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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Au-delà des déclarations de solidarité avec le Royaume-Uni, la France n’exclut pas de se joindre aux pays, comme le Danemark et l’Irlande, soucieux de répondre concrètement à l’empoisonnement de l’espion Sergueï Skripal.
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Des Etats européens examinent la possibilité de représailles supplémentaires contre la Russie

Au-delà des déclarations de solidarité avec le Royaume-Uni, la France n’exclut pas de se joindre aux pays, comme le Danemark et l’Irlande, soucieux de répondre concrètement à l’empoisonnement de l’espion Sergueï Skripal.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 17h44
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 18h17
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Des pays membres de l’Union européenne devraient adopter, lundi 26 mars, des mesures supplémentaires à l’égard de la Russie pour son implication « hautement probable » dans l’empoisonnement de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal sur le territoire britannique. Combien de pays ? « Plus qu’un, mais la réponse est prématurée », a expliqué Donald Tusk, le président du Conseil, à la fin du sommet qui réunissait, vendredi 23 mars, à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement européens.
Quelles mesures ? « Additionnelles et concertées », ont expliqué plusieurs chefs d’Etat en célébrant la « démonstration d’unité » affichée, selon eux, la veille. À l’issue de plusieurs d’heures d’une discussion particulièrement brouillonne, selon des témoins, ils ont apporté leur soutien à la position de la première ministre britannique et décidé de rappeler, « pour consultation », l’ambassadeur de l’Union européenne à Moscou.
La surprise Orban
C’est Viktor Orban, le premier ministre hongrois, qui a introduit cette option dans le débat, créant une certaine surprise. Elle a fini par faire l’unanimité, malgré les réticences de la haute représentante Federica Mogherini et du président de la Commission, Jean-Claude Juncker. Ce dernier défend l’idée d’un dialogue avec Moscou en vue d’assurer la sécurité du continent. « Ce que j’ai dit n’a pas été contesté, expliquait-il vendredi. Nous avons besoin d’un canal ouvert pour discuter avec la Russie ».

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Certains Etats membres jugent cependant que le moment n’est pas propice au débat. Le Danemark, la République tchèque et l’Irlande font partie de ceux qui se disent prêts à prendre des mesures supplémentaires rapidement. A savoir, probablement, le rappel – temporaire ou prolongé – de leur ambassadeur, voire l’expulsion de diplomates, évoquée notamment par la présidente lituanienne Dalia Grybauskaité.
D’autres – Pays-Bas, Belgique, Italie – parlent de la nécessité de plus longues discussions et de ne pas rompre avec Moscou. La Grèce veut attendre le résultat définitif de l’enquête sur l’usage et l’origine du produit qui a empoisonné M. Skripal et sa fille.
Entretien téléphonique Macron-Poutine
Au cours d’une conférence de presse commune avec la chancelière allemande Angela Merkel, Emmanuel Macron a estimé, quant à lui, que l’affaire de Salisbury constituait « une atteinte à la souveraineté européenne ». Les deux dirigeants ont annoncé des décisions rapides. M. Macron n’a toutefois pas parlé du rappel de l’ambassadeur de France à Moscou, rumeur qui circulait à Bruxelles vendredi.
Le chef de l’Etat français a évoqué l’affaire de Salisbury avec Vladimir Poutine, au cours d’une conversation téléphonique, lundi 19 mars. Les deux hommes ont aussi discuté de la Syrie et de l’avenir des accords de Minsk, censés organiser un cessez-le-feu en Ukraine. Paris espère, enfin, favoriser une action collective de l’UE pour condamner l’usage des armes chimiques.

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La fermeté du ton adopté par les Européens, contrastant avec la division affichée lundi 19 mars par les ministres des affaires étrangères, a manifestement beaucoup agacé Moscou, où l’on accuse le Royaume-Uni de pousser ses alliés européens à la confrontation. Depuis le Vietnam, où il effectue une visite officielle, le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov a estimé que Londres a pris « le cap pour rendre la crise avec la Russie la plus profonde possible ». « Tout cela n’est qu’une provocation », a ajouté le ministre. Quant à l’UE, estime le ministère russe des affaires étrangères, elle devrait plutôt « encourager ses partenaires britanniques à commencer des consultations constructives » avec Moscou.

Moscou accuse Londres de pousser ses alliés européens à la « confrontation »
La Russie a accusé, vendredi 23 mars, le Royaume-Uni de pousser ses alliés européens à la confrontation. Les autorités britanniques « cherchent fiévreusement à forcer leurs alliés à prendre des mesures visant à la confrontation » avec Moscou, a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, en visite à Hanoï.
Le ministère russe des affaires étrangères a réagi en appelant l’Union européenne à « encourager plutôt ses partenaires britanniques à entamer des consultations constructives » avec la Russie, et réitéré sa volonté de coopérer avec Londres dans le cadre de cette affaire.
« Tout cela n’est qu’une provocation », a jugé M. Lavrov, alors que la Russie se plaint de n’avoir toujours pas accès à la citoyenne russe Ioulia Skripal, hospitalisée avec son père « dans un état critique mais stable », selon Londres, ni aux échantillons de la substance utilisée selon les autorités britanniques pour l’empoisonnement.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le président français a déclaré, vendredi, que « l’exemption très temporaire » de taxes sur l’acier et l’aluminium accordée à l’Union européenne par l’administration américaine n’était « pas satisfaisante ».
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Commerce : Macron avertit Trump que l’Europe réagira « sans faiblesse » si elle est « attaquée »

Le président français a déclaré, vendredi, que « l’exemption très temporaire » de taxes sur l’acier et l’aluminium accordée à l’Union européenne par l’administration américaine n’était « pas satisfaisante ».



Le Monde
 |    23.03.2018 à 16h49
   





                        


Une mise en garde vient d’être envoyée aux Etats-Unis par la voix d’Emmanuel Macron. Le président français a assuré, vendredi 23 mars à l’issue d’un sommet européen à Bruxelles, que l’Union européenne (UE) réagirait « sans faiblesse » si elle était « attaquée » sur le plan commercial.
Il a estimé que « l’exemption très temporaire » de taxes américaines sur l’acier et l’aluminium accordée à l’UE par Donald Trump n’était « pas apparue satisfaisante » aux Européens. « La stratégie américaine est une mauvaise stratégie, qui répond à un vrai problème, celui du dumping comme des surcapacités dans le secteur de l’acier », a-t-il dit.
« L’UE doit être unie et déterminée, elle n’est pas la variable d’ajustement du commerce mondial, elle n’en est pas non plus le maillon faible ou le défenseur naïf », a-t-il insisté, ajoutant que les Européens ne cherchaient pas « de guerre commerciale ».
La chancelière allemande, Angela Merkel, a appuyé ses propos, disant que « Nous continuerons à être farouchement opposés au protectionnisme ».

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Une liste de produits américains taxables en guise de représailles
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a autorisé dans la nuit de jeudi à vendredi la suspension jusqu’au 1er mai des taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium de plusieurs des partenaires importants des Etats-Unis, dont l’Union européenne.
Donald Trump avait imposé au début de mars, des taxes sur les importations d’acier et d’aluminium aux Etats-Unis, ignorant les mises en garde répétées de nombre de ses alliés, Union européenne (UE) en tête, sur les risques d’une guerre commerciale aux conséquences imprévisibles.
Les 28 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union ont « pris note » de cette exemption temporaire dans leurs conclusions de vendredi matin, mais réclament que celle-ci soit « permanente ». L’Union européenne « se réserve le droit, en accord avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC), de répondre aux mesures américaines de manière appropriée et proportionnée », ont-ils ajouté.
Bruxelles a ainsi préparé une liste de produits américains emblématiques, comme le beurre de cacahuète ou les motos, qui pourraient être visés à leur tour par des taxes si celles envisagées par les Etats-Unis entraient en application.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le roman graphique de Jérôme Tubiana et d’Alexandre Franc raconte le périple kafkaïen de Mohammed El-Gorani envoyé croupir, au lendemain du 11 septembre 2001, dans la prison construite dans l’enclave américaine de Cuba pour y accueillir les présumés djihadistes, alors qu’il n’avait pas 14 ans.
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Guantanamo, un récit tragique en images

Le roman graphique de Jérôme Tubiana et d’Alexandre Franc raconte le périple kafkaïen de Mohammed El-Gorani envoyé croupir, au lendemain du 11 septembre 2001, dans la prison construite dans l’enclave américaine de Cuba pour y accueillir les présumés djihadistes, alors qu’il n’avait pas 14 ans.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 16h18
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

