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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Ces prélèvements seront transmis aux experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques dans un contexte de forte tension.
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Affaire Skripal : un juge britannique autorise des prélèvements sur l’espion empoisonné et sa fille

Ces prélèvements seront transmis aux experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques dans un contexte de forte tension.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 18h31
   





                        



   


Prenant en compte « l’incapacité » à prendre une décision de Sergueï et Ioulia Skripal, le juge Williams, un magistrat britannique, a autorisé jeudi 22 mars des prélèvements de sang sur l’espion russe et sa fille, empoisonnés le 4 mars, en vue de les transmettre aux experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).
Ces prélèvements doivent permettre aux experts de mener leurs propres analyses sur la substance utilisée lors de l’empoisonnement, un agent innervant de la famille Novitchok, selon le gouvernement britannique.
Rupture des relations bilatérales entre Londres et Moscou
L’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille, le 4 mars à Salisbury (Royaume-Uni), a ravivé le climat de confrontation Est-Ouest, latent depuis l’annexion de la Crimée par Moscou, en mars 2014, et a exacerbé les tensions entre Moscou et Londres, dont les relations étaient déjà glaciales.

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Tandis que Londres a accusé la « Russie de Poutine » d’avoir ordonné cet empoisonnement, et a annoncé le gel des relations bilatérales à la suite de cette affaire, la Russie a assuré que l’empoisonnement de l’agent double était soit une « attaque terroriste », soit une « mise en scène ». 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ L’ex-pilote militaire avait passé deux ans en prison en Russie avant d’être libérée et de devenir députée en Ukraine. Ses positions populistes attisaient les controverses.
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Accusée de préparer un coup d’Etat, l’ancienne héroïne ukrainienne Nadia Savtchenko a été arrêtée

L’ex-pilote militaire avait passé deux ans en prison en Russie avant d’être libérée et de devenir députée en Ukraine. Ses positions populistes attisaient les controverses.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 17h21
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 17h26
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


La chute est brutale pour celle qui fut élevée au rang d’héroïne nationale dans son pays, l’Ukraine. Jeudi 22 mars, la députée Nadia Savtchenko, célèbre pour avoir été emprisonnée durant deux années en Russie, a été arrêtée en plein Parlement par les services de sécurité ukrainiens, avant d’être conduite en prison, ukrainienne celle-là.
Quelques minutes auparavant, les députés avaient voté en faveur de la levée de l’immunité parlementaire de l’ancienne pilote militaire, accusée d’avoir préparé « un attentat terroriste de grande échelle » et planifié « l’assassinat des dirigeants du pays ». Dans la foulée, un officier du SBU, les services de sécurité, s’est présenté dans l’enceinte de la Rada inpour lire à Mme Savtchenko les charges retenues contre elle. Gardant son éternel air de défi, la jeune femme de 36 ans a été conduite hors du bâtiment.
La scène est aussi spectaculaire que les accusations portées contre cette personnalité hors du commun. Le procureur général d’Ukraine, Iouri Loutsenko, les avait détaillées le 16 mars : selon lui, le plan de Nadia Savtchenko prévoyait de « détruire à l’aide de grenades » la loge du gouvernement au Parlement, d’« abattre la coupole de l’hémicycle par des tirs de mortiers », puis d’« achever les survivants à la mitraillette ». Le plan aurait également consisté à tuer des civils pour « créer le chaos ».
Scepticisme
Ces accusations avaient suscité un certain scepticisme, le parquet général étant réputé proche du pouvoir, voire prompt à utiliser la justice à des fins politiques. Jeudi, des écoutes téléphoniques et des vidéos tournées en caméra cachée ont été diffusées aux députés. On y voit une personne ressemblant à Nadia Savtchenko discuter d’approvisionnement en armes et des modalités d’une attaque contre le quartier gouvernemental. « Je propose un coup d’Etat, dit cette personne. Il faut les liquider physiquement. Tous et en un seul moment. »

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Son complice serait le général Volodymyr Ruban, une autre figure de la vie publique ukrainienne, célèbre pour ses médiations avec les séparatistes du Donbass pour obtenir la libération de prisonniers ukrainiens. Selon Iouri Loutsenko, le parti politique de l’homme d’affaires Viktor Medvedtchouk, le Choix ukrainien, serait également partie au complot. L’homme, qui n’est pas cité nommément, est un proche du président russe Vladimir Poutine (celui-ci est le parrain de sa fille) et l’un des négociateurs ukrainiens dans les différentes discussions menées avec Moscou.
Une icône en Ukraine
Depuis l’éclatement de l’affaire, Nadia Savtchenko entretient elle-même une certaine ambiguïté. Jeudi, elle a affirmé qu’elle avait simplement « joué le jeu » auprès d’agents provocateurs envoyés pour la discréditer, dans le but de les dénoncer ensuite publiquement. Son objectif aurait été de « ridiculiser les autorités », a-t-elle affirmé mardi dernier à des journalistes. Mais à l’issue d’une audition par le SBU, la semaine passée, elle avait publiquement mis en garde dans une déclaration publique contre le fait que « beaucoup de militaires (…) sont d’accord avec l’idée d’un coup d’Etat en Ukraine ».
L’arrestation de Mme Savtchenko constitue une nouvelle étape dans la déchéance de celle qui fut érigée au rang d’icône dans son pays. Première femme pilote de l’armée ukrainienne, engagée volontaire en 2014 dans le Donbass, la jeune femme était apparue sur le devant de la scène en juin de cette même année, après sa capture par les séparatistes prorusses. Transférée en Russie, elle s’était vue accusée, sur la foi de preuves douteuses, d’être responsable de la mort de deux journalistes russes tués par un tir de mortier dans le Donbass.
Remarques antisémites
Sa hargne à se défendre, son patriotisme chevillé au corps et son éloquence face aux juges russes en avaient fait une héroïne, le parti de l’ancienne première ministre Ioulia Timochenko allant jusqu’à la faire élire députée en son absence. Condamnée à vingt-deux ans de prison, elle avait finalement été libérée au bout de deux ans, en 2016, à la faveur d’un échange de prisonniers. Elle avait alors décidé de se consacrer pleinement à la politique.

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Mais son inexpérience évidente et ses envolées radicales ou populistes avaient rapidement déçu. La jeune femme s’était aussi attiré les foudres des franges nationalistes de l’opinion en prenant des positions jugées trop tendres envers les chefs séparatistes de Donetsk et de Louhansk, avec lesquels elle négociait directement des libérations de prisonniers ukrainiens. Elle s’était aussi fait critiquer pour des remarques antisémites, et avait été exclue de la fraction parlementaire de Ioulia Timochenko.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Bénédicte Savoy et Felwine Sarr ont été nommés par l’Elysée pour étudier la question des œuvres emportées en France pendant la période coloniale.
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Synthèse

Restitution du patrimoine africain : « Nous sommes face à un défi historique »

Bénédicte Savoy et Felwine Sarr ont été nommés par l’Elysée pour étudier la question des œuvres emportées en France pendant la période coloniale.

Pierre Lepidi
    



LE MONDE
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        Le 22.03.2018 à 17h08

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        Mis à jour le 22.03.2018 à 17h55






    
Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, le 21 mars 2018, au Collège de France, à Paris.
Crédits : ALAIN JOCARD/AFP


« Nous sommes face à un défi historique, avec le sentiment que quelque chose est possible. » C’est ainsi que Bénédicte Savoy a qualifié, mercredi 21 mars, la mission que lui a confiée, au côté du Sénégalais Felwine Sarr, le président de la République française : étudier la question des restitutions, temporaires ou définitives, du patrimoine africain aux pays d’origine.

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Nommés début mars par Emmanuel Macron, l’historienne de l’art et l’écrivain et universitaire, auteur du très remarqué essai Afrotopia, ont expliqué les enjeux de leur travail lors d’une conférence de presse au Collège de France. Leur mission mêle des domaines aussi variés que le droit, l’histoire, les techniques de conservation des œuvres et la diplomatie.
« Faire bouger la tectonique des plaques »
A qui appartiennent les œuvres d’art ? La question agite les milieux intellectuels en Europe et en Afrique. La France s’était jusque-là abritée derrière les principes d’inaliénabilité, d’imprescriptibilité et d’insaisissabilité des collections nationales, dont certaines pièces ont été emportées durant la période coloniale.
Faudra-t-il modifier la loi pour engager les restitutions ? La contourner en organisant des prêts à long terme ? Ce point juridique est complexe, mais s’avère crucial. « La tâche est difficile mais on doit rechercher ce désir de complexité, assure Bénédicte Savoy, qui occupe la chaire internationale d’histoire culturelle du patrimoine artistique en Europe (XVIII-XXe siècles) au Collège de France. La mission touche à plusieurs domaines, mais il faut avoir le courage intellectuel de s’y plonger afin de faire bouger la tectonique des plaques sur des questions qui sont restées longtemps figées. »

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Les détracteurs du projet, qui craignent notamment de voir les musées français se vider de leurs œuvres, dénoncent les mauvaises conditions de conservation dans les musées africains. « Cet argument ne peut être un frein au retour des œuvres, répond Bénédicte Savoy. Plusieurs exemples ont montré que les conditions de conservation se créent ou s’améliorent dès que les biens reviennent. » 
« Nous allons affronter un point de l’histoire et on ne fera pas l’économie de toutes les questions que cela pose, promet de son côté Felwine Sarr, qui enseigne l’économie à l’université Gaston-Berger de Saint-Louis, au Sénégal. Nous ne sommes plus dans la colonialité. Ce qui m’intéresse, c’est l’avenir. C’est de voir comment on “solde” cette histoire difficile. »
Un rapport doit être rendu en novembre
C’est à l’occasion de la visite du président béninois, Patrice Talon, le 6 mars à Paris, que le binôme a été nommé. Le Bénin est le seul pays à avoir formulé officiellement une demande de restitution à la France, en août 2016, concernant les trônes des rois Ghézo, Glélé et Béhanzin, les statues anthropomorphes et symboliques les représentant ainsi que les ­regalia du roi Béhanzin.
« L’ambition culturelle de la France est de favoriser l’accès de tous aux œuvres de l’humanité, écrit Emmanuel Macron dans la feuille de route qui a été transmise. A l’Université de Ouagadougou, le 28 novembre 2017, j’ai souhaité lancer une action déterminée en faveur de la circulation des œuvres et du partage de la connaissance collective des contextes dans lesquels ces œuvres ont été créées, mais aussi prises, parfois pillées, sauvées ou détruites… S’agissant plus spécifiquement de l’Afrique, je me suis engagé pour que, d’ici à cinq ans, les conditions soient réunies pour des restitutions du patrimoine. »

