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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ L’équipe de France affronte en match amical à partir de 17 h 50 la Russie, qui accueillera la prochaine Coupe du monde.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Les chefs de chaque groupe politique ont pris la parole, mardi 27 mars, cinq jours après les attaques de Trèbes et Carcassonne.
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L’Assemblée nationale rend hommage au « héros » Arnaud Beltrame

Les chefs de chaque groupe politique ont pris la parole, mardi 27 mars, cinq jours après les attaques de Trèbes et Carcassonne.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 18h12
    |

            Manon Rescan








                        



   


Entre gravité affichée et tension retenue, les députés et le gouvernement ont rendu hommage, mardi 27 mars, à l’Assemblée nationale, aux victimes des attentats perpétrés dans l’Aude. Cinq jours après les attaques qui ont fait quatre victimes, à Carcassonne et dans un supermarché de Trèbes (Aude), les élus se sont retrouvés après les premières critiques de l’opposition sur l’action du gouvernement dans la lutte contre le terrorisme.
La séance de questions au gouvernement – exceptionnellement réorganisée pour permettre à chaque groupe politique de s’exprimer avant une longue réponse du premier ministre – a été marquée par le souvenir d’un homme. « L’image [du terroriste] abattu par les forces de l’ordre s’efface derrière celle d’un héros, le lieutenant-colonel Beltrame », a déclaré Edouard Philippe avant de poursuivre :
« Il incarne la République, il est son image, son corps. Il s’inscrit dans une longue histoire de Françaises et de Français civils ou militaires qui se sont tenus droits au moment où le pire survenait. Cette image, ce courage m’impressionne, nous impressionne et nous renvoie au fond à un sentiment mêlé d’immense fierté et de très grande humilité. »
Peu avant, les présidents de groupe avaient eux aussi salué l’acte de bravoure du militaire, abattu par le terroriste après s’être substitué à une femme retenue en otage dans le supermarché de Trèbes. « Dans cette noirceur absolue a surgi une lumière (…). Nous nous inclinons devant le courage incroyable dont il a fait preuve », a souligné le président du groupe MoDem, Marc Fesneau. « Le mal a été vaincu car la scène a été inversée », a ajouté Jean-Luc Mélenchon, évoquant un homme qui a « remis le monde humain en ordre ». « Il a réaffirmé la primauté de la compassion, il a assumé la primauté d’un altruisme absolu, celui qui prend pour soi la mort possible de l’autre », a poursuivi le leader de La France insoumise. Des phrases qui ont fait se lever l’ensemble des députés de l’Assemblée nationale. Inédit pour celui qui suscite bien plus souvent l’agacement de ses collègues que leurs applaudissements.
« Surenchère démagogique »
Mardi, l’heure n’était pourtant pas toujours à l’unité nationale dans l’hémicycle, un lieu où les députés avaient chanté La Marseillaise le 13 janvier 2015 après les attaques contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher. Dans chacun des discours, les traces des polémiques de ces derniers jours, lancées par la droite et l’extrême droite, sont resurgies. « Nous pensons que le temps est venu de prendre de nouvelles décisions », a ainsi lancé Christian Jacob, président du groupe de droite, en reprenant les propositions avancées par Laurent Wauquiez, lundi, comme le retour de l’état d’urgence, l’enfermement pour les « individus français radicalisés et fichés » et l’expulsion du territoire de ceux de nationalité étrangère. N’étant pas présidente de groupe – le FN ne dispose pas de suffisamment de députés pour en former un –, Marine Le Pen n’a pas eu la parole. Dans la matinée, elle avait tenu une conférence de presse à l’Assemblée au cours de laquelle elle avait notamment plaidé pour la révision du code de la nationalité. « Il faut arrêter avec le droit du sol et arrêter l’acquisition systématique par différents biais de la nationalité française », avait-elle déclaré.
Ses sorties médiatiques de ces derniers jours, comme celles de M. Wauquiez, ont fait réagir d’autres présidents de groupe. Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, a plaidé pour « un moment de cohésion nationale et pas de confusion nationale », évoquant un « concours Lépine de la solution miracle ». « Personne ne devrait [tirer] prendre parti du malheur qui nous frappe pour une surenchère démagogique », a renchéri Olivier Faure, président du groupe Nouvelle Gauche et nouveau premier secrétaire du Parti socialiste. « A notre tour de refuser à l’ennemi quelque victoire que ce soit et d’abord celle de la division et de la confusion », a lancé M. Mélenchon, qui a pris le contre-pied des critiques à l’égard du gouvernement, se disant « certain que [le gouvernement] a, dans ces circonstances, fait tout ce qui était en [son] pouvoir pour faire du mieux qu’[il pouvait] ». « Devant la barbarie mes chers collègues, l’essentiel tient en l’attitude des hommes », a également déclaré M. Fesneau.
Deux camps
Le premier ministre a riposté à la droite et à l’extrême droite. « Ceux qui affirment, sans savoir, que cet attentat aurait pu être évité, ceux qui croient pouvoir promettre aux Français un risque zéro, je le dis : ceux-là prennent, dans leur légèreté, une bien lourde responsabilité », a déclaré M. Philippe. Il a jugé « légitimes » les « interrogations » de l’opposition, tout en les écartant une à une. Pas question de revenir à l’état d’urgence alors que la loi antiterroriste votée en septembre a fait entrer dans le droit commun certaines des prérogatives de cet état d’exception. « J’entends le débat sur les fichés S, certains disent expulsez-les tous, enfermez-les tous, a-t-il poursuivi. C’est méconnaître l’Etat de droit, on ne peut pas être privé de sa liberté sur la base de soupçons. » Edouard Philippe n’a pas non plus oublié les déclarations de l’un de ses prédécesseurs, Manuel Valls, qui avait évoqué, dimanche, la possibilité d’interdire le salafisme. « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses », a déclaré le premier ministre, avant de conclure : « On ne peut pas interdire une idée, on peut sanctionner les comportements qu’elle entraîne. »
« Ce combat ça n’est pas seulement le combat du gouvernement, de ce gouvernement, c’est un combat qui sera long et qui sera difficile », a conclu le premier ministre :
« Nous savons tous, tous ceux qui ont été aux responsabilités le savent et je suis sûr qu’au fond d’eux-mêmes tous ceux qui aspirent aux responsabilités le savent, c’est un combat difficile. »
Dans l’hémicycle, cependant, deux camps se distinguaient clairement à la fin de son discours. D’un côté, la majorité, les socialistes, les centristes, les insoumis et les communistes. Ceux-là étaient debout pour applaudir. De l’autre, ses anciens camarades de banc du groupe Les Républicains, et les quelques députés du Front national présents, dont Marine Le Pen, la présidente du parti d’extrême droite. Ces derniers étaient assis et silencieux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Stéphane Gatignon doit annoncer sa démission à son conseil municipal mardi soir. Il explique au « Monde » les raisons de son choix.
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Le maire de Sevran démissionne pour protester contre l’insuffisance des politiques publiques en banlieue

Stéphane Gatignon doit annoncer sa démission à son conseil municipal mardi soir. Il explique au « Monde » les raisons de son choix.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 18h09
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 18h39
    |

            Ariane Chemin et 
Louise Couvelaire








                        



   


Maire de Sevran, ville de 50 000 habitants qui compte parmi les plus pauvres de Seine-Saint-Denis, Stéphane Gatignon a été successivement communiste refondateur, écologiste et enfin soutien d’Emmanuel Macron pour la présidentielle de 2017. Ce fin connaisseur des banlieues françaises doit annoncer à son conseil municipal, mardi 27 mars, qu’il abandonne son fauteuil de maire, détenu depuis mars 2001. Il explique au Monde les raisons de son départ.
Pourquoi renoncez-vous à votre mandat de maire de Sevran avant son terme ?
J’ai été élu à 31 ans, cela fait donc dix-sept ans que j’exerce cette fonction. Dix-sept ans durant lesquels on s’est battus comme des fous pour transformer Sevran, attirer de grands projets, comme l’arrivée du métro, faire exister la ville en dehors de la rubrique faits divers. Mon but a toujours été de péter le ghetto, mais je crois que, malgré les déclarations qui vont dans ce sens, les gouvernements successifs ne partagent pas cet objectif. On continue à faire de la banlieue un monde parallèle, structuré comme une société précaire qui ne s’en sort que grâce aux solidarités, à la débrouille, à la démerde. Je pense aujourd’hui que cette situation arrange tout le monde. Alors, à un moment, on fatigue, on perd le jus…
Vous n’y croyez plus ?
En novembre 2012, j’ai mené une grève de la faim pour obtenir le remboursement des sommes dues par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine, l’ANRU, et de meilleures dotations pour les villes pauvres et notamment pour Sevran. Cette action extrême montrait qu’à ce moment-là j’y croyais encore. J’avais dit, en y mettant fin au bout de six jours, que je démissionnerai le jour où je n’y croirais plus. Nous y sommes. Aujourd’hui, les villes de banlieue sont tenues à la gorge et on nous traite comme si nous étions aussi riches que Puteaux. La loi de finances 2018 nous impose de ne pas augmenter nos budgets de fonctionnement de plus de 1,2 % : si le gouvernement ne revient pas sur cette mesure, on est morts !

