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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Du 8 janvier 1968 à la grande ­manifestation gaulliste du 30 mai, le film de Patrice Duhamel, nourris de nombreux témoignage, retrace avec soin le déroulement des faits (sur France 5 à 20 h 55).
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TV – « Mai 68, les coulisses de la révolte »

Notre choix du soir. Du 8 janvier 1968 à la grande ­manifestation gaulliste du 30 mai, le film de Patrice Duhamel, nourris de nombreux témoignage, retrace avec soin le déroulement des faits (sur France 5 à 20 h 55).



Le Monde
 |    25.03.2018 à 18h00
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur France 5 à 20 h 55



A l’approche du cinquantième anniversaire de Mai 68, ­plusieurs documentaires consacrés à ces événements qui, d’émeutes ­urbaines en grève générale, ont bousculé la France, sont attendus sur les écrans. Premier à ouvrir le bal, le documentaire, un brin ­didactique mais riche en témoignages passionnants, signé Patrice Duhamel et réalisé par Emmanuel Amara.
Du début de la révolte étudiante le 8 janvier 1968 à la grande ­manifestation gaulliste du 30 mai sur les Champs-Elysées, le film retrace avec soin le déroulement des faits. Les images d’archives ­sélectionnées rappellent la violence de certains affrontements, le décalage entre le pouvoir gaulliste et la jeunesse, le chaos régnant non seulement dans les rues du Quartier latin, mais aussi dans les sphères du pouvoir.
Ainsi, l’affrontement entre le saint-cyrien de Gaulle et son ­normalien de premier ministre, Georges Pompidou, est un moment fort. Le Général ne comprend pas que de jeunes excités occupent la Sorbonne et veut rétablir l’ordre, par la force si nécessaire. Pompidou est sur une ligne plus conciliante, son premier souhait étant d’éviter le pire, à savoir des morts. Il aura finalement gain de cause. Mais à plusieurs reprises, et c’est un des aspects les plus intéressants souligné par le documentaire, la situation aurait pu basculer du mauvais côté. « On a eu la chance d’avoir Maurice ­Grimaud comme préfet de police. Rappelez-vous que son prédécesseur s’appelait Maurice Papon ! », résume l’un des intervenants.
De fait, Maurice Grimaud, adepte du dialogue avec les étudiants mais également conscient des limites de ses troupes en matière de maintien de l’ordre, semble avoir joué un rôle apaisant dans les moments les plus chauds. L’une des archives le voit devant la fontaine Saint-Michel, en bas du boulevard du même nom, énoncer d’un ton posé : « Je trouve absolument normal que les étudiants manifestent ! Ce qu’il ne faut pas, c’est qu’il y ait de la violence. » Le bain de sang a été évité, parfois de peu. L’intérêt des témoignages recueillis fait la richesse de ce programme.
On retrouve, entre autres, Daniel Cohn-Bendit, Romain Goupil, Roland Castro, Valéry Giscard d’Estaing, Edouard Balladur. Mais aussi, plus surprenant, Yves de Gaulle, l’un des petits-fils du général, Alain Pompidou, fils de l’ancien président (premier ministre en mai 1968), ou Lorraine Fouchet, fille du ministre de l’intérieur de l’époque. « Vous voulez quoi ? », demande dans l’intimité Charles de Gaulle à Yves, l’un de ses petits-fils. « Vivre plus ! », répond ce dernier. « Ça veut dire quoi ? », rétorque le Général.
Autres témoignages intéressants : ceux des journalistes d’Europe 1 et de RTL, stations « périphériques » qui firent vivre en direct les émeutes à la France entière et tinrent, de fait, un rôle primordial lors de ces journées. Pour de Gaulle, la radio était un objet régalien, au même titre que la télévision. La liberté de ton, la mise en sons, la dramaturgie choisie par les reporters d’Europe 1 et de RTL sur le terrain, parfois leurs rapprochements avec les étudiants ne furent pas appréciés par l’Elysée. « La radio devait être la voix de la France », rappelle le journaliste Philippe Alexandre. Raté. En mai 1968, le média radio s’offrit quelques libertés avec le pouvoir. D’autant plus inquiétant pour de Gaulle que, comme le rappelle un témoin : « Tout le monde, dans les appartements comme dans les rues, avait l’oreille collée au transistor ! »
Mai 68, les coulisses de la révolte, de Patrice Duhamel et Emmanuel Amara (France, 2018, 90 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A voir aussi ce soir. Patrick Jeudy retrace la vie (dissolue) de l’actrice, dont l’opulente poitrine a ému Hollywood (sur Arte à 22 h 50).
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TV – « Jayne Mansfield, la tragédie d’une blonde »

A voir aussi ce soir. Patrick Jeudy retrace la vie (dissolue) de l’actrice, dont l’opulente poitrine a ému Hollywood (sur Arte à 22 h 50).



Le Monde
 |    25.03.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Arte à 22 h 50



Elle était l’une de ces créa­tures aux courbes vo­luptueuses, une « busty blonde » (« blonde à gros seins »), telle que les producteurs de ­cinéma la voyaient, elle et quelques autres starlettes au corsage abondamment garni. Jayne Mansfield (1933-1967), qui s’appelait Vera Palmer avant son premier mariage, rêvait d’être une nouvelle Shirley Temple. Mais, après une décoloration radicale en blonde platine, elle devint une sorte d’ersatz de Marilyn Monroe, dont elle copiait les mines mutines, les petits cris aigus. Au rayon des mensurations, en revanche, elle battait le record.
Marilyn de substitution
L’actrice, rappelle Patrick Jeudy dans son documentaire, comprit vite à quel point ses 101 cm de tour de poitrine allaient la servir. Elle se fit photographier volontiers en contre-plongée, orchestra des « accidents de garde-robe » et fut « la première vedette du ­cinéma d’une telle notoriété » à se montrer nue à l’écran pour relancer l’attention du public masculin et empocher les revenus nécessaires à son train de vie dispendieux. Mais, à son plus haut, Jayne Mansfield ne fit que des films secon­daires et ne connut que quelques ­années de succès, quand elle finit par être la remplaçante d’une ­Marilyn Monroe que les studios ne voulaient plus engager en raison de son ­imprévisibilité. ­Mansfield avait fini par se substituer à celle dont la presse disait pourtant qu’elle n’était que « la doublure d’une imitation »…

   


Victime d’un système machiste ? Mansfield prouva plutôt le contraire par une crâne obstination à faire ce qu’elle voulait. Les studios lui déconseillaient de se marier ? Elle épousa un Tarzan en la personne d’un ancien culturiste dont elle appréciait les pectoraux. On désapprouvait ses grossesses ? Elle fit cinq enfants, de trois pères différents, et afficha une vie dissolue, qui le fut plus encore quand elle versa dans l’alcool et le LSD.
La fin de carrière de Mansfield fut un peu misérable : empâtée, à la dérive, l’actrice, sans réelle ­filmographie, continuait de fasciner la clientèle masculine des ­night-clubs miteux où elle se produisait avant de rentrer mettre au lit sa progéniture. C’est au retour d’une de ces soirées que l’automobile de l’actrice percuta un ­camion et lui fit perdre la vie.
Jayne Mansfield, la tragédie d’une blonde, de Patrick Jeudy (Fr., 2014, 50 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Cette rencontre entre le pitch de « Prison Break » et le style de « Uncharted » est uniquement jouable en coopération. Une ode maladroite mais plaisante à la fraternité.
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Jeu vidéo : « A Way Out », ou le plaisir de changer une ampoule à deux

Cette rencontre entre le pitch de « Prison Break » et le style de « Uncharted » est uniquement jouable en coopération. Une ode maladroite mais plaisante à la fraternité.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 15h35
    |

            William Audureau








                        



   


Il y a des œuvres qui fédèrent, d’autres qui divisent, et certaines, plus rares, qui invitent à se demander s’il est plus intéressant de changer une ampoule seul ou à deux. La production des suédois de Hazelight appartient aux trois catégories à la fois.
Dans ce jeu d’action-aventure, sorti vendredi 23 mars sur PC, PlayStation 4 et Xbox One, les deux joueurs – car on ne peut pas jouer seul – incarnent Vincent, quadra plein de sang-froid, et Leo, braqueur sanguin, tous deux incarcérés après s’être fait piéger par le même homme.
Leur évasion sera tout autant une histoire de vengeance que de rédemption, un jeu sur l’évasion que sur la construction d’une famille. Leo l’orphelin donnerait tout pour retrouver son fils de 5 ans ; Vincent a abandonné sa femme enceinte pour poursuivre l’assassin de son frère.

