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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Une génération avant les frères Lumière, un savant original, Louis Ducos du Hauron, mettait au point un procédé de production d’images basé sur la trichromie. Des chercheurs ont analysé ses clichés au synchrotron européen de Grenoble.
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Les premières photographies couleur révèlent leurs secrets

Une génération avant les frères Lumière, un savant original, Louis Ducos du Hauron, mettait au point un procédé de production d’images basé sur la trichromie. Des chercheurs ont analysé ses clichés au synchrotron européen de Grenoble.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 17h45
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Qui a inventé la photographie couleur ? La réponse commune en ­attribue la paternité aux frères ­Lumière. Et de fait, avec son procédé d’autochromie, le duo lyonnais a mis au point, en 1903, le premier dispositif commercialement viable d’image colorée. Une génération plus tôt, pourtant, un savant original nommé Louis Ducos du Hauron présentait, en 1869, devant la Société française de photographie, une méthode de reproduction d’images basée sur la trichromie. Une équipe de scientifiques et de conservateurs a entrepris d’analyser plusieurs de ses œuvres. Publié mardi 20 mars dans la prestigieuse revue Angewandte Chemie, leur article permet de mieux cerner cet esprit en perpétuelle quête d’innovation… au risque de sombrer dans l’extrême complexité.
Drôle d’oiseau, en vérité, que ce Louis Ducos du Hauron (1837-1920). Né à Langon (Gironde), grandi à Agen (Lot-et-Garonne) et élevé loin de l’école par des précepteurs, le jeune homme montre des talents multiples. La musique, d’abord, qui lui offrira son seul et provisoire métier : professeur de piano. Ses vraies passions sont pourtant ailleurs, dans le dessin et les sciences, plus exactement la physique et la chimie. Ainsi mettra-t-il au point, dès 1864, un dispositif d’images animées. Il proposera également, le premier, d’observer des images en trois dimensions grâce – déjà – à des ­lunettes avec un verre rouge et un autre vert.
Mais l’essentiel de ses efforts, le rêve de sa vie, est d’une autre portée. Il veut « forcer le soleil à peindre avec des couleurs toutes faites qu’on lui présente », comme il l’exprimera, en 1869, dans son premier ouvrage. Autrement dit, adapter les procédés inventés par Niépce et Daguerre pour la photographie noir et blanc afin de produire des images en couleur. Il y consacrera sa vie, d’abord entretenu par son père, collecteur des ­impôts indirects à Agen, puis par son frère, avocat devenu juge, qu’il suivra jusqu’à Alger et à Paris, au gré des postes occupés...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Une étude confirme les effets bénéfiques des restrictions caloriques sur la longévité.
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Manger moins ralentit bien le vieillissement

Une étude confirme les effets bénéfiques des restrictions caloriques sur la longévité.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 15h30
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Au-delà de l’effet qu’elle a sur le poids, la restriction de l’apport calorique quotidien dans notre alimentation aurait des vertus sur les phéno­mènes liés au vieillissement et probablement sur les maladies neurodégénératives qui lui sont associées. Déjà démontrée par différentes études sur des modèles animaux et quelques-unes sur des humains, elle trouve un appui notable dans une étude américaine réalisée sur un effectif réduit (53 personnes) et publiée jeudi 22 mars dans la revue Cell Metabolism.
Depuis les travaux pionniers de Sydney Brenner (Prix Nobel de médecine 2002) sur le ver Cænorhabditis elegans jusqu’aux travaux sur d’autres modèles (levure, drosophile, primate non humain), les preuves se sont accumulées pour étayer la notion que la restriction calorique ralentirait le vieillissement et accroîtrait la longévité. Un constat qui fait prospérer toutes sortes de propositions commer­ciales ou de théories comme celle du jeûne régulier, sans qu’elles soient scientifiquement fondées.
Deux théories expliqueraient les liens entre régime et vieillissement : celle du rate of living (« rythme de vie ») et celle du stress oxydatif. Dans la première, qui a fait l’objet de beaucoup de critiques depuis qu’elle a été avancée en 1926, « la longévité des mammifères est inversement liée à leur rythme de métabolisme par unité de masse tissulaire », résument, dans l’article de Cell Metabolism,Leanne Redman (Pennington Biomedical Research Center, Baton Rouge, Louisiane) et ses collègues. Plus l’organisme métabolise rapidement l’oxygène, en consommant des calories, moins il vit longtemps. Dans les années 1950, la théorie du stress oxydatif s’est fait jour : le métabolisme de l’oxygène produit des radicaux ­libres – les « espèces réactives de l’oxygène » – qui endommagent l’ADN, les lipides et les protéines, accélérant ainsi le vieillissement.
Perte de poids de 9 kg
Dans le cadre d’études de long...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Le sport joue un rôle dans la prévention des troubles psychologiques chez les jeunes exposés à des événements traumatisants.
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Le sport, un outil de résilience

