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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ La colorisation par l’artiste brésilienne Marina Amaral des images de la jeune Polonaise Czeslawa Kwoka, prises dans le camp de concentration, met le Web en émoi.
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Photos d’Auschwitz colorisées : mise en scène ou mise à distance du temps ?

La colorisation par l’artiste brésilienne Marina Amaral des images de la jeune Polonaise Czeslawa Kwoka, prises dans le camp de concentration, met le Web en émoi.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 14h00
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Une toute jeune fille, un triangle rouge, une ves­te rayée. De profil, de face, de trois quart. En trois Tweet, le compte officiel du Musée national d’Auschwitz-Birkenau, « Auschwitz Memorial », a publié, le 12 mars, les photographies de ­Czeslawa Kwoka, jeune Polonaise déportée, portant des marques de coups, qui fut exécutée exactement soixante-quinze ans auparavant, le 12 mars 1943.
Réalisées à des fins d’identification des prisonniers et de statistiques sur ordre des commandants nazis du camp, ces images étaient connues du grand public ; en quelques jours, elles font pourtant le tour du réseau social et du Web. C’est que, dans un quatrième post, le musée a ajouté une version colorisée produite par l’artiste brésilienne Marina Amaral. Il sera relayé trois fois à dix fois plus que ceux montrant les photographies originelles en noir et blanc.
Une plus grande empathie ?
Si la colorisation est un procédé presque aussi ancien que le procédé photographique lui-même – pratiqué dès 1840 par le photographe suisse ­Johann Baptist Isenring –, sa version numérique connaît un grand succès ces dernières années. Marina Amaral, qui a fait de la colorisation d’images « iconiques » son cœur de métier, ­explique sa démarche sur son compte personnel :
Se confronter à des images telles que celle-ci pendant de longues minutes voire des heures, en m’assurant qu’aucun détail ne m’a échappé, n’est pas une tâche facile (émotionnellement). Mais je continuerai à le faire, car je crois sincèrement que regarder des visages comme celui de Czeslawa et de tant d’autres en couleurs a un puissant impact. »
La couleur permettrait, selon une idée répandue reprise ici par l’artiste, une plus grande empathie avec le sujet représenté, en effaçant virtuellement la distance temporelle entre le moment de la prise de vue et notre époque.
Cette volonté de rendre invisibles les marques du temps est critiquable du point de vue de l’histoire visuelle, car...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans un entretien au « Monde », l’ancien ministre des affaires étrangères et européennes estime qu’il est impensable que Nicolas Sarkozy ait pu faire financer sa campagne de 2007 par Mouammar Kadhafi.
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Bernard Kouchner : « Je ne crois pas Nicolas Sarkozy capable d’intervenir en Libye pour couvrir le financement occulte d’une campagne électorale »

Dans un entretien au « Monde », l’ancien ministre des affaires étrangères et européennes estime qu’il est impensable que Nicolas Sarkozy ait pu faire financer sa campagne de 2007 par Mouammar Kadhafi.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 12h02
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            

Cofondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du monde, haut représentant de l’ONU au Kosovo et ancien ministre des affaires étrangères et européennes, de 2007 à 2010, Bernard Kouchner revient sur la mise en examen de Nicolas Sarkozy, l’intervention de la France en Libye et l’échec du droit d’ingérence.
Croyez-vous possible que l’intervention française en Libye de 2011 puisse avoir été menée pour empêcher Mouammar Kadhafi de révéler que son régime avait financé la campagne de Nicolas Sarkozy ?
Non, je n’y crois pas. Et si par malheur un lien était un jour établi, ma surprise serait bien douloureuse. Je ne crois pas Nicolas Sarkozy capable de se servir du droit d’ingérence pour couvrir le financement occulte d’une campagne électorale. Non, l’intervention en Libye visait à empêcher la démolition de Benghazi et le massacre d’une population qui se soulevait, dans la foulée des « printemps arabes ». Et puis, quel intérêt Sarkozy aurait-il eu à s’impliquer dans ces affaires ? On parle d’un financement de 50 millions d’euros alors que sa campagne n’en a coûté que 20 millions… Mais que notre pays ait mis tout ce temps à se poser la question, c’est là que réside le problème.
Donc, pour vous, il n’y a pas eu de financement de la campagne présidentielle par Kadhafi, en dépit des documents versés au dossier ?
Je ne peux pas le croire mais je ne connais ni les multiples intermédiaires ni les détails de leurs embrouilles.
Pour quelles raisons Kadhafi a-t-il été invité en grande pompe en France, en décembre 2007 ?
Nicolas Sarkozy a invité Kadhafi à Paris après la libération des infirmières bulgares qui étaient emprisonnées depuis neuf ans. Une libération qui avait été particulièrement difficile à obtenir, Cécilia Sarkozy et Claude Guéant se déplaçant spécialement en Libye pour cela. Tout le monde avait essayé auparavant, sans succès. Sarkozy, lui, avait affirmé dans sa campagne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Les développeurs d’applications, les capteurs et la blockchain menacent le modèle économique des plates-formes numériques, explique dans une tribune au « Monde » Denis Barrier, le PDG du fonds Cathay Pacific.
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« L’Internet pourrait redevenir décentralisé, transparent et ouvert »

Les développeurs d’applications, les capteurs et la blockchain menacent le modèle économique des plates-formes numériques, explique dans une tribune au « Monde » Denis Barrier, le PDG du fonds Cathay Pacific.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 11h57
    |

Denis Barrier (PDG du fonds d’investissement Cathay Pacific)







                        



                                


                            