Une thématique pas tout à fait gratuite pour son réalisateur d’origine libanaise, Josef Fares, exilé avec son frère en Suède à ses dix ans et qui a déjà évoqué à plusieurs reprises le thème dans ses films. « A Way Out [une porte de sortie], c’est un titre qui peut aussi bien parler de prison que de la vie en général », prévenait-il en juin dernier, interrogé par Pixels.

        Relire :
         

          « A Way Out », sensation de l’E3 2017



Un jeu d’action sur la famille et la fraternité
Comme le touchant Brothers : A Tale of Two Sons, son précédent jeu, A Way Out met en scène deux personnages. Comme lui, il raccroche tous les enjeux à leur capacité à s’entraider. Comme lui, il thématise l’idée que seul, on n’est jamais complet. L’épopée initiatique légère et poétique d’alors a laissé place ici à de l’action « testostéronée », des visages burinés et une ambiance de film des années 1980, mais l’écriture reste subtilement autobiographique.
L’un des deux héros, Leo, est incarné par Fares Fares, le frère du réalisateur, et derrière son caractère impulsif, c’est celui de Josef Fares lui-même que l’on devine. Les Fares aiment être réunis, et le jeu est un hommage communicatif à la fraternité au sens large. Communiquer, s’aider, faire diversion, rejoindre, mais aussi défier, taquiner, battre, ou trahir : le jeu repose entièrement sur une grammaire du compagnonnage, l’art d’être deux dans la fuite.

   


Qu’il s’agisse d’escalader un conduit vertical en s’appuyant dos contre dos, de faire le guet pendant que son accolyte démonte un toilette, ou de piloter un pick-up tandis que son binôme est, arme au poing, sur le toit, de nombreux passages sont conçus pour que, depuis leur canapé (ou en ligne), les deux joueurs ne puissent progresser sans parler ensemble. C’est la réussite d’A Way Out : ses moments forts sont des moments de partage.

        Moment nostalgie :
         

          Souvenirs de jeux en coop



Innovations formelles et déjà-vu
Malheureusement, le fait de jouer à deux ne suffit pas toujours à relever une aventure souvent plan-plan. Par exemple, dans la dernière partie de l’aventure, les deux acolytes se retrouvent chacun en moto, poursuivis à travers la jungle mexicaine par un convoi armé, et le plus dur n’est pas de survivre, mais de compter dans combien de dizaines de jeux la même scène se retrouve déjà à l’identique.
Souvent A Way Out donne l’impression étrange et diffuse de s’être trompé de décennie. Dans son registre très rentre-dedans, ses références appuyées à la série télé Prison Break comme aux jeux Uncharted pour son format, Army of Two pour la « coop » ou encore Heavy Rain, pour la surcouche de sentimentalisme, sans même parler de sa réalisation technique datée, la production des suédois de Hazelight Studios semble relier directement 2018 aux années PlayStation 3.
Il s’en distingue toutefois par une idée formelle emballante : le jeu reprend la classique division du téléviseur en deux écrans, mais en laissant la ligne de démarcation voguer selon les scènes, renouvelant régulièrement les cadrages et dynamisant la mise en scène.

   


Si l’astuce est sous-exploitée la plupart du temps, elle accouche tout de même de quelques séquences notables, comme une scène de fusillade à trois fenêtres simultanées, façon Nouvelle vague, ou un habile plan-séquence de plusieurs minutes papillonnant d’un héros à l’autre via les cursives d’un hôpital, relevé d’un hommage au célèbre plan de coupe de Old Boy, de Park Chan-wook. Mais là encore, à plusieurs reprises, par des dialogues prévisibles ou des enchaînements narratifs incohérents, A Way Out donne l’impression d’une écriture pas totalement maîtrisée.
Activités triviales
Difficile de s’expliquer certains échanges incongrus. Ainsi, lorsque l’impétueux Leo se moque de deux techniciens syndiqués en train de changer une ampoule. « Vous avez vraiment besoin d’être deux pour ça ? », s’esclaffe le héros. « Oui, c’est l’avantage quand on est syndiqués », répond l’un des deux avec désinvolture.
Drôle de séquence, où l’on pourra voir, au choix, une saillie gratuite d’un créateur contre la syndicalisation (alors même que le mécontentement social monte dans l’industrie) ; ou bien une mise en abyme taquine du principe même du jeu, interdit à un joueur sans binôme. Fût-ce pour jouer aux fléchettes, porter du linge ou manger à la cantine, autant d’activités triviales de l’aventure qui valent bien un changement d’ampoule.

   


Finalement, au bout de six petites heures de jeu, on ressort d’A Way Out l’esprit partagé, entre l’impression d’avoir passé sa soirée sur une production bis, et d’inévitables bons souvenirs de partie avec son ou sa partenaire de canapé. Et surtout, cette conviction nouvelle qu’à bien y réfléchir, changer une ampoule, ce ne peut être que plus drôle à deux.
En bref
On a aimé
Le rythme très efficaceLe mélange entre scènes d’action et séquences intimistesQuelques très bonnes idées de mise en scèneUn jeu en coop ne peut pas être foncièrement mauvais
On n’a pas aimé
Un fort sentiment de déjà-vuRéalisation technique datéeFaire la courte-échelle pour enjamber un plot
C’est plutôt pour vous si…
Vous avez un second joueur sous la mainVous aimeriez jouer à un Uncharted light à deuxLa manière dont on peut innover avec des jeux de caméra vous intéresseVous aimez changer les ampoules en couple
Ce n’est pas pour vous si…
Vous n’avez ni seconde manette ni abonnement en ligneVous n’êtes pas venu là pour revenir en 2007, ok ?Vous avez une aversion pour les jeux linéaires
La note de pixels :  4/10 × 2 = 8/10



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Il a développé le concept millénaire « tianxia », qui voit le monde comme un tout, supprimant toute idée d’étranger ou d’ennemi. Une théorie politique perçue par certains comme un levier du nationalisme chinois.
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Zhao Tingyang, philosophe de l’utopie inclusive

Il a développé le concept millénaire « tianxia », qui voit le monde comme un tout, supprimant toute idée d’étranger ou d’ennemi. Une théorie politique perçue par certains comme un levier du nationalisme chinois.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 14h00
    |

            Frédéric Lemaître








                        



                                


                            

De passage à Paris, mi-mars, Zhao Tingyang est formel : sa philosophie n’a « rien à voir » avec la politique chinoise actuelle. « En fait, je n’ai aucun lien avec le pouvoir. Je suis un rat de bibliothèque qui a inventé une théorie de la philosophie politique », confie-t-il, quelques heures avant de retrouver, à Sciences Po, l’un de ses interlocuteurs occidentaux privilégiés : le philosophe Régis Debray.
De fait, ­considérer comme un porte-parole officieux du Parti communiste chinois cet élégant intellectuel, dont seuls quelques poils de barbe blancs laissent deviner la soixantaine proche, constituerait une erreur. Mais, reconnaissons-le, la tentation est grande, tant sa pensée semble offrir le cadre conceptuel idéal au « rêve chinois » du président Xi Jinping. Début février, le Washington Post a d’ailleurs présenté « Tianxia », sa philosophie, comme l’exact ­contraire de l’« America first » de Donald Trump.
Tianxia signifie « tout ce qui existe sous le ciel ». C’est un système inclusif qui tente de penser le monde comme un tout, supprimant même l’idée d’étranger ou d’ennemi. Comme l’écrit Zhao Tingyang dans la longue préface de l’édition française de son ouvrage, Tianxia, tout sous un même ciel (Cerf, 336 p., 22 euros) :
« Qu’il s’agisse de conflits entre les chrétiens et les païens, (…) de l’hypothèse de la jungle de Hobbes, de la théorie de la lutte des classes de Marx, des théories de politique internationale fondées sur les Etats-nations ou du choc des civilisations de Huntington, toutes ces luttes sont étroitement liées au concept d’antagonismes politiques entre ennemis et amis. Contrairement à tout cela, le concept de Tianxia pose comme ­hypothèse qu’il existe nécessairement des méthodes qui permettraient d’incorporer n’importe quel Autre dans l’ordre de la coexistence et que même si un tel Autre refusait catégoriquement d’entrer dans le système Tianxia, il existerait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ S’exprimant pour la première fois, Sébastien Farran estime que la succession du chanteur est entachée de « mensonges » et s’attache à défendre la femme du rockeur.
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Le manageur de Johnny Hallyday assure que rien ne sera fait « de ce que Johnny n’aurait pas voulu »

