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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Le roman graphique de Jérôme Tubiana et d’Alexandre Franc raconte le périple kafkaïen de Mohammed El-Gorani envoyé croupir, au lendemain du 11 septembre 2001, dans la prison construite dans l’enclave américaine de Cuba pour y accueillir les présumés djihadistes, alors qu’il n’avait pas 14 ans.
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Guantanamo, un récit tragique en images

Le roman graphique de Jérôme Tubiana et d’Alexandre Franc raconte le périple kafkaïen de Mohammed El-Gorani envoyé croupir, au lendemain du 11 septembre 2001, dans la prison construite dans l’enclave américaine de Cuba pour y accueillir les présumés djihadistes, alors qu’il n’avait pas 14 ans.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 16h18
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

Livre. C’est en 2010 à N’Djamena, au Tchad, que le journaliste Jérôme Tubiana a rencontré pour la première fois Mohammed El-Gorani. Pendant quinze jours, le jeune homme lui a raconté le périple kafkaïen qui l’a envoyé croupir au lendemain du 11 septembre 2001, alors qu’il n’avait pas 14 ans, dans les geôles de Guantanamo, cette opaque prison construite dans l’enclave américaine de Cuba pour y accueillir les présumés djihadistes. Il y restera huit ans avant d’être finalement reconnu innocent et renvoyé chez lui. Enfin pas vraiment chez lui.
C’est que Mohammed El-Gorani est né et a grandi en Arabie saoudite de parents tchadiens. Autant dire des non-citoyens. Pour se construire une vie, il avait décidé d’aller étudier l’informatique au Pakistan. Pour rejoindre seul ce pays, il avait dû tricher sur son âge. Profondément pieux, il sera pris dans une rafle après les attentats de New York. Son statut pas clair, sa peau noire, son accent saoudien, son adolescence rebelle… À partir de là c’est une longue errance de prisons en brimades qu’il raconte.
Livré par la police pakistanaise aux forces américaines. Guantanamo. Renvoyé ensuite au Tchad par les États-Unis, pays qu’il ne connaît pas bien qu’il en soit citoyen de droit. Malade, cherchant de l’aide auprès d’amis au Soudan en traversant le Darfour en guerre, de nouveau la prison, retour au Tchad. Puis le Ghana où la vie semble lui sourire jusqu’au changement de régime. Prison. Coups de nouveau. Retour au Tchad. Dont il réussit finalement à s’enfuir pour se réfugier aujourd’hui au Nigeria.
Héros et auteur
C’est tout cela que raconte le roman graphique de Jérôme Tubiana et du dessinateur Alexandre Franc. À commencer par Guantanamo justement, cette prison dont on sait finalement si peu. 730 personnes sont passées par ses cellules depuis son ouverture en 2001, neuf y sont morts, et 41 y sont encore détenus.
Or parmi la foison de romans graphiques qui fleurissent depuis quelques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ De l’usine, où il voulait semer la révolution il y a cinquante ans, à l’oraison funèbre de l’idole des jeunes le 9 décembre 2017, l’ancien maoïste devenu écrivain fut aussi journaliste, éditeur et diplomate.
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Daniel Rondeau, de Mai 68 à Johnny 
                  
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Le Monde
 |
                  23.03.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 15h04


De l’usine, où il voulait semer la révolution il y a cinquante ans, à l’oraison funèbre de l’idole des jeunes le 9 décembre 2017, l’ancien maoïste devenu écrivain fut aussi journaliste, éditeur et diplomate.

Par             Philippe Ridet





                     
Il m’a recommandé de venir en voiture et expédié les consignes par SMS. « A4 jusqu’à La Ferté-sous-Jouarre. Traverser La Ferté en restant sur la nationale. » Après, ça devenait plus compliqué jusqu’à cette « allée d’arbres » en direction de Gionges. « C’est nous », avait-il précisé. J’ai suivi les instructions à la lettre cherchant dans ces prairies et ces bois traversés ce qu’il voulait faire voir de lui-même, dans le plissement d’un vallon, le secret d’une âme. Il est né et il vit désormais au cœur de ces paysages. Quand ses vies multiples l’ont mené ailleurs, il n’est jamais resté longtemps sans les parcourir.

En chemin, j’ai croisé des silos à grains élancés comme des cathédrales, des églises aux clochers d’ardoise, trapues et tassées sur elles-mêmes. Passé Montmirail, quatre biches ont traversé la route avec un petit toupet blanc au derrière. Champaubert, Montmort, Villers-aux-Bois… La Champagne apparaissait vaste, trouée d’étangs, un peu grise. A Villers-aux-Bois, la longue allée de hêtres nus dont il avait parlé n’était pas difficile à trouver. Daniel Rondeau faisait signe de la main.
Membre de la Gauche prolétarienne
Il y a trente ans, en 1988, un petit livre à couverture bleue paru aux éditions du Quai Voltaire, L’Enthousiasme (réédition « Les Cahiers rouges », Grasset), a décidé de mon admiration. L’incipit m’avait touché au cœur : « J’ai passé les années les plus vives de ma jeunesse dans une ville triste et étale qui jamais ne m’ennuya. »
Daniel Rondeau faisait le récit de sa révolte qui, au sortir de Mai 68, dont on fêtait alors les 20 ans, l’avait conduit à lâcher ses études pour « s’établir » pendant trois ans dans plusieurs usines de Lorraine. Le but était d’y fomenter sinon la « révolution », du moins quelques grèves. Rondeau suivait en cela un des préceptes de la Gauche prolétarienne (GP), le groupuscule maoïste, auquel il appartenait, était dirigé par le philosophe...





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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Pour Jean-François Corty, de Médecins du monde, la mauvaise hospitalité faite aux réfugiés n’améliore pas la vie des Français précaires.
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« Le vrai sujet, ce n’est pas l’immigration : c’est la lutte contre les inégalités et la pauvreté »

Pour Jean-François Corty, de Médecins du monde, la mauvaise hospitalité faite aux réfugiés n’améliore pas la vie des Français précaires.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 15h24
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Jean-François Corty est directeur des opérations internationales de Médecins du monde, il est auteur, avec Dominique Chivot, de La France qui accueille (Les Editions de l’Atelier, 160 p., 15€).

