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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ La colorisation par l’artiste brésilienne Marina Amaral des images de la jeune Polonaise Czeslawa Kwoka, prises dans le camp de concentration, met le Web en émoi.
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Photos d’Auschwitz colorisées : mise en scène ou mise à distance du temps ?

La colorisation par l’artiste brésilienne Marina Amaral des images de la jeune Polonaise Czeslawa Kwoka, prises dans le camp de concentration, met le Web en émoi.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 14h00
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Une toute jeune fille, un triangle rouge, une ves­te rayée. De profil, de face, de trois quart. En trois Tweet, le compte officiel du Musée national d’Auschwitz-Birkenau, « Auschwitz Memorial », a publié, le 12 mars, les photographies de ­Czeslawa Kwoka, jeune Polonaise déportée, portant des marques de coups, qui fut exécutée exactement soixante-quinze ans auparavant, le 12 mars 1943.
Réalisées à des fins d’identification des prisonniers et de statistiques sur ordre des commandants nazis du camp, ces images étaient connues du grand public ; en quelques jours, elles font pourtant le tour du réseau social et du Web. C’est que, dans un quatrième post, le musée a ajouté une version colorisée produite par l’artiste brésilienne Marina Amaral. Il sera relayé trois fois à dix fois plus que ceux montrant les photographies originelles en noir et blanc.
Une plus grande empathie ?
Si la colorisation est un procédé presque aussi ancien que le procédé photographique lui-même – pratiqué dès 1840 par le photographe suisse ­Johann Baptist Isenring –, sa version numérique connaît un grand succès ces dernières années. Marina Amaral, qui a fait de la colorisation d’images « iconiques » son cœur de métier, ­explique sa démarche sur son compte personnel :
Se confronter à des images telles que celle-ci pendant de longues minutes voire des heures, en m’assurant qu’aucun détail ne m’a échappé, n’est pas une tâche facile (émotionnellement). Mais je continuerai à le faire, car je crois sincèrement que regarder des visages comme celui de Czeslawa et de tant d’autres en couleurs a un puissant impact. »
La couleur permettrait, selon une idée répandue reprise ici par l’artiste, une plus grande empathie avec le sujet représenté, en effaçant virtuellement la distance temporelle entre le moment de la prise de vue et notre époque.
Cette volonté de rendre invisibles les marques du temps est critiquable du point de vue de l’histoire visuelle, car...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Cet Ecossais inspiré par Raymond Chandler était notamment l’auteur des « Bernie Gunther », une série romanesque située dans l’Allemagne de Hitler.
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Mort de l’écrivain Philip Kerr, figure du polar historique

Cet Ecossais inspiré par Raymond Chandler était notamment l’auteur des « Bernie Gunther », une série romanesque située dans l’Allemagne de Hitler.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 11h42
    |

                            Macha Séry








                        



   


L’écrivain Philip Kerr est mort le vendredi 23 mars, a annoncé sa famille sur le réseau social Twitter. La nouvelle a ensuite été confirmée par l’éditeur de l’Écossais, qui était âgé de 62 ans. Auteur d’une trentaine de livres, il avait été rendu célèbre dans le monde entier par le détective qu’il inventa, Bernie Gunther, inspecteur de la « Kripo », la police criminelle allemande, enquêtant tant bien que mal sous le régime nazi, et auquel il consacra douze romans.

        Lire aussi :
         

                Bernie Gunther, concierge de choc



Né en 1956 à Edimbourg dans une famille baptiste, fils d’un homme d’affaires, il confiait au Monde des livres lors d’une rencontre en 2014 : « L’Ecosse est un endroit misérable, noir, assez traumatisant, pas seulement à cause de ses bas-fonds et de ses ruelles sombres. C’est le pays de John Knox [fondateur de l’Église d’Écosse], qui a tout foutu en l’air par sa haine religieuse. L’histoire, là-bas, est pleine d’ombres et de fantômes. Il y a quelque chose de foncièrement morbide chez les Écossais. Ils n’aiment rien tant que la mort, la souffrance et l’hypocrisie. » 
Rejetant le rigorisme religieux de ses parents, le jeune garçon « vénère », en guise de « saints », les romanciers qui l’ont « aidé à vivre ». Après un double diplôme obtenu à l’université de Birmingham, il trouve un emploi de rédacteur publicitaire à Londres chez Saatchi & Saatchi. « On avait l’impression qu’ils écrivaient tous des romans, là-dedans », racontait-il. Alors il fait pareil, travaillant à son manuscrit pendant ses heures de bureau. Tous les jours, il se rend à la British Library ou à la bibliothèque Wiener, spécialisée dans l’histoire de la Shoah, pour se documenter sur la Seconde guerre mondiale, au prétexte de déjeuners d’affaires.
Une fresque glaçante
Sans avoir jamais inventé de slogan ni démarché aucun client, il abandonne cette sinécure lorsque paraît, en 1989, L’été de cristal (Le Masque, 1993) le premier des « Bernie Gunther », cet antinazi conduit par les circonstances à devenir un officier SS. L’idée, terriblement audacieuse, portée au sommet par un talent époustouflant, est née d’une question simple : qu’aurait écrit Raymond Chandler si, au lieu de quitter Londres pour Los Angeles, il s’était rendu à Berlin, et que Philip Marlowe avait assisté à l’ascension d’Hitler ? Encore fallait-il se montrer digne d’un tel postulat.
Non content d’avoir dépoussiéré le polar historique, Philip Kerr a brossé la fresque romanesque la plus documentée et glaçante de la vie quotidienne sous Hitler et dans l’immédiat après-guerre. C’est peu dire que Bernie Gunther navigue en eaux troubles et pratique l’ambivalence morale. Comment, en effet, enquêter sur un crime à l’heure des tueries de masse ? Comment mener des investigations policières quand la Kripo et la Gestapo sont censées servir les visées idéologiques du régime ? Enfin, pour le romancier, comment s’introduire dans l’Histoire sans la dénaturer par la fiction ?

        Lire aussi :
         

                Philip Kerr marque un deuxième but



En 2014, toujours, il nous expliquait : « J’essaie d’écrire entre les lignes de l’histoire connue et ne triche jamais avec les faits. Je ne ressens pas de responsabilité, en tant qu’écrivain, autre que celle que je me donne, autrement dit, un devoir d’honnêteté. » C’est précisément en respectant les noms, les événements avec un sens maniaque de la nuance et une obsession scrupuleuse du détail qu’il parvient à un surcroît d’authenticité.
Les trois premiers volumes achevés - une trilogie baptisée La Trilogie berlinoise -, Kerr pensait en avoir fini avec les fantômes du nazisme. Il éprouva le besoin d’écrire autre chose - reportages, thrillers, essais, livres jeunesse - pour retrouver la lumière après avoir plongé dans les ténèbres de la barbarie. Mais Bernie Gunther n’a cessé de rôder dans l’esprit de ses lecteurs. Le douzième épisode de la série, Bleu de Prusse, doit paraître au Seuil le 3 mai.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Au ministère de la culture, l’année Debussy est l’occasion d’inaugurer un nouveau cycle, Les Nocturnes du ministère. Objectif : ouvrir les portes
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Rue de Valois, la musique sans la pompe

Au ministère de la culture, l’année Debussy est l’occasion d’inaugurer un nouveau cycle, Les Nocturnes du ministère. Objectif : ouvrir les portes



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h22
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

Soupir : ce vendredi 23 mars, Laurence Tison-Vuillaume, directrice de cabinet de Françoise Nyssen, continue de plancher, la nuit venue, sur le dossier « pass culture ». Sourire : de l’autre côté de la cloison filtre la Sonate n° 1 pour violoncelle et piano en ré mineur de Claude Debussy. Pour son plus grand bonheur, une phalange de grands élèves du Conservatoire national supérieur de musique y donne concert devant une assemblée hétéroclite.
Ici comme ailleurs, on fête Debussy. On inaugure surtout une nouvelle formule que la ministre voudrait renouveler chaque mois : Les Nocturnes du ministère de la culture. « Inscription gratuite via les réseaux sociaux », disait le communiqué. La vérité, c’est que la chose s’est faite « à l’arrache », mais que « la ministre a demandé à ce qu’on ne pioche pas dans la liste convenue des institutionnels, explique un membre du cabinet. On a contacté un centre d’aide sociale de la porte Montmartre, une association de quartier… »
Chaque locataire du ministère y a imprimé sa marque. Celle de Françoise Nyssen s’est construite à Arles, et ce soir la Rue de Valois a des faux airs de Méjan, ce lieu où Actes Sud, sa maison d’édition (dont elle s’est mise en retrait), brasse livres, concerts, expositions, projections de films…
Danse et concerts dans les salons
Ainsi, au début du mois, dans le salon Jérôme qui jouxte son bureau, Françoise Nyssen a fait recouvrir le portrait du plus jeune frère de Bonaparte par une toile monumentale de Louise Bourgeois. Hier, les jeunes élèves chanteurs danseurs du CREA d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), pieds nus, s’entraînaient sur ses épais tapis. Il y a encore quelques semaines, on a entendu déclamer ici. Et si d’aventure quelque négociateur s’inquiète d’entendre violon ou clarinette, on lui expliquera que ce sont des élèves de conservatoire qui répètent.
Le Méjan way of life. Fêter la culture et se méfier du faste. Chaque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Réduction des effectifs, développement d’une production propre, renouvellement des outils… La radio-télévision belge francophone s’est métamorphosée. Avec succès.
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En Belgique, la transformation réussie de la RTBF

