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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Les mutations technologiques et politiques amènent désormais à envisager son plan de carrière sur un court ou un moyen terme, explique le docteur en gestion Roland Robeveille.
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Carrière : « Ne plus se fixer d’objectifs au-delà de trois ou cinq ans »

Les mutations technologiques et politiques amènent désormais à envisager son plan de carrière sur un court ou un moyen terme, explique le docteur en gestion Roland Robeveille.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 16h51
    |

                            Elodie Chermann








                        



                                


                            

Chargé de cours à l’Ensta Paris Tech et à l’université de Versailles Saint-Quentin, Roland Robeveille donne quelques clés pour adapter son parcours professionnel aux évolutions du marché du travail.
Dans un monde en profonde mutation, cela a-t-il encore un sens de se construire un plan de carrière ?
Bien sûr que c’est utile ! Si on reste éternellement dans une posture d’attente, on n’avance pas. Mais les scénarios qu’on échafaude ne se réalisent évidemment pas toujours comme prévu. Parce qu’un plan de carrière dépend non seulement de la capacité qu’a ou non le salarié à évoluer professionnellement et personnellement dans un milieu professionnel, mais aussi des opportunités que l’entreprise a à lui offrir.
Aujourd’hui, un jeune ne peut plus envisager le développement de sa carrière de façon linéaire. Il doit intégrer le fait qu’il sera amené, sans doute plusieurs fois au cours de son parcours, à changer non seulement d’entreprise mais aussi de métier. Ainsi, d’après les estimations de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), 10 à 20 % des emplois disparaîtront dans les dix ans qui viennent sous l’effet des mutations technologiques, 50 % seront profondément transformés, tandis que 10 à 20 % d’emplois nouveaux apparaîtront.
Les statuts aussi vont évoluer. Aujourd’hui déjà, les contrats à durée indéterminée (CDI) sont de plus en plus souvent remplacés par des CDD, des intérimaires et des stagiaires et à l’avenir, ce sont les contrats de projet ou de chantier qui risquent de se généraliser.
Mais les jeunes sont habitués à gérer cette incertitude, non ?
Tout dépend de leur situation. Aujourd’hui, on peut considérer qu’il y a trois catégories de jeunes sur le marché du travail. D’un côté, on a les détenteurs de master 2 et les diplômés d’écoles de commerce ou d’ingénieurs qui parviennent, en général, à s’intégrer rapidement dans un poste et une activité correspondant...




                        

                        


<article-nb="2018/03/26/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Lycéenne rescapée de la tuerie de Parkland, Emma Gonzalez a de nouveau pris la parole samedi 24 mars au cours de la manifestation qui a réuni plus d’un million d’Américains contre la libre circulation des armes à feu.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Alors que les signataires de l’accord de Nouméa du 5 mai 1998 se retrouvent à Paris le 27 mars pour formuler la question du référendum calédonien qui sera soumise aux électeurs en novembre, l’ancien député (PS) René Dosière juge, dans une tribune au « Monde », que cette consultation intervient trop tôt.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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« En Nouvelle-Calédonie, la population n’a jamais eu l’occasion de débattre de l’avenir de son pays »

Alors que les signataires de l’accord de Nouméa du 5 mai 1998 se retrouvent à Paris le 27 mars pour formuler la question du référendum calédonien qui sera soumise aux électeurs en novembre, l’ancien député (PS) René Dosière juge, dans une tribune au « Monde », que cette consultation intervient trop tôt.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 15h25
    |

René Dosière (Membre honoraire du Parlement, a été le rapporteur du statut de la Nouvelle Calédonie)







                        



                                


                            

La prochaine consultation de la population calédonienne sur l’avenir institutionnel de leur pays, conformément aux engagements pris à Nouméa en 1998, constitue une étape importante dans un processus de décolonisation pacifique unique et exemplaire dans notre histoire.
Il y a trente ans, les accords de Matignon mettent un terme à la guerre civile naissante et marquent le début d’une nouvelle relation entre la France et la Nouvelle-Calédonie. L’identité du peuple kanak est réhabilitée ; un effort important de rééquilibrage en matière de développement économique, social, éducatif est engagé en faveur des populations mélanésiennes ; un programme de formation accélérée des cadres kanaks est mis en place. La population française approuve, par référendum, cette politique nouvelle.
Une égale légitimité
Dix ans plus tard, avec l’Accord de Nouméa, une étape supplémentaire est franchie. Après avoir dressé un tableau réaliste de la colonisation, le préambule de l’accord fixe la finalité ultime du processus de décolonisation : la construction d’un destin commun par les deux principales communautés vivant sur le territoire qui se reconnaissent une égale légitimité à y demeurer, dans le cadre d’un partage de souveraineté avec la France.
A cet effet, la Calédonie est dotée d’un statut tellement spécifique et unique qu’il exigera une modification de la Constitution dont le titre XIII regroupe les dispositions transitoires relatives à la Nouvelle-Calédonie.

Que comporte l’accord signé à Nouméa le 5 mai 1998 ?
Sur une période de vingt ans, l’Etat transférera à la Calédonie l’ensemble de ses attributions et des moyens correspondant, à l’exception de ses pouvoirs régaliens (défense, police, justice, affaires étrangères) dont le transfert fera l’objet avant la fin de l’année 2018 d’une consultation de la population calédonienne. Nous y voilà : ce sera le 4 novembre.
Un gouvernement associant européens et kanaks appliquera collégialement...




                        

                        


<article-nb="2018/03/26/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Connu en France pour ses dizaines d’ouvrages sur la poésie persane et le soufisme, le spécialiste des religions orientales est mort le 22 mars, à Téhéran, à l’âge de 83 ans.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Le philosophe iranien Daryush Shayegan est mort

Connu en France pour ses dizaines d’ouvrages sur la poésie persane et le soufisme, le spécialiste des religions orientales est mort le 22 mars, à Téhéran, à l’âge de 83 ans.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 14h33
    |

            Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance)








                        



                                


                            