Le sport joue un rôle dans la prévention des troubles psychologiques chez les jeunes exposés à des événements traumatisants.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 15h25
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Stimulant de la mémoire, protecteur du déclin cognitif, antidépresseur, anxiolytique… Les scientifiques n’en finissent pas de découvrir les effets de l’activité physique sur le cerveau. Mais dans cet inventaire réjouissant des pouvoirs du sport, il en est un sur lequel les pédopsychiatres et les professionnels de l’enfance seraient bien inspirés de miser : la prévention des troubles psychologiques chez les jeunes exposés à des événements traumatisants.
Au-delà des histoires individuelles de champions ou d’anonymes que le sport a aidés à se reconstruire, il existe désormais des données épidémiologiques. Par exemple dans une vaste étude menée par le ­système de santé du Pays de Galles et l’université de Bangor, dont les premiers résultats ont été rendus publics en janvier. A partir d’un échantillon représentatif de 2 500 Gallois âgés de 18 à 69 ans, Mark Bellis et ses collègues se sont penchés sur la santé mentale et les sources de résilience de ceux qui avaient vécu des expériences négatives dans l’enfance.
Ils en ont identifié 11 types : événements familiaux (tels une séparation parentale, des violences domestiques, un contexte d’alcoolisme), antécédents de maltraitance (verbale, physique ou sexuelle) ou de négligence, physique ou émotionnelle. Un participant à l’étude sur deux n’avait connu aucune de ces situations, mais 14 % en cumulaient quatre ou plus. Ces derniers se sont révélés bien plus vulnérables à l’âge adulte que ceux sans expérience négative pendant l’enfance. Au moment de l’enquête, ils étaient 3,7 fois plus souvent traités pour un trouble mental. Et leur risque de s’être automutilé ou d’avoir eu des pensées suicidaires était quasiment décuplé. Le ­niveau de risque dépendait cependant des moyens de résilience auxquels ils avaient eu accès pendant leur jeunesse puis à l’âge adulte.
Creuset de relations affectives
Dans l’enfance, le fait d’avoir noué une relation de confiance avec un adulte est...




                        

                        


<article-nb="2018/03/26/19-4">
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Les produits utilisés pour l’opération ont provoqué une brûlure au second degré du cuir chevelu et une large cicatrice.
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Exploration en BD du phénomène des orages magnétiques et de la manière de les reproduire en miniature.
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<article-nb="2018/03/26/19-6">
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Une start-up veut créer une version dématérialisée de l’esprit humain, faisant miroiter à de potentiels clients l’espoir de pouvoir être ressuscité dans le futur.
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Dans la Silicon Valley, Nectome vend l’immortalité numérique

Une start-up veut créer une version dématérialisée de l’esprit humain, faisant miroiter à de potentiels clients l’espoir de pouvoir être ressuscité dans le futur.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 06h28
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            
La procédure est « 100 % mortelle », ne cache pas Robert McIntyre, l’un des deux cofondateurs de Nectome. Cette start-up américaine espère être capable de préserver le cerveau humain afin de pouvoir, si les futures avancées technologiques le permettent, le numériser puis télécharger son contenu sur un ordinateur. Mais pour prétendre à cette immortalité numérique, ses futurs clients devront d’abord accepter d’être euthanasiés.
Pour éviter des dommages trop importants, la technique mise au point par Nectome nécessite en effet d’être effectuée sur un cerveau frais. Celle-ci passe par l’injection d’un liquide d’embaumement dans les artères de ses patients, ce qui entraînera leur mort. « L’expérience sera identique à un suicide médicalement assisté », explique M. McIntyre, interrogé par Technology Review, le magazine scientifique du Massachusetts Institute of Technology (MIT).
L’entreprise a été fondée en 2016 par deux anciens chercheurs du MIT. Elle a reçu une subvention de près d’un million de dollars de la part de l’Institut national sur les maladies mentales. Elle vient également de passer trois mois au sein du Y Combinator, l’un des plus prestigieux incubateurs de start-up de la Silicon Valley. Mardi 20 mars, elle y a présenté son projet devant des investisseurs de la région, dans l’espoir de lever des fonds supplémentaires.
Pour le moment, Nectome n’a pas encore réalisé de tests sur une personne vivante. Mais la start-up met en avant trois réussites. Elle a d’abord préservé un cerveau de lapin puis un cerveau de cochon, lui permettant de recevoir deux prix scientifiques décernés par la Brain Preservation Foundation. En février 2018, elle a reproduit l’expérience sur une femme décédée deux heures et demie plus tôt. Son cerveau est « l’un des mieux préservés au monde », assure M. McIntyre.

