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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Au-delà des déclarations de solidarité avec le Royaume-Uni, la France n’exclut pas de se joindre aux pays, comme le Danemark et l’Irlande, soucieux de répondre concrètement à l’empoisonnement de l’espion Sergueï Skripal.
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Des Etats européens examinent la possibilité de représailles supplémentaires contre la Russie

Au-delà des déclarations de solidarité avec le Royaume-Uni, la France n’exclut pas de se joindre aux pays, comme le Danemark et l’Irlande, soucieux de répondre concrètement à l’empoisonnement de l’espion Sergueï Skripal.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 17h44
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 18h17
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Des pays membres de l’Union européenne devraient adopter, lundi 26 mars, des mesures supplémentaires à l’égard de la Russie pour son implication « hautement probable » dans l’empoisonnement de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal sur le territoire britannique. Combien de pays ? « Plus qu’un, mais la réponse est prématurée », a expliqué Donald Tusk, le président du Conseil, à la fin du sommet qui réunissait, vendredi 23 mars, à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement européens.
Quelles mesures ? « Additionnelles et concertées », ont expliqué plusieurs chefs d’Etat en célébrant la « démonstration d’unité » affichée, selon eux, la veille. À l’issue de plusieurs d’heures d’une discussion particulièrement brouillonne, selon des témoins, ils ont apporté leur soutien à la position de la première ministre britannique et décidé de rappeler, « pour consultation », l’ambassadeur de l’Union européenne à Moscou.
La surprise Orban
C’est Viktor Orban, le premier ministre hongrois, qui a introduit cette option dans le débat, créant une certaine surprise. Elle a fini par faire l’unanimité, malgré les réticences de la haute représentante Federica Mogherini et du président de la Commission, Jean-Claude Juncker. Ce dernier défend l’idée d’un dialogue avec Moscou en vue d’assurer la sécurité du continent. « Ce que j’ai dit n’a pas été contesté, expliquait-il vendredi. Nous avons besoin d’un canal ouvert pour discuter avec la Russie ».

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Certains Etats membres jugent cependant que le moment n’est pas propice au débat. Le Danemark, la République tchèque et l’Irlande font partie de ceux qui se disent prêts à prendre des mesures supplémentaires rapidement. A savoir, probablement, le rappel – temporaire ou prolongé – de leur ambassadeur, voire l’expulsion de diplomates, évoquée notamment par la présidente lituanienne Dalia Grybauskaité.
D’autres – Pays-Bas, Belgique, Italie – parlent de la nécessité de plus longues discussions et de ne pas rompre avec Moscou. La Grèce veut attendre le résultat définitif de l’enquête sur l’usage et l’origine du produit qui a empoisonné M. Skripal et sa fille.
Entretien téléphonique Macron-Poutine
Au cours d’une conférence de presse commune avec la chancelière allemande Angela Merkel, Emmanuel Macron a estimé, quant à lui, que l’affaire de Salisbury constituait « une atteinte à la souveraineté européenne ». Les deux dirigeants ont annoncé des décisions rapides. M. Macron n’a toutefois pas parlé du rappel de l’ambassadeur de France à Moscou, rumeur qui circulait à Bruxelles vendredi.
Le chef de l’Etat français a évoqué l’affaire de Salisbury avec Vladimir Poutine, au cours d’une conversation téléphonique, lundi 19 mars. Les deux hommes ont aussi discuté de la Syrie et de l’avenir des accords de Minsk, censés organiser un cessez-le-feu en Ukraine. Paris espère, enfin, favoriser une action collective de l’UE pour condamner l’usage des armes chimiques.

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La fermeté du ton adopté par les Européens, contrastant avec la division affichée lundi 19 mars par les ministres des affaires étrangères, a manifestement beaucoup agacé Moscou, où l’on accuse le Royaume-Uni de pousser ses alliés européens à la confrontation. Depuis le Vietnam, où il effectue une visite officielle, le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov a estimé que Londres a pris « le cap pour rendre la crise avec la Russie la plus profonde possible ». « Tout cela n’est qu’une provocation », a ajouté le ministre. Quant à l’UE, estime le ministère russe des affaires étrangères, elle devrait plutôt « encourager ses partenaires britanniques à commencer des consultations constructives » avec Moscou.

Moscou accuse Londres de pousser ses alliés européens à la « confrontation »
La Russie a accusé, vendredi 23 mars, le Royaume-Uni de pousser ses alliés européens à la confrontation. Les autorités britanniques « cherchent fiévreusement à forcer leurs alliés à prendre des mesures visant à la confrontation » avec Moscou, a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, en visite à Hanoï.
Le ministère russe des affaires étrangères a réagi en appelant l’Union européenne à « encourager plutôt ses partenaires britanniques à entamer des consultations constructives » avec la Russie, et réitéré sa volonté de coopérer avec Londres dans le cadre de cette affaire.
« Tout cela n’est qu’une provocation », a jugé M. Lavrov, alors que la Russie se plaint de n’avoir toujours pas accès à la citoyenne russe Ioulia Skripal, hospitalisée avec son père « dans un état critique mais stable », selon Londres, ni aux échantillons de la substance utilisée selon les autorités britanniques pour l’empoisonnement.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ L’érosion continue de la vie sauvage met en danger les conditions de vie des populations, alertent les experts mondiaux de l’IPBES, le « GIEC de la biodiversité ».
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Le déclin massif de la biodiversité menace l’humanité

L’érosion continue de la vie sauvage met en danger les conditions de vie des populations, alertent les experts mondiaux de l’IPBES, le « GIEC de la biodiversité ».



Le Monde
 |    23.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 18h23
    |

            Audrey Garric et 
Pierre Le Hir








                        



   


Partout sur la planète, le déclin de la biodiversité se poursuit, « réduisant considérablement la capacité de la nature à contribuer au bien-être des populations ». Ne pas agir pour stopper et inverser ce processus, c’est mettre en péril « non seulement l’avenir que nous voulons, mais aussi les vies que nous menons actuellement ». Tel est le message d’alerte délivré par la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), réunie du 17 au 24 mars à Medellin (Colombie), pour sa 6e session plénière.
Créée en 2012 sous la tutelle des Nations unies et rassemblant aujourd’hui 129 Etats, cette structure est qualifiée de « GIEC de la biodiversité », en référence au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Sa mission est d’établir régulièrement la synthèse des connaissances disponibles sur la biodiversité (la variété des formes de vie sur la Terre), sur les impacts de son érosion et sur les pistes d’action possibles pour la préserver.
Elle livre le résultat d’un travail colossal, qui s’est étalé sur trois années. L’IPBES a divisé le globe en quatre régions : l’Afrique, les Amériques, l’Asie-Pacifique et l’Europe-Asie centrale – à l’exception, donc, des pôles et des océans. Chacune a fait l’objet d’un rapport de 800 à 1 000 pages, réalisé par plus de 550 experts bénévoles de 100 pays, à partir de plus de 10 000 publications scientifiques, mais aussi de sources gouvernementales ou non gouvernementales, ou encore de savoirs autochtones.
Pour chaque zone géographique, cette analyse est synthétisée dans un « résumé à l’intention des décideurs » d’une quarantaine de pages, négocié mot à mot et voté par les représentants des Etats membres. C’est ce document, qui constitue une sorte de consensus politique, qui doit servir de base à l’action des gouvernements, même s’il n’a pas de valeur contraignante.

   


« Au cœur de notre survie »
« La biodiversité et les contributions apportées par la nature aux populations semblent, pour beaucoup, éloignées de nos vies quotidiennes. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité, observe le président de l’IPBES, le Britannique Robert Watson. Elles sont le socle de notre alimentation, de notre eau pure et de notre énergie. Elles sont au cœur non seulement de notre survie, mais aussi de nos cultures, de nos identités et de notre joie de vivre. »
On pourra juger restrictive cette approche, qui envisage la nature à l’aune des seuls services qu’elle rend à l’humanité, sans considérer que la survie des espèces animales et végétales est en elle-même précieuse. Mais l’objet des quatre rapports est de sensibiliser l’opinion et les décideurs à une chute de la biodiversité qui « met en danger les économies, les moyens d’existence, la sécurité alimentaire et la qualité de vie des populations partout dans le monde ». Aucune des régions étudiées n’échappe à une régression spectaculaire de sa faune et de sa flore, avec des projections alarmantes.
Afrique
« L’Afrique est le dernier endroit sur Terre avec un large éventail de grands mammifères, mais jamais par le passé il n’y a eu autant de plantes, poissons, amphibiens, reptiles, oiseaux et grands mammifères menacés qu’aujourd’hui, par une série de causes humaines et naturelles », note la chercheuse sud-africaine Emma Archer. Quelque 500 000 km2 de terres sont déjà dégradées du fait de la déforestation, de l’agriculture non durable, du surpâturage, des activités minières, des espèces invasives ou du réchauffement.
Cela, alors qu’en zone rurale, la subsistance de plus de 62 % des habitants dépend de la bonne santé des milieux naturels, et que la population du continent est appelée à doubler d’ici à 2050, pour atteindre 2,5 milliards de personnes. Le défi est immense : à la fin du siècle, certaines espèces de mammifères et d’oiseaux pourraient avoir perdu plus de la moitié de leurs effectifs, et la productivité des lacs (en poissons) avoir baissé de 20 % à 30 %, en raison du dérèglement climatique.
Asie-Pacifique
En Asie-Pacifique, la biodiversité est confrontée à des menaces sans précédent, allant des phénomènes météorologiques extrêmes et de l’élévation du niveau de la mer, aux espèces exotiques envahissantes, à l’intensification de l’agriculture, à la surpêche et à l’augmentation des déchets et de la pollution. Malgré quelques succès pour protéger ces écosystèmes vitaux – les aires marines protégées ont augmenté de 14 % en vingt-cinq ans et le couvert forestier a progressé de 23 % en Asie du Nord-Est –, les experts craignent qu’ils ne suffisent pas à enrayer le déclin de la biodiversité et des services que retirent les 4,5 milliards d’humains qui vivent dans ces pays.
Aujourd’hui, 60 % des prairies d’Asie sont dégradées, près de 25 % des espèces endémiques sont menacées et 80 % des rivières les plus polluées par les déchets plastiques dans le monde se trouvent dans cette zone. Si les pratiques de pêche se poursuivent au même rythme, la région ne comptera plus de stocks de poissons exploitables d’ici à 2048. Jusqu’à 90 % des coraux souffriront d’une grave dégradation avant le milieu du siècle.

