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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Le ministre de la transition écologique a réclamé un « sursaut d’indignation » pour défendre la faune et la flore de la planète.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ La zoologue Kes Hillman-Smith a coordonné, pendant vingt ans, un programme visant à relancer la population de rhinocéros blanc du Nord.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

« La mort de Sudan nous rappelle que ces animaux peuvent disparaître à l’échelle d’une vie humaine »

La zoologue Kes Hillman-Smith a coordonné, pendant vingt ans, un programme visant à relancer la population de rhinocéros blanc du Nord.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 17h00
    |

                            Marion Douet (Nairobi, correspondance)








                        



   


Après le décès de Sudan au Kenya, le dernier rhinocéros blanc du Nord mâle connu, la zoologue spécialiste de cette sous-espèce Kes Hillman-Smith a répondu avec émotion aux questions du Monde. Cette Britannique devenue kényane a coordonné pendant vingt ans un programme visant à relancer leur population dans le parc de la Garamba, en République démocratique du Congo, leur dernier habitat naturel connu. Après une hausse, on estime aujourd’hui que la guerre a finalement eu raison d’eux au début des années 2000. Mais pour l’auteure de Garamba, Conservation in Peace & War (« Garamba, la préservation en temps de paix et de guerre », 2015, non traduit), il existe toujours, malgré tout, un espoir.
Que ressentez-vous après la mort de Sudan ?
Je suis profondément triste. Evidemment c’était attendu, tôt ou tard. Mais c’est un sentiment terrible d’avoir si bien connu un animal et qu’il soit parti, sachant qu’il est le dernier mâle recensé. J’ai assisté à leur arrivée [avec trois autres rhinocéros, en 2009] à la réserve d’Ol Pejeta. C’était incroyable, il y avait tellement d’espoir à cette époque. C’est frustrant de savoir combien nous avons essayé, par différents moyens, de préserver cette sous-espèce. Il faut en retenir que des animaux aussi extraordinaires peuvent disparaître à l’échelle de temps d’une vie humaine…
Comment en est-on arrivé là ?
C’est uniquement le résultat de la guerre, de la politique. Autrefois, les rhinocéros blancs du Nord vivaient dans l’actuelle République démocratique du Congo, l’actuel Soudan du Sud [notamment la réserve de Shambe, où Sudan a été capturé], la République centrafricaine et jusqu’au sud du Tchad. Prenons l’exemple du parc de la Garamba, en République démocratique du Congo. Dans les années 1960, il y en avait plus de 1 000. Environ 90 % sont morts au cours de la rébellion Simba, en 1964. Puis il y a eu la guerre civile au Soudan, juste de l’autre coté de la frontière, ainsi que de grandes vagues de braconnage en Afrique de l’Est et du Centre. En 1984, il n’y avait plus que 15 individus recensés à Garamba. Et l’on estimait déjà qu’il s’agissait de la principale population.
Sudan a été capturé en 1976, puis envoyé au zoo de Dvur Kralové, en République tchèque. Ces pratiques ont-elles contribué au déclin des populations ?
Pas vraiment, et cela a permis de mieux connaître les animaux. Et même si c’est terrible, il n’y aurait plus aucun individu vivant si elles n’avaient pas eu lieu. Il nous reste ses descendantes. De plus, il faut admettre que la préservation des espèces est un concept très éloigné des gens. La possibilité d’aller voir Sudan, Najin et Fatu [ses descendantes] en République tchèque, de les approcher, de les nommer a aussi œuvré à porter le message des défenseurs de la préservation. Nommer quelqu’un est beaucoup plus parlant que n’importe quelle statistique.

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Quel a été le résultat de votre travail dans le parc de la Garamba, dans les années 1980 et 1990 ?
Nous sommes parvenus à doubler la population. De 15 individus au départ en 1984, nous sommes passés à 30 huit ans plus tard.
Que faut-il faire, finalement, pour amener des rhinocéros à se reproduire ?
Le travail consistait à protéger l’ensemble du parc, à le réhabiliter, car le déclin des populations de rhinos et d’éléphants avait entraîné son abandon. Il a fallu relancer les activités de lutte contre le braconnage, rendre du matériel aux rangers, les soutenir, comprendre où étaient les menaces, car des braconniers venaient du Soudan voisin. Ensuite, la nature marche très bien toute seule ! Il y avait constamment des naissances, nous pouvions les suivre dans leur vie, dans leur propre descendance. C’était une période incroyable.
Pourquoi n’a-t-il pas alors été envisagé de conduire une partie de cette population dans un pays plus sûr ?
Ils étaient bien protégés in situ : la préservation dans la nature reste le but ultime. Et si l’on enlevait les rhinos, plus personne n’allait protéger la Garamba dans son ensemble, où vivaient d’autres espèces comme les éléphants et les girafes. En outre, il a été prouvé que les animaux se reproduisent mieux dans la nature. D’ailleurs, à la même époque, ceux qui vivaient dans des zoos déclinaient.
Nous sommes parvenus à garder la population stable, même pendant la guerre en République démocratique du Congo, puis au Soudan, mais en 2004, après le cessez-le-feu, le départ de groupes armés installés près de la frontière a laissé la place à des chasseurs traditionnels, à cheval, venus du nord du Soudan. Ils sont entrés dans la Garamba et les rhinocéros ont été massacrés.
Aujourd’hui, un projet vise à tenter d’obtenir des bébés rhinocéros blancs du Nord via fécondation in vitro, mais les scientifiques ne pourront travailler que sur les gamètes de quelques individus. Est-il possible de relancer une espèce sur cette base ?
L’idée est, avant tout, de préserver autant que possible les adaptations génétiques qui différencient les rhinocéros blancs du Nord de ceux du Sud – elles ne sont d’ailleurs pas très grandes. Mais inévitablement, il va falloir, je pense, les croiser avec des rhinocéros blancs du Sud. Nous avons eu toutes ces avancées technologiques qui aujourd’hui nous permettent de faire des tentatives extrêmes de reproduction pour tenter de garder leur ADN.
Cela en vaut-il la peine ? Il y a peu, l’ONG Save the Rhino appelait à mobiliser l’argent pour d’autres espèces de rhinocéros qui comptent encore suffisamment d’animaux…
Je ne crois pas qu’il y ait de « détournement » de l’argent. Par exemple, les fonds utilisés par le Leibniz Institute for Zoo and Wildlife Research [un laboratoire allemand de zoologie qui travaille sur ce processus] pour ses recherches, ne seront jamais mis dans la préservation in situ. Ce n’est pas le même type de financements.
Pour répondre à votre question, oui, sans aucun doute. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir. Cela implique aussi de continuer à chercher dans la nature.
L’espèce y est pourtant estimée éteinte depuis les dernières recherches à la Garamba, au milieu des années 2000…
Il n’y a pas vraiment d’espoir dans le parc. Mais il est entouré de larges forêts, des zones tampons, appelées les « domaines de chasse », un terme hérité de l’époque où cette pratique était encore autorisée. Il est toujours difficile d’être certain que tout a été vu, qu’il s’agisse d’un travail par avion ou au sol, notamment parce que ces domaines sont très boisés. Ensuite, pendant une longue période il n’y a plus eu beaucoup de patrouilles dans la zone. J’y suis retournée en 2016. Sur place, certains rangers étaient persuadés qu’il pouvait encore y avoir des rhinocéros. Le montant exact nécessaire pour reprendre des recherches n’a pas été établi clairement, mais l’on parle, dans un premier temps, d’une dizaine de milliers d’euros au plus. De même au Soudan du Sud, c’est toujours possible, mais complexe à prouver, car il est difficile de rejoindre certaines zones actuellement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Désormais, seuls les progrès de la science pourraient assurer la perpétuation de la sous-espèce décimée par le braconnage.
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Sudan, dernier rhinocéros mâle blanc du Nord, est mort



Le Monde.fr avec Reuters
              datetime="2018-03-21T16:54:21+01:00"

        Le 21.03.2018 à 16h54






Durée : 02:07 | 

Sudan, le dernier mâle rhinocéros blanc du Nord, est mort au Kenya à l’âge de 45 ans. Le mammifère souffrait depuis longtemps de complications de santé liées à son âge. L’équipe vétérinaire de la réserve d’Ol Pejeta au Kenya où il vivait depuis 2009 a donc décidé de l’euthanasier dimanche 18 mars.


