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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Sébastien Chassagne interprète avec finesse un trentenaire qui peine à passer du statut de fils à celui de père (sur OCS Go à la demande).
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TV – « Irresponsable » : tout en grâce et en burlesque

Notre choix du soir. Sébastien Chassagne interprète avec finesse un trentenaire qui peine à passer du statut de fils à celui de père (sur OCS Go à la demande).



Le Monde
 |    23.03.2018 à 17h45
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur OCS Go à la demande



Sébastien Chassagne a de faux airs de Woody Allen, et l’impressionnante palette de jeu d’un Jean Dujardin. Il possède aussi le sens du rythme qu’il faut à la comédie, un charme discret virant à l’émouvant lorsque le drame pointe son nez. Certes – et il faut le souligner tant cela fait défaut en France –, tous les interprètes d’Irresponsable se montrent excellents (notamment le jeune Théo Fernandez), mais celui qui porte cette série s’y révèle un comédien exceptionnellement doué.
Julien (Sébastien Chassagne, donc), la petite trentaine encore proche de la préadolescence risque-tout, revient vivre chez maman, à Chaville, dans la banlieue parisienne. Provisoirement, bien sûr. Le temps de chercher un petit boulot qui lui laisse tout de même le loisir de fumer ses pétards. Par hasard, il retombe sur Marie, qui avait quitté précipitamment le lycée sans plus jamais donner de nouvelles, alors que les deux ados venaient de faire l’amour ensemble. L’ayant invitée dans un restaurant chinois sans avoir assez d’argent pour manger à deux, il apprend qu’elle a un fils, Jacques, 15 ans, dont il est le père.
Rythme et humour
Comment devient-on un père, quand on a déjà la charge d’être un fils ? Ça veut dire quoi, en fait, « être père » ? Quelles preuves en donner, face à un ado moins « branleur » que soi-même ? Et comment « récupérer » la maman de son fils, que l’on aime toujours ? Sans parier sur une suite de sketchs mais sur un scénario de dix épisodes, le créateur d’Irresponsable, Frédéric Rosset, avait écrit avec sa sœur Camille, en 2016, une première saison tout en grâce et en burlesque, tendre à l’égard de ses personnages et sans fausse note dans son versant comique.
La deuxième saison, qu’OCS vient de mettre en ligne, maintient le rythme et l’humour, y ajoutant même de nouveaux et beaux personnages, ainsi que deux ou trois scènes très émouvantes, alors que les enjeux, pour Julien, sont demeurés les mêmes. Englué dans le « glandisme » et toujours en recherche de paternité, il n’a pas vraiment changé, en dépit d’efforts méritoires.

   


Irresponsable, dont la troisième saison, en cours d’écriture, devrait être la dernière, se montre une exception française à plus d’un ­titre. Ce fut d’abord le projet de fin d’études de Frédéric Rosset, qui intégra en 2013 la première promotion de la section « Séries » au sein de la principale école de cinéma française, la Fémis. Un projet d’école repris à son compte par le bouquet d’Orange, OCS, qui se risque régulièrement à donner carte blanche à de jeunes artistes. Même si les moyens alloués pour les tournages sont notoirement chiches. Par ailleurs, Irresponsable fait partie des très rares séries comiques françaises tournées dans le format du 26 minutes, ­celui des sitcoms américaines, qui leur convient pour tenir le rythme et ne pas s’essouffler. Sur ce format, Irresponsable est indéniablement la meilleure de celles que nous avons pu voir.
Mais cette série se révèle avant tout une exception en ce que, contrairement à nombre de comédies françaises grand public au cinéma, affligeantes voire rances, elle s’appuie sur un vrai talent d’écriture, alerte et fin, pour réinventer un genre ancien, celui de la comédie du remariage.
Irresponsable, saison 2, série créée par Frédéric Rosset. Avec Sébastien Chassagne, Théo Fernandez, Marie Kauffmann, Nathalie Cerda (Fr., 2018, 10 × 26 min). Saisons 1 et 2 sur OCS Go. Saison 1 aussi sur TV5Monde jusqu’au 30 mai.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A voir aussi ce soir. Le réalisateur allemand Andreas Kleinert explore les tourments de la relation adultère (sur Arte à 20 h 55).
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TV – « Ne me dis rien » : l’ordinaire brutale d’une passion

A voir aussi ce soir. Le réalisateur allemand Andreas Kleinert explore les tourments de la relation adultère (sur Arte à 20 h 55).



Le Monde
 |    23.03.2018 à 17h30
    |

            Véronique Cauhapé








                        


Téléfilm sur Arte à 20 h 55



Dans le tramway bondé, alors qu’elle s’effarouche et qu’il sourit, leurs regards se croisent. Puis se recroisent. A la piscine où elle se rend, comme chaque mercredi soir et où il l’a suivie, pour la première fois, ils ne se parlent pas, suspendus au désir dont ils retardent, avec conscience, l’aboutissement. A la sortie, l’étreinte se produit dans cette furieuse urgence, cette fulgurante intimité qui fait s’entendre les corps sans que les mots n’aient à s’en mêler. Ne me dis rien : le téléfilm d’Andreas Kleinert ne pouvait avoir de meilleur titre.
Photographe, mariée avec un homme qu’elle aime et mère d’une adolescente raisonnablement rebelle, Lena (Ursina Lardi) reverra Martin (Ronald Zehrfeld), journaliste, lui aussi amoureux de sa femme. Soucieux de préserver leur couple, ils entameront une liaison qu’ils penseront pouvoir maîtriser. Certains que leur rencontre et les éclats de vie goûtés dans le décor pourpre d’une chambre d’hôtel ne déborderont pas sur un quotidien dont ils n’ont ni à se plaindre ni à souffrir.
Une lente dégradation
Ne me dis rien ne consent aucun empêchement. Traitée à la manière d’un matériau brut, la passion des amants adultères s’impose sans que ne soit exploité, pour la justifier, l’argument des sentiments – pourtant présents – ou l’excuse de l’ennui (voire la frustration) conjugal. Face à ce matériau brut qui n’offre aucune prise, il n’est rien d’autre à faire que d’attendre l’apparition de la première fissure, puis de la deuxième. Avant que le mur ne se lézarde, devienne poreux.

   


La parenthèse d’un week-end à la mer, où il a fallu mentir plus qu’à l’ordinaire, et dont les digues d’étanchéité se rompent au retour. La soirée d’un réveillon où, chacun, dans son foyer, se sent aspiré par le manque du corps de l’autre. Les larmes, la douleur, le dépit… Andreas Kleinert enregistre cette lente dégradation dans laquelle pourtant Lena et Martin choisiront de ne pas sombrer, soustrayant ainsi le film à une entière noirceur. Il n’empêche que la scène finale, filmée à travers la vitre d’un café, sans qu’aucune parole ne s’échange, fait un clin d’œil si grand à l’esthétique d’Edward Hopper qu’on ne peut échapper au désenchantement dont le film n’a cessé de repousser l’avènement.
Ne me dis rien, d’Andreas Kleinert. Avec Ursina Lardi, Sarah Hostettler, Ronald Zehrfeld (All., 2016, 90 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Un coffret rassemble les concerts mythiques donnés par le guitariste avec son groupe, les 9 et 10 décembre 1973, à Los Angeles.
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Retour au Roxy avec Frank Zappa

Un coffret rassemble les concerts mythiques donnés par le guitariste avec son groupe, les 9 et 10 décembre 1973, à Los Angeles.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 17h12
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 18h07
    |