S’exprimant pour la première fois, Sébastien Farran estime que la succession du chanteur est entachée de « mensonges » et s’attache à défendre la femme du rockeur.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 09h50
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 10h37
   





                        


Sébastien Farran était un ami proche de Johnny Hallyday, mais il était resté muet depuis la mort du chanteur. L’imbroglio judiciaire qui agite la famille du défunt depuis son enterrement l’a poussé à sortir du silence. « Il y a trop de mensonges », a-t-il expliqué au Journal du dimanche paru le dimanche 25 mars. 
L’ancien manageur de Johnny Hallyday a notamment pris la défense de la femme du rockeur, Laeticia, assignée en justice par Laura Smet et David Hallyday, les deux aînés du chanteur, qui réclament un droit de regard sur l’album posthume de leur père ainsi que le gel de son patrimoine.

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                Héritage de Johnny Hallyday : le premier round judiciaire renvoyé au 30 mars



« Chasse à la femme »
« On la présente comme une sorcière ! Elle ne l’a pas vu venir, elle qui a toujours tout fait pour réunir les uns et les autres », a estimé M. Farran, ajoutant que « cette chasse à l’homme – ou plutôt à la femme – [le] dérange [ait] ». 
Il a ainsi raconté la surprise et l’incompréhension de Laeticia Hallyday vis-à-vis des sommations de Laura Smet et David Hallyday, rapidement après l’enterrement du chanteur. Quant au fait que les deux aînés n’aient pas pu voir leur père le week-end précédant sa mort, il a affirmé que c’était la volonté de Johnny de ne voir personne, tant il était affaibli, et non de Laeticia d’éloigner son mari des enfants de ce dernier. Il a également souligné la volonté affichée par l’épouse de Johnny Hallyday de voir la famille « reconstituée ». 

        Lire aussi :
         

                Johnny Hallyday, son héritage et le mythe de la « veuve abusive »



Selon lui, les tensions évoquées entre les époux Hallyday n’existaient pas. Il a ainsi répété à plusieurs reprises au Journal du dimanche qu’il avait vu dans le couple « beaucoup d’harmonie, d’amour, de bienveillance, de sérénité ». 
Quant à la direction du trust chargé de la gestion des avoirs de Johnny, Sébastien Farran a déclaré ignorer qui avait remplacé le frère de Laeticia à cette fonction. Il a cependant souligné que Grégory Baudou n’avait été désigné pour l’assurer qu’en « cas de mort simultanée des deux parents » de Jade et Joy, les filles de Johnny et Laeticia Hallyday, afin qu’elles aient quelqu’un « pour s’occuper d’elles ».
« Johnny décidait »
Le manageur du chanteur s’est aussi attaché à contrer les accusations de manipulation dirigées contre Laeticia Hallyday. A la question « a-t-elle été décisive dans la réorientation de [la] carrière [de Johnny Hallyday] ? », Sébastien Farran a répondu : « Laeticia, c’était son premier soldat et son plus indéfectible soutien ». Mais, sur sa carrière comme sur les personnes qui composaient son entourage « c’était toujours Johnny qui décidait, et ce n’était pas négociable ».
Au sujet de l’album posthume sur lequel Laura Smet et David Hallyday réclament un droit de regard, afin de pouvoir, entre autres, « confirmer le respect de l’intégrité artistique de l’entier contenu de cet album », le manageur du chanteur a assuré que « Johnny s’en est occupé jusque dans les détails ».

        Lire aussi :
         

                Ce que l’on sait sur l’album posthume de Johnny Hallyday, attendu ce printemps



Selon lui, le chanteur avait dit au compositeur et réalisateur « tout ce qu’il voulait avant de partir ». Même s’il a reconnu que Johnny Hallyday n’avait écouté qu’une version du disque non encore mixée, il a assuré que le réalisateur, Maxime Nucci, avait « scrupuleusement respecté l’ensemble des volontés de Johnny pour en faire un véritable album de rock’n’roll ». Et Sébastien Farran de répéter : « On ne fera rien de ce que Johnny n’aurait pas voulu ». 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr », d’Antoine Marchalot.
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 94)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr », d’Antoine Marchalot.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 07h03
   





                        



   





                            


                        

                        


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Leïla Slimani : « La mort de mon père m’a désinhibée »

Dans la série « Je ne serais pas arrivée là si… », « Le Monde » interroge cette semaine l’écrivaine franco-marocaine lauréate du Goncourt en 2016.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 12h10
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            Pascale Krémer








                        



                                


                            

Lauréate du prix Goncourt 2016 pour son deuxième roman, Chanson douce, vendu à 600 000 exemplaires et traduit en 40 langues, l’écrivaine franco-marocaine a été nommée, en novembre 2017, représentante personnelle ­d’Emmanuel Macron pour la francophonie, et présidera en juin le prix du Livre Inter.
Je ne serais pas arrivée là si…
Leïla Slimani : Si mon père n’était pas mort quand j’avais 22 ans, dans des circonstances assez tragiques. Ce qui lui est arrivé nous a prouvé à ma mère, mes sœurs et moi qu’en réalité rien ne protège. Nos parents avaient voulu pour nous de très bonnes études, des métiers sûrs, l’indépendance financière. Mais tout s’est écroulé, on s’est rendu compte qu’un ­malheur est toujours possible, qu’il faut donc essayer de faire ce qu’on a envie de faire. Ma mère, qui était très anxieuse, a compris mon envie de faire du théâtre, d’écrire, elle m’a soutenue. Et puis je pense aussi que je n’aurais pas pu écrire ce que j’ai écrit si mon père avait été vivant. Peut-être qu’au fond sa mort m’a désinhibée.
Votre père, Otmane, était banquier au Maroc. Il a été accusé de détournement de fonds, c’est cela ?
Papa a connu une ascension professionnelle et sociale assez fulgurante. Il venait d’un milieu modeste, à Fès, avec une maman analphabète. Il a fait des études d’économie en France, il est devenu professeur à la fac de Rabat au retour, puis secrétaire d’Etat à ­l’économie, dans les années 1970, et président d’une grande banque, le Crédit­ immobilier et hôtelier (CIH). Il a été mis ­dehors quand j’avais 13 ans et n’a plus jamais retravaillé. il s’est retrouvé au cœur d’un scandale de détournement de fonds. Ça a été une longue descente aux enfers. Il n’a jamais voulu fuir le Maroc parce qu’il se savait innocent. Il a été incarcéré alors que j’avais 21 ans. Il est mort en sortant de prison. quelques années après, il a été entièrement innocenté, à titre posthume. C’était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ La colorisation par l’artiste brésilienne Marina Amaral des images de la jeune Polonaise Czeslawa Kwoka, prises dans le camp de concentration, met le Web en émoi.
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Photos d’Auschwitz colorisées : mise en scène ou mise à distance du temps ?