Un bénévole a été convoqué dans les Hautes-Alpes, le 14 mars, par la police des frontières, pour avoir porté secours, à 1 850 m d’altitude, à une famille nigériane, dont une femme sur le point d’accoucher…
Il s’agit là d’un nouvel exemple de l’idéologie de nos dirigeants, qui consiste à en faire le moins possible en matière d’accueil des migrants précaires extracommunautaires. De plus en plus, cette politique bouscule les principes fondamentaux de l’asile et des droits de l’homme.
Les autorités assument la violence institutionnelle (consignes aux forces de l’ordre), assument de maintenir la pression sur les aidants (délit de solidarité), assument de détricoter le droit d’asile avec le projet de loi sur l’immigration qui sera débattu à l’Assemblée en avril, assument de négocier avec des mafieux et des pays instables la gestion externalisée de l’accueil. C’est une volonté affirmée, qui ne profite à personne.
Qu’il s’agisse d’accès aux soins ou au logement, tous les chiffres montrent en effet que la mauvaise hospitalité faite aux réfugiés n’améliore pas la vie des Français précaires. Au contraire, les inégalités continuent de se creuser. Le vrai sujet, ce n’est pas l’immigration : c’est la lutte contre les inégalités et la pauvreté.
Dans « La France qui accueille », vous donnez un certain nombre d’exemples où des élus, des associations ou de simples citoyens se mobilisent pour aider les migrants. Que vous a appris cette enquête de terrain ?
Ce livre relate une dizaine d’études de cas, mais ce sont des milliers d’actes de solidarité qui ont été recensés ces dernières années à l’échelle nationale. Ce que cette enquête m’a confirmé, c’est le décalage qui existe entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ L’ancien président de la mission parlementaire sur le Rwanda, Paul Quilès, explique que si les questions majeures encore sans réponse n’impliquent pas la France, les documents qui restent à étudier doivent cependant être accessibles aux chercheurs.
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Paul Quilès : Il faut « revenir aux faits pour mieux comprendre le génocide au Rwanda »

L’ancien président de la mission parlementaire sur le Rwanda, Paul Quilès, explique que si les questions majeures encore sans réponse n’impliquent pas la France, les documents qui restent à étudier doivent cependant être accessibles aux chercheurs.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 12h54
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 13h13
    |

                            Paul Quilès (Ancien ministre de la défense et de l’intérieur et ancien président de la mission parlementaire sur le Rwanda (1998)








                        



                                


                            

Tribune. Le génocide perpétré au Rwanda entre avril et juillet 1994 fait partie des grandes tragédies du XXe siècle. De 500 000 à un million de personnes y ont été assassinées dans les conditions les plus barbares en raison de leur naissance. Depuis, les témoignages, les récits, les analyses divergentes, les polémiques se sont multipliés, comme l’illustrent les récents articles du Monde. Mais très peu ont entrepris une analyse objective des enchaînements qui ont conduit à une telle tragédie.
C’est pour cette raison que j’ai pris l’initiative en 1998, en tant que président de la commission de la défense de l’Assemblée nationale, de demander la création d’une mission parlementaire d’information. L’objectif était de « faire la lumière sur le rôle qu’ont pu jouer les différents pays qui sont intervenus, ainsi que l’ONU, dans la crise rwandaise entre 1990 et 1994 ». Notre mission a enquêté pendant neuf mois et a rendu un rapport de 1 500 pages.
Pendant cent dix heures, les députés ont auditionné quatre-vingt-huit personnes, des responsables politiques, des militaires, des diplomates, des universitaires, des civils français et rwandais. Ces auditions ont été exceptionnelles, tant par leur nombre que par leur sérieux. La plupart ont été publiques, ouvertes à la presse écrite et audiovisuelle.
Les rapporteurs se sont rendus à Bruxelles, à Washington, au siège des Nations unies à New York, ainsi qu’au Rwanda, en Ouganda, au Burundi, et en Tanzanie. Les témoignages des soixante-quatorze personnes qu’ils ont rencontrées ont été rigoureusement examinés. La mission a analysé 15 000 pages de textes, de télégrammes diplomatiques et de documents militaires ; pour 7 000 pages, la classification « secret défense » a été levée.
Lacunes
D’autres documents restent sans doute encore à étudier, et il serait souhaitable que les chercheurs puissent y avoir accès. Mais les documents consultés par la mission donnent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Editorial. Les nouvelles barrières douanières fixées par Donald Trump et la nomination d’un conseiller à la sécurité nationale au profil peu rassurant contribuent à installer un mauvais climat dans le monde entier.
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Relations internationales : un vent mauvais venu de Washington

Editorial. Les nouvelles barrières douanières fixées par Donald Trump et la nomination d’un conseiller à la sécurité nationale au profil peu rassurant contribuent à installer un mauvais climat dans le monde entier.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 12h38
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Il l’avait promis, il le fait : America first. Les dernières mesures prises par le président Donald Trump, jeudi 22 mars, confirment sa volonté de se donner tous les moyens de mettre en œuvre son agenda unilatéraliste et protectionniste. La nomination de John Bolton, un partisan de la force dans les relations internationales, en remplacement du général H. R. McMaster comme conseiller à la sécurité nationale, sert l’objectif unilatéraliste. La décision d’imposer des barrières douanières aux importations de certains produits chinois relève de l’objectif protectionniste. L’un comme l’autre sont de mauvaises nouvelles pour le reste du monde.
Après une série de déclarations incohérentes sur les cibles des nouvelles barrières douanières, M. Trump a tranché : l’Union européenne, le Mexique, le Canada, le ­Brésil et la Corée du Sud sont épargnés – pour l’instant – par les taxes punitives sur l’acier et l’aluminium annoncées le 8 mars ; c’est bien la Chine qui est visée, comme il s’y était engagé pendant la campagne électorale. L’allié japonais n’est pas exempté d’office et devra négocier. Des taxes à l’importation aux Etats-Unis seront appliquées sur des produits chinois d’un montant ­total de 60 milliards de dollars (près de 50 milliards d’euros) relevant de dix secteurs considérés comme stratégiques par Pékin, parmi lesquels la haute technologie, l’aéronautique et les véhicules électriques. Washington présentera dans les deux semaines une liste des produits spécifiques frappés d’une hausse de 25 % des droits d’importation.
La chute des marchés asiatiques
Donald Trump a justifié ces mesures par le déséquilibre commercial entre les deux géants économiques, qui est réel, ainsi que par la volonté des Etats-Unis de protéger la propriété intellectuelle de ses avances technologiques. Cette préoccupation face à une puissance chinoise avide de transferts technologiques est partagée par les Européens, mais l’augmentation des barrières douanières n’est pas forcément le meilleur moyen de s’en prémunir.
La Chine a réagi avec fermeté, faisant savoir qu’elle n’avait « pas peur d’une guerre commerciale », même si elle ne la souhaitait pas. « Nous sommes tout à fait prêts à défendre nos intérêts », a averti le ministère du commerce à Pékin. La crainte d’une guerre commerciale a aussitôt fait chuter les marchés financiers en Asie. L’assurance de M. Trump, selon lequel « les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner », pourrait bien être mise à l’épreuve rapidement.