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Sevran bénéficie pourtant des investissements liés au Grand Paris ?
Je me bats avec mon équipe pour sortir la ville de cette fatalité de cité-dortoir à laquelle l’Etat semble vouloir l’assigner et monter des projets. Mais que de blocages et de situations sur lesquelles tout le monde ferme les yeux ! Pour les grands chantiers comme le métro, par exemple, nous n’avons pas assez de travailleurs formés : 30 000 sur les 70 000 nécessaires. Nous allons donc faire appel aux travailleurs détachés de toute l’Europe. Ce n’est pas fini. Sur les chantiers de BTP, 30 à 40 % des salariés ne seront pas déclarés. Comme il n’y a plus d’inspecteurs du travail, personne ne contrôle, et tout le monde s’en frotte les mains. Les gens ont besoin de vrais métiers, pas de petits boulots précaires. La banlieue, c’est le laboratoire de la France : il faut la réguler autrement que par le travail au noir.
Depuis 2011 – année où vous aviez demandé l’intervention de « casques bleus » dans votre ville – la situation s’est-elle améliorée ?
Quand je suis arrivé en 2001, j’avais 113 effectifs de police. Aujourd’hui, j’en ai 80, et une seule voiture de la BAC après 23 heures pour Aulnay et Sevran, deux plaques tournantes de la drogue. Lorsque, en 2011, j’ai appelé de mes vœux l’intervention de « forces d’interposition », j’avais enterré huit personnes en un an et demi à cause du trafic de stupéfiants qui gangrenait la ville. Au début, cette opération a porté ses fruits. Mais ça n’a rien réglé sur le fond. Le volume des ventes de drogue à Sevran est divisé par trois, mais le trafic s’est déplacé. Les mafias venues de l’Est, comme du Kosovo – gros producteur de cannabis –, prennent la main. De plus en plus de jeunes – et de plus en plus jeunes – trafiquent à petit prix, embauchés à la journée ou à la semaine, venant parfois de loin.
Depuis votre premier mandat de maire en 2001, vous assistez comme partout à un retour du religieux…
Les banlieues sont victimes – et actrices – d’une véritable poussée libérale. Pas parce qu’elles le veulent, mais parce qu’on les a abandonnées. Du coup, les solidarités sur lesquelles les habitants s’appuient pour s’en sortir se communautarisent de plus en plus. Résultat ? Les quartiers se replient chaque jour davantage sur leur communauté ethnique ou locale et donc sur la religion. Aujourd’hui, dans ma ville, tous les lieux de culte sont pleins : les mosquées, mais aussi les églises, et pas seulement évangéliques, les lieux de culte hindouistes, bouddhistes, mais aussi les sectes… Ce n’était pas le cas il y a dix-sept ans. Le religieux redonne un sens face à l’absence de règles et à la précarité, et s’accompagne pour certains d’un fort conservatisme, sur la place des femmes, le rôle de la famille. Je note cependant que nous avons un peu moins de femmes voilées, comme si une sorte d’étiage était atteint.
En septembre 2016, vous avez été pris à partie dans un documentaire de Bernard de La Villardière, sur M6, au sujet d’une mosquée. Que s’est-il passé ?
Je résume. Une salle de prière ouvre dans un quartier. Très vite, des fidèles de la mosquée viennent m’indiquer qu’elle est tenue par des radicaux qui traitent d’apostats les musulmans en discussion avec la mairie. Je découvre que le propriétaire de cette salle aurait été proche du GIA algérien, que le converti qui tient la salle a ouvert un kebab d’où 5, 6 ou 7 jeunes seraient partis vers la Syrie – il y a eu entre 14 et 15 départs pour le djihad à Sevran. La préfecture et la police sont prévenues. Pourtant, après le reportage de Bernard de La Villardière, le directeur du cabinet du préfet de Seine-Saint-Denis a osé dire que la question n’avait jamais été évoquée avec moi. Ce lâchage, qui m’a valu d’être violemment pris à parti par certains médias et par l’extrême droite, a eu raison de ma foi en la politique. Sans confiance, pas de travail efficace pour lutter contre la délinquance et le terrorisme.
L’humoriste Yassine Belattar vient d’investir dans ce bar de Sevran qui a beaucoup fait parler de lui après un reportage de France 2. Une bonne nouvelle ?
Ça fait de l’animation ! Et s’il peut faire venir des artistes…

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Une cinquantaine d’élus et de responsables associatifs ont été reçus par Jacques Mézard le 15 mars dans le cadre de la « mission Borloo » pour les banlieues. Vous avez semblé déçu…
C’est le moins que l’on puisse dire ! Les bras m’en sont tombés. Cette réunion avait pour but de présenter nos travaux et nos propositions dans les domaines de l’emploi, de l’insertion, de l’éducation, de la culture et du sport – je souligne que les thèmes de la sécurité, de la police ou encore des trafics ont été exclus des discussions par le ministère. M. Mézard est arrivé avec plus d’une heure de retard, sans s’excuser, et n’a pas dit un mot ; le secrétaire d’Etat, Julien Denormandie, était absent ; les fonctionnaires du ministère et du Commissariat général à l’égalité des territoires avaient reformulé nos propositions et on avait du mal à les reconnaître. Une nouvelle fois, j’ai joué la mouche du coche. Quand j’ai pris la parole, le chien de Jacques Mézard, puisque le ministre était venu avec son chien, s’est d’ailleurs mis à aboyer.

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Comme le « Chien blanc » du roman de Romain Gary face à ses ennemis…
Je suis maire de banlieue depuis Jacques Chirac, j’ai l’habitude des conflits. Avec tous les ministres de la ville la situation était tendue. Je me suis tapé la gueule avec chacun d’eux, comme avec Fadela Amara, mais au moins ils faisaient de la politique. Avec ce gouvernement, c’est autre chose.
En quoi est-ce différent ?
Le nouveau monde de Macron, c’est le post-politique, des ministres sans expérience. Mézard semblait plus intéressé par son chien que par ce que disaient les maires de banlieue devant lui. Julien Denormandie est brillant, il veut bosser, mais il n’a jamais fait de « popol », comme on dit, il ne connaît pas la dynamique des rapports de force. Le terrain, il ne sait pas ce que c’est. L’appareil se bureaucratise. C’est peut-être parce que j’ai grandi dans le communisme, mais cet entre-deux me fait penser à Berlin en 1989, ou à la stagnation de l’ère Brejnev – cette période d’immobilisme total où le pouvoir était dans les mains de technocrates sans aucune vision. En marche ! me fait penser à Russie unie : les responsables sont nommés pour trois ans. En banlieue, les permanences des nouveaux élus sont vides. En marche ! n’est qu’une écurie pour la prochaine présidentielle.
En marche ! a refusé de vous investir dans la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis. Cette décision n’a-t-elle pas influencé votre démission ?
J’ai soutenu Macron. Je le soutiens encore, mais maintenant il faut prendre les bonnes décisions, et vite. Il faut que son gouvernement comprenne que la banlieue, sa jeunesse, son cosmopolitisme, son ancrage dans les technologies, son libéralisme, c’est ça le nouveau monde. Or les signes ne sont pas encourageants : coupes dans le budget de la politique de la ville en 2017, gel des emplois aidés, décisions défavorables au financement de l’ANRU et maintenant, ce conseil présidentiel des villes : censé rassembler des gens issus des banlieues, il n’est composé que d’anciennes figures ou de personnes qui, même si certaines font du bon travail, ne représentent pas grand-monde dans les quartiers populaires. Bref, beaucoup d’affichage et de com’, et peu d’action.
Dans deux semaines, Jean-Louis Borloo va présenter ses propositions au président de la République…
Borloo est notre dernier espoir. Et ce plan, celui de la dernière chance. Si Macron ne suit pas les préconisations de Borloo, cela veut dire que l’Etat laisse tomber les banlieues et leurs 5,5 millions d’habitants. Au passage, l’attentat de Carcassonne nous le confirme : on ne peut lutter contre le terrorisme islamiste sans appréhender, comprendre et surtout intervenir concrètement.
Allez-vous arrêter la politique ?
Comment pourrais-je ? Je suis tombé dedans quand j’avais 15 ans. Je reste conseiller municipal de Sevran, conseiller territorial, conseiller métropolitain, pour être certain que les projets que j’ai portés aboutissent. Mais aujourd’hui, il n’y a plus de place en politique pour des militants comme moi. Je pense que j’ai une bonne expérience, mais Ils n’en veulent pas. On verra plus tard…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Alors que deux suspects ont été mis en examen, notamment pour « homicide volontaire » à caractère antisémite, une « marche blanche » en sa mémoire est organisée mercredi.
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Ce que l’on sait du meurtre de l’octogénaire juive Mireille Knoll

Alors que deux suspects ont été mis en examen, notamment pour « homicide volontaire » à caractère antisémite, une « marche blanche » en sa mémoire est organisée mercredi.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 18h41
   





                        



   


L’enquête a mis en évidence, lundi 26 mars, le caractère antisémite du meurtre de Mireille Knoll, rescapée de la Shoah âgée de 85 ans retrouvée morte vendredi à son domicile. Dans cette affaire encore entourée de zones d’ombre, deux hommes ont été mis en examen dans la nuit de lundi à mardi pour « homicide volontaire » à caractère antisémite et « vol aggravé ». Plusieurs personnalités ont appelé à participer, mercredi, à la « marche blanche » organisée en sa mémoire par les principales organisations juives.

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Qui était Mireille Knoll ? 
Née le 28 décembre 1932 à Paris, Mireille Knoll s’était enfuie avec sa mère de la capitale avant l’arrestation massive de plus de 13 000 juifs en juillet 1942, lors de la rafle du Vel d’Hiv. C’est un passeport brésilien hérité de son père qui lui avait alors permis de passer la ligne de démarcation et de trouver refuge au Portugal. Après la guerre, elle avait épousé un survivant d’Auschwitz, décédé il y a une quinzaine d’années selon un de ses deux fils. Ils avaient vécu au Canada avant de revenir à Paris, où son mari tenait un atelier d’imperméables dans le quartier juif du Sentier.
Mireille Knoll habitait seule au deuxième étage de son logement social de l’avenue Philippe-Auguste, dans le 11e arrondissement de Paris. Souffrant de la maladie de Parkinson, et handicapée par une mobilité très réduite, elle ne sortait de chez elle qu’en fauteuil roulant, accompagnée de son auxiliaire de vie. « Juive de cœur » mais non pratiquante, elle a mené « une vie modeste » d’après sa petite-fille, élevant ses fils au sein « d’une famille très ouverte, au contact de plein d’amis de toutes les religions ».
Dans quelle circonstance son corps a-t-il été retrouvé ?
Vendredi 23 mars, vers 18 h 30, Mireille Knoll a été retrouvée dans son lit, le corps en partie calciné et lardé de onze coups de couteau. Ce sont les pompiers qui l’ont découverte alors qu’ils intervenaient pour éteindre l’incendie qui s’était déclaré dans son appartement. Appelés sur place, les techniciens du laboratoire central de la préfecture ont, eux, relevé cinq départs de feu.
Qui sont les suspects ?
Le parquet de Paris a confié les investigations aux policiers du deuxième district de police judiciaire. L’enquête de voisinage a rapidement permis d’identifier un premier suspect, un voisin de l’octogénaire. Agé de 27 ans, le jeune homme, que l’octogénaire connaissait depuis l’enfance, se rendait régulièrement chez elle. Un des fils de Mme Knoll a d’ailleurs fait savoir aux enquêteurs qu’il avait aperçu le suspect en compagnie de sa mère le jour du drame. C’est en se rendant sur le lieu du crime, le lendemain, qu’il a été interpellé, puis placé en garde à vue.
Ce dernier est déjà connu des services de police et de justice pour des affaires de viol et d’agression sexuelle. Il a notamment été condamné en 2017 pour avoir agressé sexuellement une fillette de 12 ans au domicile de Mme Knoll, où celle-ci vivait avec sa mère, aide à domicile de l’octogénaire.
Un deuxième suspect, âgé de 21 ans, a été arrêté durant le week-end, près de l’opéra Bastille, après la mise en place d’un important dispositif de surveillance, comprenant la mobilisation de la brigade de recherche et d’intervention. Ce sans-domicile fixe est soupçonné d’avoir été présent au moment de l’assassinat. Il est bien connu des services de police, en particulier pour des faits de violence, de menaces et de vols avec effraction.