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Bénédicte Savoy et Felwine Sarr pourront s’appuyer sur le concours des ministères de la culture, des affaires étrangères et de l’enseignement supérieur. Ils pourront également compter sur un inspecteur général des affaires culturelles spécialement nommé pour cette mission, dont l’objectif est de rendre en novembre « un rapport comprenant des propositions concrètes d’actions réalisables à court, moyen et long termes ».
Les deux universitaires entendent créer des ateliers rassemblant des chercheurs, des historiens, des juristes et des professionnels du marché de l’art. « Il nous faut associer beaucoup de monde, explique Bénédicte Savoy. Pour être efficace, on va devoir orchestrer la polyphonie entre ceux qui encouragent ces restitutions et ceux qui les freinent. Nos aptitudes d’universitaires vont nous aider à faire toutes ces synthèses. On ne veut exclure personne du débat. »
Pour le Ghana et le Sénégal, « la porte est entrouverte »
La mission ne saurait se priver d’un inventaire minutieux des œuvres africaines présentes sur le territoire de l’ancienne puissance coloniale. Même si les musées possèdent déjà des bases de données, la tâche n’est pas simple. Le Musée du quai Branly compte 70 000 objets d’Afrique subsaharienne, dont environ 6 000 venant du Bénin.
Si la réflexion sur la restitution des œuvres – elle ne concerne pas les restes humains, tels que les crânes – se limite aujourd’hui aux pièces d’origine africaine, elle « doit rassembler tous les pays européens et notamment l’Allemagne, où le débat est vif, actuellement, sur l’origine des œuvres exposées dans les musées, assure Bénédicte Savoy, qui est également professeure d’histoire de l’art à l’Université technique de Berlin. Je connais la douleur des pays qui ont perdu des guerres. Plus le temps passe, plus la douleur s’accroît. Les pays ne doivent plus laisser passer de temps. » 

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Le Ghana et le Sénégal pourraient demander prochainement le retour de certaines œuvres. « Maintenant que la porte est entrouverte, des pays vont s’engager, veut croire Felwine Sarr. En Afrique, tout le patrimoine qui date de l’époque coloniale a disparu. » 
Mais ces restitutions se feront-elle sans contrepartie ? Comment garantir que les objets d’art de l’époque coloniale ne feront pas l’objet d’un marchandage ? La question étonne Felwine Sarr et Bénédicte Savoy : « Nous sommes dans une question de symboles, de sens et d’histoire, et pas dans une dimension économique, répond Felwine Sarr. Si je pensais que les biens seraient rendus en échange d’un TGV, je ne me serais pas engagé. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ De nombreux clandestins, employés comme ouvriers, manœuvres ou femmes de ménage, se terrent alors que les autorités multiplient les arrestations.
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Reportage

En Algérie, la vie cachée des travailleurs subsahariens

De nombreux clandestins, employés comme ouvriers, manœuvres ou femmes de ménage, se terrent alors que les autorités multiplient les arrestations.

Par                                            Zahra Chenaoui (Alger, correspondance)




LE MONDE
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        Le 22.03.2018 à 16h03

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        Mis à jour le 22.03.2018 à 16h08






                        

Crédits : FAROUK BATICHE / AFP


                    

Assis sur des tabourets de plastique, six Camerounais se regardent en silence dans une pièce qui fait office de bar-restaurant à Alger. La télévision est branchée sur une chaîne de dessins animés japonais, l’ambiance est morose. Comme chaque semaine, ils se retrouvent pour parler des dépouilles de migrants à rapatrier et de malades à soutenir.
Une femme, vêtue d’une large robe d’intérieur, évoque le cas d’une compatriote : « Elle est hospitalisée depuis une semaine déjà ! Qu’est-ce qu’on fait ? On ne sait même pas si elle a besoin qu’on aille lui acheter des médicaments ! Je devais aller la voir à l’hôpital aujourd’hui, mais les gens m’ont fait peur avec leurs histoires de police. »

Depuis le début de l’année, le quotidien des migrants subsahariens en Algérie s’est considérablement dégradé. Dans la capitale, les arrestations sont de plus en plus fréquentes, si bien qu’ils limitent leurs déplacements. Dans le bar-restaurant clandestin, en cette mi-mars, la clientèle d’ouvriers immigrés a diminué. Ils craignent d’être arrêtés sur la route.
« La nuit, on fait le guet »
A une dizaine de kilomètres de là, des milliers de logements sont en construction. Des camions font des allers-retours sur les routes rendues boueuses par la pluie. Des ouvriers subsahariens, bottes en caoutchouc aux pieds et balais à la main, se dirigent vers un bâtiment, suivant les instructions d’un chef de chantier turc. Un peu plus haut, deux préfabriqués servent de dortoir.
« En principe, on travaille comme manœuvres sur le chantier et on dort ici le soir. C’est pratique pour le patron et ça nous permet d’économiser le prix du logement », explique Issa, un Guinéen arrivé en Algérie à l’été 2017. Le jeune homme a l’air épuisé : « Depuis plusieurs mois, les gendarmes viennent la nuit pour arrêter des gens et les refouler. Alors on ne dort plus là, on se cache dans les chantiers. »

Assis sous une plaque de tôle pour...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Saisie pour la première fois sur un scandale d’agression sexuelle, la chambre basse du Parlement russe a disculpé un député accusé par trois journalistes femmes.
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En Russie, Douma et journalistes s’affrontent sur le premier cas public de harcèlement sexuel

Saisie pour la première fois sur un scandale d’agression sexuelle, la chambre basse du Parlement russe a disculpé un député accusé par trois journalistes femmes.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 16h17
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Plusieurs médias indépendants, dont TV Dojd, RTVi, la radio Echo de Moscou ou le site d’information RBK ont annoncé, jeudi 22 mars, leur intention de boycotter la Douma, la chambre basse du Parlement russe, après la décision prise dans son enceinte de clore l’affaire Sloutski, du nom du député Leonid Sloutski, 50 ans, président de la commission des affaires étrangères et première figure publique accusé de harcèlement sexuel en Russie.
Les journaux Kommersant, Vedomosti et Novaïa Gazeta ont également indiqué qu’ils ne communiqueraient plus ni avec lui ni avec les membres de la commission éthique de la Douma. Le site Republic.ru a de son côté émis l’idée, reprise par d’autres, d’accoler au nom « Douma », la mention « organisme d’Etat qui justifie le harcèlement sexuel ». Pour toute réponse, Viatcheslav Volodine, président de l’Assemblée parlementaire, a laissé entendre que les accréditations des journalistes qui participent au boycottage ne seraient pas renouvelées.

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                Premiers témoignages en Russie sur des cas de harcèlement sexuel



Le bras de fer entre la Douma et les médias s’est intensifié après la réunion à huis clos, mercredi, de la commission d’éthique de l’institution chargée d’examiner l’affaire : il n’y a eu « aucune violation des règles de comportement » de la part de M. Sloutski, avait-elle conclu après une heure de débats.
Sous-entendus venimeux
Deux des trois femmes journalistes qui ont révélé, début mars, avoir été victimes d’agressions du député – Farida Roustamova, pour la BBC Russia, et Daria Jouk, productrice à TV Dojd – étaient présentes. La première avait avec elle la transcription d’un enregistrement de l’incident survenu alors qu’elle tentait d’interroger M. Sloutski dans son bureau, le 24 mars 2014, sur la présence à Moscou, ce jour-là, de Marine Le Pen, alors en pleine campagne présidentielle française. « Nous n’avons pas eu le temps de la lire, il n’y en avait qu’une copie », s’est justifiée une élue à la sortie de la commission. Malgré les protestations de Farida Roustamova, le député l’avait pressée de devenir sa maîtresse avant de lui passer la main dans l’entrejambe.
Mais loin d’être auditionnées sur le fond ou de s’attirer la moindre compassion, les deux journalistes ont eu à subir des sous-entendus venimeux des 14 députés (dont trois femmes) de la commission. Certains ont mis en avant des révélations longtemps après les faits, d’autres ont spéculé sur la compréhension de la notion de consentement, quand ils n’ont pas dénoncé un complot visant à déstabiliser la Russie et son président…
« Le tout est si bien orchestré »
« Vous dites que vous n’aviez pas l’intention de (…) créer une tempête médiatique ? Mais tout cela coïncidé avec la campagne électorale [en Russie]. Il n’y a pas synchronisation ? Le tout est si bien orchestré… », a lancé Alexandre Kareline, selon des extraits de l’audition révélés par le site Meduza. « Tous les journalistes qui ont soulevé cette question sont des journalistes occidentaux », a asséné le député tchétchène Chamsaïl Saraliev. Au final, la commission de la Douma, où ne siège plus aucun opposant agréé par le pouvoir, a tranché en balayant le premier scandale de ce genre dont elle a été saisie.
« Je ne m’attendais pas à une autre décision (…), elle était sûrement prise d’avance », confiait à la sortie Daria Jouk. Pas le moins du monde contrit, M. Sloutski arborait un visage souriant. « N’avez-vous pas honte ? », lui a demandé une journaliste. « Non », a-t-il répondu avant de clamer sa joie sur la naissance d’un petit-fils.
« Changez de métier »
La colère s’est répandue dans les rédactions indépendantes du pouvoir. « La commission d’éthique a de facto reconnu comme normale la possibilité de harceler sexuellement les journalistes », a réagi sur son site RBK. La Douma est « désormais considérée comme un lieu de travail dangereux pour les journalistes des deux sexes – vous ne savez jamais quelles sont les préférences d’un député », a abondé la radio Echo de Moscou. Cette dernière répondait ainsi au président de l’Assemblée parlementaire, M. Volodine, qui avait, au moment des révélations sur les agressions, lancé à la presse : « C’est dangereux pour vous de travailler à la Douma ? Si oui, changez de métier. »
Jeudi, sollicité à quatre reprises, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a refusé de commenter la décision de la Douma, arguant que « cela ne concerne pas la présidence ». Radio Govorit Moskva, dont une journaliste a également témoigné avoir été agressée par un élu local, a annoncé qu’elle ajouterait au nom de M. Sloutski l’accusation dont il est l’objet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Des centaines de combattants et de civils ont commencé à quitter l’enclave située à l’est de Damas jeudi, alors que les frappes du régime se poursuivent.
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Syrie : début de l’évacuation des rebelles de la Ghouta orientale

