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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ La détérioration systémique des sols met en péril la sécurité alimentaire, le climat et la stabilité des sociétés, alertent une centaine d’experts de 45 pays.
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La dégradation des terres a atteint un stade critique

La détérioration systémique des sols met en péril la sécurité alimentaire, le climat et la stabilité des sociétés, alertent une centaine d’experts de 45 pays.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 15h42
    |

                            Sylvie Burnouf








                        



   


C’est un signal d’alarme que lancent les experts de la biodiversité : l’activité humaine est à l’origine d’une détérioration massive – et lourde de conséquences – des terres à l’échelle planétaire. Les terres, ce sont les sols, mais aussi ce qui les recouvre : les forêts, les prairies ou encore les zones humides.
Leur constat découle d’un travail de longue haleine : pendant trois ans, une centaine d’experts de 45 pays ont décortiqué et analysé plus de 3 000 références sur la dégradation et la restauration des terres – des publications scientifiques, mais aussi des données provenant de sources gouvernementales et de savoirs indigènes et locaux. Leurs observations, qui constituent la première étude mondiale sur l’état des sols, ont été regroupées dans un rapport d’un millier de pages approuvé lors de la 6e session plénière de la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), qui s’est déroulée du 17 au 24 mars à Medellin (Colombie).
La plate-forme, souvent qualifiée de « GIEC de la biodiversité », en référence au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, a été créée en 2012 sous la tutelle des Nations unies et rassemble actuellement 129 Etats membres. Elle a pour vocation d’éclairer les gouvernements et l’opinion publique sur les enjeux liés aux changements de la biodiversité, et réalise pour cela une synthèse régulière des connaissances scientifiques.

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En l’occurrence, les experts alertent sur une situation plus qu’alarmante : nous faisons face à un phénomène systémique et généralisé de dégradation des terres, qui touche l’ensemble des surfaces terrestres de la planète. L’exemple des zones humides est peut-être le plus parlant : plus de la moitié a disparu depuis le début du XXe siècle. Selon les estimations de l’IPBES, si moins d’un quart des étendues terrestres échappent encore, aujourd’hui, aux effets substantiels de l’activité humaine, cette part tombera à 10 % en 2050. Il s’agira, pour l’essentiel, de zones non adaptées à une exploitation humaine (déserts, régions montagneuses, toundra et territoires polaires).
Mettre en place des mesures visant à réduire – voire à éviter – la dégradation des terres, et à restaurer celles d’ores et déjà dégradées, constitue pour les experts une « priorité d’urgence » pour protéger la biodiversité et les services écosystémiques, vitaux pour la vie sur Terre.
Sixième extinction de masse
Car les retombées négatives sont déjà visibles et multiples : la détérioration des terres constitue la première cause de disparition des espèces animales et végétales, contribuant de fait à la sixième extinction de masse. Elle participe également à l’exacerbation du changement climatique, en raison notamment de la déforestation et de la diminution de la capacité de stockage de carbone des sols. De plus, les terres dégradées concourent à l’altération de la sécurité alimentaire et de la santé des êtres humains, affectant le bien-être de plus de 3,2 milliards d’hommes et de femmes. Les experts entrevoient de surcroît des répercussions lourdes en termes de migrations et de conflits au sein des populations touchées.
Qui faut-il blâmer pour ces faits alarmants ? La consommation effrénée de la plupart des pays développés, assortie de celle, en hausse, des pays en développement, estime l’IPBES. Le tout dans un contexte d’augmentation de la population mondiale. L’expansion de l’agriculture est de fait visée – « notamment dans ses formes les plus intensives », souligne Florent Kohler, qui a participé à l’élaboration du rapport et de son résumé. L’anthropologue pointe la « part de plus en plus insoutenable des cultures fourragères », notamment celles du maïs et du soja. Mais d’autres facteurs ont également leur part de responsabilité, comme l’exploitation forestière, l’extraction minière et pétrolière, ou encore l’urbanisation excessive et incontrôlée.

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« Il faut une prise de conscience massive pour que les terres – et plus spécifiquement les sols – soient enfin considérées à leur juste valeur, et non plus comme un simple substrat sur lequel on bâtit, on cultive, ou dans lequel on creuse pour extraire des matières premières, estime Hélène Soubelet, directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, qui fait partie de la délégation française. Nos terres (…) représentent un bien commun extrêmement précieux et l’avenir de l’humanité dépend de leur protection. »
« Il faut que, collectivement, nous construisions une société plus sobre… mais pas seulement du fait d’une certaine élite : il faut que ce soit un mouvement global de nos concitoyens », ajoute-t-elle, recommandant pour cela la mise en place de mesures simples, favorisant la transition. « Il existe déjà des solutions et il suffirait de les mettre en œuvre pour que la situation s’améliore », note-t-elle, citant pour exemple les pratiques agrgo-écologiques (qui préconisent l’arrêt des pesticides et des labours profonds), l’incorporation, dans le prix des aliments, du coût écologique de leur production, l’intégration de la valeur des sols dans la planification urbaine, ainsi que le développement d’une économie circulaire.
Réduire le gaspillage alimentaire
D’autres leviers d’action ont également été mis en avant dans le rapport de l’IPBES, comme le recours à une alimentation moins carnée et la réduction du gaspillage alimentaire.
Par ailleurs, les experts estiment que les bénéfices économiques que l’humanité tirera de la protection et de la restauration des terres seront dix fois supérieurs aux coûts investis. Mais les bénéfices attendus ne sont pas uniquement d’ordre monétaire, ils « touchent également à l’humanité elle-même, à ses conditions d’existence, à l’épanouissement des individus », insiste Florent Kohler.
Attaché aux dimensions éthiques qu’englobent les questions environnementales, l’anthropologue se réjouit de l’intégration, dans le rapport, du concept de solidarité écologique, qui pose pour principe que les hommes sont solidaires entre eux, avec les générations futures, mais aussi avec les écosystèmes dont ils font partie. Cela implique de prendre pleinement conscience de l’impact de la consommation sur les ressources planétaires.
Sauvegardées, ces terres pourraient garantir une absorption et un stockage non négligeable du carbone atmosphérique, et contribuer à maintenir le réchauffement climatique sous la barre des deux degrés, tel que défini dans l’accord de Paris sur le climat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Cette sociologue de l’Institut national de la recherche agronomique défend l’élevage à l’ancienne et l’abattage à la ferme. Le 19 mars, elle a cosigné dans « Libération » une tribune contre la « propagande végane ».
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Jocelyne Porcher, la meilleure ennemie des militants végans


                      Cette sociologue de l’Institut national de la recherche agronomique défend l’élevage à l’ancienne et l’abattage à la ferme. Le 19 mars, elle a cosigné dans « Libération » une tribune contre la « propagande végane ».



Le Monde
 |    26.03.2018 à 14h40
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 14h42
    |

                            Zineb Dryef







La sociologue s’insurge contre le véganisme qui met en péril l’activité d’élevage traditionnel et profite à l’industrie des produits de substitution à la viande. Elle s’est justifiée dans « Libération » le 19 mars.

   


Une ex-éleveuse heureuse
Jocelyne Porcher a commencé sa carrière comme secrétaire dans une grande entreprise parisienne. Mais, à 25 ans, elle quitte tout pour élever des brebis, une parenthèse enchantée. Plus tard, elle découvre la violence de l’élevage industriel dans une porcherie industrielle bretonne où elle travaille un temps. Après avoir obtenu un diplôme d’ingénieure agricole, elle se consacre à la recherche et s’intéresse aux relations entre éleveurs et animaux.
Une militante fervente
À l’automne 2015, elle cofonde le collectif Quand l’abattoir vient à la ferme avec Stéphane Dinard, éleveur en Dordogne. Il s’agit d’offrir aux petits éleveurs qui refusent que leurs animaux finissent à l’abattoir la possibilité de tuer leurs bêtes à la ferme, soit en construisant une salle d’abattage, soit en utilisant un abattoir mobile. « Respecter les animaux n’est pas antinomique avec le fait d’accepter leur mort. »

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                Et si on abattait les animaux à la ferme ?



