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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ La modélisation des comportements en sciences sociales se heurte à des difficultés pratiques et conceptuelles.
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La délicate mise en équation de l’homme

La modélisation des comportements en sciences sociales se heurte à des difficultés pratiques et conceptuelles.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 17h36
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Le livre. « Les sciences sociales sont les véritables sciences “dures” ! » Cette phrase résume le ton et le propos d’un livre très original et stimulant. Son auteur, Pablo ­Jensen, est un ancien physicien, passé aux sciences sociales (versant plutôt économique) avec, avoue-t-il, la naïveté de penser qu’il pourrait, grâce aux maths notamment, modéliser et mettre en équations les systèmes sociaux aussi facilement qu’on prédit qu’un système solide devient liquide à telle température. Le livre raconte la difficulté de réaliser une telle ambition.
Comme celle-ci a été au cœur de nombreux travaux, une bonne partie de l’ouvrage ­consiste en une critique précise et assez ­dévastatrice de nombreux modèles, en économie, en politique, pour les transports… ­Pablo Jensen n’est bien sûr pas le premier à le faire, et les résultats qu’il démonte l’ont été par d’autres, mais ses arguments portent.
On trouve ainsi quelques « ambulances » sur ­lesquelles il tire, comme l’indicateur très ­imparfait du produit intérieur brut (PIB) pour mesurer la richesse, ou bien les modèles irréalistes, mais omniprésents, des agents économiques rationnels. D’autres résultats sont également décortiqués sur les choix électoraux, l’apparition de plusieurs centres urbains, la ségrégation dans une ville…
Mode des mégadonnées
Il se montre aussi très sceptique sur la mode actuelle des mégadonnées, ou big data, qui consiste à penser que plus de données aideraient à sortir de l’impasse. Pour l’auteur, aucun enseignement majeur sur la société n’a été apporté pour l’instant par ces nouvelles techniques gavées de données.
Les raisons sont multiples et renvoient à la première phrase de cette recension. La ­complexité des individus se laisse mal ­réduire à quelques paramètres et inter­actions entre agents. Les caractéristiques humaines, très hétérogènes, ne sont pas aussi stables que celles des atomes. Et ces diables de bonshommes sont aussi...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Cet ancien adepte de paranormal s’est intéressé aux sciences après un long cheminement vers l’esprit critique, jusqu’à soutenir sa thèse sur la simulation de l’Univers.
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Sébastien Carassou, des ovnis à l’astrophysique

Cet ancien adepte de paranormal s’est intéressé aux sciences après un long cheminement vers l’esprit critique, jusqu’à soutenir sa thèse sur la simulation de l’Univers.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 11h09
    |

                            Cécile Michaut








                        



                                


                            

Chez un scientifique, c’est l’équivalent d’un coming out, en plus sulfureux. « Pendant une bonne partie de mon adolescence, j’ai gobé toutes les pseudo-sciences : les ovnis, les extraterrestres construisant les pyramides, les complots du 11-Septembre, les phénomènes magiques, les anges, les fantômes, les machines à énergie libre… Il n’y avait pas encore la théorie de la Terre plate, mais j’y aurais sûrement cru aussi. » Celui qui s’exprime ainsi, Sébastien ­Carassou, est pourtant aujourd’hui docteur en astrophysique. Il a soutenu en novembre à l’Institut d’astrophysique de Paris sa thèse sur la simulation de l’Univers pour mieux comprendre l’évolution des galaxies. Cette soutenance s’est d’ailleurs retrouvée au premier rang des tendances en Europe sur Twitter – du jamais-vu pour une thèse ! Sébastien Carassou est aussi un vulgarisateur acharné, lui qui doit tant aux grands passeurs de science comme Carl Sagan (1934-1996) – son modèle – ou ­André Brahic (1942-2016), dont il loue l’humanisme, l’optimisme et la passion.
Son parcours est précieux pour comprendre comment une personne intelligente et ­curieuse peut croire en tout un fatras de théories paranormales, mais aussi comment il est possible de s’en sortir. Important à l’heure où la théorie du complot n’épargne pas les sciences !
Né à La Réunion dans un milieu assez catholique et superstitieux éloigné des sciences, où l’on croit volontiers aux miracles, Sébastien Carassou se définit lui-même comme un rat de bibliothèque, avide de comprendre le monde. Il dévore indistinctement les rayons science et ésotérisme, et il ne voit aucune ­contradiction entre les deux, aucune frontière. Tout ce qu’il lit est au même niveau de crédibilité. « Je cherchais à engranger le plus de connaissances possible, et je me suis enfermé dans une bulle ésotérique à travers les forums, et Internet en général. » Sa première vocation est de devenir parapsychologue : étudier « scientifiquement » les phénomènes...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Ce savant allemand du XVIIIe siècle est surtout connu pour ses travaux de théorie des nombres qui lui valent une admiration universelle et une influence vivace.
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Gauss, « le prince des mathématiciens »

Ce savant allemand du XVIIIe siècle est surtout connu pour ses travaux de théorie des nombres qui lui valent une admiration universelle et une influence vivace.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 09h59
    |

                            Michel Broué (Mathématicien, professeur émérite de l’université Paris-Diderot)








                        



   


Il est né en 1777, à l’apogée des ­Lumières. Dans une famille pauvre et d’une mère illettrée. Celui que tous s’accordent à appeler « le prince des mathématiciens » ne publia de son vivant qu’une partie de ses découvertes, immenses, fondatrices des mathématiques contemporaines. Il fut, par exemple, le premier à envisager des géométries non euclidiennes, en rupture avec la géométrie classique, mais ne publia pas ce travail « par crainte des cris des béotiens ».
Avant d’évoquer quelques-uns de ses travaux, je ne résiste pas à l’envie de raconter l’histoire de l’instituteur qui demanda à ses élèves, pensant les occuper un bout de temps, de calculer la somme des 100 premiers nombres : 1 + 2 + 3 +… + 100. Essayez, vous n’aurez pas la patience, et… quel intérêt ? L’élève Gauss n’avait pas 10 ans et, en bon mathématicien, n’eut ni patience ni intérêt… mais un peu d’insolence créatrice. « Pourquoi serais-je obligé de calculer cette somme dans l’ordre croissant des nombres ? Car si je ­calcule la somme du premier et du dernier (1 + 100), puis du deuxième et de l’avant-dernier (2 + 99), et ainsi de suite (3 + 98, etc.), chaque paire me donne la même somme, 101. Je dois faire cela 50 fois, le résultat est donc 50 × 101 = 5 050. » Ahurissement de l’instituteur, entendant le gamin donner le résultat en quelques minutes.
« Sublime science »
Essayons d’effleurer son œuvre. C’est dans le domaine des probabilités que son nom est le plus célèbre, avec la fameuse « courbe de Gauss », en cloche : il a décrit une loi modélisant des situations concrètes, dont la répartition est représentée par une telle courbe. On l’obtient, par exemple, en traçant l’histogramme des tailles d’une large population dont la taille moyenne est de 175 cm.
Mais ce sont ses travaux de théorie des nombres, ce cœur des mathématiques, qui lui valent une admiration universelle et une influence vivace. Impossible d’expliquer, ici, sa conjecture sur la répartition des nombres premiers, qui sera démontrée un siècle après sa formulation. Car, comme il l’écrivait : « Les charmes enchanteurs de cette sublime science ne se décèlent dans toute leur beauté qu’à ceux qui ont le courage de l’approfondir »…
Revenons à des résultats plus importants. Il a introduit la notion de « congruences ». Les « congruences modulo 12 » vous sont familières. Sur un cadran d’horloge, 12 et 0 sont confondus (12 = 0). Et on sait qu’à 15 heures l’horloge indique 3 ; au fond, parce que 15 = 12 + 3 = 0 + 3 = 3. Et puis, 11 = − 1… puisque 11 + 1 = 0, pardi. Si un événement commence lorsque l’horloge indique 4, et se prolonge consécutivement 3 fois pendant 11 heures, quelle heure indiquera l’horloge à la fin ? Réponse : 4 + (3 × 11) = 4 + (3 × − 1) = 4 − 3 = 1. L’horloge indiquera 1. Nous venons de faire des « calculs modulo 12 ». C’est le monde des congruences, outil de base de l’algèbre moderne… et du codage des transmissions numériques.
Astronome réputé et physicien de premier plan
C’est aussi en théoricien des nombres qu’il résolut, à 19 ans, une question venant de l’Antiquité grecque : quels sont les polygones réguliers (tels qu’un triangle équilatéral, un carré, un pentagone régulier, etc.) qui peuvent être construits avec une règle, un compas et un crayon ? Eh bien, il démontra entre autres que, pour un nombre de côtés égal à un « petit » nombre premier, ce n’est possible que pour les nombres 3, 5, 17 et 257. Le monde est ainsi fait, et Gauss et les mathématiques ont contribué à sa connaissance, parfois surprenante.
Ses talents de mathématicien firent de lui un astronome réputé. La plus petite planète naine du système solaire,Cérès, avait disparu. Introuvable. Gauss, à 25 ans, réussit à déterminer son orbite à l’aide de quelques données, et surtout des mathématiques. Il prédit où la trouver. Et en effet, on la retrouva à cet endroit.
Il fut aussi un physicien de premier plan, en particulier dans le domaine de l’électromagnétisme. Bref, s’il faut lister les « génies », il en est. Il fut un homme aussi, avec ses malheurs et ses grandeurs.
Profondément amoureux de sa première femme, il ne se remit guère de son décès prématuré et souffrit, semble-t-il, de dépression chronique. Mathématicien solitaire, il n’aima guère enseigner. Mais il forma des étudiants qui allaient aussi devenir des « princes », tel Bernhard Riemann, auteur de ce qui est sans doute la plus importante des conjectures mathématiques, « l’hypothèse de Riemann ».
La mathématicienne Sophie Germain, sa contemporaine, se cachait pour faire des mathématiques sous le nom mas­culin d’Antoine Auguste Le Blanc (impensable à l’époque qu’une femme fut mathématicienne !). Elle correspondit avec Gauss sous ce nom. Les troupes de Napoléon occupèrent Brunswick, où habitait Gauss. Craignant pour sa vie, Sophie Germain demanda à un général français de le protéger, et c’est ainsi que Gauss apprit qu’Antoine était Sophie. Il lui écrivit alors : « Lorsqu’une personne de ce sexe qui, par nos mœurs et nos préjugés, doit rencontrer infiniment plus d’obstacles et de difficultés que les hommes à se familiariser avec ces recherches épineuses, sait néanmoins franchir ces entraves et pénétrer ce qu’elles ont de plus caché, il faut sans doute qu’elle ait le plus noble courage, des talents tout à fait extraordinaires, le génie supérieur. » Génie, et homme de bien.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Une collection pour découvrir des scientifiques d’exception, dont les théories ont révolutionné le monde.
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Génies des mathématiques

