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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Entre action, épopée historique et biopic, une adaptation élégante du livre de David Grann signée James Gray (sur Canal+ à 23 h 30).
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TV – « The Lost City of Z » : le rêve perdu de l’homme blanc

Notre choix du soir. Entre action, épopée historique et biopic, une adaptation élégante du livre de David Grann signée James Gray (sur Canal+ à 23 h 30).



Le Monde
 |    26.03.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 17h50
    |

                            Jean-François Rauger








                        


Film sur Canal+ à 23 h 30

Adapté d’un ouvrage de David Grann, lui-même inspiré des exploits de l’explorateur Percival Harrison Fawcett, The Lost City of Z procède d’un discret mais implacable travail critique de ce qui fut peut-être, longtemps, un des rêves de l’homme blanc occidental.
Officier déclassé en raison d’une généalogie imparfaite (son père était joueur et alcoolique), Percy Fawcett est envoyé en Bolivie, aux sources de l’Amazonie, par la Société royale géographique londonienne pour y pra­tiquer un relevé de frontières. L’expédition prend, au terme d’un voyage périlleux, une autre dimension.
Convaincu d’avoir trouvé les vestiges d’une civilisation perdue, se heurtant à l’incrédulité des autorités, Fawcett va tenter d’en apporter la preuve aux cours d’une seconde expédition qui, là encore, ne comblera pas ses attentes.
The Lost City of Z devient le récit d’une obsession dont la signification n’est sans doute pas tout entière réductible à la psychologie du personnage central. Car la quête de Fawcett va se nourrir de la frustration engendrée par l’inaboutissement autant qu’elle va bousculer les prescriptions de la société et de sa vie de ­famille ; celle-ci étant réduite aux moments que passe chez lui l’homme, entre deux expéditions, découvrant ses enfants grandis, se heurtant à l’insatisfaction d’une épouse cantonnée à la place que la société lui impose.

   


L’élégance du film de James Gray réside dans cette manière, unique, de faire ressentir les ­forces contradictoires qui entraînent le désir d’aventure et de savoir de Fawcett et s’y opposent tout autant. L’expression rentrée, voire coincée, des sentiments y souligne ­paradoxalement la mégalomanie d’un personnage espérant conjurer le sort de sa paternité honteuse et qui, pour cela, peut-être, entraînera son fils dans ce qui n’aura sans doute été (le doute demeurera) qu’un songe fatal.
On pourrait citer une lignée ­cinématographique pour définir The Lost City of Z : Stanley Kubrick pour la description de mécanismes abstraits qui meuvent les individus, David Lean pour le goût de l’épopée, Luchino Visconti pour cette in­telligence des forces sociales ­confrontées à la malédiction des liens du sang. Mais ce serait peut-être passer à côté de la singularité du travail de Gray, qui combine avec une subtilité inouïe toutes ces préoccupations.
The Lost City of Z, de James Gray. Avec Charlie Hunnam, Robert Pattinson (EU, 2016, 140 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Une génération avant les frères Lumière, un savant original, Louis Ducos du Hauron, mettait au point un procédé de production d’images basé sur la trichromie. Des chercheurs ont analysé ses clichés au synchrotron européen de Grenoble.
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Les premières photographies couleur révèlent leurs secrets

Une génération avant les frères Lumière, un savant original, Louis Ducos du Hauron, mettait au point un procédé de production d’images basé sur la trichromie. Des chercheurs ont analysé ses clichés au synchrotron européen de Grenoble.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 17h45
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Qui a inventé la photographie couleur ? La réponse commune en ­attribue la paternité aux frères ­Lumière. Et de fait, avec son procédé d’autochromie, le duo lyonnais a mis au point, en 1903, le premier dispositif commercialement viable d’image colorée. Une génération plus tôt, pourtant, un savant original nommé Louis Ducos du Hauron présentait, en 1869, devant la Société française de photographie, une méthode de reproduction d’images basée sur la trichromie. Une équipe de scientifiques et de conservateurs a entrepris d’analyser plusieurs de ses œuvres. Publié mardi 20 mars dans la prestigieuse revue Angewandte Chemie, leur article permet de mieux cerner cet esprit en perpétuelle quête d’innovation… au risque de sombrer dans l’extrême complexité.
Drôle d’oiseau, en vérité, que ce Louis Ducos du Hauron (1837-1920). Né à Langon (Gironde), grandi à Agen (Lot-et-Garonne) et élevé loin de l’école par des précepteurs, le jeune homme montre des talents multiples. La musique, d’abord, qui lui offrira son seul et provisoire métier : professeur de piano. Ses vraies passions sont pourtant ailleurs, dans le dessin et les sciences, plus exactement la physique et la chimie. Ainsi mettra-t-il au point, dès 1864, un dispositif d’images animées. Il proposera également, le premier, d’observer des images en trois dimensions grâce – déjà – à des ­lunettes avec un verre rouge et un autre vert.
Mais l’essentiel de ses efforts, le rêve de sa vie, est d’une autre portée. Il veut « forcer le soleil à peindre avec des couleurs toutes faites qu’on lui présente », comme il l’exprimera, en 1869, dans son premier ouvrage. Autrement dit, adapter les procédés inventés par Niépce et Daguerre pour la photographie noir et blanc afin de produire des images en couleur. Il y consacrera sa vie, d’abord entretenu par son père, collecteur des ­impôts indirects à Agen, puis par son frère, avocat devenu juge, qu’il suivra jusqu’à Alger et à Paris, au gré des postes occupés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Grande spécialiste des lettres russes et en particulier de la poètesse Marina Tsvetaeva, Véronique Lossky est morte à Paris, le 17 mars, à 87 ans.
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Mort de Véronique Lossky, auteure et traductrice

Grande spécialiste des lettres russes et en particulier de la poètesse Marina Tsvetaeva, Véronique Lossky est morte à Paris, le 17 mars, à 87 ans.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 16h59
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 17h43
    |

                            Elena Balzamo (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

C’était l’une des figures tutélaires du monde slavisant français. Véronique Lossky est morte le 17 mars, à l’âge de 87 ans, tandis que battait son plein le salon du livre de Paris dont le pays invité était la Russie. Coïncidence significative : c’est à ce pays, ou plus exactement à sa littérature, qu’elle avait consacré la majeure partie de sa vie. Ce choix professionnel découlait de ses inclinations, de ses études, mais aussi de ses racines familiales.
A l’automne 1922, parti de Petrograd, le « bateau des philosophes » emmenait vers l’exil plus de 150 personnes, la fine fleur de l’intelligentsia russe : hommes de science, écrivains, philosophes, expulsés sur l’ordre de Lénine en tant qu’éléments hostiles, voire nuisibles, à l’Etat soviétique. Parmi eux se trouvait le théologien orthodoxe Vladimir Lossky (1903-1958), futur beau-père de Véronique.
Chassés manu militari, dépouillés de leurs biens, ces expulsés ne furent autorisés à emporter que quelques vêtements. Pas d’argent ni de livres. Plusieurs d’entre eux vinrent grossir les rangs de la diaspora russe en France, dont les membres se comptaient déjà en dizaines de milliers. Ainsi naquit un milieu unique, littéralement saturé de culture : écoles, églises, conservatoires de musique, maisons d’édition, qui, malgré les inévitables conflits internes, œuvraient tous à un but commun, conserver la culture russe dans l’espoir de la « restituer » un jour à la patrie. On y comptait plusieurs écrivains de premier rang dont Ivan Bounine, Gaïto Gazdanov, Nina Berberova, ou encore Marina Tsvetaeva.
Fille d’exilés russes
C’est dans ce milieu que grandit Véronique Youdine-Belsky. Née en 1931 à Paris de parents émigrés, elle était la petite-fille d’un prêtre orthodoxe. Après une scolarité au lycée russe de Paris, elle suit des études à la Sorbonne, puis à Oxford, un parcours au cours duquel elle se spécialise en littérature et en histoire russes, ancienne et moderne. De sorte que, à la différence de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ A voir. Avec sa nouvelle série d’animation, France 4 entend sensibiliser les plus jeunes à ce registre musical (à 17 h 15).
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TV – « Max et Maestro » : quand le classique a droit de cité

A voir. Avec sa nouvelle série d’animation, France 4 entend sensibiliser les plus jeunes à ce registre musical (à 17 h 15).