   


Amériques
Sur le continent américain aussi, l’impact du dérèglement climatique sur la biodiversité va s’intensifier d’ici au milieu du siècle, devenant un facteur de déclin aussi puissant que le changement d’affectation des terres. Les populations d’espèces indigènes ont décru de 31 % depuis la colonisation par les Européens et ce taux pourrait monter à 40 % au milieu du siècle. Par rapport à leur état originel, plus de 95 % des prairies d’herbes hautes d’Amérique du nord, 50 % de la savane tropicale et 17 % de la forêt amazonienne en Amérique du sud ont été transformés en des paysages dominés par l’homme.
Les auteurs notent que jusqu’ici, « les peuples autochtones et les communautés locales ont créé une diversité de systèmes de polyculture et d’agroforesterie », qui ont bénéficié à la biodiversité. Mais ces savoirs locaux sont eux aussi en voie d’extinction.
Europe-Asie centrale
Enfin, en Europe et Asie centrale, la situation n’est guère meilleure : 42 % des animaux terrestres et des plantes ont enregistré un déclin de leurs populations au cours de la dernière décennie, de même que 71 % des poissons et 60 % des amphibiens.
La première cause de cette hécatombe réside dans l’intensification de l’agriculture et de l’exploitation forestière, et particulièrement dans l’usage excessif de produits agrochimiques (pesticides, engrais). Résultat : la région consomme plus de ressources naturelles renouvelables qu’elle n’en produit, l’obligeant à en importer massivement d’autres zones du monde. Le rapport souligne aussi le rôle du changement climatique, qui sera l’un des principaux fléaux pesant sur la biodiversité d’Europe et d’Asie centrale dans les prochaines décennies.

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Ces quatre rapports confirment que la Terre est en train de subir sa sixième extinction de masse : selon les scientifiques, les disparitions d’espèces ont été multipliées par 100 depuis 1900, soit un rythme sans équivalent depuis l’extinction des dinosaures il y a 66 millions d’années. Mardi 20 mars, une étude du Muséum national d’histoire naturelle et du Centre national de la recherche scientifique alertait sur la « disparition massive » des oiseaux dans les campagnes françaises – leurs populations se sont effondrées d’un tiers en quinze ans – tandis que fin 2017, des chercheurs montraient que le nombre d’insectes volants a décliné de 75 % à 80 % en Allemagne depuis le début des années 1990.

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Développer les aires protégées
N’y a-t-il donc aucun espoir ? Les scientifiques veulent croire qu’il est encore possible d’agir pour enrayer ce déclin. Ils appellent, pêle-mêle, à développer les aires protégées, à restaurer les écosystèmes dégradés (notamment les forêts), à limiter les subventions à l’agriculture et à l’exploitation forestière intensives, à intégrer la protection de la biodiversité dans toutes les politiques publiques, à sensibiliser davantage le grand public ou encore à poursuivre les efforts de conservation. En Europe, ces politiques ont par exemple conduit à sauver d’une extinction locale les populations de bisons ou de lynx ibériques, et à réhabiliter les régions boisées des Açores, de Madère et des Canaries.
« Pour la première fois, en Europe, nous indiquons qu’il faut une transformation plus radicale des modes de vie et de consommation, sans quoi nous n’atteindrons pas les objectifs de développement durable et de protection de la biodiversité », souligne Sandra Lavorel, écologue des écosystèmes (université de Grenoble), qui a participé à la rédaction du rapport. « L’un des chapitres importants de notre travail est celui de la gouvernance. La question de la biodiversité doit être prise en charge à tous les échelons, Etats, communautés, citoyens », complète Jérôme Chave, écologue au CNRS, qui a contribué à la synthèse sur les Amériques.
Un cinquième rapport sera publié lundi 26 mars, sur l’état des sols du monde, de plus en plus dégradés par la pollution, la déforestation, l’exploitation minière et les pratiques agricoles. Enfin, lors de sa prochaine réunion plénière en mai 2019, l’IPBES produira son bilan mondial de la biodiversité et non plus des analyses régionales. Une session que la France a proposé d’accueillir.

Conflits d’intérêts sur les pollinisateurs
L’IPBES a produit un premier rapport en 2016 sur la pollinisation, dont la publication avait été entachée de doutes. Deux de ses chapitres-clés étaient en effet sous la responsabilité de scientifiques salariés de Bayer et Syngenta, les deux principaux producteurs d’insecticides dits « néonicotinoïdes », fortement suspectés de décimer les populations d’abeilles, bourdons, papillons.

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Tous les experts doivent remplir un formulaire détaillant leurs liens d’intérêts, mais ces déclarations ne sont pas rendues publiques. De même, le financement du budget de la plateforme, qui s’élève à 5 millions de dollars (4 millions d’euros) en 2018, n’est pas connu dans le détail. Une vingtaine d’Etats y participent, en premier lieu l’Allemagne, la Norvège, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la France.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est prévue pour le 29 mars 2019. Les négociateurs sont loin d’avoir bouclé les modalités de la rupture.
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Un an avant la date fatidique, où en est-on du Brexit ?

La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est prévue pour le 29 mars 2019. Les négociateurs sont loin d’avoir bouclé les modalités de la rupture.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 12h44
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 14h52
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Les dirigeants des Vingt-Sept ont adopté, vendredi 23 mars à Bruxelles, leurs « lignes de négociation » pour la relation future avec Londres. Un peu plus tôt, ils avaient accordé à la première ministre britannique, Theresa May, la « période de transition » qu’elle réclamait ardemment depuis des mois. Ces avancées sont importantes, mais à un an du « D-Day » du Brexit, le 29 mars 2019, beaucoup reste encore à faire afin d’éviter une rupture trop brutale entre le Royaume-Uni et le continent.
Où en est-on dans le divorce ?
Le 29 mars 2019 à minuit, le Royaume-Uni sera formellement sorti de l’Union européenne, conformément au vote de 51,9 % des électeurs britanniques lors du référendum du 23 juin 2016. La procédure de retrait, décrite par l’article 50 du traité de Lisbonne, prévoit que les liens juridiques sont rompus deux ans après que l’Etat sortant a notifié sa décision. C’est ce que la première ministre Theresa May a fait, le 29 mars 2017.
Après avoir fixé les modalités du divorce, Européens et Britanniques doivent désormais ouvrir les pourparlers au sujet de leur « relation future ». Il s’agit entre autres de négocier un traité de libre échange, et des accords de coopération en matière de défense, de sécurité, ou de recherche. Londres et Bruxelles visent un compromis définitif en octobre, pour donner le temps aux Parlements – Westminster et le Parlement européen en premier lieu, ceux des Vingt-Sept éventuellement – de se prononcer avant le 29 mars 2019. A ce jour, Mme May entend toujours sortir son pays du marché intérieur et de l’union douanière constitués avec ses voisins européens, mais ne parle plus d’un « Brexit dur ».
L’enjeu est d’importance : une rupture brutale au « Jour-J » reviendrait, comme disent les Britanniques, à « sauter de la falaise ». Elle risque d’être catastrophique pour l’économie du Royaume-Uni, dont 45 % des exportations vont vers l’UE, et grave aussi pour celle de l’Europe continentale (17 % des exportations vers le Royaume-Uni), surtout si elle impliquait l’imposition de droits de douane. Un tel scénario serait aussi dramatique dans d’innombrables domaines, de la sécurité jusqu’à l’environnement en passant par l’aviation et l’énergie nucléaire, puisque cesseraient alors de s’appliquer les règles communes et les systèmes d’échange d’information.
Qu’est-ce que la période de transition ?
Pour éviter le « saut de la falaise », Londres a donc demandé et obtenu une période de transition (que Mme May préfère appeler « période de mise en œuvre ») qui doit durer vingt et un mois, entre le 30 mars 2019 et le 31 décembre 2020. Pendant cette période, le Royaume-Uni, devenu un pays tiers, restera soumis aux règles européennes, sans pouvoir plus peser sur les décisions communes.
Les modalités de la période de transition ne sont d’ailleurs pas totalement acquises. Elles sont destinées à être incluses dans le traité consacrant la rupture, en cours de négociation, qui doit être approuvé par le Parlement de Westminster et par le Parlement européen. A Westminster, il est peu probable – mais possible – que ce traité soit rejeté par une alliance entre le Labour et les « rebelles » conservateurs proeuropéens. Les ultra-brexiters menacent également de voter contre si la période de transition transforme le pays en « Etat vassal » de l’UE. Le feu vert du Parlement européen n’est pas non plus certain : celui-ci sera particulièrement sensible au sort des expatriés européens et à celui de l’Irlande.
Dès juin, un premier vote aux Communes sur une loi sur le commerce donnera le ton. Le Labour et les conservateurs « rebelles » pourraient voter de concert un amendement favorable au maintien du pays dans une union douanière européenne, ce que refuse Mme May. S’ils le font, la première ministre pourrait être mise en minorité. Les proeuropéens espèrent que cette crise débouche sur un second référendum. Mais l’opinion publique britannique, si elle penche désormais légèrement contre le Brexit, n’a pas changé notablement et le résultat d’une telle consultation, elle-même hypothétique, apparaît aléatoire.

