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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Après l’affaire Skripal et contre l’avis de ses conseillers, le président américain avait appelé Vladimir Poutine pour le féliciter pour sa réélection.
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Sanctions contre la Russie : la détermination américaine à l’épreuve des ambiguïtés de Trump

Après l’affaire Skripal et contre l’avis de ses conseillers, le président américain avait appelé Vladimir Poutine pour le féliciter pour sa réélection.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 18h18
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

L’expulsion de soixante diplomates russes et la fermeture d’un consulat à Seattle, annoncés lundi 26 mars au matin à Washington, en concertation avec les alliés occidentaux des Etats-Unis, s’inscrit en droite ligne dans la « vision stratégique » américaine présentée en décembre 2017.
Le document, concocté par le Conseil de sécurité nationale dirigé alors par le général H. R. McMaster, insistait sur les défis présentés par la Russie. Il pointe les ambitions de réarmement de Moscou combinées avec une stratégie d’interférence dans les affaires intérieures d’autres pays, notamment lors d’élections. « L’objectif de la Russie est d’affaiblir l’influence des Etats-Unis dans le monde et de nous éloigner de nos alliés et partenaires », précise le document.
Les décisions coordonnées annoncées lundi, après le communiqué commun de Washington, Londres, Paris et Berlin le 14 mars mettant en cause Moscou dans l’affaire de l’empoisonnement d’un ex-agent russe au Royaume-Uni, s’inscrivent dans cette analyse. « Nous disons au gouvernement russe que lorsque vous attaquerez un ami, vous aurez à en subir les conséquences », a indiqué lundi matin un haut responsable de l’administration. « Comme nous l’avons toujours indiqué à Moscou, la porte du dialogue est ouverte », à condition cependant de « mettre fin à un comportement imprudemment agressif », a-t-il ajouté.

Face à la Russie, un « rival » qualifié de « révisionniste » du fait de son positionnement jugé « illibéral » dans la vision stratégique de l’administration, la détermination américaine reste parfois contredite par les ambiguïtés du président Donald Trump. Ce dernier a à plusieurs reprises fait crédit aux dénégations de son homologue Vladimir Poutine pour les accusations d’interférences dans l’élection présidentielle de 2016, en dépit des assurances de ses propres services de renseignement.

« La Russie a commencé sa...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Grande spécialiste des lettres russes et en particulier de la poètesse Marina Tsvetaeva, Véronique Lossky est morte à Paris, le 17 mars, à 87 ans.
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Mort de Véronique Lossky, auteure et traductrice

Grande spécialiste des lettres russes et en particulier de la poètesse Marina Tsvetaeva, Véronique Lossky est morte à Paris, le 17 mars, à 87 ans.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 16h59
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 17h43
    |

                            Elena Balzamo (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

C’était l’une des figures tutélaires du monde slavisant français. Véronique Lossky est morte le 17 mars, à l’âge de 87 ans, tandis que battait son plein le salon du livre de Paris dont le pays invité était la Russie. Coïncidence significative : c’est à ce pays, ou plus exactement à sa littérature, qu’elle avait consacré la majeure partie de sa vie. Ce choix professionnel découlait de ses inclinations, de ses études, mais aussi de ses racines familiales.
A l’automne 1922, parti de Petrograd, le « bateau des philosophes » emmenait vers l’exil plus de 150 personnes, la fine fleur de l’intelligentsia russe : hommes de science, écrivains, philosophes, expulsés sur l’ordre de Lénine en tant qu’éléments hostiles, voire nuisibles, à l’Etat soviétique. Parmi eux se trouvait le théologien orthodoxe Vladimir Lossky (1903-1958), futur beau-père de Véronique.
Chassés manu militari, dépouillés de leurs biens, ces expulsés ne furent autorisés à emporter que quelques vêtements. Pas d’argent ni de livres. Plusieurs d’entre eux vinrent grossir les rangs de la diaspora russe en France, dont les membres se comptaient déjà en dizaines de milliers. Ainsi naquit un milieu unique, littéralement saturé de culture : écoles, églises, conservatoires de musique, maisons d’édition, qui, malgré les inévitables conflits internes, œuvraient tous à un but commun, conserver la culture russe dans l’espoir de la « restituer » un jour à la patrie. On y comptait plusieurs écrivains de premier rang dont Ivan Bounine, Gaïto Gazdanov, Nina Berberova, ou encore Marina Tsvetaeva.
Fille d’exilés russes
C’est dans ce milieu que grandit Véronique Youdine-Belsky. Née en 1931 à Paris de parents émigrés, elle était la petite-fille d’un prêtre orthodoxe. Après une scolarité au lycée russe de Paris, elle suit des études à la Sorbonne, puis à Oxford, un parcours au cours duquel elle se spécialise en littérature et en histoire russes, ancienne et moderne. De sorte que, à la différence de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ L’ancien ministre des finances grec, figure anti-austérité, a lancé à Athènes le MeRA25, qui s’inscrit dans un mouvement européen plus large.
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Grèce : Yanis Varoufakis lance un nouveau parti politique

L’ancien ministre des finances grec, figure anti-austérité, a lancé à Athènes le MeRA25, qui s’inscrit dans un mouvement européen plus large.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 17h55
    |

                            Intérim








                        



   


« MeRA25 propose un plan pour mettre fin à la colonisation de la Grèce par la dette », a expliqué Yanis Varoufakis lors d’une conférence de presse inaugurant son nouveau parti, lundi 26 mars à Athènes. L’ancien ministre des finances grec, qui se rendait en veste de cuir aux réunions de l’Eurogroupe à Bruxelles et qui s’est rendu célèbre pour ses confrontations répétées avec les créanciers de la Grèce, a noté que « MeRA25 ne sera pas juste un parti de plus, mais sera partie intégrante du mouvement pan-européen Diem25 ».
DiEM25, lancé il y a un peu plus d’un an à Berlin, se définit comme un mouvement européen pour lutter contre « l’establishment » qui gouverne l’Europe. « L’Europe fait face actuellement à cinq crises : celles de la dette, du système bancaire, de la pauvreté, d’un faible investissement et migratoire. DiEM25 est la plateforme qui s’adresse à tous les démocrates européens pour trouver des réponses communes à ces crises », peut-on lire sur le site du parti. Autre cheval de bataille de DiEM25 : la transparence des institutions européennes. L’économiste marxiste, grand argentier grec de janvier à juillet 2015, qui avait enregistré en secret avec son téléphone portable les principales conversations lors des réunions à Bruxelles, a dénoncé dans son dernier livre, Conversations entre adultes (Les Liens qui libèrent, 2017), le manque de démocratie au sein des institutions européennes.

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                Au cœur de la bataille de la Grèce contre l’Eurogroupe



Lundi à Athènes, Yanis Varoufakis, qui s’est brouillé avec le premier ministre Alexis Tsipras, a présenté son « new deal » pour la Grèce. Dans son programme en vue des élections législatives qui doivent se tenir à l’automne 2019 dans son pays figurent ces points essentiels : la restructuration de la dette avec la création d’une société pour la restructuration de la dette publique, une baisse importante des taux d’imposition, le développement d’une banque de développement, la création d’une société publique chargée de gérer la dette des clients des banques et de protéger les clients surendettés des saisies immobilières, le retour des droits des travailleurs, et l’incitation à l’entreprenariat.
« Psychodrame »
Selon Nikos Dimou, journaliste et auteur de Du malheur d’être Grec (Payot, 2012), « ce nouveau parti n’aura pas une grande influence sur la scène politique grecque ». « Les électeurs déçus de Syriza qui sont allés vers les partis plus à gauche, comme le parti de Panagiotis Lafazanis, Unité populaire, ne représentent qu’une faible proportion de l’électorat, et M. Varoufakis ne pourrait récupérer que les voix de ces quelques électeurs marqués à l’extrême gauche », dit-il.
Autre désavantage pour M. Varoufakis : « Il parle comme un universitaire, et en Grèce un homme politique comme Andréas Papandréou [ex-premier ministre et fondateur du Pasok, le parti socialiste], qui pourtant était aussi intellectuel, avait compris qu’il faut jouer l’homme du peuple, aller danser le sirtaki, manger dans les tavernes populaires, employer la langue de la plèbe », poursuit l’éditorialiste.