Tribune. L’idéal initial de l’Internet était d’apporter la connaissance de façon transparente et collaborative. De la deuxième moitié des années 1990 jusqu’à l’arrivée de l’iPhone, nous avons pu avoir accès de façon ouverte à un ensemble de connaissances beaucoup plus important qu’avant, et à une foule de nouveaux services. Cependant, le succès des smartphones a ensuite changé la donne, et a concentré la valeur sur quelques plates-formes fermées qui disposent aujourd’hui de moyens humains, technologiques et financiers exceptionnels, et représentent une puissance jamais détenue par des entités privées dans l’histoire de l’humanité.
La puissance des plates-formes, alliée à la perspective d’une nouvelle révolution industrielle induite par l’intelligence artificielle, amène les acteurs économiques et étatiques à reconsidérer leur positionnement par rapport à ces enjeux perçus comme vitaux. Sans la capacité d’anticiper et de comprendre les évolutions futures de la technologie, les décideurs sont aujourd’hui des joueurs de casino forcés de faire rouler les dés.
Or, une troisième forme de l’Internet est en train d’émerger très rapidement, et elle semble fondamentalement différente et encore plus transformante que la précédente.
Créer un nouvel ordre
De la même façon que Microsoft a été bousculé par la concurrence à un moment où sa puissance monopolistique semblait inébranlable, le cœur technologique du nouvel Internet actuellement en gestation devrait significativement impacter les équilibres actuels et créer un nouvel ordre. Si l’interface mobile a transformé la nature de l’Internet, le changement actuel des interfaces d’accès, par le biais de tous les types de capteurs, a le potentiel d’entraîner un bouleversement de plus grande ampleur encore que celui initié par l’iPhone. Et la « blockchain », qui permet de relier entre eux les différents acteurs d’un même processus sans avoir besoin d’un tiers de confiance, a déjà enclenché...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ La riposte réglementaire et fiscale aux Gafam ne servira à rien si des concurrents européens ne surgissent pas à court terme, explique dans une tribune au « Monde » Thomas Fauré, entrepreneur du numérique.
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Affaire Facebook : « Il faut développer des plates-formes européennes souveraines »

La riposte réglementaire et fiscale aux Gafam ne servira à rien si des concurrents européens ne surgissent pas à court terme, explique dans une tribune au « Monde » Thomas Fauré, entrepreneur du numérique.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 12h46
    |

Thomas Fauré (Fondateur du réseau social Whaller)







                        



                                


                            

Tribune. Facebook connaît une crise majeure, que des signaux faibles laissaient présager depuis longtemps. Le scandale Cambridge Analytica oblige le réseau tentaculaire à livrer aujourd’hui son vrai visage. Ce qui est présenté comme une fuite de données personnelles par son fondateur relève bien plus certainement du modèle économique de l’entreprise : l’exploitation de ces données à des fins commerciales.
Pour autant, l’enjeu est-il exclusivement économique ? C’est davantage sur le terrain politique qu’il faut agir, en développant des plates-formes européennes souveraines.
Nous autres, Européens, sommes condamnés à œuvrer tels les métayers des Etats-Unis. Les data que nous cédons nolens volens sont collectées sur les plates-formes des Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), puis elles nous sont revendues comme par magie sous forme de propositions de biens ou de services personnalisés.

Nos choix, nos comportements, nos achats, nos échanges, nos convictions politiques et religieuses alimentent constamment leurs gigantesques bases de données d’où émergeront, un jour prochain, des formes d’intelligence artificielle (IA) – suggestions pertinentes ou intrusives. Nous sommes la matière première d’une économie de l’attention qui peut virer assez rapidement au viol des consciences.
Le tapis rouge est déroulé
L’Europe s’est, tardivement, mise en ordre de bataille. Mais au lieu d’investir massivement dans de potentiels champions, le Vieux Continent s’est contenté de jouer la carte défensive des fourches Caudines du règlement général sur la protection des données (RGPD). Tout bon connaisseur de ces enjeux sait pertinemment qu’aucun des puissants acteurs sciemment visés par ces règles n’aura finalement à s’en inquiéter.
Parallèlement, les pouvoirs publics français et européens ont glosé pendant des mois pour déterminer le montant approprié d’une taxe applicable aux ventes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ L’évolution de la réglementation et son application par les juges et les régulateurs menacent le socle économique des plates-formes numériques, estime l’avocate Muriel Assuline dans une tribune au « Monde », après le scandale Cambrigde Analytica.
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Affaire Facebook : « Une violation flagrante du droit à la protection des données personnelles  »

L’évolution de la réglementation et son application par les juges et les régulateurs menacent le socle économique des plates-formes numériques, estime l’avocate Muriel Assuline dans une tribune au « Monde », après le scandale Cambrigde Analytica.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h32
    |

Muriel Assuline (Avocate)







                        



                                


                            

Tribune. Le scandale Cambridge Analytica relance le débat juridique de la nécessité de renforcer la protection des données personnelles, à deux mois de l’application du règlement européen sur la protection des données (RGPD), le 25 mai 2018.
L’utilisation par l’élite politique du big data lors des campagnes électorales n’est pas nouvelle. Mais les données personnelles des utilisateurs Facebook ont été utilisées en flagrante violation du droit au respect de la vie privée et à la protection des données personnelles. Facebook et Cambridge Analytica font ainsi l’objet d’enquêtes de la part des autorités politiques et de contrôle, autant en Europe qu’aux Etats-Unis. La Federal Trade Commission (FTC) a ouvert une enquête le 20 mars.

En Europe, l’Information Commissioner’s Office (ICO, la CNIL du Royaume-Uni) a déjà ouvert en 2017 une enquête dans cette affaire, afin d’examiner le rôle d’entreprises comme Cambridge Analytica dans le référendum sur le Brexit. Au niveau de l’Union européenne, le G29, qui regroupe les autorités nationales de protection des données, a déclaré le 20 mars que ces dernières enquêteraient ensemble et en concertation avec l’ICO. Giovanni Buttarelli, le contrôleur européen de la protection des données, a indiqué qu’une action commune est nécessaire. Bien que le Parlement européen ne dispose pas d’un pouvoir de sanction dans ce type d’affaires, il a invité Mark Zuckerberg à venir s’expliquer devant lui.
Action commune
La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a déjà donné son point de vue dans les affaires concernant Facebook. Son « arrêt Schrems » du 6 octobre 2015 a invalidé la décision de la Commission européenne de 2000, dite « Safe Harbor », qui permettait le transfert des données personnelles des citoyens européens vers des entreprises américaines comme Facebook. La Cour a notamment invoqué la violation par les autorités américaines du droit au respect de la vie privée et à...