            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

Mort le 4 décembre 1993, à l’âge de 52 ans, des suites d’un cancer de la prostate, Frank Zappa, dans les derniers mois de sa maladie, avait indiqué à sa famille et des collaborateurs proches un plan de publication d’albums sur lesquels il travaillait (dont Civilization Phaze III, Läther, Dance Me This). Dans le même temps, il laissait à ses ayants droit le soin de sélectionner dans les archives de son œuvre pléthorique de futures sorties. Des enregistrements de studio et de concerts qui ont constitué, au cours des ans, une importante discographie posthume du guitariste, chanteur, auteur-compositeur, chef d’orchestre et producteur américain. Début 2018, elle a atteint une cinquantaine d’albums (dont une bonne partie de doubles ou triples, voire plus) venus s’ajouter à la soixantaine d’opus publiés entre 1966 (Freak Out !) et 1993 (The Yellow Shark).
Dernier recueil en date, The Roxy Performances, petit coffret de sept CD, qui rassemble les quatre concerts de Zappa et son groupe The Mothers of Invention les 9 et 10 décembre 1973 dans la salle du Sunset Strip, à Los Angeles, une répétition publique le 8 décembre et quelques séances en studio. Le Roxy avait ouvert ses portes, fin septembre, avec une série de concerts de Neil Young, et était devenu, en quelques semaines, un lieu réputé. Capacité d’accueil, 500 personnes. Zappa a décidé de filmer et enregistrer les quatre concerts prévus en vue d’un film. Lequel, en raison de problèmes techniques de synchronisation des images et du son, de manque de temps et d’argent – Zappa finance toute l’opération –, ne verra le jour… que fin 2015.
Une dimension mythique
Fin octobre 1973, Zappa a remanié son groupe. Le violoniste Jean-Luc Ponty et le trompettiste Sal Marquez sont partis. Restent George Duke aux claviers, Bruce Fowler au trombone, son frère Tom à la basse, Ruth Underwood aux percussions, Ralph Humphrey à la batterie, et sont arrivés deux nouveaux,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ La 12e édition du salon dubaïote d’art contemporain reflète les crispations avec l’Iran et le Qatar.
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A la foire Art Dubaï, l’Arabie saoudite monte en puissance

La 12e édition du salon dubaïote d’art contemporain reflète les crispations avec l’Iran et le Qatar.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 16h48
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 18h36
    |

                            Roxana Azimi (Dubaï (Emirats Arabes Unis)








                        



                                


                            

Le commerce de l’art étant aussi affaire de géopolitique, la 12e édition de la foire Art Dubaï, qui s’est tenue du mercredi 21 au samedi 24 mars, a fait écho aux nouveaux équilibres de la région. Montée en puissance de l’Arabie saoudite, allégeance des Emirats arabes unis au grand voisin wahhabite, mise au ban du Qatar et tensions avec l’Iran se sont donc invités aux discussions des VIP.

Depuis sa création en 2007, le mois même où fut signé l’accord du Louvre Abu Dhabi, cette initiative dubaïote s’est toujours posée en contre-feu aux logiques d’affrontement qui grèvent le Moyen-Orient. En onze ans, Art Dubaï a exposé sans distinction des artistes iraniens, saoudiens, qataris, libanais ou syriens, concentrant dans un même lieu des nationalités et confessions qui se toisent ou se font la guerre.
Preuve en est le stand de la galerie Agial, qui présente simultanément Gebran Tarazi et Shakir Hassan Al Said, un Chrétien libanais et un Irakien musulman qui ont pour seul point commun un certain mysticisme.
Melting-pot du monde arabe, Art Dubaï avait toutefois un accent dominant iranien au point qu’au vernissage on entendait parler autant persan qu’arabe. Normal : selon le quotidien Khaleej Times, la communauté iranienne représente actuellement 10 % de la population émiratie. Et elle fait tourner son économie.
Dubaï, l’avant-poste de l’Iran
Sur le plan artistique aussi, Dubaï apparaissait comme l’avant-poste de l’Iran. Les entrepreneurs iraniens Farhad Farjam et Ramin Salsali y ont ouvert leurs centres d’art privés. Et deux des meilleures galeries locales, Third Line et Carbon 12, ont été fondées par des Iraniens.
Quand ils se sont sentis en danger à Téhéran, les deux frères Rokni et Ramin Haerizadeh, ainsi que leur complice Hesam Rahmanian, connus pour leur art flamboyant et provocateur, ont également élu domicile à Dubaï. Ils s’y sont si bien intégrés que l’exposition « Ishara » sur les artistes émiratis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ L’artiste reproduit à leur format, mais sur une feuille plus grande, des couvertures d’ouvrages et « Dormir au soleil » relève plus du sommeil que de la lumière.
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Sélection galeries : Claire Morel chez Martine Aboucaya et exposition collective chez Jocelyn Wolff

L’artiste reproduit à leur format, mais sur une feuille plus grande, des couvertures d’ouvrages et « Dormir au soleil » relève plus du sommeil que de la lumière.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 16h47
   





                        


Claire Morel Galerie Martine Aboucaya

   


Claire Morel dessine des livres. Non qu’elle soit graphiste pour l’édition, mais parce que les livres sont son sujet. Avec une ­impeccable minutie, à la mine de plomb et aux crayons de couleur, elle reproduit à leur format, mais sur une feuille plus grande, les couvertures des ouvrages qui lui importent. ­Typographie, illustrations, sigles des collections, tout est imité parfaitement, si ce n’est que les noirs sont moins noirs, les bleus moins bleus que s’ils étaient imprimés. Aussi l’œil se ­détrompe-t-il vite. Mais l’essentiel est moins cette dextérité que le processus mental. Il y a le choix des livres et des auteurs : Artaud, Borges, Perec, Daumal, Blanchot, Bataille et quelques philosophes aussi, Sartre, Wittgenstein, Foucault, Guattari. Bibliothèque substantielle, qui aide à vivre. Il y a cette affirmation ensuite qu’être artiste, ce n’est pas seulement ­produire et se montrer, mais d’abord lire et s’interroger. Il y a la lenteur enfin. Il faut du temps pour parachever chaque dessin et du temps pour circuler de l’un à l’autre dans la galerie. A l’instantanéité futile et à la précipitation amnésique, Claire Morel oppose la défense de ses feuilles légères, juste fixées au mur. Un barrage contre la bêtise pour plagier Duras, une autre de ses lectures. Philippe Dagen
« Apologie du plagiat », de Claire Morel. Galerie Martine Aboucaya, 5, rue Sainte-Anastase, Paris 3e. Tél. : 01-42-76-92-75. Du mardi au samedi de 12 heures à 19 heures. Jusqu’au 21 avril.
Diego Bianchi, Santiago de Paoli, Anna Hulačová, João Queiroz, Rudolf Samohejl Galerie Jocelyn Wolff

   


C’est une ville abandonnée qui s’offre ici au regard. Au sol, des octogones de béton se souviennent d’hier. Ils sont jonchés de fragments de céramique et de boussole, scie et tuyaux, cactus, pneu… Une foule de petits objets, enchâssés dans la matière par le Tchèque Rudolf Samohejl. Cette sculpture donne le « la » de « Dormir au soleil », une frappante exposition collective qui relève plus du sommeil que de la lumière. Une toile d’herbes folles de João Queiroz semble l’un des rares fragments de nature à être préservé dans cette fin d’un monde. Quant à l’être étrange façonné par Anna Hulačová, il semble au-delà de l’animal, et au-delà de l’humain. Pour parfaire le désastre, une parabole de Diego Bianchi : un ballon de basket dégonflé flotte dans un aquarium jonché de débris, sacs plastique et canettes. Allusion ironique à l’une des premières œuvres de Jeff Koons, elle vient parfaire le sentiment de naufrage. Emmanuelle Lequeux
« Dormir au soleil ». Galerie Jocelyn Wolff, 78, rue Julien-Lacroix, Paris 20e. Tél. : 01-42-03-05-65. Du mardi au samedi de 11 heures à 19 heures. Jusqu’au 21 avril.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le projet du plus grand parc de l’intra-muros parisien, dessiné par l’architecte Bernard Tschumi, fête son 35e anniversaire les 24-25 mars.
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Les folies heureuses de La Villette