        Lire l’entretien :
         

          Yanis  Varoufakis : « Macron a déjà échoué face à l’Allemagne »



Enfin, pour la majorité des Grecs, Yanis Varoufakis reste associé selon M. Dimou, « à la catastrophe de l’été 2015 », lorsque les banques ont été fermées et imposé le contrôle des capitaux. « J’ai perdu 20 % de mon chiffre d’affaires à cause de ce psychodrame qui a failli nous conduire hors de la zone euro ! », s’insurge ainsi Kostis, propriétaire d’un magasin d’informatique dans le centre d’Athènes.
Au début du mois de mars, Thomas Wieser, ancien président des réunions préparatoires de l’Eurogroupe, avait déclaré que « les six premiers mois du gouvernement Syriza avaient coûté à la Grèce près de 200 milliards d’euros ». Lundi, à Athènes, Yanis Varoufakis a répondu à ces accusations : « En 2015, ce sont les créanciers qui ont étranglé la Grèce, refusé de négocier de bonne foi et orchestré une panique bancaire. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Les Etats-Unis, le Canada et 14 pays de l’UE ont annoncé des mesures de rétorsion consécutives à la tentative d’assassinat de l’agent double Sergueï Skripal.
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Affaire Skripal : action coordonnée de pays occidentaux pour expulser des diplomates russes

Les Etats-Unis, le Canada et 14 pays de l’UE ont annoncé des mesures de rétorsion consécutives à la tentative d’assassinat de l’agent double Sergueï Skripal.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 15h29
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 18h01
   





                        



   


Trois semaines après l’empoisonnement de l’agent double Sergueï Skripal, de nombreux pays occidentaux – dont quatorze de l’UE, a annoncé Donald Tusk, président du Conseil européen – ont décidé, lundi 26 mars, de mener une action coordonnée pour sanctionner la Russie en expulsant nombre de diplomates.
La mesure doit concerner plus de trente diplomates dans l’Union européenne, a souligné Donald Tusk, et plus d’une soixantaine aux Etats-Unis, qui s’ajoutent aux 23 diplomates russes déjà expulsés par la Grande-Bretagne. « Des mesures supplémentaires, incluant de nouvelles expulsions, ne sont pas exclues dans les prochains jours et [les prochaines] semaines », a ajouté M. Tusk.
La Russie a aussitôt réagi. « Le geste provocateur de prétendue solidarité avec Londres de ces pays (…) témoigne de la poursuite d’une ligne de confrontation visant à aggraver la situation, a déclaré la diplomatie russe dans un communiqué. Nous allons forcément y répondre. »
De son côté, le ministre des affaires étrangères britanniques, Boris Johnson, a salué sur Twitter « la réponse extraordinaire » des alliés du Royaume-Uni, qui « constitue le plus grand mouvement d’expulsion d’agents russes de l’histoire, et permet de défendre notre sécurité partagée ».

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                Que sait-on sur l’empoisonnement de l’ex-agent double russe au Royaume-Uni ?



Quatre diplomates expulsés de France
Le plus gros contingent est annoncé aux Etats-Unis. Un haut responsable de l’administration américaine a indiqué que 48 « agents de renseignement connus » du consulat de Russie à Seattle, au nord-ouest des Etats-Unis, et 12 de plus à la mission russe de l’ONU ont sept jours pour quitter les Etats-Unis. « Les Etats-Unis sont prêts à coopérer pour bâtir une meilleure relation avec la Russie, mais cela ne peut que se produire si le gouvernement russe change d’attitude », souligne un communiqué de presse de la Maison Blanche, qui a aussi annoncé la fermeture du consulat de Seattle en raison de sa proximité avec une base de sous-marin et d’une grande partie des installations industrielles de Boeing. Son voisin américain, le Canada, a expulsé quatre diplomates.
La France va expulser quatre diplomates russes « dans un délai d’une semaine », a fait savoir le Quai d’Orsay. De son côté, l’Allemagne va également en expulser quatre, a précisé le ministère des affaires étrangères allemand. « Nous avons expulsé aujourd’hui quatre diplomates russes. Car la Russie n’a toujours pas contribué à éclaircir l’empoisonnement de Salisbury » a-t-il ajouté. L’Italie, le Danemark et les Pays-Bas ont chacun annoncé l’expulsion de deux diplomates vers Moscou, la Finlande, la Suède et la Croatie expulseront chacun un diplomate russe.
Plusieurs pays ayant fait partie de l’ancien bloc soviétique, la Pologne, l’Ukraine, la République tchèque et les trois pays baltes (Lituanie, Estonie et Lettonie) ont annoncé le même genre d’initiatives. Les principales mesures de rétorsion viennent de l’Ukraine – dont les tensions avec la Russie ne retombent pas depuis l’annexion de la Crimée par la Russie il y a quatre ans –, qui a annoncé l’expulsion de 13 diplomates russes. En revanche, la Slovaquie a décidé d’étudier « les mesures à venir ».

        Lire aussi :
         

                Des Etats européens examinent la possibilité de représailles supplémentaires contre la Russie



Représailles contre la Russie
Ces annonces sont les conséquences de l’affrontement diplomatique qui oppose la Russie et le Royaume-Uni depuis trois semaines. Le 4 mars, un agent double prénommé Sergueï Skripal et sa fille Ioulia ont été les victimes d’une attaque au gaz innervant, le Novitchok. L’événement a tout de suite pris une tournure politique à la lumière de l’identité de la victime : Sergueï Skripal, 66 ans, est un ancien colonel du service de renseignement russe réfugié au Royaume-Uni. Les soupçons se sont alors portés sur la Russie qui nie toute implication dans cette tentative d’assassinat.
Londres a déjà expulsé 23 diplomates russes présentés comme des « agents du renseignement sous couverture » et suspendu les relations bilatérales avec la Russie. Moscou a répliqué en expulsant le même nombre de diplomates et en ordonnant la fermeture du British Council.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Revenant sur l’affaire Skripal, l’auteur britannique de « McMafia », spécialiste de la Russie, regrette la trop grande ouverture du Royaume-Uni aux oligarques.
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Pour Misha Glenny, « la City a tout fait pour attirer l’argent russe »

Revenant sur l’affaire Skripal, l’auteur britannique de « McMafia », spécialiste de la Russie, regrette la trop grande ouverture du Royaume-Uni aux oligarques.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 12h12
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 12h25
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Misha Glenny est l’auteur du livre McMafia : au cœur de la criminalité internationale (Denoël, 2009), qui a servi de base au scénario d’une série de la BBC, McMafia. Ancien correspondant en Europe de l’Est du Guardian puis de la BBC, il a couvert la fin des régimes socialistes en Europe de l’Est et la guerre en ex-Yougoslavie.
Comment la fin du communisme a-t-elle généré des mafias ?
En travaillant au long cours en Russie, deux choses m’ont frappé. D’abord le contexte de mondialisation : la levée de tout contrôle d’Etat sur les transactions financières à la fin des années 1980 a fait exploser le nombre des transactions effectuées sans surveillance. Avec cet argent, les multinationales et les institutions financières ont pu persuader des pays comme le Brésil et l’Inde de s’ouvrir aux investissements étrangers avec la promesse que l’argent serait ensuite rapatrié. Cela a enclenché le mouvement d’externalisation du travail de l’Ouest vers le monde entier.
En parallèle se sont produits l’effondrement du communisme et le passage brutal d’une économie planifiée à une économie de marché. Or la Russie ne disposait d’aucun instrument pour réglementer ce nouvel environnement. Les tribunaux ne fonctionnaient pas et ignoraient ce que signifiait régler un différend commercial. Aussi chaque homme d’affaires russe a dû recruter sa propre police pour assurer le respect de ses contrats. Les sociologues parlaient de « forces de l’ordre privées » mais il s’agit en réalité de mafias. En Sicile au milieu du XIXe siècle, elles étaient apparues exactement dans le même contexte. La fonction intrinsèque d’une mafia consiste à protéger les marchés lorsque l’Etat n’est pas en situation de le faire.
Un capitalisme de gangsters a émergé en Russie dans les années 1990 sous l’égide de ces groupes armés capables de déployer des menaces violentes. Chaque oligarque a commencé à en entretenir un ou plusieurs....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Sur son blog, Olivier Rollot revient sur l’ambition d’Emmanuel Macron de voir se constituer des universités européennes. A ce stade, « rien n’est vraiment clair » sur leur périmètre, leur caractère ouvert ou élitiste ou encore sur le diplôme délivré.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ 
<article-nb="2018/03/26/19-7">
<filnamedate="20180326"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180326"><AAMMJJHH="2018032619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Deux cents personnes ont manifesté dimanche à Bruxelles en soutien aux indépendantistes catalans en fuite. Trois anciens ministres ont dit se tenir à la disposition de la justice belge.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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En Belgique, la mobilisation pour Puigdemont et ses ministres faiblit

Deux cents personnes ont manifesté dimanche à Bruxelles en soutien aux indépendantistes catalans en fuite. Trois anciens ministres ont dit se tenir à la disposition de la justice belge.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h23
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)








                        



                                


                            

Trois des quatre anciens ministres catalans qui avaient suivi Carles Puigdemont dans sa fuite séjournent toujours en Belgique. Ils ont fait savoir dimanche 25 mars au procureur du roi, par l’entremise de leurs avocats, qu’ils se tenaient à la disposition de la justice. Compte tenu de la réactivation par Madrid, vendredi, du mandat d’arrêt européen qui les vise, comme l’ex-président de Catalogne, ils devraient, en principe, être de nouveau arrêtés.

