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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Les Etats-Unis, le Canada et 14 pays de l’UE ont annoncé des mesures de rétorsion consécutives à la tentative d’assassinat de l’agent double Sergueï Skripal.
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Affaire Skripal : action coordonnée de pays occidentaux pour expulser des diplomates russes

Les Etats-Unis, le Canada et 14 pays de l’UE ont annoncé des mesures de rétorsion consécutives à la tentative d’assassinat de l’agent double Sergueï Skripal.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 15h29
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 18h01
   





                        



   


Trois semaines après l’empoisonnement de l’agent double Sergueï Skripal, de nombreux pays occidentaux – dont quatorze de l’UE, a annoncé Donald Tusk, président du Conseil européen – ont décidé, lundi 26 mars, de mener une action coordonnée pour sanctionner la Russie en expulsant nombre de diplomates.
La mesure doit concerner plus de trente diplomates dans l’Union européenne, a souligné Donald Tusk, et plus d’une soixantaine aux Etats-Unis, qui s’ajoutent aux 23 diplomates russes déjà expulsés par la Grande-Bretagne. « Des mesures supplémentaires, incluant de nouvelles expulsions, ne sont pas exclues dans les prochains jours et [les prochaines] semaines », a ajouté M. Tusk.
La Russie a aussitôt réagi. « Le geste provocateur de prétendue solidarité avec Londres de ces pays (…) témoigne de la poursuite d’une ligne de confrontation visant à aggraver la situation, a déclaré la diplomatie russe dans un communiqué. Nous allons forcément y répondre. »
De son côté, le ministre des affaires étrangères britanniques, Boris Johnson, a salué sur Twitter « la réponse extraordinaire » des alliés du Royaume-Uni, qui « constitue le plus grand mouvement d’expulsion d’agents russes de l’histoire, et permet de défendre notre sécurité partagée ».

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                Que sait-on sur l’empoisonnement de l’ex-agent double russe au Royaume-Uni ?



Quatre diplomates expulsés de France
Le plus gros contingent est annoncé aux Etats-Unis. Un haut responsable de l’administration américaine a indiqué que 48 « agents de renseignement connus » du consulat de Russie à Seattle, au nord-ouest des Etats-Unis, et 12 de plus à la mission russe de l’ONU ont sept jours pour quitter les Etats-Unis. « Les Etats-Unis sont prêts à coopérer pour bâtir une meilleure relation avec la Russie, mais cela ne peut que se produire si le gouvernement russe change d’attitude », souligne un communiqué de presse de la Maison Blanche, qui a aussi annoncé la fermeture du consulat de Seattle en raison de sa proximité avec une base de sous-marin et d’une grande partie des installations industrielles de Boeing. Son voisin américain, le Canada, a expulsé quatre diplomates.
La France va expulser quatre diplomates russes « dans un délai d’une semaine », a fait savoir le Quai d’Orsay. De son côté, l’Allemagne va également en expulser quatre, a précisé le ministère des affaires étrangères allemand. « Nous avons expulsé aujourd’hui quatre diplomates russes. Car la Russie n’a toujours pas contribué à éclaircir l’empoisonnement de Salisbury » a-t-il ajouté. L’Italie, le Danemark et les Pays-Bas ont chacun annoncé l’expulsion de deux diplomates vers Moscou, la Finlande, la Suède et la Croatie expulseront chacun un diplomate russe.
Plusieurs pays ayant fait partie de l’ancien bloc soviétique, la Pologne, l’Ukraine, la République tchèque et les trois pays baltes (Lituanie, Estonie et Lettonie) ont annoncé le même genre d’initiatives. Les principales mesures de rétorsion viennent de l’Ukraine – dont les tensions avec la Russie ne retombent pas depuis l’annexion de la Crimée par la Russie il y a quatre ans –, qui a annoncé l’expulsion de 13 diplomates russes. En revanche, la Slovaquie a décidé d’étudier « les mesures à venir ».

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                Des Etats européens examinent la possibilité de représailles supplémentaires contre la Russie



Représailles contre la Russie
Ces annonces sont les conséquences de l’affrontement diplomatique qui oppose la Russie et le Royaume-Uni depuis trois semaines. Le 4 mars, un agent double prénommé Sergueï Skripal et sa fille Ioulia ont été les victimes d’une attaque au gaz innervant, le Novitchok. L’événement a tout de suite pris une tournure politique à la lumière de l’identité de la victime : Sergueï Skripal, 66 ans, est un ancien colonel du service de renseignement russe réfugié au Royaume-Uni. Les soupçons se sont alors portés sur la Russie qui nie toute implication dans cette tentative d’assassinat.
Londres a déjà expulsé 23 diplomates russes présentés comme des « agents du renseignement sous couverture » et suspendu les relations bilatérales avec la Russie. Moscou a répliqué en expulsant le même nombre de diplomates et en ordonnant la fermeture du British Council.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Fichés « S », salafisme, « revenants »… Plusieurs responsables politiques montent au créneau pour réclamer des mesures antiterroristes. Or, celles-ci sont souvent inapplicables.
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Après les attentats de l’Aude, des propositions contre le terrorisme difficilement applicables

Fichés « S », salafisme, « revenants »… Plusieurs responsables politiques montent au créneau pour réclamer des mesures antiterroristes. Or, celles-ci sont souvent inapplicables.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 12h53
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 18h07
    |

            Adrien Sénécat








                        


Après les attaques dans l’Aude qui ont fait quatre morts et quinze blessés, vendredi 23 mars, plusieurs dirigeants de partis, comme Marine Le Pen (Front national) ou Laurent Wauquiez (Les Républicains), ainsi que l’ancien premier ministre Manuel Valls (La République en marche) sont montés au créneau dimanche et lundi pour réclamer de nouvelles mesures de lutte contre le terrorisme, moins de cinq mois après l’adoption de la première loi en la matière du quinquennat Macron. Les « solutions » évoquées ont, en l’occurrence, souvent déjà été formulées par le passé. Pour beaucoup, elles sont inapplicables. Retour sur quatre d’entre elles.

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                Attentats de l’Aude : Laurent Wauquiez réclame le rétablissement de l’état d’urgence



Expulser les fichés « S » étrangers (Marine Le Pen)
Ce qu’elle a dit
Invitée de BFM-TV lundi 26 mars, Marine Le Pen a demandé que « tous » les fichés « S » (personnes que l’on soupçonne de visées terroristes ou d’atteinte à la sûreté de l’Etat) de nationalité étrangère soient expulsés du territoire français. La présidente du FN a également rappelé que son parti avait déposé un amendement en ce sens à l’Assemblée nationale en septembre 2017, qui n’avait pas été adopté.
Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, a rejoint sa position lundi sur ce point, réclamant que les fichés « S » qui ne sont pas Français soient expulsés « immédiatement ».
POURQUOI C’EST (TOUJOURS) INAPPLICABLE
Expulser tous les étrangers fichés « S », c’était déjà l’engagement no 29 du programme présidentiel de Marine Le Pen en 2017. Mais cette mesure pose plusieurs problèmes, comme nous l’avions pointé à l’époque.
D’abord, il faut rappeler que la loi permet déjà d’expulser un étranger qui représente une « une menace grave ou très grave pour l’ordre public ». Il faut pour cela que le danger représenté par cette personne soit jugé « actuel » et « proportionnel » à la décision d’expulsion. Une telle décision doit être prise au cas par cas, en fonction d’une appréciation individuelle de la menace, mais il n’est pas nécessaire que la personne visée ait été condamnée par la justice française.
Le cas des fichés « S » ne correspond pas à cette appréciation fine. Il regroupe des situations bien trop vagues et diverses pour légitimer des expulsions systématiques. La fiche « S » est un outil de surveillance, pas d’appréciation du niveau de dangerosité d’un individu.
Contrairement à ce qu’affirme Marine Le Pen, il est tout à fait possible d’expulser des personnes de nationalité étrangère qui représentent une menace grave pour l’ordre public, à condition que cette menace soit étayée par des faits. La fameuse fiche « S » n’est simplement pas le bon critère pour cela.
Interner les fichés « S » (Laurent Wauquiez)
Ce qu’il a dit
Le président des Républicains a demandé lundi à « interner [les fichés “S”] les plus dangereux, ce que je réclame depuis trois ans. » 
POURQUOI C’EST (TOUJOURS) INAPPLICABLE
Laurent Wauquiez formule effectivement cette proposition depuis plusieurs années. Le problème, c’est qu’elle pose des problèmes juridiques de fond. Le gouvernement de Manuel Valls avait justement saisi le Conseil d’Etat à ce sujet à la fin de 2015, pour savoir dans quelle mesure un tel dispositif serait conforme ou non au droit français et européen.
Peut-on enfermer des possibles terroristes sur la base d’un fichier comme celui des fichés « S » ? L’avis consultatif rendu le 23 décembre 2015 était catégorique : selon la Constitution et la Convention européenne des droits de l’homme, « il n’est pas possible d’autoriser par la loi, en dehors de toute procédure pénale, la rétention, dans des centres prévus à cet effet, des personnes radicalisées ».
Le Conseil d’Etat n’avait fait que rappeler un principe fondamental du droit : on ne peut pas détenir quelqu’un avant qu’il ait commis une infraction.
Il existe en revanche un arsenal juridique pour lutter contre ceux qui projettent de commettre des actes terroristes. Par exemple, l’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et l’entreprise individuelle de terrorisme : dans ces deux cas, le fait de prévoir un attentat est réprimé. L’apologie du terrorisme est également punie par la loi. Un individu jugé dangereux sur ces critères peut donc déjà être poursuivi, voire placé en détention préventive, selon les cas.
Interdire le retour de tous les djihadistes (Nicolas Dupont-Aignan)
Ce qu’il a dit
Le président de Debout la France a proposé lundi sur Sud Radio d’« interdire le retour des djihadistes et de leurs enfants ».
POURQUOI C’EST PLUS COMPLIQUÉ
Le cas des « revenants » du djihad et de leur suivi pose question depuis plusieurs années. Le problème étant qu’il regroupe des situations très variables. D’un côté, on trouve des individus dangereux dont les crimes sont connus et qui ont vocation à être emprisonnés à l’étranger, ou en France dans le cas où ils seraient rapatriés. De l’autre, on trouve des mineurs, pour certains en bas âge.
Dans un certain nombre de cas, le gouvernement français ne se presse pas pour demander le rapatriement de djihadistes jugés à l’étranger, notamment en Irak. Ceux qui ne sont pas emprisonnés à l’étranger et sont de nationalité française peuvent en revanche se prévaloir de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, selon laquelle « nul ne peut être privé du droit d’entrer sur le territoire de l’Etat dont il est le ressortissant » et « nul ne peut être expulsé, par voie de mesure individuelle ou collective, du territoire ». Refuser l’accès au territoire français à des mineurs français en bas âge, par exemple, poserait à la fois des questions juridiques et des questions éthiques.
Le délégué général de LRM, Christophe Castaner, a affirmé dimanche que « 258 adultes français sont en Syrie et susceptibles de revenir. » Selon lui, « il vaut mieux les accueillir, les suivre, les emprisonner lorsque des actes criminels ont été commis, pour faire en sorte que l’on puisse identifier le risque ».