Le Monde
 |    26.03.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 13h16
    |

                            Camille Langlade








                        


Série d’animation sur France 4 à 17 h 15

Du rap au classique, il n’y a qu’un pas. Max en fait l’expérience. Bassiste d’un groupe de hip-hop, Les Ninjas VNR, c’est un garçon populaire et apprécié dans la cité tranquille où il vit avec ses parents. A 11 ans, il jongle entre matchs de basket et concerts de rap.
Un jour, alors qu’il joue avec ses amis, le jeune garçon rencontre inopinément le Maestro, un vieil homme qui habite dans le grand manoir niché au milieu des barres d’immeubles. Tout le monde se méfie de ce « vieux fou » un peu toqué qui n’a cependant rien d’un détraqué. Il s’agit d’un chef d’orchestre de renommée internationale, à l’image de celui qui lui prête sa voix et son image : Daniel Barenboim. Max se découvre alors une passion et un talent certain pour le registre classique (et la musique en général). Petit bémol : cette nouvelle vocation doit rester secrète, car il ne tient pas à devenir la risée de la cité.
Et pour cause. Qui écoute cette musique de « vieux », de « croque-mort », comme la définissent les amis de Max ? Pas grand monde dans l’entourage du garçon, et sans doute parmi les téléspectateurs du programme diffusé dans la case des « Minikeums » de France 4. Sensibiliser les plus jeunes à la musique classique tout en parlant de leur quotidien : tel est le pari de la chaîne avec Max et Maestro.
« S’écouter les uns les autres »
Les enseignements que délivre le Maestro ont autant leur place sur une partition que dans la vie de Max, ce Billy Elliot de la cité. « S’écouter les uns les autres » : voilà un adage valable lors d’un concert tout comme dans un groupe d’amis. Aussi, qu’on soit d’humeur joyeuse ou morose, il suffit d’un rien pour changer de tonalité, ­passer du mode mineur au mode majeur. Chaque épisode propose ainsi une pratique musicale qui s’accorde à la vie de chacun.
La série offre un savant mélange de musique classique et de ­culture urbaine. Un peu comme dans La Haine, le filmde Mathieu Kassovitz, quand les punchlines de NTM se mêlent aux vibratos du Non, je ne regrette rien, d’Edith Piaf, sur les platines du DJ Cut Killer. Un « mix » que l’on retrouve ici dans la bande originale, signée par le rappeur Akhenaton, qui avait déjà participé à la musique de « Foot 2 rue », autre programme de France Télévisions aux tonalités rap.

   


Lors de la conférence de presse présentant cette série d’animation, Akhenaton a rappelé que le rap a toujours été lié à la musique classique, notamment grâce à la technique du sampling, qui permet de mêler tous les styles de musiques. « Les gens du classique ont le regret que leur musique ne soit pas connue ; nous, on aimerait que la nôtre soit reconnue », expliquait-il, tout en reconnaissant n’écouter de la « grande » musique que lorsqu’il veut sampler. Ce type de programme, selon lui, est nécessaire dans une période « où les gens sont placés dans des cases qu’il faut chercher à déconstruire ».
D’ailleurs, le propos de Max et Maestro n’est pas de cloisonner les deux styles musicaux. Au ­contraire, ils s’enrichissent à travers le personnage de Max, qui perçoit la complémentarité de ces genres communément présentés comme antithétiques.
« Il s’agit d’offrir à beaucoup d’enfants l’occasion de découvrir une musique qu’ils entendent très peu chez eux », résume Tiphaine de Raguenel, la directrice des programmes de France 4. Avec Max et Maestro, elle entend ainsi démocratiser un genre souvent qualifié d’élitiste en lui donnant une place de choix dans sa grille jeunesse.
Max et Maestro, réalisé par Christophe Pinto (52 × 11 min 30).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le film de Ryan Coogler, sorti en janvier aux Etats-Unis, est le plus tweeté de 2018.
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« Black Panther » prend le pouvoir sur Twitter

Le film de Ryan Coogler, sorti en janvier aux Etats-Unis, est le plus tweeté de 2018.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 12h58
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 14h48
   





                        


A la manière du héros qu’il met en scène – le roi du Wakanda et ses pouvoirs surhumains, interprété par Chadwick Boseman – le dernier film Marvel a pris le pouvoir sur Twitter et règne sans partage. Selon le réseau social, Black Panther (sorti en France en février) a remporté le titre de film le plus tweeté de tous les temps, détrônant au passage Star Wars.
Mentionné plus de 35 millions de fois, le film de Ryan Coogler qui porte à l’écran un superhéros populaire, noir et africain, a rassemblé sa communauté. Les communautés. La célébration de la négritude, de sa fierté et de son universalité, a dominé sous les hashtags #Wakanda, #WakandaForever, et bien sûr, #BlackPanther.
Preuve supplémentaire, s’il en fallait, que Black Panther, qui a bousculé les stéréotypes de genre et de « race », qui a suscité l’enthousiasme et l’excitation du public, bousculé la pop culture et réveillé les consciences, s’inscrit comme acteur des mutations des sociétés, en faveur de la diversité.
Le compteur des tweets a explosé notamment àla suite de celui du rappeur Kendrick Lamar qui y présentait la bande-son du film, et celui de Michelle Obama, qui félicitait l’équipe du film de jouer un rôle (si) important : encourager les gens à trouver le courage d’être les héros de leur propre histoire.

Black Panther The Album 2/9 https://t.co/MqhsEcj6iF— kendricklamar (@Kendrick Lamar)


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Congrats to the entire #blackpanther team! Because of you, young people will finally see superheroes that look like… https://t.co/mGf422Nu7k— MichelleObama (@Michelle Obama)


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ A 47 ans, l’éditeur et écrivain français prendra, le 4 avril, la tête de la maison. Pour ce PDG réservé, l’institution « doit avoir confiance dans son projet humaniste ».
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Hugues Jallon, un patron du Seuil résolument de gauche

A 47 ans, l’éditeur et écrivain français prendra, le 4 avril, la tête de la maison. Pour ce PDG réservé, l’institution « doit avoir confiance dans son projet humaniste ».