La colorisation par l’artiste brésilienne Marina Amaral des images de la jeune Polonaise Czeslawa Kwoka, prises dans le camp de concentration, met le Web en émoi.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 14h00
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Une toute jeune fille, un triangle rouge, une ves­te rayée. De profil, de face, de trois quart. En trois Tweet, le compte officiel du Musée national d’Auschwitz-Birkenau, « Auschwitz Memorial », a publié, le 12 mars, les photographies de ­Czeslawa Kwoka, jeune Polonaise déportée, portant des marques de coups, qui fut exécutée exactement soixante-quinze ans auparavant, le 12 mars 1943.
Réalisées à des fins d’identification des prisonniers et de statistiques sur ordre des commandants nazis du camp, ces images étaient connues du grand public ; en quelques jours, elles font pourtant le tour du réseau social et du Web. C’est que, dans un quatrième post, le musée a ajouté une version colorisée produite par l’artiste brésilienne Marina Amaral. Il sera relayé trois fois à dix fois plus que ceux montrant les photographies originelles en noir et blanc.
Une plus grande empathie ?
Si la colorisation est un procédé presque aussi ancien que le procédé photographique lui-même – pratiqué dès 1840 par le photographe suisse ­Johann Baptist Isenring –, sa version numérique connaît un grand succès ces dernières années. Marina Amaral, qui a fait de la colorisation d’images « iconiques » son cœur de métier, ­explique sa démarche sur son compte personnel :
Se confronter à des images telles que celle-ci pendant de longues minutes voire des heures, en m’assurant qu’aucun détail ne m’a échappé, n’est pas une tâche facile (émotionnellement). Mais je continuerai à le faire, car je crois sincèrement que regarder des visages comme celui de Czeslawa et de tant d’autres en couleurs a un puissant impact. »
La couleur permettrait, selon une idée répandue reprise ici par l’artiste, une plus grande empathie avec le sujet représenté, en effaçant virtuellement la distance temporelle entre le moment de la prise de vue et notre époque.
Cette volonté de rendre invisibles les marques du temps est critiquable du point de vue de l’histoire visuelle, car...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Cet Ecossais inspiré par Raymond Chandler était notamment l’auteur des « Bernie Gunther », une série romanesque située dans l’Allemagne de Hitler.
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Mort de l’écrivain Philip Kerr, figure du polar historique

Cet Ecossais inspiré par Raymond Chandler était notamment l’auteur des « Bernie Gunther », une série romanesque située dans l’Allemagne de Hitler.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 11h42
    |

                            Macha Séry








                        



   


L’écrivain Philip Kerr est mort le vendredi 23 mars, a annoncé sa famille sur le réseau social Twitter. La nouvelle a ensuite été confirmée par l’éditeur de l’Écossais, qui était âgé de 62 ans. Auteur d’une trentaine de livres, il avait été rendu célèbre dans le monde entier par le détective qu’il inventa, Bernie Gunther, inspecteur de la « Kripo », la police criminelle allemande, enquêtant tant bien que mal sous le régime nazi, et auquel il consacra douze romans.

        Lire aussi :
         

                Bernie Gunther, concierge de choc



Né en 1956 à Edimbourg dans une famille baptiste, fils d’un homme d’affaires, il confiait au Monde des livres lors d’une rencontre en 2014 : « L’Ecosse est un endroit misérable, noir, assez traumatisant, pas seulement à cause de ses bas-fonds et de ses ruelles sombres. C’est le pays de John Knox [fondateur de l’Église d’Écosse], qui a tout foutu en l’air par sa haine religieuse. L’histoire, là-bas, est pleine d’ombres et de fantômes. Il y a quelque chose de foncièrement morbide chez les Écossais. Ils n’aiment rien tant que la mort, la souffrance et l’hypocrisie. » 
Rejetant le rigorisme religieux de ses parents, le jeune garçon « vénère », en guise de « saints », les romanciers qui l’ont « aidé à vivre ». Après un double diplôme obtenu à l’université de Birmingham, il trouve un emploi de rédacteur publicitaire à Londres chez Saatchi & Saatchi. « On avait l’impression qu’ils écrivaient tous des romans, là-dedans », racontait-il. Alors il fait pareil, travaillant à son manuscrit pendant ses heures de bureau. Tous les jours, il se rend à la British Library ou à la bibliothèque Wiener, spécialisée dans l’histoire de la Shoah, pour se documenter sur la Seconde guerre mondiale, au prétexte de déjeuners d’affaires.
Une fresque glaçante
Sans avoir jamais inventé de slogan ni démarché aucun client, il abandonne cette sinécure lorsque paraît, en 1989, L’été de cristal (Le Masque, 1993) le premier des « Bernie Gunther », cet antinazi conduit par les circonstances à devenir un officier SS. L’idée, terriblement audacieuse, portée au sommet par un talent époustouflant, est née d’une question simple : qu’aurait écrit Raymond Chandler si, au lieu de quitter Londres pour Los Angeles, il s’était rendu à Berlin, et que Philip Marlowe avait assisté à l’ascension d’Hitler ? Encore fallait-il se montrer digne d’un tel postulat.
Non content d’avoir dépoussiéré le polar historique, Philip Kerr a brossé la fresque romanesque la plus documentée et glaçante de la vie quotidienne sous Hitler et dans l’immédiat après-guerre. C’est peu dire que Bernie Gunther navigue en eaux troubles et pratique l’ambivalence morale. Comment, en effet, enquêter sur un crime à l’heure des tueries de masse ? Comment mener des investigations policières quand la Kripo et la Gestapo sont censées servir les visées idéologiques du régime ? Enfin, pour le romancier, comment s’introduire dans l’Histoire sans la dénaturer par la fiction ?

        Lire aussi :
         

                Philip Kerr marque un deuxième but



En 2014, toujours, il nous expliquait : « J’essaie d’écrire entre les lignes de l’histoire connue et ne triche jamais avec les faits. Je ne ressens pas de responsabilité, en tant qu’écrivain, autre que celle que je me donne, autrement dit, un devoir d’honnêteté. » C’est précisément en respectant les noms, les événements avec un sens maniaque de la nuance et une obsession scrupuleuse du détail qu’il parvient à un surcroît d’authenticité.
Les trois premiers volumes achevés - une trilogie baptisée La Trilogie berlinoise -, Kerr pensait en avoir fini avec les fantômes du nazisme. Il éprouva le besoin d’écrire autre chose - reportages, thrillers, essais, livres jeunesse - pour retrouver la lumière après avoir plongé dans les ténèbres de la barbarie. Mais Bernie Gunther n’a cessé de rôder dans l’esprit de ses lecteurs. Le douzième épisode de la série, Bleu de Prusse, doit paraître au Seuil le 3 mai.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Au ministère de la culture, l’année Debussy est l’occasion d’inaugurer un nouveau cycle, Les Nocturnes du ministère. Objectif : ouvrir les portes
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Rue de Valois, la musique sans la pompe

Au ministère de la culture, l’année Debussy est l’occasion d’inaugurer un nouveau cycle, Les Nocturnes du ministère. Objectif : ouvrir les portes



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h22
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

Soupir : ce vendredi 23 mars, Laurence Tison-Vuillaume, directrice de cabinet de Françoise Nyssen, continue de plancher, la nuit venue, sur le dossier « pass culture ». Sourire : de l’autre côté de la cloison filtre la Sonate n° 1 pour violoncelle et piano en ré mineur de Claude Debussy. Pour son plus grand bonheur, une phalange de grands élèves du Conservatoire national supérieur de musique y donne concert devant une assemblée hétéroclite.
Ici comme ailleurs, on fête Debussy. On inaugure surtout une nouvelle formule que la ministre voudrait renouveler chaque mois : Les Nocturnes du ministère de la culture. « Inscription gratuite via les réseaux sociaux », disait le communiqué. La vérité, c’est que la chose s’est faite « à l’arrache », mais que « la ministre a demandé à ce qu’on ne pioche pas dans la liste convenue des institutionnels, explique un membre du cabinet. On a contacté un centre d’aide sociale de la porte Montmartre, une association de quartier… »
Chaque locataire du ministère y a imprimé sa marque. Celle de Françoise Nyssen s’est construite à Arles, et ce soir la Rue de Valois a des faux airs de Méjan, ce lieu où Actes Sud, sa maison d’édition (dont elle s’est mise en retrait), brasse livres, concerts, expositions, projections de films…
Danse et concerts dans les salons
Ainsi, au début du mois, dans le salon Jérôme qui jouxte son bureau, Françoise Nyssen a fait recouvrir le portrait du plus jeune frère de Bonaparte par une toile monumentale de Louise Bourgeois. Hier, les jeunes élèves chanteurs danseurs du CREA d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), pieds nus, s’entraînaient sur ses épais tapis. Il y a encore quelques semaines, on a entendu déclamer ici. Et si d’aventure quelque négociateur s’inquiète d’entendre violon ou clarinette, on lui expliquera que ce sont des élèves de conservatoire qui répètent.
Le Méjan way of life. Fêter la culture et se méfier du faste. Chaque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Réduction des effectifs, développement d’une production propre, renouvellement des outils… La radio-télévision belge francophone s’est métamorphosée. Avec succès.
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En Belgique, la transformation réussie de la RTBF

