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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Ces prélèvements seront transmis aux experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques dans un contexte de forte tension.
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Affaire Skripal : un juge britannique autorise des prélèvements sur l’espion empoisonné et sa fille

Ces prélèvements seront transmis aux experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques dans un contexte de forte tension.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 18h31
   





                        



   


Prenant en compte « l’incapacité » à prendre une décision de Sergueï et Ioulia Skripal, le juge Williams, un magistrat britannique, a autorisé jeudi 22 mars des prélèvements de sang sur l’espion russe et sa fille, empoisonnés le 4 mars, en vue de les transmettre aux experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).
Ces prélèvements doivent permettre aux experts de mener leurs propres analyses sur la substance utilisée lors de l’empoisonnement, un agent innervant de la famille Novitchok, selon le gouvernement britannique.
Rupture des relations bilatérales entre Londres et Moscou
L’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille, le 4 mars à Salisbury (Royaume-Uni), a ravivé le climat de confrontation Est-Ouest, latent depuis l’annexion de la Crimée par Moscou, en mars 2014, et a exacerbé les tensions entre Moscou et Londres, dont les relations étaient déjà glaciales.

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Tandis que Londres a accusé la « Russie de Poutine » d’avoir ordonné cet empoisonnement, et a annoncé le gel des relations bilatérales à la suite de cette affaire, la Russie a assuré que l’empoisonnement de l’agent double était soit une « attaque terroriste », soit une « mise en scène ». 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ L’ex-pilote militaire avait passé deux ans en prison en Russie avant d’être libérée et de devenir députée en Ukraine. Ses positions populistes attisaient les controverses.
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Accusée de préparer un coup d’Etat, l’ancienne héroïne ukrainienne Nadia Savtchenko a été arrêtée

L’ex-pilote militaire avait passé deux ans en prison en Russie avant d’être libérée et de devenir députée en Ukraine. Ses positions populistes attisaient les controverses.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 17h21
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 17h26
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


La chute est brutale pour celle qui fut élevée au rang d’héroïne nationale dans son pays, l’Ukraine. Jeudi 22 mars, la députée Nadia Savtchenko, célèbre pour avoir été emprisonnée durant deux années en Russie, a été arrêtée en plein Parlement par les services de sécurité ukrainiens, avant d’être conduite en prison, ukrainienne celle-là.
Quelques minutes auparavant, les députés avaient voté en faveur de la levée de l’immunité parlementaire de l’ancienne pilote militaire, accusée d’avoir préparé « un attentat terroriste de grande échelle » et planifié « l’assassinat des dirigeants du pays ». Dans la foulée, un officier du SBU, les services de sécurité, s’est présenté dans l’enceinte de la Rada inpour lire à Mme Savtchenko les charges retenues contre elle. Gardant son éternel air de défi, la jeune femme de 36 ans a été conduite hors du bâtiment.
La scène est aussi spectaculaire que les accusations portées contre cette personnalité hors du commun. Le procureur général d’Ukraine, Iouri Loutsenko, les avait détaillées le 16 mars : selon lui, le plan de Nadia Savtchenko prévoyait de « détruire à l’aide de grenades » la loge du gouvernement au Parlement, d’« abattre la coupole de l’hémicycle par des tirs de mortiers », puis d’« achever les survivants à la mitraillette ». Le plan aurait également consisté à tuer des civils pour « créer le chaos ».
Scepticisme
Ces accusations avaient suscité un certain scepticisme, le parquet général étant réputé proche du pouvoir, voire prompt à utiliser la justice à des fins politiques. Jeudi, des écoutes téléphoniques et des vidéos tournées en caméra cachée ont été diffusées aux députés. On y voit une personne ressemblant à Nadia Savtchenko discuter d’approvisionnement en armes et des modalités d’une attaque contre le quartier gouvernemental. « Je propose un coup d’Etat, dit cette personne. Il faut les liquider physiquement. Tous et en un seul moment. »

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Son complice serait le général Volodymyr Ruban, une autre figure de la vie publique ukrainienne, célèbre pour ses médiations avec les séparatistes du Donbass pour obtenir la libération de prisonniers ukrainiens. Selon Iouri Loutsenko, le parti politique de l’homme d’affaires Viktor Medvedtchouk, le Choix ukrainien, serait également partie au complot. L’homme, qui n’est pas cité nommément, est un proche du président russe Vladimir Poutine (celui-ci est le parrain de sa fille) et l’un des négociateurs ukrainiens dans les différentes discussions menées avec Moscou.
Une icône en Ukraine
Depuis l’éclatement de l’affaire, Nadia Savtchenko entretient elle-même une certaine ambiguïté. Jeudi, elle a affirmé qu’elle avait simplement « joué le jeu » auprès d’agents provocateurs envoyés pour la discréditer, dans le but de les dénoncer ensuite publiquement. Son objectif aurait été de « ridiculiser les autorités », a-t-elle affirmé mardi dernier à des journalistes. Mais à l’issue d’une audition par le SBU, la semaine passée, elle avait publiquement mis en garde dans une déclaration publique contre le fait que « beaucoup de militaires (…) sont d’accord avec l’idée d’un coup d’Etat en Ukraine ».
L’arrestation de Mme Savtchenko constitue une nouvelle étape dans la déchéance de celle qui fut érigée au rang d’icône dans son pays. Première femme pilote de l’armée ukrainienne, engagée volontaire en 2014 dans le Donbass, la jeune femme était apparue sur le devant de la scène en juin de cette même année, après sa capture par les séparatistes prorusses. Transférée en Russie, elle s’était vue accusée, sur la foi de preuves douteuses, d’être responsable de la mort de deux journalistes russes tués par un tir de mortier dans le Donbass.
Remarques antisémites
Sa hargne à se défendre, son patriotisme chevillé au corps et son éloquence face aux juges russes en avaient fait une héroïne, le parti de l’ancienne première ministre Ioulia Timochenko allant jusqu’à la faire élire députée en son absence. Condamnée à vingt-deux ans de prison, elle avait finalement été libérée au bout de deux ans, en 2016, à la faveur d’un échange de prisonniers. Elle avait alors décidé de se consacrer pleinement à la politique.

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Mais son inexpérience évidente et ses envolées radicales ou populistes avaient rapidement déçu. La jeune femme s’était aussi attiré les foudres des franges nationalistes de l’opinion en prenant des positions jugées trop tendres envers les chefs séparatistes de Donetsk et de Louhansk, avec lesquels elle négociait directement des libérations de prisonniers ukrainiens. Elle s’était aussi fait critiquer pour des remarques antisémites, et avait été exclue de la fraction parlementaire de Ioulia Timochenko.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Saisie pour la première fois sur un scandale d’agression sexuelle, la chambre basse du Parlement russe a disculpé un député accusé par trois journalistes femmes.
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En Russie, Douma et journalistes s’affrontent sur le premier cas public de harcèlement sexuel

Saisie pour la première fois sur un scandale d’agression sexuelle, la chambre basse du Parlement russe a disculpé un député accusé par trois journalistes femmes.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 16h17
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Plusieurs médias indépendants, dont TV Dojd, RTVi, la radio Echo de Moscou ou le site d’information RBK ont annoncé, jeudi 22 mars, leur intention de boycotter la Douma, la chambre basse du Parlement russe, après la décision prise dans son enceinte de clore l’affaire Sloutski, du nom du député Leonid Sloutski, 50 ans, président de la commission des affaires étrangères et première figure publique accusé de harcèlement sexuel en Russie.
Les journaux Kommersant, Vedomosti et Novaïa Gazeta ont également indiqué qu’ils ne communiqueraient plus ni avec lui ni avec les membres de la commission éthique de la Douma. Le site Republic.ru a de son côté émis l’idée, reprise par d’autres, d’accoler au nom « Douma », la mention « organisme d’Etat qui justifie le harcèlement sexuel ». Pour toute réponse, Viatcheslav Volodine, président de l’Assemblée parlementaire, a laissé entendre que les accréditations des journalistes qui participent au boycottage ne seraient pas renouvelées.