Une voix discordante
Dans une tribune parue dans Libération, Jocelyne Porcher dénonce « le mauvais coup que porte le véganisme à notre mode de vie, à l’agriculture, à nos relations aux animaux et même aux courants végétariens traditionnels ». Pour elle, les végans « ne sont pas des révolutionnaires mais les idiots utiles du capitalisme ». Car, en remplaçant la viande par des produits transformés, le véganisme nous placerait encore plus entre les mains des industriels.
La bête noire des végans
Parce qu’elle s’oppose aux discours et aux méthodes de ceux qui luttent pour l’abolition de l’élevage et des abattoirs – dont l’association L214 –, Jocelyne Porcher est devenue une des meilleures ennemies des militants végans. « Je reçois beaucoup de mails dans lesquels on me traite de personne sans cœur, sans compassion. Mais mon moteur, ce n’est pas la compassion, c’est le respect des animaux. »

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                L214, les croisés de la cause animale



 



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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Editorial. Cinq rapports récents dressent un état des lieux alarmant de la biodiversité sur la planète. Face à ce constat, une action urgente des responsables politiques est nécessaire.
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Biodiversité : l’urgence du politique

Editorial. Cinq rapports récents dressent un état des lieux alarmant de la biodiversité sur la planète. Face à ce constat, une action urgente des responsables politiques est nécessaire.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 18h42
   





                        


Editorial du « Monde ». Alors que le climat est devenu un enjeu politique dont plus personne – hormis l’administration américaine, Donald Trump en tête – ne remet en cause l’importance, la question de la biodiversité demeure un point aveugle du débat public. Cette cécité est dangereuse. En effet, les cinq rapports d’experts, qui viennent d’être publiés par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), dressent le plus vaste panorama publié à ce jour sur l’érosion du vivant à la surface de la planète. Cet état des lieux est alarmant et appelle une réponse urgente.

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                Les oiseaux disparaissent des campagnes françaises à une « vitesse vertigineuse »



Selon l’IPBES – l’équivalent, pour la biodiversité, du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) – l’érosion de la qualité des sols et le déclin rapide des formes de vie sont de graves menaces pour le bien-être des hommes et la stabilité des sociétés. Car outre sa valeur intrinsèque et inestimable, la nature prodigue aux humains des services indispensables au fonctionnement de nos économies et, surtout, nécessaires au maintien de la vie. Pollinisation des cultures, disponibilité en eau douce, fertilité des terres arables, protection contre les inondations et les précipitations extrêmes, productivité biologique des océans… La biodiversité est « au cœur non seulement de notre survie, mais aussi de nos cultures, de nos identités et de notre joie de vivre », souligne l’IPBES.
Sur la question climatique, l’action est entravée par le caractère mondial du problème – une molécule de dioxyde de carbone aura le même effet sur le climat, qu’elle soit chinoise ou américaine. Mais sur le front de la biodiversité, la vacance du politique est d’autant plus incompréhensible que les solutions relèvent généralement de mesures simples que les gouvernements peuvent prendre localement, indépendamment les uns des autres.
Une cause majeure : le modèle agricole
En Europe, selon l’IPBES, la cause majeure du déclin de la biodiversité est le modèle agricole dominant et son cortège d’éléments chimiques (insecticides, herbicides, engrais de synthèse, etc.). En Amérique aussi, les immenses monocultures de soja et de maïs sont les principaux facteurs de destruction de la diversité du vivant, ajoutent les experts du « GIEC de la biodiversité ». Mardi 20 mars, le CNRS et le Muséum national d’histoire naturelle ont d’ailleurs conjointement, eux aussi, rendu publics des chiffres accablants sur la disparition des populations d’oiseaux dans les campagnes françaises, attribuant ce déclin – 30 % en l’espace de seulement quinze ans – à l’intensification de notre agriculture.
De tels chiffres, tout comme ceux établis par l’IPBES, imposent une action urgente, sans demi-mesures. La disparition des oiseaux n’est que la part visible d’une dégradation profonde de la qualité des écosystèmes terrestres, dont le déclin des insectes (près de 80 % en Europe, au cours des trois dernières décennies !) est un autre signe alarmant. La mort, il y a quelques jours, du dernier représentant mâle du rhinocéros blanc du Nord est un autre symbole de la capacité humaine à anéantir une espèce.
Jusqu’à présent, la biodiversité a été considérée comme une question annexe, traitée avec désinvolture par les responsables gouvernementaux et politiques. Il est plus que temps de remettre la préservation du vivant, au sens le plus large du terme, au cœur de la politique. Il n’est pas exagéré de dire que c’est, à plus ou moins longue échéance, une question de survie.
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            data-slide-description="Un phragmite aquatique (« Acrocephalus paludicola »). En zones agricoles, les populations d’oiseaux ont perdu en moyenne un tiers de leurs effectifs en quinze ans, selon les relevés conduits depuis 1989 par le « Suivi temporel des oiseaux communs » (STOC), qui, au sein du Muséum, surveille aussi la situation dans les villes et les forêts."
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            data-slide-description="Une rémiz penduline (« Remiz pendulinus ») construisant son nid.  Grosses ou petites, migratrices ou pas, toutes les espèces sont concernées, probablement du fait de l’effondrement des populations d’insectes, car même les volatiles granivores ont besoin d’insectes à un moment dans l’année, pour leurs poussins."
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            data-slide-description="Un couple de martins-pêcheurs d'Europe (« Alcedo atthis »). En zones agricoles, des espèces comme l’alouette des champs, la fauvette grisette ou le bruant ortolan ont perdu en moyenne un individu sur trois en quinze ans."
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            data-slide-description="Une macreuse brune mâle (« Melanitta fusca »)."
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            data-slide-description="Une fauvette pitchou (« Sylvia undata »)."
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            data-slide-description="Une marouette poussin (« Porzana parva »)."
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            data-slide-description="Des glaréoles à collier (« Glareola pratincola »). « Les populations d’oiseaux s’effondrent littéralement dans les plaines céréalières », constate Vincent Bretagnolle, écologue au Centre d’études biologiques de Chizé. « Ce qui est alarmant, c’est que tous les oiseaux du milieu agricole régressent à la même vitesse. Cela signifie que c’est la qualité globale de l’écosystème agricole qui se détériore. »"
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            data-slide-description="Un couple de harles huppés (« Mergus serrator »)."
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            data-slide-description="Un butor étoilé (« Botaurus stellaris ») dans une roselière."
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            data-slide-description="Un chardonneret élégant (« Carduelis carduelis »)."
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Un phragmite aquatique (« Acrocephalus paludicola »). En zones agricoles, les populations d’oiseaux ont perdu en moyenne un tiers de leurs effectifs en quinze ans, selon les relevés conduits depuis 1989 par le « Suivi temporel des oiseaux communs » (STOC), qui, au sein du Muséum, surveille aussi la situation dans les villes et les forêts.

Minden Pictures / Cisca Castelijns / NiS / Biosphoto
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ La monoculture du soja ravage des contrées entières au Brésil, en Argentine et au Paraguay, détruisant dans son expansion la vie des populations autochtones et des écosystèmes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/03/2018
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La déforestation de l’Amérique du Sud nourrit les élevages européens

La monoculture du soja ravage des contrées entières au Brésil, en Argentine et au Paraguay, détruisant dans son expansion la vie des populations autochtones et des écosystèmes.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 15h48
    |

            Martine Valo








                        



                                


                            

Ni les images des immenses terres dénudées et fumantes, ni la démesure des millions d’hectares convertis à la culture du soja et à l’élevage ne peuvent à elles seules rendre compte de la dévastation qu’engendre la propagation de l’agriculture industrielle en Amérique du Sud. Des membres de l’ONG Mighty Earth s’y sont donc rendus, parcourant plus de 4 000 kilomètres pour prendre la mesure de la déforestation et de la destruction des écosystèmes en cours dans le Gran Chaco, pour y entendre les habitants aussi.
Dans cette vaste région qui s’étend au nord de l’Argentine, à l’ouest du Paraguay et au Sud de la Bolivie, ils ont recueilli le témoignage des populations autochtones chassées de leurs forêts autrefois impénétrables où vivaient tatous, jaguars et fourmiliers géants. Ils ont pris le temps d’écouter les riverains régulièrement aspergés de glyphosate – l’herbicide largué par avion au-dessus des parcelles géantes de soja génétiquement modifié –, contaminant l’eau et les villages. Catalina Cendra, par exemple : « Je ne pense pas que le soja soit un aliment. Pour moi, c’est une maladie, leur a assuré cette agricultrice du Chaco. La nourriture saine, c’est celle du temps de mes ancêtres : les patates douces, le yucca, les citrouilles. Le soja, c’est pour les gros capitaux, pas pour nous. Ils viennent, ils sèment, ils empoisonnent, ils récoltent et ils s’en vont… »
Mardi 27 mars, Mighty Earth, qui a travaillé avec le soutien de la Fondation Rainforest de Norvège et Fern, une ONG européenne spécialisée dans la protection des forêts, devait rendre publique son enquête, en compagnie de France nature environnement (FNE) et de Sherpa. Elles profitent de l’occasion pour interpeller directement une vingtaine d’entreprises françaises du secteur de la viande sur la présence éventuelle de « soja sale » dans leurs chaînes d’approvisionnement et sur leurs responsabilités légales vis-à-vis des dommages humains et environnementaux que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Le premier salon du survivalisme se tient pour la première fois en France jusqu’à dimanche, au Paris Event Center de La Villette.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Le pays pourrait écouler 180 000 tonnes d’huile d’olive sur la saison 2017-2018. Le troisième exportateur mondial du précieux jus mise sur un prix moins élévé que la concurrence et joue désormais la carte du bio.
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La Tunisie veut mieux valoriser son huile d’olive