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 12h13
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

« J’aime les institutions », affirme Hugues Jallon, qui prend la tête, le 4 avril, de l’une des maisons les plus convoitées de l’édition française, Le Seuil. Celle-là même qui édite J. M. Coetze, Mo Yan, John Irving, Günther Grass (1927-2015), Patrick Deville ou Chantal Thomas. La maison a aussi publié les plus grands noms en sciences humaines, entre Roland Barthes (1915-1980), Paul Ricœur (1913-2005) ou Edgar Morin.
C’est chez l’éditeur encore que sont nées des collections mythiques comme « Tel quel », animée par Philippe Sollers, « Combats », voulue par Claude Durand (1938-2015), dans le tohu-bohu politico-intellectuel du début des années 1970, puis « Fiction & Cie », créée par Denis Roche (1937-2015), ou « La librairie du XXIe siècle », de Maurice Olender. Le Seuil est une véritable institution. Qui vient de changer d’actionnaire, depuis que le groupe belge Média-Participations a pris, en décembre 2017, le contrôle des éditions La Martinière, propriétaire du Seuil depuis 2004.
Succédant à Olivier Bétourné (66 ans), le nouveau président du Seuil et de ses filiales se revendique ouvertement de gauche. Dans le droit-fil de la maison. Hugues Jallon a fait le voyage avec les altermondialistes au sommet du G8, à Gênes, en 2001, a signé la pétition en faveur des mis en cause de Tarnac, en 2008, a apporté son soutien aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes…
Ce fils d’un médecin militaire et d’une artiste peintre quitte la présidence de La Découverte (Editis) – marquée à gauche, dans la continuité de son fondateur François Maspero – pour revenir dans une maison qu’il connaît bien. Hugues Jallon a en effet été directeur éditorial des sciences humaines et des documents au Seuil, entre 2010 et 2014. Il est habitué aux allers-retours, puisqu’il avait démarré à La Découverte en 1997. « J’étais convaincu qu’il reviendrait un jour », affirme Olivier Bétourné, qui, lui, rejoint le tout nouveau conseil d’administration du Seuil...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Résonance. Les campagnes menées par des écrivains en faveur d’autres écrivains a commencé au XXe siècle. De la défense de Maxime Gorki, en 1905 à celle du journaliste et romancier turc Ahmet Altan, condamné à la prison à vie, le 16 février.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Face à la tyrannie, la résistance des plumes

Résonance. Les campagnes menées par des écrivains en faveur d’autres écrivains a commencé au XXe siècle. De la défense de Maxime Gorki, en 1905 à celle du journaliste et romancier turc Ahmet Altan, condamné à la prison à vie, le 16 février.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 10h16
    |

                            Antoine Lilti (Historien)








                        



                                


                            
Emprisonné depuis septembre 2016, le journaliste et romancier turc Ahmet Altan, infatigable défenseur de la liberté d’expression, a été condamné le 16 février à la réclusion à perpétuité. Signe parmi bien d’autres de la dérive répressive du régime turc, ce jugement a suscité une profonde émotion, comparable à celle qui s’était manifestée quelques mois plus tôt en faveur de l’écrivaine Asli Erdogan [en exil depuis septembre 2017]. Une tribune a été publiée par trente-cinq Prix Nobel, de toutes nationalités. Une pétition en ligne a recueilli en quelques jours plus de vingt mille signatures. La scène semble tristement familière. Mais depuis quand se mobilise-t-on en faveur d’écrivains persécutés ?


Longtemps les écrivains furent à la merci des pouvoirs et ne pouvaient échapper à la prison, voire à la mort, que grâce à de puissants protecteurs. Au début du XVIIe siècle, le philosophe italien Tommaso Campanella, l’auteur de La Cité du Soleil, passa vingt-sept ans dans les prisons de Naples, tandis que son compatriote ­Giordano Bruno était brûlé vif à Rome. A Paris, le procès du poète Théophile de Viau pour blasphème suscita une véritable guerre de pamphlets. Théophile passa deux ans en prison et mourut en 1626, peu après sa libération. Au siècle de l’Encyclopédie, il arrivait encore que les écrivains tâtent de la prison.
Diderot fut durablement traumatisé par le court séjour qu’il fit à Vincennes en 1751 et il redoubla de prudence, par la suite, réservant pour la postérité ses œuvres les plus personnelles. Mais, dans l’ensemble, les écrivains étaient en passe d’acquérir un nouveau prestige et, surtout, une plus grande liberté d’action. Prudemment réfugié sur les rives du lac Léman, Voltaire put mener des campagnes d’opinion en faveur de victimes d’injustice judiciaire, comme Jean Calas ou le chevalier de La Barre. Aumoment de l’affaire Dreyfus, Zola parachèvera cette figure de l’intellectuel justicier prenant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ A la MC93 de Bobigny, le metteur en scène russe adapte de façon magistrale une nouvelle d’Anton Tchekhov.
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Théâtre : Anatoli Vassiliev scrute l’âme d’un inconnu

A la MC93 de Bobigny, le metteur en scène russe adapte de façon magistrale une nouvelle d’Anton Tchekhov.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 09h54
    |

            Brigitte Salino (Strasbourg, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Anatoli Vassiliev aime les nouvelles d’Anton Tchekhov, parce que, dit-il, « il y a une violence qu’on ne trouve pas dans ses pièces. » On ne s’étonnera donc pas que le maître russe du théâtre ait choisi, plutôt que Platonov, par exemple, de mettre en scène l’inouï Récit d’un homme inconnu, que l’on peut voir à la MC93 de Bobigny, après sa ­création au Théâtre national de Strasbourg.
Ce texte est écrit à la première personne par Stepan, valet au service d’Orlov, fonctionnaire de Saint-Pétersbourg dans les années 1880. Stepan n’est pas son vrai prénom, ni valet son vrai ­métier. Ancien officier de marine converti à la révolution, il s’est ­introduit chez Orlov pour tuer son père, qui occupe un poste au sommet de l’Etat. Ce point de départ rappelle Les Justes (1949), la pièce d’Albert Camus sur les révolutionnaires russes face à la question du terrorisme. Mais Tchekhov n’est pas Camus : il ne va pas sur le terrain des idées, il scrute l’âme d’un homme inconnu à lui-même, qui se révèle à travers l’histoire d’un trio, Stepan, Orlov, et la maîtresse de celui-ci, Zinaïda.
Dans la nouvelle, on apprend tardivement le projet d’assas­sinat politique de Stepan, que l’on voit observer son maître, un homme cynique et jouisseur, que Zinaïda, en femme passionnée et naïve, prend pour un être d’exception. Quand elle s’installe chez lui, après avoir quitté son mari, elle mesure peu à peu son erreur. Stepan les observe, en silence. Il abhorre la veulerie ironique d’Orlov, et compatit à la souffrance de Zinaïda, qu’il ­accompagne quand elle quitte son amant, enceinte.
Les sous-sols de la vie
Anatoli Vassiliev suit leur chemin, qui ramènera Stepan à Saint-Pétersbourg, seul avec la petite fille de Zinaïda, morte, sans doute suicidée. Ce qui est inouï, dans sa mise en scène, c’est la clarté qu’il donne aux sous-sols de la vie décrits par Tchekhov. Il fallait trouver la pièce dans la nouvelle. Anatoli Vassiliev a su le faire :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ L’une des figures les plus importantes de l’abstraction du début du XXe siècle fait l’objet d’une rétrospective au Grand Palais, jusqu’au 30 juillet.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Les acquisitions du Suisse Jean-Claude Gandur sont réunies dans un catalogue, publié chez 5 Continents Editions.
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La passion d’un collectionneur pour la figuration narrative

Les acquisitions du Suisse Jean-Claude Gandur sont réunies dans un catalogue, publié chez 5 Continents Editions.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 09h09
    |

            Harry Bellet








                        



                                


                            

