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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-1"> ¤ Grande spécialiste des lettres russes et en particulier de la poètesse Marina Tsvetaeva, Véronique Lossky est morte à Paris, le 17 mars, à 87 ans.
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Mort de Véronique Lossky, auteure et traductrice

Grande spécialiste des lettres russes et en particulier de la poètesse Marina Tsvetaeva, Véronique Lossky est morte à Paris, le 17 mars, à 87 ans.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 16h59
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 17h43
    |

                            Elena Balzamo (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

C’était l’une des figures tutélaires du monde slavisant français. Véronique Lossky est morte le 17 mars, à l’âge de 87 ans, tandis que battait son plein le salon du livre de Paris dont le pays invité était la Russie. Coïncidence significative : c’est à ce pays, ou plus exactement à sa littérature, qu’elle avait consacré la majeure partie de sa vie. Ce choix professionnel découlait de ses inclinations, de ses études, mais aussi de ses racines familiales.
A l’automne 1922, parti de Petrograd, le « bateau des philosophes » emmenait vers l’exil plus de 150 personnes, la fine fleur de l’intelligentsia russe : hommes de science, écrivains, philosophes, expulsés sur l’ordre de Lénine en tant qu’éléments hostiles, voire nuisibles, à l’Etat soviétique. Parmi eux se trouvait le théologien orthodoxe Vladimir Lossky (1903-1958), futur beau-père de Véronique.
Chassés manu militari, dépouillés de leurs biens, ces expulsés ne furent autorisés à emporter que quelques vêtements. Pas d’argent ni de livres. Plusieurs d’entre eux vinrent grossir les rangs de la diaspora russe en France, dont les membres se comptaient déjà en dizaines de milliers. Ainsi naquit un milieu unique, littéralement saturé de culture : écoles, églises, conservatoires de musique, maisons d’édition, qui, malgré les inévitables conflits internes, œuvraient tous à un but commun, conserver la culture russe dans l’espoir de la « restituer » un jour à la patrie. On y comptait plusieurs écrivains de premier rang dont Ivan Bounine, Gaïto Gazdanov, Nina Berberova, ou encore Marina Tsvetaeva.
Fille d’exilés russes
C’est dans ce milieu que grandit Véronique Youdine-Belsky. Née en 1931 à Paris de parents émigrés, elle était la petite-fille d’un prêtre orthodoxe. Après une scolarité au lycée russe de Paris, elle suit des études à la Sorbonne, puis à Oxford, un parcours au cours duquel elle se spécialise en littérature et en histoire russes, ancienne et moderne. De sorte que, à la différence de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-2"> ¤ A 47 ans, l’éditeur et écrivain français prendra, le 4 avril, la tête de la maison. Pour ce PDG réservé, l’institution « doit avoir confiance dans son projet humaniste ».
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Hugues Jallon, un patron du Seuil résolument de gauche

A 47 ans, l’éditeur et écrivain français prendra, le 4 avril, la tête de la maison. Pour ce PDG réservé, l’institution « doit avoir confiance dans son projet humaniste ».



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 12h13
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

« J’aime les institutions », affirme Hugues Jallon, qui prend la tête, le 4 avril, de l’une des maisons les plus convoitées de l’édition française, Le Seuil. Celle-là même qui édite J. M. Coetze, Mo Yan, John Irving, Günther Grass (1927-2015), Patrick Deville ou Chantal Thomas. La maison a aussi publié les plus grands noms en sciences humaines, entre Roland Barthes (1915-1980), Paul Ricœur (1913-2005) ou Edgar Morin.
C’est chez l’éditeur encore que sont nées des collections mythiques comme « Tel quel », animée par Philippe Sollers, « Combats », voulue par Claude Durand (1938-2015), dans le tohu-bohu politico-intellectuel du début des années 1970, puis « Fiction & Cie », créée par Denis Roche (1937-2015), ou « La librairie du XXIe siècle », de Maurice Olender. Le Seuil est une véritable institution. Qui vient de changer d’actionnaire, depuis que le groupe belge Média-Participations a pris, en décembre 2017, le contrôle des éditions La Martinière, propriétaire du Seuil depuis 2004.
Succédant à Olivier Bétourné (66 ans), le nouveau président du Seuil et de ses filiales se revendique ouvertement de gauche. Dans le droit-fil de la maison. Hugues Jallon a fait le voyage avec les altermondialistes au sommet du G8, à Gênes, en 2001, a signé la pétition en faveur des mis en cause de Tarnac, en 2008, a apporté son soutien aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes…
Ce fils d’un médecin militaire et d’une artiste peintre quitte la présidence de La Découverte (Editis) – marquée à gauche, dans la continuité de son fondateur François Maspero – pour revenir dans une maison qu’il connaît bien. Hugues Jallon a en effet été directeur éditorial des sciences humaines et des documents au Seuil, entre 2010 et 2014. Il est habitué aux allers-retours, puisqu’il avait démarré à La Découverte en 1997. « J’étais convaincu qu’il reviendrait un jour », affirme Olivier Bétourné, qui, lui, rejoint le tout nouveau conseil d’administration du Seuil...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-3"> ¤ Les acquisitions du Suisse Jean-Claude Gandur sont réunies dans un catalogue, publié chez 5 Continents Editions.
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La passion d’un collectionneur pour la figuration narrative

Les acquisitions du Suisse Jean-Claude Gandur sont réunies dans un catalogue, publié chez 5 Continents Editions.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 09h09
    |

            Harry Bellet








                        



                                


                            