Après leur arrivée en Belgique, le 30 octobre 2017, trois jours après la proclamation unilatérale de l’indépendance catalane, ils avaient été entendus par la police avant d’être conduits devant un juge d’instruction. Celui-ci les avait libérés sous condition. Devant la Chambre du conseil de Bruxelles, chargée d’examiner si le mandat d’arrêt européen devait être exécuté ou non, les avocats de M. Puigdemont et des quatre anciens ministres avaient plaidé que leurs clients n’avaient commis aucune infraction pénale susceptible de tomber sous le coup de la loi belge – une thèse contestée par certains constitutionnalistes. Les défenseurs estimaient, dans un long argumentaire, que les responsables catalans étaient mis en cause par Madrid pour leurs seules activités politiques.
Le 5 décembre, avant la décision du président de la Chambre, Madrid décidait de retirer le mandat, ce qui a permis à M. Puigdemont de poursuivre ses activités en Belgique et de voyager en Europe. Il s’est notamment rendu au Danemark et en Suisse et a occupé la scène médiatique belge. A Bruxelles, il bénéficie du soutien politique et matériel des nationalistes flamands, dont des élus de l’Alliance néoflamande (NVA), le parti de Bart De Wever, qui détient plusieurs portefeuilles au gouvernement fédéral et dirige la Région flamande.
« Régime autoritaire »
Dimanche, l’avocat belge du président destitué, maître Paul Bekaert, a dénoncé une arrestation « à visée purement politique » et un « danger de violation des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Masquées par la confrontation orchestrée avec l’Occident, les questions de politique intérieure préoccupent l’entourage du chef du Kremlin.
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Le nouveau mandat de Vladimir Poutine débute par le « dilemme » des réformes manquées

Masquées par la confrontation orchestrée avec l’Occident, les questions de politique intérieure préoccupent l’entourage du chef du Kremlin.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 14h44
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Prévue début mai, l’investiture officielle de Vladimir Poutine donnera le coup d’envoi de son nouveau bail de six ans à la présidence de la Russie. A l’approche de cette date, Moscou bruisse de rumeurs sur d’éventuels changements au sein du gouvernement. « Ce n’est que maintenant que j’y pense vraiment », avait assuré le chef du Kremlin au soir de sa réélection avec 76,69 % des voix, selon les résultats définitifs annoncés vendredi 23 mars par la Commission centrale électorale.
Le sort du chef du gouvernement Dmitri Medvedev est désormais scruté. Il se dit aussi que Sergueï Lavrov, ministre des affaires étrangères depuis quatorze ans, serait « fatigué ». Mais remaniement ou pas, la question demeure : un nouveau mandat pour faire quoi ?

Sans aucune discussion sur son bilan après dix-huit ans au pouvoir, ni même la présentation d’un programme économique et social, la campagne présidentielle – pour laquelle a été dépensée la bagatelle de 18 milliards de roubles (257 millions d’euros) – n’a guère permis de lever le voile sur les intentions de M. Poutine.
Vendredi, ce dernier a remercié ses compatriotes dans une courte allocution télévisée tout en les appelant de nouveau à l’unité « face au défi historique auquel nous sommes confrontés ». Sans doute, le chef du Kremlin voulait-il parler de la nouvelle dégradation des relations avec l’Occident, après l’attaque chimique sur le sol britannique imputée à la Russie contre un ex-agent double et sa fille.
Le président russe promet « des changements profonds » pour accroître l’efficacité de l’économie et réduire la pauvreté, « sur la base d’une percée technologique » annoncée sans plus de précision
Mais il a plutôt choisi de mettre l’accent sur la politique intérieure en promettant « des changements profonds » pour accroître l’efficacité de l’économie et réduire la pauvreté, « sur la base d’une percée technologique » annoncée sans plus de précision....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le chef de la diplomatie turque explique ce qu’il attend du sommet de Varna : des avancées sur « les visas, l’union douanière, l’accord migratoire ».
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Sommet UE-Turquie : « Il faut arrêter de nous regarder de haut »

Le chef de la diplomatie turque explique ce qu’il attend du sommet de Varna : des avancées sur « les visas, l’union douanière, l’accord migratoire ».



Le Monde
 |    26.03.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 14h34
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Le « mini-sommet » qui s’ouvre, lundi 26 mars à Varna, en Bulgarie, entre le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et les présidents de la Commission et du Conseil européen, Jean-Claude Juncker et Donald Tusk, est censé durer quelques heures. Suffira-t-il à recoller les morceaux de la relation dégradée entre l’Union européenne et la Turquie ? Sans trop s’attarder sur les sujets qui fâchent – les tensions en Méditerranée, la dérive autoritaire du président Erdogan, les atteintes aux droits de l’homme –, les responsables européens vont jouer la conciliation.
Dépendante d’Ankara pour la gestion des flux migratoires, la lutte antiterroriste et la coopération pour la capture des djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI) de retour de Syrie, l’UE marche sur des œufs. Conformément à l’accord sur les migrants conclu en mars 2016 avec la Turquie, Bruxelles a décidé de débloquer trois milliards d’euros supplémentaires pour aider l’Etat turc dans sa prise en charge de trois millions de réfugiés syriens.