   


Quelles sont les pistes privilégiées ?
Les deux hommes, qui n’ont pas été confrontés durant leur interrogatoire, ont présenté des versions contradictoires, s’accusant mutuellement d’avoir porté les coups mortels. L’un des suspects a déclaré en garde à vue que son complice présumé avait crié « Allahou akbar » au moment de commettre les faits.
Ils ont été mis en examen dans la nuit de lundi à mardi pour « homicide volontaire à raison de l’appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion », « vol aggravé » et « dégradation ». Ils ont été placés en détention provisoire.
Plusieurs éléments ont conduit le parquet de Paris à retenir le caractère antisémite dans cette affaire. Une information judiciaire a été ouverte lundi pour « assassinat à raison de l’appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion et sur personne vulnérable ».
A ce stade des investigations, les motivations précises du crime ne sont pas connues. D’après une source proche de l’enquête, le mobile privilégié par les enquêteurs est celui d’un vol, profitant de l’état de faiblesse de Mireille Knoll, même si cette dernière vivait très modestement. L’hypothèse du crime crapuleux ne remet pas en cause le caractère antisémite des faits, notamment sachant que l’un des suspects connaissait la religion de la victime.
Quelles sont les réactions ?
Ce meurtre suscite une vive émotion, notamment au sein de la communauté juive, et dans le monde politique. Le président du Consistoire israélite de Paris, Joël Mergui, a immédiatement salué la « réactivité » des enquêteurs, tandis que le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Francis Kalifat, a exprimé sur Twitter son « soulagement » que le motif antisémite ait été retenu. « Ce n’est malheureusement pas une surprise », a réagi pour sa part, auprès du Monde, le député des Français de l’étranger Meyer Habib qui, du fait de ses fonctions, a très vite été au contact des enfants et petits-enfants de la vieille dame.
« Ignoble », « abject », « abominable » : la classe politique a également unanimement condamné ce meurtre. « J’exprime mon émotion devant le crime épouvantable commis contre Mme Knoll. Je réaffirme ma détermination absolue à lutter contre l’antisémitisme », a réagi sur Twitter le président Emmanuel Macron. Le premier ministre, Edouard Philippe, recevra mercredi la famille de la victime.

J’exprime mon émotion devant le crime épouvantable commis contre Mme Knoll. Je réaffirme ma détermination absolue à… https://t.co/Q4zI6FT9M5— EmmanuelMacron (@Emmanuel Macron)


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Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a dénoncé mardi, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, les « stéréotypes » qui sont à l’origine selon lui du meurtre d’une octogénaire :
« Ce qui était terrible, c’est que l’un des auteurs disait à l’autre “c’est une juive, elle doit avoir de l’argent”. »
« Les juifs ne sont pas en sécurité en France », a relevé mardi Malek Boutih, ancien député PS et ex-président de SOS Racisme, tandis que Laurent Wauquiez, président des Républicains, a appelé « chacun » à ouvrir « enfin les yeux » et que Marine Le Pen, présidente du Front national, dénonçait « un acte barbare ».
Christophe Castaner, délégué général de La République en marche, a appelé les adhérents de son mouvement à participer à la « marche blanche » prévue à Paris mercredi, à 18 h 30, entre la place de la Nation et le domicile de la victime.

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Quels sont les précédents ? 
Ce meurtre intervient un an après celui, dans le même quartier, de Sarah Halimi, une juive défenestrée par un voisin au cri de « Allahou akbar ». Alors que dans l’affaire Halimi, en avril 2017, la justice n’avait pas tout de suite retenu le mobile antisémite, elle ne semble pas avoir hésité cette fois.
Le nombre d’actes antisémites a certes de nouveau reculé en 2017, mais reste à un niveau préoccupant, et la communauté juive de France, qui représente moins de 1 % de la population, est la cible d’un tiers des actes haineux recensés dans le pays.

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En outre, les violences à caractère antisémites sont, elles, en hausse, et cette augmentation des « passages à l’acte » préoccupe les autorités. Depuis 2006 et l’assassinat d’Ilan Halimi, onze personnes ont été tuées en France parce que juives, selon les responsables communautaires. « Cette succession de meurtres nous rappelle que la communauté juive est la cible privilégiée de ceux qui haïssent la République et ses valeurs », a déclaré le président du Consistoire israélite, Joël Mergui.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ « Le Monde » s’est procuré le texte envoyé pour avis au Conseil d’Etat. Le texte, qui compte 65 articles, modifie les sanctions applicables aux demandeurs d’emploi.
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Assurance-chômage, formation professionnelle, apprentissage : ce que contient le projet de loi

« Le Monde » s’est procuré le texte envoyé pour avis au Conseil d’Etat. Le texte, qui compte 65 articles, modifie les sanctions applicables aux demandeurs d’emploi.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 16h21
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 16h34
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Notre économie est confrontée à des « transformations majeures » qui « requièrent de refonder une grande partie de notre modèle de protection sociale ». C’est pourquoi le gouvernement veut transformer en profondeur trois dispositifs essentiels – l’assurance-chômage, la formation continue et l’apprentissage – dans le but d’accorder de « nouveaux droits aux personnes » et de « renforcer l’investissement des entreprises dans les compétences de leurs salariés ». Tels sont les objectifs du projet de loi qui vient d’être envoyé pour avis au Conseil d’Etat et que Le Monde s’est procuré.
Ce texte, qui comporte 65 articles développés sur une centaine de pages, affiche un intitulé conforme à celui qu’avait évoqué la ministre du travail, Muriel Pénicaud, lors d’une conférence de presse, début mars : « Projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel ». Il reprend – évidemment – les principales annonces faites au cours des dernières semaines par l’exécutif sur la formation des apprentis et des autres catégories d’actifs, ainsi que sur la couverture des demandeurs d’emplois. Il recèle également des dispositions qui n’étaient pas toutes connues sur d’autres thématiques : lutte contre le travail illégal et la fraude au détachement, emploi des handicapés, promotion de l’égalité professionnelle.
De nouvelles règles sont, enfin, prévues pour encourager la mobilité des fonctionnaires – ce qui constitue une petite surprise. Après la réécriture du code du travail, qui vise à octroyer plus de flexibilité aux entreprises, ce projet de loi est présenté comme un acte II des réformes sociales, davantage tourné vers la sécurisation des personnes, l’idée étant d’inventer une « flexisécurité » à la française.
Assurance-chômage
Très attendu, ce volet du texte affiche comme objectif de « garantir une assurance-chômage plus universelle et plus juste ». Promesse emblématique d’Emmanuel Macron pendant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Mattea Battaglia, spécialisée dans les questions d’éducation au « Monde », a répondu aux questions des lecteurs sur l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à trois ans.
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« 25 000 enfants ne fréquentent pas la maternelle, ce qui pose la question de l’égalité des chances »

Mattea Battaglia, spécialisée dans les questions d’éducation au « Monde », a répondu aux questions des lecteurs sur l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à trois ans.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 12h38
   





                        


Emmanuel Macron a annoncé, mardi 27 mars, à l’ouverture des Assises de l’école maternelle, que l’âge de l’instruction obligatoire serait abaissé, dès la rentrée 2019, à trois ans, contre six ans actuellement. Mattea Battaglia, spécialisée dans les questions d’éducation au Monde, a répondu à vos questions.

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SGC : Bonjour, ne pensez-vous pas qu’il s’agisse d’un effet d’annonce qui n’aura que très peu d’effet sur le terrain en France métropolitaine ?
Mattea Battaglia : Vous avez raison : avec une moyenne de 97 % des enfants de trois ans déjà scolarisés aujourd’hui, on peut s’interroger sur la portée de l’annonce présidentielle. Reste que selon l’Elysée, 25 000 enfants ne fréquentent pas la maternelle, et plus dans certains départements d’outre-mer (70 %) qu’à Paris (93 %), ce qui pose la question de l’égalité des chances.
Il y a indéniablement, dans la réunion d’Assises consacrée à la maternelle, à Paris mardi et mercredi, un aspect communication, qui ne rend pas l’événement inintéressant pour autant, vu le nombre de convives – avec une coloration sciences cognitives marquée. L’événement doit donner lieu à une mise en débat des dynamiques qui traversent la maternelle, les questions de pédagogie, d’épanouissement, les programmes… et la place de la langue et du vocabulaire qu’entend valoriser le ministère de l’éducation. En tout cas sur le papier, la question d’une évolution qualitative de la maternelle est donc également posée.
Jérôme : Bonjour, l’instruction obligatoire dès 3 ans va-t-elle permettre de rééquilibrer les moyens humains sur les niveaux maternelle ?
Les taux d’encadrement en maternelle contrebalancent l’idée, communément admise, d’une école exemplaire. Si notre maternelle a valeur de modèle quantitativement, parce qu’elle accueille, et depuis longtemps, la quasi totalité d’une génération, du point de vue des conditions de la prise en charge, elle est plutôt critiquée lorsque l’on joue la comparaison internationale.
Jouer avec les chiffres est hasardeux (les modèles de prise en charge des 1-6 ans, d’un pays à l’autre, sont très différents, « intégrés » ou non, souvent privatisés, etc.), mais, selon l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), notre maternelle place environ 23 élèves face à 1 enseignant, quand, ailleurs, cette moyenne se situe plutôt autour de 14 enfants pour 1 professeur. Les statistiques ministérielles font plutôt état d’un taux d’encadrement de 25,5 enfants par enseignant. Les calculs ne sont pas tout à fait réalisés selon les mêmes critères. Et derrière ces moyennes, on retrouve de fortes disparités.
LauMou : Comment concilier instruction obligatoire dès 3 ans, dédoublement des classes de maternelles avec les effectifs d’enseignants actuels et l’engagement de campagne du candidat Macron de baisser les effectifs de la fonction publique ? 
La question des « moyens » va nécessairement se poser, vu les tensions qui entourent déjà la préparation de la rentrée 2018 (mobilisations dans les écoles rurales, dans les maternelles…). L’horizon de cette réforme impactant la maternelle a été fixé à la rentrée 2019 par l’Elysée, ce qui laisse le temps d’ajuster et d’argumenter la réponse budgétaire. Pour l’heure, au cabinet de M. Blanquer, on estime à un millier le nombre de postes supplémentaires nécessaires à l’accueil de tous les enfants de trois ans. Là encore, le sujet est à mettre en discussion avec les personnels enseignants, les ATSEM, etc.