Une collection pour découvrir des scientifiques d’exception, dont les théories ont révolutionné le monde.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 09h58
    |

            David Larousserie








                        



   


Quelle discipline scientifique peut se targuer d’accoler aussi souvent l’étiquette de « génie » à ses représentants les plus connus ? La chimie, la biologie, les sciences humaines ont évidemment leurs géants, leurs célébrités, leurs révolutionnaires… mais peu sont qualifiés de génies. La physique, avec bien sûr Albert Einstein, se distingue à peine plus.
Assurément, ce sont donc les maths qui remportent la palme. Dès Euclide ou Archimède, le qualificatif se répand. Et il continue avec Newton, Euler, Gauss, Poincaré, Ramanujan, von Neumann, Nash… Et se poursuit encore à l’heure actuelle avec le Britannique Andrew ­Wiles, qui a démontré le théorème de Fermat, ou le Russe Grigori Perelman, qui est venu à bout de la conjecture de Poincaré, deux sommets de la discipline qui résistaient depuis au moins un siècle.
Affrontement direct entre l’homme et la nature
Les génies dont cette nouvelle collection intitulée « Génies des mathématiques », en partenariat avec L’Obs, retrace la vie et l’œuvre, revêtent les formes les plus variées. Il y a les précoces, les étoiles filantes, les défricheurs, les créateurs, les touche-à-tout… Ils ont marqué l’histoire de leur discipline, comme l’histoire tout court.
Constater la profusion d’hommes, et plus rarement de femmes, hors du commun en maths n’est pas faire injure aux autres disciplines. Les maths ont des avantages que les autres n’ont pas. Discipline essentiellement intellectuelle, elle est un affrontement direct entre l’homme et la nature, souvent comparée à l’ascension d’une montagne ou à l’exploration de terres vierges. En cas de découverte, les superlatifs auront donc tendance à pleuvoir, comme en sport ou en musique.
Elle est aussi un exercice souvent solitaire qui fait que les succès sont plus facilement ­attribuables à une seule personne.
Une « éternité » des maths
Il n’est pas rare non plus que ces célébrités soient proches de la folie, comme en témoigne par exemple l’« épidémie » de telles pathologies dans le rang des logiciens comme Gödel, Cantor ou Frege.
Dans l’entretien qui suit, Etienne Ghys, directeur de recherche à l’Ecole normale supérieure de Lyon et parrain de cette collection, relativise cette étiquette de génie, en réalité plus médiatique que pertinente, en rendant hommage au « terreau » de mathématiciens quasi inconnus qui permet à ces grands hommes de sortir du lot. Les profs, les ingénieurs, les ­artisans comptent aussi dans ce paysage, ­décrit à tort comme éclairé de feux d’artifice intellectuels spontanés.
Les maths, comme cette collection nous le montre également, se distinguent aussi par une autre caractéristique, sans doute moins discutable : un rapport particulier au temps. « Dans quelle autre discipline qu’un cours de maths pourriez-vous apprendre des choses correctes de plus de trois cents ans », nous susurrait à l’oreille Etienne Ghys dans un amphi où l’un de ses collègues faisait une conférence. En physique, les concepts d’atomes crochus, de phlogistique, d’éther ont disparu des manuels. Pas les théorèmes de Pythagore ou de Thalès. Une « éternité » des maths à savourer aussi dans les ouvrages de la collection.

        Lire aussi :
         

                La collection Génies des mathématiques






                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/21/19-5">
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ « Le Monde », en collaboration inédite avec « L’Obs », vous propose une ­nouvelle façon de parler des mathématiques, rigoureuse, accessible et vivante à travers le destin de leurs plus grands génies. Voici les dix premiers ­volumes de la série.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                

La collection Génies des mathématiques

« Le Monde », en collaboration inédite avec « L’Obs », vous propose une ­nouvelle façon de parler des mathématiques, rigoureuse, accessible et vivante à travers le destin de leurs plus grands génies. Voici les dix premiers ­volumes de la série.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 09h57
   





                        



   


1 - Carl Friedrich Gauss Il fut baptisé « le prince des mathématiciens », un titre qui jamais ne lui fut disputé depuis lors. Parmi les avancées qu’on lui doit, on retiendra particulièrement celles relatives à la théorie des nombres. La construction à la règle et au compas d’un polygone régulier à 17 côtés qui occupait les mathématiciens depuis la Grèce classique constitue par ailleurs l’une de ses premières grandes découvertes.
3,99 €, en vente le jeudi 22 mars

   


2 - Pierre-Simon de Laplace
Il incarna le point culminant de l’esprit scientifique des Lumières. Dans le domaine de la physique ­mathématique, il compléta le programme de Newton, expliquant le fonctionnement du cosmos. Avec sa théorie des probabilités, il éleva l’étude du hasard au rang de discipline scientifique et mit enfin au point le système métrique décimal.
9,99 €, en vente le jeudi 29 mars

   


3 - Leonhard Euler
Grand mathématicien suisse du ­siècle des Lumières dont le nom est indissociable de l’analyse ­mathématique. Il est également l’auteur de contributions fondamentales à la géométrie et à la théorie des nombres et a créé, avec la théorie des graphes, un nouveau champ de recherches. Il a enfin ­publié sur l’hydrodynamique, la mécanique ou l’optique.
9,99 €, en vente le jeudi 5 avril

   