Jean-Claude Gandur est un hyperactif. Le collectionneur suisse, non content d’avoir amassé un respectable ensemble (850 pièces environ) d’antiquités grecques, romaines et égyptiennes – il est né là-bas, avant que sa famille ne quitte le pays sous Nasser pour s’installer au bord du Léman –, s’est ensuite intéressé à la peinture abstraite lyrique, telle qu’on la pratiquait à Paris après la seconde guerre mondiale. Pourquoi, on ne sait pas, mais pour combien, presque. La réponse est « pour pas très cher », car avant qu’il ne commence ses achats, la cote de ces peintres était au plus bas.
Il a fait fortune comme cela, Jean-Claude Gandur, en prospectant le pétrole dans des pays où les autres n’allaient pas. Côté peinture, la récolte a été bonne : montrée pour partie à Genève en 2011, sa collection révélait un ensemble, fort bien choisi, d’une centaine de tableaux. Tout cela devait aller au Musée d’art et d’histoire de la ville, dont il finançait une partie de l’agrandissement, confié à l’architecte Jean Nouvel. Mais dans une votation, en février 2016, ses concitoyens ont rejeté la proposition.
« Une révélation »
Pas découragé, le collectionneur a exploré d’autres pistes. Il s’est associé avec le groupe Emerige pour l’aménagement d’une partie de l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Et a avancé d’un cran dans l’histoire de l’art en passant des années 1950 à la décennie suivante. Aux émois de l’abstraction lyrique succèdent les frissons, parfois un peu canailles, de la figuration. Pas le pop art américain, surévalué, mais son versant parisien, sous-coté.
Il s’en explique dans le volumineux et remarquable catalogue de cette partie de ses collections La Figuration narrative dans la collection Gandur, confié à Jean-Paul Ameline, conservateur général du patrimoine, et ancien conservateur en chef au Musée national d’art moderne-Centre Pompidou : « En décembre 2006, au hasard d’une vente aux enchères, je découvre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-4"> ¤ « Bitna, sous le ciel de Séoul », son nouveau roman (en librairie le 28 mars), s’y déroule. Promenade dans Séoul avec le Prix Nobel, intermédiaire idéal entre la ville et le visiteur.
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J. M. G. Le Clézio en chaman coréen

« Bitna, sous le ciel de Séoul », son nouveau roman (en librairie le 28 mars), s’y déroule. Promenade dans Séoul avec le Prix Nobel, intermédiaire idéal entre la ville et le visiteur.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 09h10
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant)








                        



                                


                            
Bitna, sous le ciel de Séoul, de J. M. G. Le Clézio, Stock, 220 p., 18,50 € (en librairie le 28 mars).

En montant la petite rue bordée de modestes maisons, on laisse la ville derrière soi pour se retrouver dans un de ces « villages » que les mégapoles coréennes ou japonaises savent ménager au cœur d’elles-mêmes. Le brouhaha de Séoul s’est évanoui. La pente se fait plus raide et on aperçoit au sommet de la colline le toit, recourbé aux extrémités, du temple ­Bongwonsa, perdu dans les pins et les bambous. « A la saison des pluies, la rue se transforme en torrent et les habitants préfèrent l’emprunter pieds nus », raconte J. M. G. Le Clézio, qui fréquentait ce lieu paisible, non loin de l’université Ewha, où il a enseigné pendant un an entre 2007 et 2008. « Le bruit de la pluie sur les tuiles, l’odeur de la terre et des plantes saturées d’eau et de chaleur : c’est ce que j’aime dans cette ville. »
Séoul, cité de plus de 10 millions d’habitants, rasée par la guerre (1950-1953) puis emportée par une modernité effrénée qui la hérisse de gratte-ciel dont la charpente métallique, lors de leur construction, ressemble à des squelettes d’acier, J. M. G. Le Clézio l’a parcourue pas à pas, au fil de plusieurs séjours – et nous l’arpentons avec lui, à l’occasion d’un voyage organisé par les éditions Stock. Il a une affection particulière pour les petits quartiers « des vieilles dames et des chats » et pour l’été, lorsque la ville « est envahie par le chant strident des cigales, qui rivalise avec le bruit de la circulation et finit par le couvrir ». « Séoul n’est pas une ville rébarbative en dépit de son immensité, poursuit-il. Elle se décompose en milliers de facettes inattendues… Un labyrinthe devenu familier. Mais peut-être que je l’idéalise… » Qu’importe. Le Prix Nobel de littérature 2008 évoque plus qu’il ne raconte cette ville qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-5"> ¤ Figure majeure du roman policier britannique de ces trente dernières années, l’écrivain est mort vendredi 23 mars, à Londres, à l’âge de 62 ans.
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La mort du romancier britannique Philip Kerr

Figure majeure du roman policier britannique de ces trente dernières années, l’écrivain est mort vendredi 23 mars, à Londres, à l’âge de 62 ans.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 07h50
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 10h11
    |

            Yann Plougastel








                        



                                


                            

Auteur d’une trentaine de romans littéralement hantés par la question du mal, grand lecteur d’Hegel et de Wittgenstein, admirateur inconditionnel du film Shining, de Stanley Kubrick, soutien sans failles de Margaret Thatcher, l’écrivain Philip Kerr est mort le 23 mars, à Londres, à l’âge de 62 ans. Figure majeure du roman policier britannique de ces trente dernières années, il restera comme le créateur du détective berlinois Bernhard Gunther, alias Bernie, qui, dans douze aventures se déroulant du nazisme à la guerre froide, réussit, avec une étonnante capacité de survie, à surnager aux vicissitudes de la période la plus sombre de notre histoire.
Né à Edimbourg, le 22 février 1956, Philip Ballantyne Kerr, dont le père était un homme d’affaires, a grandi dans une famille baptiste très pieuse. « Je devais me rendre trois fois à l’église le dimanche. Et chez nous, on parlait tout le temps de Jésus. On l’invoquait avant chaque repas, avant d’aller se coucher, au moindre souci. Son esprit devait nous guider dans toutes les circonstances de la vie. Notre maison était hantée. Il m’a fallu des années pour exorciser ce fantôme », confiait-il dans Le Monde du 3 avril 2014 à notre consœur Macha Sery.
Il n’appréciait pas plus son Ecosse natale, « pleine d’ombres et de fantômes », « morbide », où l’hypocrisie et la souffrance paraissaient être une vertu cardinale. Pour échapper à ce rigorisme ambiant, il se réfugie dans la lecture de romanciers tels que John Fowles (1926-2005). Dès l’âge de 12 ans, il acquiert le goût de la littérature en rédigeant des nouvelles érotiques pour ses copains lycéens et découvre le pouvoir des mots après l’algarade infligée par son père tombé sur ses écrits licencieux.
Fan de Raymond Chandler
Il apprend également l’art du camouflage et commence à Birmingham des études de droit et de philosophie, afin de devenir professeur en Afrique. Raté. Il est engagé à Londres comme rédacteur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-7"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr », d’Antoine Marchalot.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/03/2018
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 94)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr », d’Antoine Marchalot.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 21h40
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-8"> ¤ Dans la série « Je ne serais pas arrivée là si… », « Le Monde » interroge cette semaine l’écrivaine franco-marocaine lauréate du Goncourt en 2016.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/03/2018
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Leïla Slimani : « La mort de mon père m’a désinhibée »