Daryush Shayegan, l’un des plus grands philosophes contemporains iraniens, connu en France pour ses dizaines d’ouvrages sur la poésie persane et le soufisme, est mort le 22 mars, à Téhéran, après presque deux mois dans le coma. Agé de 83 ans, ce spécialiste des religions orientales avait notamment rédigé des ouvrages remettant en cause la domination occidentale de la pensée philosophique et prônait dans ses premiers travaux une identité fondée sur les traditions et l’héritage culturel en Orient.
L’essayiste, né le 2 février 1935 à Téhéran d’un père iranien, d’ethnie turque, et d’une mère géorgienne, élevé par une nourrice russe et ensuite scolarisée dans une école française à Téhéran, a été dès l’enfance bercé dans une multitude de langues et de cultures. Des années plus tard, c’est ce même contexte qui le fait étudier les interactions entre cultures et civilisations.
A 15 ans, Daryush Shayegan part étudier au Royaume-Uni, puis en Suisse, et finalement en France, où il fait son doctorat en philosophie à la Sorbonne avec le grand professeur de philosophie islamique iranienne, Henry Corbin (1903-1978). Spécialiste des religions et des écoles philosophiques de l’Inde à seulement 25 ans, Daryush Shayegan commence à dispenser des cours de sanskrit à l’université de Téhéran.
Dialogue des civilisations
Ses recherches sur l’islam et sa fréquentation des penseurs musulmans comme Muhammad Husayn at-Tabataba’i (1903-1981), renforce son regard critique : « S’abandonner face à l’Occident relève de l’ignorance vis-à-vis de ce dernier », disait-il. Son ouvrage « l’Asie face à l’Occident » (1977, non traduit) a eu un grand succès auprès de l’intelligentsia iranienne au cours des années qui ont mené à la révolution et au renversement du chah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, en 1979, lequel était critiqué notamment pour sa proximité avec l’Occident.
Avant la révolution, Daryush Shayegan développe également l’idée du dialogue...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans le dernier numéro de la revue « Esprit », l’ancien ministre des affaires étrangères Hubert Védrine et Christian Lequesne, ancien directeur du Centre d’études et de recherches internationales, donnent leurs visions de la politique étrangère de la France.
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L’interventionnisme français en débat

Dans le dernier numéro de la revue « Esprit », l’ancien ministre des affaires étrangères Hubert Védrine et Christian Lequesne, ancien directeur du Centre d’études et de recherches internationales, donnent leurs visions de la politique étrangère de la France.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 16h47
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            

Y a-t-il une rupture dans la politique étrangère de la France depuis la victoire d’Emmanuel Macron en 2017 ? Les dix ans de présidence « sarko-hollandiste » ont-ils été une parenthèse dans l’histoire diplomatique de la République ?
Dans un article paru en novembre 2017 dans la revue ­Esprit, Justin Vaïsse, directeur du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie du Quai d’Orsay, estimait qu’il n’y avait pas de rupture entre les « gaullo-mitterrandiens » (attachés à l’indépendance de la France, l’intérêt national et la légalité internationale) et les « néoconservateurs à la française » (attachés au lien trans­atlantique et à l’interventionnisme au nom des « guerres justes ») – ces ­derniers étant vivement critiqués par le président Macron.
Face à cette démarche, des spécialistes des relations internationales ­démontrent le contraire dans la nouvelle livraison de la revue. Parmi eux : Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères (de 1997 à 2002), et Christian Lequesne, ancien directeur du Centre d’études et de recherches internationales (CERI). Tous deux considèrent que la décennie « sarko-hollandiste » s’ouvre et se ferme sur une double rupture diplomatique. La présidence Sarkozy se serait systématiquement alignée sur les positions de Washington.
Une continuité de principes
La présidence Macron, elle, a mis un terme au réflexe interventionniste de son prédécesseur. Toujours selon eux, la formule « gaullo-mitterrandien » n’est pas un « oxymore », comme l’écrit ­Justin Vaïsse. Elle traduit une continuité de principes entre les deux présidents et l’existence d’un attachement à l’indépendance de la France envers l’allié américain.
L’autre volet sur lequel le débat ­diplomatique s’emballe concerne les interventions dans lesquelles la France est engagée depuis quelques années (Afghanistan, Libye, Mali, République centrafricaine, ­Syrie-Irak). Pour Justin Vaïsse, il n’y a pas eu plus d’interventions sous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Une récente tribune signée par des historiens laissait entendre que les Archives nationales s’apprêtent à détruire des documents concernant des femmes qui ont subi un avortement. Ce qui est faux, rappellent Françoise Banat-Berger et Claire Sibille, des Archives nationales.
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Non, les Archives nationales ne déconsidèrent pas « l’histoire des femmes ordinaires »

Une récente tribune signée par des historiens laissait entendre que les Archives nationales s’apprêtent à détruire des documents concernant des femmes qui ont subi un avortement. Ce qui est faux, rappellent Françoise Banat-Berger et Claire Sibille, des Archives nationales.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 12h44
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 13h25
    |

Françoise Banat-Berger (Directrice des Archives nationales) et Claire Sibille (Sous-directrice de la politique archivistique)







                        



                                


                            

Tribune. Le Monde a fait paraître le 8 mars, une tribune signée par plusieurs historiennes et historiens intitulée : « Politique des archives publiques : Les femmes ordinaires seront les premières sacrifiées ». Cette tribune laisse à penser que les Archives nationales se préoccupent peu de l’histoire des femmes ordinaires puisqu’elles auraient l’intention de pilonner les bulletins anonymes d’IVG papier qu’elles conservent.
Procédons tout d’abord à un petit rappel sur la procédure de déclaration individuelle obligatoire. Celle-ci a été définie initialement par l’article 16 de la loi n°75-18 du 17 janvier 1975. La procédure est actuellement encadrée par l’arrêté du 25 novembre 1992 modifié relatif à la création d’un traitement statistique des bulletins d’interruption volontaire de grossesse au ministère de la santé et de l’action humanitaire.
Fichiers informatiques
Les données recensées portent sur l’année de naissance, le département ou le pays de naissance, la nationalité, le département ou le pays de domicile, la situation familiale, la situation professionnelle de la femme et de son conjoint, les informations médicales relatives à l’IVG et aux antécédents. Les destinataires en sont le ministère, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, l’Institut national d’études démographiques (INED) et les Archives nationales.
Les Archives nationales conservent donc :
– Les bulletins anonymes individuels au format papier : 1975-1980, 1982, 1984-1992, versés en plusieurs fois entre 1979 et 1996. Les années 1981 et 1983 n’ont jamais été versées ; l’année 1993 a été pilonnée en 2009, conformément au visa commun du chef de service de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) et du chef de la mission auprès des ministères sociaux ; les années postérieures n’ont jamais été versées.
– L’ensemble des fichiers informatiques (saisie des données comprises...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la professeure en science politique explique que la vengeance permet aux terroristes de justifer leurs actes et de se fabriquer un ennemi. Un discours qu’il faut donc déconstruire.
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Myriam Benraad : « La quête de vengeance est consubstantielle à l’ensemble du djihadisme contemporain »

Dans une tribune au « Monde », la professeure en science politique explique que la vengeance permet aux terroristes de justifer leurs actes et de se fabriquer un ennemi. Un discours qu’il faut donc déconstruire.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 12h26
    |