        Lire aussi :
         

                Taxes américaines sur l’acier et l’aluminum : un nouveau délai pour les Européens



Ce n’est, cependant, que l’un des nuages noirs qui se profilent à l’horizon. Le choix de John Bolton pour compléter l’équipe diplomatique et de sécurité de la Maison Blanche a de quoi accroître les inquiétudes des alliés des Etats-Unis, aussi bien en Europe qu’en Asie, dix jours après le remplacement de Rex Tillerson par Mike Pompeo. Le nouveau conseiller à la sécurité nationale, qui succède au plus classique McMaster, renvoie aux heures les plus sombres de l’interventionnisme américain du premier mandat de George W. Bush. Farouche opposant de la cour pénale internationale, John Bolton a été un difficile ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU.
Radical et doctrinaire, M. Bolton est profondément hostile à l’accord nucléaire conclu avec l’Iran en 2015, que les Européens s’évertuent actuellement à sauver. Il était également, ces dernières années, favorable au recours à des frappes préventives contre la Corée du Nord. Le vent mauvais qui souffle de Washington n’est pas près de s’apaiser.

        Lire aussi :
         

                La guerre commerciale contre la Chine, l’« Afghanistan économique » de Trump






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Pour l’économiste Pierre-Yves Gomez, la loi du XXIe siècle, aussi rusée que les « lettres de marque » du XVIIIe siècle, sert les Etats assez puissants – et principalement les Etats-Unis – pour imposer leurs règles afin de protéger leur propre commerce.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Guerre commerciale : « Pirates et corsaires sont de retour sur la vaste mer des affaires »

Pour l’économiste Pierre-Yves Gomez, la loi du XXIe siècle, aussi rusée que les « lettres de marque » du XVIIIe siècle, sert les Etats assez puissants – et principalement les Etats-Unis – pour imposer leurs règles afin de protéger leur propre commerce.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 11h02
    |

                            Pierre-Yves Gomez (Professeur à l'Ecole de management de Lyon, EM Lyon)








                        



                                


                            

Chronique Entreprises. Au début de la mondiali­sation, au XVIe siècle, la guerre commerciale prenait une forme maritime. Le transfert de richesses de l’Amérique vers l’Europe se faisait par bateaux. Les convois étaient le cordon ombilical apportant les produits de l’exploitation des mines d’or et d’argent notamment vers l’Espagne, hyperpuissance du moment. Les intercepter avait un double avantage, économique en enrichissant ceux qui s’y adonnaient, et politique en affaiblissant la puissance adverse.
Deux acteurs intervenaient dans ces combats maritimes : les pirates et les corsaires. Le pirate agissait pour son propre compte en dehors de toute légalité ; c’était un hors-la-loi traqué par les polices des mers et pendu à l’occasion. Le corsaire, lui, exerçait une activité dûment autorisée par une « lettre de marque » de son gouvernement pour mener « la guerre de course » en s’attaquant au commerce ennemi au nom du droit de son pays.

Pour les Etats, c’était un précieux auxiliaire participant à la défense des intérêts géopolitiques des compagnies nationales. Le libre-échange mit un terme à cette forme de conflit : en 1856, par le traité de Paris, les Européens se sont interdits de s’y livrer. Ce fut la fin des corsaires après celle des pirates. Tout au moins sous ces formes anciennes. Car l’économie numérique a réactivé l’importance vitale des flux internationaux et des transferts d’information, si bien que pirates et corsaires sont de retour sur la vaste mer des affaires.
Gain abondant
Pirate se dit en anglais hacker. Le cyberpirate surfe sur les réseaux pour ouvrir une brèche dans les systèmes informatiques des entreprises. Si la victime est rarement coulée, les dégâts permettent de la fragiliser, de la rançonner en bloquant son système d’information ou de détourner des données précieuses pour les revendre à d’autres usagers. L’attaque de pirates utilisant le virus de rançon WannaCry a touché...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Pour reprendre la main sur des décisions politiques dont nous sommes dépossédés, l’essayiste Vincent Message nous somme de démocratiser le débat sur notre fardeau collectif.
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« La dette est un ensemble de choix vis-à-vis desquels nous pouvons être critique »

Pour reprendre la main sur des décisions politiques dont nous sommes dépossédés, l’essayiste Vincent Message nous somme de démocratiser le débat sur notre fardeau collectif.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 11h47
    |

Vincent Message (Université Paris-VIII-Saint-Denis)







                        



                                


                            

La dette structure nos sociétés de part en part. Elle se rappelle à beaucoup d’entre nous chaque mois ; elle est très régulièrement convoquée dans le débat public ; mais à y réfléchir de près, nous en savons peu de chose. Nous savons que l’accès au réseau officiel du crédit est un signe d’inclusion, que devoir emprunter à des ­proches, au contraire, n’est pas de très bon augure, que ne plus pouvoir emprunter du tout marque un glissement vers la précarité et vers la marginalité.
Nous sentons que le sujet qui s’endette n’est pas mal vu a priori : il est celui qui fait une promesse qu’il s’estime capable de tenir, qui accepte de porter un poids sur son dos, de s’engager. Celui qui n’arrive plus à rembourser se retrouve au contraire sous le feu de regards réprobateurs, jusqu’à ce que ses préoccupations financières s’avivent d’un sentiment de faute.
Au-delà de ces expériences communes, la dette est une réalité terriblement opaque. On souscrit un emprunt auprès d’une banque sans savoir le plus souvent qu’une telle transaction est au cœur de la création ­monétaire, que l’argent nécessaire au crédit n’existe pas au préalable mais sera créé ad hoc par un jeu d’écriture dans un livre de comptes. On peut voter aux élections et suivre l’actualité sans savoir qui détient la dette publique, comment elle évolue, selon quels critères se décide la politique à mener en la matière. Et cette grande ignorance est liée à la difficulté de raconter la dette.
Un double visage
Le ­sujet est austère, presque indicible à force de technicité, si bien que les arts et la littérature tendront plutôt à en décrire les effets (la pauvreté ou les faillites) qu’à décrypter ses mécanismes. On sent pourtant, en ­particulier depuis la crise de 2008, qu’on ne peut pas abandonner au seul discours économique un phénomène aussi crucial pour la répartition des richesses et l’équilibre de nos démocraties.
A l’échelle individuelle, la dette a un double visage. Elle est ce qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », observe que les avocats du producteur sont des pointures qui sauront entretenir le doute sur sa culpabilité.
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« Depuis la révélation du scandale, Weinstein n’est toujours pas poursuivi, pas interrogé »