La technique utilisée par Nectome s’appelle la vitrifixation. Selon les responsables de la société, elle permet de...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Le pelage d’une taupe, les pattes d’une loutre, la queue d’un castor, le bec d’un canard et… du lait maternel. Les chercheurs rêvent de voir cet animal éloigner l’une des pires menaces sanitaires pour l’homme, la résistance aux antibiotiques.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 25/03/2018
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L’ornithorynque, sauveur de l’humanité

Le pelage d’une taupe, les pattes d’une loutre, la queue d’un castor, le bec d’un canard et… du lait maternel. Les chercheurs rêvent de voir cet animal éloigner l’une des pires menaces sanitaires pour l’homme, la résistance aux antibiotiques.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 09h55
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

L’anecdote figure dans tous les bons ­livres d’histoire naturelle. Lorsque, en 1798, les Européens découvrirent, en Australie, un ornithorynque, le gouverneur de Nouvelle-Galles du Sud s’empressa d’en envoyer l’enveloppe corporelle accompagnée de quelques dessins à Londres. Le ­pelage d’une taupe, les pattes d’une loutre, la queue d’un castor et le bec d’un canard… Les scientifiques britanniques crurent à un canular. Ils cherchèrent les coutures, parlèrent de montage. Même George Kearsley Shaw, le premier à décrire officiellement l’animal, ­reconnaissait qu’il était impossible de ne pas douter de son existence.
Les années ont passé, et le puzzle s’est ­encore compliqué. On constata d’abord qu’il s’agissait d’un mammifère, puis, quelques ­décennies plus tard, qu’il pondait des œufs. Sur ses chevilles, on découvrit des aiguillons capables, à la manière d’un serpent, d’injecter un puissant venin (mortel pour un chien). Enfin, on comprit que l’animal, qui passe ­l’essentiel de son temps dans les rivières, s’y déplace les yeux fermés. Pour chasser les vers, larves d’insectes et autres crevettes d’eau douce, il utilise l’électrolocalisation : des récepteurs situés sur son bec perçoivent le champ électrique créé par les contractions musculaires de ses proies.
Pas étonnant de voir les scientifiques à la peine pour retrouver l’origine évolutive du groupe des monotrèmes, dont il fait partie. Ni que, après l’incrédulité, la petite bête (de 1 à 2 kg pour 40 à 50 cm du bec à la queue) ait suscité chez eux un profond intérêt. Depuis une ­dizaine d’années, de nouveaux chercheurs ont été à leur tour piqués par la curiosité. Biologistes structuralistes, pathologistes ou ­médecins, ils rêvent de voir l’animal éloigner l’une des pires menaces sanitaires : la résistance aux antibiotiques.
Propriétés antimicrobiennes
Dans un article publié le 15 mars dans la revue Structural Biology Communication, une équipe australienne ­décrit pour la première fois...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Des chercheurs allemands ont découvert une nouvelle manière de fabriquer le principal principe actif contre le paludisme, l’artémisinine, sans produits chimiques mais en utilisant la chlorophylle.
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Une « soupe verte » pour fabriquer les antipaludiques

Des chercheurs allemands ont découvert une nouvelle manière de fabriquer le principal principe actif contre le paludisme, l’artémisinine, sans produits chimiques mais en utilisant la chlorophylle.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 18h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            

