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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Plusieurs centaines de personnes ont assisté, dimanche, à une messe en l’honneur des victimes de l’attentat de vendredi.
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A Trèbes, l’hommage aux victimes des attaques : « On est avec eux par le cœur et les sentiments »

Plusieurs centaines de personnes ont assisté, dimanche, à une messe en l’honneur des victimes de l’attentat de vendredi.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 16h19
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 18h09
    |

            Yann Bouchez (envoyé spécial)








                        



   


Ils sont nombreux à ne pas avoir pu entrer. Alors, en ce dimanche matin, quelque 200 personnes restent dehors, mélangées aux journalistes, dans cette rue dont le nom – « du 14-Juillet » – semble donner une résonance nationale à l’atmosphère de deuil. Deux jours après l’attentat commis dans cette commune de la banlieue de Carcassonne, la petite église Saint-Etienne de Trèbes (Aude) est pleine à craquer. Il a fallu se serrer sous la nef. Et, malgré les efforts de chacun et les médias restés à l’extérieur, la capacité de 350 places s’est révélée insuffisante.
« Nous découvrons d’un seul coup notre précarité, mais ces événements ont aussi soudé les gens », a commenté l’archevêque du diocèse de Carcassonne et Narbonne, Mgr Alain Planet, avant le début de la cérémonie. « Ils ont aussi été l’occasion de voir un geste exceptionnel de dévouement, a-t-il poursuivi, en référence au lieutenant-colonel Beltrame, qui s’est substitué à la dernière otage de l’assaillant du Super U de Trèbes, vendredi. La France tout entière a été marquée par ce geste, comme la communauté chrétienne, puisque Arnaud Beltrame en était membre. Ce geste a un sens particulier en début de semaine sainte. »

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En ce dimanche des Rameaux, qui voit des fidèles tenir une branche d’olivier à la main, l’émotion était contenue, silencieuse, comme si réaliser l’ampleur du drame de vendredi restait difficile. Trébéens de naissance et habitants de la région étaient là par « solidarité », pour montrer leur « soutien » aux familles des quatre personnes mortes – Jean Mazières, Christian Medves, Hervé Sosna et Arnaud Beltrame – et de la quinzaine de blessés qui ont croisé l’itinéraire sanglant de Radouane Lakdim. « Même si on ne peut pas savoir ce que cela fait de perdre un membre de sa famille dans ces circonstances, on est là pour dire qu’on est avec eux par le cœur et les sentiments », résumait Michel Gaillard, un retraité de la ville.

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La cérémonie s’est tenue sous un imposant dispositif sécuritaire. Dès le début de la matinée, la commune était quadrillée par des dizaines de CRS. A l’entrée de chacune des petites rues donnant accès à l’église, on apercevait des policiers lourdement armés. Le préfet de l’Aude, Alain Thirion, ainsi que le maire de Trèbes, Eric Ménassi, et son épouse, Samia, par ailleurs directrice du Super U, figuraient parmi les personnalités présentes.

   


Avant d’entrer dans le lieu de culte, les habitués de la messe ont côtoyé ceux qui sont venus « par devoir », ou tout simplement parce que c’était pour eux « une évidence ». « J’ai vécu beaucoup de choses, mais c’est triste d’en arriver là, dans une ville comme ici, très mélangée, avec des Arabes, des Gitans… », disait Gisèle Hieramente, une retraitée aux petites lunettes rouges et aux cheveux courts et blancs. Depuis qu’elle s’est installée à Trèbes, il y a quelques mois, elle vient à la messe « tous les dimanches ». « Ici il y a de la pauvreté, c’est une petite ville qui a du mal à émerger », explique-t-elle pour remettre en contexte le choc subi par cette commune à l’est de Carcassonne. « On est un petit village, ce qui est arrivé est exceptionnel, incroyable », confirmait Michel Gaillard, la soixantaine, venu avec son épouse « par amitié, par connaissance ».
A l’image de Danielle Testa, une autre retraitée présente et qui « connaît la directrice du Super U », la plupart des 5 500 habitants de Trèbes se sont dit qu’ils auraient pu être dans le supermarché au moment de l’attaque meurtrière. Pourtant, jusqu’à récemment, beaucoup n’imaginaient pas qu’une commune rurale puisse être l’objet d’un tel événement dramatique. « Tous les gens se disent : ç’aurait pu nous arriver à nous. Ils sont choqués, tristes et solidaires avec ceux qui souffrent », résumait le curé de la paroisse, Philippe Guitart. Avant de prévenir : « Il faut éviter tout amalgame, aider les gens à vivre ensemble, pas malgré les différences mais avec les différences. Cette semaine va être remplie de tristesse mais aussi d’espoir, et c’est ce que nous célébrons aujourd’hui. »
Avec Mgr Planet, le curé a tenu à souligner la présence des fidèles de la mosquée Salam de Carcassonne, comme une illustration de cette volonté de rassemblement. Parmi la foule restée à l’extérieur figuraient une vingtaine de membres de l’association culturelle de l’Aiguille, un quartier populaire de Trèbes jouxtant le Super U. « En tant que citoyens français, pour nous, c’était une évidence d’être ici, pour montrer notre solidarité, a expliqué Mourad El Bitaoui, le président de l’association, après la cérémonie qu’il a écoutée grâce à des haut-parleurs installés pour la foule. Et puis, en tant que citoyen musulman, avec tout ce qui se dit déjà et ce qui va se dire, c’était important de montrer notre soutien et de partager la peine et le deuil des familles présentes aujourd’hui. »

   


L’assaillant du Super U ayant été présenté « en relation avec la mouvance islamiste radicale », M. El Bitaoui craint les amalgames. Des musulmans de la cité de l’Aiguille qui ont travaillé pour l’enseigne, à un moment ou un autre, il y en a beaucoup. « Bien sûr que nous condamnons avec la plus grande fermeté, nous désavouons et nous nous désolidarisons de tout ce qui a pu se faire vendredi 23 mars et lors des autres attaques par le passé, dit-il. On le répète et on ne cessera de le dire : l’islam que nous prônons et que nous défendons n’a rien à voir avec ce qui a pu se faire. C’est évident, ça devient fatigant de le répéter, mais même s’il faut faire un million de fois, on le fera. Ce genre de personnes, je les qualifie plus de fous, d’aliénés, d’assassins que d’islamistes. »

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« On est des musulmans audois, tout ce qui arrive dans l’Aude nous concerne et nous peine », ajoute à ses côtés Mohammed El Habchi, président du regroupement des associations islamiques de l’Aude. Lui a parcouru plus de 60 kilomètres, depuis Quillan, à une soixantaine de kilomètres de là, dans le sud du département.
Puis, sur les coups de midi, la foule s’est dispersée, l’église s’est vidée. Quelques proches des victimes se sont enlacés, submergés par l’émotion. Pour la première fois de la journée, des sanglots et des cris de tristesse ont résonné sous un ciel gris, devant l’église. Une « marche pour la paix » devrait avoir lieu, probablement samedi 31 mars, à Carcassonne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Visé par un mandat d’arrêt européen, le leadeur indépendantiste s’était réfugié en Belgique à la fin d’octobre pour échapper aux poursuites de la justice espagnole.
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Catalogne : Carles Puigdemont arrêté par la police allemande, des milliers de personnes manifestent

Visé par un mandat d’arrêt européen, le leadeur indépendantiste s’était réfugié en Belgique à la fin d’octobre pour échapper aux poursuites de la justice espagnole.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 13h03
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 17h55
   





                        



   


C’est la fin d’une longue poursuite. Cinq mois après avoir fui son pays, l’ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont, sous le coup d’un mandat d’arrêt européen lancé par l’Espagne, a été arrêté dimanche 25 mars par la police allemande près de la frontière avec le Danemark. Il sera présenté lundi à un juge en Allemagne, a annoncé le parquet.
« Cette comparution n’aura pour but que de vérifier l’identité de la personne arrêtée. Le tribunal régional du Schleswig-Holstein à Schleswig aura ensuite à décider si Monsieur Puigdemont doit être placé en détention en vue d’une remise » à l’Espagne, a fait savoir le parquet dans un communiqué
En réaction à cette arrestation, des milliers de manifestants se sont rassemblés dimanche après-midi à Barcelone à l’appel des séparatistes catalans. Brandissant des drapeaux indépendantistes, ils se sont retrouvés sur les Ramblas et se dirigent vers la délégation de la Commission européenne en criant : « Liberté pour les prisonniers politiques » ou « Puigdemont, notre président ».
Le dirigeant indépendantiste « a été arrêté aujourd’hui à 11 h 19 par la police autoroutière du Schleswig-Holstein », a déclaré un porte-parole de la police allemande. « Il est maintenant sous la garde de la police », a-t-il ajouté, précisant avoir agi dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen.
Cette arrestation a été confirmée par la porte-parole du parti de M. Puigdemont, Anna Grabalosa : « Cela s’est passé au moment où il franchissait la frontière germano-danoise. Il a été bien traité et ses avocats sont là-bas. C’est tout ce que je peux dire. »  Carles Puigdemont s’était réfugié à Bruxelles fin octobre 2017, anticipant des poursuites pour « rébellion » et « sédition » déclenchées par la justice espagnole à la suite de la tentative ratée de sécession de la Catalogne l’automne dernier.
Infraction passible de trente ans de prison
M. Puigdemont a été arrêté deux jours après que le juge de la Cour suprême espagnole, Pablo Llarena, eut confirmé des poursuites pour « rébellion » contre 13 indépendantistes catalans, dont Carles Puigdemont, et émis ou réactivé des mandats d’arrêt européens et internationaux contre six dirigeants indépendantistes catalans partis à l’étranger.