Dans la série « Je ne serais pas arrivée là si… », « Le Monde » interroge cette semaine l’écrivaine franco-marocaine lauréate du Goncourt en 2016.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 12h28
    |

            Pascale Krémer








                        



                                


                            

Lauréate du prix Goncourt 2016 pour son deuxième roman, Chanson douce, vendu à 600 000 exemplaires et traduit en 40 langues, l’écrivaine franco-marocaine a été nommée, en novembre 2017, représentante personnelle ­d’Emmanuel Macron pour la francophonie, et présidera en juin le prix du Livre Inter.
Je ne serais pas arrivée là si…
Leïla Slimani : Si mon père n’était pas mort quand j’avais 22 ans, dans des circonstances assez tragiques. Ce qui lui est arrivé nous a prouvé à ma mère, mes sœurs et moi qu’en réalité rien ne protège. Nos parents avaient voulu pour nous de très bonnes études, des métiers sûrs, l’indépendance financière. Mais tout s’est écroulé, on s’est rendu compte qu’un ­malheur est toujours possible, qu’il faut donc essayer de faire ce qu’on a envie de faire. Ma mère, qui était très anxieuse, a compris mon envie de faire du théâtre, d’écrire, elle m’a soutenue. Et puis je pense aussi que je n’aurais pas pu écrire ce que j’ai écrit si mon père avait été vivant. Peut-être qu’au fond sa mort m’a désinhibée.
Votre père, Otmane, était banquier au Maroc. Il a été accusé de détournement de fonds, c’est cela ?
Papa a connu une ascension professionnelle et sociale assez fulgurante. Il venait d’un milieu modeste, à Fès, avec une maman analphabète. Il a fait des études d’économie en France, il est devenu professeur à la fac de Rabat au retour, puis secrétaire d’Etat à ­l’économie, dans les années 1970, et président d’une grande banque, le Crédit­ immobilier et hôtelier (CIH). Il a été mis ­dehors quand j’avais 13 ans et n’a plus jamais retravaillé. il s’est retrouvé au cœur d’un scandale de détournement de fonds. Ça a été une longue descente aux enfers. Il n’a jamais voulu fuir le Maroc parce qu’il se savait innocent. Il a été incarcéré alors que j’avais 21 ans. Il est mort en sortant de prison. quelques années après, il a été entièrement innocenté, à titre posthume. C’était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-9"> ¤ Cet Ecossais inspiré par Raymond Chandler était notamment l’auteur des « Bernie Gunther », une série romanesque située dans l’Allemagne de Hitler.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Mort de l’écrivain Philip Kerr, figure du polar historique

Cet Ecossais inspiré par Raymond Chandler était notamment l’auteur des « Bernie Gunther », une série romanesque située dans l’Allemagne de Hitler.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 21h33
    |

                            Macha Séry








                        



   


L’écrivain Philip Kerr est mort le vendredi 23 mars, a annoncé sa famille sur le réseau social Twitter. La nouvelle a ensuite été confirmée par l’éditeur de l’Écossais, qui était âgé de 62 ans. Auteur d’une trentaine de livres, il avait été rendu célèbre dans le monde entier par le détective qu’il inventa, Bernie Gunther, inspecteur de la « Kripo », la police criminelle allemande, enquêtant tant bien que mal sous le régime nazi, et auquel il consacra douze romans.

        Lire aussi :
         

                Bernie Gunther, concierge de choc



Né en 1956 à Edimbourg dans une famille baptiste, fils d’un homme d’affaires, il confiait au Monde des livres lors d’une rencontre en 2014 : « L’Ecosse est un endroit misérable, noir, assez traumatisant, pas seulement à cause de ses bas-fonds et de ses ruelles sombres. C’est le pays de John Knox [fondateur de l’Église d’Écosse], qui a tout foutu en l’air par sa haine religieuse. L’histoire, là-bas, est pleine d’ombres et de fantômes. Il y a quelque chose de foncièrement morbide chez les Écossais. Ils n’aiment rien tant que la mort, la souffrance et l’hypocrisie. » 
Rejetant le rigorisme religieux de ses parents, le jeune garçon « vénère », en guise de « saints », les romanciers qui l’ont « aidé à vivre ». Après un double diplôme obtenu à l’université de Birmingham, il trouve un emploi de rédacteur publicitaire à Londres chez Saatchi & Saatchi. « On avait l’impression qu’ils écrivaient tous des romans, là-dedans », racontait-il. Alors il fait pareil, travaillant à son manuscrit pendant ses heures de bureau. Tous les jours, il se rend à la British Library ou à la bibliothèque Wiener, spécialisée dans l’histoire de la Shoah, pour se documenter sur la Seconde guerre mondiale, au prétexte de déjeuners d’affaires.
Une fresque glaçante
Sans avoir jamais inventé de slogan ni démarché aucun client, il abandonne cette sinécure lorsque paraît, en 1989, L’été de cristal (Le Masque, 1993) le premier des « Bernie Gunther », cet antinazi conduit par les circonstances à devenir un officier SS. L’idée, terriblement audacieuse, portée au sommet par un talent époustouflant, est née d’une question simple : qu’aurait écrit Raymond Chandler si, au lieu de quitter Londres pour Los Angeles, il s’était rendu à Berlin, et que Philip Marlowe avait assisté à l’ascension d’Hitler ? Encore fallait-il se montrer digne d’un tel postulat.
Non content d’avoir dépoussiéré le polar historique, Philip Kerr a brossé la fresque romanesque la plus documentée et glaçante de la vie quotidienne sous Hitler et dans l’immédiat après-guerre. C’est peu dire que Bernie Gunther navigue en eaux troubles et pratique l’ambivalence morale. Comment, en effet, enquêter sur un crime à l’heure des tueries de masse ? Comment mener des investigations policières quand la Kripo et la Gestapo sont censées servir les visées idéologiques du régime ? Enfin, pour le romancier, comment s’introduire dans l’Histoire sans la dénaturer par la fiction ?