Myriam Benraad (Professeure associée en science politique à l'université de Leyde (Pays-Bas))







                        



                                


                            
[Jean Mazières, Christian Medves, Hervé Sosna et Arnaud Beltrame ont été assassinés, vendredi 23 mars, dans une attaque terroriste à Trèbes (Aube), près de Carcassonne, qui a également fait quinze blessés, dont un se trouve toujours dans un état grave. Le meurtrier, Radouane Lakdim, a été abattu par des militaires du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) alors qu’il s’était retranché dans un supermarché de Trèbes. Il était fiché « S » depuis 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste et était connu pour des faits de ­petite délinquance. Il avait été ­condamné à deux reprises, en 2011 et en 2015, pour des faits de droit commun et avait été incarcéré ­pendant un mois, en 2016, à Carcassonne. Peu avant, il avait braqué une voiture et attaqué quatre CRS qui revenaient d’un jogging dans cette ville. L’organisation Etat ­islamique (EI) a revendiqué l’attaque et la section antiterroriste du ­parquet de Paris a été saisie de l’affaire. Après s’être substitué à l’une des otages du supermarché, le lieutenant-colonel Arnaud ­Beltrame a succombé à ses blessures samedi – il est « tombé en ­héros », a souligné le président Emmanuel Macron. Un hommage national lui sera rendu.]
Tribune. Aux témoins de sa descente aux enfers, le terroriste franco-marocain Radouane Lakdim hurla vouloir « venger » ses frères en Syrie. Avant lui, l’un des bourreaux de l’attentat du 13 novembre 2015 à Paris avait déclaré sans aucun remords aux otages du Bataclan : « On fait partie de l’Etat islamique et on est là pour venger nos familles et nos proches de l’intervention française en Syrie. » L’année suivante, en juillet 2016, un nachid (poème musulman musical très populaire) baptisé Ma vengeance rendait hommage aux attentats de Paris et Bruxelles. La France se voyait accusée d’être responsable de la violence la frappant en raison de sa supposée « guerre contre l’islam et les musulmans ».
Evoquant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Le correspondant du « Monde » à New York Arnaud Leparmentier, remarque que si rien n’empêche de faire un coup en Bourse, à long terme, mieux vaut parier sur un vrai champion que sur un canard boiteux dopé au protectionnisme d’Etat.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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« Faut-il s’aventurer au casino des entreprises protectionnistes ? »

Le correspondant du « Monde » à New York Arnaud Leparmentier, remarque que si rien n’empêche de faire un coup en Bourse, à long terme, mieux vaut parier sur un vrai champion que sur un canard boiteux dopé au protectionnisme d’Etat.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h42
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Marchés. L’alerte de fin janvier semble soudain secondaire. Wall Street a connu sa pire semaine depuis deux ans, effrayée par la politique douanière de Donald Trump. Près de 3 % de recul jeudi 22 mars, 1,77 % le vendredi, le vent est mauvais. Et pourtant, en ce temps de guerre commerciale, n’y a-t-il pas moyen de se faire quelque argent rapide ?
Monty Quinn, qui tient une boutique à Hawesville dans le Kentucky devant l’usine de Century Aluminium, se frotte les mains : protégée par la grâce de Trump, l’usine va investir, et les actions de l’entreprise d’aluminium qu’il a achetées sont reparties à la hausse.
A quelques kilomètres de là, le maire de la ville, Charles King, s’emporte : sa femme lui a interdit d’acheter les fameuses actions quand elles étaient à 5 dollars, en septembre 2016. Et elles sont montées jusqu’à 25 dollars cet hiver, le marché anticipant l’activation des droits de douane.
« Gonflette »
Mais voilà qu’est survenue la dégelée inattendue de la semaine dernière : l’action a perdu près de 20 % en trois jours, tombant de plus de 20 dollars à 16,50 dollars, lorsque le marché a réalisé que Donald Trump avait fait de la « gonflette » et multipliait les exemptions de droits de douane pour les pays alliés, réduisant la « protection » de Century Aluminium.
Alors faut-il s’aventurer au casino des entreprises protectionnistes ? La tentation est grande : qui dit droit de douane dit marché protégé, et rien de tel pour faire fructifier sa rente. L’économiste en chef de Natixis, Patrick Artus, rappelle le précédent de 2002, lorsque George W. Bush avait imposé des droits sur les importations d’acier allant jusqu’à 30 %.
Les entreprises n’en avaient pas profité pour baisser leurs prix et conquérir des parts de marché. Non, elles s’étaient alignées sur le nouveau prix américain (le prix international majoré du droit de douane) et avaient encaissé tranquillement la différence. Soudain, les...




                        

                        


<article-nb="2018/03/26/19-9">
<filnamedate="20180326"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180326"><AAMMJJHH="2018032619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur s’oppose à la proposition que Manuel Valls a faite dimanche 25 mars. Une interdiction du salafisme serait inapplicable et risquerait d’être contre-productive. Mieux vaut renforcer la surveillance de ces milieux.
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Jean-Luc Marret : « Doit-on interdire le salafisme ? »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur s’oppose à la proposition que Manuel Valls a faite dimanche 25 mars. Une interdiction du salafisme serait inapplicable et risquerait d’être contre-productive. Mieux vaut renforcer la surveillance de ces milieux.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h38
    |

Jean-Luc Marret (chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique et écrivain)







                        



                                


                            
[Jean Mazières, Christian Medves, Hervé Sosna et Arnaud Beltrame ont été assassinés, vendredi 23 mars, dans une attaque terroriste à Trèbes (Aube), près de Carcassonne, qui a également fait quinze blessés, dont un se trouve toujours dans un état grave. Le meurtrier, Radouane Lakdim, a été abattu par des militaires du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) alors qu’il s’était retranché dans un supermarché de Trèbes. Il était fiché « S » depuis 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste et était connu pour des faits de ­petite délinquance. Il avait été ­condamné à deux reprises, en 2011 et en 2015, pour des faits de droit commun et avait été incarcéré ­pendant un mois, en 2016, à Carcassonne. Peu avant, il avait braqué une voiture et attaqué quatre CRS qui revenaient d’un jogging dans cette ville. L’organisation Etat ­islamique (EI) a revendiqué l’attaque et la section antiterroriste du ­parquet de Paris a été saisie de l’affaire. Après s’être substitué à l’une des otages du supermarché, le lieutenant-colonel Arnaud ­Beltrame a succombé à ses blessures samedi – il est « tombé en ­héros », a souligné le président Emmanuel Macron. Un hommage national lui sera rendu.]
Tribune. Va-t-on vivre encore avec des attentats djihadistes ? Oui. C’est une manifestation négative de la mondialisation, et en particulier des mobilisations qui se développent dans toute diaspora, y compris sur plusieurs générations. Va-t-on de surcroît subir les attaques d’individus en proie à des crises mystiques ou à des psychoses ? Oui, quoique cette réalité puisse s’atténuer avec l’usure de la propagande de Daech.
Doit-on interdire le salafisme ? Poser la question ainsi revient à considérer que ce courant serait bien défini et s’incarnerait dans des organisations identifiées, et par conséquent susceptibles d’être frappées d’interdiction. Ce n’est pas le cas. Le salafisme est très varié. On peut le définir en fonction de l’autorité religieuse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le général considère que si le public garde davantage en mémoire le nom des auteurs d’attentats, le gendarme Arnaud Beltrame, tué à Trèbes vendredi 23 mars, sera pour les Français l’incarnation du courage et du sens du devoir.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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Vincent Desportes : « Arnaud Beltrame donne un visage à la vertu militaire »