Le projet du plus grand parc de l’intra-muros parisien, dessiné par l’architecte Bernard Tschumi, fête son 35e anniversaire les 24-25 mars.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 16h37
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 16h44
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



   


L’esprit d’Hegel et de Rabelais souffle sur le parc de La Villette dont on fête cette année le 35e anniversaire du projet originel livré en 1983 par l’architecte franco-suisse Bernard Tschumi. L’année précédente, le concours international initié par Jack Lang, ministre de la culture de François Mitterrand, portait en préambule deux formules, l’une du philosophe allemand (1770-1831), l’autre de l’écrivain français (1483 ?-1553), pour donner naissance, dans le 19e arrondissement, au plus grand espace vert (33 hectares) de l’intra-muros parisien depuis les travaux du baron Haussmann au XIXe siècle.
La première, « La nature se trouvant ainsi transformée en une vaste demeure sous le ciel ouvert… », est extraite de l’Esthétique (1835) ; la seconde, « Fay ce que voudras », figure au fronton de la première utopie littéraire, la fameuse abbaye de Thélème dans Gargantua (1534). A cela s’ajoutait une règle d’apparence plus pragmatique, que rappelait en 1985 la chercheuse, spécialiste d’histoire urbaine, Danièle Voldman dans la revue Vingtième siècle : il ne doit s’agir « ni d’un square, ni d’un bois aux portes de la ville, ni de logements sociaux ou de prestige au milieu de pelouses et de bosquets ».
« Un équipement culturel de plein air »
Ainsi, l’approche de cet espace, dont il était dit qu’il ne pouvait se limiter à l’attrait des « seuls délices du paysage » devait répondre à des principes d’ordre architectonique, chers à Hegel, en devenant « un équipement culturel de plein air ». Dernière condition : le lieu devait, enfin, pouvoir être ouvert jour et nuit.
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        Les anciens abattoirs ‒ Un échaudoir et une brigade de boeuftiers"
            data-slide-description="1867 est l’année de l’ouverture des abattoirs de La Villette, sur un projet de modernisation du nord de Paris proposé par le baron Haussmann, préfet de la Seine."
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        Les anciens abattoirs ‒ L'horloge"
            data-slide-description="Les abattoirs généraux et le marché aux bestiaux sont ‒ quant à eux ‒ confiés à l’architecte Louis-Adolphe Janvier dont les plans sont réalisés d’après des croquis de Baltard, sur le modèle des Halles au centre de Paris."
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        Entrée du marché aux bestiaux"
            data-slide-description="Intégrés depuis 1860 à la commune de Paris, le hameau de La Villette et sa vaste zone rurale ont fait partie du réaménagement urbain et de la modernisation architecturale de la capitale."
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        Abattoirs et marché aux bestiaux de La Villette"
            data-slide-description="La Grande Halle sera réhabilitée par les architectes Bernard Reichen et Philippe Robert. Seule l’ancienne Halle aux bœufs a perduré jusqu’à nos jours."
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        Vue du ciel du parc avant les travaux, vers 1970"
            data-slide-description="En 1974, les abattoirs de La Villette et le marché aux bestiaux sont officiellement fermés. Après un siècle d’intense activité, les trois halles restent inoccupées. Un an plus tard, la Société d’économie mixte de La Villette (SEMVI) propose un programme de rénovation de la friche industrielle en un vaste parc urbain."
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        Le site à la veille de la création du parc, dans les années 1980"
            data-slide-description="En 1976, l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) lance un concours d’idées pour l’aménagement des 55 hectares de La Villette. Le projet doit comporter un parc d’un minimum de 15 hectares ainsi que des espaces bâtis comportant au maximum 4 500 logements."
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        Week-end d’ouverture de Little Villette, les 21 et 22 mai 2016"
            data-slide-description="A noter que ce pavillon a été conçu par l’architecte Oscar Tusquet ‒ qui propose des nombreuses activités et ateliers destinés au jeune public."
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        Vue de la sculpture monumentale « Heads », de Will Ryman, 2018"
            data-slide-description="Pour célébrer les 35 ans de La Villette, l’artiste américain Will Ryman a réalisé un ensemble de sculptures monumentales sur l’idée de « la quête de sens chez l’homme » : un vaste programme."
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        Vue sur la prairie du triangle, la Grande Halle, la Géode et la Cité des sciences et de l’industrie-Universciences"
            data-slide-description="Le parc de La Villette avec ses 55 hectares serait considéré comme un espace unique en Europe, accueillant près de 10 millions de visiteurs chaque année. La prairie du triangle est le lieu de multiples projections avec le célèbre Festival de cinéma en plein air, créé il y a 25 ans."
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Les anciens abattoirs ‒ Un échaudoir et une brigade de boeuftiers            
1867 est l’année de l’ouverture des abattoirs de La Villette, sur un projet de modernisation du nord de Paris proposé par le baron Haussmann, préfet de la Seine.

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La conception de l’ensemble devait intégrer la présence de l’ancienne Grande Halle aux bœufs, dernier vestige du site de l’ancien abattoir devenue une salle de concerts, et celle d’un musée qui deviendra quelques années plus tard la Cité des sciences et de l’industrie de la Villette. A ces deux institutions se sont ajoutés le conservatoire de Paris et la cité de la musique, signés par Christian de Portzamparc et, depuis peu, la Philharmonie réalisée par Jean Nouvel.
472 candidats de 37 nationalités ont répondu à cette singulière proposition. Choisir un lauréat fut difficile
472 candidats de 37 nationalités ont répondu à cette singulière proposition. Choisir un lauréat fut difficile. Le jury, que présidait l’urbaniste paysagiste brésilien Roberto Burle Marx, l’artisan de Brasilia, et qui comptait notamment les architectes italiens Vittorio Gregotti et Renzo Piano – ce dernier coauteur du Centre Georges Pompidou –, ne fut, majoritairement, satisfait d’aucun des projets qui lui avaient été soumis. Les auteurs de neuf d’entre eux furent toutefois extraits de l’ensemble auxquels il fut demandé d’approfondir leurs sujets. De cet écrémage, Bernard Tschumi, à peine 39 ans à l’époque, fut ainsi retenu.
Sa proposition met en œuvre un système « de points, de lignes et de surfaces », un vocabulaire directement inspiré du premier des peintres auteur d’une œuvre dite abstraite, Vassily Kandinsky. Implantés tous les 120 mètres selon une trame régulière, les points en question sont matérialisés par vingt-six folies couleur sang érigées sur une base carrée de 10,80 mètres de côté. Ces rutilantes « fabriques », qui évoquent les constructions ludiques des parcs et jardins royaux du XVIIIe siècle, assurent des fonctions de passage, de transition (pont, belvédère, écluse) ou d’activité fixe (cafés, billetterie, atelier, information ou kiosque).
10 millions de visiteurs par an
Les lignes, qui suggèrent des parcours de déambulation Nord-Sud ou Est-Ouest, sont dessinées par des chemins souvent coiffés d’une pergola de métal ondulante ou qui pénètre différents univers sensoriels, comme autant de jardins dans le jardin. Quant aux surfaces, ce sont ces étendues herbeuses libres de tout programme et destinées, pour l’essentiel, au délassement et/ou à la contemplation. Chaque année, 10 millions de visiteurs, disposés à la déambulation, à la distraction ou au farniente, viennent fréquenter les lieux.
Bernard Tschumi, architecte : « J’aime ce projet parce qu’il continue à changer »
« J’aime ce projet parce qu’il continue à changer, indique Bernard Tschumi. Ça n’est pas un changement dans l’idée générale, mais dans la manière dont il vit, dont se le sont approprié les gens. » Dans l’histoire de l’architecture, le parc de la Villette a acquis « une place presque mythique », poursuit-t-il. Tout jeune architecte connaît le parc, la manière dont il est conçu. »
Les changements les plus visibles aujourd’hui – outre la vue d’oiseau sur le site que permet l’accessibilité du toit de la Philharmonie – concernent les 26 folies que l’actuel président de l’Etablissement public du parc et de la Grande Halle de La Villette (EPPGHV), Didier Fusillier, entend intégralement réhabiliter. Et l’homme d’imaginer de nouveaux lieux d’activités culturelles, des « micro folies », qui essaimeraient dans tout le territoire francilien. Depuis un an, la ville de Sevran (Seine-Saint-Denis) a déjà la sienne. D’autres suivront.
Le week-end des 24 et 25 mars, le parc de La Villette fête ses 35 ans. Spectacles, conférences, ateliers, expositions, visites, pour la plupart en entrée libre. Renseignements : lavillette.com, visites-guidees@villette.com et #35ansVillette