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                Philip Kerr marque un deuxième but



En 2014, toujours, il nous expliquait : « J’essaie d’écrire entre les lignes de l’histoire connue et ne triche jamais avec les faits. Je ne ressens pas de responsabilité, en tant qu’écrivain, autre que celle que je me donne, autrement dit, un devoir d’honnêteté. » C’est précisément en respectant les noms, les événements avec un sens maniaque de la nuance et une obsession scrupuleuse du détail qu’il parvient à un surcroît d’authenticité.
Les trois premiers volumes achevés - une trilogie baptisée La Trilogie berlinoise -, Kerr pensait en avoir fini avec les fantômes du nazisme. Il éprouva le besoin d’écrire autre chose - reportages, thrillers, essais, livres jeunesse - pour retrouver la lumière après avoir plongé dans les ténèbres de la barbarie. Mais Bernie Gunther n’a cessé de rôder dans l’esprit de ses lecteurs. Le douzième épisode de la série, Bleu de Prusse, doit paraître au Seuil le 3 mai.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-10"> ¤ Spécialiste des idées politiques longtemps proche de Raymond Aron, il tente inlassablement de saisir, au plus près du réel, ce qui permet la vie commune. Son nouvel essai, concentré de sa pensée, en témoigne.
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Pierre Manent, grammairien de l’action

Spécialiste des idées politiques longtemps proche de Raymond Aron, il tente inlassablement de saisir, au plus près du réel, ce qui permet la vie commune. Son nouvel essai, concentré de sa pensée, en témoigne.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 08h49
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

Il a fallu commencer par rompre. Et continuer. Rompre avec sa famille, avec les passions qui dominent son temps ; trouver à chaque étape une autre distance à prendre, un autre pas de côté à faire. En rencontrant le philosophe Pierre ­Manent, spécialiste des idées politiques dont paraît un nouvel essai, La Loi naturelle et les Droits de l’homme, méditation sur l’oubli contemporain des règles de l’action humaine, on ne peut s’empêcher de penser à l’énergie et à la détermination nécessaires pour bâtir une œuvre aussi à rebrousse-poil que la sienne.
Pourtant, l’homme qui se tient devant vous, assis à une petite table, dans un salon chaleureux malgré la fraîcheur qui règne en ce matin d’hiver, avec ses souvenirs, ses objets d’art, ses meubles de bois sombre, frappe plutôt par une sérénité apparemment à toute épreuve que par un sens tonitruant de la provocation. Il est vrai que son œil frise vite, et que le rire est souvent près d’affleurer à mesure qu’il déroule les années de formation, les rencontres, les travaux, les perplexités, les audaces qui ont forgé sa pensée. Et les ruptures en cascade, comme autant de tours joués au destin qui lui semblait réservé.
A contre-courant
Le jeune homme qui entre à l’Ecole normale supérieure à la fin des années 1960 est en effet autant à contre-courant de la plupart de ses camarades qu’il est possible. Il ne vient pas de découvrir Debord, Marcuse ou Althusser mais saint Thomas d’Aquin (1225-1274), dont la lecture a contribué à sa conversion au catholicisme. Lui dont les parents étaient communistes a pris doublement le large, des siens comme de sa génération. Quel rivage va-t-il aborder ? Il reconnaît volontiers aujourd’hui qu’un penchant sinon réactionnaire, du moins de refus radical du monde contemporain a pu exister chez lui. Il tendait même, en un sens, à structurer sa pensée.
« Si l’on veut être sommaire – mais ce n’est pas faux –, explique-t-il, j’étais marqué par une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-12"> ¤ Le roman graphique de Jérôme Tubiana et d’Alexandre Franc raconte le périple kafkaïen de Mohammed El-Gorani envoyé croupir, au lendemain du 11 septembre 2001, dans la prison construite dans l’enclave américaine de Cuba pour y accueillir les présumés djihadistes, alors qu’il n’avait pas 14 ans.
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Guantanamo, un récit tragique en images

Le roman graphique de Jérôme Tubiana et d’Alexandre Franc raconte le périple kafkaïen de Mohammed El-Gorani envoyé croupir, au lendemain du 11 septembre 2001, dans la prison construite dans l’enclave américaine de Cuba pour y accueillir les présumés djihadistes, alors qu’il n’avait pas 14 ans.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 16h18
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