Réduction des effectifs, développement d’une production propre, renouvellement des outils… La radio-télévision belge francophone s’est métamorphosée. Avec succès.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 11h06
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Jadis, on l’appelait la « Casa Kafka », pour souligner sa complexité, ou « l’église des frères prêcheurs », en raison du ton docte adopté par bon nombre de ses journalistes, « gauchistes » et « donneurs de leçons », selon ses contempteurs.
Certes, la radio-télévision belge francophone (RTBF) occupe toujours le même bâtiment bruxellois, caricature de la Belgique fédérale : deux entrées, l’une pour les néerlandophones, l’autre pour les francophones. Un immeuble coupé en deux par une frontière linguistique invisible.
Mais, pour le reste, elle s’est profondément transformée, sous l’impulsion de Jean-Paul Philippot, son administrateur général depuis 2002. Ce haut fonctionnaire étiqueté socialiste a su habilement gommer cette référence, aussi nécessaire pour accéder à une haute fonction qu’encombrante pour qui veut adopter le style managérial.
Fort de son idée de base, selon laquelle le service public a « un devoir d’adaptation et de modernité », cet ingénieur de formation a lancé dès 2002 un vaste plan, dit « Magellan », censé fixer le cap : une radio et une télévision s’adaptant à la concurrence du secteur privé – la chaîne RTL-TVI, filiale du groupe Bertelsmann –, mais aussi à celle des chaînes françaises, TF1 en tête.
Clarification de l’offre
Depuis, les effectifs de la RTBF ont été réduits d’environ 30 %, et la direction a misé sur le développement d’une production propre, le renouvellement complet des outils, un marketing judicieux et une offre se démarquant de celle du privé, sans renier l’élément « divertissement ».
Jean-Paul Philippot et ses équipes sont peut-être en train de remporter leur pari. Même si TF1 a lancé sa propre régie sur le marché belge, aspirant une partie de ses ressources publicitaires et même si RTL-TVI accapare une partie de l’audience, sans toutefois engranger autant de bénéfices que le souhaiteraient ses actionnaires… Le groupe RTL-TVI, qui compte trois chaînes de télévision...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Dans un entretien au « Monde », Jean-Paul Philippot, patron de la radio-télévision belge francophone depuis 2002, estime qu’un effort d’adaptation est nécessaire, à l’heure où les formats et les usages se transforment.
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« Le service public de l’audiovisuel doit être l’acteur d’une société moderne »

Dans un entretien au « Monde », Jean-Paul Philippot, patron de la radio-télévision belge francophone depuis 2002, estime qu’un effort d’adaptation est nécessaire, à l’heure où les formats et les usages se transforment.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 11h07
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Ingénieur de formation, Jean-Paul Philippot, âgé de 57 ans, est adminis­trateur général de la radio-télévision belge francophone (RTBF) depuis 2002 et président de l’Union européenne de radio-télévision (UER), la plus grande alliance de médias de service public au monde, depuis 2009.
En Europe, l’audiovisuel public est sous pression. Quelle est votre analyse de cette situation ?
Dans certains pays, les contraintes budgétaires prédominent ; ailleurs, c’est la question de l’indépendance par rapport au pouvoir qui est posée. Lors de la crise financière de 2008, par exemple, l’audiovisuel public a été durement frappé au Portugal, à Malte, en Grèce et aux Pays-Bas. Pour d’autres raisons [plus politiques], les débats sont vifs en ­Hongrie et en Pologne. A différents moments – et nous en vivons un –, les sou­bresauts ou les crises ont aussi été liés à l’adaptation du service public à sa valeur ajoutée, ainsi qu’à sa capacité à revoir son modèle d’organisation. Aujourd’hui, l’audiovisuel public a l’obligation de se moderniser.
A-t-il toujours une place dans la grande mutation actuelle, caractérisée par l’émergence de plates-formes comme Netflix ?
Il est indispensable de se poser la question. Le service public est fort là où il peut démontrer son rôle. Il faut d’ailleurs redéfinir sa « valeur culturelle ajoutée », alors que les formats et les usages se transforment. Nous assistons à une crise de confiance généralisée envers les médias d’information qui est d’autant plus forte dans les pays où le service public est faible ou inexistant.
Nous observons parallèlement la naissance d’un espace dans lequel on peut colporter des rumeurs, désinformer, faire de la propagande sans le filtre d’un média, ce qui endommage le tissu social. Histori­quement, c’est pour empêcher ce cas de figure qu’on a inventé le journalisme, qui s’appuie sur des professionnels et des règles déon­tologiques. Les plates-formes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Spécialiste des idées politiques longtemps proche de Raymond Aron, il tente inlassablement de saisir, au plus près du réel, ce qui permet la vie commune. Son nouvel essai, concentré de sa pensée, en témoigne.
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Pierre Manent, grammairien de l’action

Spécialiste des idées politiques longtemps proche de Raymond Aron, il tente inlassablement de saisir, au plus près du réel, ce qui permet la vie commune. Son nouvel essai, concentré de sa pensée, en témoigne.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 10h28
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

Il a fallu commencer par rompre. Et continuer. Rompre avec sa famille, avec les passions qui dominent son temps ; trouver à chaque étape une autre distance à prendre, un autre pas de côté à faire. En rencontrant le philosophe Pierre ­Manent, spécialiste des idées politiques dont paraît un nouvel essai, La Loi naturelle et les Droits de l’homme, méditation sur l’oubli contemporain des règles de l’action humaine, on ne peut s’empêcher de penser à l’énergie et à la détermination nécessaires pour bâtir une œuvre aussi à rebrousse-poil que la sienne.
Pourtant, l’homme qui se tient devant vous, assis à une petite table, dans un salon chaleureux malgré la fraîcheur qui règne en ce matin d’hiver, avec ses souvenirs, ses objets d’art, ses meubles de bois sombre, frappe plutôt par une sérénité apparemment à toute épreuve que par un sens tonitruant de la provocation. Il est vrai que son œil frise vite, et que le rire est souvent près d’affleurer à mesure qu’il déroule les années de formation, les rencontres, les travaux, les perplexités, les audaces qui ont forgé sa pensée. Et les ruptures en cascade, comme autant de tours joués au destin qui lui semblait réservé.
A contre-courant
Le jeune homme qui entre à l’Ecole normale supérieure à la fin des années 1960 est en effet autant à contre-courant de la plupart de ses camarades qu’il est possible. Il ne vient pas de découvrir Debord, Marcuse ou Althusser mais saint Thomas d’Aquin (1225-1274), dont la lecture a contribué à sa conversion au catholicisme. Lui dont les parents étaient communistes a pris doublement le large, des siens comme de sa génération. Quel rivage va-t-il aborder ? Il reconnaît volontiers aujourd’hui qu’un penchant sinon réactionnaire, du moins de refus radical du monde contemporain a pu exister chez lui. Il tendait même, en un sens, à structurer sa pensée.
« Si l’on veut être sommaire – mais ce n’est pas faux –, explique-t-il, j’étais marqué par une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le nouveau jeu de rôle de Bandai Namco mêle action, gestion et gentils esprits de la forêt, dans un croisement improbable entre « The Witcher 3 » et « Mon voisin Totoro ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

On a testé… « Ni no Kuni II », le jeu vidéo entre Bilbo le Hobbit et Miyazaki

Le nouveau jeu de rôle de Bandai Namco mêle action, gestion et gentils esprits de la forêt, dans un croisement improbable entre « The Witcher 3 » et « Mon voisin Totoro ».



Le Monde
 |    24.03.2018 à 08h00
    |

                            Daniel Andreyev








                        



   


C’est un royaume féerique et coloré, peuplé d’hommes-chats et de vieillards à tête de souris. C’est un monde chaleureux, complètement dépourvu de toxicité. Certes, il y a des combats, des gentils et des méchants et les enjeux sont parfois plus importants qu’ils n’y paraissent. Mais si peu.
Au milieu de ce royaume de Carabas, vous êtes Evan, petit prince aux oreilles de chat qui se voit dépossédé de son rang par un coup d’Etat de souris. Il prend la fuite, aidé par Roland, un fonctionnaire international arrivé là par le truchement des mondes parallèles. Ensemble, ils vont essayer de rebâtir un royaume de paix et d’amour.
Comme dans les films du studio Ghibli, l’histoire est racontée à hauteur d’enfant, mais avec quelques grilles de lectures pour les adultes. L’intrigue explore différents horizons comme la conspiration politique ou une réflexion sur l’écologie et la course à l’armement. Le thème de l’aventure, c’est l’espoir, et ce jeu le rappelle de mille feux.