                

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Cet ouvrage unique, qui rassemble toutes les législations en vigueur concernant les animaux, servira aux magistrats, procureurs, avocats ou encore aux vétérinaires.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Le premier code juridique de l’animal voit le jour en France

Cet ouvrage unique, qui rassemble toutes les législations en vigueur concernant les animaux, servira aux magistrats, procureurs, avocats ou encore aux vétérinaires.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 15h06
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 15h38
    |

            Audrey Garric








                        



   


C’est un épais ouvrage bleu qui devrait de plus en plus accompagner les robes noires des prétoires. Un code de l’animal, rassemblant sur plus de 1 000 pages toutes les législations en vigueur concernant les animaux, sera publié jeudi 22 mars aux éditions LexisNexis, par une équipe de spécialistes du droit animalier et la Fondation 30 millions d’amis. Une première en France, mais aussi en Europe.
« Nous avons agrégé tous les textes – lois, décrets, arrêtés, règlements et directives – issus de sept codes officiels – civil, pénal, rural, environnemental, etc. –, de règles européennes, mais aussi des décisions de jurisprudence les plus significatives qui ont trait aux animaux de compagnie, d’élevage ou sauvages », explique Jean-Pierre Marguénaud, professeur de droit privé à l’université de Limoges, qui a codirigé, avec Jacques Leroy (université d’Orléans), ce travail colossal mené par quatre autres universitaires.
« C’est un code privé, c’est-à-dire qu’il ne crée pas de nouvelle législation, mais se contente de regrouper celles existantes, et qu’il laisse subsister les dispositions dans les textes où elles se trouvent à l’origine », précise-t-il, au même titre que le code de la montagne ou le code administratif.
Cet ouvrage, principalement destiné aux magistrats, procureurs, avocats, vétérinaires, étudiants ou enseignants, « facilitera le travail de ceux qui s’intéressent à la protection animale en leur permettant d’avoir une vision générale et complète de la question », complète Reha Hutin, la présidente de la Fondation 30 millions d’amis.
Etres vivants doués de sensibilité
Parmi les dispositions majeures, se retrouvent ainsi l’article 521-1 du code pénal, qui punit de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende les sévices graves et les actes de cruauté commis envers des animaux domestiques ou tenus en captivité ; l’article L214-1 du code rural (dont est tiré le nom de l’association L214 de lutte contre l’exploitation animale), qui prévoit que « tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce » ; ou encore l’article 515-14 du code civil, qui dispose, depuis une loi de 2015, que « les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité ».
C’est cette dernière évolution, inscrite dans le socle du droit français, « qui a fait progresser la condition animale et la sensibilisation croissante de l’opinion publique, ouvrant la voie à un code de l’animal, juge Reha Hutin, dont la fondation est à l’origine de la loi de 2015. Les projets ou propositions de loi ne débouchent sur rien de concret et la protection animale n’est pas dans les priorités de l’actuel gouvernement. Il faut donc passer par le législateur pour que les choses changent ».
Aujourd’hui, l’ONG, qui s’est portée partie civile dans une centaine de procès pour maltraitance animale l’an dernier, voit une évolution dans le traitement juridique réservé à cette question. « Avant, la moitié des cas étaient classés sans suite. Aujourd’hui, les magistrats sont moins frileux pour appliquer les lois : nous assistons régulièrement à des condamnations à de la prison ferme, ce qui était exceptionnel par le passé », assure sa présidente, citant notamment les six mois de prison ferme dont auxquels avait été condamné un homme de 28 ans, en septembre 2017, à Draguignan (Var), pour avoir tué un chat baptisé Chevelu.
« L’évolution du code civil est de plus en plus invoquée dans les jugements de tribunaux de première instance, voire de cours d’appel ; c’est une question de temps avant que la Cour de cassation ne s’en saisisse », confirme Jean-Pierre Marguénaud, qui a créé le premier diplôme universitaire en droit animalier de France.

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Personnalité juridique des animaux
Surtout, aux yeux du directeur de la revue semestrielle de droit animalier, cette réforme prépare la voie à une prochaine étape : la reconnaissance de la personnalité juridique des animaux, qui passerait par une nouvelle évolution du code civil. « Elle pourrait être calquée sur celle des personnes morales, comme les associations ou les syndicats, ce qui permettrait aux animaux d’être représentés en leur nom et démultiplierait l’efficacité de leur protection », détaille Jean-Pierre Marguénaud, qui rappelle que le tribunal de Mendoza, en Argentine, a reconnu le statut de personne juridique non humaine à un chimpanzé femelle, fin octobre.
« Ce basculement n’irait pas à l’encontre de leur exploitation, reconnaît-il, mais permettrait par exemple de respecter les droits édictés par la Convention européenne sur la protection des animaux dans les élevages, qui doivent leur éviter de souffrir inutilement. »
Protéger les animaux tout en les tuant : c’est le paradoxe « qui traverse tout le droit animalier », soulevé par la philosophe Florence Burgat dans sa préface du code animal. « Nous avons d’un côté une loi qui prévoit des peines très élevées contre la maltraitance animale, et de l’autre tout un ensemble de règles qui permettent la mise à mort des animaux pour la boucherie, la fourrure, la chasse ou l’expérimentation, grâce à la saignée, l’électrocution ou encore le gazage », relève-t-elle.
Pour la directrice de recherches à l’Institut national de la recherche agronomique, la reconnaissance des animaux au rang d’êtres sensibles participe d’un « changement de regard », mais il faudra d’autres évolutions, comme la sensibilisation des jeunes, l’apprentissage à l’école ou l’instauration d’un menu végétarien dans les lieux de restauration « pour arrêter de voir les animaux sous un angle commercial ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Deux employés de l’entreprise de produits chimiques Brenntag, classée Seveso 2, ont été blessés et hospitalisés en « urgence absolue » à la suite d’une explosion lors d’une opération de maintenance.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Explosion dans un entreprise classée Seveso dans le Tarn, deux employés en « urgence absolue »

Deux employés de l’entreprise de produits chimiques Brenntag, classée Seveso 2, ont été blessés et hospitalisés en « urgence absolue » à la suite d’une explosion lors d’une opération de maintenance.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 12h45
   





                        


Deux employés de l’entreprise de produits chimiques Brenntag, classée Seveso 2, dans le Tarn, ont été blessés et hospitalisés en « urgence absolue » à la suite d’une explosion lors d’une opération de maintenance, a annoncé mercredi 21 mars la préfecture.
« Deux collaborateurs de l’entreprise en urgence absolue ont été évacués sur l’hôpital de Rangueil à Toulouse. Les douze autres collaborateurs de l’entreprise ont été placés en sécurité », écrit la préfecture dans un communiqué.
L’explosion s’est produite sur le site de Saint-Sulpice, entre Albi et Toulouse, peu avant 10 heures, et « deux employés de l’usine ont été blessés aux mains et à la tête. Ils ont été évacués par les pompiers », selon la gendarmerie.
« L’accident est intervenu à l’occasion d’une procédure de maintenance-nettoyage de la cuve enterrée de 35 m³, vide au moment de l’explosion, a précisé la préfecture. C’est probablement l’absence de ventilation suffisante de la cuve qui auparavant contenait de l’acétate d’éthyle qui serait à l’origine de l’explosion. L’enquête le déterminera. »