Livre. C’est en 2010 à N’Djamena, au Tchad, que le journaliste Jérôme Tubiana a rencontré pour la première fois Mohammed El-Gorani. Pendant quinze jours, le jeune homme lui a raconté le périple kafkaïen qui l’a envoyé croupir au lendemain du 11 septembre 2001, alors qu’il n’avait pas 14 ans, dans les geôles de Guantanamo, cette opaque prison construite dans l’enclave américaine de Cuba pour y accueillir les présumés djihadistes. Il y restera huit ans avant d’être finalement reconnu innocent et renvoyé chez lui. Enfin pas vraiment chez lui.
C’est que Mohammed El-Gorani est né et a grandi en Arabie saoudite de parents tchadiens. Autant dire des non-citoyens. Pour se construire une vie, il avait décidé d’aller étudier l’informatique au Pakistan. Pour rejoindre seul ce pays, il avait dû tricher sur son âge. Profondément pieux, il sera pris dans une rafle après les attentats de New York. Son statut pas clair, sa peau noire, son accent saoudien, son adolescence rebelle… À partir de là c’est une longue errance de prisons en brimades qu’il raconte.
Livré par la police pakistanaise aux forces américaines. Guantanamo. Renvoyé ensuite au Tchad par les États-Unis, pays qu’il ne connaît pas bien qu’il en soit citoyen de droit. Malade, cherchant de l’aide auprès d’amis au Soudan en traversant le Darfour en guerre, de nouveau la prison, retour au Tchad. Puis le Ghana où la vie semble lui sourire jusqu’au changement de régime. Prison. Coups de nouveau. Retour au Tchad. Dont il réussit finalement à s’enfuir pour se réfugier aujourd’hui au Nigeria.
Héros et auteur
C’est tout cela que raconte le roman graphique de Jérôme Tubiana et du dessinateur Alexandre Franc. À commencer par Guantanamo justement, cette prison dont on sait finalement si peu. 730 personnes sont passées par ses cellules depuis son ouverture en 2001, neuf y sont morts, et 41 y sont encore détenus.
Or parmi la foison de romans graphiques qui fleurissent depuis quelques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Alors que les fusillades se succèdent aux Etats-Unis, une manifestation va réclamer le 24 mars un contrôle plus strict des armes. Mais au Dale City Gun Show, exposants et acheteurs défendent le droit de posséder des fusils.
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En Virginie, l’Amérique qui ne veut pas désarmer


                      Alors que les fusillades se succèdent aux Etats-Unis, une manifestation va réclamer le 24 mars un contrôle plus strict des armes. Mais au Dale City Gun Show, exposants et acheteurs défendent le droit de posséder des fusils.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 14h27
    |

            Stéphanie Le Bars








                              

                        

Ce jour-là, les Glock sont en promotion et il y en a pour tous les goûts. Des dizaines de ces armes de poing sont proposées à partir de 200 euros pièce au Dale City Gun Show. Sur un stand bien fourni, un modèle rose se détache du lot, probablement destiné aux rares regards féminins. Sur les tréteaux d’en face, Bryan Roppel, casquette de rigueur et tatouages nombreux, vend des accessoires pour améliorer la vision, le tir et le design des armes de toutes sortes mises en vente, ce week-end des 10 et 11 mars, dans la « salle des vétérans des guerres étrangères », à Dale City (Virginie).
Les acheteurs, en grande majorité des hommes blancs de tous âges, se bousculent dans les allées étroites. Nul besoin de sondage poussé : cette Amérique-là ne défilera pas le 24 mars à l’appel des lycéens de Floride, traumatisés, le 14 février, par une fusillade meurtrière et déterminés à obtenir de nouvelles lois sur le contrôle des armes à feu alors que ces drames sont quasi-quotidiens dans le pays.
Des « bump stock » sur un stand
A l’échelle américaine, cette foire aux armes, organisée dans une zone périurbaine sans charme, est plutôt de dimension modeste : 160 « tables » où s’amasse tout ce dont les amoureux des armes peuvent rêver. Des carabines de collection, des fusils de chasse, des colts, des Beretta, des revolvers, des fusils semi-automatiques, des ribambelles de chargeurs, de holsters, de viseurs et de crosses, des balles de tous calibres.

Un exposant affiche même fièrement disposer de bump stock, cet accessoire controversé qui permet d’augmenter la cadence des tirs, et transforme un fusil semi-automatique en une arme automatique, interdite à la vente. Ce type d’accessoires a été utilisé par le tueur qui a perpétré le massacre de 59 personnes le 1er octobre 2017 à Las Vegas.
« Vous savez, les hommes aiment les armes comme les femmes aiment les bijoux ! » Pam Bove, vendeuse d’armes à feu
A Dale City, certains sont venus pour...




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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ L’érosion continue de la vie sauvage met en danger les conditions de vie des populations, alertent les experts mondiaux de l’IPBES, le « GIEC de la biodiversité ».
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Le déclin massif de la biodiversité menace l’humanité

L’érosion continue de la vie sauvage met en danger les conditions de vie des populations, alertent les experts mondiaux de l’IPBES, le « GIEC de la biodiversité ».



Le Monde
 |    23.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 18h23
    |

            Audrey Garric et 
Pierre Le Hir








                        



   


Partout sur la planète, le déclin de la biodiversité se poursuit, « réduisant considérablement la capacité de la nature à contribuer au bien-être des populations ». Ne pas agir pour stopper et inverser ce processus, c’est mettre en péril « non seulement l’avenir que nous voulons, mais aussi les vies que nous menons actuellement ». Tel est le message d’alerte délivré par la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), réunie du 17 au 24 mars à Medellin (Colombie), pour sa 6e session plénière.
Créée en 2012 sous la tutelle des Nations unies et rassemblant aujourd’hui 129 Etats, cette structure est qualifiée de « GIEC de la biodiversité », en référence au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Sa mission est d’établir régulièrement la synthèse des connaissances disponibles sur la biodiversité (la variété des formes de vie sur la Terre), sur les impacts de son érosion et sur les pistes d’action possibles pour la préserver.
Elle livre le résultat d’un travail colossal, qui s’est étalé sur trois années. L’IPBES a divisé le globe en quatre régions : l’Afrique, les Amériques, l’Asie-Pacifique et l’Europe-Asie centrale – à l’exception, donc, des pôles et des océans. Chacune a fait l’objet d’un rapport de 800 à 1 000 pages, réalisé par plus de 550 experts bénévoles de 100 pays, à partir de plus de 10 000 publications scientifiques, mais aussi de sources gouvernementales ou non gouvernementales, ou encore de savoirs autochtones.
Pour chaque zone géographique, cette analyse est synthétisée dans un « résumé à l’intention des décideurs » d’une quarantaine de pages, négocié mot à mot et voté par les représentants des Etats membres. C’est ce document, qui constitue une sorte de consensus politique, qui doit servir de base à l’action des gouvernements, même s’il n’a pas de valeur contraignante.

   


« Au cœur de notre survie »
« La biodiversité et les contributions apportées par la nature aux populations semblent, pour beaucoup, éloignées de nos vies quotidiennes. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité, observe le président de l’IPBES, le Britannique Robert Watson. Elles sont le socle de notre alimentation, de notre eau pure et de notre énergie. Elles sont au cœur non seulement de notre survie, mais aussi de nos cultures, de nos identités et de notre joie de vivre. »
On pourra juger restrictive cette approche, qui envisage la nature à l’aune des seuls services qu’elle rend à l’humanité, sans considérer que la survie des espèces animales et végétales est en elle-même précieuse. Mais l’objet des quatre rapports est de sensibiliser l’opinion et les décideurs à une chute de la biodiversité qui « met en danger les économies, les moyens d’existence, la sécurité alimentaire et la qualité de vie des populations partout dans le monde ». Aucune des régions étudiées n’échappe à une régression spectaculaire de sa faune et de sa flore, avec des projections alarmantes.
Afrique
« L’Afrique est le dernier endroit sur Terre avec un large éventail de grands mammifères, mais jamais par le passé il n’y a eu autant de plantes, poissons, amphibiens, reptiles, oiseaux et grands mammifères menacés qu’aujourd’hui, par une série de causes humaines et naturelles », note la chercheuse sud-africaine Emma Archer. Quelque 500 000 km2 de terres sont déjà dégradées du fait de la déforestation, de l’agriculture non durable, du surpâturage, des activités minières, des espèces invasives ou du réchauffement.
Cela, alors qu’en zone rurale, la subsistance de plus de 62 % des habitants dépend de la bonne santé des milieux naturels, et que la population du continent est appelée à doubler d’ici à 2050, pour atteindre 2,5 milliards de personnes. Le défi est immense : à la fin du siècle, certaines espèces de mammifères et d’oiseaux pourraient avoir perdu plus de la moitié de leurs effectifs, et la productivité des lacs (en poissons) avoir baissé de 20 % à 30 %, en raison du dérèglement climatique.
Asie-Pacifique
En Asie-Pacifique, la biodiversité est confrontée à des menaces sans précédent, allant des phénomènes météorologiques extrêmes et de l’élévation du niveau de la mer, aux espèces exotiques envahissantes, à l’intensification de l’agriculture, à la surpêche et à l’augmentation des déchets et de la pollution. Malgré quelques succès pour protéger ces écosystèmes vitaux – les aires marines protégées ont augmenté de 14 % en vingt-cinq ans et le couvert forestier a progressé de 23 % en Asie du Nord-Est –, les experts craignent qu’ils ne suffisent pas à enrayer le déclin de la biodiversité et des services que retirent les 4,5 milliards d’humains qui vivent dans ces pays.
Aujourd’hui, 60 % des prairies d’Asie sont dégradées, près de 25 % des espèces endémiques sont menacées et 80 % des rivières les plus polluées par les déchets plastiques dans le monde se trouvent dans cette zone. Si les pratiques de pêche se poursuivent au même rythme, la région ne comptera plus de stocks de poissons exploitables d’ici à 2048. Jusqu’à 90 % des coraux souffriront d’une grave dégradation avant le milieu du siècle.