4 - Gottfried Wilhelm Leibniz
Un des plus grands génies des mathématiques, le philosophe et scientifique allemand vécut entre le XVIIe et le XVIIIe siècle. En plus de la numération binaire et de l’invention de la première calculatrice, il est, à l’instar de Newton, le créateur du plus puissant des outils permettant de décrire mathématiquement le monde physique : le calcul infinitésimal.
9,99 €, en vente le jeudi 12 avril

   


5 - Henri Poincaré
Il marqua durablement la plupart des branches des mathématiques et acquit une renommée scientifique considérable en France comme dans le reste du monde. Son œuvre contribua de manière fondamentale au développement de la théorie de la relativité restreinte et, surtout, de la topologie.
9,99 €, en vente le jeudi 19 avril

   


6 - Jacques Bernoulli
Il fut le premier d’une lignée de mathématiciens suisses des XVIIe et XVIIIe siècles qui sont à l’origine de découvertes telles que le calcul des variations, l’hydrodynamique et de recherches pionnières sur la théorie des nombres. L’aîné des Bernoulli énonça la loi des grands nombres, première contribution ­notable au calcul des probabilités.
9,99 €, en vente le jeudi 26 avril

   


7 - Georg Cantor
Avec Richard Dedekind, il donna la définition d’un ensemble infini. Tablant sur la multiplicité des infinis, l’Allemand Georg Cantor reformula les bases des mathématiques. Les mathématiciens et logiciens d’aujourd’hui utilisent encore ce nouveau monde qu’Henri ­Poincaré comparait à un paradis.
9,99 €, en vente le jeudi 3 mai

   


8 - Srinivasa Ramanujan
Il est le mathématicien indien le plus célèbre, notamment pour ses géniales contributions à la théorie des nombres et à la théorie combinatoire. Il est à l’origine d’un vaste atlas de nouveaux résultats dans l’étude des nombres premiers, les partitions des entiers ou les fractions continues.
9,99 €, en vente le jeudi 10 mai

   


9 - Evariste Galois
Le mathématicien français vécut à peine vingt et un ans et contribua pourtant à transformer les mathématiques ainsi que la ­société de son époque. Il démontra notamment qu’il n’y avait pas une solution générale par radicaux pour les équations de degré ­supérieur à quatre, et ­établit les conditions pour qu’une équation soit résoluble.
9,99 €, en vente le jeudi 17 mai

   


10 - Bernhard Riemann
Il est l’une des figures savantes ­emblématiques du milieu du XIXe siècle. En dépit de la brièveté de sa carrière, le mathématicien ­allemand a marqué la géométrie différentielle et a laissé aux mathématiciens l’hypothèse qui porte son nom et qui constitue la plus ­importante conjecture non résolue.
9,99 €, en vente le jeudi 24 mai



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Le mathématicien parraine la nouvelle collection du « Monde », « Génies des mathématiques », pour diffuser sa discipline au plus grand nombre.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤                     
                                                

Etienne Ghys : « J’aime bien les maths quand elles sont partagées »

Le mathématicien parraine la nouvelle collection du « Monde », « Génies des mathématiques », pour diffuser sa discipline au plus grand nombre.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 09h56
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 15h15
    |

            David Larousserie








                        



   


Etienne Ghys est directeur de recherche à l’Ecole normale supérieure de Lyon et rédacteur régulier de la rubrique « Carte blanche » dans le supplément « Science & médecine » du Monde. Ce spécialiste de l’étude des systèmes dynamiques est aussi très engagé dans la diffusion de sa discipline auprès du grand public. Il a nourri de dizaines d’articles de vul­garisation le site Images des maths (Images.math.cnrs.fr) et a notamment co­réalisé deux films très pédagogiques, Dimensions, une promenade mathéma­tique en 2008 (Dimensions-math.org) et Chaos, une aventure mathématique en 2013 (Chaos-math.org). Académicien depuis 2004 et membre du récent Conseil scientifique de l’éducation nationale, il a accepté d’être le parrain de la collection « Génies des mathématiques ».

        Lire aussi :
         