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », observe que les avocats du producteur sont des pointures qui sauront entretenir le doute sur sa culpabilité.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 09h14
    |

            Michel Guerrin (Rédacteur en chef au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. Et si Harvey Weinstein n’était pas jugé ? Et s’il n’était pas condamné ? Ces questions peuvent sembler ahurissantes, mais elles sont posées depuis quelques jours aux Etats-Unis.
Parce qu’il faut bien constater que depuis la révélation du scandale, il y a près de six mois, les enquêtes se multiplient à New York – où se trouve l’entreprise Weinstein – et à Los Angeles – où se trouve l’industrie d’Hollywood –, mais l’ancien producteur n’est pas poursuivi, pas interrogé et encore moins incarcéré.
L’association Time’s Up vient de demander au gouverneur de l’Etat de New York, Andrew Cuomo, « une enquête sur le processus de décision dans le dossier Weinstein »
Le décalage est vertigineux avec les témoignages de quelque 80 femmes, pour la plupart des actrices. Elles ont dit dans la presse ce que le producteur américain leur a fait subir – du comportement sexiste au viol. Leurs confessions ont provoqué un mouvement dépassant de loin le cas Weinstein. Qui, de son côté, n’a pas donné un seul entretien.
Devant le malaise, l’association Time’s Up est passée à l’offensive le 19 mars. Son nom signifie « c’est fini ». C’est fini, pour nous les femmes, de laisser faire. Créée en janvier par 300 actrices, dont Cate Blanchett, Natalie Portman ou Meryl Streep, ce groupe part d’un constat : « Souvent, les harceleurs ne payent jamais les conséquences de leurs actes. » Aussi Time’s Up vient de demander au gouverneur de l’Etat de New York, Andrew Cuomo, « une enquête sur le processus de décision dans le dossier Weinstein ». Des juristes s’étonnent également de voir la police s’activer mais pas la justice.
La question centrale est celle de la preuve
Comme par enchantement, cette enquête va voir le jour. Dans la ligne de mire, le procureur du district de Manhattan, Cyrus R. Vance Jr et la façon dont il mène l’enquête Weinstein.
Time’s Up a des raisons de douter de « l’intégrité » du procureur....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’historien Christian Chevandier revient sur les luttes sociales menées dans le passé par les cheminots. Pour que le mouvement réussisse, il faut trouver le moyen de créer une complicité entre grévistes et usagers.
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« Statut des cheminots : ce que l’histoire nous enseigne »

Dans une tribune au « Monde », l’historien Christian Chevandier revient sur les luttes sociales menées dans le passé par les cheminots. Pour que le mouvement réussisse, il faut trouver le moyen de créer une complicité entre grévistes et usagers.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 18h41
    |

Christian Chevandier (Professeur d’histoire contemporaine à l’université du Havre)







                        



                                


                            

Tribune. Le statut des cheminots a disparu pendant vingt ans, et personne ne s’en est plaint. Des cheminots ont, à un autre moment, choisi de faire grève selon des procédés particuliers, et les usagers en furent enchantés. Revenir, même brièvement, sur des moments de l’histoire de ce groupe social ne peut que nous permettre de mieux comprendre ce qu’il advient aujourd’hui.
Le premier statut des cheminots date de 1920. Mais il reprend et unifie les principaux points des règlements des différentes compagnies ferroviaires et se situe dans la continuité d’une série de textes législatifs antérieurs qui faisaient parler avant même la première guerre mondiale d’une « charte du personnel des agents des chemins de fer ». Ces dispositions, mises en place dans les compagnies ferroviaires privées, avaient pour fonction de fixer dans ces entreprises un personnel dont la qualification et l’expérience sont d’autant plus indispensables que les tâches y sont spécifiques.

En 1920, cette volonté d’encadrer la gestion du personnel d’un secteur ou d’une branche n’avait rien d’une singularité puisque l’année précédente fut votée la loi qui affirme la suprématie des conventions collectives sur le contrat de travail. Ce statut, qui prévoit notamment qu’il n’est pas possible de licencier hors cas de faute grave les agents « commissionnés » (c’est-à-dire titularisés après une période d’essai d’environ une année), n’a suscité dans un premier temps qu’un intérêt réduit. C’est seulement avec la crise des années 1930, lorsque les compagnies licencièrent la plupart de cheminots non commissionnés, que les travailleurs des chemins de fer en perçurent l’intérêt.
À la création de la SNCF, en 1937, ce statut fut remplacé par une convention collective qui en reprit les grands principes tout en les bonifiant, prévoyant ainsi une politique d’apprentissage. Comme ce fut le cas dans l’ensemble du monde du travail, cette convention a été encore améliorée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ En collectant d’innombrables images sur la Toile, réseaux sociaux et opérateurs d’Internet peuvent rivalisent avec les Etats sur leurs prérogatives propres, explique le chercheur en intelligence artificielle et président du comité d’éthique du CNRS.
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Jean-Gabriel Ganascia : « La reconnaissance de visages est une grande intrusion dans nos vies »

En collectant d’innombrables images sur la Toile, réseaux sociaux et opérateurs d’Internet peuvent rivalisent avec les Etats sur leurs prérogatives propres, explique le chercheur en intelligence artificielle et président du comité d’éthique du CNRS.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 17h04
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Jean-Gabriel Ganascia est professeur au laboratoire d’informatique de l’université Pierre-et-Marie-Curie (Paris-VII), chercheur en intelligence artificielle, président du comité d’éthique du CNRS et auteur du Mythe de la singularité. Faut-il craindre l’intelligence artificielle ? (Seuil, 2017).
Pourquoi parlez-vous de « sousveillance » plutôt que d’une surveillance généralisée ?
L’idée de « sousveillance » rend très bien compte de cette situation nouvelle dans laquelle les Etats démocratiques se trouvent, en quelque sorte, dépossédés de leur surveillance au profit de nouveaux acteurs. Ce néologisme, forgé par le technologue américain Steve Mann sur le modèle du mot français « surveillance », signifie que la « veille » ne vient pas d’au-dessus, de ceux qui ont le pouvoir, mais du dessous, de ceux qui sont soumis à l’autorité.
En pratique, cela veut dire que la masse des individus contribue elle-même à la collecte d’images et d’annotations. Toutefois, cette collecte n’est pas spontanée : elle fait intervenir les réseaux sociaux et les opérateurs de l’Internet, qui deviennent ainsi à même d’assurer la sécurité intérieure mieux que les Etats. En effet, en Europe et dans les pays démocratiques, les pouvoirs publics disposent de photos, par exemple de photos d’identité, mais en faible nombre et de mauvaise qualité. De plus, des lois interdisent la réutilisation de fichiers contenant des données personnelles.
En revanche, les réseaux sociaux et les grands acteurs de l’Internet, bénéficiant de la généralisation de la « sousveillance », possèdent d’innombrables photos et peuvent en user librement, puisque nous les leur fournissons. C’est un renversement politique et social considérable qui s’instaure, car des acteurs transnationaux rivalisent désormais avec les Etats sur ce qui relevait de leurs prérogatives propres.
Cette « sousveillance » n’est-elle pas également à visée commerciale ?
Nous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans la rue, dans les commerces, sur Internet, des algorithmes peuvent à tout moment nous identifier. Ces nouveaux outils, auxquels s’intéressent professionnels du marketing et forces de l’ordre, posent d’importantes questions éthiques.
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Reconnaissance faciale : comment nos visages sont traqués