Des centaines de combattants et de civils ont commencé à quitter l’enclave située à l’est de Damas jeudi, alors que les frappes du régime se poursuivent.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 15h58
   





                        



   


Des centaines de combattants rebelles et de civils ont commencé à quitter la Ghouta orientale, l’enclave située à l’est de la capitale syrienne, jeudi 22 mars. Au moins 1 334 personnes, dont 237 combattants, ont pris place à bord de bus en fin de matinée dans le secteur rebelle de Harasta, selon la télévision d’Etat syrienne. Une première depuis le lancement, le 18 février, de l’offensive du régime, déterminé à reconquérir l’ultime bastion des insurgés aux portes de Damas.
« Les bus se sont garés sur la ligne de démarcation » entre les territoires rebelles et ceux du régime, selon une source militaire sur le terrain, précisant qu’ils doivent à terme « se rendre dans la province d’Idleb » (Nord-Ouest), la dernière a échappé encore entièrement au régime. Selon une autre source militaire, près de 2 000 personnes, dont 700 combattants, doivent sortir dans la journée de Harasta, la plus petite et la moins peuplée des trois poches rebelles qui subsistent dans la Ghouta orientale.

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                A Damas, « tout le monde veut que l’offensive de la Ghouta orientale finisse au plus vite »



Un accord entre les rebelles et le régime
Ces départs interviennent en vertu d’un accord passé avec le pouvoir du président Bachar Al-Assad. Le pouvoir syrien et son allié russe ont passé un accord avec le groupe rebelle islamiste Ahrar Al-Cham pour l’évacuation de cette zone.
L’opération pourrait durer plusieurs jours, selon le porte-parole d’Ahrar Al-Cham, Munzer Fares. Au total, quelque 1 500 combattants et 6 000 membres de leur famille doivent quitter Harasta, en plusieurs vagues, selon l’agence officielle syrienne SANA.
En plus d’un mois de bombardements aériens et de combats au sol, l’enclave rebelle s’est réduite comme peau de chagrin et les forces du régime en ont déjà reconquis plus de 80 %. Le déluge de feu quotidien a tué plus de 1 500 civils, selon l’OSDH.
« Harasta a été entièrement détruite, la situation des habitants était dramatique », a confirmé à l’AFP le chef du conseil local du secteur rebelle de Harasta, Hossam Al-Beyrouthi. « Cette dernière semaine, la moitié des familles n’avaient rien à manger, les maladies font des ravages dans les sous-sols », où les gens vivent terrés pour échapper aux bombardements du régime, a-t-il déploré. En représailles à l’offensive dans la Ghouta, les rebelles tirent obus et roquettes sur Damas, et deux personnes sont mortes dans la capitale jeudi, selon SANA.
Une situation qui rappelle celle d’Alep à la fin de 2016
L’évolution dans la Ghouta rappelle ce qui s’est passé dans d’autres fiefs rebelles reconquis ces dernières années par le régime, dont celui dans la ville d’Alep (nord) fin 2016. A l’issue de bombardements intenses et de sièges asphyxiants, les insurgés de ces localités et les civils les soutenant avaient été mis dans des bus, direction Idleb. Amnesty International avait dénoncé des déplacements forcés de populations.
Multipliant ainsi les victoires face aux rebelles, mais aussi face aux djihadistes, le pouvoir d’Assad, appuyé par ses alliés russe et iranien, a déjà reconquis plus de la moitié de la Syrie.
Dans la Ghouta, l’offensive meurtrière du régime a fait plus de 80 000 déplacés au total. Pour la seule journée de jeudi, plus de 4 000 civils ont fui la grande ville rebelle de Douma, selon l’OSDH. Ces derniers n’ont jusqu’à présent pas eu d’autre choix que de rejoindre des secteurs du gouvernement, malgré la crainte de représailles pour certains.

        Lire notre éditorial :
         

          Sept ans d’enfer syrien






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Du gaz lacrymogène a été jeté, le 21 mars, en pleine séance du Parlement kosovar, pour empêcher la ratification d’une nouvelle délimitation de la frontière avec le Monténégro.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le PDG de Facebook a reconnu « une faille de confiance » à la suite du scandale Cambridge Analytica. Mais, pour les observateurs, c’est le modèle même du réseau social qui est en cause.
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La presse anglo-saxonne ironise sur le « mea-culpa-mais-pas-trop » de Mark Zuckerberg

Le PDG de Facebook a reconnu « une faille de confiance » à la suite du scandale Cambridge Analytica. Mais, pour les observateurs, c’est le modèle même du réseau social qui est en cause.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 15h47
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 16h15
    |

            William Audureau








                        



   


Sa prise de parole était attendue, mais elle est loin d’avoir fait taire les critiques. Près d’une semaine après les enquêtes du Guardian et du New York Times, qui ont révélé le 17 mars que les données de plusieurs dizaines de millions d’utilisateurs Facebook avaient été exploitées à leur insu par Cambridge Analytica, une firme britannique proche de Donald Trump, Mark Zuckerberg s’est expliqué, mercredi 21 mars, par le biais d’un message Facebook et de plusieurs entretiens dans les médias. Une intervention qui a laissé la presse anglo-saxonne – pourtant habituellement bienveillante envers le fondateur du célèbre réseau social – sur sa faim.

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                Zuckerberg annonce des mesures centrées sur l’affaire Cambridge Analytica



Le magazine américain Wired relève ainsi que le « tour d’excuses » du patron de Facebook « reprend les bons vieux “mea-culpa-mais-pas-trop” » de la firme, en rappelant que Mark Zuckerberg avait en 2016 qualifié « d’idée assez folle » le fait que de fausses informations aient pu influencer les résultats de la présidentielle américaine. Cette fois, il a évoqué des erreurs passées et condamné Cambridge Analytica, tout en soulignant que les règles d’utilisation pour les entreprises tierces avaient été renforcées depuis 2014, à l’époque du siphonnage des données par la société britannique :
« C’est raisonnable, mais la grande question est de savoir si Facebook porte une responsabilité en ayant permis à des acteurs mal intentionnés comme Cambridge Analytica de fleurir. » 

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« Un scandale que Facebook a construit lui-même »
L’analyse est similaire du côté du Guardian. Dans une chronique, le journaliste John Harris évoque « un scandale que Facebook a construit lui-même » :
« Ce bazar était inévitable. Facebook a travaillé sans relâche pour rassembler autant de données que possible sur ses utilisateurs et en tirer profit. » 
L’influent quotidien britannique reproche notamment au réseau social de ne pas avoir alerté ses utilisateurs de l’important siphonnage de données, et de ne pas être allé assez loin pour les protéger. Le double discours de Facebook, qui se vante de vouloir « rapprocher le monde » mais dont le modèle économique repose quasi exclusivement sur la collecte de données personnelles et leur exploitation à fins publicitaires, est un modèle vicié par essence, estime le journaliste du Guardian.
« Loin d’excuses à pleine gorge »
D’une manière générale, les explications du PDG de Facebook n’ont pas convaincu. Dubitatif, le site américain Quartz relève que Mark Zuckerberg « a oublié de s’excuser » dans son billet : « Il n’a pas explicitement présenté ses excuses pour avoir mis en danger les données de 50 millions d’utilisateurs Facebook, préférant dire que l’entreprise a enclenché depuis longtemps une mutation pour éviter une nouvelle débâcle similaire. » Le New York Times, dans un article très mesuré, prend également acte du fait que « la déclaration [de Mark Zuckerberg] en réponse à la salve de critiques n’était pas une véritable demande de pardon ». 