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Situation revenue à la normale
« Aucun incendie n’est à déplorer, ni pollution aux milieux naturels, a assuré la mairie. Il n’y a pas eu d’émanation de gaz ». Par précaution, la mairie a « prévenu toutes les structures accueillant des enfants pour les maintenir à l’intérieur ce matin. A midi, les parents peuvent venir récupérer leurs enfants à l’école sans souci ».
La circulation SNCF entre Albi et Toulouse a été brièvement interrompue. La situation est revenue à la normale à la mi-journée, selon la préfecture. Sollicitée par l’Agence France-Presse, la direction du site n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat.
Le groupe allemand Brenntag revendique la place de leader mondial du marché de la distribution chimique, avec un chiffre d’affaires de 10,5 milliards d’euros en 2016, une présence dans 74 pays, dont la France, et un effectif mondial de plus de 15 000 personnes.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Cette autorisation de rachat est subordonnée à la cession d’un vaste ensemble d’activités par Bayer.
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L’Union européenne autorise le rachat de Monsanto par Bayer sous conditions

Cette autorisation de rachat est subordonnée à la cession d’un vaste ensemble d’activités par Bayer.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 14h39
   





                        


La Commission européenne a autorisé, mercredi 21 mars, le rachat sous conditions de l’américain Monsanto, spécialiste des pesticides et des organismes génétiquement modifiés, par le grand groupe allemand de la chimie Bayer.
Cette autorisation de rachat — contre laquelle se sont beaucoup mobilisées les associations écologistes — est subordonnée à la cession d’un vaste ensemble d’activités que Bayer a proposée à l’exécutif européen pour dissiper ses craintes quant à la concurrence dans l’Union européenne.

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« Nous avons autorisé le projet de rachat de Monsanto par Bayer parce que les mesures correctives proposées par les parties, qui dépassent largement les 6 milliards d’euros, répondent pleinement à nos préoccupations en matière de concurrence », a déclaré la commissaire à la concurrence européenne, Margrethe Vestager, citée dans un communiqué.
« Nos décisions permettent de garantir que la concurrence et l’innovation resteront effectives sur les marchés des semences, des pesticides et de l’agriculture numérique, même à l’issue de cette concentration », a-t-elle ajouté.
« Fusion impopulaire »
Pendant son enquête, la Commission européenne avait reçu de nombreuses pétitions envoyées par mails et courriers s’alarmant de cette union qui donnerait trop de pouvoir à un groupe fabriquant des OGM et le glyphosate, un désherbant controversé.
Dans une lettre à la commissaire Margrethe Vestager, publiée mardi, l’ONG Friends of the Earth Europe mettait en garde contre les conséquences de cette fusion sur l’environnement.
« Bloquer cette fusion profondément impopulaire serait un grand succès pour l’UE. Plus d’un million de citoyens ont exhorté Mme Vestager à bloquer cette fusion infernale », avait rappelé l’ONG.
Les équipes de Mme Vestager n’étaient chargées d’étudier les problèmes soulevés par cette union que du point de vue de la concurrence. Leur avis est susceptible d’être éventuellement soumis à la Cour européenne de justice.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Des experts veulent faire revivre cette espèce anéantie par l’homme lors des conflits africains.
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édition abonné


La mort de Sudan, dernier rhinocéros blanc du Nord mâle, symbole de la violence humaine

Des experts veulent faire revivre cette espèce anéantie par l’homme lors des conflits africains.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 10h37
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 17h42
    |

                            Marion Douet (Ol Pejeta (Kenya), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

C’était un vieux monsieur qui ne marchait presque plus. Lundi 12 mars, Sudan avait fait quelques pas, avec une infinie délicatesse, comme si ce mastodonte de trois tonnes craignait de s’écrouler définitivement. Une semaine plus tard, les soignants de la réserve d’Ol Pejeta, dans le nord du Kenya, ont décidé de mettre fin aux souffrances de ce rhinocéros de 45 ans (soit cinq de plus que son espérance de vie), dont l’état de santé s’était profondément dégradé en moins de vingt-quatre heures. Ces derniers mois, l’épais cuir grisâtre s’était couvert d’escarres. Malgré les soins, ces plaies liées au manque d’activité s’infectaient régulièrement, ­condamnant à terme le dernier mâle de son espèce. Sa mort, annoncée mardi 20 mars, a déclenché des salves de réactions au Kenya et à travers le monde, car Sudan était devenu le visage tangible de l’extinction d’une espèce. Avec, pour principale cause, la violence des hommes.
L’Afrique compte trois espèces de rhinocéros, une dite « noire », et deux dites « blanches » que certains classent comme sous-espèces. Tandis que son cousin du Sud vit dans les régions australes, l’habitat naturel du rhinocéros blanc du Nord se situe entre le Soudan, le Tchad, la Centrafrique et la République démocratique du Congo. Une vaste région qui fut le théâtre de multiples conflits armés où, encore plus qu’ailleurs, ces animaux ont été décimés par le braconnage, favorisé par l’instabilité politique. Cette dernière s’en est aussi nourrie : la revente des précieuses cornes a fourni des revenus substantiels aux groupes armés. Traqués, leur nombre s’est réduit dans les années 1980 à une quinzaine d’individus, confinés dans le parc congolais de la Garamba. Un programme de préservation avait alors permis de doubler ce chiffre, avant que la guerre n’ait raison de ces derniers survivants. Dans le milieu des années 2000, plus aucun individu n’y a été observé, et l’on estime ainsi la sous-espèce éteinte à l’état naturel.
« En République tchèque,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, a réaffirmé, mardi, qu’il y aurait bien une évacuation partielle de la ZAD, « à partir du 1er avril ».
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Notre-Dame-des-Landes : quand le gouvernement rencontre les zadistes

Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, a réaffirmé, mardi, qu’il y aurait bien une évacuation partielle de la ZAD, « à partir du 1er avril ».



Le Monde
 |    20.03.2018 à 20h59
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 21h33
    |

            Rémi Barroux








                        



   


Nantes (envoyé spécial)
L’épreuve de force est annoncée. En venant rencontrer les différents protagonistes du « dossier de l’après-Notre-Dame-des-Landes », ainsi qu’il l’a nommé, Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, a réaffirmé, mardi 20 mars, à la préfecture de Nantes, qu’il y aurait bien une évacuation partielle de la ZAD (zone à défendre), à la fin de la trêve hivernale, soit « à partir du 1er avril ».
Pour autant, interrogé sur une échéance plus précise comme sur le nombre de personnes susceptibles d’être expulsées, M. Lecornu est resté plus vague. Le nombre pourrait fluctuer de quelques dizaines à une centaine, alors que le secrétaire d’Etat évalue à trois cents le nombre d’occupants de cette zone de 1 650 hectares (dont 1 200 de terres agricoles), qui avait été choisie pour accueillir le nouvel aéroport, un projet abandonné par le gouvernement le 17 janvier.
Dialogue avec les zadistes
Si la volonté du gouvernement de « rétablir l’Etat de droit » ne fait aucun doute dans les propos des différents ministres comme du premier ministre, Sébastien Lecornu a tenu, cependant, à souligner les vertus d’un dialogue ouvert avec tous les protagonistes. Et, de fait, c’est bien la première fois qu’une délégation du mouvement des opposants, intégrant trois représentants des zadistes, vient discuter, dans le palais nantais de la République, avec un membre du gouvernement.
Une évolution notable dont peut se féliciter la préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein, qui a tout fait et continue d’œuvrer, pour déminer un dossier susceptible de dégénérer en violences dans le bocage nantais, comme lors de l’opération d’évacuation, nommée « César », avortée en octobre 2012, voire de se conclure par un drame comme à Sivens (Tarn), avec la mort d’un manifestant, Rémi Fraisse, en octobre 2014, tué par l’explosion d’une grenade offensive lors d’une manifestation contre un projet de barrage.