Dans la rue, dans les commerces, sur Internet, des algorithmes peuvent à tout moment nous identifier. Ces nouveaux outils, auxquels s’intéressent professionnels du marketing et forces de l’ordre, posent d’importantes questions éthiques.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 16h59
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 11h12
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Notre visage est la source de l’éthique du fait qu’il est nu, expressif, doué de la parole humaine et semble nous dire : « Tu ne me défigureras pas » ou, plus profondément : « Tu ne tueras point », assure le philosophe Emmanuel Levinas (1906-1995). De son côté, l’anthropologue David Le Breton avance que le visage, auquel il a consacré plusieurs études, « incarne la différence infinitésimale portée par chaque homme », mais aussi, étant changeant et mobile, « donne vie à notre esprit », ce qui fait qu’« on tombe amoureux d’un visage, ou le déteste parfois »…
Aujourd’hui, nos traits sont devenus une donnée exploitable : les progrès de la numérisation en ont fait une marchandise convoitée par les géants du Web, les experts du marketing et les services de police. La publicité ciblée est en effet devenue le carburant de l’économie numérique. Avec le visage, le profilage systématique des internautes s’affine.
Prenez Facebook, ce grand « livre du visage », le réseau social aux 2 milliards d’utilisateurs actifs : il engage chaque jour les internautes à taguer les photos qu’ils publient avec les noms de leurs « amis ». Puis, grâce à DeepFace, son système de reconnaissance faciale, l’entreprise se constitue une gigantesque banque de visages identifiables. Du big data « très précieux » à l’heure du « boom du marketing personnalisé », fait remarquer Benjamin Sobel, chercheur en droit et technologie à l’université Harvard (Massachusetts), préoccupé par la disparition de l’anonymat sur le Web et les réseaux sociaux.
Repérer les voleurs jusque sur le trottoir
Sans surprise, Google s’y intéresse aussi. L’algorithme de reconnaissance faciale FaceNet de Google Photos est capable d’identifier, de nommer, de classer et de localiser d’innombrables personnes présentes sur les albums des internautes. Si cette fonction a été désamorcée en Europe à la demande des défenseurs de la vie privée,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Alors que l’objectif du gouvernement en matière de gestion des personnels reste un mystère, l’économiste Philippe Askenazy explique, dans cette chronique, que les syndicats du rail et les cheminots peuvent néanmoins trouver des raisons de se rassurer.
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SNCF : « La disparition des statuts ne signifie pas celle des avantages »

Alors que l’objectif du gouvernement en matière de gestion des personnels reste un mystère, l’économiste Philippe Askenazy explique, dans cette chronique, que les syndicats du rail et les cheminots peuvent néanmoins trouver des raisons de se rassurer.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 14h00
    |

                            Philippe Askenazy (Chercheur au CNRS/ENS/Centre Maurice Halbwachs)








                        



                                


                            

Tendances France. La réforme ferroviaire est inévitable dans le cadre européen de la libéralisation du transport de passagers. En France comme ailleurs en Europe, la fin des anciens monopoles d’Etat, du transport aérien à l’énergie, s’est traduite par une mutation des entreprises nationales en sociétés où s’impose la logique du profit. Les statuts des agents ont soit brusquement disparu, soit été éteints progressivement, tel celui de fonctionnaire des télécommunications en France.
Avant même la libéralisation, la France dispose de trois géants mondiaux du transport terrestre multimodal
Privatisation ou pas, la SNCF n’échappera pas à ces abandons quelle que soit la mobilisation des cheminots. Alors pourquoi donc bloqueraient-ils la France ? Parce qu’à ce jour, une multiplicité de paramètres est inconnue.
La libéralisation britannique affichait clairement le démantèlement de la société nationale. La libéralisation allemande a accompagné la transformation de la Deutschebahn en une multinationale du transport terrestre, avec en parallèle une stratégie lui permettant de continuer de détenir la quasi-totalité du marché des lignes commerciales germaniques.
La situation française est fort différente. Avant même la libéralisation, la France dispose de trois géants mondiaux du transport terrestre multimodal : Keolis (SNCF), RATP Groupe et Transdev. Transdev qui exploite des lignes de la Suède à la Nouvelle-Zélande vient justement, le 12 mars, d’obtenir le certificat de sécurité ferroviaire et ainsi de devenir le deuxième groupe à détenir le « statut d’entreprise ferroviaire de voyageurs » dans l’Hexagone.
Ouverture de la concurrence
Mais l’objectif du gouvernement français en matière de gestion des personnels dans ce contexte reste un mystère. Le projet de loi d’habilitation présenté la semaine dernière n’apporte guère de précisions.
Deux activités sont à distinguer. Dès 2020, la concurrence s’ouvre sur le marché des...