                La collection Génies des mathématiques



Vous-même avez été poussé vers cette discipline par un livre, non ?
En partie oui. J’avais 14 ans, lorsque dans la bibliothèque municipale de ­Roubaix j’ai emprunté le livre Les Grands Mathématiciens (Payot, 1950), d’Eric Temple Bell. C’est un ouvrage de portraits de matheux en 30 chapitres environ. J’ai adoré cela car c’était plein d’anecdotes qui me fascinaient, même si j’ai compris bien plus tard que ce livre contenait des ­erreurs historiques, ou tout au moins une présentation un peu romancée de l’histoire des mathématiques.
Par exemple, Euler y était décrit comme un touche-à-tout, ce qui est correct, mais le chapitre se termine par « le 7 septembre 1783, (…) il cessa de calculer et de vivre », ce qui me laissait l’impression qu’il était une espèce de machine à calculer sans aucun sentiment. Or ce n’est pas conforme à la réalité car Euler n’était pas si froid et calculateur. Il était même très humain, comme en témoigne sa correspondance avec une princesse d’Allemagne où il est question de maths mais aussi de musique, de philosophie…
Quel est votre rapport aux grands « anciens » ?
Je suis toujours plongé dans leurs « vieux machins » en fait. C’est comme cela que j’apprends. Je ne suis évidemment pas le seul. En 2007, pour fêter le centenaire d’un théorème, nous nous sommes réunis à une quinzaine dans un gîte rural de Sologne. Nous avons lu beaucoup d’articles qui précédaient ce théorème et nous avons parcouru le chemin qui y conduisait, tout au long du XIXe siècle. C’était très studieux, on a travaillé comme des fous, en ne mangeant que des pâtes. Et à la fin, on s’est dit que ce travail, cette fête, ne devait pas rester entre nous. Alors on a décidé d’en faire un livre collectif, sorti trois ans plus tard, sous pseudonyme, en français, puis traduit en anglais, et où chacun a écrit et relu tous les chapitres (Uniformisation des surfaces de Riemann, retour sur un théorème centenaire, par Henri Paul de Saint-Gervais, ENS Editions, 2010).
Notre mélange de vision mathématique et historique a été modérément apprécié par les historiens. En écrivant pourquoi telle erreur avait été commise et en la corrigeant avec nos méthodes anachroniques du XXe ou XXIe siècle, nous commettions pour eux une sorte de péché mortel. Nous ne cherchions pas la réalité historique mais la compréhension d’un morceau de mathématiques d’aujourd’hui à travers son passé.
En biologie, à quoi bon apprendre des théories erronées anciennes ? Mais en maths, les erreurs sont utiles.
A quoi cela vous a-t-il servi ?
Cette histoire continue de me nourrir aujourd’hui. On dit en général que les mathématiciens ont une vision cumulative de l’histoire : un théorème vrai un jour reste vrai toujours. Le théorème démontré par Archimède restera évidemment toujours vrai, alors que beaucoup de théories d’Aristote sur la physique ou sur la biologie n’ont plus cours depuis longtemps. Mais la réalité est plus subtile.
Il existe des théorèmes qui ne sont plus intéressants ou d’autres qui changent de statut. Le théorème de Pythagore par exemple. Il est bien connu que le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés. C’est le fondement de la géométrie euclidienne. Maintenant cela s’applique à des espaces de grandes dimensions et même en physique quantique, où l’on travaille dans des espaces qu’on appelle « de Hilbert » qui sont en quelque sorte définis à partir du théorème de Pythagore. On peut presque dire que le théorème est devenu une ­définition. Il a acquis un nouveau visage.
Autre exemple de ce principe cumulatif à relativiser. En maths on apprécie énormément que des branches différentes se mettent à interagir. Descartes, en introduisant les coordonnées du plan, fait un lien entre l’algèbre et la géométrie et donne naissance à la géométrie ­algébrique. Les maths sont un arbre un peu étrange dans lequel on constate à la fois l’apparition de nouvelles branches et la fusion de branches différentes.
Avez-vous un héros particulier ?
Ceux qui me connaissent savent que c’est Henri Poincaré. Ses textes me parlent car j’y retrouve la même langue, les mêmes notations que j’utilise au quotidien. D’autres maths, comme celles du XVIIe siècle, me sont moins familières.
Mais des textes plus anciens ont aussi mes faveurs. Je voudrais citer ainsi Archimède, qui a laissé des textes ­toujours limpides aujourd’hui. Il a par exemple écrit L’Arénaire, que j’adore, véritable propagande pour la défense des sciences permettant d’expliquer pourquoi les chercheurs ont besoin de moyens. Il y convainc ainsi un roi que des questions apparemment futiles et inutiles, comme celle de compter le nombre de grains de sable qui seraient nécessaires pour remplir l’Univers, peuvent avoir des répercussions inattendues. Un très beau texte.
Les historiens contemporains ont ­entamé un mouvement pour ne plus écrire l’histoire seulement comme celle des grands hommes, mais en s’intéressant aussi à des populations plus obscures et modestes. Est-ce pareil en maths ?
Je n’ai aucun doute sur le rôle important des grands mathématiciens, comme Newton, Gauss, Riemann, Poincaré… que l’on retrouve évidemment dans cette collection, mais ils n’auraient pas existé sans un terreau dont ils sont issus. Beaucoup de mathématiciens inconnus ont joué de grands rôles dans leur histoire. Ils étaient ingénieurs, professeurs du secondaire, mécaniciens… On peut citer un mathématicien, Augustin Mouchot, pionnier de l’énergie solaire au XIXe siècle, qui pour la domestiquer a passé sa vie à dessiner de grands miroirs paraboliques et a résolu d’intéressantes questions de géométrie. Ce serait dommage d’oublier ces « inconnus ».
Vous regrettez l’absence d’autres ­personnes dans cette historiographie ?
Oui, les femmes ! Et pas seulement dans l’histoire, mais aujourd’hui. Certes, d’autres sciences manquent de femmes, et ce n’est pas spécifique aux maths, mais pour notre discipline c’est de pire en pire. Leur proportion au CNRS, en maths, baisse depuis trente ans. Cette année, il n’y a pas de normalienne en maths à Paris, et il n’y en a que deux ou trois à l’ENS Lyon. Je n’ai pas d’explications mais c’est préoccupant.
La France aura-t-elle encore des médailles Fields au congrès international de mathématiques de Rio en août ?
Je ne me prononcerai pas. On a quelques idées pour expliquer le succès de l’école mathématique française. Il faut d’abord le chercher dans l’histoire de France. Napoléon a mis les maths au cœur d’un système éducatif d’élite, autour de Polytechnique, de l’ENS et des grandes écoles. Pendant longtemps (et encore actuellement, à un degré moindre), les maths étaient un passage obligatoire pour les « bons élèves », qui se retrouvent dans les classes préparatoires d’élite (une spécificité française) puis dans quelques écoles prestigieuses. C’est une raison du succès de la recherche mathématique en France.
Autre raison : si je ne me trompe pas, tous les Médailles Fields français sont passés par le CNRS à un moment ou un autre de leur carrière, souvent au début, ce qui leur a permis de travailler dans d’excellentes conditions. Or, le CNRS est une autre spécificité française.
Il faut noter enfin l’inertie de cet « indicateur de qualité » que seraient les médailles Fields. Les lauréats ont moins de 40 ans et ont donc fait leur thèse quinze ans plus tôt et passé leur bac il y a plus de vingt ans. En exagérant un peu, une abondance de médailles françaises signifie que le système marchait bien… il y a quinze ans !
Ce système marche-t-il moins bien aujourd’hui ?
Bien sûr, les résultats de nos collégiens dans les diverses évaluations ne sont pas bons, mais je voudrais relativiser un peu ces constats. On voit par exemple que la Finlande, dont les élèves sont les meilleurs en science, est aussi la dernière pour ce qui est de l’intérêt pour cette discipline. Il n’y a pas qu’une seule manière de mesurer les choses. Et de toute façon, il n’y a aucune raison d’enseigner les maths de la même manière partout. Le contenu des enseignements dépend de la culture locale. Les maths, ce n’est pas aussi universel qu’on peut le penser : on peut choisir le morceau du gâteau qu’on veut manger.
D’ailleurs il y a aussi plusieurs façons de faire des maths. Les Russes sont très forts en géométrie, les Français ont été, eux, marqués par Bourbaki et ses traités sur les mathématiques favorisant plutôt l’abstraction. Au Brésil, que je connais bien pour y avoir travaillé et gardé des contacts, ils ont développé un langage commun qui leur fabrique un terrain de jeu différent du nôtre.
Alors, tout va bien ?
Je suis préoccupé par un problème sociologique majeur : les Ecoles normales supérieures n’ont plus comme naguère le rôle d’ascenseur social. Auparavant, les mathématiciens de l’ENS venaient de milieux plus divers. Aujourd’hui, on a beaucoup de fils d’enseignants du secondaire ou du supérieur dans les promos de normaliens.
Au CNRS, bon an mal an, une douzaine de chercheurs sont recrutés en maths. Chaque année, quelques-uns d’entre eux sont des fils de mathématiciens professionnels, ce qui n’est pas vraiment représentatif de la population française. C’est un mauvais signe pour l’épanouissement des vocations et cela me préoccupe de me rendre compte que ma profession attire moins les jeunes.
Il ne faut évidemment pas en conclure que l’unique objectif des enseignants de France est de former des chercheurs au CNRS. Ils doivent certes former une élite, mais ils doivent surtout contribuer à décomplexer leurs élèves par rapport aux maths. Ma discipline ferait peur, serait froide, déconnectée de la réalité, servirait d’étalon pour évaluer l’intelligence, sélectionner…
Mais ce n’est pas mon expérience, je vois les maths comme une occasion de créativité et d’expression. Les maths ne sont qu’une manière d’être intelligent, mais bien évidemment pas la seule.
Que faudrait-il corriger dans ­l’enseignement ?
Le rapport Torossian-Villani sur l’enseignement des maths, remis au ministre de l’éducation, formule de véritables constats que l’on répète depuis longtemps. Notamment, qu’il faut mieux former les professeurs des écoles à cette discipline. Beaucoup ont peur de cette matière, sans vraiment avoir eu l’occasion de la connaître et de l’apprécier. Ça peut vous étonner, mais ma fille, institutrice, n’est pas trop intéressée par les maths. Un jour, je lui ai proposé de faire de la géométrie dans la cour de récréation, en dessinant à la craie des cercles de différents rayons. Les enfants ont pu constater, avec des bouts de ficelle, que le périmètre était environ trois fois le diamètre. Ça a été un vrai bonheur pour ses élèves et, victoire personnelle, pour ma fille aussi !

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En tout cas, clairement, il manque de temps et de moyens pour la formation des professeurs des écoles, aussi bien initiale que permanente.
C’est pour défendre cela que vous avez accepté d’être dans le Conseil scientifique de l’éducation nationale présidé par Stanislas Dehaene ?
Oui, j’espère que ça va marcher. Nous verrons. Pour l’instant j’ai choisi de m’impliquer dans le sous-groupe de travail sur les manuels scolaires du primaire. La première étape est de faire un bilan sur l’usage de ces livres : comment servent-ils ? qui s’en sert ? sont-ils même utilisés ?
Ensuite nous essaierons de rédiger un cahier des charges à destination des maisons d’édition pour définir ce que l’on attend d’un bon manuel scolaire. Aujourd’hui, on constate que si tous les livres se prétendent en accord avec les programmes, ce n’est pas toujours le cas. En outre, il existe des marges de manœuvre sur l’interprétation du programme et nous pourrions proposer de poser des garde-fous.
Quel plaisir prenez-vous à faire des maths ?
C’est d’abord souvent de la souffrance en réalité ! On réfléchit en permanence à un problème, on se pose des questions, on cherche une solution… Bref, on piétine. Pour éviter cet état, beaucoup, comme moi, ont plusieurs sujets en tête pour pouvoir en changer. Je dis souvent d’ailleurs que j’ai fait dans ma carrière des choses faciles, évitant les gros morceaux qui me font piétiner.
L’autre souffrance, c’est l’erreur, l’angoisse d’avoir publié quelque chose de faux. Le pire qui puisse arriver à un chercheur est de recevoir un message de quelqu’un qui trouve une erreur dans de vieux articles. Un erratum est honteux. Cela m’est arrivé une fois, mais ce n’était heureusement pas si grave. Mon article énumérait une liste de cas possibles et il en manquait un, qui était en fait tellement évident que je l’avais omis.
Et le vrai plaisir ?
J’aime bien les maths quand elles sont partagées. Et j’aime évidemment moi-même participer à ce partage par des discussions. Ce rapport à d’autres m’aide à mieux comprendre moi-même. Parfois, cela conduit à de jolies histoires, comme récemment avec un de mes étudiants en master, Christopher-Lloyd Simon. Comme je l’ai dit précédemment, j’avais en tête plusieurs problèmes dont l’un en particulier me turlupinait.
Je voulais l’exposer dans mon dernier livre (A Singular Mathematical Promenade, ENS Editions, 2017). Grâce aux commentaires francs et directs de Christopher-Lloyd sur l’un des chapitres, nous avons trouvé ensemble une manière de débloquer la question. Un article devrait sortir à se sujet. C’est le prototype du plaisir en maths : je suis sorti d’une impasse grâce à une collaboration.
Quelle est votre obsession du moment ?
Elle vient d’un cheminement également inattendu. Je devais préparer un exposé pour des élèves en CP sur le flocon de neige. Je ne me faisais évidemment pas de soucis sur ce que j’allais dire, mais en fouillant, comme j’aime le faire, dans la littérature scientifique, j’ai découvert que la théorie rigoureuse de la croissance des flocons de neige était en fait encore à écrire ! J’ai découvert aussi des textes et des illustrations merveilleuses dans de vieux textes de Kepler ou du Moyen Age. Et c’est ce que je ferai découvrir aux lecteurs du Monde le 29 mars lors d’une conférence. Avec, j’espère, une surprise : j’aurais peut-être démontré d’ici là une conjecture qui m’obsède sur les flocons de neige !