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Connu pour son ton satirique, proche d’un Canard enchaîné du numérique, The Register est plus cinglant : « La réponse tant attendue de Mark Zuckerberg : Tout va bien ! Grosso modo, c’est réparé ! Facebook est génial ! Tout va bien sous la capuche ! »
La veille de la prise de parole du PDG de Facebook, CNN relevait déjà que la vedette de la Silicon Valley était passée en un an de « chouchou pour 2020 [date de la prochaine élection présidentielle américaine, pour laquelle Mark Zuckerberg était pressenti comme candidat démocrate] à calamité politique ». Que faire désormais ? Pour The Verge, qui ironise sur le fait que Mark Zuckerberg compare les discours haineux sur sa plate-forme à la poussière autorisée dans du poulet industriel, « la question de la régulation est sur la table ». 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ La commission des affaires intérieures de la Chambre des communes met en garde contre les conséquences d’une sortie de l’Union européenne dans le domaine de la coopération sécuritaire.
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édition abonné


Westminster estime que la sécurité européenne sera en danger après le Brexit

La commission des affaires intérieures de la Chambre des communes met en garde contre les conséquences d’une sortie de l’Union européenne dans le domaine de la coopération sécuritaire.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 15h45
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Alors que l’affaire de l’espion russe empoisonné met en lumière, au Royaume-Uni, la nécessité d’une solidarité européenne en matière de sécurité, des députés britanniques ont sonné l’alarme, mercredi 21 mars : le Brexit, qui induit notamment le départ d’Europol (l’agence européenne de lutte contre la criminalité), compromet l’indispensable coopération dans ce domaine. « Perdre l’accès aux renseignements partagés peut priver la police d’informations vitales pour arrêter de dangereux criminels ou protéger des victimes », met en garde Yvette Cooper, la députée Labour qui préside la commission des affaires intérieures de la Chambre des communes.
Un rapport rendu public mercredi, à la veille du sommet européen qui doit formaliser l’octroi d’un quasi statu quo pendant une « période de transition » de vingt et un mois, après le Brexit formel du 29 mars 2019, accuse le gouvernement d’une « dramatique passivité » en la matière. Selon le document, les solutions de remplacement aux mécanismes européens réclamées par Londres ne seront pas prêtes à la fin de 2020, date de la véritable rupture avec l’UE.
Complexe de supériorité
La première ministre Theresa May répète qu’elle veut un « partenariat approfondi et particulier » concrétisé par « un haut niveau de coopération » et matérialisé par un traité spécifique avec les Vingt-Sept, applicable au début de 2021. Elle estime que la qualité des services de renseignements britannique les rend indispensables aux continentaux et qu’un accord est à portée de main, s’agissant d’intérêts partagés. « Le gouvernement paraît supposer que le rôle dominant du Royaume-Uni dans Europol et d’autres formes de coopération va faciliter la conclusion d’un accord sur mesure plus étendu que ceux conclus avec d’autres pays tiers », écrivent les députés.

Selon eux, pareil complexe de supériorité pourrait aboutir à « un réveil difficile » car la « duplication » des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Directeur général de l’Agence mondiale antidopage, Olivier Niggli salue les progrès de la Russie, mais déplore que Moscou ne reconnaisse pas la triche du passé.
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« L’antidopage en Russie va dans le bon sens », estime l’AMA

Directeur général de l’Agence mondiale antidopage, Olivier Niggli salue les progrès de la Russie, mais déplore que Moscou ne reconnaisse pas la triche du passé.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 13h13
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 13h29
    |

            Clément Guillou








                        



   


L’Agence mondiale antidopage (AMA) ne voit pas encore le bout du tunnel russe. Le Comité olympique russe a certes retrouvé sa place au Comité international olympique après une courte suspension de deux mois pour avoir mis en place, durant plusieurs années, un programme de dopage organisé avec l’aide de services de l’Etat. L’Agence russe antidopage (Rusada) a certes repris du service dans le pays et gère, sous la surveillance d’experts étrangers, un programme de contrôles qui monte en puissance. A la tête depuis septembre 2017 d’une direction renouvelée, le quinquagénaire Youri Ganus lui donne une façade plus crédible.
Mais la Rusada n’est toujours pas jugée conforme par l’AMA, faute de remplir deux critères : la reconnaissance officielle du rapport de Richard McLaren, qui en 2016 détaillait la triche organisée, et l’accès au laboratoire de Moscou, où seraient mis sous scellés plusieurs milliers d’échantillons qui pourraient permettre de confondre des sportifs russes dopés. Face à cette situation de blocage, la question russe a de nouveau été au centre du symposium annuel de l’AMA, mercredi 21 mars à Lausanne, et de l’interview accordée par son directeur général, Olivier Niggli, au Monde.
La Coupe du monde de football commence dans trois mois en Russie, un pays qui reste mis au ban de l’Agence mondiale antidopage. Cela vous pose-t-il un problème ?
Evidemment, ce serait mieux si la Russie était de retour en conformité et que les problèmes étaient résolus. Mais la Coupe du monde a été attribuée à la Russie bien avant que l’affaire sorte. Donc ce qui se passe n’est pas contraire aux règles, d’un point de vue strictement légal.
Et du point de vue de la personne chargée du respect de la lutte antidopage dans le monde ?
Oui, je trouve dommage que la Russie ne voie pas l’importance du message que ça pourrait envoyer si elle était de retour en conformité avant cette Coupe du monde.
Que pensez-vous de la réintégration rapide du comité olympique russe par le CIO, après les JO de Pyeongchang ?
Il n’y avait pas de surprise dans cette décision, qui était annoncée dès le mois de décembre. C’était attendu. Les deux cas positifs russes à Pyeongchang ne proviennent pas du système, ce sont probablement des cas individuels. Maintenant, j’espère que le CIO va continuer à nous soutenir dans l’accomplissement de notre feuille de route pour la réintégration de la Rusada.
« Grosso modo, la Rusada est une bonne agence »
Avez-vous confiance dans les contrôles qui sont faits aujourd’hui en Russie ?
Le paradoxe de la situation actuelle, c’est que beaucoup de travail a été fait pour remettre la Rusada sur les rails. Il a été bien fait, financé par les Russes, et aujourd’hui la Rusada, même si des experts internationaux sont encore là-bas et que l’Agence britannique antidopage les aide, fait du bon travail. Grosso modo, c’est une bonne agence. Les tests effectués là-bas, les nouveaux contrôleurs formés, nous satisfont. Ils ont réglé le problème des cités fermées [villes à l’accès restreint, voire interdit, aux étrangers en raison de leur rôle militaire], donc il n’y a plus d’endroit où les contrôleurs ne peuvent pas aller.
Mais la Rusada reste en non-conformité, car certaines conditions fixées depuis le début ne sont toujours pas remplies. Tout va dans le bon sens, il faut maintenant régler les deux derniers points.
Le système interne du laboratoire de Moscou, que l’AMA a récupéré, contenait un millier d’échantillons suspects concernant 60 fédérations internationales. Parmi elles, la FIFA, qui a en main des cas de footballeurs russes. Pouvez-vous être certain que ces cas seront traités d’ici au début de la Coupe du monde ?
La FIFA, sur cette question russe, a été proactive. Elle a été la première fédération à nous approcher quand on a annoncé que Grigory Rodchenkov [ancien directeur du laboratoire de Moscou, qui a servi de lanceur d’alerte dans l’affaire de dopage russe] serait potentiellement disponible pour aider. Ils ont leur propre commission d’enquête. On va voir ce qu’ils vont faire des cas, mais je n’ai pas de raison de penser qu’ils ne font pas les choses comme il faut avant la Coupe du monde.

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Pour un certain nombre d’athlètes, l’information dans le LIMS [Laboratory Information Management System – système de gestion de l’information du laboratoire] pourra suffire à sanctionner. Pour d’autres, il faudra d’autres indices, de nouveaux tests sur d’autres échantillons peut-être. Pour certains athlètes, enfin, il n’y aura pas assez d’éléments.
« Christopher Froome joue dans les règles »
Le cycliste britannique Christopher Froome fait depuis six mois l’objet d’une procédure pour un contrôle antidopage anormal et pourrait malgré tout disputer les plus grandes courses avant qu’une décision soit rendue. N’est-ce pas un échec du code mondial antidopage ?
Non, il faut respecter les droits des athlètes. Il y a un processus disciplinaire avec un droit de se défendre et d’être jugé. C’est un cas pour lequel il n’y a pas de suspension provisoire obligatoire, à partir de là tout le monde joue dans les règles, c’est comme ça.

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Ne devrait-il pas y avoir un délai maximal pendant lequel le cas doit être tranché, au moins en première instance ?
Ce serait bien, dans l’idéal, mais on a renoncé, quand on a écrit le code, à fixer un délai maximal. Car certains cas demandent plus d’investigation, plus d’expertise. Il ne faut pas que le système soit abusé, qu’il y ait des manœuvres dilatoires mises en place, et c’est le rôle des arbitres de gérer leur procédure de façon adéquate pour éviter que ça traîne de façon injustifiée. Mais il faut aussi respecter le droit de l’athlète à se défendre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Portées par l’expansion économique du pays, les business schools chinoises attirent désormais les talents étrangers et se hissent progressivement dans les classements internationaux.
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Les MBA chinois s’offrent une légitimité internationale

Portées par l’expansion économique du pays, les business schools chinoises attirent désormais les talents étrangers et se hissent progressivement dans les classements internationaux.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 12h38
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 12h42
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



   


Il y a un intrus dans le Top 10 mondial des MBA : aux côtés d’institutions comme Wharton, l’Insead, Harvard ou Cambridge, qui se partagent les premières places depuis des décennies, on trouve au huitième rang, dans le classement publié par le Financial Times le 29 janvier 2018, une école chinoise, installée à Shanghaï. La China Europe International Business School (CEIBS) est la seule école non occidentale, et la plus jeune parmi les dix premières mondiales du classement du quotidien britannique, qui fait autorité.
Créée en 1994, la CEIBS est le fruit d’un partenariat entre la Chine et l’Union européenne, qui visait à aider la Chine à former ses élites économiques. L’école compte plusieurs Européens parmi ses cadres, des partenariats avec une trentaine d’établissements parmi les meilleurs du monde (dont HEC, Insead). Plus récemment, la CEIBS s’est encore internationalisée en ouvrant un campus à Zurich et un autre à Accra, au Ghana.
Variables structurelles favorables
S’ils sont fiers de leur position, ses dirigeants reconnaissent volontiers que le succès de leur école bénéficie en partie de facteurs externes. L’ascension de la deuxième puissance économique mondiale, toujours en expansion, ­alimente la demande pour des cadres de haut niveau, ayant une bonne connaissance du pays et de l’Asie.
« Le fait qu’on soit dans une économie beaucoup plus dynamique que l’économie européenne nous aide beaucoup. » Ding Yuan, doyen de la CEIBS
En janvier a été annoncé le recrutement de l’ancien premier ministre français ­Dominique de Villepin comme professeur émérite. Il animera à Shanghaï des conférences sur « plusieurs thèmes majeurs, de l’initiative de la “nouvelle route de la soie” à la nouvelle concurrence économique mondiale, en passant par l’art et la culture », dit-on à la CEIBS. L’école avait déjà un autre ex-premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, à son conseil d’administration.
« Il y a des variables structurelles qui nous favorisent, on le reconnaît, explique Ding Yuan, le dean (doyen) de l’école, un professeur franco-chinois, ancien enseignant à HEC. Sur des indicateurs comme le taux d’insertion et la croissance des salaires, le fait qu’on soit dans une économie beaucoup plus dynamique que l’économie européenne, par exemple, nous aide beaucoup. »