Le pays pourrait écouler 180 000 tonnes d’huile d’olive sur la saison 2017-2018. Le troisième exportateur mondial du précieux jus mise sur un prix moins élévé que la concurrence et joue désormais la carte du bio.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 09h40
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Chronique. Quel est le point commun entre le lablabi, la chakchouka et la salade méchouia ? Ce sont des spécialités culinaires tunisiennes, direz-vous sans hésiter. Avec raison. Mieux encore, ces plats nécessitent une bonne rasade d’huile d’olive. Et pour cause. La délicieuse cuisine du pays du jasmin et de la harissa ne peut guère se passer de cet ingrédient précieux. Mais le bon coup de fourchette de la population et des touristes ne suffit pas à tarir la source. Il est vrai que l’arbre aux feuilles argentées prend ses aises sur 1,8 million d’hectares. De quoi positionner la Tunisie comme troisième exportateur mondial d’huile d’olive cette année, derrière l’Espagne et l’Italie.
Selon les chiffres du Conseil oléicole international, la Tunisie pourrait en écouler 180 000 tonnes sur la saison 2017-2018. Oubliée la récolte maigrelette de l’année précédente, quand le flux avait été réduit de moitié. Dame Nature avait aussi frappé durement l’Italie, faisant flamber le prix du jus pressé en Toscane, en Ombrie ou dans les Pouilles. Cette année, si l’Italie et la Tunisie ont fait tourner les moulins à plein régime, la potion est plus amère pour l’Espagne. Même si le pays de Don Quichotte reste le premier producteur mondial avec 1,09 million de tonnes, le niveau des citernes a baissé de 15 %.

Une culture capricieuse
L’olivier est une culture capricieuse. Les fortes variations de niveau d’une année sur l’autre ont contribué au jeu des vases communicants entre les pays. L’huile suinte d’une frontière à l’autre et ne coule pas toujours de source sûre. En France, Puget, la marque la plus connue, s’abreuve essentiellement en Espagne. Il est vrai que la production hexagonale ne représente qu’une goutte de la collecte mondiale. Soit 2 800 tonnes estimées pour 2018. La rareté des oliveraies en France dope les prix. Les AOP – Corse, Nyons, vallée des Baux-de-Provence ou Aix-en-Provence – se négocient à près de 20 euros le litre....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Dérèglement climatique, hausse démographique et course aux ressources menacent le continent, où les populations dépendent encore fortement de la nature.
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Synthèse

La biodiversité africaine, patrimoine sous pressions

Dérèglement climatique, hausse démographique et course aux ressources menacent le continent, où les populations dépendent encore fortement de la nature.

Laurence Caramel
    



LE MONDE
              datetime="2018-03-23T17:32:05+01:00"

        Le 23.03.2018 à 17h32






    
Des zèbres dans la savane namibienne.
Crédits : Galyna Andrushko/Shutterstock.com


« L’appauvrissement de la biodiversité en Afrique se répercute de plus en plus sur la vie quotidienne des populations et nuit au développement socio-économique » : le diagnostic établi par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) et rendu public vendredi 23 mars à Medellin, en Colombie, à l’occasion de sa sixième session plénière, décrit sans ambages le paradoxe du continent.
Il abrite encore une extraordinaire diversité biologique – c’est le dernier endroit sur Terre où vivent de nombreuses espèces de grands mammifères –, mais présente de très grands risques d’extinction des espèces et de dégradation des terres, du fait du dérèglement climatique, de la pression démographique et d’une course effrénée pour s’approprier les ressources.

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Or dans aucune région du monde les hommes ne sont encore autant dépendants de la nature pour leur survie quotidienne. « Plus de 62 % de la population dépend directement des services [rendus par la nature] dans les zones rurales », rappellent les scientifiques qui ont rédigé le résumé 45 pages à l’intention des décideurs.
Préserver les savoirs autochtones
Créée en 2012 sous la tutelle des Nations unies et rassemblant 129 Etats, l’IPBES, que l’on qualifie souvent de « GIEC de la biodiversité », en référence au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, a pour mission d’éclairer les gouvernements en réalisant régulièrement la synthèse des connaissances scientifiques.
A Medellin ont été pour la première fois proposées des évaluations régionales pour quatre continents : Amérique, Asie, Europe et Afrique. Le rapport africain de 579 pages a été rédigé par une centaine d’experts, dont, il faut le souligner, les deux tiers sont issus du continent. « Nous avons appris des critiques adressées au GIEC sur le manque de représentation des pays du Sud dans les panels scientifiques », explique Agnès Hallosserie, secrétaire scientifique française pour l’IPBES.
Les scientifiques ont cependant dû se satisfaire d’une littérature lacunaire pour établir leur bulletin de santé de la biodiversité africaine. « Relativement peu d’études ont été publiées sur la valorisation des services écosystémiques », précise le rapport, et elles se concentrent sur l’Afrique australe et l’Afrique de l’Est. Mais le rapport s’appuie aussi sur les savoirs autochtones, auquel il accorde une grande importance, et fait de leur préservation l’une des clés pour maîtriser la dégradation de la nature et aller vers « une économie écologique à faible émission de carbone ». Les connaissances ancestrales des Masaï ou des Pygmées ont ainsi été examinées de près.
Dans une région où la population est appelée à doubler d’ici à 2050 pour atteindre 2,5 milliards d’âmes, les experts décrivent une compétition anarchique pour conquérir de nouveaux espaces et exploiter les ressources naturelles. Ils pointent la surpêche, l’expansion des cultures agricoles, l’appropriation de terres par des investisseurs étrangers, la déforestation, la multiplication des activités extractives : « On estime que 500 000 km2 de terres sont déjà dégradées du fait de leur surexploitation. » Sans compter l’urbanisation.
Hausse des températures plus rapide qu’ailleurs
L’impact du changement climatique permet à lui seul de mesurer l’ampleur du choc à venir : « Dans tous les pays d’Afrique, la hausse des températures devrait être plus rapide que la hausse mondiale. […] Les changements climatiques pourraient entraîner des pertes importantes d’espèces végétales, la disparition de plus de 50 % des espèces d’oiseaux et de mammifères et une baisse de 20 % à 30 % de la productivité des lacs. » La géographie et l’incidence des maladies auxquelles sont exposés les troupeaux risquent également de s’en trouver modifiées.
Pour préserver les espèces endémiques, dont nombre ont trouvé refuge dans des aires protégées, « il faudra peut-être repenser les réseaux aujourd’hui en place que forment les aires protégées », car elles ne coïncideront plus forcément avec les migrations de la faune. Ces aires protégées couvrent près de 15 % des terres du continent.

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Pour fixer l’importance des enjeux, l’IPBES rappelle que la biodiversité africaine fait déjà l’objet de multiples initiatives de conservation : 369 zones humides sont classées d’importance internationale, 142 sites sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, et 158 sites où se trouvent des espèces menacées d’extinction sont régis par l’Alliance for Zero Extinction.
Au milieu de ce sombre panorama, les scientifiques distinguent toutefois une raison d’espérer : « L’Afrique bénéficie d’empreintes écologique et carbone faibles par rapport à d’autres régions du monde. » Le compromis entre le développement économique et la préservation de la nature reste donc à écrire.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Dévastée après le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, la centrale nucléaire japonaise fait l’objet de travaux importants. Son démantèlement devrait durer des décennies.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ L’érosion continue de la vie sauvage met en danger les conditions de vie des populations, alertent les experts mondiaux de l’IPBES, le « GIEC de la biodiversité ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/03/2018
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Le déclin massif de la biodiversité menace l’humanité

L’érosion continue de la vie sauvage met en danger les conditions de vie des populations, alertent les experts mondiaux de l’IPBES, le « GIEC de la biodiversité ».