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Qu’est-ce qui est déjà réellement agréé ?
Au-delà de la période de transition, tant que tous les détails n’ont pas été agréés, rien n’est définitivement acquis. Mais des accords politiques ont été trouvés sur des points essentiels, et, pour la plupart, Londres a dû s’aligner sur les exigences des Vingt-Sept. Le sort des expatriés, par exemple : avec leur famille, ils pourront continuer à bénéficier de tous leurs droits de résidence après le Brexit. Idem pour les expatriés européens arrivés durant la période de transition.
Les Britanniques ont aussi accepté de s’acquitter de toutes leurs obligations dans le cadre du budget de l’Union, y compris après la date du Brexit. lls se sont aussi engagés à continuer à prendre leur part du paiement des retraites des fonctionnaires européens. Le « chèque » de retrait pourrait atteindre entre 40 et 50 milliards d’euros.
Enfin, le Royaume-Uni a aussi admis que la relation future prendrait la forme d’un accord de libre-échange. Pas question, pour les Européens, d’octroyer une « relation spéciale » au pays, qui lui ménagerait un accès à son marché intérieur, sans qu’il n’en respecte plus les règles.
Quels droits pour les expatriés européens et britanniques après le Brexit ?
Rien ne changera donc en termes de droits, ni pour les continentaux expatriés au Royaume-Uni, ni pour les Britanniques installés sur le continent pendant la période de transition, soit entre le 30 mars 2019 et le 31 décembre 2020. Les Européens ayant l’intention de séjourner plus de trois mois au Royaume-Uni et arrivant pendant cette période devront toutefois s’enregistrer auprès du Home Office (ministère de l’intérieur). Une concession de taille de la part du Royaume-Uni, quand on se souvient que la campagne des partisans du Brexit, en 2016, a surtout consisté à dénoncer l’arrivée massive de citoyens européens, Polonais en tête, depuis l’élargissement de l’UE.
La règle générale est que les continentaux arrivés au Royaume-Uni avant le 30 mars 2019 et y ayant vécu « de façon continue et légale » pendant cinq ans pourront obtenir un statut de résident permanent, à durée illimitée. Comme aujourd’hui en tant que citoyens européens, les expatriés auront le droit aux prestations sociales britanniques et pourront demander la nationalité britannique.
Les personnes arrivées avant le 30 mars 2019 mais n’ayant pas vécu déjà cinq ans dans le pays auront le droit de rester jusqu’à ce qu’ils aient atteint ces cinq ans de résidence et puissent demander le statut de résident. Les proches (époux et partenaires, enfants et petits-enfants) pourront les rejoindre si leur lien est antérieur au 30 mars 2019. Alors que la procédure d’obtention du statut de résident permanent relève aujourd’hui du casse-tête, le gouvernement britannique promet un nouveau processus en ligne « simplifié, rapide et convivial ».
Mais selon la campagne « The 3 million », qui défend les trois millions d’Européens installés au Royaume-Uni, 10 % des intéressés pourraient en être exclus et perdre leurs droits aujourd’hui acquis sans démarche dans le cadre de l’UE, soit que leur dossier soit rejeté, soit qu’ils omettent d’en déposer un. A l’en croire, le flou entoure le statut des personnes pendant le temps d’attente des cinq années de résidence. Le cas des personnes au chômage, parents au foyer ou handicapés non couvertes par une assurance santé privée (Comprehensive Sickness Insurance, ou CSI) inquiète aussi l’association, car ils pourraient être privés d’accès au service de santé public. Quant au type de contrôle frontalier qui sera en vigueur à partir de 2021, une fois passée la « transition », il reste à négocier, et demeure donc dans le flou.

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Quid du casse-tête irlandais ?
Sans cesse débattue, jamais résolue, la question de la frontière entre les deux Irlandes menace de faire capoter toute la négociation sur le Brexit. Le Brexit va faire de cette frontière disparue depuis l’accord de paix de 1998 une frontière extérieure de l’Union européenne. Mais y réinstaller des postes frontières reviendrait à recréer autant de cibles pour les groupuscules terroristes résiduels et menacerait la paix. Londres prétend que des innovations technologiques permettent de contrôler les échanges commerciaux (reconnaissance des plaques d’immatriculation, drones) sans aucune installation visible. L’UE remarque qu’aucune frontière dans le monde n’a réalisé une telle prouesse, qui relève de la « pensée magique ».
Les Vingt-Sept souhaiteraient que l’Irlande du Nord – province du Royaume-Uni – s’aligne sur la réglementation européenne pour éviter les contrôles. Mais cette solution, qui conduirait à instaurer des contrôles entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne, relève de l’anathème pour le Parti démocratique unioniste (DUP), qui défend le Brexit (rejeté par 56 % des Irlandais du Nord). Or, il se trouve que Theresa May est tributaire de ce petit parti, dont les dix députés à Westminster lui fournissent l’appoint indispensable à sa majorité au Parlement.
Un premier accord entre Londres et les Vingt-Sept, signé en décembre 2017, envisage trois options, sans trancher : reporter la question au futur traité de libre-échange entre l’UE et le Royaume-Uni (option A), accepter une solution technologique proposée par Londres (option B) ou « aligner totalement » l’Irlande du Nord sur les règles européennes. L’accord sur la « période de transition » confirme que faute d’accord sur les options A et B, l’option C s’appliquera. Or, c’est celle dont Theresa May a dit qu’« aucun premier ministre britannique ne pourrait l’accepter ».
Quels sont les sujets de contentieux sur la relation future ?
La discussion sur la relation future n’a pas formellement commencé à Bruxelles. Le mandat obtenu vendredi 23 mars par Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE, précise que Bruxelles veut négocier un traité de libre-échange avec Londres, avec des droits de douane nuls pour les marchandises transitant entre le Royaume-Uni et les Vingt-Sept.
Pour ce qui est des services financiers, une question clé pour les Britanniques, soucieux de défendre les intérêts de la City, les Européens veulent imposer un système d’équivalences permettant aux établissements financiers britanniques d’avoir un large accès aux places continentales. Mais ces accès seraient révocables à tout moment, et unilatéralement, par Bruxelles.
En ce qui concerne la gouvernance, Bruxelles et Londres doivent encore mettre en place des mécanismes pour trancher leurs différents futurs, ou pour vérifier que leur accord sera bien respecté. La Cour de justice de l’UE aura t-elle le dernier mot ? Il n’en est pas question pour Londres. Doit-on adopter un système de règlement des différends, doté de juges indépendants, ou moitié européens, moitié britanniques ? Les négociateurs ont encore du pain sur la planche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ L’ex-président régional Carles Puigdemont et l’actuel candidat à la présidence de la Catalogne Jordi Turull figurent parmi les personnes visées par la justice espagnole.
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Catalogne : 13 indépendantistes poursuivis pour « rébellion »

L’ex-président régional Carles Puigdemont et l’actuel candidat à la présidence de la Catalogne Jordi Turull figurent parmi les personnes visées par la justice espagnole.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 12h17
   





                        


Le juge de la Cour suprême espagnole, Pablo Llarena, a confirmé vendredi 23 mars les poursuites pour « rébellion » contre 13 indépendantistes catalans. Parmi eux, l’ex-président régional Carles Puigdemont, réfugié à Bruxelles, qui est notamment accusé d’avoir organisé le référendum d’autodétermination du 1er octobre 2017 malgré son interdiction et « le grave risque d’incidents violents ».
L’actuel candidat à la présidence de la Catalogne Jordi Turull, convoqué vendredi devant le juge avec quatre autres dirigeants indépendantistes, est également poursuivi pour rébellion, notamment pour avoir « impulsé la mobilisation en tant que porte-parole du gouvernement » régional.
« Soulèvement violent »
« Malgré les déclarations répétées d’inconstitutionnalité et de nullité (…) les organes exécutifs de la Généralité de Catalogne ont continué leur permanente et obsessionnelle activité pour créer les dénommées structures d’Etat » qui devaient poser les bases d’une république indépendante, écrit le magistrat. Le juge évoque particulièrement une manifestation tendue, dix jours avant le référendum interdit, lors de laquelle des milliers de militants séparatistes ont assiégé pendant plusieurs heures un bâtiment public où la garde civile menait une perquisition. Il la qualifie de « soulèvement violent », estimant que les dirigeants catalans « savaient que ce type d’agissements était indispensable pour mener à bien un référendum interdit par les tribunaux, dont dépendait la déclaration d’indépendance ».
Au total, neuf membres du gouvernement destitué sont poursuivis pour rébellion, ainsi que l’ex-présidente du Parlement catalan Carme Forcadell, les présidents d’associations indépendantistes Jordi Sanchez et Jordi Cuixart et la numéro deux de la Gauche républicaine de Catalogne Marta Rovira. Cette dernière a ignoré la convocation judiciaire, annonçant dans un communiqué qu’elle prenait « le chemin de l’exil ». Marta Rovira est la septième personnalité indépendantiste à quitter l’Espagne, échappant aux poursuites de la justice espagnole en lien avec la déclaration d’indépendance du 27 octobre.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Avec un Parti démocrate hors course, la droite et le Mouvement 5 étoiles, vainqueurs des législatives, doivent se répartir vendredi la présidence des deux Chambres.
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En Italie, les parlementaires font leur rentrée, mais le gouvernement reste dans les limbes

Avec un Parti démocrate hors course, la droite et le Mouvement 5 étoiles, vainqueurs des législatives, doivent se répartir vendredi la présidence des deux Chambres.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 13h03
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



   


Des centaines de journalistes, un dispositif de sécurité maximal, toutes les manifestations interdites dans le centre de la ville : Rome retient son souffle, vendredi 23 mars au matin, pour l’ouverture des travaux des deux Chambres élues lors des élections législatives du 4 mars, qui ont débouché sur une configuration politique inédite, et particulièrement incertaine.
Depuis bientôt trois semaines, les observateurs en sont réduits à élaborer des hypothèses à partir des signaux envoyés par chaque camp, construisant des scénarios d’alliance plus ou moins réalistes sur la base de rumeurs et de confidences intéressées, diffusées par journaux interposés.

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Le Sénat et la Chambre des députés ouvriront la législature par l’élection des présidents qui succéderont à Pietro Grasso et Laura Boldrini, deux figures extérieures au monde politique italien (avant d’occuper ce poste, le premier était magistrat antimafia, la seconde porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) élues avec le soutien du Parti démocrate (PD, centre gauche), qui, sans avoir à lui seul la majorité, était le principal groupe au sein des deux Chambres.
Le PD en position d’arbitre ?
Cette fois-ci, le PD est hors course. Avec moins de 20 % des voix, 112 députés (sur 630) et 54 sénateurs (sur 315), le parti a subi une défaite historique. Son secrétaire, Matteo Renzi, a été contraint à la démission, devenue effective le 12 mars, et l’ancien ministre de l’agriculture Maurizio Martina assure l’intérim, dans un contexte de règlements de compte et de discussions sans fin sur la ligne politique à adopter. Mais en l’absence de majorité claire, et même s’il ne sait pas où il va, le PD pourrait bien se retrouver en position d’arbitre, si la droite et le Mouvement 5 étoiles (M5S), vainqueurs du scrutin, échouent à se répartir les postes.