        Lire le récit:
         

          La justice espagnole assène un coup de massue à l’indépendantisme catalan



Cette infraction est passible de trente ans de prison. Le juge a notamment accusé M. Puigdemont d’avoir organisé le référendum d’autodétermination du 1er octobre malgré son interdiction et « le grave risque d’incidents violents ».
L’avocat de M. Puigdemont, Jaume Alonso Cuevillas, a précisé sur Twitter que son client avait été interpellé alors qu’il rentrait en Belgique après un séjour en Finlande. Il s’y était rendu jeudi et vendredi pour y rencontrer des parlementaires et participer à un séminaire à l’université d’Helsinki.
La police finlandaise avait fait savoir samedi qu’elle était prête à l’arrêter. Mais, dans la soirée, un député finlandais qui avait organisé sa visite dans le pays, Mikko Karna, a affirmé que le leadeur indépendantiste avait quitté le territoire dès vendredi soir pour la Belgique.
D’après plusieurs médias espagnols dont El Pais, les services secrets espagnols ont suivi M. Puigdemont depuis sa sortie – en ferry, puis en voiture – de Finlande, vendredi après-midi jusqu’à ce dimanche matin, en collaborant avec les autorités allemandes.
Auparavant, M. Puigdemont s’était déjà rendu au Danemark en janvier sans être inquiété, ainsi qu’en Suisse en mars.
Un chef d’accusation très controversé
Le juge Llarena reproche à l’ancien exécutif catalan d’avoir ignoré « les déclarations répétées d’inconstitutionnalité et de nullité », et évoqué particulièrement une manifestation tendue, dix jours avant le référendum interdit, où des milliers de militants séparatistes ont assiégé pendant plusieurs heures un bâtiment public où la garde civile menait une perquisition.
Le magistrat estime alors que les dirigeants catalans « savaient que ce type d’agissement était indispensable pour mener à bien un référendum interdit par les tribunaux, dont dépendait la déclaration d’indépendance ». Pour autant, le chef d’accusation de « rébellion » est très controversé, car il suppose un « soulèvement violent » qui, selon de nombreux juristes, ne s’est jamais produit.
Vendredi, le magistrat a également envoyé en détention préventive cinq indépendantistes dont Jordi Turull, candidat à la présidence de la Generalitat (exécutif catalan), plongeant encore un peu plus la Catalogne dans l’impasse politique. Vendredi soir, 37 personnes ont été légèrement blessées dans les rues de Barcelone lors de manifestations contre la décision du magistrat.
Après l’incarcération de M. Turull, le Parlement a ajourné la séance de désignation du nouveau chef de l’exécutif. C’est la troisième fois que les indépendantistes, qui disposent de la majorité absolue au Parlement, échouent à faire investir un nouveau président pour la Catalogne en raison de décisions de justice, après Carles Puigdemont et l’activiste Jordi Sanchez, incarcéré.

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S’ils n’y arrivent pas avant le 22 mai, de nouvelles élections seront automatiquement convoquées. Et tant qu’un président régional ne sera pas désigné, la Catalogne restera sous la tutelle de Madrid, qui a pris cette mesure après la déclaration d’indépendance mort-née du 27 octobre.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Lors du premier tour dimanche dernier, la participation au scrutin a été supérieure à 30 %, malgré les barrages et les appels au boycott.
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Les électeurs mahorais appelés aux urnes pour le second tour de la législative partielle

Lors du premier tour dimanche dernier, la participation au scrutin a été supérieure à 30 %, malgré les barrages et les appels au boycott.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 13h11
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 16h29
   





                        



   


Les électeurs mahorais sont appelés à voter pour le second tour de l’élection législative partielle dans la 1re circonscription de Mayotte, dimanche 25 mars, malgré les menaces de blocage et le mouvement de contestation qui paralyse l’île depuis cinq semaines.

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Les 73 bureaux de vote du département ont ouvert dimanche matin, pour certains avec un retard de parfois plus d’une heure, en raison de dégradations des entrées des bureaux de vote.
A Acoua (nord de l’île), « des portes condamnées ou des serrures endommagées » ont nécessité l’intervention de la gendarmerie, a indiqué la commune. A Koungou (nord de l’île), trois bureaux de vote ont été bloqués par « de la glu » et « de la ferraille soudée », a constaté la commune, qui a demandé le concours de la gendarmerie pour encadrer le déblocage des bureaux par les services municipaux, « des échanges assez vigoureux » s’étant tenus entre manifestants et équipe municipale dimanche matin.
Soutien du FN au candidat LR
Ce second tour de la législative partielle de la première circonscription oppose les mêmes candidats qu’en juin 2017, l’ex-députée Ramlati Ali, sans étiquette et soutenue par La République en marche, et Elad Chakrina (LR), qui a obtenu le soutien du Front national, soutien inédit dont Les Républicains se sont désolidarisés.
L’élection de Ramlati Ali, première femme mahoraise députée, avait été annulée le 19 janvier après un recours d’Elad Chakrina, le Conseil constitutionnel ayant considéré que, eu égard au « faible écart de voix » entre eux, « la sincérité du scrutin [avait] été altérée ».
Mme Ali a été mise en examen le 14 février pour complicité de fraude électorale dans une affaire de procurations litigieuses lors du précédent scrutin. Ayant fait appel de cette décision, elle se représente sans étiquette.
Premier tour marqué par une bonne participation
Au premier tour dimanche dernier, Mme Ali était arrivée en tête avec 36,15 % des voix, devant Elad Chakrina, qui a obtenu 32,59 % des suffrages.

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Les électeurs mahorais avaient déjoué tous les pronostics : alors que tout laissait craindre une très faible participation en raison du mouvement social qui paralyse le département depuis le 20 février et des appels au boycott lancés par certains collectifs, ils étaient 30,4 % à s’être déplacés aux urnes. Cela représentait certes 12 points de moins qu’au premier tour de l’élection législative de juin 2017. Mais, compte tenu des difficultés, voire de la course d’obstacles pour parvenir à déposer son bulletin dans l’urne, c’était un premier résultat significatif.

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Très clairement, une partie de la population mahoraise avait voulu, par ce geste électoral, marquer sa désapprobation de la poursuite du mouvement dans ses formes actuelles et de l’intransigeance de certains de ses représentants, même si elle avait pu le soutenir dans un premier temps, et aussi manifester son attachement à la République. Globalement, à part quelques incidents mineurs, le scrutin s’était tenu dans de bonnes conditions.

Mayotte : les élus annoncent la réouverture des services publics lundi
Le comité de coordination des élus de Mayotte a annoncé, dimanche 25 mars, que les services publics des collectivités, fermés en signe de ralliement au mouvement contre l’insécurité depuis le 5 mars, rouvriraient lundi. Le comité invite également dans un communiqué « les parents à envisager le retour des enfants dans les écoles » de Mayotte, où se déroule dimanche le second tour d’une élection législative partielle.
Cette décision fait suite à la décision jeudi d’Edouard Philippe de nommer dès lundi un délégué du gouvernement « pour élaborer en liaison étroite avec toutes les parties prenantes les propositions pour l’avenir du territoire ».
Les élus se félicitent aussi que des « actions concrètes de sécurisation du territoire et des opérations de lutte contre l’immigration clandestine [soient] déjà engagées sur le terrain par l’Etat ». « Dans ces conditions, les élus appellent la population, le collectif et l’intersyndicale à envisager la levée des barrages et la suspension du mouvement », indique encore le comité.
Une demande toutefois formellement refusée par l’intersyndicale, qui a répondu par voie de communiqué dimanche : « Vous nous demandez d’envisager la levée des barrages (…) alors que vous avez déjà décidé de vous désolidariser de nos actions. » Les leadeurs syndicaux ont prévenu : « En tout état de cause, nos barrages doivent rester en place et vos services devraient connaître des perturbations. »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Le Français Martin Fourcade a fini sa saison exceptionnelle avec un Grand Chelem, en plus de son septième globe de cristal d’affilée.
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Martin Fourcade, une domination sans partage sur le biathlon mondial

Le Français Martin Fourcade a fini sa saison exceptionnelle avec un Grand Chelem, en plus de son septième globe de cristal d’affilée.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 15h06
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 16h35
    |

                            Grégor Brandy








                        



   


Il ne lui manquait plus que ça pour clore avec brio sa saison. Martin Fourcade, n’est arrivé que 19e de la mass-start de Tioumen (Russie), ce dimanche, mais il en a cependant profité pour remporter son quatrième petit globe de cristal de la saison : un exploit qui lui permet de décrocher un nouveau Grand Chelem (victoires en individuelle, poursuite, sprint et mass start). Au classement général, il devance le Norvégien Johannes Boe, arrivé à la troisième place de la mass start de Tioumen, la dernière de la saison, remporté par le Russe Maxim Tsvetkov.