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« C’est la première fois qu’un membre du gouvernement va à la rencontre des opposants historiques dans la maison de l’Etat », s’est ainsi félicité M. Lecornu, annonçant aussi qu’avait été acté « un certain nombre de désaccords ».
Le principal d’entre eux réside dans la stratégie adoptée par le gouvernement pour le futur des terres agricoles libérées par l’abandon du projet. « Les solutions seront individuelles, nous tournons le dos à toute gestion collective de ces terres, ce n’est pas le modèle du Larzac que l’Etat retiendra », a insisté le secrétaire d’Etat, rejetant, pour l’heure, une revendication portée par les occupants de la ZAD. Il a aussi, sans doute pour adoucir le propos, pointé le fait qu’il y aurait des « projets agricoles innovants, d’agroécologie, de bio… ce qui était le souhait de Nicolas Hulot ».
Quelques minutes avant la sortie de M. Lecornu et de la préfète, la délégation du mouvement d’opposition, composée de neuf membres (associations historiques d’opposants, de paysans, d’élus opposés au projet d’aéroport, naturalistes et habitants de la ZAD… mais une seule femme !), a ainsi rappelé sa volonté de voir émerger une solution collective, plutôt que les démarches individuelles de dépôt de projet agricole, exigées par l’Etat.
Des solutions individuelles ou une solution collective ?
« Les projets ne sont pas qu’agricoles, ils sont ruraux, ils peuvent être culturels, artisanaux, comme cela existait avant dans le bocage », a plaidé Dominique Fresneau de l’Acipa. Une rencontre donc, jugée plutôt positive par la délégation, qui a néanmoins regretté la menace réaffirmée par Sébastien Lecornu d’une évacuation partielle de la ZAD. « Il ne veut pas enlever cette épée de Damoclès, c’est dommage », a-t-il commenté.
« La menace n’est pas la meilleure manière de procéder à un dialogue apaisé », a jugé, pour sa part, l’un des trois représentants des zadistes, tout en concluant sur une note positive : « Sur les perspectives, nous avons des divergences, sur le transfert des terres notamment, mais aussi des convergences que nous avons hâte d’explorer. »
Mais il n’est pas sûr que ce dialogue entamé demeure en si bons termes, avec l’échéance d’ici deux semaines, d’une possible évacuation d’une partie des occupants, notamment autour de la route départementale 281, qui traverse la ZAD, et doit être rouverte à la circulation. Exigée par le gouvernement, lors de l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport, la route symbole a bien été dégagée de ses nombreuses barricades et obstacles en tous genres, par les occupants de la ZAD et les agriculteurs. Au prix souvent de discussions houleuses au sein du mouvement et de franches engueulades.
Le casse-tête de la D281
Les services départementaux ont ensuite réparé la route. Mais deux trous ont ensuite été recreusés, signe de tensions toujours vives autour de la volonté du mouvement de négocier avec les autorités. « Ces dégradations sont inacceptables, il faut qu’elles cessent et que les enquêtes soient menées », a affirmé Sébastien Lecornu.

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                Notre-Dame-des-Landes : les opposants concèdent la « route des chicanes »



Ce dossier de la route complique aussi la relation avec le président (PS) du conseil départemental de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet, qui était un ardent partisan du projet d’aéroport. A l’issue d’une rencontre avec le secrétaire d’Etat, mardi en début de soirée, M. Grosvalet a fait savoir son intention de reprendre les travaux interrompus. Ceux-ci pourraient redémarrer lundi 26 mars. « La condition pour la réouverture de la route, c’est la sécurité des usagers, donc la sécurité publique. C’est à l’Etat qu’il incombe d’apprécier et d’assurer cet élément, a-t-il déclaré. Mais il faut que l’Etat de droit soit rétabli dans la zone, ainsi que le gouvernement ne cesse de le proclamer. »
Mercredi matin, Sébastien Lecornu, accompagné de Nicole Klein, doit justement emprunter la D281 pour rejoindre le petit bourg de Notre-Dame-des-Landes et y rencontrer les élus locaux. Une visite de terrain qui lui fera peut-être découvrir la complexité d’une évacuation à grande échelle de la zone.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Dans une étude publiée mardi, le Muséum national d’histoire naturelle et le CNRS évoquent un phénomène de « disparition massive » des oiseaux.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Le Conseil de Paris doit à nouveau se pencher les 20 et 21 mars sur la piétonisation des voies sur berges. Olivier Blond, président de l’association Respire, souligne les enjeux du dossier.
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Voies sur berge à Paris : « Il faut davantage d’“oasis d’air sain” en Ile-de-France »

Le Conseil de Paris doit à nouveau se pencher les 20 et 21 mars sur la piétonisation des voies sur berges. Olivier Blond, président de l’association Respire, souligne les enjeux du dossier.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 15h19
    |

Olivier Blond (Président de l’association Respire, à l’origine des pétitions en faveur de la piétonisation des berges)







                        



                                


                            

Tribune. Le débat sur les berges de Seine a rebondi récemment avec la décision du tribunal administratif [Le tribunal administratif de Paris a annulé la fermeture des voies sur berges le 21 février], et on pourrait croire que tout recommence comme il y a deux ans, lors de la mise en place de la piétonisation. Mais il n’en est rien. Car tout a changé depuis la mise en place de la mesure. Tout, sauf le ton houleux des discussions.
En effet, l’ensemble des partis politiques, y compris la droite, s’est désormais rallié à la lutte contre la pollution de l’air. C’est ainsi une victoire considérable de ces deux dernières années, et des premières mobilisations autour de la piétonisation, que d’avoir participé à ce changement majeur. Plus personne n’ose sérieusement contester ni l’importance des enjeux, ni la nécessité d’agir.

Le contexte international montre qu’il s’agit là d’une évolution profonde : la pollution automobile est désormais un enjeu majeur partout dans le monde, de Leipzig jusqu’à Rome, villes qui pourraient prochainement interdire les véhicules diesel.
En France, le gouvernement fait face à deux injonctions majeures : la première est celle de la Commission européenne, qui menace d’une action contre la France pour non-respect des normes de pollutions (notamment à Paris) et pourrait imposer des millions d’euros d’amende. La seconde provient du Conseil d’Etat, qui a sommé le gouvernement de produire un plan d’action vigoureux au plus tard à la fin de ce mois.
Ralliement décisif
Au niveau régional, les oppositions sont toujours aussi rugueuses, mais la position de Valérie Pécresse a évolué radicalement. Elle critique certes la méthode et le timing de la mesure d’Anne Hidalgo, mais elle soutient désormais qu’il faudrait (certes en 2021) des voies piétonnisées. C’est un ralliement décisif.
Enfin, au niveau local, le soutien à la mesure dans l’opinion s’est accru, malgré les attaques contre le projet....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ La fonte des glaciers et la raréfaction de la neige obligent les skieurs de haut niveau à changer leurs habitudes et à trouver de nouveaux sites d’entraînement… y compris en plaine ou aux antipodes.
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Le réchauffement climatique bouleverse la préparation des skieurs