        Lire aussi :
         

                L’épineuse situation des djihadistes français et de leurs enfants prisonniers en Irak et en Syrie



Interdire le salafisme (Manuel Valls)
Ce qu’il a dit
« Je pense qu’il faut prendre un acte fort, politique, à caractère symbolique d’une interdiction du salafisme, a déclaré l’ancien premier ministre sur BFM-TV dimanche. Je reconnais que c’est extrêmement difficile, on peut fermer des mosquées, un des imams salafistes de Marseille est en voie d’expulsion… »
POURQUOI C’EST IMPRÉCIS
Ce n’est pas la première fois que Manuel Valls fait le lien entre le salafisme, la mouvance la plus rigoriste de l’islam, et le terrorisme. « Oui, nous avons un ennemi, et il faut le nommer, c’est l’islamisme radical. Et un des éléments de l’islamisme radical, c’est le salafisme », disait-il déjà après les attentats du 13 novembre 2015.

        Lire aussi la tribune de Jean-Luc Marret (édition abonnés) :
         

          Doit-on interdire le salafisme ? »



Le salafisme est couramment désigné sous l’expression « islam radical ». Il s’agit de musulmans très rigoristes, qui obéissent à la loi islamique (charia), refusent la mixité homme-femme et sont favorables au port du voile intégral (niqab).
La grande majorité des salafistes en France appartiennent à la branche « quiétiste » du salafiste : ils sont pacifistes et ne cherchent pas à changer la loi française, même s’ils la contestent.
Les djihadistes, quant à eux, s’inscrivent dans une deuxième branche, minoritaire, qui est « takfiriste » : elle se distingue du salafisme quiétiste par son appel aux armes et son idéologie messianique, marquée notamment par la prophétie de l’avènement d’un nouveau califat.
L’existence d’une branche salafiste quiétiste en France est-elle un rempart à l’idéologie takfiriste sur laquelle se basent les djihadistes ? Ou agit-elle au contraire comme « sas » entre l’islam modéré et les idées terroristes ? La question divise les spécialistes.
Reste que désigner les salafistes dans leur ensemble dans la foulée d’un attentat, comme l’a fait Manuel Valls, alimente une confusion entre deux communautés religieuses radicales qui ne font pas qu’un.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi il ne faut pas confondre le salafisme et le takfirisme






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Christopher Wylie accuse l’entreprise britannique d’avoir utilisé les données de millions d’individus pour manipuler les élections et construire « l’alt-right » aux Etats-Unis.
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édition abonné


Affaire Facebook-Cambridge Analytica : le lanceur d’alerte s’explique

Christopher Wylie accuse l’entreprise britannique d’avoir utilisé les données de millions d’individus pour manipuler les élections et construire « l’alt-right » aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 18h25
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Un mois après avoir été embauché en juin 2013 par l’entreprise qui allait devenir Cambridge Analytica, Christopher Wylie a pour la première fois compris qu’il ne s’agissait peut-être pas d’une société comme les autres. « Mon poste de directeur de la recherche était vacant parce que mon prédécesseur était mort dans des conditions inexpliquées dans sa chambre d’hôtel à Nairobi, alors qu’il travaillait pour Uhuru Kenyatta [actuel président du Kenya] », explique-t-il.
Le Canadien, petit génie de l’informatique, qui a appris tout seul à coder, alors âgé de 24 ans, a progressivement découvert qu’il travaillait pour une firme qui siphonnait les données personnelles de millions de personnes sur Facebook, avait comme vrai patron un certain Steve Bannon, cherchait à manipuler les élections à travers le monde et poussait sur Internet les théories du complot pour développer « l’alt-right », les mouvements d’extrême droite américaines.
Cambridge Analytica a ensuite aidé Donald Trump lors de la campagne présidentielle américaine et à influer au Royaume -Uni en faveur du Brexit. Ayant quitté l’entreprise fin 2014, mais ayant longtemps gardé d’étroits contacts, M. Wylie a désormais décidé de révéler tout ce qu’il savait. « On ne peut pas défaire ce qui a été fait, mais il faut alerter. »

Surveillance de masse
Désormais, il ne fait plus que ça, dénonçant une société qui met en danger la démocratie, selon lui. Une semaine après avoir parlé pour la toute première fois au New York Times et au Guardian, le lanceur d’alerte a longuement rencontré dimanche 25 mars un groupe de huit journalistes européens, dont Le Monde. Depuis plusieurs mois, il travaille aussi avec les autorités britanniques, qui enquêtent contre Cambridge Analytica. Mardi 27 mars, il témoignera devant un comité parlementaire britannique, et a accepté de faire de même devant le Congrès américain.
A écouter M. Wylie, le scandale qu’il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Editorial. Cinq rapports récents dressent un état des lieux alarmant de la biodiversité sur la planète. Face à ce constat, une action urgente des responsables politiques est nécessaire.
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Biodiversité : l’urgence du politique

Editorial. Cinq rapports récents dressent un état des lieux alarmant de la biodiversité sur la planète. Face à ce constat, une action urgente des responsables politiques est nécessaire.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 18h42
   





                        


Editorial du « Monde ». Alors que le climat est devenu un enjeu politique dont plus personne – hormis l’administration américaine, Donald Trump en tête – ne remet en cause l’importance, la question de la biodiversité demeure un point aveugle du débat public. Cette cécité est dangereuse. En effet, les cinq rapports d’experts, qui viennent d’être publiés par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), dressent le plus vaste panorama publié à ce jour sur l’érosion du vivant à la surface de la planète. Cet état des lieux est alarmant et appelle une réponse urgente.

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                Les oiseaux disparaissent des campagnes françaises à une « vitesse vertigineuse »



Selon l’IPBES – l’équivalent, pour la biodiversité, du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) – l’érosion de la qualité des sols et le déclin rapide des formes de vie sont de graves menaces pour le bien-être des hommes et la stabilité des sociétés. Car outre sa valeur intrinsèque et inestimable, la nature prodigue aux humains des services indispensables au fonctionnement de nos économies et, surtout, nécessaires au maintien de la vie. Pollinisation des cultures, disponibilité en eau douce, fertilité des terres arables, protection contre les inondations et les précipitations extrêmes, productivité biologique des océans… La biodiversité est « au cœur non seulement de notre survie, mais aussi de nos cultures, de nos identités et de notre joie de vivre », souligne l’IPBES.
Sur la question climatique, l’action est entravée par le caractère mondial du problème – une molécule de dioxyde de carbone aura le même effet sur le climat, qu’elle soit chinoise ou américaine. Mais sur le front de la biodiversité, la vacance du politique est d’autant plus incompréhensible que les solutions relèvent généralement de mesures simples que les gouvernements peuvent prendre localement, indépendamment les uns des autres.
Une cause majeure : le modèle agricole
En Europe, selon l’IPBES, la cause majeure du déclin de la biodiversité est le modèle agricole dominant et son cortège d’éléments chimiques (insecticides, herbicides, engrais de synthèse, etc.). En Amérique aussi, les immenses monocultures de soja et de maïs sont les principaux facteurs de destruction de la diversité du vivant, ajoutent les experts du « GIEC de la biodiversité ». Mardi 20 mars, le CNRS et le Muséum national d’histoire naturelle ont d’ailleurs conjointement, eux aussi, rendu publics des chiffres accablants sur la disparition des populations d’oiseaux dans les campagnes françaises, attribuant ce déclin – 30 % en l’espace de seulement quinze ans – à l’intensification de notre agriculture.
De tels chiffres, tout comme ceux établis par l’IPBES, imposent une action urgente, sans demi-mesures. La disparition des oiseaux n’est que la part visible d’une dégradation profonde de la qualité des écosystèmes terrestres, dont le déclin des insectes (près de 80 % en Europe, au cours des trois dernières décennies !) est un autre signe alarmant. La mort, il y a quelques jours, du dernier représentant mâle du rhinocéros blanc du Nord est un autre symbole de la capacité humaine à anéantir une espèce.
Jusqu’à présent, la biodiversité a été considérée comme une question annexe, traitée avec désinvolture par les responsables gouvernementaux et politiques. Il est plus que temps de remettre la préservation du vivant, au sens le plus large du terme, au cœur de la politique. Il n’est pas exagéré de dire que c’est, à plus ou moins longue échéance, une question de survie.
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            data-slide-description="Un phragmite aquatique (« Acrocephalus paludicola »). En zones agricoles, les populations d’oiseaux ont perdu en moyenne un tiers de leurs effectifs en quinze ans, selon les relevés conduits depuis 1989 par le « Suivi temporel des oiseaux communs » (STOC), qui, au sein du Muséum, surveille aussi la situation dans les villes et les forêts."
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            data-slide-description="Une rémiz penduline (« Remiz pendulinus ») construisant son nid.  Grosses ou petites, migratrices ou pas, toutes les espèces sont concernées, probablement du fait de l’effondrement des populations d’insectes, car même les volatiles granivores ont besoin d’insectes à un moment dans l’année, pour leurs poussins."
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            data-slide-description="Un couple de martins-pêcheurs d'Europe (« Alcedo atthis »). En zones agricoles, des espèces comme l’alouette des champs, la fauvette grisette ou le bruant ortolan ont perdu en moyenne un individu sur trois en quinze ans."
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            data-slide-description="Une macreuse brune mâle (« Melanitta fusca »)."
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            data-slide-description="Une fauvette pitchou (« Sylvia undata »)."
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            data-slide-description="Une marouette poussin (« Porzana parva »)."
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            data-slide-description="Des glaréoles à collier (« Glareola pratincola »). « Les populations d’oiseaux s’effondrent littéralement dans les plaines céréalières », constate Vincent Bretagnolle, écologue au Centre d’études biologiques de Chizé. « Ce qui est alarmant, c’est que tous les oiseaux du milieu agricole régressent à la même vitesse. Cela signifie que c’est la qualité globale de l’écosystème agricole qui se détériore. »"
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            data-slide-description="Un couple de harles huppés (« Mergus serrator »)."
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            data-slide-description="Un butor étoilé (« Botaurus stellaris ») dans une roselière."
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            data-slide-description="Un chardonneret élégant (« Carduelis carduelis »)."
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Un phragmite aquatique (« Acrocephalus paludicola »). En zones agricoles, les populations d’oiseaux ont perdu en moyenne un tiers de leurs effectifs en quinze ans, selon les relevés conduits depuis 1989 par le « Suivi temporel des oiseaux communs » (STOC), qui, au sein du Muséum, surveille aussi la situation dans les villes et les forêts.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Mireille K., rescapée de la rafle du Vél’ d’Hiv en juillet 1942, a péri vendredi dans l’incendie de son appartement de Paris. Elle portait des traces de coups de couteau.
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Octogénaire tuée à Paris : le parquet ouvre une information judiciaire pour « assassinat » à caractère antisémite

