien allié et protecteur chinois – en vue peut-être d’obtenir de Pékin des garanties sur sa sécurité future et son développement économique en cas d’allégement des sanctions. Et pour la Chine, de s’assurer qu’elle n’est pas écartée des discussions qui s’annoncent.
La Chine est en froid avec Pyongyang, qui poursuit une stratégie de développement à tout prix de l’arme nucléaire
« La Corée du Nord est, de nouveau, en train de tenter de jouer la Chine et les Etats-Unis l’un contre l’autre en se présentant comme un pivot qui aurait la liberté de choisir avec qui travailler. C’est une stratégie éculée, qui date du temps où le grand-père de Kim Jong-un, Kim Il-sung, jouait Pékin contre Moscou », estime Yun Sun, chercheuse au Stimson Center à Washington, jointe par courriel. « La Chine n’est que trop heureuse de renouer avec la Corée du Nord à un moment où Pékin se sent marginalisé et souhaite ardemment reprendre place à la table des négociations », poursuit-elle.
La Chine est en froid avec son voisin nord-coréen du fait de la poursuite par Kim Jong-un d’une stratégie de développement à tout prix de l’arme nucléaire. Quatre essais nucléaires souterrains ont été menés par Pyongyang entre 2013 et 2017 ainsi qu’une multitude de tirs balistiques, en violation des résolutions des Nations unies. Pékin, qui dispose d’un droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU, a non seulement approuvé ces résolutions mais s’est retrouvé en première ligne pour appliquer les sanctions qui en découlaient – certes avec un zèle variable, mais suffisamment pour conduire à une grave détérioration de leurs relations de pays frères.
« Les fondamentaux de la relation bilatérale au cours des dernières décennies ont changé du tout au tout. Du point de vue de Pyongyang, la Chine a trahi son proche allié. La perception des Nord-Coréens est qu’ils aident la Chine à se défendre contre les menaces américaines envers sa sécurité. La Chine devrait selon eux être reconnaissante à la Corée du Nord, et non l’inverse », expliquait lors d’une récente conférence le professeur Zhao Tong, spécialiste des politiques d’armement nucléaire au Centre Carnegie-Tsinghua à Pékin.



                            


                        

                        