Livre. C’est en 2010 à N’Djamena, au Tchad, que le journaliste Jérôme Tubiana a rencontré pour la première fois Mohammed El-Gorani. Pendant quinze jours, le jeune homme lui a raconté le périple kafkaïen qui l’a envoyé croupir au lendemain du 11 septembre 2001, alors qu’il n’avait pas 14 ans, dans les geôles de Guantanamo, cette opaque prison construite dans l’enclave américaine de Cuba pour y accueillir les présumés djihadistes. Il y restera huit ans avant d’être finalement reconnu innocent et renvoyé chez lui. Enfin pas vraiment chez lui.
C’est que Mohammed El-Gorani est né et a grandi en Arabie saoudite de parents tchadiens. Autant dire des non-citoyens. Pour se construire une vie, il avait décidé d’aller étudier l’informatique au Pakistan. Pour rejoindre seul ce pays, il avait dû tricher sur son âge. Profondément pieux, il sera pris dans une rafle après les attentats de New York. Son statut pas clair, sa peau noire, son accent saoudien, son adolescence rebelle… À partir de là c’est une longue errance de prisons en brimades qu’il raconte.
Livré par la police pakistanaise aux forces américaines. Guantanamo. Renvoyé ensuite au Tchad par les États-Unis, pays qu’il ne connaît pas bien qu’il en soit citoyen de droit. Malade, cherchant de l’aide auprès d’amis au Soudan en traversant le Darfour en guerre, de nouveau la prison, retour au Tchad. Puis le Ghana où la vie semble lui sourire jusqu’au changement de régime. Prison. Coups de nouveau. Retour au Tchad. Dont il réussit finalement à s’enfuir pour se réfugier aujourd’hui au Nigeria.
Héros et auteur
C’est tout cela que raconte le roman graphique de Jérôme Tubiana et du dessinateur Alexandre Franc. À commencer par Guantanamo justement, cette prison dont on sait finalement si peu. 730 personnes sont passées par ses cellules depuis son ouverture en 2001, neuf y sont morts, et 41 y sont encore détenus.
Or parmi la foison de romans graphiques qui fleurissent depuis quelques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-13"> ¤ Avec « Ready Player One », qui sort sur les écrans français le 28 mars, l’auteur américain voit son premier roman mis en scène par le réalisateur de ses rêves.
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Ernest Cline, un fan de Spielberg adapté par son idole


                      Avec « Ready Player One », qui sort sur les écrans français le 28 mars, l’auteur américain voit son premier roman mis en scène par le réalisateur de ses rêves.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 14h30
    |

            Samuel Blumenfeld








   


A l’origine, il avait imaginé son premier roman comme une conversation entre amis. La discussion aurait porté sur la culture des années 1980 : La Guerre des étoiles, Alien, Indiana Jones, Retour vers le futur, l’avènement des premiers jeux vidéo, Space Invaders en tête. Soit, aux yeux d’Ernest Cline, l’âge d’or de la « culture geek », ce moment magique, selon lui, juste avant l’apparition d’Internet, devenu l’alpha et l’oméga de son existence.
Après neuf ans de travail, Ready Player One paraissait en 2011 aux Etats-Unis, et atterrissait en tête des meilleures ventes. Traduit depuis dans plus d’une vingtaine de langues – il a été publié en France en 2013 par Michel Lafon –, il a surtout fait l’objet d’une féroce surenchère entre plusieurs studios de cinéma pour l’obtention des droits.
Une chasse au trésor
Le 28 mars, Ready Player One sort sur les écrans français, adapté par Steven Spielberg, d’après un scénario de l’auteur et d’un de ses partenaires de PlayStation, Zak Penn. Un aboutissement inespéré pour Ernest Cline, qui voit son premier roman mis en scène par le réalisateur idéal à ses yeux. Celui dont les films des années 1980 – Les Aventuriers de l’Arche perdue, Indiana Jones et le Temple maudit, E.T. – atteignent à ses yeux une forme de perfection.

Lorsqu’il s’est lancé dans ce projet au début du millénaire, l’informaticien avait d’abord à se prouver à lui-même qu’il était à même de relever le défi. Ernest Cline imaginait alors une histoire de chasse au trésor dans un univers virtuel dont l’issue dépendrait de la maîtrise par les candidats de la culture des années 1980.
« J’ai grandi dans une petite ville de l’Ohio. J’avais 7 ans en 1980 et ma vie a débuté avec cette décennie. Pour se clore avec elle d’une certaine manière. » Ernest Cline
« J’ai grandi dans une petite ville de l’Ohio. J’avais 7 ans en 1980 et ma vie a débuté avec cette décennie. Pour se clore avec elle d’une certaine manière. Tout mène et se ramène à cette période », explique-t-il par téléphone. La vie d’Ernest Cline, qui avait entre-temps déménagé à Austin, au Texas, était alors réglée comme une horloge : le matin, programmation sur son ordinateur ; en fin d’après-midi, jeux en ligne ; le soir, écriture.
Après le succès immédiat de Ready Player One, l’écrivain se souvient avoir pensé à une seule chose : une DeLorean, la voiture de sport aux formes uniques conduite par Michael J. Fox dans Retour vers le futur. Il pouvait s’offrir le véhicule emblématique du cinéma des années 1980, effectuer la promotion de son livre à bord de cet engin et devenir la créature d’un de ses films préférés. Parvenu depuis au rang de star de la science-fiction aux Etats-Unis, il roule bien entendu toujours à bord de son bolide, signe de sa réussite et de son appartenance à une époque.

   


Avec le recul, Ernest Cline reste frappé par la noirceur de son premier roman, qui reflétait son angoisse de l’époque. Dans un futur proche, en 2044, notre planète est à bout de souffle : crise énergétique, dérèglement climatique, famine, pauvreté, guerre. L’unique échappatoire à ce cauchemar devenu réalité est l’OASIS, un système de réalité virtuelle où se connecte chaque habitant sur Terre.