Réduction des effectifs, développement d’une production propre, renouvellement des outils… La radio-télévision belge francophone s’est métamorphosée. Avec succès.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 11h06
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Jadis, on l’appelait la « Casa Kafka », pour souligner sa complexité, ou « l’église des frères prêcheurs », en raison du ton docte adopté par bon nombre de ses journalistes, « gauchistes » et « donneurs de leçons », selon ses contempteurs.
Certes, la radio-télévision belge francophone (RTBF) occupe toujours le même bâtiment bruxellois, caricature de la Belgique fédérale : deux entrées, l’une pour les néerlandophones, l’autre pour les francophones. Un immeuble coupé en deux par une frontière linguistique invisible.
Mais, pour le reste, elle s’est profondément transformée, sous l’impulsion de Jean-Paul Philippot, son administrateur général depuis 2002. Ce haut fonctionnaire étiqueté socialiste a su habilement gommer cette référence, aussi nécessaire pour accéder à une haute fonction qu’encombrante pour qui veut adopter le style managérial.
Fort de son idée de base, selon laquelle le service public a « un devoir d’adaptation et de modernité », cet ingénieur de formation a lancé dès 2002 un vaste plan, dit « Magellan », censé fixer le cap : une radio et une télévision s’adaptant à la concurrence du secteur privé – la chaîne RTL-TVI, filiale du groupe Bertelsmann –, mais aussi à celle des chaînes françaises, TF1 en tête.
Clarification de l’offre
Depuis, les effectifs de la RTBF ont été réduits d’environ 30 %, et la direction a misé sur le développement d’une production propre, le renouvellement complet des outils, un marketing judicieux et une offre se démarquant de celle du privé, sans renier l’élément « divertissement ».
Jean-Paul Philippot et ses équipes sont peut-être en train de remporter leur pari. Même si TF1 a lancé sa propre régie sur le marché belge, aspirant une partie de ses ressources publicitaires et même si RTL-TVI accapare une partie de l’audience, sans toutefois engranger autant de bénéfices que le souhaiteraient ses actionnaires… Le groupe RTL-TVI, qui compte trois chaînes de télévision...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Dans un entretien au « Monde », Jean-Paul Philippot, patron de la radio-télévision belge francophone depuis 2002, estime qu’un effort d’adaptation est nécessaire, à l’heure où les formats et les usages se transforment.
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« Le service public de l’audiovisuel doit être l’acteur d’une société moderne »

Dans un entretien au « Monde », Jean-Paul Philippot, patron de la radio-télévision belge francophone depuis 2002, estime qu’un effort d’adaptation est nécessaire, à l’heure où les formats et les usages se transforment.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 11h07
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Ingénieur de formation, Jean-Paul Philippot, âgé de 57 ans, est adminis­trateur général de la radio-télévision belge francophone (RTBF) depuis 2002 et président de l’Union européenne de radio-télévision (UER), la plus grande alliance de médias de service public au monde, depuis 2009.
En Europe, l’audiovisuel public est sous pression. Quelle est votre analyse de cette situation ?
Dans certains pays, les contraintes budgétaires prédominent ; ailleurs, c’est la question de l’indépendance par rapport au pouvoir qui est posée. Lors de la crise financière de 2008, par exemple, l’audiovisuel public a été durement frappé au Portugal, à Malte, en Grèce et aux Pays-Bas. Pour d’autres raisons [plus politiques], les débats sont vifs en ­Hongrie et en Pologne. A différents moments – et nous en vivons un –, les sou­bresauts ou les crises ont aussi été liés à l’adaptation du service public à sa valeur ajoutée, ainsi qu’à sa capacité à revoir son modèle d’organisation. Aujourd’hui, l’audiovisuel public a l’obligation de se moderniser.
A-t-il toujours une place dans la grande mutation actuelle, caractérisée par l’émergence de plates-formes comme Netflix ?
Il est indispensable de se poser la question. Le service public est fort là où il peut démontrer son rôle. Il faut d’ailleurs redéfinir sa « valeur culturelle ajoutée », alors que les formats et les usages se transforment. Nous assistons à une crise de confiance généralisée envers les médias d’information qui est d’autant plus forte dans les pays où le service public est faible ou inexistant.
Nous observons parallèlement la naissance d’un espace dans lequel on peut colporter des rumeurs, désinformer, faire de la propagande sans le filtre d’un média, ce qui endommage le tissu social. Histori­quement, c’est pour empêcher ce cas de figure qu’on a inventé le journalisme, qui s’appuie sur des professionnels et des règles déon­tologiques. Les plates-formes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Spécialiste des idées politiques longtemps proche de Raymond Aron, il tente inlassablement de saisir, au plus près du réel, ce qui permet la vie commune. Son nouvel essai, concentré de sa pensée, en témoigne.
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Pierre Manent, grammairien de l’action

Spécialiste des idées politiques longtemps proche de Raymond Aron, il tente inlassablement de saisir, au plus près du réel, ce qui permet la vie commune. Son nouvel essai, concentré de sa pensée, en témoigne.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 10h28
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

Il a fallu commencer par rompre. Et continuer. Rompre avec sa famille, avec les passions qui dominent son temps ; trouver à chaque étape une autre distance à prendre, un autre pas de côté à faire. En rencontrant le philosophe Pierre ­Manent, spécialiste des idées politiques dont paraît un nouvel essai, La Loi naturelle et les Droits de l’homme, méditation sur l’oubli contemporain des règles de l’action humaine, on ne peut s’empêcher de penser à l’énergie et à la détermination nécessaires pour bâtir une œuvre aussi à rebrousse-poil que la sienne.
Pourtant, l’homme qui se tient devant vous, assis à une petite table, dans un salon chaleureux malgré la fraîcheur qui règne en ce matin d’hiver, avec ses souvenirs, ses objets d’art, ses meubles de bois sombre, frappe plutôt par une sérénité apparemment à toute épreuve que par un sens tonitruant de la provocation. Il est vrai que son œil frise vite, et que le rire est souvent près d’affleurer à mesure qu’il déroule les années de formation, les rencontres, les travaux, les perplexités, les audaces qui ont forgé sa pensée. Et les ruptures en cascade, comme autant de tours joués au destin qui lui semblait réservé.
A contre-courant
Le jeune homme qui entre à l’Ecole normale supérieure à la fin des années 1960 est en effet autant à contre-courant de la plupart de ses camarades qu’il est possible. Il ne vient pas de découvrir Debord, Marcuse ou Althusser mais saint Thomas d’Aquin (1225-1274), dont la lecture a contribué à sa conversion au catholicisme. Lui dont les parents étaient communistes a pris doublement le large, des siens comme de sa génération. Quel rivage va-t-il aborder ? Il reconnaît volontiers aujourd’hui qu’un penchant sinon réactionnaire, du moins de refus radical du monde contemporain a pu exister chez lui. Il tendait même, en un sens, à structurer sa pensée.
« Si l’on veut être sommaire – mais ce n’est pas faux –, explique-t-il, j’étais marqué par une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le nouveau jeu de rôle de Bandai Namco mêle action, gestion et gentils esprits de la forêt, dans un croisement improbable entre « The Witcher 3 » et « Mon voisin Totoro ».
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On a testé… « Ni no Kuni II », le jeu vidéo entre Bilbo le Hobbit et Miyazaki

Le nouveau jeu de rôle de Bandai Namco mêle action, gestion et gentils esprits de la forêt, dans un croisement improbable entre « The Witcher 3 » et « Mon voisin Totoro ».