« A la manière » du studio Ghibli
Disponible depuis vendredi 23 mars sur PlayStation 4 et PC, Ni no Kuni II s’adresse directement à notre inconscient de cinéphile, alimenté par l’animation japonaise et principalement par des œuvres comme Le Voyage de Chihiro, Le Château ambulant ou Princesse Mononoké. Complètement à l’opposé de la course au photoréalisme, son apparence fait croire qu’il s’agit du travail du studio Ghibli.
C’était le cas avant : le premier épisode, sorti en 2010 sur PlayStation 3 et Nintendo DS, était une collaboration directe avec le studio de Hayao Miyazaki. Cette fois, ses artistes vétérans, en free-lance, font tout pour entretenir l’illusion, « à la manière de ». Les connaisseurs se souviennent qu’en 1998 le jeu de rôle japonais Jade Cocoon, sur PlayStation 1, jouait déjà sur ce style.

   


Le style Ghibli, justement, c’est l’animation japonaise dans sa plus éclatante expressivité. Pas seulement des couleurs en aplats, mais aussi le choix des textures, toujours douces et ses lignes, souvent très simples et épurées. La force des films de Miyazaki, c’est leur puissance évocatrice et le sentiment de nostalgie qu’ils procurent. Au cinéma comme en jeu vidéo, c’est devenu presque un genre en soi et Ni no Kuni II parvient avec raffinement à l’évoquer.
Pour que la rêverie soit totale, le studio de développement Level-5 a fait appel une nouvelle fois à Joe Hisaishi, le compositeur attitré de Miyazaki et de la grande période de Takeshi Kitano. Et, même s’il est meilleur pour mettre en musique les longs-métrages, certaines de ses mélodies sont vraiment très réussies.
Pensé pour les plus jeunes
Manette en main, le jeu maintient une accessibilité maximale, grâce à un système de combat qui est sans doute ce qui se fait de plus simple dans le genre. Il ressemble presque à un The Witcher pour enfants – étrangement, Ni no Kuni II s’inspire d’ailleurs beaucoup de la trilogie de jeux de rôles polonais, jusque dans la représentation de son monde ouvert.
Ni no Kuni II n’est jamais ardu, et à part de rares moments purement aléatoires et certains boss, on reste dans une difficulté calibrée pour les joueurs débutants. Le jeu invente tout un tas d’options et de paramètres pour leur simplifier encore plus la tâche, comme les esprits sylvains locaux, les Mousses, qui distribuent des sorts de soin, des attaques bonus, tandis que l’armement de qualité est abondamment distribué.

   


La protection du royaume est aussi primordiale et fait intervenir une mécanique de stratégie en temps réelle. Pas de problème pour les plus jeunes, la victoire repose sur la traditionnelle trinité des forces, pierre-feuille-ciseaux. Parfois un peu brouillon, ce mode de combat casse le rythme et la monotonie, et s’inscrit dans une longue tradition des champs de bataille dans les jeux de rôle japonais, à commencer par Suikoden. La partie stratégie demeure assez simple pour ne pas dire limitée : il suffit souvent de foncer dans le tas pour voir les troupes ennemies tomber comme des cafards.
Du « SimCity » dans un jeu de rôle
L’idée géniale de Ni no Kuni II est surtout de proposer de créer un royaume. Concrètement, cela implique de le gérer, un peu comme une base. Au Japon, le modèle a été popularisé par Suikoden. Plus récemment, les récents Metal Gear Survive et Fire Emblem ont offert des possibilités de décorer son habitat et de fonder des casernes.

   


Un quartier général à gérer, c’est souvent la garantie d’un jeu accrocheur. Ici, il faut construire des baraques, gérer les commerces, créer une société meilleure où ses citoyens gagnent de l’expérience pour la mettre, à leur tour, aux services du bien commun… Le monde de Ni no Kuni II fonctionne comme une monarchie éclairée, une utopie qui opère quand tout le monde remplit sa part de travail. Même sa gestion de quêtes s’inspire d’une interface à la Facebook, dénuée de toute toxicité.
Un jeu japonais pour Occidentaux
L’éditeur Bandai Namco s’est spécialisé avec la série des « Tales of » dans les jeux de rôles puisant dans l’animation japonaise. Ici, ils franchissent une étape supplémentaire : l’aventure bienveillante et généreuse. Ni no Kuni 2, c’est Bilbo le Hobbit dans le monde de Miyazaki avec un jeu de gestion au milieu. Et le paradoxe le plus fascinant, c’est que le premier épisode a été un jeu qui s’est vendu avant tout en Occident.

   


A la fin de sa vie, Kurosawa était devenu presque un ovni dans son pays, un génie boudé et ignoré. Pour faire ses films, le maître faisait appel à ceux qui l’aimaient, aux réalisateurs étrangers, à ses généreux admirateurs. De cette manière, il a réalisé des films pas forcément personnels, mais grandioses et ambitieux. Les parallèles avec Ni no Kuni II paraissent évidents : plus riche, plus grandiloquent, moins intimiste.
Conçu avant tout pour le public des gaijin – les non-japonais –, il n’oublie cependant pas ses racines et ses recettes purement nippones. Cela ne veut pas dire que c’est un chef-d’œuvre du genre, non. Cela signifie simplement que, désormais, l’Occident ne passe plus à côté des choses simples.
En bref
On a aimé :
L’ambiance ;Le système de royaume à construire ;Les musiques dans leur ensemble ;Un jeu de rôle très simple mais pas simpliste ;Un bien meilleur jeu que le précédent ;L’histoire, aussi « Ghibli » que les graphismes.
On n’a pas aimé :
La difficulté parfois aléatoire ;Les quêtes de remplissage ;Les donjons annexes.
C’est plutôt pour vous si…
il vous faut un jeu de rôle accessible à tout public ;Les films de Miyazaki vous manquent ;Vous débutez dans le jeu de rôles japonais.
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
Si les jeux à l’apparence enfantine vous refroidissent.
La note de Pixels 8 Mikado sur 10 Choco BN à la fraise.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Quelques établissements haut de gamme se sont dotés d’un département spécialisé dans la gestion de patrimoine et des services liés à l’art.
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Quand les banques vous conseillent en art

Quelques établissements haut de gamme se sont dotés d’un département spécialisé dans la gestion de patrimoine et des services liés à l’art.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 07h15
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Selon le rapport « Art et finance » publié en 2016 par Deloitte Luxembourg (lien vers PDF en anglais), en collaboration avec ArtTactic, 78 % des conseillers en patrimoine estiment que leurs activités de gestion devraient intégrer des services liés à l’art. C’est déjà le cas pour les grandes banques privées. Associée depuis près de dix ans avec la société londonienne de conseil en art 1858, la Société générale banque privée compte renforcer cette année son offre en interne. UBS, Neuflize OBC ou BNP Paribas, disposent, elles, depuis longtemps de services spécialisés intégrés.

Leur rôle ? Guider leurs clients, novices ou avertis, pour optimiser fiscalement leur patrimoine ; les accompagner dans l’achat et la vente d’œuvres, notamment en cas de succession ou de divorce. « Notre rôle, c’est d’être des facilitateurs », résume Mathilde Courteault, responsable du département art chez Neuflize OBC. Et d’ajouter : « On ne fait pas de conseil à l’achat. On ne leur dit pas achetez ça, vous gagnerez 10 % en dix ans, mais on pratique le sur-mesure. » Et la pédagogie. Car les questions affluent. Quel est le juste prix d’une œuvre d’art ? Doit-on vendre de gré à gré ou aux enchères ? Faut-il se délester vite d’un tableau ou est-il plus opportun d’attendre ?
Commissions dégressives
Pour y répondre, ces services doivent à la fois connaître le marché de l’art sur le bout des doigts, ou à défaut disposer d’un bon réseau d’experts référents. Plutôt que de courir tous les lièvres, certains se spécialisent. BNP Paribas ne se concentre par exemple que sur les beaux-arts. Si le conseil est inclus dans la prestation d’ensemble de la banque, toute transaction effective fait l’objet d’une commission. Chez BNP Paribas, celle-ci est dégressive de 10 % à 2,5 %, sachant que le montant minimum d’intervention s’élève à 60 000 euros en France et à 150 000 euros à l’international.