Dans une tribune au « Monde », le général considère que si le public garde davantage en mémoire le nom des auteurs d’attentats, le gendarme Arnaud Beltrame, tué à Trèbes vendredi 23 mars, sera pour les Français l’incarnation du courage et du sens du devoir.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h37
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Vincent Desportes (Général et professeur des universités associé à Sciences Po, ancien directeur de l’Ecole de guerre)







                        



                                


                            
[Jean Mazières, Christian Medves, Hervé Sosna et Arnaud Beltrame ont été assassinés, vendredi 23 mars, dans une attaque terroriste à Trèbes (Aube), près de Carcassonne, qui a également fait quinze blessés, dont un se trouve toujours dans un état grave. Le meurtrier, Radouane Lakdim, a été abattu par des militaires du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) alors qu’il s’était retranché dans un supermarché de Trèbes. Il était fiché « S » depuis 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste et était connu pour des faits de ­petite délinquance. Il avait été ­condamné à deux reprises, en 2011 et en 2015, pour des faits de droit commun et avait été incarcéré ­pendant un mois, en 2016, à Carcassonne. Peu avant, il avait braqué une voiture et attaqué quatre CRS qui revenaient d’un jogging dans cette ville. L’organisation Etat ­islamique (EI) a revendiqué l’attaque et la section antiterroriste du ­parquet de Paris a été saisie de l’affaire. Après s’être substitué à l’une des otages du supermarché, le lieutenant-colonel Arnaud ­Beltrame a succombé à ses blessures samedi – il est « tombé en ­héros », a souligné le président Emmanuel Macron. Un hommage national lui sera rendu.]
Tribune. Arnaud Beltrame est aujourd’hui l’incarnation du courage et des valeurs militaires, celles où l’honneur, l’abnégation et l’obsession du succès de la mission tiennent une place centrale, aux côtés du principe d’humanité. D’autres les partagent bien sûr, mais l’armée les cultive, elle en sculpte le caractère de ses soldats afin qu’ils aient la force d’aller, si la nation le leur demande, au bout de leur engagement, jusqu’à donner leur vie.
Ce geste est le résultat d’une décision prise en toute connaissance de cause, n’obéissant qu’au devoir et à l’honneur
Aujourd’hui, au Levant, au Sahel, et ailleurs dans le monde, sans que les citoyens français en aient une claire conscience, des soldats presque anonymes sont grièvement blessés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Le 21 août 2015, à bord du Thalys 9364 reliant Amsterdam à Paris, ce Franco-Américain porta secours à un jeune homme aux prises avec un terroriste qui lui tira une balle dans le dos. Il témoigne de son admiration pour Arnaud Beltrame dans une tribune au « Monde ».
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Mark Moogalian : « L’acte altruiste d’Arnaud Beltrame a restauré notre foi en l’humanité »

Le 21 août 2015, à bord du Thalys 9364 reliant Amsterdam à Paris, ce Franco-Américain porta secours à un jeune homme aux prises avec un terroriste qui lui tira une balle dans le dos. Il témoigne de son admiration pour Arnaud Beltrame dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 11h51
    |

Mark Moogalian (Universitaire franco-américain, auteur d'un acte de sauvetage héroïque dans le Thalys 9364 reliant Amsterdam à Paris, Le 21 août 2015)







                        



                                


                            
[Jean Mazières, Christian Medves, Hervé Sosna et Arnaud Beltrame ont été assassinés, vendredi 23 mars, dans une attaque terroriste à Trèbes (Aube), près de Carcassonne, qui a également fait quinze blessés, dont un se trouve toujours dans un état grave. Le meurtrier, Radouane Lakdim, a été abattu par des militaires du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) alors qu’il s’était retranché dans un supermarché de Trèbes. Il était fiché « S » depuis 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste et était connu pour des faits de ­petite délinquance. Il avait été ­condamné à deux reprises, en 2011 et en 2015, pour des faits de droit commun et avait été incarcéré ­pendant un mois, en 2016, à Carcassonne. Peu avant, il avait braqué une voiture et attaqué quatre CRS qui revenaient d’un jogging dans cette ville. L’organisation Etat ­islamique (EI) a revendiqué l’attaque et la section antiterroriste du ­parquet de Paris a été saisie de l’affaire. Après s’être substitué à l’une des otages du supermarché, le lieutenant-colonel Arnaud ­Beltrame a succombé à ses blessures samedi – il est « tombé en ­héros », a souligné le président Emmanuel Macron. Un hommage national lui sera rendu.]
Tribune. Je m’en souviens comme si c’était hier. Cela s’est passé le 21 août 2015 à bord du Thalys, le train qui relie Amsterdam à Paris. Un terroriste armé jusqu’aux dents s’apprêtait à faire un véritable carnage ce jour-là, mais un concours de circonstances extraordinaires nous a aidés à éviter le pire. Clint Eastwood en a fait un film, Le 15 h 17 pour Paris. Quand j’en parle aux autres, je parle surtout de la chance que nous avons tous eue ce jour-là.
Quand j’y repense, c’est surtout au moment où je me suis retourné pour venir en aide à Damien A. [un employé de banque souhaitant rester anonyme qui se battait contre Ayoub El-Khazzani, terroriste belgo-marocain muni notamment d’un fusil d’assaut], et après avoir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le philosophe André Comte-Sponville pense que ce n’est pas uniquement le courage qui caractérise l’acte héroïque du gendarme tué par Radouane Lakdim, mais le fait qu’il ait mis cette vertu au service d’une immense générosité.
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André Comte-Sponville : « Arnaud Beltrame, ce héros »