Le Monde
 |    23.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 10h22
    |

            Audrey Garric et 
Pierre Le Hir








                        



surexploitation ressources naturelles
   surexploitation ressources naturelles



Partout sur la planète, le déclin de la biodiversité se poursuit, « réduisant considérablement la capacité de la nature à contribuer au bien-être des populations ». Ne pas agir pour stopper et inverser ce processus, c’est mettre en péril « non seulement l’avenir que nous voulons, mais aussi les vies que nous menons actuellement ». Tel est le message d’alerte délivré par la Plate-Forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), réunie du 17 au 24 mars à Medellin (Colombie), pour sa 6e session plénière.
Créée en 2012 sous la tutelle des Nations unies et rassemblant aujourd’hui 129 Etats, cette structure est qualifiée de « GIEC de la biodiversité », en référence au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Sa mission est d’établir régulièrement la synthèse des connaissances disponibles sur la biodiversité (la variété des formes de vie sur la Terre), sur les impacts de son érosion et sur les pistes d’action possibles pour la préserver.
Elle livre le résultat d’un travail colossal, qui s’est étalé sur trois années. L’IPBES a divisé le globe en quatre régions : l’Afrique, les Amériques, l’Asie-Pacifique et l’Europe-Asie centrale – à l’exception, donc, des pôles et des océans. Chacune a fait l’objet d’un rapport de 800 à 1 000 pages, réalisé par plus de 550 experts bénévoles de 100 pays, à partir de plus de 10 000 publications scientifiques, mais aussi de sources gouvernementales ou non gouvernementales, ou encore de savoirs autochtones.
Pour chaque zone géographique, cette analyse est synthétisée dans un « résumé à l’intention des décideurs » d’une quarantaine de pages, négocié mot à mot et voté par les représentants des Etats membres. C’est ce document, qui constitue une sorte de consensus politique, qui doit servir de base à l’action des gouvernements, même s’il n’a pas de valeur contraignante.

   


« Au cœur de notre survie »
« La biodiversité et les contributions apportées par la nature aux populations semblent, pour beaucoup, éloignées de nos vies quotidiennes. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité, observe le président de l’IPBES, le Britannique Robert Watson. Elles sont le socle de notre alimentation, de notre eau pure et de notre énergie. Elles sont au cœur non seulement de notre survie, mais aussi de nos cultures, de nos identités et de notre joie de vivre. »
On pourra juger restrictive cette approche, qui envisage la nature à l’aune des seuls services qu’elle rend à l’humanité, sans considérer que la survie des espèces animales et végétales est en elle-même précieuse. Mais l’objet des quatre rapports est de sensibiliser l’opinion et les décideurs à une chute de la biodiversité qui « met en danger les économies, les moyens d’existence, la sécurité alimentaire et la qualité de vie des populations partout dans le monde ». Aucune des régions étudiées n’échappe à une régression spectaculaire de sa faune et de sa flore, avec des projections alarmantes.
Afrique
« L’Afrique est le dernier endroit sur Terre avec un large éventail de grands mammifères, mais jamais par le passé il n’y a eu autant de plantes, poissons, amphibiens, reptiles, oiseaux et grands mammifères menacés qu’aujourd’hui, par une série de causes humaines et naturelles », note la chercheuse sud-africaine Emma Archer. Quelque 500 000 km2 de terres sont déjà dégradées du fait de la déforestation, de l’agriculture non durable, du surpâturage, des activités minières, des espèces invasives ou du réchauffement.
Cela, alors qu’en zone rurale la subsistance de plus de 62 % des habitants dépend de la bonne santé des milieux naturels et que la population du continent est appelée à doubler d’ici à 2050, pour atteindre 2,5 milliards de personnes. Le défi est immense : à la fin du siècle, certaines espèces de mammifères et d’oiseaux pourraient avoir perdu plus de la moitié de leurs effectifs, et la productivité des lacs (en poissons) avoir baissé de 20 % à 30 %, en raison du dérèglement climatique.
Asie-Pacifique
En Asie-Pacifique, la biodiversité est confrontée à des menaces sans précédent, allant des phénomènes météorologiques extrêmes et de l’élévation du niveau de la mer aux espèces exotiques envahissantes, à l’intensification de l’agriculture, à la surpêche et à l’augmentation des déchets et de la pollution. Malgré quelques succès pour protéger ces écosystèmes vitaux – les aires marines protégées ont augmenté de 14 % en vingt-cinq ans et le couvert forestier a progressé de 23 % en Asie du Nord-Est –, les experts craignent qu’ils ne suffisent pas à enrayer le déclin de la biodiversité et des services que retirent les 4,5 milliards d’humains qui vivent dans ces pays.
Aujourd’hui, 60 % des prairies d’Asie sont dégradées, près de 25 % des espèces endémiques sont menacées et 80 % des rivières les plus polluées par les déchets plastiques dans le monde se trouvent dans cette zone. Si les pratiques de pêche se poursuivent au même rythme, la région ne comptera plus de stocks de poissons exploitables d’ici à 2048. Jusqu’à 90 % des coraux souffriront d’une grave dégradation avant le milieu du siècle.

   


Amériques
Sur le continent américain aussi, l’impact du dérèglement climatique sur la biodiversité va s’intensifier d’ici au milieu du siècle, devenant un facteur de déclin aussi puissant que le changement d’affectation des terres. Les populations d’espèces indigènes ont décru de 31 % depuis la colonisation par les Européens, et ce taux pourrait monter à 40 % au milieu du siècle. Par rapport à leur état originel, plus de 95 % des prairies d’herbes hautes d’Amérique du Nord, 50 % de la savane tropicale et 17 % de la forêt amazonienne en Amérique du Sud ont été transformés en des paysages dominés par l’homme.
Les auteurs notent que, jusqu’ici, « les peuples autochtones et les communautés locales ont créé une diversité de systèmes de polyculture et d’agroforesterie » qui ont bénéficié à la biodiversité. Mais ces savoirs locaux sont eux aussi en voie d’extinction.
Europe-Asie centrale
Enfin, en Europe et Asie centrale, la situation n’est guère meilleure : 42 % des animaux terrestres et des plantes ont enregistré un déclin de leurs populations au cours de la dernière décennie, de même que 71 % des poissons et 60 % des amphibiens.
La première cause de cette hécatombe réside dans l’intensification de l’agriculture et de l’exploitation forestière, et particulièrement dans l’usage excessif de produits agrochimiques (pesticides, engrais). Résultat : la région consomme plus de ressources naturelles renouvelables qu’elle n’en produit, l’obligeant à en importer massivement d’autres zones du monde. Le rapport souligne aussi le rôle du changement climatique, qui sera l’un des principaux fléaux pesant sur la biodiversité d’Europe et d’Asie centrale dans les prochaines décennies.

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Ces quatre rapports confirment que la Terre est en train de subir sa sixième extinction de masse : selon les scientifiques, les disparitions d’espèces ont été multipliées par 100 depuis 1900, soit un rythme sans équivalent depuis l’extinction des dinosaures il y a 66 millions d’années. Mardi 20 mars, une étude du Muséum national d’histoire naturelle et du Centre national de la recherche scientifique alertait sur la « disparition massive » des oiseaux dans les campagnes françaises – leurs populations se sont effondrées d’un tiers en quinze ans – tandis que, fin 2017, des chercheurs montraient que le nombre d’insectes volants a décliné de 75 % à 80 % en Allemagne depuis le début des années 1990.

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Développer les aires protégées
N’y a-t-il donc aucun espoir ? Les scientifiques veulent croire qu’il est encore possible d’agir pour enrayer ce déclin. Ils appellent, pêle-mêle, à développer les aires protégées, à restaurer les écosystèmes dégradés (notamment les forêts), à limiter les subventions à l’agriculture et à l’exploitation forestière intensives, à intégrer la protection de la biodiversité dans toutes les politiques publiques, à sensibiliser davantage le grand public ou encore à poursuivre les efforts de conservation. En Europe, ces politiques ont par exemple conduit à sauver d’une extinction locale les populations de bisons ou de lynx ibériques, et à réhabiliter les régions boisées des Açores, de Madère et des Canaries.
« Pour la première fois, en Europe, nous indiquons qu’il faut une transformation plus radicale des modes de vie et de consommation, sans quoi nous n’atteindrons pas les objectifs de développement durable et de protection de la biodiversité », souligne Sandra Lavorel, écologue des écosystèmes (université de Grenoble), qui a participé à la rédaction du rapport. « L’un des chapitres importants de notre travail est celui de la gouvernance. La question de la biodiversité doit être prise en charge à tous les échelons, Etats, communautés, citoyens », complète Jérôme Chave, écologue au CNRS, qui a contribué à la synthèse sur les Amériques.
Un cinquième rapport sera publié lundi 26 mars, sur l’état des sols du monde, de plus en plus dégradés par la pollution, la déforestation, l’exploitation minière et les pratiques agricoles. Enfin, lors de sa prochaine réunion plénière en mai 2019, l’IPBES produira son bilan mondial de la biodiversité et non plus des analyses régionales. Une session que la France a proposé d’accueillir.