   


Amériques
Sur le continent américain aussi, l’impact du dérèglement climatique sur la biodiversité va s’intensifier d’ici au milieu du siècle, devenant un facteur de déclin aussi puissant que le changement d’affectation des terres. Les populations d’espèces indigènes ont décru de 31 % depuis la colonisation par les Européens et ce taux pourrait monter à 40 % au milieu du siècle. Par rapport à leur état originel, plus de 95 % des prairies d’herbes hautes d’Amérique du nord, 50 % de la savane tropicale et 17 % de la forêt amazonienne en Amérique du sud ont été transformés en des paysages dominés par l’homme.
Les auteurs notent que jusqu’ici, « les peuples autochtones et les communautés locales ont créé une diversité de systèmes de polyculture et d’agroforesterie », qui ont bénéficié à la biodiversité. Mais ces savoirs locaux sont eux aussi en voie d’extinction.
Europe-Asie centrale
Enfin, en Europe et Asie centrale, la situation n’est guère meilleure : 42 % des animaux terrestres et des plantes ont enregistré un déclin de leurs populations au cours de la dernière décennie, de même que 71 % des poissons et 60 % des amphibiens.
La première cause de cette hécatombe réside dans l’intensification de l’agriculture et de l’exploitation forestière, et particulièrement dans l’usage excessif de produits agrochimiques (pesticides, engrais). Résultat : la région consomme plus de ressources naturelles renouvelables qu’elle n’en produit, l’obligeant à en importer massivement d’autres zones du monde. Le rapport souligne aussi le rôle du changement climatique, qui sera l’un des principaux fléaux pesant sur la biodiversité d’Europe et d’Asie centrale dans les prochaines décennies.

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Ces quatre rapports confirment que la Terre est en train de subir sa sixième extinction de masse : selon les scientifiques, les disparitions d’espèces ont été multipliées par 100 depuis 1900, soit un rythme sans équivalent depuis l’extinction des dinosaures il y a 66 millions d’années. Mardi 20 mars, une étude du Muséum national d’histoire naturelle et du Centre national de la recherche scientifique alertait sur la « disparition massive » des oiseaux dans les campagnes françaises – leurs populations se sont effondrées d’un tiers en quinze ans – tandis que fin 2017, des chercheurs montraient que le nombre d’insectes volants a décliné de 75 % à 80 % en Allemagne depuis le début des années 1990.

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Développer les aires protégées
N’y a-t-il donc aucun espoir ? Les scientifiques veulent croire qu’il est encore possible d’agir pour enrayer ce déclin. Ils appellent, pêle-mêle, à développer les aires protégées, à restaurer les écosystèmes dégradés (notamment les forêts), à limiter les subventions à l’agriculture et à l’exploitation forestière intensives, à intégrer la protection de la biodiversité dans toutes les politiques publiques, à sensibiliser davantage le grand public ou encore à poursuivre les efforts de conservation. En Europe, ces politiques ont par exemple conduit à sauver d’une extinction locale les populations de bisons ou de lynx ibériques, et à réhabiliter les régions boisées des Açores, de Madère et des Canaries.
« Pour la première fois, en Europe, nous indiquons qu’il faut une transformation plus radicale des modes de vie et de consommation, sans quoi nous n’atteindrons pas les objectifs de développement durable et de protection de la biodiversité », souligne Sandra Lavorel, écologue des écosystèmes (université de Grenoble), qui a participé à la rédaction du rapport. « L’un des chapitres importants de notre travail est celui de la gouvernance. La question de la biodiversité doit être prise en charge à tous les échelons, Etats, communautés, citoyens », complète Jérôme Chave, écologue au CNRS, qui a contribué à la synthèse sur les Amériques.
Un cinquième rapport sera publié lundi 26 mars, sur l’état des sols du monde, de plus en plus dégradés par la pollution, la déforestation, l’exploitation minière et les pratiques agricoles. Enfin, lors de sa prochaine réunion plénière en mai 2019, l’IPBES produira son bilan mondial de la biodiversité et non plus des analyses régionales. Une session que la France a proposé d’accueillir.

Conflits d’intérêts sur les pollinisateurs
L’IPBES a produit un premier rapport en 2016 sur la pollinisation, dont la publication avait été entachée de doutes. Deux de ses chapitres-clés étaient en effet sous la responsabilité de scientifiques salariés de Bayer et Syngenta, les deux principaux producteurs d’insecticides dits « néonicotinoïdes », fortement suspectés de décimer les populations d’abeilles, bourdons, papillons.

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Tous les experts doivent remplir un formulaire détaillant leurs liens d’intérêts, mais ces déclarations ne sont pas rendues publiques. De même, le financement du budget de la plateforme, qui s’élève à 5 millions de dollars (4 millions d’euros) en 2018, n’est pas connu dans le détail. Une vingtaine d’Etats y participent, en premier lieu l’Allemagne, la Norvège, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la France.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est prévue pour le 29 mars 2019. Les négociateurs sont loin d’avoir bouclé les modalités de la rupture.
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Un an avant la date fatidique, où en est-on du Brexit ?

La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est prévue pour le 29 mars 2019. Les négociateurs sont loin d’avoir bouclé les modalités de la rupture.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 12h44
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 14h52
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Les dirigeants des Vingt-Sept ont adopté, vendredi 23 mars à Bruxelles, leurs « lignes de négociation » pour la relation future avec Londres. Un peu plus tôt, ils avaient accordé à la première ministre britannique, Theresa May, la « période de transition » qu’elle réclamait ardemment depuis des mois. Ces avancées sont importantes, mais à un an du « D-Day » du Brexit, le 29 mars 2019, beaucoup reste encore à faire afin d’éviter une rupture trop brutale entre le Royaume-Uni et le continent.
Où en est-on dans le divorce ?
Le 29 mars 2019 à minuit, le Royaume-Uni sera formellement sorti de l’Union européenne, conformément au vote de 51,9 % des électeurs britanniques lors du référendum du 23 juin 2016. La procédure de retrait, décrite par l’article 50 du traité de Lisbonne, prévoit que les liens juridiques sont rompus deux ans après que l’Etat sortant a notifié sa décision. C’est ce que la première ministre Theresa May a fait, le 29 mars 2017.
Après avoir fixé les modalités du divorce, Européens et Britanniques doivent désormais ouvrir les pourparlers au sujet de leur « relation future ». Il s’agit entre autres de négocier un traité de libre échange, et des accords de coopération en matière de défense, de sécurité, ou de recherche. Londres et Bruxelles visent un compromis définitif en octobre, pour donner le temps aux Parlements – Westminster et le Parlement européen en premier lieu, ceux des Vingt-Sept éventuellement – de se prononcer avant le 29 mars 2019. A ce jour, Mme May entend toujours sortir son pays du marché intérieur et de l’union douanière constitués avec ses voisins européens, mais ne parle plus d’un « Brexit dur ».
L’enjeu est d’importance : une rupture brutale au « Jour-J » reviendrait, comme disent les Britanniques, à « sauter de la falaise ». Elle risque d’être catastrophique pour l’économie du Royaume-Uni, dont 45 % des exportations vont vers l’UE, et grave aussi pour celle de l’Europe continentale (17 % des exportations vers le Royaume-Uni), surtout si elle impliquait l’imposition de droits de douane. Un tel scénario serait aussi dramatique dans d’innombrables domaines, de la sécurité jusqu’à l’environnement en passant par l’aviation et l’énergie nucléaire, puisque cesseraient alors de s’appliquer les règles communes et les systèmes d’échange d’information.
Qu’est-ce que la période de transition ?
Pour éviter le « saut de la falaise », Londres a donc demandé et obtenu une période de transition (que Mme May préfère appeler « période de mise en œuvre ») qui doit durer vingt et un mois, entre le 30 mars 2019 et le 31 décembre 2020. Pendant cette période, le Royaume-Uni, devenu un pays tiers, restera soumis aux règles européennes, sans pouvoir plus peser sur les décisions communes.
Les modalités de la période de transition ne sont d’ailleurs pas totalement acquises. Elles sont destinées à être incluses dans le traité consacrant la rupture, en cours de négociation, qui doit être approuvé par le Parlement de Westminster et par le Parlement européen. A Westminster, il est peu probable – mais possible – que ce traité soit rejeté par une alliance entre le Labour et les « rebelles » conservateurs proeuropéens. Les ultra-brexiters menacent également de voter contre si la période de transition transforme le pays en « Etat vassal » de l’UE. Le feu vert du Parlement européen n’est pas non plus certain : celui-ci sera particulièrement sensible au sort des expatriés européens et à celui de l’Irlande.
Dès juin, un premier vote aux Communes sur une loi sur le commerce donnera le ton. Le Labour et les conservateurs « rebelles » pourraient voter de concert un amendement favorable au maintien du pays dans une union douanière européenne, ce que refuse Mme May. S’ils le font, la première ministre pourrait être mise en minorité. Les proeuropéens espèrent que cette crise débouche sur un second référendum. Mais l’opinion publique britannique, si elle penche désormais légèrement contre le Brexit, n’a pas changé notablement et le résultat d’une telle consultation, elle-même hypothétique, apparaît aléatoire.