Dans la lutte contre le ­paludisme (plus de 400 000 morts et 210 millions de cas par an), un progrès vient d’être publié dans la ­revue Angewandte Chemie du 21 février. Les chercheurs allemands des Instituts Max Planck à Postdam et Magdebourg et de l’Université libre de Berlin n’ont pas découvert une nouvelle molécule, mais une nouvelle manière de fabriquer le principal principe actif contre cette maladie, l’artémisinine. Cette molécule extraite des feuilles d’armoise (Artemisia annua) a été découverte en 1972 par l’équipe de la Chinoise Youyou Tu, récompensée par un prix ­Nobel en 2015.
Les moins de 200 tonnes pro­duites annuellement proviennent principalement toujours d’extraction des feuilles, qui contiennent environ 1 % d’artémisinine, même si des méthodes industrielles de synthèse existent. Ces dernières consistent le plus souvent à utiliser des bactéries génétiquement modifiées pour, qu’après fermentation, un précurseur de l’artémisinine, l’acide artémisinique (AA), soit obtenu. Ce dernier subit ­ensuite une transformation photocatalytique, c’est-à-dire utilisant de la lumière et un catalyseur, pour arriver au produit désiré.
Coût important
« Même l’extraction coûte cher. En outre, la demande augmente et il existe beaucoup de contrefaçons. Il est donc intéressant de continuer à améliorer les procédés de ­synthèse », explique Peter Seeberger, l’un des auteurs de l’étude d’Angewandte Chemie. Ce dernier, avec son collègue et cosignataire ­Andreas Seidel-Morgenstern, a reçu en 2015 le prix international Humanité dans les sciences pour leurs travaux dans ce domaine. En 2012, ils avaient en effet déjà montré comment accélérer et abaisser les prix de la transformation de l’intermédiaire AA en artémisinine. Leur système utilisait un circuit continu au lieu d’un ­fermenteur de gros volume, ce qui accélère le processus, permet à la lumière d’être plus efficace et évite les coûts de nettoyage des cuves.
Cette...




                        

                        


<article-nb="2018/03/26/19-9">
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Au menu : l’Etna glisse doucement vers la mer, interrogations sur la « guérison » de la couche d’ozone, les secrets des cafards cachés dans leur génome, etc.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤ 
<article-nb="2018/03/26/19-10">
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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ De nouvelles observations semblent confirmer une étape importante dans le processus qui permet aux nuages interstellaires de donner naissance aux étoiles.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤ 
<article-nb="2018/03/26/19-11">
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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Dimanche 25 mars, la France passe à l’heure d’été. Comme chaque année, les possibles effets de ce mini-décalage horaire sur notre organisme suscitent interrogations et vives discussions. Celles-ci ne sont pas tout à fait triviales, ainsi que le montrent la chronobiologie et les dernières recherches scientifiques...
<filname="PROF-env_sciences-11"> ¤                     
                                                   
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Changement d’heure : que la lumière soit !

Dimanche 25 mars, la France passe à l’heure d’été. Comme chaque année, les possibles effets de ce mini-décalage horaire sur notre organisme suscitent interrogations et vives discussions. Celles-ci ne sont pas tout à fait triviales, ainsi que le montrent la chronobiologie et les dernières recherches scientifiques...



Le Monde
 |    24.03.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 11h36
    |

                            Sylvie Chokron (Directrice de recherches au CNRS, Laboratoire de psychologie de la perception, université Paris-Descartes et Fondation ophtalmologique Rothschild)








                        



                                


                            
Comme chaque année, le retour des beaux jours signe la résurgence d’un éternel débat : faut-il ou non passer à l’heure d’été ? En France, cette mesure a été officiellement instaurée en 1976, juste après le premier choc pétrolier, dans le but de faire des économies d’énergie. Cependant, depuis cette date et deux fois par an, les possibles effets de ce mini-décalage horaire sur notre organisme suscitent interrogations et vives discussions.
Celles-ci ne sont pas tout à fait triviales. En effet, on sait depuis les débuts de la chronobiologie que la lumière extérieure a un effet notable sur la régulation de notre sommeil, de nos rythmes circadiens et de notre température corporelle. Par ailleurs, une véritable dépression saisonnière peut être observée lorsque les journées sont plus courtes, l’hiver, chez certains sujets qui souffrent tout particulièrement du manque de lumière.
Plus étonnant, il y a quelques années, ­Daniel Lakens, de l’université d’Eindhoven, a mis au point une série d’expériences ­visant à montrer que la lumière ambiante peut véritablement modifier le jugement que nous portons sur ce que nous voyons. Au cours de ces expériences, des images neutres (un disque, un livre) sont présentées avec une luminosité plus ou moins ­importante. Pour chaque image, les participants doivent décider si l’image est plutôt négative ou plutôt positive. A l’issue des tests, les résultats sont sans appel : une image neutre est jugée d’autant plus positive que sa luminosité est importante.
La vie est plus belle entre 18 et 19 heures
Récemment, Jacob Itzhacki, de l’Institut des neurosciences des Pays-Bas, est allé ­encore plus loin en étudiant l’influence des variations naturelles et quotidiennes de ­lumière sur ce que nous aimons ou désirons. Pendant une semaine et neuf fois par jour, les participants de l’étude entendaient une alarme sonner. A chaque fois, ils devaient répondre à des questions sur ce qu’ils avaient aimé ou ce dont ils avaient eu envie pendant...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Au large de l’Espagne, des chercheurs testent l’olfaction de globicéphales, des animaux de la famille des dauphins.
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤ 
<article-nb="2018/03/26/19-13">
<filnamedate="20180326"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180326"><AAMMJJHH="2018032619">
<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ L’équipe américaine du MIT CSAIL a conçu SoFi, un poisson-robot, qui peut nager et descendre au fond des mers.
<filname="PROF-env_sciences-13"> ¤ 
<article-nb="2018/03/26/19-14">
<filnamedate="20180326"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180326"><AAMMJJHH="2018032619">
<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Ils sont une quinzaine à venir tous les mardis, durant deux heures, pour danser dans une salle de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Une séance prescrite par leur neurologue.
<filname="PROF-env_sciences-14"> ¤                     
                                                   