Le Monde
 |    24.03.2018 à 08h00
    |

                            Daniel Andreyev








                        



   


C’est un royaume féerique et coloré, peuplé d’hommes-chats et de vieillards à tête de souris. C’est un monde chaleureux, complètement dépourvu de toxicité. Certes, il y a des combats, des gentils et des méchants et les enjeux sont parfois plus importants qu’ils n’y paraissent. Mais si peu.
Au milieu de ce royaume de Carabas, vous êtes Evan, petit prince aux oreilles de chat qui se voit dépossédé de son rang par un coup d’Etat de souris. Il prend la fuite, aidé par Roland, un fonctionnaire international arrivé là par le truchement des mondes parallèles. Ensemble, ils vont essayer de rebâtir un royaume de paix et d’amour.
Comme dans les films du studio Ghibli, l’histoire est racontée à hauteur d’enfant, mais avec quelques grilles de lectures pour les adultes. L’intrigue explore différents horizons comme la conspiration politique ou une réflexion sur l’écologie et la course à l’armement. Le thème de l’aventure, c’est l’espoir, et ce jeu le rappelle de mille feux.

« A la manière » du studio Ghibli
Disponible depuis vendredi 23 mars sur PlayStation 4 et PC, Ni no Kuni II s’adresse directement à notre inconscient de cinéphile, alimenté par l’animation japonaise et principalement par des œuvres comme Le Voyage de Chihiro, Le Château ambulant ou Princesse Mononoké. Complètement à l’opposé de la course au photoréalisme, son apparence fait croire qu’il s’agit du travail du studio Ghibli.
C’était le cas avant : le premier épisode, sorti en 2010 sur PlayStation 3 et Nintendo DS, était une collaboration directe avec le studio de Hayao Miyazaki. Cette fois, ses artistes vétérans, en free-lance, font tout pour entretenir l’illusion, « à la manière de ». Les connaisseurs se souviennent qu’en 1998 le jeu de rôle japonais Jade Cocoon, sur PlayStation 1, jouait déjà sur ce style.

   


Le style Ghibli, justement, c’est l’animation japonaise dans sa plus éclatante expressivité. Pas seulement des couleurs en aplats, mais aussi le choix des textures, toujours douces et ses lignes, souvent très simples et épurées. La force des films de Miyazaki, c’est leur puissance évocatrice et le sentiment de nostalgie qu’ils procurent. Au cinéma comme en jeu vidéo, c’est devenu presque un genre en soi et Ni no Kuni II parvient avec raffinement à l’évoquer.
Pour que la rêverie soit totale, le studio de développement Level-5 a fait appel une nouvelle fois à Joe Hisaishi, le compositeur attitré de Miyazaki et de la grande période de Takeshi Kitano. Et, même s’il est meilleur pour mettre en musique les longs-métrages, certaines de ses mélodies sont vraiment très réussies.
Pensé pour les plus jeunes
Manette en main, le jeu maintient une accessibilité maximale, grâce à un système de combat qui est sans doute ce qui se fait de plus simple dans le genre. Il ressemble presque à un The Witcher pour enfants – étrangement, Ni no Kuni II s’inspire d’ailleurs beaucoup de la trilogie de jeux de rôles polonais, jusque dans la représentation de son monde ouvert.
Ni no Kuni II n’est jamais ardu, et à part de rares moments purement aléatoires et certains boss, on reste dans une difficulté calibrée pour les joueurs débutants. Le jeu invente tout un tas d’options et de paramètres pour leur simplifier encore plus la tâche, comme les esprits sylvains locaux, les Mousses, qui distribuent des sorts de soin, des attaques bonus, tandis que l’armement de qualité est abondamment distribué.

   


La protection du royaume est aussi primordiale et fait intervenir une mécanique de stratégie en temps réelle. Pas de problème pour les plus jeunes, la victoire repose sur la traditionnelle trinité des forces, pierre-feuille-ciseaux. Parfois un peu brouillon, ce mode de combat casse le rythme et la monotonie, et s’inscrit dans une longue tradition des champs de bataille dans les jeux de rôle japonais, à commencer par Suikoden. La partie stratégie demeure assez simple pour ne pas dire limitée : il suffit souvent de foncer dans le tas pour voir les troupes ennemies tomber comme des cafards.
Du « SimCity » dans un jeu de rôle
L’idée géniale de Ni no Kuni II est surtout de proposer de créer un royaume. Concrètement, cela implique de le gérer, un peu comme une base. Au Japon, le modèle a été popularisé par Suikoden. Plus récemment, les récents Metal Gear Survive et Fire Emblem ont offert des possibilités de décorer son habitat et de fonder des casernes.

   


Un quartier général à gérer, c’est souvent la garantie d’un jeu accrocheur. Ici, il faut construire des baraques, gérer les commerces, créer une société meilleure où ses citoyens gagnent de l’expérience pour la mettre, à leur tour, aux services du bien commun… Le monde de Ni no Kuni II fonctionne comme une monarchie éclairée, une utopie qui opère quand tout le monde remplit sa part de travail. Même sa gestion de quêtes s’inspire d’une interface à la Facebook, dénuée de toute toxicité.
Un jeu japonais pour Occidentaux
L’éditeur Bandai Namco s’est spécialisé avec la série des « Tales of » dans les jeux de rôles puisant dans l’animation japonaise. Ici, ils franchissent une étape supplémentaire : l’aventure bienveillante et généreuse. Ni no Kuni 2, c’est Bilbo le Hobbit dans le monde de Miyazaki avec un jeu de gestion au milieu. Et le paradoxe le plus fascinant, c’est que le premier épisode a été un jeu qui s’est vendu avant tout en Occident.

   


A la fin de sa vie, Kurosawa était devenu presque un ovni dans son pays, un génie boudé et ignoré. Pour faire ses films, le maître faisait appel à ceux qui l’aimaient, aux réalisateurs étrangers, à ses généreux admirateurs. De cette manière, il a réalisé des films pas forcément personnels, mais grandioses et ambitieux. Les parallèles avec Ni no Kuni II paraissent évidents : plus riche, plus grandiloquent, moins intimiste.
Conçu avant tout pour le public des gaijin – les non-japonais –, il n’oublie cependant pas ses racines et ses recettes purement nippones. Cela ne veut pas dire que c’est un chef-d’œuvre du genre, non. Cela signifie simplement que, désormais, l’Occident ne passe plus à côté des choses simples.
En bref
On a aimé :
L’ambiance ;Le système de royaume à construire ;Les musiques dans leur ensemble ;Un jeu de rôle très simple mais pas simpliste ;Un bien meilleur jeu que le précédent ;L’histoire, aussi « Ghibli » que les graphismes.
On n’a pas aimé :
La difficulté parfois aléatoire ;Les quêtes de remplissage ;Les donjons annexes.
C’est plutôt pour vous si…
il vous faut un jeu de rôle accessible à tout public ;Les films de Miyazaki vous manquent ;Vous débutez dans le jeu de rôles japonais.
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
Si les jeux à l’apparence enfantine vous refroidissent.
La note de Pixels 8 Mikado sur 10 Choco BN à la fraise.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Quelques établissements haut de gamme se sont dotés d’un département spécialisé dans la gestion de patrimoine et des services liés à l’art.
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Quand les banques vous conseillent en art

Quelques établissements haut de gamme se sont dotés d’un département spécialisé dans la gestion de patrimoine et des services liés à l’art.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 07h15
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Selon le rapport « Art et finance » publié en 2016 par Deloitte Luxembourg (lien vers PDF en anglais), en collaboration avec ArtTactic, 78 % des conseillers en patrimoine estiment que leurs activités de gestion devraient intégrer des services liés à l’art. C’est déjà le cas pour les grandes banques privées. Associée depuis près de dix ans avec la société londonienne de conseil en art 1858, la Société générale banque privée compte renforcer cette année son offre en interne. UBS, Neuflize OBC ou BNP Paribas, disposent, elles, depuis longtemps de services spécialisés intégrés.

Leur rôle ? Guider leurs clients, novices ou avertis, pour optimiser fiscalement leur patrimoine ; les accompagner dans l’achat et la vente d’œuvres, notamment en cas de succession ou de divorce. « Notre rôle, c’est d’être des facilitateurs », résume Mathilde Courteault, responsable du département art chez Neuflize OBC. Et d’ajouter : « On ne fait pas de conseil à l’achat. On ne leur dit pas achetez ça, vous gagnerez 10 % en dix ans, mais on pratique le sur-mesure. » Et la pédagogie. Car les questions affluent. Quel est le juste prix d’une œuvre d’art ? Doit-on vendre de gré à gré ou aux enchères ? Faut-il se délester vite d’un tableau ou est-il plus opportun d’attendre ?
Commissions dégressives
Pour y répondre, ces services doivent à la fois connaître le marché de l’art sur le bout des doigts, ou à défaut disposer d’un bon réseau d’experts référents. Plutôt que de courir tous les lièvres, certains se spécialisent. BNP Paribas ne se concentre par exemple que sur les beaux-arts. Si le conseil est inclus dans la prestation d’ensemble de la banque, toute transaction effective fait l’objet d’une commission. Chez BNP Paribas, celle-ci est dégressive de 10 % à 2,5 %, sachant que le montant minimum d’intervention s’élève à 60 000 euros en France et à 150 000 euros à l’international.

