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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Cinq mois après avoir fui son pays, l’ex-président catalan a été arrêté par la police allemande en vertu d’un mandat d’arrêt international émis par l’Espagne.
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De la destitution à l’arrestation de Puigdemont, retour sur les moments forts de la crise catalane

Cinq mois après avoir fui son pays, l’ex-président catalan a été arrêté par la police allemande en vertu d’un mandat d’arrêt international émis par l’Espagne.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 17h19
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 18h06
   





                        


« Nous ne renoncerons pas », assurait-il encore au début de mars dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux depuis la Belgique, où il s’était exilé, en s’engageant à rendre « possible » cette « République catalane » symboliquement proclamée le 27 octobre 2017. Cinq mois après avoir fui son pays, l’ex-président catalan Carles Puigdemont a été arrêté, dimanche 25 mars, par la police allemande, en vertu d’un mandat d’arrêt international émis par l’Espagne.
De la destitution du leadeur indépendantiste à la fin d’octobre, à son arrestation dimanche par la police allemande, retour sur les temps forts de la crise catalane.
Proclamation unilatérale d’indépendance et destitution
Le 27 octobre, le Parlement catalan proclame unilatéralement l’indépendance, votée par 70 députés sur 135. La riposte annoncée de Madrid arrive sans tarder : mise sous tutelle de la Catalogne, destitution du gouvernement de Carles Puigdemont, dissolution du Parlement et convocation d’élections régionales le 21 décembre.

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Le 29 octobre, des centaines de milliers de personnes manifestent à Barcelone pour l’unité de l’Espagne, criant « Puigdemont en prison ».
Puigdemont se réfugie en Belgique

Le 30 octobre, Carles Puigdemont se réfugie à Bruxelles, avec quatre membres de son gouvernement destitué, après avoir quitté secrètement la Catalogne.
Le 2 novembre, son ancien vice-président, Oriol Junqueras, et sept autres « ministres » indépendantistes, sont emprisonnés pour « rébellion et sédition ».
Mandats d’arrêt européens contre Puigdemont
Le lendemain, l’Espagne émet des mandats d’arrêt européens contre Carles Puigdemont et les quatre anciens ministres qui l’ont suivi en Belgique, puis les retire le 5 décembre. Mais s’ils reviennent en Espagne, les cinq hommes, inculpés de rébellion et sédition, risquent d’être arrêtés. M. Puigdemont lance depuis la Belgique sa campagne pour les régionales.

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Des élections régionales atypiques

Le 21 décembre, les Catalans votent en masse et donnent une majorité aux indépendantistes au Parlement régional, au terme d’un scrutin atypique, avec trois parlementaires en détention pour leur rôle dans la tentative de sécession et cinq autres, dont Puigdemont, en exil.
Le 29 décembre, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy annonce qu’il convoque la première session du nouveau Parlement le 17 janvier. Le premier tour de scrutin pour élire le président de la région devra suivre dans les dix jours, rappelle-t-il, jugeant « absurde » que Carles Puigdemont gouverne la Catalogne depuis l’étranger, comme le suggère son parti. Le lendemain, Puigdemont exige une négociation politique et la restauration par Madrid de son gouvernement.
Puigdemont désigné candidat à la tête de la région
Le 5 janvier 2018, la Cour suprême s’oppose à la libération de son ancien numéro deux Oriol Junqueras. La Catalogne restera sous la tutelle de Madrid si Puigdemont tente de la gouverner de Bruxelles, prévient Rajoy. Le futur président de la Catalogne devra « prendre ses fonctions » « physiquement » affirme-t-il mi-janvier.
Le 17 janvier, l’indépendantiste Roger Torrent est élu à la présidence du Parlement catalan et entame les consultations pour proposer un candidat à la présidence régionale.
Le 22 janvier, Carles Puigdemont est officiellement désigné par le Parlement candidat à la présidence de la région. Le ministre de l’intérieur assure le lendemain que les forces de l’ordre sont sur le qui-vive « partout » pour empêcher un retour de Puigdemont incognito « en hélicoptère, ULM ou bateau » voire « dans le coffre d’une voiture ». Le dirigeant indépendantiste dit souhaiter pouvoir rentrer en Espagne pour son investiture sans risquer une incarcération.
Suspension de la réélection de Puigdemont
Le 27 janvier, la Cour constitutionnelle suspend la réélection prévue trois jours plus tard de Puigdemont comme président de la Catalogne, estimant qu’une investiture à distance n’est pas légale. Elle pose la condition qu’il se présente « en personne au Parlement, muni d’une autorisation judiciaire préalable ».
Le 30 janvier, le président du parlement catalan décide d’ajourner la session d’investiture. Puigdemont maintient sa candidature.
Le 13 février le Parlement catalan annonce qu’il va saisir la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour que Puigdemont puisse être réinvesti comme président de la région.
Puigdemont renonce à briguer la présidence catalane
Le 1er mars Carles Puigdemont renonce à briguer la présidence catalane, assurant qu’il défendra la cause de sa « république » partout, y compris en saisissant le comité des droits de l’homme de l’ONU.
La justice espagnole assène un coup de massue à l’indépendantisme catalan
Le 23 mars, un juge espagnol met formellement en examen 25 dirigeants indépendantistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne, dont 13 pour « rébellion », et lance des mandats d’arrêt européens et internationaux contre les six qui ont fui à l’étranger dont Carles Puigdemont. La sixième, Marta Rovira, est partie le jour même.

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Puigdemont est arrêté en Allemagne
Le 25 mars, M. Puigdemont est arrêté par la police allemande à la frontière, au moment où il arrivait en voiture depuis le Danemark. Son avocat précise que son client a été interpellé alors qu’il rentrait en Belgique après un séjour en Finlande.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Des médias britanniques ont publié, samedi 24 mars, le témoignage d’un ancien militant de la campagne du « Leave ».
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Les partisans du Brexit accusés d’avoir contourné le plafond de dépenses durant la campagne de 2016

Des médias britanniques ont publié, samedi 24 mars, le témoignage d’un ancien militant de la campagne du « Leave ».



Le Monde
 |    25.03.2018 à 13h57
   





                        



   


Les partisans du Brexit auraient dépassé le plafond des dépenses autorisées par la loi britannique durant la campagne de 2016, selon un militant ayant participé à la campagne, Shahmir Sanni, dans des interviews à Channel 4 News et à The Observer, publiées samedi 24 mars. L’accusation implique de nombreux membres du gouvernement de Theresa May, à commencer par Boris Johnson, le ministre des affaires étrangères et fer de lance de la campagne du Brexit.

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Selon M. Sanni, le groupe baptisé « Vote Leave », principal acteur de la campagne en faveur de la sortie de l’Union européenne, aurait versé des fonds à un autre groupe faisant campagne en faveur du Brexit, afin d’éviter de dépasser le plafond légal des dépenses.
Selon les éléments rapportés par The Observer et Channel 4 News, « Vote Leave » était proche de la limite légale de 7 millions de livres sterling (8 millions d’euros) lorsque, dans les derniers jours de la campagne, il a fait une donation de 625 000 livres sterling au fondateur du groupe BeLeave, Darren Grimes.
« Ce n’était pas légal »
Or, alors que la loi électorale britannique interdit la coordination entre des campagnes supposées être indépendantes, M. Sanni assure que Darren Grimes n’a eu aucun contrôle sur la manière dont cet argent a été dépensé. Toutes les décisions concernant ces 625 000 livres seraient passées par Stephen Parkinson, ancien coordinateur de la campagne du Brexit et aujourd’hui conseiller spécial de la première ministre, Theresa May.
« Ils ont utilisé BeLeave pour dépasser le plafond des dépenses, et pas juste pour un petit moment… Deux tiers d’un million de livres font toute la différence, et ce n’était pas légal », affirme l’ancien militant, qui a précisé avoir rapporté ses allégations à la commission électorale jeudi.
L’affaire fait suite aux révélations concernant l’entreprise britannique Cambridge Analytica, qui a notamment travaillé pour la campagne électorale numérique de Donald Trump et est accusée d’avoir siphonné en 2013 les données de 50 millions d’utilisateurs de Facebook sans leur consentement. Car Shahmir Sanni affirme que la majeure partie de cette donation a été versée à l’entreprise canadienne Aggregate IQ (AIQ), dont The Observer a montré qu’elle était liée à Cambridge Analytica.

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« Totalement ridicule »
Le directeur de Vote Leave, Dominic Cummings, a démenti ces accusations en assurant qu’il avait demandé l’avis de la commission électorale avant d’effectuer le virement au groupe BeLeave. Il a également nié tout lien entre sa campagne et Cambridge Analytica, dénonçant des accusations « factuellement fausses, désespérément confuses, ou sans aucun sens ». Stephen Parkinson a, lui aussi, démenti toutes les allégations de M. Sanni, tout comme le fondateur de BeLeave, Darren Grimes.
Le ministre des affaires étrangères Boris Johnson a également vivement réagi, condamnant des affirmations « totalement ridicules ». « #VoteLeave a gagné de manière honnête – et légalement. Nous quittons l’Union européenne dans un an », a écrit le ministre sur Twitter. Quant à la Commission électorale, elle a déclaré qu’elle menait plusieurs enquêtes au sujet de la campagne de 2016 et qu’elle ne « comment[ait] pas des enquêtes en cours ». 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Visé par un mandat d’arrêt européen, le leadeur indépendantiste s’était réfugié en Belgique à la fin d’octobre pour échapper aux poursuites de la justice espagnole.
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Catalogne : Carles Puigdemont arrêté par la police allemande, des milliers de personnes manifestent

Visé par un mandat d’arrêt européen, le leadeur indépendantiste s’était réfugié en Belgique à la fin d’octobre pour échapper aux poursuites de la justice espagnole.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 13h03
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 17h55
   





                        



   


C’est la fin d’une longue poursuite. Cinq mois après avoir fui son pays, l’ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont, sous le coup d’un mandat d’arrêt européen lancé par l’Espagne, a été arrêté dimanche 25 mars par la police allemande près de la frontière avec le Danemark. Il sera présenté lundi à un juge en Allemagne, a annoncé le parquet.
« Cette comparution n’aura pour but que de vérifier l’identité de la personne arrêtée. Le tribunal régional du Schleswig-Holstein à Schleswig aura ensuite à décider si Monsieur Puigdemont doit être placé en détention en vue d’une remise » à l’Espagne, a fait savoir le parquet dans un communiqué
En réaction à cette arrestation, des milliers de manifestants se sont rassemblés dimanche après-midi à Barcelone à l’appel des séparatistes catalans. Brandissant des drapeaux indépendantistes, ils se sont retrouvés sur les Ramblas et se dirigent vers la délégation de la Commission européenne en criant : « Liberté pour les prisonniers politiques » ou « Puigdemont, notre président ».
Le dirigeant indépendantiste « a été arrêté aujourd’hui à 11 h 19 par la police autoroutière du Schleswig-Holstein », a déclaré un porte-parole de la police allemande. « Il est maintenant sous la garde de la police », a-t-il ajouté, précisant avoir agi dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen.
Cette arrestation a été confirmée par la porte-parole du parti de M. Puigdemont, Anna Grabalosa : « Cela s’est passé au moment où il franchissait la frontière germano-danoise. Il a été bien traité et ses avocats sont là-bas. C’est tout ce que je peux dire. »  Carles Puigdemont s’était réfugié à Bruxelles fin octobre 2017, anticipant des poursuites pour « rébellion » et « sédition » déclenchées par la justice espagnole à la suite de la tentative ratée de sécession de la Catalogne l’automne dernier.
Infraction passible de trente ans de prison
M. Puigdemont a été arrêté deux jours après que le juge de la Cour suprême espagnole, Pablo Llarena, eut confirmé des poursuites pour « rébellion » contre 13 indépendantistes catalans, dont Carles Puigdemont, et émis ou réactivé des mandats d’arrêt européens et internationaux contre six dirigeants indépendantistes catalans partis à l’étranger.