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Une saison impressionnante qui permet à Martin Fourcade d’accrocher de nouveaux records, d’améliorer ceux qu’il détenait déjà et de se rapprocher dangereusement d’autres.
7 globes de cristal
On le savait depuis le sprint de vendredi, mais Martin Fourcade a remporté cette saison le classement général de la Coupe du monde de biathlon. Un septième globe de cristal, qui constitue un record qu’il détient désormais seul puisque le Norvégien Ole Einar Bjoerndalen n’avait réussi cet exploit « qu’à » six reprises « seulement ». Mieux, Martin Fourcade a réussi à remporter ce titre sept fois de suite, quand Ole Einar Bjoerndalen n’avait réussi « que » deux doublés en 2005-2006 et 2008-2009.

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4 Grands Chelems
Après s’être assuré son septième globe de cristal après sa victoire lors du sprint de Tioumen, jeudi, Martin Fourcade a continué sur sa lancée lors de la poursuite, samedi, avant de laisser échapper son seul podium de la saison, dimanche.
Qu’à cela ne tienne, avec l’individuelle, il a donc remporté quatre épreuves de cette Coupe du monde 2017-2018 : un troisième Grand Chelem d’affilée, le quatrième de sa carrière après celui de 2013. Le seul autre biathlète à avoir réussi un Grand Chelem est le Français Raphaël Poirée, à une reprise seulement, lors de la saison 2003-2004. C’est dire la domination de Martin Fourcade sur le biathlon mondial, ces dernières années.
24 petits globes de cristal
Le Français améliore également son record de petits globes de cristal. Avec quatre nouveaux trophées à son palmarès à l’issue de cette saison, il compte désormais 24 petits globes en individuel, ce qui le place loin devant les 19 récompenses obtenues par l’autre légende du biathlon, le Norvégien Ole Einar Bjoerndalen. Contrairement à lui, qui avait étalé ses récompenses entre les éditions 1996-1997 et 2008-2009, Martin Fourcade a amassé les siennes en seulement neuf saisons (dont une blanche), entre 2010 et 2018.
74 victoires individuelles
Bjoerndalen conserve cependant le nombre de victoires individuelles. En ayant passé la ligne d’arrivée à la première place à 95 reprises, le Norvégien possède encore un solide matelas d’avance sur Fourcade, qui compte désormais 74 victoires en carrière. A son rythme actuel (presque dix victoires par saison, sur les sept derniers exercices), il rattraperait Ole Einar Bjoerndalen à la fin de la saison 2019-2020, soit juste avant une possible fin de carrière. Après les Jeux olympiques de Pyeongchang, il avait été assez vague sur son avenir et simplement annoncé se « projeter sur les deux années qui arrivent ».
Et maintenant ?
Reste que la concurrence risque de lui compliquer la tâche et notamment le jeune Johannes Boe, 24 ans, grand dominateur du début de saison. Premier leadeur du classement général de la Coupe du monde après sa victoire lors de l’individuel d’Ostersund (Suède), le Norvégien a souvent été impressionnant sur les skis, mais il a régulièrement échoué à prendre des places d’honneur, quand il ne s’imposait pas, ce que Fourcade (huit deuxième place et trois troisième place) a parfaitement réussi à faire, jusqu’à cette dernière course.
Si l’on y ajoute ses victoires en poursuite, mass start et relais mixte, lors des Jeux olympiques de Pyeongchang, le Pyrénéen réalise l’une des plus belles saisons – si ce n’est la plus belle – de sa carrière. En Corée du Sud, il avait notamment dépassé les trois médailles d’or de Jean-Claude Killy et les quatre des escrimeurs Christian d’Oriola et Lucien Gaudin, pour devenir le sportif français le plus médaillé d’or aux JO (5).

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Le Monde
 |    23.03.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 17h07
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            Nicolas Chapuis








                        



                                


                            

« Il faut assumer cette transformation disruptive pour libérer les énergies dans un esprit de coconstruction. » Cette phrase n’a pas été prononcée – à notre connaissance – par le chef de l’Etat, en réponse à la forte mobilisation sociale à travers la France, jeudi 22 mars. Mais elle pourrait illustrer à merveille le « style Macron », qui fait école au sein de la majorité, appelée à défendre les multiples réformes mises en œuvre en ce mois de mars.

Face aux menaces d’un mouvement social d’ampleur durant le printemps, pas un ministre qui ne reprenne à son compte ce « langage de vérité » (Edouard Philippe), destiné à défendre « le devoir d’efficacité » (Agnès Buzyn) et la « compétitivité » (Bruno Le Maire) de la SNCF. Quant aux éventuels accrocs, sur la CSG des retraités par exemple, il s’agit avant tout d’un « problème d’explication » (Gérald Darmanin) qui ne saurait résister à un travail « de pédagogie » (Benjamin Griveaux). Et, pour les problèmes plus coriaces, il reste toujours l’argument ultime : « Le président fait ce qu’il a dit » (à peu près tout le monde).
Le chef de l’Etat et ses collaborateurs seraient-ils tous atteints par le virus managérial qui les pousserait à parler davantage comme des chefs d’entreprise que comme des responsables politiques ? « Dans le moment actuel, on n’est plus dans le concept, on est dans le “faire” », note Mariette Darrigrand, auteure d’Emmanuel Macron en dix mots (revue Etudes, septembre 2017). Pour la sémiologue, le chef de l’Etat avait « réhabilité la dimension conceptuelle du langage politique » lors de sa campagne, n’hésitant pas « à utiliser quelques “gros mots” abstraits, tel progressisme ». Mais le champ lexical « de la technicité et de l’efficacité » a repris le dessus ces dernières semaines.
« Paradoxe »
Une prééminence qu’il est possible de mesurer scientifiquement....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Alors que les établissements scolaires américains ont connu plus d’une trentaine de fusillades depuis le début de l’année, les jeunes se mobilisent en masse contre les armes à feu.
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Etats-Unis : une génération qui a grandi sous la menace des armes

Alors que les établissements scolaires américains ont connu plus d’une trentaine de fusillades depuis le début de l’année, les jeunes se mobilisent en masse contre les armes à feu.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 10h00
    |

            Flavie Holzinger et 
                                Xemartin Laborde








                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le politiste américain Ronald Bruce St John revient sur les rapports complexes entretenus par la France et la Libye.
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/03/2018
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« La relation entre Sarkozy et Kadhafi est un écheveau de vérités, de demi-vérités et de mensonges »

Dans une tribune au « Monde », le politiste américain Ronald Bruce St John revient sur les rapports complexes entretenus par la France et la Libye.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 18h14
    |

Ronald Bruce St John (Docteur en science politique)







                        



                                


                            

Tribune. Cinquante millions d’euros de contribution à une campagne électorale, d’énormes marchés pour l’industrie française, l’assassinat d’un tyran : la relation entre l’ancien président Sarkozy et le dirigeant libyen Kadhafi est rapidement devenue un écheveau embrouillé de vérités, de demi-vérités et de mensonges.
Au cours de la première année de son mandat, Nicolas Sarkozy signa avec le régime Kadhafi un plus grand nombre d’accords commerciaux que n’en avaient conclu l’ensemble des gouvernements français de 1969 à 2007. Moins de quatre ans plus tard, il se démenait pour faire adopter par l’ONU une résolution instaurant une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye.
Cette politique évolua très vite vers des actions militaires visant à un changement de régime. En 2013, les soupçons de financement illégal de la campagne de Sarkozy par la Libye entraînaient l’ouverture d’une enquête officielle. Ce 21 mars 2018, Sarkozy a été mis en examen pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de détournement de fonds publics libyens ». Comment faire pour débrouiller cet écheveau ?