L’accompagnement ne s’arrête pas là. Pour se différencier,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale » propose une sélection de films, documentaires ou podcasts à regarder et à écouter en différé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/03/2018
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Mélancolie amoureuse et sons révolutionnaires : nos choix de replays

Chaque samedi, « La Matinale » propose une sélection de films, documentaires ou podcasts à regarder et à écouter en différé.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 07h05
   





                        



   


LES CHOIX DE LA MATINALE
Le printemps, ce n’est pas encore pour maintenant. En attendant, restez au chaud. Au programme de ce week-end : un belle histoire d’amour, un docu haletant sur Interpol et une plongée dans les archives sonores de Mai-68.
« Ne me dis rien » : l’ordinaire brutal d’une passion amoureuse



Dans le tramway, leurs regards se croisent. Puis se recroisent. A la piscine où elle se rend, comme chaque mercredi soir, et où il l’a suivie, pour la première fois, ils ne se parlent pas, suspendus au désir dont ils retardent, avec conscience, l’aboutissement. A la sortie, l’étreinte se produit dans cette fulgurante intimité qui fait s’entendre les corps sans que les mots aient à s’en mêler. Photographe, mariée avec un homme qu’elle aime et mère d’une adolescente, Lena (Ursina Lardi) reverra Martin (Ronald Zehrfeld), journaliste, lui aussi amoureux de sa femme. Soucieux de préserver leurs couples, ils entameront une liaison qu’ils penseront pouvoir maîtriser.
Traitée à la manière d’un matériau brut, la passion des amants adultères s’impose sans que soit exploité, pour la justifier, l’argument des sentiments – pourtant présents – ou l’excuse de l’ennui (voire la frustration) conjugal. Face à ce matériau brut qui n’offre aucune prise, il n’est rien d’autre à faire que d’attendre l’apparition de la première fissure. Avant que le mur ne se lézarde, devienne poreux.
Andreas Kleinert enregistre cette lente dégradation dans laquelle pourtant Lena et Martin choisiront de ne pas sombrer, soustrayant ainsi le film à une entière noirceur. Il n’empêche que la scène finale, filmée à travers la vitre d’un café, sans aucune parole échangée, fait un clin d’œil si grand à l’esthétique d’Edward Hopper qu’on ne peut échapper au désenchantement dont le film n’a cessé de repousser l’avènement. Véronique Cauhapé
« Ne me dis rien », d’Andreas Kleinert. Avec Ursina Lardi, Sarah Hostettler, Ronald Zehrfeld (Allemagne, 2016, 90 minutes). Sur Arte + 7.
Les zones d’ombre d’Interpol

C’est une délicate et solide enquête qu’ont menée le Français Mathieu Martinière et l’Allemand Robert Schmidt sur Interpol, organisation mondiale aussi mythique que méconnue. Dans l’imaginaire collectif, celle-ci évoque plutôt un univers d’enquêteurs aux pouvoirs considérables, aux compétences reconnues et aux moyens sans limites, capables de surveiller, d’arrêter terroristes, trafiquants et autres fâcheux.
Une image que cette enquête menée sur plusieurs années démythifie. D’abord, l’institution créée en 1923 et basée à Lyon, en dépit de ses 192 pays membres, paraît sans cesse courir après l’argent, tant son budget de fonctionnement (environ 100 millions d’euros) est ridicule par rapport aux multiples missions dont elle est chargée. D’où la nécessité pour Interpol de trouver d’autres sources de financement, avec des entreprises privées ou même des Etats.
Aussi lucratifs soient-ils, ces partenariats (avec la FIFA, Philip Morris ou des pays comme le Qatar ou Singapour) posent évidemment la question du conflit d’intérêts. Mais où trouver l’argent si les pays membres refusent d’augmenter leurs contributions ? Le problème semble insoluble. Alain Constant
« Interpol, une police sous influence ? », de Samuel Lajus. Auteurs : Mathieu Martinière et Robert Schmidt (France, 2018, 95 minutes). Sur Arte + 7.
Plongée sonore dans Mai-68

   


Il y a tout juste cinquante ans, une centaine d’étudiants occupaient la salle du conseil de l’université de Nanterre. Ce « Mouvement du 22 mars », à la tête duquel se trouve Daniel Cohn-Bendit, ira en s’amplifiant pour atteindre, début mai 1968, la Sorbonne, à Paris, avant de s’étendre à toute la France.
Symbole du déclenchement d’un des plus vastes mouvements sociaux, politiques et culturels qu’a connus la France, au XXe siècle, le 22 mars, a également été choisi par Europe 1 pour lancer les commémorations du cinquantième anniversaire de Mai-68, à travers une journée spéciale. Afin de faire revivre les temps forts de ces événements, la station propose un « tout-sonore » construit à partir de ses archives, commentées par Thierry Geffrotin.
Découpé en quatre épisodes de 10 minutes, allant du 22 mars au 29 mai, date de la disparition surprise du général de Gaulle, avant son retour et l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale, Mai 68, la révolte sur les ondes, permet d’appréhender la manière dont ce mouvement de contestation étudiant s’est mué en mouvement social puis politique.
Surtout, il offre, par sa richesse sonore, une véritable plongée au plus près des événements au fil desquels on peut (ré)entendre les différents protagonistes, les reporters d’Europe 1 (Gilles Schneider, Fernand Choisel, Alain Cancès…) se glissant dans les cortèges, les assemblées générales ou arpentant le Quartier latin lors de la nuit des barricades du 10 et 11 mai, ainsi que les débats organisés par la station avec les auditeurs. Christine Rousseau
« Mai 68, la révolte sur les ondes », de Sébastien Guidis, commenté par Thierry Geffrotin (4 ×10 minutes) sur Europe1.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Profitant de la Coupe du monde de football (14 juin-15 juillet), dont TF1 diffusera 28 des 64 rencontres, la chaîne d’info va consacrer davantage de temps d’antenne au ballon rond.
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LCI entre dans le match

Profitant de la Coupe du monde de football (14 juin-15 juillet), dont TF1 diffusera 28 des 64 rencontres, la chaîne d’info va consacrer davantage de temps d’antenne au ballon rond.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 19h00
    |

            Alain Constant








                        



   


Jusqu’à présent, les amateurs de foot à la télévision n’avaient pas pour habitude de se brancher sur LCI pour suivre, les débats d’après-match. Dans le petit monde des chaînes d’info en continu, ceux menés sur BFMTV par les journalistes maison de RMC Sports ou les plateaux animés par Pascal Praud sur CNews (filiale de Canal+) tenaient la corde. Sans oublier les célèbres soirées d’après-match de La chaîne L’Equipe animée par Olivier Ménard.
Discrète jusqu’à présent dans l’univers footballistique, LCI a désormais l’intention de refaire le match. La raison de ce soudain intérêt porté au sport le plus populaire de la planète ? La phase finale de Coupe du Monde qui se tiendra en Russie (du 14 juin au 15 juillet) et dont TF1, maison mère de LCI et unique diffuseur en clair de la compétition, s’apprête à diffuser 28 des 64 matches de la compétition. L’intégralité étant proposée sur la chaîne payante BeIn Sports.
Profitant d’images exclusives détenues par TF1, autoproclamée depuis longtemps « chaîne des Bleus », LCI a donc choisi de consacrer plus de temps d’antenne au foot. Des rendez-vous réguliers sont en projet et plusieurs consultants ont rejoint récemment le groupe TF1 comme Pascal Dupraz, ancien entraîneur de Toulouse, dont la forte personnalité pourrait lui valoir un certain succès à l’antenne. Ou encore Nathalie Iannetta, ex-journaliste vedette de Canal+ qui retrouve les plateaux télé après une longue escapade (auprès de François Hollande, à l’UEFA puis au sein d’une agence de communication).
Audiences encourageantes
Ce vendredi soir, à l’issue du match amical France-Colombie disputé au Stade de France à Saint-Denis, LCI a prévu une émission spéciale à 22 h 45. Caroline Henry présentera ce rendez-vous avec, à ses côtés, l’ex-joueur brésilien Raï, le réalisateur Fabien Onteniente, l’ancien dirigeant du PSG Charles Villeneuve et Damien Ferreiro, journaliste des sports de la rédaction. Grégoire Margotton et Bixente Lizarazu, commentateurs du match pour TMC, interviendront sur LCI et la conférence de presse d’après-match de Didier Deschamps sera diffusée en direct sur la chaîne info.
LCI et le foot feront-ils bon ménage ? Les audiences enregistrées mardi 20 mars, à l’occasion de la venue du trophée de la Coupe du monde à Paris, le laissent penser. La matinale animée par Pascale de La Tour du Pin a notamment signé son record d’audience depuis août 2017 avec 87 000 téléspectateurs (2,5 % de parts d’audience). Tout au long de la journée, la chaîne d’info a diffusé des sujets consacrés à la Coupe du monde, avec en point d’orgue, un long entretien exclusif de Didier Deschamps par David Pujadas. « LCI sera la chaîne d’information de la Coupe du monde » annonce le slogan publicitaire du groupe TF1. Le match ne fait que commencer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Cent ans après sa mort, le compositeur pose toujours problème, dans la perception du public et dans la mise en perspective de sa musique par les interprètes et les institutions.
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Claude Debussy, ce moderne méconnu