        Lire le récit:
         

          La justice espagnole assène un coup de massue à l’indépendantisme catalan



Cette infraction est passible de trente ans de prison. Le juge a notamment accusé M. Puigdemont d’avoir organisé le référendum d’autodétermination du 1er octobre malgré son interdiction et « le grave risque d’incidents violents ».
L’avocat de M. Puigdemont, Jaume Alonso Cuevillas, a précisé sur Twitter que son client avait été interpellé alors qu’il rentrait en Belgique après un séjour en Finlande. Il s’y était rendu jeudi et vendredi pour y rencontrer des parlementaires et participer à un séminaire à l’université d’Helsinki.
La police finlandaise avait fait savoir samedi qu’elle était prête à l’arrêter. Mais, dans la soirée, un député finlandais qui avait organisé sa visite dans le pays, Mikko Karna, a affirmé que le leadeur indépendantiste avait quitté le territoire dès vendredi soir pour la Belgique.
D’après plusieurs médias espagnols dont El Pais, les services secrets espagnols ont suivi M. Puigdemont depuis sa sortie – en ferry, puis en voiture – de Finlande, vendredi après-midi jusqu’à ce dimanche matin, en collaborant avec les autorités allemandes.
Auparavant, M. Puigdemont s’était déjà rendu au Danemark en janvier sans être inquiété, ainsi qu’en Suisse en mars.
Un chef d’accusation très controversé
Le juge Llarena reproche à l’ancien exécutif catalan d’avoir ignoré « les déclarations répétées d’inconstitutionnalité et de nullité », et évoqué particulièrement une manifestation tendue, dix jours avant le référendum interdit, où des milliers de militants séparatistes ont assiégé pendant plusieurs heures un bâtiment public où la garde civile menait une perquisition.
Le magistrat estime alors que les dirigeants catalans « savaient que ce type d’agissement était indispensable pour mener à bien un référendum interdit par les tribunaux, dont dépendait la déclaration d’indépendance ». Pour autant, le chef d’accusation de « rébellion » est très controversé, car il suppose un « soulèvement violent » qui, selon de nombreux juristes, ne s’est jamais produit.
Vendredi, le magistrat a également envoyé en détention préventive cinq indépendantistes dont Jordi Turull, candidat à la présidence de la Generalitat (exécutif catalan), plongeant encore un peu plus la Catalogne dans l’impasse politique. Vendredi soir, 37 personnes ont été légèrement blessées dans les rues de Barcelone lors de manifestations contre la décision du magistrat.
Après l’incarcération de M. Turull, le Parlement a ajourné la séance de désignation du nouveau chef de l’exécutif. C’est la troisième fois que les indépendantistes, qui disposent de la majorité absolue au Parlement, échouent à faire investir un nouveau président pour la Catalogne en raison de décisions de justice, après Carles Puigdemont et l’activiste Jordi Sanchez, incarcéré.

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S’ils n’y arrivent pas avant le 22 mai, de nouvelles élections seront automatiquement convoquées. Et tant qu’un président régional ne sera pas désigné, la Catalogne restera sous la tutelle de Madrid, qui a pris cette mesure après la déclaration d’indépendance mort-née du 27 octobre.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ La société française d’affichage, qui avait remporté le marché, devait déployer 5 000 Vélib’ électriques dans la capitale suédoise. Les concurrents évincés ont déposé un recours devant le tribunal administratif.
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A Stockholm, des bâtons dans les roues de JCDecaux

La société française d’affichage, qui avait remporté le marché, devait déployer 5 000 Vélib’ électriques dans la capitale suédoise. Les concurrents évincés ont déposé un recours devant le tribunal administratif.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 06h41
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


Les 5 000 Vélib’ électriques, flambant neufs et hyperconnectés de JCDecaux auraient dû être déployés le 1er avril dans la capitale suédoise. Un joli lot de consolation pour l’entreprise française, qui a perdu le marché parisien. Mais à la place de ces nouveaux deux-roues, les Stockholmois devront se contenter des vieux City Bikes noirs de Clear Channel. Mises au rebut à l’automne, les bécanes vont reprendre du service, le temps que le tribunal administratif de Stockholm statue sur le recours déposé par deux sociétés contre l’attribution du marché au Français.
Depuis 2006, il était contrôlé par le champion américain du mobilier urbain et de l’affichage publicitaire, Clear Channel. Il inclut la gestion d’un système de vélos en libre-service, ainsi que l’exploitation de 350 panneaux publicitaires. Au total, un contrat qui devrait rapporter 250 millions de couronnes (environ 25 millions d’euros) sur dix ans, estime le patron de JCDecaux en Suède, Magnus Heljeberg.

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Cinq compagnies avaient déposé un dossier dans le cadre de l’appel d’offres organisé par la mairie de Stockholm. Parmi elles, deux favorites : JCDecaux, déjà présent à Göteborg, la deuxième ville de Suède, et dans la cité universitaire de Lund, dans le sud du pays ; et Clear Channel qui, pour l’occasion, s’est associée à l’espagnol Movienta, un des quatre actionnaires du consortium Smovengo, qui a remporté la bataille parisienne contre JCDecaux.
« Le cahier des charges était exigeant et l’appel d’offres très compliqué Nous avons donc choisi de ne pas y aller seul » Ola Klingenborg, président de Clear Channel
« Nous aimons les vélos, mais nous sommes avant tout spécialistes de l’affichage publicitaire, explique Ola Klingenborg, président de Clear Channel en Suède. Or le cahier des charges était particulièrement exigeant et l’appel d’offres très compliqué Nous avons donc choisi de ne pas y aller seul. » Jusque-là, sa société mettait à disposition des usagers un millier de bicyclettes, disponibles uniquement dans le centre, entre 6 et 22 heures, du 1er avril au 31 octobre. En 2017, 40 000 usagers avaient souscrit un abonnement.
« La Tesla du vélo »
Cette fois, la mairie veut un système qui s’étend au-delà du centre, accessible jour et nuit, toute l’année. L’usager doit pouvoir s’abonner avec son téléphone portable en deux minutes au maximum et récupérer son vélo en moins de dix secondes. Selon Johan Sundman, directeur de projet à la direction du trafic à Stockholm, JCDecaux et Movienta ont « décroché la note maximale ». Mais la firme espagnole a été éliminée d’office, en raison d’un vice de forme : « Deux personnes ont rédigé le dossier, mais une seule a apporté la preuve qu’elle était habilitée à le faire », précise M. Sundman.
« C’est notre plus gros contrat dans les pays nordiques. Ce nouveau contrat nous permet de doubler le nombre de nos panneaux publicitaires dans la capitale »  Magnus Heljeberg, JC Decaux
Pour le Français, la victoire est importante : « C’est notre plus gros contrat dans les pays nordiques, commente Magnus Heljeberg. En 2014, nous avons remporté celui de l’affichage dans les toilettes publiques à Stockholm. Ce nouveau contrat nous permet de doubler le nombre de nos panneaux publicitaires dans la capitale. » Le 26 septembre, Jean-François Decaux, directeur général de l’entreprise avec son frère Jean-Charles, pose pour les photographes avec le Vert Daniel Helldén, adjoint aux transports, sur le parvis de la mairie de Stockholm, devant le prototype, qui doit rapidement entrer en production. « La Tesla du vélo », savoure Magnus Heljeberg : un deux-roues électrique et intelligent, connecté à une application mobile, sans borne d’attache physique, à localiser grâce à son téléphone portable, capable d’alerter les techniciens quand sa batterie est à moins de 50 % de sa capacité.

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Mais le triomphe est de courte durée. Movienta n’apprécie pas de s’être fait évincer de la course et dépose un recours devant le tribunal administratif de Stockholm. L’espagnol est rejoint par une société polonaise, qui argue que les conditions de l’appel d’offres étaient telles qu’elles l’ont empêchée de participer.
A la mairie, Johan Sundman tempère : « La quasi-totalité des appels d’offres sont contestés devant un tribunal. Le problème, c’est qu’il faut attendre entre huit et neuf mois pour une décision, qui peut encore faire l’objet d’un appel. » Il est toutefois convaincu que la mairie l’emportera et que les Stockholmois auront leurs Vélib’ d’ici à la fin de l’année. Des promesses à faire sourire un cycliste parisien.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Alors que la question de la frontière entre les deux Irlande est revenue dans le débat avec le Brexit, le Sinn Fein a décidé de porter samedi à Londres, au cours d’un meeting, sa revendication historique : la réunification de l’île.
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Au cœur de Londres, le Sinn Fein défend la réunification de l’Irlande

Alors que la question de la frontière entre les deux Irlande est revenue dans le débat avec le Brexit, le Sinn Fein a décidé de porter samedi à Londres, au cours d’un meeting, sa revendication historique : la réunification de l’île.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 22h13
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 17h24
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Devant l’entrée, une poignée d’anciens combattants britanniques brandissent avec colère des pancartes où des mains dégoulinantes de sang illustrent le mot « Sinn Fein ». Ce n’est pas un meeting comme un autre qui a lieu ce samedi 24 mars à la maison des syndicats, à deux pas du British Museum à Londres. Le vieux parti républicain irlandais a décidé de porter au cœur de la capitale de l’ancienne puissance coloniale, sa revendication historique : la réunification de l’île divisée depuis 1921 entre l’Irlande du Nord, province du Royaume-Uni, et, au sud, la République.
« Vers une Irlande unie », proclame, en anglais et en gaélique, le grand écran bleu ciel devant lequel les orateurs s’expriment. « Ne laissons pas à la prochaine génération le soin de réaliser la promesse de 1916 [la proclamation de la République irlandaise] ! Faisons de l’unité de l’Irlande une réalité de notre temps ! », conclura, aux termes de trois heures de débats, Gerry Adams, 69 ans, le président du parti qui vient de passer la main. Aucune envolée lyrique pour le vieux dirigeant, largement reconnu comme un haut dirigeant de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) – ce qu’il a toujours nié – dont le Sinn Fein était l’aile politique. Mais l’invocation tranquille de « la dynamique de l’histoire » accélérée de façon inespérée par un événement extérieur : le Brexit.