L’accompagnement ne s’arrête pas là. Pour se différencier,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale » propose une sélection de films, documentaires ou podcasts à regarder et à écouter en différé.
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Mélancolie amoureuse et sons révolutionnaires : nos choix de replays

Chaque samedi, « La Matinale » propose une sélection de films, documentaires ou podcasts à regarder et à écouter en différé.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 07h05
   





                        



   


LES CHOIX DE LA MATINALE
Le printemps, ce n’est pas encore pour maintenant. En attendant, restez au chaud. Au programme de ce week-end : un belle histoire d’amour, un docu haletant sur Interpol et une plongée dans les archives sonores de Mai-68.
« Ne me dis rien » : l’ordinaire brutal d’une passion amoureuse



Dans le tramway, leurs regards se croisent. Puis se recroisent. A la piscine où elle se rend, comme chaque mercredi soir, et où il l’a suivie, pour la première fois, ils ne se parlent pas, suspendus au désir dont ils retardent, avec conscience, l’aboutissement. A la sortie, l’étreinte se produit dans cette fulgurante intimité qui fait s’entendre les corps sans que les mots aient à s’en mêler. Photographe, mariée avec un homme qu’elle aime et mère d’une adolescente, Lena (Ursina Lardi) reverra Martin (Ronald Zehrfeld), journaliste, lui aussi amoureux de sa femme. Soucieux de préserver leurs couples, ils entameront une liaison qu’ils penseront pouvoir maîtriser.
Traitée à la manière d’un matériau brut, la passion des amants adultères s’impose sans que soit exploité, pour la justifier, l’argument des sentiments – pourtant présents – ou l’excuse de l’ennui (voire la frustration) conjugal. Face à ce matériau brut qui n’offre aucune prise, il n’est rien d’autre à faire que d’attendre l’apparition de la première fissure. Avant que le mur ne se lézarde, devienne poreux.
Andreas Kleinert enregistre cette lente dégradation dans laquelle pourtant Lena et Martin choisiront de ne pas sombrer, soustrayant ainsi le film à une entière noirceur. Il n’empêche que la scène finale, filmée à travers la vitre d’un café, sans aucune parole échangée, fait un clin d’œil si grand à l’esthétique d’Edward Hopper qu’on ne peut échapper au désenchantement dont le film n’a cessé de repousser l’avènement. Véronique Cauhapé
« Ne me dis rien », d’Andreas Kleinert. Avec Ursina Lardi, Sarah Hostettler, Ronald Zehrfeld (Allemagne, 2016, 90 minutes). Sur Arte + 7.
Les zones d’ombre d’Interpol

C’est une délicate et solide enquête qu’ont menée le Français Mathieu Martinière et l’Allemand Robert Schmidt sur Interpol, organisation mondiale aussi mythique que méconnue. Dans l’imaginaire collectif, celle-ci évoque plutôt un univers d’enquêteurs aux pouvoirs considérables, aux compétences reconnues et aux moyens sans limites, capables de surveiller, d’arrêter terroristes, trafiquants et autres fâcheux.
Une image que cette enquête menée sur plusieurs années démythifie. D’abord, l’institution créée en 1923 et basée à Lyon, en dépit de ses 192 pays membres, paraît sans cesse courir après l’argent, tant son budget de fonctionnement (environ 100 millions d’euros) est ridicule par rapport aux multiples missions dont elle est chargée. D’où la nécessité pour Interpol de trouver d’autres sources de financement, avec des entreprises privées ou même des Etats.
Aussi lucratifs soient-ils, ces partenariats (avec la FIFA, Philip Morris ou des pays comme le Qatar ou Singapour) posent évidemment la question du conflit d’intérêts. Mais où trouver l’argent si les pays membres refusent d’augmenter leurs contributions ? Le problème semble insoluble. Alain Constant
« Interpol, une police sous influence ? », de Samuel Lajus. Auteurs : Mathieu Martinière et Robert Schmidt (France, 2018, 95 minutes). Sur Arte + 7.
Plongée sonore dans Mai-68

   


Il y a tout juste cinquante ans, une centaine d’étudiants occupaient la salle du conseil de l’université de Nanterre. Ce « Mouvement du 22 mars », à la tête duquel se trouve Daniel Cohn-Bendit, ira en s’amplifiant pour atteindre, début mai 1968, la Sorbonne, à Paris, avant de s’étendre à toute la France.
Symbole du déclenchement d’un des plus vastes mouvements sociaux, politiques et culturels qu’a connus la France, au XXe siècle, le 22 mars, a également été choisi par Europe 1 pour lancer les commémorations du cinquantième anniversaire de Mai-68, à travers une journée spéciale. Afin de faire revivre les temps forts de ces événements, la station propose un « tout-sonore » construit à partir de ses archives, commentées par Thierry Geffrotin.
Découpé en quatre épisodes de 10 minutes, allant du 22 mars au 29 mai, date de la disparition surprise du général de Gaulle, avant son retour et l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale, Mai 68, la révolte sur les ondes, permet d’appréhender la manière dont ce mouvement de contestation étudiant s’est mué en mouvement social puis politique.
Surtout, il offre, par sa richesse sonore, une véritable plongée au plus près des événements au fil desquels on peut (ré)entendre les différents protagonistes, les reporters d’Europe 1 (Gilles Schneider, Fernand Choisel, Alain Cancès…) se glissant dans les cortèges, les assemblées générales ou arpentant le Quartier latin lors de la nuit des barricades du 10 et 11 mai, ainsi que les débats organisés par la station avec les auditeurs. Christine Rousseau
« Mai 68, la révolte sur les ondes », de Sébastien Guidis, commenté par Thierry Geffrotin (4 ×10 minutes) sur Europe1.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Profitant de la Coupe du monde de football (14 juin-15 juillet), dont TF1 diffusera 28 des 64 rencontres, la chaîne d’info va consacrer davantage de temps d’antenne au ballon rond.
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LCI entre dans le match

Profitant de la Coupe du monde de football (14 juin-15 juillet), dont TF1 diffusera 28 des 64 rencontres, la chaîne d’info va consacrer davantage de temps d’antenne au ballon rond.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 19h00
    |

            Alain Constant








                        



   


Jusqu’à présent, les amateurs de foot à la télévision n’avaient pas pour habitude de se brancher sur LCI pour suivre, les débats d’après-match. Dans le petit monde des chaînes d’info en continu, ceux menés sur BFMTV par les journalistes maison de RMC Sports ou les plateaux animés par Pascal Praud sur CNews (filiale de Canal+) tenaient la corde. Sans oublier les célèbres soirées d’après-match de La chaîne L’Equipe animée par Olivier Ménard.
Discrète jusqu’à présent dans l’univers footballistique, LCI a désormais l’intention de refaire le match. La raison de ce soudain intérêt porté au sport le plus populaire de la planète ? La phase finale de Coupe du Monde qui se tiendra en Russie (du 14 juin au 15 juillet) et dont TF1, maison mère de LCI et unique diffuseur en clair de la compétition, s’apprête à diffuser 28 des 64 matches de la compétition. L’intégralité étant proposée sur la chaîne payante BeIn Sports.
Profitant d’images exclusives détenues par TF1, autoproclamée depuis longtemps « chaîne des Bleus », LCI a donc choisi de consacrer plus de temps d’antenne au foot. Des rendez-vous réguliers sont en projet et plusieurs consultants ont rejoint récemment le groupe TF1 comme Pascal Dupraz, ancien entraîneur de Toulouse, dont la forte personnalité pourrait lui valoir un certain succès à l’antenne. Ou encore Nathalie Iannetta, ex-journaliste vedette de Canal+ qui retrouve les plateaux télé après une longue escapade (auprès de François Hollande, à l’UEFA puis au sein d’une agence de communication).
Audiences encourageantes
Ce vendredi soir, à l’issue du match amical France-Colombie disputé au Stade de France à Saint-Denis, LCI a prévu une émission spéciale à 22 h 45. Caroline Henry présentera ce rendez-vous avec, à ses côtés, l’ex-joueur brésilien Raï, le réalisateur Fabien Onteniente, l’ancien dirigeant du PSG Charles Villeneuve et Damien Ferreiro, journaliste des sports de la rédaction. Grégoire Margotton et Bixente Lizarazu, commentateurs du match pour TMC, interviendront sur LCI et la conférence de presse d’après-match de Didier Deschamps sera diffusée en direct sur la chaîne info.
LCI et le foot feront-ils bon ménage ? Les audiences enregistrées mardi 20 mars, à l’occasion de la venue du trophée de la Coupe du monde à Paris, le laissent penser. La matinale animée par Pascale de La Tour du Pin a notamment signé son record d’audience depuis août 2017 avec 87 000 téléspectateurs (2,5 % de parts d’audience). Tout au long de la journée, la chaîne d’info a diffusé des sujets consacrés à la Coupe du monde, avec en point d’orgue, un long entretien exclusif de Didier Deschamps par David Pujadas. « LCI sera la chaîne d’information de la Coupe du monde » annonce le slogan publicitaire du groupe TF1. Le match ne fait que commencer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Cent ans après sa mort, le compositeur pose toujours problème dans la perception du public et dans la mise en perspective de sa musique.
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Claude Debussy, ce moderne méconnu