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La progression de l’économie chinoise ne bénéficie pas qu’à la CEIBS. Derrière l’école sino-européenne, Hong Kong University of Science and Technology (HKUST) se classe 14e au classement du FT, et l’on trouve dans le Top 50 l’université de Hongkong, CUHK (Chinese University of Hong Kong), les universités Jiao-tong et Fudan, à Shanghaï, et l’université du Peuple (Renmin University of China School of Business), à Pékin. A titre de comparaison, derrière le numéro un français, l’Insead, qui a rétrogradé à la 2e place cette année, HEC pointe à la 21e place, et l’Edhec, l’Essec et l’EM Lyon apparaissent dans le dernier quart du Top 100.
Une histoire à écrire
Le nombre de MBA a explosé depuis le début des années 2000 en Chine. Alors que, en 1991, le pays ne comptait qu’une centaine d’étudiants inscrits dans ce type de grandes écoles, il en compte aujourd’hui environ 35 000 par an, dont 6 000 en Executive MBA (des formations à temps partiel). Les programmes sont très différents entre les universités de province et celles de grandes villes, qui affichent des partenariats avec les meilleures écoles du monde. Les tarifs s’en ressentent, oscillant ­entre l’équivalent de 6 400 euros et de 52 000 euros (pour la CEIBS).
« Du fait du développement économique chinois et de l’installation de nombreuses entreprises étrangères dans le pays, il est naturel que les talents présents dans les centres d’affaires, comme Shanghaï, renforcent la qualité des MBA. Jiao-tong et Fudan sont montés dans les classements grâce à la qualité de leurs personnels, étudiants comme professeurs », analyse Eric Skuse, directeur de recherche associé chez Emerging Strategy, un cabinet de conseil américain.
« A la CEIBS, c’est à notre génération de définir l’esprit de l’école. » Yuni Cao, inscrite à la CEIBS
Yuni Cao fait partie de ces talents qu’a réussi à attirer la CEIBS. La jeune femme chinoise, éduquée entre la France et les Etats-Unis, n’a pas choisi l’école au hasard. Formée à Sciences Po Paris, elle est passée par Berkeley pour une ­année d’échange, puis par HEC. Après des années chez Morgan Stanley, au département fusion acquisition, elle a choisi la CEIBS, à la fois pour la ville de Shanghaï et pour la fraîcheur de l’établissement.
« Berkeley, Sciences Po, HEC sont des écoles plus établies. Il y a un meilleur réseau, mais elles ont une identité, forgée il y a longtemps, qui, d’une certaine manière, modèle les élèves, dit-elle dans un français presque parfait. Ici, j’ai trouvé un autre type de liberté qui a plus de valeur pour les entrepreneurs : l’impression qu’il n’y a pas de barrières. A la CEIBS, c’est à ­notre génération de définir l’esprit de l’école. »
Participer à la globalisation d’entreprises chinoises
Une histoire qui reste à écrire, même si l’école n’en est plus à ses débuts. Pour le doyen, un tournant a eu lieu il y a quelques années. « Avant, on était un endroit où former des Chinois pour aller travailler dans les multinationales présentes en Chine. Depuis deux ou trois ans, on a plus d’offres d’emploi en provenance des ­entreprises chinoises privées que des multinationales », affirme Ding Yuan.
« Pour les étrangers aussi, il y a un changement de motivation. Les premiers venaient par curiosité, maintenant, ils viennent pour des projets plus spécifiques. » Ding Yuan, doyen de la CEIBS
De plus en plus d’entreprises chinoises, comme Huawei (technologies de l’information), JD. com, Tencent ou Alibaba (e-commerce), cherchent en effet à s’internationaliser. « Pour les étrangers aussi, il y a un changement de motivation, poursuit le dean de la CEIBS. Les premiers venaient par ­curiosité, cherchant à participer à la croissance phénoménale chinoise. Mais maintenant, ils viennent pour des projets plus spécifiques. Beaucoup parlent des sociétés innovantes chinoises et veulent participer à leur globalisation. »
De fait, les géants chinois du Web, comme Tencent, spécialiste des réseaux sociaux et des jeux vidéo dont la valorisation boursière dépasse ­Facebook, ou Alibaba – « l’Amazon chinois », dit-on en Occident –, ne laissent pas les étudiants étrangers indifférents. Valentina Kalendina, une élève russe de première année du MBA de la CEIBS, est entrée à l’école avec plusieurs projets de création d’entreprise. Après un semestre à Shanghaï, « je m’intéresse beaucoup aux entreprises chinoises qui cherchent à se développer à l’étranger, dit-elle. Alibaba se développe en Russie : Aliexpress est très populaire chez nous ». Créé en 2010 pour la vente de produits à prix de gros à l’international, Aliexpress. com est l’équivalent en anglais du site Taobao d’Alibaba.

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Autre point fort de l’école, pour la jeune femme, l’étude de cas d’une économie en développement, plus proche de la situation russe. « Je lis les journaux économiques et j’ai collaboré avec des entreprises américaines dans mon travail, poursuit-elle. J’ai l’impression de comprendre assez bien le fonctionnement des économies développées. Mais je ne connaissais rien de l’économie chinoise, et je pense que la Russie peut apprendre du succès chinois. »
Parmi les études de cas enseignées à la CEIBS, le modèle économique de Mobike, une start-up fondée en 2016 qui domine le marché des vélos partagés en Chine ; ou encore Maotai, la marque de baijiu (un alcool de grain à plus de 40°) la plus réputée de Chine, dont la capitalisation boursière s’est envolée cette année.
Difficile adaptation culturelle
Pour autant, les élèves étrangers de la CEIBS ne cachent pas les difficultés liées à l’immersion en Chine. « Entre le quotidien, parfois compliqué pour les étrangers, les cours de chinois et les cours d’économie, j’ai l’impression d’être débordée, confie Mlle Kalendina. C’est très compétitif ici. Pour les étudiants chinois, il est normal de ­réviser ses cours jusqu’à une heure du matin tous les jours ! » Apricot Wilson, étudiante anglaise passée par Cambridge, reconnaît aussi les ­problèmes d’adaptation, mais les prend avec plus de philosophie : « Mes camarades chinois m’aident beaucoup pour les tâches administratives, ou pour ouvrir un compte en banque… »
« C’est très compétitif ici. Pour les étudiants chinois, il est normal de réviser ses cours jusqu’à une heure du matin tous les jours ! » Valentina Kalendina, élève russe du MBA de la CEIBS
Les élèves chinois représentent 60 % de ­l’effectif du master, l’occasion de se frotter aux différences culturelles qui touchent le monde des affaires. Les travaux réguliers par groupe de cinq permettent ainsi de confronter les différents points de vue. « Je me retrouve souvent la seule à penser d’une certaine façon, alors que les quatre étudiants chinois de mon groupe sont d’accord entre eux », raconte Valentina Kalendina. Avant de préciser qu’elle avait justement choisi la Chine pour cette confrontation à une culture différente : « Je voulais faire travailler mon ordinateur de pensée », sourit-elle.
Apricot Wilson remarque aussi qu’elle a dû s’adapter à ses camarades. « J’ai l’habitude de dire ce que je pense tout de suite, dit l’étudiante britannique. Dans ce cas-là, les Chinois ont tendance à dire “oui oui…”, mais pour avoir leur opinion, j’ai dû apprendre à écouter. »
Dernier défi culturel, peut-être : la jeune Apricot note qu’à la CEIBS, « on fait moins la fête qu’à Cambridge », où les « house parties » s’enchaînaient… A la place, elle a dû se faire aux soirées karaoké !



                            


                        

                        


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Compte rendu

Au Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa amnistie 3 000 prisonniers

Le président veut faciliter la décongestion des établissements pénitentiaires, qui comptent 20 000 détenus pour une capacité de 17 000 places.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-22T12:07:57+01:00"

        Le 22.03.2018 à 12h07






    
Le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, le 18 février 2018, à Harare.
Crédits : JEKESAI NJIKIZANA / AFP


Le président zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, a accordé une amnistie à quelque 3 000 personnes détenues dans les prisons surpeuplées du pays, ont annoncé, jeudi 22 mars, les autorités pénitentiaires. « Le président a, selon la Constitution du Zimbabwe, décidé d’accorder une grâce à certains détenus. […] Cela facilitera la décongestion de nos prisons », a indiqué l’administration pénitentiaire du Zimbabwe dans un communiqué.
Cette mesure vise notamment la totalité des détenues femmes – à l’exception de celles condamnées à la prison à perpétuité –, mais aussi les détenus handicapés et mineurs qui purgent des peines de moins de trois ans et en ont déjà accompli le quart. Tous les prisonniers malades et âgés de plus de 60 ans qui ont déjà accompli un tiers de leur peine seront également libérés.

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                Le Zimbabwe exclut de rendre aux fermiers blancs leurs terres confisquées



En outre, les condamnés à mort qui attendent leur exécution depuis plus de dix ans dans les couloirs de la mort verront leurs peines commuées en réclusion criminelle à perpétuité, selon les autorités. Les condamnés pour meurtre, trahison, viol, vols à main armée ou avec violence et ceux punis par une cour martiale sont exclus de cette mesure d’amnistie.
Des émeutes dans les prisons
En proie à une sévère crise financière et incapable de pourvoir aux besoins en vêtements, en nourriture et en soins de tous ses détenus, le Zimbabwe a régulièrement pratiqué, ces dernières années, des amnisties de masse. Durant la seule année 2013, une centaine de prisonniers étaient morts faute d’une prise en charge adéquate. Ces mauvaises conditions de détention avaient provoqué en 2015 une vague d’émeutes dans les établissements pénitentiaires du pays, qui s’était soldée par la mort de quatre détenus.