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Ernest Cline avait imaginé son histoire juste après le 11-Septembre. « A cela s’ajoutaient la prolifération nucléaire, la crise énergétique avec la fin du pétrole. Il était alors facile d’imaginer que nous allions vers le pire. Aujourd’hui, ce n’est guère différent », analyse-t-il.
Un avatar pour deux existences
Quand Ready Player One est apparu en librairie, Ernest Cline regardait Internet, par sa capacité à mettre en réseau ses utilisateurs, comme l’une des inventions les plus heureuses de l’histoire de l’humanité. L’idée de prendre un avatar – un principe au centre de l’œuvre – séduisait particulièrement le romancier, qui y voyait le moyen de mener deux existences séparées, lui qui assure avoir une vie devant un ordinateur quand il écrit et une autre, sous pseudonyme, dans les jeux en ligne.
Un rêve qu’il estime désormais impossible, à l’heure de Facebook. « C’est frappant. Si Internet était conçu à l’origine comme un moyen de communication, les gens l’utilisent de plus en plus pour s’isoler – en atteste leur usage du smartphone – et ne plus interagir. Il y aura des conséquences politiques. Je crains qu’on ne se mette à protester que sur le Net, et plus dans le vrai monde. » Pour raconter cette histoire, Ernest Cline a déjà un titre : Ready Player Two.

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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-14"> ¤ De l’usine, où il voulait semer la révolution il y a cinquante ans, à l’oraison funèbre de l’idole des jeunes le 9 décembre 2017, l’ancien maoïste devenu écrivain fut aussi journaliste, éditeur et diplomate.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-14"> ¤             
Daniel Rondeau, de Mai 68 à Johnny 
                  
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Le Monde
 |
                  23.03.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 21h08


De l’usine, où il voulait semer la révolution il y a cinquante ans, à l’oraison funèbre de l’idole des jeunes le 9 décembre 2017, l’ancien maoïste devenu écrivain fut aussi journaliste, éditeur et diplomate.

Par             Philippe Ridet





                     
Il m’a recommandé de venir en voiture et expédié les consignes par SMS. « A4 jusqu’à La Ferté-sous-Jouarre. Traverser La Ferté en restant sur la nationale. » Après, ça devenait plus compliqué jusqu’à cette « allée d’arbres » en direction de Gionges. « C’est nous », avait-il précisé. J’ai suivi les instructions à la lettre cherchant dans ces prairies et ces bois traversés ce qu’il voulait faire voir de lui-même, dans le plissement d’un vallon, le secret d’une âme. Il est né et il vit désormais au cœur de ces paysages. Quand ses vies multiples l’ont mené ailleurs, il n’est jamais resté longtemps sans les parcourir.

En chemin, j’ai croisé des silos à grains élancés comme des cathédrales, des églises aux clochers d’ardoise, trapues et tassées sur elles-mêmes. Passé Montmirail, quatre biches ont traversé la route avec un petit toupet blanc au derrière. Champaubert, Montmort, Villers-aux-Bois… La Champagne apparaissait vaste, trouée d’étangs, un peu grise. A Villers-aux-Bois, la longue allée de hêtres nus dont il avait parlé n’était pas difficile à trouver. Daniel Rondeau faisait signe de la main.
Membre de la Gauche prolétarienne
Il y a trente ans, en 1988, un petit livre à couverture bleue paru aux éditions du Quai Voltaire, L’Enthousiasme (réédition « Les Cahiers rouges », Grasset), a décidé de mon admiration. L’incipit m’avait touché au cœur :
« J’ai passé les années les plus vives de ma jeunesse dans une ville triste et étale qui jamais ne m’ennuya. »
Daniel Rondeau faisait le récit de sa révolte qui, au sortir de Mai 68, dont on fêtait alors les 20 ans, l’avait conduit à lâcher ses études pour « s’établir » pendant trois ans dans plusieurs usines de Lorraine. Le but était d’y fomenter sinon la « révolution », du moins quelques grèves. Rondeau suivait en cela un des préceptes de la Gauche prolétarienne (GP), le groupuscule maoïste, auquel il appartenait, était dirigé par le philosophe...





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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-15"> ¤ Histoire d’un livre. La romancière a conçu « Community » sur l’île Amsterdam, littéralement au milieu de nulle part.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/03/2018
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Ecrire à l’écart du monde ? Estelle Nollet vainqueure !

Histoire d’un livre. La romancière a conçu « Community » sur l’île Amsterdam, littéralement au milieu de nulle part.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 10h19
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            
« Community », d’Estelle Nollet, Albin Michel, 270 p., 19 €.

Certains auteurs découvrent au hasard de pérégrinations sur Internet le sujet de leur prochain roman. D’autres, nombreux, s’appuient sur Google Earth pour décrire, par exemple, un immeuble d’une rue lointaine, et à peu près tous ont recours à Wikipédia (et à une infinité de sites spécialisés) pour vérifier une date, un détail de procédure judiciaire, des données économiques, le sens d’une tournure de phrase…
Bref, Internet joue un rôle de moins en moins marginal dans la littérature contemporaine, et cette rubrique en témoigne souvent. A rebours de ces exemples, Community, d’Estelle Nollet, doit beaucoup à l’absence de réseau là où il a été rédigé, au bout du monde.
Madagascar, Nouvelle-Zélande, TAAF…
Tout commence pourtant par un échange de courriels : en 2012, Estelle Nollet travaille à son troisième roman dans une résidence d’auteurs à Madagascar, quand elle reçoit un message de son attachée de presse chez Albin Michel, son éditeur, qui l’encourage à postuler pour une autre résidence, à ­Wellington, en Nouvelle-Zélande – pays où l’auteure d’On ne boit pas les rats-kangourous et de Le Bon, la Brute, etc. (2009 et 2011) rêvait de retourner. Sélectionnée, elle y passe six mois en 2013, et y termine Quand j’étais vivant (2015).
Elle y rencontre aussi « pas mal de gens » qui lui donnent envie d’écrire sur le « principe de communauté », raconte-t-elle au « Monde des livres ». Germe alors l’idée d’un roman qui parlera de la communauté maorie à travers l’enlèvement d’un enfant ; la structure sera celle d’un huis clos, ce qui était déjà le cas dans ses précédents romans – « Il faut croire que je me sens coincée dans ce monde », analyse l’écrivaine, estimant que le fait de voyager beaucoup ne change rien à cette impression.
Le temps que le projet mûrisse et, fin 2015,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-16"> ¤ La chronique de Pénélope Bagieu, à propos de « 3 fois dès l’aube », d’Aude Samama et Denis Lapière.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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C’est graphique. Matins

La chronique de Pénélope Bagieu, à propos de « 3 fois dès l’aube », d’Aude Samama et Denis Lapière.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 07h30
    |

                            Pénélope Bagieu (Dessinatrice)








                        



                                


                            
3 fois dès l’aube, d’Aude Samama (dessins) et Denis Lapière (scénario), Futuropolis, 104 p., 20 €.