Cent ans après sa mort, le compositeur pose toujours problème dans la perception du public et dans la mise en perspective de sa musique.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 18h51
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 09h52
    |

                            Marie-Aude Roux et 
                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Le 19 janvier, Emmanuel Macron et la chancelière allemande, ­Angela Merkel, se tenaient côte à côte dans l’auditorium de la ­Philharmonie de Paris à l’occasion d’un récital Debussy par Daniel Barenboim, pianiste. Lancée à l’ini­tiative personnelle du président, cette inauguration de l’« année Debussy » laissait ­espérer que la commémoration du centenaire de la mort du « plus universel des musiciens français » – dixit Pierre Boulez –, coïncidant avec celui de la fin de la Grande Guerre, ­nourrirait également des réflexions d’ordre historique sur le rayonnement posthume de celui qui, à compter de 1914, ­signait ­volontiers « Claude de France ». Le même soir, la ministre de la culture, Françoise Nyssen, ­suivant le mouvement, avait souhaité que la musique de Claude Debussy (1862-1918) ­entre désormais « dans la vie de tous les ­Français ».

Deux mois après son prélude diplomatique, l’année Debussy connaît en fait son ­véritable coup d’envoi ce week-end du 25 mars, date anniversaire de la mort du ­musicien à l’âge de 55 ans. Dimanche, sa ­musique résonnera dans les salles de ­concerts, entre autres, au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris, avec l’Orchestre ­Lamoureux, formation qui, jadis, assura plusieurs créations symphoniques du ­compositeur, mais aussi sur les ondes (point d’orgue d’une semaine d’émissions sur France Musique).
Création de dernière minute à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), un festival, Le Monde de Debussy, prend place, du 23 au 25 mars, dans la maison natale d’« Achille-Claude », qui vient d’être labellisée « Maison des illustres ». La seconde ­édition de cette manifestation viendra clore en 2019 les festivités d’un centenaire délibérément à cheval sur deux saisons. Une ­nouvelle chance pour les grandes institutions, qui ont globalement raté le coche, comme en 2016 pour le centenaire de la ­naissance d’Henri Dutilleux, autre grand nom du XXe siècle français.

En attendant, il y...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Nombreux sont les chroniqueurs à exacerber la dimension nationale du compositeur qui avait manifesté à plusieurs reprises son patriotisme.
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Debussy, le musicien de toutes les guerres

Nombreux sont les chroniqueurs à exacerber la dimension nationale du compositeur qui avait manifesté à plusieurs reprises son patriotisme.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 18h50
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 18h51
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Le 25 mars 1918, à 6 h 50, le premier obus de la journée tombe sur Paris. Un autre suit, puis un deuxième, un troisième. « Le gros canon boche n’est plus qu’un ennuyeux personnage de faits divers », commente Le Figaro. Vers 22 heures, Claude Debussy pousse son dernier soupir, terrassé par un cancer, à l’âge de 55 ans. La nouvelle est rapportée dans les journaux, qui consacrent l’essentiel de leurs maigres pages à la bataille qui fait rage en Picardie. L’hommage prend un tour antigermanique. « C’est la musique de Debussy qui nous a délivrés du prestige maléfique de Wagner, assure Louis Laloy, à une heure où nos meilleurs artistes en étaient victimes. » Le critique d’Excelsior fait aussi le lien entre la mort de Debussy et celle de Rodin (intervenue quelques mois plus tôt), deux artistes renouvelant « la plus pure tradition française ».

Nombreux sont les chroniqueurs à exacerber la dimension nationale de celui qui avait manifesté, deux ans plus tôt, son patriotisme par un mélodramatique Noël des enfants qui n’ont plus de maison. Nombreux sont aussi les analystes persuadés que le « Verlaine de la musique » n’aurait pas de descendance. « Il parut de plus en plus évident que ce qu’il apportait de nouveaudans la musique lui demeurerait éternellement personnel », estime Le Figaro, gageant que les œuvres de Claude Debussy ne sont pas « de celles à la suite desquelles se peut développer une tradition durable ».
Crucifix bleu-blanc-rouge
Un constat que Théodore Lindenlaub formule, dans Le Temps, par une jolie métaphore : « Sa musique fait songer à sa Mélisande, qui a laissé glisser dans l’eau du souterrain l’anneau précieux. » Avec, à la clef, une question cruciale : « Qui retrouvera jamais le joyau mystérieux ? »
Personne assurément, dans l’entre-deux-guerres, où Debussy fut un peu éclipsé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Des livres, des concerts, un opéra pour célébrer les 100 ans de la mort du compositeur.
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Une sélection pour le centenaire de Debussy

Des livres, des concerts, un opéra pour célébrer les 100 ans de la mort du compositeur.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 18h49
   





                        



                                


                            

Livres
« Claude Debussy » de Philippe Cassard. Ed. Actes Sud, 147 pages, 16,50 €.
« Claude Debussy. Le plaisir et la passion » de Gilles Macassar et Bernard Mérigaud. Ed. Découvertes Gallimard/Télérama, Paris, 1992.
« Monsieur Croche et autres récits » de Claude Debussy. Ed. Gallimard.
Opéra
« Pelléas et Mélisande » Christian Schiaretti (mise en scène), Jean-Claude Malgoire (direction). Atelier lyrique de Tourcoing (Nord), le 25 mars à 20 heures, le 27 mars à 15 h 30. Tél. : 03-20-70-66-66. De 6 € à 45 €. atelierlyriquedetourcoing.fr
Concerts
Concert du Centenaire Debussy Orchestre Lamoureux, Michel Plasson (direction), le 25 mars, à 17 heures. De 5 € à 40 €. Théâtre des Champs-Elysées, Paris 8e. Tél. : 0-49-52-50-50. theatrechampselysees.fr
Orchestre national de France Emmanuel Krivine (direction), le 24 mars, à 20 heures (Printemps, Images pour orchestre), le 5 avril, à 20 heures (La Mer). De 10 € à 65 € ; Orchestre philharmonique de Radio France, Alain Planès (piano), le 25 mars, à 16 heures. De 10 € à 25 €. Auditorium de Radio France, Paris 16e. Tél. : 01-56-40-15-16. maisondelaradio.fr
Concert Debussy intime Quatuor Akilone, le 25 mars, à 11 heures. 15 €. « Autour des dernières œuvres de Debussy », le 25 mars, à 17 heures. De 15 € à 22 €. tad-saintgermainenlaye.fr
Debussy 360 Orchestre des Champs-Elysées, Louis Langrée (direction), le 2 mai à 20 h 45. 30 €. Théâtre Alexandre-Dumas, Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Tél. : 01-30-87-07-07. tad-saintgermainenlaye.fr
Disques
Claude Debussy : « The Complete Works » Ce coffret de 22 CD contient ­l’intégralité des œuvres du ­compositeur, des premières ­mélodies de 1879-1880 aux dernières...




                        

                        