                        

                        


<article-nb="2018/03/23/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Ils sont une quinzaine à venir tous les mardis, durant deux heures, pour danser dans une salle de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Une séance prescrite par leur neurologue.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Danser contre la maladie de Parkinson

Ils sont une quinzaine à venir tous les mardis, durant deux heures, pour danser dans une salle de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Une séance prescrite par leur neurologue.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 18h43
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. « C’est mon oxygène » : c’est ainsi que Gérard qualifie le cours de danse de ce mardi 6 mars. Il ne raterait une séance pour rien au monde. Et pour cause : « On arrive à effacer ses handicaps. » Depuis octobre 2017, ils sont une quinzaine à venir tous les mardis, durant deux heures, dans une salle de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière pour… danser. Ce jour-là, 14 hommes et femmes, à parité, atteints de la maladie de Parkinson.
Cette ­maladie du cerveau touche environ 200 000 personnes en France. Ses effets varient beaucoup d’un ­malade à l’autre : raideur, lenteur des mouvements, tremblements, problèmes d’équilibre… et souvent une grande fatigue. Si elle ne se guérit pas, des médicaments peuvent atténuer les symptômes, et une chose est sûre : bouger est nécessaire.
L’idée est venue d’Arlette Welaratne, attachée de ­recherche clinique, qui fait elle-même de la danse, et du neurologue à la Pitié-Salpêtrière (AP-HP) Emmanuel Flamand-Roze, convaincu des bienfaits de l’activité physique dans les maladies neurologiques. A chaque cours, Arlette Welaratne est présente, ce qui rassure les patients.
La technique est celle de l’expression primitive, ­basée sur le rythme, les mouvements simples, répétitifs, et la voix exprimée par les danseurs. Car « la ­parole est souvent perturbée par cette maladie », dit Svetlana Panova, danse-thérapeute et danseuse professionnelle, élève de France Schott-Billmann, une des pionnières de la danse-thérapie.
La séance démarre par un temps calme, pour retrouver son souffle, chasser les tensions… Au début, les ­regards sont un peu flottants, certains s’endorment… Puis c’est parti pour un voyage, les danseurs se lèvent, emmenés par la musique. Des mouvements lents puis rapides miment tantôt la colère, la joie, l’étonnement, en lançant des « oh » puis des « ah ». Au fil des pas, les visages s’ouvrent, laissent place aux sourires. Après...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Limiter le « reste à charge » payé par les patients sans augmenter le coût des assurances complémentaires nécessitera des efforts des professionnels concernés, estime Bernard Spitz, président de la Fédération française de l’assurance, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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« Nous, assureurs, sommes prêts à offrir à tous nos concitoyens des soins décents à un coût­ acceptable »

Limiter le « reste à charge » payé par les patients sans augmenter le coût des assurances complémentaires nécessitera des efforts des professionnels concernés, estime Bernard Spitz, président de la Fédération française de l’assurance, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    22.03.2018 à 14h00
    |

Bernard Spitz (Président de la Fédération française de l’assurance (FFA)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis un demi-siècle, les Français se demandent, à raison, pourquoi la santé de leurs dents, de leur vue, de leur audition n’est pas ­couverte, à l’égal des autres ­affections. Etre en mesure de voir pour conduire, lire, travailler, d’entendre pour ne pas être coupé totalement de sa famille et du monde autour de soi : autant de conditions élémentaires pour mener une vie normale, pourtant inaccessibles aux plus modestes, alors que pointent déjà, à un ­horizon proche, les ­progrès dus à l’usage de nouvelles technologies.
Saluons donc l’objectif ­consis­tant à associer les organismes complémentaires à cette situation simple : des lunettes, des prothèses, des soins dentaires remboursés, en totalité, ce que l’on appelle le « reste à charge zéro ».
Une démarche d’intérêt général
Que la Sécurité sociale se retire ou pas de ce qu’elle finance aujourd’hui ne changera rien à la réalité : ce sont les assureurs qui prennent en charge l’essentiel de ces remboursements. Il importe donc, dans une démarche d’in­térêt général sur laquelle nous nous retrouvons pleinement avec ­l’ensemble des organismes complémentaires, de s’entendre sur ce qu’il serait raisonnable d’offrir à tous.
« Raisonnable » signifie ici une offre claire, médicalement justifiée, acceptable socialement et économiquement soutenable.
« Médicalement justifiée » ­sup­pose que l’on puisse offrir une prise en charge intégrale des dépenses sur les soins essentiels s’agissant des trois domaines concernés, et d’agir dès le plus jeune âge sur l’éducation et la ­prévention.
« Socialement acceptable » reconnaît la nécessité de ne pas ­réduire les prestations au point de discriminer les bénéficiaires. Pas question, par exemple, de ­perpétuer ce qui fut pendant des décennies le jugement ironique sur les « montures Sécu » des ­lunettes d’entrée de gamme. Il ne serait pas plus acceptable aujourd’hui de ne couvrir que des prothèses dentaires en métal, comme...




                        

                        


<article-nb="2018/03/23/19-15">
<filnamedate="20180323"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180323"><AAMMJJHH="2018032319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Un collectif de maires, dont Anne Hidalgo (Paris) et Alain Juppé (Bordeaux), regrette dans une tribune au « Monde » que l’essentiel des leviers de la politique de l’énergie reste aux mains de l’Etat ou d’opérateurs nationaux en situation de monopole.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Anne Hidalgo et Alain Juppé : « L’efficacité et la transition énergétique dépendent d’abord de l’initiative locale »

Un collectif de maires, dont Anne Hidalgo (Paris) et Alain Juppé (Bordeaux), regrette dans une tribune au « Monde » que l’essentiel des leviers de la politique de l’énergie reste aux mains de l’Etat ou d’opérateurs nationaux en situation de monopole.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 16h32
   





                        



                                


                            
Tribune. Alors que s’ouvre le débat public pour la programmation pluriannuelle de l’énergie et que la Commission européenne va publier sa feuille de route « Climat et Energie EU 2025 », nous appelons au fléchage vers les collectivités d’une partie de la hausse de la contribution climat énergie et à l’adoption d’une loi d’orientation pour la décentralisation de la politique énergétique. L’efficacité de notre action, son acceptation sociale et la cohésion des territoires en dépendent.
sur le terrain, tout démontre que l’approche technique et centralisée a atteint ses limites
En 2015, l’accord de Paris et la loi pour la transition énergétique nous ont donné le chemin à suivre pour limiter la hausse des températures à moins de 2 °C et, dans l’idéal, à moins d’1,5 °C d’ici à 2100. L’atteinte de ces objectifs dépend très largement des politiques territoriales.
Or, en matière de politique énergétique, l’essentiel des leviers reste aux mains de l’Etat ou d’opérateurs nationaux en situation de monopole. Pourtant, sur le terrain, tout démontre que l’approche technique et centralisée a atteint ses limites : les infrastructures de production d’énergies renouvelables peinent à se mettre en place, les rénovations énergétiques ambitieuses sont rares et le véhicule individuel, avec moins de deux personnes à bord, reste le mode de déplacement dominant. Pour y remédier, il faut faire évoluer la gouvernance du système énergétique vers davantage de décentralisation et de démocratie locale.
Construire une autre façon de vivre
Le fléchage vers les collectivités d’une partie de la hausse de la contribution climat énergie, défendue aujourd’hui par la plupart des associations de collectivités, des ONG et des fédérations professionnelles, est indispensable. La mise en œuvre de l’accord de Paris à l’échelle de chaque territoire doit mobiliser près de 300 euros par habitant et par an. Affecter 5 % des 8 milliards de recettes de la contribution climat pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Les acteurs du transport et de la mobilité urbaine sont tour à tour victimes et bénéficiaires de la révolution numérique ; à eux d’en reprendre la maîtrise, affirme, dans une tribune au Monde, Alain Bagnaud, organisateur de la Semaine internationale du transport et de la logistique.
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« La logistique est devenu un enjeu de compétitivité et de souveraineté nationale »