La fonte des glaciers et la raréfaction de la neige obligent les skieurs de haut niveau à changer leurs habitudes et à trouver de nouveaux sites d’entraînement… y compris en plaine ou aux antipodes.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 19h19
   





                        


La saison de ski alpin s’est terminée le week-end dernier à Are, en Suède. Après sa victoire en géant, Marcel Hirsher a ramené en Autriche son septième gros globe du classement général, l’Amércaine Mikaela Shiffrin, a encore dominé le slalom – « juste » son deuxième chez les femmes. Hors de question pourtant de raccrocher les skis jusqu’à l’hiver austral : le réchauffement climatique et la réduction des glaciers qui en découle ont bouleversé la préparation des skieurs.
Après quelques jours de coupure, il faudra reprendre l’entraînement pour profiter des dernières neiges sur les glaciers des Alpes, tant qu’ils existent encore. Quand Julien Lizeroux a commencé sa carrière, au début des années 2000, la question ne se posait pas. Il a fini par s’y faire : « Ce n’est pas facile de rechausser en fin de saison. Nous avons moins envie, mais ce sont de parfaites conditions d’entraînement. Les Norvégiens skient tout le mois de mai. »

   


C’est à la demande de la Fédération française de ski (FFS) que les glaciers « ouvrent » désormais dès le mois d’avril, explique son président, Michel Vion : « Toute l’approche de notre fonctionnement est en train de changer. » Mais il faudra sans doute, dans les prochaines décennies, trouver d’autres solutions.
« Des rochers apparaissent chaque année »
La perte du volume du glacier se perçoit à l’échelle d’une carrière sportive. Les études de l’Institut des géosciences de l’environnement montrent, pour les trente dernières années, « une perte moyenne d’un peu plus d’un mètre par an d’épaisseur de glace sur les glaciers de l’arc alpin », détaille Christian Vincent. Le glaciologue de l’institut grenoblois estime qu’« en suivant le scénario, modéré, d’une augmentation de la température globale de 3 °C, tous les glaciers à moins de 3 500 mètres auront disparu d’ici à 2100 ». Soit l’ensemble des glaciers actuellement exploités pour le ski.
Celui de Tignes est aujourd’hui le plus souvent ouvert et praticable. En octobre, ses quatre remontées mécaniques, à plus de 3 000 mètres, ont dû gérer un surplus de fréquentation : il était le seul praticable. Pour étaler le flux de 2 500 à 3 000 skieurs par jour, la mairie de Tignes avait créé des créneaux de quatre heures.
« Jeunes, nous pouvions skier l’été sur six glaciers, se souvient Julien Lizeroux. A Tignes, l’évolution est frappante. Un téléski a été démonté à cause du recul du glacier. Des rochers apparaissent chaque année au détriment des pistes, qui se réduisent. »

De quoi se poser des questions du côté de la FFS qui, depuis 2002, envoie son élite s’entraîner tous les étés en Amérique du Sud. « Nous ne pouvons plus nous en passer, observe Jean-Philippe Vuillet, ancien entraîneur de l’équipe de France, aujourd’hui chargé de l’organisation des compétitions de vitesse pour la Fédération internationale de ski. Surtout pour les disciplines qui demandent de la place, comme la descente. C’est compliqué de privatiser des bouts de glaciers, de plus en plus petits, pour une seule équipe. »
Le « cirque blanc » s’organise en fonction de ces nouvelles contraintes. « Les moyens sont mutualisés, les équipes partagent les mêmes pistes, explique Jean-Philippe Vuillet. Avec la neige, nous n’échappons pas à la règle de toutes les énergies rares qui viennent à manquer : apprendre à mieux les utiliser. »
Les déplacements dans l’hémisphère Sud, à Ushuaïa (Argentine) en priorité, engendrent des coûts importants. Supportables pour les équipes de France, moins pour de jeunes glisseurs : le réchauffement climatique fait du ski de haut niveau une discipline de plus en plus élitiste.

Frigo géant
Même le Club des sports de Tignes, riche de son glacier, n’est pas épargné. « A 12 ans, les jeunes du club partent en stage dans le dôme d’Amnéville [Moselle], qui abrite une piste indoor, explique Christian Gauthier, président du club. Nous n’avons pas le choix. Il faut que les jeunes skient au minimum cinquante jours entre l’été et l’automne pour se rassurer et viser la performance. Au mois d’août, le dôme est la seule assurance de faire des séances de qualité. »

S’exiler à plus de 500 kilomètres, dans un frigo géant, alors que l’on vit à 2 100 m d’altitude ? Les skieurs français ont appris à s’accomoder de ces absurdités. Au lycée du pôle France d’Albertville, les rythmes scolaires aménagés vont ainsi être repensés. « Les élèves, libérés tout l’hiver, reprennent actuellement les cours en avril, détaille Jean-Pierre Molliet, qui dirige l’établissement. Nous pensons décaler cette date pour nous adapter aux conditions de neige. Nous développons aussi les cours à distance, déjà proposés à l’élite. » La station de Tignes prévoit de créer son propre drôme pour éviter la fuite des skieurs vers l’hémisphère Sud ou vers Amnéville, projet qui suscite des réserves pour des raisons pratiques et écologiques.
Aller chercher la neige toujours plus loin, repenser les calendriers de préparation, changer les rythmes scolaires : pour les skieurs de haut niveau, le changement n’est pas que climatique.
Meryll Boulangeat



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Pour le biologiste Romain Julliard, l’érosion frappe tous les échelons : insectes, dont papillons et pollinisateurs, flore adventice et oiseaux.
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« On assiste à un effondrement de la biodiversité sauvage »

Pour le biologiste Romain Julliard, l’érosion frappe tous les échelons : insectes, dont papillons et pollinisateurs, flore adventice et oiseaux.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 10h51
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 11h21
    |

            Audrey Garric








                        



                                


                            

Romain Julliard est chercheur en biologie de la conservation au Muséum national d’histoire naturelle. Il s’alarme du déclin des « espèces communes de nos campagnes ».
Que pensez-vous des nouveaux chiffres sur le déclin des oiseaux ?
On sait depuis longtemps que les oiseaux déclinent en milieu agricole, mais on pensait que l’essentiel de ce phénomène datait des années 1980, avec l’intensification des pratiques agricoles et l’usage de pesticides tels le DDT, et qu’on avait atteint une sorte de plateau dans les années 2000. Il est extrêmement alarmant de constater que non seulement cette érosion se poursuit, mais également qu’elle s’amplifie.

Nous sommes confrontés à un effondrement qui concerne aujourd’hui tous les échelons de la biodiversité sauvage dans ces paysages agricoles : les insectes, dont les papillons et les pollinisateurs, la flore adventice [non voulue par les agriculteurs et souvent considérée comme mauvaise herbe] et les oiseaux. Et ce, alors que nous n’avons jamais autant consacré d’argent et d’investissement pour prendre des normes environnementales ou soutenir l’agriculture biologique. C’est sidérant.
Quel est l’impact d’une telle érosion de ces vertébrés ?
Les oiseaux sont des espèces relativement résilientes, en raison de leurs larges aires géographiques, d’une certaine longévité et d’une alimentation diversifiée. Ils arrivent en bout de chaîne. Lorsqu’ils déclinent, cela indique que toutes les autres espèces en font de même.
Au-delà, c’est une valeur patrimoniale que nous sommes en train de perdre : nous avons façonné depuis des milliers d’années des paysages dans lesquels on entend des oiseaux chanter. En dépendent une forme de bien-être, de qualité de vie, en plus du tourisme. Alouettes, perdrix, linottes : autant de noms familiers d’une biodiversité ordinaire qui va bientôt nous manquer.
On parle de sixième extinction...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Des cas d’empoisonnement à l’imidaclopride, le néonicotinoïde le plus courant, sont régulièrement constatés.
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Les oiseaux, victimes directes des insecticides néonicotinoïdes