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Comme il faut bien sanctionner les manquements à l’Etat de droit, les versements octroyés à la Turquie en 2018 au titre de la préadhésion vont diminuer (moins 100 millions d’euros). Les versements de préadhésion existent mais il n’est plus question d’adhésion. Depuis la dérive autoritaire qui a suivi le coup d’Etat manqué de juillet 2016, aucun responsable en Europe ne peut croire sérieusement à l’arrimage de la Turquie à l’UE. « L’accession de la Turquie à l’Union en tant qu’alliance politique organisée n’est plus à l’ordre du jour », écrit Marc Pierini, chercheur à la Fondation Carnegie Europe, dans une analyse publiée le 14 mars. Malgré cela, « il faut continuer à coopérer », ajoute l’ancien diplomate.
Le gouvernement turc, lui, continue d’y croire, ou fait comme si. « L’adhésion reste notre but stratégique. Notre volonté n’a jamais faibli mais, malheureusement, Bruxelles fait tout pour l’ignorer », a expliqué Mevlüt Çavusoglu, le chef de la diplomatie, lors d’un entretien avec Le Monde à Ankara, à la veille de la rencontre de Varna. De celle-ci, il attend des avancées dans trois domaines : « La libéralisation des visas, l’union douanière, l’accord migratoire. » Selon lui, les tensions dans la relation Turquie-UE sont « passagères » : « Les Européens vont s’habituer à la nouvelle Turquie. Bien sûr, cela prendra du temps. Ils vont devoir réaliser que nous ne pouvons plus patienter les bras croisés devant la porte. » 
« Nous faisons partie de ce continent »
Sûre d’elle, la « nouvelle Turquie » entend tenir la dragée haute aux partenaires européens tant elle se voit comme « irremplaçable » pour la gestion des flux migratoires et la lutte antiterroriste. « Il est inacceptable que les Européens nous rappellent combien nous sommes éloignés d’eux, estime M. Çavusoglu. Nous faisons partie de ce continent. » Selon lui, la mésentente est due en grande partie « à la morgue des Européens ». « Bruxelles a un regard condescendant sur certains pays, à commencer par ses propres Etats membres, regrette M. Çavusoglu. Il faut arrêter de nous regarder de haut. Menacer, mépriser est contre-productif. Pour progresser ensemble, encore faut-il voir l’interlocuteur comme un égal. » 
La Turquie n’a-t-elle pas quelques manquements à déplorer ? « Aucun. » Le coupable, c’est l’autre. « Les Européens ne savent pas ce qu’ils veulent par rapport à l’élargissement, attaque le diplomate. Leur projet est plein d’incertitudes, leur politique n’est pas claire. Certains Etats veulent rétrécir l’Union, retourner à l’ordre ancien, douze pays ; d’autres veulent la quitter. L’émergence de mouvements politiques souverainistes et xénophobes remet en question la raison d’être de l’Union et lui fait perdre sa crédibilité. »
Le « partenariat privilégié » évoqué par Emmanuel Macron lors de la visite de son homologue turc à Paris, en janvier, n’est pas vu d’un bon œil. « Cette proposition est floue », balaie M. Çavusoglu. C’est l’adhésion ou rien. Mais pour y prétendre, ne faudrait-il pas commencer par rétablir l’Etat de droit en Turquie ? « Toutes les exigences des Européens en matière de respect des droits de l’homme figurent dans les chapitres 23 et 24 des négociations d’adhésion. Il ne tient qu’à Bruxelles de décider de les ouvrir. De notre côté, nous sommes prêts à appliquer ces critères. Si nous échouons, ces chapitres seront fermés. Pourquoi ne pas les ouvrir ? »
Litige chypriote
Comme si les sujets qui fâchent ne suffisaient pas entre l’UE et la Turquie, un nouveau litige s’est ajouté, qui porte sur l’exploitation des réserves de gaz au large de Chypre. Ankara s’y est opposé en empêchant un navire de la compagnie italienne ENI d’accéder aux gisements. Jeudi 22 mars, le Conseil européen a condamné « la poursuite des actions illégales de la Turquie en Méditerranée orientale et en mer Egée », affirmant sa « pleine solidarité avec Chypre et la Grèce ».
Les Turcs ont une lecture opposée. « Tous les pays garants reconnaissent que les Chypriotes turcs ont des droits sur ces richesses. La partie chypriote grecque agit de façon inacceptable en niant ces droits. Pour eux, négocier la part des Chypriotes turcs sur les réserves gazières offshore équivaut sans doute à reconnaître la partie turque de Chypre en tant qu’Etat », affirme M. Çavusoglu. « Une solution pourrait être négociée avec l’aide [de l’UE]. Mais que fait-elle ? Au lieu de convaincre la partie chypriote grecque de reconnaître les droits des Turcs de l’île, elle n’est que critiques vis-à-vis de la Turquie. »

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ L’ancien dirigeant indépendantiste catalan a été arrêté à son entrée en Allemagne dimanche. Il doit être présenté à un juge lundi.
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L’Allemagne se divise sur le sort de son « premier prisonnier politique » Carles Puigdemont

L’ancien dirigeant indépendantiste catalan a été arrêté à son entrée en Allemagne dimanche. Il doit être présenté à un juge lundi.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 11h00
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


La réaction du gouvernement allemand a été tardive, prudente et laconique. Ce n’est qu’en toute fin d’après-midi, dimanche 25 mars, que Katarina Barley, la ministre de la justice, a commenté l’arrestation par la police allemande, en fin de matinée, de Carles Puigdemont, l’ex-président indépendantiste de la Catalogne. « Les premiers temps de l’affaire sont purement judiciaires. Vous comprendrez donc que je n’intervienne pas politiquement dans une procédure qui ne relève que du droit. Et que je ne fasse pas de déclarations précipitées », s’est contentée de déclarer Mme Barley sur la chaîne de télévision ARD.
Il était en effet difficile d’imaginer que le gouvernement fédéral allemand se précipite pour commenter le sort réservé à M. Puidgemont, alors que la justice régionale du Schleswig-Holstein, le Land où il a été arrêté, a jusqu’à mardi pour décider de le mettre ou non en liberté conditionnelle, avant qu’un autre tribunal se prononce sur le fond, à savoir sur sa demande d’extradition formulée par l’Espagne.

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                De la destitution à l’arrestation de Puigdemont, retour sur les moments forts de la crise catalane



Il n’empêche : même si le gouvernement allemand souhaite, pour l’heure, la cantonner à sa pure dimension juridique, l’affaire a déjà pris un tour très politique outre-Rhin. Dimanche, le parti de gauche radicale Die Linke a qualifié de « honte » l’arrestation de M. Puigdemont, et réclamé sa « libération immédiate ».
Egalement dans l’opposition, les Verts et les libéraux-démocrates (FDP) ont réclamé une prise de position claire de la part du gouvernement d’Angela Merkel, afin que celui-ci pousse la Commission européenne à se saisir du dossier au lieu de le laisser entre les mains de la justice d’un seul Etat. « Juridiquement, la détention de M. Puigdemont n’est pas contestable, mais politiquement elle soulève de gros problèmes », a ainsi réagi le député FDP Alexander Graf Lambsdorff, dimanche.
Depuis le début de la crise catalane, la « grande coalition » de Mme Merkel considère que la cause indépendantiste n’est ni légale, ni légitime. D’un autre côté, l’Allemagne peut-elle faire avec M. Puigdemont ce que d’autres pays européens n’ont pas fait avec lui jusqu’à présent, à l’instar de la Belgique où il s’est installé en octobre 2017 ? « L’Allemagne a son premier prisonnier politique », commentait, dimanche, le quotidien Süddeutsche Zeitung. Une chose est sûre : quel qu’il soit, le sort de l’ex-président catalan est désormais au cœur du débat politique allemand.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Yves Trotignon, ancien cadre de la DGSE, suggère que le message émis avec l’empoisonnement des Skripal est peut-être plus important encore que la cible frappée.
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« Les pratiques traditionnelles du renseignement ne disparaissent pas »

Dans une tribune au « Monde », Yves Trotignon, ancien cadre de la DGSE, suggère que le message émis avec l’empoisonnement des Skripal est peut-être plus important encore que la cible frappée.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 18h18
    |

Yves Trotignon (enseignant à Science Po)







                        



                                


                            
[La Grande-Bretagne a ­accusé la Russie d’avoir empoisonné, le 4 mars, un ex-agent double, Sergueï Skripal, et sa fille Ioulia, retrouvés inconscients sur un banc à Salisbury, au sud-ouest de Londres. L’Allemagne, les Etats-Unis et la France ont soutenu Londres. Ils ont exprimé leur « consternation » et dénoncé « une menace pour la sécurité ». La Russie a nié toute responsabilité dans cette tentative d’empoisonnement, pourfendant un « numéro de cirque » du gouvernement britannique. En attendant les conclusions de l’enquête, Londres a riposté mi-mars par l’expulsion de 23 diplomates russes en poste en Grande-Bretagne. Moscou a répondu en expulsant 23 diplomates britanniques. Lundi 26 mars, quatorze pays de l’UE, l’Ukraine, les Etats-Unis et le Canada ont annoncé des expulsions de représentants de la Russie.]
Tribune. La fin de la guerre froide, marquée par la chute du mur de Berlin puis l’effondrement de l’Union soviétique, fit disparaître aux yeux de nombre de responsables politiques les services de renseignement, perçus comme des administrations obscures et coûteuses. Au cours des années 1990, le moment unipolaire des Etats-Unis ne fit qu’entériner l’idée, fausse mais séduisante, que les grands affrontements entre services n’avaient plus de cause qu’économique.
Les commentateurs avaient alors coutume de dire que les compétitions stratégiques s’effaçaient et que les chocs idéologiques étaient en passe de disparaître, au profit d’une supposée guerre entre grands intérêts commerciaux et financiers. La réalité, naturellement, était très différente, et les services continuaient, de la façon la plus feutrée, de démasquer les inévitables taupes adverses tout en plaçant les leurs.
« Contre des réseaux djihadistes complexes, les méthodes séculaires retrouvèrent aux yeux des gouvernements toute leur pertinence »
Les attentats du 11-Septembre remirent soudainement sous les projecteurs les services de sécurité et de renseignement....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ A l’heure de l’affaire Skripal, l’Europe est le théâtre d’un nouveau conflit, dont les acteurs sont repliés sur leurs intérêts nationaux, analyse le romancier dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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Percy Kemp : « Une guerre pour l’Europe »