                        

                        


<article-nb="2018/03/24/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », revient sur l’Association pour générer l’insertion et la réussite, très représentative du secteur et vertueuse tant du point de vue écologique que social.
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« L’économie solidaire est constituée d’entreprises comme les autres »

Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », revient sur l’Association pour générer l’insertion et la réussite, très représentative du secteur et vertueuse tant du point de vue écologique que social.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h13
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            
Chronique. « French Impact » n’est ni le pseudonyme d’un catcheur français exilé aux Etats-Unis ni le nom d’une société d’import-export travaillant avec le monde anglo-saxon. Peu aimable aux oreilles des défenseurs de la langue de Molière, ce slogan émane, étonnamment, de l’Etat, en l’occurrence du ministère de la transition écologique et solidaire, qui s’est inspiré de « French Tech », label national regroupant les start-up les plus innovantes du pays. Il n’est pas question, ici, de nouvelles technologies, mais d’économie sociale et solidaire (ESS), un secteur dont on a tendance à oublier le poids, en France : 2,3 millions de salariés, 10 % du produit intérieur brut (PIB).
Porté sur les fonts baptismaux en janvier, French Impact prévoit de lever un milliard d’euros en cinq ans auprès d’investisseurs privés et publics afin d’accompagner le développement de structures œuvrant dans des domaines tels que la réussite éducative, la cohésion des territoires, l’économie inclusive… Il lui faut, pour cela, une vitrine. Un appel à projets, « Pionniers French Impact », a été lancé en collaboration avec la Caisse des dépôts. Son but : sélectionner dix à quinze entreprises de l’ESS, dont le modèle et le fonctionnement mériteraient d’être dupliqués à l’échelon national.
Un modèle assez classique
L’Association pour générer l’insertion et la réussite (AGIR) fait partie des 200 structures ayant envoyé un dossier de candidature au ministère de Nicolas Hulot. Représentative du secteur, cette association créée en 1992 à Châteauroux opère dans la filière du recyclage textile. Doublement vertueuse est sa vocation. Ecologique d’un côté : 1 200 tonnes de textile y sont collectées, réemployées et recyclées chaque année. Sociale de l’autre : 150 personnes en réinsertion, dotées de contrats aidés de deux ans (payés au smic, à raison de 24 heures par semaine), y travaillent en permanence. AGIR, qui possède également un atelier de confection et une blanchisserie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur Michael Wade explique que les méthodes utilisées par l’entreprise de communication numérique apportent un changement majeur dans le marketing.
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Affaire Cambridge Analytica : « Choisir des images de “like” en dit long sur votre personnalité »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur Michael Wade explique que les méthodes utilisées par l’entreprise de communication numérique apportent un changement majeur dans le marketing.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 12h40
    |

Michael Wade (Professeur à l'IMD, Lausanne)







                        



                                


                            

Tribune. L’association entre Cambridge Analytica (CA) et Facebook a tous les attributs d’un polar d’Hollywood – un PDG méchant digne d’un film de James Bond, un milliardaire solitaire, un lanceur d’alerte à la fois naïf et conflictuel, un spécialiste des données tendance qui devient politicard, un professeur tordu et, bien sûr, un président triomphant et son influente famille.
La grande majorité des articles de presse de ces derniers jours s’est concentrée sur la manière dont Cambridge Analytica avait été en mesure d’obtenir des données portant sur plus de 50 millions d’utilisateurs Facebook ; puis, sur la façon dont elle fut incapable de supprimer ces données lorsqu’on lui a demandé de le faire. Mais très peu d’intérêt a été porté sur ce que l’entreprise britannique a réellement fait avec ces données une fois celles-ci acquises.
La manière dont Cambridge Analytica a utilisé les données au cours de la dernière campagne présidentielle américaine est en réalité la partie la plus intéressante de l’histoire. Son approche de la segmentation et de l’analyse des données constitue en effet un changement majeur dans la manière dont le travail analytique peut être utilisé pour générer des connaissances et exercer de l’influence.

Les sondeurs utilisent depuis longtemps la segmentation pour cibler des groupes spécifiques d’électeurs selon des catégories telles que le sexe, l’âge, le revenu, le niveau d’éducation, le nombre de personnes dans le ménage, l’affiliation politique, les préférences d’achats… La machine d’analyse des données d’Hillary Clinton utilisait des techniques modernes de segmentation pour cibler des groupes d’électeurs pertinents selon la même méthode adoptée par Obama quatre ans plus tôt.
Les données psychographiques réalisent une segmentation en fonction de la personnalité
Or, Cambridge Analytica a fourni par contrat de toutes nouvelles armes à la machine électorale de Trump. Lui...




                        

                        


<article-nb="2018/03/24/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ S’ils coûtent plus cher qu’ils ne rapportent, les assurés sont mis dehors. Et ne retrouvent pas de couverture à un prix raisonnable. Dans sa chronique bimensuelle, la journaliste Rafaële Rivais donne des solutions alternatives.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Quand l’assurance automobile ne veut plus de vous

S’ils coûtent plus cher qu’ils ne rapportent, les assurés sont mis dehors. Et ne retrouvent pas de couverture à un prix raisonnable. Dans sa chronique bimensuelle, la journaliste Rafaële Rivais donne des solutions alternatives.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 11h02
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            
SOS Conso. Jusqu’en 2016, Bernard X., cadre retraité, est un conducteur apprécié de son assureur, la Macif : non seulement il ne cause jamais d’accidents, mais, en outre, il ne déclare que très rarement de « sinistres », c’est-à-dire de faits dommageables couverts par son contrat – juste une rayure, due à une main malveillante, sur sa petite Toyota Yaris, au cours des trois années qui précèdent. Du coup, il a droit à un « bonus » et ne paie que la moitié de sa prime.
Cela change le jour où il décide de voyager, avec sa compagne, Liliane. Il achète un luxueux camping-car, au prix de 67 000 euros. Le véhicule, qui, selon Bernard, « suscite une certaine jalousie », est victime de nombreux actes de vandalisme, partout où il stationne (on le raie, l’accroche, l’emboutit…). A Rome, des cambrioleurs forcent sa porte et le dévalisent, s’emparant d’une télévision. La malchance s’y ajoute : au Maroc, un fort coup de vent projette un objet sur le pare-brise et le casse ; une fuite se produit sous l’évier et détruit le système électronique qui commande le chauffage.
En deux ans, Bernard fait donc… sept déclarations de sinistres. Le 19 janvier, la Macif l’informe qu’elle va résilier son contrat à sa date anniversaire, le 31 mars. « Nous devons préserver l’équilibre de la mutuelle dans l’intérêt de l’ensemble de ses sociétaires », lui explique-t-elle. Bernard saisit la commission de recours, explique qu’il n’est responsable que d’un seul des sept sinistres : en se déportant sur la gauche pour éviter un cycliste, en Italie, il a renversé un scooter, qui tentait de le doubler ; les dégâts, seulement matériels, n’ont été que légers. Peine perdue : pour l’assureur, qu’il soit l’auteur ou la victime des dommages, il coûte désormais trop cher.
Contrat exorbitant
Bernard rejoint les « radiés des assurances », dont le magazine 60 Millions de consommateurs a dénoncé le « scandale », en janvier 2017. S’ils...