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                Au Zimbabwe, Mugabe sort du silence et crie au « coup d’Etat » quatre mois après sa chute



Le Zimbabwe compte environ 20 000 prisonniers, pour une capacité de 17 000 places. Des élections générales y sont prévues en juillet, les premières depuis la démission en novembre, sous la pression de l’armée et de son parti, de Robert Mugabe, 94 ans, au terme d’un règne sans partage de trente-sept ans.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ En réponse aux concerts organisés pendant les JO de Pyeongchang, des artistes du Sud se produiront en Corée du Nord entre le 31 mars et le 3 avril.
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Pyongyang va vibrer pour la pop sud-coréenne

En réponse aux concerts organisés pendant les JO de Pyeongchang, des artistes du Sud se produiront en Corée du Nord entre le 31 mars et le 3 avril.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 11h52
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 12h03
    |

            Philippe Mesmer (Séoul, envoyé spécial)








                        



                                


                            

La K-pop va faire danser Pyongyang. Alors que les négociations se poursuivent pour d’éventuels sommets entre les dirigeants des deux Corées et entre le leader nord-coréen Kim Jong-un et le président américain Donald Trump – voire à trois, comme l’a indiqué mercredi 21 mars le président sud-coréen, Moon Jae-in –, Pyongyang a accepté l’organisation sur son sol de concerts d’artistes de la pop sud-coréenne.
Entre le 31 mars et le 3 avril, un public sélectionné pourra savourer les déclinaisons acidulées du groupe féminin Red Velvet, de la star Seohyun, ex-chanteuse des Girls’ Generation, ou encore les balades de Cho Yong-pil, véritable monument de la pop sud-coréenne qui doit fêter ses cinquante ans de carrière en 2018 .
Ce dernier a déjà joué dans la capitale nord-coréenne, en 2005, en pleine politique du « rayon de soleil » de rapprochement intercoréen. Une prestation particulière puisque les 7 000 spectateurs n’avaient pas bougé, se bornant à applaudir les morceaux. Depuis, aucun artiste du Sud ne s’est produit au Nord.

Le principe de ces concerts a été acquis lors de la visite les 5 et 6 mars à Pyongyang d’une délégation sud-coréenne de haut niveau, qui avait alors rencontré Kim Jong-un. Il s’agit d’une réponse aux concerts organisés en février au Sud au moment des Jeux olympiques de Pyeongchang. Les formations nord-coréennes Samjiyon et Moranbong avaient donné plusieurs concerts bien reçus.
« La tâche la plus importante pour nous sera de susciter la même émotion chez le public nord-coréen que chez celui du sud, sans provoquer d’incompréhension », a déclaré Lee Yung-san, chanteur compositeur
Il s’agit également de faire oublier l’échec d’un projet de concert de K-Pop, en février au mont Kumgang, en Corée du Nord. Pyongyang avait annulé, accusant la presse sud-coréenne de s’être montrée « insultante » en critiquant l’organisation d’un défilé militaire par le Nord à la veille de la cérémonie d’ouverture des Jeux d’hiver...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Cette entreprise britannique, utilisée par Donald Trump durant sa campagne pour la présidentielle de 2016 aux Etats-Unis, a analysé les données de dizaines de millions d’utilisateurs à leur insu.
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Ce qu’il faut savoir sur Cambridge Analytica, la société au cœur du scandale Facebook

Cette entreprise britannique, utilisée par Donald Trump durant sa campagne pour la présidentielle de 2016 aux Etats-Unis, a analysé les données de dizaines de millions d’utilisateurs à leur insu.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 12h27
    |

            William Audureau








                        



   


Elle devait changer les règles du jeu politique ; voilà qu’elle est au centre d’une affaire de vol de données révélée par le Guardian, le New York Times et The Observer, qui éclabousse autant la Maison Blanche que Facebook, le plus grand réseau social du monde. Création, objectifs, fonctionnement… que sait-on de l’entreprise Cambridge Analytica ?

        Lire :
         

          Comment une entreprise proche de Trump a siphonné les données de millions d’utilisateurs de Facebook



Qu’est-ce que Cambridge Analytica ? 
« Data drives all we do » (« Les données déterminent tout ce que nous faisons »). Tel est le slogan de cette entreprise de nouvelles technologies fondée à Londres en 2013. Spécialisée dans l’analyse de données à grande échelle et le conseil en communication, elle se donne pour mission « de changer le comportement grâce aux données » et fonctionne en mélangeant le traitement quantitatif de données, la psychométrie et la psychologie comportementale.
Il s’agit d’une « société fille » de SCL Group, entreprise britannique spécialisée dans le conseil en communication et l’analyse de données, qui compte les ministères de la défense anglais et américain parmi ses clients.
Que vend exactement Cambridge Analytica ?
Essentiellement des outils d’influence. Parmi les produits qu’elle commercialise :
- Siphon, un outil d’analyse de l’efficacité des publicités en ligne ;
- Validity, un service de sondage d’opinions à grande échelle ;
- Data Models, un catalogue de types d’électeurs et de consommateurs ;
- Custom Data Manipulation, un système de visualisation des centres d’intérêt du public étudié, ou psychographics.
Sur quelle méthode s’appuie-t-elle ?
Cambridge Analytica s’appuie sur le modèle psychologique des Big Five, une construction empirique des principaux types de personnalités. Inventé dans les années 1980, ce modèle fait relativement consensus, notamment dans les services de relations humaines, mais n’est pas exempt de défauts : son manque de rigueur et la place laissée à l’interprétation sont notamment critiqués.
Par ailleurs, l’efficacité des conseils que l’entreprise prodigue à partir de ses domaines d’expertise est loin de faire l’unanimité, tant auprès d’experts indépendants que d’anciens clients.
A qui vend-elle ses services ?
Cambridge Analytica revendique un réseau de clients parmi les organisations gouvernementales et non gouvernementales, des entreprises privées de toutes tailles, et « des clients politiques issus de tout le spectre idéologique ».
Est-elle politiquement engagée ?
Sur son site officiel, Cambridge Analytica se présentait en 2016 comme « une organisation non partisane ». Elle appartient toutefois en grande partie à la famille du célèbre homme d’affaires de Wall Street Robert Mercer, pionnier du trading algorithmique et principal donateur du républicain Ted Cruz. Les principaux clients politiques de la société britannique sont tous issus des rangs républicains.
Au moins trois candidats républicains à la Maison Blanche ont fait appel à ses services : Ben Carson et Ted Cruz durant la course à l’investiture en 2015, puis Donald Trump durant l’élection présidentielle de 2016. La campagne du magnat de l’immobilier a versé à Cambridge Analytica près de 6 millions de dollars en « gestion de données » et « services de gestion de données ».
Par ailleurs, Cambridge Analytica compte parmi ses fondateurs Steve Bannon, ancien président du site d’extrême droite Breitbart et stratège de Donald Trump durant sa campagne pour la présidence américaine.
Le lanceur d’alerte Christopher Wylie, qui a conçu la partie technologie de l’entreprise, présente Cambridge Analytica comme « la machine à retourner le cerveau de la guerre psychologique de Steve Bannon ». Elle a notamment été employée durant la campagne du Brexit par le camp eurosceptique, selon Christopher Wylie ; ce que Cambridge Analytica réfute.

        Lire aussi :
         

                Quelle a été l’importance réelle de Cambridge Analytica dans la campagne de Trump ?



Pourquoi est-elle dans la tourmente ? 
Cambridge Analytica est accusée d’avoir utilisé des données de 30 millions à 70 millions d’utilisateurs de Facebook, recueillies sans leur consentement, en passant par un quiz développé par un universitaire anglais, Aleksandr Kogan, et sa société Global Science Research (GSR).
Samedi 17 mars, le Guardian, The Observer et le New York Times ont révélé que les données récoltées par GSR pour le compte de Cambridge Analytica l’ont été à l’insu des internautes concernés, en présentant le quiz comme un simple exercice académique, alors que celui-ci absorbait les données non seulement des participants, mais aussi de leurs « amis » Facebook.
Par ailleurs, la chaîne britannique Channel 4 a révélé lundi dans un reportage en caméra cachée que les pratiques de Cambridge Analytica s’étendent à la diffusion volontaire de fausses informations, à l’espionnage d’adversaires politiques, au recours à des prostituées et à la corruption pour manipuler l’opinion publique à l’étranger, selon les mots de son propre dirigeant, Alexander Nix, filmé à son insu.
Ces révélations sont-elles nouvelles ?
Pas totalement. Dès la fin de 2015, au moment de la course à l’investiture républicaine qui a précédé l’élection présidentielle américaine de 2016, le Guardian évoquait l’origine douteuse des données exploitées par la firme.

        Lire notre enquête de 2017 sur
         

          Cambridge Analytica, la start-up qui influence les électeurs



L’entreprise était-elle au courant que ses données avaient été obtenues de manière malhonnête ? 
Dans sa page de politique de confidentialité, Cambridge Analytica assume collecter des informations personnelles sur les internautes grâce à des applications tierces, soit d’entreprises extérieures qui leur revendent les données, soit par des formulaires diffusés pour son compte – ce que faisait GSR.
Néanmoins, il n’est pas possible d’affirmer que la firme britannique savait avant la publication de l’enquête du Guardian, à la fin de 2015, que ces données avaient été obtenues sans le consentement des utilisateurs concernés.
L’entreprise a contesté la véracité des enquêtes publiées à son propos et assure ne pas avoir utilisé les données Facebook volées durant la campagne de Donald Trump. Cambridge Analytica a néanmoins suspendu son dirigeant, Alexander Nix, au lendemain de la diffusion de ses propos sur Channel 4.