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Danser contre la maladie de Parkinson

Ils sont une quinzaine à venir tous les mardis, durant deux heures, pour danser dans une salle de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Une séance prescrite par leur neurologue.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 18h43
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. « C’est mon oxygène » : c’est ainsi que Gérard qualifie le cours de danse de ce mardi 6 mars. Il ne raterait une séance pour rien au monde. Et pour cause : « On arrive à effacer ses handicaps. » Depuis octobre 2017, ils sont une quinzaine à venir tous les mardis, durant deux heures, dans une salle de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière pour… danser. Ce jour-là, 14 hommes et femmes, à parité, atteints de la maladie de Parkinson.
Cette ­maladie du cerveau touche environ 200 000 personnes en France. Ses effets varient beaucoup d’un ­malade à l’autre : raideur, lenteur des mouvements, tremblements, problèmes d’équilibre… et souvent une grande fatigue. Si elle ne se guérit pas, des médicaments peuvent atténuer les symptômes, et une chose est sûre : bouger est nécessaire.
L’idée est venue d’Arlette Welaratne, attachée de ­recherche clinique, qui fait elle-même de la danse, et du neurologue à la Pitié-Salpêtrière (AP-HP) Emmanuel Flamand-Roze, convaincu des bienfaits de l’activité physique dans les maladies neurologiques. A chaque cours, Arlette Welaratne est présente, ce qui rassure les patients.
La technique est celle de l’expression primitive, ­basée sur le rythme, les mouvements simples, répétitifs, et la voix exprimée par les danseurs. Car « la ­parole est souvent perturbée par cette maladie », dit Svetlana Panova, danse-thérapeute et danseuse professionnelle, élève de France Schott-Billmann, une des pionnières de la danse-thérapie.
La séance démarre par un temps calme, pour retrouver son souffle, chasser les tensions… Au début, les ­regards sont un peu flottants, certains s’endorment… Puis c’est parti pour un voyage, les danseurs se lèvent, emmenés par la musique. Des mouvements lents puis rapides miment tantôt la colère, la joie, l’étonnement, en lançant des « oh » puis des « ah ». Au fil des pas, les visages s’ouvrent, laissent place aux sourires. Après...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Etienne Ghys, mathématicien, directeur de recherche au CNRS et parrain de la collection « Génies des mathématiques », dévoile la vie et l’œuvre du prince des mathématiques, Carl Friedrich Gauss.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Dans sa série « Big Brother », le photographe britannique Louis Quail a saisi la vie quotidienne de Justin, son frère schizophrène. Des images qui questionnent, en filigrane, notre rapport à la maladie mentale dans une société ultranormée.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                
                                    

La schizophrénie loin des clichés


                      Dans sa série « Big Brother », le photographe britannique Louis Quail a saisi la vie quotidienne de Justin, son frère schizophrène. Des images qui questionnent, en filigrane, notre rapport à la maladie mentale dans une société ultranormée.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 08h00
    |

            Claire Guillot








   