                        

                        


<article-nb="2018/03/24/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. L’attentat commis vendredi 23 mars, qui a fait quatre morts et quinze blessés, prouve que, malgré les défaites de l’EI en Syrie et en Irak, la lutte contre le djihadisme doit se poursuivre, en France.
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Djihadisme : un projet et une idéologie mortifères

Editorial. L’attentat commis vendredi 23 mars, qui a fait quatre morts et quinze blessés, prouve que, malgré les défaites de l’EI en Syrie et en Irak, la lutte contre le djihadisme doit se poursuivre, en France.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 10h58
   





                        


Editorial du « Monde ». Trois ans après les terribles attentats de Paris, contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher puis le Bataclan, deux ans après la tuerie de la promenade des Anglais à Nice, l’assassinat du père Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray et celui de deux policiers à Magnanville, l’on pouvait espérer que la menace du terrorisme djihadiste s’était estompée. L’on pouvait croire que la défaite militaire de l’organisation Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak, en 2017, face à la coalition internationale, dont la France était partie prenante, aurait coupé les racines de la « guerre sainte » que le djihadisme voulait porter contre l’Occident en général et la France en particulier.
L’attentat commis, vendredi 23 mars, dans la banlieue de Carcassonne (Aude), les quatre morts et les quinze blessés qu’il a laissés derrière lui avant que le terroriste qui en était l’auteur ne soit abattu par les forces de gendarmerie, démontrent, hélas, qu’il n’en est rien. L’EI a perdu une bataille en Syrie et en Irak. Mais le djihadisme, lui, n’a pas renoncé à la guerre contre les « infidèles », les « juifs », les « croisés » et contre les libertés des sociétés démocratiques qu’il exècre.

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La chute de l’entité territoriale fondée par l’Etat islamique, le « califat » autoproclamé à cheval sur la Syrie et l’Irak, a certes tari le mouvement des départs vers le Levant et les ressources du mouvement, donc la capacité à former des combattants aguerris, à l’instar du réseau complexe et étendu qui a commis les attentats de Paris, Saint-Denis et Bruxelles. Mais la force de l’EI, contrairement à Al-Qaida, est de savoir transformer ses défaites – comme il l’a fait par le passé de ses victoires – en puissant moteur de recrutement et de passage à l’action.
Désir de vengeance
La chute de Mossoul, en Irak, puis de Rakka, en Syrie, les deux « capitales » du « califat », accompagnées de destructions considérables, alimentent désormais le martyrologe du groupe et le désir de vengeance de ses adeptes. L’EI avait anticipé ses défaites militaires sur le terrain syro-irakien et adapté son discours en appelant ses sympathisants à le venger partout où ils le pourraient.
Il ne suffira pas, pour venir à bout de l’idéologie et du projet mortifères de l’EI, de le priver de son territoire et de le défaire militairement au Moyen-Orient. Le combat se jouera désormais, pour ce qui nous concerne, en France. Et ce sera un combat de longue haleine. Il passe évidemment par une vigilance incessante des forces de sécurité. Si le dispositif antiterroriste a été constamment renforcé depuis trois ans, si la surveillance a permis de déjouer une dizaine de projets d’attentats ces derniers mois, il n’empêche – et ce n’est pas s’y résigner – que le risque zéro n’existe pas en la matière.

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Après celui de la gare Saint-Charles à Marseille (qui a fait deux victimes en octobre 2017) et les tentatives, entre février et août 2017, à Levallois-Perret, Notre-Dame de Paris, Orly, les Champs-Elysées ou le Carrousel du Louvre, l’attentat de Carcassonne démontre que le terrorisme artisanal, si l’on ose dire, suffit pour tuer.
Ce combat passe également par l’organisation de l’islam de France. Il est urgent de l’encourager à dénoncer vigoureusement le djihadisme – cette maladie dégénérative de l’islam –, de lui donner les moyens de l’isoler, avant de l’éradiquer. Cette entreprise, annoncée par le président de la République, est complexe. Mais elle doit être menée sans relâche. C’est une des clés de la sécurité du pays.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Le mouvement de lycéens né après la tuerie de Parkland s’inscrit dans la lignée des combats politiques ou sociaux menés, en premier lieu, par des adolescents ou des jeunes adultes.
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La génération « mass shooting », cette jeunesse américaine contre les ventes d’armes

Le mouvement de lycéens né après la tuerie de Parkland s’inscrit dans la lignée des combats politiques ou sociaux menés, en premier lieu, par des adolescents ou des jeunes adultes.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 10h00
    |

            Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)








                        



                                


                            

Y aurait-il un âge minimum requis pour s’engager en politique ? Plusieurs responsables et commentateurs américains conservateurs semblent le penser. Ces dernières semaines, ils ont mis en doute la légitimité des lycéens de Parkland (Floride), frappés, le 14 février, par la tuerie qui a fait 17 morts dans leur établissement, à mener la fronde contre les ventes d’armes aux Etats-Unis. « Trop jeunes », « trop secoués émotionnellement », « manipulés », ces adolescents ne seraient pas les mieux placés pour donner de la voix dans ce débat récurrent de la société américaine.
Ces lycéens ont pourtant marqué l’opinion par leur maturité et leur force de conviction lors de leurs nombreuses prises de parole. Désormais soutenus par des organisations militant de longue date pour le contrôle des armes, ils sont à l’origine de la « Marche pour nos vies », qui, samedi 24 mars, va voir déferler, dans les rues de Washington et de nombreuses villes américaines, des centaines de milliers de personnes.