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Au départ, les choses étaient assez claires : aucun des deux blocs sortis vainqueurs du scrutin du 4 mars ne disposant d’une majorité, ils devaient se répartir les Chambres, le Sénat pour la droite et la Chambre des députés au M5S. Mais après ce point de départ, les choses se sont vite compliquées. En effet, la très droitière Ligue, de Matteo Salvini, sortie vainqueur des élections à droite, avait accepté de confier la candidature à la tête du Sénat à un proche de Silvio Berlusconi, Paolo Romani, dont le M5S ne veut pas entendre parler. De l’autre côté, le candidat voulu par le M5S à la tête de la Chambre des députés, Roberto Fico, compagnon de la première heure de Beppe Grillo et figure très populaire auprès des militants grillinistes, ne faisait franchement pas l’unanimité à droite…
Pour le Sénat, les choses se décanteront forcément dans les prochaines heures, l’élection du président se faisant, à partir du troisième tour, à la majorité simple des présents. Le poste sera donc pourvu au plus tard samedi. En ce qui concerne la Chambre des députés, le dénouement pourrait bien être un peu plus long.
Un brouillard complet
Une fois élus les présidents et les chefs de groupe, commencera enfin le temps des tractations en vue de la formation du gouvernement. En la matière, les choses sont encore plus complexes. Matteo Salvini, le leader de la Ligue, veut se voir attribuer la charge de former le gouvernement, en vertu du fait que son parti est arrivé en tête au sein de la coalition de droite, qui elle-même a remporté le plus de voix. Mais sa personne, son discours eurosceptique et le positionnement de plus en plus à droite de son parti compliquent la recherche d’une alliance. Salvini lui-même a exclu toute forme d’accord avec la gauche, tandis que le M5S n’accepte pas de traiter avec Silvio Berlusconi, et auraient tout à perdre à conclure le type d’accords contre-nature qu’ils dénoncent depuis des années chez leurs adversaires politiques. De plus, forts des 32 % des voix qu’ils ont obtenues, ils considèrent que la formation du gouvernement leur revient…
Les consultations menées par le président de la République, Sergio Mattarella, dont le rôle dans les prochains jours sera décisif, doivent s’ouvrir le 3 avril. Celui-ci a affirmé qu’il ferait tout pour éviter un retour aux urnes, sans en dire beaucoup plus, et chacune de ses déclarations, même les plus anodines, est décortiquée par les observateurs avec des subtilités de vaticanistes.
Vendredi matin, les quotidiens italiens titraient, dans une belle unanimité, que l’ouverture des Chambres se déroulait dans un brouillard complet. L’élection des présidents, à elle seule, ne parviendra sans doute pas à le dissiper.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Les représentants de Vivendi ont démissionné en bloc du conseil d’administration de l’opérateur italien, obligeant le fonds activiste Elliott à abattre son jeu. L’assemblée générale du 4 mai élira les nouveaux administrateurs.
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Vincent Bolloré joue son va-tout chez Telecom Italia

Les représentants de Vivendi ont démissionné en bloc du conseil d’administration de l’opérateur italien, obligeant le fonds activiste Elliott à abattre son jeu. L’assemblée générale du 4 mai élira les nouveaux administrateurs.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 11h30
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            

Connu pour ses talents d’activiste, Vincent Bolloré a décidé de jouer un coup de poker chez Telecom Italia, dont Vivendi détient 24 % du capital. Pris en étau entre l’establishment italien, qui critique le pouvoir du Français au sein de l’ancien monopole public local, et le hedge fund Elliott, entré par irruption au capital, Vivendi et ses alliés ont démissionné du conseil d’administration de l’opérateur italien. Sept administrateurs, parmi lesquels le président Arnaud de Puyfontaine, mais aussi Hervé Philippe, Frédéric Crépin et Félicité Herzog, ont rendu leur mandat.

« Incapable d’avancer des arguments, le conseil a simplement abandonné son poste pour gagner du temps. Pour Elliott, cette action est cynique et égoïste. C’est une nouvelle preuve que les droits des actionnaires minoritaires de Telecom Italia sont abrogés », a commenté le fonds.
Ce coup de théâtre est une réponse à Elliott qui, fort de 5,75 % du capital, demandait la révocation de 6 administrateurs de Vivendi pour placer ses propres candidats. Plutôt que lui faire une place, le groupe de médias français préfère remettre ses pouvoirs en jeu. C’est donc l’assemblée générale du 4 mai qui votera pour un nouveau conseil d’administration.
Démantèlement de l’entreprise
Vivendi présentera aux actionnaires une liste de 10 administrateurs et les contours de sa stratégie pour Telecom Italia. Elliott devra faire de même, et devra convaincre les actionnaires de son projet pour l’entreprise. Selon Bloomberg, le fonds présidé par Paul Singer a déjà rencontré une douzaine de candidats prêts à l’épauler. Il se montrerait confiant dans sa capacité de gagner les deux tiers du conseil, même si Vivendi, avec un quart du capital, est en meilleure posture.
Ces prochaines semaines, les deux groupes vont batailler ferme pour rallier les actionnaires à leurs vues. Selon le site Internet de Telecom Italia, les institutionnels italiens ne pèsent que 3,78 % du capital, et les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ En Allemagne, le Bayerischer Rundfunk s’est progressivement transformé, pour devenir un média global. Une mue amorcée il y a six ans, qui ne s’est pas faite sans résistances.
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Le grand aggiornamento de la radio-télévision bavaroise

En Allemagne, le Bayerischer Rundfunk s’est progressivement transformé, pour devenir un média global. Une mue amorcée il y a six ans, qui ne s’est pas faite sans résistances.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 11h32
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Les faibles taux d’intérêt ont parfois du bon, même dans l’opulente Bavière. A Munich, capitale du Land (Etat-région), ils ont permis au Bayerischer Rundfunk (BR), la radio-télévision publique régionale, de financer les 160 millions d’euros nécessaires à la construction d’un nouveau bâtiment, sans écorner son budget contraint.
A Freimann, dans la banlieue nord de Munich, où se trouvent déjà les studios de télévision de BR, les nouveaux locaux ancreront dans le béton, à partir de 2022, sa transformation en un grand média public global. Une mue amorcée en 2012.
Au cœur de ce nouveau bâtiment : la newsroom, c’est-à-dire la salle de rédaction commune. C’est là que seront prises toutes les décisions : quel sujet couvrir, sous quel format, et ce quel que soit le support de sa diffusion finale (télévision, radio, réseaux sociaux ou application mobile).

Cette salle sera la traduction architecturale de la mission que s’est fixée BR il y a six ans : n’avoir qu’un seul média et non deux, comme autrefois – une station de radio et une télévision régionales –, travaillant indépendamment, dans des sièges séparés. La production du contenu est aujourd’hui totalement détachée du support. Cette transformation s’est faite sans moyen supplémentaire : la redevance, qui comme en France finance l’audiovisuel public, n’a pas été augmentée.
Le sport a été la première rubrique à s’engager dans la réforme. Les journalistes spécialisés dans ce domaine à la radio, à la télévision et sur le Web ont commencé à travailler ensemble en mai 2015, avant d’être regroupés dans les mêmes locaux, fin 2016. Pourquoi commencer par le sport ? « Les journalistes sportifs sont pionniers. A intervalles réguliers, ils se sont retrouvés pour la Coupe du monde de football ou les Jeux olympiques. Ils ont appris très tôt à travailler de façon trimédia », explique au Monde Thomas Hinrichs, directeur de l’information de BR.
Adaptation...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Plusieurs éditeurs de presse écrite accusent les chaînes publiques de leur faire concurrence avec un produit non audiovisuel qui ne correspondrait plus à la mission qui leur échoit.
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Outre-Rhin, la redevance sous le feu des critiques

Plusieurs éditeurs de presse écrite accusent les chaînes publiques de leur faire concurrence avec un produit non audiovisuel qui ne correspondrait plus à la mission qui leur échoit.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 11h31
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Lorsque les Suisses ont voté, le 4 mars, en faveur du maintien de la redevance pour l’audiovisuel public, les directeurs des chaînes publiques allemandes ont poussé un soupir de soulagement. Outre-Rhin, un refus aurait fourni de nouveaux arguments aux pourfendeurs de la fameuse redevance, vilipendée depuis des années.
« L’ambiance avec les collègues de la presse écrite est devenue difficile. C’est la première fois que je ressens cela dans ma carrière », confie au Monde un journaliste connu de Deutschlandradio, l’équivalent allemand de France Inter. Le début du conflit remonte à 2013. Les stations publiques obtiennent que la redevance (actuellement de 17,50 euros par mois) ne soit plus fondée sur la possession d’une télévision, mais qu’elle puisse être imposée à tous les foyers disposant d’un appareil connecté à Internet, ordinateur ou smartphone.
Le niveau de la redevance reste inchangé, mais son produit augmente. Il atteint aujourd’hui 7,9 milliards d’euros par an, finance le groupe ARD et ses huit chaînes locales, la ZDF et les chaînes cofinancées avec d’autres acteurs publics comme 3sat, Arte, Phoenix, KiKA (pour les enfants), Deutschlandradio ainsi que 66 programmes radio.