A l’heure de l’affaire Skripal, l’Europe est le théâtre d’un nouveau conflit, dont les acteurs sont repliés sur leurs intérêts nationaux, analyse le romancier dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    26.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 18h05
    |

Percy Kemp (Romancier, dirige un cabinet de conseil en risque politique et intelligence économique)







                        



                                


                            
[La Grande-Bretagne a ­accusé la Russie d’avoir empoisonné le 4 mars un ex-agent double, Sergueï Skripal et sa fille Ioulia, retrouvés inconscients sur un banc à Salisbury, au sud-ouest de Londres. L’Allemagne, les Etats-Unis et la France ont soutenu Londres. Ils ont exprimé leur « consternation » et dénoncé « une menace pour la sécurité ». La Russie a nié toute responsabilité dans cette tentative d’empoisonnement, pourfendant un « numéro de cirque » du gouvernement britannique. En attendant les conclusions de l’enquête, Londres a riposté mi-mars par l’expulsion de 23 diplomates russes en poste en Grande-Bretagne. Moscou a répondu en expulsant 23 diplomates britanniques. Lundi 26 mars, quatorze pays de l’UE, l’Ukraine, les Etats-Unis et le Canada ont annoncé des expulsions de représentants de la Russie.]
Tribune. Que dire en voyant ces images de diplomates russes expulsés, quittant le Royaume-Uni après que Londres a pointé le Kremlin du doigt dans l’empoisonnement de l’ex colonel du GRU (service de renseignements de l’armée russe) et agent double britannique Sergueï Skripal ? Que penser en voyant Washington procéder, dans le pur style Checkpoint Charlie, à un échange d’agents avec Moscou, ou la justice américaine enquêter sur des interférences russes dans la dernière élection présidentielle ? Que croire en voyant Moscou condamner des ONG russes pour connivence avec l’étranger et accuser l’OTAN de chercher à asphyxier la Russie en s’étendant jusqu’à ses frontières ?
Que dire, sinon qu’on assisterait là à un retour à la guerre froide ? Mais est-ce le cas ? Rien n’est moins sûr. La guerre froide avait mis aux prises, de part et d’autre d’une ligne rouge religieusement respectée, deux blocs de pays déjà constitués et qui demeureraient compacts et homogènes près d’un demi-siècle durant : les opérations de services secrets que nous voyons aujourd’hui se déroulent sur une scène historique en flux constant, les règles, les lignes rouges,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Arrêté en Allemagne, le responsable indépendantiste doit comparaître lundi devant un tribunal. Dimanche, 55 000 sympathisants ont défilé à Barcelone, dans un climat parfois violent
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/03/2018
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Catalogne : l’ex-président Carles Puigdemont va être présenté à un juge en Allemagne

Arrêté en Allemagne, le responsable indépendantiste doit comparaître lundi devant un tribunal. Dimanche, 55 000 sympathisants ont défilé à Barcelone, dans un climat parfois violent



Le Monde
 |    26.03.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 11h19
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant), 
Isabelle Piquer (Madrid, correspondance) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            
L’ex-président de Catalogne, Carles Puigdemont, devait être présenté, lundi 26 mars, à un juge en Allemagne après son arrestation la veille. C’est la fin d’une cavale de près de cinq mois, qui a suscité dimanche de nouvelles manifestations indépendantistes à Barcelone.
Dimanche, à 11 h 19, le président déchu de la Catalogne a été arrêté par la police allemande dans une station-service située à une vingtaine de kilomètres au sud de la frontière avec le Danemark. Il était sous le coup d’un mandat d’arrêt européen lancé par la justice espagnole, qui l’accuse de rébellion et de détournement de fonds publics pour avoir mené une tentative ratée de sécession en octobre 2017.
M. Puigdemont était suivi par les services de renseignements espagnols (CNI) depuis qu’il avait décidé de se rendre en Finlande pour y rencontrer des parlementaires et participer à un séminaire à l’université d’Helsinki. Vendredi après-midi, après que la Cour suprême espagnole a émis son mandat d’arrêt, il avait décidé de rentrer incognito en Belgique, où il s’est réfugié en octobre 2017 après la proclamation unilatérale d’indépendance par le Parlement catalan, jugée illégale par la justice espagnole.
D’après les médias espagnols, il aurait pris un ferry pour la Suède, puis traversé le Danemark en direction de Hambourg. L’arrestation a eu lieu sur l’autoroute qui traverse du nord au sud le Schleswig-Holstein, près de la petite ville de Schuby. M. Puigdemont a peut-être été trop téméraire dans ses déplacements. Il s’était déjà rendu au Danemark, en janvier, ainsi qu’en Suisse, en mars.
Maître Jaume Alonso-Cuevillas s’est montré « modérément optimiste » sur le sort de son client
Le responsable indépendantiste a été incarcéré à Neumünster, dans le nord de l’Allemagne. Selon son avocat, Jaume Alonso-Cuevillas, qui s’est montré « modérément optimiste » sur le sort de son client, « il a été traité correctement ». L’avocat belge du président destitué, Me Paul...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Cinq mois après avoir fui son pays, l’ex-président catalan a été arrêté en Allemagne. Il doit être présenté lundi à un juge.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/03/2018
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De la destitution à l’arrestation de Puigdemont, retour sur les moments forts de la crise catalane

Cinq mois après avoir fui son pays, l’ex-président catalan a été arrêté en Allemagne. Il doit être présenté lundi à un juge.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 17h19
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 09h17
   





                        


« Nous ne renoncerons pas », assurait-il encore au début de mars dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux depuis la Belgique, où il s’était exilé, en s’engageant à rendre « possible » cette « République catalane » symboliquement proclamée le 27 octobre 2017. Cinq mois après avoir fui son pays, l’ex-président catalan Carles Puigdemont a été arrêté, dimanche 25 mars, par la police allemande, en vertu d’un mandat d’arrêt international émis par l’Espagne.
De la destitution du leader indépendantiste à la fin d’octobre, à son arrestation dimanche par la police allemande, retour sur les temps forts de la crise catalane.
Proclamation unilatérale d’indépendance et destitution
Le 27 octobre, le Parlement catalan proclame unilatéralement l’indépendance, votée par 70 députés sur 135. La riposte annoncée de Madrid arrive sans tarder : mise sous tutelle de la Catalogne, destitution du gouvernement de Carles Puigdemont, dissolution du Parlement et convocation d’élections régionales le 21 décembre.

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                Catalogne : les indépendantistes proclament une république symbolique



Le 29 octobre, des centaines de milliers de personnes manifestent à Barcelone pour l’unité de l’Espagne, criant « Puigdemont en prison ».
Puigdemont se réfugie en Belgique

Le 30 octobre, Carles Puigdemont se réfugie à Bruxelles, avec quatre membres de son gouvernement destitué, après avoir quitté secrètement la Catalogne.
Le 2 novembre, son ancien vice-président, Oriol Junqueras, et sept autres « ministres » indépendantistes, sont emprisonnés pour « rébellion et sédition ».
Mandats d’arrêt européens contre Puigdemont
Le lendemain, l’Espagne émet des mandats d’arrêt européens contre Carles Puigdemont et les quatre anciens ministres qui l’ont suivi en Belgique, puis les retire le 5 décembre. Mais s’ils reviennent en Espagne, les cinq hommes, inculpés de rébellion et sédition, risquent d’être arrêtés. M. Puigdemont lance depuis la Belgique sa campagne pour les régionales.