Justin, 59 ans, a une passion : partir dans la nature, loin de tout, avec ses jumelles, pour observer les oiseaux, dont il dresse la liste avec soin – fauvette, martin-pêcheur, bécasse, héron, bergeronnette… Justin est aussi schizophrène. Le photographe britannique Louis Quail, son frère, lui consacre Big Brother, un livre-portrait, et expose ses images au festival Circulation(s), à Paris. « Quand notre mère est morte, en 2010, raconte-t-il, j’ai passé beaucoup de temps avec Justin et je me suis dit que son histoire méritait d’être racontée. Pour sensibiliser les gens, et peut-être l’aider lui aussi. »
Rares sont les photographes qui se risquent à évoquer la maladie mentale dans un projet artistique. En 2008, pour son projet « Act », Denis Darzacq avait collaboré avec des personnes handicapées et mis en scène de fascinants ballets avec ces corps différents et difformes. « La question première est celle du consentement, souligne Louis Quail. C’est une chose compliquée avec quelqu’un atteint d’un trouble mental. Pour Justin, comme je suis son frère, c’est différent. Je prends parfois des décisions pour lui, dans son intérêt. » Justin a donné la permission à son frère de faire le livre – « même si chez lui le processus de décision n’est pas toujours linéaire, explique Louis Quail. L’essentiel, c’est qu’il me fait confiance. Je fais tout pour que ce soit une bonne expérience pour lui ».
« J’essaie de montrer que ceux qu’on appelle les fous ont beau se débattre avec des problèmes de santé, ceux-ci ne sont pas toute leur vie. » Louis Quail
Le photographe, plus habitué à travailler en Afghanistan ou au Kosovo, a pour la première fois braqué son appareil photo sur un sujet proche et intime. Avec une idée en tête : faire de Justin un individu, pas un cas médical. « Mon projet tourne autour de la stigmatisation. J’essaie de montrer que ceux qu’on appelle les fous ont beau se débattre avec des problèmes de santé, ceux-ci ne sont pas toute leur vie. »
Le projet traite la maladie de façon frontale, sans rien édulcorer des difficultés quotidiennes : on y voit les médicaments qui assomment Justin et ses visites à l’hôpital de jour, les frictions avec les travailleurs sociaux ou son appartement en chaos permanent. Le projet pointe aussi, en filigrane, les effets des coupes dans le budget de l’aide sociale en Grande-Bretagne : le centre de jour de Justin a fermé, et c’est souvent les policiers, faute de travailleurs sociaux, qui se retrouvent à devoir gérer les personnes atteintes de troubles mentaux – « sans être formés », regrette Louis Quail. Les images montrent, mieux que des mots, combien dans son attitude Justin est toujours décalé, à part, dans un monde ultranormé.

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                « La stigmatisation de la schizophrénie est une double peine pour les malades »



Mais le livre dresse de lui un portrait complexe et plein de charme, loin du stéréotype du malade asocial et prostré, la tête enfouie dans les bras. On le croise profitant de ses vacances en Irlande du Nord – les pieds nus dans le sable, les cheveux au vent et le regard à l’horizon, comme n’importe quel touriste. Le livre s’attarde aussi sur la relation profonde, même si elle est mouvementée, qu’il entretient depuis vingt ans avec sa petite amie Jackie, une blonde embrumée par la fumée de ses cigarettes et les vapeurs d’alcool.

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                La santé mentale, une chose trop grave pour être confiée aux seuls psychiatres



Ce sont surtout les oiseaux, omniprésents, qui donnent accès au monde intime de Justin : il en fait de longues listes précises, il les peint et les dessine, il les observe inlassablement, partout et par tous les temps. On le suit dans ses multiples échappées en quête de ses oiseaux préférés mais aussi d’une paix intérieure qu’il semble avoir trouvée, seul dans la nature, entre les perdrix et les fauvettes aux pattes rouges.
Festival Circulation(s), du 17 mars au 6 mai, au Centquatre, 5, rue Curial, Paris 19e. festival-circulations.com « Big Brother », à paraître en avril aux éditions Dewi Lewis et à commander sur www.louisquail.com



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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ La sociologue Camille Herlin-Giret s’est intéressée à ces « pratiques routinisées » qui ne sont pas vécues comme de la fraude.
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Le charme discret du contournement de l’ISF

La sociologue Camille Herlin-Giret s’est intéressée à ces « pratiques routinisées » qui ne sont pas vécues comme de la fraude.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 08h55
    |

                            Baptiste Coulmont (Contributeur Sciences  et sociologue, maître de conférences à l’université Paris-VIII)








                        



                                