Jean-Claude Gandur est un hyperactif. Le collectionneur suisse, non content d’avoir amassé un respectable ensemble (850 pièces environ) d’antiquités grecques, romaines et égyptiennes – il est né là-bas, avant que sa famille ne quitte le pays sous Nasser pour s’installer au bord du Léman –, s’est ensuite intéressé à la peinture abstraite lyrique, telle qu’on la pratiquait à Paris après la seconde guerre mondiale. Pourquoi, on ne sait pas, mais pour combien, presque. La réponse est « pour pas très cher », car avant qu’il ne commence ses achats, la cote de ces peintres était au plus bas.
Il a fait fortune comme cela, Jean-Claude Gandur, en prospectant le pétrole dans des pays où les autres n’allaient pas. Côté peinture, la récolte a été bonne : montrée pour partie à Genève en 2011, sa collection révélait un ensemble, fort bien choisi, d’une centaine de tableaux. Tout cela devait aller au Musée d’art et d’histoire de la ville, dont il finançait une partie de l’agrandissement, confié à l’architecte Jean Nouvel. Mais dans une votation, en février 2016, ses concitoyens ont rejeté la proposition.
« Une révélation »
Pas découragé, le collectionneur a exploré d’autres pistes. Il s’est associé avec le groupe Emerige pour l’aménagement d’une partie de l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Et a avancé d’un cran dans l’histoire de l’art en passant des années 1950 à la décennie suivante. Aux émois de l’abstraction lyrique succèdent les frissons, parfois un peu canailles, de la figuration. Pas le pop art américain, surévalué, mais son versant parisien, sous-coté.
Il s’en explique dans le volumineux et remarquable catalogue de cette partie de ses collections La Figuration narrative dans la collection Gandur, confié à Jean-Paul Ameline, conservateur général du patrimoine, et ancien conservateur en chef au Musée national d’art moderne-Centre Pompidou : « En décembre 2006, au hasard d’une vente aux enchères, je découvre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ « Bitna, sous le ciel de Séoul », son nouveau roman (en librairie le 28 mars), s’y déroule. Promenade dans Séoul avec le Prix Nobel, intermédiaire idéal entre la ville et le visiteur.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
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J. M. G. Le Clézio en chaman coréen

« Bitna, sous le ciel de Séoul », son nouveau roman (en librairie le 28 mars), s’y déroule. Promenade dans Séoul avec le Prix Nobel, intermédiaire idéal entre la ville et le visiteur.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 09h10
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant)








                        



                                


                            
Bitna, sous le ciel de Séoul, de J. M. G. Le Clézio, Stock, 220 p., 18,50 € (en librairie le 28 mars).

En montant la petite rue bordée de modestes maisons, on laisse la ville derrière soi pour se retrouver dans un de ces « villages » que les mégapoles coréennes ou japonaises savent ménager au cœur d’elles-mêmes. Le brouhaha de Séoul s’est évanoui. La pente se fait plus raide et on aperçoit au sommet de la colline le toit, recourbé aux extrémités, du temple ­Bongwonsa, perdu dans les pins et les bambous. « A la saison des pluies, la rue se transforme en torrent et les habitants préfèrent l’emprunter pieds nus », raconte J. M. G. Le Clézio, qui fréquentait ce lieu paisible, non loin de l’université Ewha, où il a enseigné pendant un an entre 2007 et 2008. « Le bruit de la pluie sur les tuiles, l’odeur de la terre et des plantes saturées d’eau et de chaleur : c’est ce que j’aime dans cette ville. »
Séoul, cité de plus de 10 millions d’habitants, rasée par la guerre (1950-1953) puis emportée par une modernité effrénée qui la hérisse de gratte-ciel dont la charpente métallique, lors de leur construction, ressemble à des squelettes d’acier, J. M. G. Le Clézio l’a parcourue pas à pas, au fil de plusieurs séjours – et nous l’arpentons avec lui, à l’occasion d’un voyage organisé par les éditions Stock. Il a une affection particulière pour les petits quartiers « des vieilles dames et des chats » et pour l’été, lorsque la ville « est envahie par le chant strident des cigales, qui rivalise avec le bruit de la circulation et finit par le couvrir ». « Séoul n’est pas une ville rébarbative en dépit de son immensité, poursuit-il. Elle se décompose en milliers de facettes inattendues… Un labyrinthe devenu familier. Mais peut-être que je l’idéalise… » Qu’importe. Le Prix Nobel de littérature 2008 évoque plus qu’il ne raconte cette ville qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Figure majeure du roman policier britannique de ces trente dernières années, l’écrivain est mort vendredi 23 mars, à Londres, à l’âge de 62 ans.
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La mort du romancier britannique Philip Kerr

Figure majeure du roman policier britannique de ces trente dernières années, l’écrivain est mort vendredi 23 mars, à Londres, à l’âge de 62 ans.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 07h50
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 10h11
    |

            Yann Plougastel








                        



                                


                            

Auteur d’une trentaine de romans littéralement hantés par la question du mal, grand lecteur d’Hegel et de Wittgenstein, admirateur inconditionnel du film Shining, de Stanley Kubrick, soutien sans failles de Margaret Thatcher, l’écrivain Philip Kerr est mort le 23 mars, à Londres, à l’âge de 62 ans. Figure majeure du roman policier britannique de ces trente dernières années, il restera comme le créateur du détective berlinois Bernhard Gunther, alias Bernie, qui, dans douze aventures se déroulant du nazisme à la guerre froide, réussit, avec une étonnante capacité de survie, à surnager aux vicissitudes de la période la plus sombre de notre histoire.
Né à Edimbourg, le 22 février 1956, Philip Ballantyne Kerr, dont le père était un homme d’affaires, a grandi dans une famille baptiste très pieuse. « Je devais me rendre trois fois à l’église le dimanche. Et chez nous, on parlait tout le temps de Jésus. On l’invoquait avant chaque repas, avant d’aller se coucher, au moindre souci. Son esprit devait nous guider dans toutes les circonstances de la vie. Notre maison était hantée. Il m’a fallu des années pour exorciser ce fantôme », confiait-il dans Le Monde du 3 avril 2014 à notre consœur Macha Sery.
Il n’appréciait pas plus son Ecosse natale, « pleine d’ombres et de fantômes », « morbide », où l’hypocrisie et la souffrance paraissaient être une vertu cardinale. Pour échapper à ce rigorisme ambiant, il se réfugie dans la lecture de romanciers tels que John Fowles (1926-2005). Dès l’âge de 12 ans, il acquiert le goût de la littérature en rédigeant des nouvelles érotiques pour ses copains lycéens et découvre le pouvoir des mots après l’algarade infligée par son père tombé sur ses écrits licencieux.
Fan de Raymond Chandler
Il apprend également l’art du camouflage et commence à Birmingham des études de droit et de philosophie, afin de devenir professeur en Afrique. Raté. Il est engagé à Londres comme rédacteur...




                        

                        


<article-nb="2018/03/26/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ A l’occasion de la sortie de son 25e album, « Si vous saviez… », le chanteur à la voix de velours, qui tourne à l’eau pétillante, se confie sur son art de la composition. Le crooner romantique précise qu’il n’est pas l’homme de ses chansons. Il a en effet plus d’humour.
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Un apéro avec Salvatore Adamo : « Je ne suis pas uniquement celui qui se languit d’amour »


                      A l’occasion de la sortie de son 25e album, « Si vous saviez… », le chanteur à la voix de velours, qui tourne à l’eau pétillante, se confie sur son art de la composition. Le crooner romantique précise qu’il n’est pas l’homme de ses chansons. Il a en effet plus d’humour.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 07h27
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 09h40
    |

            Philippe Ridet








                              

                        