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Qu’est-ce qui est déjà réellement agréé ?
Au-delà de la période de transition, tant que tous les détails n’ont pas été agréés, rien n’est définitivement acquis. Mais des accords politiques ont été trouvés sur des points essentiels, et, pour la plupart, Londres a dû s’aligner sur les exigences des Vingt-Sept. Le sort des expatriés, par exemple : avec leur famille, ils pourront continuer à bénéficier de tous leurs droits de résidence après le Brexit. Idem pour les expatriés européens arrivés durant la période de transition.
Les Britanniques ont aussi accepté de s’acquitter de toutes leurs obligations dans le cadre du budget de l’Union, y compris après la date du Brexit. lls se sont aussi engagés à continuer à prendre leur part du paiement des retraites des fonctionnaires européens. Le « chèque » de retrait pourrait atteindre entre 40 et 50 milliards d’euros.
Enfin, le Royaume-Uni a aussi admis que la relation future prendrait la forme d’un accord de libre-échange. Pas question, pour les Européens, d’octroyer une « relation spéciale » au pays, qui lui ménagerait un accès à son marché intérieur, sans qu’il n’en respecte plus les règles.
Quels droits pour les expatriés européens et britanniques après le Brexit ?
Rien ne changera donc en termes de droits, ni pour les continentaux expatriés au Royaume-Uni, ni pour les Britanniques installés sur le continent pendant la période de transition, soit entre le 30 mars 2019 et le 31 décembre 2020. Les Européens ayant l’intention de séjourner plus de trois mois au Royaume-Uni et arrivant pendant cette période devront toutefois s’enregistrer auprès du Home Office (ministère de l’intérieur). Une concession de taille de la part du Royaume-Uni, quand on se souvient que la campagne des partisans du Brexit, en 2016, a surtout consisté à dénoncer l’arrivée massive de citoyens européens, Polonais en tête, depuis l’élargissement de l’UE.
La règle générale est que les continentaux arrivés au Royaume-Uni avant le 30 mars 2019 et y ayant vécu « de façon continue et légale » pendant cinq ans pourront obtenir un statut de résident permanent, à durée illimitée. Comme aujourd’hui en tant que citoyens européens, les expatriés auront le droit aux prestations sociales britanniques et pourront demander la nationalité britannique.
Les personnes arrivées avant le 30 mars 2019 mais n’ayant pas vécu déjà cinq ans dans le pays auront le droit de rester jusqu’à ce qu’ils aient atteint ces cinq ans de résidence et puissent demander le statut de résident. Les proches (époux et partenaires, enfants et petits-enfants) pourront les rejoindre si leur lien est antérieur au 30 mars 2019. Alors que la procédure d’obtention du statut de résident permanent relève aujourd’hui du casse-tête, le gouvernement britannique promet un nouveau processus en ligne « simplifié, rapide et convivial ».
Mais selon la campagne « The 3 million », qui défend les trois millions d’Européens installés au Royaume-Uni, 10 % des intéressés pourraient en être exclus et perdre leurs droits aujourd’hui acquis sans démarche dans le cadre de l’UE, soit que leur dossier soit rejeté, soit qu’ils omettent d’en déposer un. A l’en croire, le flou entoure le statut des personnes pendant le temps d’attente des cinq années de résidence. Le cas des personnes au chômage, parents au foyer ou handicapés non couvertes par une assurance santé privée (Comprehensive Sickness Insurance, ou CSI) inquiète aussi l’association, car ils pourraient être privés d’accès au service de santé public. Quant au type de contrôle frontalier qui sera en vigueur à partir de 2021, une fois passée la « transition », il reste à négocier, et demeure donc dans le flou.

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Quid du casse-tête irlandais ?
Sans cesse débattue, jamais résolue, la question de la frontière entre les deux Irlandes menace de faire capoter toute la négociation sur le Brexit. Le Brexit va faire de cette frontière disparue depuis l’accord de paix de 1998 une frontière extérieure de l’Union européenne. Mais y réinstaller des postes frontières reviendrait à recréer autant de cibles pour les groupuscules terroristes résiduels et menacerait la paix. Londres prétend que des innovations technologiques permettent de contrôler les échanges commerciaux (reconnaissance des plaques d’immatriculation, drones) sans aucune installation visible. L’UE remarque qu’aucune frontière dans le monde n’a réalisé une telle prouesse, qui relève de la « pensée magique ».
Les Vingt-Sept souhaiteraient que l’Irlande du Nord – province du Royaume-Uni – s’aligne sur la réglementation européenne pour éviter les contrôles. Mais cette solution, qui conduirait à instaurer des contrôles entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne, relève de l’anathème pour le Parti démocratique unioniste (DUP), qui défend le Brexit (rejeté par 56 % des Irlandais du Nord). Or, il se trouve que Theresa May est tributaire de ce petit parti, dont les dix députés à Westminster lui fournissent l’appoint indispensable à sa majorité au Parlement.
Un premier accord entre Londres et les Vingt-Sept, signé en décembre 2017, envisage trois options, sans trancher : reporter la question au futur traité de libre-échange entre l’UE et le Royaume-Uni (option A), accepter une solution technologique proposée par Londres (option B) ou « aligner totalement » l’Irlande du Nord sur les règles européennes. L’accord sur la « période de transition » confirme que faute d’accord sur les options A et B, l’option C s’appliquera. Or, c’est celle dont Theresa May a dit qu’« aucun premier ministre britannique ne pourrait l’accepter ».
Quels sont les sujets de contentieux sur la relation future ?
La discussion sur la relation future n’a pas formellement commencé à Bruxelles. Le mandat obtenu vendredi 23 mars par Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE, précise que Bruxelles veut négocier un traité de libre-échange avec Londres, avec des droits de douane nuls pour les marchandises transitant entre le Royaume-Uni et les Vingt-Sept.
Pour ce qui est des services financiers, une question clé pour les Britanniques, soucieux de défendre les intérêts de la City, les Européens veulent imposer un système d’équivalences permettant aux établissements financiers britanniques d’avoir un large accès aux places continentales. Mais ces accès seraient révocables à tout moment, et unilatéralement, par Bruxelles.
En ce qui concerne la gouvernance, Bruxelles et Londres doivent encore mettre en place des mécanismes pour trancher leurs différents futurs, ou pour vérifier que leur accord sera bien respecté. La Cour de justice de l’UE aura t-elle le dernier mot ? Il n’en est pas question pour Londres. Doit-on adopter un système de règlement des différends, doté de juges indépendants, ou moitié européens, moitié britanniques ? Les négociateurs ont encore du pain sur la planche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Editorial. Les nouvelles barrières douanières fixées par Donald Trump et la nomination d’un conseiller à la sécurité nationale au profil peu rassurant contribuent à installer un mauvais climat dans le monde entier.
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Relations internationales : un vent mauvais venu de Washington

Editorial. Les nouvelles barrières douanières fixées par Donald Trump et la nomination d’un conseiller à la sécurité nationale au profil peu rassurant contribuent à installer un mauvais climat dans le monde entier.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 12h38
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Il l’avait promis, il le fait : America first. Les dernières mesures prises par le président Donald Trump, jeudi 22 mars, confirment sa volonté de se donner tous les moyens de mettre en œuvre son agenda unilatéraliste et protectionniste. La nomination de John Bolton, un partisan de la force dans les relations internationales, en remplacement du général H. R. McMaster comme conseiller à la sécurité nationale, sert l’objectif unilatéraliste. La décision d’imposer des barrières douanières aux importations de certains produits chinois relève de l’objectif protectionniste. L’un comme l’autre sont de mauvaises nouvelles pour le reste du monde.
Après une série de déclarations incohérentes sur les cibles des nouvelles barrières douanières, M. Trump a tranché : l’Union européenne, le Mexique, le Canada, le ­Brésil et la Corée du Sud sont épargnés – pour l’instant – par les taxes punitives sur l’acier et l’aluminium annoncées le 8 mars ; c’est bien la Chine qui est visée, comme il s’y était engagé pendant la campagne électorale. L’allié japonais n’est pas exempté d’office et devra négocier. Des taxes à l’importation aux Etats-Unis seront appliquées sur des produits chinois d’un montant ­total de 60 milliards de dollars (près de 50 milliards d’euros) relevant de dix secteurs considérés comme stratégiques par Pékin, parmi lesquels la haute technologie, l’aéronautique et les véhicules électriques. Washington présentera dans les deux semaines une liste des produits spécifiques frappés d’une hausse de 25 % des droits d’importation.
La chute des marchés asiatiques
Donald Trump a justifié ces mesures par le déséquilibre commercial entre les deux géants économiques, qui est réel, ainsi que par la volonté des Etats-Unis de protéger la propriété intellectuelle de ses avances technologiques. Cette préoccupation face à une puissance chinoise avide de transferts technologiques est partagée par les Européens, mais l’augmentation des barrières douanières n’est pas forcément le meilleur moyen de s’en prémunir.
La Chine a réagi avec fermeté, faisant savoir qu’elle n’avait « pas peur d’une guerre commerciale », même si elle ne la souhaitait pas. « Nous sommes tout à fait prêts à défendre nos intérêts », a averti le ministère du commerce à Pékin. La crainte d’une guerre commerciale a aussitôt fait chuter les marchés financiers en Asie. L’assurance de M. Trump, selon lequel « les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner », pourrait bien être mise à l’épreuve rapidement.