« Le Brexit a de sombres conséquences pour les habitants de toute l’île d’Irlande, c’est une menace directe pour la paix. L’Irlande doit s’unir pour défendre l’accord du Vendredi Saint [qui, en 1998, a mis fin à trente années sanglantes] », a déclaré M. Adams, l’un des principaux artisans de l’accord de paix dont le vingtième anniversaire va être commémoré en avril. Les 250 auditeurs, « immigrés » irlandais de Londres, l’acclament lorsqu’il agite l’espoir de leur retour dans une « Irlande libre et unifiée ».
Le Brexit bouscule le paysage politique irlandais

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Une proche de Silvio Berlusconi présidera le Sénat italien, tandis que la Chambre des députés sera dirigée par un des pionniers du Mouvement 5 étoiles.
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A Rome, accord in extremis entre la droite et les Cinq Etoiles pour pourvoir les présidences des deux assemblées

Une proche de Silvio Berlusconi présidera le Sénat italien, tandis que la Chambre des députés sera dirigée par un des pionniers du Mouvement 5 étoiles.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 14h18
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 14h57
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Ils ont finalement trouvé un accord. Après des jours de guerre des nerfs et de signaux contradictoires, ponctués d’éclats de voix et de menaces – vite oubliées – de rupture définitive, les deux grands vainqueurs du scrutin du 4 mars, la droite et le Mouvement 5 étoiles, sont parvenus à se répartir équitablement les postes de présidents de la Chambre des députés et du Sénat italiens, samedi 24 mars à la mi-journée. Maria Elisabetta Alberti Casellati, 71 ans, a donc été élue au poste de présidente du Sénat, avec 240 voix (sur 315). Quelques minutes plus tard, c’est Roberto Fico, 43 ans, qui recevait la présidence de la Chambre des députés, avec 422 voix (sur 630).
Magistrate de formation, parlementaire depuis 1994 et par deux fois secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil de Silvio Berlusconi (un rouage particulièrement important dans l’appareil de gouvernement italien), Maria Elisabetta Alberti Casellati est une proche du fondateur de Forza Italia. Ce choix, entériné par toutes les composantes de la coalition de droite au terme d’une nuit de tractations, est une bonne manière envers l’ancien président du Conseil, alors que les dernières heures ont surtout démontré l’extrême faiblesse de sa position. Par ailleurs, le symbole de renouvellement est parfait : Maria Elisabetta Alberti Casellati est également la première femme à occuper le poste de présidente du Sénat.
Quant à Roberto Fico, c’est un des partisans de la première heure du Mouvement 5 étoiles, et, auprès de sa base militante, le garant d’une certaine pureté originelle teintée d’activisme, assez éloignée de la « normalisation » incarnée par le très lisse Luigi Di Maio. Originaire de Naples, c’est là qu’il a fondé, en 2005, l’un des quarante « meetup des amis de Beppe Grillo », qui seront la matrice originelle des Cinq Etoiles. Elu à la Chambre en 2013, il a obtenu la présidence de la commission de surveillance de la RAI, ce qui lui a offert une très importante visibilité.
Incertaines...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ La confiance dans les bienfaits des échanges avec la Chine est en train de s’effondrer outre-Rhin.
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L’Allemagne s’inquiète de l’insatiable appétit des groupes chinois

La confiance dans les bienfaits des échanges avec la Chine est en train de s’effondrer outre-Rhin.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 14h00
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Jusqu’où l’Allemagne acceptera-t-elle les investissements chinois dans les joyaux de son économie ? Deux ans après la prise de contrôle de l’emblématique constructeur de robots allemand Kuka par Midea, Berlin hésite sur l’attitude à adopter face à l’insatiable appétit chinois.
Les dernières semaines ont donné un aperçu de l’accélération des ambitions chinoises outre-Rhin : fin février, au terme d’une opération financière peu transparente, dans laquelle Pékin pourrait avoir joué un rôle déterminant, Li Shufu, patron du groupe automobile Geely, a pris le contrôle de près de 10 % du capital de Daimler, symbole du savoir-faire automobile allemand. Un investissement de 7 milliards d’euros.
Mardi 20 mars, Tencent, un des géants de l’Internet chinois, dont la messagerie WeChat a récemment passé le cap du milliard d’utilisateurs, s’est invité au capital de la start-up berlinoise N26. Tencent a été l’un des deux principaux investisseurs (avec le fonds d’investissement de l’assureur Allianz) de la collecte de 160 millions d’euros effectuée par cette néobanque sur mobile, qui est considérée comme une des réussites de la fintech allemande, ces nouvelles technologies numériques du secteur financier.
« L’extrême importance du marché chinois »

N26 s’est « réjouie », mardi, de l’arrivée dans son capital du groupe chinois, « passé de pionnier à leadeur dans les domaines des réseaux sociaux, du jeu en ligne, de l’e-commerce et du paiement mobile en Chine ». Le patron de Kuka, Till Reuter, a, lui, souligné « l’extrême importance du marché chinois », lors de la conférence de presse du groupe, jeudi 22 mars. Deux exemples qui illustrent la montée en puissance de la Chine, qui a, en 2016, racheté 100 entreprises allemandes, pour un total de 11 milliards d’euros.
Jusqu’ici, les Allemands voyaient dans leurs partenaires chinois des alliés précieux pour se développer, en leur offrant un accès privilégié à un marché gigantesque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ La riposte réglementaire et fiscale aux Gafam ne servira à rien si des concurrents européens ne surgissent pas à court terme, explique dans une tribune au « Monde » Thomas Fauré, entrepreneur du numérique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/03/2018
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Affaire Facebook : « Il faut développer des plates-formes européennes souveraines »

La riposte réglementaire et fiscale aux Gafam ne servira à rien si des concurrents européens ne surgissent pas à court terme, explique dans une tribune au « Monde » Thomas Fauré, entrepreneur du numérique.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 07h03
    |

Thomas Fauré (Fondateur du réseau social Whaller)







                        



                                


                            

Tribune. Facebook connaît une crise majeure, que des signaux faibles laissaient présager depuis longtemps. Le scandale Cambridge Analytica oblige le réseau tentaculaire à livrer aujourd’hui son vrai visage. Ce qui est présenté comme une fuite de données personnelles par son fondateur relève bien plus certainement du modèle économique de l’entreprise : l’exploitation de ces données à des fins commerciales.
Pour autant, l’enjeu est-il exclusivement économique ? C’est davantage sur le terrain politique qu’il faut agir, en développant des plates-formes européennes souveraines.
Nous autres, Européens, sommes condamnés à œuvrer tels les métayers des Etats-Unis. Les data que nous cédons nolens volens sont collectées sur les plates-formes des Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), puis elles nous sont revendues comme par magie sous forme de propositions de biens ou de services personnalisés.

Nos choix, nos comportements, nos achats, nos échanges, nos convictions politiques et religieuses alimentent constamment leurs gigantesques bases de données d’où émergeront, un jour prochain, des formes d’intelligence artificielle (IA) – suggestions pertinentes ou intrusives. Nous sommes la matière première d’une économie de l’attention qui peut virer assez rapidement au viol des consciences.
Le tapis rouge est déroulé
L’Europe s’est, tardivement, mise en ordre de bataille. Mais au lieu d’investir massivement dans de potentiels champions, le Vieux Continent s’est contenté de jouer la carte défensive des fourches Caudines du règlement général sur la protection des données (RGPD). Tout bon connaisseur de ces enjeux sait pertinemment qu’aucun des puissants acteurs sciemment visés par ces règles n’aura finalement à s’en inquiéter.
Parallèlement, les pouvoirs publics français et européens ont glosé pendant des mois pour déterminer le montant approprié d’une taxe applicable aux ventes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Réduction des effectifs, développement d’une production propre, renouvellement des outils… La radio-télévision belge francophone s’est métamorphosée. Avec succès.
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En Belgique, la transformation réussie de la RTBF

Réduction des effectifs, développement d’une production propre, renouvellement des outils… La radio-télévision belge francophone s’est métamorphosée. Avec succès.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 11h06
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Jadis, on l’appelait la « Casa Kafka », pour souligner sa complexité, ou « l’église des frères prêcheurs », en raison du ton docte adopté par bon nombre de ses journalistes, « gauchistes » et « donneurs de leçons », selon ses contempteurs.
Certes, la radio-télévision belge francophone (RTBF) occupe toujours le même bâtiment bruxellois, caricature de la Belgique fédérale : deux entrées, l’une pour les néerlandophones, l’autre pour les francophones. Un immeuble coupé en deux par une frontière linguistique invisible.
Mais, pour le reste, elle s’est profondément transformée, sous l’impulsion de Jean-Paul Philippot, son administrateur général depuis 2002. Ce haut fonctionnaire étiqueté socialiste a su habilement gommer cette référence, aussi nécessaire pour accéder à une haute fonction qu’encombrante pour qui veut adopter le style managérial.
Fort de son idée de base, selon laquelle le service public a « un devoir d’adaptation et de modernité », cet ingénieur de formation a lancé dès 2002 un vaste plan, dit « Magellan », censé fixer le cap : une radio et une télévision s’adaptant à la concurrence du secteur privé – la chaîne RTL-TVI, filiale du groupe Bertelsmann –, mais aussi à celle des chaînes françaises, TF1 en tête.
Clarification de l’offre
Depuis, les effectifs de la RTBF ont été réduits d’environ 30 %, et la direction a misé sur le développement d’une production propre, le renouvellement complet des outils, un marketing judicieux et une offre se démarquant de celle du privé, sans renier l’élément « divertissement ».
Jean-Paul Philippot et ses équipes sont peut-être en train de remporter leur pari. Même si TF1 a lancé sa propre régie sur le marché belge, aspirant une partie de ses ressources publicitaires et même si RTL-TVI accapare une partie de l’audience, sans toutefois engranger autant de bénéfices que le souhaiteraient ses actionnaires… Le groupe RTL-TVI, qui compte trois chaînes de télévision...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Dans un entretien au « Monde », Jean-Paul Philippot, patron de la radio-télévision belge francophone depuis 2002, estime qu’un effort d’adaptation est nécessaire, à l’heure où les formats et les usages se transforment.
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« Le service public de l’audiovisuel doit être l’acteur d’une société moderne »