                            
Carte blanche. Avant de déclarer ce que les gens doivent faire, avant de tenir une position normative, les sociologues ­étudient ce que les gens font. Sujet crucial : parfois les personnes ne font pas ce qui est attendu d’elles. Elles fument certaines substances interdites. Elles ont des relations sexuelles hors mariage. Elles ne paient pas la totalité de leurs impôts. Mais comment ­contourne-t-on la règle ?
Dans sa thèse de sociologie, Camille Herlin-Giret (université Paris Dauphine) a travaillé sur ce qu’elle appelle les « contournements discrets de l’impôt » (Sociétés contemporaines, n° 108, 2017). Pas l’impôt sur le revenu, que nous payons vous et moi, mais l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), que doivent payer les plus fortunés et qui vient d’être transformé en impôt sur la fortune immobilière. Certains de ces contribuables ont ­recours à des conseillers fiscaux, professionnels de l’évitement de l’impôt. Leur travail est certes très intéressant, mais ce qui ­intéresse la sociologue, ce sont les « pratiques routinisées » qui ne sont pas vécues comme de la fraude.
Camille Herlin-Giret met en lumière les « petits stratagèmes » qui permettent de ­diminuer l’ISF. D’abord en minorant l’évaluation des biens. Car la marge de manœuvre est grande. En effet, dans cet impôt, non seulement « la valeur des biens est laissée au choix des déclarants » mais, de plus, très peu de redressements fiscaux ont été réalisés sur la base d’une sous-évaluation.
Autant dire que la « triche » n’est pas activement découragée. Ainsi, une partie des personnes avec lesquelles Camille Herlin-Giret s’est entretenue admettent sous-évaluer leur patrimoine pour le fisc tout en ne s’estimant pas si riches que cela : une fortune de « 3,6 millions, c’est franchement pas grand-chose »…
Une tricherie qui tombe sous le sens
D’autre part, l’enquête sociologique révèle que l’évaluation des biens ne se...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ A la veille d’un vote européen sur l’interdiction des néonicotinoïdes, un collectif de chercheurs européens rappelle, dans une tribune au « Monde », les dangers des néonicotinoïdes et souligne qu’il est tout à fait possible de s’en passer.
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤                     
                                                   
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« Il est temps d’arrêter le grand manège des pesticides ! »

A la veille d’un vote européen sur l’interdiction des néonicotinoïdes, un collectif de chercheurs européens rappelle, dans une tribune au « Monde », les dangers des néonicotinoïdes et souligne qu’il est tout à fait possible de s’en passer.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 19h15
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                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Les Etats membres de l’Union européenne (UE) se réunissent de nouveau jeudi 22 mars pour discuter d’une interdiction totale des néonicotinoïdes, les pesticides les plus utilisés au monde. C’est une opportunité unique pour protéger nos pollinisateurs, nos enfants, nos cultures et pour repenser notre système alimentaire.
Les humains ont besoin des abeilles. Sans le travail des abeilles à miel, des abeilles sauvages et autres pollinisateurs, près d’un tiers de nos ressources alimentaires disparaîtraient. On ne peut surestimer l’importance de ces insectes pour les écosystèmes naturels et pour notre propre survie.
Nombreux sont les gouvernements qui affirment que les normes actuelles de protection des pollinisateurs sont suffisantes. Mais, en tant que scientifiques ayant passé des dizaines d’années à étudier le monde fragile des insectes, l’environnement et les cultures dont nous dépendons pour notre survie, nous ne sommes pas d’accord.
Imidaclopride, thiaméthoxame et clothianidine
De nombreux pollinisateurs sauvages connaissent un grave déclin et certaines espèces ont même totalement disparu. Certes, les causes en sont complexes et incluent la perte d’habitat et la propagation de maladies non-indigènes. Toutefois, l’exposition aux pesticides apparaît de plus en plus vraisemblablement comme une source majeure de ce déclin. En particulier, il existe un important corpus – et toujours grandissant – de recherches scientifiques sur les insecticides néonicotinoïdes, qui suggère leurs nombreux effets négatifs sur les abeilles, allant de la toxicité létale à la perturbation de leur navigation dans l’espace, la baisse de fertilité et la disparition de leur système immunitaire.