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Gérard : La scolarisation à deux ans va-t-elle disparaître ? 93 000 élèves sont concernés en 2015 (selon le site du MEN). 
C’est l’un des points qui inquiètent le plus, aujourd’hui, les syndicats d’enseignants. Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, que nous avons interrogé sur le sujet, assure que « le débat est ouvert », même s’il semble clair que pour lui, l’école à 2 ans n’est pas « l’alpha et l’oméga ».
Sous le précédent quinquennat, la gauche, qui avait affiché la scolarisation des enfants de moins de 3 ans comme une priorité, n’a pas tenu sa promesse d’en accroître la part : à l’âge de 2 ans, moins de 12 % des enfants sont aujourd’hui accueillis en maternelle, ratio qui stagne depuis 2011, contre plus de 30 % dans les années 1990. Certains disent déjà que les postes dans les « toutes petites sections » pourraient servir de vivier, de variable d’ajustement à l’heure où des écoles se mobilisent en nombre contre des fermetures de classe.
Alexis : Cette réforme sera-t-elle également l’occasion de réfléchir à de nouvelles formes de pédagogie à l’école maternelle ? Je pense notamment à la pédagogie Montessori qui a fait ses preuves et qui est déjà en expérimentation dans certaines classes de maternelle publique.
La réforme qui se dessine ne doit pas se limiter au plan quantitatif – c’est en tout cas ce qu’affirme le gouvernement. « Abaisser à 3 ans l’âge obligatoire de l’entrée à l’école, c’est aussi reconnaître l’importance décisive des premières années de vie pour les apprentissages », nous ont expliqué le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer et le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, maîtres d’œuvre des Assises de la maternelle.
A les écouter, on peut, très tôt, développer chez l’enfant le langage et même une conscience prégrammaticale, non pas en transformant la maternelle en petit CP, non pas en « dressant » les enfants, mais en misant sur le jeu, la lecture à voix haute, la pratique de la musique, les contes mimés… Du point de vue de la pédagogie, ils se sont bien gardés, pour l’instant, de pointer une « bonne méthode », une « pratique particulière » ou une « bonne démarche », mais on ne peut ignorer que le ministre de l’éducation se réfère, souvent, aux sciences cognitives ainsi qu’à la pédagogie Montessori.

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Flore : Qu’en est-il des rythmes scolaires pour ces jeunes enfants ? Seront-ils calqués sur ceux du primaire ? Les rythmes sont très différents entre un enfant de petite maternelle et une grande section/voire au CP. Y aura-t-il une réflexion spécifique sur le rythme et temps de repos ?
On sait que la réforme des rythmes scolaires, en cours de « détricotage », a été plus difficilement appliquée en maternelle qu’en élémentaire précisément parce qu’il a été difficile de prendre en compte la spécificité du temps de repos et du tempo des plus jeunes écoliers.
Difficile d’imaginer que la question du sommeil des plus petits puisse être éludée : elle figure en tout cas au programme des Assises de la maternelle, avec une prise de parole mardi après-midi sur « le sommeil du jeune enfant », faisant intervenir une psychologue clinicienne et psychanalyste, Mme Nemet-Pier, ainsi que la responsable scientifique INSERM chargée de recherche sur la thématique du sommeil de l’enfant, Mme Plancoulaine. Reste à espérer qu’on n’en reste pas au stade de la prise de parole.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Critiqué dans le scandale Cambridge Analytica, le réseau social est confronté à un mouvement de défiance de la part d’utilisateurs.
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Quitter Facebook, un « grand saut dans le vide » au risque de « se couper du monde »

Critiqué dans le scandale Cambridge Analytica, le réseau social est confronté à un mouvement de défiance de la part d’utilisateurs.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 12h11
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 13h32
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            Charlotte Chabas








                        



                                


                            

Au début, c’était « tout feu tout flamme ». Une inscription « comme une évidence » pour Thomas D., 23 ans à l’époque, de retour d’un Erasmus d’un an à Madrid. « Garder contact avec ses amis éparpillés dans le monde, abolir les frontières du temps et de l’espace », voilà la promesse faite en 2008 par Facebook pour ce « grand timide » qui n’aurait « jamais osé écrire des mails pour demander des nouvelles ».
« Tout était plus simple que dans la vie réelle », raconte Thomas D., qui, dix ans plus tard, est devenu commercial pour une entreprise textile. A l’arrêt de bus, entre deux rendez-vous ou à la pause déjeuner…, « je passais au moins trois heures par jour à regarder les liens sociaux se créer », dit le trentenaire, qui s’autodiagnostique « une addiction, c’est sûr ».
Ce sentiment de « facilité sociale » s’abîme pourtant au fil des ans. Le « côté voyeuriste » prend le pas « sur la naïveté des débuts ». Très vite, on s’affiche. Thomas D. masque une bonne partie des publications de ses « amis » et de « leurs excès d’ego pathétiques ». « On grandit, on change », résume pudiquement l’ancien étudiant en langues étrangères, qui ne se reconnaît plus dans « cet affichage permanent du moi-je ».
« Je me laissais faire passivement »
Et puis, « la plate-forme devient fréquentée de tous » et il voit alors « débarquer des gens [qu’il n’avait] vraiment pas envie d’y voir ». Mais, à l’époque, le jeune homme ne blâme pas encore Facebook, l’outil. Ce n’est qu’en 2016 qu’apparaissent « les premiers doutes sérieux ». En septembre, le voilà convoqué pour une réunion de travail à Milan. Le soir même, dans sa chambre d’hôtel, Facebook lui propose de signaler sa présence et noter les lieux fréquentés dans la journée. Les profils des personnes rencontrées lui sont suggérés comme « amis » :
« J’ai compris...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Mis sous pression par les déclarations de Marine Le Pen, Laurent Wauquiez et Manuel Valls, les élus La République en marche refusent de surenchérir.
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Terrorisme : la majorité s’oppose à de nouvelles mesures sécuritaires

Mis sous pression par les déclarations de Marine Le Pen, Laurent Wauquiez et Manuel Valls, les élus La République en marche refusent de surenchérir.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 12h11
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 13h38
    |

            Alexandre Lemarié et 
Manon Rescan








                        


Nul besoin de surenchérir avec une nouvelle loi ni de durcir les dispositions existantes. Alors que la droite et l’extrême droite réclament un rétablissement de l’état d’urgence ou l’enfermement préventif des « fichés S » après les attaques djihadistes dans l’Aude, plusieurs députés La République en marche (LRM) opposent une fin de non-recevoir à ces demandes de l’opposition, en jugeant suffisant le dispositif de sécurité actuel.
« La logique “un événement-une loi” moi j’y suis extrêmement réticent », déclare Raphaël Gauvain, rapporteur de la loi antiterroriste (SILT) entrée en vigueur le 1er novembre pour prendre le relais de l’état d’urgence. « Nous n’allons pas voter une nouvelle loi à chaque fois qu’il y a un attentat, alors que l’arsenal antiterroriste existant a permis d’enrayer vingt-deux attentats en un an », complète son collègue Sacha Houlié, en précisant que la loi votée par la majorité à l’automne « permet le suivi des personnes radicalisées, la possibilité d’assignation à résidence ou de fermeture de lieux de culte ».

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« Le dispositif issu de la loi SILT est efficace. Il garantit l’Etat de droit et la sécurité. Tous ceux qui travaillent avec sérieux sur la question de la lutte antiterroriste trouvent absurde l’internement des “fichés S” », abonde Aurore Bergé, porte-parole du groupe LRM, en accusant Laurent Wauquiez et Marine Le Pen de s’adonner à « des mesures d’affichage populistes ». « Ils sont dans l’instrumentalisation et dans l’utilisation de ces attentats pour en faire un objet politique, au risque d’oublier le deuil national », s’indigne à son tour la députée de Paris, Laetitia Avia.
« La réponse n’est pas législative »
Pour autant, certains élus macronistes n’excluent pas de faire évoluer le dispositif législatif à l’avenir. « Si on s’aperçoit qu’il y a des insuffisances dans la loi votée à l’automne, on pourra l’adapter. S’il faut donner à l’administration de nouveaux outils préventifs on le fera », assure Raphaël Gauvain. « Si cela s’avérait nécessaire, dans des circonstances exceptionnelles, nous pourrions rétablir l’état d’urgence », abonde Yaël Braun-Pivet, présidente LRM de la commission des lois. « Mais ce n’est pas le cas aujourd’hui car l’arsenal dont nous disposons est suffisant pour faire face à la menace de manière efficace. » « La réponse n’est pas que législative », insiste toutefois M. Gauvain. « Le gouvernement a lancé un plan de lutte contre la radicalisation notamment en prison, la réponse est là », selon lui. Plusieurs élus soulignent en outre que l’exécutif ne lésine pas sur « les moyens », en recrutant notamment près de 2 000 agents de renseignement supplémentaires sur l’ensemble du quinquennat.
Les députés de la majorité se désolidarisent en outre des propositions formulées par Manuel Valls, qui a plaidé pour une « interdiction du salafisme » et une éventuelle « rétention administrative » des « fichés S » les plus dangereux. Même si le député de l’Essonne est apparenté LRM, plusieurs élus macronistes jugent que sa parole n’engage aucunement l’ensemble des députés LRM. « Il parle en tant qu’ancien premier ministre et sa ligne n’est pas celle du groupe », tranche M. Houlié.
« Surenchère »
Son collègue Aurélien Taché est du même avis. Cinglant, le député du Val-d’Oise condamne les propositions de M. Valls, y voyant « des mesures d’affichage, qui risquent de diviser davantage la société, plutôt que d’apporter des réponses opérationnelles ». « Il ne faut pas tout mélanger et se livrer à des raccourcis. Le rôle d’un responsable politique n’est pas de se transformer en islamologue », ajoute-t-il pour disqualifier la proposition de l’ex-premier ministre visant à interdire le salafisme. « Manuel Valls a une vraie expertise sur le sujet », soutient au contraire le député de Paris Sylvain Maillard, se disant « totalement raccord » avec l’ancien chef de gouvernement sur cette mesure précise. « Je pense qu’il faut savoir nommer nos adversaires et le salafisme est notre adversaire », ajoute-t-il.