Après Martin Eden, d’après Jack London (Futuropolis, 2016), le duo Aude Samama et Denis Lapière adapte Trois fois dès l’aube, d’Alessandro Baricco (Gallimard, 2015). Ce surprenant triptyque ressemble presque à un jeu d’improvisation pour apprenti cinéaste. Voilà ce que l’on met à sa disposition pour tricoter son histoire : deux personnages, un lieu et un moment ; un homme banal, une femme très belle, un hall d’hôtel un peu glauque, quelques heures avant le lever du soleil. A partir de ces ingrédients, il lui faut imaginer trois histoires différentes. Incroyables mais crédibles. Autre règle du jeu qui a son importance : les acteurs ont le droit de changer de costume, d’inverser les rôles, de vieillir, de rajeunir, de déplacer les éléments du décor, d’en sortir même parfois.
Un commercial quadragénaire s’apprête à quitter le vestibule de l’hôtel pour partir faire sa tournée, quand une femme passablement éméchée passe la porte dans l’autre sens, tombe littéralement à ses pieds et lui demande de lui tenir compagnie et de lui parler de son métier pour l’aider à ne pas lui vomir sur les chaussures (c’est d’ailleurs un échec).
Un gardien de nuit d’hôtel se prend de pitié pour une cliente terrifiée à l’idée de monter retrouver son compagnon violent et tente de la persuader de reprendre sa vie en main.
Une inspectrice de police au bord de la retraite récupère un adolescent à skateboard qui vient d’être témoin d’un drame familial. Plutôt que de le regarder tourner en rond dans cette minuscule chambre d’hôtel, elle décide de l’embarquer dans sa voiture banalisée et de rouler avec lui sur l’autoroute. Et même de le laisser sortir le gyrophare.
Huis clos
Mais chaque tableau, au fur et à mesure que se déroulent les récits de chacun, livrera son lot de révélations. Car...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-17"> ¤ La chronique Figures libres de Roger-Pol Droit, à propos du « Déchaînement du monde. Logique nouvelle de la violence », de François Cusset.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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« La violence ne décline pas, elle mute »

La chronique Figures libres de Roger-Pol Droit, à propos du « Déchaînement du monde. Logique nouvelle de la violence », de François Cusset.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 12h33
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Le Déchaînement du monde. Logique nouvelle de la violence, de François Cusset, La Découverte, « Cahiers libres », 240 p., 20 €.

Toutes les statistiques sont formelles : le monde est aujourd’hui considérablement moins violent qu’auparavant. Homicides, morts au combat, famines, grande pauvreté ont largement reculé au cours des dernières décennies. L’année dernière, le Suédois Johan Norberg a remporté un vrai succès en proclamant, contre le catastrophisme ambiant : Non, ce n’était pas mieux avant (Plon, 2017). Reste à se demander si la violence dont on parle est toujours la même. Et si la pacification apparente empêchait de voir d’autres phénomènes ? Non pas la diminution des violences, mais bien leurs mutations, leurs métamorphoses, leurs changements de style et de registre. Il se pourrait que la violence, loin de reculer, se soit transformée.

C’est ce que veut rappeler le nouvel essai de François Cusset, professeur de civilisation américaine à l’université Paris-Nanterre, auteur notamment de French Theory (La Découverte, 2003). Dans Le Déchaînement du monde, il souligne d’entrée de jeu combien la violence à présent n’est plus ce qu’on croit. Elle ne se tient pas là où l’on persiste à vouloir la traquer. A tort, on se focalise sur les coups donnés, la gifle, le sang, les blessures visibles. On oublie ainsi ce qui s’est déroulé préalablement, le processus qui conduit à l’acte observé, où sont déjà présentes quantité de violences nouvelles, infligées et réelles, mais sans traces, sans marques, sans visibilité.
En voyant un individu menaçant, on ne sait plus comment il a été humilié. On montre un pillage, on masque le vol institutionnalisé. On hurle en voyant une bête torturée, on masque les millions d’animaux abattus chaque année. Ces mises en lumière reposent sur des ombres cachées. Ces dernières constituent le point de départ de cet essai, qui est à la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-18"> ¤ Trois livres de poésie, on vit avec et on choisit des vers. On se laisse porter ; on tresse alors les œuvres pour composer un tout nouveau poème.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
      

Trans|Poésie. Passe-passe

Trois livres de poésie, on vit avec et on choisit des vers. On se laisse porter ; on tresse alors les œuvres pour composer un tout nouveau poème.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 07h30
    |

                            Didier Cahen








                        



   