Afin d’y voir plus clair, le mieux est de commencer par examiner les relations franco-libyennes au cours des quarante-deux années pendant lesquelles Kadhafi a dirigé son pays. Durant cette période, les relations bilatérales n’ont cessé de connaître des hauts et des bas. En janvier 1970, la France acceptait de vendre 110 Mirage à la Libye. C’était la plus grosse vente d’armes française de tous les temps. Dix ans plus tard, en février 1980, le gouvernement libyen laissait des foules de manifestants furieux mettre à sac et incendier l’ambassade de France à Tripoli et le consulat français à Benghazi.
De la brouille à la visite de Chirac
La France et le régime de Kadhafi se trouvèrent à nouveau brouillés, à la fin du XXe siècle, en raison de l’implication libyenne dans l’attentat commis,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ La situation est toujours tendue à Montpellier, deux jours après l’évacuation d’étudiants qui se trouvaient dans un amphithéâtre de la faculté par des hommes cagoulés.
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Montpellier : affrontement entre antifacistes et identitaires, la faculté reste fermée

La situation est toujours tendue à Montpellier, deux jours après l’évacuation d’étudiants qui se trouvaient dans un amphithéâtre de la faculté par des hommes cagoulés.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 17h39
   





                        


Deux jours après la violente évacuation d’étudiants qui occupaient un amphithéâtre de la faculté de Montpellier par des hommes cagoulés, un face-à-face tendu s’est déroulé dimanche 25 mars entre des militants antifascistes et des identitaires de la Ligue du Midi.
Vers 11 heures, près de 200 militants, dont des membres de la Ligue des droits de l’homme, des étudiants mobilisés contre la réforme de l’accès à l’université et des jeunes communistes, se sont rassemblés devant la préfecture de l’Hérault. Ils ont déployé une banderole : « Fachos, ni dans nos facs, ni dans nos rues ». Ce slogan fait référence à l’évacuation dans la faculté de Montpellier vendredi par une « milice fasciste », selon les étudiants visés.

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                Montpellier : le doyen de la faculté de droit démissionne après la violente évacuation d’étudiants



La faculté de Montpellier fermée lundi
Et vers 12 h 15, dimanche, les antifascistes sont allés à la rencontre d’une trentaine de militants de la Ligue du Midi, un groupuscule dont le fondateur, Richard Roudier, brandissait un portrait du gendarme tué à Trèbes (Aude). La police antiémeute s’était positionnée entre les deux groupes pour les maintenir à distance mais n’a pas empêché M. Roudier, 70 ans, de se précipiter vers les « antifa », ce qui a provoqué un échange de projectiles entre les deux camps, dont des bouteilles de verre.
« Pétel, Roudier, même combat… Cassez-vous ! », scandaient les antifascistes, en allusion au doyen de la faculté de droit, Philippe Pétel. Ce dernier a démissionné samedi, mis en cause par des étudiants dans l’intrusion des hommes cagoulés dans la faculté.
A la suite de ces heurts, le président de l’université de Montpellier, Philippe Augé, a annoncé dimanche dans un communiqué que la faculté resterait fermée lundi « afin d’éviter tout risque d’altercations ou de débordements et de permettre un retour rapide à une situation apaisée ».
A la suite de l’évacuation de l’amphithéâtre par des hommes cagoulés, le parquet de Montpellier a « ouvert une enquête pour des faits de violences en réunion et avec arme », a annoncé vendredi le procureur de la République de Montpellier, Christophe Barret.
Le parquet de Montpellier a « ouvert une enquête pour des faits de violences en réunion et avec arme », a annoncé vendredi le procureur de la République de Montpellier, Christophe Barret, précisant que cette enquête « visait également l’intrusion ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Le cancer du col de l’utérus compte 3 000 nouveaux cas par an et cause plus d’un millier de décès chaque année.
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Agnès Buzyn annonce que le dépistage du cancer du col de l’utérus sera pris en charge à 100 %

Le cancer du col de l’utérus compte 3 000 nouveaux cas par an et cause plus d’un millier de décès chaque année.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 14h59
   





                        


Le gouvernement va proposer la prise en charge à 100 % du dépistage du cancer du col de l’utérus, dans le cadre du volet « prévention » de la stratégie santé qui sera présentée lundi, a annoncé la ministre de la santé, dimanche 25 mars.
« Nous sommes très mauvais en prévention en France, nous avons un système de santé qui ne finance que les soins une fois qu’on est malade et qui finance très mal les actions de prévention », a justifié Agnès Buzyn dans l’émission « Questions politiques » de France Inter, Franceinfo et Le Monde.
« Donc demain, avec le premier ministre, nous allons lancer un grand plan de prévention avec des mesures extrêmement concrètes, qui vont permettre aux Français de moins tomber malades et de préserver des vies », a-t-elle ajouté. Edouard Philippe et Agnès Buzyn doivent présenter lundi matin ce plan de prévention lors d’un comité interministériel dans les locaux de Santé publique France dans le Val-de-Marne.

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                Le dépistage du cancer du col de l’utérus sera systématisé en 2018



Parmi ces mesures concrètes, « nous allons prendre en charge à 100 %, c’est-à-dire rendre accessible à toutes les femmes le dépistage du cancer du col de l’utérus, a expliqué la ministre. Nous allons l’organiser et toutes les femmes qui n’auront pas fait de frottis pendant trois ans seront amenées à faire un frottis pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale ».
Premier axe de la stratégie nationale de santé
Le cancer du col de l’utérus compte 3 000 nouveaux cas par an et cause plus d’un millier de morts chaque année.
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018, adoptée en décembre, prévoit une prise en charge à 100 % par l’assurance-maladie d’une consultation unique de prévention des cancers du sein et du col de l’utérus pour les assurées à l’âge de 25 ans.
Les mesures qui seront présentées lundi concrétisent, selon Matignon, « le premier axe » de la stratégie nationale de santé, qui porte l’action du gouvernement en matière de santé d’ici à la fin du quinquennat.
Agnès Buzyn a déjà annoncé fin février la concrétisation d’une promesse de campagne d’Emmanuel Macron : la mise en place d’un « service sanitaire ».

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                Les étudiants de santé devront faire un service sanitaire dans les écoles



« Dès septembre 2018, 48 000 étudiants infirmiers, kinésithérapeutes, pharmaciens, médecins, vont aller dans des écoles expliquer notamment les maladies sexuellement transmissibles » et faire de l’éducation à la santé, a rappelé la ministre dimanche, précisant qu’il s’agirait d’un service de trois mois obligatoire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Dans la canimarche, le canicross, le caniVTT ou la canitrottinette, le chien et son maître sont soudés dans le même effort. Un duo gagnant-gagnant : force décuplée et limites repoussées.
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Le canisport, un phénomène en plein essor


                      Dans la canimarche, le canicross, le caniVTT ou la canitrottinette, le chien et son maître sont soudés dans le même effort. Un duo gagnant-gagnant : force décuplée et limites repoussées.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 14h23
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            Catherine Rollot








                              

                        

Marcher, courir, pédaler ou skier en tirant la langue ­ensemble. Dans les chemins forestiers, il est de plus en plus courant de croiser de drôles de duos à six ­pattes, unis dans un même effort et liés par une ligne de trait élastique. Canimarche, canicross, caniVTT, canitrottinette, toutes ces disciplines, encore peu connues mais en plein essor, font du chien un coéquipier sportif de premier plan.

A la tête de la Fédération des sports et loisirs canins (FSLC), Yvon Lasbleiz mesure l’engouement, depuis deux ans, pour le canisport, cette grande famille d’activités « qui se sert de la traction d’un chien, parfois de deux, pour aller plus vite et avoir des sensations différentes ». A sa création en 2007, la FSLC réunissait trois clubs et 90 licenciés. Onze ans plus tard, ils sont près de 2 000 à s’entraîner avec leur animal au sein d’une centaine de clubs. « En ce moment, il y en a un qui se crée par jour, s’enthousiasme Yvon Lasbleiz. Et les adeptes du canisport ne sont pas tous licenciés. Beaucoup de gens s’y mettent tout seuls », notamment des femmes, rassurées par la présence d’un animal à leur côté pendant leur jogging.
Sensations garanties
Sur le papier, cette activité peut être pratiquée sans formation. Un minimum de matériel est cependant nécessaire pour que maître et chien ne soient pas blessés. L’animal doit être muni d’un harnais spécifique en fonction de sa morphologie et est relié à son partenaire humain par une longe en partie élastique, attachée à une ceinture abdominale qui permet d’amortir les chocs et de garder toute liberté de mouvement. Prix de l’équipement : une centaine d’euros pour le canicross, la discipline la plus pratiquée.
 Baptiste Lauer, créateur de Musher-experience.com
L’investissement serait minime au regard des sensations. « Tout le plaisir est dans l’effort partagé,...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Le 19 mars, Arnaud Montebourg tenait conférence devant les étudiants de l’Institut d’économie scientifique et de gestion, à Paris. Guillemette Faure, la chroniqueuse de « M », était dans les gradins de l’amphithéâtre.
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Une leçon de « vraie vie » par Arnaud Montebourg