Mireille K., rescapée de la rafle du Vél’ d’Hiv en juillet 1942, a péri vendredi dans l’incendie de son appartement de Paris. Elle portait des traces de coups de couteau.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 02h24
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 17h31
   





                        


Le parquet de Paris a ouvert, lundi 26 mars, une information judiciaire pour « assassinat » à caractère antisémite à la suite du meurtre vendredi à Paris d’une octogénaire de confession juive, a fait savoir une source judiciaire.
Deux suspects vont être présentés dans la journée à un juge d’instruction en vue de leur éventuelle mise en examen, notamment pour « assassinat à raison de l’appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion et sur personne vulnérable ».
Le parquet, qui a également retenu les chefs de « vol aggravé » et de « dégradation du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes », a requis leur placement en détention provisoire.
Le corps de la vielle femme avait été retrouvé en partie carbonisé vendredi peu avant 19 heures dans son appartement du 11e arrondissement de Paris, où elle vivait seule. Les policiers se sont rapidement orientés vers la piste criminelle, après la découverte de plusieurs départs de feu dans l’appartement et de traces de coups de couteau sur le corps de la victime, selon une source proche du dossier.
« Crime barbare »
Cette femme, Mireille K., était « de confession juive », a souligné dimanche soir dans un communiqué le Service de protection de la communauté juive (SPCJ). C’était « une rescapée de la rafle du Vél’ d’Hiv » en juillet 1942, a précisé sur sa page Facebook le député UDI Meyer Habib, après s’être entretenu avec l’un des fils de la victime.
Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) « attend des autorités la plus totale transparence dans l’enquête en cours afin que les motifs de ce crime barbare soient connus de tous le plus rapidement possible », a-t-il souligné dans un communiqué.
Le souvenir de Sarah Halimi
Le président du Consistoire israélite, Joël Mergui, a de son côté dit vouloir « comprendre ce qui s’est passé et ne pas laisser se reproduire le silence qui avait suivi l’assassinat de Sarah Halimi, il y a un an, dans le même arrondissement ».
En avril 2017, Sarah Halimi, une juive orthodoxe de 65 ans, avait été tuée à Paris par son voisin. Aux cris d’« Allah Akbar », entrecoupés d’insultes et de versets du Coran, le jeune homme l’avait rouée de coups sur le balcon, avant de la précipiter dans le vide.
Après des mois de bras de fer judiciaire, le caractère antisémite du meurtre a été retenu par la juge d’instruction au début de mars. Ce meurtre, aux circonstances d’abord confuses pour les enquêteurs, avait au fil des semaines suscité une vive émotion dans la communauté juive et au-delà.
« Nous avons pris des mois et des mois à caractériser ce qui était une évidence pour ceux-là même qui avaient constaté le crime », avait relevé le président Emmanuel Macron lors du dîner du CRIF, le 7 mars.

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                Meurtre de Sarah Halimi : le caractère antisémite retenu par la juge d’instruction






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Jacques Rançon a été reconnu coupable du viol et du meurtre de Moktaria Chaïb et de Marie-Hélène Gonzalez, ainsi que d’une tentative de meurtre et d’une tentative de viol.
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Le « tueur de la gare de Perpignan » condamné à la réclusion criminelle à perpétuité

Jacques Rançon a été reconnu coupable du viol et du meurtre de Moktaria Chaïb et de Marie-Hélène Gonzalez, ainsi que d’une tentative de meurtre et d’une tentative de viol.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 18h39
   





                        



   


Jacques Rançon, surnommé le « tueur de la gare de Perpignan », a été condamné, lundi 26 mars, par la cour d’assises des Pyrénées-Orientales à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans.
Celui que les policiers ont mis dix-sept ans à identifier était jugé depuis le 5 mars pour les viols et les meurtres de Moktaria Chaïb, 19 ans, et de Marie-Hélène Gonzalez, 22 ans, accompagnés d’atroces mutilations. Il a été également reconnu coupable d’une tentative de meurtre sur Sabrina, 22 ans, laissée pour morte, et d’une tentative de viol sur une quatrième jeune fille. Des crimes commis entre 1997 et 1998.
Veste grise et chemise claire, Jacques Rançon n’a pas réagi au verdict prononcé après six heures de délibérations. A l’heure du prononcé, comme pendant les trois semaines de procès, cet ancien cariste-magasinier de 58 ans est resté insondable, yeux vissés au sol, réfugié derrière ses trous de mémoire, feints ou réels. « Marie-Hélène et Moktaria n’auraient jamais dû mourir. Je suis désolé de ce que j’ai fait et je demande pardon », avait déclaré Rançon en clôture des débats, pendant les plaidoiries de ses avocats. Visage impassible, le condamné est ensuite sorti du box.
Au terme des trois semaines d’audience, qui n’ont pas permis d’éclaircir le déchaînement meurtrier de Jacques Rançon, l’avocat général Luc-André Lenormand avait requis jeudi la peine maximale : la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans. « Jacques Rançon n’a plus rien à faire dans cette société, où le droit à la vie est un droit inaliénable », avait déclaré M. Lenormand.
Pas de circonstance atténuante
L’avocat général avait évacué toute possibilité de circonstance atténuante. Pas même en raison de son enfance miséreuse en Picardie, passée sans aucun ami dans la vieille maison en bois où il partagea la chambre de ses parents jusqu’à ses 18 ans.
A ses yeux, Rançon a « une dimension sadique » qui passe à l’acte parce qu’il « ne supporte pas le refus », n’a pas de compassion pour l’autre « et veut montrer » sa toute-puissance en emportant les organes, allusion au meurtre de Marie-Hélène, une auto-stoppeuse de 22 ans. La tête et les mains de la jeune femme avaient été retrouvées à 20 km de la scène du crime des mois plus tard. Selon M. Lenormand, l’arme utilisée par Rançon s’inscrit aussi dans ce « sadisme » : « Le couteau que vous utilisez pour agresser vos victimes, c’est l’arme des sadiques », avait-il fait valoir.
Pour la défense, « ce n’est pas un monstre » mais « un homme, un père de famille. Un homme qui nous a émus » qui devait être jugé. Et seulement pour les faits qu’il a reconnus. « Vous l’avez regardé, écouté durant trois semaines. Nous l’avions imaginé pendant vingt ans. Je suis convaincu qu’il ne ressemble pas à ce que vous aviez imaginé », à « cet ange de la mort qui avait déposé son trône au centre de Perpignan » et « y régnait comme une bête hideuse », a dit maître Gérald Brivet-Galaup aux jurés.
Quant aux explications des crimes, l’avocat n’en a pas donné. Il ne croit pas à la thèse du « pervers sadique ». Et de s’interroger sans apporter de réponse avec son confrère Me Xavier Capelet sur les raisons qui ont permis à Rançon, pour le moins « un violeur récidiviste », d’en arriver là.
Dans son réquisitoire, l’avocat général avait reconnu qu’il restait des « mystères sur Rançon ». La police et les juges ont cherché à savoir s’il n’avait pas commis d’autres crimes. Mais ils n’ont pu l’incriminer. M. Lenormand est resté sceptique, et s’est interrogé en particulier sur le meurtre en 1982 d’une étudiante auto-stoppeuse finlandaise.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Dans les Ardennes, l’ancienne usine-clé du groupe est à l’arrêt. Electrolux France a été placée en redressement judiciaire.
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Electrolux, autopsie d’un incroyable gâchis industriel

Dans les Ardennes, l’ancienne usine-clé du groupe est à l’arrêt. Electrolux France a été placée en redressement judiciaire.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 15h07
    |