Des cas d’empoisonnement à l’imidaclopride, le néonicotinoïde le plus courant, sont régulièrement constatés.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 10h38
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
En détruisant les populations d’insectes, les insecticides néonicotinoïdes ont un impact sur les ressources alimentaires de nombreuses espèces d’oiseaux. Mais ils ont également un impact direct sur les oiseaux des champs, qui peuvent s’empoisonner en consommant des semences traitées aux « néonics » – c’est-à-dire enrobées de la substance toxique avant d’être semées.
Dans le cadre du programme de phyto-pharmacovigilance piloté par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), des chercheurs conduits par Florian Millot et Elisabeth Bro (Office national de la chasse et de la faune sauvage) ont passé en revue 101 foyers de mortalité d’oiseaux sauvages, totalisant plus de 730 animaux morts. Dans ces incidents rapportés entre 1995 et 2014 par le réseau de surveillance des mortalités de la faune, les analyses ont révélé l’implication de l’imidaclopride – le néonicotinoïde le plus courant. Dans 70 % des cas, les auteurs jugent probable le lien de causalité avec la mort des animaux.

Au total, onze espèces d’oiseaux sont concernées, les principales étant la perdrix grise, le pigeon biset et le pigeon ramier. « Ces résultats de terrain montrent que dans les conditions réelles d’utilisation de l’imidaclopride en traitement de semences, les oiseaux sauvages granivores sont régulièrement exposés à cette substance, détaille l’ONCFS dans un communiqué. Les effets provoqués par ces expositions peuvent entraîner des mortalités directes par intoxication et indirectes, par exemple en induisant des troubles comportementaux et donc une plus grande vulnérabilité aux prédateurs. »
Les auteurs concluent que des cas d’empoisonnement d’oiseaux à l’imidaclopride ayant été régulièrement constatés au fil des ans, il est possible que ces incidents ne soient pas le fait d’une mauvaise utilisation de cette technologie – lors du semis, des semences enrobées n’ayant pas été enfouies dans le sol demeurent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ La mort de Sudan acte l’extinction de la sous-espèce. A moins que les scientifiques qui ont prélevé son matériel génétique parviennent à développer des techniques de fécondation in vitro.
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Kenya : mort de Sudan, le dernier rhinocéros mâle blanc du Nord

La mort de Sudan acte l’extinction de la sous-espèce. A moins que les scientifiques qui ont prélevé son matériel génétique parviennent à développer des techniques de fécondation in vitro.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 09h32
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 11h35
   





                        



   


C’était le dernier rhinocéros mâle blanc du Nord au monde. Sudan est mort au Kenya à 45 ans, ne laissant plus en vie que deux femelles de cette sous-espèce, ont annoncé mardi 20 mars ses gardiens.
Le mammifère périssodactyle souffrait depuis longtemps de complications de santé liées à son âge et à la suite d’une sérieuse détérioration de sa santé, « l’équipe vétérinaire a pris la décision de l’euthanasier », selon un communiqué publié par la réserve d’Ol Pejeta, au Kenya, où il vivait.
« Son état de santé s’est significativement détérioré ces dernières vingt-quatre heures ; il n’était plus capable de tenir debout et souffrait beaucoup », a précisé l’équipe d’Ol Pejeta, une réserve de 350 km2 située à quelque 200 km au nord de Nairobi.

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                Il faut sauver les rhinocéros africains



Mort de la sous-espèce
La mort de Sudan est synonyme d’extinction de la sous-espèce. A moins que les scientifiques qui ont prélevé son matériel génétique parviennent à développer des techniques de fécondation in vitro afin de concevoir des « bébés rhinocéros éprouvettes », qui seraient implantés dans une mère porteuse d’une autre sous-espèce.
Le rhinocéros blanc du Nord doit en premier lieu son extinction au braconnage, en raison notamment des prétendues vertus médicinales attribuées à sa corne en Asie, en particulier en Chine et au Vietnam.

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L’espèce a été d’autant plus décimée par le braconnage dans les années 1970 et 1980 que ses territoires traditionnels – République centrafricaine, Tchad, République démocratique du Congo (RDC), actuel Soudan du Sud – étaient en proie aux conflits, et donc largement des zones de non-droit propices aux activités criminelles.

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                Le braconnage des rhinocéros a diminué en Afrique du Sud



La dernière population sauvage de la sous-espèce comprenait entre 20 et 30 individus en RDC et elle a disparu dans les combats à la fin des années 1990 et au début des années 2000. En 2008, le rhinocéros blanc du Nord était déjà considéré comme éteint à l’état sauvage.



                            


                        

                        


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Les oiseaux disparaissent des campagnes françaises à une « vitesse vertigineuse »

Ce déclin « catastrophique », d’un tiers en quinze ans, est largement dû aux pratiques agricoles, selon les études du CNRS et du Muséum d’histoire naturelle



Le Monde
 |    20.03.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 10h32
    |

            Stéphane Foucart








                        



   