Dans un entretien au « Monde », le philosophe André Comte-Sponville pense que ce n’est pas uniquement le courage qui caractérise l’acte héroïque du gendarme tué par Radouane Lakdim, mais le fait qu’il ait mis cette vertu au service d’une immense générosité.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 11h47
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
[Jean Mazières, Christian Medves, Hervé Sosna et Arnaud Beltrame ont été assassinés, vendredi 23 mars, dans une attaque terroriste à Trèbes (Aube), près de Carcassonne, qui a également fait quinze blessés, dont un se trouve toujours dans un état grave. Le meurtrier, Radouane Lakdim, a été abattu par des militaires du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) alors qu’il s’était retranché dans un supermarché de Trèbes. Il était fiché « S » depuis 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste et était connu pour des faits de ­petite délinquance. Il avait été ­condamné à deux reprises, en 2011 et en 2015, pour des faits de droit commun et avait été incarcéré ­pendant un mois, en 2016, à Carcassonne. Peu avant, il avait braqué une voiture et attaqué quatre CRS qui revenaient d’un jogging dans cette ville. L’organisation Etat ­islamique (EI) a revendiqué l’attaque et la section antiterroriste du ­parquet de Paris a été saisie de l’affaire. Après s’être substitué à l’une des otages du supermarché, le lieutenant-colonel Arnaud ­Beltrame a succombé à ses blessures samedi – il est « tombé en ­héros », a souligné le président Emmanuel Macron. Un hommage national lui sera rendu.]
Entretien. Philosophe, auteur du Petit traité des grandes vertus (PUF, 1995) et, récemment, de L’Inconsolable et autres impromptus (PUF, 330 p., 19 euros), André Comte-Sponville explique pourquoi le courage n’est pas la vertu la plus haute et pour quelles raisons l’acte de Arnaud Beltrame est héroïque.
Que vous inspire l’acte du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame ?
De l’admiration, comme à nous tous ! Il fit preuve de courage, d’abnégation, d’esprit de sacrifice, très au-delà de ce que sa fonction exigeait. On a beaucoup dit qu’il était mort en héros, et le mot, pour une fois, n’est pas galvaudé. Cela dit, ce qui me touche le plus, dans son comportement, c’est moins son courage, dont on parle tant, que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ La journaliste Marie-France Etchegoin livre le récit d’un enseignement de la langue doublé d’un fort plaidoyer pour l’accueil. Une belle analyse de ce que la langue française offre comme vision du monde.
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Le français, la langue des migrants

La journaliste Marie-France Etchegoin livre le récit d’un enseignement de la langue doublé d’un fort plaidoyer pour l’accueil. Une belle analyse de ce que la langue française offre comme vision du monde.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 12h35
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            

Le livre. C’est une histoire de mots et de maux ; la fable d’un apprentissage réciproque dans le Paris de l’exil. Pendant dix-huit mois, la journaliste et écrivain Marie-France Etchegoin est devenue professeure de français langue étrangère (FLE). Chaque semaine, elle s’est rendue au lycée Jean-Quarré, à Paris, dans le 19e arrondissement, et y a offert des mots en guise de bienvenue à Sharokan, Abdou ou Ahmed.
Ses élèves sont des demandeurs d’asile en attente d’un statut, qui ont trouvé l’énergie d’apprendre la langue française, sans savoir si la France voudrait d’eux. Les cours de « Marie » ont ponctué des vies en suspens le temps d’en finir avec les papiers, et d’obtenir la protection de l’Etat français. Ou pas. Ses leçons du soir ont réinscrit dans un lieu, la France, des hommes en grande souffrance, chassés de leur terre natale. « Est-ce que je peux ressentir ce qu’ils ressentent », se demande très tôt l’enseignante, qui a conscience qu’être privés de la langue de leur terre d’accueil les empêche aussi d’accéder au sens de leur nouveau quotidien. Sans mots, le réel disparaît, observe la narratrice, car « la langue n’est pas juste un moyen de communiquer. Elle nous protège, nous solidifie de l’intérieur ».
La leçon sur le futur
C’est donc elle qui (comme les autres enseignants bénévoles) donne aux nouveaux venus la première grille de lecture de leur pays d’accueil, quand l’Etat, lui, diffère ses cours. La meilleure des grammaires, car la France ne se raconte jamais aussi bien que par ses mots, ses structures et sa conjugaison. Tout cela, Mme Etchegoin le savait avant, forte de ses écrits et enquêtes antérieurs.
Ce qu’elle ignorait, c’est la force de ce qu’elle recevrait. Par une mystérieuse alchimie, qui veut que celui qui donne reçoive souvent plus encore en retour, l’enseignante a entendu des récits, des interrogations, et surtout une envie de vivre, de se rebâtir. Avec des étapes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ S’appuyant sur le philosophe Vladimir Jankélévitch, dans une tribune au « Monde », la philosophe Cynthia Fleury oppose l’attitude du lieutenant-colonel Beltrame et celle du terroriste Radouane Lakdim face à la vie.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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« Le passage à l’acte mortifère du terroriste n’est nullement courageux »

S’appuyant sur le philosophe Vladimir Jankélévitch, dans une tribune au « Monde », la philosophe Cynthia Fleury oppose l’attitude du lieutenant-colonel Beltrame et celle du terroriste Radouane Lakdim face à la vie.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 11h17
    |

Cynthia Fleury (Professeure associée à l’Ecole des Mines de Paris)







                        



                                


                            

[Jean Mazières, Christian Medves, Hervé Sosna et Arnaud Beltrame ont été assassinés, vendredi 23 mars, dans une attaque terroriste à Trèbes (Aube), près de Carcassonne, qui a également fait quinze blessés, dont un se trouve toujours dans un état grave. Le meurtrier, Radouane Lakdim, a été abattu par des militaires du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) alors qu’il s’était retranché dans un supermarché de Trèbes. Il était fiché « S » depuis 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste et était connu pour des faits de ­petite délinquance. Il avait été ­condamné à deux reprises, en 2011 et en 2015, pour des faits de droit commun et avait été incarcéré ­pendant un mois, en 2016, à Carcassonne. Peu avant, il avait braqué une voiture et attaqué quatre CRS qui revenaient d’un jogging dans cette ville. L’organisation Etat ­islamique (EI) a revendiqué l’attaque et la section antiterroriste du ­parquet de Paris a été saisie de l’affaire. Après s’être substitué à l’une des otages du supermarché, le lieutenant-colonel Arnaud ­Beltrame a succombé à ses blessures samedi – il est « tombé en ­héros », a souligné le président Emmanuel Macron. Un hommage national lui sera rendu.]
Tribune. Son visage a surgi. Partout. Un grand sourire, un regard vif et bleu, les cheveux courts typiques des forces armées. Partout, sur tous les réseaux sociaux, les écrans de télévision, les unes des journaux. Partout sur les ondes, son nom : Arnaud Beltrame. Lieutenant-colonel Arnaud Beltrame. Il est celui que les familles, civiles et de gendarmerie, pleurent. Celui que les Français, qui ignoraient hier encore son existence, saluent pour son abnégation, son geste décisif, son courage.
Prendre la place d’un autre que l’on sait condamné à mourir. Croire que l’on doit prendre sur soi cette charge. « Cette chose qu’il faut faire, c’est moi qui dois la faire », écrit le philosophe Vladimir Jankélévitch (1903-1985) pour définir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Editorial. Cinq rapports récents dressent un état des lieux alarmant de la biodiversité sur la planète. Face à ce constat, une action urgente des responsables politiques est nécessaire.
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Biodiversité : l’urgence du politique