            Denis Cosnard (Revin,Ardennes, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le plus étrange, c’est le silence. « Vous voyez, on pousse la porte de l’atelier, et on n’entend rien, alors qu’il y a encore quelques mois, les presses découpaient 200 ou 300 pièces par minute et qu’il fallait porter des bouchons d’oreille », constate Thierry Thelinge, le délégué CFE-CGC, en traversant les immenses locaux déserts. Neuf grands bâtiments, répartis sur cinq hectares au bord de la Meuse. Depuis dix jours, l’usine de Revin (Ardennes) qui fut le bijou français d’Arthur Martin, puis d’Electrolux, est à l’arrêt complet, et le personnel prié de rester chez lui. Alors même que deux lignes de production flambant neuves viennent d’y être installées, le site risque de ne jamais plus sortir de son sommeil.
Le pire n’est pas certain. Un industriel breton, Delta Dore, s’est porté candidat à la reprise d’une des deux lignes. Encore faut-il qu’il confirme son offre lors de l’audience du tribunal de commerce prévue le 4 avril. Ce qui nécessite qu’un accord soit négocié d’ici là avec Electrolux, propriétaire des machines concernées. « La semaine qui s’ouvre est cruciale pour qu’une activité industrielle demeure sur place », explique Christophe Giboni, le directeur de l’usine.
Mais même si les tractations aboutissent, Delta Dore reprendra au mieux 24 salariés sur les 181 inscrits à l’effectif. Presque rien, au regard des 1 000 personnes qui travaillaient ici il y a seulement dix ans. « Du temps de mon père, l’usine employait même 3 700 personnes, raconte Jean-Pierre Villeret, un ouvrier. Nous, les enfants, on venait pour l’arbre de Noël, et on partait tous en colo Arthur Martin. »
Production délocalisée en Pologne
Comment en est-on arrivé à un tel gâchis ? Pour quelle raison une usine entièrement modernisée depuis deux ans se prépare-t-elle à partir à la casse ? A Revin, chacun cherche à comprendre cette curieuse histoire, symbolique de la désindustrialisation qui se poursuit en France malgré les efforts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ D’après l’Insee, le déficit public de la France était de 2,6 % en 2017, soit en deçà du seuil des 3 % exigés par les traités européens.
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Déficit public : la France sous les 3 % pour la première fois depuis 2007

D’après l’Insee, le déficit public de la France était de 2,6 % en 2017, soit en deçà du seuil des 3 % exigés par les traités européens.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 07h51
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 14h23
    |

            Audrey Tonnelier








                        


La nouvelle avait été en bonne partie anticipée. Elle n’en constitue pas moins un soulagement de taille pour Emmanuel Macron, et une étape majeure dans la politique budgétaire française. Le déficit public tricolore est repassé sous le seuil des 3 %, à 2,6 % du produit intérieur brut (PIB) en 2017, a annoncé l’Insee, lundi 26 mars.
C’est mieux que les 2,9 % officiellement attendus par le gouvernement, mais aussi que ce qu’avait évoqué le rapporteur de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Joël Giraud, qui tablait début mars sur un chiffre « proche de 2,7 % ou 2,8 % ». Surtout, c’est une première pour Paris depuis 2007, dernière année où le déficit s’était établi sous 3 % (2,6 %).

   


Cette bonne performance du déficit cumulé de l’Etat, des collectivités locales et de la Sécurité sociale représente une amélioration de 0,8 point par rapport aux 3,4 % enregistrés en 2016. Elle est essentiellement due à une conjoncture économique plus favorable, qui a dopé les recettes fiscales nationales et locales, permis d’engranger des cotisations supplémentaires sur les salaires, et soutenu la croissance du PIB (+ 2 %) en 2016. Elle doit aussi au traitement comptable choisi par l’Insee, de n’intégrer que partiellement le coût de la recapitalisation d’Areva (2,3 milliards d’euros sur 5 milliards).

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                La France va sortir de la situation de « déséquilibres macroéconomiques », selon la Commission européenne



Sauf énorme surprise, la France peut désormais envisager sereinement une sortie de la procédure européenne de déficit excessif, étape indispensable aux yeux de l’exécutif pour retrouver une crédibilité sur la scène européenne, et permettre au chef de l’Etat de défendre les réformes de la zone euro qu’il prône depuis le début de son mandat.
« Un déficit reste un déficit »
Cette sortie de procédure bruxelloise exige d’enregistrer deux années de suite un déficit inférieur au seuil des 3 %. Un temps remise en cause par l’invalidation par le Conseil constitutionnel de la taxe à 3 % sur les dividendes, cet objectif semble désormais à portée de main puisque Paris vise un déficit de 2,8 % pour cette année.
La Commission européenne doit rendre en mai sa décision définitive en la matière, et le chiffre définitif du déficit tricolore pour 2017 pourrait donc varier légèrement d’ici là. Mais l’office européen de statistiques Eurostat ayant indiqué au début du mois qu’il s’alignait sur le traitement comptable français de la taxe à 3 %, le plus gros risque d’une sortie de route pour Paris est désormais écarté.
« C’est une bonne nouvelle, s’est réjoui le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire. Mais elle n’est pas synonyme de fin des efforts de redressement de nos comptes : un déficit reste un déficit. Nous continuons de dépenser plus d’argent que ce que nous avons : nous sommes toujours obligés de nous endetter pour payer nos dépenses. Le redressement des finances publiques est nécessaire, non pas pour la Commission européenne, mais pour les Français. C’est quand la croissance est bonne qu’il faut diminuer la dépense publique pour pouvoir faire face si la conjoncture internationale devenait moins favorable. » 
« Pour la première fois depuis longtemps, la France atteint son objectif de sortie des 3 % de déficit », s’est pour sa part félicité Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics sur Twitter, évoquant une « excellente nouvelle ».
« Nous avons un sentiment de satisfaction. Mais tout cela ne s’est pas fait en un mois, et ne devrait pas empêcher de s’interroger sur la justice fiscale des mesures prises fin 2017 [allégement de la fiscalité du capital notamment] », ont indiqué au Monde Michel Sapin, l’ancien ministre des finances de François Hollande, et Christian Eckert, son secrétaire d’Etat.
Tous les indicateurs ne sont pas au vert
A n’en pas douter, ces annonces vont apporter de l’eau au moulin des partisans d’une redistribution de la « cagnotte fiscale », mais aussi aux contempteurs du poids des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires dans la richesse nationale. En effet, si la réduction du déficit constitue une bouffée d’oxygène pour Paris, tous les indicateurs sont loin d’être passés au vert. La dette publique a augmenté l’an dernier, à 97 % du PIB (contre 96,6 % en 2016), pour s’établir à un peu plus de 2 218 milliards d’euros. Les dépenses publiques se sont tout juste stabilisées à 56,5 % (contre 56,6 %).
Quant au taux de prélèvements obligatoires, il a bondi de 0,8 point, à 45,4 % du PIB. « Une partie de cette hausse est ponctuelle », fait-on valoir à l’Insee. En effet, les remboursements versés aux entreprises dans le cadre de la taxe à 3 % sur les dividendes ont pesé sur les dépenses, tandis que la surtaxe exceptionnelle d’impôt sur les sociétés, destinée à financer cette même taxe, a gonflé les prélèvements obligatoires.
Il n’empêche : même sans compter ces éléments exceptionnels, et hors charge (c’est-à-dire paiement) des intérêts de la dette, la hausse des dépenses s’est accélérée en 2017, en augmentation de 2,3 % contre + 0,7 % en 2016. Et encore, la contribution française au budget de l’Union européenne a-t-elle diminué de 4 milliards d’euros en 2017, en raison d’une moindre utilisation par Bruxelles des sommes dues.
Cette nouvelle envolée des dépenses publiques est notamment à mettre sur le compte de la remontée des prix du pétrole en 2017, qui a pesé sur les achats de l’Etat. Mais aussi à une masse salariale plus importante, compte tenu des deux revalorisations du point d’indice des fonctionnaires qui ont eu lieu en juillet 2016 et en février 2017.

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                « La crédibilité du gouvernement se jouera sur le budget 2019 »



Dans le projet de loi de finances 2018, le gouvernement prévoyait jusqu’à présent 2,8 % de déficit public. Etant donné la dynamique de l’économie tricolore, ce chiffre devrait selon toute vraisemblance être revu à la baisse, « en avril ou mai », indique-t-on à Bercy. L’enjeu est de taille : en 2019, le déficit devrait de nouveau grimper à 2,9 % du PIB, compte tenu de la transformation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse de charges, qui entraînera sa double comptabilisation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ L’ancien dirigeant indépendantiste catalan a été arrêté à son entrée en Allemagne dimanche. Il doit être présenté à un juge lundi.
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L’Allemagne se divise sur le sort de son « premier prisonnier politique » Carles Puigdemont

L’ancien dirigeant indépendantiste catalan a été arrêté à son entrée en Allemagne dimanche. Il doit être présenté à un juge lundi.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 11h00
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


La réaction du gouvernement allemand a été tardive, prudente et laconique. Ce n’est qu’en toute fin d’après-midi, dimanche 25 mars, que Katarina Barley, la ministre de la justice, a commenté l’arrestation par la police allemande, en fin de matinée, de Carles Puigdemont, l’ex-président indépendantiste de la Catalogne. « Les premiers temps de l’affaire sont purement judiciaires. Vous comprendrez donc que je n’intervienne pas politiquement dans une procédure qui ne relève que du droit. Et que je ne fasse pas de déclarations précipitées », s’est contentée de déclarer Mme Barley sur la chaîne de télévision ARD.
Il était en effet difficile d’imaginer que le gouvernement fédéral allemand se précipite pour commenter le sort réservé à M. Puidgemont, alors que la justice régionale du Schleswig-Holstein, le Land où il a été arrêté, a jusqu’à mardi pour décider de le mettre ou non en liberté conditionnelle, avant qu’un autre tribunal se prononce sur le fond, à savoir sur sa demande d’extradition formulée par l’Espagne.