Soixante-quinze ans, et toujours là. Soixante-quinze ans, et un peu las. « Vous vous rendez compte, je suis allé trente-huit fois au Japon… A chaque fois pour trois semaines ou un mois. Je n’ai pas assez vu mes enfants. Aujourd’hui, je chante encore à l’étranger. Mais je réduis les séjours. Quinze jours au Chili en mai. On voudrait que j’aille au Québec. Mais pendant un mois. C’est trop… »
Salvatore Adamo nous a donné rendez-vous au bar de l’Hôtel de Sers, rue ­Pierre-Ier-de-Serbie, dans le 8e arrondissement de Paris, à deux pas des Champs-Elysées. Un palace comme il y en a tant, dans les parages. « C’est un endroit qu’il aime bien », nous avait assuré son attaché de presse. Adamo : « Oui, c’est tranquille, cosy. En fait, j’ai un pied-à-terre à deux pas. J’y viens quelquefois pour des rendez-vous. Autrefois, j’habitais place des Vosges. Mais c’était loin du quartier des radios. Un matin, j’ai raté un rendez-vous avec Michel Drucker sur Europe 1 à cause des embouteillages. Du coup, j’ai décidé de me rapprocher, mais les radios n’invitent pratiquement plus de chanteurs en direct… » A quoi ça tient, le choix d’un lieu, parfois.
Pour l’ambiance, il faudra repasser. Plus tard, peut-être. Alors pourra-t-on goûter au charme « à la fois raffiné et branché du S’Bar » que vante le site Internet de ce ­5-étoiles. Il « vous accueille dans un décor intimiste, récite-t-il encore, sur fond de musique jazzy. Du mobilier dans des tonalités chaleureuses de brun avec de larges canapés (…) donnant lieu à une atmosphère magique ». Evidemment, comme il est 4 heures de l’après-midi ce jeudi-là, ce n’était pas tout à fait ça. Salvatore Adamo, qui venait d’en finir avec le photographe, buvait une eau de Badoit. Nous avons opté pour une San Pellegrino.
Discrétion et bonnes manières
On a tout dit de la voix de Salvatore Adamo. Rauque et douce à la fois, comme du papier de verre...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Après une pétition et des témoignages anonymes, l’établissement parisien prend la mesure du problème.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/03/2018
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L’Ecole des beaux-arts à l’épreuve du harcèlement

Après une pétition et des témoignages anonymes, l’établissement parisien prend la mesure du problème.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 14h46
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Il n’allait pas de soi, pour l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris (Ensba) d’accueillir une réunion du Collectif de lutte contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur (Clasches). Après l’onde de choc de l’affaire Weinstein, en octobre 2017, cinq longs mois auront été nécessaires pour que la direction de ce haut lieu d’enseignement artistique s’engage à faciliter les démarches des élèves victimes de comportement sexiste. Entre-temps, il aura fallu une séance « d’échanges et de dialogue » avec la ministre de la culture, Françoise Nyssen, sur le sujet en octobre 2017, et dans la foulée une pétition, lancée par des élèves, pour que l’école s’ouvre à cette question et qu’une réunion d’information de deux heures sur le harcèlement sexuel soit organisée vendredi 16 mars à l’attention des étudiants, des professeurs et des personnels.

Dans leur pétition, un petit groupe de cinq étudiants (trois filles et deux garçons) s’était fait lanceur d’alerte pour tenter de libérer la parole dans cet établissement bicentenaire qui compte 60 % de femmes parmi les 650 élèves, contre 30 % parmi les 60 professeurs. Evoquant « des mains sur la cuisse, des insultes sexistes, des élèves contraints d’éviter des professeurs, des humiliations, des remarques sur l’apparence, des présupposés sexistes sur la qualité du travail, etc. » et réclamant à la direction que « des mesures – avertissement, sensibilisation, structure d’écoute – soient prises », leur texte a réuni en quelques jours plus de 800 signatures.
« Six professeurs sont cités »
Parallèlement, les cinq étudiants ont créé un document en ligne pour que les victimes puissent témoigner anonymement. « Nous ne voulions pas être justiciers mais savoir, afin que les choses bougent », explique l’une des élèves à l’origine de la pétition. Ses initiateurs assurent avoir recueilli « plus d’une vingtaine de témoignages concernant des faits de harcèlement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Une somptueuse rétrospective au Grand Palais dévoile toute la palette de l’artiste, précurseur de l’abstraction et magicien de la couleur.
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Exposition : Kupka, peintre de tous les sens

Une somptueuse rétrospective au Grand Palais dévoile toute la palette de l’artiste, précurseur de l’abstraction et magicien de la couleur.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 10h13
    |

            Harry Bellet








                        



                                


                            

Jeune homme, Frantisek Kup­ka avait de fort belles fesses. On peut le constater en visitant l’exposition que lui consacre le Grand Palais : un dessin au fusain et à la craie le représente nu, vu de trois quarts dos, agenouillé devant un lac de montagne, la tête penchée vers l’eau. Il date de 1899 et est intitulé Méditation.
Plus que l’autoportrait de 1905 qui accueille le visiteur à l’entrée, où il se représente vu de face (il avait aussi de fort jolies moustaches), ce dessin révèle un Kupka méconnu : l’homme qui exposa pour la première fois au public un tableau abstrait (c’était à Paris, au Salon de 1912) était aussi un naturiste – il se promenait tout nu, en adorant le soleil dans son jardin de Puteaux, sans que ses voisins, les frères Villon, artistes comme lui, s’en offusquent –, et un mystique, marqué notamment par la théosophie.
Il faut en dire quelques mots : en 1875, Helena Petrovna Blavatsky fonde la Société théosophique, qui reprend à son compte une ancienne idée de Paracelse, relayée au XVIIIe siècle par Louis-Claude de Saint-Martin, un illuminé admirateur de Jacob Boe­hme, le cordonnier visionnaire.

Selon cette société, l’homme est un esprit tombé de l’ordre divin dans l’ordre naturel et qui tend à remonter à son premier état. ­Kup­ka mais aussi Kandinsky, Mondrian ou Doméla se passionnèrent pour ses théories, et notamment pour celles concernant l’aura qui environnerait les êtres humains, développées dans Les Formes-Pensées, publiées par ­Annie Besant à Londres en 1905.
Gardons cela à l’esprit en découvrant les premières salles de cette exposition, qui est sans doute la plus belle de l’année : né en 1871 à Opocno, en Bohême, Kupka a étudié à Prague, Vienne, Paris, et, comme nombre de ses compatriotes venus à cette époque d’Europe de l’Est, parlait, et écrivait, dans toutes les langues de ces pays : des savoirs qui font rêver aujourd’hui. Mais cela ne lui suffisait pas, lui qui s’estimait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde» propose aux lecteurs de « La Matinale » une liste de concerts, de festivals ou de clips.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 25/03/2018
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Du jazz à gogo et le retour de Christine and the Queens : nos choix musicaux

Chaque lundi, le service Culture du « Monde» propose aux lecteurs de « La Matinale » une liste de concerts, de festivals ou de clips.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 06h26
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 07h44
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
DEUX CONCERTS :
La saxophoniste Sophie Alour, au New Morning, le 27 mars

La saxophoniste Sophie Alour a consacré son récent album Time For Love (Music From Source/L’autre Distribution), sorti le 2 février, à un répertoire de ballades, essentiellement des standards devenus des classiques de la chanson jazz, dont I Loves You Porgy, des frères Gershwin, le sublime Skylark composé par Hoagy Carmichael et écrit par Johnny Mercer, Every Time We Say Goodbye de Cole Porter, Stars Fell on Alabama (musique Frank Perkins, texte de Mitchell Parish), I’m Old Fashioned (musique Jerome Kern, texte Johnny Mercer)…
Des ballades qui bénéficient de beaux arrangements pour un quintette à vents (flûte, hautbois, clarinette, basson, cor) écrits par François Théberge. Lequel quintette vient s’ajouter au quartette de la saxophoniste et quelques invités, selon les compositions. Pour le concert au New Morning, mardi 27 mars, c’est avec une grande partie des interprètes de l’album que l’on retrouvera Sophie Alour : le quintette à vents, Sylvain Romano (contrebasse) et André Ceccarelli (batterie) du quartette, Stéphane Belmondo au bugle, le pianiste Alain Jean-Marie, David El Malek au saxophone et le tromboniste Glenn Ferris. Sylvain Siclier
New Morning, 7-9, rue des Petites-Ecuries, Paris 10e. Mo Château-d’Eau. Mardi 27 mars, à 20 h 30. 27,50 €.
Le groupe Groov’Bones, au New Morning, le 3 avril