Cent ans après sa mort, le compositeur pose toujours problème, dans la perception du public et dans la mise en perspective de sa musique par les interprètes et les institutions.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 18h51
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 06h46
    |

                            Marie-Aude Roux et 
                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Le 19 janvier, Emmanuel Macron et la chancelière allemande, ­Angela Merkel, se tenaient côte à côte dans l’auditorium de la ­Philharmonie de Paris à l’occasion d’un récital Debussy par Daniel Barenboim, pianiste. Lancée à l’ini­tiative personnelle du président, cette inauguration de l’« année Debussy » laissait ­espérer que la commémoration du centenaire de la mort du « plus universel des musiciens français » – dixit Pierre Boulez –, coïncidant avec celui de la fin de la Grande Guerre, ­nourrirait également des réflexions d’ordre historique sur le rayonnement posthume de celui qui, à compter de 1914, ­signait ­volontiers « Claude de France ». Le même soir, la ministre de la culture, Françoise Nyssen, ­suivant le mouvement, avait souhaité que la musique de Claude Debussy (1862-1918) ­entre désormais « dans la vie de tous les ­Français ».

Deux mois après son prélude diplomatique, l’année Debussy connaît en fait son ­véritable coup d’envoi ce week-end du 25 mars, date anniversaire de la mort du ­musicien à l’âge de 55 ans. Dimanche, sa ­musique résonnera dans les salles de ­concerts, entre autres, au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris, avec l’Orchestre ­Lamoureux, formation qui, jadis, assura plusieurs créations symphoniques du ­compositeur, mais aussi sur les ondes (point d’orgue d’une semaine d’émissions sur France Musique).
Création de dernière minute à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), un festival, Le Monde de Debussy, prend place, du 23 au 25 mars, dans la maison natale d’« Achille-Claude », qui vient d’être labellisée « Maison des illustres ». La seconde ­édition de cette manifestation viendra clore en 2019 les festivités d’un centenaire délibérément à cheval sur deux saisons. Une ­nouvelle chance pour les grandes institutions, qui ont globalement raté le coche, comme en 2016 pour le centenaire de la ­naissance d’Henri Dutilleux, autre grand nom du XXe siècle français.

En attendant, il y...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Nombreux sont les chroniqueurs à exacerber la dimension nationale du compositeur qui avait manifesté à plusieurs reprises son patriotisme.
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Debussy, le musicien de toutes les guerres

Nombreux sont les chroniqueurs à exacerber la dimension nationale du compositeur qui avait manifesté à plusieurs reprises son patriotisme.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 18h50
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 18h51
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Le 25 mars 1918, à 6 h 50, le premier obus de la journée tombe sur Paris. Un autre suit, puis un deuxième, un troisième. « Le gros canon boche n’est plus qu’un ennuyeux personnage de faits divers », commente Le Figaro. Vers 22 heures, Claude Debussy pousse son dernier soupir, terrassé par un cancer, à l’âge de 55 ans. La nouvelle est rapportée dans les journaux, qui consacrent l’essentiel de leurs maigres pages à la bataille qui fait rage en Picardie. L’hommage prend un tour antigermanique. « C’est la musique de Debussy qui nous a délivrés du prestige maléfique de Wagner, assure Louis Laloy, à une heure où nos meilleurs artistes en étaient victimes. » Le critique d’Excelsior fait aussi le lien entre la mort de Debussy et celle de Rodin (intervenue quelques mois plus tôt), deux artistes renouvelant « la plus pure tradition française ».

Nombreux sont les chroniqueurs à exacerber la dimension nationale de celui qui avait manifesté, deux ans plus tôt, son patriotisme par un mélodramatique Noël des enfants qui n’ont plus de maison. Nombreux sont aussi les analystes persuadés que le « Verlaine de la musique » n’aurait pas de descendance. « Il parut de plus en plus évident que ce qu’il apportait de nouveaudans la musique lui demeurerait éternellement personnel », estime Le Figaro, gageant que les œuvres de Claude Debussy ne sont pas « de celles à la suite desquelles se peut développer une tradition durable ».
Crucifix bleu-blanc-rouge
Un constat que Théodore Lindenlaub formule, dans Le Temps, par une jolie métaphore : « Sa musique fait songer à sa Mélisande, qui a laissé glisser dans l’eau du souterrain l’anneau précieux. » Avec, à la clef, une question cruciale : « Qui retrouvera jamais le joyau mystérieux ? »
Personne assurément, dans l’entre-deux-guerres, où Debussy fut un peu éclipsé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Des livres, des concerts, un opéra pour célébrer les 100 ans de la mort du compositeur.
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Une sélection pour le centenaire de Debussy

Des livres, des concerts, un opéra pour célébrer les 100 ans de la mort du compositeur.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 18h49
   





                        



                                


                            

Livres
« Claude Debussy » de Philippe Cassard. Ed. Actes Sud, 147 pages, 16,50 €.
« Claude Debussy. Le plaisir et la passion » de Gilles Macassar et Bernard Mérigaud. Ed. Découvertes Gallimard/Télérama, Paris, 1992.
« Monsieur Croche et autres récits » de Claude Debussy. Ed. Gallimard.
Opéra
« Pelléas et Mélisande » Christian Schiaretti (mise en scène), Jean-Claude Malgoire (direction). Atelier lyrique de Tourcoing (Nord), le 25 mars à 20 heures, le 27 mars à 15 h 30. Tél. : 03-20-70-66-66. De 6 € à 45 €. atelierlyriquedetourcoing.fr
Concerts
Concert du Centenaire Debussy Orchestre Lamoureux, Michel Plasson (direction), le 25 mars, à 17 heures. De 5 € à 40 €. Théâtre des Champs-Elysées, Paris 8e. Tél. : 0-49-52-50-50. theatrechampselysees.fr
Orchestre national de France Emmanuel Krivine (direction), le 24 mars, à 20 heures (Printemps, Images pour orchestre), le 5 avril, à 20 heures (La Mer). De 10 € à 65 € ; Orchestre philharmonique de Radio France, Alain Planès (piano), le 25 mars, à 16 heures. De 10 € à 25 €. Auditorium de Radio France, Paris 16e. Tél. : 01-56-40-15-16. maisondelaradio.fr
Concert Debussy intime Quatuor Akilone, le 25 mars, à 11 heures. 15 €. « Autour des dernières œuvres de Debussy », le 25 mars, à 17 heures. De 15 € à 22 €. tad-saintgermainenlaye.fr
Debussy 360 Orchestre des Champs-Elysées, Louis Langrée (direction), le 2 mai à 20 h 45. 30 €. Théâtre Alexandre-Dumas, Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Tél. : 01-30-87-07-07. tad-saintgermainenlaye.fr
Disques
Claude Debussy : « The Complete Works » Ce coffret de 22 CD contient ­l’intégralité des œuvres du ­compositeur, des premières ­mélodies de 1879-1880 aux dernières...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le chanteur belgo-congolais défend en concert son bel album-fleuve, qui mêle satire politique et récits fictionnels.
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Les racines vivaces du rappeur Baloji

Le chanteur belgo-congolais défend en concert son bel album-fleuve, qui mêle satire politique et récits fictionnels.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 18h48
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 19h07
    |

                            Stéphane Davet








                        



                                


                            