Géométrie et chaos  font leur cinéma
Etienne Ghys est le coauteur (avec Aurélien Alvarez et Jos Leys) de deux films frappant par leur pédagogie, Dimensions, une promenade mathématique, 2008 (www.dimensions-math.org) et Chaos, une aventure mathématique, 2013 (www.chaos-math.org). Réalisés en images de synthèse, avec des calculs parfois originaux et complexes, ils n’ont pas vieilli, si ce n’est peut être dans l’esthétique. Ces deux fois neuf épisodes de moins d’un quart d’heure initient aux notions de dimensions et de chaos.

La recette est à chaque fois la même : de la lenteur dans les propos, des situations très imagées, voire spectaculaires, et des références historiques. De quoi amener le lecteur depuis des bases très simples (les deux dimensions, le mouvement de boules de billard, le calcul différentiel) à des concepts plus difficiles et jusqu’aux préoccupations des mathématiciens contemporains.
Le premier film, très géométrique, est plus statique que le second, consacré justement aux mouvements, stables ou, au contraire, chaotiques. Dans ce second volet, des boules de billard s’entrechoquent, des planètes se tournent autour, des figurines de Lego font la course, des canards oscillent sur l’eau et un magnifique taureau de Wall Street se fait parcourir l’échine et les cornes par plusieurs boules.

Inutile de dire que bon nombre des génies de la collection de livres proposés par Le Monde sont sollicités dans ces films : Euclide, Newton, Laplace, Gauss, Riemann, Poincaré…
A signaler, dans le premier film, l’ultime chapitre entièrement consacré à une démonstration pas à pas et très géométrique d’un théorème de Riemann sur la sphère. De quoi convaincre que « démontrer » n’est pas « montrer » et que regarder ces images peut aussi servir à susciter des vocations.



Au programme
Le Monde organise, jeudi 29 mars, de 19 heures à 20 h 30, dans son auditorium, une conférence avec Etienne Ghys, membre de l’Académie des sciences, directeur de recherche au CNRS et parrain de la collection « Génies des mathématiques », sur le thème « La géométrie des flocons de neige ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Une nouvelle étude montre que des capacités déductives primitives devancent l’acquisition du langage.
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Le bébé fait preuve d’un esprit déjà logique

Une nouvelle étude montre que des capacités déductives primitives devancent l’acquisition du langage.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 15h24
    |

                            Florence  Rosier








                        



                                


                            
Nos bébés sont-ils des ­« détectives » précoces ? En un sens, oui ! C’est ce que suggère une étude publiée dans Science, le 16 mars. Avant même de déployer leurs compétences de langage parlé, nos bambins semblent capables d’une forme de déduction logique. Plus précisément, ils montrent un raisonnement de type « syllogisme disjonctif », qui permet de dire : « Dans le cas où seulement une des deux propositions A ou B est vraie, si A est fausse, alors B est vraie. »
Depuis plus de quarante ans, les neurosciences cognitives n’ont cessé d’éroder le cliché selon ­lequel les nourrissons ne seraient que des ventres. « Depuis les ­années 1970, des centaines d’expériences ont mis en évidence les ­multiples compétences du bébé », relève Stanislas Dehaene, titulaire de la chaire de psychologie cognitive expérimentaleau Collège de France. « Même de jeunes enfants peuvent être vus comme de petits scientifiques capables d’inférences logiques », souligne Justin Halberda, de l’université Johns Hopkins de Baltimore (Maryland), dans un commentaire associé dans Science. Pour autant, « ce ­concept se heurte souvent à l’incrédulité. Après tout, le raisonnement logique semble demander beaucoup d’efforts conscients et de ­capacités linguistiques ».
Bébés de 12 à 19 mois
La nouvelle étude dans Science a été menée chez des « enfants » au sens premier du terme – du latin infans, « qui ne parle pas ». Les auteurs, chercheurs à l’université de Barcelone, ont présenté une ­série de courtes vidéos à des bébés de 12 et de 19 mois (vingt-quatre enfants de chaque âge). Sur un film mis en ligne par ces scientifiques, on voit un bambin joufflu suivre avec attention une de ces vidéos, assis sur les genoux de sa mère.
Les bébés regardent d’abord deux objets dessinés qui diffèrent par la forme, la couleur, la catégorie – par exemple, un dinosaure et une fleur –, mais leur partie supérieure est identique. Un écran masque...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Alexandra Palt, directrice de la Fondation L’Oréal, montre dans une tribune au « Monde » comment les préjugés sur les femmes – dans le domaine de la santé ou de l’intelligence artificielle, par exemple – influent sur les résultats de la recherche scientifique.
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« Il est vital que les robots soient programmés par des hommes… et des femmes »

Alexandra Palt, directrice de la Fondation L’Oréal, montre dans une tribune au « Monde » comment les préjugés sur les femmes – dans le domaine de la santé ou de l’intelligence artificielle, par exemple – influent sur les résultats de la recherche scientifique.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 19h00
    |

Alexandra Palt (Directrice générale de la Fondation L’Oréal)







                        



                                


                            

Tribune. Alors que ces derniers mois resteront sans doute dans l’histoire collective ceux de la libération mondiale de la parole des femmes dans les domaines du cinéma, dans le monde politique, des ONG ou encore de l’entreprise, il reste un secteur où les voix sont demeurées plus silencieuses : le milieu scientifique, alors même qu’il est confronté à une disparité de genre dont nous devrions tous, en tant que société, nous émouvoir.
Si la proportion de femmes engagées dans des carrières en science a augmenté, bien que trop lentement, nombre d’entre elles se heurtent encore à des obstacles pour y accomplir de longs et florissants parcours, pour accéder à des postes à responsabilité ou encore pour avoir accès à des financements. Résultat : aujourd’hui, seulement 11 % des postes à responsabilité dans les institutions académiques de l’Union européenne par exemple, sont exercées par des femmes. Moins de 30 % des chercheurs sont des femmes et seulement 3 % des Prix Nobel scientifiques leur ont été attribués.
Principaux essais cliniques sur des hommes
Comment expliquer qu’après des années de combat pour l’égalité des genres, la sous-représentation des femmes en science soit toujours aussi criante, et surtout quelles en sont les conséquences pour notre société ?
Elles sont nombreuses et nous devons collectivement en prendre la mesure, tant pour le monde que nous voulons construire, que pour l’avancée du progrès scientifique et de la connaissance requise pour résoudre les grands défis de notre temps.
Prenons deux exemples.
Contrairement aux humains, les algorithmes ne peuvent pas lutter consciemment contre les préjugés acquis
Dans le domaine de la santé d’abord, les illustrations sont nombreuses. Avons-nous réellement pris conscience par exemple, que pendant longtemps, l’idée que les maladies cardiovasculaires étaient un problème masculin a prévalu ? Les principaux essais cliniques portant sur la réduction des facteurs...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Neuvième volet de la collection Archéologie du « Monde » et de « National Geographic », Louxor, dont les fouilles remontent le temps depuis près de trois siècles.
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La malle aux trésors de Louxor