   


Amateurs de funk, de fusion jazz-rock (sans concours de vitesse) et de tout ce qui peut être mis musicalement sous le terme groove, ce groupe est pour vous. L’instrumentation pas si habituelle, qui met en jeu musical deux trombones, une guitare, une basse et une batterie, Groov’Bones, fondé fin 2014, attire déjà l’attention. Ses membres, des musiciens aux carrières bien établies, sollicités aussi bien par la variété, que les musiques dites du monde, des grands ensembles de jazz. Soit les trombonistes Thomas Henning et Stéphane Montigny, le guitariste Lucien Zerrad, le bassiste Thierry Fanfant et le batteur Latani Diouani. Un premier disque au nom du groupe vient d’être publié par Chris Music, tout en swing funky (Frenchy Funky Touch, Black Dress, Conquistador, Big Shot, Big Kaladja…) avec des teintes de blues (Bones Ballad), de reggae… Quelques invités y figurent, dont le pianiste Mario Canonge. Lequel album sera présenté au New Morning, à Paris, mardi 3 avril. Et sur scène, l’aisance décontractée et l’énergie joyeuse des cinq musiciens font mouche. S. Si.
New Morning, 7-9, rue des Petites-Ecuries, Paris 10e. Mo Château-d’Eau. Mardi 3 avril, à 21 heures. 18 €.
UN VIDÉO-CLIP : « Poor Boy », par Belle and Sebastian

Dans le film Fenêtre sur cour (Rear Window, 1954), Alfred Hitchcock présentait un photographe, interprété par James Stewart, qu’un accident avait contraint à rester à son domicile, dans un fauteuil roulant. Il fait chaud, la fenêtre du photographe donne sur une cour et l’arrière d’un autre immeuble. Par ennui, il observe ce qui se passe dans les appartements voisins. Et sera témoin d’un meurtre. Brian de Palma citera ce dispositif dans son film Body Double en 1984, avec une scène de tuerie horrifique.
L’idée, cette fois sans meurtre, de l’immeuble vu par un personnage, est reprise dans le superbe vidéo-clip de la chanson Poor Boy, du groupe Belle and Sebastian, réalisé par Oscar Sansom et Ciaran Lyons. Une jeune femme coupe des carottes, une autre joue du tuba, un homme lit un livre dans sa bibliothèque, un vieil homme soigne ses plantes… le tout vu par un adolescent, qui observe avec des jumelles et prend des notes. Petit à petit, des moments de vie des unes et des autres sont montrés. Des liens entre eux sont révélés. Sur une table un paquet mystérieux, des billets de banque. La chanson est l’une du troisième EP d’une série regroupée sous le nom How To Solve Our Human Problems (Matador Records), respectivement sortis en décembre 2017, janvier et février 2018. S. Si.
FESTIVAL : Chorus des Hauts-de-Seine, à La Seine musicale de Boulogne-Billancourt, du 3 au 8 avril

   


Lors de sa précédente édition, en 2017, le festival Chorus des Hauts-de-Seine avait été organisé entre l’esplanade de La Défense et La Seine musicale. Pour sa présente édition, du 3 au 8 avril, c’est dans les différentes salles et le parvis de la seule Seine musicale que la manifestation aura lieu. Du mardi 3 au vendredi 6 avril, ce sera accès libre pour les concerts sur le parvis, et notamment un démarrage électro et pop le 3 avec ALB et Jabberwocky, puis le 4 avec Dusk Totem et General Elektriks, le 5 les musiques de l’Afrique noire avec Fatoumata Diawara et Jupiter & Okwess et le 6 le tremplin des découvertes du festival à partir de 16 heures avant les concerts de Gunwood et Sandra Nkake. Pour les deux derniers jours, c’est l’ensemble du complexe musical qui accueille le festival, avec déplacement d’un lieu à l’autre. Samedi 7 avec Monterosso, Her, Danitas, Hyphen Hyphen, Ayo, Clément Bazin, Faada Freddy, Vitalic… et dimanche 8 avec Pascal Parisot, Lonepsi, L’Ordre du périph, Loud, PLK, Josman, Gael Faye, Supreme NTM… S. Si.
Chorus des Hauts-de Seine à La Seine musicale, sur l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Mo Pont-de-Sèvres. Accès libre du mardi 3 au vendredi 6 avril ; forfaits journées du samedi 7 ou du dimanche 8 avril, de 25 € à 30 € et forfait deux jours de 40 € à 50 €.
À RÉSERVER : Christine & The Queens, premières dates

   


1,3 million d’exemplaires vendus de son premier album, Chaleur humaine, sorti en 2014, des concerts et des couvertures de magazines (dont celle du Time) dans le monde entier… Héloïse Letissier, alias Christine and The Queens, est devenue LA figure majeure de la pop française contemporaine. C’est peu dire que son nouvel album est très attendu. Avant de donner plus de détails sur le contenu et la date de publication de celui-ci, la dame vient de mettre en vente les billets des premiers concerts de sa nouvelle tournée. Quatre sont annoncés sur une affiche, où Christine, en coupe garçonne, a rayé en vert une partie du nom de son « groupe », pour ne plus garder que le prénom « Chris » : le 27 octobre à Los Angeles (au Wiltern) ; le 31 à New York (au Brooklyn Steel), le 20 novembre à Londres (à l’Eventim Apollo) et le 18 décembre à Paris (à l’AccorHotels Arena). L’effet d’annonce a de la classe et dit tout de ses ambitions. Stéphane Davet
Christine and The Queens, à l’AccorHotels Arena, 8 boulevard de Bercy, Paris 12e. Le 18 décembre. De 43 € à 60 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Notre choix du soir. Du 8 janvier 1968 à la grande ­manifestation gaulliste du 30 mai, le film de Patrice Duhamel, nourris de nombreux témoignage, retrace avec soin le déroulement des faits (sur France 5 à 20 h 55).
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TV – « Mai 68, les coulisses de la révolte »

Notre choix du soir. Du 8 janvier 1968 à la grande ­manifestation gaulliste du 30 mai, le film de Patrice Duhamel, nourris de nombreux témoignage, retrace avec soin le déroulement des faits (sur France 5 à 20 h 55).



Le Monde
 |    25.03.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 21h48
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur France 5 à 20 h 55



A l’approche du cinquantième anniversaire de Mai 68, ­plusieurs documentaires consacrés à ces événements qui, d’émeutes ­urbaines en grève générale, ont bousculé la France, sont attendus sur les écrans. Premier à ouvrir le bal, le documentaire, un brin ­didactique mais riche en témoignages passionnants, signé Patrice Duhamel et réalisé par Emmanuel Amara.
Du début de la révolte étudiante le 8 janvier 1968 à la grande ­manifestation gaulliste du 30 mai sur les Champs-Elysées, le film retrace avec soin le déroulement des faits. Les images d’archives ­sélectionnées rappellent la violence de certains affrontements, le décalage entre le pouvoir gaulliste et la jeunesse, le chaos régnant non seulement dans les rues du Quartier latin, mais aussi dans les sphères du pouvoir.
Ainsi, l’affrontement entre le saint-cyrien de Gaulle et son ­normalien de premier ministre, Georges Pompidou, est un moment fort. Le Général ne comprend pas que de jeunes excités occupent la Sorbonne et veut rétablir l’ordre, par la force si nécessaire. Pompidou est sur une ligne plus conciliante, son premier souhait étant d’éviter le pire, à savoir des morts. Il aura finalement gain de cause. Mais à plusieurs reprises, et c’est un des aspects les plus intéressants souligné par le documentaire, la situation aurait pu basculer du mauvais côté. « On a eu la chance d’avoir Maurice ­Grimaud comme préfet de police. Rappelez-vous que son prédécesseur s’appelait Maurice Papon ! », résume l’un des intervenants.