Dans un entretien au « Monde », Jean-Paul Philippot, patron de la radio-télévision belge francophone depuis 2002, estime qu’un effort d’adaptation est nécessaire, à l’heure où les formats et les usages se transforment.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 11h07
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Ingénieur de formation, Jean-Paul Philippot, âgé de 57 ans, est adminis­trateur général de la radio-télévision belge francophone (RTBF) depuis 2002 et président de l’Union européenne de radio-télévision (UER), la plus grande alliance de médias de service public au monde, depuis 2009.
En Europe, l’audiovisuel public est sous pression. Quelle est votre analyse de cette situation ?
Dans certains pays, les contraintes budgétaires prédominent ; ailleurs, c’est la question de l’indépendance par rapport au pouvoir qui est posée. Lors de la crise financière de 2008, par exemple, l’audiovisuel public a été durement frappé au Portugal, à Malte, en Grèce et aux Pays-Bas. Pour d’autres raisons [plus politiques], les débats sont vifs en ­Hongrie et en Pologne. A différents moments – et nous en vivons un –, les sou­bresauts ou les crises ont aussi été liés à l’adaptation du service public à sa valeur ajoutée, ainsi qu’à sa capacité à revoir son modèle d’organisation. Aujourd’hui, l’audiovisuel public a l’obligation de se moderniser.
A-t-il toujours une place dans la grande mutation actuelle, caractérisée par l’émergence de plates-formes comme Netflix ?
Il est indispensable de se poser la question. Le service public est fort là où il peut démontrer son rôle. Il faut d’ailleurs redéfinir sa « valeur culturelle ajoutée », alors que les formats et les usages se transforment. Nous assistons à une crise de confiance généralisée envers les médias d’information qui est d’autant plus forte dans les pays où le service public est faible ou inexistant.
Nous observons parallèlement la naissance d’un espace dans lequel on peut colporter des rumeurs, désinformer, faire de la propagande sans le filtre d’un média, ce qui endommage le tissu social. Histori­quement, c’est pour empêcher ce cas de figure qu’on a inventé le journalisme, qui s’appuie sur des professionnels et des règles déon­tologiques. Les plates-formes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Si la convergence entre les économies des pays européens est réelle, localement, les déséquilibres peuvent parfois s’aggraver.
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Economie : l’inquiétant creusement des disparités régionales en Europe

Si la convergence entre les économies des pays européens est réelle, localement, les déséquilibres peuvent parfois s’aggraver.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 06h41
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Nord contre Sud. Les législatives italiennes du 4 mars ont, une fois encore, mis en lumière le fossé entre le nord industriel de la Péninsule et les régions pauvres du Mezzogiorno, où les populistes du Mouvement 5 étoiles ont battu des records. Quelques mois auparavant, le « oui » en faveur d’une autonomie financière renforcée l’avait emporté lors du référendum consultatif organisé en Lombardie et en Vénétie. « L’argent gagné en Vénétie doit rester en Vénétie », déclarait alors Matteo Salvini, le dirigeant de la Ligue du Nord.
Réduire la part des recettes locales reversées à l’Etat central, remettre en question une solidarité jugée excessive avec le Sud : en Espagne, les indépendantistes catalans, en pleine épreuve de force avec Madrid, ne souhaitent pas autre chose…

L’Europe a-t-elle un problème avec ses régions ? Peut-être bien. Début mars, dans un rapport consacré au Vieux Continent, la Banque mondiale résumait les choses ainsi : si l’Union européenne (UE) a été une formidable machine à fabriquer de la convergence entre les pays ces six dernières décennies, « le fossé entre les régions à l’intérieur des pays se creuse ». Dit autrement : la richesse moyenne des Etats les plus pauvres rattrape peu à peu celle de plus riches, et c’est un succès pour l’Europe. Mais, localement, les disparités n’ont pas disparu. Et, parfois, elles s’aggravent. Le phénomène est, bien sûr, très contrasté selon les Etats. Il n’empêche, les indicateurs économiques de richesse, d’emploi et de développement économique racontent tous la même histoire.
231 régions sur 275 ont vu leur taux d’emploi augmenter
A l’exemple des chiffres publiés, jeudi 22 mars, par Eurostat. Ils révèlent qu’en 2016 – les données locales sont longues à traiter –, grâce à la reprise, 231 régions européennes sur un total de 275 ont vu leur taux d’emploi augmenter, la palme revenant à la voïvodie des Basses-Carpates polonaise (+ 7,9 %). En revanche, il a baissé dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Lors du conseil européen, le président français a tenté d’avancer sur la nouvelle architecture de la zone euro et sur la taxe digitale.
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Eurozone, GAFA : la politique des petits pas de Macron à Bruxelles

Lors du conseil européen, le président français a tenté d’avancer sur la nouvelle architecture de la zone euro et sur la taxe digitale.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 10h17
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 10h36
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Preuve que le couple « Merkron » (pour Merkel et Macron) et sa capacité à entraîner le reste des Européens suscitent encore des espoirs : la conférence de presse commune entre la chancelière allemande et le président français, vendredi 23 mars, en clôture d’un conseil européen de deux jours à Bruxelles, a fait le plein de journalistes.
Emmanuel Macron, qui avait déjà rencontré Angela Merkel, tout juste intronisée pour un quatrième mandat la semaine dernière, s’y est déclaré « confiant » dans sa capacité à parvenir à une « feuille de route européenne de réformes » commune avec Berlin en juin. En décembre 2017, il avait déjà promis de « converger » avec Berlin sur la poursuite de l’intégration de la zone euro dès ce conseil de mars.
Mais les difficultés de l’Allemagne à se doter d’un gouvernement de coalition, à la suite des élections fédérales de septembre 2017, ont eu raison de cet agenda hexagonal. Et dans l’intervalle, certaines de ses idées les plus ambitieuses – un ministre des finances de la zone euro, un Parlement de la zone euro, un budget conséquent de la zone euro – ont été battues en brèche par les moins enthousiastes des Etats membres, Pays-Bas en tête.
 estime  Donald Tusk, le président du Conseil européen
Paris semble en avoir déjà tiré les conséquences. A l’issue d’une discussion de deux heures sur ces réformes macroniennes « de long terme », vendredi, le président français n’a pas une fois mentionné le terme « budget européen » lors de sa conférence. La chancelière a pour sa part surtout insisté sur les priorités allemandes : l’achèvement de l’union bancaire, une réforme pourtant sur la table depuis… 2013, à propos de laquelle elle a jugé nécessaires « des progrès très rapides ». Et l’évolution du Mécanisme européen de stabilité (MES, mis en place pendant la crise pour éviter la faillite à la Grèce ou l’Irlande),...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Dans un entretien au « Monde », l’universitaire Olivier Chopin estime que les services secrets devraient se préoccuper des menaces que les fake news et autres théories de conspiration font peser sur nos sociétés.
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Espionnage : « Les démocraties savent se défendre »

Dans un entretien au « Monde », l’universitaire Olivier Chopin estime que les services secrets devraient se préoccuper des menaces que les fake news et autres théories de conspiration font peser sur nos sociétés.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 11h26
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            
[La Grande-Bretagne a ­accusé la Russie d’avoir empoisonné le 4 mars un ex-agent double, Sergueï Skripal et sa fille Ioulia, retrouvés inconscients sur un banc à Salisbury, au sud-ouest de Londres. L’Allemagne, les Etats-Unis et la France ont soutenu Londres. Ils ont exprimé leur « consternation » et dénoncé « une menace pour la sécurité ». La Russie a nié toute responsabilité dans cette tentative d’empoisonnement, pourfendant un « numéro de cirque » du gouvernement britannique. En attendant les conclusions de l’enquête, Londres a riposté mi-mars par l’expulsion de 23 diplomates russes en poste en Grande-Bretagne. Le ministère des affaires étrangères russe a répondu en expulsant 23 diplomates britanniques. Jeudi 22 mars, les dirigeants européens ont rappelé « pour consultation » l’ambassadeur de l’UE à Moscou.]
Entretien. Spécialiste des études sur le renseignement à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), Olivier Chopin est l’auteur de l’ouvrage Renseignement et sécurité, chez Armand Colin, en 2016.
Quelle a été votre réaction après avoir appris l’empoisonnement, début mars, de l’ancien agent russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia en Grande-Bretagne ?
Olivier Chopin : Il s’agit d’un nouveau cas d’empoisonnement par des substances toxiques dans la lignée de ceux de Viktor Iouchtchenko, candidat en Ukraine et empoisonné à la dioxine en 2004, d’Alexandre Litvinenko, opposant notable du pouvoir russe et tué par ingestion de polonium 210 en 2006. Dans le cas de Sergueï Skripal et de sa fille, l’enquête indique l’existence d’une opération hostile dont les autorités britanniques attribuent la responsabilité au gouvernement de la Russie.
La réaction des Etats occidentaux vous semble-t-elle proportionnée ?
En paroles, la réaction de Theresa May est très ferme. Dans les faits, c’est difficile de juger. La responsabilité de définir le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Un milliardaire proche du président Erdogan a mis la main sur Dogan Holding, le plus gros groupe d’information du pays.
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Turquie : le gouvernement renforce son contrôle sur les médias

Un milliardaire proche du président Erdogan a mis la main sur Dogan Holding, le plus gros groupe d’information du pays.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 06h46
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            
Avide de contrôler la totalité du paysage médiatique à dix-huit mois des élections de novembre 2019 – législatives et présidentielle –, le gouvernement turc (islamo-conservateur) vient de jeter son dévolu sur Dogan Holding, le plus gros groupe de médias de Turquie. Ce dernier vient en effet d’être racheté par le milliardaire Erdogan Demirören, un proche du président Recep Tayyip Erdogan.
Désormais, « 90 % des médias [du pays] sont entre les mains de l’exécutif », constate la journaliste Aysenur Arslan, une ancienne collaboratrice de Dogan Holding.
Après des négociations discrètes, le groupe Demirören, présent dans l’énergie, la construction, le tourisme, a acquis pour 1,1 milliard de dollars (890 millions d’euros) les quotidiens Hürriyet, Posta, Fanatik, ainsi que l’agence de presse Dogan et les chaînes de télévision Kanal D et CNN-Türk. Selon le site d’information T24, pour finaliser son acquisition, la holding de M. Demirören a bénéficié d’un crédit venu d’un consortium bancaire, dont l’établissement public Ziraat Bank.
Dans le viseur des autorités
Après avoir dominé la scène médiatique turque pendant quarante ans, le milliardaire Aydin Dogan, fondateur du groupe du même nom, a tiré sa révérence, jeudi 22 mars. « J’ai 81 ans. A ce stade, j’ai décidé, de mon propre chef, de cesser mes activités dans les médias », a-t-il déclaré lors d’un discours d’adieu à ses salariés. En insistant sur le caractère volontaire de la cession, le magnat comptait visiblement faire taire les rumeurs selon lesquelles il aurait finalement cédé ses actifs sous la pression du gouvernement.
« S’il ne vendait pas la branche médias de son groupe, il risquait d’être emprisonné dans le cadre d’une enquête sur les événements du 28 février [le 28 février 1997, les militaires avaient évincé le gouvernement dirigé alors par l’islamiste Necmettin Erbakan]. On lui a montré le bâton, il a compris le message », a assuré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Les Vingt-Huit avaient condamné, jeudi, les « actions illégales persistantes » d’Ankara, liées à des contentieux avec la Grèce et Chypre.
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La Turquie dénonce les critiques « inacceptables » de l’UE sur ses actions en Méditerranée