Ce mouvement s’inscrit dans une lignée de combats politiques ou sociaux menés, en premier lieu, par des adolescents ou des jeunes adultes. Et, comme tous les combats récents à travers le monde, il est porté par la force des réseaux sociaux, gages de mobilisation rapide et massive. Pour Thomas Maher, maître de conférences à l’université Purdue (Indiana), spécialiste des mouvements sociaux, la mobilisation actuelle est en résonance avec les manifestations qui ont éclaté sur les campus puis dans la société américaine contre la guerre du Vietnam, à partir de 1964.
« Dans les années 1960, les jeunes Américains antiguerre s’indignaient de pouvoir être envoyés au combat alors qu’ils ne pouvaient pas voter. Cela leur donnait une légitimité à s’exprimer et à être entendus, explique l’enseignant. Les jeunes de Parkland sont les survivants d’une tuerie, mais ils représentent aussi la génération des mass shootings. Ces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Spécialiste des idées politiques longtemps proche de Raymond Aron, il tente inlassablement de saisir, au plus près du réel, ce qui permet la vie commune. Son nouvel essai, concentré de sa pensée, en témoigne.
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Pierre Manent, grammairien de l’action

Spécialiste des idées politiques longtemps proche de Raymond Aron, il tente inlassablement de saisir, au plus près du réel, ce qui permet la vie commune. Son nouvel essai, concentré de sa pensée, en témoigne.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 10h28
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

Il a fallu commencer par rompre. Et continuer. Rompre avec sa famille, avec les passions qui dominent son temps ; trouver à chaque étape une autre distance à prendre, un autre pas de côté à faire. En rencontrant le philosophe Pierre ­Manent, spécialiste des idées politiques dont paraît un nouvel essai, La Loi naturelle et les Droits de l’homme, méditation sur l’oubli contemporain des règles de l’action humaine, on ne peut s’empêcher de penser à l’énergie et à la détermination nécessaires pour bâtir une œuvre aussi à rebrousse-poil que la sienne.
Pourtant, l’homme qui se tient devant vous, assis à une petite table, dans un salon chaleureux malgré la fraîcheur qui règne en ce matin d’hiver, avec ses souvenirs, ses objets d’art, ses meubles de bois sombre, frappe plutôt par une sérénité apparemment à toute épreuve que par un sens tonitruant de la provocation. Il est vrai que son œil frise vite, et que le rire est souvent près d’affleurer à mesure qu’il déroule les années de formation, les rencontres, les travaux, les perplexités, les audaces qui ont forgé sa pensée. Et les ruptures en cascade, comme autant de tours joués au destin qui lui semblait réservé.
A contre-courant
Le jeune homme qui entre à l’Ecole normale supérieure à la fin des années 1960 est en effet autant à contre-courant de la plupart de ses camarades qu’il est possible. Il ne vient pas de découvrir Debord, Marcuse ou Althusser mais saint Thomas d’Aquin (1225-1274), dont la lecture a contribué à sa conversion au catholicisme. Lui dont les parents étaient communistes a pris doublement le large, des siens comme de sa génération. Quel rivage va-t-il aborder ? Il reconnaît volontiers aujourd’hui qu’un penchant sinon réactionnaire, du moins de refus radical du monde contemporain a pu exister chez lui. Il tendait même, en un sens, à structurer sa pensée.
« Si l’on veut être sommaire – mais ce n’est pas faux –, explique-t-il, j’étais marqué par une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la spécialiste européenne de la lutte anticorruption, Alina Mungiu-Pippidi, estime que le rôle des opinions publiques est plus déterminant que celui des juges pour contraindre les politiciens à renoncer à leurs pratiques, voire à changer de vie.
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Alina Mungiu-Pippidi : « Les politiciens mis en cause pour leur intégrité doivent mettre fin à leur carrière »

Dans une tribune au « Monde », la spécialiste européenne de la lutte anticorruption, Alina Mungiu-Pippidi, estime que le rôle des opinions publiques est plus déterminant que celui des juges pour contraindre les politiciens à renoncer à leurs pratiques, voire à changer de vie.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 10h22
    |

Alina Mungiu-Pippidi (dirige un centre de recherche sur la corruption (http://www.againstcorruption.eu) à la  Hertie School of Governance à Berlin)







                        



                                


                            
Tribune. Comment expliquer qu’un pouvoir judiciaire, qui semble à moitié endormi pendant de nombreuses années dans un pays où la culture de l’impunité pour les puissants a toujours régné en maître, se réveille tout à coup ? C’est ce que j’ai demandé il y a quelques mois à Sergio Moro, le juge brésilien déjà entré dans la légende pour avoir mené l’opération « Lava Jato », qui a conduit à la destitution d’un chef d’Etat et à de nombreuses condamnations de politiciens pour corruption.
Après tout, le dossier judiciaire existait déjà depuis un certain temps et les magistrats brésiliens ont aussi des salaires élevés. Rien n’avait entre-temps changé au Brésil, m’a-t-il dit, absolument rien : pas de nouvelle loi, pas de ruse institutionnelle, seule la volonté du peuple avait changé. Les gens en avaient assez. Les attentes étaient très différentes de celles d’il y a dix ans, quand la corruption d’un président, par ailleurs grand champion de la justice sociale, n’intéressait personne. Du coup, un jour où un cas clair se présenta, les magistrats bougèrent.
Le rôle de la crise économique
La garde à vue de Nicolas Sarkozy pourrait-elle être le moment brésilien de la France ? Après tout, il suffit de regarder au-delà des Pyrénées où, entre juillet 2015 et septembre 2016, 1 378 fonctionnaires ou élus ont été jugés pour des accusations de corruption, selon le Conseil espagnol de la magistrature. Pour quoi ?
Pour les actes perpétrés au cours des deux dernières décennies, qui ont traîné jusqu’à ce qu’ils aient atteint la date à laquelle ils ne sont plus devenus supportables. L’austérité en Europe a contribué à rapprocher cet instant – et en fait, à le créer –, de la même manière que la crise économique mondiale a bouleversé les Brésiliens et mis en branle leur demande de responsabilité de la classe politique.
On aurait cru qu’en France, où au moins Emmanuel Macron a compris depuis longtemps que l’on ne peut combattre le populisme des masses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans un entretien au « Monde », l’universitaire Olivier Chopin estime que les services secrets devraient se préoccuper des menaces que les fake news et autres théories de conspiration font peser sur nos sociétés.
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Espionnage : « Les démocraties savent se défendre »