L’extrême droite brocarde le « journalisme d’Etat »
Le poids de la redevance a soulevé des critiques, qui se sont amplifiées avec le passage des groupes audiovisuels publics au numérique. L’application Tagesschau, qui fournit depuis 2010 aux utilisateurs une information sous forme écrite gratuite, financée par la redevance, est montrée du doigt. Plusieurs éditeurs de presse écrite – dont celui du quotidien Süddeutsche Zeitung, ainsi que le groupe Frankfurter Allgemeine Zeitung et le groupe Axel Springer –, accusent les chaînes publiques de leur faire concurrence avec un produit non audiovisuel qui ne correspondrait plus à la mission qui leur échoit. Ils attaquent donc l’ARD en justice.
Le procès, qui dure depuis des années,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Plusieurs capitales veulent calmer le jeu entre la Commission européenne et la Pologne.
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Varsovie fait un pas en arrière sur sa réforme controversée de la justice

Plusieurs capitales veulent calmer le jeu entre la Commission européenne et la Pologne.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 18h47
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
                                Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



                                


                            

Trois petits pas en arrière pour tenter de satisfaire l’opposition, les syndicats de juges et les institutions européennes. Telle est la tactique adoptée par la majorité ultraconservatrice du PiS (Droit et justice), qui a annoncé à la surprise générale, jeudi 22 mars, vouloir amender les lois controversées sur le régime des tribunaux de droit commun et sur la Cour suprême, ainsi que de publier trois arrêts du Tribunal constitutionnel, jusque-là censurés par le gouvernement.
« Cette initiative devance les attentes de la Commission européenne, a affirmé le député PiS Marek Ast. Nous affirmons toujours que les mesures actuelles sont en accord avec la Constitution, mais nous faisons ces propositions pour répondre aux critiques des juges. »
Alors que le ministre de la justice pouvait à sa guise démettre de leurs fonctions les présidents et les vice-présidents de tribunaux, l’annonce prévoit l’instauration d’un système de consultation en deux étapes par l’intermédiaire d’un « collège de juges » et du Conseil national de la magistrature. Mais les juristes soulignent qu’en matière de politisation du système judiciaire, le mal est déjà fait : 200 présidents et vice-président de tribunaux ont été démis de leurs fonctions ces derniers mois.
Pour les juges de droit commun et ceux de la Cour suprême, l’âge de départ à la retraite des femmes est aligné sur celui des hommes, à 65 ans. Cette mesure, qui maintient la baisse de l’âge de départ de 70 à 65 ans, ne devrait pas empêcher un renouvellement d’ampleur des cadres, redouté par les syndicats de juristes.

« Ces annonces ne changent strictement rien au fond du problème, c’est un mensonge supplémentaire à destination de la Commission et des partenaires européens, affirme Borys Budka, ex-ministre de la justice sous le gouvernement de la Plate-Forme civique (PO, centre droit). Le Tribunal constitutionnel reste une institution hors la loi et soumise au pouvoir....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Washington, qui vise surtout la Chine, a finalement fait marche arrière alors que l’Europe menaçait de prendre des mesures de rétorsion.
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Donald Trump suspend les taxes sur les métaux pour plusieurs partenaires, dont l’Europe

Washington, qui vise surtout la Chine, a finalement fait marche arrière alors que l’Europe menaçait de prendre des mesures de rétorsion.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 06h48
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 08h06
   





                        



   


La menace planait depuis plusieurs jours. Donald Trump a finalement décidé, jeudi 22 mars, d’exempter provisoirement l’Union européenne et six autres pays des droits de douanes qui vont s’appliquer aux importations d’acier et d’aluminium à compter de ce vendredi.
Dans un communiqué diffusé par la Maison Blanche, le président américain précise que les pays membres de l’Union européenne, de même que l’Argentine, l’Australie, le Brésil, la Corée du Sud, le Canada et le Mexique, éviteront jusqu’au 1er mai ces barrières douanières.
« Chacun de ces pays a une importante relation dans le domaine de la sécurité avec les Etats-Unis. »
Donald Trump avait lancé l’offensive le 8 mars dernier en annonçant que des tarifs douaniers allaient être appliqués dans un délai de quinze jours sur les importations d’acier (25 %) et d’aluminium (10 %). Mais le président américain, qui avait déjà accordé des exemptions au Canada et au Mexique, avait également ouvert la voie à des négociations pays par pays.
Les menaces de riposte de l’Europe
De nombreux pays, dont ceux de l’Union européenne, avaient averti Washington qu’ils contre-attaqueraient s’ils étaient effectivement soumis à des taxes sur les importations de métaux.

        Lire aussi :
         

          L’Europe prépare sa riposte à l’offensive protectionniste de Trump



Les dirigeants européens, réunis en sommet à Bruxelles, ont donc accueilli avec prudence l’annonce faite à Washington, à l’image de la chancelière allemande Angela Merkel :
« Nous devons maintenant attendre de savoir quelles sont les décisions définitives de l’administration américaine. »
Car, à quelques heures de l’annonce de la Maison Blanche, les dirigeants européens étaient encore dans l’expectative. Tout en insistant sur son souhait de bonnes relations transatlantiques, Mme Merkel a ainsi maintenu sa promesse de mesures de rétorsion. Si les Etats-Unis imposent « des taxes douanières contre l’UE, nous allons réagir par des contre-mesures », a-t-elle promis.
Washington a, de son côté, souligné que la principale cible de ses mesures était la Chine, qui est depuis longtemps en surproduction, ce qui a affecté le marché mondial de l’acier et de l’aluminium.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Les dirigeants de l’UE ont condamné « dans les termes les plus forts possible » l’empoisonnement de l’ancien agent double, et sont parvenus à un texte commun, malgré des divergences de vues.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/03/2018
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Affaire Skripal : l’Union européenne rappelle son ambassadeur à Moscou « pour consultation »

Les dirigeants de l’UE ont condamné « dans les termes les plus forts possible » l’empoisonnement de l’ancien agent double, et sont parvenus à un texte commun, malgré des divergences de vues.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 17h39
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Theresa May, la première ministre britannique, n’a sans doute pas obtenu le soutien totalement inconditionnel qu’elle recherchait, jeudi 22 mars, à Bruxelles, où étaient réunis les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE). Ceux-ci ont toutefois condamné « dans les termes les plus forts possible » l’empoisonnement, le 4 mars, de l’espion russe Sergueï Skripal et de sa fille Youlia, à Salisbury, dans le sud de l’Angleterre. Le texte commun parle de l’implication « très probable » de la Russie dans ces actes. Les dirigeants ont, enfin, décidé de rappeler, « pour consultation », l’ambassadeur de l’UE à Moscou. Une mesure évidemment très symbolique. « L’exercice était délicat : il fallait envoyer le message le plus net possible sans créer notre désunion », résumait un diplomate. Or, celle-ci menaçait bel et bien.
A son arrivée, Theresa May s’était voulue offensive en qualifiant l’épisode de Salisbury d’attaque « effrontée et téméraire » d’un Etat qui « ne respecte pas les frontières ». Elle serait, dit-elle, un élément d’une stratégie plus large visant à agresser l’Europe et ses voisins proches, « des Balkans occidentaux au Moyen-Orient ».
Partenaire « difficile »
La dirigeante britannique a eu, avant le Conseil, une conversation avec le président Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel. Histoire de maintenir une ligne commune et de tenter de rallier les pays réticents à l’expression d’un message « fort et uni », selon la formule de la diplomatie allemande, elle-même assez ambiguë. Le ministre des affaires étrangères d’Angela Merkel, le social-démocrate Heiko Maas, jugeait lundi, devant ses homologues européens, qu’il fallait continuer à dialoguer avec la Russie, même si elle est un partenaire « difficile ».
Theresa May a confirmé, sur la base des analyses du laboratoire militaire de Porton Down, l’empoisonnement de M. Skripal et de sa...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Jordi Turull, en liberté provisoire, n’a recueilli que 64 voix, tandis que 65 députés ont voté contre et que les quatre élus séparatistes les plus radicaux se sont abstenus.
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Catalogne : les indépendantistes échouent à élire au premier tour leur candidat à la présidence

Jordi Turull, en liberté provisoire, n’a recueilli que 64 voix, tandis que 65 députés ont voté contre et que les quatre élus séparatistes les plus radicaux se sont abstenus.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 22h45
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 07h17
   





                        



   


Sans surprise, les partis indépendantistes ont échoué, jeudi 22 mars, dans leur tentative d’élire dès le premier tour leur candidat à la présidence de la Catalogne, à la veille de sa comparution devant la justice.
Faute du soutien des séparatistes les plus radicaux, Jordi Turull, en liberté provisoire, n’a recueilli que 64 voix, tandis que 65 députés ont voté contre et que les quatre élus séparatistes les plus radicaux se sont abstenus. Au second tour, samedi, il lui suffirait de la majorité simple pour être élu, mais il doit d’abord se présenter devant un juge qui pourrait le renvoyer en prison préventive.
Cet ancien porte-parole du gouvernement catalan est convoqué vendredi, avec cinq autres dirigeants indépendantistes, par le juge de la Cour suprême à Madrid chargé de l’enquête pour rébellion, sédition et malversations financières qui les vise. Le juge Pablo Llarena pourrait le renvoyer en prison où il a déjà passé un mois après le vote au parlement catalan d’une proclamation d’indépendance le 27 octobre.
Une éventuelle incarcération aurait pris une autre dimension s’il avait pu se rendre au tribunal en tant que président élu de la Catalogne.