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Quant à son idée d’enfermer les « fichés S » de manière préventive, la plupart des députés LRM la rejettent, au motif qu’elle serait inapplicable et priverait les services de renseignement d’un outil de collecte d’informations cruciales sur les personnes radicalisées. Le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, a dénoncé la « surenchère » d’une telle proposition : « Les Etats-Unis ont eu à une époque Guantanamo et ont bien vu que ça ne marchait pas. Ça n’empêche pas les attentats et par ailleurs on se retrouve avec des personnes dont, au bout d’un moment, on ne sait plus quoi faire », a-t-il expliqué sur Europe 1. A l’instar de M. Houlié, certains reprochent au passage à l’ex-premier ministre de « formuler les mêmes propositions que M. Wauquiez et Mme Le Pen ».
Certains, dans la majorité, se montrent toutefois tolérants avec M. Valls. « Il a raison de poser le débat », nuance ainsi Marie Guévenoux, ancienne juppéiste aujourd’hui députée LRM de l’Essonne. « On a une menace terroriste très forte, si dans certains cas on peut décider d’une assignation à résidence voire d’un placement en rétention administrative sans mettre en péril le renseignement, cela mérite d’être évalué », poursuit l’élue qui précise que sa position n’est pas arrêtée. Le signe que le débat n’est pas clos au sein du groupe majoritaire.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Après des débuts au théâtre dans les années 1950, sa carrière prit un tournant avec sa rencontre avec Claude Chabrol, dont elle deviendra l’actrice fétiche. Elle avait 85 ans.
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L’actrice Stéphane Audran est morte

Après des débuts au théâtre dans les années 1950, sa carrière prit un tournant avec sa rencontre avec Claude Chabrol, dont elle deviendra l’actrice fétiche. Elle avait 85 ans.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 12h37
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 16h40
   





                        



Stéphane Audran, qui fut notamment l’actrice fétiche et épouse du cinéaste Claude Chabrol, est morte, a annoncé son fils Thomas Chabrol, mardi 27 mars. Elle avait 85 ans. « Ma mère était souffrante depuis quelque temps. Elle a été hospitalisée une dizaine de jours et était revenue chez elle. Elle est partie paisiblement cette nuit vers 2 heures du matin », a précisé M. Chabrol.
Stéphane Audran fut une figure emblématique du cinéma français des années 1970. Elle avait débuté au théâtre dans les années 1950, avant d’obtenir des rôles secondaires dans certains films tournés par des réalisateurs de la nouvelle vague.
Récompensée par un César pour son rôle dans « Violette Nozière »
Sa carrière prit un tournant avec sa rencontre avec Claude Chabrol, en 1959. Mariée au cinéaste, elle en était devenue l’actrice fétiche. Elle fut révélée dans Les Biches, en 1968, avec un Ours d’argent à la clé à Berlin, avant de tenir des premiers rôles marquants dans Le Boucher et Les Noces rouges.
Son rôle dans Violette Nozière, un autre film de Claude Chabrol, lui permit de remporter le César de la meilleure actrice dans un second rôle en 1979.
Elle tourna aussi avec Luis Buñuel, dans Le Charme discret de la bourgeoisie, lauréat de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1973.
Stéphane Audran effectua ensuite un retour éphémère au premier plan dans les années 1980 avec Le Festin de Babette, du Danois Gabriel Axel, lauréat du meilleur film en langue étrangère aux Oscars en 1988.

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« Stéphane était épatante pour jouer les femmes libres et indépendantes, comme elle l’était dans la vie. Je l’ai dirigée dans Les Saisons du plaisir, avec Sylvie Joly. Beaucoup de metteurs en scène étaient amoureux d’elle, et d’ailleurs Claude Chabrol l’a épousée. Il en a fait son actrice fétiche. Elle a été aussi l’égérie des Cahiers du cinéma. Elle était très aimée », a témoigné le cinéaste Jean-Pierre Mocky.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ En 2017, 300 films ont été tournés dans l’Hexagone, c’est 6 % de plus que l’année précédente, selon l’étude annuelle du CNC.
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Cinq chiffres pour tout savoir de la production cinématographique française

En 2017, 300 films ont été tournés dans l’Hexagone, c’est 6 % de plus que l’année précédente, selon l’étude annuelle du CNC.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 16h56
    |

            Nicole Vulser








                        



   


Mardi 27 mars, le Centre national de la cinématographie et de l’image animée (CNC) a publié son étude annuelle sur le cinéma français. De loin, l’enquête démontre, selon les termes des auteurs d’une « stabilité » entre 2016 et 2017. Un constat s’appuyant sur le chiffre global de la production dans l’Hexagone. Mais en zoomant sur certains points, l’image se fait plus contrastée.
300 films produits en 2017 dans l’Hexagone
L’an dernier, il s’est produit 300 films en France. C’est 6 % de plus qu’en 2016. Sur ce total, 222 films étaient d’initiative française, c’est-à-dire avec une majorité de financement français. Les autres avaient un financement majoritairement étranger. Toutes ces œuvres représentent un investissement total de 1,32 milliard d’euros (– 4,4 % par rapport à 2016).
1,08 milliard d’euros investi dans la production française
Les investissements réalisés dans la production d’initiative française ont baissé en 2017 de 9,9 %, à 1,08 milliard d’euros. Ceci s’explique, selon le jargon statistique par un effet de base défavorable. En effet, 2016 a été marquée par la production de deux longs-métrages à méga budgets : Valérian et la Cité des mille planètes de Luc Besson (197,4 millions d’euros) et The Lake de Steven Quale (66 millions d’euros). A titre de comparaison en 2017, le film d’initiative française le plus coûteux, toujours signé Luc Besson, Anna (qui n’est pas encore sorti), ne s’élève « qu’à » 30,69 millions d’euros. Il est suivi par Santa & Cie d’Alain Chabat (28,3 millions) et La ch’tite famille de Dany Boon (26,8 millions).

« La Ch’tite Famille » remplit les salles

   


Boudée par l’Académie des Césars, la comédie est un genre cinématographique qui plaît au public, comme en témoignent les chiffres cumulés des entrées en salle publiés par Ecran total. Pour la période du mercredi 28 février au dimanche 4 mars, c’est le nouveau film de et avec Dany Boon, La Ch’ tite Famille, qui a attiré le plus de monde, réunissant plus de 2 millions de spectateurs pour une distribution sur 843 écrans. Les Tuche 3, d’Olivier Barroux, sorti il y a cinq semaines, continue sur la voie du succès public avec un total de 5,3 millions de spectateurs sur 639 écrans.

        Lire aussi le reportage :
         

          Séance en ch’tite famille à Saint-Omer



Triomphe mondial, Black Panther avec ses super-héros noirs séduit aussi les cinéphiles de l’Hexagone : en trois semaines d’exploitation, le film de Ryan Coogler y a été vu par 2,4 millions de spectateurs. Quant au grand gagnant des Oscars 2018, le film fantastique de Guillermo del Toro, La Forme de l’eau, il n’a pour l’instant attiré qu’un peu plus d’un demi million de spectateurs en deux semaines. Parions que les quatre statuettes remportées dimanche donneront un coup de pouce à sa carrière.

        Lire le récit :
         

          « Black Panther » bouscule les schémas hollywoodiens





49 films dont le budget était supérieur à 7 millions d’euros
C’est le nombre de films produits en 2017 dont le budget était supérieur à 7 millions d’euros. C’est neuf de plus qu’en 2016. Le CNC dénombre également 49 œuvres dont le budget est compris entre 4 et 7 millions. Dans cette catégorie figurent par exemple Un autre monde de Stéphane Brizé, Les Estivants de Valeria Bruni Tedeschi ou Place Publique d’Agnès Jaoui. Tous trois sont attendus en salles cette année. Le devis moyen des films d’initiative française s’établit à 4,9 millions d’euros.
72 premiers films
C’est le nombre de premiers films produits en 2017 sur les 222 œuvres d’initiatives françaises, soit près d’un tiers. Signe d’une réelle diversité, il s’est produit l’an dernier 43 films documentaires, 5 films d’animation, des films de genre, des biopics réinventés comme Barbara de Mathieu Amalric… Autre caractéristique : le nombre de coproductions internationales reste très élevé (à 123 films). Ces partenariats incluent 48 pays différents et ont permis de tourner The man who killed Don Quixote de Terry Gilliam ou Submergence de Wim Wenders, qui sortiront cette année.
363,3 millions investis par les chaînes de télévision dans les films agréés par le CNC
Les investissements des chaînes de télévision dans les films agréés par le CNC ont crû de 15,3 %, à 363,3 millions d’euros. Une manne répartie entre 193 films. Obligé d’investir dans le cinéma au prorata de son chiffre d’affaires, Canal + qui fut longtemps « le » banquier du cinéma, voit sa part s’amenuiser au fil des années mais conserve, si on y ajoute sa filiale Ciné +, une place prépondérante (173,5 millions d’euros d’investissements dans le septième art soit près la moitié du financement total des chaînes). Si TF1 ou M6 investissement surtout dans des films à devis élevé, les chaînes publiques choisissent des longs-métrages plus variés. Le nombre de films non financés par les télévisions a diminué l’an dernier mais représente toujours 107 longs-métrages agréés. Souvent des premiers films à petit budget.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Seize pays de l’UE, mais aussi les Etats-Unis et au moins six pays alliés ont annoncé l’expulsion de plus d’une centaine de diplomates russes en réaction à l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal en Angleterre.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Comment et pourquoi des diplomates peuvent-ils se faire expulser ?

Seize pays de l’UE, mais aussi les Etats-Unis et au moins six pays alliés ont annoncé l’expulsion de plus d’une centaine de diplomates russes en réaction à l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal en Angleterre.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 16h56
    |

            Mathilde Damgé, 
Alexandre Pouchard et 
Pierre Breteau








                        


Seize pays de l’UE, mais aussi les Etats-Unis et au moins six pays alliés ont pour l’heure annoncé l’expulsion de plus d’une centaine de diplomates russes de leurs territoires en réaction à l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal en Angleterre, au début du mois de mars.
L’expulsion de diplomates reste une mesure avant tout symbolique. C’est, selon Paris et Berlin, les capitales les plus engagées aux côtés de Londres, une façon de marquer le coup et d’éviter tout signe de faiblesse.