Neuvième volet de la collection Archéologie du « Monde » et de « National Geographic », Louxor, dont les fouilles remontent le temps depuis près de trois siècles.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 17h00
    |

            Florence Evin








                        



                                


                            

Collection « Archéologie ». Le sous-sol de la Haute-Egypte est une malle aux trésors sans fond. A Louxor, l’ancienne Thèbes, les travaux des archéologues se poursuivent ­depuis près de trois siècles avec le même enthousiasme à remonter le temps. ­L’immense complexe religieux de Karnak ­dédié au dieu Amon-Rê a sans cesse été agrandi et enrichi par les pharaons qui ont régné sur l’Egypte, jusqu’aux invasions perse, grecque, romaine et byzantine.
Après dix saisons de fouilles, le temple de Ptah, jouxtant l’imposant sanctuaire d’Amon-Rê, livre les traces de ces millénaires successifs. La fouille du secteur oriental du temple, occupé par un vaste quartier d’habitations, a mis en évidence une occupation des premiers chrétiens à Karnak. Des travaux opérés par le Centre franco-égyptien d’étude des temples de Karnak (CFEETK), codirigé par le CNRS et le ministère des antiquités d’Egypte, avec le soutien du ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE) et du Labex Archimede (université Montpellier-III).
« Le temple de Ptah a été construit par Thoutmosis III (qui régna de 1457 à 1425 av. J.-C.), remplaçant un édifice plus ancien bâti en brique crue, note l’égyptologue Christophe Thiers (CNRS), codirecteur du CFEETK. Les souverains de la 25e dynastie et les Ptolémées ont agrandi l’espace cultuel par l’adjonction de grandes portes d’enceinte. La fouille des abords est en cours et a déjà livré d’importantes données sur l’histoire du site, du Moyen Empire à l’époque romano-byzantine, avec un ensemble jamais fouillé de maisons des IVeet Ve siècles. » La restauration achevée des salles dites funéraires de l’Akh-Menou, temple de Thoutmosis III, permet au public de les visiter.
Ensemble encore inédit
Parmi les révélations, la très riche décoration du complexe des « magasins nord », un ensemble de salles encore inédit qui « développe des thèmes...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Ce site, qui permet le dépôt des versions préliminaires de publications soumises aux revues, séduit de plus en plus les biologistes.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                   
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Biorxiv.org révolutionne la diffusion des travaux de recherche

Ce site, qui permet le dépôt des versions préliminaires de publications soumises aux revues, séduit de plus en plus les biologistes.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 15h50
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
« Nous vivons une minirévolution dans la manière dont nous diffusons nos travaux de recherche », constate Evelyn Houliston, chercheuse CNRS au Laboratoire de biologie du développement de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes).
Il y a quelques mois, cette biologiste a utilisé pour la première fois un site Web dont le succès ­explose : Biorxiv.org. Ce dernier permet de déposer des versions préliminaires d’articles de ­recherche, appelées préprints, qui peuvent être également soumis en même temps aux grandes revues scientifiques pour évaluation et publication. La consultation de ces préprints est gratuite. « Le processus de publication dans les revues prend plusieurs mois. Or nous avions besoin, pour soumettre un second article, d’un premier résultat qui n’était pas encore publié, car encore dans ce processus. En le déposant sur Biorxiv, nous avons pu le mentionner comme préprint dans ­notre second article », explique Evelyn Houliston, ravie de la facilité et de la rapidité du site.

« Vous pouvez ainsi communiquer vos résultats des mois, voire des années avant leur publication. Cela permet aux chercheurs de les utiliser et d’avancer. Vous recevez aussi rapidement des retours, soit par les commentaires, soit par les réseaux sociaux, ce qui permet d’améliorer le texte », développe Yaniv Erlich, professeur à l’université Columbia, l’un des plus gros contributeurs de Biorxiv. Le site attribue en effet un identifiant unique et une adresse Web, faciles à diffuser. Il date aussi précisément les versions permettant d’arbitrer d’éventuels conflits en paternité. Enfin, des commentaires, non anonymes, sont autorisés sous les préprints.
Lancé en 2013, le site a véritablement décollé en 2016. D’une centaine de préprints déposés par mois, il est passé début 2018 à plus de 1 200. « C’est un grand changement, on devrait encore doubler fin 2018. C’est encore une goutte d’eau car on estime que plus d’un million d’articles en...




                        

                        


<article-nb="2018/03/21/19-11">
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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Plus un pays est inégalitaire en termes économiques, plus la performance des filles par rapport aux garçons se détériore, expliquent dans une tribune au « Monde » les trois économistes auteurs d’une analyse publiée dans « Science ».
<filname="PROF-env_sciences-11"> ¤                     
                                                   
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« L’écart de performance entre filles et garçons en sciences est une forme d’inégalité sociale »

Plus un pays est inégalitaire en termes économiques, plus la performance des filles par rapport aux garçons se détériore, expliquent dans une tribune au « Monde » les trois économistes auteurs d’une analyse publiée dans « Science ».



Le Monde
 |    20.03.2018 à 11h57
    |

Thomas Breda (CNRS-Ecole d’économie de Paris), Elyès Jouini (Université Paris-Dauphine) et Clotilde Napp (CNRS, université Paris-Dauphine)







                        



                                


                            

Tribune. Aux évaluations nationales de CE2 et de 6e, au brevet ou au baccalauréat, les filles obtiennent de meilleurs résultats que les garçons. Elles sont plus nombreuses à se voir attribuer des mentions au baccalauréat et ont des parcours scolaires plus aisés et plus fluides : elles redoublent moins, sont moins susceptibles de décrocher du système scolaire, sont plus nombreuses à faire des études supérieures, font des études plus longues.
Mais ces résultats, manifestement à leur avantage, n’empêchent pas leur sous-représentation dans les filières scientifiques. Or ce sont ces filières qui mènent assez largement aux professions les mieux rémunérées et aux postes les plus haut placés. Les filles sont moins représentées en classes préparatoires scientifiques et en écoles d’ingénieur. Les doctorants en sciences sont, à une écrasante majorité, des hommes. Plus on monte dans l’échelle du prestige et de l’expertise, moins les femmes sont représentées dans les domaines scientifiques.
Situation différente selon les pays
A l’échelle de l’OCDE, les enquêtes PISA [Programme international pour le suivi des acquis] révèlent que si l’écart de performance moyenne en mathématiques à l’âge de 15 ans entre les sexes est bien en train de se réduire, il n’en est rien lorsque l’on s’intéresse aux élèves qui réussissent le mieux : il y a, en moyenne, 40 % de filles parmi les 10 % des meilleurs élèves – soit ceux qui sont susceptibles de poursuivre des études et des carrières de haut niveau.
Cette proportion de 40 % de filles se retrouve également dans les 10 % des meilleurs en sciences. Elle est en revanche inversée – 40 % de garçons – en ce qui concerne les évaluations littéraires. Les garçons auraient-ils un « esprit » plus scientifique et les filles un « esprit » plus littéraire ?
L’article que nous avons publié vendredi 16 mars dans Science éclaire ce débat d’un jour nouveau. En analysant les...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Une étude bavaroise de grande ampleur montre que les demandeurs d’asile n’exposent pas la population locale aux maladies graves comme le sida ou l’hépatite B.
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L’accueil des migrants  ne présente aucun risque sanitaire

Une étude bavaroise de grande ampleur montre que les demandeurs d’asile n’exposent pas la population locale aux maladies graves comme le sida ou l’hépatite B.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 11h00
    |

                            Sylvie Burnouf








                        



                                