Doit-on le qualifier de précurseur de Stromae ? D’éclaireur de la foisonnante scène rap belge (Damso, Roméo Elvis…) ? De pionnier des croisements de l’afro-trap ? Si Baloji peut revendiquer un peu de tout cela, le chanteur belgo-congolais a surtout tracé une route de franc-tireur, ­façonnant une musique – « Trop noire pour les Blancs/Trop blanche pour les Noirs » –, en phase avec les contours mouvants de son identité « afropéenne ».
Le parcours fut parfois accidenté, mais, dix ans après son premier opus solo (Hotel Impala), la sin­gularité de cet artiste opiniâtre ­resplendit dans un album-fleuve, 137 avenue Kaniama, charriant tourbillons introspectifs, récits autobiographiques ou fictionnels, satires politiques et sociales, bouillonnant de créativité musicale et scénaristique.
La dimension cinématographique de ces chansons à la croisée du rap, des danses congolaises, de la soul ou de l’électro ne doit rien au hasard. Depuis longtemps investi dans le tournage de ses clips, Baloji s’est essayé à la réalisation d’un court-métrage – une parodie d’émissions de télévision, outils de propagande d’Etat –, avant de s’attaquer à un projet de film relatant les destins croisés d’enfants congolais. « Je pensais que ce ­scénario me prendrait quelques mois », confie le longiligne et ­élégant apprenti cinéaste, « cela m’a pris trois ans ! ».
« Une conscience politique »
Un travail pendant lequel le musicien a reçu l’aide de professionnels de l’écriture. « Ces “script doctors” m’ont appris à structurer mon récit, insiste Baloji. J’ai ensuite eu envie d’appliquer ces méthodes à mes chansons. » Sa vie ne fournit-elle pas matière à de multiples types de narration ?
L’adresse donnant le titre de l’album fait ainsi référence à un épisode central de son existence. ­Baloji Tshiani est né, il y a trente-neuf ans, dans cette avenue Kaniama aux allures de ruelle, dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Notre choix du soir. Sébastien Chassagne interprète avec finesse un trentenaire qui peine à passer du statut de fils à celui de père (sur OCS Go à la demande).
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TV – « Irresponsable » : tout en grâce et en burlesque

Notre choix du soir. Sébastien Chassagne interprète avec finesse un trentenaire qui peine à passer du statut de fils à celui de père (sur OCS Go à la demande).



Le Monde
 |    23.03.2018 à 17h45
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur OCS Go à la demande



Sébastien Chassagne a de faux airs de Woody Allen, et l’impressionnante palette de jeu d’un Jean Dujardin. Il possède aussi le sens du rythme qu’il faut à la comédie, un charme discret virant à l’émouvant lorsque le drame pointe son nez. Certes – et il faut le souligner tant cela fait défaut en France –, tous les interprètes d’Irresponsable se montrent excellents (notamment le jeune Théo Fernandez), mais celui qui porte cette série s’y révèle un comédien exceptionnellement doué.
Julien (Sébastien Chassagne, donc), la petite trentaine encore proche de la préadolescence risque-tout, revient vivre chez maman, à Chaville, dans la banlieue parisienne. Provisoirement, bien sûr. Le temps de chercher un petit boulot qui lui laisse tout de même le loisir de fumer ses pétards. Par hasard, il retombe sur Marie, qui avait quitté précipitamment le lycée sans plus jamais donner de nouvelles, alors que les deux ados venaient de faire l’amour ensemble. L’ayant invitée dans un restaurant chinois sans avoir assez d’argent pour manger à deux, il apprend qu’elle a un fils, Jacques, 15 ans, dont il est le père.
Rythme et humour
Comment devient-on un père, quand on a déjà la charge d’être un fils ? Ça veut dire quoi, en fait, « être père » ? Quelles preuves en donner, face à un ado moins « branleur » que soi-même ? Et comment « récupérer » la maman de son fils, que l’on aime toujours ? Sans parier sur une suite de sketchs mais sur un scénario de dix épisodes, le créateur d’Irresponsable, Frédéric Rosset, avait écrit avec sa sœur Camille, en 2016, une première saison tout en grâce et en burlesque, tendre à l’égard de ses personnages et sans fausse note dans son versant comique.
La deuxième saison, qu’OCS vient de mettre en ligne, maintient le rythme et l’humour, y ajoutant même de nouveaux et beaux personnages, ainsi que deux ou trois scènes très émouvantes, alors que les enjeux, pour Julien, sont demeurés les mêmes. Englué dans le « glandisme » et toujours en recherche de paternité, il n’a pas vraiment changé, en dépit d’efforts méritoires.

   


Irresponsable, dont la troisième saison, en cours d’écriture, devrait être la dernière, se montre une exception française à plus d’un ­titre. Ce fut d’abord le projet de fin d’études de Frédéric Rosset, qui intégra en 2013 la première promotion de la section « Séries » au sein de la principale école de cinéma française, la Fémis. Un projet d’école repris à son compte par le bouquet d’Orange, OCS, qui se risque régulièrement à donner carte blanche à de jeunes artistes. Même si les moyens alloués pour les tournages sont notoirement chiches. Par ailleurs, Irresponsable fait partie des très rares séries comiques françaises tournées dans le format du 26 minutes, ­celui des sitcoms américaines, qui leur convient pour tenir le rythme et ne pas s’essouffler. Sur ce format, Irresponsable est indéniablement la meilleure de celles que nous avons pu voir.
Mais cette série se révèle avant tout une exception en ce que, contrairement à nombre de comédies françaises grand public au cinéma, affligeantes voire rances, elle s’appuie sur un vrai talent d’écriture, alerte et fin, pour réinventer un genre ancien, celui de la comédie du remariage.
Irresponsable, saison 2, série créée par Frédéric Rosset. Avec Sébastien Chassagne, Théo Fernandez, Marie Kauffmann, Nathalie Cerda (Fr., 2018, 10 × 26 min). Saisons 1 et 2 sur OCS Go. Saison 1 aussi sur TV5Monde jusqu’au 30 mai.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ A voir aussi ce soir. Le réalisateur allemand Andreas Kleinert explore les tourments de la relation adultère (sur Arte à 20 h 55).
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TV – « Ne me dis rien » : l’ordinaire brutale d’une passion

A voir aussi ce soir. Le réalisateur allemand Andreas Kleinert explore les tourments de la relation adultère (sur Arte à 20 h 55).



Le Monde
 |    23.03.2018 à 17h30
    |

            Véronique Cauhapé








                        


Téléfilm sur Arte à 20 h 55



Dans le tramway bondé, alors qu’elle s’effarouche et qu’il sourit, leurs regards se croisent. Puis se recroisent. A la piscine où elle se rend, comme chaque mercredi soir et où il l’a suivie, pour la première fois, ils ne se parlent pas, suspendus au désir dont ils retardent, avec conscience, l’aboutissement. A la sortie, l’étreinte se produit dans cette furieuse urgence, cette fulgurante intimité qui fait s’entendre les corps sans que les mots n’aient à s’en mêler. Ne me dis rien : le téléfilm d’Andreas Kleinert ne pouvait avoir de meilleur titre.
Photographe, mariée avec un homme qu’elle aime et mère d’une adolescente raisonnablement rebelle, Lena (Ursina Lardi) reverra Martin (Ronald Zehrfeld), journaliste, lui aussi amoureux de sa femme. Soucieux de préserver leur couple, ils entameront une liaison qu’ils penseront pouvoir maîtriser. Certains que leur rencontre et les éclats de vie goûtés dans le décor pourpre d’une chambre d’hôtel ne déborderont pas sur un quotidien dont ils n’ont ni à se plaindre ni à souffrir.
Une lente dégradation
Ne me dis rien ne consent aucun empêchement. Traitée à la manière d’un matériau brut, la passion des amants adultères s’impose sans que ne soit exploité, pour la justifier, l’argument des sentiments – pourtant présents – ou l’excuse de l’ennui (voire la frustration) conjugal. Face à ce matériau brut qui n’offre aucune prise, il n’est rien d’autre à faire que d’attendre l’apparition de la première fissure, puis de la deuxième. Avant que le mur ne se lézarde, devienne poreux.