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Pour célébrer cet anniversaire, plusieurs événements festifs sont organisés les 24 et 25 mars.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le roman graphique de Jérôme Tubiana et d’Alexandre Franc raconte le périple kafkaïen de Mohammed El-Gorani envoyé croupir, au lendemain du 11 septembre 2001, dans la prison construite dans l’enclave américaine de Cuba pour y accueillir les présumés djihadistes, alors qu’il n’avait pas 14 ans.
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Guantanamo, un récit tragique en images

Le roman graphique de Jérôme Tubiana et d’Alexandre Franc raconte le périple kafkaïen de Mohammed El-Gorani envoyé croupir, au lendemain du 11 septembre 2001, dans la prison construite dans l’enclave américaine de Cuba pour y accueillir les présumés djihadistes, alors qu’il n’avait pas 14 ans.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 16h18
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

Livre. C’est en 2010 à N’Djamena, au Tchad, que le journaliste Jérôme Tubiana a rencontré pour la première fois Mohammed El-Gorani. Pendant quinze jours, le jeune homme lui a raconté le périple kafkaïen qui l’a envoyé croupir au lendemain du 11 septembre 2001, alors qu’il n’avait pas 14 ans, dans les geôles de Guantanamo, cette opaque prison construite dans l’enclave américaine de Cuba pour y accueillir les présumés djihadistes. Il y restera huit ans avant d’être finalement reconnu innocent et renvoyé chez lui. Enfin pas vraiment chez lui.
C’est que Mohammed El-Gorani est né et a grandi en Arabie saoudite de parents tchadiens. Autant dire des non-citoyens. Pour se construire une vie, il avait décidé d’aller étudier l’informatique au Pakistan. Pour rejoindre seul ce pays, il avait dû tricher sur son âge. Profondément pieux, il sera pris dans une rafle après les attentats de New York. Son statut pas clair, sa peau noire, son accent saoudien, son adolescence rebelle… À partir de là c’est une longue errance de prisons en brimades qu’il raconte.
Livré par la police pakistanaise aux forces américaines. Guantanamo. Renvoyé ensuite au Tchad par les États-Unis, pays qu’il ne connaît pas bien qu’il en soit citoyen de droit. Malade, cherchant de l’aide auprès d’amis au Soudan en traversant le Darfour en guerre, de nouveau la prison, retour au Tchad. Puis le Ghana où la vie semble lui sourire jusqu’au changement de régime. Prison. Coups de nouveau. Retour au Tchad. Dont il réussit finalement à s’enfuir pour se réfugier aujourd’hui au Nigeria.
Héros et auteur
C’est tout cela que raconte le roman graphique de Jérôme Tubiana et du dessinateur Alexandre Franc. À commencer par Guantanamo justement, cette prison dont on sait finalement si peu. 730 personnes sont passées par ses cellules depuis son ouverture en 2001, neuf y sont morts, et 41 y sont encore détenus.
Or parmi la foison de romans graphiques qui fleurissent depuis quelques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ A écouter cette semaine : du chant choral, un octette de jazz réuni autour d’un trompettiste et du violon Hardanger mêlé à de la musique folk.
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Sélection albums : Arsys Bourgogne, Fabien Mary et Erlend Apneseth Trio

A écouter cette semaine : du chant choral, un octette de jazz réuni autour d’un trompettiste et du violon Hardanger mêlé à de la musique folk.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 15h29
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 15h33
   





                        


Arsys Bourgogne Naissance de Vénus Œuvres françaises du XXe siècle pour chœur a capella. Arsys Bourgogne, Mihaly Zeke (direction)

   


Le chant choral – on a tendance à l’oublier – a compté il n’y a pas si longtemps comme un des principaux moyens d’expression de la musique française. Ce somptueux programme consacré au XXe siècle en témoigne par un parcours où les compositeurs se succèdent dans un esprit janusien. La projection intemporelle de Claude Debussy (Trois chansons de Charles d’Orléans) s’oppose à la stylisation archaïsante de Maurice Ravel (Trois chansons). La sophistication distinguée de Florent Schmitt (A contre-voix) tourne le dos au dépouillement presque sacré de Francis Poulenc (Un soir de neige). Et l’incantation charnelle d’Olivier Messiaen (Cinq rechants) se situe à mille lieues de la célébration translucide de Darius Milhaud (Naissance de Vénus). Dans toutes ces pages, Arsys Bourgogne déploie une infinité de nuances et une souplesse de texture qui impressionnent avant la note finale, servie tout en fraîcheur, de l’incontournable Joseph Canteloube (Cinq chants paysans de Haute Auvergne). Pierre Gervasoni
1 CD Paraty.
Fabien Mary Left Arm Blues (And Other New York Stories)

   


Groupe de premier ordre, un octette réuni par le trompettiste Fabien Mary, qui signe des compositions impeccables, dans les sources du bop et du jazz cool, arrangements du même Fabien Mary qui donnent par moments une ampleur de big band… Tout dans l’album Left Arm Blues est un grand plaisir de jazz, classique, tout en swing. Un disque aussi fort bien construit dans son déroulé, de Don’t Look Back, en ouverture rapide et tendue, à la seule reprise d’un standard, All The Things You Are, qui avance en un lent mouvement, dans un traitement de musique de chambre. Autour de Fabien Mary, les saxophonistes Pierrick Pedron (alto), David Sauzay (ténor, flûte) et Thomas Savy (baryton, clarinette basse), le tromboniste Jerry Edwards, le guitariste Hugo Lippi, le contrebassiste Fabien Marcoz et le batteur Mourad Benhammou. Une réussite de bout en bout, par sa sincérité, son déploiement musical et l’interprétation. Sylvain Siclier
1 CD Jazz & People/PIAS.
Erlend Apneseth Trio Ara

   


Erlend Apneseth n’a pas 30 ans, mais il est l’un des joueurs de violon Hardanger (huit ou neuf cordes, dont quatre ou cinq sympathiques) les plus renommés de Norvège. Il présente avec son trio (Stephan Meidell, guitare acoustique baryton, samples et électroniques, et Oyvind Hegg-Lunde, batterie et percussions), qui compte parmi les fleurons de la scène néo-folk norvégienne, un deuxième album remarquable. La musique folk proprement dite n’y est évoquée que d’une manière très allusive (un bout de mélodie traditionnelle, au violon, par-ci par-là). L’essentiel tend plus vers un terrain contemporain et expérimental, un espace-temps sans contours ni repères précis. Onirique et délicate, cette musique fait entendre le vent et parler le brouillard. Elle provoque des sensations visuelles, dessine des paysages enneigés, fait surgir l’infini d’un ciel sahélien, ou entraîne dans les profondeurs abyssales d’une mer hantée par une sirène éplorée. Patrick Labesse
1 CD Hubro/Outhere.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Dans un entretien au « Film français », le délégué général du Festival, Thierry Frémaux détaille les changements qui prendront effet lors de la 71e édition, du 8 au 19 mai.
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Cannes 2018 : calendrier modifié et interdiction des selfies sur le tapis rouge