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Un discours jugé timoré
Peut-être craignant la sévérité du juge, M. Turull a évité de recourir aux mots « indépendance » ou « république » devant les élus, dans un discours sans éclat, alors que la CUP lui réclamait justement de se prononcer pour l’indépendance unilatérale. Il a au contraire réclamé de dialoguer avec le gouvernement espagnol du conservateur Mariano Rajoy. Les séparatistes radicaux de la Candidature d’unité populaire, qui exigent la rupture avec l’Espagne, lui ont reproché sa prudence.
Le vote des élus catalans doit enclencher un compte à rebours de deux mois, à l’issue duquel, si aucun gouvernement n’est investi, de nouvelles élections régionales seront organisées.
Tant qu’elle n’aura pas de président et donc de gouvernement, la Catalogne restera sous la tutelle que lui a imposée Madrid après la tentative de sécession.
Aux élections régionales du 21 décembre, les partis séparatistes ont conservé la majorité absolue des sièges au parlement (70 sur 135), mais leurs divisions et les poursuites judiciaires ont empêché l’investiture d’un candidat.
Jordi Turull est le troisième candidat qu’ils proposent. Les deux précédents, l’ancien président Carles Puigdemont, qui s’est exilé en Belgique, et Jordi Sanchez, incarcéré, ont jeté l’éponge en raison des obstacles judiciaires à leur investiture.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Les Britanniques vont retrouver leur passeport bleu sombre d’antan, symbole de la reconquête de leur souveraineté. Mais le marché a été remporté par une société française.
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Un fabricant français choisi pour les nouveaux passeports britanniques

Les Britanniques vont retrouver leur passeport bleu sombre d’antan, symbole de la reconquête de leur souveraineté. Mais le marché a été remporté par une société française.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 21h07
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 06h35
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Faute d’avoir grand-chose de concret à célébrer, les partisans du Brexit ont fait du retour au passeport britannique bleu sombre le symbole de la reconquête de la souveraineté.
Fini l’odieux passeport bordeaux, emblème de la soumission à l’Union européenne (UE). Le Royaume-Uni va enfin pouvoir décider seul de la couleur de cette pièce. Ce sera bleu, comme autrefois. « Le passeport britannique est une expression de notre indépendance et de notre souveraineté, avait tweeté la première ministre Theresa May en décembre 2017. Un symbole de l’appartenance à une nation fière et grande. C’est pourquoi nous avons annoncé que le célèbre passeport bleu serait de retour après notre départ de l’UE en 2019. »
Sauf que le nouveau passeport bleu va être fabriqué par une entreprise étrangère. Française qui plus est, a-t-il été annoncé, mercredi 21 mars. Gemalto, fabricant de cartes à puces coté aux Pays-Bas, a remporté le marché, estimé à 490 millions de livres sterling (562 millions d’euros), à la suite d’un appel d’offres européen lancé par le ministère britannique de l’intérieur. Cette société, en passe d’être rachetée par le groupe français d’électronique et de défense Thales, s’est montrée moins onéreuse que sa concurrente britannique, Delarue.
« L’icône de l’identité britannique va être fabriquée en France », s’est étranglé Martin Sutherland, patron de Delarue au micro de la BBC. Il a invité Theresa May à venir expliquer elle-même sa décision à ses salariés.
Une ironie « inouïe »
Pour Theresa May, qui comptait sur sa fermeté face à Moscou et sur l’obtention d’une « période de transition » sur le Brexit lors du sommet de l’UE à Bruxelles, jeudi 22 et vendredi 23 mars, pour se refaire une santé politique, la coïncidence est fâcheuse.
Outre-Manche, le succès français sur le « passeport bleu » déchaîne les passions. Bill Cash, député conservateur europhobe, trouve la décision « pour le moins incongrue » tandis que Priti Patel, ancienne ministre, la trouve « scandaleuse et absurde ». Chez les proeuropéens, on sourit presque. « L’ironie est inouïe », commente Eloise Todd, qui dirige la campagne anti-Brexit « Best for Britain ». Le Parti libéral démocrate, qui réclame un nouveau référendum contre le Brexit, estime que « la saga du passeport bleu tourne à la farce ». 

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Le ministère britannique de l’intérieur, lui, justifie son choix opéré à l’issue d’« une compétition juste et ouverte destinée à s’assurer que le nouveau contrat fournit un produit sûr et de haute qualité et offre aux clients le meilleur rapport qualité-prix ». Le nouveau contrat passé avec Gemalto, d’une durée de onze ans et demi, devrait faire économiser 120 millions de livres (137 millions d’euros) au contribuable par rapport l’offre faite par Delarue. Situés au Royaume-Uni, les centres de production de Gemalto de Fareham et Heywood devraient créer 70 emplois, a ajouté le ministère.
Les appels d’offres européens continueront
L’affaire met en lumière les contradictions et les incohérences des « brexiters ». Ultralibéraux, champions du libre-échange et partisan d’une « Grande-Bretagne mondiale » à l’économie ouverte sur la planète, ils réclament aujourd’hui le rapatriement du « passeport bleu ».
Liant ce dernier au Brexit, ils accréditent l’idée dans l’opinion que l’UE impose la couleur des passeports, ce qui est faux. Enfin, ils font croire que le Brexit va permettre de renationaliser la fabrication de ces documents en libérant le pays de la tyrannie des appels d’offres européens. « L’un des avantages de quitter l’UE est que nous pourrons contrôler nos propres règles de passation des marchés », a ainsi déclaré le ministre de la culture, Matthew Hancock.
Or, tout porte à croire que les appels d’offres européens continueront d’être la règle après la « période de transition » qui doit s’achever à la fin de 2020. Le Royaume-Uni, grand exportateur de services, devra en accepter le principe s’il veut accéder au marché unique de l’UE après le Brexit. La seule solution pour éviter la mise en concurrence consiste à faire fabriquer les passeports, symboles de souveraineté, non par une société privée, mais par l’Etat lui-même, comme le fait la France, en confiant cette tâche à l’Imprimerie nationale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Après cinq ans de procès, le « Boucher des Balkans » a été condamné en novembre par le TPIY à une peine d’emprisonnement à vie pour crimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.
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Le général serbe Ratko Mladic fait appel de sa condamnation à la prison à perpétuité

Après cinq ans de procès, le « Boucher des Balkans » a été condamné en novembre par le TPIY à une peine d’emprisonnement à vie pour crimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 19h35
   





                        



   


Condamné à une peine d’emprisonnement à vie pour crimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye, le général serbe de Bosnie Ratko Mladic a fait appel jeudi 22 mars.
Les avocats de M. Mladic, surnommé le « Boucher des Balkans », ont demandé « à la chambre d’appel d’annuler toutes les condamnations erronées » et d’acquitter leur client, en relevant des « erreurs fondamentales » dans le jugement, y compris l’identification erronée de la position de Mladic au sein des dirigeants serbes de Bosnie. Le parquet a également interjeté appel, exhortant le tribunal à déclarer Mladic coupable d’une deuxième accusation de génocide.

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Dix chefs d’accusation retenus
Inculpé en 1995, Ratko Mladic a été arrêté chez un cousin après une cavale de seize ans et transféré à La Haye. Son procès en première instance a duré cinq ans. Sa condamnation, en novembre, a été prononcée plus de vingt ans après la guerre qui a fait plus de 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés dans les années 1990.

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          Mladic condamné : une justice internationale encore en devenir



Agé de 75 ans, M. Mladic a été reconnu coupable de dix chefs d’accusation, dont le génocide de l’enclave de Srebrenica, où 8 000 hommes et garçons musulmans ont été tués en 1995. Il a, cependant, été acquitté de l’accusation de génocide dans plusieurs municipalités. Le « Boucher des Balkans », qui n’a jamais reconnu une once de culpabilité, a également été jugé coupable de l’enlèvement d’employés des Nations unies et du siège de Sarajevo, long de quarante-quatre mois, au cours desquels 10 000 personnes ont été tuées.
Le procès en appel de Ratko Mladic se tiendra devant le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), organisme chargé d’achever les travaux des tribunaux pénaux internationaux pour le Rwanda (TPIR) et pour l’ex-Yougoslavie. Tout comme celui de Radovan Karadzic, son alter ego politique, condamné à quarante ans de prison en première instance.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Les Vingt-Huit, réunis en sommet à Bruxelles, ont décidé de rappeler l’ambassadeur de l’Union européenne à Moscou pour consultations.
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Pour l’UE, la Russie est « très probablement » derrière l’empoisonnement des Skripal

Les Vingt-Huit, réunis en sommet à Bruxelles, ont décidé de rappeler l’ambassadeur de l’Union européenne à Moscou pour consultations.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 18h31
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 08h01
   





                        



   


L’« affaire Skripal », du nom de l’ancien agent double russe empoisonné le 4 mars dans le sud de l’Angleterre, a connu jeudi 22 mars de nouveaux développements. Le point.
Les dirigeants européens rappellent leur ambassadeur en Russie
Réunis en sommet à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement européens ont décidé tard jeudi 22 mars de rappeler l’ambassadeur de l’Union européenne en Russie. Markus Ederer, le diplomate allemand qui dirige actuellement la délégation de l’UE à Moscou, « est rappelé pour consultations », a précisé dans la nuit le premier ministre néerlandais.
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait affirmé un peu plus tôt sur son compte Twitter :
« Les dirigeants de l’Union européenne se sont entendus pour considérer, avec le gouvernement britannique, que la Russie est très probablement derrière l’attaque de Salisbury et qu’il n’y a pas d’autre explication possible. »

#EUCO agrees with UK government that highly likely Russia is responsible for #SalisburyAttack and that there is no… https://t.co/RMMKnZe3zy— eucopresident (@Donald Tusk)


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Dans une déclaration, les chefs d’Etat et de gouvernement des 28 Etats membres, réunis en sommet à Bruxelles, ont affirmé que l’implication de Moscou était la seule hypothèse « plausible » pour l’attaque chimique de Salisbury.
Cette déclaration est sensiblement plus vigoureuse que le projet de conclusion initial, dans lequel ils disaient prendre « très au sérieux l’évaluation du gouvernement britannique selon laquelle il est très probable que la Fédération de Russie est responsable ».
Par ailleurs, certains Etats membres de l’Union européenne envisagent d’autres ripostes symboliques, comme l’expulsion de diplomates russes, ou le rappel de leurs propres ambassadeurs.

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Le policier contaminé sort de l’hôpital
« Il n’y a pas de mots pour expliquer ce que je ressens », a expliqué à sa sortie de l’hôpital Nick Bailey, l’un des premiers agents de police qui avait porté secours à Sergueï Skripal et sa fille. « “Surréaliste” est le mot qui revient sans cesse », a-t-il affirmé, dans une déclaration lue par son supérieur hiérarchique.
Après son intervention, il avait été hospitalisé dans un état grave, mais était conscient et capable de parler. La première ministre britannique Theresa May lui avait rendu visite lors de sa venue à Salisbury le 15 mars et avait salué « le courage et le dévouement » des forces de police. Nick Bailey avait, lui, refusé d’être regardé en héros, considérant qu’il avait seulement « fait son travail ».
La contamination d’un policier avait, selon certains experts, amplifié la réponse de Londres, plus prompte à réagir et à désigner la responsabilité du pouvoir russe que dans d’autres affaires similaires, comme lors de l’empoisonnement de l’ancien agent secret Alexandre Litvinenko à Londres en 2006, où Moscou avait été pointé du doigt au terme d’une enquête seulement conclue en 2016.
Un juge britannique autorise des prélèvements de sang
Prenant en compte « l’incapacité » à prendre une décision de Sergueï et Ioulia Skripal, le juge Williams a autorisé des prélèvements de sang en vue de les transmettre aux experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Le gouvernement britannique avait adressé une demande en ce sens, le 20 mars.