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                De la destitution à l’arrestation de Puigdemont, retour sur les moments forts de la crise catalane



Il n’empêche : même si le gouvernement allemand souhaite, pour l’heure, la cantonner à sa pure dimension juridique, l’affaire a déjà pris un tour très politique outre-Rhin. Dimanche, le parti de gauche radicale Die Linke a qualifié de « honte » l’arrestation de M. Puigdemont, et réclamé sa « libération immédiate ».
Egalement dans l’opposition, les Verts et les libéraux-démocrates (FDP) ont réclamé une prise de position claire de la part du gouvernement d’Angela Merkel, afin que celui-ci pousse la Commission européenne à se saisir du dossier au lieu de le laisser entre les mains de la justice d’un seul Etat. « Juridiquement, la détention de M. Puigdemont n’est pas contestable, mais politiquement elle soulève de gros problèmes », a ainsi réagi le député FDP Alexander Graf Lambsdorff, dimanche.
Depuis le début de la crise catalane, la « grande coalition » de Mme Merkel considère que la cause indépendantiste n’est ni légale, ni légitime. D’un autre côté, l’Allemagne peut-elle faire avec M. Puigdemont ce que d’autres pays européens n’ont pas fait avec lui jusqu’à présent, à l’instar de la Belgique où il s’est installé en octobre 2017 ? « L’Allemagne a son premier prisonnier politique », commentait, dimanche, le quotidien Süddeutsche Zeitung. Une chose est sûre : quel qu’il soit, le sort de l’ex-président catalan est désormais au cœur du débat politique allemand.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Le chef de la diplomatie turque explique ce qu’il attend du sommet de Varna : des avancées sur « les visas, l’union douanière, l’accord migratoire ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Sommet UE-Turquie : « Il faut arrêter de nous regarder de haut »

Le chef de la diplomatie turque explique ce qu’il attend du sommet de Varna : des avancées sur « les visas, l’union douanière, l’accord migratoire ».



Le Monde
 |    26.03.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 14h34
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Le « mini-sommet » qui s’ouvre, lundi 26 mars à Varna, en Bulgarie, entre le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et les présidents de la Commission et du Conseil européen, Jean-Claude Juncker et Donald Tusk, est censé durer quelques heures. Suffira-t-il à recoller les morceaux de la relation dégradée entre l’Union européenne et la Turquie ? Sans trop s’attarder sur les sujets qui fâchent – les tensions en Méditerranée, la dérive autoritaire du président Erdogan, les atteintes aux droits de l’homme –, les responsables européens vont jouer la conciliation.
Dépendante d’Ankara pour la gestion des flux migratoires, la lutte antiterroriste et la coopération pour la capture des djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI) de retour de Syrie, l’UE marche sur des œufs. Conformément à l’accord sur les migrants conclu en mars 2016 avec la Turquie, Bruxelles a décidé de débloquer trois milliards d’euros supplémentaires pour aider l’Etat turc dans sa prise en charge de trois millions de réfugiés syriens.

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Comme il faut bien sanctionner les manquements à l’Etat de droit, les versements octroyés à la Turquie en 2018 au titre de la préadhésion vont diminuer (moins 100 millions d’euros). Les versements de préadhésion existent mais il n’est plus question d’adhésion. Depuis la dérive autoritaire qui a suivi le coup d’Etat manqué de juillet 2016, aucun responsable en Europe ne peut croire sérieusement à l’arrimage de la Turquie à l’UE. « L’accession de la Turquie à l’Union en tant qu’alliance politique organisée n’est plus à l’ordre du jour », écrit Marc Pierini, chercheur à la Fondation Carnegie Europe, dans une analyse publiée le 14 mars. Malgré cela, « il faut continuer à coopérer », ajoute l’ancien diplomate.
Le gouvernement turc, lui, continue d’y croire, ou fait comme si. « L’adhésion reste notre but stratégique. Notre volonté n’a jamais faibli mais, malheureusement, Bruxelles fait tout pour l’ignorer », a expliqué Mevlüt Çavusoglu, le chef de la diplomatie, lors d’un entretien avec Le Monde à Ankara, à la veille de la rencontre de Varna. De celle-ci, il attend des avancées dans trois domaines : « La libéralisation des visas, l’union douanière, l’accord migratoire. » Selon lui, les tensions dans la relation Turquie-UE sont « passagères » : « Les Européens vont s’habituer à la nouvelle Turquie. Bien sûr, cela prendra du temps. Ils vont devoir réaliser que nous ne pouvons plus patienter les bras croisés devant la porte. » 
« Nous faisons partie de ce continent »
Sûre d’elle, la « nouvelle Turquie » entend tenir la dragée haute aux partenaires européens tant elle se voit comme « irremplaçable » pour la gestion des flux migratoires et la lutte antiterroriste. « Il est inacceptable que les Européens nous rappellent combien nous sommes éloignés d’eux, estime M. Çavusoglu. Nous faisons partie de ce continent. » Selon lui, la mésentente est due en grande partie « à la morgue des Européens ». « Bruxelles a un regard condescendant sur certains pays, à commencer par ses propres Etats membres, regrette M. Çavusoglu. Il faut arrêter de nous regarder de haut. Menacer, mépriser est contre-productif. Pour progresser ensemble, encore faut-il voir l’interlocuteur comme un égal. » 
La Turquie n’a-t-elle pas quelques manquements à déplorer ? « Aucun. » Le coupable, c’est l’autre. « Les Européens ne savent pas ce qu’ils veulent par rapport à l’élargissement, attaque le diplomate. Leur projet est plein d’incertitudes, leur politique n’est pas claire. Certains Etats veulent rétrécir l’Union, retourner à l’ordre ancien, douze pays ; d’autres veulent la quitter. L’émergence de mouvements politiques souverainistes et xénophobes remet en question la raison d’être de l’Union et lui fait perdre sa crédibilité. »
Le « partenariat privilégié » évoqué par Emmanuel Macron lors de la visite de son homologue turc à Paris, en janvier, n’est pas vu d’un bon œil. « Cette proposition est floue », balaie M. Çavusoglu. C’est l’adhésion ou rien. Mais pour y prétendre, ne faudrait-il pas commencer par rétablir l’Etat de droit en Turquie ? « Toutes les exigences des Européens en matière de respect des droits de l’homme figurent dans les chapitres 23 et 24 des négociations d’adhésion. Il ne tient qu’à Bruxelles de décider de les ouvrir. De notre côté, nous sommes prêts à appliquer ces critères. Si nous échouons, ces chapitres seront fermés. Pourquoi ne pas les ouvrir ? »
Litige chypriote
Comme si les sujets qui fâchent ne suffisaient pas entre l’UE et la Turquie, un nouveau litige s’est ajouté, qui porte sur l’exploitation des réserves de gaz au large de Chypre. Ankara s’y est opposé en empêchant un navire de la compagnie italienne ENI d’accéder aux gisements. Jeudi 22 mars, le Conseil européen a condamné « la poursuite des actions illégales de la Turquie en Méditerranée orientale et en mer Egée », affirmant sa « pleine solidarité avec Chypre et la Grèce ».
Les Turcs ont une lecture opposée. « Tous les pays garants reconnaissent que les Chypriotes turcs ont des droits sur ces richesses. La partie chypriote grecque agit de façon inacceptable en niant ces droits. Pour eux, négocier la part des Chypriotes turcs sur les réserves gazières offshore équivaut sans doute à reconnaître la partie turque de Chypre en tant qu’Etat », affirme M. Çavusoglu. « Une solution pourrait être négociée avec l’aide [de l’UE]. Mais que fait-elle ? Au lieu de convaincre la partie chypriote grecque de reconnaître les droits des Turcs de l’île, elle n’est que critiques vis-à-vis de la Turquie. »

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Roi de la collaboration avec Nike ou Jimmy Choo, ancien bras droit de Kanye West, le designer américain est le nouveau directeur artistique des collections Homme de Louis Vuitton.
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Louis Vuitton mise sur le phénomène Virgil Abloh


                      Roi de la collaboration avec Nike ou Jimmy Choo, ancien bras droit de Kanye West, le designer américain est le nouveau directeur artistique des collections Homme de Louis Vuitton.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 16h13
    |

                            Carine Bizet








   


C’est presque en train de devenir un rituel. Chaque lundi matin, depuis deux semaines, le groupe LVMH annonce un changement de direction artistique dans une de ses maisons. Après l’arrivée de Kim Jones chez Dior Homme, le nom de son remplaçant chez Louis Vuitton est donc tombé tôt ce 26 mars : Virgil Abloh. A 38 ans, le designer américain affiche un parcours étonnant et atypique, presque un phénomène culturel.
Pour beaucoup, Virgil Abloh est connu pour ses collections de baskets en collaboration avec Nike et ses sweat-shirts à logo et gros traits ultra graphiques. Mais ne correspond à aucun stéréotype. Elevé dans l’Illinois, près de Chicago, par des parents originaires du Ghana, il suit les cours d’une école catholique avant d’entrer à l’université. Diplômé en génie civil de l’université du Wisconsin à Madison, il décroche aussi une maîtrise en architecture à l’Institut de technologie de l’Illinois (un programme d’études créé par Mies van der Rohe) et sa vision créative sera empruntée pour toujours de cette culture du design industriel et architectural.
« Accro » à son téléphone et aux réseaux sociaux, ce grand gaillard au débit de mitraillette passe aussi ses journées à regarder des milliers d’images, sa créativité est nourrie par ce flot continu.
A 22 ans, Il fait ses débuts dans les coulisses du « phénomène Kanye West » dont il est le bras droit. Virgil Abloh participe notamment à la direction artistique de l’album Watch the Throne avec Riccardo Tisci. En 2012, il lance son premier label Pyrex Vision, un projet mixte création-distribution grâce auquel il vend les labels streetwear les plus pointus mais aussi des tee-shirts de la marque Champion et des polos de rugby Ralph Lauren sur lesquels a été imprimé le logo Pyrenex 23, créant au passage la polémique sur cet exercice de détournement.
L’année suivante, le projet s’arrête et Off-White devient sa rampe de lancement vers le succès. il impose un style : des graphismes forts, des détails signatures (une étiquette en plastique rouge, de gros traits obliques, des flèches…), des références sportswear et cette façon de détourner les tics et les codes de la mode déjà aperçus chez Pyrex Vision. Ses silhouettes évoluent vite, sont de plus en plus riches et sophistiquées au fil des collections ; elles flirtent avec les principes et les esthétiques de Raf Simons ou Martin Margiela. On est loin d’un simple sportswear de luxe. Virgil Abloh devient « le » designer à suivre, à inviter, à porter, celui avec lequel il faut se faire photographier.