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Le bras de fer entre la Douma et les médias s’est intensifié après la réunion à huis clos, mercredi, de la commission d’éthique de l’institution chargée d’examiner l’affaire : il n’y a eu « aucune violation des règles de comportement » de la part de M. Sloutski, avait-elle conclu après une heure de débats.
Sous-entendus venimeux
Deux des trois femmes journalistes qui ont révélé, début mars, avoir été victimes d’agressions du député – Farida Roustamova, pour la BBC Russia, et Daria Jouk, productrice à TV Dojd – étaient présentes. La première avait avec elle la transcription d’un enregistrement de l’incident survenu alors qu’elle tentait d’interroger M. Sloutski dans son bureau, le 24 mars 2014, sur la présence à Moscou, ce jour-là, de Marine Le Pen, alors en pleine campagne présidentielle française. « Nous n’avons pas eu le temps de la lire, il n’y en avait qu’une copie », s’est justifiée une élue à la sortie de la commission. Malgré les protestations de Farida Roustamova, le député l’avait pressée de devenir sa maîtresse avant de lui passer la main dans l’entrejambe.
Mais loin d’être auditionnées sur le fond ou de s’attirer la moindre compassion, les deux journalistes ont eu à subir des sous-entendus venimeux des 14 députés (dont trois femmes) de la commission. Certains ont mis en avant des révélations longtemps après les faits, d’autres ont spéculé sur la compréhension de la notion de consentement, quand ils n’ont pas dénoncé un complot visant à déstabiliser la Russie et son président…
« Le tout est si bien orchestré »
« Vous dites que vous n’aviez pas l’intention de (…) créer une tempête médiatique ? Mais tout cela coïncidé avec la campagne électorale [en Russie]. Il n’y a pas synchronisation ? Le tout est si bien orchestré… », a lancé Alexandre Kareline, selon des extraits de l’audition révélés par le site Meduza. « Tous les journalistes qui ont soulevé cette question sont des journalistes occidentaux », a asséné le député tchétchène Chamsaïl Saraliev. Au final, la commission de la Douma, où ne siège plus aucun opposant agréé par le pouvoir, a tranché en balayant le premier scandale de ce genre dont elle a été saisie.
« Je ne m’attendais pas à une autre décision (…), elle était sûrement prise d’avance », confiait à la sortie Daria Jouk. Pas le moins du monde contrit, M. Sloutski arborait un visage souriant. « N’avez-vous pas honte ? », lui a demandé une journaliste. « Non », a-t-il répondu avant de clamer sa joie sur la naissance d’un petit-fils.
« Changez de métier »
La colère s’est répandue dans les rédactions indépendantes du pouvoir. « La commission d’éthique a de facto reconnu comme normale la possibilité de harceler sexuellement les journalistes », a réagi sur son site RBK. La Douma est « désormais considérée comme un lieu de travail dangereux pour les journalistes des deux sexes – vous ne savez jamais quelles sont les préférences d’un député », a abondé la radio Echo de Moscou. Cette dernière répondait ainsi au président de l’Assemblée parlementaire, M. Volodine, qui avait, au moment des révélations sur les agressions, lancé à la presse : « C’est dangereux pour vous de travailler à la Douma ? Si oui, changez de métier. »
Jeudi, sollicité à quatre reprises, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a refusé de commenter la décision de la Douma, arguant que « cela ne concerne pas la présidence ». Radio Govorit Moskva, dont une journaliste a également témoigné avoir été agressée par un élu local, a annoncé qu’elle ajouterait au nom de M. Sloutski l’accusation dont il est l’objet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Du gaz lacrymogène a été jeté, le 21 mars, en pleine séance du Parlement kosovar, pour empêcher la ratification d’une nouvelle délimitation de la frontière avec le Monténégro.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ La commission des affaires intérieures de la Chambre des communes met en garde contre les conséquences d’une sortie de l’Union européenne dans le domaine de la coopération sécuritaire.
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Westminster estime que la sécurité européenne sera en danger après le Brexit

La commission des affaires intérieures de la Chambre des communes met en garde contre les conséquences d’une sortie de l’Union européenne dans le domaine de la coopération sécuritaire.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 15h45
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Alors que l’affaire de l’espion russe empoisonné met en lumière, au Royaume-Uni, la nécessité d’une solidarité européenne en matière de sécurité, des députés britanniques ont sonné l’alarme, mercredi 21 mars : le Brexit, qui induit notamment le départ d’Europol (l’agence européenne de lutte contre la criminalité), compromet l’indispensable coopération dans ce domaine. « Perdre l’accès aux renseignements partagés peut priver la police d’informations vitales pour arrêter de dangereux criminels ou protéger des victimes », met en garde Yvette Cooper, la députée Labour qui préside la commission des affaires intérieures de la Chambre des communes.
Un rapport rendu public mercredi, à la veille du sommet européen qui doit formaliser l’octroi d’un quasi statu quo pendant une « période de transition » de vingt et un mois, après le Brexit formel du 29 mars 2019, accuse le gouvernement d’une « dramatique passivité » en la matière. Selon le document, les solutions de remplacement aux mécanismes européens réclamées par Londres ne seront pas prêtes à la fin de 2020, date de la véritable rupture avec l’UE.
Complexe de supériorité
La première ministre Theresa May répète qu’elle veut un « partenariat approfondi et particulier » concrétisé par « un haut niveau de coopération » et matérialisé par un traité spécifique avec les Vingt-Sept, applicable au début de 2021. Elle estime que la qualité des services de renseignements britannique les rend indispensables aux continentaux et qu’un accord est à portée de main, s’agissant d’intérêts partagés. « Le gouvernement paraît supposer que le rôle dominant du Royaume-Uni dans Europol et d’autres formes de coopération va faciliter la conclusion d’un accord sur mesure plus étendu que ceux conclus avec d’autres pays tiers », écrivent les députés.

Selon eux, pareil complexe de supériorité pourrait aboutir à « un réveil difficile » car la « duplication » des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Directeur général de l’Agence mondiale antidopage, Olivier Niggli salue les progrès de la Russie, mais déplore que Moscou ne reconnaisse pas la triche du passé.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

« L’antidopage en Russie va dans le bon sens », estime l’AMA

Directeur général de l’Agence mondiale antidopage, Olivier Niggli salue les progrès de la Russie, mais déplore que Moscou ne reconnaisse pas la triche du passé.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 13h13
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 13h29
    |

            Clément Guillou








                        



   


L’Agence mondiale antidopage (AMA) ne voit pas encore le bout du tunnel russe. Le Comité olympique russe a certes retrouvé sa place au Comité international olympique après une courte suspension de deux mois pour avoir mis en place, durant plusieurs années, un programme de dopage organisé avec l’aide de services de l’Etat. L’Agence russe antidopage (Rusada) a certes repris du service dans le pays et gère, sous la surveillance d’experts étrangers, un programme de contrôles qui monte en puissance. A la tête depuis septembre 2017 d’une direction renouvelée, le quinquagénaire Youri Ganus lui donne une façade plus crédible.
Mais la Rusada n’est toujours pas jugée conforme par l’AMA, faute de remplir deux critères : la reconnaissance officielle du rapport de Richard McLaren, qui en 2016 détaillait la triche organisée, et l’accès au laboratoire de Moscou, où seraient mis sous scellés plusieurs milliers d’échantillons qui pourraient permettre de confondre des sportifs russes dopés. Face à cette situation de blocage, la question russe a de nouveau été au centre du symposium annuel de l’AMA, mercredi 21 mars à Lausanne, et de l’interview accordée par son directeur général, Olivier Niggli, au Monde.
La Coupe du monde de football commence dans trois mois en Russie, un pays qui reste mis au ban de l’Agence mondiale antidopage. Cela vous pose-t-il un problème ?
Evidemment, ce serait mieux si la Russie était de retour en conformité et que les problèmes étaient résolus. Mais la Coupe du monde a été attribuée à la Russie bien avant que l’affaire sorte. Donc ce qui se passe n’est pas contraire aux règles, d’un point de vue strictement légal.
Et du point de vue de la personne chargée du respect de la lutte antidopage dans le monde ?
Oui, je trouve dommage que la Russie ne voie pas l’importance du message que ça pourrait envoyer si elle était de retour en conformité avant cette Coupe du monde.
Que pensez-vous de la réintégration rapide du comité olympique russe par le CIO, après les JO de Pyeongchang ?
Il n’y avait pas de surprise dans cette décision, qui était annoncée dès le mois de décembre. C’était attendu. Les deux cas positifs russes à Pyeongchang ne proviennent pas du système, ce sont probablement des cas individuels. Maintenant, j’espère que le CIO va continuer à nous soutenir dans l’accomplissement de notre feuille de route pour la réintégration de la Rusada.
« Grosso modo, la Rusada est une bonne agence »
Avez-vous confiance dans les contrôles qui sont faits aujourd’hui en Russie ?
Le paradoxe de la situation actuelle, c’est que beaucoup de travail a été fait pour remettre la Rusada sur les rails. Il a été bien fait, financé par les Russes, et aujourd’hui la Rusada, même si des experts internationaux sont encore là-bas et que l’Agence britannique antidopage les aide, fait du bon travail. Grosso modo, c’est une bonne agence. Les tests effectués là-bas, les nouveaux contrôleurs formés, nous satisfont. Ils ont réglé le problème des cités fermées [villes à l’accès restreint, voire interdit, aux étrangers en raison de leur rôle militaire], donc il n’y a plus d’endroit où les contrôleurs ne peuvent pas aller.
Mais la Rusada reste en non-conformité, car certaines conditions fixées depuis le début ne sont toujours pas remplies. Tout va dans le bon sens, il faut maintenant régler les deux derniers points.
Le système interne du laboratoire de Moscou, que l’AMA a récupéré, contenait un millier d’échantillons suspects concernant 60 fédérations internationales. Parmi elles, la FIFA, qui a en main des cas de footballeurs russes. Pouvez-vous être certain que ces cas seront traités d’ici au début de la Coupe du monde ?
La FIFA, sur cette question russe, a été proactive. Elle a été la première fédération à nous approcher quand on a annoncé que Grigory Rodchenkov [ancien directeur du laboratoire de Moscou, qui a servi de lanceur d’alerte dans l’affaire de dopage russe] serait potentiellement disponible pour aider. Ils ont leur propre commission d’enquête. On va voir ce qu’ils vont faire des cas, mais je n’ai pas de raison de penser qu’ils ne font pas les choses comme il faut avant la Coupe du monde.