        Lire aussi :
         

                L’affaire Cambridge Analytica plonge Facebook dans une crise historique






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Le résultat du référendum consultatif organisé mercredi n’est pas encore définitif, mais le vote a mis en avant les doutes d’une partie de l’électorat à l’encontre d’une collecte massive de données personnelles au profit des services de sécurité.
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Les Pays-Bas divisés à propos d’une loi sur le renseignement

Le résultat du référendum consultatif organisé mercredi n’est pas encore définitif, mais le vote a mis en avant les doutes d’une partie de l’électorat à l’encontre d’une collecte massive de données personnelles au profit des services de sécurité.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 11h47
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Les Néerlandais, appelés mercredi 21 mars à renouveler leurs conseils municipaux, devaient aussi se prononcer pour ou contre une nouvelle loi sur les pratiques des services de renseignement. Et, à la surprise générale, le « non » pourrait l’emporter de justesse, selon les dernières estimations publiées dans la nuit par l’agence de presse ANP. Un sondage réalisé à la sortie des urnes avait indiqué, dans la soirée, que les deux camps étaient au coude-à-coude : 49 % des votants pour le texte, 48 % contre, et 3 % de votes blancs.
Il faudra peut-être attendre le 29 mars, date de la publication des résultats définitifs, pour savoir ce qu’il adviendra du projet, censé entrer en vigueur le 1er mai. Il donne à l’AIVD et au MIVD (les renseignements civil et militaire) des pouvoirs beaucoup plus étendus, en ouvrant la voie à la collecte massive de données dans le cadre de la lutte antiterroriste. Le texte élargit aussi considérablement le champ de la transmission des renseignements collectés à des pays étrangers.

Des sondages publiés au cours des derniers jours avaient surtout illustré la large méconnaissance des citoyens : 40 % d’entre eux ignoraient la possibilité offerte aux services de collecter des données et 70 % ne savaient pas que ces renseignements pouvaient être transmis aux services d’autres États.
Adaptation d’une loi de 2002
C’est sous la pression des experts du renseignement que le gouvernement a adapté, l’an dernier, une loi datant de 2002 et jugée insuffisante face à l’évolution technologique. L’ancien texte empêchait notamment l’interception des communications téléphoniques ou des courriels transmis via les câbles Internet. Une large majorité parlementaire avait adopté ce nouveau texte, sans vrai débat, en 2017. Un parti qui compose l’actuelle majorité du gouvernement Rutte III, D66 (Democraten 66, centristes réformateurs), s’y était toutefois opposé.
C’est un groupe d’étudiants qui, s’appuyant sur la loi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ A Rome, l’intervention internationale en Libye, en 2011, et le rôle joué par l’ancien président font l’objet d’une lecture radicalement différente.
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Vue d’Italie, la mise en examen de Sarkozy rappelle les fantômes de la guerre en Libye

A Rome, l’intervention internationale en Libye, en 2011, et le rôle joué par l’ancien président font l’objet d’une lecture radicalement différente.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 11h41
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            
« Tu rigoles moins maintenant, Sarkozy ! » Le titre sarcastique barre la « une » de l’édition d’Il Giornale de mercredi 21 mars, au-dessus d’une photographie montrant l’alors président français et la chancelière allemande, hilares, en octobre 2011, alors qu’on venait de leur poser une question sur l’Italie en pleine tempête financière. Plus encore que le reste de la presse italienne, qui a fait un large écho à la garde à vue et à la mise en examen de Nicolas Sarkozy, dans le cadre d’une enquête pour des soupçons de financement illégal de la campagne présidentielle 2007, le quotidien de droite, propriété de la famille Berlusconi, a consacré sa « une » et trois pages à l’événement.

Il faut dire que le contentieux entre les deux hommes est particulièrement vif depuis la chute du gouvernement italien, en novembre 2011, pour laquelle Silvio Berlusconi attribue une grande responsabilité à Nicolas Sarkozy. Mais en dehors de cette haine personnelle, dont Il Giornale se fait régulièrement le porte-voix, la presse italienne dans son ensemble a souligné que la mise en cause par la justice française de l’ancien président jetait une lumière crue sur un autre contentieux franco-italien particulièrement profond : l’intervention internationale en Libye, en 2011, qui fait l’objet, de part et d’autre des Alpes, de lectures radicalement différentes.
Plus que la campagne de 2007, c’est bien cet épisode, dans lequel la France a joué un rôle central, qui, après la mise en cause de Nicolas Sarkozy, prend un sens radicalement nouveau. Pour le Corriere della Sera (centre droit), « même si le cadre international d’une résolution de l’ONU a été respecté et si l’opinion publique européenne était plutôt favorable à la fin du régime, séduite par l’espérance de démocratie du monde arabe », c’est bien Nicolas Sarkozy qui a « appuyé sur l’accélérateur et fait décoller ses bombardiers », en mars 2011, faisant peu de cas des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Les écologistes et les partis d’implantation locale progressent au détriment des sociaux-démocrates et de la gauche radicale, tandis que l’extrême droite stagne malgré l’obtention de quelques sièges.
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Après les municipales néerlandaises, un paysage politique fragmenté

Les écologistes et les partis d’implantation locale progressent au détriment des sociaux-démocrates et de la gauche radicale, tandis que l’extrême droite stagne malgré l’obtention de quelques sièges.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 11h31
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Appelés à renouveler leurs conseils municipaux, mercredi 21 mars, les électeurs néerlandais ont fait deux vainqueurs : la gauche écologiste et les partis d’implantation locale, qui progressent dans tout le royaume. Le Parti du travail (PvdA, social-démocrate) recule encore après ses lourdes défaites aux municipales de 2014 et aux législatives de 2017. Il est sanctionné dans toutes les grandes villes, où le Parti socialiste (SP, gauche radicale) perd, lui, de 30 % à 50 % de ses électeurs.
C’est le parti GroenLinks, du jeune leader Jesse Klaver, qui récupère apparemment une grande part des électeurs de gauche. La formation écologiste est la première à Amsterdam et Utrecht, et y devance désormais D66 (Democraten 66), le parti réformateur et proeuropéen qui s’est allié au premier ministre libéral, Mark Rutte, pour former un gouvernement. Les électeurs l’ont davantage sanctionné que ses alliés au sein de la coalition. L’un des partenaires de D66 au gouvernement, l’Appel chrétien-démocrate (CDA, droite), est même devenu le plus grand parti du pays.
« Valeurs musulmanes »
Une performance qui doit toutefois être nuancée, car c’est l’émiettement du paysage politique qui frappe. A La Haye, c’est le Groupe De Mos, une liste locale emmenée par un dissident du Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders qui arrive en tête. A Rotterdam, les populistes de Leefbaar Rotterdam conservent la première place, mais perdent des plumes tandis que Nida, un parti qui défend les « valeurs musulmanes », dépasse les 5 %. On note aussi, dans la ville portuaire comme dans la capitale et à Utrecht, l’apparition d’élus de Denk, une formation créée par des sociaux-démocrates dissidents et apparemment financé par le régime turc. Dans les villes moyennes, ce sont les listes locales qui enregistrent souvent les plus fortes progressions.
Le PVV de Geert Wilders, cantonné jusqu’ici à La Haye et Almere, obtient, lui, quelques sièges à Rotterdam, Utrecht ou Enschede, sans toutefois renouveler ses performances antérieures. Le Forum pour la démocratie, du juriste Thierry Baudet, qui le concurrence désormais sur les thèmes de l’identité et de l’europhobie, conquiert ses deux premiers sièges à Amsterdam, avec quelque 5 % des suffrages.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ La Réserve fédérale table désormais sur une croissance de 2,7 % cette année aux Etats-Unis. Son président, Jerome Powell, n’a pas commenté le virage protectionniste de l’administration Trump.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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Confiante dans l’économie américaine, la Réserve fédérale relève ses taux

La Réserve fédérale table désormais sur une croissance de 2,7 % cette année aux Etats-Unis. Son président, Jerome Powell, n’a pas commenté le virage protectionniste de l’administration Trump.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 11h15
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Un peu plus de confiance, mais la prudence est toujours à l’ordre du jour. Mercredi 21 mars, à l’issue d’une réunion de deux jours sous la houlette de son nouveau président, Jerome Powell, la Réserve fédérale (Fed) a relevé ses taux directeurs d’un quart de point. Ils évoluent désormais dans une fourchette de 1,50 % à 1,75 %. Cette décision était largement anticipée par les investisseurs, dont l’attention s’est surtout portée sur les nouvelles prévisions de croissance de l’institution.
Celle-ci ne manque pas d’optimisme. Elle table désormais sur une croissance de 2,7 % cette année (contre 2,5 % jusque-là), et de 2,4 % l’an prochain (contre 2,1 %). Le signal est clair : la Fed prend désormais en compte l’incidence à court terme sur l’activité de la réforme fiscale du président Donald Trump. « Les perspectives économiques se sont renforcées ces derniers mois », indique-t-elle laconiquement dans son communiqué, soucieuse d’éviter toute déclaration à coloration politique.

Cette première réunion faisait figure de test pour le discret « Jay » Powell, nommé par Donald Trump en novembre dernier pour succéder à Janet Yellen. « Il a redoublé de prudence pendant sa conférence de presse, inhabituellement courte », résume Michael Pearce, de Capital Economics.
« Fièvre protectionniste »
Il faut dire que ce républicain modéré, juriste de formation, entame son mandat dans un contexte particulier : si l’économie américaine est en bonne forme, le risque de guerre commerciale soulevé par le virage protectionniste de l’administration Trump pourrait heurter l’activité… Mais celle-ci pourrait aussi frôler la surchauffe sous l’effet des baisses d’impôts massives accordées aux entreprises.