                      Le 19 mars, Arnaud Montebourg tenait conférence devant les étudiants de l’Institut d’économie scientifique et de gestion, à Paris. Guillemette Faure, la chroniqueuse de « M », était dans les gradins de l’amphithéâtre.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 14h38
    |

                            Guillemette Faure








   


L’étudiant grimpe en cavalant les marches de l’amphi : « J’ai pissé avec Montebourg ! En vrai, il était à côté de moi dans les chiottes… – La classe ! », approuve une copine. « Viens, on se met devant dans l’amphi. » Quand on tient une telle proximité avec un ancien ministre, on ne peut pas y renoncer.
Depuis le show de Laurent Wauquiez à l’EM Lyon en février, c’est devenu une gageure de parler devant une école de commerce. Certes, l’Institut d’économie scientifique et de gestion n’est pas l’Ecole de management de Lyon et Montebourg est en retrait de la vie politique. Mais à l’heure où cette stratégie est devenue monnaie courante, cela ne veut plus dire grand-chose. La dernière fois qu’Arnaud Montebourg a essayé, ça n’a pas marché. Lui qui avait parié si tôt sur l’empêchement de François Hollande de se présenter à la présidentielle s’est fait doubler sur l’extérieur par Emmanuel Macron dans sa stratégie de l’outsider…
Pourquoi Montebourg ? « Il est assez accessible maintenant. Et puis il a du temps. » Un étudiant de l’IESEG
Sur leurs tablettes dans l’amphi, certains ont posé son livre sur la démondialisation, d’autres celui sur « la bataille du made in France ». Pourquoi Montebourg ? « Il est assez accessible maintenant », m’explique un étudiant de La Tribune IÉSEG, l’association qui l’a invité. « Et puis il a du temps. » Joanny Hervé, président de l’association, se charge du discours d’introduction. « Chers amis, quel immense plaisir de vous voir si nombreux… J’ai rarement vu cet amphithéâtre si rempli. » Ses congénères se regardent et gloussent. D’accord, Joanny avait préparé son texte à l’avance, mais il aurait pu s’adapter devant un amphi à moitié vide.
« De Bercy à l’entrepreneuriat », dit l’affiche. L’ancien ministre est plus volubile sur la première partie de l’intitulé. « Notre déficit commercial chronique est extrêmement dangereux, lance-t-il. Le poids de l’industrie dans le PIB est de 19 % en Italie, nous, on est à 11 %, on est devenu la lanterne rouge en Europe. » Il dit aussi que notre problème en France, c’est qu’on passe notre temps à nous critiquer nous-mêmes, que ce problème d’estime de soi fait partie de notre culture.

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                Laurent Wauquiez « assume » ses propos, au risque de la rupture



Evidemment, il a des remarques sur la politique économique actuelle. « Un fonds pour l’innovation de rupture à 10 milliards, franchement c’est petit bras. » L’Europe ? « J’ai lu les discours du président de la République, je les trouve naïfs. Ça va un moment d’enfiler les perles… L’Union européenne demande une vision plus forte. » A propos des accords européens qu’« il faut mépriser dans la pratique », il explique à un étudiant : « Ton traité, tu peux emballer le poisson avec parce qu’il ne vaut plus rien ». Le professeur Montebourg conseille ainsi à ses étudiants d’éviter « la finance qui va s’écrouler ». Dommage, c’est la spécialité de l’école. « Tout le secteur financier va être mis par terre », prévient-il, par le shadow banking, l’activité de banque hors les banques qui n’est pas réglementée. « Vous recommandez autre chose qu’un master finance ? », l’interroge une étudiante un peu inquiète. « Allez dans l’industrie, c’est là qu’est la vraie vie. »
« La politique aime les divisions et les subdivisions. L’entrepreneuriat, ce n’est que l’unité. L’entreprise, c’est une force capable de résoudre les problèmes, un outil de transformation du monde. » Arnaud Montebourg
Oubliée la politique, Arnaud Montebourg est entrepreneur. Peut-être même qu’il l’a toujours été. « J’ai lancé des courants, j’ai lancé des idées, j’ai été start-upeur en politique et j’ai fait faillite… » Start-upeur au moins, on peut échouer, ce n’est pas comme homme politique ou gérant de SARL, comme on appelait autrefois les patrons de PME. « La politique, c’est la lutte de tous contre tous. La politique aime les divisions et les subdivisions. L’entrepreneuriat, ce n’est que l’unité. L’entreprise, c’est une force capable de résoudre les problèmes, un outil de transformation du monde. » Passer de la politique à l’entrepreneuriat, « être seul et y croire ou être obligé d’avaler des couleuvres pour être plus puissant. Qu’est-ce qu’il vaut mieux ?, réfléchit-il à voix haute. Ça dépend ».
Mais pour qui a-t-il donc voté ?
« Pour finir, on vous a préparé un petit Konbini », lui annonce un étudiant. Autrement dit, deux mots qui s’affichent sur un mur entre lesquels l’invité doit choisir. Trump ou Poutine ? Poutine ! Faure ou Cambadélis ? Faure ! La Fouine ou Booba ? Joker… Allez, La Fouine. Dans les applaudissements, on en a oublié l’écran suivant, Blum ou Jaurès ? Il n’a pas non plus eu le temps de parler des amandes, sa dernière activité d’entrepreneur. Pour le miel, il a fallu attendre une heure. Alors à la fin de son intervention, des dizaines de jeunes abeilles butinent autour de lui et viennent lui poser les questions qu’elles n’ont pas osé poser sur les élections passées. Ça doit lui faire du bien d’en parler : à l’époque de la présidentielle, personne ne s’était inquiété de savoir pour qui il était allé voter. A se demander même s’il y était allé.

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Un an plus tard, il raconte qu’il n’était pas question pour lui de soutenir Manuel Valls, ni de voter Emmanuel Macron trop à droite, qu’il n’allait pas rallier Benoît Hamon et sa proposition de revenu universel dont il ne s’est toujours pas remis (« quelle démobilisation de la société »). Son soutien aurait pu aller à Jean-Luc Mélenchon, mais pas celui des Tweet. On n’en saura pas plus. Tout juste confie-t-il, qu’il « ne veut plus voter par défaut… J’ai fait ça toute ma vie, lâche celui qui a trente ans de PS derrière lui. Maintenant je vote blanc. »



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Le premier salon du survivalisme se tient pour la première fois en France jusqu’à dimanche, au Paris Event Center de La Villette.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Cette rencontre entre le pitch de « Prison Break » et le style de « Uncharted » est uniquement jouable en coopération. Une ode maladroite mais plaisante à la fraternité.
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Jeu vidéo : « A Way Out », ou le plaisir de changer une ampoule à deux

Cette rencontre entre le pitch de « Prison Break » et le style de « Uncharted » est uniquement jouable en coopération. Une ode maladroite mais plaisante à la fraternité.



Le Monde
 |    25.03.2018 à 15h35
    |

            William Audureau








                        



   


Il y a des œuvres qui fédèrent, d’autres qui divisent, et certaines, plus rares, qui invitent à se demander s’il est plus intéressant de changer une ampoule seul ou à deux. La production des suédois de Hazelight appartient aux trois catégories à la fois.
Dans ce jeu d’action-aventure, sorti vendredi 23 mars sur PC, PlayStation 4 et Xbox One, les deux joueurs – car on ne peut pas jouer seul – incarnent Vincent, quadra plein de sang-froid, et Leo, braqueur sanguin, tous deux incarcérés après s’être fait piéger par le même homme.
Leur évasion sera tout autant une histoire de vengeance que de rédemption, un jeu sur l’évasion que sur la construction d’une famille. Leo l’orphelin donnerait tout pour retrouver son fils de 5 ans ; Vincent a abandonné sa femme enceinte pour poursuivre l’assassin de son frère.

Une thématique pas tout à fait gratuite pour son réalisateur d’origine libanaise, Josef Fares, exilé avec son frère en Suède à ses dix ans et qui a déjà évoqué à plusieurs reprises le thème dans ses films. « A Way Out [une porte de sortie], c’est un titre qui peut aussi bien parler de prison que de la vie en général », prévenait-il en juin dernier, interrogé par Pixels.