                            
Face à la détresse d’hommes et de femmes fuyant un pays en guerre, l’Allemagne a ouvert les bras. En 2015, le pays aaccueilli plus de 1 million de ­demandeurs d’asile – Syriens, Afghans et Irakiens pour les deux tiers. Un suivi sanitaire des réfugiés a été effectué dans le ­cadre de la loi sur la procédure d’asile : par le diagnostic précoce d’éventuels cas d’infection grave, les autorités sanitaires allemandes voulaient être sûres de pouvoir ­juguler toute épidémie naissante.
Afin de déterminer si les populations migrantes représentaient un risque sanitaire accru pour les résidents locaux, des chercheurs du LGL, l’office bavarois pour la santé et la sécurité alimentaire, se sont intéressés à la prévalence des ­maladies infectieuses graves chez les migrants. Pour mener à bien leur étude, publiée le 8 mars dans la ­revue Eurosurveillance, ils ont travaillé à partir de données engrangées en Bavière : ce Land, qui a ­accueilli le plus grand nombre de demandeurs d’asile en 2015, après la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, constitue en effet une ressource importante en ce qui concerne les données épidémiologiques.
Evaluer l’état de santé
Concrètement, dans les trois jours suivant leur arrivée sur le sol bavarois, les réfugiés passaient entre les mains d’un médecin qui avait pour mission d’évaluer leur état de santé général et de déterminer s’ils présentaient des symptômes de maladie infectieuse. En parallèle, ils étaient soumis à plusieurs examens médicaux : un dosage sanguin pour le dépistage du virus du sida (VIH) et celui de l’hépatite B, une radiographie des poumons et un test biologique pour celui de la tuberculose, et une analyse des ­selles pour les infections bactériennes (salmonelles et shigelles).
Premier constat : sur les 95 117 réfugiés testés pour le VIH cette année-là, seuls 318 étaient séropositifs, soit 0,3 %. Ce taux se révèle être assez proche de celui de la population générale allemande : en 2015, le nombre de cas était estimé à 85 000,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Pour identifier le point d’émission d’un son, l’humain ne peut se passer des mouvements de sa tête.
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Bouger son corps, la clé pour entendre les distances

Pour identifier le point d’émission d’un son, l’humain ne peut se passer des mouvements de sa tête.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 06h34
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Vous avez sans doute déjà fait l’expérience : fermez un œil et tentez d’allumer une cigarette. Si tout se passe bien, vous échouerez lamentablement ; dans le pire des cas, vous vous brûlerez le nez. La raison en est assez simple : pour bien apprécier les distances, nous avons besoin de nos deux yeux. En pointant un même objet, ils permettent à notre cerveau d’évaluer la distance.
Rien de similaire avec les oreilles. Si les chats, les chevaux, les cerfs… et les ratons laveurs peuvent bouger leurs organes auditifs, nous autres ­humains en sommes incapables. Pas question, donc, de viser une source sonore.
Comment, dès lors, déterminer la distance d’émission d’un son ? Une équipe allemande vient de répondre à la question dans les Proceedings de l’Académie des sciences américaine (PNAS). Au terme d’une étude minutieuse, elle a montré qu’il nous suffit de bouger notre corps et plus particulièrement notre tête pour y parvenir.
Ainsi énoncée, l’affirmation peut sembler sinon évidente, du moins assez intuitive. Puisque les oreilles ne peuvent pas se déplacer seules, aidons-les. La replacer dans son contexte en donne pourtant une tout autre portée. Depuis les premiers travaux de John William Strutt (1842-1919), alias Lord Rayleigh, les spécialistes de l’audition ont tenté de mettre en évidence les indices binauraux, autrement dit ces informations que nous pouvons percevoir indépendamment de la ­nature du son. Par exemple, nous pouvons dire qu’un son vient de notre gauche parce qu’il parvient à notre oreille gauche avant d’atteindre ­notre oreille droite, et avec un volume plus fort.
« Nous avons de bons indices binauraux pour la latéralité, mais beaucoup moins pour la distance », explique ainsi Victor Bénichoux, chercheur en neuroscience de l’audition à l’Institut Pasteur.
A l’entendre, nous serions donc incapables de percevoir les distances sonores. Etrange… Ne distinguons-nous pas au contraire, sans mal,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Cette précieuse substance offre à la reine des abeilles sa couronne : non seulement elle l’alimente, mais elle lui permet de défier les lois de la gravité.
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Les super-pouvoirs de la gelée royale

Cette précieuse substance offre à la reine des abeilles sa couronne : non seulement elle l’alimente, mais elle lui permet de défier les lois de la gravité.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 06h42
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Zoologie. Depuis 2009, les jardins de Buckingham Palace abritent quatre magnifiques ruches. Chaque année, la ­famille royale profite ainsi des quelque 160 pots produits par ses ouvrières. Quant à Elizabeth II, sans doute doit-elle méditer sur son sort de souveraine, lorgnant avec un peu d’envie ses royales voisines.
Chez les abeilles, en effet, les ouvrières d’été vivent en moyenne cinq à six semaines. Partie d’une larve en tout point identique, dotée notamment d’un même génome, la reine, elle, peut vivre jusqu’à cinq ans. Respect, Your Highness !
Son secret tient dans une potion magique. Ou plutôt dans une drôle de substance protéinée dont une équipe allemande vient d’analyser la composition et la structure. Publiés dans Current Biology, ces résultats détaillent l’étonnante sophistication du processus qui voit une colonie appeler une abeille à régner.
Trois types d’abeilles cohabitent
Les grands principes sont assez largement connus. Dans une ruche, trois types d’abeilles cohabitent. Des femelles ouvrières, chargées de l’ensemble des travaux de la colonie, du butinage et de l’apport en eau à la confection des alvéoles ou à la défense de la collectivité.
Des mâles, également appelés faux-bourdons, chargés, pendant le vol nuptial, de ­remplir la spermathèque de la reine. Cinq à dix d’entre eux se succèdent pour l’opération. De quoi permettre à la souveraine de pondre ensuite durant toute sa vie, au rythme de 1 000 à 2 000 œufs… par jour, avec toutefois une pause royale de fin septembre à février. Et enfin il y a la reine.
Mais d’où vient-elle ? D’un concours de circonstances, d’abord : la précédente reine a succombé ou bien la colonie prend trop d’importance. Les ouvrières construisent alors des cellules spéciales : non pas les fameuses alvéoles hexagonales d’où naissent des centaines d’ouvrières et coule le miel. Des structures plus longues, arrondies, installées sur le bord de la ruche...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Dans une lettre ouverte au ministre de l’éducation nationale, un collectif d’associations demande que les sciences réintègrent le tronc commun et contribuent au développement de l’esprit.
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« Ne sacrifions pas l’enseignement des sciences »

Dans une lettre ouverte au ministre de l’éducation nationale, un collectif d’associations demande que les sciences réintègrent le tronc commun et contribuent au développement de l’esprit.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 17h35
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 09h12
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Mercredi 14 février, le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a présenté la réforme du baccalauréat et de l’enseignement au lycée. L’ensemble des signataires que nous sommes, soucieux de la réussite des étudiantes et étudiants dans l’enseignement supérieur, de la préservation du potentiel de recherche et d’innovation de la nation et de la dissémination de la culture scientifique aux citoyennes et citoyens pour l’exercice de leur rôle démocratique, sont inquiets de la ­capacité du projet actuel de réforme à répondre à ces attentes.
Tout d’abord, étant donné l’absence d’enseignement spécifique (mathématiques, physique, chimie, SVT)dans le tronc commun proposé,la science ne ferait pas significativement partie de la culture commune des citoyens. La réforme, tout en reconnaissant que la science constitue tout un pan du ­savoir et de l’aventure intellectuelle humaine, ne semble pas lui donner les moyens de contribuer au développement de l’esprit.
Elle n’accorde pas non plus assez d’importance à l’assimilation des ­enjeux et démarches scientifiques par les acteurs et actrices de demain alors même que la société devient toujours plus dépendante des choix technologiques opérés. Les conséquences sur les prises de décision collectives et donc sur les choix démocratiques sont potentiellement très inquiétantes.
Les conséquences de la réforme sur les prises de décision collectives et donc sur les choix démocratiques sont potentiellement très inquiétantes
L’enseignement« d’humanités scientifiques et numériques » – la nouvelle matière prévue par la réforme –, aux contours disciplinaires encore mal ­définis, se doit de poser les bases et les méthodes scientifiques en mathématiques, physique, chimie, sciences de la vie et de la terre (SVT), nécessaires pour une réflexion rationnelle.
En l’état ­actuel des choses, les deux heures par semaine prévues ne représentent en aucun cas un horaire suffisant pour une formation...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Utiles pour les dépressions sévères, ces traitements ne semblent pas très opérants dans les autres cas. Et l’évaluation de l’effet placebo est toujours discutée.
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Antidépresseurs : une efficacité limitée