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Des élections régionales atypiques

Le 21 décembre, les Catalans votent en masse et donnent une majorité aux indépendantistes au Parlement régional, au terme d’un scrutin atypique, avec trois parlementaires en détention pour leur rôle dans la tentative de sécession et cinq autres, dont Puigdemont, en exil.
Le 29 décembre, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy annonce qu’il convoque la première session du nouveau Parlement le 17 janvier. Le premier tour de scrutin pour élire le président de la région devra suivre dans les dix jours, rappelle-t-il, jugeant « absurde » que Carles Puigdemont gouverne la Catalogne depuis l’étranger, comme le suggère son parti. Le lendemain, Puigdemont exige une négociation politique et la restauration par Madrid de son gouvernement.
Puigdemont désigné candidat à la tête de la région
Le 5 janvier 2018, la Cour suprême s’oppose à la libération de son ancien numéro deux Oriol Junqueras. La Catalogne restera sous la tutelle de Madrid si Puigdemont tente de la gouverner de Bruxelles, prévient Rajoy. Le futur président de la Catalogne devra « prendre ses fonctions » « physiquement », affirme-t-il mi-janvier.
Le 17 janvier, l’indépendantiste Roger Torrent est élu à la présidence du Parlement catalan et entame les consultations pour proposer un candidat à la présidence régionale.
Le 22 janvier, Carles Puigdemont est officiellement désigné par le Parlement candidat à la présidence de la région. Le ministre de l’intérieur assure le lendemain que les forces de l’ordre sont sur le qui-vive « partout » pour empêcher un retour de Puigdemont incognito « en hélicoptère, ULM ou bateau » voire « dans le coffre d’une voiture ». Le dirigeant indépendantiste dit souhaiter pouvoir rentrer en Espagne pour son investiture sans risquer une incarcération.
Suspension de la réélection de Puigdemont
Le 27 janvier, la Cour constitutionnelle suspend la réélection, prévue trois jours plus tard, de Puigdemont comme président de la Catalogne, estimant qu’une investiture à distance n’est pas légale. Elle pose la condition qu’il se présente « en personne au Parlement, muni d’une autorisation judiciaire préalable ».
Le 30 janvier, le président du parlement catalan décide d’ajourner la session d’investiture. Puigdemont maintient sa candidature.
Le 13 février le Parlement catalan annonce qu’il va saisir la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour que Puigdemont puisse être réinvesti comme président de la région.
Puigdemont renonce à briguer la présidence catalane
Le 1er mars Carles Puigdemont renonce à briguer la présidence catalane, assurant qu’il défendra la cause de sa « république » partout, y compris en saisissant le comité des droits de l’homme de l’ONU.
La justice espagnole assène un coup de massue à l’indépendantisme catalan
Le 23 mars, un juge espagnol met formellement en examen 25 dirigeants indépendantistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne, dont 13 pour « rébellion », et lance des mandats d’arrêt européens et internationaux contre les six qui ont fui à l’étranger dont Carles Puigdemont. La sixième, Marta Rovira, est partie le jour même.

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Puigdemont est arrêté en Allemagne
Le 25 mars, M. Puigdemont est arrêté par la police allemande à la frontière, au moment où il arrivait en voiture depuis le Danemark. Son avocat précise que son client a été interpellé alors qu’il rentrait en Belgique après un séjour en Finlande.

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Les partisans du Brexit accusés d’avoir contourné le plafond de dépenses durant la campagne de 2016

Des médias britanniques ont publié, samedi 24 mars, le témoignage d’un ancien militant de la campagne du « Leave ».



Le Monde
 |    25.03.2018 à 13h57
   





                        



   


Les partisans du Brexit auraient dépassé le plafond des dépenses autorisées par la loi britannique durant la campagne de 2016, selon un militant ayant participé à la campagne, Shahmir Sanni, dans des interviews à Channel 4 News et à The Observer, publiées samedi 24 mars. L’accusation implique de nombreux membres du gouvernement de Theresa May, à commencer par Boris Johnson, le ministre des affaires étrangères et fer de lance de la campagne du Brexit.

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Selon M. Sanni, le groupe baptisé « Vote Leave », principal acteur de la campagne en faveur de la sortie de l’Union européenne, aurait versé des fonds à un autre groupe faisant campagne en faveur du Brexit, afin d’éviter de dépasser le plafond légal des dépenses.
Selon les éléments rapportés par The Observer et Channel 4 News, « Vote Leave » était proche de la limite légale de 7 millions de livres sterling (8 millions d’euros) lorsque, dans les derniers jours de la campagne, il a fait une donation de 625 000 livres sterling au fondateur du groupe BeLeave, Darren Grimes.
« Ce n’était pas légal »
Or, alors que la loi électorale britannique interdit la coordination entre des campagnes supposées être indépendantes, M. Sanni assure que Darren Grimes n’a eu aucun contrôle sur la manière dont cet argent a été dépensé. Toutes les décisions concernant ces 625 000 livres seraient passées par Stephen Parkinson, ancien coordinateur de la campagne du Brexit et aujourd’hui conseiller spécial de la première ministre, Theresa May.
« Ils ont utilisé BeLeave pour dépasser le plafond des dépenses, et pas juste pour un petit moment… Deux tiers d’un million de livres font toute la différence, et ce n’était pas légal », affirme l’ancien militant, qui a précisé avoir rapporté ses allégations à la commission électorale jeudi.
L’affaire fait suite aux révélations concernant l’entreprise britannique Cambridge Analytica, qui a notamment travaillé pour la campagne électorale numérique de Donald Trump et est accusée d’avoir siphonné en 2013 les données de 50 millions d’utilisateurs de Facebook sans leur consentement. Car Shahmir Sanni affirme que la majeure partie de cette donation a été versée à l’entreprise canadienne Aggregate IQ (AIQ), dont The Observer a montré qu’elle était liée à Cambridge Analytica.

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« Totalement ridicule »
Le directeur de Vote Leave, Dominic Cummings, a démenti ces accusations en assurant qu’il avait demandé l’avis de la commission électorale avant d’effectuer le virement au groupe BeLeave. Il a également nié tout lien entre sa campagne et Cambridge Analytica, dénonçant des accusations « factuellement fausses, désespérément confuses, ou sans aucun sens ». Stephen Parkinson a, lui aussi, démenti toutes les allégations de M. Sanni, tout comme le fondateur de BeLeave, Darren Grimes.
Le ministre des affaires étrangères Boris Johnson a également vivement réagi, condamnant des affirmations « totalement ridicules ». « #VoteLeave a gagné de manière honnête – et légalement. Nous quittons l’Union européenne dans un an », a écrit le ministre sur Twitter. Quant à la Commission électorale, elle a déclaré qu’elle menait plusieurs enquêtes au sujet de la campagne de 2016 et qu’elle ne « comment[ait] pas des enquêtes en cours ». 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Alors que des milliers de militants indépendantistes se sont retrouvés à Barcelone après l’annonce de l’arrestation de l’ancien président catalan, des affrontements ont éclaté avec les forces de l’ordre.
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Catalogne : Carles Puigdemont arrêté par la police allemande, des milliers de personnes manifestent

Alors que des milliers de militants indépendantistes se sont retrouvés à Barcelone après l’annonce de l’arrestation de l’ancien président catalan, des affrontements ont éclaté avec les forces de l’ordre.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 13h03
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 04h05
   





                        



   


C’est la fin d’une longue poursuite. Cinq mois après avoir fui son pays, l’ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont, sous le coup d’un mandat d’arrêt européen lancé par l’Espagne, a été arrêté, dimanche 25 mars, par la police allemande, près de la frontière avec le Danemark. Il sera présenté lundi à un juge en Allemagne, a annoncé le parquet.
« Cette comparution n’aura pour but que de vérifier l’identité de la personne arrêtée. Le tribunal régional du Schleswig-Holstein à Schleswig aura ensuite à décider si Monsieur Puigdemont doit être placé en détention en vue d’une remise » à l’Espagne, a fait savoir le parquet dans un communiqué

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En réaction à cette arrestation, des milliers de manifestants se sont rassemblés, dimanche après-midi à Barcelone, à l’appel des séparatistes catalans. Brandissant des drapeaux indépendantistes, ils se sont retrouvés sur les Ramblas en criant : « Liberté pour les prisonniers politiques » ou « Puigdemont, notre président ».
Les militants ont lancé des œufs, des bouteilles, des grilles de fer, et ont même tenté de lancer des conteneurs d’ordures en direction de la police, qui a chargé pour les disperser en fin de soirée, faisant usage de coups de matraque et en lançant des coups de feu en l’air. Selon les services de secours, 90 personnes ont été blessées légèrement à Barcelone, dont 22 policiers. Auparavant, les secours avait fait état de sept personnes blessées dans la ville de Lleida, à 150 km à l’ouest, et d’un blessé à Tarragone, plus au sud.
Réfugié à Bruxelles en octobre 2017
M. Puigdemont « a été arrêté aujourd’hui à 11 h 19 par la police autoroutière du Schleswig-Holstein », a déclaré un porte-parole de la police allemande. « Il est maintenant sous la garde de la police », a-t-il ajouté, précisant avoir agi dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen.
Cette arrestation a été confirmée par la porte-parole du parti de M. Puigdemont, Anna Grabalosa : « Cela s’est passé au moment où il franchissait la frontière germano-danoise. Il a été bien traité et ses avocats sont là-bas. C’est tout ce que je peux dire. » 
Carles Puigdemont s’était réfugié à Bruxelles fin octobre 2017, anticipant des poursuites pour « rébellion » et « sédition » déclenchées par la justice espagnole à la suite de la tentative ratée de sécession de la Catalogne l’automne dernier.
Infraction passible de trente ans de prison
M. Puigdemont a été arrêté deux jours après que le juge de la Cour suprême espagnole, Pablo Llarena, eut confirmé des poursuites pour « rébellion » contre 13 indépendantistes catalans, dont Carles Puigdemont, et émis ou réactivé des mandats d’arrêt européens et internationaux contre six dirigeants indépendantistes catalans partis à l’étranger.