En réponse à l’accumulation des preuves établissant un lien entre les néonicotinoïdes et le déclin des abeilles, la Commission européenne a lancé en 2012 une revue de la littérature scientifique. Publié en janvier 2013, ce document conclut...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ La modélisation des comportements en sciences sociales se heurte à des difficultés pratiques et conceptuelles.
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La délicate mise en équation de l’homme

La modélisation des comportements en sciences sociales se heurte à des difficultés pratiques et conceptuelles.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 17h36
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Le livre. « Les sciences sociales sont les véritables sciences “dures” ! » Cette phrase résume le ton et le propos d’un livre très original et stimulant. Son auteur, Pablo ­Jensen, est un ancien physicien, passé aux sciences sociales (versant plutôt économique) avec, avoue-t-il, la naïveté de penser qu’il pourrait, grâce aux maths notamment, modéliser et mettre en équations les systèmes sociaux aussi facilement qu’on prédit qu’un système solide devient liquide à telle température. Le livre raconte la difficulté de réaliser une telle ambition.
Comme celle-ci a été au cœur de nombreux travaux, une bonne partie de l’ouvrage ­consiste en une critique précise et assez ­dévastatrice de nombreux modèles, en économie, en politique, pour les transports… ­Pablo Jensen n’est bien sûr pas le premier à le faire, et les résultats qu’il démonte l’ont été par d’autres, mais ses arguments portent.
On trouve ainsi quelques « ambulances » sur ­lesquelles il tire, comme l’indicateur très ­imparfait du produit intérieur brut (PIB) pour mesurer la richesse, ou bien les modèles irréalistes, mais omniprésents, des agents économiques rationnels. D’autres résultats sont également décortiqués sur les choix électoraux, l’apparition de plusieurs centres urbains, la ségrégation dans une ville…
Mode des mégadonnées
Il se montre aussi très sceptique sur la mode actuelle des mégadonnées, ou big data, qui consiste à penser que plus de données aideraient à sortir de l’impasse. Pour l’auteur, aucun enseignement majeur sur la société n’a été apporté pour l’instant par ces nouvelles techniques gavées de données.
Les raisons sont multiples et renvoient à la première phrase de cette recension. La ­complexité des individus se laisse mal ­réduire à quelques paramètres et inter­actions entre agents. Les caractéristiques humaines, très hétérogènes, ne sont pas aussi stables que celles des atomes. Et ces diables de bonshommes sont aussi...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Cet ancien adepte de paranormal s’est intéressé aux sciences après un long cheminement vers l’esprit critique, jusqu’à soutenir sa thèse sur la simulation de l’Univers.
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Sébastien Carassou, des ovnis à l’astrophysique

Cet ancien adepte de paranormal s’est intéressé aux sciences après un long cheminement vers l’esprit critique, jusqu’à soutenir sa thèse sur la simulation de l’Univers.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 11h09
    |

                            Cécile Michaut








                        



                                


                            

Chez un scientifique, c’est l’équivalent d’un coming out, en plus sulfureux. « Pendant une bonne partie de mon adolescence, j’ai gobé toutes les pseudo-sciences : les ovnis, les extraterrestres construisant les pyramides, les complots du 11-Septembre, les phénomènes magiques, les anges, les fantômes, les machines à énergie libre… Il n’y avait pas encore la théorie de la Terre plate, mais j’y aurais sûrement cru aussi. » Celui qui s’exprime ainsi, Sébastien ­Carassou, est pourtant aujourd’hui docteur en astrophysique. Il a soutenu en novembre à l’Institut d’astrophysique de Paris sa thèse sur la simulation de l’Univers pour mieux comprendre l’évolution des galaxies. Cette soutenance s’est d’ailleurs retrouvée au premier rang des tendances en Europe sur Twitter – du jamais-vu pour une thèse ! Sébastien Carassou est aussi un vulgarisateur acharné, lui qui doit tant aux grands passeurs de science comme Carl Sagan (1934-1996) – son modèle – ou ­André Brahic (1942-2016), dont il loue l’humanisme, l’optimisme et la passion.
Son parcours est précieux pour comprendre comment une personne intelligente et ­curieuse peut croire en tout un fatras de théories paranormales, mais aussi comment il est possible de s’en sortir. Important à l’heure où la théorie du complot n’épargne pas les sciences !
Né à La Réunion dans un milieu assez catholique et superstitieux éloigné des sciences, où l’on croit volontiers aux miracles, Sébastien Carassou se définit lui-même comme un rat de bibliothèque, avide de comprendre le monde. Il dévore indistinctement les rayons science et ésotérisme, et il ne voit aucune ­contradiction entre les deux, aucune frontière. Tout ce qu’il lit est au même niveau de crédibilité. « Je cherchais à engranger le plus de connaissances possible, et je me suis enfermé dans une bulle ésotérique à travers les forums, et Internet en général. » Sa première vocation est de devenir parapsychologue : étudier « scientifiquement » les phénomènes...




                        

                        