Dans un entretien au « Film français », le délégué général du Festival, Thierry Frémaux détaille les changements qui prendront effet lors de la 71e édition, du 8 au 19 mai.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 14h56
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Lors de la 71e édition du Festival de Cannes, qui aura lieu du 8 au 19 mai, les médias découvriront les films en compétition pour la Palme d’or en même temps que, ou après, les spectateurs et l’équipe du film présenté en séance de gala. Le public de ces séances, organisées en soirée dans la salle Lumière à laquelle conduisent les fameuses marches, aura interdiction d’immortaliser le moment en prenant un selfie sur le tapis rouge.
Ces modifications du règlement de la plus grande manifestation cinématographique au monde ont été annoncées, vendredi 23 mars, à l’hebdomadaire professionnel Le Film français par Thierry Frémaux, délégué général du Festival. Les selfies seront prohibés en raison de leur « trivialité et du ralentissement » qu’ils provoquent. Dans cet entretien, Thierry Frémaux revient également sur la question de la parité et sur les conséquences des affaires Weinstein ainsi que sur l’état des relations entre le Festival et la plateforme Netflix.

        Lire la chronique :
         

          « A Cannes, les films se sont fait voler la vedette par Netflix, les séries télé et la réalité virtuelle »



Calendrier modifié
On savait déjà que le calendrier du Festival avait été modifié. Il commencera un jour plus tôt, le mardi au lieu du mercredi, et se terminera le samedi de la semaine suivante, au lieu du dimanche. Depuis quelques années, le Festival exige du distributeur du film d’ouverture qu’il sorte en salle simultanément. Cette obligation a parfois eu pour conséquence – ce fut le cas pour Gatsby le Magnifique en 2013 – de faire passer la projection de gala après les premières séances en salle. L’ouverture le mardi lui rend ainsi son statut d’avant-première.
Le nouvel agencement des projections de presse procède d’un souci largement partagé par les dirigeants de festival qui voient régulièrement des équipes, acteurs, réalisateur, faire grise mine sur le tapis rouge après avoir appris que leur film a mal été accueilli lors de la projection de presse, qui précède l’officielle.
Le film projeté en séance de gala à 19 heures était montré aux médias le matin à 8 h 30, celui de la séance de gala de 22 heures, la veille à 19 heures, un rythme conçu en fonction des impératifs de la presse écrite quotidienne. Or, désormais de nombreuses critiques sont mises en ligne, en particulier par les trades, les influentes publications professionnelles anglophones, dans la foulée de la projection de presse. Certaines manifestations, comme la Berlinale, se sont contentées de faire respecter un strict embargo sur les critiques jusqu’à l’heure de la projection officielle. Dorénavant, le film de 19 heures sera montré simultanément, dans deux salles différentes, au public de la séance de gala et à la presse. Quant à celui de 22 heures, les accrédités médias devront attendre le lendemain pour le découvrir. Seuls quelques journalistes, titulaire de la carte « soiriste », pourront assister aux projections de gala.
Les conséquences des affaires Weinstein
En ce qui concerne la parité entre genres, Thierry Frémaux rappelle au Film français que le Festival la respecte en ce qui concerne la présidence et la composition des jurys (celui qui décernera la Palme d’or sera cette année présidé par l’actrice australienne Cate Blanchett) et que les comités qui sélectionnent les films des diverses sections de la sélection officielle sont arrivés à une « quasi-parité ». Le délégué général annonce qu’il rencontrera prochainement, avec Pierre Lescure, le président du Festival, la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa pour évoquer les conséquences des affaires Weinstein, dont plusieurs épisodes ont eu le Festival pour cadre.

        Lire le compte-rendu :
         

          L’actrice Cate Blanchett présidera le jury du 71e Festival de Cannes



Quant à Netflix, le refus de la plateforme de laisser sortir en salle, dans le respect de la réglementation française, les films qui pourraient être sélectionnés en compétition, a eu pour conséquence une modification du règlement du Festival qui barre la route des longs-métrages qu’elle présente. Ceux-ci pourront être projetés hors compétition, mais dorénavant les films concourant pour la Palme d’or devront « sortir dans les salles françaises ». Pour Thierry Frémaux, les deux longs-métrages de la plateforme sélectionnés en 2017, Okja, de Bong Joon-ho, et The Meyerowitz Stories, de Noah Baumbach, « se sont perdus dans les algorithmes ».

        Lire l’enquête :
         

          « Okja » ou le coup de pied du pachyderme dans la fourmilière du cinéma



Sur le Web : www.festival-cannes.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ C’est avec « Orphée et Eurydice » de Pina Bausch que la jeune retraitée fera ses adieux à l’Opéra de Paris, le 31 mars. A 42 ans, elle fourmille de projets dans le théâtre, le cinéma, le dessin, la poésie…
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La danseuse étoile Marie-Agnès Gillot tire sa révérence


                      C’est avec « Orphée et Eurydice » de Pina Bausch que la jeune retraitée fera ses adieux à l’Opéra de Paris, le 31 mars. A 42 ans, elle fourmille de projets dans le théâtre, le cinéma, le dessin, la poésie…



Le Monde
 |    23.03.2018 à 14h34
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 15h50
    |

                            Rosita Boisseau








                              

                        

Quoi de mieux que deux monuments pour tirer sa révérence ? Marie-Agnès Gillot, étoile de l’Opéra national de Paris, vient de danser le Boléro, de Maurice Ravel, dans la version de Maurice Béjart, et enchaîne avec Orphée et Eurydice, sur une chorégraphie de Pina Bausch. C’est avec ce spectacle qu’elle quittera la scène de l’Opéra le 31 mars. Elle a 42 ans depuis septembre 2017, l’âge auquel le règlement de l’institution parisienne, où elle est étoile depuis 2004, prévoit qu’elle parte à la retraite. « On sait bien que ça va s’arrêter un jour, mais c’est difficile de le réaliser. J’ai de la chance de danser le Boléro et Orphée. Et il n’y a pas à dire, lorsqu’on interprète des chefs-d’œuvre, c’est merveilleux », glisse celle dont la carrière d’étoile a connu une forte exposition médiatique, des plateaux de télévision aux pages des magazines de mode, en passant même par une publicité pour la marque Céline en 2015.
« Je ne peux pas commencer les cartons, car la galerie d’art Thaddaeus Ropac m’a demandé de pouvoir la reproduire à l’identique. »
A deux semaines de sa dernière grande soirée, Marie-Agnès Gillot n’a toujours pas commencé à déménager sa loge. Pourtant, elle a du boulot. Piles de livres et de vêtements, peignoirs de bain, tutus, dessins d’enfants, immenses peintures au trait sauvage, chaussons de pointes en pagaille… Il y en a partout. Autant de reliques de sa carrière. Elle déplace une plaque de polystyrène pour révéler une immense photo de la chorégraphe allemande Pina Bausch. « C’est l’une des rares où elle sourit », glisse-t-elle, émue. Elle plonge dans un carton pour en extraire son premier diadème d’étoile. Puis elle sort du frigo un petit flacon contenant sa sueur, qu’elle a récupérée en tordant ses vêtements après chaque représentation du Boléro. Une « commande » de l’artiste contemporain Charbel-Joseph H. Boutros pour son installation, Sueur d’étoile, au Palais...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Avec « Ready Player One », qui sort sur les écrans français le 28 mars, l’auteur américain voit son premier roman mis en scène par le réalisateur de ses rêves.
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Ernest Cline, un fan de Spielberg adapté par son idole