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Cette infraction est passible de trente ans de prison. Le juge a notamment accusé M. Puigdemont d’avoir organisé le référendum d’autodétermination du 1er octobre malgré son interdiction et « le grave risque d’incidents violents ».
L’avocat de M. Puigdemont, Jaume Alonso Cuevillas, a précisé sur Twitter que son client avait été interpellé alors qu’il rentrait en Belgique après un séjour en Finlande. Il s’y était rendu jeudi et vendredi pour y rencontrer des parlementaires et participer à un séminaire à l’université d’Helsinki.
La police finlandaise avait fait savoir samedi qu’elle était prête à l’arrêter. Mais, dans la soirée, un député finlandais qui avait organisé sa visite dans le pays, Mikko Karna, a affirmé que le leadeur indépendantiste avait quitté le territoire dès vendredi soir pour la Belgique.
D’après plusieurs médias espagnols dont El Pais, les services secrets espagnols ont suivi M. Puigdemont depuis sa sortie – en ferry, puis en voiture – de Finlande, vendredi après-midi jusqu’à ce dimanche matin, en collaborant avec les autorités allemandes.
Auparavant, M. Puigdemont s’était déjà rendu au Danemark en janvier sans être inquiété, ainsi qu’en Suisse en mars.
Un chef d’accusation très controversé
Le juge Llarena reproche à l’ancien exécutif catalan d’avoir ignoré « les déclarations répétées d’inconstitutionnalité et de nullité », et évoqué particulièrement une manifestation tendue, dix jours avant le référendum interdit, où des milliers de militants séparatistes ont assiégé pendant plusieurs heures un bâtiment public où la garde civile menait une perquisition.
Le magistrat estime alors que les dirigeants catalans « savaient que ce type d’agissement était indispensable pour mener à bien un référendum interdit par les tribunaux, dont dépendait la déclaration d’indépendance ». Pour autant, le chef d’accusation de « rébellion » est très controversé, car il suppose un « soulèvement violent » qui, selon de nombreux juristes, ne s’est jamais produit.
Vendredi, le magistrat a également envoyé en détention préventive cinq indépendantistes dont Jordi Turull, candidat à la présidence de la Generalitat (exécutif catalan), plongeant encore un peu plus la Catalogne dans l’impasse politique. Vendredi soir, 37 personnes ont été légèrement blessées dans les rues de Barcelone lors de manifestations contre la décision du magistrat.
Après l’incarcération de M. Turull, le Parlement a ajourné la séance de désignation du nouveau chef de l’exécutif. C’est la troisième fois que les indépendantistes, qui disposent de la majorité absolue au Parlement, échouent à faire investir un nouveau président pour la Catalogne en raison de décisions de justice, après Carles Puigdemont et l’activiste Jordi Sanchez, incarcéré.

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S’ils n’y arrivent pas avant le 22 mai, de nouvelles élections seront automatiquement convoquées. Et tant qu’un président régional ne sera pas désigné, la Catalogne restera sous la tutelle de Madrid, qui a pris cette mesure après la déclaration d’indépendance mort-née du 27 octobre.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ La société française d’affichage, qui avait remporté le marché, devait déployer 5 000 Vélib’ électriques dans la capitale suédoise. Les concurrents évincés ont déposé un recours devant le tribunal administratif.
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A Stockholm, des bâtons dans les roues de JCDecaux

La société française d’affichage, qui avait remporté le marché, devait déployer 5 000 Vélib’ électriques dans la capitale suédoise. Les concurrents évincés ont déposé un recours devant le tribunal administratif.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 06h41
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


Les 5 000 Vélib’ électriques, flambant neufs et hyperconnectés de JCDecaux auraient dû être déployés le 1er avril dans la capitale suédoise. Un joli lot de consolation pour l’entreprise française, qui a perdu le marché parisien. Mais à la place de ces nouveaux deux-roues, les Stockholmois devront se contenter des vieux City Bikes noirs de Clear Channel. Mises au rebut à l’automne, les bécanes vont reprendre du service, le temps que le tribunal administratif de Stockholm statue sur le recours déposé par deux sociétés contre l’attribution du marché au Français.
Depuis 2006, il était contrôlé par le champion américain du mobilier urbain et de l’affichage publicitaire, Clear Channel. Il inclut la gestion d’un système de vélos en libre-service, ainsi que l’exploitation de 350 panneaux publicitaires. Au total, un contrat qui devrait rapporter 250 millions de couronnes (environ 25 millions d’euros) sur dix ans, estime le patron de JCDecaux en Suède, Magnus Heljeberg.

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Cinq compagnies avaient déposé un dossier dans le cadre de l’appel d’offres organisé par la mairie de Stockholm. Parmi elles, deux favorites : JCDecaux, déjà présent à Göteborg, la deuxième ville de Suède, et dans la cité universitaire de Lund, dans le sud du pays ; et Clear Channel qui, pour l’occasion, s’est associée à l’espagnol Movienta, un des quatre actionnaires du consortium Smovengo, qui a remporté la bataille parisienne contre JCDecaux.
« Le cahier des charges était exigeant et l’appel d’offres très compliqué Nous avons donc choisi de ne pas y aller seul » Ola Klingenborg, président de Clear Channel
« Nous aimons les vélos, mais nous sommes avant tout spécialistes de l’affichage publicitaire, explique Ola Klingenborg, président de Clear Channel en Suède. Or le cahier des charges était particulièrement exigeant et l’appel d’offres très compliqué Nous avons donc choisi de ne pas y aller seul. » Jusque-là, sa société mettait à disposition des usagers un millier de bicyclettes, disponibles uniquement dans le centre, entre 6 et 22 heures, du 1er avril au 31 octobre. En 2017, 40 000 usagers avaient souscrit un abonnement.
« La Tesla du vélo »
Cette fois, la mairie veut un système qui s’étend au-delà du centre, accessible jour et nuit, toute l’année. L’usager doit pouvoir s’abonner avec son téléphone portable en deux minutes au maximum et récupérer son vélo en moins de dix secondes. Selon Johan Sundman, directeur de projet à la direction du trafic à Stockholm, JCDecaux et Movienta ont « décroché la note maximale ». Mais la firme espagnole a été éliminée d’office, en raison d’un vice de forme : « Deux personnes ont rédigé le dossier, mais une seule a apporté la preuve qu’elle était habilitée à le faire », précise M. Sundman.
« C’est notre plus gros contrat dans les pays nordiques. Ce nouveau contrat nous permet de doubler le nombre de nos panneaux publicitaires dans la capitale »  Magnus Heljeberg, JC Decaux
Pour le Français, la victoire est importante : « C’est notre plus gros contrat dans les pays nordiques, commente Magnus Heljeberg. En 2014, nous avons remporté celui de l’affichage dans les toilettes publiques à Stockholm. Ce nouveau contrat nous permet de doubler le nombre de nos panneaux publicitaires dans la capitale. » Le 26 septembre, Jean-François Decaux, directeur général de l’entreprise avec son frère Jean-Charles, pose pour les photographes avec le Vert Daniel Helldén, adjoint aux transports, sur le parvis de la mairie de Stockholm, devant le prototype, qui doit rapidement entrer en production. « La Tesla du vélo », savoure Magnus Heljeberg : un deux-roues électrique et intelligent, connecté à une application mobile, sans borne d’attache physique, à localiser grâce à son téléphone portable, capable d’alerter les techniciens quand sa batterie est à moins de 50 % de sa capacité.