Dans un entretien au « Monde », l’universitaire Olivier Chopin estime que les services secrets devraient se préoccuper des menaces que les fake news et autres théories de conspiration font peser sur nos sociétés.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 11h26
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            
[La Grande-Bretagne a ­accusé la Russie d’avoir empoisonné le 4 mars un ex-agent double, Sergueï Skripal et sa fille Ioulia, retrouvés inconscients sur un banc à Salisbury, au sud-ouest de Londres. L’Allemagne, les Etats-Unis et la France ont soutenu Londres. Ils ont exprimé leur « consternation » et dénoncé « une menace pour la sécurité ». La Russie a nié toute responsabilité dans cette tentative d’empoisonnement, pourfendant un « numéro de cirque » du gouvernement britannique. En attendant les conclusions de l’enquête, Londres a riposté mi-mars par l’expulsion de 23 diplomates russes en poste en Grande-Bretagne. Le ministère des affaires étrangères russe a répondu en expulsant 23 diplomates britanniques. Jeudi 22 mars, les dirigeants européens ont rappelé « pour consultation » l’ambassadeur de l’UE à Moscou.]
Entretien. Spécialiste des études sur le renseignement à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), Olivier Chopin est l’auteur de l’ouvrage Renseignement et sécurité, chez Armand Colin, en 2016.
Quelle a été votre réaction après avoir appris l’empoisonnement, début mars, de l’ancien agent russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia en Grande-Bretagne ?
Olivier Chopin : Il s’agit d’un nouveau cas d’empoisonnement par des substances toxiques dans la lignée de ceux de Viktor Iouchtchenko, candidat en Ukraine et empoisonné à la dioxine en 2004, d’Alexandre Litvinenko, opposant notable du pouvoir russe et tué par ingestion de polonium 210 en 2006. Dans le cas de Sergueï Skripal et de sa fille, l’enquête indique l’existence d’une opération hostile dont les autorités britanniques attribuent la responsabilité au gouvernement de la Russie.
La réaction des Etats occidentaux vous semble-t-elle proportionnée ?
En paroles, la réaction de Theresa May est très ferme. Dans les faits, c’est difficile de juger. La responsabilité de définir le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Analyse. Le projet de « grande renaissance » de la nation chinoise porté par le président Xi Jinping a contribué à la réélection, à l’unanimité, des principaux dirigeants communistes à la tête du pays, analyse le correspondant du « Monde » à Pékin.
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Union sacrée autour du « rêve chinois »

Analyse. Le projet de « grande renaissance » de la nation chinoise porté par le président Xi Jinping a contribué à la réélection, à l’unanimité, des principaux dirigeants communistes à la tête du pays, analyse le correspondant du « Monde » à Pékin.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 10h45
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            
Analyse. Le spectacle de l’unanimité quasi absolue avec laquelle les « députés » du Parlement chinois ont, le 17 mars, élu ou réélu les principaux dirigeants communistes à la tête du pays – 100 % pour Xi Jinping, une voix contre pour son nouveau vice-président, Wang Qishan – et entériné des amendements à la Constitution qui suppriment, pour ces deux postes, la limite des deux mandats en dit long sur le pouvoir accumulé par M. Xi en cinq ans. Face à une telle « assemblée d’hommes constamment d’accord, soyez sûr qu’il y a despotisme ou que le despotisme sera le résultat de l’unanimité, s’il n’en est pas la cause », aurait dit Germaine de Staël.
M. Xi et ses compagnons d’armes, comme Wang Qishan, Li Zhanshu, son ex-bras droit, et Wang Huning, le théoricien du rêve chinois, ont consolidé leur position une à une, en muselant l’opposition libérale, en purgeant le Parti communiste chinois (PCC) de tout opposant et en parachevant leur conquête par un véritable coup constitutionnel lors de cette session parlementaire. La nouvelle Constitution a inscrit dans le marbre la prééminence absolue du parti, et l’a doté, dans la nouvelle commission nationale de supervision, d’une arme de soumission massive envers des dizaines de millions d’agents de l’Etat.
Le phénomène politique qu’est Xi Jinping n’est pas complètement déconnecté des aspirations de la société chinoise. Il représente un « pouvoir fort et incarné […] face à un monde dorénavant dangereux et perçu comme de plus en plus instable », rappelle le sociologue Jean-Louis Rocca dans L’Humanité. La prestance du chef d’Etat chinois, sa confiance en lui, la succession d’événements prestigieux qu’il organise flattent l’orgueil des Chinois.
« Guide et timonier »
Son irrésistible ascension est aussi le produit d’une biographie bien particulière, celle d’un « prince rouge » franc-tireur animé d’un sentiment de revanche par procuration pour un père grand révolutionnaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le cofondateur et ancien président de Médecins sans frontières estime qu’une éventuelle condamnation de Nicolas Sarkozy éclairerait d’un jour nouveau l’intervention militaire française en Libye
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Rony Brauman : « La Libye, c’est l’Irak de la France »

Dans un entretien au « Monde », le cofondateur et ancien président de Médecins sans frontières estime qu’une éventuelle condamnation de Nicolas Sarkozy éclairerait d’un jour nouveau l’intervention militaire française en Libye



Le Monde
 |    24.03.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 11h54
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            

Directeur de recherche à la Fondation Médecins sans frontières et professeur à l’IEP de Paris, auteur de Diplomatie de l’ingérence (Elytis, 2016) et de Guerres humanitaires ? Mensonges et intox (Textuel, 128 pages, 15,90 €), Rony Brauman revient sur l’intervention militaire française en Libye, à laquelle il était opposé.
Comment considérez-vous la mise en examen de Nicolas Sarkozy ?
Une mise en examen n’est pas une déclaration de culpabilité, donc je me garderai bien de conclure avant que le jugement soit prononcé. Il n’en demeure pas moins que c’est une occasion de revisiter les circonstances dans lesquelles cette guerre a été conduite, car il est manifeste que les présidences libyenne et française ont noué des liens étroits, qui se sont rompus à partir de février 2011. La vérité juridique, qui s’appuie sur des éléments probants, est une chose. La vérité historique et politique, elle, même si elle recoupe la vérité juridique, ne s’y réduit pas. On se souvient que, en janvier 2011, c’est-à-dire quelques semaines avant que Kadhafi ne devienne ce nouvel ennemi de l’humanité qu’il fallait combattre, une entreprise française livrait à son régime un système d’espionnage des communications, prétendument pour traquer les pédophiles – qui, d’un seul coup, semblaient devenir le problème majeur de la Libye –, mais en réalité pour surveiller les opposants et les dissidents au régime. Autrement dit, la France continuait à soutenir Kadhafi, car un tel logiciel ne pouvait être fourni sans l’aval des autorités françaises. On est donc frappé par cette bascule soudaine du président français qui, du jour au lendemain, fait passer Kadhafi d’ami à ennemi, à la suite d’allégations mensongères de massacres.
En dépit des relations changeantes entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi, l’intervention de l’OTAN n’était-elle pas justifiée afin de protéger la population libyenne ?
Les menaces du régime de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le politiste américain Ronald Bruce St John revient sur les rapports complexes entretenus par la France et la Libye, rapports que le mandat de Nicolas Sarkozy n’a pas contribué à simplifier, selon lui.
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/03/2018
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« La relation entre Sarkozy et Kadhafi est un écheveau de vérités, de demi-vérités et de mensonges »