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Pour un certain nombre d’athlètes, l’information dans le LIMS [Laboratory Information Management System – système de gestion de l’information du laboratoire] pourra suffire à sanctionner. Pour d’autres, il faudra d’autres indices, de nouveaux tests sur d’autres échantillons peut-être. Pour certains athlètes, enfin, il n’y aura pas assez d’éléments.
« Christopher Froome joue dans les règles »
Le cycliste britannique Christopher Froome fait depuis six mois l’objet d’une procédure pour un contrôle antidopage anormal et pourrait malgré tout disputer les plus grandes courses avant qu’une décision soit rendue. N’est-ce pas un échec du code mondial antidopage ?
Non, il faut respecter les droits des athlètes. Il y a un processus disciplinaire avec un droit de se défendre et d’être jugé. C’est un cas pour lequel il n’y a pas de suspension provisoire obligatoire, à partir de là tout le monde joue dans les règles, c’est comme ça.

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Ne devrait-il pas y avoir un délai maximal pendant lequel le cas doit être tranché, au moins en première instance ?
Ce serait bien, dans l’idéal, mais on a renoncé, quand on a écrit le code, à fixer un délai maximal. Car certains cas demandent plus d’investigation, plus d’expertise. Il ne faut pas que le système soit abusé, qu’il y ait des manœuvres dilatoires mises en place, et c’est le rôle des arbitres de gérer leur procédure de façon adéquate pour éviter que ça traîne de façon injustifiée. Mais il faut aussi respecter le droit de l’athlète à se défendre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le résultat du référendum consultatif organisé mercredi n’est pas encore définitif, mais le vote a mis en avant les doutes d’une partie de l’électorat à l’encontre d’une collecte massive de données personnelles au profit des services de sécurité.
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Les Pays-Bas divisés à propos d’une loi sur le renseignement

Le résultat du référendum consultatif organisé mercredi n’est pas encore définitif, mais le vote a mis en avant les doutes d’une partie de l’électorat à l’encontre d’une collecte massive de données personnelles au profit des services de sécurité.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 11h47
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Les Néerlandais, appelés mercredi 21 mars à renouveler leurs conseils municipaux, devaient aussi se prononcer pour ou contre une nouvelle loi sur les pratiques des services de renseignement. Et, à la surprise générale, le « non » pourrait l’emporter de justesse, selon les dernières estimations publiées dans la nuit par l’agence de presse ANP. Un sondage réalisé à la sortie des urnes avait indiqué, dans la soirée, que les deux camps étaient au coude-à-coude : 49 % des votants pour le texte, 48 % contre, et 3 % de votes blancs.
Il faudra peut-être attendre le 29 mars, date de la publication des résultats définitifs, pour savoir ce qu’il adviendra du projet, censé entrer en vigueur le 1er mai. Il donne à l’AIVD et au MIVD (les renseignements civil et militaire) des pouvoirs beaucoup plus étendus, en ouvrant la voie à la collecte massive de données dans le cadre de la lutte antiterroriste. Le texte élargit aussi considérablement le champ de la transmission des renseignements collectés à des pays étrangers.

Des sondages publiés au cours des derniers jours avaient surtout illustré la large méconnaissance des citoyens : 40 % d’entre eux ignoraient la possibilité offerte aux services de collecter des données et 70 % ne savaient pas que ces renseignements pouvaient être transmis aux services d’autres États.
Adaptation d’une loi de 2002
C’est sous la pression des experts du renseignement que le gouvernement a adapté, l’an dernier, une loi datant de 2002 et jugée insuffisante face à l’évolution technologique. L’ancien texte empêchait notamment l’interception des communications téléphoniques ou des courriels transmis via les câbles Internet. Une large majorité parlementaire avait adopté ce nouveau texte, sans vrai débat, en 2017. Un parti qui compose l’actuelle majorité du gouvernement Rutte III, D66 (Democraten 66, centristes réformateurs), s’y était toutefois opposé.
C’est un groupe d’étudiants qui, s’appuyant sur la loi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ L’audiovisuel public en Europe 3/5. Critiqué par les médias privés et le gouvernement libéral-conservateur, le groupe Danmarks Radio s’inquiète pour son avenir.
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La radio-télévision danoise sous pression populiste

L’audiovisuel public en Europe 3/5. Critiqué par les médias privés et le gouvernement libéral-conservateur, le groupe Danmarks Radio s’inquiète pour son avenir.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 11h38
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 15h49
    |

                            Anne-Françoise Hivert (envoyée spéciale à Copenhague)








                        



                                


                            

L’imposante statuette dorée trône sur une étagère, au fond de son bureau, logé dans l’énorme cube en verre de Danmarks Radio (DR), l’organisme danois de radio-télévision publique, sis dans le sud de Copenhague. Ancienne directrice de son département juridique, Maria Rorbye Ronn, 54 ans, en assure la direction depuis 2011.

L’Emmy lui a été décerné lors d’une cérémonie qui s’est tenue à New York, en 2016. Un moment charnière de sa carrière. « J’ai réalisé à quel point nos séries, qui ont été vues par plus de 250 millions de téléspectateurs, avaient contribué à faire connaître notre pays et notre style de vie à l’étranger, assurant ainsi la mission de service public qui est la nôtre », explique-t-elle.
Supprimée, la redevance annuelle sera remplacée par un impôt progressif
L’argument semble avoir laissé de marbre le gouvernement libéral-conservateur de Lars Lokke Rasmussen et son allié populiste au Parlement, le Parti du peuple danois (Dansk Folkeparti, DF). Engagés dans des négociations sur le financement public des médias, ils ont annoncé, vendredi 16 mars, qu’ils étaient parvenus à un accord prévoyant notamment une réduction de 20 % du budget de l’entreprise danoise sur cinq ans, ainsi que la suppression de la redevance annuelle de 2 343 couronnes (315 euros), qui sera remplacée par un impôt progressif.