Les Vingt-Huit avaient condamné, jeudi, les « actions illégales persistantes » d’Ankara, liées à des contentieux avec la Grèce et Chypre.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 01h28
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 13h38
   





                        


Des critiques « inacceptables ». La Turquie a rejeté, vendredi 23 mars, les remarques de l’Union européenne (UE), condamnant, la veille, les « actions illégales persistantes » en Méditerranée liées à des contentieux avec la Grèce et Chypre.
« L’Union européenne les soutient parce qu’ils [en] sont membres, sans se demander s’ils ont raison », a déclaré à la presse le porte-parole du ministère des affaires étrangères turc Hami Aksoy : « L’UE a perdu sa neutralité sur la question chypriote. »
M. Aksoy a assuré que le sommet prévu pour le 26 mars à Varna, en Bulgarie, entre le chef de l’Etat turc, Recep Tayyip Erdogan, et les présidents de la Commission et du Conseil européen, Jean-Claude Juncker et Donald Tusk, était « important » pour la Turquie.
« L’UE doit montrer une attitude plus constructive à l’égard de notre pays pour éliminer les problèmes de confiance dans les relations [entre Bruxelles et Ankara] et elle devrait appliquer ses décisions. »
Il a notamment mentionné la libéralisation en matière de visas pour les Turcs voyageant dans l’UE et l’aide financière européenne prévues par leur accord migratoire controversé de mars 2016.

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Plusieurs incidents en mer
Certains Etats de l’UE ont, de leur côté, insisté pour que la main tendue par l’Europe à ce partenaire indispensable ne soit pas interprétée comme un chèque en blanc.
Le Conseil européen « condamne fermement la poursuite des actions illégales de la Turquie en Méditerranée orientale et en mer Egée et souligne sa pleine solidarité avec Chypre et la Grèce », ont ainsi déclaré les Vingt-Huit, selon les conclusions adoptées jeudi soir.
Des incidents ont récemment eu lieu en mer sur fond de contentieux territoriaux anciens avec les Chypriotes-Grecs et la Grèce. La marine turque a en particulier empêché un navire italien d’aller forer dans les eaux chypriotes et un patrouilleur turc a percuté un navire grec en mer Egée.
Les conclusions ont aussi « rappelé l’obligation de la Turquie de respecter le droit international et les bonnes relations de voisinage et de normaliser les relations avec les Etats membres de l’UE y compris la République de Chypre ».
« Une approche positive et constructive »
Au cours d’une discussion avec son homologue français, Emmanuel Macron, vendredi soir, M. Erdogan a affirmé la nécessité « de défendre les droits légitimes de la Turquie et de la République turque de Chypre-Nord sur les sources d’hydrocarbures en Méditerranée orientale ». Il a également insisté sur « l’importance de raviver le processus d’adhésion » de la Turquie à l’UE, selon des sources proches d’Ankara.

        Lire aussi l’entretien avec le ministre des affaires étrangères turc, Mevlüt Çavusoglu :
         

          « La Turquie est le meilleur allié pour la sécurité de l’Europe »



« Nous ne pouvons accepter la déclaration faite à propos de la Turquie dans les conclusions du Conseil de l’Europe », a pour sa part réagi dans une série de tweets, vendredi, le ministre des affaires européennes turc, Ömer Celik.
« Nous considérons le sommet (…) de Varna comme une occasion importante de faire avancer nos relations. Nous attendons de l’UE la même approche positive et constructive. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le président français a exprimé auprès de son homologue turc sa « préoccupation » au sujet de l’offensive menée par la Turquie dans l’enclave syrienne et souligné la « nécessité de permettre le plein accès de l’aide humanitaire ».
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Emmanuel Macron réitère ses préoccupations sur la situation d’Afrin en Syrie

Le président français a exprimé auprès de son homologue turc sa « préoccupation » au sujet de l’offensive menée par la Turquie dans l’enclave syrienne et souligné la « nécessité de permettre le plein accès de l’aide humanitaire ».



Le Monde
 |    24.03.2018 à 00h15
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 13h34
   





                        


Ce n’est pas la première fois que le président français fait état de sa vive préoccupation au sujet de l’offensive menée par la Turquie dans l’enclave syrienne d’Afrin. Emmanuel Macron l’a à nouveau exprimé à son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, soulignant la « nécessité de permettre le plein accès de l’aide humanitaire », selon des propos rapportés par l’Elysée, samedi 24 mars.
Le président français, au cours d’un entretien téléphonique vendredi avec M. Erdogan, a « rappelé l’importance stratégique de notre partenariat avec la Turquie, en particulier sur la lutte contre le terrorisme et l’ensemble des crises régionales, ainsi que notre attention aux intérêts de sécurité de la Turquie, notre alliée au sein de l’OTAN », a ajouté la présidence française.

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Ankara a lancé le 20 janvier une opération militaire contre l’enclave d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, pour en déloger les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde considérée comme « terroriste » par Ankara mais alliée des Etats-Unis dans la lutte contre l’organisation Etat islamique (EI). La Turquie et ses supplétifs rebelles syriens ont pris le contrôle dimanche de l’ensemble de l’enclave.
« Au vu de la grave dégradation de la situation, et de l’escalade consécutive aux interventions de la Russie, de l’Iran et de la Turquie, le président de la République a appelé l’ensemble des acteurs engagés sur le terrain à respecter sans davantage de délais l’arrêt des hostilités dans toute la Syrie et à construire une solution politique durable », poursuit l’Elysée.
Lors d’un entretien avec son homologue russe Vladimir Poutine lundi, M. Macron avait déjà fait part de « sa grande préoccupation », notamment sur la situation dans cette zone. Il avait appelé « la Russie à faire ses meilleurs efforts pour que cessent les combats et les pertes civiles » en Syrie. Moscou, principal soutien du régime de Damas, et la Turquie, soutien des rebelles, coopèrent étroitement sur le dossier syrien. MM. Poutine et Erdogan doivent notamment s’entretenir début avril au cours d’un sommet prévu à Istanbul à propos du conflit qui fait rage depuis 2011.

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Erdogan s’élève contre les propos de Macron
M. Erdogan avait quant à lui exprimé vendredi sa « gêne » vis-à-vis des « propos infondés » tenus au sujet de l’offensive menée par la Turquie. Le président turc avait également répété à M. Macron que l’opération menée en Syrie vise à « écarter les menaces contre la sécurité nationale turque » et à « assurer la paix » dans la région.
Ankara s’était déjà soulevé à plusieurs reprises contre les propos de Paris sur Afrin, notamment lorsque M. Macron avait mis en garde contre une « invasion » turque dans le nord de la Syrie, ou lorsque le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait mis en garde contre toute mort civile dans l’opération et estimé que la Turquie violait le droit international dans le pays.
L’ONU a affirmé vendredi que quelque 167 000 personnes ont été déplacées par l’avancée des troupes turques à Afrin.

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            data-slide-description="Un jeune homme fuyant Afrin attend à un point de contrôle dans le village d’Anab, avant de se rendre dans un secteur tenu par les rebelles syriens soutenus par la Turquie, samedi 17 mars."
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            data-slide-description="Avec le quasi-encerclement de la ville, les bombardements aériens et les tirs d’artillerie s’étaient intensifiés ces derniers jours."
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            data-slide-description="Des Syriens attendent à un check-point dans le village d’Anab, le 17 mars."
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            data-slide-description="Des Kurdes syriennes pleurent la mort de combattants des Unités de protection du peuple (YPG) à Qamishli."
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            data-slide-description="Dimanche matin, l’armée turque et ses supplétifs syriens ont pris le contrôle de la ville."
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            data-slide-description="Des correspondants de l’AFP à Afrin ont constaté la présence de chars et de drapeaux turcs dans plusieurs quartiers de la ville."
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            data-slide-description="Des rebelles syriens évacuent une vieille femme dans la ville d’Afrin, le 18 mars."
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            data-slide-description="Devant une boutique en flammes."
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            data-slide-description="Une fois entrés dans Afrin, combattants syriens et soldats turcs ont rapidement pris pied dans toute la cité, se prenant en photo et paradant à moto pour célébrer leur victoire."
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            data-slide-description="Des soldats turcs posent victorieusement pour une photo de groupe, sur une place de la ville, dimanche."
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            data-slide-description="La résistance et les combats de rue annoncés n’ont pas eu lieu. Les forces kurdes ont quitté Afrin en laissant derrière elles les derniers civils qui n’avaient pas fui auparavant."
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            data-slide-description="La Turquie nie avoir visé la population, mais l’OSDH évalue à plus de 280 le nombre de civils tués depuis le début de l’offensive d’Ankara."
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            data-slide-description="Des rebelles syriens, alliés des forces turques, se prennent en photo dans la ville d’Afrin, le 18 mars."
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            data-slide-description="L’OSDH évalue le nombre de déplacés venus de toute l’enclave à 250 000 personnes. Les Nations unies ont enregistré 98 000 déplacés en dehors du secteur d’Afrin."
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            data-slide-description="Pour les civils jetés sur les routes, l’aide humanitaire ne s’est pas encore matérialisée à un niveau suffisant. Les acteurs humanitaires présents dans les zones avoisinantes se préparent à recevoir plus d’une dizaine de milliers d’exilés."
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            data-slide-description="Dimanche soir, l’AFP faisait état de pillages à grande échelle des magasins, des véhicules, du bétail et des effets personnels de ceux qui avaient quitté la ville."
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            data-slide-description="Dans une remorque, des articles volés."
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            data-slide-description="Avant l’intervention d’Ankara, l’enclave d’Afrin était l’unique région de Syrie à avoir été épargnée par la guerre et ses destructions."
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            data-slide-description="Des rebelles syriens mettent à bas la statue du forgeron Kawa, héros mythologique kurde, qui ornait jusqu’ici un rond-point de la ville."
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            data-slide-description="La prise d’Afrin, avec la bénédiction russe, permet à la Turquie d’étendre son contrôle sur une bonne moitié de la frontière, ce qui renforce son poids dans les négociations internationales."
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Un jeune homme fuyant Afrin attend à un point de contrôle dans le village d’Anab, avant de se rendre dans un secteur tenu par les rebelles syriens soutenus par la Turquie, samedi 17 mars.