        Lire l’édito :
         

          Affaire Skripal : le rapport de force avec la Russie est nécessaire



Paris, comme Berlin, va expulser quatre des 90 diplomates russes accrédités en France : l’attaché de défense, le chef de la mission économique, le consul à Strasbourg et l’un des responsables du consulat de Marseille. Ils doivent quitter le territoire national dans un délai d’une semaine. « Ils font partie de ceux que nous avions déjà mis en garde pour leurs activités d’espionnage », rappelle-t-on de source diplomatique.
Combien y a-t-il de diplomates en France ?
En juillet 2017, le réseau diplomatique français comptait 182 ambassadeurs et 89 consuls et consuls généraux. En 2014, 810 représentations étrangères étaient présentes en France métropolitaine et d’outre mer.
Quel statut pour quelle immunité ?
Selon la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques (1961) et la Convention sur les relations consulaires (1963), les diplomates jouissent d’un statut reconnu internationalement, et notamment d’une immunité qui les couvre dans l’exercice de leur fonction. Ces avantages doivent les rendre libres de leur action dans des contextes politiques parfois difficiles. Pour rester sur le territoire français, le ministère des affaires étrangères leur délivre un titre de séjour spécial d’un à trois ans, renouvelable pour deux ans.
Mais ils ont aussi des devoirs : ils doivent s’astreindre à respecter les réglementations locales : « En cas de défaillance grave ou répétée, le Protocole [service qui accueille les ambassadeurs étrangers] sera amené à prendre diverses mesures, de la simple mise en garde à la déclaration “persona non grata” », prévient le Quai d’Orsay.
Peuvent-ils être expulsés ?
Un diplomate peut être désigné « persona non grata » (« personne qui n’est pas la bienvenue »). Il est alors visé par une procédure d’expulsion mais conserve son statut diplomatique, ce qui l’empêche de demander l’asile.
La décision d’expulsion doit être assumée par l’Etat d’envoi, qui est tenu de rappeler la personne jugée indésirable et de s’assurer que son départ du territoire est effectif. Si ce dernier refuse, l’Etat d’accueil peut refuser de reconnaître la personne concernée en tant que membre d’une mission diplomatique et peut alors être expulsé comme n’importe quel citoyen étranger.
Y a-t-il eu des précédents ?
Pour la France, il s’agit de la vague la plus massive d’expulsions depuis 1983, lorsque François Mitterrand avait renvoyé 47 Russes, principalement des diplomates. Ils étaient accusés d’être des agents du KGB, sur la foi des informations fournies par une « taupe » de la DST, le contre-espionnage français.
En pleine guerre froide (septembre 1971), le Royaume-Uni avait également expulsé 105 Soviétiques accusés d’espionnage. La Russie avait répondu deux semaines plus tard en renvoyant 18 Britanniques, dans une logique de riposte qui prévaut à nouveau en 1985, lors de la défection d’un espion soviétique haut gradé, Oleg Gordievsky.
Les cas d’expulsion pour raisons d’espionnage (désaccords politiques, délits ou crimes qui justifient un rappel…) sont les plus fréquents, car ils correspondent à un système, comme l’expliquait au Monde Franck Renaud, auteur du livre Les Diplomates : derrière la façade des ambassades de France (éd. Nouveau Monde, 2010) :
« Il y a deux types de représentants des services secrets dans une ambassade. Il y a celui qui est officiellement là dans le cadre d’un accord avec les services du pays où il est en poste. Et puis il y a ceux qui sont “sous couverture”, c’est-à-dire qu’on leur accorde une couverture diplomatique. Ils sont là pour recueillir du renseignement en étant “clandestins” dans le pays. »
Et au sein de l’Europe ?
Les relations diplomatiques entre Etats sont régies par la Convention de Vienne de 1961, et il n’existe pas de textes spécifiques entre Etats européens, et donc pas de différence. Une fois que le pays de résidence a donné son accord pour l’arrivée d’un ambassadeur ou d’une ambassadrice, et qu’il ou elle est accréditée par le pays d’origine, le statut est accordé (article 39). Pour les autres diplomates, le pays d’origine se contente de notifier le pays de résidence.
Seule différence, très mineure, pour un diplomate ressortissant de l’Union européenne ou d’un pays de l’Espace économique européen (EEE) : il peut revenir librement dans le pays – et sans visa – si on lui retire son titre diplomatique ou si sa mission prend fin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Les jouets qui ont flotté dans l’eau sale accumulent les champignons et les germes potentiellement pathogènes, selon une étude américano-suisse.
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Les dangers des canards en plastique dans le bain des enfants

Les jouets qui ont flotté dans l’eau sale accumulent les champignons et les germes potentiellement pathogènes, selon une étude américano-suisse.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 15h54
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 15h57
   





                        



   


Les petits canards en plastique qui barbotent dans les bains des petits sont de dangereux prédateurs : le Conseil fédéral suisse a publié, mardi 27 mars, un inquiétant communiqué intitulé « Les vilains petits canards de bain », qui fait état des conclusions d’une étude très sérieuse sur la question : tout corps (en plastique) plongé dans l’eau déjà polluée par nos ablutions devient une véritable bombe à bactéries et champignons.
Une équipe de chercheurs de l’Institut de recherche sur l’eau Eawag, de l’école polytechnique fédérale de Zurich, et de l’université de l’Illinois (Etats-Unis) a placé des canards tout neufs pendant onze semaines dans de l’eau propre, et un autre groupe de canards dans de « l’eau de bain usagée contenant des restes de savon, de la saleté, de la sueur et des bactéries accompagnatrices du corps humain ».
Légionelles et bactéries résistantes
Les canards découpés et examinés au laboratoire ont révélé qu’entre 5 et 75 millions de cellules avaient trouvé place sur chaque centimètre carré de palmipède. Les canards d’eau de bain sale étaient porteurs de champignons, et 80 % d’entre eux avaient développé des germes potentiellement pathogènes, notamment des légionelles et des bactéries très résistantes.
Le problème vient surtout de l’intérieur du jouet, difficile à nettoyer. « Lorsque l’enfant appuie sur leur ventre pour faire gicler de l’eau, il n’est ainsi pas rare que le jet soit de couleur brune », souligne l’étude.
« Cela peut renforcer leurs défenses immunitaires. A ce moment-là, c’est plutôt positif, commente très sérieusement le microbiologiste Frederik Hammes, de l’Eawag. Mais cela peut également provoquer des irritations des yeux et des oreilles ou des infections gastro-intestinales plus problématiques. » Il suggère de durcir la réglementation sur les polymères utilisés dans les jouets destinés à flotter dans nos baignoires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Le 21 août 2015, à bord du Thalys 9364 reliant Amsterdam à Paris, ce Franco-Américain porta secours à un jeune homme aux prises avec un terroriste qui lui tira une balle dans le dos. Il témoigne de son admiration pour Arnaud Beltrame dans une tribune au « Monde ».
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édition abonné


Mark Moogalian : « L’acte altruiste d’Arnaud Beltrame a restauré notre foi en l’humanité »

Le 21 août 2015, à bord du Thalys 9364 reliant Amsterdam à Paris, ce Franco-Américain porta secours à un jeune homme aux prises avec un terroriste qui lui tira une balle dans le dos. Il témoigne de son admiration pour Arnaud Beltrame dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 11h48
    |

Mark Moogalian (Universitaire franco-américain, auteur d'un acte de sauvetage héroïque dans le Thalys 9364 reliant Amsterdam à Paris, Le 21 août 2015)







                        



                                


                            
[Jean Mazières, Christian Medves, Hervé Sosna et Arnaud Beltrame ont été assassinés, vendredi 23 mars, dans une attaque terroriste à Trèbes (Aube), près de Carcassonne, qui a également fait quinze blessés, dont un se trouve toujours dans un état grave. Le meurtrier, Radouane Lakdim, a été abattu par des militaires du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) alors qu’il s’était retranché dans un supermarché de Trèbes. Il était fiché « S » depuis 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste et était connu pour des faits de ­petite délinquance. Il avait été ­condamné à deux reprises, en 2011 et en 2015, pour des faits de droit commun et avait été incarcéré ­pendant un mois, en 2016, à Carcassonne. Peu avant, il avait braqué une voiture et attaqué quatre CRS qui revenaient d’un jogging dans cette ville. L’organisation Etat ­islamique (EI) a revendiqué l’attaque et la section antiterroriste du ­parquet de Paris a été saisie de l’affaire. Après s’être substitué à l’une des otages du supermarché, le lieutenant-colonel Arnaud ­Beltrame a succombé à ses blessures samedi – il est « tombé en ­héros », a souligné le président Emmanuel Macron. Un hommage national lui sera rendu.]
Tribune. Je m’en souviens comme si c’était hier. Cela s’est passé le 21 août 2015 à bord du Thalys, le train qui relie Amsterdam à Paris. Un terroriste armé jusqu’aux dents s’apprêtait à faire un véritable carnage ce jour-là, mais un concours de circonstances extraordinaires nous a aidés à éviter le pire. Clint Eastwood en a fait un film, Le 15 h 17 pour Paris. Quand j’en parle aux autres, je parle surtout de la chance que nous avons tous eue ce jour-là.
Quand j’y repense, c’est surtout au moment où je me suis retourné pour venir en aide à Damien A. [un employé de banque souhaitant rester anonyme qui se battait contre Ayoub El-Khazzani, terroriste belgo-marocain muni notamment d’un fusil d’assaut] un passager...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ L’entreprise ne respecterait pas la loi imposant d’obtenir le consentement « libre, éclairé et spécifique » avant de collecter des données. Le fournisseur s’en défend.
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Linky : la CNIL met en demeure Direct Energie à propos des données personnelles

L’entreprise ne respecterait pas la loi imposant d’obtenir le consentement « libre, éclairé et spécifique » avant de collecter des données. Le fournisseur s’en défend.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 18h00
    |

                            Nabil Wakim et 
Morgane Tual








                        



   


Les usagers chez qui un compteur Linky a été installé par Direct Energie ont-ils consenti à ce que leurs données soient recueillies par ce fournisseur d’énergie ? Pas suffisamment, selon la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), qui a décidé de mettre l’entreprise en demeure « en raison d’une absence de consentement à la collecte des données de consommation issues du compteur communicant Linky », écrit-elle dans un communiqué publié mardi 27 mars.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Cinq questions que pose le compteur Linky