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Ce n’est, cependant, que l’un des nuages noirs qui se profilent à l’horizon. Le choix de John Bolton pour compléter l’équipe diplomatique et de sécurité de la Maison Blanche a de quoi accroître les inquiétudes des alliés des Etats-Unis, aussi bien en Europe qu’en Asie, dix jours après le remplacement de Rex Tillerson par Mike Pompeo. Le nouveau conseiller à la sécurité nationale, qui succède au plus classique McMaster, renvoie aux heures les plus sombres de l’interventionnisme américain du premier mandat de George W. Bush. Farouche opposant de la cour pénale internationale, John Bolton a été un difficile ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU.
Radical et doctrinaire, M. Bolton est profondément hostile à l’accord nucléaire conclu avec l’Iran en 2015, que les Européens s’évertuent actuellement à sauver. Il était également, ces dernières années, favorable au recours à des frappes préventives contre la Corée du Nord. Le vent mauvais qui souffle de Washington n’est pas près de s’apaiser.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le président américain s’était appuyé sur trois généraux pour renforcer son administration. L’un d’entre eux, H.R. McMaster, a été limogé le 22 mars.
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Autour de Donald Trump, des généraux divisés et fragilisés

Le président américain s’était appuyé sur trois généraux pour renforcer son administration. L’un d’entre eux, H.R. McMaster, a été limogé le 22 mars.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 12h35
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            
La présence de trois généraux aux plus hauts postes de l’administration Trump avait surpris autant que rassuré, compte tenu de leurs états de service. Outre le secrétaire à la défense James Mattis, un autre marine ancien général quatre-étoiles, né comme lui en 1950, John Kelly, est devenu le principal bras droit du président, remplaçant en juillet 2017 son premier secrétaire général de la Maison Blanche, un apparatchik du Parti républicain, Reince Priebus.
Un autre remplaçant, H.R. McMaster, 55 ans, général d’active trois-étoiles, avait pris la succession en février 2017 de l’ancien général Michael Flynn à la tête du Conseil de sécurité national, qui dépend directement du président. Son prédécesseur avait été limogé pour avoir menti au vice-président, puis à la police fédérale, à propos de ses conversations avec l’ambassadeur de Russie alors en poste à Washington.

Contrairement à James Mattis, ces deux généraux ont connu des trajectoires plus contrariées. John Kelly a été affaibli par les départs successifs de Kirstjen Nielsen, son ancien bras droit, devenue secrétaire à la sécurité intérieure, et de Rob Porter, qui a démissionné à la suite d’accusations de violences conjugales. Une série de controverses ont également écorné sa réputation, dont un accrochage avec une représentante démocrate de Floride, Frederica Wilson, et des commentaires sur la guerre civile américaine (1861-1865), qui a découlé selon lui d’une « incapacité à trouver un compromis », comme si la question de l’esclavage avait pu s’y prêter. Sa volonté de mettre de l’ordre à la Maison Blanche a enfin froissé plusieurs proches du président.
Lot de consolation
Après avoir écarté avec succès du Conseil de sécurité national les ultranationalistes nommés par Michael Flynn, H.R. McMaster n’a pas su, en revanche, nouer une relation de confiance avec le président. Les longs exposés dont il s’est vite rendu coutumier ont été notoirement peu appréciés par Donald Trump. Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Nommé à la défense par Donald Trump, admiratif devant la réputation de dureté et de franc-parler de l’ex-général, James Mattis s’est démarqué, de façon inattendue, par sa personnalité discrète et sa fermeté, pour défendre ses convictions, souvent aux antipodes de celles du président américain.
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Etats-Unis : James Mattis, « moine soldat » du Pentagone

Nommé à la défense par Donald Trump, admiratif devant la réputation de dureté et de franc-parler de l’ex-général, James Mattis s’est démarqué, de façon inattendue, par sa personnalité discrète et sa fermeté, pour défendre ses convictions, souvent aux antipodes de celles du président américain.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 12h33
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            
Dans l’atmosphère de guerre intestine perpétuelle que fait régner Donald Trump à la Maison Blanche, la performance relève du prodige. Le marine James Mattis, nommé secrétaire à la défense en janvier 2017, a traversé sans la moindre égratignure quatorze mois de mitraille ininterrompue sur Twitter et de « fuites » produites à une échelle industrielle par une administration minée par les divisions.
L’ancien général quatre étoiles, âgé de 67 ans, sec comme un marine justement, tient son rang, mais plie sans rompre lorsqu’il ne parvient pas à imposer des vues qui dépassent souvent la seule gestion de la plus puissante armée au monde. Selon une autre échelle de mesure, propre à la gouvernance particulière du président des Etats-Unis, l’hypothèse de son départ du Pentagone n’a jamais été évoquée. Ils sont rares, autour de Donald Trump, à pouvoir en dire autant. Un autre général, H.R. McMaster, limogé jeudi 22 mars de son poste de conseiller à la sécurité nationale, est le dernier en date à pouvoir en témoigner.

Pour le président milliardaire passé par la télé-réalité, la composition de son cabinet a souvent eu des allures de casting. Rex Tillerson, le secrétaire d’Etat écarté le 13 mars, « faisait diplomate » à ses yeux, par la grâce de sa crinière argentée, même s’il avait passé sa carrière chez ExxonMobil. Dans cette logique, l’évidence voulait qu’un militaire commande le Pentagone, même si, à l’origine, ce poste était réservé à un civil. Le Congrès a donc été contraint de voter une autorisation spéciale, l’une des premières entorses aux règles communément admises de gouvernance de l’Etat fédéral.
Mad Dog (« l’enragé »)
Comme le public de ses meetings de campagne a pu le vérifier à de nombreuses reprises, Donald Trump, grand admirateur de l’incommode général George Patton devenu célèbre pendant la seconde guerre mondiale, s’est entiché d’un surnom prêté à James Mattis,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Soumeylou Boubèye Maïga est arrivé dans la ville au lendemain d’une attaque revendiquée par le GSIM, alliance djihadiste dirigée par Iyad Ag-Ghali.
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Compte rendu

Le premier ministre malien en visite à Kidal, fief des ex-rebelles

Soumeylou Boubèye Maïga est arrivé dans la ville au lendemain d’une attaque revendiquée par le GSIM, alliance djihadiste dirigée par Iyad Ag-Ghali.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 23.03.2018 à 12h30

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        Mis à jour le 23.03.2018 à 16h23






    
Soumeylou Boubèye Maïga, l’actuel premier ministre malien, à Alger, en 2011.
Crédits : FAROUK BATICHE / AFP


Le premier ministre malien, Soumeylou Boubèye Maïga, est arrivé, vendredi 23 mars, à Kidal, bastion de l’ex-rébellion dans le nord du Mali – une première depuis près de quatre ans. L’hélicoptère amenant M. Maïga et sa délégation s’est posé peu après 10 heures (GMT) sur la base de la mission de l’ONU, la Minusma, a constaté un correspondant de l’AFP. Mahamat Saleh Annadif, le chef de la Minusma, est venu l’accueillir. Le premier ministre devait ensuite rencontrer les autorités locales.

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M. Maïga a débuté jeudi, avec huit de ses ministres, une tournée dans le nord et le centre du pays. Sa première étape a été Tessalit (nord-est), près de la frontière algérienne, où il a dû passer la nuit après le report à vendredi, officiellement pour des raisons météorologiques, de l’étape hautement symbolique de Kidal.
En octobre 2016, la présence pour la rentrée des classes du gouverneur de Kidal lors d’une cérémonie avec levée du drapeau malien avait esquissé un début de retour de l’Etat dans cette zone. L’Etat malien n’avait pas repris pied à Kidal depuis des combats en mai 2014 pendant une visite du premier ministre de l’époque, Moussa Mara, qui s’étaient soldés par une lourde défaite de l’armée face aux rebelles.
Salve de roquettes
Jeudi matin, une attaque contre le camp de la Minusma et de la force française « Barkhane » à Kidal a fait cinq blessés légers parmi les militaires français, selon l’état-major des armées à Paris, ainsi que des dégâts matériels.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance djihadiste du Sahel liée à Al-Qaida, formée en 2017 et dirigée par le chef islamiste touareg malien Iyad Ag-Ghali, a revendiqué cette attaque. Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, le groupe affirme que ses combattants sont parvenus à tirer une salve de roquettes sur le camp, « malgré les strictes mesures de sécurité prises par l’ennemi pour accueillir le premier ministre du gouvernement collaborateur malien ».

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                Qu’est-ce que le GSIM, le groupe djihadiste qui a revendiqué l’attentat de Ouagadougou ?



Le chef de la Minusma a condamné l’attaque, qualifiée dans un communiqué jeudi de « tentative lâche perpétrée par les ennemis de la paix dans le but d’entraver ces évolutions positives symbolisées par la visite du premier ministre à Kidal, qui est un signal fort pour la paix et la réconciliation au Mali ». La ministre française des armées, Florence Parly, a également estimé jeudi à Paris qu’il existait « très probablement un lien entre cette attaque et l’intention exprimée par le premier ministre malien de se rendre à Kidal ».
La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg) n’a pas officiellement posé de conditions à la venue de M. Maïga.
« Vous n’êtes pas seuls »
A Tessalit, M. Maïga a rencontré les habitants et déjeuné avec les militaires maliens stationnés dans cette localité. Il a promis aux soldats de les « mettre dans les meilleures conditions pour faire face à l’ennemi commun qui est le terrorisme ». « Il est important que vous sachiez que vous n’êtes pas seuls », leur a-t-il dit.