BULENT KILIC / AFP
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Cinq dirigeants séparatistes ont été placés en détention provisoire à Madrid vendredi, conduisant le président du Parlement catalan à suspendre l’investiture samedi.
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/03/2018
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La justice espagnole assène un coup de massue à l’indépendantisme catalan

Cinq dirigeants séparatistes ont été placés en détention provisoire à Madrid vendredi, conduisant le président du Parlement catalan à suspendre l’investiture samedi.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 21h26
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 14h08
    |

            Isabelle Piquer (Madrid, correspondance)








                        



   


La justice espagnole a assené un coup très dur à l’indépendantisme catalan en décidant, vendredi 23 mars, de placer en détention provisoire cinq de ses principaux dirigeants, dont le candidat à la présidence de la région, Jordi Turull. Ils sont accusés d’avoir organisé la tentative de sécession de la Catalogne le 27 octobre.
Le juge de la Cour suprême a notamment écroué l’ancienne présidente du Parlement catalan, Carme Forcadell, et trois anciens « ministres » du gouvernement régional – Raul Romeva, Josep Rull, et Dolors Bassa. Ils ont rejoint quatre autres responsables séparatistes, dont l’ancien vice-président Oriol Junqueras, incarcérés depuis le 2 novembre dans des centres pénitenciers madrilènes.
C’est tout le noyau dur de l’indépendantisme et de ses deux formations principales, Junts per Catalunya (Ensemble pour la Catalogne) et la Gauche Républicaine (ERC) qui se retrouvent désormais derrière les barreaux ou en « exil » avec le président déchu Carles Puigdemont – ce dernier est installé en Belgique depuis cinq mois. Marta Rovira, numéro deux d’ERC, qui, vendredi, à la surprise de tous, a préféré quitter le pays plutôt que de risquer la prison, serait pour sa part partie en Suisse, selon les médias espagnols.
Samedi 24 mars, au lendemain de cette décision, le président du Parlement catalan, Roger Torrent, a décidé de suspendre la session et le débat pour l’investiture du président régional. « Le pouvoir empêche que la volonté citoyenne exprimée dans les urnes puisse se manifester librement », a estimé M. Torrent, dénonçant « une situation d’injustice, de régression et de répression ».

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Vu de la gravité des chefs d’inculpation, ils sont loin d’être sortis d’affaire. Dans un arrêt méthodique de soixante-dix pages, le juge Pablo Llarena a longuement justifié des poursuites pour rébellion contre treize des vingt-cinq inculpés, une charge pouvant déboucher sur des peines allant jusqu’à trente ans de prison.
Des Barcelonais brûlent des photos de Felipe VI
En encourageant « des centaines de milliers de sympathisants » à résister à la police pour permettre le référendum d’autodétermination du 1er octobre, déclaré illégal par Madrid, les responsables catalans auraient cherché, selon le magistrat, à faire capituler l’Etat « face à la détermination violente » d’une partie de la population.
Certains ont également été accusés de détournement de fonds et ordonnés de verser, en tout, 2,1 millions d’euros, en remboursement des dépenses engagées pour l’organisation du référendum. D’autres, seront jugés pour désobéissance à l’Etat. Ils peuvent faire appel et la date du procès n’a pas encore été fixée.
Le juge a expliqué son ordre de détention provisoire en estimant que le risque de fuite était « élevé, au regard de la peine encourue ». Il a également émis des mandats d’arrêt européens et internationaux contre les six dirigeants enfuis, dont Carles Puigdemont.
En Catalogne des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour protester contre la décision judiciaire. Elles ont brûlé des photos du roi Felipe VI en réclamant la « liberté pour les prisonniers politiques ». A Barcelone, vingt-quatre manifestants ont été blessés légèrement dans des heurts avec la police régionale, selon les services de secours. Les rassemblements avaient été convoquées la veille par la puissante Assemblée nationale catalane et les Comités de défense de la République, plus radicaux.
Prendre de court la justice espagnole
A peine 24 heures avant la comparution des responsables séparatistes devant la Cour suprême, et voulant prendre de court la justice espagnole, les partisans de l’indépendance avaient essayé d’investir Jordi Turull président de la Catalogne en improvisant une séance parlementaire dans la soirée du jeudi 22 mars.
L’ancien porte-parole du gouvernement catalan avait été libéré sous caution début décembre, après avoir accepté la suspension de l’autonomie de la région par Madrid. Il était censé s’abstenir de toute activité politique, comme trois autres dirigeants également placés en détention préventive puis relâchés.
Finalement la Candidature d’unité populaire (CUP) un groupe anticapitaliste ultra-séparatiste, a décidé à la dernière minute qu’elle ne soutiendrait pas un candidat jugé trop proche de la vielle garde nationaliste catalane et de son chef historique, Jordi Pujol, éclaboussés par de nombreuses affaires de corruption.
Se sachant vaincu d’avance, Jordi Turull a lancé sans grande conviction des appels au dialogue avec Madrid lors d’un discours morne où il n’a parlé ni d’indépendance ni de république. Sa candidature a été rejetée par 64 voix contre 65, toutes celles de l’opposition, droite et gauche confondues. Un deuxième tour, purement symbolique, devait se tenir au Parlement, samedi 24 mars.
Puigdemont s’estime incontournable
C’est la CUP qui, en janvier 2016, avait permis l’investiture de Carles Puigdemont, alors maire de Gérone, pour couler la candidature du nationaliste conservateur Artur Mas. C’est elle qui semble maintenant enterrer, au nom d’une république catalane indépendante, les espoirs de deux grandes formations séparatistes, car elles ne demandent plus ouvertement la rupture unilatérale avec Madrid, soucieuses de ne pas risquer d’aggraver les poursuites judiciaires contre leurs responsables.
Sans le soutien de la CUP, qui dispose des quatre voix leur assurant la majorité absolue (70 députés sur 135), Junts Per Catalunya et la Gauche Républicaine, ne disposent que de 66 voix ; 64 en réalité car ni Carles Puigdemont ni l’un de ses anciens conseillers, Toni Comin, qui s’est aussi enfui en Belgique, n’ont renoncé à leur siège de député ; le faire redonnerait un certain avantage aux sécessionnistes mais M. Puigdemont risquerait alors de perdre la main mise sur un processus où il s’estime incontournable.
Les indépendantistes n’ont plus que deux mois pour essayer de trouver un nouveau candidat. Selon le calendrier parlementaire, si d’ici au 22 mai la Catalogne n’a toujours pas de président, de nouvelles élections devront être convoquées en juillet. L’autonomie de la région restera suspendue tant qu’il n’y aura pas de gouvernement.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Au-delà des déclarations de solidarité avec le Royaume-Uni, la France n’exclut pas de se joindre aux pays, comme le Danemark et l’Irlande, soucieux de répondre concrètement à l’empoisonnement de l’espion Sergueï Skripal.
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Des Etats européens examinent la possibilité de représailles supplémentaires contre la Russie

Au-delà des déclarations de solidarité avec le Royaume-Uni, la France n’exclut pas de se joindre aux pays, comme le Danemark et l’Irlande, soucieux de répondre concrètement à l’empoisonnement de l’espion Sergueï Skripal.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 17h44
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 18h17
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Des pays membres de l’Union européenne devraient adopter, lundi 26 mars, des mesures supplémentaires à l’égard de la Russie pour son implication « hautement probable » dans l’empoisonnement de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal sur le territoire britannique. Combien de pays ? « Plus qu’un, mais la réponse est prématurée », a expliqué Donald Tusk, le président du Conseil, à la fin du sommet qui réunissait, vendredi 23 mars, à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement européens.
Quelles mesures ? « Additionnelles et concertées », ont expliqué plusieurs chefs d’Etat en célébrant la « démonstration d’unité » affichée, selon eux, la veille. À l’issue de plusieurs d’heures d’une discussion particulièrement brouillonne, selon des témoins, ils ont apporté leur soutien à la position de la première ministre britannique et décidé de rappeler, « pour consultation », l’ambassadeur de l’Union européenne à Moscou.
La surprise Orban
C’est Viktor Orban, le premier ministre hongrois, qui a introduit cette option dans le débat, créant une certaine surprise. Elle a fini par faire l’unanimité, malgré les réticences de la haute représentante Federica Mogherini et du président de la Commission, Jean-Claude Juncker. Ce dernier défend l’idée d’un dialogue avec Moscou en vue d’assurer la sécurité du continent. « Ce que j’ai dit n’a pas été contesté, expliquait-il vendredi. Nous avons besoin d’un canal ouvert pour discuter avec la Russie ».

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Certains Etats membres jugent cependant que le moment n’est pas propice au débat. Le Danemark, la République tchèque et l’Irlande font partie de ceux qui se disent prêts à prendre des mesures supplémentaires rapidement. A savoir, probablement, le rappel – temporaire ou prolongé – de leur ambassadeur, voire l’expulsion de diplomates, évoquée notamment par la présidente lituanienne Dalia Grybauskaité.
D’autres – Pays-Bas, Belgique, Italie – parlent de la nécessité de plus longues discussions et de ne pas rompre avec Moscou. La Grèce veut attendre le résultat définitif de l’enquête sur l’usage et l’origine du produit qui a empoisonné M. Skripal et sa fille.
Entretien téléphonique Macron-Poutine
Au cours d’une conférence de presse commune avec la chancelière allemande Angela Merkel, Emmanuel Macron a estimé, quant à lui, que l’affaire de Salisbury constituait « une atteinte à la souveraineté européenne ». Les deux dirigeants ont annoncé des décisions rapides. M. Macron n’a toutefois pas parlé du rappel de l’ambassadeur de France à Moscou, rumeur qui circulait à Bruxelles vendredi.
Le chef de l’Etat français a évoqué l’affaire de Salisbury avec Vladimir Poutine, au cours d’une conversation téléphonique, lundi 19 mars. Les deux hommes ont aussi discuté de la Syrie et de l’avenir des accords de Minsk, censés organiser un cessez-le-feu en Ukraine. Paris espère, enfin, favoriser une action collective de l’UE pour condamner l’usage des armes chimiques.

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La fermeté du ton adopté par les Européens, contrastant avec la division affichée lundi 19 mars par les ministres des affaires étrangères, a manifestement beaucoup agacé Moscou, où l’on accuse le Royaume-Uni de pousser ses alliés européens à la confrontation. Depuis le Vietnam, où il effectue une visite officielle, le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov a estimé que Londres a pris « le cap pour rendre la crise avec la Russie la plus profonde possible ». « Tout cela n’est qu’une provocation », a ajouté le ministre. Quant à l’UE, estime le ministère russe des affaires étrangères, elle devrait plutôt « encourager ses partenaires britanniques à commencer des consultations constructives » avec Moscou.