Conflits d’intérêts sur les pollinisateurs
L’IPBES a produit un premier rapport en 2016 sur la pollinisation, dont la publication avait été entachée de doutes. Deux de ses chapitres-clés étaient en effet sous la responsabilité de scientifiques salariés de Bayer et Syngenta, les deux principaux producteurs d’insecticides dits « néonicotinoïdes », fortement suspectés de décimer les populations d’abeilles, bourdons, papillons.

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                Parmi les experts du principal rapport sur la pollinisation, deux salariés de l’industrie chimique



Tous les experts doivent remplir un formulaire détaillant leurs liens d’intérêts, mais ces déclarations ne sont pas rendues publiques. De même, le financement du budget de la plateforme, qui s’élève à 5 millions de dollars (4 millions d’euros) en 2018, n’est pas connu dans le détail. Une vingtaine d’Etats y participent, en premier lieu l’Allemagne, la Norvège, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la France.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Selon une étude, les déchets de plastique agglomérés dans le Pacifique occupent une zone qui équivaut à trois fois la France métropolitaine.
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Visualisez la taille de l’énorme « décharge flottante » de plastique dans l’océan Pacifique

Selon une étude, les déchets de plastique agglomérés dans le Pacifique occupent une zone qui équivaut à trois fois la France métropolitaine.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 13h09
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 13h30
    |

            Pierre Breteau








                        



   


Trois cent vingt millions de tonnes de plastique produites chaque année dans le monde. Et une partie de cette masse se retrouve, à terme, dans les océans, par le jeu des déchets charriés par les eaux de pluie, les fleuves, etc. Ces déchets s’agglomèrent ensuite dans les océans à la faveur des tourbillons géants créés par les courants marins, et finissent par former des zones remplies de déchets, bouteilles, microparticules…
S’il ne s’agit pas d’une masse compacte et homogène : l’étude, publiée par la revue Scientific Reports le 22 mars, estime cette aire de déchets à 1,6 million de km2 dans le Pacifique, soit trois fois la France métropolitaine.

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En 2018, la « décharge flottante » du Pacifique fait trois fois la taille de la France métropolitaine
Le cercle sur cette carte représente la taille de la « décharge flottante » de plastique qui se trouve dans l'Océan Pacifique, à titre de comparaison.

Source : Scientific Reports


require(["jquery", "jquery-ui/core", "d3/4.2.2", "d3-topojson/v1", "jquery-ui/tooltip"], function($, jqueryUICore, d3, topojson, tooltip) {

    var largeur = document.getElementById("dechargeflottante").offsetWidth,
        echelle = largeur ,
        to_radians = Math.PI / 180,
        to_degrees = 180 / Math.PI;
    if (largeur         mobile = true
    } else {
        mobile = false
    }


    var villes = [{ "nom": "Paris", "lat": 48.856614, "lon": 2.352222 },
        { "nom": "Berlin", "lat": 52.520007, "lon": 13.404954 },
        { "nom": "Rome", "lat": 41.902783, "lon": 12.496366 },
        { "nom": "Londres", "lat": 51.507351, "lon": -0.127758 },
        { "nom": "Prague", "lat": 50.075538, "lon": 14.437800 },
        { "nom": "Barcelone", "lat": 41.385064, "lon": 2.173403 }
    ];


    var width = largeur,
        height = largeur*.8;
    r = largeur / 2;

    var projection = d3.geoOrthographic()
        .scale(echelle)
        .translate([width / 2, height / 2])
        .clipAngle(90)
        .rotate([-15, -50]);

    var path = d3.geoPath()
        .projection(projection);

    var graticule = d3.geoGraticule();


    var svg = d3.select("#globe").append("svg")
        .attr("width", "100%")
        .attr("viewBox", "0 0 " + width + " " + height);
    var fond = svg.append("svg:g")
        .attr("id", "fond");

    var etiquettes = svg.append("svg:g")
        .attr("id", "etiquettes");

    fond.append("path")
        .datum({ type: "Sphere" })
        .attr("class", "water")
        .attr("d", path);

    fond.append("path")
        .datum(graticule)
        .attr("class", "graticule")
        .attr("d", path);


    d3.json("//s1.lemde.fr/assets-redaction/topojson/world-110m.json", function(error, world) {
        if (error) throw error;

        fond.append("path")
            .datum(topojson.feature(world, world.objects.land))
            .attr("class", "land")
            .attr("d", path);

        borders = topojson.mesh(world, world.objects.countries, function(a, b) { return a !== b; });

        fond.append("path")
            .datum(borders)
            .attr("class", "border")
            .attr("d", path);

        /* Les villes*/

        etiquettes.selectAll("circle")
            .data(villes)
            .enter()
            .append("svg:circle")
            .attr("cx", function(d, i) {
                return projection([+d["lon"], +d["lat"]])[0];
            })
            .attr("cy", function(d, i) {
                return projection([+d["lon"], +d["lat"]])[1];
            })
            .attr("r", function(d) {
                return 3
            })
            .attr("class", "villes");

        /*         ici leurs noms        */
        etiquettes.selectAll("etiquettes")
            .data(villes)
            .enter()
            .append("text")
            .attr("x", function(d, i) {
                if (d.nom == "Berlin" || d.nom == "Prague" || d.nom == "Rome") return projection([+d["lon"], +d["lat"]])[0] + 8;
                return projection([+d["lon"], +d["lat"]])[0] - 8;
            })
            .attr("y", function(d, i) {
                return projection([+d["lon"], +d["lat"]])[1] + 4;
            })
            .attr("text-anchor", function(d, i) {
                if (d.nom == "Berlin" || d.nom == "Prague" || d.nom == "Rome") return "start"
                return "end";
            })
            .text(function(d) {
                return d["nom"]
            })
            .attr("class", function(d) {
                classe = "passelect villes"
                return classe
            });


    });



    function dessinerAire(e) {

        var rayonTerre = 6371 * Math.PI * 2;
        var radiusDeg = e / rayonTerre * 360;

        var portee = d3.geoCircle()
            .center([6, 47])
            .radius(radiusDeg);

        svg.append("path")
            .datum(portee)
            .attr("d", path)
            .attr("id", "maportee")
            .attr("class", "portee")
            .attr("title", function(){
1,6 million de km2 en 2018"
Les 80 000 tonnes de déchets agglomérées dans l'Océan Pacifique occupent une zone de 1,6 million de km2 en 2018. C'est entre 4 et 16 fois plus que selon les deux précédentes études."
                return html
            });


    };

    /*la fonction avec le rayon du cercle : 714 km pour une aire de 1,6 million de km2 */

    dessinerAire(714)


    /* on règle le souci des liens */

  /*    La gestion du tooltip, ici sur la classe ".selecteur"    */
        $("#globe").tooltip({
            show: {
                effect: "fade",
            },
            hide: {
                effect: "fade",
                duration: 0
            },
            items: "path.portee",
            track: true,
            tooltipClass: "multimedia-embed tooltipdecodeurs",
            position: {
                my: 'left-30 top+50',
                at: 'right+10 center'
            },
            content: function() {
                return $(this).attr("title")
            },
            open: function(event, ui) {
                /* permet de fermer le tooltip en tapant sur lui-même en mobile*/
                var elem = $(event.target);
                ui.tooltip.click(function() {
                    elem.tooltip('close');
                });
            }

        });

    $("#dechargeflottante a").click(function(event) {
        event.stopImmediatePropagation()
    });

});


Ces estimations sont quatre à seize fois supérieures à deux précédentes études de ce vortex, soulignent les chercheurs. Un résultat en partie lié à des méthodes d’analyse « plus fiables », les précédentes s’étant surtout concentrées sur les microplastiques. Mais qui pourrait « aussi être attribué à l’augmentation de la pollution plastique des océans dans la zone », notamment en lien avec les débris du tsunami japonais de 2011.
Les auteurs indiquent par ailleurs que les 80 000 tonnes de cette décharge flottante « augmentent de façon exponentielle ». Ce qui conduit de plus en plus de poissons, de tortues ou de mammifères marins à s’empêtrer dedans ou à s’en nourrir.