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Son succès réjouit ou agace, c’est selon. Certains mettent en cause sa façon de « vampiriser » l’air du temps pour le remodeler et en tirer des produits à son nom. Mais le public jeune suit, et pas seulement parce que les plus grandes stars du moment comme Rihanna ou Beyoncé portent du Off-White. Cet Américain marié à sa fiancée du lycée, Shannon (qu’il présente comme sa première muse), père de famille, est l’incarnation du cool : il dialogue avec eux en direct sur Instagram, quitte à les inviter au show et à créer une émeute à la porte, il partage leur culture, leur façon d’appréhender le monde en picorant un peu partout, en faisant plusieurs choses à la fois. Comme beaucoup de designers modernes, il est le roi de la collaboration, avec des marques aussi diverses que Nike, Byredo (un label de parfum suédois pointu) ou Jimmy Choo.
« Accro » à son téléphone et aux réseaux sociaux, le grand gaillard au débit de mitraillette passe aussi ses journées à regarder des milliers d’images, sa créativité est nourrie par ce flot continu. Ses inspirations ? La Princesse Diana (muse de sa collection femme printemps-été 2018), l’artiste Jenny Holzer (avec laquelle il a collaboré pour son défilé organisé au salon du Pitti à Florence, en janvier 2017), Rem Koolhaas…

   


Virgil Abloh est aussi le prototype du créatif multitâche du XXIe siècle. DJ, designer, il signera cet automne des costumes pour le gala du New York City Ballet et prépare pour 2019 une exposition au Musée d’art contemporain de Chicago mêlant mode, musique et architecture. Ce sont toutes ces qualités et cette vision que s’offre aujourd’hui Louis Vuitton, soit une mode en phase avec l’époque, dans la lignée de ce que faisait Kim Jones, un mix excitant entre l’énergie de la rue et le goût du luxe pour la rareté, le tout orchestré par un grand communicant.
L’ancien stagiaire de Fendi (en 2006) et ancien finaliste du prix LVMH est aussi le symbole de quelque chose que dépassent les manœuvres de changements de designers. Il est l’un des premiers designers noirs à prendre la tête d’une grande maison de luxe (avec le Français Olivier Rousteing qui signe les collections Balmain). Un progrès qui ne peut que réjouir.
Avec Virgil Abloh et Kim Jones, LVMH mise en tout cas sur un luxe masculin moderne et protéiforme, en phase avec le public. Leurs premiers défilés auront lieu à quelques jours d’intervalle pendant la fashion week masculine, au mois de juin à Paris. A suivre.



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ L’économiste Jean-Pascal Gayant dresse le constat de l’inéluctable passage de la propriété des stades des collectivités territoriales au secteur privé.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Ces absences sont aujourd’hui sanctionnées d’une radiation de deux mois. Le gouvernement compte, à partir de 2019, réduire la sanction à 15 jours.
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70 % des radiations à Pôle emploi consécutives à une absence à une convocation

Ces absences sont aujourd’hui sanctionnées d’une radiation de deux mois. Le gouvernement compte, à partir de 2019, réduire la sanction à 15 jours.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 14h12
   





                        


L’essentiel
Les chiffres de Pôle emploi font état de 582 930 radiations de demandeurs d’emploi en 2017, apprend-on lundi 26 mars.Parmi elles, 416 840 radiations étaient consécutives à une « non-réponse à convocation » de Pôle emploi. Ce motif représente 71,5 % des radiations totales.Ces absences sont aujourd’hui sanctionnées d’une radiation de deux mois. Le gouvernement compte, à partir de 2019, réduire la sanction à quinze jours.

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Les autres motifs de radiation
Le deuxième motif de radiation est le refus d’une « action d’aide à la recherche d’emploi », par exemple un atelier organisé par Pôle emploi : 129 180 radiations, 22,2 % du total.
Viennent ensuite les radiations pour « insuffisance de recherche d’emploi », avec 26 480 radiations (4,5 %). Expérimentées à partir de 2013, des équipes de contrôle de la recherche d’emploi ont été généralisées en 2015 à Pôle emploi pour déceler ce type de manquements. Résultat : les radiations pour ce motif ont doublé depuis 2013 (environ 13 000 à l’époque). Le gouvernement compte quintupler les effectifs de contrôleurs, de 200 à 1 000 à horizon 2020.
Quatrième motif de radiation : les « déclarations inexactes » pour rester inscrit à Pôle emploi. En 2017, 4 580 personnes ont été radiées pour ce motif, soit 0,8 % de l’ensemble.
Et aussi :
Suivent les radiations pour « abandon de formation » (2 260 radiations, 0,4 %) et « refus de formation » (1 820, 0,3 %). Le gouvernement a annoncé qu’à l’avenir les demandeurs d’emploi ne seraient plus sanctionnés s’ils refusent une formation.
Les autres motifs ont, chacun, entraîné moins de 1 000 radiations en 2017 : « Refus d’action d’insertion » (651 radiations, 0,1 %), « refus d’élaboration ou d’actualisation de son projet personnalisé d’accès à l’emploi » (228, 0,04 %), « refus de deux offres raisonnables d’emploi » (149, 0,03 %), « refus de contrat aidé ou de contrat de professionnalisation » (124, 0,02 %) et « refus de visite médicale » (49, 0,01 %).
Les changements envisagés par le gouvernement
Concernant les « offres raisonnables d’emploi », aujourd’hui définies très précisément dans le code du travail, le gouvernement compte les assouplir pour que la sanction devienne « pleinement applicable ». L’offre raisonnable sera, à l’avenir, uniquement déterminée en concertation entre le demandeur d’emploi et son conseiller.
Le ministère du travail compte, par ailleurs, instaurer un nouveau barème de sanctions, applicable à l’ensemble des motifs sauf l’absence à convocation. Au premier manquement, les allocations seront suspendues pendant un mois ; au deuxième manquement, l’allocataire perdra définitivement deux mois d’allocations ; au troisième manquement et suivants, l’allocataire perdra définitivement quatre mois d’allocation.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Après une pétition et des témoignages anonymes, l’établissement parisien prend la mesure du problème.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/03/2018
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L’Ecole des beaux-arts à l’épreuve du harcèlement

Après une pétition et des témoignages anonymes, l’établissement parisien prend la mesure du problème.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 14h46
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Il n’allait pas de soi, pour l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris (Ensba) d’accueillir une réunion du Collectif de lutte contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur (Clasches). Après l’onde de choc de l’affaire Weinstein, en octobre 2017, cinq longs mois auront été nécessaires pour que la direction de ce haut lieu d’enseignement artistique s’engage à faciliter les démarches des élèves victimes de comportement sexiste. Entre-temps, il aura fallu une séance « d’échanges et de dialogue » avec la ministre de la culture, Françoise Nyssen, sur le sujet en octobre 2017, et dans la foulée une pétition, lancée par des élèves, pour que l’école s’ouvre à cette question et qu’une réunion d’information de deux heures sur le harcèlement sexuel soit organisée vendredi 16 mars à l’attention des étudiants, des professeurs et des personnels.

Dans leur pétition, un petit groupe de cinq étudiants (trois filles et deux garçons) s’était fait lanceur d’alerte pour tenter de libérer la parole dans cet établissement bicentenaire qui compte 60 % de femmes parmi les 650 élèves, contre 30 % parmi les 60 professeurs. Evoquant « des mains sur la cuisse, des insultes sexistes, des élèves contraints d’éviter des professeurs, des humiliations, des remarques sur l’apparence, des présupposés sexistes sur la qualité du travail, etc. » et réclamant à la direction que « des mesures – avertissement, sensibilisation, structure d’écoute – soient prises », leur texte a réuni en quelques jours plus de 800 signatures.
« Six professeurs sont cités »
Parallèlement, les cinq étudiants ont créé un document en ligne pour que les victimes puissent témoigner anonymement. « Nous ne voulions pas être justiciers mais savoir, afin que les choses bougent », explique l’une des élèves à l’origine de la pétition. Ses initiateurs assurent avoir recueilli « plus d’une vingtaine de témoignages concernant des faits de harcèlement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ La CGT a appelé lundi à une grève illimitée à partir du 3 avril, date qui coïncide avec le début de la grève intermittente des syndicats de la SNCF.
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Collecte et traitement des déchets : appel à une grève nationale illimitée à partir du 3 avril

La CGT a appelé lundi à une grève illimitée à partir du 3 avril, date qui coïncide avec le début de la grève intermittente des syndicats de la SNCF.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 14h07
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 17h11
   





                        


La Confédération générale du travail (CGT) a appelé lundi 26 mars à une grève illimitée dans le secteur de la collecte et du traitement des déchets à partir du 3 avril, date qui coïncide avec le début de la grève intermittente des syndicats de la SNCF.
« Le succès de la journée de grève et de manifestation de jeudi 22 mars démontre à quel point les agents et fonctionnaires territoriaux sont mobilisés contre la politique du gouvernement et en colère », déclare le syndicat dans un communiqué.
« Dans le cadre du processus de mobilisation en cours, la fédération CGT des services publics et la fédération CGT des transports appellent l’ensemble des acteurs publics et privés de la filière collecte et traitement des déchets à se mobiliser ensemble pour leur cahier revendicatif commun portant sur un projet d’avenir durable écologiquement et responsable. »

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S’opposer à « toutes les annonces du gouvernement »
Les deux fédérations disent s’opposer à « toutes les annonces du gouvernement, que ce soit les ordonnances Macron », en référence aux ordonnances réformant le code du travail, ou « les annonces de casse des services publics et de leur statut ». Elles ont déposé un préavis de grève illimité.
Sept des neuf syndicats de fonctionnaires ont manifesté jeudi pour s’opposer à la réforme du secteur public qui prévoit, entre autres, la mise en place d’un plan de départs volontaires, le recours accru aux contractuels et l’introduction de la rémunération au mérite. Les syndicats de la SNCF ont annoncé, pour leur part, une grève intermittente de deux jours sur cinq à partir du 3 avril jusqu’à la fin du mois de juin pour dénoncer la réforme du secteur ferroviaire.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Catherine Guillouard veut sauvegarder le régime d’établissement public à caractère industriel et commercial de l’entreprise au moment où la SNCF doit passer en société anonyme.
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La patronne de la RATP défend le statut public de l’entreprise de transport