   


De fait, Maurice Grimaud, adepte du dialogue avec les étudiants mais également conscient des limites de ses troupes en matière de maintien de l’ordre, semble avoir joué un rôle apaisant dans les moments les plus chauds. L’une des archives le voit devant la fontaine Saint-Michel, en bas du boulevard du même nom, énoncer d’un ton posé : « Je trouve absolument normal que les étudiants manifestent ! Ce qu’il ne faut pas, c’est qu’il y ait de la violence. » Le bain de sang a été évité, parfois de peu. L’intérêt des témoignages recueillis fait la richesse de ce programme.
On retrouve, entre autres, Daniel Cohn-Bendit, Romain Goupil, Roland Castro, Valéry Giscard d’Estaing, Edouard Balladur. Mais aussi, plus surprenant, Yves de Gaulle, l’un des petits-fils du général, Alain Pompidou, fils de l’ancien président (premier ministre en mai 1968), ou Lorraine Fouchet, fille du ministre de l’intérieur de l’époque. « Vous voulez quoi ? », demande dans l’intimité Charles de Gaulle à Yves, l’un de ses petits-fils. « Vivre plus ! », répond ce dernier. « Ça veut dire quoi ? », rétorque le Général.
Autres témoignages intéressants : ceux des journalistes d’Europe 1 et de RTL, stations « périphériques » qui firent vivre en direct les émeutes à la France entière et tinrent, de fait, un rôle primordial lors de ces journées. Pour de Gaulle, la radio était un objet régalien, au même titre que la télévision. La liberté de ton, la mise en sons, la dramaturgie choisie par les reporters d’Europe 1 et de RTL sur le terrain, parfois leurs rapprochements avec les étudiants ne furent pas appréciés par l’Elysée. « La radio devait être la voix de la France », rappelle le journaliste Philippe Alexandre. Raté. En mai 1968, le média radio s’offrit quelques libertés avec le pouvoir. D’autant plus inquiétant pour de Gaulle que, comme le rappelle un témoin : « Tout le monde, dans les appartements comme dans les rues, avait l’oreille collée au transistor ! »
Mai 68, les coulisses de la révolte, de Patrice Duhamel et Emmanuel Amara (France, 2018, 90 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ A voir aussi ce soir. Patrick Jeudy retrace la vie (dissolue) de l’actrice, dont l’opulente poitrine a ému Hollywood (sur Arte à 22 h 50).
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TV – « Jayne Mansfield, la tragédie d’une blonde »

A voir aussi ce soir. Patrick Jeudy retrace la vie (dissolue) de l’actrice, dont l’opulente poitrine a ému Hollywood (sur Arte à 22 h 50).



Le Monde
 |    25.03.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Arte à 22 h 50



Elle était l’une de ces créa­tures aux courbes vo­luptueuses, une « busty blonde » (« blonde à gros seins »), telle que les producteurs de ­cinéma la voyaient, elle et quelques autres starlettes au corsage abondamment garni. Jayne Mansfield (1933-1967), qui s’appelait Vera Palmer avant son premier mariage, rêvait d’être une nouvelle Shirley Temple. Mais, après une décoloration radicale en blonde platine, elle devint une sorte d’ersatz de Marilyn Monroe, dont elle copiait les mines mutines, les petits cris aigus. Au rayon des mensurations, en revanche, elle battait le record.
Marilyn de substitution
L’actrice, rappelle Patrick Jeudy dans son documentaire, comprit vite à quel point ses 101 cm de tour de poitrine allaient la servir. Elle se fit photographier volontiers en contre-plongée, orchestra des « accidents de garde-robe » et fut « la première vedette du ­cinéma d’une telle notoriété » à se montrer nue à l’écran pour relancer l’attention du public masculin et empocher les revenus nécessaires à son train de vie dispendieux. Mais, à son plus haut, Jayne Mansfield ne fit que des films secon­daires et ne connut que quelques ­années de succès, quand elle finit par être la remplaçante d’une ­Marilyn Monroe que les studios ne voulaient plus engager en raison de son ­imprévisibilité. ­Mansfield avait fini par se substituer à celle dont la presse disait pourtant qu’elle n’était que « la doublure d’une imitation »…

   


Victime d’un système machiste ? Mansfield prouva plutôt le contraire par une crâne obstination à faire ce qu’elle voulait. Les studios lui déconseillaient de se marier ? Elle épousa un Tarzan en la personne d’un ancien culturiste dont elle appréciait les pectoraux. On désapprouvait ses grossesses ? Elle fit cinq enfants, de trois pères différents, et afficha une vie dissolue, qui le fut plus encore quand elle versa dans l’alcool et le LSD.
La fin de carrière de Mansfield fut un peu misérable : empâtée, à la dérive, l’actrice, sans réelle ­filmographie, continuait de fasciner la clientèle masculine des ­night-clubs miteux où elle se produisait avant de rentrer mettre au lit sa progéniture. C’est au retour d’une de ces soirées que l’automobile de l’actrice percuta un ­camion et lui fit perdre la vie.
Jayne Mansfield, la tragédie d’une blonde, de Patrick Jeudy (Fr., 2014, 50 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Cette rencontre entre le pitch de « Prison Break » et le style de « Uncharted » est uniquement jouable en coopération. Une ode maladroite mais plaisante à la fraternité.
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Jeu vidéo : « A Way Out », ou le plaisir de changer une ampoule à deux

Cette rencontre entre le pitch de « Prison Break » et le style de « Uncharted » est uniquement jouable en coopération. Une ode maladroite mais plaisante à la fraternité.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 21h47
    |

            William Audureau








                        



   


Il y a des œuvres qui fédèrent, d’autres qui divisent, et certaines, plus rares, qui invitent à se demander s’il est plus intéressant de changer une ampoule seul ou à deux. La production des suédois de Hazelight appartient aux trois catégories à la fois.
Dans ce jeu d’action-aventure, sorti vendredi 23 mars sur PC, PlayStation 4 et Xbox One, les deux joueurs – car on ne peut pas jouer seul – incarnent Vincent, quadra plein de sang-froid, et Leo, braqueur sanguin, tous deux incarcérés après s’être fait piéger par le même homme.
Leur évasion sera tout autant une histoire de vengeance que de rédemption, un jeu sur l’évasion que sur la construction d’une famille. Leo l’orphelin donnerait tout pour retrouver son fils de 5 ans ; Vincent a abandonné sa femme enceinte pour poursuivre l’assassin de son frère.

Une thématique pas tout à fait gratuite pour son réalisateur d’origine libanaise, Josef Fares, exilé avec son frère en Suède à ses dix ans et qui a déjà évoqué à plusieurs reprises le thème dans ses films. « A Way Out [une porte de sortie], c’est un titre qui peut aussi bien parler de prison que de la vie en général », prévenait-il en juin dernier, interrogé par Pixels.