Moscou accuse Londres de pousser ses alliés européens à la « confrontation »
La Russie a accusé, vendredi 23 mars, le Royaume-Uni de pousser ses alliés européens à la confrontation. Les autorités britanniques « cherchent fiévreusement à forcer leurs alliés à prendre des mesures visant à la confrontation » avec Moscou, a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, en visite à Hanoï.
Le ministère russe des affaires étrangères a réagi en appelant l’Union européenne à « encourager plutôt ses partenaires britanniques à entamer des consultations constructives » avec la Russie, et réitéré sa volonté de coopérer avec Londres dans le cadre de cette affaire.
« Tout cela n’est qu’une provocation », a jugé M. Lavrov, alors que la Russie se plaint de n’avoir toujours pas accès à la citoyenne russe Ioulia Skripal, hospitalisée avec son père « dans un état critique mais stable », selon Londres, ni aux échantillons de la substance utilisée selon les autorités britanniques pour l’empoisonnement.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’érosion continue de la vie sauvage met en danger les conditions de vie des populations, alertent les experts mondiaux de l’IPBES, le « GIEC de la biodiversité ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/03/2018
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Le déclin massif de la biodiversité menace l’humanité

L’érosion continue de la vie sauvage met en danger les conditions de vie des populations, alertent les experts mondiaux de l’IPBES, le « GIEC de la biodiversité ».



Le Monde
 |    23.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 10h22
    |

            Audrey Garric et 
Pierre Le Hir








                        



surexploitation ressources naturelles
   surexploitation ressources naturelles



Partout sur la planète, le déclin de la biodiversité se poursuit, « réduisant considérablement la capacité de la nature à contribuer au bien-être des populations ». Ne pas agir pour stopper et inverser ce processus, c’est mettre en péril « non seulement l’avenir que nous voulons, mais aussi les vies que nous menons actuellement ». Tel est le message d’alerte délivré par la Plate-Forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), réunie du 17 au 24 mars à Medellin (Colombie), pour sa 6e session plénière.
Créée en 2012 sous la tutelle des Nations unies et rassemblant aujourd’hui 129 Etats, cette structure est qualifiée de « GIEC de la biodiversité », en référence au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Sa mission est d’établir régulièrement la synthèse des connaissances disponibles sur la biodiversité (la variété des formes de vie sur la Terre), sur les impacts de son érosion et sur les pistes d’action possibles pour la préserver.
Elle livre le résultat d’un travail colossal, qui s’est étalé sur trois années. L’IPBES a divisé le globe en quatre régions : l’Afrique, les Amériques, l’Asie-Pacifique et l’Europe-Asie centrale – à l’exception, donc, des pôles et des océans. Chacune a fait l’objet d’un rapport de 800 à 1 000 pages, réalisé par plus de 550 experts bénévoles de 100 pays, à partir de plus de 10 000 publications scientifiques, mais aussi de sources gouvernementales ou non gouvernementales, ou encore de savoirs autochtones.
Pour chaque zone géographique, cette analyse est synthétisée dans un « résumé à l’intention des décideurs » d’une quarantaine de pages, négocié mot à mot et voté par les représentants des Etats membres. C’est ce document, qui constitue une sorte de consensus politique, qui doit servir de base à l’action des gouvernements, même s’il n’a pas de valeur contraignante.

   


« Au cœur de notre survie »
« La biodiversité et les contributions apportées par la nature aux populations semblent, pour beaucoup, éloignées de nos vies quotidiennes. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité, observe le président de l’IPBES, le Britannique Robert Watson. Elles sont le socle de notre alimentation, de notre eau pure et de notre énergie. Elles sont au cœur non seulement de notre survie, mais aussi de nos cultures, de nos identités et de notre joie de vivre. »
On pourra juger restrictive cette approche, qui envisage la nature à l’aune des seuls services qu’elle rend à l’humanité, sans considérer que la survie des espèces animales et végétales est en elle-même précieuse. Mais l’objet des quatre rapports est de sensibiliser l’opinion et les décideurs à une chute de la biodiversité qui « met en danger les économies, les moyens d’existence, la sécurité alimentaire et la qualité de vie des populations partout dans le monde ». Aucune des régions étudiées n’échappe à une régression spectaculaire de sa faune et de sa flore, avec des projections alarmantes.
Afrique
« L’Afrique est le dernier endroit sur Terre avec un large éventail de grands mammifères, mais jamais par le passé il n’y a eu autant de plantes, poissons, amphibiens, reptiles, oiseaux et grands mammifères menacés qu’aujourd’hui, par une série de causes humaines et naturelles », note la chercheuse sud-africaine Emma Archer. Quelque 500 000 km2 de terres sont déjà dégradées du fait de la déforestation, de l’agriculture non durable, du surpâturage, des activités minières, des espèces invasives ou du réchauffement.
Cela, alors qu’en zone rurale la subsistance de plus de 62 % des habitants dépend de la bonne santé des milieux naturels et que la population du continent est appelée à doubler d’ici à 2050, pour atteindre 2,5 milliards de personnes. Le défi est immense : à la fin du siècle, certaines espèces de mammifères et d’oiseaux pourraient avoir perdu plus de la moitié de leurs effectifs, et la productivité des lacs (en poissons) avoir baissé de 20 % à 30 %, en raison du dérèglement climatique.
Asie-Pacifique
En Asie-Pacifique, la biodiversité est confrontée à des menaces sans précédent, allant des phénomènes météorologiques extrêmes et de l’élévation du niveau de la mer aux espèces exotiques envahissantes, à l’intensification de l’agriculture, à la surpêche et à l’augmentation des déchets et de la pollution. Malgré quelques succès pour protéger ces écosystèmes vitaux – les aires marines protégées ont augmenté de 14 % en vingt-cinq ans et le couvert forestier a progressé de 23 % en Asie du Nord-Est –, les experts craignent qu’ils ne suffisent pas à enrayer le déclin de la biodiversité et des services que retirent les 4,5 milliards d’humains qui vivent dans ces pays.
Aujourd’hui, 60 % des prairies d’Asie sont dégradées, près de 25 % des espèces endémiques sont menacées et 80 % des rivières les plus polluées par les déchets plastiques dans le monde se trouvent dans cette zone. Si les pratiques de pêche se poursuivent au même rythme, la région ne comptera plus de stocks de poissons exploitables d’ici à 2048. Jusqu’à 90 % des coraux souffriront d’une grave dégradation avant le milieu du siècle.

   


Amériques
Sur le continent américain aussi, l’impact du dérèglement climatique sur la biodiversité va s’intensifier d’ici au milieu du siècle, devenant un facteur de déclin aussi puissant que le changement d’affectation des terres. Les populations d’espèces indigènes ont décru de 31 % depuis la colonisation par les Européens, et ce taux pourrait monter à 40 % au milieu du siècle. Par rapport à leur état originel, plus de 95 % des prairies d’herbes hautes d’Amérique du Nord, 50 % de la savane tropicale et 17 % de la forêt amazonienne en Amérique du Sud ont été transformés en des paysages dominés par l’homme.
Les auteurs notent que, jusqu’ici, « les peuples autochtones et les communautés locales ont créé une diversité de systèmes de polyculture et d’agroforesterie » qui ont bénéficié à la biodiversité. Mais ces savoirs locaux sont eux aussi en voie d’extinction.
Europe-Asie centrale
Enfin, en Europe et Asie centrale, la situation n’est guère meilleure : 42 % des animaux terrestres et des plantes ont enregistré un déclin de leurs populations au cours de la dernière décennie, de même que 71 % des poissons et 60 % des amphibiens.
La première cause de cette hécatombe réside dans l’intensification de l’agriculture et de l’exploitation forestière, et particulièrement dans l’usage excessif de produits agrochimiques (pesticides, engrais). Résultat : la région consomme plus de ressources naturelles renouvelables qu’elle n’en produit, l’obligeant à en importer massivement d’autres zones du monde. Le rapport souligne aussi le rôle du changement climatique, qui sera l’un des principaux fléaux pesant sur la biodiversité d’Europe et d’Asie centrale dans les prochaines décennies.

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Ces quatre rapports confirment que la Terre est en train de subir sa sixième extinction de masse : selon les scientifiques, les disparitions d’espèces ont été multipliées par 100 depuis 1900, soit un rythme sans équivalent depuis l’extinction des dinosaures il y a 66 millions d’années. Mardi 20 mars, une étude du Muséum national d’histoire naturelle et du Centre national de la recherche scientifique alertait sur la « disparition massive » des oiseaux dans les campagnes françaises – leurs populations se sont effondrées d’un tiers en quinze ans – tandis que, fin 2017, des chercheurs montraient que le nombre d’insectes volants a décliné de 75 % à 80 % en Allemagne depuis le début des années 1990.

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Développer les aires protégées
N’y a-t-il donc aucun espoir ? Les scientifiques veulent croire qu’il est encore possible d’agir pour enrayer ce déclin. Ils appellent, pêle-mêle, à développer les aires protégées, à restaurer les écosystèmes dégradés (notamment les forêts), à limiter les subventions à l’agriculture et à l’exploitation forestière intensives, à intégrer la protection de la biodiversité dans toutes les politiques publiques, à sensibiliser davantage le grand public ou encore à poursuivre les efforts de conservation. En Europe, ces politiques ont par exemple conduit à sauver d’une extinction locale les populations de bisons ou de lynx ibériques, et à réhabiliter les régions boisées des Açores, de Madère et des Canaries.
« Pour la première fois, en Europe, nous indiquons qu’il faut une transformation plus radicale des modes de vie et de consommation, sans quoi nous n’atteindrons pas les objectifs de développement durable et de protection de la biodiversité », souligne Sandra Lavorel, écologue des écosystèmes (université de Grenoble), qui a participé à la rédaction du rapport. « L’un des chapitres importants de notre travail est celui de la gouvernance. La question de la biodiversité doit être prise en charge à tous les échelons, Etats, communautés, citoyens », complète Jérôme Chave, écologue au CNRS, qui a contribué à la synthèse sur les Amériques.
Un cinquième rapport sera publié lundi 26 mars, sur l’état des sols du monde, de plus en plus dégradés par la pollution, la déforestation, l’exploitation minière et les pratiques agricoles. Enfin, lors de sa prochaine réunion plénière en mai 2019, l’IPBES produira son bilan mondial de la biodiversité et non plus des analyses régionales. Une session que la France a proposé d’accueillir.

Conflits d’intérêts sur les pollinisateurs
L’IPBES a produit un premier rapport en 2016 sur la pollinisation, dont la publication avait été entachée de doutes. Deux de ses chapitres-clés étaient en effet sous la responsabilité de scientifiques salariés de Bayer et Syngenta, les deux principaux producteurs d’insecticides dits « néonicotinoïdes », fortement suspectés de décimer les populations d’abeilles, bourdons, papillons.

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Tous les experts doivent remplir un formulaire détaillant leurs liens d’intérêts, mais ces déclarations ne sont pas rendues publiques. De même, le financement du budget de la plateforme, qui s’élève à 5 millions de dollars (4 millions d’euros) en 2018, n’est pas connu dans le détail. Une vingtaine d’Etats y participent, en premier lieu l’Allemagne, la Norvège, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la France.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est prévue pour le 29 mars 2019. Les négociateurs sont loin d’avoir bouclé les modalités de la rupture.
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Un an avant la date fatidique, où en est-on du Brexit ?