        Relire :
         

          « A Way Out », sensation de l’E3 2017



Un jeu d’action sur la famille et la fraternité
Comme le touchant Brothers : A Tale of Two Sons, son précédent jeu, A Way Out met en scène deux personnages. Comme lui, il raccroche tous les enjeux à leur capacité à s’entraider. Comme lui, il thématise l’idée que seul, on n’est jamais complet. L’épopée initiatique légère et poétique d’alors a laissé place ici à de l’action « testostéronée », des visages burinés et une ambiance de film des années 1980, mais l’écriture reste subtilement autobiographique.
L’un des deux héros, Leo, est incarné par Fares Fares, le frère du réalisateur, et derrière son caractère impulsif, c’est celui de Josef Fares lui-même que l’on devine. Les Fares aiment être réunis, et le jeu est un hommage communicatif à la fraternité au sens large. Communiquer, s’aider, faire diversion, rejoindre, mais aussi défier, taquiner, battre, ou trahir : le jeu repose entièrement sur une grammaire du compagnonnage, l’art d’être deux dans la fuite.

   


Qu’il s’agisse d’escalader un conduit vertical en s’appuyant dos contre dos, de faire le guet pendant que son accolyte démonte un toilette, ou de piloter un pick-up tandis que son binôme est, arme au poing, sur le toit, de nombreux passages sont conçus pour que, depuis leur canapé (ou en ligne), les deux joueurs ne puissent progresser sans parler ensemble. C’est la réussite d’A Way Out : ses moments forts sont des moments de partage.

        Moment nostalgie :
         

          Souvenirs de jeux en coop



Innovations formelles et déjà-vu
Malheureusement, le fait de jouer à deux ne suffit pas toujours à relever une aventure souvent plan-plan. Par exemple, dans la dernière partie de l’aventure, les deux acolytes se retrouvent chacun en moto, poursuivis à travers la jungle mexicaine par un convoi armé, et le plus dur n’est pas de survivre, mais de compter dans combien de dizaines de jeux la même scène se retrouve déjà à l’identique.
Souvent A Way Out donne l’impression étrange et diffuse de s’être trompé de décennie. Dans son registre très rentre-dedans, ses références appuyées à la série télé Prison Break comme aux jeux Uncharted pour son format, Army of Two pour la « coop » ou encore Heavy Rain, pour la surcouche de sentimentalisme, sans même parler de sa réalisation technique datée, la production des suédois de Hazelight Studios semble relier directement 2018 aux années PlayStation 3.
Il s’en distingue toutefois par une idée formelle emballante : le jeu reprend la classique division du téléviseur en deux écrans, mais en laissant la ligne de démarcation voguer selon les scènes, renouvelant régulièrement les cadrages et dynamisant la mise en scène.

   


Si l’astuce est sous-exploitée la plupart du temps, elle accouche tout de même de quelques séquences notables, comme une scène de fusillade à trois fenêtres simultanées, façon Nouvelle vague, ou un habile plan-séquence de plusieurs minutes papillonnant d’un héros à l’autre via les cursives d’un hôpital, relevé d’un hommage au célèbre plan de coupe de Old Boy, de Park Chan-wook. Mais là encore, à plusieurs reprises, par des dialogues prévisibles ou des enchaînements narratifs incohérents, A Way Out donne l’impression d’une écriture pas totalement maîtrisée.
Activités triviales
Difficile de s’expliquer certains échanges incongrus. Ainsi, lorsque l’impétueux Leo se moque de deux techniciens syndiqués en train de changer une ampoule. « Vous avez vraiment besoin d’être deux pour ça ? », s’esclaffe le héros. « Oui, c’est l’avantage quand on est syndiqués », répond l’un des deux avec désinvolture.
Drôle de séquence, où l’on pourra voir, au choix, une saillie gratuite d’un créateur contre la syndicalisation (alors même que le mécontentement social monte dans l’industrie) ; ou bien une mise en abyme taquine du principe même du jeu, interdit à un joueur sans binôme. Fût-ce pour jouer aux fléchettes, porter du linge ou manger à la cantine, autant d’activités triviales de l’aventure qui valent bien un changement d’ampoule.

   


Finalement, au bout de six petites heures de jeu, on ressort d’A Way Out l’esprit partagé, entre l’impression d’avoir passé sa soirée sur une production bis, et d’inévitables bons souvenirs de partie avec son ou sa partenaire de canapé. Et surtout, cette conviction nouvelle qu’à bien y réfléchir, changer une ampoule, ce ne peut être que plus drôle à deux.
En bref
On a aimé
Le rythme très efficaceLe mélange entre scènes d’action et séquences intimistesQuelques très bonnes idées de mise en scèneUn jeu en coop ne peut pas être foncièrement mauvais
On n’a pas aimé
Un fort sentiment de déjà-vuRéalisation technique datéeFaire la courte-échelle pour enjamber un plot
C’est plutôt pour vous si…
Vous avez un second joueur sous la mainVous aimeriez jouer à un Uncharted light à deuxLa manière dont on peut innover avec des jeux de caméra vous intéresseVous aimez changer les ampoules en couple
Ce n’est pas pour vous si…
Vous n’avez ni seconde manette ni abonnement en ligneVous n’êtes pas venu là pour revenir en 2007, ok ?Vous avez une aversion pour les jeux linéaires
La note de pixels :  4/10 × 2 = 8/10



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ La campagne est ouverte pour la succession de Mahmoud Abbas à la tête de l’Autorité palestinienne, ainsi qu’à celle de l’OLP et du Fatah.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Pour Jean-François Corty, de Médecins du monde, la mauvaise hospitalité faite aux réfugiés n’améliore pas la vie des Français précaires.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« Le vrai sujet, ce n’est pas l’immigration : c’est la lutte contre les inégalités et la pauvreté »

Pour Jean-François Corty, de Médecins du monde, la mauvaise hospitalité faite aux réfugiés n’améliore pas la vie des Français précaires.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 15h24
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Jean-François Corty est directeur des opérations internationales de Médecins du monde, il est auteur, avec Dominique Chivot, de La France qui accueille (Les Editions de l’Atelier, 160 p., 15€).

Un bénévole a été convoqué dans les Hautes-Alpes, le 14 mars, par la police des frontières, pour avoir porté secours, à 1 850 m d’altitude, à une famille nigériane, dont une femme sur le point d’accoucher…
Il s’agit là d’un nouvel exemple de l’idéologie de nos dirigeants, qui consiste à en faire le moins possible en matière d’accueil des migrants précaires extracommunautaires. De plus en plus, cette politique bouscule les principes fondamentaux de l’asile et des droits de l’homme.
Les autorités assument la violence institutionnelle (consignes aux forces de l’ordre), assument de maintenir la pression sur les aidants (délit de solidarité), assument de détricoter le droit d’asile avec le projet de loi sur l’immigration qui sera débattu à l’Assemblée en avril, assument de négocier avec des mafieux et des pays instables la gestion externalisée de l’accueil. C’est une volonté affirmée, qui ne profite à personne.
Qu’il s’agisse d’accès aux soins ou au logement, tous les chiffres montrent en effet que la mauvaise hospitalité faite aux réfugiés n’améliore pas la vie des Français précaires. Au contraire, les inégalités continuent de se creuser. Le vrai sujet, ce n’est pas l’immigration : c’est la lutte contre les inégalités et la pauvreté.
Dans « La France qui accueille », vous donnez un certain nombre d’exemples où des élus, des associations ou de simples citoyens se mobilisent pour aider les migrants. Que vous a appris cette enquête de terrain ?
Ce livre relate une dizaine d’études de cas, mais ce sont des milliers d’actes de solidarité qui ont été recensés ces dernières années à l’échelle nationale. Ce que cette enquête m’a confirmé, c’est le décalage qui existe entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Ces deux communes du Loir-et-Cher ont édité un album de l’association sportive à vignettes autocollantes. 4 200 pochettes ont été vendues en deux mois aux 5 550 habitants.
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A Chouzy/Onzain, on collectionne les footballeurs


                      Ces deux communes du Loir-et-Cher ont édité un album de l’association sportive à vignettes autocollantes. 4 200 pochettes ont été vendues en deux mois aux 5 550 habitants.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 12h15
    |

            Frédéric Potet








   