« L’objectif est de réduire le coût de l’audiovisuel public pour les Danois et de rétablir la ­diversité dans les médias », souligne Alex Ahrendtsen, responsable des questions culturelles chez DF. L’idée n’est pas neuve. Elle a été émise vers 2010 par Danske Medier, l’Association des médias danois, qui regroupe 300 éditeurs.
« DR se trouve en situation de monopole »
La presse écrite traverse alors une crise profonde. Le coupable est tout trouvé : l’audiovisuel public. « Les dirigeants des groupes privés ont lancé une campagne politique contre DR, en disant qu’elle détruisait la ­concurrence,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ A Rome, l’intervention internationale en Libye, en 2011, et le rôle joué par l’ancien président font l’objet d’une lecture radicalement différente.
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Vue d’Italie, la mise en examen de Sarkozy rappelle les fantômes de la guerre en Libye

A Rome, l’intervention internationale en Libye, en 2011, et le rôle joué par l’ancien président font l’objet d’une lecture radicalement différente.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 11h41
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            
« Tu rigoles moins maintenant, Sarkozy ! » Le titre sarcastique barre la « une » de l’édition d’Il Giornale de mercredi 21 mars, au-dessus d’une photographie montrant l’alors président français et la chancelière allemande, hilares, en octobre 2011, alors qu’on venait de leur poser une question sur l’Italie en pleine tempête financière. Plus encore que le reste de la presse italienne, qui a fait un large écho à la garde à vue et à la mise en examen de Nicolas Sarkozy, dans le cadre d’une enquête pour des soupçons de financement illégal de la campagne présidentielle 2007, le quotidien de droite, propriété de la famille Berlusconi, a consacré sa « une » et trois pages à l’événement.

Il faut dire que le contentieux entre les deux hommes est particulièrement vif depuis la chute du gouvernement italien, en novembre 2011, pour laquelle Silvio Berlusconi attribue une grande responsabilité à Nicolas Sarkozy. Mais en dehors de cette haine personnelle, dont Il Giornale se fait régulièrement le porte-voix, la presse italienne dans son ensemble a souligné que la mise en cause par la justice française de l’ancien président jetait une lumière crue sur un autre contentieux franco-italien particulièrement profond : l’intervention internationale en Libye, en 2011, qui fait l’objet, de part et d’autre des Alpes, de lectures radicalement différentes.
Plus que la campagne de 2007, c’est bien cet épisode, dans lequel la France a joué un rôle central, qui, après la mise en cause de Nicolas Sarkozy, prend un sens radicalement nouveau. Pour le Corriere della Sera (centre droit), « même si le cadre international d’une résolution de l’ONU a été respecté et si l’opinion publique européenne était plutôt favorable à la fin du régime, séduite par l’espérance de démocratie du monde arabe », c’est bien Nicolas Sarkozy qui a « appuyé sur l’accélérateur et fait décoller ses bombardiers », en mars 2011, faisant peu de cas des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ « The Killing », « Borgen », « Bron », « Les Héritiers »... Le monde entier s’arrache les séries danoises, ainsi que leurs scénaristes et acteurs, désormais sollicités sur de grands projets internationaux.
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Danmarks Radio, la fabrique de séries à succès

« The Killing », « Borgen », « Bron », « Les Héritiers »... Le monde entier s’arrache les séries danoises, ainsi que leurs scénaristes et acteurs, désormais sollicités sur de grands projets internationaux.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 11h47
    |

                            Anne-Françoise Hivert (envoyée spéciale à Copenhague)








                        



                                


                            

Une série en cinq épisodes sur la communauté danoise en Tanzanie, dans les années 1970, inspirée de la trilogie africaine de l’écrivain Jakob Ejersbo. Le sujet de la dernière grosse production de DR, diffusée depuis le 25 février, le dimanche à 20 heures, aurait pu décourager les téléspectateurs. Surtout que la chaîne concurrente TV2 sortait l’artillerie lourde avec sa nouvelle série à suspense, Greyzone.

Pourtant, 860 000 Danois se sont postés devant leur petit écran pour suivre le premier épisode de Liberty et plus de 200 000 l’ont regardée en télévision de rattrapage sur le site de DR1. Soit plus d’un million de personnes, dans un pays de 5,7 millions d’habitants. Un chiffre moins élevé serait considéré comme un échec pour la chaîne, qui, dans le contrat de ses scénaristes et producteurs, s’est fixé comme objectif le million de téléspectateurs.
Le record a été atteint en février 2004, lors de la diffusion d’un épisode de Kroniken, qui raconte la vie de quatre Danois après la seconde guerre mondiale (2,7 millions de personnes devant leur télévision à 20 heures). Ce soir-là, le trafic à l’entrée de Copenhague a été divisé par deux, et aucun appel d’urgence n’a été enregistré dans la capitale danoise.
« Nous encourageons la prise de risque artistique »
Le dépoussiérage de la fiction chez DR a commencé dans les années 1980. Ses dirigeants se sont rendus aux Etats-Unis pour y puiser leur inspiration. Ils y ont découvert le rôle du scénariste. Le budget de la fiction – 276 millions de couronnes (37 millions d’euros) en 2016, soit environ 9 % des programmes de DR – est négocié sur quatre ans. Le scénariste est embauché pour toute la durée du projet, y compris la phase de développement. Afin d’attirer les meilleurs, DR leur propose de venir accompagnés de leur équipe.
En 2007, la série policière The Killing, coproduite avec les Allemands de la ZDF, révolutionne le genre : vingt épisodes pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Les écologistes et les partis d’implantation locale progressent au détriment des sociaux-démocrates et de la gauche radicale, tandis que l’extrême droite stagne malgré l’obtention de quelques sièges.
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Après les municipales néerlandaises, un paysage politique fragmenté

Les écologistes et les partis d’implantation locale progressent au détriment des sociaux-démocrates et de la gauche radicale, tandis que l’extrême droite stagne malgré l’obtention de quelques sièges.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 11h31
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Appelés à renouveler leurs conseils municipaux, mercredi 21 mars, les électeurs néerlandais ont fait deux vainqueurs : la gauche écologiste et les partis d’implantation locale, qui progressent dans tout le royaume. Le Parti du travail (PvdA, social-démocrate) recule encore après ses lourdes défaites aux municipales de 2014 et aux législatives de 2017. Il est sanctionné dans toutes les grandes villes, où le Parti socialiste (SP, gauche radicale) perd, lui, de 30 % à 50 % de ses électeurs.
C’est le parti GroenLinks, du jeune leader Jesse Klaver, qui récupère apparemment une grande part des électeurs de gauche. La formation écologiste est la première à Amsterdam et Utrecht, et y devance désormais D66 (Democraten 66), le parti réformateur et proeuropéen qui s’est allié au premier ministre libéral, Mark Rutte, pour former un gouvernement. Les électeurs l’ont davantage sanctionné que ses alliés au sein de la coalition. L’un des partenaires de D66 au gouvernement, l’Appel chrétien-démocrate (CDA, droite), est même devenu le plus grand parti du pays.
« Valeurs musulmanes »
Une performance qui doit toutefois être nuancée, car c’est l’émiettement du paysage politique qui frappe. A La Haye, c’est le Groupe De Mos, une liste locale emmenée par un dissident du Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders qui arrive en tête. A Rotterdam, les populistes de Leefbaar Rotterdam conservent la première place, mais perdent des plumes tandis que Nida, un parti qui défend les « valeurs musulmanes », dépasse les 5 %. On note aussi, dans la ville portuaire comme dans la capitale et à Utrecht, l’apparition d’élus de Denk, une formation créée par des sociaux-démocrates dissidents et apparemment financé par le régime turc. Dans les villes moyennes, ce sont les listes locales qui enregistrent souvent les plus fortes progressions.
Le PVV de Geert Wilders, cantonné jusqu’ici à La Haye et Almere, obtient, lui, quelques sièges à Rotterdam, Utrecht ou Enschede, sans toutefois renouveler ses performances antérieures. Le Forum pour la démocratie, du juriste Thierry Baudet, qui le concurrence désormais sur les thèmes de l’identité et de l’europhobie, conquiert ses deux premiers sièges à Amsterdam, avec quelque 5 % des suffrages.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Malgré ses propos complotistes et aux relents antisémites, le premier ministre hongrois reste choyé par le camp conservateur.
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En Hongrie, Viktor Orban radicalise son discours, tout en restant au Parti populaire européen

Malgré ses propos complotistes et aux relents antisémites, le premier ministre hongrois reste choyé par le camp conservateur.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 16h08
    |

                            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        



   


Au niveau européen, le Fidesz de Viktor Orban appartient au Parti populaire européen (PPE), le groupe parlementaire qui rassemble plusieurs formations conservatrices à Strasbourg, dont Les Républicains de Laurent Wauquiez et la CDU d’Angela Merkel. Le président du groupe parlementaire, Manfred Weber, et le président du PPE, le Français Joseph Daul, sont régulièrement critiqués pour leur complaisance à l’égard du premier ministre hongrois, maintes fois accusé, sans conséquences, de graves dérives autoritaires.
En visite à Budapest, mardi 20 mars, Manfred Weber s’est réjoui en entendant M. Orban l’ assurer de son maintien dans leurs rangs : « Aux élections européennes de 2019, le Fidesz se tiendra aux côtés du PPE », a affirmé le chef du gouvernement hongrois, mettant fin à toute spéculation de mise à l’écart. « Nous en sommes fiers (…). C’est vrai que nous nous situons à la droite de ce courant politique. Mais le PPE est une grande tente au sein de laquelle notre genre de partis a aussi sa place. »
Viktor Orban entend donc rester un membre à part entière de la famille politique dominant actuellement le paysage politique européen, tout en continuant à jouer une partition toujours plus singulière, depuis le début de la crise des migrants.