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Ces prélèvements doivent permettre aux experts de mener leurs propres analyses sur la substance utilisée lors de l’empoisonnement, un agent innervant de la famille Novitchok, selon Londres Estimant que sa décision était « dans l’intérêt » des Skripal, le juge Williams a également accepté que des éléments de leurs dossiers médicaux soient communiqués à l’OIAC.
Les tests seront effectués « dans les laboratoires internationaux les plus réputés », les résultats devant être connus au mieux « après deux semaines », a précisé le ministère des affaires étrangères.
Selon la décision du juge Williams, publiée en ligne, Sergueï et Ioulia Skripal sont toujours « sous sédatifs puissants ». « Les effets à long terme sur leur santé de leur exposition restent incertains, des tests médicaux indiquent que leurs capacités mentales pourraient être compromises à un degré inconnu », écrit-il, ajoutant qu’« il n’est pas inconcevable que leur état se détériore rapidement ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ L’ex-pilote militaire avait passé deux ans en prison en Russie avant d’être libérée et de devenir députée en Ukraine. Ses positions populistes attisaient les controverses.
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Accusée de préparer un coup d’Etat, l’ancienne héroïne ukrainienne Nadia Savtchenko a été arrêtée

L’ex-pilote militaire avait passé deux ans en prison en Russie avant d’être libérée et de devenir députée en Ukraine. Ses positions populistes attisaient les controverses.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 17h21
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 17h26
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


La chute est brutale pour celle qui fut élevée au rang d’héroïne nationale dans son pays, l’Ukraine. Jeudi 22 mars, la députée Nadia Savtchenko, célèbre pour avoir été emprisonnée durant deux années en Russie, a été arrêtée en plein Parlement par les services de sécurité ukrainiens, avant d’être conduite en prison, ukrainienne celle-là.
Quelques minutes auparavant, les députés avaient voté en faveur de la levée de l’immunité parlementaire de l’ancienne pilote militaire, accusée d’avoir préparé « un attentat terroriste de grande échelle » et planifié « l’assassinat des dirigeants du pays ». Dans la foulée, un officier du SBU, les services de sécurité, s’est présenté dans l’enceinte de la Rada inpour lire à Mme Savtchenko les charges retenues contre elle. Gardant son éternel air de défi, la jeune femme de 36 ans a été conduite hors du bâtiment.
La scène est aussi spectaculaire que les accusations portées contre cette personnalité hors du commun. Le procureur général d’Ukraine, Iouri Loutsenko, les avait détaillées le 16 mars : selon lui, le plan de Nadia Savtchenko prévoyait de « détruire à l’aide de grenades » la loge du gouvernement au Parlement, d’« abattre la coupole de l’hémicycle par des tirs de mortiers », puis d’« achever les survivants à la mitraillette ». Le plan aurait également consisté à tuer des civils pour « créer le chaos ».
Scepticisme
Ces accusations avaient suscité un certain scepticisme, le parquet général étant réputé proche du pouvoir, voire prompt à utiliser la justice à des fins politiques. Jeudi, des écoutes téléphoniques et des vidéos tournées en caméra cachée ont été diffusées aux députés. On y voit une personne ressemblant à Nadia Savtchenko discuter d’approvisionnement en armes et des modalités d’une attaque contre le quartier gouvernemental. « Je propose un coup d’Etat, dit cette personne. Il faut les liquider physiquement. Tous et en un seul moment. »

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Son complice serait le général Volodymyr Ruban, une autre figure de la vie publique ukrainienne, célèbre pour ses médiations avec les séparatistes du Donbass pour obtenir la libération de prisonniers ukrainiens. Selon Iouri Loutsenko, le parti politique de l’homme d’affaires Viktor Medvedtchouk, le Choix ukrainien, serait également partie au complot. L’homme, qui n’est pas cité nommément, est un proche du président russe Vladimir Poutine (celui-ci est le parrain de sa fille) et l’un des négociateurs ukrainiens dans les différentes discussions menées avec Moscou.
Une icône en Ukraine
Depuis l’éclatement de l’affaire, Nadia Savtchenko entretient elle-même une certaine ambiguïté. Jeudi, elle a affirmé qu’elle avait simplement « joué le jeu » auprès d’agents provocateurs envoyés pour la discréditer, dans le but de les dénoncer ensuite publiquement. Son objectif aurait été de « ridiculiser les autorités », a-t-elle affirmé mardi dernier à des journalistes. Mais à l’issue d’une audition par le SBU, la semaine passée, elle avait publiquement mis en garde dans une déclaration publique contre le fait que « beaucoup de militaires (…) sont d’accord avec l’idée d’un coup d’Etat en Ukraine ».
L’arrestation de Mme Savtchenko constitue une nouvelle étape dans la déchéance de celle qui fut érigée au rang d’icône dans son pays. Première femme pilote de l’armée ukrainienne, engagée volontaire en 2014 dans le Donbass, la jeune femme était apparue sur le devant de la scène en juin de cette même année, après sa capture par les séparatistes prorusses. Transférée en Russie, elle s’était vue accusée, sur la foi de preuves douteuses, d’être responsable de la mort de deux journalistes russes tués par un tir de mortier dans le Donbass.
Remarques antisémites
Sa hargne à se défendre, son patriotisme chevillé au corps et son éloquence face aux juges russes en avaient fait une héroïne, le parti de l’ancienne première ministre Ioulia Timochenko allant jusqu’à la faire élire députée en son absence. Condamnée à vingt-deux ans de prison, elle avait finalement été libérée au bout de deux ans, en 2016, à la faveur d’un échange de prisonniers. Elle avait alors décidé de se consacrer pleinement à la politique.

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Mais son inexpérience évidente et ses envolées radicales ou populistes avaient rapidement déçu. La jeune femme s’était aussi attiré les foudres des franges nationalistes de l’opinion en prenant des positions jugées trop tendres envers les chefs séparatistes de Donetsk et de Louhansk, avec lesquels elle négociait directement des libérations de prisonniers ukrainiens. Elle s’était aussi fait critiquer pour des remarques antisémites, et avait été exclue de la fraction parlementaire de Ioulia Timochenko.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Saisie pour la première fois sur un scandale d’agression sexuelle, la chambre basse du Parlement russe a disculpé un député accusé par trois journalistes femmes.
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En Russie, Douma et journalistes s’affrontent sur le premier cas public de harcèlement sexuel

Saisie pour la première fois sur un scandale d’agression sexuelle, la chambre basse du Parlement russe a disculpé un député accusé par trois journalistes femmes.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 16h17
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Plusieurs médias indépendants, dont TV Dojd, RTVi, la radio Echo de Moscou ou le site d’information RBK ont annoncé, jeudi 22 mars, leur intention de boycotter la Douma, la chambre basse du Parlement russe, après la décision prise dans son enceinte de clore l’affaire Sloutski, du nom du député Leonid Sloutski, 50 ans, président de la commission des affaires étrangères et première figure publique accusé de harcèlement sexuel en Russie.
Les journaux Kommersant, Vedomosti et Novaïa Gazeta ont également indiqué qu’ils ne communiqueraient plus ni avec lui ni avec les membres de la commission éthique de la Douma. Le site Republic.ru a de son côté émis l’idée, reprise par d’autres, d’accoler au nom « Douma », la mention « organisme d’Etat qui justifie le harcèlement sexuel ». Pour toute réponse, Viatcheslav Volodine, président de l’Assemblée parlementaire, a laissé entendre que les accréditations des journalistes qui participent au boycottage ne seraient pas renouvelées.