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Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée. Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.
Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes mais dont l’application accumule les retards.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Ce révérend, fidèle de Martin Luther King à l’époque de la lutte pour les droits civiques, dresse un constat accablant des Etats-Unis de Donald Trump : davantage de pauvreté, une polarisation accrue de race et de classe, et une augmentation de la violence.
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Jesse Jackson : « Hier, nous avions la ségrégation sociale. Aujourd’hui, elle est économique »

Ce révérend, fidèle de Martin Luther King à l’époque de la lutte pour les droits civiques, dresse un constat accablant des Etats-Unis de Donald Trump : davantage de pauvreté, une polarisation accrue de race et de classe, et une augmentation de la violence.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 12h29
    |

            Corine Lesnes (Chicago, envoyée spéciale)








                        



                                


                            
Le révérend Jesse Jackson, 76 ans, est l’une des figures historiques de la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis. Compagnon de route de Martin Luther King, il a toujours privilégié la lutte pour l’égalité économique, n’hésitant pas à prendre des parts dans les grandes compagnies américaines, telles que Coca-Cola ou Apple, pour les confronter à leur absence de diversité devant les assemblées générales d’actionnaires. Représentant de l’Illinois au Congrès, de 1995 à 2012, il a été deux fois candidat à la nomination démocrate pour la Maison Blanche (1984 et 1988). Il nous a reçus le 6 mars, au siège de son mouvement, Rainbow Push Coalition, dans une ancienne synagogue (1923) du quartier de Bronzeville, dans le South Side de Chicago. Le révérend Jackson ne donne pas d’interview sans commencer par une leçon d’histoire.

Cinquante ans après l’assassinat de Martin Luther King, le 4 avril 1968, quel regard portez-vous sur son héritage ?
Il y a une tendance à écrire sur les accomplissements ou les événements de cette période, mais il ne faut pas oublier la toile de fond. L’an prochain, nous allons commémorer l’arrivée des premiers Noirs, en 1619, en Virginie. C’est cela qui nous définit : notre voyage, les 244 ans d’esclavage légal. Nous sommes arrivés comme des marchandises. Je souligne d’ailleurs que la France et l’Angleterre ont puissamment bénéficié de notre travail sans salaire. Ces deux pays penchaient pour le Sud esclavagiste. Grâce à Abraham Lincoln, qui nous a libérés en 1863, ils se sont ravisés, d’autant que le Nord commençait à gagner la guerre [de Sécession].
Pendant ces 244 années, nous avons constitué le principal actif économique du pays. Il y a eu énormément d’humiliations mais, au bout du compte, relativement peu de tueries : il était important de nous maintenir en état de travailler. Les enfants étaient vendus comme du bétail. Les hommes blancs utilisaient les femmes noires pour leur satisfaction...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ L’ex-président régional Carles Puigdemont et l’actuel candidat à la présidence de la Catalogne Jordi Turull figurent parmi les personnes visées par la justice espagnole.
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Catalogne : 13 indépendantistes poursuivis pour « rébellion »

L’ex-président régional Carles Puigdemont et l’actuel candidat à la présidence de la Catalogne Jordi Turull figurent parmi les personnes visées par la justice espagnole.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 12h17
   





                        


Le juge de la Cour suprême espagnole, Pablo Llarena, a confirmé vendredi 23 mars les poursuites pour « rébellion » contre 13 indépendantistes catalans. Parmi eux, l’ex-président régional Carles Puigdemont, réfugié à Bruxelles, qui est notamment accusé d’avoir organisé le référendum d’autodétermination du 1er octobre 2017 malgré son interdiction et « le grave risque d’incidents violents ».
L’actuel candidat à la présidence de la Catalogne Jordi Turull, convoqué vendredi devant le juge avec quatre autres dirigeants indépendantistes, est également poursuivi pour rébellion, notamment pour avoir « impulsé la mobilisation en tant que porte-parole du gouvernement » régional.
« Soulèvement violent »
« Malgré les déclarations répétées d’inconstitutionnalité et de nullité (…) les organes exécutifs de la Généralité de Catalogne ont continué leur permanente et obsessionnelle activité pour créer les dénommées structures d’Etat » qui devaient poser les bases d’une république indépendante, écrit le magistrat. Le juge évoque particulièrement une manifestation tendue, dix jours avant le référendum interdit, lors de laquelle des milliers de militants séparatistes ont assiégé pendant plusieurs heures un bâtiment public où la garde civile menait une perquisition. Il la qualifie de « soulèvement violent », estimant que les dirigeants catalans « savaient que ce type d’agissements était indispensable pour mener à bien un référendum interdit par les tribunaux, dont dépendait la déclaration d’indépendance ».
Au total, neuf membres du gouvernement destitué sont poursuivis pour rébellion, ainsi que l’ex-présidente du Parlement catalan Carme Forcadell, les présidents d’associations indépendantistes Jordi Sanchez et Jordi Cuixart et la numéro deux de la Gauche républicaine de Catalogne Marta Rovira. Cette dernière a ignoré la convocation judiciaire, annonçant dans un communiqué qu’elle prenait « le chemin de l’exil ». Marta Rovira est la septième personnalité indépendantiste à quitter l’Espagne, échappant aux poursuites de la justice espagnole en lien avec la déclaration d’indépendance du 27 octobre.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Avec un Parti démocrate hors course, la droite et le Mouvement 5 étoiles, vainqueurs des législatives, doivent se répartir vendredi la présidence des deux Chambres.
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En Italie, les parlementaires font leur rentrée, mais le gouvernement reste dans les limbes

Avec un Parti démocrate hors course, la droite et le Mouvement 5 étoiles, vainqueurs des législatives, doivent se répartir vendredi la présidence des deux Chambres.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 13h03
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



   


Des centaines de journalistes, un dispositif de sécurité maximal, toutes les manifestations interdites dans le centre de la ville : Rome retient son souffle, vendredi 23 mars au matin, pour l’ouverture des travaux des deux Chambres élues lors des élections législatives du 4 mars, qui ont débouché sur une configuration politique inédite, et particulièrement incertaine.
Depuis bientôt trois semaines, les observateurs en sont réduits à élaborer des hypothèses à partir des signaux envoyés par chaque camp, construisant des scénarios d’alliance plus ou moins réalistes sur la base de rumeurs et de confidences intéressées, diffusées par journaux interposés.

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Le Sénat et la Chambre des députés ouvriront la législature par l’élection des présidents qui succéderont à Pietro Grasso et Laura Boldrini, deux figures extérieures au monde politique italien (avant d’occuper ce poste, le premier était magistrat antimafia, la seconde porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) élues avec le soutien du Parti démocrate (PD, centre gauche), qui, sans avoir à lui seul la majorité, était le principal groupe au sein des deux Chambres.
Le PD en position d’arbitre ?
Cette fois-ci, le PD est hors course. Avec moins de 20 % des voix, 112 députés (sur 630) et 54 sénateurs (sur 315), le parti a subi une défaite historique. Son secrétaire, Matteo Renzi, a été contraint à la démission, devenue effective le 12 mars, et l’ancien ministre de l’agriculture Maurizio Martina assure l’intérim, dans un contexte de règlements de compte et de discussions sans fin sur la ligne politique à adopter. Mais en l’absence de majorité claire, et même s’il ne sait pas où il va, le PD pourrait bien se retrouver en position d’arbitre, si la droite et le Mouvement 5 étoiles (M5S), vainqueurs du scrutin, échouent à se répartir les postes.

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Au départ, les choses étaient assez claires : aucun des deux blocs sortis vainqueurs du scrutin du 4 mars ne disposant d’une majorité, ils devaient se répartir les Chambres, le Sénat pour la droite et la Chambre des députés au M5S. Mais après ce point de départ, les choses se sont vite compliquées. En effet, la très droitière Ligue, de Matteo Salvini, sortie vainqueur des élections à droite, avait accepté de confier la candidature à la tête du Sénat à un proche de Silvio Berlusconi, Paolo Romani, dont le M5S ne veut pas entendre parler. De l’autre côté, le candidat voulu par le M5S à la tête de la Chambre des députés, Roberto Fico, compagnon de la première heure de Beppe Grillo et figure très populaire auprès des militants grillinistes, ne faisait franchement pas l’unanimité à droite…
Pour le Sénat, les choses se décanteront forcément dans les prochaines heures, l’élection du président se faisant, à partir du troisième tour, à la majorité simple des présents. Le poste sera donc pourvu au plus tard samedi. En ce qui concerne la Chambre des députés, le dénouement pourrait bien être un peu plus long.
Un brouillard complet
Une fois élus les présidents et les chefs de groupe, commencera enfin le temps des tractations en vue de la formation du gouvernement. En la matière, les choses sont encore plus complexes. Matteo Salvini, le leader de la Ligue, veut se voir attribuer la charge de former le gouvernement, en vertu du fait que son parti est arrivé en tête au sein de la coalition de droite, qui elle-même a remporté le plus de voix. Mais sa personne, son discours eurosceptique et le positionnement de plus en plus à droite de son parti compliquent la recherche d’une alliance. Salvini lui-même a exclu toute forme d’accord avec la gauche, tandis que le M5S n’accepte pas de traiter avec Silvio Berlusconi, et auraient tout à perdre à conclure le type d’accords contre-nature qu’ils dénoncent depuis des années chez leurs adversaires politiques. De plus, forts des 32 % des voix qu’ils ont obtenues, ils considèrent que la formation du gouvernement leur revient…
Les consultations menées par le président de la République, Sergio Mattarella, dont le rôle dans les prochains jours sera décisif, doivent s’ouvrir le 3 avril. Celui-ci a affirmé qu’il ferait tout pour éviter un retour aux urnes, sans en dire beaucoup plus, et chacune de ses déclarations, même les plus anodines, est décortiquée par les observateurs avec des subtilités de vaticanistes.
Vendredi matin, les quotidiens italiens titraient, dans une belle unanimité, que l’ouverture des Chambres se déroulait dans un brouillard complet. L’élection des présidents, à elle seule, ne parviendra sans doute pas à le dissiper.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ L’administration Trump a accordé une exemption temporaire à l’Union européenne, se laissant ainsi jusqu’au 1er mai pour trouver un terrain d’entente.
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Taxes américaines sur l’acier et l’aluminum : un nouveau délai pour les Européens