        Lire aussi :
         

                Le « dégagisme » populiste s’étend en Europe



Sans « fausse pudeur »
En campagne pour sa réélection en vue des législatives du 8 avril, il a en effet tenu des propos, le 15 mars que mêmes certains partis européens d’extrême droite n’oseraient pas assumer publiquement. C’était à l’occasion de la fête nationale, marquant le 170e anniversaire de la révolution d’indépendance hongroise (1848).
Devant plusieurs dizaines de milliers de personnes, il a repris à son compte – sans « fausse pudeur », comme il dit – les théories du complot développées par les cercles les plus radicaux. « Ce n’est pas contre nos partis d’opposition anémiés que nous devons lutter, mais contre un réseau international structuré en empire, a-t-il affirmé. Contre des médias entretenus par des groupes étrangers et des oligarques de l’intérieur (…), contre le réseau des ONG financées par les spéculateurs internationaux, englobé et incarné dans la personne de George Soros. » 
Selon lui, ce milliardaire juif américain d’origine hongroise organiserait ce que l’extrême droite appelle le « grand remplacement » des populations européennes, avec l’aide de la Commission européenne (dirigée par un membre du PPE, Jean-Claude Juncker). « Si nous laissons faire, sur les deux décennies à venir, des dizaines de millions de migrants prendront la route de l’Europe à partir de l’Afrique et du Proche-Orient. La partie occidentale de l’Europe regarde tout cela les bras croisés (…). Les jeunes d’Europe occidentale connaîtront le jour où ils se retrouveront en minorité dans leur propre pays. » 
Hors de l’UE, Orban cite notamment comme « camarades de combat » les Etats-Unis, qui ont « élu un président hostile à l’immigration »
Le ton a parfois des relents des années 1930 : « Nous avons affaire à un adversaire qui est différent de nous. Il n’agit pas ouvertement, mais caché, il n’est pas droit, mais tortueux, il n’est pas honnête, mais sournois, il n’est pas national, mais international, il ne croit pas dans le travail, mais spécule avec l’argent, il n’a pas de patrie parce qu’il croit que le monde entier est à lui (…). Nous avons fini par renvoyer chez eux le sultan et ses janissaires, l’empereur Habsbourg et ses fidèles, les soviets et leurs camarades, et maintenant nous allons en faire autant avec l’Oncle George et son réseau. S’il te plaît, retourne en Amérique et occupe-toi plutôt du bonheur des Américains. »
Ces propos sont désormais repris en boucle par tous les membres du Fidesz, qui les propagent comme autant « d’éléments de langage ». Viktor Orban se sent autorisé à les endosser, car la Hongrie aurait été rejointe, dans un combat mené auparavant en solitaire depuis son élection en 2010, par la Pologne, la Slovaquie, la République tchèque, l’Autriche et désormais les Italiens « qui ont dit non à l’immigration » à l’occasion des dernières élections. Hors de l’Union européenne, il cite également comme des « camarades de combat » les Etats-Unis qui ont « élu un président hostile à l’immigration », les Britanniques qui ont « choisi leur propre voie » et Israël qui « tient toujours ».

        Lire aussi :
         

                Europe : « Les courants populistes ont cessé d’être des exceptions pour devenir la règle »



Selon l’analyste politique Peter Kreko, directeur du think tank Political Capital, l’homme fort de Budapest souhaite « renforcer l’extrême droite et non la droite. Il est très intéressé par un remplacement des élites en Europe. Il espère que toutes les crises que vit actuellement le continent, et en premier lieu la crise migratoire, vont balayer le mainstream actuel ». Au sein duquel, pourtant, on ne lui connaît pas que des ennemis.
Mise à jour du mercredi 22 mars à 15 h 45 : une version initiale de cet article mentionnait la présence de Joseph Daul à Budapest. Cette erreur a été corrigée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Pour Iñigo Errejon, l’un des penseurs du parti espagnol Podemos, l’avenir de l’Europe se résume à un affrontement entre populisme progressiste et populisme réactionnaire.
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Europe : « Les courants populistes ont cessé d’être des exceptions pour devenir la règle »

Pour Iñigo Errejon, l’un des penseurs du parti espagnol Podemos, l’avenir de l’Europe se résume à un affrontement entre populisme progressiste et populisme réactionnaire.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 10h47
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 18h38
    |

            Alain Salles








                        



                                


                            
Iñigo Errejon, ancien numéro 2 de Podemos, où il est secrétaire chargé de la politique et des analyses, commente les résultats des dernières élections en Europe. Auteur avec la philosophe Chantal Mouffe de Construire un peuple (éditions du Cerf, 2017), il s’est opposé à Pablo Iglesias, notamment sur la question des alliances avec le Parti socialiste espagnol.
Comment interprétez-vous le résultat des élections italiennes ?
Avec les élections en Italie se termine une période d’élections, en Espagne, en France, en Allemagne, qui montre que le système politique traditionnel est en train de s’effondrer. Les principales victimes sont les partis sociaux-démocrates et les vainqueurs sont les courants populistes qui ont désormais cessé d’être des exceptions pour devenir la règle. Les forces qui ont continué à coller à la « troïka » européenne ont payé un lourd prix électoral. Le progressisme politique doit s’éloigner de la politique économique européenne inspirée par l’Allemagne.
Peut-on mettre dans le même sac le Mouvement 5 étoiles, la Ligue du Nord et Podemos ?
Le grand débat sera autour de la direction que prendra ce moment populiste en Europe. Le point commun est qu’il y a un besoin d’ordre et de sécurité au sein de la communauté nationale. Mais il y a une différence cruciale entre les progressistes et les réactionnaires. Pour les progressistes, la communauté nationale est un projet civique, une construction autour des citoyens, alors que, pour les réactionnaires, il s’agit surtout d’une communauté ethnique.
L’autre différence entre les deux courants populistes porte sur les institutions et la République. Il s’agit de trouver le bon équilibre entre les institutions, la séparation des pouvoirs et le principe de contrôle entre eux, alors que, pour les réactionnaires, il faut annuler les différences, limiter la séparation des pouvoirs et les moyens de contrôle.

Dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Election après élection, les partis traditionnels reculent, laissant le centriste Emmanuel Macron de plus en plus isolé.
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Le « dégagisme » populiste s’étend en Europe

Election après élection, les partis traditionnels reculent, laissant le centriste Emmanuel Macron de plus en plus isolé.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 15h28
    |

            Philippe Ricard, 
Jérôme Gautheret (Rome, correspondant), 
Sandrine Morel (Madrid, correspondance), 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen) et 
Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

C’est le grand espoir d’Emmanuel Macron dans la perspective des élections européennes de 2019 : faire émerger un groupe parlementaire en tablant sur la recomposition du paysage politique européen. Le chef de l’Etat imagine que ses succès électoraux de 2017 vont faire tache d’huile en Europe et lui permettre de disposer d’alliés « En marche ! » dans le prochain hémicycle. Rien n’est moins sûr, même si le paysage politique européen fait l’objet de multiples secousses.
De fait, la vie politique continentale est marquée par une double lame de fond : le recul des partis classiques de gouvernement et un fort vent de « dégagisme ». Cette dynamique a débouché en France sur un affrontement inédit au second tour de la présidentielle entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen – un duel très suivi en Europe, qui a conduit à la victoire d’un centriste proeuropéen sur une des figures de l’extrême droite europhobe.
« Ce qui s’est passé en France peut se reproduire : on assiste à une recomposition qui oppose maintenant ouvertement les partisans de l’ouverture, pro-européens, avocats du libre-échange, aux partisans du repli national eurosceptique et protectionniste, juge l’essayiste Laurent Cohen-Tanugi, auteur de Résistances, la démocratie à l’épreuve (Editions de l’Observatoire, 128 pages, 15 euros). La tendance est générale, même si chaque pays connaît des formes différentes de ce mouvement. »