Dans une tribune au « Monde », le politiste américain Ronald Bruce St John revient sur les rapports complexes entretenus par la France et la Libye, rapports que le mandat de Nicolas Sarkozy n’a pas contribué à simplifier, selon lui.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
24.03.2018 à 10h55
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Ronald Bruce St John (Docteur en science politique)







                        



                                


                            

Tribune. Cinquante millions d’euros de contribution à une campagne électorale, d’énormes marchés pour l’industrie française, l’assassinat d’un tyran : la relation entre l’ancien président Sarkozy et le dirigeant libyen Kadhafi est rapidement devenue un écheveau embrouillé de vérités, de demi-vérités et de mensonges.
Au cours de la première année de son mandat, Nicolas Sarkozy signa avec le régime Kadhafi un plus grand nombre d’accords commerciaux que n’en avaient conclu l’ensemble des gouvernements français de 1969 à 2007. Moins de quatre ans plus tard, il se démenait pour faire adopter par l’ONU une résolution instaurant une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye.
Cette politique évolua très vite vers des actions militaires visant à un changement de régime. En 2013, les soupçons de financement illégal de la campagne de Sarkozy par la Libye entraînaient l’ouverture d’une enquête officielle. Ce 21 mars 2018, Sarkozy a été mis en examen pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de détournement de fonds publics libyens ». Comment faire pour débrouiller cet écheveau ?

Afin d’y voir plus clair, le mieux est de commencer par examiner les relations franco-libyennes au cours des quarante-deux années pendant lesquelles Kadhafi a dirigé son pays. Durant cette période, les relations bilatérales n’ont cessé de connaître des hauts et des bas. En janvier 1970, la France acceptait de vendre 110 Mirage à la Libye. C’était la plus grosse vente d’armes française de tous les temps. Dix ans plus tard, en février 1980, le gouvernement libyen laissait des foules de manifestants furieux mettre à sac et incendier l’ambassade de France à Tripoli et le consulat français à Benghazi.
De la brouille à la visite de Chirac
La France et le régime de Kadhafi se trouvèrent à nouveau brouillés, à la fin du XXe siècle, en raison de l’implication libyenne dans l’attentat commis,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Le roman graphique de Jérôme Tubiana et d’Alexandre Franc raconte le périple kafkaïen de Mohammed El-Gorani envoyé croupir, au lendemain du 11 septembre 2001, dans la prison construite dans l’enclave américaine de Cuba pour y accueillir les présumés djihadistes, alors qu’il n’avait pas 14 ans.
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Guantanamo, un récit tragique en images

Le roman graphique de Jérôme Tubiana et d’Alexandre Franc raconte le périple kafkaïen de Mohammed El-Gorani envoyé croupir, au lendemain du 11 septembre 2001, dans la prison construite dans l’enclave américaine de Cuba pour y accueillir les présumés djihadistes, alors qu’il n’avait pas 14 ans.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 16h18
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

Livre. C’est en 2010 à N’Djamena, au Tchad, que le journaliste Jérôme Tubiana a rencontré pour la première fois Mohammed El-Gorani. Pendant quinze jours, le jeune homme lui a raconté le périple kafkaïen qui l’a envoyé croupir au lendemain du 11 septembre 2001, alors qu’il n’avait pas 14 ans, dans les geôles de Guantanamo, cette opaque prison construite dans l’enclave américaine de Cuba pour y accueillir les présumés djihadistes. Il y restera huit ans avant d’être finalement reconnu innocent et renvoyé chez lui. Enfin pas vraiment chez lui.
C’est que Mohammed El-Gorani est né et a grandi en Arabie saoudite de parents tchadiens. Autant dire des non-citoyens. Pour se construire une vie, il avait décidé d’aller étudier l’informatique au Pakistan. Pour rejoindre seul ce pays, il avait dû tricher sur son âge. Profondément pieux, il sera pris dans une rafle après les attentats de New York. Son statut pas clair, sa peau noire, son accent saoudien, son adolescence rebelle… À partir de là c’est une longue errance de prisons en brimades qu’il raconte.
Livré par la police pakistanaise aux forces américaines. Guantanamo. Renvoyé ensuite au Tchad par les États-Unis, pays qu’il ne connaît pas bien qu’il en soit citoyen de droit. Malade, cherchant de l’aide auprès d’amis au Soudan en traversant le Darfour en guerre, de nouveau la prison, retour au Tchad. Puis le Ghana où la vie semble lui sourire jusqu’au changement de régime. Prison. Coups de nouveau. Retour au Tchad. Dont il réussit finalement à s’enfuir pour se réfugier aujourd’hui au Nigeria.
Héros et auteur
C’est tout cela que raconte le roman graphique de Jérôme Tubiana et du dessinateur Alexandre Franc. À commencer par Guantanamo justement, cette prison dont on sait finalement si peu. 730 personnes sont passées par ses cellules depuis son ouverture en 2001, neuf y sont morts, et 41 y sont encore détenus.
Or parmi la foison de romans graphiques qui fleurissent depuis quelques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ De l’usine, où il voulait semer la révolution il y a cinquante ans, à l’oraison funèbre de l’idole des jeunes le 9 décembre 2017, l’ancien maoïste devenu écrivain fut aussi journaliste, éditeur et diplomate.
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Daniel Rondeau, de Mai 68 à Johnny 
                  
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Le Monde
 |
                  23.03.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 15h04


De l’usine, où il voulait semer la révolution il y a cinquante ans, à l’oraison funèbre de l’idole des jeunes le 9 décembre 2017, l’ancien maoïste devenu écrivain fut aussi journaliste, éditeur et diplomate.

Par             Philippe Ridet





                     
Il m’a recommandé de venir en voiture et expédié les consignes par SMS. « A4 jusqu’à La Ferté-sous-Jouarre. Traverser La Ferté en restant sur la nationale. » Après, ça devenait plus compliqué jusqu’à cette « allée d’arbres » en direction de Gionges. « C’est nous », avait-il précisé. J’ai suivi les instructions à la lettre cherchant dans ces prairies et ces bois traversés ce qu’il voulait faire voir de lui-même, dans le plissement d’un vallon, le secret d’une âme. Il est né et il vit désormais au cœur de ces paysages. Quand ses vies multiples l’ont mené ailleurs, il n’est jamais resté longtemps sans les parcourir.