Le printemps risque fort d’être silencieux. Le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) annoncent, mardi 20 mars, les résultats principaux de deux réseaux de suivi des oiseaux sur le territoire français et évoquent un phénomène de « disparition massive », « proche de la catastrophe écologique ». « Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse, précisent les deux institutions dans un communiqué commun. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en quinze ans. »
Attribué par les chercheurs à l’intensification des pratiques agricoles de ces vingt-cinq dernières années, le déclin observé est plus particulièrement marqué depuis 2008-2009, « une période qui correspond, entre autres, à la fin des jachères imposées par la politique agricole commune [européenne], à la flambée des cours du blé, à la reprise du suramendement au nitrate permettant d’avoir du blé surprotéiné et à la généralisation des néonicotinoïdes », ces fameux insecticides neurotoxiques, très persistants, notamment impliqués dans le déclin des abeilles, et la raréfaction des insectes en général.
Plus inquiétant, les chercheurs observent que le rythme de disparition des oiseaux s’est encore intensifié ces deux dernières années.
Résultats de deux réseaux de surveillance
Le constat est d’autant plus solide qu’il est issu de deux réseaux de surveillance distincts, indépendants et relevant de deux méthodologies différentes. Le premier, le programme STOC (Suivi temporel des oiseaux communs) est un réseau de sciences participatives porté par le Muséum national d’histoire naturelle. Il rassemble les observations d’ornithologues professionnels et amateurs sur l’ensemble du territoire et dans différents habitats (ville, forêt, campagne). Le second s’articule autour de 160 points de mesure de 10 hectares, suivis sans interruption depuis 1994 dans la « zone-atelier « du CNRS Plaine et val de Sèvre, où des scientifiques procèdent à des comptages réguliers.
« Les résultats de ces deux réseaux coïncident largement et notent une chute marquée des espèces spécialistes des plaines agricoles, comme l’alouette », constate l’écologue Vincent Bretagnolle, chercheur au Centre d’études biologiques de Chizé, dans les Deux-Sèvres (CNRS et université de La Rochelle). Ce qui est très inquiétant est que, sur notre zone d’étude, des espèces non spécialistes des écosystèmes agricoles, comme le pinson, la tourterelle, le merle ou le pigeon ramier, déclinent également. »
Sur la zone-atelier du CNRS – 450 km2 de plaine agricole étudiés par des agronomes et des écologues depuis plus de vingt ans –, la perdrix est désormais virtuellement éteinte. « On note de 80 % à 90 % de déclin depuis le milieu des années 1990, mais les derniers spécimens que l’on rencontre sont issus des lâchers d’automne, organisés par les chasseurs, et ils ne sont que quelques rescapés », précise M. Bretagnolle.
Déclin massif des insectes
Pour le chercheur français, « on constate une accélération du déclin à la fin des années 2000, que l’on peut associer, mais seulement de manière corrélative et empirique, à l’augmentation du recours à certains néonicotinoïdes, en particulier sur le blé, qui correspond à un effondrement accru de populations d’insectes déjà déclinantes ».
A l’automne 2017, des chercheurs allemands et britanniques conduits par Caspar Hallmann (université Radboud, Pays-Bas) ont, pour la première fois, mis un chiffre sur le déclin massif des invertébrés depuis le début des années 1990 : selon leurs travaux, publiés en octobre dans la revue PloS One, le nombre d’insectes volants a décliné de 75 % à 80 % sur le territoire allemand.
Des mesures encore non publiées, réalisées en France dans la zone-atelier Plaine et val de Sèvre, sont cohérentes avec ces chiffres. Elles indiquent que le carabe, le coléoptère le plus commun de ce type d’écosystème, a perdu près de 85 % de ses populations au cours des vingt-trois dernières années, sur la zone étudiée par les chercheurs du CNRS.
« Or de nombreuses espèces d’oiseaux granivores passent par un stade insectivore au début de leur vie, explique Christian Pacteau, référent pour la biodiversité à la Ligue de protection des oiseaux (LPO). La disparition des invertébrés provoque donc naturellement un problème alimentaire profond pour de nombreuses espèces d’oiseaux et ce problème demeure invisible : on va accumuler de petites pertes, nid par nid, qui font que les populations ne sont pas remplacées. »
Dégradations profondes de l’environnement
La disparition en cours des oiseaux des champs n’est que la part observable de dégradations plus profondes de l’environnement. « Il y a moins d’insectes, mais il y a aussi moins de plantes sauvages et donc moins de graines, qui sont une ressource nutritive majeure pour de nombreuses espèces, relève Frédéric Jiguet, professeur de biologie de la conservation au Muséum et coordinateur du réseau d’observation STOC. Que les oiseaux se portent mal indique que c’est l’ensemble de la chaîne trophique [chaîne alimentaire] qui se porte mal. Et cela inclut la microfaune des sols, c’est-à-dire ce qui les rend vivants et permet les activités agricoles. »
La situation française n’est pas différente de celle rencontrée ailleurs en Europe. « On est dans la continuité d’une tendance lourde qui touche l’ensemble des pays de l’Union européenne », note M. Jiguet. Est-elle réversible ? « Trois pays, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni, ont mis en œuvre des politiques nationales volontaristes pour inverser cette tendance lourde, en aménageant à la marge le modèle agricole dominant, explique Vincent Bretagnolle. Aucun de ces trois pays n’est parvenu à inverser la tendance : pour obtenir un effet tangible, il faut changer les pratiques sur des surfaces considérables. Sinon, les effets sont imperceptibles. Ce n’est pas un problème d’agriculteurs, mais de modèle agricole : si on veut enrayer le déclin de la biodiversité dans les campagnes, il faut en changer, avec les agriculteurs. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Trois personnes ont comparu lundi devant le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc. Deux d’entre elles ont été condamnées à trois mois de prison ferme et incarcérées.
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Centre de déchets nucléaires de Bure : prison ferme pour deux opposants

Trois personnes ont comparu lundi devant le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc. Deux d’entre elles ont été condamnées à trois mois de prison ferme et incarcérées.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 03h21
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 08h39
   





                        



   


Violences lors de l’évacuation du bois Lejuc, dégradations ultérieures : le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc a condamné à trois mois de prison ferme et incarcéré, lundi 19 mars, deux opposants au projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse).

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La condamnation d’un homme âgé de 24 ans à huit mois de prison dont cinq avec sursis avec une interdiction de territoire en Meuse et en Haute-Marne, a été accueillie par les vives protestations de la centaine de personnes qui ont assisté au procès. Il était poursuivi pour des faits qui se sont produits le 22 février, jour de l’évacuation du bois Lejuc – épicentre de la contestation au projet de Bure – par 500 militaires. Il était accusé d’avoir jeté un bidon d’essence enflammé en direction des gendarmes, ce qu’il conteste, et d’avoir incendié le bivouac où il se trouvait.

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Le prévenu a reconnu avoir donné un coup de pied à un militaire, puis craché sur un second « par dégoût et mépris » lors de son interpellation. « Je venais de perdre une partie de ma vie dans les flammes de cette cabane et dans les ruines de tous les lieux habités, rasés ce matin-là », a-t-il expliqué.
D’autres procès à venir
Une femme, qui a refusé de se lever, de décliner son identité et de s’exprimer, a elle été condamnée à trois mois de prison ferme et incarcérée, conformément aux réquisitions du procureur. Elle faisait partie d’un groupe qui avait jeté des pierres, près du bois Lejuc, sur le véhicule d’un pépiniériste et de deux employés, ces trois personnes étant mandatées par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) qui porte le projet de stockage. Six autres personnes seront jugées pour ces faits ultérieurement.
Une autre femme, âgée de 30 ans, a été condamnée à quatre mois de prison avec sursis pour rébellion lors d’une perquisition à la « maison de résistance », à Bure. Non assistée d’un avocat, elle a refusé de s’exprimer sur les faits.
Les trois opposants étaient également poursuivis pour avoir refusé de se soumettre au prélèvement ADN. Trois autres personnes, interpellées lors de la perquisition de la « maison de résistance », seront jugées le 12 juin pour outrages et – ou – rébellion sur agent dépositaire de l’autorité publique.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Les experts estiment que 143 millions de personnes pourraient être contraintes de quitter leur lieu de vie dans les trois régions vulnérables qu’ils ont étudiées.
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La Banque mondiale s’inquiète du sort des déplacés climatiques

Les experts estiment que 143 millions de personnes pourraient être contraintes de quitter leur lieu de vie dans les trois régions vulnérables qu’ils ont étudiées.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 18h42
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 21h55
    |

            Simon Roger








                        



   


« Lame de fond ». Le titre du rapport de la Banque mondiale sur les déplacés climatiques, publié lundi 19 mars, a le mérite de la clarté. Car c’est un phénomène puissant et potentiellement dévastateur auquel doivent s’attendre les pays confrontés aux effets du réchauffement de la planète. Focalisant leur attention sur trois régions, l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud et l’Amérique latine, qui cumulent 55 % de la population des Etats en développement, les experts sollicités par l’institution internationale estiment que cet ensemble géographique pourrait connaître des déplacements internes, hors conflit armé, d’une ampleur de 143 millions de personnes d’ici à 2050.
L’institution basée à Washington ne se contente pas de jouer les Cassandre, elle trace aussi des pistes de réflexion. « Le changement climatique a déjà des impacts sur les mouvements de population et le phénomène pourrait s’intensifier, reconnaît John Roome, le directeur en charge du changement climatique à la Banque mondiale. Mais si l’on parvient à limiter les émissions de gaz à effet de serre et à encourager le développement par des actions en matière d’éducation, de formation, d’usage des terres… ce sont seulement 40 millions de migrants climatiques, et non 143 millions, auxquels ces trois régions devront faire face. La différence est énorme », plaide le responsable, convaincu qu’une crise migratoire à grande échelle est évitable à condition d’anticiper ces déplacements internes massifs.
Dans un rapport rendu public en novembre 2017, l’ONG internationale Oxfam avançait le chiffre de 22 millions de personnes forcées, chaque année (sur la période 2008-2016), à quitter leur cadre de vie en raison du dérèglement climatique.