Catherine Guillouard veut sauvegarder le régime d’établissement public à caractère industriel et commercial de l’entreprise au moment où la SNCF doit passer en société anonyme.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 15h00
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Ancienne championne de ski, Catherine Guillouard n’a en théorie pas peur de la compétition. Mais, en dirigeante chevronnée, la présidente de la RATP préfère l’aborder avec le moins de remous possible. Lors de la présentation de ses résultats 2017, vendredi 23 mars, la nouvelle Madame Métro (elle a remplacé l’été dernier, Elisabeth Borne devenue ministre des transports) a clamé son attachement au statut public de son entreprise et à celui de ses agents.
Mme Guillouard l’assure : être un établissement public à caractère industriel et commercial (Epic), directement sous la tutelle souvent embrouillée de l’Etat, n’handicape en rien la RATP. Manifestement, elle n’a pas le même point de vue que son homologue Guillaume Pepy, le patron des chemins de fer, lequel plaide pour un passage en société anonyme (SA) afin d’améliorer l’efficacité de son exploitation et transformer le mammouth SNCF en une entreprise moderne et agile.
Pourtant, relèvent une poignée d’observateurs rabat-joie, l’Epic est une forme juridique qui risque de faire sourciller les arbitres tatillons de l’Union européenne dans la perspective inéluctable d’une ouverture à la concurrence de l’intégralité des lignes de bus, tramway, métro et RER de Paris et de sa banlieue. Et puis pourquoi figer un des grands groupes de transport public français dans ce statut un brin suranné d’Epic quand l’autre deviendrait une SA plus en phase avec son temps ?
Un groupe public en pleine forme
« La RATP est différente de la SNCF sur bien des sujets, a donc plaidé Mme Guillouard. Le calendrier de l’ouverture à la concurrence n’est pas le même et s’étale de 2024 pour les bus à 2039 pour le métro. Les éléments du statut des agents n’empêchent pas la flexibilité et la polyvalence. Le régime des retraites de la RATP est en train de rejoindre celui des salariés du privé. Quant au niveau d’endettement, il n’a rien à voir avec celui de la SNCF. »
Il faut dire que les résultats dévoilés vendredi donnent l’image d’un groupe public en pleine forme. Un chiffre d’affaires de 5,5 milliards d’euros, un résultat opérationnel récurrent en hausse de 20 %, un bénéfice multiplié par deux à 339 millions d’euros.
Quoiqu’astreinte à un plan d’investissement conséquent, la RATP a réussi le tour de force de se désendetter de 200 millions d’euros en 2017. Aujourd’hui sa dette représente 6,4 années d’excédent brut d’exploitation (contre 7 l’an dernier). Ce même ratio chez la SNCF atteint douze années au global et même vingt-quatre ans pour SNCF Réseau.
Mais gare ! Une trop bonne santé pourrait se transformer en contre-argument. Comme elle ne souffre précisément pas de cette maladie de la dette qui constitue un handicap majeur pour devenir une société par actions, la RATP serait une candidate toute trouvée au passage en SA.

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Heureusement, Mme Guillouard bénéficie de quelques soutiens de poids dans cette « Epic » bataille. A commencer par celui de la ministre Elisabeth Borne, qui a confirmé que le gouvernement, qui n’a pas une très grande envie de se rajouter un front social en ce moment, souhaitait le statu-quo pour son ancienne maison. Et la patronne peut aussi compter sur le soutien des salariés de la RATP dans ce combat. L’appel à la grève du 22 mars n’a pas été entendu à la RATP. Le trafic quasi normal du métro et des bus parisiens pouvait être interprété comme un soutien à la direction.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Plus de 600 000 personnes sont installées dans un camp de fortune alors que la saison humide va débuter en avril, porteuse de pluies diluviennes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/03/2018
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La mousson, épreuve à venir pour les Rohingya réfugiés au Bangladesh

Plus de 600 000 personnes sont installées dans un camp de fortune alors que la saison humide va débuter en avril, porteuse de pluies diluviennes.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 16h24
    |

            Harold Thibault








                        



                                


                            

Ils ont fui leurs villages incendiés, abandonné leurs terres et dû laisser derrière eux les corps de leurs proches pour trouver refuge au Bangladesh voisin. Ici, ils ne sont plus menacés par les balles birmanes. Mais les réfugiés rohingya voient approcher une nouvelle épreuve : la saison de la mousson humide et ses pluies diluviennes qui menaceront d’emporter leurs tentes de fortune.
La saison humide au Bangladesh débute doucement en avril et mai pour voir les pluies grimper au cours de l’été – avec 1 060 mm d’eau dans l’est du pays en juillet, à comparer aux 282 mm d’eau en janvier 2018 en France, record depuis les débuts des relevés météorologiques.
C’est peu dire que le principal camp où sont installés les Rohingya n’est pas préparé à ce déluge. Les réfugiés ont commencé à affluer après le 25 août 2017 lorsque, en réponse à l’attaque de postes de police par une nouvelle guérilla disant défendre les intérêts de cette minorité musulmane victime de ségrégation, l’armée birmane a lancé une campagne de la terre brûlée d’une brutalité inédite.
Entre colère et empathie
Mais le Bangladesh, avec ses 163 millions d’habitants sur un territoire dont la superficie ne dépasse pas un quart de celui de la France métropolitaine, est l’un des pays les plus densément peuplés de la planète. Son gouvernement voit se profiler des élections générales qui auront lieu à la fin de l’année. Il craint la colère des citoyens de la région, qui déplorent la dégradation des terres et la présence d’une main-d’œuvre potentiellement concurrente, même s’ils éprouvent de l’empathie pour ces victimes.

Dans ce contexte, hors de question pour les autorités bangladaises d’envisager des solutions durables. Elles soulignent que concentrer les réfugiés sur un seul site permet de leur offrir des services, de santé notamment, de meilleure qualité que sur des sites éloignés, mais souhaitent aussi éviter que ces populations ne s’éparpillent dans le pays en allant chercher...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Sept projectiles ont été tirés dans la nuit de dimanche à lundi, peu avant un vaste rassemblement de soutien à l’effort de guerre dans la capitale yéménite.
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Les rebelles houthistes du Yémen tirent une salve de missiles sur Riyad

Sept projectiles ont été tirés dans la nuit de dimanche à lundi, peu avant un vaste rassemblement de soutien à l’effort de guerre dans la capitale yéménite.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 00h09
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 17h25
   





                        



   


Les rebelles houthistes du Yémen ont tiré sept missiles balistiques vers l’Arabie saoudite, dans la nuit de dimanche 25 à lundi 26 mars, selon les autorités de Riyad. Cette salve d’une ampleur inédite est déclenchée trois ans jour pour jour après le début de l’intervention militaire saoudienne dans le pays. Trois missiles ont visé la capitale et quatre autres ont été tirés vers le sud-ouest du pays, près de la frontière yéménite, notamment vers la ville de garnison de Khamis Mecheit.
Le royaume a affirmé que les missiles visant Riyad avaient été interceptés au-dessus de zones d’habitation, une information sujette à caution : des experts indépendants de l’université de Monterrey, en Californie, ont démontré que le système de défense Patriot fourni à l’Arabie saoudite par les Etats-Unis avait échoué à intercepter deux précédents tirs de missiles sur la capitale, en novembre et en décembre 2017, qui n’avaient pas fait de victimes. Des vidéos partagées en ligne par des habitants, lundi, enregistrant des traînées rouges dans le ciel et de lourdes explosions, semblaient notamment montrer un missile Patriot s’écraser peu après avoir été tiré au-dessus de Riyad, à l’approche d’un projectile houthiste.
Ces bombardements ont fait pour la première fois un mort dans la capitale saoudienne – un ressortissant égyptien – et deux blessés, victimes de débris de l’un des missiles interceptés, selon Riyad.
Impatience de Washington
Le porte-parole de la coalition de pays arabes menée par l’Arabie saoudite au Yémen, le colonel Turki Al-Maliki, a immédiatement vu dans ces tirs « la preuve que le régime iranien continue d’offrir une aide militaire au groupe armé » houthiste. L’Iran dément armer ses alliés chiites du Yémen, mais un rapport d’experts de l’ONU a conclu, en janvier, que Téhéran avait échoué à empêcher les houthistes de s’approvisionner en drones et missiles balistiques de probable provenance iranienne, violant ainsi l’embargo sur les livraisons d’armes au Yémen approuvé par la résolution 2216 de l’ONU en avril 2015.
En novembre 2017, les houthistes avaient démontré une capacité balistique nouvelle, doublant la portée de leurs tirs pour atteindre pour la première fois Riyad. Selon les experts de l’ONU, ces missiles de type Scud nouvellement employés par les rebelles présentent d’importantes similitudes avec un modèle iranien, le Qiam-1.
L’Iran est également accusé d’avoir aidé les rebelles à fabriquer des armes plus discrètes, mais efficaces, contre les forces yéménites, sur lesquelles s’appuie la coalition au sol. Dans un rapport rendu public lundi, l’organisation indépendante Conflict Armament Research, notamment financée par les Emirats arabes unis (membres de la coalition saoudienne) et par l’Union européenne, analyse ainsi un type d’engin explosif improvisé découvert dans la région de Mokha, dans le sud-ouest du Yémen, après sa reprise par la coalition. Camouflé en pierre et destiné à exploser en bord de route, au passage d’un véhicule milaitaire, cet engin se rapproche d’armes utilisées par le passé par le Hezbollah dans le sud du Liban, ainsi que par des groupes armés chiites, alliés de l’Iran, luttant contre la présence américaine en Irak dans les années 2000.

   


Les tirs visant Riyad ont lieu alors que le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman, poursuit une visite de près de trois semaines aux Etats-Unis, qui devait le mener notamment en Californie, sur le site de production du système de défense antimissiles Thaad de Lockheed Martin. Celui-ci a fait l’objet d’une promesse de vente américaine à l’automne 2017, pour 15 milliards de dollars (12 milliards d’euros).
En recevant l’homme fort du royaume, le 22 mars au Pentagone, le secrétaire américain à la défense, James Mattis, avait exhorté « MBS » à faciliter un règlement négocié du conflit yéménite. Affirmant que les Etats-Unis et leur allié saoudien allaient « mettre fin à cette guerre », M. Mattis avait adressé le signal le plus clair à ce jour de l’impatience de Washington envers l’intervention saoudienne, alors que le Sénat américain rejetait, vendredi, une résolution visant à mettre un terme à l’assistance logistique et de renseignement apportée par Washington à la coalition.