Interrogé sur la hausse des droits de douane sur l’acier (+ 25 %) et l’aluminium (+ 10 %) qui devaient entrer en vigueur vendredi 23 mars, « Jay » Powell a botté en touche. Il a reconnu que le sujet a été évoqué comme une « sorte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ La capitale est la cible régulière de tirs d’obus rebelles, qui ont ravivé les peurs des habitants. Une faction de combattants insurgés, les islamistes d’Ahrar Al-Cham, a accepté d’évacuer l’enclave.
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A Damas, « tout le monde veut que l’offensive de la Ghouta orientale finisse au plus vite »

La capitale est la cible régulière de tirs d’obus rebelles, qui ont ravivé les peurs des habitants. Une faction de combattants insurgés, les islamistes d’Ahrar Al-Cham, a accepté d’évacuer l’enclave.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 11h08
    |

            Laure Stephan (Beyrouth, correspondance)








                        



   


Dans l’est de Damas et ses alentours, non loin de la ligne de front, depuis un mois et le début de l’offensive des forces prorégime contre l’enclave rebelle de la Ghouta orientale, des milliers d’enfants ne vont plus à l’école, ou seulement en pointillés. « De nombreux parents préfèrent garder leurs enfants chez eux, par crainte des violences. Les tirs d’obus par les rebelles, plus ou moins intenses, sont quasi quotidiens à proximité de la Ghouta orientale », explique Houssam, un habitant de Damas qui témoigne sous pseudonyme.
« La tension est très forte, la peur aussi. Même si on a connu des périodes plus dures au début de la guerre », ajoute-t-il. Mardi 20 mars, c’est dans un faubourg de Jaramana, une banlieue à l’est de Damas, que s’est produite l’une des attaques les plus meurtrières depuis cinq ans dans la région de la capitale : au moins 44 personnes ont été tuées par une roquette, alors qu’elles se trouvaient dans une rue commerçante.
Selon les témoignages, la déflagration a été très puissante. Les médias d’Etat ont attribué le tir meurtrier aux « groupes terroristes » de la Ghouta orientale, en référence aux rebelles. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a rendu compte de l’attaque, sans en préciser l’origine ni les auteurs. Cette organisation, qui dresse le décompte macabre des victimes du conflit syrien, affirme que les tirs rebelles ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés au cours des quatre derniers mois à Damas et dans ses environs.
« Les insurgés prolongent les souffrances des habitants »
Depuis le début de la guerre, Jaramana a déjà été ensanglantée par des attentats ou des tirs d’obus sporadiques. « Mais jamais une attaque à la roquette aussi grave ne s’était produite, insiste Houssam. C’est d’autant plus tragique qu’il s’agit d’une zone où beaucoup de déplacés de la Ghouta orientale ont trouvé refuge au cours des dernières années. Ils vivent l’offensive dans l’angoisse pour leurs proches et pour leur avenir : où retourneront-ils un jour, au milieu d’une telle destruction ? »
Si, dans l’est de Damas, la vie est « paralysée », selon Houssam, elle poursuit son cours dans le reste de la ville, où les tirs d’obus sont rares. Les coupures d’électricité ont cessé. Les employés continuent de se rendre au bureau, même si l’activité tourne au ralenti. On y vit au son continu des bombardements aériens et des tirs d’artillerie des forces prorégime sur la Ghouta orientale, qui ont fait plus de 1 500 morts parmi les civils depuis le 18 février, selon l’OSDH.
« Tout le monde, dans la capitale, veut que l’offensive se termine au plus vite, affirme Anas (le prénom a été modifié), un habitant de Damas. Mais les approches sont différentes : certains déplorent l’intensité du déluge de feu qui s’abat sur la Ghouta orientale, tout en considérant que les insurgés prolongent les souffrances des habitants en refusant de rendre les armes. Car c’est un combat perdu d’avance pour eux. D’autres au contraire, les plus radicaux, veulent que la poche rebelle soit durement matée. » 
« Cycle de vengeance »
Pour les loyalistes les plus convaincus, la reprise de la Ghouta orientale sera une nouvelle étape vers la reconquête totale du pays par l’armée et ses alliés. Ils se félicitent déjà de la victoire à venir. La visite de Bachar Al-Assad sur le front, le 18 mars, les a galvanisés. Et la première évacuation de combattants insurgés, prévue jeudi, leur semble un signe supplémentaire d’un dénouement rapide : les islamistes d’Ahrar Al-Cham et leurs familles doivent être transférés dans les territoires rebelles du nord-ouest de la Syrie.

   


« Du point de vue des autorités, il était inconcevable de maintenir une présence rebelle aux portes de Damas. La possibilité que des obus tombent sur la capitale réduisait à néant les efforts du gouvernement pour présenter la ville comme sûre et attirer des investisseurs », commente un observateur qui se rend régulièrement en Syrie. Parmi les habitants de Damas, l’opinion est répandue que le front de la Ghouta orientale s’est enflammé depuis l’automne car il sert de terrain de confrontation aux puissances étrangères actives dans le conflit. Ils confient leur épuisement face à la guerre et leur aspiration à tourner la page.

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« Mais que va-t-il se passer ensuite, une fois que les combats cesseront ?, se demande, pessimiste, Houssam. La violence à l’œuvre ne fait que nourrir un peu plus la haine. Elle va attiser un cycle de vengeance. » Selon lui, si la « stabilité » revient dans la région de Damas, cela ne mettra fin « ni à la pauvreté dans laquelle sont plongés les Syriens, ni à la peur ambiante, notamment celle des jeunes, d’être envoyés au service militaire ». « On est loin de voir la fin de nos souffrances », conclut-il.



                            


                        

                        


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En Hongrie, Viktor Orban radicalise son discours, tout en restant au Parti populaire européen

Malgré ses propos complotistes et aux relents antisémites, le premier ministre hongrois reste choyé par le camp conservateur.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 16h08
    |

                            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        



   


Au niveau européen, le Fidesz de Viktor Orban appartient au Parti populaire européen (PPE), le groupe parlementaire qui rassemble plusieurs formations conservatrices à Strasbourg, dont Les Républicains de Laurent Wauquiez et la CDU d’Angela Merkel. Le président du groupe parlementaire, Manfred Weber, et le président du PPE, le Français Joseph Daul, sont régulièrement critiqués pour leur complaisance à l’égard du premier ministre hongrois, maintes fois accusé, sans conséquences, de graves dérives autoritaires.
En visite à Budapest, mardi 20 mars, Manfred Weber s’est réjoui en entendant M. Orban l’ assurer de son maintien dans leurs rangs : « Aux élections européennes de 2019, le Fidesz se tiendra aux côtés du PPE », a affirmé le chef du gouvernement hongrois, mettant fin à toute spéculation de mise à l’écart. « Nous en sommes fiers (…). C’est vrai que nous nous situons à la droite de ce courant politique. Mais le PPE est une grande tente au sein de laquelle notre genre de partis a aussi sa place. »
Viktor Orban entend donc rester un membre à part entière de la famille politique dominant actuellement le paysage politique européen, tout en continuant à jouer une partition toujours plus singulière, depuis le début de la crise des migrants.

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Sans « fausse pudeur »
En campagne pour sa réélection en vue des législatives du 8 avril, il a en effet tenu des propos, le 15 mars que mêmes certains partis européens d’extrême droite n’oseraient pas assumer publiquement. C’était à l’occasion de la fête nationale, marquant le 170e anniversaire de la révolution d’indépendance hongroise (1848).
Devant plusieurs dizaines de milliers de personnes, il a repris à son compte – sans « fausse pudeur », comme il dit – les théories du complot développées par les cercles les plus radicaux. « Ce n’est pas contre nos partis d’opposition anémiés que nous devons lutter, mais contre un réseau international structuré en empire, a-t-il affirmé. Contre des médias entretenus par des groupes étrangers et des oligarques de l’intérieur (…), contre le réseau des ONG financées par les spéculateurs internationaux, englobé et incarné dans la personne de George Soros. » 
Selon lui, ce milliardaire juif américain d’origine hongroise organiserait ce que l’extrême droite appelle le « grand remplacement » des populations européennes, avec l’aide de la Commission européenne (dirigée par un membre du PPE, Jean-Claude Juncker). « Si nous laissons faire, sur les deux décennies à venir, des dizaines de millions de migrants prendront la route de l’Europe à partir de l’Afrique et du Proche-Orient. La partie occidentale de l’Europe regarde tout cela les bras croisés (…). Les jeunes d’Europe occidentale connaîtront le jour où ils se retrouveront en minorité dans leur propre pays. » 
Hors de l’UE, Orban cite notamment comme « camarades de combat » les Etats-Unis, qui ont « élu un président hostile à l’immigration »
Le ton a parfois des relents des années 1930 : « Nous avons affaire à un adversaire qui est différent de nous. Il n’agit pas ouvertement, mais caché, il n’est pas droit, mais tortueux, il n’est pas honnête, mais sournois, il n’est pas national, mais international, il ne croit pas dans le travail, mais spécule avec l’argent, il n’a pas de patrie parce qu’il croit que le monde entier est à lui (…). Nous avons fini par renvoyer chez eux le sultan et ses janissaires, l’empereur Habsbourg et ses fidèles, les soviets et leurs camarades, et maintenant nous allons en faire autant avec l’Oncle George et son réseau. S’il te plaît, retourne en Amérique et occupe-toi plutôt du bonheur des Américains. »
Ces propos sont désormais repris en boucle par tous les membres du Fidesz, qui les propagent comme autant « d’éléments de langage ». Viktor Orban se sent autorisé à les endosser, car la Hongrie aurait été rejointe, dans un combat mené auparavant en solitaire depuis son élection en 2010, par la Pologne, la Slovaquie, la République tchèque, l’Autriche et désormais les Italiens « qui ont dit non à l’immigration » à l’occasion des dernières élections. Hors de l’Union européenne, il cite également comme des « camarades de combat » les Etats-Unis qui ont « élu un président hostile à l’immigration », les Britanniques qui ont « choisi leur propre voie » et Israël qui « tient toujours ».

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Selon l’analyste politique Peter Kreko, directeur du think tank Political Capital, l’homme fort de Budapest souhaite « renforcer l’extrême droite et non la droite. Il est très intéressé par un remplacement des élites en Europe. Il espère que toutes les crises que vit actuellement le continent, et en premier lieu la crise migratoire, vont balayer le mainstream actuel ». Au sein duquel, pourtant, on ne lui connaît pas que des ennemis.
Mise à jour du mercredi 22 mars à 15 h 45 : une version initiale de cet article mentionnait la présence de Joseph Daul à Budapest. Cette erreur a été corrigée.



                            


                        

                        