Que reproche la CNIL à Direct Energie ?
Concrètement, lors de l’installation d’un compteur Linky, Direct Energie demande à Enedis, qui gère le réseau de distribution, de lui transmettre des données de consommation de ses clients, explique la CNIL. Des données qui, selon la loi, « ne peuvent cependant être recueillies qu’après avoir obtenu le consentement des personnes concernées ». Or, les contrôles de la CNIL « ont révélé que le consentement des clients n’était pas recueilli dans des conditions conformes » à la loi, « n’étant pas libre, éclairé et spécifique ».
La CNIL reproche à l’entreprise d’informer ses clients de la collecte de leurs données de consommation quotidienne, mais sans pour autant demander leur accord préalable.
La finalité de facturation au plus juste « n’est pas exacte »
Elle dénonce aussi la façon dont est présentée la collecte des données de consommation à la demi-heure. La Commission explique ainsi qu’à l’installation d’un compteur, Direct Energie demande l’accord simultané des clients sur deux points : la mise en service du compteur et « la collecte des données de consommation horaires, qui est présentée comme le corollaire de l’activation du compteur et comme permettant au client de bénéficier d’une facturation au plus juste ». Or, souligne la CNIL, la finalité de facturation au plus juste pour le client « n’est pas exacte, puisque Direct Energie ne propose pas d’offres basées sur la consommation horaire ». Qui plus est, « la cadence précise de la remontée des données de consommation, par demi-heure, n’est pas indiquée au client ».
La CNIL estime aussi que cette présentation donne au client « l’impression, erronée, qu’il choisit d’activer le compteur alors qu’il ne consent, en réalité, qu’à la collecte de ses données de consommation » — puisque l’installation de ce compteur « revêt un caractère obligatoire, et sa mise en service ne dépend pas de la société Direct Energie ».
Que répond Direct Energie ?
« Nous respectons scrupuleusement la loi », assure au Monde Xavier Caïtucoli, fondateur et président de Direct Energie : « Rien n’est caché à nos clients, nous envoyons trois e-mails explicatifs et détaillés. La preuve que les clients comprennent très bien, c’est que 35 % acceptent » – les autres ne se prononcent pas, « donc refusent implicitement », ajoute l’entreprise. « Si la CNIL trouve que ce n’est pas assez précis, on précisera », assure Xavier Caïtucoli.
« Nos données ne sont vendues à personne », répète M. Caïtucoli, pour qui Linky est « une très bonne nouvelle, qui permet de faire beaucoup de choses pour la transition énergétique ».
« Je regrette simplement que cette mise en demeure alimente une cabale anti-Linky qui n’a pas lieu d’être. »
L’entreprise dispose désormais d’un délai de trois mois pour se mettre en conformité avec la loi, précise la CNIL, tout en rappelant que « cette mise en demeure n’est pas une sanction » et qu’« aucune suite ne sera donnée à cette procédure si la société se conforme à la loi dans le délai imparti ».
Quelles données recueille le compteur Linky ?
Linky est un compteur dit « intelligent », puisqu’il recueille des données sur les habitudes de consommation des clients. C’est d’ailleurs l’un des arguments majeurs d’Enedis pour le promouvoir. Une connaissance fine des données des utilisateurs permet au fournisseur de mieux gérer les besoins et surtout de facturer avec précision la consommation d’électricité.
Les données ne peuvent être transmises à des tiers, sauf consentement explicite
Cette volonté de recueillir des données a attiré dès 2012 l’attention de la CNIL, qui l’a strictement encadrée. Elles sont anonymisées, restent la propriété de l’usager et ne peuvent être transmises à des tiers, sauf consentement explicite du client.
Autrement dit, personne ne pourra savoir à quelle heure l’usager se réveille ou fait fonctionner sa machine à laver, s’il ne le souhaite pas. Mais les fournisseurs d’électricité, comme EDF, Engie ou Direct Energie, peuvent mettre en place des offres spécifiques qui utilisent les données des clients pour mieux maîtriser la consommation d’électricité.
Direct Energie a d’ailleurs lancé il y a quelques semaines une offre spéciale Linky qui programme à distance le ballon d’eau chaude.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Pourquoi le compteur Linky électrise les passions



Mise à jour : contrairement au chiffre initialement fourni par M. Caïtucoli, 35 % des clients de Direct Energie acceptent de transmettre leurs données, et non pas 65 %.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Le député de La France insoumise a rendu hommage au gendarme assassiné par le terroriste Radouane Lakdim dans l’attentat de Trèbes vendredi 23 mars.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Des militants de Génération identitaire ont revendiqué cette action à la veille des attentats dans l’Aude.
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Des panneaux « djihadistes » installés par des militants d’extrême droite à Toulouse

Des militants de Génération identitaire ont revendiqué cette action à la veille des attentats dans l’Aude.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 16h17
   





                        



   


Des faux panneaux de signalisation arborant une mention « djihadistes » rayée de rouge ont fleuri aux entrées de Toulouse jeudi 22 et vendredi 23 mars. Sept panneaux de ce type ont été saisis par les agents de la société des Autoroutes du sud de la France (ASF) et remis aux forces de l’ordre, selon Le Point. Contactée par Le Monde, la sûreté départementale de la Haute-Garonne confirme qu’une enquête a été ouverte à ce sujet, sans donner plus de précisions.
Les investigations n’auront pas à aller bien loin pour retrouver les responsables de cette action : elle a été revendiquée dès le 22 mars, soit la veille des attentats dans l’Aude, par des militants de Génération identitaire Toulouse sur Facebook. Ce groupuscule d’extrême droite, qui est le mouvement jeunesse du Bloc identitaire, entendait signifier que « les djihadistes ne sont pas les bienvenus à Toulouse », accusant le maire de la ville, Jean-Luc Moudenc, de ne pas s’opposer au retour des djihadistes partis en Syrie ou en Irak.
Génération identitaire s’est fait une spécialité des actions médiatiques de ce type, quitte à enfreindre la loi. Certains de ses membres ont notamment été jugés en octobre 2017 pour avoir occupé pendant quelques heures le toit d’une mosquée à Poitiers. Des militants de la mouvance se sont également illustrés dans les actions anti-blocage à l’université de Montpellier ces derniers jours.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Douai, Lorient, Colmar, Limoges ou encore Mont-de-Marsan font partie des villes qui bénéficieront d’un plan d’aide de plus de 5 milliards d’euros sur cinq ans.
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Revitalisation des centres-villes : le gouvernement sélectionne 222 villes moyennes

Douai, Lorient, Colmar, Limoges ou encore Mont-de-Marsan font partie des villes qui bénéficieront d’un plan d’aide de plus de 5 milliards d’euros sur cinq ans.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 11h21
   





                        


Deux cent vingt-deux villes de taille moyenne ont été retenues pour bénéficier du plan gouvernemental de revitalisation des centres-villes baptisé « Action cœur de ville », a annoncé, mardi 27 mars, le gouvernement. Lancé à la mi-décembre 2017, ce plan doit permettre de mobiliser plus de 5 milliards d’euros sur cinq ans pour ramener notamment des habitants et des commerces dans les cœurs de ville désertés.

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La liste des villes retenues doit être annoncée mardi par le ministre de la cohésion des territoires, Jacques Mézard, lors d’un déplacement à Châtellerault (Vienne). Y figurent notamment Douai, Lorient, Troyes, Colmar, Limoges, Mont-de-Marsan, Avignon ou Perpignan. Réparties sur l’ensemble du territoire, elles devront engager « la phase de préparation » de leur projet de redynamisation au printemps 2018.
23 % de la population
Le plan du gouvernement a été élaboré en collaboration avec l’association Villes de France, qui regroupe les villes moyennes, et avec les organismes publics partenaires. Il vise notamment à acquérir et à réhabiliter des logements, à améliorer leur performance énergétique, à « développer une nouvelle offre commerciale en centre-ville et rééquilibrer les conditions d’implantation avec la périphérie », expose le ministère de la cohésion des territoires.

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« Action cœurs de ville » entend également « accompagner les commerçants dans la transition numérique » et simplifier leurs démarches d’implantation en centre-ville.
Sur les 5 milliards d’euros mobilisés, 1 milliard proviendra « de la Caisse des dépôts en fonds propres, 700 000 euros en prêts, 1,5 milliard d’euros d’Action logement et 1,2 milliard d’euros de l’ANAH », l’Agence nationale de l’habitat.
Les villes moyennes, principalement de 30 000 à 50 000 habitants, concentrent 23 % de la population et 26 % de l’emploi, tout en étant confrontées à d’importantes difficultés sociales. Beaucoup d’entre elles comptent de nombreux locaux commerciaux vacants et voient leur centre se vider après 19 heures.

Pour aller plus loin
L’objectif du gouvernement est de redonner aux villes de quelques dizaines de milliers d’habitants dont l’activité économique est bien souvent en déclin et les commerces en berne, les moyens de trouver un nouveau souffle. Retrouvez nos reportages dans ces villes moyennes.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ La Cour de cassation a validé mardi la condamnation de l’ancien président du Front national, qui avait de nouveau qualifié les chambres à gaz de « détail » de l’histoire en 2015.
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Jean-Marie Le Pen définitivement condamné pour ses propos sur les chambres à gaz

La Cour de cassation a validé mardi la condamnation de l’ancien président du Front national, qui avait de nouveau qualifié les chambres à gaz de « détail » de l’histoire en 2015.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 15h17
   





                        



   