Editorial. Cinq rapports récents dressent un état des lieux alarmant de la biodiversité sur la planète. Face à ce constat, une action urgente des responsables politiques est nécessaire.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 18h42
   





                        


Editorial du « Monde ». Alors que le climat est devenu un enjeu politique dont plus personne – hormis l’administration américaine, Donald Trump en tête – ne remet en cause l’importance, la question de la biodiversité demeure un point aveugle du débat public. Cette cécité est dangereuse. En effet, les cinq rapports d’experts, qui viennent d’être publiés par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), dressent le plus vaste panorama publié à ce jour sur l’érosion du vivant à la surface de la planète. Cet état des lieux est alarmant et appelle une réponse urgente.

        Lire aussi :
         

                Les oiseaux disparaissent des campagnes françaises à une « vitesse vertigineuse »



Selon l’IPBES – l’équivalent, pour la biodiversité, du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) – l’érosion de la qualité des sols et le déclin rapide des formes de vie sont de graves menaces pour le bien-être des hommes et la stabilité des sociétés. Car outre sa valeur intrinsèque et inestimable, la nature prodigue aux humains des services indispensables au fonctionnement de nos économies et, surtout, nécessaires au maintien de la vie. Pollinisation des cultures, disponibilité en eau douce, fertilité des terres arables, protection contre les inondations et les précipitations extrêmes, productivité biologique des océans… La biodiversité est « au cœur non seulement de notre survie, mais aussi de nos cultures, de nos identités et de notre joie de vivre », souligne l’IPBES.
Sur la question climatique, l’action est entravée par le caractère mondial du problème – une molécule de dioxyde de carbone aura le même effet sur le climat, qu’elle soit chinoise ou américaine. Mais sur le front de la biodiversité, la vacance du politique est d’autant plus incompréhensible que les solutions relèvent généralement de mesures simples que les gouvernements peuvent prendre localement, indépendamment les uns des autres.
Une cause majeure : le modèle agricole
En Europe, selon l’IPBES, la cause majeure du déclin de la biodiversité est le modèle agricole dominant et son cortège d’éléments chimiques (insecticides, herbicides, engrais de synthèse, etc.). En Amérique aussi, les immenses monocultures de soja et de maïs sont les principaux facteurs de destruction de la diversité du vivant, ajoutent les experts du « GIEC de la biodiversité ». Mardi 20 mars, le CNRS et le Muséum national d’histoire naturelle ont d’ailleurs conjointement, eux aussi, rendu publics des chiffres accablants sur la disparition des populations d’oiseaux dans les campagnes françaises, attribuant ce déclin – 30 % en l’espace de seulement quinze ans – à l’intensification de notre agriculture.
De tels chiffres, tout comme ceux établis par l’IPBES, imposent une action urgente, sans demi-mesures. La disparition des oiseaux n’est que la part visible d’une dégradation profonde de la qualité des écosystèmes terrestres, dont le déclin des insectes (près de 80 % en Europe, au cours des trois dernières décennies !) est un autre signe alarmant. La mort, il y a quelques jours, du dernier représentant mâle du rhinocéros blanc du Nord est un autre symbole de la capacité humaine à anéantir une espèce.
Jusqu’à présent, la biodiversité a été considérée comme une question annexe, traitée avec désinvolture par les responsables gouvernementaux et politiques. Il est plus que temps de remettre la préservation du vivant, au sens le plus large du terme, au cœur de la politique. Il n’est pas exagéré de dire que c’est, à plus ou moins longue échéance, une question de survie.
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            data-slide-description="Un phragmite aquatique (« Acrocephalus paludicola »). En zones agricoles, les populations d’oiseaux ont perdu en moyenne un tiers de leurs effectifs en quinze ans, selon les relevés conduits depuis 1989 par le « Suivi temporel des oiseaux communs » (STOC), qui, au sein du Muséum, surveille aussi la situation dans les villes et les forêts."
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            data-slide-description="Une rémiz penduline (« Remiz pendulinus ») construisant son nid.  Grosses ou petites, migratrices ou pas, toutes les espèces sont concernées, probablement du fait de l’effondrement des populations d’insectes, car même les volatiles granivores ont besoin d’insectes à un moment dans l’année, pour leurs poussins."
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            data-slide-description="Un couple de martins-pêcheurs d'Europe (« Alcedo atthis »). En zones agricoles, des espèces comme l’alouette des champs, la fauvette grisette ou le bruant ortolan ont perdu en moyenne un individu sur trois en quinze ans."
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            data-slide-description="Une macreuse brune mâle (« Melanitta fusca »)."
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            data-slide-description="Une fauvette pitchou (« Sylvia undata »)."
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            data-slide-description="Une marouette poussin (« Porzana parva »)."
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            data-slide-description="Des glaréoles à collier (« Glareola pratincola »). « Les populations d’oiseaux s’effondrent littéralement dans les plaines céréalières », constate Vincent Bretagnolle, écologue au Centre d’études biologiques de Chizé. « Ce qui est alarmant, c’est que tous les oiseaux du milieu agricole régressent à la même vitesse. Cela signifie que c’est la qualité globale de l’écosystème agricole qui se détériore. »"
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            data-slide-description="Un couple de harles huppés (« Mergus serrator »)."
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            data-slide-description="Un butor étoilé (« Botaurus stellaris ») dans une roselière."
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            data-slide-description="Un chardonneret élégant (« Carduelis carduelis »)."
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Un phragmite aquatique (« Acrocephalus paludicola »). En zones agricoles, les populations d’oiseaux ont perdu en moyenne un tiers de leurs effectifs en quinze ans, selon les relevés conduits depuis 1989 par le « Suivi temporel des oiseaux communs » (STOC), qui, au sein du Muséum, surveille aussi la situation dans les villes et les forêts.