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Le bras de fer entre la Douma et les médias s’est intensifié après la réunion à huis clos, mercredi, de la commission d’éthique de l’institution chargée d’examiner l’affaire : il n’y a eu « aucune violation des règles de comportement » de la part de M. Sloutski, avait-elle conclu après une heure de débats.
Sous-entendus venimeux
Deux des trois femmes journalistes qui ont révélé, début mars, avoir été victimes d’agressions du député – Farida Roustamova, pour la BBC Russia, et Daria Jouk, productrice à TV Dojd – étaient présentes. La première avait avec elle la transcription d’un enregistrement de l’incident survenu alors qu’elle tentait d’interroger M. Sloutski dans son bureau, le 24 mars 2014, sur la présence à Moscou, ce jour-là, de Marine Le Pen, alors en pleine campagne présidentielle française. « Nous n’avons pas eu le temps de la lire, il n’y en avait qu’une copie », s’est justifiée une élue à la sortie de la commission. Malgré les protestations de Farida Roustamova, le député l’avait pressée de devenir sa maîtresse avant de lui passer la main dans l’entrejambe.
Mais loin d’être auditionnées sur le fond ou de s’attirer la moindre compassion, les deux journalistes ont eu à subir des sous-entendus venimeux des 14 députés (dont trois femmes) de la commission. Certains ont mis en avant des révélations longtemps après les faits, d’autres ont spéculé sur la compréhension de la notion de consentement, quand ils n’ont pas dénoncé un complot visant à déstabiliser la Russie et son président…
« Le tout est si bien orchestré »
« Vous dites que vous n’aviez pas l’intention de (…) créer une tempête médiatique ? Mais tout cela coïncidé avec la campagne électorale [en Russie]. Il n’y a pas synchronisation ? Le tout est si bien orchestré… », a lancé Alexandre Kareline, selon des extraits de l’audition révélés par le site Meduza. « Tous les journalistes qui ont soulevé cette question sont des journalistes occidentaux », a asséné le député tchétchène Chamsaïl Saraliev. Au final, la commission de la Douma, où ne siège plus aucun opposant agréé par le pouvoir, a tranché en balayant le premier scandale de ce genre dont elle a été saisie.
« Je ne m’attendais pas à une autre décision (…), elle était sûrement prise d’avance », confiait à la sortie Daria Jouk. Pas le moins du monde contrit, M. Sloutski arborait un visage souriant. « N’avez-vous pas honte ? », lui a demandé une journaliste. « Non », a-t-il répondu avant de clamer sa joie sur la naissance d’un petit-fils.
« Changez de métier »
La colère s’est répandue dans les rédactions indépendantes du pouvoir. « La commission d’éthique a de facto reconnu comme normale la possibilité de harceler sexuellement les journalistes », a réagi sur son site RBK. La Douma est « désormais considérée comme un lieu de travail dangereux pour les journalistes des deux sexes – vous ne savez jamais quelles sont les préférences d’un député », a abondé la radio Echo de Moscou. Cette dernière répondait ainsi au président de l’Assemblée parlementaire, M. Volodine, qui avait, au moment des révélations sur les agressions, lancé à la presse : « C’est dangereux pour vous de travailler à la Douma ? Si oui, changez de métier. »
Jeudi, sollicité à quatre reprises, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a refusé de commenter la décision de la Douma, arguant que « cela ne concerne pas la présidence ». Radio Govorit Moskva, dont une journaliste a également témoigné avoir été agressée par un élu local, a annoncé qu’elle ajouterait au nom de M. Sloutski l’accusation dont il est l’objet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Du gaz lacrymogène a été jeté, le 21 mars, en pleine séance du Parlement kosovar, pour empêcher la ratification d’une nouvelle délimitation de la frontière avec le Monténégro.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ La commission des affaires intérieures de la Chambre des communes met en garde contre les conséquences d’une sortie de l’Union européenne dans le domaine de la coopération sécuritaire.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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Westminster estime que la sécurité européenne sera en danger après le Brexit

La commission des affaires intérieures de la Chambre des communes met en garde contre les conséquences d’une sortie de l’Union européenne dans le domaine de la coopération sécuritaire.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 15h45
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Alors que l’affaire de l’espion russe empoisonné met en lumière, au Royaume-Uni, la nécessité d’une solidarité européenne en matière de sécurité, des députés britanniques ont sonné l’alarme, mercredi 21 mars : le Brexit, qui induit notamment le départ d’Europol (l’agence européenne de lutte contre la criminalité), compromet l’indispensable coopération dans ce domaine. « Perdre l’accès aux renseignements partagés peut priver la police d’informations vitales pour arrêter de dangereux criminels ou protéger des victimes », met en garde Yvette Cooper, la députée Labour qui préside la commission des affaires intérieures de la Chambre des communes.
Un rapport rendu public mercredi, à la veille du sommet européen qui doit formaliser l’octroi d’un quasi statu quo pendant une « période de transition » de vingt et un mois, après le Brexit formel du 29 mars 2019, accuse le gouvernement d’une « dramatique passivité » en la matière. Selon le document, les solutions de remplacement aux mécanismes européens réclamées par Londres ne seront pas prêtes à la fin de 2020, date de la véritable rupture avec l’UE.
Complexe de supériorité
La première ministre Theresa May répète qu’elle veut un « partenariat approfondi et particulier » concrétisé par « un haut niveau de coopération » et matérialisé par un traité spécifique avec les Vingt-Sept, applicable au début de 2021. Elle estime que la qualité des services de renseignements britannique les rend indispensables aux continentaux et qu’un accord est à portée de main, s’agissant d’intérêts partagés. « Le gouvernement paraît supposer que le rôle dominant du Royaume-Uni dans Europol et d’autres formes de coopération va faciliter la conclusion d’un accord sur mesure plus étendu que ceux conclus avec d’autres pays tiers », écrivent les députés.

Selon eux, pareil complexe de supériorité pourrait aboutir à « un réveil difficile » car la « duplication » des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Directeur général de l’Agence mondiale antidopage, Olivier Niggli salue les progrès de la Russie, mais déplore que Moscou ne reconnaisse pas la triche du passé.
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« L’antidopage en Russie va dans le bon sens », estime l’AMA

Directeur général de l’Agence mondiale antidopage, Olivier Niggli salue les progrès de la Russie, mais déplore que Moscou ne reconnaisse pas la triche du passé.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 13h13
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 13h29
    |

            Clément Guillou








                        



   


L’Agence mondiale antidopage (AMA) ne voit pas encore le bout du tunnel russe. Le Comité olympique russe a certes retrouvé sa place au Comité international olympique après une courte suspension de deux mois pour avoir mis en place, durant plusieurs années, un programme de dopage organisé avec l’aide de services de l’Etat. L’Agence russe antidopage (Rusada) a certes repris du service dans le pays et gère, sous la surveillance d’experts étrangers, un programme de contrôles qui monte en puissance. A la tête depuis septembre 2017 d’une direction renouvelée, le quinquagénaire Youri Ganus lui donne une façade plus crédible.
Mais la Rusada n’est toujours pas jugée conforme par l’AMA, faute de remplir deux critères : la reconnaissance officielle du rapport de Richard McLaren, qui en 2016 détaillait la triche organisée, et l’accès au laboratoire de Moscou, où seraient mis sous scellés plusieurs milliers d’échantillons qui pourraient permettre de confondre des sportifs russes dopés. Face à cette situation de blocage, la question russe a de nouveau été au centre du symposium annuel de l’AMA, mercredi 21 mars à Lausanne, et de l’interview accordée par son directeur général, Olivier Niggli, au Monde.
La Coupe du monde de football commence dans trois mois en Russie, un pays qui reste mis au ban de l’Agence mondiale antidopage. Cela vous pose-t-il un problème ?
Evidemment, ce serait mieux si la Russie était de retour en conformité et que les problèmes étaient résolus. Mais la Coupe du monde a été attribuée à la Russie bien avant que l’affaire sorte. Donc ce qui se passe n’est pas contraire aux règles, d’un point de vue strictement légal.
Et du point de vue de la personne chargée du respect de la lutte antidopage dans le monde ?
Oui, je trouve dommage que la Russie ne voie pas l’importance du message que ça pourrait envoyer si elle était de retour en conformité avant cette Coupe du monde.
Que pensez-vous de la réintégration rapide du comité olympique russe par le CIO, après les JO de Pyeongchang ?
Il n’y avait pas de surprise dans cette décision, qui était annoncée dès le mois de décembre. C’était attendu. Les deux cas positifs russes à Pyeongchang ne proviennent pas du système, ce sont probablement des cas individuels. Maintenant, j’espère que le CIO va continuer à nous soutenir dans l’accomplissement de notre feuille de route pour la réintégration de la Rusada.
« Grosso modo, la Rusada est une bonne agence »
Avez-vous confiance dans les contrôles qui sont faits aujourd’hui en Russie ?
Le paradoxe de la situation actuelle, c’est que beaucoup de travail a été fait pour remettre la Rusada sur les rails. Il a été bien fait, financé par les Russes, et aujourd’hui la Rusada, même si des experts internationaux sont encore là-bas et que l’Agence britannique antidopage les aide, fait du bon travail. Grosso modo, c’est une bonne agence. Les tests effectués là-bas, les nouveaux contrôleurs formés, nous satisfont. Ils ont réglé le problème des cités fermées [villes à l’accès restreint, voire interdit, aux étrangers en raison de leur rôle militaire], donc il n’y a plus d’endroit où les contrôleurs ne peuvent pas aller.
Mais la Rusada reste en non-conformité, car certaines conditions fixées depuis le début ne sont toujours pas remplies. Tout va dans le bon sens, il faut maintenant régler les deux derniers points.
Le système interne du laboratoire de Moscou, que l’AMA a récupéré, contenait un millier d’échantillons suspects concernant 60 fédérations internationales. Parmi elles, la FIFA, qui a en main des cas de footballeurs russes. Pouvez-vous être certain que ces cas seront traités d’ici au début de la Coupe du monde ?
La FIFA, sur cette question russe, a été proactive. Elle a été la première fédération à nous approcher quand on a annoncé que Grigory Rodchenkov [ancien directeur du laboratoire de Moscou, qui a servi de lanceur d’alerte dans l’affaire de dopage russe] serait potentiellement disponible pour aider. Ils ont leur propre commission d’enquête. On va voir ce qu’ils vont faire des cas, mais je n’ai pas de raison de penser qu’ils ne font pas les choses comme il faut avant la Coupe du monde.

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Pour un certain nombre d’athlètes, l’information dans le LIMS [Laboratory Information Management System – système de gestion de l’information du laboratoire] pourra suffire à sanctionner. Pour d’autres, il faudra d’autres indices, de nouveaux tests sur d’autres échantillons peut-être. Pour certains athlètes, enfin, il n’y aura pas assez d’éléments.
« Christopher Froome joue dans les règles »
Le cycliste britannique Christopher Froome fait depuis six mois l’objet d’une procédure pour un contrôle antidopage anormal et pourrait malgré tout disputer les plus grandes courses avant qu’une décision soit rendue. N’est-ce pas un échec du code mondial antidopage ?
Non, il faut respecter les droits des athlètes. Il y a un processus disciplinaire avec un droit de se défendre et d’être jugé. C’est un cas pour lequel il n’y a pas de suspension provisoire obligatoire, à partir de là tout le monde joue dans les règles, c’est comme ça.

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Ne devrait-il pas y avoir un délai maximal pendant lequel le cas doit être tranché, au moins en première instance ?
Ce serait bien, dans l’idéal, mais on a renoncé, quand on a écrit le code, à fixer un délai maximal. Car certains cas demandent plus d’investigation, plus d’expertise. Il ne faut pas que le système soit abusé, qu’il y ait des manœuvres dilatoires mises en place, et c’est le rôle des arbitres de gérer leur procédure de façon adéquate pour éviter que ça traîne de façon injustifiée. Mais il faut aussi respecter le droit de l’athlète à se défendre.



                            


                        

                        