Les acteurs du transport et de la mobilité urbaine sont tour à tour victimes et bénéficiaires de la révolution numérique ; à eux d’en reprendre la maîtrise, affirme, dans une tribune au Monde, Alain Bagnaud, organisateur de la Semaine internationale du transport et de la logistique.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 14h00
    |

Alain Bagnaud (Directeur général de la Semaine internationale du transport et de la logistique (SITL)







                        



                                


                            
Tribune. Dire que la logistique a pris le virage du numérique est un euphémisme : peu de secteurs auront été autant impactés par les innovations technologiques et le numérique. Et pour cause : la logistique fait figure d’épine dorsale de nombreux modèles économiques, tant des géants du e-commerce que des start-up du numérique. Derrière le succès de ces nouveaux acteurs, c’est en effet la logistique qui a contribué à créer de nouveaux standards en matière d’expérience clients : livraison à J + 1, voire en moins d’une heure dans les zones urbaines, logistique des retours quasi gratuits, etc.
toutes les parties prenantes sont impactées par la déferlante numérique
Pour arriver à ce niveau de performance, le secteur s’est transformé. L’ancienne gestion de flux standards massifs et récurrents a fait place à des flux d’informations qui précèdent désormais les flux physiques. Dématérialisation, plates-formes numériques, robotisation, « blockchain »… les entreprises du transport et de la logistique sont devenues un laboratoire pour de très nombreuses technologies.
Mais si les champions du numérique ont bouleversé le modèle de la distribution traditionnelle, leur intégration verticale progressive est également une menace pour les opérateurs logistiques. Pour preuve, les investissements programmés par Amazon dans le fret maritime et aérien, dans les camions et les drones, ou encore l’arrivée aux portes de Paris des entrepôts du géant chinois de l’e-commerce Alibaba… Industriels, distributeurs, opérateurs de transports et logistique, territoires : toutes les parties prenantes sont impactées par la déferlante numérique dont ils peuvent être, tour à tour, les bénéficiaires ou les victimes.
Un enjeu de taille
Les territoires l’ont bien compris. Car, en dernière instance, cette révolution numérique se traduit bel et bien par des flux physiques sur le terrain. L’enjeu est de taille. Le secteur du transport et de la logistique représente...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Editorial. Ce n’est pas d’acharnement, mais d’une remarquable ténacité que les juges du pôle financier ont fait preuve en mettant de nouveau en examen l’ancien président de la République.
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Nicolas Sarkozy mis en examen : l’indispensable justice

Editorial. Ce n’est pas d’acharnement, mais d’une remarquable ténacité que les juges du pôle financier ont fait preuve en mettant de nouveau en examen l’ancien président de la République.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 10h55
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 19h02
   





                        



Editorial du « Monde ». Nicolas Sarkozy et ceux de ses « amis » qui lui restent fidèles ne manqueront pas de dénoncer une nouvelle fois l’acharnement de la justice et des médias contre l’ancien président de la République. Enquêtes à charge, accusations sans preuves, ont-ils systématiquement affirmé lorsque, à plusieurs reprises ces dernières années, M. Sarkozy a été mis en cause ou mis en examen par la justice. Ce dernier a notamment été mis en examen pour « corruption » et « trafic d’influence » (affaire dite « des écoutes », en lien avec le dossier Bettencourt) et il a été renvoyé devant le tribunal correctionnel pour « financement illégal » de sa campagne présidentielle de 2012 (affaire Bygmalion).
Ce n’est pourtant pas d’acharnement que les juges du pôle financier ont fait preuve en mettant de nouveau en examen l’ancien président, mercredi 21 mars. Mais d’une remarquable ténacité dans un dossier d’une tout autre gravité. Ils le soupçonnent, en effet, de « corruption passive et financement illégal de campagne électorale » – en l’occurrence celle de 2007, qui avait conduit à l’élection de M. Sarkozy.

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Ils y ont explicitement ajouté un motif sans précédent dans l’histoire de la Ve République : « recel de détournement de fonds publics libyens ». En clair, ils soupçonnent l’ancien président d’avoir bénéficié, pour financer cette campagne électorale, de fonds occultes versés par un Etat étranger, et pas n’importe lequel : la Libye du colonel Kadhafi, un dictateur excentrique mais implacable, financeur durant des décennies de nombreux mouvements terroristes dans le monde et qui fut accusé d’avoir fait exploser le vol Pan Am de Lockerbie en 1988.
Tué dans des conditions confuses au cours de l’intervention internationale menée par la France, la Royaume-Uni et les Etats-Unis en 2011, sous le couvert de l’ONU, pour mettre un terme à la guerre civile qui menaçait de tourner au bain de sang en Libye, M. Kadhafi n’est plus là pour témoigner dans cette affaire. Mais, au terme d’une enquête tentaculaire, menée depuis cinq ans, les juges ont estimé disposer d’éléments assez solides pour mettre en cause directement Nicolas Sarkozy.
Un champ d’investigations complexes
Initialement, c’est Mediapart qui a déclenché l’enquête. Le site avait notamment publié en avril 2012, entre les deux tours de l’élection présidentielle, une note de 2006 des services secrets libyens faisant état d’un accord entre MM. Kadhafi et Sarkozy pour financer la campagne (de 2007) à hauteur de 50 millions d’euros. Qualifié de faux grossier par la défense de l’ancien président, ce document a été, depuis, certifié par un collège d’experts. Et il a ouvert aux enquêteurs un champ d’investigations aussi complexes que stupéfiantes.