La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est prévue pour le 29 mars 2019. Les négociateurs sont loin d’avoir bouclé les modalités de la rupture.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 12h44
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 14h52
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Les dirigeants des Vingt-Sept ont adopté, vendredi 23 mars à Bruxelles, leurs « lignes de négociation » pour la relation future avec Londres. Un peu plus tôt, ils avaient accordé à la première ministre britannique, Theresa May, la « période de transition » qu’elle réclamait ardemment depuis des mois. Ces avancées sont importantes, mais à un an du « D-Day » du Brexit, le 29 mars 2019, beaucoup reste encore à faire afin d’éviter une rupture trop brutale entre le Royaume-Uni et le continent.
Où en est-on dans le divorce ?
Le 29 mars 2019 à minuit, le Royaume-Uni sera formellement sorti de l’Union européenne, conformément au vote de 51,9 % des électeurs britanniques lors du référendum du 23 juin 2016. La procédure de retrait, décrite par l’article 50 du traité de Lisbonne, prévoit que les liens juridiques sont rompus deux ans après que l’Etat sortant a notifié sa décision. C’est ce que la première ministre Theresa May a fait, le 29 mars 2017.
Après avoir fixé les modalités du divorce, Européens et Britanniques doivent désormais ouvrir les pourparlers au sujet de leur « relation future ». Il s’agit entre autres de négocier un traité de libre échange, et des accords de coopération en matière de défense, de sécurité, ou de recherche. Londres et Bruxelles visent un compromis définitif en octobre, pour donner le temps aux Parlements – Westminster et le Parlement européen en premier lieu, ceux des Vingt-Sept éventuellement – de se prononcer avant le 29 mars 2019. A ce jour, Mme May entend toujours sortir son pays du marché intérieur et de l’union douanière constitués avec ses voisins européens, mais ne parle plus d’un « Brexit dur ».
L’enjeu est d’importance : une rupture brutale au « Jour-J » reviendrait, comme disent les Britanniques, à « sauter de la falaise ». Elle risque d’être catastrophique pour l’économie du Royaume-Uni, dont 45 % des exportations vont vers l’UE, et grave aussi pour celle de l’Europe continentale (17 % des exportations vers le Royaume-Uni), surtout si elle impliquait l’imposition de droits de douane. Un tel scénario serait aussi dramatique dans d’innombrables domaines, de la sécurité jusqu’à l’environnement en passant par l’aviation et l’énergie nucléaire, puisque cesseraient alors de s’appliquer les règles communes et les systèmes d’échange d’information.
Qu’est-ce que la période de transition ?
Pour éviter le « saut de la falaise », Londres a donc demandé et obtenu une période de transition (que Mme May préfère appeler « période de mise en œuvre ») qui doit durer vingt et un mois, entre le 30 mars 2019 et le 31 décembre 2020. Pendant cette période, le Royaume-Uni, devenu un pays tiers, restera soumis aux règles européennes, sans pouvoir plus peser sur les décisions communes.
Les modalités de la période de transition ne sont d’ailleurs pas totalement acquises. Elles sont destinées à être incluses dans le traité consacrant la rupture, en cours de négociation, qui doit être approuvé par le Parlement de Westminster et par le Parlement européen. A Westminster, il est peu probable – mais possible – que ce traité soit rejeté par une alliance entre le Labour et les « rebelles » conservateurs proeuropéens. Les ultra-brexiters menacent également de voter contre si la période de transition transforme le pays en « Etat vassal » de l’UE. Le feu vert du Parlement européen n’est pas non plus certain : celui-ci sera particulièrement sensible au sort des expatriés européens et à celui de l’Irlande.
Dès juin, un premier vote aux Communes sur une loi sur le commerce donnera le ton. Le Labour et les conservateurs « rebelles » pourraient voter de concert un amendement favorable au maintien du pays dans une union douanière européenne, ce que refuse Mme May. S’ils le font, la première ministre pourrait être mise en minorité. Les proeuropéens espèrent que cette crise débouche sur un second référendum. Mais l’opinion publique britannique, si elle penche désormais légèrement contre le Brexit, n’a pas changé notablement et le résultat d’une telle consultation, elle-même hypothétique, apparaît aléatoire.

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Qu’est-ce qui est déjà réellement agréé ?
Au-delà de la période de transition, tant que tous les détails n’ont pas été agréés, rien n’est définitivement acquis. Mais des accords politiques ont été trouvés sur des points essentiels, et, pour la plupart, Londres a dû s’aligner sur les exigences des Vingt-Sept. Le sort des expatriés, par exemple : avec leur famille, ils pourront continuer à bénéficier de tous leurs droits de résidence après le Brexit. Idem pour les expatriés européens arrivés durant la période de transition.
Les Britanniques ont aussi accepté de s’acquitter de toutes leurs obligations dans le cadre du budget de l’Union, y compris après la date du Brexit. lls se sont aussi engagés à continuer à prendre leur part du paiement des retraites des fonctionnaires européens. Le « chèque » de retrait pourrait atteindre entre 40 et 50 milliards d’euros.
Enfin, le Royaume-Uni a aussi admis que la relation future prendrait la forme d’un accord de libre-échange. Pas question, pour les Européens, d’octroyer une « relation spéciale » au pays, qui lui ménagerait un accès à son marché intérieur, sans qu’il n’en respecte plus les règles.
Quels droits pour les expatriés européens et britanniques après le Brexit ?
Rien ne changera donc en termes de droits, ni pour les continentaux expatriés au Royaume-Uni, ni pour les Britanniques installés sur le continent pendant la période de transition, soit entre le 30 mars 2019 et le 31 décembre 2020. Les Européens ayant l’intention de séjourner plus de trois mois au Royaume-Uni et arrivant pendant cette période devront toutefois s’enregistrer auprès du Home Office (ministère de l’intérieur). Une concession de taille de la part du Royaume-Uni, quand on se souvient que la campagne des partisans du Brexit, en 2016, a surtout consisté à dénoncer l’arrivée massive de citoyens européens, Polonais en tête, depuis l’élargissement de l’UE.
La règle générale est que les continentaux arrivés au Royaume-Uni avant le 30 mars 2019 et y ayant vécu « de façon continue et légale » pendant cinq ans pourront obtenir un statut de résident permanent, à durée illimitée. Comme aujourd’hui en tant que citoyens européens, les expatriés auront le droit aux prestations sociales britanniques et pourront demander la nationalité britannique.
Les personnes arrivées avant le 30 mars 2019 mais n’ayant pas vécu déjà cinq ans dans le pays auront le droit de rester jusqu’à ce qu’ils aient atteint ces cinq ans de résidence et puissent demander le statut de résident. Les proches (époux et partenaires, enfants et petits-enfants) pourront les rejoindre si leur lien est antérieur au 30 mars 2019. Alors que la procédure d’obtention du statut de résident permanent relève aujourd’hui du casse-tête, le gouvernement britannique promet un nouveau processus en ligne « simplifié, rapide et convivial ».
Mais selon la campagne « The 3 million », qui défend les trois millions d’Européens installés au Royaume-Uni, 10 % des intéressés pourraient en être exclus et perdre leurs droits aujourd’hui acquis sans démarche dans le cadre de l’UE, soit que leur dossier soit rejeté, soit qu’ils omettent d’en déposer un. A l’en croire, le flou entoure le statut des personnes pendant le temps d’attente des cinq années de résidence. Le cas des personnes au chômage, parents au foyer ou handicapés non couvertes par une assurance santé privée (Comprehensive Sickness Insurance, ou CSI) inquiète aussi l’association, car ils pourraient être privés d’accès au service de santé public. Quant au type de contrôle frontalier qui sera en vigueur à partir de 2021, une fois passée la « transition », il reste à négocier, et demeure donc dans le flou.

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Quid du casse-tête irlandais ?
Sans cesse débattue, jamais résolue, la question de la frontière entre les deux Irlandes menace de faire capoter toute la négociation sur le Brexit. Le Brexit va faire de cette frontière disparue depuis l’accord de paix de 1998 une frontière extérieure de l’Union européenne. Mais y réinstaller des postes frontières reviendrait à recréer autant de cibles pour les groupuscules terroristes résiduels et menacerait la paix. Londres prétend que des innovations technologiques permettent de contrôler les échanges commerciaux (reconnaissance des plaques d’immatriculation, drones) sans aucune installation visible. L’UE remarque qu’aucune frontière dans le monde n’a réalisé une telle prouesse, qui relève de la « pensée magique ».
Les Vingt-Sept souhaiteraient que l’Irlande du Nord – province du Royaume-Uni – s’aligne sur la réglementation européenne pour éviter les contrôles. Mais cette solution, qui conduirait à instaurer des contrôles entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne, relève de l’anathème pour le Parti démocratique unioniste (DUP), qui défend le Brexit (rejeté par 56 % des Irlandais du Nord). Or, il se trouve que Theresa May est tributaire de ce petit parti, dont les dix députés à Westminster lui fournissent l’appoint indispensable à sa majorité au Parlement.
Un premier accord entre Londres et les Vingt-Sept, signé en décembre 2017, envisage trois options, sans trancher : reporter la question au futur traité de libre-échange entre l’UE et le Royaume-Uni (option A), accepter une solution technologique proposée par Londres (option B) ou « aligner totalement » l’Irlande du Nord sur les règles européennes. L’accord sur la « période de transition » confirme que faute d’accord sur les options A et B, l’option C s’appliquera. Or, c’est celle dont Theresa May a dit qu’« aucun premier ministre britannique ne pourrait l’accepter ».
Quels sont les sujets de contentieux sur la relation future ?
La discussion sur la relation future n’a pas formellement commencé à Bruxelles. Le mandat obtenu vendredi 23 mars par Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE, précise que Bruxelles veut négocier un traité de libre-échange avec Londres, avec des droits de douane nuls pour les marchandises transitant entre le Royaume-Uni et les Vingt-Sept.
Pour ce qui est des services financiers, une question clé pour les Britanniques, soucieux de défendre les intérêts de la City, les Européens veulent imposer un système d’équivalences permettant aux établissements financiers britanniques d’avoir un large accès aux places continentales. Mais ces accès seraient révocables à tout moment, et unilatéralement, par Bruxelles.
En ce qui concerne la gouvernance, Bruxelles et Londres doivent encore mettre en place des mécanismes pour trancher leurs différents futurs, ou pour vérifier que leur accord sera bien respecté. La Cour de justice de l’UE aura t-elle le dernier mot ? Il n’en est pas question pour Londres. Doit-on adopter un système de règlement des différends, doté de juges indépendants, ou moitié européens, moitié britanniques ? Les négociateurs ont encore du pain sur la planche.



                            


                        

                        