                      Avec « Ready Player One », qui sort sur les écrans français le 28 mars, l’auteur américain voit son premier roman mis en scène par le réalisateur de ses rêves.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 14h30
    |

            Samuel Blumenfeld








   


A l’origine, il avait imaginé son premier roman comme une conversation entre amis. La discussion aurait porté sur la culture des années 1980 : La Guerre des étoiles, Alien, Indiana Jones, Retour vers le futur, l’avènement des premiers jeux vidéo, Space Invaders en tête. Soit, aux yeux d’Ernest Cline, l’âge d’or de la « culture geek », ce moment magique, selon lui, juste avant l’apparition d’Internet, devenu l’alpha et l’oméga de son existence.
Après neuf ans de travail, Ready Player One paraissait en 2011 aux Etats-Unis, et atterrissait en tête des meilleures ventes. Traduit depuis dans plus d’une vingtaine de langues – il a été publié en France en 2013 par Michel Lafon –, il a surtout fait l’objet d’une féroce surenchère entre plusieurs studios de cinéma pour l’obtention des droits.
Une chasse au trésor
Le 28 mars, Ready Player One sort sur les écrans français, adapté par Steven Spielberg, d’après un scénario de l’auteur et d’un de ses partenaires de PlayStation, Zak Penn. Un aboutissement inespéré pour Ernest Cline, qui voit son premier roman mis en scène par le réalisateur idéal à ses yeux. Celui dont les films des années 1980 – Les Aventuriers de l’Arche perdue, Indiana Jones et le Temple maudit, E.T. – atteignent à ses yeux une forme de perfection.

Lorsqu’il s’est lancé dans ce projet au début du millénaire, l’informaticien avait d’abord à se prouver à lui-même qu’il était à même de relever le défi. Ernest Cline imaginait alors une histoire de chasse au trésor dans un univers virtuel dont l’issue dépendrait de la maîtrise par les candidats de la culture des années 1980.
« J’ai grandi dans une petite ville de l’Ohio. J’avais 7 ans en 1980 et ma vie a débuté avec cette décennie. Pour se clore avec elle d’une certaine manière. » Ernest Cline
« J’ai grandi dans une petite ville de l’Ohio. J’avais 7 ans en 1980 et ma vie a débuté avec cette décennie. Pour se clore avec elle d’une certaine manière. Tout mène et se ramène à cette période », explique-t-il par téléphone. La vie d’Ernest Cline, qui avait entre-temps déménagé à Austin, au Texas, était alors réglée comme une horloge : le matin, programmation sur son ordinateur ; en fin d’après-midi, jeux en ligne ; le soir, écriture.
Après le succès immédiat de Ready Player One, l’écrivain se souvient avoir pensé à une seule chose : une DeLorean, la voiture de sport aux formes uniques conduite par Michael J. Fox dans Retour vers le futur. Il pouvait s’offrir le véhicule emblématique du cinéma des années 1980, effectuer la promotion de son livre à bord de cet engin et devenir la créature d’un de ses films préférés. Parvenu depuis au rang de star de la science-fiction aux Etats-Unis, il roule bien entendu toujours à bord de son bolide, signe de sa réussite et de son appartenance à une époque.

   


Avec le recul, Ernest Cline reste frappé par la noirceur de son premier roman, qui reflétait son angoisse de l’époque. Dans un futur proche, en 2044, notre planète est à bout de souffle : crise énergétique, dérèglement climatique, famine, pauvreté, guerre. L’unique échappatoire à ce cauchemar devenu réalité est l’OASIS, un système de réalité virtuelle où se connecte chaque habitant sur Terre.

        Lire aussi
         

          Ernest Cline, auteur de « Ready Player One » : « J’ai grandi à l’époque parfaite »



Ernest Cline avait imaginé son histoire juste après le 11-Septembre. « A cela s’ajoutaient la prolifération nucléaire, la crise énergétique avec la fin du pétrole. Il était alors facile d’imaginer que nous allions vers le pire. Aujourd’hui, ce n’est guère différent », analyse-t-il.
Un avatar pour deux existences
Quand Ready Player One est apparu en librairie, Ernest Cline regardait Internet, par sa capacité à mettre en réseau ses utilisateurs, comme l’une des inventions les plus heureuses de l’histoire de l’humanité. L’idée de prendre un avatar – un principe au centre de l’œuvre – séduisait particulièrement le romancier, qui y voyait le moyen de mener deux existences séparées, lui qui assure avoir une vie devant un ordinateur quand il écrit et une autre, sous pseudonyme, dans les jeux en ligne.
Un rêve qu’il estime désormais impossible, à l’heure de Facebook. « C’est frappant. Si Internet était conçu à l’origine comme un moyen de communication, les gens l’utilisent de plus en plus pour s’isoler – en atteste leur usage du smartphone – et ne plus interagir. Il y aura des conséquences politiques. Je crains qu’on ne se mette à protester que sur le Net, et plus dans le vrai monde. » Pour raconter cette histoire, Ernest Cline a déjà un titre : Ready Player Two.

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                La sidération selon Steven Spielberg






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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ De l’usine, où il voulait semer la révolution il y a cinquante ans, à l’oraison funèbre de l’idole des jeunes le 9 décembre 2017, l’ancien maoïste devenu écrivain fut aussi journaliste, éditeur et diplomate.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤             
Daniel Rondeau, de Mai 68 à Johnny 
                  
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Le Monde
 |
                  23.03.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 15h04


De l’usine, où il voulait semer la révolution il y a cinquante ans, à l’oraison funèbre de l’idole des jeunes le 9 décembre 2017, l’ancien maoïste devenu écrivain fut aussi journaliste, éditeur et diplomate.

Par             Philippe Ridet





                     
Il m’a recommandé de venir en voiture et expédié les consignes par SMS. « A4 jusqu’à La Ferté-sous-Jouarre. Traverser La Ferté en restant sur la nationale. » Après, ça devenait plus compliqué jusqu’à cette « allée d’arbres » en direction de Gionges. « C’est nous », avait-il précisé. J’ai suivi les instructions à la lettre cherchant dans ces prairies et ces bois traversés ce qu’il voulait faire voir de lui-même, dans le plissement d’un vallon, le secret d’une âme. Il est né et il vit désormais au cœur de ces paysages. Quand ses vies multiples l’ont mené ailleurs, il n’est jamais resté longtemps sans les parcourir.

En chemin, j’ai croisé des silos à grains élancés comme des cathédrales, des églises aux clochers d’ardoise, trapues et tassées sur elles-mêmes. Passé Montmirail, quatre biches ont traversé la route avec un petit toupet blanc au derrière. Champaubert, Montmort, Villers-aux-Bois… La Champagne apparaissait vaste, trouée d’étangs, un peu grise. A Villers-aux-Bois, la longue allée de hêtres nus dont il avait parlé n’était pas difficile à trouver. Daniel Rondeau faisait signe de la main.
Membre de la Gauche prolétarienne
Il y a trente ans, en 1988, un petit livre à couverture bleue paru aux éditions du Quai Voltaire, L’Enthousiasme (réédition « Les Cahiers rouges », Grasset), a décidé de mon admiration. L’incipit m’avait touché au cœur : « J’ai passé les années les plus vives de ma jeunesse dans une ville triste et étale qui jamais ne m’ennuya. »
Daniel Rondeau faisait le récit de sa révolte qui, au sortir de Mai 68, dont on fêtait alors les 20 ans, l’avait conduit à lâcher ses études pour « s’établir » pendant trois ans dans plusieurs usines de Lorraine. Le but était d’y fomenter sinon la « révolution », du moins quelques grèves. Rondeau suivait en cela un des préceptes de la Gauche prolétarienne (GP), le groupuscule maoïste, auquel il appartenait, était dirigé par le philosophe...