Minden Pictures / Cisca Castelijns / NiS / Biosphoto
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Rapport d’étonnement. Voiture autonome, robot patrouilleur, robot de livraison… A San Francisco, l’indignation se généralise et les actes de vandalisme se multiplient.
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Les Californiens ragent contre la machine

Rapport d’étonnement. Voiture autonome, robot patrouilleur, robot de livraison… A San Francisco, l’indignation se généralise et les actes de vandalisme se multiplient.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 10h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Le 2 janvier, dans le quartier Mission District de San Francisco (Californie), rapporte le Los Angeles Times du 5 mars, un homme ­furieux a traversé Valencia Street pour s’en prendre à une voiture sans chauffeur Chevrolet Bolt de General Motors Cruise. En criant, il a donné plusieurs coups contre le pare-chocs arrière, puis a cogné son corps contre la tôle, endommageant un feu de position. Un employé était dans la voiture, comme l’exige pour l’instant la loi californienne.
Le 28 janvier, toujours à San Francisco, une autre voiture autonome a été attaquée par un chauffeur de taxi. L’homme a quitté son véhicule, frappé et éraflé la vitre du passager, puis est reparti. Et le premier accident mortel causé par une voiture autonome Uber, qui a heurté le 18 mars une passante de 49 ans dans la banlieue de Phoenix (Arizona), ne va pas calmer les choses.

Ce n’est pas la première fois que des robots autonomes sont pris à partie en Californie, à l’avant-garde des ­expériences publiques en ce domaine. En octobre 2017, la SPCA de San Francisco (une société protectrice des ­animaux) a fait patrouiller un robot de sécurité autour de ses locaux. Imaginez un grand réfrigérateur à rou­lettes de 1,50 m, pesant 180 kg, équipé de quatre caméras enregistreuses, « capable », assure son fabricant, ­Knightscope, « de lire 300 plaques d’immatriculation par minute » et d’envoyer « des alertes » lorsqu’il repère « des intrus » ou « des personnes préenregistrées sur une liste noire » – dix-neuf clients, usines, centres commerciaux et lotissements, l’utilisent déjà à travers les Etats-Unis.
Ce robot patrouilleur a été mis en place par la charitable SPCA en vue d’intimider les sans-abri installés sous des tentes dans ce quartier populaire en voie de gentrification. Quand leur initiative a été connue, elle a aussitôt soulevé une vague d’indignation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Résonance. Les campagnes menées par des écrivains en faveur d’autres écrivains a commencé au XXe siècle. De la défense de Maxime Gorki, en 1905 à celle du journaliste et romancier turc Ahmet Altan, condamné à la prison à vie, le 16 février.
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Face à la tyrannie, la résistance des plumes

Résonance. Les campagnes menées par des écrivains en faveur d’autres écrivains a commencé au XXe siècle. De la défense de Maxime Gorki, en 1905 à celle du journaliste et romancier turc Ahmet Altan, condamné à la prison à vie, le 16 février.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 10h16
    |

                            Antoine Lilti (Historien)








                        



                                


                            
Emprisonné depuis septembre 2016, le journaliste et romancier turc Ahmet Altan, infatigable défenseur de la liberté d’expression, a été condamné le 16 février à la réclusion à perpétuité. Signe parmi bien d’autres de la dérive répressive du régime turc, ce jugement a suscité une profonde émotion, comparable à celle qui s’était manifestée quelques mois plus tôt en faveur de l’écrivaine Asli Erdogan [en exil depuis septembre 2017]. Une tribune a été publiée par trente-cinq Prix Nobel, de toutes nationalités. Une pétition en ligne a recueilli en quelques jours plus de vingt mille signatures. La scène semble tristement familière. Mais depuis quand se mobilise-t-on en faveur d’écrivains persécutés ?


Longtemps les écrivains furent à la merci des pouvoirs et ne pouvaient échapper à la prison, voire à la mort, que grâce à de puissants protecteurs. Au début du XVIIe siècle, le philosophe italien Tommaso Campanella, l’auteur de La Cité du Soleil, passa vingt-sept ans dans les prisons de Naples, tandis que son compatriote ­Giordano Bruno était brûlé vif à Rome. A Paris, le procès du poète Théophile de Viau pour blasphème suscita une véritable guerre de pamphlets. Théophile passa deux ans en prison et mourut en 1626, peu après sa libération. Au siècle de l’Encyclopédie, il arrivait encore que les écrivains tâtent de la prison.
Diderot fut durablement traumatisé par le court séjour qu’il fit à Vincennes en 1751 et il redoubla de prudence, par la suite, réservant pour la postérité ses œuvres les plus personnelles. Mais, dans l’ensemble, les écrivains étaient en passe d’acquérir un nouveau prestige et, surtout, une plus grande liberté d’action. Prudemment réfugié sur les rives du lac Léman, Voltaire put mener des campagnes d’opinion en faveur de victimes d’injustice judiciaire, comme Jean Calas ou le chevalier de La Barre. Aumoment de l’affaire Dreyfus, Zola parachèvera cette figure de l’intellectuel justicier prenant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Yves Trotignon, ancien cadre de la DGSE, suggère que le message émis avec l’empoisonnement des Skripal est peut-être plus important encore que la cible frappée.
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« Les pratiques traditionnelles du renseignement ne disparaissent pas »

Dans une tribune au « Monde », Yves Trotignon, ancien cadre de la DGSE, suggère que le message émis avec l’empoisonnement des Skripal est peut-être plus important encore que la cible frappée.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 18h18
    |

Yves Trotignon (enseignant à Science Po)







                        



                                