        Relire :
         

          « A Way Out », sensation de l’E3 2017



Un jeu d’action sur la famille et la fraternité
Comme le touchant Brothers : A Tale of Two Sons, son précédent jeu, A Way Out met en scène deux personnages. Comme lui, il raccroche tous les enjeux à leur capacité à s’entraider. Comme lui, il thématise l’idée que seul, on n’est jamais complet. L’épopée initiatique légère et poétique d’alors a laissé place ici à de l’action « testostéronée », des visages burinés et une ambiance de film des années 1980, mais l’écriture reste subtilement autobiographique.
L’un des deux héros, Leo, est incarné par Fares Fares, le frère du réalisateur, et derrière son caractère impulsif, c’est celui de Josef Fares lui-même que l’on devine. Les Fares aiment être réunis, et le jeu est un hommage communicatif à la fraternité au sens large. Communiquer, s’aider, faire diversion, rejoindre, mais aussi défier, taquiner, battre, ou trahir : le jeu repose entièrement sur une grammaire du compagnonnage, l’art d’être deux dans la fuite.

   


Qu’il s’agisse d’escalader un conduit vertical en s’appuyant dos contre dos, de faire le guet pendant que son accolyte démonte un toilette, ou de piloter un pick-up tandis que son binôme est, arme au poing, sur le toit, de nombreux passages sont conçus pour que, depuis leur canapé (ou en ligne), les deux joueurs ne puissent progresser sans parler ensemble. C’est la réussite d’A Way Out : ses moments forts sont des moments de partage.

        Moment nostalgie :
         

          Souvenirs de jeux en coop



Innovations formelles et déjà-vu
Malheureusement, le fait de jouer à deux ne suffit pas toujours à relever une aventure souvent plan-plan. Par exemple, dans la dernière partie de l’aventure, les deux acolytes se retrouvent chacun en moto, poursuivis à travers la jungle mexicaine par un convoi armé, et le plus dur n’est pas de survivre, mais de compter dans combien de dizaines de jeux la même scène se retrouve déjà à l’identique.
Souvent A Way Out donne l’impression étrange et diffuse de s’être trompé de décennie. Dans son registre très rentre-dedans, ses références appuyées à la série télé Prison Break comme aux jeux Uncharted pour son format, Army of Two pour la « coop » ou encore Heavy Rain, pour la surcouche de sentimentalisme, sans même parler de sa réalisation technique datée, la production des suédois de Hazelight Studios semble relier directement 2018 aux années PlayStation 3.
Il s’en distingue toutefois par une idée formelle emballante : le jeu reprend la classique division du téléviseur en deux écrans, mais en laissant la ligne de démarcation voguer selon les scènes, renouvelant régulièrement les cadrages et dynamisant la mise en scène.

   


Si l’astuce est sous-exploitée la plupart du temps, elle accouche tout de même de quelques séquences notables, comme une scène de fusillade à trois fenêtres simultanées, façon Nouvelle vague, ou un habile plan-séquence de plusieurs minutes papillonnant d’un héros à l’autre via les cursives d’un hôpital, relevé d’un hommage au célèbre plan de coupe de Old Boy, de Park Chan-wook. Mais là encore, à plusieurs reprises, par des dialogues prévisibles ou des enchaînements narratifs incohérents, A Way Out donne l’impression d’une écriture pas totalement maîtrisée.
Activités triviales
Difficile de s’expliquer certains échanges incongrus. Ainsi, lorsque l’impétueux Leo se moque de deux techniciens syndiqués en train de changer une ampoule. « Vous avez vraiment besoin d’être deux pour ça ? », s’esclaffe le héros. « Oui, c’est l’avantage quand on est syndiqués », répond l’un des deux avec désinvolture.
Drôle de séquence, où l’on pourra voir, au choix, une saillie gratuite d’un créateur contre la syndicalisation (alors même que le mécontentement social monte dans l’industrie) ; ou bien une mise en abyme taquine du principe même du jeu, interdit à un joueur sans binôme. Fût-ce pour jouer aux fléchettes, porter du linge ou manger à la cantine, autant d’activités triviales de l’aventure qui valent bien un changement d’ampoule.

   


Finalement, au bout de six petites heures de jeu, on ressort d’A Way Out l’esprit partagé, entre l’impression d’avoir passé sa soirée sur une production bis, et d’inévitables bons souvenirs de partie avec son ou sa partenaire de canapé. Et surtout, cette conviction nouvelle qu’à bien y réfléchir, changer une ampoule, ce ne peut être que plus drôle à deux.
En bref
On a aimé
Le rythme très efficaceLe mélange entre scènes d’action et séquences intimistesQuelques très bonnes idées de mise en scèneUn jeu en coop ne peut pas être foncièrement mauvais
On n’a pas aimé
Un fort sentiment de déjà-vuRéalisation technique datéeFaire la courte-échelle pour enjamber un plot
C’est plutôt pour vous si…
Vous avez un second joueur sous la mainVous aimeriez jouer à un Uncharted light à deuxLa manière dont on peut innover avec des jeux de caméra vous intéresseVous aimez changer les ampoules en couple
Ce n’est pas pour vous si…
Vous n’avez ni seconde manette ni abonnement en ligneVous n’êtes pas venu là pour revenir en 2007, ok ?Vous avez une aversion pour les jeux linéaires
La note de pixels :  4/10 × 2 = 8/10



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Il a développé le concept millénaire « tianxia », qui voit le monde comme un tout, supprimant toute idée d’étranger ou d’ennemi. Une théorie politique perçue par certains comme un levier du nationalisme chinois.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Zhao Tingyang, philosophe de l’utopie inclusive

Il a développé le concept millénaire « tianxia », qui voit le monde comme un tout, supprimant toute idée d’étranger ou d’ennemi. Une théorie politique perçue par certains comme un levier du nationalisme chinois.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 21h44
    |

            Frédéric Lemaître








                        



                                


                            

De passage à Paris, mi-mars, Zhao Tingyang est formel : sa philosophie n’a « rien à voir » avec la politique chinoise actuelle. « En fait, je n’ai aucun lien avec le pouvoir. Je suis un rat de bibliothèque qui a inventé une théorie de la philosophie politique », confie-t-il, quelques heures avant de retrouver, à Sciences Po, l’un de ses interlocuteurs occidentaux privilégiés : le philosophe Régis Debray.
De fait, ­considérer comme un porte-parole officieux du Parti communiste chinois cet élégant intellectuel, dont seuls quelques poils de barbe blancs laissent deviner la soixantaine proche, constituerait une erreur. Mais, reconnaissons-le, la tentation est grande, tant sa pensée semble offrir le cadre conceptuel idéal au « rêve chinois » du président Xi Jinping. Début février, le Washington Post a d’ailleurs présenté « Tianxia », sa philosophie, comme l’exact ­contraire de l’« America first » de Donald Trump.
Tianxia signifie « tout ce qui existe sous le ciel ». C’est un système inclusif qui tente de penser le monde comme un tout, supprimant même l’idée d’étranger ou d’ennemi. Comme l’écrit Zhao Tingyang dans la longue préface de l’édition française de son ouvrage, Tianxia, tout sous un même ciel (Cerf, 336 p., 22 euros) :
« Qu’il s’agisse de conflits entre les chrétiens et les païens, (…) de l’hypothèse de la jungle de Hobbes, de la théorie de la lutte des classes de Marx, des théories de politique internationale fondées sur les Etats-nations ou du choc des civilisations de Huntington, toutes ces luttes sont étroitement liées au concept d’antagonismes politiques entre ennemis et amis. Contrairement à tout cela, le concept de Tianxia pose comme ­hypothèse qu’il existe nécessairement des méthodes qui permettraient d’incorporer n’importe quel Autre dans l’ordre de la coexistence et que même si un tel Autre refusait catégoriquement d’entrer dans le système Tianxia, il existerait...




                        

                        