L’administration Trump a accordé une exemption temporaire à l’Union européenne, se laissant ainsi jusqu’au 1er mai pour trouver un terrain d’entente.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 11h53
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Les incertitudes, couacs et improvisations du Conseil européen, jeudi 22 mars à Bruxelles, en disent long sur l’état de confusion dans lequel les dirigeants de l’Union européenne (UE) se trouvaient encore ces dernières heures, et surtout, sur leur absence totale de confiance dans l’administration Trump.
Auditionné jeudi au Sénat américain autour de 16 heures, heure de Bruxelles, le représentant spécial au commerce du président américain, Robert Lighthizer, avait pourtant confirmé que l’UE, tout comme l’Argentine, l’Australie, le Brésil, la Corée du Sud, le Canada et le Mexique, seraient exemptés des taxes à 25 % sur leurs exportations américaines d’acier et de 10 % sur leurs exportations d’aluminium.
Mais les responsables européens ont préféré aller se coucher, vers 2 heures du matin, et ajourner leur débat sur la question commerciale au vendredi 23 mars, plutôt que de prendre le risque d’adopter des conclusions communes trop – ou pas assez – optimistes, au cas où Donald Trump, jugé totalement imprévisible, aurait balayé d’un tweet rageur les dires de M. Lighthizer.

Un gros mois pour trouver un terrain d’entente
Le président américain a fini jeudi soir, heure de Washington, par confirmer officiellement des exemptions aux Européens sur les barrières douanières dont il les menaçait. Mais cette levée n’est que temporaire : elle ne court que jusqu’au 1er mai prochain. Une véritable épée de Damoclès au-dessus des Européens, à qui Washington donne un gros mois supplémentaire pour trouver un terrain d’entente.
Les dirigeants européens qui ont pris la parole vendredi matin ont quand même fait bonne figure. « Je suis très satisfait que nous ayons évité une situation qui aurait pu conduire à une grande incertitude pour l’industrie allemande de l’acier et de l’aluminium et ses employés », a déclaré Peter Altmaier, le ministre de l’économie allemande sur la radio Deutschlandfunk.

« C’est plutôt...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Pékin a plus à perdre que les Etats-Unis d’un conflit commercial. Mais son économie est moins dépendante du commerce extérieur que par le passé.
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L’économie chinoise devrait pouvoir encaisser le choc des sanctions commerciales américaines

Pékin a plus à perdre que les Etats-Unis d’un conflit commercial. Mais son économie est moins dépendante du commerce extérieur que par le passé.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 11h50
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Des menaces, quelques avertissements chiffrés et toujours beaucoup de zones floues… Tancée par le président américain Donald Trump, jeudi 22 mars, la Chine va devoir tenter d’évaluer ce qu’il lui en coûtera si les Etats-Unis passent à l’acte et engagent contre elle des mesures commerciales punitives.
Washington dit se tenir prêt à imposer des droits de douanes à hauteur de 25 % sur un maximum de 50 à 60 milliards de dollars (41 à 49 milliards d’euros) d’importations chinoises. Un dommage que la deuxième puissance économique mondiale devrait pouvoir digérer. Ce montant – dans le haut de la fourchette – correspond à un huitième des exportations chinoises vers les Etats-Unis et 2,6 % de l’ensemble des exportations du géant asiatique, toutes destinations confondues.
« Les taxes annoncées ne représentent pas plus qu’une tape sur les doigts de la Chine », juge ainsi dans une note Mark Williams, du cabinet d’analyse Capital Economics. « Leur impact sur l’économie au sens large sera à peine perceptible », affirme l’économiste, qui calcule que les dégâts infligés ne dépasseront guère 0,1 % du produit intérieur brut (PIB). A condition que l’escalade soit évitée. Bref, que l’affrontement ne dégénère pas en véritable guerre commerciale. La plupart des spécialistes estiment que l’application de ces taxes entraînera une riposte chinoise relativement contenue.
Marchandages en tout genre
Beaucoup de choses peuvent encore évoluer au cours des deux mois prévus avant l’entrée en vigueur de ces barrières tarifaires. Cette période de consultation laisse augurer des marchandages en tout genre de la part du plus important lobby chinois : celui des milieux d’affaires américains. Ceux-là devraient œuvrer pour exclure une série de produits de la liste des importations ciblées, dont le détail doit désormais être précisé.
De fait, bon nombre de biens made in China contiennent de la valeur ajoutée américaine, et bien des secteurs aux Etats-Unis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Cette nouvelle bavure de la police a relancé un débat récurrent sur les abus des forces de l’ordre à l’encontre des Noirs américains.
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Manifestation à Sacramento à la mémoire d’un homme noir abattu par la police

Cette nouvelle bavure de la police a relancé un débat récurrent sur les abus des forces de l’ordre à l’encontre des Noirs américains.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 11h32
   





                        


                                                                                                                         data-ui="carousel"
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            data-slide-description="L’instant où Stephon Clark a été abattu par deux agents du Scramento Police Department, dimanche 18 mars, a été filmé par un hélicoptère de la police."
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            data-slide-description="Le portrait de Stephon Clark est brandi lors de la manifestation du mouvement Black Lives Matter devant l’hôtel de ville de Sacramento, jeudi 22 mars."
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            data-slide-description="Les manifestants brandissent des affiches, dont les slogans sont sans équivoque."
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            data-slide-description="D’autres pancartes demandaient « Justice pour Stephon Clark »."
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            data-slide-description="Les manifestants se sont rendus de l’hôtel de ville de Sacramento à l’Interstate 5, qu’ils ont bloquée."
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            data-slide-description="Ensuite, ils se sont rendus au stade Golden 1 Center, où un match de NBA opposait les Kings de Sacramento aux Hawks d’Atlanta."
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            data-slide-description="Le match n’a réuni que 2 000 spectateurs, dans une enceinte dont la capacité est de 17 600 places."
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            data-slide-description="Vivek Ranadive, le propriétaire de l’équipe des Kings s’est adressé au public, pour exprimer son soutien à la famille de Stephon Clark."
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L’instant où Stephon Clark a été abattu par deux agents du Scramento Police Department, dimanche 18 mars, a été filmé par un hélicoptère de la police.

HANDOUT / REUTERS
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Stephon Clark, un jeune père de famille noir de 22 ans, a été abattu, dimanche 18 mars, derrière la maison appartenant à ses grands-parents et où il résidait, à Sacramento, ville du centre de la Californie, par des agents du Sacramento Police Department (SPD).
Les policiers pensaient qu’il était porteur d’une arme, laquelle s’est révélée être… un banal iPhone, selon des vidéos rendues publiques mercredi soir.
Cet homicide ayant toutes les apparences de la bavure suscitait jeudi un vif émoi à travers les Etats-Unis, à tel point que le SPD a assuré dans un communiqué « avoir conscience de l’importance des faits et de leur impact sur la population ».
Les deux policiers en cause, qui ont tiré vingt balles à eux deux, intervenaient de nuit, après un appel au numéro d’urgence 911 faisant état d’un homme fracturant des véhicules dans le quartier.
Scène filmée par la police
Prenant Stephon Clark pour l’auteur de ces infractions, ils l’ont pris en chasse, assistés par un hélicoptère de la police équipé d’une caméra infrarouge. La scène a ainsi été filmée depuis le ciel ainsi que par les caméras portatives fixées sur l’uniforme des agents. Ces derniers ont été placés en congés d’office. Une enquête a été ouverte.