La condamnation de Jean-Marie Le Pen pour contestation de crime contre l’humanité est désormais définitive. La Cour de cassation a validé, mardi 27 mars, le jugement en appel qui avait infligé une amende de 30 000 euros à l’ancien président du Front national. Ce dernier avait de nouveau qualifié les chambres à gaz de « détail » de l’histoire de la seconde guerre mondiale en avril 2015.
La haute juridiction, qui juge la bonne application du droit, a rejeté le pourvoi du cofondateur du Front national, qui protestait contre sa condamnation pour contestation de crime contre l’humanité prononcée le 1er mars 2017 par la cour d’appel de Paris.
« Sous couvert d’admettre la réalité et le caractère “assez ignoble” des chambres à gaz », « Jean-Marie Le Pen n’a de cesse d’en relativiser l’importance », soulignait le jugement de première instance, rendu par le tribunal correctionnel en avril 2016, estimant qu’il se livrait en fait à une concession qui n’était « qu’apparente ». La cour d’appel de Paris avait confirmé cette analyse.
« Pas du tout » de remords
Le 2 avril 2015, face au journaliste Jean-Jacques Bourdin, qui lui demandait s’il regrettait d’avoir qualifié les chambres à gaz de « détail », Jean-Marie Le Pen avait répondu : « Pas du tout. Ce que j’ai dit correspondait à ma pensée que les chambres à gaz étaient un détail de l’histoire de la guerre, à moins d’admettre que ce soit la guerre qui soit un détail des chambres à gaz. »
Le journaliste de BFMTV lui avait alors demandé si l’on pouvait qualifier « des millions de morts » de « point de détail ». « C’est pas un million de morts, c’est les chambres à gaz », « moi je parle de choses précises. Je n’ai pas parlé de nombre de morts. J’ai parlé d’un système. J’ai dit que c’était un détail de l’histoire de la guerre », lui avait rétorqué l’ancien président du FN.
Sa fille Marine Le Pen avait quant à elle condamné ces propos, qui ont entraîné l’exclusion du FN de M. Le Pen, dont il a en revanche pu rester président d’honneur jusqu’en 2018.
La suite d’une longue série de condamnations
Jean-Marie Le Pen a fait l’objet de multiples condamnations en justice pour différents propos publics. Il avait ainsi déjà été condamné à verser 1,2 million de francs (environ 180 000 euros) à onze associations pour avoir déclaré en 1987 que les chambres à gaz étaient un « point de détail » de l’histoire.
L’ancien candidat à la présidentielle a aussi été condamné, entre autres, pour des propos sur l’occupation allemande, dont il jugeait, en 2005, qu’elle n’avait « pas été particulièrement inhumaine » en France. Il a également été condamné pour provocation à la discrimination pour avoir déclaré au Monde que « le jour où nous aurons en France, non plus 5 millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont ». Ou encore en 2017 pour des propos sur les Roms.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Poursuivi dans le cadre de l’enquête sur la prise d’otages de l’Hyper Cacher en janvier 2015, il a été placé en détention provisoire.
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Un homme mis en examen dans l’enquête sur les armes d’Amedy Coulibaly

Poursuivi dans le cadre de l’enquête sur la prise d’otages de l’Hyper Cacher en janvier 2015, il a été placé en détention provisoire.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 14h25
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 14h46
   





                        


Un homme a été mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » vendredi et placé en détention provisoire dans le cadre de l’enquête sur les attentats de janvier 2015, a annoncé une source judiciaire à l’Agence France-Presse. Ces poursuites concernent les investigations sur la fourniture des armes utilisées lors de la prise d’otages de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes à Paris le 9 janvier 2015.
Cette personne figurait parmi les six qui avaient été interpellées mardi 20 mars. Les cinq autres ont été remises en liberté sans faire l’objet de poursuites à ce stade, précise-t-on de source judiciaire.
Quinze personnes poursuivies au total
Au total, quinze hommes sont désormais poursuivis dans cette enquête. Ils sont tous soupçonnés à des degrés divers d’avoir apporté une aide logistique à Amedy Coulibaly, qui avait tué la policière municipale Clarissa Jean-Philippe à Montrouge le 8 janvier puis quatre autres personnes à l’Hyper Cacher le lendemain.
Trois ans après ces attaques, les premières d’une vague d’attentats djihadistes sans précédent en France qui a fait 245 morts en trois ans, les investigations n’ont, en revanche, pas établi où et comment les frères Kouachi, auteurs de la tuerie de Charlie Hebdo, se sont procuré leur arsenal.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Déprimés par l’échec de la révolution et la répression, les jeunes se réfugient dans l’ironie et les réseaux sociaux.
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Témoignages

La jeunesse égyptienne désabusée par la politique

Déprimés par l’échec de la révolution et la répression, les jeunes se réfugient dans l’ironie et les réseaux sociaux.

Hélène Sallon (Le Caire, envoyée spéciale)
    



LE MONDE
              datetime="2018-03-27T10:39:40+02:00"

        Le 27.03.2018 à 10h39






                        

Crédits : SALAH MALKAWI /Getty Images/AFP


                    

Attablés au bord du Nil, dans le centre culturel Al-Sawy du quartier huppé de Zamalek, au Caire, les cinq jeunes Egyptiens ont d’abord souri et se sont sondés du regard avant d’éclater de rire à la question de savoir qui irait voter à l’élection présidentielle. « Aucun d’entre nous, bien sûr », résume Eslam, 27 ans, un assistant de la faculté d’ingénierie d’Aïn Chams. Cette désaffection vis-à-vis du scrutin, qui se tient du 26 au 28 mars, et de la politique en général, ils la partagent avec une majorité des 18-29 ans, le quart de la population égyptienne.
La réélection assurée du président Abdel Fattah Al-Sissi laisse un goût amer à cette génération qui a grandi avec l’immense espoir suscité par la révolution du 25 janvier 2011 et ses idéaux de « liberté, pain et justice sociale ». « Quel besoin de voter quand on connaît le résultat ? Et je n’ai pas dit que j’étais pour ou contre le vainqueur », dit Eslam, avec une certaine réserve. « Moi, je le dis : Sissi va gagner, et il est hors de question que je contribue à la destruction qui s’annonce. Nous sommes déjà opprimés. Si je vote, je participe à ma propre oppression », rétorque Ayman, un étudiant ingénieur de 21 ans.

« Les gens ne trouvent pas de quoi manger. Je travaille dur pour me payer des études qui, de toute façon, ne sont pas au niveau. Tout le monde souffre, et le président gaspille l’argent dans des projets pathétiques », poursuit Ayman, citant les mégaprojets comme le doublement du canal de Suez ou l’édification d’une seconde capitale. « Il vend l’Egypte morceau par morceau, ajoute-t-il. Deux îles à l’Arabie saoudite, un peu du Sinaï et d’autres terres aux Emiratis. Si ça avait eu lieu sous Morsi [le président islamiste de 2012 à 2013], tout le monde aurait protesté en disant que les Frères musulmans vendent le pays, mais aujourd’hui les gens ont peur. »
Des « oiseaux » sur les campus
La peur et la résignation...



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Avec son premier roman qui dénonce la culture de l’honneur et l’oppression des femmes, « Dodevaskeren », l’écrivaine danoise, d’origine kurde, Sara Omar, est comparée à l’auteur des « Cerfs-volants de Kaboul », Khaled Hosseini.
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« La laveuse de morts », le best-seller qui passionne les Danois


                      Avec son premier roman qui dénonce la culture de l’honneur et l’oppression des femmes, « Dodevaskeren », l’écrivaine danoise, d’origine kurde, Sara Omar, est comparée à l’auteur des « Cerfs-volants de Kaboul », Khaled Hosseini.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 08h15
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 15h36
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








   


Le livre le plus courageux publié depuis des années » ; « de la littérature qui peut changer notre société » ; « la révolution #metoo trouve son roman le plus fort » ; « un enrichissement de la littérature danoise ». Rarement la critique aura été à ce point unanime dans l’éloge d’un livre qui s’affiche comme un des plus grands succès littéraires de ces dernières années au Danemark. Sorti le 30 novembre 2017 en librairie, le roman Dødevaskeren (« la laveuse de morts ») a déjà été vendu à plus de 50 000 exemplaires, dans un pays où 10 000 ventes suffisent à faire un best-seller.
Son auteure, Sara Omar, 31 ans, est comparée à la romancière danoise Karen Blixen ou à Khaled Hosseini, l’auteur des Cerfs-volants de Kaboul. Elle est originaire de Souleimaniyé, dans le Kurdistan irakien, qu’elle quitte à l’âge de 10 ans. Après cinq années passées dans des camps de réfugiés au Moyen-Orient, sa famille arrive au Danemark en 2001.
Sous le contrôle d’un père tyrannique
Son livre dénonce la culture de l’honneur et l’oppression des femmes, dans son pays d’origine et au Danemark, chez certaines familles musulmanes conservatrices. De la sienne, elle ne veut rien dire. « Les problèmes que je décris me dépassent, ils sont universels », dit-elle. Mais, entre les lignes, on devine son histoire.

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Comme elle, son héroïne, Frmesk, « larme » en kurde, est née le 21 août 1986 à Souleimaniyé. Toutes deux sont sorties du ventre de leur mère avec une mèche blanche en forme de cœur au-dessus du front. Un signe d’Allah ? Une malédiction ? Dans une société patriarcale, où les femmes sont toujours suspectes, cette « tache de naissance » est un danger supplémentaire pour une petite fille. Craignant la violence du père, les grands-parents maternels de Frmesk la recueillent. Darwésh, le grand-père, croit au pouvoir des livres. Gawhar, son épouse, lave les corps des femmes massacrées par les hommes, rendant leur dignité à celles jugées impures.
« Je savais qu’il y aurait des conséquences quand j’ai décidé d’écrire ce livre, mais je n’avais pas le choix », Sara Omar
Trente ans plus tard, on retrouve Frmesk clouée sur un lit d’hôpital au Danemark. Sans famille. Sans ami. Elle passe ses journées à noircir des feuilles de papier, jusqu’à ce qu’une étudiante en médecine, Darya, fasse irruption dans sa vie. La jeune femme voilée vit sous le contrôle d’un père tyrannique, obnubilé par les commandements de sa religion.
« Je savais qu’il y aurait des conséquences quand j’ai décidé d’écrire ce livre, mais je n’avais pas le choix, souffle l’écrivaine. C’était ça ou mourir, et j’avais toutes les raisons de choisir la mort. » La voix tremblante, de grands yeux sombres brillants dans un visage aux traits fins, encadrés de deux longues mèches blanches contrastant avec sa chevelure de jais, Sara Omar, étudiante en science politique, raconte les multiples tentatives de suicide, les longs séjours à l’hôpital, le désespoir. Puis les huit mois passés devant son ordinateur, en transe, à écrire sans s’arrêter.
Opposée au port du voile
Fan de Simone de Beauvoir et de Voltaire, elle fustige une culture patriarcale qui opprime au nom de la religion et d’un livre « écrit il y a mille quatre cents ans » considéré comme « un texte de loi ». Pas parce qu’un dieu l’aurait ordonné, mais « parce que les hommes en ont décidé ainsi », bâtissant des sociétés où « la vie humaine a moins de valeur que la religion, la culture et la réputation » et où « l’honneur de la famille repose entre les jambes des femmes ».

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Musulmane agnostique, opposée au port du voile, elle appelle à « une réforme de l’islam » et à une « révolution des mentalités ». En commençant au Danemark, où la gauche, « animée de bonnes intentions », « a trop longtemps fermé les yeux », tandis que la droite « mettait de l’huile sur le feu, au lieu d’apporter des solutions ». Pour avoir rompu avec sa famille et publié un livre, Sara Omar est menacée. Mais, plus que jamais, elle garde espoir. Tous les jours, elle reçoit des lettres de femmes et d’hommes témoignant de leur calvaire. « La parole, dit-elle, est en train de se libérer. »
Sara Omar s’exprime en faveur des droits des femmes (vidéo sous-titrée en anglais) 