        Lire aussi :
         

                La mer de plastique dans le Pacifique fait trois fois la taille de la France







                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/26/19-11">
<filnamedate="20180326"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180326"><AAMMJJHH="2018032619">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Une perquisition de la société Veviba a révélé une gigantesque fraude : sur 200 palettes contrôlées, 133 comportaient des substances douteuses.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
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Scandale de la viande frelatée en Belgique

Une perquisition de la société Veviba a révélé une gigantesque fraude : sur 200 palettes contrôlées, 133 comportaient des substances douteuses.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 12h14
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 19h21
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            
Veviba est le nom d’un nouveau scandale alimentaire majeur en Belgique. Cette entreprise implantée à Bastogne, dans la province du Luxembourg, est une filiale du groupe flamand Verbist, le principal acteur du marché de la viande dans le pays. Il gère un tiers de l’activité et possède une vingtaine de fermes d’élevage.
Début mars, une perquisition dans un atelier de découpe et un surgélateur industriel révélait une gigantesque fraude : falsification des dates de congélation, usage inapproprié du label bio pour des viandes de piètre qualité, parties interdites à la consommation mélangées à de la viande hachée, présence de bactéries dans des déchets… Sur deux cents palettes contrôlées, 133 comportaient des substances douteuses.
L’action d’une véritable « mafia », allait affirmer le ministre de l’agriculture, Denis Ducarme, devant une commission parlementaire convoquée en urgence. M. Ducarme s’est constitué partie civile et réclame des dommages et intérêts, comme la Fédération wallonne de l’agriculture. Deux grandes chaînes de magasins, Delhaize et Colruyt, ont suspendu leur collaboration avec le groupe Verbist, déjà mis en cause en septembre 2017 pour le traitement infligé à des animaux dans l’un de ses abattoirs. Le patron du groupe, Louis Verbist, 73 ans, s’est défendu de toute pratique frauduleuse, soulignant qu’il livrait les deux chaînes en question depuis quarante ans. « La concurrence veut me nuire pour racheter tout mon groupe », a affirmé l’industriel.
Epais rapport
Rapidement, l’autorité de contrôle a été mise en cause : l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) n’aurait pas pris les mesures nécessaires après une première information datant de septembre 2016. A l’époque, les autorités du Kosovo avaient prévenu les services vétérinaires belges que des étiquettes apposées sur une grosse cargaison ne correspondaient pas à son contenu. Cette information aurait été longtemps négligée, selon la députée socialiste...




                        

                        


<article-nb="2018/03/26/19-12">
<filnamedate="20180326"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180326"><AAMMJJHH="2018032619">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Un rapport de plusieurs ONG dénonce le non-respect des droits des autochtones dans la mise en place d’un projet de la Banque mondiale.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤         

Entretien

« En RDC, les populations locales font les frais de la lutte contre la déforestation »

Un rapport de plusieurs ONG dénonce le non-respect des droits des autochtones dans la mise en place d’un projet de la Banque mondiale.

Propos recueillis par                                            Chams Iaz




LE MONDE
              datetime="2018-03-23T11:58:09+01:00"

        Le 23.03.2018 à 11h58

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-03-23T12:02:01+01:00"

        Mis à jour le 23.03.2018 à 12h02






    
Sur la route entre Zongo et Libenge, dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), en 2015.
Crédits : FEDERICO SCOPPA / AFP


La République démocratique du Congo (RDC), qui abrite la deuxième forêt tropicale au monde après le Brésil, est l’une des cibles prioritaires dans la lutte contre la déforestation que financent les agences d’aide multilatérales et les bailleurs de fonds bilatéraux comme la Norvège ou la France. Les forêts de RDC séquestrent environ 8 % du carbone forestier mondial.
Située au nord de Kinshasa, la province de Maï-Ndombe (une partie de l’ancienne province du Bandundu), vaste comme un quart de la France et couverte à près de 90 % de forêts, a été choisie par la Banque mondiale pour devenir en RDC le laboratoire du programme international REDD (réduction des émissions liée à la déforestation et à la dégradation des forêts). Cet outil, adopté dans le cadre des négociations climatiques, promet de rémunérer par des crédits carbone les pays ou, dans ce cas précis, une région qui parviennent à freiner le rythme de la déforestation.

        Lire aussi :
         

                L’Agence française de développement se défend de livrer les forêts du Congo aux grandes concessions



Alors que la Banque mondiale envisage de signer un accord de rémunération avec la province de Maï-Ndombe, ce qui en ferait le premier du genre, la coalition d’ONG Rights and Resources Initiative (RRI), spécialisée dans l’environnement et le respect des droits des populations autochtones, met en garde, dans un rapport publié le 14 mars, contre l’éviction des communautés locales dont la survie dépend des forêts et l’absence de cadre solide pour gérer les dizaines de millions de dollars attendus. « La province de Maï-Ndombe n’est tout simplement pas prête », explique Marine Gauthier, auteure du rapport.
Vous avez évalué les 20 projets susceptibles de générer des crédits carbone et vous affirmez qu’ils ne permettront de réduire ni la déforestation, ni la pauvreté. Pourquoi ?
Marine Gauthier Ces projets, en l’état, ne permettent pas de remplir les objectifs de REDD, qui sont de lutter contre la déforestation tout en améliorant les conditions de vie des populations. De nombreux conflits existent sur le terrain entre les porteurs de projets et les communautés locales, dont l’accès à la forêt se trouve restreint : 1,8 million de personnes vivent dans la province de Maï-Ndombe, dont 75 000 environ sont des Pygmées.
Ces populations demandent à pouvoir poursuivre leurs activités traditionnelles dans les forêts et que leurs droits coutumiers soient reconnus, même si elles n’ont pas de titres fonciers. Les autorités locales accordent des concessions forestières pour la conservation ou l’exploitation sans les consulter et sans expliquer ce qui va se passer. L’entreprise canadienne WWC, qui possède la seule concession de conservation certifiée capable de vendre des crédits carbone, interdit aux populations de pratiquer la cueillette et la chasse, comme elles l’ont toujours fait sans dégrader la forêt.

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                « Kosso Connection » : comment les Chinois vident les savanes africaines de leurs bois précieux



Le consentement préalable est pourtant obligatoire…
Les consultations ont été bâclées car elles ont été réalisées par des experts qui ne connaissaient pas ces communautés et ne s’exprimaient pas dans leur langue. Cela crée beaucoup d’inquiétudes. Les communautés voient qu’il se passe quelque chose qu’elles ne comprennent pas. Elles n’ont aucune idée de ce qu’est le programme REDD. Des personnes m’ont dit : « Quelqu’un est venu nous dire qu’il allait séquestrer notre air pour le vendre sur un marché. Comment va-t-on respirer ? Et où vont-ils mettre ce marché ? Nous en avons déjà un dans le village. »
Vous alertez sur l’absence d’institutions pour gérer un programme de cette envergure.
Une entité régionale devait être créée pour gérer la vente des crédits carbone et veiller, grâce à un accord de partage des bénéfices, à ce que les communautés locales perçoivent une part des revenus. Or rien de tout cela n’existe. La province de Maï-Ndombe n’est tout simplement par prête pour que la Banque mondiale s’engage dans un financement à vaste échelle. Si cette institution devait aller plus loin sans respecter des droits des populations locales, cela constituerait un dangereux précédent.

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                La disparition des surfaces boisées mondiales a bondi de 51 % en 2016



Vous ne contestez pas la nécessité de s’attaquer à la déforestation dans cette province ?
La province de Maï-Ndombe est proche de Kinshasa, qui compte 11 millions d’habitants et subit en conséquence une forte pression sur les terres. Mais il ne faut pas imaginer qu’il sera possible de lutter contre la déforestation en parachutant des projets d’en haut. Dans un contexte de mauvaise gouvernance et de corruption, c’est aller vers l’échec.