   


La parenthèse d’un week-end à la mer, où il a fallu mentir plus qu’à l’ordinaire, et dont les digues d’étanchéité se rompent au retour. La soirée d’un réveillon où, chacun, dans son foyer, se sent aspiré par le manque du corps de l’autre. Les larmes, la douleur, le dépit… Andreas Kleinert enregistre cette lente dégradation dans laquelle pourtant Lena et Martin choisiront de ne pas sombrer, soustrayant ainsi le film à une entière noirceur. Il n’empêche que la scène finale, filmée à travers la vitre d’un café, sans qu’aucune parole ne s’échange, fait un clin d’œil si grand à l’esthétique d’Edward Hopper qu’on ne peut échapper au désenchantement dont le film n’a cessé de repousser l’avènement.
Ne me dis rien, d’Andreas Kleinert. Avec Ursina Lardi, Sarah Hostettler, Ronald Zehrfeld (All., 2016, 90 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Un coffret rassemble les concerts mythiques donnés par le guitariste avec son groupe The Mothers of Invention, les 9 et 10 décembre 1973, à Los Angeles.
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Retour au Roxy avec Frank Zappa

Un coffret rassemble les concerts mythiques donnés par le guitariste avec son groupe The Mothers of Invention, les 9 et 10 décembre 1973, à Los Angeles.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 17h12
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 19h07
    |

            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

Mort le 4 décembre 1993, à l’âge de 52 ans, des suites d’un cancer de la prostate, Frank Zappa, dans les derniers mois de sa maladie, avait indiqué à sa famille et des collaborateurs proches un plan de publication d’albums sur lesquels il travaillait (dont Civilization Phaze III, Läther, Dance Me This). Dans le même temps, il laissait à ses ayants droit le soin de sélectionner dans les archives de son œuvre pléthorique de futures sorties. Des enregistrements de studio et de concerts qui ont constitué, au cours des ans, une importante discographie posthume du guitariste, chanteur, auteur-compositeur, chef d’orchestre et producteur américain. Début 2018, elle a atteint une cinquantaine d’albums (dont une bonne partie de doubles ou triples, voire plus) venus s’ajouter à la soixantaine d’opus publiés entre 1966 (Freak Out !) et 1993 (The Yellow Shark).
Dernier recueil en date, The Roxy Performances, petit coffret de sept CD, qui rassemble les quatre concerts de Zappa et son groupe The Mothers of Invention les 9 et 10 décembre 1973 dans la salle du Sunset Strip, à Los Angeles, une répétition publique le 8 décembre et quelques séances en studio. Le Roxy avait ouvert ses portes, fin septembre, avec une série de concerts de Neil Young, et était devenu, en quelques semaines, un lieu réputé. Capacité d’accueil, 500 personnes. Zappa a décidé de filmer et enregistrer les quatre concerts prévus en vue d’un film. Lequel, en raison de problèmes techniques de synchronisation des images et du son, de manque de temps et d’argent – Zappa finance toute l’opération –, ne verra le jour… que fin 2015.
Une dimension mythique
Fin octobre 1973, Zappa a remanié son groupe. Le violoniste Jean-Luc Ponty et le trompettiste Sal Marquez sont partis. Restent George Duke aux claviers, Bruce Fowler au trombone, son frère Tom à la basse, Ruth Underwood aux percussions, Ralph Humphrey à la batterie, et sont arrivés deux nouveaux,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ La 12e édition du salon dubaïote d’art contemporain reflète les crispations avec l’Iran et le Qatar.
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A la foire Art Dubaï, l’Arabie saoudite monte en puissance

La 12e édition du salon dubaïote d’art contemporain reflète les crispations avec l’Iran et le Qatar.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 16h48
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 18h36
    |

                            Roxana Azimi (Dubaï (Emirats Arabes Unis)








                        



                                


                            

Le commerce de l’art étant aussi affaire de géopolitique, la 12e édition de la foire Art Dubaï, qui s’est tenue du mercredi 21 au samedi 24 mars, a fait écho aux nouveaux équilibres de la région. Montée en puissance de l’Arabie saoudite, allégeance des Emirats arabes unis au grand voisin wahhabite, mise au ban du Qatar et tensions avec l’Iran se sont donc invités aux discussions des VIP.

Depuis sa création en 2007, le mois même où fut signé l’accord du Louvre Abu Dhabi, cette initiative dubaïote s’est toujours posée en contre-feu aux logiques d’affrontement qui grèvent le Moyen-Orient. En onze ans, Art Dubaï a exposé sans distinction des artistes iraniens, saoudiens, qataris, libanais ou syriens, concentrant dans un même lieu des nationalités et confessions qui se toisent ou se font la guerre.
Preuve en est le stand de la galerie Agial, qui présente simultanément Gebran Tarazi et Shakir Hassan Al Said, un Chrétien libanais et un Irakien musulman qui ont pour seul point commun un certain mysticisme.
Melting-pot du monde arabe, Art Dubaï avait toutefois un accent dominant iranien au point qu’au vernissage on entendait parler autant persan qu’arabe. Normal : selon le quotidien Khaleej Times, la communauté iranienne représente actuellement 10 % de la population émiratie. Et elle fait tourner son économie.
Dubaï, l’avant-poste de l’Iran
Sur le plan artistique aussi, Dubaï apparaissait comme l’avant-poste de l’Iran. Les entrepreneurs iraniens Farhad Farjam et Ramin Salsali y ont ouvert leurs centres d’art privés. Et deux des meilleures galeries locales, Third Line et Carbon 12, ont été fondées par des Iraniens.
Quand ils se sont sentis en danger à Téhéran, les deux frères Rokni et Ramin Haerizadeh, ainsi que leur complice Hesam Rahmanian, connus pour leur art flamboyant et provocateur, ont également élu domicile à Dubaï. Ils s’y sont si bien intégrés que l’exposition « Ishara » sur les artistes émiratis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ L’artiste reproduit à leur format, mais sur une feuille plus grande, des couvertures d’ouvrages et « Dormir au soleil » relève plus du sommeil que de la lumière.
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Sélection galeries : Claire Morel chez Martine Aboucaya et exposition collective chez Jocelyn Wolff

L’artiste reproduit à leur format, mais sur une feuille plus grande, des couvertures d’ouvrages et « Dormir au soleil » relève plus du sommeil que de la lumière.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 16h47
   





                        


Claire Morel Galerie Martine Aboucaya

   


Claire Morel dessine des livres. Non qu’elle soit graphiste pour l’édition, mais parce que les livres sont son sujet. Avec une ­impeccable minutie, à la mine de plomb et aux crayons de couleur, elle reproduit à leur format, mais sur une feuille plus grande, les couvertures des ouvrages qui lui importent. ­Typographie, illustrations, sigles des collections, tout est imité parfaitement, si ce n’est que les noirs sont moins noirs, les bleus moins bleus que s’ils étaient imprimés. Aussi l’œil se ­détrompe-t-il vite. Mais l’essentiel est moins cette dextérité que le processus mental. Il y a le choix des livres et des auteurs : Artaud, Borges, Perec, Daumal, Blanchot, Bataille et quelques philosophes aussi, Sartre, Wittgenstein, Foucault, Guattari. Bibliothèque substantielle, qui aide à vivre. Il y a cette affirmation ensuite qu’être artiste, ce n’est pas seulement ­produire et se montrer, mais d’abord lire et s’interroger. Il y a la lenteur enfin. Il faut du temps pour parachever chaque dessin et du temps pour circuler de l’un à l’autre dans la galerie. A l’instantanéité futile et à la précipitation amnésique, Claire Morel oppose la défense de ses feuilles légères, juste fixées au mur. Un barrage contre la bêtise pour plagier Duras, une autre de ses lectures. Philippe Dagen
« Apologie du plagiat », de Claire Morel. Galerie Martine Aboucaya, 5, rue Sainte-Anastase, Paris 3e. Tél. : 01-42-76-92-75. Du mardi au samedi de 12 heures à 19 heures. Jusqu’au 21 avril.
Diego Bianchi, Santiago de Paoli, Anna Hulačová, João Queiroz, Rudolf Samohejl Galerie Jocelyn Wolff

   


C’est une ville abandonnée qui s’offre ici au regard. Au sol, des octogones de béton se souviennent d’hier. Ils sont jonchés de fragments de céramique et de boussole, scie et tuyaux, cactus, pneu… Une foule de petits objets, enchâssés dans la matière par le Tchèque Rudolf Samohejl. Cette sculpture donne le « la » de « Dormir au soleil », une frappante exposition collective qui relève plus du sommeil que de la lumière. Une toile d’herbes folles de João Queiroz semble l’un des rares fragments de nature à être préservé dans cette fin d’un monde. Quant à l’être étrange façonné par Anna Hulačová, il semble au-delà de l’animal, et au-delà de l’humain. Pour parfaire le désastre, une parabole de Diego Bianchi : un ballon de basket dégonflé flotte dans un aquarium jonché de débris, sacs plastique et canettes. Allusion ironique à l’une des premières œuvres de Jeff Koons, elle vient parfaire le sentiment de naufrage. Emmanuelle Lequeux
« Dormir au soleil ». Galerie Jocelyn Wolff, 78, rue Julien-Lacroix, Paris 20e. Tél. : 01-42-03-05-65. Du mardi au samedi de 11 heures à 19 heures. Jusqu’au 21 avril.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Spectacles, ateliers, expositions, visites... Le projet du plus grand parc de l’intra-muros parisien, dessiné par l’architecte Bernard Tschumi, fête son 35e anniversaire ce week-end.
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Les folies heureuses de La Villette