« Les conditions du précipité chimique survenu en France sont cependant assez uniques, étant donné les modes de scrutin et la culture politique de nos voisins européens », relativise Yves Bertoncini, le président du Mouvement européen en France. Le mode de scrutin – majoritaire à deux tours – a en effet permis au fondateur d’En Marche !, arrivé avec 24 % en tête du premier tour de la présidentielle, de disposer d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale quelques semaines plus tard. Une équation difficile à imaginer dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Après deux jours d’intenses tractations avec l’administration américaine, la commissaire européenne au commerce aurait décroché une exemption totale pour l’UE.
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Guerre commerciale : Washington prêt à exempter l’UE des taxes sur l’acier et l’aluminium

Après deux jours d’intenses tractations avec l’administration américaine, la commissaire européenne au commerce aurait décroché une exemption totale pour l’UE.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 17h52
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Fumée blanche. Selon nos informations, la commissaire européenne au commerce Cecilia Malmström, de retour de Washington jeudi 22 mars après deux jours d’intenses discussions avec l’administration Trump, a décroché une exemption totale pour l’Union européenne (UE), qui devrait donc échapper aux taxes sur ses exportations vers les Etats-Unis de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium vers les Etats-Unis. Donald Trump avait brandi cette menace le 8 mars et donné 15 jours à Bruxelles pour négocier une exemption.
« Les 28 Etats européens devraient tous bénéficier de cette exemption, mais on ne sait pas encore si elle est temporaire ou définitive », soulignait une source européenne jeudi matin. « Il a été en outre décidé que soit créé entre Américains et Européens un groupe de haut niveau pour discuter plus largement des sujets commerciaux, du déficit commercial des Etats-Unis vis-à-vis de l’Europe, des tarifs bilatéraux entre UE et Etats-Unis et de la question des surcapacités chinoises », ajoute cette source.
Robert Lighthizer, le représentant américain au commerce, a aussi déclaré jeudi devant le Congrès américain que l’Union européenne et plusieurs autres pays seraient pour le moment exemptés de ces taxes.
Les Européens, certainement soulagés d’éviter au moins momentanément une guerre commerciale ouverte avec leur principal allié au niveau international, s’attendaient à ce que Donald Trump confirme leur exemption jeudi soir, heure de Bruxelles. Probablement au moment où le président américain confirmera, a contrario, des sanctions commerciales contre la Chine qu’il accuse de vol de propriété intellectuelle.

L’agence Reuters avait rapporté la semaine dernière que le président américain voulait imposer jusqu’à 60 milliards de dollars (49 milliards d’euros) de droits de douanes sur des importations de produits chinois. La décision américaine s’appuiera sur la Section 301 du Trade Act, la loi de 1974 sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Après avoir abandonné les Kurdes, écrit Christine Valain dans une tribune au « Monde », je ne suis pas fière d’être française aujourd’hui ! Les Kurdes ont eu plus de cran que nous, ils se sont battu pour des valeurs qui devraient nous êtres chères « liberté égalité fraternité ».
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« Le drapeau turc flotte sur Afrin ! Le rêve démocratique kurde est tombé ! »

Après avoir abandonné les Kurdes, écrit Christine Valain dans une tribune au « Monde », je ne suis pas fière d’être française aujourd’hui ! Les Kurdes ont eu plus de cran que nous, ils se sont battu pour des valeurs qui devraient nous êtres chères « liberté égalité fraternité ».



Le Monde
 |    22.03.2018 à 09h56
    |

Christine Valain (Citoyenne)







                        



                                


                            

Tribune. Recep Tayyip Erdogan, maître dans l’art de la duplicité, membre de l’OTAN mais ami de la Russie et des fondamentalistes, nargue le monde entier ! C’est bel et bien une invasion et, comme il ne cesse de le répéter, il ne va pas s’arrêter là !
Toute guerre est effroyable, violente et injuste, mais être trahi par ses alliés est pire que tout. Et les Kurdes sont lâchement abandonnés par la coalition dont fait partie la France. Alors ce soir et comme beaucoup de mes concitoyens, je vais exprimer ma honte et je voudrais que nos décideurs regardent leurs femmes, leurs époux, leurs enfants, que leur viennent à ce moment-là les images de ces femmes Yézidies brûlées vives parce qu’elles ont refusé de servir d’esclaves sexuelles, de ces femmes violées par des islamistes sanguinaires, de ces hommes assassinés, décapités sous les yeux de leurs proches, de ces combattant(e)s torturé(e)s, mutilé(e)s en défendant leurs terres, de ces corps d’enfants démembrés par les bombes ou les balles.

Qu’ils se mettent un instant à la place de ce peuple kurde et qu’ils imaginent les sentiments que peuvent ressentir ces hommes et ces femmes à l’encontre de l’Occident qui les a abandonnés à leur sort alors qu’ils sont morts par milliers pour épargner la vie de nos soldats et pour une cause qui étaient bien plus la nôtre que la leur. S’imaginer un instant qu’ils ont combattu Daesh sans qu’on ne leur ait rien promis serait prendre les gens pour des idiots !
Une rançon de 3 milliards
Parce qu’à un moment il faudra bien prendre « NOS » responsabilités. Il est faux et vain de se réfugier derrière des « c’est compliqué ! » ou des « La Turquie fait partie de l’OTAN ! », quand à la fin, on se rend compte que l’Allemagne continue de vendre des armes à Ankara, que l’Europe paie une rançon de 3 milliards [d’euros] pour que la Turquie garde les réfugiés sur son sol et que Etats-Unis et Russie se querellent cette zone pour un gazoduc !
Il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ L’agence de presse Reuters, qui a dépêché des journalistes dans 12 bureaux de vote à travers la Russie, a constaté que 17 électeurs avaient voté plusieurs fois.
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Soupçons de fraude en Russie : des journalistes de Reuters surprennent des électeurs à voter deux fois

L’agence de presse Reuters, qui a dépêché des journalistes dans 12 bureaux de vote à travers la Russie, a constaté que 17 électeurs avaient voté plusieurs fois.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 21h38
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 22h43
   





                        



   


La victoire de Vladimir Poutine dès le premier tour de l’élection présidentielle russe est émaillée de soupçons de fraudes. Avec 76,7 %, soit plus de 56 millions de voix, il est arrivé très loin devant ses adversaires avec une participation supérieure à la présidentielle de 2012, au prix, selon l’opposition et d’ONG russes, de milliers d’irrégularités : bourrages d’urnes et électeurs emmenés par autocars entiers sous la pression de leurs employeurs.

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En Russie, la fraude électorale est « une seconde nature, un sport national », rapporte l’agence de presse Reuters, qui a dépêché, dimanche 18 mars, des journalistes dans douze bureaux de vote à travers la Russie. Ainsi, Ludmila Skliarevskaïa, identifiée par une collègue comme étant la directrice adjointe de l’hôpital d’Oust-Djegouta, a voté par deux fois, dans les bureaux de vote 216 puis 215 de cette ville de 30 000 habitants de la république de Karatchaïevo-Tcherkessie, dans le Caucase du Nord. Une pratique appelée le « carrousel ».
Comme elle, 17 autres électeurs ont été photographiés par les observateurs de Reuters. Selon l’agence, nombre d’entre eux étaient des fonctionnaires, utilisant des minibus des administrations locales, pour se rendre d’un bureau de vote à l’autre.

Vladimir Putin enjoyed a record-breaking victory on Sunday... but this is the picture @Reuters reporters across Rus… https://t.co/UlpU7JUs03— polina__ivanova (@Polina Ivanova)


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« Ce n’est pas moi »
Lorsque les journalistes de Reuters ont montré les photos de ces électeurs votant dans deux bureaux de vote, Leïla Koïchouïeva, membre de la commission électorale locale a rétorqué qu’il pouvait s’agir de « jumeaux ». Reuters a alors retrouvé 7 des 17 électeurs qui ont tous nié avoir voté deux fois ou refusé de s’exprimer.
Quant à Ludmila Skliarevskaïa, elle s’est contentée de déclarer : « Ce n’est pas moi. » Elle a affirmé avoir voté une seule fois, dans le bureau de vote 217, avant de faire remarquer aux journalistes de l’agence de presse qu’ils n’avaient pas à se mêler du processus électoral en Russie. Marat Chakmanov, le patron de l’hôpital a, pour sa part, affirmé qu’il ne pensait pas qu’un membre de son établissement puisse avoir violé les règles électorales.