<article-nb="2018/03/26/19-13">
<filnamedate="20180326"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180326"><AAMMJJHH="2018032619">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Labellisé Grand Paris, le projet de planter 1 300 hectares est défendu par les élus locaux afin de réhabiliter une plaine polluée sur laquelle des gens du voyage sont installés.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 22/03/2018
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Une forêt d’un million d’arbres va être créée dans le Val-d’Oise

Labellisé Grand Paris, le projet de planter 1 300 hectares est défendu par les élus locaux afin de réhabiliter une plaine polluée sur laquelle des gens du voyage sont installés.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 19h47
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                            Garance Feitama








                        



                                


                            

« Regardez ! La plaine est devenue une véritable décharge à ciel ouvert. Chaque semaine, on retrouve au moins une voiture brûlée au milieu de ces parcelles », s’agace Bernard Tailly, le maire (divers droite) de Frépillon et président du syndicat mixte d’aménagement de la plaine de Pierrelaye-Bessancourt (Smapp), dans le Val-d’Oise.
Au loin, des tas de gravats, des déchets plastiques et des matériaux de toutes sortes ont envahi cette verte plaine, située à 25 kilomètres de Paris, entre Cergy-Pontoise et la vallée de Montmorency. Au milieu de ce chaos, le maire a vu fleurir depuis vingt ans de nombreux camps de fortune, où sont installées différentes communautés des gens du voyage.
La décrépitude des lieux a incité les élus locaux à prendre la décision, il y a plus de quinze ans, de transformer cet espace de 1 350 hectares à cheval sur sept communes (Méry-sur-Oise, Frépillon, Bessancourt, Taverny, Herblay, Pierrelaye et Saint-Ouen-l’Aumône) en une forêt domaniale d’un million d’arbres. Parallèlement, d’ici à 2030, 6 000 à 10 000 logements seront construits à l’orée des bois. Esquissé au début de ce siècle par un syndicat intercommunal prédécesseur du Smapp, le projet d’aménagement de la plaine – dont le plan de financement, estimé à 85 millions d’euros, n’est pas entièrement bouclé –, fait l’objet d’une concertation publique jusqu’au 2 avril ; cette phase doit marquer le début des opérations.
Ceinture verte régionale
Sur le papier, le projet labellisé Grand Paris séduit. Des arbres à perte de vue, des clairières, un centre équestre au cœur de la forêt, 90 kilomètres de chemins de randonnée, des parcours pédagogiques d’observation de la faune et de la flore, ainsi que des espaces de loisirs sont prévus. Sur le site se dressent les vestiges du domaine de la Haute Borne ; la maison de maître de cette ancienne ferme modèle, qui employait une centaine d’ouvriers, est encore en bon état, mais les bâtiments attenants, les écuries et les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Une étude révèle que la gigantesque décharge qui flotte entre Hawaï et la Californie est bien plus large qu’estimé précédemment.
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La mer de plastique dans le Pacifique fait trois fois la taille de la France

Une étude révèle que la gigantesque décharge qui flotte entre Hawaï et la Californie est bien plus large qu’estimé précédemment.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 21h32
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 07h21
   





                        



   


Des milliards de morceaux de plastique et 80 000 tonnes de déchets : la gigantesque décharge qui flotte dans le Pacifique est bien plus importante qu’estimé précédemment. Elle s’étend sur une surface de trois fois la France, selon une étude publiée publiée dans la revue Scientific Reports, jeudi 22 mars.
Alors que la production de plastique dépasse les 320 millions de tonnes par an, une partie de ces sacs, bouteilles, emballages, filets de pêche abandonnés et microparticules dégradées s’agglutinent dans plusieurs zones des océans, sous l’effet de tourbillons géants formés par les courants marins, et menacent animaux et écosystèmes.
Estimant que tout kilomètre carré contenant plus d’un kilo de plastique fait partie de cette poubelle entre Hawaï et la Californie, les auteurs de l’étude évaluent sa taille à environ 1,6 million de km2, soit trois fois la France continentale, même s’il ne s’agit pas d’une masse compacte. Et en se basant sur la récolte de 1,2 million d’échantillons et des survols aériens, ils concluent aussi que 1 800 milliards de morceaux de plastique, pesant quelque 80 000 tonnes, flottent dans ce magma qui « augmente de façon exponentielle ».
Ces estimations sont ainsi 4 à 16 fois supérieures à deux précédentes études de ce vortex, soulignent les chercheurs. Un résultat lié à des méthodes d’analyse « plus fiables », et aussi probablement à « l’augmentation de la pollution plastique des océans dans la zone », notamment en lien avec les débris du tsunami japonais de 2011.

Des gros débris et des microplastiques
De manière générale, le plastique représentait 99,9 % des déchets récoltés, mais pas nécessairement sous forme microscopique, comme s’y attendaient les scientifiques. Plus des trois quarts de cette décharge étaient constitués de débris dépassant cinq centimètres et près de la moitié, de matériel de pêche abandonné. Ces cordes et ces filets « fantômes » tuent beaucoup « de poissons, de tortues et même de mammifères marins » qui s’empêtrent dedans, explique à l’AFP l’auteur principal Laurent Lebreton, de la fondation Ocean Cleanup. Mais c’est, malgré tout, « plutôt une bonne nouvelle », parce que « les gros débris sont bien plus faciles à collecter que les microplastiques », souligne-t-il. Les microplastiques, eux, sont particulièrement néfastes pour la santé : ingérés par les poissons, ils entrent ensuite dans la chaîne alimentaire.
Malgré le constat inquiétant, Laurent Lebreton refuse de désigner des coupables. « Les gens voient la quantité de matériel de pêche et pointent du doigt l’industrie de la pêche, mais ils mangent aussi du poisson. Ce n’est pas la question d’un secteur ou d’une région, c’est principalement notre mode de vie et de consommation, les plastiques à usage unique, la société du tout-jetable », souligne-t-il. « Nous devons prendre des mesures importantes en la matière. Nous résoudrons ce problème à l’échelle mondiale », conclut-il.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ L’équipe américaine du MIT CSAIL a conçu SoFi, un poisson-robot, qui peut nager et descendre au fond des mers.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ A Montauban, l’application « Actif » vise à mieux quantifier et géolocaliser les ressources des entreprises afin de leur permettre de les échanger ou de les mutualiser.
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Les déchets des entreprises, nouvelle matière première

A Montauban, l’application « Actif » vise à mieux quantifier et géolocaliser les ressources des entreprises afin de leur permettre de les échanger ou de les mutualiser.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 14h31
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            

C’est à Montauban (Tarn-et-Garonne), à la chambre de commerce et d’industrie (CCI), que l’idée est née, il y a une dizaine d’années : créer un outil, une application, pour quantifier et géolocaliser les ressources des entreprises et leur permettre de les échanger ou de les mutualiser. Les déchets et résidus de production des uns deviennent alors les ressources des autres. « N’allez pas chercher loin ce qui, peut-être, existe près de chez vous », résume l’un des concepteurs, Olivier Aspe, responsable de l’espace « entreprises et réseaux » à la CCI. Ce projet, soutenu par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et baptisé « Actif », commence à être diffusé sur l’ensemble du territoire.
Pour bien comprendre, prenons l’exemple d’un bassin économique où se situent une entreprise utilisant des cagettes en bois, une menuiserie, un fabricant de jeux d’extérieur en bois et un projet de chaufferie au bois. Grâce à cette application, le porteur du projet aura une donnée quantifiée, le nombre de tonnes de déchets de bois disponibles à une échéance précise, et saura si son projet est viable. « Cette maîtrise permet de lutter contre les pollutions, le gâchis, et d’aider les entreprises engagées dans une démarche environnementale », plaide M. Aspe.

Les PME en profitent le plus
L’application est utilisée par 3 000 entreprises, dont 27,2 % dans les Pays de la Loire, 19 % en Occitanie, 11,5 % dans les Hauts-de-France, 11,4 % en Nouvelle-Aquitaine… Un quart appartient au secteur du commerce et du tourisme, 15 % à l’agroalimentaire, 10 % à la métallurgie, 6 % au secteur « papier, carton, bois ». Les données collectées par la CCI de Montauban montrent aussi que ce sont des petites et moyennes entreprises qui en profitent le plus : 64 % d’entre elles comptent moins de 50 salariés.
La saisie des données est réalisée par les différentes entreprises. Elles sont ensuite quantifiées, géolocalisées, puis la mise...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Un collectif de maires, dont Anne Hidalgo (Paris) et Alain Juppé (Bordeaux), regrette dans une tribune au « Monde » que l’essentiel des leviers de la politique de l’énergie reste aux mains de l’Etat ou d’opérateurs nationaux en situation de monopole.
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Anne Hidalgo et Alain Juppé : « L’efficacité et la transition énergétique dépendent d’abord de l’initiative locale »

Un collectif de maires, dont Anne Hidalgo (Paris) et Alain Juppé (Bordeaux), regrette dans une tribune au « Monde » que l’essentiel des leviers de la politique de l’énergie reste aux mains de l’Etat ou d’opérateurs nationaux en situation de monopole.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 16h32
   





                        



                                