Spectacles, ateliers, expositions, visites... Le projet du plus grand parc de l’intra-muros parisien, dessiné par l’architecte Bernard Tschumi, fête son 35e anniversaire ce week-end.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 16h37
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 09h07
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



   


L’esprit d’Hegel et de Rabelais souffle sur le parc de La Villette dont on fête cette année le 35e anniversaire du projet originel livré en 1983 par l’architecte franco-suisse Bernard Tschumi. L’année précédente, le concours international initié par Jack Lang, ministre de la culture de François Mitterrand, portait en préambule deux formules, l’une du philosophe allemand (1770-1831), l’autre de l’écrivain français (1483 ?-1553), pour donner naissance, dans le 19e arrondissement, au plus grand espace vert (33 hectares) de l’intra-muros parisien depuis les travaux du baron Haussmann au XIXe siècle.
La première, « La nature se trouvant ainsi transformée en une vaste demeure sous le ciel ouvert… », est extraite de l’Esthétique (1835) ; la seconde, « Fay ce que voudras », figure au fronton de la première utopie littéraire, la fameuse abbaye de Thélème dans Gargantua (1534). A cela s’ajoutait une règle d’apparence plus pragmatique, que rappelait en 1985 la chercheuse, spécialiste d’histoire urbaine, Danièle Voldman dans la revue Vingtième siècle : il ne doit s’agir « ni d’un square, ni d’un bois aux portes de la ville, ni de logements sociaux ou de prestige au milieu de pelouses et de bosquets ».
« Un équipement culturel de plein air »
Ainsi, l’approche de cet espace, dont il était dit qu’il ne pouvait se limiter à l’attrait des « seuls délices du paysage » devait répondre à des principes d’ordre architectonique, chers à Hegel, en devenant « un équipement culturel de plein air ». Dernière condition : le lieu devait, enfin, pouvoir être ouvert jour et nuit.
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        Les anciens abattoirs ‒ Un échaudoir et une brigade de boeuftiers"
            data-slide-description="1867 est l’année de l’ouverture des abattoirs de La Villette, sur un projet de modernisation du nord de Paris proposé par le baron Haussmann, préfet de la Seine."
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        Les anciens abattoirs ‒ L'horloge"
            data-slide-description="Les abattoirs généraux et le marché aux bestiaux sont ‒ quant à eux ‒ confiés à l’architecte Louis-Adolphe Janvier dont les plans sont réalisés d’après des croquis de Baltard, sur le modèle des Halles au centre de Paris."
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        Entrée du marché aux bestiaux"
            data-slide-description="Intégrés depuis 1860 à la commune de Paris, le hameau de La Villette et sa vaste zone rurale ont fait partie du réaménagement urbain et de la modernisation architecturale de la capitale."
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        Abattoirs et marché aux bestiaux de La Villette"
            data-slide-description="La Grande Halle sera réhabilitée par les architectes Bernard Reichen et Philippe Robert. Seule l’ancienne Halle aux bœufs a perduré jusqu’à nos jours."
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        Vue du ciel du parc avant les travaux, vers 1970"
            data-slide-description="En 1974, les abattoirs de La Villette et le marché aux bestiaux sont officiellement fermés. Après un siècle d’intense activité, les trois halles restent inoccupées. Un an plus tard, la Société d’économie mixte de La Villette (SEMVI) propose un programme de rénovation de la friche industrielle en un vaste parc urbain."
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        Le site à la veille de la création du parc, dans les années 1980"
            data-slide-description="En 1976, l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) lance un concours d’idées pour l’aménagement des 55 hectares de La Villette. Le projet doit comporter un parc d’un minimum de 15 hectares ainsi que des espaces bâtis comportant au maximum 4 500 logements."
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        Week-end d’ouverture de Little Villette, les 21 et 22 mai 2016"
            data-slide-description="A noter que ce pavillon a été conçu par l’architecte Oscar Tusquet ‒ qui propose des nombreuses activités et ateliers destinés au jeune public."
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        Vue de la sculpture monumentale « Heads », de Will Ryman, 2018"
            data-slide-description="Pour célébrer les 35 ans de La Villette, l’artiste américain Will Ryman a réalisé un ensemble de sculptures monumentales sur l’idée de « la quête de sens chez l’homme » : un vaste programme."
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        Vue sur la prairie du triangle, la Grande Halle, la Géode et la Cité des sciences et de l’industrie-Universciences"
            data-slide-description="Le parc de La Villette avec ses 55 hectares serait considéré comme un espace unique en Europe, accueillant près de 10 millions de visiteurs chaque année. La prairie du triangle est le lieu de multiples projections avec le célèbre Festival de cinéma en plein air, créé il y a 25 ans."
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Les anciens abattoirs ‒ Un échaudoir et une brigade de boeuftiers            
1867 est l’année de l’ouverture des abattoirs de La Villette, sur un projet de modernisation du nord de Paris proposé par le baron Haussmann, préfet de la Seine.

COLLECTION DEBUISSON
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La conception de l’ensemble devait intégrer la présence de l’ancienne Grande Halle aux bœufs, dernier vestige du site de l’ancien abattoir devenue une salle de concerts, et celle d’un musée qui deviendra quelques années plus tard la Cité des sciences et de l’industrie de la Villette. A ces deux institutions se sont ajoutés le conservatoire de Paris et la cité de la musique, signés par Christian de Portzamparc et, depuis peu, la Philharmonie réalisée par Jean Nouvel.
472 candidats de 37 nationalités ont répondu à cette singulière proposition. Choisir un lauréat fut difficile
472 candidats de 37 nationalités ont répondu à cette singulière proposition. Choisir un lauréat fut difficile. Le jury, que présidait l’urbaniste paysagiste brésilien Roberto Burle Marx, l’artisan de Brasilia, et qui comptait notamment les architectes italiens Vittorio Gregotti et Renzo Piano – ce dernier coauteur du Centre Georges Pompidou –, ne fut, majoritairement, satisfait d’aucun des projets qui lui avaient été soumis. Les auteurs de neuf d’entre eux furent toutefois extraits de l’ensemble auxquels il fut demandé d’approfondir leurs sujets. De cet écrémage, Bernard Tschumi, à peine 39 ans à l’époque, fut ainsi retenu.
Sa proposition met en œuvre un système « de points, de lignes et de surfaces », un vocabulaire directement inspiré du premier des peintres auteur d’une œuvre dite abstraite, Vassily Kandinsky. Implantés tous les 120 mètres selon une trame régulière, les points en question sont matérialisés par vingt-six folies couleur sang érigées sur une base carrée de 10,80 mètres de côté. Ces rutilantes « fabriques », qui évoquent les constructions ludiques des parcs et jardins royaux du XVIIIe siècle, assurent des fonctions de passage, de transition (pont, belvédère, écluse) ou d’activité fixe (cafés, billetterie, atelier, information ou kiosque).
10 millions de visiteurs par an
Les lignes, qui suggèrent des parcours de déambulation Nord-Sud ou Est-Ouest, sont dessinées par des chemins souvent coiffés d’une pergola de métal ondulante ou qui pénètre différents univers sensoriels, comme autant de jardins dans le jardin. Quant aux surfaces, ce sont ces étendues herbeuses libres de tout programme et destinées, pour l’essentiel, au délassement et/ou à la contemplation. Chaque année, 10 millions de visiteurs, disposés à la déambulation, à la distraction ou au farniente, viennent fréquenter les lieux.
Bernard Tschumi, architecte : « J’aime ce projet parce qu’il continue à changer »
« J’aime ce projet parce qu’il continue à changer, indique Bernard Tschumi. Ça n’est pas un changement dans l’idée générale, mais dans la manière dont il vit, dont se le sont approprié les gens. » Dans l’histoire de l’architecture, le parc de la Villette a acquis « une place presque mythique », poursuit-t-il. Tout jeune architecte connaît le parc, la manière dont il est conçu. »
Les changements les plus visibles aujourd’hui – outre la vue d’oiseau sur le site que permet l’accessibilité du toit de la Philharmonie – concernent les 26 folies que l’actuel président de l’Etablissement public du parc et de la Grande Halle de La Villette (EPPGHV), Didier Fusillier, entend intégralement réhabiliter. Et l’homme d’imaginer de nouveaux lieux d’activités culturelles, des « micro folies », qui essaimeraient dans tout le territoire francilien. Depuis un an, la ville de Sevran (Seine-Saint-Denis) a déjà la sienne. D’autres suivront.
Le week-end des 24 et 25 mars, le parc de La Villette fête ses 35 ans. Spectacles, conférences, ateliers, expositions, visites, pour la plupart en entrée libre. Renseignements : lavillette.com, visites-guidees@villette.com et #35ansVillette



                            


                        

                        