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Dans les 12 bureaux de vote observés par Reuters, le taux de participation était supérieur au nombre d’électeurs dénombrés par les journalistes. Ainsi, dans le bureau de vote 265 de Simferopol, une ville de 337 285 habitants en République de Crimée, les journalistes de Reuters ont compté 797 votants, contre les 1 325 votants dénombrés par les services électoraux. La responsable du bureau de vote a affirmé à Reuters que des observateurs indépendants – pourtant membres du parti Russie unie, du président Poutine – n’avaient relevé aucune irrégularité.
Délit
Le bourrage d’urnes est considéré comme un délit, passible d’une amende. Pour sa part, Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, a déclaré que, « si les infractions constatées par Reuters sont confirmées par une enquête officielle, alors c’est grave. Si rien ne les corrobore, alors ce n’est rien ».
L’opposition russe, et en premier lieu l’adversaire le plus acharné du pouvoir Alexeï Navalny, interdit de participation au scrutin et qui avait appelé au boycottage, a, elle aussi, accusé les autorités d’avoir gonflé le taux de participation en recourant de nombreuses fraudes, dont le bourrage d’urnes et le transport massif d’électeurs vers les bureaux de vote.
L’ONG russe Golos a recensé près de 3 000 irrégularités. La présidente de la commission électorale Ella Pamfilova a estimé que les élections avaient été « transparentes au maximum », en passant en revue en direct à la télévision quelques cas de fraudes signalés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Mgr Dario Vigano avait présenté une version tronquée d’une lettre de l’ancien pape Benoît XVI, dans laquelle il semblait apporter son soutien public à son successeur.
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Le pape François contraint de démettre son ministre de la communication

Mgr Dario Vigano avait présenté une version tronquée d’une lettre de l’ancien pape Benoît XVI, dans laquelle il semblait apporter son soutien public à son successeur.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 18h13
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 10h49
    |

            Cécile Chambraud








                        



   


On ne manipule pas impunément les mots d’un pape, fût-il émérite. Pour avoir enfreint cette évidence, Mgr Dario Vigano, le puissant « ministre » de la communication du Vatican, vient d’être démis de ses fonctions de préfet (chef) du nouveau secrétariat à la communication. Le pape François, qui en avait fait l’un des rouages importants de sa réforme de la curie, a accepté sa démission, non sans « une certaine difficulté », de son propre aveu. Le directeur de la salle de presse du Vatican, Greg Burke, a rendu publique cette décision mercredi 21 mars. Elle vise à dénouer le psychodrame qui tient en haleine depuis dix jours le petit monde des vaticanistes, qui l’ont affublé d’un titre aux relents de scandale : le « Lettergate ».
L’affaire a commencé le 12 mars. Ce jour-là, veille du cinquième anniversaire de l’élection du pape François, Mgr Vigano présente aux quelques journalistes présents à un point de presse une collection de onze volumes éditée par la Librairie éditrice vaticane. Onze théologiens y commentent la pensée du pape François, que certains secteurs conservateurs de l’Eglise, qu’il irrite, accusent de manquer d’épaisseur, par comparaison avec ses deux prédécesseurs immédiats, en particulier Benoît XVI.
Lors de cette séance, Mgr Vigano lit quelques phrases tirées d’une lettre que lui a adressée Benoit XVI, à qui il avait demandé une contribution, sur cette initiative éditoriale. Retiré dans un monastère du Vatican depuis sa démission retentissante le 11 février 2013, le pape émérite a écrit : « J’applaudis à cette initiative qui veut s’opposer et réagir contre le préjugé insensé selon lequel le pape François serait un homme purement pratique, privé d’une formation théologique ou philosophique, tandis que je serais moi-même un théoricien de la théologie qui n’aurait pas compris grand-chose de la vie concrète d’un chrétien d’aujourd’hui. Ces petits volumes montrent, à juste titre, que le pape François est un homme d’une profonde formation philosophique et théologique et aident donc à voir la continuité intérieure entre les deux pontificats, même avec toutes les différences de style et de tempérament ».
Touches ironiques
Dans la bouche de Mgr Vigano, cette citation vise bien sûr à battre en brèches le procès fait au pape argentin par ces milieux conservateurs, souvent qualifiés de « ratzinguériens » car proches de la pensée de l’ancien pape allemand. Le préfet lit aussi le second paragraphe de la lettre. On peut y percevoir quelques touches ironiques lorsque l’ancien pape explique qu’il ne peut rédiger la « brève et dense page théologique » qui lui est demandée sur ces volumes car « il a toujours été clair que je n’écrirais et que je ne m’exprimerais jamais que sur les livres que j’aurais vraiment lus », ce qui n’est pas et ne sera pas le cas de ceux-ci « dans un avenir proche ».

   


Ce deuxième paragraphe ne figure pas dans le communiqué diffusé le soir même par le secrétariat à la communication. Les services de Mgr Vigano publient même une photo à la composition léchée où les onze tomes voisinent avec la lettre de Benoît. Mais seul le premier paragraphe est lisible sur la photo. En bas de la première page, le début du deuxième est flouté. Quant à la seconde page de la lettre, elle ne dépasse de la pile d’ouvrages que pour dévoiler la signature de Benoît.
Le plus embarrassant était à venir. Cinq jours plus tard, Sandro Magister, un vaticaniste souvent acide à propos du pape François, rendait public le troisième paragraphe de cette lettre, dissimulé par la pile d’ouvrages sur la photo. Benoît XVI y exprime sa « surprise » de voir figurer, parmi les contributeurs de cette collection, un théologien (le professeur Hünermann) qui, « au cours de [s]on pontificat, s’est distingué pour avoir mené des initiatives anti-papales », attaquant notamment « l’autorité magistérielle du pape de manière virulente ». « Je suis certain que vous comprendrez mon refus », concluait le pape retraité.
Démission acceptée à regret
Ni la publication intégrale de la lettre par la salle de presse, le 17 mars, ni l’affirmation du secrétariat à la communication qu’il n’y avait eu aucune volonté de manipulation de l’information n’étaient par la suite parvenues à faire cesser la controverse.
Par sa lettre, le pape François montre qu’il n’accepte qu’à regret le départ de Mgr Vigano. Celui-ci a conduit à marche forcée, et parfois un peu brutalement, le regroupement sous son autorité et la réorganisation de tous les médias du Vatican (Radio Vatican, la télévision CTV, le site Internet, l’Osservatore Romano, les réseaux sociaux, les éditions). D’ailleurs, François lui demande de demeurer au secrétariat en tant que « conseiller » du futur nouveau préfet. Mgr Vigano perd son titre, mais peut-être pas sa fonction.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Un rapport en possession de l’état-major de l’armée souligne que les 54 appareils F-16 américains de la défense pourraient voler six années de plus, ce qui reporterait la date de leur renouvellement de 2023 à 2029.
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En Belgique, le renouvellement des avions de chasse vire au cauchemar

Un rapport en possession de l’état-major de l’armée souligne que les 54 appareils F-16 américains de la défense pourraient voler six années de plus, ce qui reporterait la date de leur renouvellement de 2023 à 2029.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 15h32
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Le marché pour le renouvellement des avions de chasse de l’armée belge n’a visiblement pas livré tous ses secrets. Il tourne même au cauchemar pour le gouvernement de Charles Michel. Cette opération, qui devrait représenter un montant de 15 milliards d’euros (3,6 milliards pour l’achat des appareils, le reste pour leur entretien sur quatre décennies) avait déjà été entachée par le retrait mystérieux de deux constructeurs, l’américain Boeing et le suédois Gripen.
S’y est ajoutée la démarche de Dassault, qui ne s’est pas engagé dans la procédure officielle d’appel d’offres afin de proposer un « partenariat étendu ». Cela a brouillé le jeu – que les autorités voulaient transparent – et crée in fine des tensions politiques et des suspicions.