Qui habite sous le chapeau ?
Sous le chapeau qui est trois ?
Trois chapeaux
§
L’enfant regarde
Avec des yeux tout ronds
Tout autour il regarde
§
Qui a jamais pris
Le monde
Pour un rectangle ?
« Choses dites », comme Victor Hugo avait ses « choses vues »… Poète, essayiste, romancier, Ales Steger (né en Slovénie en 1973) s’arrête à ce qu’il voit et à ce qui nous échappe, avec le fol espoir « qu’au moins il y ait des noms pour ce qui n’est pas ».
Evguénia Tchouprina, dramaturge et poète « rétrofuturiste », réside à Kiev où elle est née en 1971. Ses éclairs transeuropéens symbolisent l’effervescence de la revue Po&sie, qui publie un riche numéro double pour célébrer ses quarante années d’existence.
De Jacques Roubaud à l’américain Keith Waldrop, la jeune revue La Tête et les Cornes rassemble des poètes qui ont marqué ses directeurs, Marie de Quatrebarbes (née en 1984) et Maël Guesdon (né en 1983), figures emblématiques de la nouvelle génération.
Le Livre des choses, d’Ales Steger, traduit du slovène par Guillaume Métayer et Mathias Rambaud, Circé, 96 p., 12 €.
Po&sie no 160-161, Belin, 320 p., 30 €.
La Tête et les Cornes no 4, 36 p., 6 €, et Gommage de tête, de Marie de Quatrebarbes, Eric Pesty, 82 p., 13 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-19"> ¤ « Milena ou le plus beau fémur du monde », une implacable enquête sur l’esclavage sexuel en Europe et en Amérique signée de l’écrivain mexicain.
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Jorge Zepeda Patterson chasse le proxénète

« Milena ou le plus beau fémur du monde », une implacable enquête sur l’esclavage sexuel en Europe et en Amérique signée de l’écrivain mexicain.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 07h30
    |

            Sylvia Zappi








                        



                                


                            
Milena ou le plus beau fémur du monde (Milena o el femur mas bello del mundo), de Jorge Zepeda Patterson, traduit de l’espagnol (Mexique) par Claude Bleton, Actes Sud, « Actes noirs », 448 p., 23 €.

Economiste, sociologue, journaliste, chroniqueur politique : il fallait probablement avoir été tout cela, comme le Mexicain Jorge Zepeda Patterson, pour réussir un thriller aussi protéiforme. Une fresque sur les mafias de la prostitution européennes et mexicaines digne d’un Don Winslow. Une intrigue mâtinée d’enquête journalistique très actuelle. Le titre, Milena ou le plus beau fémur du monde, avec cette allusion gore qui déclenche le frisson, donne le ton.

C’est un roman à plusieurs voix qui nous emmène sur les traces de Milena, une prostituée de luxe croate. Kidnappée à l’âge de 16 ans alors qu’elle s’appelait encore Alka, la jeune femme, d’une beauté époustouflante, est entraînée dans le nouveau commerce triangulaire des corps. Impliquée dans les sordides éliminations des concurrents de son proxénète, elle consigne dans un petit carnet tous les détails de ce qu’elle apprend sur ses connexions cachées avec le Kremlin et ses sbires en Ukraine.
Ce trésor va la mettre en danger de mort. Elle doit fuir au Mexique, croisant le chemin de plusieurs personnages qui vont tenter de l’aider : une patronne de presse, une députée de gauche, un journaliste, un flic, un jeune hackeur… L’auteur va faire entendre ces différents points de vue, où se mêlent grands élans et petites lâchetés. L’intrigue se précise puis s’éloigne, dans des allers et retours entre le passé et le présent des différents témoins. Mais ces va-et-vient entre les protagonistes se font dans des styles de narration si variés que le lecteur ne décroche pas. L’écriture est précise et plaisante. C’est tour à tour une fresque des mœurs de la société mexicaine contemporaine, la description des réseaux mafieux et de leur collusion...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-20"> ¤ Claro arpente les malls du monde avec Rinny Gremaud, qui signe « Un monde en toc ».
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Le feuilleton. Au-delà des biens et du mall

Claro arpente les malls du monde avec Rinny Gremaud, qui signe « Un monde en toc ».



Le Monde
 |    22.03.2018 à 07h30
    |

                            Claro (Ecrivain et traducteur)








                        



                                


                            
Un monde en toc, de Rinny Gremaud, préface d’Olivier Rolin, Seuil, « Fiction & Cie », 176 p., 17 €.

L’invention assez récente qu’est l’écrivain-voyageur, cette astuce commerciale qui permet de refourguer à un lectorat statique une belle tranche de rêve persillée d’exotisme mais emballée dans de la mauvaise conscience et des descriptions frelatées, cette invention a sans doute encore de beaux jours et de longs rayonnages devant elle. Mélange malin entre le baroudeur et le sociologue, souvent plus vieux que campeur, le scribe aux semelles crantées fait de son mieux pour entraîner son troupeau d’assis dans des odyssées distanciées d’où il ressort que l’ailleurs, bien qu’ailleurs, a au final l’attrait d’un commerce de proximité. Les paysages ne sont plus que des contrats d’édition, et on prend aujourd’hui le Transsibérien comme autrefois la pose. Mais oublions les tics des écrivains-bagagistes et demandons-nous si ce monde, finalement, n’est pas en toc. C’est en tout cas la question que pose Rinny Gremaud dans son tour du monde des plus grands malls.
On est en janvier 2014 et, à lire le début d’Un monde en toc, on pourrait croire à tort que l’auteure a tenté de battre divers records : « Dans ce court laps de temps, j’ai traversé quatorze aéroports, où j’ai vécu quarante-deux heures en tout, environ 7 % du voyage. (…) J’ai passé près de cinquante-neuf heures en cabine pressurisée, 10 % du temps (…). J’ai cumulé 23 800 miles sur la carte de fidélité d’une alliance aérienne, ce qui signifie que j’ai parcouru 38 300 kilomètres en avion. » Mais ce n’est pas le bilan carbone qui intéresse Gremaud, même si ces chiffres donnent le ton du monde comptable qu’elle a décidé d’infiltrer : les malls. Les shopping malls. Autrement dit, des centres commerciaux surdimensionnés, proposant produits et activités, nutrition et divertissement, capables de transmuer l’ennui...




                        

                        