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Daniel Rondeau, de Mai 68 à Johnny
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Le grand aggiornamento de la radio-télévision bavaroise

En Allemagne, le Bayerischer Rundfunk s’est progressivement transformé, pour devenir un média global. Une mue amorcée il y a six ans, qui ne s’est pas faite sans résistances.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 11h32
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Les faibles taux d’intérêt ont parfois du bon, même dans l’opulente Bavière. A Munich, capitale du Land (Etat-région), ils ont permis au Bayerischer Rundfunk (BR), la radio-télévision publique régionale, de financer les 160 millions d’euros nécessaires à la construction d’un nouveau bâtiment, sans écorner son budget contraint.
A Freimann, dans la banlieue nord de Munich, où se trouvent déjà les studios de télévision de BR, les nouveaux locaux ancreront dans le béton, à partir de 2022, sa transformation en un grand média public global. Une mue amorcée en 2012.
Au cœur de ce nouveau bâtiment : la newsroom, c’est-à-dire la salle de rédaction commune. C’est là que seront prises toutes les décisions : quel sujet couvrir, sous quel format, et ce quel que soit le support de sa diffusion finale (télévision, radio, réseaux sociaux ou application mobile).

Cette salle sera la traduction architecturale de la mission que s’est fixée BR il y a six ans : n’avoir qu’un seul média et non deux, comme autrefois – une station de radio et une télévision régionales –, travaillant indépendamment, dans des sièges séparés. La production du contenu est aujourd’hui totalement détachée du support. Cette transformation s’est faite sans moyen supplémentaire : la redevance, qui comme en France finance l’audiovisuel public, n’a pas été augmentée.
Le sport a été la première rubrique à s’engager dans la réforme. Les journalistes spécialisés dans ce domaine à la radio, à la télévision et sur le Web ont commencé à travailler ensemble en mai 2015, avant d’être regroupés dans les mêmes locaux, fin 2016. Pourquoi commencer par le sport ? « Les journalistes sportifs sont pionniers. A intervalles réguliers, ils se sont retrouvés pour la Coupe du monde de football ou les Jeux olympiques. Ils ont appris très tôt à travailler de façon trimédia », explique au Monde Thomas Hinrichs, directeur de l’information de BR.
Adaptation...



                        

                        


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Outre-Rhin, la redevance sous le feu des critiques

Plusieurs éditeurs de presse écrite accusent les chaînes publiques de leur faire concurrence avec un produit non audiovisuel qui ne correspondrait plus à la mission qui leur échoit.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 11h31
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Lorsque les Suisses ont voté, le 4 mars, en faveur du maintien de la redevance pour l’audiovisuel public, les directeurs des chaînes publiques allemandes ont poussé un soupir de soulagement. Outre-Rhin, un refus aurait fourni de nouveaux arguments aux pourfendeurs de la fameuse redevance, vilipendée depuis des années.
« L’ambiance avec les collègues de la presse écrite est devenue difficile. C’est la première fois que je ressens cela dans ma carrière », confie au Monde un journaliste connu de Deutschlandradio, l’équivalent allemand de France Inter. Le début du conflit remonte à 2013. Les stations publiques obtiennent que la redevance (actuellement de 17,50 euros par mois) ne soit plus fondée sur la possession d’une télévision, mais qu’elle puisse être imposée à tous les foyers disposant d’un appareil connecté à Internet, ordinateur ou smartphone.
Le niveau de la redevance reste inchangé, mais son produit augmente. Il atteint aujourd’hui 7,9 milliards d’euros par an, finance le groupe ARD et ses huit chaînes locales, la ZDF et les chaînes cofinancées avec d’autres acteurs publics comme 3sat, Arte, Phoenix, KiKA (pour les enfants), Deutschlandradio ainsi que 66 programmes radio.

L’extrême droite brocarde le « journalisme d’Etat »
Le poids de la redevance a soulevé des critiques, qui se sont amplifiées avec le passage des groupes audiovisuels publics au numérique. L’application Tagesschau, qui fournit depuis 2010 aux utilisateurs une information sous forme écrite gratuite, financée par la redevance, est montrée du doigt. Plusieurs éditeurs de presse écrite – dont celui du quotidien Süddeutsche Zeitung, ainsi que le groupe Frankfurter Allgemeine Zeitung et le groupe Axel Springer –, accusent les chaînes publiques de leur faire concurrence avec un produit non audiovisuel qui ne correspondrait plus à la mission qui leur échoit. Ils attaquent donc l’ARD en justice.
Le procès, qui dure depuis des années,...




                        

                        


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Chronique

Bande dessinée : en RDC, sur la piste du mystérieux singe jaune

La chronique BD de Kidi Bebey. Barly Baruti et Christophe Cassiau-Haurie proposent une aventure trépidante qui explore, en creux, les enjeux sociaux et environnementaux congolais.

Par                Kidi Bebey



LE MONDE
              datetime="2018-03-23T10:07:43+01:00"

        Le 23.03.2018 à 10h07






    
Extrait du « Singe jaune », de Barly Baruti et Christophe Cassiau-Haurie.
Crédits : GLÉNAT


Chronique. Illustrateur et baroudeur né à Kisangani, en République démocratique du Congo (RDC), Barly Baruti s’est fixé au royaume de la bande dessinée, Bruxelles, d’où il ne cesse de faire rayonner son style. Formé au dessin, comme nombre de talents actuels, au sein de la fameuse Académie des beaux-arts de Kinshasa, il mène d’album en album – une trentaine au compteur ! – une démarche inlassable de militant de l’image, désireux d’évoquer sa terre d’origine, sa culture, ainsi que les liens qui perdurent avec l’ancienne puissance coloniale. « La RDC peut paraître lointaine, comme si elle ne concernait plus vraiment la Belgique, mais la relation continue et a pris de nouvelles formes, qui nous regardent tous, que nous en ayons conscience ou pas », rappelle-t-il.

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Dans son nouvel opus, Le Singe jaune, il s’est associé à Christophe Cassiau-Haurie, spécialiste français de BD africaine et fin observateur, lui aussi, des liens qui unissent la Belgique et la RDC. Le duo, qui avait déjà signé, en 2014, un Madame Livingstone situé en Afrique centrale, s’est reformé pour donner naissance au « singe jaune », espèce fictive de primate jusqu’alors inconnue et dont la découverte, médiatiquement orchestrée, suscite d’emblée l’interrogation du monde scientifique. S’agit-il d’une information fiable ? Sinon, que peut cacher cette prétendue découverte ? Paulette Blackman, une jeune reporter belge dont le nom est un clin d’œil à la bien réelle Colette Braeckman, va quitter Bruxelles pour aller en sonder la véracité au cœur de la forêt vierge.
Biodiversité et métissage
Nous plongeons à sa suite dans une série d’aventures trépidantes qui sont aussi à lire comme un récit à clés, car la BD va évoquer tour à tour les problématiques de la biodiversité, de l’exploitation abusive des ressources du sous-sol, des enfants-soldats et, au bout du compte, du métissage dont ce mystérieux singe jaune constitue le symbole. « J’ai voulu intriguer le lecteur avec cette idée d’un animal improbable afin d’aborder tous ces thèmes », dit Barly Baruti. Le résultat est un scénario échevelé et touffu, où l’on a parfois du mal à trouver son chemin, une aventure aussi inattendue sans doute que les surprises, bonnes ou mauvaises, qui surgissent au cœur de la forêt lorsque la touffeur équatoriale révèle les limites de chaque être ou que l’usage des armes fait basculer les destins.