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                La Belgique devra choisir entre trois candidats pour ses avions de combat



Mardi 20 mars, un nouvel élément troublant était évoqué par le quotidien De Standaard. Un rapport en possession de l’état-major de l’armée souligne que les 54 appareils F-16 américains de la défense belge pourraient très bien voler six années de plus, ce qui reporterait la date de leur renouvellement de 2023 à 2029.
Jusqu’ici, le ministre (nationaliste) flamand Steven Vandeput, interrogé à plusieurs reprises par des parlementaires, avait assuré que la date butoir pour le renouvellement des chasseurs était obligatoirement 2023, aucune étude ne permettant, selon lui, d’affirmer que leur durée de vie pourrait être prolongée.
Embarras du premier ministre Charles Michel
Le ministre a-t-il menti ou était-il mal informé ? Quoi qu’il en soit, son ministère a bel et bien commandé un rapport, qui a été remis en avril 2017. Il indiquait qu’il était parfaitement possible, moyennant quelques aménagements, d’utiliser des appareils qui n’ont pas atteint la limite de durée de vol. Une deuxième étude confirmait ce diagnostic, en février.
Paradoxe : ces rapports ont été rédigés par le constructeur américain Lockheed Martin, qui est le concurrent apparemment le mieux placé dans la course pour le remplacement des F-16 : son F-35 Lightning a les faveurs de l’état-major et, semble-t-il, du ministre. Même si ses coûts sont très élevés, si le contrôle de son système informatique par les Etats-Unis soulève des questions, et si la Belgique prône, comme d’autres pays, la nécessité d’une défense européenne.
Le seul rival officiel du F-35 est le Typhoon, appareil issu d’un programme réunissant le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Les Britanniques de BAE Systems promettent, en cas d’acquisition de leur appareil, 19 milliards d’euros de retombées et 6 000 emplois, ainsi que des centres de formation, d’innovation et de cybersécurité.
Le groupement français d’intérêt économique Rafale - Dassault Aviation, avec Thales et Safran, évoque de son côté 5 000 emplois et 20 milliards d’euros, et mise sur la nécessité d’un choix européen. Embarrassé, tiraillé entre des positions flamandes favorables au F-35 et les élus qui, dans son parti – le Mouvement réformateur (libéral francophone) –, demandent une prise en compte de l’offre française, le premier ministre Charles Michel a commandé une analyse juridique pour déterminer si le projet du Rafale pouvait être accepté, même si Dassault n’a pas respecté la procédure d’appel d’offres.

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Audit externe du ministère de la défense
Avant les révélations sur le rapport caché de la défense, le premier ministre évoquait une décision à l’horizon de juillet – soit aux alentours du sommet de l’OTAN, qui doit se tenir au nouveau siège de l’Alliance atlantique, à Bruxelles, les 11 et 12 juillet.
On s’attend à ce qu’au cours de cette réunion, le président Donald Trump insiste à nouveau bruyamment pour que ses partenaires européens accroissent leurs dépenses de défense. La Belgique, qui compte parmi les mauvais élèves en matière de dépenses militaires – loin des 2 % du PIB exigés par Washington – espérait visiblement corriger son image en annonçant son investissement. Quitte, peut-être, à se mettre à dos son voisin français (c’est la ministre Florence Parly qui a personnellement remis l’offre de partenariat à son homologue belge, en septembre 2017).
Interrogé en urgence au Parlement, mardi 20 mars, le ministre Steven Vandeput a démenti avoir été mis au courant de l’existence des rapports sur l’état des F-16. Accusé de « grave négligence » par l’opposition, il a annoncé un audit externe de son ministère, afin de déterminer quels étaient les responsables du dysfonctionnement. M. Vandeput a affirmé que les études avaient été commandées par son ministère, mais que les résultats n’avaient pas été transmis au plus haut niveau.
« J’ai découvert ce rapport ce matin. Je n’ai jamais rien caché, ni au gouvernement ni au Parlement », a-t-il poursuivi, soulignant que la procédure pour l’acquisition de nouveaux avions allait se poursuivre normalement. Les chefs de l’armée devraient bientôt être, à leur tour, sur la sellette. En tout état de cause, le choix du gouvernement s’annonce plus complexe après les révélations des derniers jours.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ La Russie a dénoncé mercredi une « situation absurde » où Londres « pose des questions mais ne veut pas entendre les réponses », tandis que le Royaume-Uni dénonce des « mensonges ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Affaire Skripal : nouveaux échanges tendus entre Londres et Moscou

La Russie a dénoncé mercredi une « situation absurde » où Londres « pose des questions mais ne veut pas entendre les réponses », tandis que le Royaume-Uni dénonce des « mensonges ».



Le Monde
 |    21.03.2018 à 14h08
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 16h24
   





                        



   


Londres et Moscou continuent de se répondre et de s’invectiver au sujet de l’affaire Skripal. La Russie a assuré, mercredi 21 mars, que l’empoisonnement de l’ancien agent double était soit une « attaque terroriste », soit une « mise en scène ». Ces propos ont été tenus lors d’une réunion organisée par le ministère des affaires étrangères russe à laquelle l’ambassadeur britannique a refusé de se rendre.
Cette réunion, consacrée à l’affaire de l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille au Novitchok, un agent neurotoxique développé par la Russie, le 4 mars à Salisbury (Royaume-Uni), devait être l’occasion pour la Russie de démonter les accusations portées contre elle par Londres.

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« Mensonges » et « désinformation »
« Soit les autorités britanniques ne sont pas en mesure de fournir une protection contre ce type, disons-le ainsi, d’attaque terroriste, soit elles ont directement ou indirectement — je n’accuse personne de quoi que ce soit — mis en scène une attaque contre un citoyen russe », a déclaré un haut responsable de la diplomatie russe, Vladimir Ermakov, lors de cette réunion.
Il a également voulu discréditer la thèse de l’empoisonnement au Novitchok : « N’importe quelle substance toxique militaire aurait fait de multiples victimes sur le lieu de l’empoisonnement. Mais à Salisbury, ce n’était pas du tout le cas. » Interpellé par une diplomate britannique sur ses éventuels programmes d’armes chimiques, M. Ermakov l’a accusée de faire preuve de « russophobie », déclarant : « Sortez donc un peu de votre russophobie, de votre mentalité insulaire. (…) J’ai honte pour vous. »
Peu après, l’ambassade britannique à Moscou a accusé en retour la Russie sur Twitter :
« Nous n’avons reçu aucune explication crédible expliquant pourquoi un agent innervant produit en Russie a été utilisé sur le sol britannique. Au lieu de fournir des réponses, la Russie continue de répandre des mensonges et de la désinformation. »
« Situation absurde »
Plus tôt dans la journée, la tension était encore montée d’un cran entre les deux pays quand l’ambassade britannique en Russie a annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) que son ambassadeur, Laurie Bristow, ne « participera [it] pas à cette réunion », mais pourrait être représenté par un fonctionnaire au « niveau opérationnel ».
Si la porte-parole du ministère des affaires étrangères russe, Maria Zakharova, a assuré que « l’important n’[était] pas le statut [des personnes participant à la réunion] mais qu’une discussion se tienne », ajoutant que « cent quarante personnes étaient déjà accréditées ce matin », le Kremlin a pris ce désistement comme un affront. « C’est une nouvelle manifestation éloquente d’une situation absurde où l’on pose des questions mais on ne veut pas entendre les réponses », a réagi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Nouvelles sanctions envisagées
L’empoisonnement de Sergueï Skripal a ravivé le climat de confrontation Est-Ouest, latent depuis l’annexion de la Crimée par Moscou, en mars 2014, et a exacerbé les tensions entre Moscou et Londres, dont les relations étaient déjà glaciales.
Accusant la « Russie de Poutine » d’avoir ordonné cet empoisonnement, Londres a expulsé vingt-trois diplomates russes du territoire britannique et a annoncé le gel des relations bilatérales. La Russie, qui clame son innocence, a rétorqué en expulsant à son tour vingt-trois diplomates britanniques et en mettant fin aux activités du British Council dans le pays.

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Les dirigeants de l’Union européenne sont prêts, eux, à se « coordonner sur des mesures » à prendre contre la Russie si elle ne coopère pas à l’enquête, selon un projet de déclaration préparé pour leur sommet jeudi et vendredi à Bruxelles, vu mardi par l’AFP.
De nouvelles sanctions pourraient également être adoptées par Londres : la première ministre britannique, Theresa May, a réuni mardi son Conseil de sécurité et « réfléchit activement » à d’autres mesures de rétorsion contre Moscou, selon son porte-parole.



                            


                        

                        