                            
[La Grande-Bretagne a ­accusé la Russie d’avoir empoisonné, le 4 mars, un ex-agent double, Sergueï Skripal, et sa fille Ioulia, retrouvés inconscients sur un banc à Salisbury, au sud-ouest de Londres. L’Allemagne, les Etats-Unis et la France ont soutenu Londres. Ils ont exprimé leur « consternation » et dénoncé « une menace pour la sécurité ». La Russie a nié toute responsabilité dans cette tentative d’empoisonnement, pourfendant un « numéro de cirque » du gouvernement britannique. En attendant les conclusions de l’enquête, Londres a riposté mi-mars par l’expulsion de 23 diplomates russes en poste en Grande-Bretagne. Moscou a répondu en expulsant 23 diplomates britanniques. Lundi 26 mars, quatorze pays de l’UE, l’Ukraine, les Etats-Unis et le Canada ont annoncé des expulsions de représentants de la Russie.]
Tribune. La fin de la guerre froide, marquée par la chute du mur de Berlin puis l’effondrement de l’Union soviétique, fit disparaître aux yeux de nombre de responsables politiques les services de renseignement, perçus comme des administrations obscures et coûteuses. Au cours des années 1990, le moment unipolaire des Etats-Unis ne fit qu’entériner l’idée, fausse mais séduisante, que les grands affrontements entre services n’avaient plus de cause qu’économique.
Les commentateurs avaient alors coutume de dire que les compétitions stratégiques s’effaçaient et que les chocs idéologiques étaient en passe de disparaître, au profit d’une supposée guerre entre grands intérêts commerciaux et financiers. La réalité, naturellement, était très différente, et les services continuaient, de la façon la plus feutrée, de démasquer les inévitables taupes adverses tout en plaçant les leurs.
« Contre des réseaux djihadistes complexes, les méthodes séculaires retrouvèrent aux yeux des gouvernements toute leur pertinence »
Les attentats du 11-Septembre remirent soudainement sous les projecteurs les services de sécurité et de renseignement....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ A l’heure de l’affaire Skripal, l’Europe est le théâtre d’un nouveau conflit, dont les acteurs sont repliés sur leurs intérêts nationaux, analyse le romancier dans une tribune au « Monde ».
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Percy Kemp : « Une guerre pour l’Europe »

A l’heure de l’affaire Skripal, l’Europe est le théâtre d’un nouveau conflit, dont les acteurs sont repliés sur leurs intérêts nationaux, analyse le romancier dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    26.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 18h05
    |

Percy Kemp (Romancier, dirige un cabinet de conseil en risque politique et intelligence économique)







                        



                                


                            
[La Grande-Bretagne a ­accusé la Russie d’avoir empoisonné le 4 mars un ex-agent double, Sergueï Skripal et sa fille Ioulia, retrouvés inconscients sur un banc à Salisbury, au sud-ouest de Londres. L’Allemagne, les Etats-Unis et la France ont soutenu Londres. Ils ont exprimé leur « consternation » et dénoncé « une menace pour la sécurité ». La Russie a nié toute responsabilité dans cette tentative d’empoisonnement, pourfendant un « numéro de cirque » du gouvernement britannique. En attendant les conclusions de l’enquête, Londres a riposté mi-mars par l’expulsion de 23 diplomates russes en poste en Grande-Bretagne. Moscou a répondu en expulsant 23 diplomates britanniques. Lundi 26 mars, quatorze pays de l’UE, l’Ukraine, les Etats-Unis et le Canada ont annoncé des expulsions de représentants de la Russie.]
Tribune. Que dire en voyant ces images de diplomates russes expulsés, quittant le Royaume-Uni après que Londres a pointé le Kremlin du doigt dans l’empoisonnement de l’ex colonel du GRU (service de renseignements de l’armée russe) et agent double britannique Sergueï Skripal ? Que penser en voyant Washington procéder, dans le pur style Checkpoint Charlie, à un échange d’agents avec Moscou, ou la justice américaine enquêter sur des interférences russes dans la dernière élection présidentielle ? Que croire en voyant Moscou condamner des ONG russes pour connivence avec l’étranger et accuser l’OTAN de chercher à asphyxier la Russie en s’étendant jusqu’à ses frontières ?
Que dire, sinon qu’on assisterait là à un retour à la guerre froide ? Mais est-ce le cas ? Rien n’est moins sûr. La guerre froide avait mis aux prises, de part et d’autre d’une ligne rouge religieusement respectée, deux blocs de pays déjà constitués et qui demeureraient compacts et homogènes près d’un demi-siècle durant : les opérations de services secrets que nous voyons aujourd’hui se déroulent sur une scène historique en flux constant, les règles, les lignes rouges,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ L’affaire Skripal révèle que les agences de renseignement du monde entier continuent, comme pendant la guerre froide, de collecter des informations stratégiques, soulignent les auteurs du « Dictionnaire du renseignement » dans une tribune au « Monde ».
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« La France doit disposer de puissants services de renseignement »

L’affaire Skripal révèle que les agences de renseignement du monde entier continuent, comme pendant la guerre froide, de collecter des informations stratégiques, soulignent les auteurs du « Dictionnaire du renseignement » dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    26.03.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 18h23
    |

Hugues Moutouh (Préfet et agrégé de droit) et Jérôme Poirot (Docteur de l'université de Paris-IV-Sorbonne)







                        



                                


                            
[La Grande-Bretagne a ­accusé la Russie d’avoir empoisonné, le 4 mars, un ex-agent double, Sergueï Skripal, et sa fille Ioulia, retrouvés inconscients sur un banc à Salisbury, au sud-ouest de Londres. L’Allemagne, les Etats-Unis et la France ont soutenu Londres. Ils ont exprimé leur « consternation » et dénoncé « une menace pour la sécurité ». La Russie a nié toute responsabilité dans cette tentative d’empoisonnement, pourfendant un « numéro de cirque » du gouvernement britannique. En attendant les conclusions de l’enquête, Londres a riposté mi-mars par l’expulsion de 23 diplomates russes en poste en Grande-Bretagne. Moscou a répondu en expulsant 23 diplomates britanniques. Lundi 26 mars, quatorze pays de l’UE, l’Ukraine, les Etats-Unis et le Canada ont annoncé des expulsions de représentants de la Russie.]
Tribune. Depuis quelques jours flotte en Europe comme un parfum de guerre froide. Rien ne va plus entre Londres et Moscou, qui ont ouvert un cycle interminable de représailles. A l’origine de cette crise internationale se trouve une affaire d’espionnage désormais bien connue : un homme, d’origine russe, a été retrouvé inconscient sur un banc public dans un parc à Salisbury, en compagnie de sa fille. Tous deux ont été victimes d’une tentative d’assassinat à l’aide d’un puissant agent chimique innervant, le Novitchok, une substance aux effets dévastateurs mise au point à la fin de l’ère soviétique.

La victime, Sergueï Skripal, est un ancien colonel de la direction centrale du renseignement de l’armée russe. Condamné à la prison dans son pays pour avoir vendu des secrets aux Britanniques, il avait été échangé, quelques années auparavant, contre des agents russes retenus aux Etats-Unis et vivait depuis lors en Angleterre.
Traitement des agents doubles ou des transfuges
Ce qui ressemble à s’y méprendre à une exécution n’est pas inédit dans la longue histoire mouvementée du renseignement. Chacun se souvient des célèbres...




                        

                        