Echange Mattéo Moreau contre Nolann ­Boumier ; Ibrahim Traoré contre Tom Lebeaupin ; Marie De Matos contre Charley Thuault… A ­Onzain et Chouzy-sur-Cisse, deux communes du Loir-et-Cher distantes de 7 kilomètres, une fièvre inhabituelle s’est emparée des collectionneurs de vignettes représentant les as du ballon. Et pour cause : les joueurs immortalisés sur papier autocollant, que l’on s’arrache ici, ne s’appellent pas Neymar, Messi ou Ronaldo, mais portent les noms des 213 licenciés de l’entente sportive née de la fusion des clubs de football des deux bourgades. Enfants, adultes, garçons et filles, éducateurs et même dirigeants, tout le monde possède une photo miniature à son effigie, en maillot ou en survêtement, destinée à être collée sur un album prévu pour cela.
« C’est de la folie »
Non : l’AS Chouzy/Onzain (ASCO) n’a pas décidé de rivaliser avec la maison d’édition italienne Panini. Le club est passé par une jeune PME des Pyrénées-Atlantiques, L’Album du club, ayant transposé au monde amateur le concept des portraits autocollants. Près de 500 associations sportives ont fait appel à ses services, depuis trois ans. A Chouzy et Onzain, le projet connaît un succès inespéré : 33 600 vignettes – soit cinq fois plus que la population des deux communes – ont été vendues en deux mois, au prix de 1 euro la pochette de huit images. « C’est de la folie », n’en revient pas le président du club, Philippe Bellamy.
Rien ne fut simple pourtant. Il a d’abord fallu faire venir aux entraînements les membres du club photo du patronage laïque, à dix-sept reprises, pour tirer le portrait de chacun. Vérifier et revérifier que chaque nom de licencié correspond à la bonne image. Proposer des encarts publicitaires, dans le futur album, à trente-cinq entreprises locales (commerçants, artisans, restaurateurs…). Faire et refaire la maquette (quatre « bons à tirer » furent nécessaires). Mettre en dépôt, enfin, les pochettes chez trois boulangers et un fleuriste des deux bourgs.

   


Neuf cents vignettes ont été écoulées le soir du lancement, le 22 décembre 2017. Six jours plus tard, un premier album était déjà terminé. Son détenteur, Cédric Joli-Caquet, est, il est vrai, à la fois l’un des piliers de l’équipe « vétérans » et l’homme qui enfile à chaque match important le costume de mascotte – un coq prénommé Chouchou, rappelant vaguement l’inoubliable Footix (la mascotte du Mondial 1998). Une page Facebook a dû être créée pour permettre les échanges de vignettes en double.
Des recettes moindres que pour la tombola
Au total, l’opération aura rapporté 3 500 euros au club, ce qui n’est pas rien, mais est quand même beaucoup moins que ce que rapportent les habituelles opérations organisées par l’ASCO, comme son « grand loto annuel de douze heures » (800 participants, une Nissan Micra à gagner) ou sa traditionnelle tombola, vieille de trente-deux ans (premier prix : un voyage en République dominicaine). « On n’a pas fait cet album pour l’argent », assène le président. « L’idée était de créer un engouement, de la convivialité, notamment entre les parents des jeunes licenciés, abonde Sonia Camus, la secrétaire adjointe du club. Beaucoup de gens ont fait connaissance en échangeant des vignettes pendant les entraînements et les matches de leurs enfants. »

        Lire aussi :
         

                A Montbazon, les seniors prennent le bus (du numérique)



Une seule maman, craignant que la photo de ses deux garçons ne tombe entre les mains de personnes mal intentionnées, a refusé qu’ils figurent dans l’album. Les deux footballeurs en herbe en question ont, depuis, exercé une grosse pression sur leur mère afin de se procurer l’objet, pour le remplir d’images.



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ La commodité serait devenue à la fois un idéal, une valeur et un mode de vie. Reste qu’elle n’est pas toujours bonne.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ L’extravagance de son allure et de son style de vie a fait de l’héritière des brasseries Guinness une figure de la mode. Un univers où elle a trouvé une seconde famille. A 50 ans, elle sort un deuxième album de glam rock « heureux ».
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De la mode au rock, itinéraire de Daphne Guinness 
                  
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Le Monde
 |
                  23.03.2018 à 14h25


L’extravagance de son allure et de son style de vie a fait de l’héritière des brasseries Guinness une figure de la mode. Un univers où elle a trouvé une seconde famille. A 50 ans, elle sort un deuxième album de glam rock « heureux ».

Par                             Stéphanie Chayet





                     
A New York, Daphne Guinness réside à l’hôtel Carlyle depuis qu’elle a revendu, en 2012, son appartement de la Cinquième Avenue, fuyant des voisins qui l’avaient poursuivie en justice pour avoir laissé déborder sa baignoire une fois de trop. C’est là aussi qu’elle donne ses interviews, parfois au salon de thé, aujourd’hui dans sa suite avec vue sur Central Park, toujours en demi-pointe sur des piédestaux de 30 à 40 centimètres qui lui donnent l’air d’un faune (comme Lady Gaga, elle collectionne les chaussures à plates-formes sans talons du créateur japonais Noritaka Tatehana, dans lesquelles elle a fait plusieurs chutes en public).
Sa choucroute bicolore – dont elle a exceptionnellement accepté de se défaire pour notre shooting –, d’où s’échappe une tresse minuscule, a gonflé avec les années, atteignant aujourd’hui des proportions cartoonesques. Entre ces pieds instables et cette coiffure fantasque : un corps de danseuse, gainé dans un legging à paillettes et un tee-shirt à épaulettes qui semble taillé dans du Néoprène. « C’est confortable », dit-elle.
Le coup de main de David Bowie
Muse, mannequin, et maintenant musicienne, lectrice de William Shakespeare et de l’économiste et ex-ministre grec Yanis Varoufakis, la descendante du fondateur de la brasserie irlandaise Arthur Guinness n’a jamais aimé l’adjectif « excentrique » et son « aura de folie ». C’est pourtant l’étiquette qui lui colle à la peau. Inconnue du grand public, cette aristocrate est une figure familière de la presse de mode, où son allure théâtrale, l’extravagance de son style de vie et ses amis artistes lui valent un statut de marquise Casati moderne. « Je me trouve plutôt terre à terre, objecte cette femme sur échasses. Bien équilibrée. »

A 50 ans, elle est en promo pour son deuxième album, Daphne & The Golden Chord, écrit par elle et arrangé comme le premier par Tony Visconti, le collaborateur historique de David Bowie : la...





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Les partisans du Brexit accusés d’avoir contourné le plafond de dépenses durant la campagne de 2016

Des médias britanniques ont publié, samedi 24 mars, le témoignage d’un ancien militant de la campagne du « Leave ».



Le Monde
 |    25.03.2018 à 13h57
   





                        



   


Les partisans du Brexit auraient dépassé le plafond des dépenses autorisées par la loi britannique durant la campagne de 2016, selon un militant ayant participé à la campagne, Shahmir Sanni, dans des interviews à Channel 4 News et à The Observer, publiées samedi 24 mars. L’accusation implique de nombreux membres du gouvernement de Theresa May, à commencer par Boris Johnson, le ministre des affaires étrangères et fer de lance de la campagne du Brexit.

        Lire aussi :
         

                Un an avant la date fatidique, où en est-on du Brexit ?



Selon M. Sanni, le groupe baptisé « Vote Leave », principal acteur de la campagne en faveur de la sortie de l’Union européenne, aurait versé des fonds à un autre groupe faisant campagne en faveur du Brexit, afin d’éviter de dépasser le plafond légal des dépenses.
Selon les éléments rapportés par The Observer et Channel 4 News, « Vote Leave » était proche de la limite légale de 7 millions de livres sterling (8 millions d’euros) lorsque, dans les derniers jours de la campagne, il a fait une donation de 625 000 livres sterling au fondateur du groupe BeLeave, Darren Grimes.
« Ce n’était pas légal »
Or, alors que la loi électorale britannique interdit la coordination entre des campagnes supposées être indépendantes, M. Sanni assure que Darren Grimes n’a eu aucun contrôle sur la manière dont cet argent a été dépensé. Toutes les décisions concernant ces 625 000 livres seraient passées par Stephen Parkinson, ancien coordinateur de la campagne du Brexit et aujourd’hui conseiller spécial de la première ministre, Theresa May.
« Ils ont utilisé BeLeave pour dépasser le plafond des dépenses, et pas juste pour un petit moment… Deux tiers d’un million de livres font toute la différence, et ce n’était pas légal », affirme l’ancien militant, qui a précisé avoir rapporté ses allégations à la commission électorale jeudi.
L’affaire fait suite aux révélations concernant l’entreprise britannique Cambridge Analytica, qui a notamment travaillé pour la campagne électorale numérique de Donald Trump et est accusée d’avoir siphonné en 2013 les données de 50 millions d’utilisateurs de Facebook sans leur consentement. Car Shahmir Sanni affirme que la majeure partie de cette donation a été versée à l’entreprise canadienne Aggregate IQ (AIQ), dont The Observer a montré qu’elle était liée à Cambridge Analytica.