En chemin, j’ai croisé des silos à grains élancés comme des cathédrales, des églises aux clochers d’ardoise, trapues et tassées sur elles-mêmes. Passé Montmirail, quatre biches ont traversé la route avec un petit toupet blanc au derrière. Champaubert, Montmort, Villers-aux-Bois… La Champagne apparaissait vaste, trouée d’étangs, un peu grise. A Villers-aux-Bois, la longue allée de hêtres nus dont il avait parlé n’était pas difficile à trouver. Daniel Rondeau faisait signe de la main.
Membre de la Gauche prolétarienne
Il y a trente ans, en 1988, un petit livre à couverture bleue paru aux éditions du Quai Voltaire, L’Enthousiasme (réédition « Les Cahiers rouges », Grasset), a décidé de mon admiration. L’incipit m’avait touché au cœur : « J’ai passé les années les plus vives de ma jeunesse dans une ville triste et étale qui jamais ne m’ennuya. »
Daniel Rondeau faisait le récit de sa révolte qui, au sortir de Mai 68, dont on fêtait alors les 20 ans, l’avait conduit à lâcher ses études pour « s’établir » pendant trois ans dans plusieurs usines de Lorraine. Le but était d’y fomenter sinon la « révolution », du moins quelques grèves. Rondeau suivait en cela un des préceptes de la Gauche prolétarienne (GP), le groupuscule maoïste, auquel il appartenait, était dirigé par le philosophe...





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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Pour Jean-François Corty, de Médecins du monde, la mauvaise hospitalité faite aux réfugiés n’améliore pas la vie des Français précaires.
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« Le vrai sujet, ce n’est pas l’immigration : c’est la lutte contre les inégalités et la pauvreté »

Pour Jean-François Corty, de Médecins du monde, la mauvaise hospitalité faite aux réfugiés n’améliore pas la vie des Français précaires.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 15h24
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Jean-François Corty est directeur des opérations internationales de Médecins du monde, il est auteur, avec Dominique Chivot, de La France qui accueille (Les Editions de l’Atelier, 160 p., 15€).

Un bénévole a été convoqué dans les Hautes-Alpes, le 14 mars, par la police des frontières, pour avoir porté secours, à 1 850 m d’altitude, à une famille nigériane, dont une femme sur le point d’accoucher…
Il s’agit là d’un nouvel exemple de l’idéologie de nos dirigeants, qui consiste à en faire le moins possible en matière d’accueil des migrants précaires extracommunautaires. De plus en plus, cette politique bouscule les principes fondamentaux de l’asile et des droits de l’homme.
Les autorités assument la violence institutionnelle (consignes aux forces de l’ordre), assument de maintenir la pression sur les aidants (délit de solidarité), assument de détricoter le droit d’asile avec le projet de loi sur l’immigration qui sera débattu à l’Assemblée en avril, assument de négocier avec des mafieux et des pays instables la gestion externalisée de l’accueil. C’est une volonté affirmée, qui ne profite à personne.
Qu’il s’agisse d’accès aux soins ou au logement, tous les chiffres montrent en effet que la mauvaise hospitalité faite aux réfugiés n’améliore pas la vie des Français précaires. Au contraire, les inégalités continuent de se creuser. Le vrai sujet, ce n’est pas l’immigration : c’est la lutte contre les inégalités et la pauvreté.
Dans « La France qui accueille », vous donnez un certain nombre d’exemples où des élus, des associations ou de simples citoyens se mobilisent pour aider les migrants. Que vous a appris cette enquête de terrain ?
Ce livre relate une dizaine d’études de cas, mais ce sont des milliers d’actes de solidarité qui ont été recensés ces dernières années à l’échelle nationale. Ce que cette enquête m’a confirmé, c’est le décalage qui existe entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ L’ancien président de la mission parlementaire sur le Rwanda, Paul Quilès, explique que si les questions majeures encore sans réponse n’impliquent pas la France, les documents qui restent à étudier doivent cependant être accessibles aux chercheurs.
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Paul Quilès : Il faut « revenir aux faits pour mieux comprendre le génocide au Rwanda »

L’ancien président de la mission parlementaire sur le Rwanda, Paul Quilès, explique que si les questions majeures encore sans réponse n’impliquent pas la France, les documents qui restent à étudier doivent cependant être accessibles aux chercheurs.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 12h54
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 13h13
    |

                            Paul Quilès (Ancien ministre de la défense et de l’intérieur et ancien président de la mission parlementaire sur le Rwanda (1998)








                        



                                


                            

Tribune. Le génocide perpétré au Rwanda entre avril et juillet 1994 fait partie des grandes tragédies du XXe siècle. De 500 000 à un million de personnes y ont été assassinées dans les conditions les plus barbares en raison de leur naissance. Depuis, les témoignages, les récits, les analyses divergentes, les polémiques se sont multipliés, comme l’illustrent les récents articles du Monde. Mais très peu ont entrepris une analyse objective des enchaînements qui ont conduit à une telle tragédie.
C’est pour cette raison que j’ai pris l’initiative en 1998, en tant que président de la commission de la défense de l’Assemblée nationale, de demander la création d’une mission parlementaire d’information. L’objectif était de « faire la lumière sur le rôle qu’ont pu jouer les différents pays qui sont intervenus, ainsi que l’ONU, dans la crise rwandaise entre 1990 et 1994 ». Notre mission a enquêté pendant neuf mois et a rendu un rapport de 1 500 pages.
Pendant cent dix heures, les députés ont auditionné quatre-vingt-huit personnes, des responsables politiques, des militaires, des diplomates, des universitaires, des civils français et rwandais. Ces auditions ont été exceptionnelles, tant par leur nombre que par leur sérieux. La plupart ont été publiques, ouvertes à la presse écrite et audiovisuelle.
Les rapporteurs se sont rendus à Bruxelles, à Washington, au siège des Nations unies à New York, ainsi qu’au Rwanda, en Ouganda, au Burundi, et en Tanzanie. Les témoignages des soixante-quatorze personnes qu’ils ont rencontrées ont été rigoureusement examinés. La mission a analysé 15 000 pages de textes, de télégrammes diplomatiques et de documents militaires ; pour 7 000 pages, la classification « secret défense » a été levée.
Lacunes
D’autres documents restent sans doute encore à étudier, et il serait souhaitable que les chercheurs puissent y avoir accès. Mais les documents consultés par la mission donnent...




                        

                        