Sacramento police fatally shot unarmed man Stephon Clark in his grandparents' backyard. Body camera footage and aer… https://t.co/9intMfA52b— CBSNews (@CBS News)


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Ces vidéos montrent Clark courant dans le quartier et trouvant refuge dans l’arrière-cour de son domicile, pisté par l’hélicoptère. Les deux policiers pénètrent sur la parcelle de sa maison et crient : « Montre tes mains ! » puis, juste après : « Arme, arme, arme ! ». Ils ouvrent le feu, les tirs étant visibles, sous la forme de flashs blancs, dans la séquence filmée depuis l’hélicoptère.
« Au moment des tirs, les policiers ont cru que le suspect les braquait avec une arme. Mais, une fouille poussée des enquêteurs n’a pas permis de retrouver d’arme. Le seul objet retrouvé près du suspect a été un téléphone portable », a indiqué la police de Sacramento.
En entendant les coups de feu juste à l’extérieur de leur domicile, les grands-parents de Stephon Clark ont composé le 911, sans savoir que la police se trouvait déjà sur place.
Cette nouvelle bavure de la police a relancé un débat récurrent sur les abus des forces de l’ordre à l’encontre des Noirs américains. Ces derniers représentent proportionnellement une part écrasante du nombre de civils tués par la police.
Manifestations de solidarité
Jeudi, des manifestants ont protesté entre l’hôtel de ville et une autoroute à proximité, interrompant le trafic aux heures de pointe, portant des affiches sur lesquelles était écrit « Sac PD : Stop killing us ! » (« Police de Sacramento, arrêtez de nous tuer ! »). Les manifestants ont aussi perturbé le déroulement du match de NBA (basket) entre les Kings de Sacramento et les Hawks d’Atlanta, 2 000 spectateurs seulement étant présents au Golden1 Center, dont la capacité est de 17 600 places.
Avant le début du match, Mike Budenholzer, l’entraîneur des Hawks, a déclaré que le « basket pass[ait] au second plan un soir comme celui-ci ». Après le match, remporté 105-90 par son équipe, Vivek Ranadive, le propriétaire des Kings de Sacramento, s’est adressé au public, entouré de l’équipe de Sacramento et de son staff, pour exprimer son soutien à la famille de Stephon Clark.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Les représentants de Vivendi ont démissionné en bloc du conseil d’administration de l’opérateur italien, obligeant le fonds activiste Elliott à abattre son jeu. L’assemblée générale du 4 mai élira les nouveaux administrateurs.
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Vincent Bolloré joue son va-tout chez Telecom Italia

Les représentants de Vivendi ont démissionné en bloc du conseil d’administration de l’opérateur italien, obligeant le fonds activiste Elliott à abattre son jeu. L’assemblée générale du 4 mai élira les nouveaux administrateurs.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 11h30
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            

Connu pour ses talents d’activiste, Vincent Bolloré a décidé de jouer un coup de poker chez Telecom Italia, dont Vivendi détient 24 % du capital. Pris en étau entre l’establishment italien, qui critique le pouvoir du Français au sein de l’ancien monopole public local, et le hedge fund Elliott, entré par irruption au capital, Vivendi et ses alliés ont démissionné du conseil d’administration de l’opérateur italien. Sept administrateurs, parmi lesquels le président Arnaud de Puyfontaine, mais aussi Hervé Philippe, Frédéric Crépin et Félicité Herzog, ont rendu leur mandat.

« Incapable d’avancer des arguments, le conseil a simplement abandonné son poste pour gagner du temps. Pour Elliott, cette action est cynique et égoïste. C’est une nouvelle preuve que les droits des actionnaires minoritaires de Telecom Italia sont abrogés », a commenté le fonds.
Ce coup de théâtre est une réponse à Elliott qui, fort de 5,75 % du capital, demandait la révocation de 6 administrateurs de Vivendi pour placer ses propres candidats. Plutôt que lui faire une place, le groupe de médias français préfère remettre ses pouvoirs en jeu. C’est donc l’assemblée générale du 4 mai qui votera pour un nouveau conseil d’administration.
Démantèlement de l’entreprise
Vivendi présentera aux actionnaires une liste de 10 administrateurs et les contours de sa stratégie pour Telecom Italia. Elliott devra faire de même, et devra convaincre les actionnaires de son projet pour l’entreprise. Selon Bloomberg, le fonds présidé par Paul Singer a déjà rencontré une douzaine de candidats prêts à l’épauler. Il se montrerait confiant dans sa capacité de gagner les deux tiers du conseil, même si Vivendi, avec un quart du capital, est en meilleure posture.
Ces prochaines semaines, les deux groupes vont batailler ferme pour rallier les actionnaires à leurs vues. Selon le site Internet de Telecom Italia, les institutionnels italiens ne pèsent que 3,78 % du capital, et les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Pékin n’a « pas peur d’une guerre commerciale », a prévenu le ministère du commerce. Les investisseurs chinois s’inquiètent eux d’une escalade.
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La Chine réagit aux sanctions américaines par une première salve de taxes

Pékin n’a « pas peur d’une guerre commerciale », a prévenu le ministère du commerce. Les investisseurs chinois s’inquiètent eux d’une escalade.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 11h10
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

Pékin n’a pas attendu longtemps pour réagir à l’offensive commerciale déclenchée par Donald Trump, qui a annoncé des taxes sur 60 milliards de dollars de produits importés par les Etats-Unis. Avant 9 heures, vendredi matin, le ministère du commerce a publié une liste de droits de douane qu’elle pourrait imposer sur des importations de produits américains représentant 3 milliards de dollars.

Des taxes suspendues à la réaction américaine : pour l’instant, Pékin menace, mais ne ferme pas la porte à une solution négociée. « La Chine ne veut pas d’une guerre commerciale, a indiqué le ministère du commerce, dans un communiqué. Mais la Chine n’a en aucun cas peur d’une guerre commerciale. »
En d’autres termes : « La Chine est prête pour une guerre commerciale. Est-ce que celle-ci va éclater ? Cela dépend des Etats-Unis », explicite Mei Xinyu, chercheur à l’Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique, un think tank du ministère du commerce chinois.
« Un moyen de pression »
La liste chinoise des importations frappées de droits de douanes contient surtout des produits alimentaires : vin, éthanol, fruits, noix, ginseng. En tout, 120 produits seraient taxés à 15 %, si Pékin ne parvient pas à une solution négociée avec les Etats-Unis. Ces marchandises ont représenté un milliard de dollars (soit 810 millions d’euros) en Chine en 2017.
Dans un second temps, « après avoir évalué l’impact des mesures américaines sur la Chine », Pékin appliquerait une taxe de 25 % sur un deuxième groupe de huit produits, principalement le porc et l’aluminium recyclé, dont la Chine a importé l’équivalent de 2 milliards de dollars de marchandises.

Les Bourses chinoises ont accusé le coup, les investisseurs s’inquiétant de cette escalade : Shanghaï a chuté vendredi de plus de 3 % en clôture, tandis que Shenzhen, deuxième place de Chine continentale, plongeait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Stephon Clark, un jeune père de famille noir de 22 ans, a été abattu, dimanche 18 mars, par des agents du Sacramento Police Department. Les policiers pensaient qu’il était porteur d’une arme, qui s’est révélée être… un iPhone.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Pour l’économiste Pierre-Yves Gomez, la loi du XXIe siècle, aussi rusée que les « lettres de marque » du XVIIIe siècle, sert les Etats assez puissants – et principalement les Etats-Unis – pour imposer leurs règles afin de protéger leur propre commerce.
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Guerre commerciale : « Pirates et corsaires sont de retour sur la vaste mer des affaires »

Pour l’économiste Pierre-Yves Gomez, la loi du XXIe siècle, aussi rusée que les « lettres de marque » du XVIIIe siècle, sert les Etats assez puissants – et principalement les Etats-Unis – pour imposer leurs règles afin de protéger leur propre commerce.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 11h02
    |

                            Pierre-Yves Gomez (Professeur à l'Ecole de management de Lyon, EM Lyon)








                        



                                


                            

Chronique Entreprises. Au début de la mondiali­sation, au XVIe siècle, la guerre commerciale prenait une forme maritime. Le transfert de richesses de l’Amérique vers l’Europe se faisait par bateaux. Les convois étaient le cordon ombilical apportant les produits de l’exploitation des mines d’or et d’argent notamment vers l’Espagne, hyperpuissance du moment. Les intercepter avait un double avantage, économique en enrichissant ceux qui s’y adonnaient, et politique en affaiblissant la puissance adverse.
Deux acteurs intervenaient dans ces combats maritimes : les pirates et les corsaires. Le pirate agissait pour son propre compte en dehors de toute légalité ; c’était un hors-la-loi traqué par les polices des mers et pendu à l’occasion. Le corsaire, lui, exerçait une activité dûment autorisée par une « lettre de marque » de son gouvernement pour mener « la guerre de course » en s’attaquant au commerce ennemi au nom du droit de son pays.

Pour les Etats, c’était un précieux auxiliaire participant à la défense des intérêts géopolitiques des compagnies nationales. Le libre-échange mit un terme à cette forme de conflit : en 1856, par le traité de Paris, les Européens se sont interdits de s’y livrer. Ce fut la fin des corsaires après celle des pirates. Tout au moins sous ces formes anciennes. Car l’économie numérique a réactivé l’importance vitale des flux internationaux et des transferts d’information, si bien que pirates et corsaires sont de retour sur la vaste mer des affaires.
Gain abondant
Pirate se dit en anglais hacker. Le cyberpirate surfe sur les réseaux pour ouvrir une brèche dans les systèmes informatiques des entreprises. Si la victime est rarement coulée, les dégâts permettent de la fragiliser, de la rançonner en bloquant son système d’information ou de détourner des données précieuses pour les revendre à d’autres usagers. L’attaque de pirates utilisant le virus de rançon WannaCry a touché...




                        

                        