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Mais le triomphe est de courte durée. Movienta n’apprécie pas de s’être fait évincer de la course et dépose un recours devant le tribunal administratif de Stockholm. L’espagnol est rejoint par une société polonaise, qui argue que les conditions de l’appel d’offres étaient telles qu’elles l’ont empêchée de participer.
A la mairie, Johan Sundman tempère : « La quasi-totalité des appels d’offres sont contestés devant un tribunal. Le problème, c’est qu’il faut attendre entre huit et neuf mois pour une décision, qui peut encore faire l’objet d’un appel. » Il est toutefois convaincu que la mairie l’emportera et que les Stockholmois auront leurs Vélib’ d’ici à la fin de l’année. Des promesses à faire sourire un cycliste parisien.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Alors que la question de la frontière entre les deux Irlande est revenue dans le débat avec le Brexit, le Sinn Fein a décidé de porter samedi à Londres, au cours d’un meeting, sa revendication historique : la réunification de l’île.
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Au cœur de Londres, le Sinn Fein défend la réunification de l’Irlande

Alors que la question de la frontière entre les deux Irlande est revenue dans le débat avec le Brexit, le Sinn Fein a décidé de porter samedi à Londres, au cours d’un meeting, sa revendication historique : la réunification de l’île.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 22h13
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 10h35
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Devant l’entrée, une poignée d’anciens combattants britanniques brandissent avec colère des pancartes où des mains dégoulinantes de sang illustrent le mot « Sinn Fein ». Ce n’est pas un meeting comme un autre qui a lieu ce samedi 24 mars à la maison des syndicats, à deux pas du British Museum à Londres. Le vieux parti républicain irlandais a décidé de porter au cœur de la capitale de l’ancienne puissance coloniale sa revendication historique : la réunification de l’île divisée depuis 1921 entre l’Irlande du Nord, province du Royaume-Uni, et, au sud, la République d’Irlande.
« Vers une Irlande unie », proclame, en anglais et en gaélique, le grand écran bleu ciel devant lequel les orateurs s’expriment. « Ne laissons pas à la prochaine génération le soin de réaliser la promesse de 1916 [la proclamation de la République irlandaise] ! Faisons de l’unité de l’Irlande une réalité de notre temps ! », conclura, aux termes de trois heures de débats, Gerry Adams, 69 ans, le président du parti qui vient de passer la main. Aucune envolée lyrique pour le vieux dirigeant, largement reconnu comme un haut dirigeant de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) – ce qu’il a toujours nié – dont le Sinn Fein était l’aile politique. Mais l’invocation tranquille de « la dynamique de l’histoire » accélérée de façon inespérée par un événement extérieur : le Brexit.

« Le Brexit a de sombres conséquences pour les habitants de toute l’île d’Irlande, c’est une menace directe pour la paix. L’Irlande doit s’unir pour défendre l’accord du Vendredi Saint [qui, en 1998, a mis fin à trente années sanglantes] », a déclaré M. Adams, l’un des principaux artisans de l’accord de paix dont le vingtième anniversaire va être commémoré en avril. Les 250 auditeurs, « immigrés » irlandais de Londres, l’acclament lorsqu’il agite l’espoir de leur retour dans une « Irlande libre et unifiée ».
Le Brexit bouscule le paysage politique...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Une proche de Silvio Berlusconi présidera le Sénat italien, tandis que la Chambre des députés sera dirigée par un des pionniers du Mouvement 5 étoiles.
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A Rome, accord in extremis entre la droite et les Cinq Etoiles pour pourvoir les présidences des deux assemblées

Une proche de Silvio Berlusconi présidera le Sénat italien, tandis que la Chambre des députés sera dirigée par un des pionniers du Mouvement 5 étoiles.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 14h18
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 14h57
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Ils ont finalement trouvé un accord. Après des jours de guerre des nerfs et de signaux contradictoires, ponctués d’éclats de voix et de menaces – vite oubliées – de rupture définitive, les deux grands vainqueurs du scrutin du 4 mars, la droite et le Mouvement 5 étoiles, sont parvenus à se répartir équitablement les postes de présidents de la Chambre des députés et du Sénat italiens, samedi 24 mars à la mi-journée. Maria Elisabetta Alberti Casellati, 71 ans, a donc été élue au poste de présidente du Sénat, avec 240 voix (sur 315). Quelques minutes plus tard, c’est Roberto Fico, 43 ans, qui recevait la présidence de la Chambre des députés, avec 422 voix (sur 630).
Magistrate de formation, parlementaire depuis 1994 et par deux fois secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil de Silvio Berlusconi (un rouage particulièrement important dans l’appareil de gouvernement italien), Maria Elisabetta Alberti Casellati est une proche du fondateur de Forza Italia. Ce choix, entériné par toutes les composantes de la coalition de droite au terme d’une nuit de tractations, est une bonne manière envers l’ancien président du Conseil, alors que les dernières heures ont surtout démontré l’extrême faiblesse de sa position. Par ailleurs, le symbole de renouvellement est parfait : Maria Elisabetta Alberti Casellati est également la première femme à occuper le poste de présidente du Sénat.
Quant à Roberto Fico, c’est un des partisans de la première heure du Mouvement 5 étoiles, et, auprès de sa base militante, le garant d’une certaine pureté originelle teintée d’activisme, assez éloignée de la « normalisation » incarnée par le très lisse Luigi Di Maio. Originaire de Naples, c’est là qu’il a fondé, en 2005, l’un des quarante « meetup des amis de Beppe Grillo », qui seront la matrice originelle des Cinq Etoiles. Elu à la Chambre en 2013, il a obtenu la présidence de la commission de surveillance de la RAI, ce qui lui a offert une très importante visibilité.
Incertaines...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ La confiance dans les bienfaits des échanges avec la Chine est en train de s’effondrer outre-Rhin.
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L’Allemagne s’inquiète de l’insatiable appétit des groupes chinois

La confiance dans les bienfaits des échanges avec la Chine est en train de s’effondrer outre-Rhin.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 14h00
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                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Jusqu’où l’Allemagne acceptera-t-elle les investissements chinois dans les joyaux de son économie ? Deux ans après la prise de contrôle de l’emblématique constructeur de robots allemand Kuka par Midea, Berlin hésite sur l’attitude à adopter face à l’insatiable appétit chinois.
Les dernières semaines ont donné un aperçu de l’accélération des ambitions chinoises outre-Rhin : fin février, au terme d’une opération financière peu transparente, dans laquelle Pékin pourrait avoir joué un rôle déterminant, Li Shufu, patron du groupe automobile Geely, a pris le contrôle de près de 10 % du capital de Daimler, symbole du savoir-faire automobile allemand. Un investissement de 7 milliards d’euros.
Mardi 20 mars, Tencent, un des géants de l’Internet chinois, dont la messagerie WeChat a récemment passé le cap du milliard d’utilisateurs, s’est invité au capital de la start-up berlinoise N26. Tencent a été l’un des deux principaux investisseurs (avec le fonds d’investissement de l’assureur Allianz) de la collecte de 160 millions d’euros effectuée par cette néobanque sur mobile, qui est considérée comme une des réussites de la fintech allemande, ces nouvelles technologies numériques du secteur financier.
« L’extrême importance du marché chinois »

N26 s’est « réjouie », mardi, de l’arrivée dans son capital du groupe chinois, « passé de pionnier à leadeur dans les domaines des réseaux sociaux, du jeu en ligne, de l’e-commerce et du paiement mobile en Chine ». Le patron de Kuka, Till Reuter, a, lui, souligné « l’extrême importance du marché chinois », lors de la conférence de presse du groupe, jeudi 22 mars. Deux exemples qui illustrent la montée en puissance de la Chine, qui a, en 2016, racheté 100 entreprises allemandes, pour un total de 11 milliards d’euros.
Jusqu’ici, les Allemands voyaient dans leurs partenaires chinois des alliés précieux pour se développer, en leur offrant un accès privilégié à un marché gigantesque...




                        

                        