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Dans des pages encombrées de lianes, fiévreuses et comme obscurcies par la malhonnêteté des hommes, Paulette Blackman et ses compagnons d’aventure sont progressivement amenés à interroger leur vision du monde. Ils nous ramènent, ce faisant, de l’aventure au réel. Oui, notre Terre est belle, mais il est urgent de la préserver. Et oui encore, dans ce smartphone dernier cri que nous sommes si nombreux à vouloir posséder se cache le coltan dont l’extraction fracasse l’univers de populations entières, là-bas, en RDC. En continuant d’acheter au Nord ces produits qui déséquilibrent le Sud, ne sommes-nous vraiment pour rien dans l’absurde fonctionnement du monde ?
Le Singe jaune, de Barly Baruti et Christophe Cassiau-Haurie, éd. Glénat, 112 pages, 22 euros.

    

Crédits : GLÉNAT




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le festival parisien du documentaire, qui s’ouvre le 23 mars, fête sa 40e édition dans un climat de concurrence.
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L’image brouillée du Cinéma du réel

Le festival parisien du documentaire, qui s’ouvre le 23 mars, fête sa 40e édition dans un climat de concurrence.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 09h56
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Comment devenir « le » festival de référence du film documentaire, l’endroit incontournable pour les professionnels qui cherchent la pépite ? C’est l’ambition du Cinéma du réel, dont la quarantième édition aura lieu du 23 mars au 1er avril, au Centre Pompidou, à Paris (ainsi qu’au Forum des images et au Luminor). Mais pour l’heure, la manifestation parisienne cherche sa place dans un paysage de plus en plus compétitif. La concurrence s’exacerbe avec les grands festivals, tels la Berlinale, qui sélectionnent des documentaires et leur décernent des prix spéciaux. Les esthétiques évoluent, les frontières avec la fiction s’estompent, les passerelles avec l’art contemporain se développent…

C’est un paradoxe : fort de son histoire et de ses prestigieux fondateurs, le « Réel » souffre d’un manque de moyens et n’est pas assez reconnu à l’étranger. En 1979, la Bibliothèque publique d’information (BPI) du Centre Pompidou créait, sous l’impulsion de la responsable du secteur audiovisuel de l’établissement Marie-Christine de Navacelle, le Cinéma du réel sous l’égide du cinéaste ethnologue Jean Rouch. Les films sociologiques et ethnographiques étaient mis à l’honneur pour un public de spécialistes. Puis l’Association des amis du Cinéma du réel est apparue en 1984, sous la présidence d’honneur du Néerlandais Joris Ivens. Le Réel est aujourd’hui cogéré par la BPI et l’Association des amis du Réel, laquelle a pour mission de faire rayonner le festival et de trouver l’argent : essentiellement des subventions et quelques partenariats privés (pour un total d’environ 450 000 euros).
Après le départ de l’ancienne directrice artistique Maria Bonsanti, la BPI et l’Association ont choisi de recruter Andréa Picard, alors programmatrice au Toronto International Film Festival et commissaire d’exposition. Quel regard la critique de cinéma porte-t-elle sur l’héritage du Réel ? « Le défi de cet anniversaire, c’est de rendre hommage à cette histoire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Son long-métrage « Anni » fait partie des trois films qu’on pourra découvrir en première mondiale au Cinéma du réel.
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Zhu Rikun documente le déficit démocratique de la Chine

Son long-métrage « Anni » fait partie des trois films qu’on pourra découvrir en première mondiale au Cinéma du réel.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 09h57
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Jamais sans doute la programmation générale du Réel n’a donné l’impression de mettre le cap si loin de lui-même, sans qu’il soit assuré qu’à cette ouverture un peu « tendance » au cinéma d’artiste, le festival, en plus de brouiller son image, gagne au change. Onze longs-métrages y sont présentés par ailleurs dans une compétition internationale dont la politique de non-exclusivité pose problème face à une concurrence accrue. Trois premières mondiales, comme c’est le cas cette année, ne suffisent plus à la crédibilité et au rang d’un festival qui vise l’excellence. Le renoncement à cette loi d’airain compétitive n’est certes pas déshonorant, dès lors qu’il permet d’aligner, en revanche, une sélection de très haut niveau. Guère plus de trois films, politiquement brûlants, peuvent néanmoins y prétendre.

Deux ont été récemment découverts au Festival de Berlin, et chroniqués dans ces colonnes. Il s’agit de Kinshasa Makambo, du Congolais Dieudo Hamadi, et de Waldheims Walzer, de l’Autrichienne Ruth Berckermann. Le premier suit, dans le feu de l’action, l’insurrection indécise de la jeunesse congolaise contre le pouvoir de Joseph Kabila. Le second est un remarquable montage d’archives qui revient sur le scandale de l’élection de Kurt Waldheim, impliqué comme officier de la Wehrmacht dans des actions relatives à des crimes contre l’humanité, à la présidence autrichienne en 1986.

Le troisième, qui est l’un des trois films qu’on pourra découvrir en première mondiale, est Anni, du réalisateur chinois Zhu Rikun. Ce film se situe dans le sillage d’un cinéma alternatif chinois qui documente de manière brute, et d’autant plus sensible, le déficit démocratique d’un pays dont le président vient de faire passer une loi sur mesure lui assurant le renouvellement potentiellement sans limites de son mandat. Zhu Rikun, né dans le Guangdong voici quarante et un ans, est l’une des principales figures de ce mouvement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ L’exposition, jusqu’au 17 juin, révèle une partie du fonds des arts graphiques de l’établissement datant du XIXe siècle.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Le dessin est à l’honneur dans la capitale, où trois foires concomitantes présentent des œuvres à des tarifs accessibles.
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Arts : de beaux coups de crayon à Paris

Le dessin est à l’honneur dans la capitale, où trois foires concomitantes présentent des œuvres à des tarifs accessibles.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 08h34
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 08h59
    |

                            Emmanuelle Lequeux








                        



                                


                            

Sanguine et graphite, pastel et fusain : cette semaine, les amateurs d’art ont intérêt à maîtriser le vocabulaire ! Le dessin est à l’honneur, avec pas moins de trois foires parisiennes. Le Salon du dessin, qui investit le palais Brongniart à Paris, est le temple des plus belles feuilles anciennes. Drawing Now, dont la 12e édition se tient au Carreau du temple, mais aussi sa discrète petite sœur DDessin, à l’Atelier Richelieu (qui ouvre vendredi 23 mars), privilégient, elles, les expériences contemporaines. C’est l’occasion de faire le plein en merveilles, pour les musées et les experts, mais aussi pour ceux qui seraient tentés par l’aventure de la collection sans avoir des moyens mirifiques. Car, pour moins de 1 000 euros, Drawing Now propose de sacrées découvertes, comme la jeune Chilienne Christiane Pooley chez Bendana Pinel, dont les lumières semblent traverser le papier. Au sein de cette foire à taille humaine (72 galeries), on peut bien sûr dénicher quelques maîtres, comme le ponte de l’art concret suisse, Gottfried Honegger, défendu par Römerapotheke de Zurich, ou Fred Deux, précieux enfant du surréalisme dont la galerie Aux yeux fertiles propose plusieurs mines de plomb des années 1970 et 1980.
Là où Drawing Now excelle vraiment, c’est dans les découvertes d’artistes émergents
Et encore, pour des œuvres muséales, les prix restent modestes (de 4 000 à 6 000 euros pour Fred Deux) ! La galerie Christian Berst dévoile également un florilège de tenants de l’art brut, dont elle est l’une des porte-parole, comme l’Américain Scottie (9 000 euros), mais aussi des artistes moins repérés, comme Alfonso Ruiz, dont les dessins proliférants étaient collectionnés par un psychiatre espagnol dans les années 1930. On peut aussi s’arrêter longuement devant les aquarelles bleutées de Philippe Cognée, chez Oniris : une foule qui semble se noyer dans la feuille, et rappelle bien sûr la technique de cire à l’encaustique du peintre. Mais 2 500 euros suffiront...




                        

                        