                            
Tribune. Alors que s’ouvre le débat public pour la programmation pluriannuelle de l’énergie et que la Commission européenne va publier sa feuille de route « Climat et Energie EU 2025 », nous appelons au fléchage vers les collectivités d’une partie de la hausse de la contribution climat énergie et à l’adoption d’une loi d’orientation pour la décentralisation de la politique énergétique. L’efficacité de notre action, son acceptation sociale et la cohésion des territoires en dépendent.
sur le terrain, tout démontre que l’approche technique et centralisée a atteint ses limites
En 2015, l’accord de Paris et la loi pour la transition énergétique nous ont donné le chemin à suivre pour limiter la hausse des températures à moins de 2 °C et, dans l’idéal, à moins d’1,5 °C d’ici à 2100. L’atteinte de ces objectifs dépend très largement des politiques territoriales.
Or, en matière de politique énergétique, l’essentiel des leviers reste aux mains de l’Etat ou d’opérateurs nationaux en situation de monopole. Pourtant, sur le terrain, tout démontre que l’approche technique et centralisée a atteint ses limites : les infrastructures de production d’énergies renouvelables peinent à se mettre en place, les rénovations énergétiques ambitieuses sont rares et le véhicule individuel, avec moins de deux personnes à bord, reste le mode de déplacement dominant. Pour y remédier, il faut faire évoluer la gouvernance du système énergétique vers davantage de décentralisation et de démocratie locale.
Construire une autre façon de vivre
Le fléchage vers les collectivités d’une partie de la hausse de la contribution climat énergie, défendue aujourd’hui par la plupart des associations de collectivités, des ONG et des fédérations professionnelles, est indispensable. La mise en œuvre de l’accord de Paris à l’échelle de chaque territoire doit mobiliser près de 300 euros par habitant et par an. Affecter 5 % des 8 milliards de recettes de la contribution climat pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Une estimation de l’ONU et de l’Union européenne publiée jeudi montre une hausse sensible du nombre femmes et d’hommes victimes de l’insécurié alimentaire.
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124 millions de personnes touchées par la crise alimentaire en 2017

Une estimation de l’ONU et de l’Union européenne publiée jeudi montre une hausse sensible du nombre femmes et d’hommes victimes de l’insécurié alimentaire.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 11h45
   





                        


Les conflits et la sécheresse ont engendré un pic de famine au cours des derniers mois. Une estimation de Organisation des Nations unies (ONU) et de l’Union européenne, publiée jeudi 22 mars, montre une hausse sensible du nombre de personnes jugées à la merci d’une famine. Cent vingt-quatre millions de personnes étaient concernées en 2017, contre 108 millions en 2016 et 80 millions en 2015, selon le Rapport mondial sur les crises alimentaires 2018. Soit + 15 % en un an et + 55 % en deux ans.
Parmi les pays les plus touchés par une situation « aiguë », on trouve des pays engagés dans des conflits ou en situation de « grave insécurité », comme « le Yémen, le nord du Nigeria, la RD Congo [République démocratique du Congo], le Soudan du Sud et le Myanmar [Birmanie] », relève le rapport.
Par ailleurs, en Afrique orientale et australe, la « sécheresse persistante a également joué un rôle majeur, soulignent les auteurs, entraînant des réductions importantes des récoltes dans des pays déjà confrontés à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire ».
Le Yémen, pays le plus gravement touché
Les conflits et l’insécurité resteront « probablement les principales causes de crise alimentaire » en 2018 touchant l’Afghanistan, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, le nord-est du Nigeria, la région du lac Tchad, le Soudan du Sud, la Syrie et le Yémen, ainsi que la Libye, et le Sahel central (Mali et Niger).
Selon le document, le Yémen continuera d’être « le pays confronté à la plus grande crise alimentaire au niveau mondial ». La situation devrait même « se détériorer », en raison « de l’accès restreint, de l’effondrement économique et des épidémies ».

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En Afrique, l’impact de la sécheresse sur les cultures vivrières et le bétail augmentera aussi l’insécurité alimentaire dans les zones pastorales de la Somalie, le sud-est de l’Ethiopie, l’est du Kenya, ainsi que dans certains pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel, tels le Sénégal, le Tchad, le Niger, le Mali, la Mauritanie, et le Burkina Faso.
« Nous avons une obligation morale de faire mieux »
Seul répit, en Afrique australe une amélioration est prévue grâce à l’augmentation de la production céréalière en 2017 et à la baisse des prix des denrées alimentaires.
« Nous avons une obligation morale de faire mieux, et nous avons les outils et le savoir pour y parvenir. Nous devons briser les murs qui séparent depuis trop longtemps les acteurs de l’aide humanitaire et ceux du développement », affirme Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, cité dans le rapport.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ L’institution française ne fait pas partie des signataires du dernier rapport du Conseil des académies des sciences européennes portant sur les événements extrêmes et leur lien éventuel avec le réchauffement.
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Nouveau couac sur le climat à l’Académie des sciences

L’institution française ne fait pas partie des signataires du dernier rapport du Conseil des académies des sciences européennes portant sur les événements extrêmes et leur lien éventuel avec le réchauffement.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 12h34
    |

            Stéphane Foucart








                        



   


L’Académie des sciences française cultive-t-elle toujours, sur la question climatique, sa singularité ? Au cours de la dernière décennie, à rebours de toutes les expertises internationales, la vénérable institution a fréquemment fait montre d’une certaine réticence à accepter le consensus scientifique sur l’attribution aux activités humaines du changement climatique en cours.
Si la question se pose à nouveau, c’est que le dernier rapport du Conseil des académies des sciences européennes (European Academies Science Advisory Council, Easac), rendu public mercredi 21 mars et portant sur les événements extrêmes et leur lien éventuel avec le réchauffement, mentionne comme signataires toutes les académies des Etats membres de l’Union… sauf l’Académie des sciences française.
Le texte en question est une simple mise à jour d’une dizaine de pages du rapport publié en 2013. Il confirme essentiellement la tendance à la hausse de catastrophes (inondations, tempêtes, feux de forêts, etc.) potentiellement aggravées par le réchauffement, et leurs dégâts…
Un simple « oubli »
A l’Easac, on ne souhaite pas commenter l’absence de l’institution française parmi les signataires. « Il semble que les experts français aient exigé des niveaux de preuve très élevés à l’appui de certaines formulations du rapport, dit-on toutefois de source proche des experts commis par l’institution européenne. Du coup, ils n’ont pas souhaité l’endosser. »
L’Académie des sciences dément pourtant tout désaccord. Interrogé la veille de la publication du texte, un responsable de l’institution scientifique évoquait un simple « oubli ». Mercredi au matin, la société savante française demandait in fine au secrétariat de l’Easac, que son nom soit ajouté à la publication.
Trop tard en tout cas pour amender le fichier déjà diffusé sous embargo. « Nous n’avions pas de réticences sur ce texte, sinon qu’il n’apportait pas grand-chose au rapport initial de 2013, dit-on quai de Conti, à Paris. Il semble simplement que nous ayons eu des soucis de réactivité et d’organisation. » Ou le réveil de vieux démons climatosceptiques ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Cinq compagnies sont accusées d’avoir caché les risques liés à la combustion des hydrocarbures.
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Climat : San Francisco attaque les géants du pétrole

Cinq compagnies sont accusées d’avoir caché les risques liés à la combustion des hydrocarbures.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 10h51
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 10h52
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



                                


                            

Comme pour un bon spectacle, la salle était pleine à craquer. Militants écologistes, journalistes, avocats en complet-veston, et tout le gratin des associations de défense de l’environnement se serraient, mercredi 21 mars, dans la salle 8 du palais de justice de San Francisco. A l’affiche, non pas encore un procès, a souligné le juge fédéral William Alsup, qui arborait pour l’occasion une cravate aux motifs de planétarium. Mais une séance pédagogique (« tutorial ») comme le magistrat en réclame parfois quand il est saisi de différends entre les entreprises technologiques. 
Saisi de la plainte déposée par les villes de San Francisco et Oakland contre cinq compagnies pétrolières, le juge Alsup avait ordonné aux parties de faire son « éducation » en lui présentant « les meilleures informations scientifiques disponibles actuellement sur le réchauffement climatique ». Il leur avait adressé huit questions auxquelles elles devaient répondre en cinq heures – par exemple : « Qu’est-ce qui a causé les différentes ères glaciaires ? » –, l’idée étant de rechercher d’éventuelles zones de consensus.
« Ces scientifiques sont brillants »
Les deux localités californiennes ont porté plainte le 20 septembre 2017 en vertu de la loi sur les nuisances publiques. Elles accusent les cinq compagnies (Chevron, ExxonMobil, ConocoPhillips, BP et Royal Dutch Shell) d’avoir caché qu’elles savaient depuis longtemps que la combustion des hydrocarbures présente de sérieux risques pour le climat, et d’avoir monté des campagnes pour discréditer la recherche sur le rôle de l’activité humaine dans le réchauffement. Elles réclament que ces entreprises soient condamnées à financer les coûts d’infrastructures encourus du fait de l’augmentation du niveau de la mer, un geste qui rappelle les poursuites intentées il y a vingt ans à l’industrie du tabac. La ville de New York et six autres collectivités de Californie ont intenté des poursuites...




                        

                        