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Ce qui s’est précisé, au cours de l’enquête, est en effet un réseau d’intermédiaires internationaux douteux, rompus aux affaires de ventes d’armes et aux contrats commerciaux assortis de commissions occultes, en lien avec plusieurs des plus proches collaborateurs de M. Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’intérieur et préparait sa campagne de 2007. C’est à ce titre que Claude Guéant, alors son directeur de cabinet avant de devenir secrétaire général de la présidence, ainsi que son conseiller Brice Hortefeux ont été interrogés par les juges sur les liens qu’ils entretenaient avec plusieurs responsables libyens, les voyages discrets qu’ils ont à l’époque effectués à Tripoli et les importantes sommes d’argent liquide qui semblent avoir irrigué la campagne électorale de 2007.
M. Sarkozy bénéficie, c’est l’évidence, de la présomption d’innocence. Nul doute qu’il ne cessera de dénoncer l’inanité des charges qui pèsent désormais contre lui. Et rien ne préjuge de la suite de l’enquête et de sa conclusion. Mais, pour que trois juges chevronnés aient pris la responsabilité de le mettre en examen pour ces motifs, il faut, à tout le moins, qu’ils disposent de très solides éléments. Si leurs soupçons sont fondés, l’opprobre jeté sur l’ancien président de la République sera indélébile.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Analyse. A l’occasion de la journée mondiale de l’eau, la journaliste du « Monde » Martine Valo revient sur le rapport de l’ONU-eau qui prône le développement des solutions fondées sur la nature pour préserver cette précieuse ressource.
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Crise de l’eau : la nature à la rescousse

Analyse. A l’occasion de la journée mondiale de l’eau, la journaliste du « Monde » Martine Valo revient sur le rapport de l’ONU-eau qui prône le développement des solutions fondées sur la nature pour préserver cette précieuse ressource.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 12h13
    |

            Martine Valo








                        



                                


                            
Analyse. La nature a mauvaise réputation. Ou du moins, elle n’a pas droit à une considération à la hauteur des services qu’elle rend. L’eau, par exemple, dont on célèbre la journée mondiale le 22 mars : qui mesure à quel point les écosystèmes sont capables de l’absorber, la filtrer, la stocker ? Peu de monde, mais l’ONU-eau – le programme mondial des Nations unies pour l’évaluation de la précieuse ressource – espère changer les regards des décideurs.
La pollution des rivières s’aggrave à une vitesse vertigineuse et alimenter certaines grandes villes tend à devenir une gageure
Son rapport mondial 2018 (lien vers PDF), consacré aux « Solutions fondées sur la nature pour la gestion de l’eau », vient d’être présenté au 8e Forum mondial de l’eau, qui se tient jusqu’au 23 mars à Brasilia. A cette rencontre organisée tous les trois ans à l’initiative du Conseil mondial de l’eau étaient attendus une dizaine de chefs d’Etat, plus d’une centaine de ministres, parlementaires, maires de grandes villes et cinq fois plus de représentants des industriels du secteur ; plus une poignée d’ONG pour faire bonne mesure.
Potabilisation, dessalement, distribution, irrigation, barrages ou réservoirs : au Brésil, il aura beaucoup été question de financements – fatalement jugés insuffisants – d’un secteur où la demande explose. Or rapporte l’ONU-eau, sur les investissements colossaux pour l’eau et l’assainissement, le soutien aux solutions fondées sur la nature ne dépasse pas 1 % du total, en comptant très large. Et prévient qu’à ce rythme-là « la sécurité hydrique ne sera pas atteinte ». Impossible de s’en tenir au statu quo et de miser uniquement sur l’industrie et ses « solutions grises » – canalisations, usines de traitement, infrastructures artificielles –, quand la pollution des rivières s’aggrave à une vitesse vertigineuse et qu’alimenter certaines grandes villes tend à devenir une gageure.
« Eaux fossiles »
La consommation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Etienne Ghys, mathématicien, directeur de recherche au CNRS et parrain de la collection « Génies des mathématiques », dévoile la vie et l’œuvre du prince des mathématiques, Carl Friedrich Gauss.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Après avoir abandonné les Kurdes, écrit Christine Valain dans une tribune au « Monde », je ne suis pas fière d’être française aujourd’hui ! Les Kurdes ont eu plus de cran que nous, ils se sont battu pour des valeurs qui devraient nous êtres chères « liberté égalité fraternité ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« Le drapeau turc flotte sur Afrin ! Le rêve démocratique kurde est tombé ! »

Après avoir abandonné les Kurdes, écrit Christine Valain dans une tribune au « Monde », je ne suis pas fière d’être française aujourd’hui ! Les Kurdes ont eu plus de cran que nous, ils se sont battu pour des valeurs qui devraient nous êtres chères « liberté égalité fraternité ».



Le Monde
 |    22.03.2018 à 09h56
    |

Christine Valain (Citoyenne)







                        



                                


                            

Tribune. Recep Tayyip Erdogan, maître dans l’art de la duplicité, membre de l’OTAN mais ami de la Russie et des fondamentalistes, nargue le monde entier ! C’est bel et bien une invasion et, comme il ne cesse de le répéter, il ne va pas s’arrêter là !
Toute guerre est effroyable, violente et injuste, mais être trahi par ses alliés est pire que tout. Et les Kurdes sont lâchement abandonnés par la coalition dont fait partie la France. Alors ce soir et comme beaucoup de mes concitoyens, je vais exprimer ma honte et je voudrais que nos décideurs regardent leurs femmes, leurs époux, leurs enfants, que leur viennent à ce moment-là les images de ces femmes Yézidies brûlées vives parce qu’elles ont refusé de servir d’esclaves sexuelles, de ces femmes violées par des islamistes sanguinaires, de ces hommes assassinés, décapités sous les yeux de leurs proches, de ces combattant(e)s torturé(e)s, mutilé(e)s en défendant leurs terres, de ces corps d’enfants démembrés par les bombes ou les balles.

Qu’ils se mettent un instant à la place de ce peuple kurde et qu’ils imaginent les sentiments que peuvent ressentir ces hommes et ces femmes à l’encontre de l’Occident qui les a abandonnés à leur sort alors qu’ils sont morts par milliers pour épargner la vie de nos soldats et pour une cause qui étaient bien plus la nôtre que la leur. S’imaginer un instant qu’ils ont combattu Daesh sans qu’on ne leur ait rien promis serait prendre les gens pour des idiots !
Une rançon de 3 milliards
Parce qu’à un moment il faudra bien prendre « NOS » responsabilités. Il est faux et vain de se réfugier derrière des « c’est compliqué ! » ou des « La Turquie fait partie de l’OTAN ! », quand à la fin, on se rend compte que l’Allemagne continue de vendre des armes à Ankara, que l’Europe paie une rançon de 3 milliards [d’euros] pour que la Turquie garde les réfugiés sur son sol et que Etats-Unis et Russie se querellent cette zone pour un gazoduc !
Il...




                        

                        