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Depuis deux mois, des représentants saoudiens et le porte-parole du mouvement houthiste, Mohamed Abdoulsalam, auraient pris des contacts discrets à Oman, selon des diplomates et des responsables yéménites cités par l’agence Reuters. Ces discussions se seraient tenues sans qu’y assiste aucun représentant du gouvernement légitime yéménite, en exil à Riyad et peu enclin à négocier une issue politique au conflit. La coalition et les houthistes ont démenti la tenue de tels pourparlers, alors qu’un nouvel émissaire des Nations unies pour le Yémen, le britannique Martin Griffiths, vient de prendre ses fonctions.
Lundi, les houthistes ont organisé un vaste rassemblement de soutien à l’effort de guerre dans la capitale yéménite, qu’ils occupent depuis septembre 2014. En ce jour chômé pour les écoles et les administrations, le chef du « gouvernement » houthiste, Saleh Al-Sammad, a appelé Riyad à mettre un terme à ses bombardements au Yémen s’il souhaite voir cesser les tirs de missiles des houthistes en direction de son territoire.

Pour aller plus loin :
Yémen : l’ONU s’inquiète d’un risque de partitionRiyad désespère de mettre fin à sa guerre au YémenLe Yémen, un spécimen des ratés de la guerre contre le terrorisme





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Doté de 400 millions d’euros sur cinq ans, le dispositif présenté lundi par le gouvernement est un catalogue de 25 mesures.
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Tabac, alcool, nutrition… les timides avancées du plan de prévention sur la santé

Doté de 400 millions d’euros sur cinq ans, le dispositif présenté lundi par le gouvernement est un catalogue de 25 mesures.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 10h02
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 10h21
    |

            François Béguin








                        


Quelques avancées, mais pas de mesure forte ou emblématique susceptible de marquer les esprits : le plan en faveur de la prévention que présentent, lundi 26 mars, le premier ministre, Edouard Philippe, et la ministre de la santé, Agnès Buzyn, à l’occasion d’un comité interministériel pour la santé dans les locaux de Santé publique France, à Saint-Maurice (Val-de-Marne), risque de laisser sur leur faim les acteurs du secteur.
Doté de 400 millions d’euros sur cinq ans, ce dispositif se présente sous la forme d’un catalogue de 25 mesures touchant aussi bien le tabac, l’alcool que la nutrition, le dépistage de certains cancers ou la vaccination contre la grippe. « Une vraie politique de prévention permettrait de préserver près de 100 000 vies par an », fait valoir M. Philippe.
« N’emmerdez pas les Français »
Le chef du gouvernement se sait très attendu sur ce sujet. Pendant la campagne, Emmanuel Macron avait promis de faire de la prévention un axe fort de sa politique de santé. Or, depuis son élection, des signaux contradictoires ont été envoyés.
Le prix du paquet de cigarettes a certes été augmenté en mars (il est désormais à environ 8 euros, avec un objectif de 10 euros à la fin de 2020) et le service sanitaire de trois mois des étudiants en santé a été mis sur les rails, avec des interventions prévues dans les collèges, lycées et universités dès la rentrée 2018.
Mais quant à la réponse à apporter au niveau élevé de la consommation de cannabis en France, c’est le ministère de l’intérieur – et pas celui de la santé – qui a eu la main sur la réforme à venir.

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Et sur la question de l’alcool, Agnès Buzyn est apparue bien seule lorsqu’elle a fait valoir, le 7 février, que le vin était un alcool aussi néfaste que les autres. Une prise de position qui lui a valu quelques jours plus tard cette réponse cinglante du chef de l’Etat : « Moi, je bois du vin le midi et le soir. Je crois beaucoup à la formule de Pompidou : “N’emmerdez pas les Français.” »

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Mesures bien modestes
Les mesures annoncées lundi paraissent bien modestes pour lutter avec efficacité contre la consommation nocive d’alcool, deuxième cause de mortalité évitable en France, avec 49 000 morts par an, dont 15 000 par cancer. Aucune hausse des budgets de communication sur ce sujet n’est par exemple programmée.
Une augmentation de la taille du pictogramme « interdit aux femmes enceintes » sur les bouteilles d’alcool est toutefois annoncée pour 2019, ainsi qu’une amélioration de la démarche de prévention auprès des jeunes pris en charge aux urgences après une « alcoolisation aigüe ».
Les consultations jeunes consommateurs, les structures destinées à venir en aide aux jeunes de 11 à 25 ans et à leurs familles lorsqu’ils sont confrontés à une consommation de tabac, d’alcool ou de cannabis ou à une pratique problématique (écrans, jeux…) seront renforcées, grâce aux « recettes de l’amende forfaitaire pour usage simple de stupéfiants » qui devrait prochainement être mis en place, sans plus de détails à ce stade.
Pour arrêter le tabac, responsable chaque année de 73 000 morts en France, l’aide au sevrage, qui se limite aujourd’hui à un forfait de 150 euros par assuré et par an, sera progressivement assurée par un remboursement de l’assurance-maladie, comme pour tous les médicaments remboursables. D’autres mesures devraient figurer dans le nouveau plan national de réduction du tabagisme qui devrait être annoncé prochainement.
La vaccination en pharmacie
Parmi les mesures présentées lundi, l’annonce de la généralisation de la vaccination contre la grippe par les pharmaciens volontaires dès 2019. Cet hiver, près de 156 000 personnes ont été vaccinées en pharmacie contre la grippe dans deux régions pilotes (Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle Aquitaine). Une expérimentation dont les premiers résultats sont aujourd’hui jugés « positifs » par le gouvernement.
En matière de nutrition, le gouvernement souhaite étendre à partir de 2020 à la restauration collective et aux produits non emballés (céréales, gâteaux, bonbons, pain) le « Nutri-Score », le logo qui informe de la qualité nutritionnelle des produits alimentaires manufacturés. Une extension qui se ferait sur la base du volontariat.
La plupart des mesures proposées en novembre 2017 par le Haut Conseil à la santé publique restent en revanche lettre morte : rien sur la régulation de la publicité et du marketing, rien sur la réglementation du contenu des distributeurs, etc. Les nouveaux repères de la politique nutritionnelle de santé publique devraient être présentés dans les prochains mois.
Sans fixer pour l’instant de calendrier à cet objectif, le gouvernement se fixe par ailleurs un taux de 80 % de la population formée aux premiers secours (contre seulement 20 % aujourd’hui). Une campagne de communication devrait enfin être lancée pour informer sur les effets des perturbateurs endocriniens sur la santé.

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                Le gouvernement promet une « réforme globale » pour le système de santé






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Parmi les personnes interpellées figurent le journaliste Eskinder Nega, l’homme politique Andualem Arage et deux blogueurs.
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Compte rendu

A peine libérés, des opposants éthiopiens de nouveau arrêtés

Parmi les personnes interpellées figurent le journaliste Eskinder Nega, l’homme politique Andualem Arage et deux blogueurs.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-26T15:28:41+02:00"

        Le 26.03.2018 à 15h28






    
Le journaliste Eskinder Nega lors de sa libération, le 14 février 2018, à Addis-Abeba.
Crédits : YONAS TADESSE / AFP


La police éthiopienne a arrêté, dimanche 25 mars, un groupe de onze opposants influents, dont certains venaient tout juste d’être graciés et libérés de prison, a-t-on appris auprès d’un avocat. Parmi les personnes arrêtées figurent le journaliste Eskinder Nega et l’homme politique Andualem Arage, qui avaient été libérés le 14 février après plus de six années de prison dans le cadre d’une amnistie annoncée en janvier par l’ex-premier ministre Hailemariam Desalegn, a indiqué à l’AFP l’avocat Ameha Mekonnen.
Deux clients de M. Ameha, Befekadu Hailu et Mahlet Fantahun, des blogueurs membres de Zone 9, un collectif très critique vis-à-vis du gouvernement et à l’égard duquel les dernières poursuites judiciaires lancées en 2014 avaient été abandonnées en février, font aussi partie de ce groupe.

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                En Ethiopie, un journaliste et un opposant libérés



Tous participaient à un événement organisé pour célébrer la libération de milliers de prisonniers – dont des hommes politiques, militants et journalistes – dans le cadre de cette amnistie, quand la police est arrivée et a encerclé la maison dans laquelle ils se trouvaient, a affirmé M. Ameha. « Ils ont été accusés de s’être rassemblés sans autorisation », a-t-il expliqué. De tels rassemblements sont interdits par l’état d’urgence décrété le 16 février au lendemain de la démission du premier ministre.
Etat d’urgence
Les onze opposants sont également accusés d’avoir exhibé une version du drapeau éthiopien populaire parmi ceux qui critiquent le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF), la coalition au pouvoir, a précisé M. Ameha. Figure la plus connue de ce groupe, Eskinder Nega avait été arrêté en septembre 2011 à la suite d’un texte prédisant un soulèvement similaire au printemps arabe en Ethiopie.
Comme d’autres journalistes, blogueurs et opposants critiquant le gouvernement, il avait été inculpé de terrorisme, puis condamné à dix-huit ans de prison à l’issue d’un procès vivement critiqué par les organisations internationales de défense des droits humains.

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L’état d’urgence autorise la détention sans procès de suspects et M. Ameha admet ne pas savoir si les onze opposants seront formellement inculpés ou non. « Ce n’est pas la procédure judiciaire habituelle, donc je vais voir comment je peux les aider », a-t-il relevé.
L’EPRDF est réuni depuis le 20 mars pour élire le successeur de M. Hailemariam, emporté par une vague sans précédent de manifestations antigouvernementales débutées fin 2015. Au vu de l’opacité des hautes sphères du pouvoir éthiopien, il est difficile de prédire si l’Ethiopie se dirige vers une plus grande ouverture ou si elle se prépare à une reprise en main par des partisans d’une ligne dure.