        Lire aussi :
         

                Cambridge Analytica, la start-up qui influence les électeurs



« Totalement ridicule »
Le directeur de Vote Leave, Dominic Cummings, a démenti ces accusations en assurant qu’il avait demandé l’avis de la commission électorale avant d’effectuer le virement au groupe BeLeave. Il a également nié tout lien entre sa campagne et Cambridge Analytica, dénonçant des accusations « factuellement fausses, désespérément confuses, ou sans aucun sens ». Stephen Parkinson a, lui aussi, démenti toutes les allégations de M. Sanni, tout comme le fondateur de BeLeave, Darren Grimes.
Le ministre des affaires étrangères Boris Johnson a également vivement réagi, condamnant des affirmations « totalement ridicules ». « #VoteLeave a gagné de manière honnête – et légalement. Nous quittons l’Union européenne dans un an », a écrit le ministre sur Twitter. Quant à la Commission électorale, elle a déclaré qu’elle menait plusieurs enquêtes au sujet de la campagne de 2016 et qu’elle ne « comment[ait] pas des enquêtes en cours ». 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Au menu : l’Etna glisse doucement vers la mer, interrogations sur la « guérison » de la couche d’ozone, les secrets des cafards cachés dans leur génome, etc.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Fictosexuel, panromantique, asexuel… Si la catégorisation de nos sexualités connaît une croissance exponentielle, c’est parce que les vieilles catégories ne correspondent plus à notre réalité contemporaine, affirme Maïa Mazaurette, chroniqueuse de « La Matinale ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/03/2018
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Sexualités plurielles, pourquoi tant de niches ?


                      Fictosexuel, panromantique, asexuel… Si la catégorisation de nos sexualités connaît une croissance exponentielle, c’est parce que les vieilles catégories ne correspondent plus à notre réalité contemporaine, affirme Maïa Mazaurette, chroniqueuse de « La Matinale ».



Le Monde
 |    25.03.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 11h45
    |

                            Maïa Mazaurette







Etes-vous autosexuel (vous n’avez de désir que pour vous-même) ou homoflexible (homo avec des exceptions) ? Panromantique (vous aimez tout le monde mais ne couchez avec personne) ou skoliosexuel (vous ne convoitez que les queers) ? Les ficto préfèrent les personnages de fiction, les abrosexuels changent d’avis constamment. Si vous cherchez une liste exhaustive, bon courage : le champ des dénominations sexuelles est mouvant, surprenant, inspirant. Il prolifère, connaît des tendances autant que des grands classiques. Et si la multiplication des sous-catégories comme des petits pains fait parfois sourire, pour d’autres, elle est un motif de tension permanente.
Car c’est bien la raison principale de la catégorisation exponentielle de nos sexualités : les vieilles catégories (homme-femme, homo-hétéro, bisexuel les jours de fête) ne marchent plus. Elles traînent des millénaires de codes qui ne correspondent pas à notre réalité contemporaine… et franchement, ça n’est pas une mauvaise nouvelle qu’on sache enfin compter plus loin que deux. Connaissez-vous beaucoup de gens adorant se compliquer la vie pour rien ? Non ? Eh bien, nous nous compliquons la vie pour quelque chose : nous sous-catégorisons parce que nous en avons besoin, et parce que les valeurs associées traditionnellement à la masculinité ou à la féminité, l’absence de fluidité attendue dans nos orientations sexuelles ont pris un coup de vieux. Genre, orientation : tout est à reconstruire.

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Certains objecteront que c’est beaucoup de bruit pour peu de morts d’hommes (ah, les morts d’hommes…). Sauf qu’il s’agit parfois, effectivement, de vie ou de mort. Ces questions ne sont pas cosmétiques. Se déclarer gay dans un pays aux lois homophobes revient à mettre ses jours en danger. On a vu récemment des individus se décrire comme androphiles plutôt qu’homosexuels, en réaction à ce qu’ils perçoivent comme les « excès » des cultures gays. Et chacun peut comprendre que les personnes intersexes, ou en transition, en aient assez de choisir entre deux identités qui ne leur correspondent pas. Notons aussi que la division strictement binaire du monde n’est pas universelle : à mesure que nous nous globalisons, nous ne pouvons plus ignorer l’existence de genres autres que masculin ou féminin, ou d’orientations sans rapport avec les nôtres (les Grecs n’étaient pas homosexuels sous prétexte qu’ils couchaient parfois avec des garçons) – ce que nous considérons comme « plus simple » ne l’est pas pour le voisin.
On n’aime pas tous les hommes, ni toutes les femmes
En l’occurrence, le fait de nommer implique de pouvoir penser et agir pour ses intérêts. Nous avons besoin de l’étiquette « transsexuel » ou « transgenre » pour organiser les toilettes de la Cogip, certes, mais aussi pour gérer les problématiques spécifiques des prisons ou des événements sportifs – on ne peut pas écarter ces réalités sous prétexte que « c’est compliqué ». Quel message envoie-t-on quand on affirme qu’on préfère changer des êtres humains plutôt que des étiquettes ? Quand on dit qu’il faut se fondre dans les catégories préétablies, quitte à se raboter aux angles ?
Les qualifications plus classiques d’hétéro/homo/bi sont tout aussi contestables. Si vous réfléchissez à vos préférences, sont-ce vraiment les organes génitaux qui comptent ? Si vous aimez les femmes, préféreriez-vous une relation avec un homme incroyablement féminin, ou avec une femme à l’apparence et aux habitudes traditionnellement masculines ? Par ailleurs, avant de jeter votre dévolu sur les pénis ou les vagins (ou les deux, c’est dimanche), sans doute désirez-vous les humains plutôt que les animaux, les bien portants plutôt que les malades, les vivants plutôt que les morts. Pourtant, personne ne vous oblige à placer « non-nécrophile » en première ligne de vos attirances. Vous n’aimez pas tous les hommes, ni toutes les femmes : vous en aimez certains, et certaines. Vous pouvez n’en aimer sentimentalement aucun des deux (catégorie aromantique) ou ne jamais éprouver d’attirance sexuelle pour personne (catégorie asexuelle).
Il y a fort à parier que la génération milleniale, qui a grandi en piochant parmi 56 genres différents sur Facebook, s’emparera naturellement des étiquettes, et plus encore, de l’idée que les étiquettes ne sont pas gravées dans le marbre
Vous pourrez bien sûr débouler dans la conversation avec le rasoir d’Ockham. Prière cependant de ne pas trébucher sur la lame : s’il faut s’en tenir à un argument purement statistique, à l’heure actuelle, seuls les hétéros existent (remarquez, avec une catégorie unique, c’est sûr que les moutons sont bien gardés). Mais ce serait oublier le pouvoir performatif des catégories : peut-être vous considérez-vous comme hétérosexuel de base parce que votre vocabulaire, votre éducation, votre dressage ne vous ont pas laissé le choix. Parce que justement, en l’absence de mots, vous avez été incapable de questionner vos attirances réelles, encore moins de les affiner. Il y a fort à parier que la génération milleniale, qui a grandi en piochant parmi 56 genres différents sur Facebook (dont « autre »), s’emparera naturellement des étiquettes, et plus encore, de l’idée que les étiquettes ne sont pas gravées dans le marbre (combien de femmes autoproclamées bisexuelles pendant leur vingtaine le sont-elles encore à leur quarantaine ? Combien d’hommes hétéros acceptent volontiers les fellations d’autres hommes ?).
Les mots permettent d’entamer le dialogue
Et parce qu’il faut poser la question qui fâche : au fait, qu’est-ce qui nous dérange dans la multiplication des niches ? Votre nièce queer sapiosexuelle perturbe-t-elle votre existence ? Est-il plus communautariste d’être gay ou hétéro ? (Vous avez quatre heures.) Même chose pour la féminisation des titres : va-t-on réellement arrêter de dormir si le mot « autrice » se répand ? Allons : ne serait-ce pas une question de flemme ? Les mots permettent d’entamer le dialogue : si on refuse les mots, n’est-ce pas une manière d’affirmer qu’on refuse de comprendre – qu’on refuse même de poser la question ?

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Avoir un langage adapté à son temps et ses pratiques, c’est poser des repères autant que des capacités d’organiser et désorganiser ses interactions au monde. C’est pouvoir rechercher les supports de désir qui nous conviennent. C’est reconnaître dans une foule l’homme qui nous fera chavirer. C’est se connaître soi-même, pas seulement à grandes lignes (de fuite). C’est jouir de raccourcis dans une conversation. C’est s’autoriser des réinventions : si vous voulez acheter vos croissants ce matin façon phénix priaposexuel semilibertin uro-orienté en troisième décan du Verseau, personne ne vous en empêche.
Enfin, même les adeptes de la plus immense mauvaise foi admettront que cette complexification du monde n’est nullement limitée aux sexualités (comme vous le rappelleront bientôt vos formulaires de déclaration d’impôt). On entend moins râler quand il s’agit de pouvoir choisir entre huit cents variétés de pâtes italiennes !