Utiles pour les dépressions sévères, ces traitements ne semblent pas très opérants dans les autres cas. Et l’évaluation de l’effet placebo est toujours discutée.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 07h56
    |

                            Catherine Mary








                        



                                


                            
Dans quelle mesure les ­antidépresseurs sont-ils efficaces, et quelle est la part de l’effet placebo dans la guérison des patients ? Au total, plus d’une quarantaine de ces molécules sont commercialisées à travers le monde.
Apparus dans les années 1950-1960, les antidépresseurs de première génération (tricycliques et inhibiteurs de monoamine oxydase) sont aujourd’hui moins utilisés du fait de leurs effets secondaires. Ils ont été principalement remplacés par des inhibiteurs sélectifs de la ­recapture de la sérotonine (ISRS), développés à partir des ­années 1980-1990, avec comme chef de file la fluoxétine (Prozac).
Leur conception a été motivée par une hypothèse jamais démontrée attribuant la dépression à une baisse de la concentration en sérotonine, considérée comme l’hormone du bonheur dans le cerveau. Mieux tolérés que les premiers ­antidépresseurs, les produits actuels – dont certains agissent aussi sur la noradrénaline – peuvent ­cependant provoquer une baisse de la libido, une prise de poids et de la fatigue ou de la somnolence.
Les experts s’accordent pour ­reconnaître que l’efficacité de ces médicaments est modeste, et leur contribution réelle à l’amélioration de l’état des patients reste discutée. « Dans 50 % à 70 % des cas, un premier traitement antidépresseur ne fonctionne pas et il est alors nécessaire d’en essayer un autre », estiment Adeline Gaillard et David Gourion dans leur ouvrage Antidépresseurs, le vrai du faux (Delachaux et Niestlé, 2015).

Piètre littérature scientifique
Une étude d’ampleur inédite, publiée dans The Lancet le 21 février, contribue à éclairer le débat, mais laisse des zones d’ombre. Elle a intégré les données issues de 522 études cliniques, totalisant près de 116 500 patients avec un trouble dépressif majeur. « Notre méthode nous a permis de comparer l’efficacité respective des antidépresseurs. Notre conclusion est qu’ils sont plus efficaces que le placebo pour les...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Burn-out, violences sociales, anxiété… Mieux comprise pour certains, trop médicalisée pour d’autres, cette affection est difficile à circonscrire.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/03/2018
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La dépression, un mal flou à redéfinir

Burn-out, violences sociales, anxiété… Mieux comprise pour certains, trop médicalisée pour d’autres, cette affection est difficile à circonscrire.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 11h02
    |

                            Catherine Mary








                        



                                


                            

Dépression. C’est le terme utilisé par la médecine contemporaine pour désigner cette plongée dans la souffrance psychique que les thérapeutes antiques nommaient mélancolie. Une maladie complexe qui se manifeste par un état de rupture avec l’état habituel de la personne, se traduisant par des troubles psychiques et physiques dont l’insomnie, l’angoisse, la perte d’appétit ou encore les pensées suicidaires. Dans les formes les plus sévères, elle fait peser un risque vital sur la personne, notamment par suicide ou arrêt d’alimentation.
Elle touche une personne sur cinq au cours de son existence et l’Organisation mondiale de la santé ­(OMS) estime à plus de 300 millions le nombre annuel de ­dépressifs. Mais si ce nombre n’a cessé d’augmenter (+ 18 % entre 2005 et 2015), des voix s’élèvent pour questionner la légitimité de la médecine à détenir seule un droit de regard sur la maladie. En cause, ses « frontières », qui englobent l’ensemble des états dépressifs face auxquels le traitement médical – principalement les antidépresseurs et les psychothérapies – s’impose comme l’unique réponse.
« La dépression est une notion dépassée. De plus en plus, on va vers une ­déconstruction de ce qu’est ce trouble », affirme le ­sociologue Xavier Briffault, du Centre de recherche en médecine, sciences, santé, santé mentale et société du CNRS. « Ce qui ressort depuis une dizaine d’années, c’est que le concept de dépression lié à une cause biologique sous-jacente n’existe plus. Différents éléments de la personne incluant des facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux entrent en compte. Ces ­éléments interagissent entre eux pour créer un cercle ­vicieux qui aboutit à la dépression », poursuit-il.
Psychiatres partagés
Et c’est justement sur cette dimension sociale des troubles dépressifs qu’insistait le sociologue Alain Ehrenberg, en octobre 2016, dans son discours d’inauguration à la tête du Conseil national de la santé mentale....




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Dimanche, une heure environ après le plongeon du Soleil sous l’horizon ouest, les planètes Vénus et Mercure jouent, avec la participation du mince croissant de Lune, une magnifique scène crépusculaire, visible à l’œil nu. Un spectacle rare.
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤ 
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<filnamedate="20180321"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180321"><AAMMJJHH="2018032119">
<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Une jeune fille victime pendant 24 mois de bâillements incoercibles. Elle bâillait vingt à trente fois d’affilée, et ce dix à douze fois par jour !
<filname="PROF-env_sciences-19"> ¤ 
<article-nb="2018/03/21/19-20">
<filnamedate="20180321"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180321"><AAMMJJHH="2018032119">
<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Leur enquête publiée par « Le Monde » sur les stratégies de Monsanto pour défendre le glyphosate a abouti à la création d’une commission spéciale au Parlement européen.
<filname="PROF-env_sciences-20"> ¤                     
                                                

Stéphane Foucart et Stéphane Horel récompensés par le Prix européen du journalisme d’enquête

Leur enquête publiée par « Le Monde » sur les stratégies de Monsanto pour défendre le glyphosate a abouti à la création d’une commission spéciale au Parlement européen.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h15
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 08h10
   





                        



   


Les Prix de la presse européenne ont été décernés mercredi 14 mars à Budapest, distinguant une dizaine de journalistes européens pour leur travail. Dans la catégorie « investigation », Stéphane Foucart et Stéphane Horel, journalistes au Monde, se sont vus distinguer pour leur enquête très fouillée sur les stratégies et les méthodes discutables mises en place par Monsanto pour défendre coûte que coûte son produit phare controversé, le glyphosate.
Publiée en plusieurs volets les 2 et 3 juin, puis les 5 et 6 octobre 2017, cette série d’articles s’est nourrie des « Monsanto Papers » – un ensemble de documents internes de la firme que la justice américaine a commencé à rendre publics début 2017 dans le cadre de procès en cours. La publication de ce travail a contribué à la mise en place d’une commission spéciale du Parlement européen sur les procédures d’homologation des pesticides.

        Lire aussi :
         

                « Monsanto papers » : la guerre du géant des pesticides contre la science



Lors de la cérémonie, le prix d’excellence a été attribué à Michael Obert (Süddeutsche Zeitung Magazin) pour un reportage sur de troubles opérations de sauvetage de migrants, organisées par un chef de guerre libyen en Méditerranée. Le jury a par ailleurs attribué une mention spéciale à Till Krause et Hannes Grassegger pour une enquête sur les conditions de travail chez Facebook, en particulier celles des personnels affectés à l’effacement des contenus.
Le prix de l’innovation journalistique est allé à Bureau Local, un projet de journalisme collaboratif rassemblant plusieurs centaines de professionnels et de bénévoles, et destiné à faire émerger des sujets généralement peu traités par les grands médias. Dans la catégorie « opinion », c’est Dragan Bursac qui a été distingué, pour un article publié par Al-Jazira Balkans racontant l’histoire d’un enfant bosniaque. Le prix spécial du jury a été attribué à la journaliste danoise Ida Nyegaard Espersen (Jyllands Posten).



                            


                        

                        