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Submersion des côtes et baisse des récoltes
La Banque mondiale fonde son analyse sur trois études de cas puisés dans le vaste ensemble des pays en développement : l’Ethiopie, le Bangladesh et le Mexique. Afin d’obtenir des tendances les plus précises possibles, les chercheurs de l’Institut de la terre de l’université de Columbia, de l’Institut de recherche démographique de l’université de New York et de l’Institut de Potsdam pour la recherche sur l’impact du climat, ont construit un modèle croisant des indicateurs comme la hausse de la température, les évolutions des précipitations, la montée du niveau de la mer, avec des données démographiques et socio-économiques.
Suivant la logique adoptée dans les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), ils ont ordonné leurs projections autour de trois scénarios : un pessimiste dans lequel les émissions de gaz à effet de serre restent élevées tandis que le développement économique est inégal ; un intermédiaire, où l’économie s’améliore et les émissions stagnent ; enfin une évolution « climatocompatible », qui combine une baisse des émissions et des progrès en matière de développement.
Dans le scénario pessimiste exploré par les experts, l’Afrique subsaharienne pourrait être confrontée, au mitan du siècle, au déplacement interne de 86 millions de personnes. A cette même échéance, l’Asie du Sud et l’Amérique latine pourraient enregistrer respectivement 40 et 17 millions de migrants climatiques.
Le rapport met aussi en lumière la multiplicité des facteurs qui contraignent les populations à quitter leur lieu de vie et distingue des caractéristiques propres à chaque région. En Ethiopie, pays tourné vers l’agriculture et marqué par une forte croissance démographique (jusqu’à 85 % d’ici à 2050), c’est la baisse des récoltes qui constitue la première cause de migration. Le Bangladesh est fragilisé notamment par des épisodes de submersion de ses zones côtières et des difficultés d’accès à l’eau potable. Le Mexique, lui, voit déferler dans les centres urbains les populations des régions rurales affectées par le réchauffement. Mais il est mieux armé en raison de son tissu économique plus diversifié.
En dépit de la diversité des situations, la migration peut constituer « une bonne stratégie d’adaptation, à partir du moment où les pouvoirs publics accompagnent cette transition et préparent les zones d’accueil », assure John Roome. Le discours développé par la Banque mondiale passe un peu vite sur le caractère contraint du départ de ces populations. « Cet argumentaire positif nécessite que les Etats disposent des structures administratives et économiques pour soutenir la création d’opportunités professionnelles sur leurs territoires », complète Marine Denis, doctorante en droit public à l’université de Paris-XIII.
Un projet de Pacte mondial sur les migrations
La chercheuse, qui prépare une thèse sur les déplacés environnementaux, doute de la capacité de nombreux pays en développement à concevoir de tels programmes d’aide à l’emploi et à obtenir les marges de manœuvre financières nécessaires à leur mise en œuvre. La Banque mondiale se pose, certes, en « facilitateur du dialogue entre les agences des Nations unies et les Etats », mais ne pousse pas l’analyse à son terme, considère la doctorante.
Le périmètre de l’étude fait débat. En décidant de n’examiner que les déplacements supérieurs à 14 kilomètres, les auteurs du rapport laissent de côté la réalité des petits Etats insulaires, qui figurent pourtant au premier rang des victimes du changement climatique. « Dans la construction de notre modèle, il a fallu faire des choix, et ces territoires insulaires sont démographiquement peu significatifs, assume Alex de Sherbinin, de l’Institut de la terre de Columbia. Il est vrai par ailleurs qu’aucun pays du Nord n’est cité dans le rapport, mais cela ne veut évidemment pas dire que l’Europe ou les Etats-Unis ne sont pas confrontés, eux non plus, à la problématique des migrants climatiques. » 
« La vision de la Banque mondiale est centrée sur l’adaptation et l’habitabilité du territoire, analyse Marine Denis. Elle occulte, en revanche, la question des migrations transfrontalières. » Le rapport dépeint, par exemple, un tableau incomplet de la situation du Bangladesh en n’abordant pas la pression migratoire aux frontières de l’Inde voisine. Un sujet sans doute trop sensible pour cette institution internationale qui émane directement du système onusien.
Le document ne mentionne pas davantage les discussions en cours pour préciser le statut de ces migrants climatiques. Face à ce vide juridique, l’Assemblée générale des Nations unies doit adopter en septembre un Pacte mondial sur les migrations. Ce projet est d’ores et déjà affaibli par une décision de Donald Trump. Au début de décembre 2017, le président républicain a annoncé le retrait des Etats-Unis de ce projet de pacte, jugé « incompatible » avec la politique migratoire américaine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Des plates-formes comme Binge Audio, Nouvelles Ecoutes, BoxSons ou Louie Media se spécialisent dans ce type de productions. Mais que peut-on écouter de bien « alter » en la matière ?
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Une élue appelle à bannir la pêche dans la capitale, pour éviter la souffrance de poissons dont la consommation est interdite.
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Avis de gros temps sur la pêche à la ligne à Paris

Une élue appelle à bannir la pêche dans la capitale, pour éviter la souffrance de poissons dont la consommation est interdite.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 18h09
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 20h55
    |

            Audrey Garric








                        



   


La pêche du dimanche va-t-elle tomber à l’eau à Paris ? Le petit monde des pêcheurs frétille de crainte alors que la conseillère Danielle Simonnet (La France Insoumise) a présenté un vœu pour l’interdiction de la pêche dans la capitale lors du prochain Conseil de Paris, du 20 au 22 mars. Le groupe écologiste a également demandé la fin de la pêche avec ardillon – cette pointe sur l’hameçon qui empêche le poisson de se décrocher – et avec des appâts vivants d’ici à la fin 2019.
Leur ligne d’attaque est simple. « A Paris, les poissons souffrent uniquement pour le loisir, étant donné que leur consommation et leur commercialisation sont interdites pour des raisons de santé publique », dénonce Amandine Sanvisens, présidente de Paris Animaux Zoopolis, citant un arrêté préfectoral de 2010 qui concerne les espèces prélevées dans la Seine, la Marne, l’Yerres et les canaux (Ourcq, Saint-Denis, Saint-Martin). L’association a lancé, aux côtés de l’ONG La Question aquatique, une campagne d’affichage dans le métro de Paris, ainsi qu’une pétition, qui a recueilli plus de 15 000 signatures.

Aperçu à la station Chemin Vert ! #StopPeche #Paris
— ParisCaptivite (@Paris Animaux Zoopolis)


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Souffrance silencieuse
La militante animaliste détaille les conditions endurées par les silures, brochets, carpes et autres perches attrapés dans les eaux parisiennes. « En les extrayant brutalement de leur milieu, on les met dans un état de stress et de terreur, sans compter les blessures infligées par les hameçons et la manipulation. Bien souvent, les poissons capturés agonisent dans l’eau et finissent par mourir », déplore-t-elle, en évoquant une étude internationale selon laquelle jusqu’à 90 % des poissons rejetés à l’eau, selon les espèces, meurent dans les jours suivants. 
Une situation méconnue, car « contrairement aux animaux terrestres, il n’y a aucune réglementation sur la souffrance des poissons, qui est silencieuse » : « On ne les entend pas crier, ils ne possèdent pas d’expressions faciales, de sorte que nous ressentons moins d’empathie. »
Pourtant, rappelle-t-elle, ces animaux sont capables d’émotions, dotés d’une personnalité, d’une mémoire à long terme, peuvent communiquer entre eux de manière élaborée et entretiennent des relations sociales complexes. Des facultés démontrées dans de récentes études scientifiques, et rappelées par un collectif de chercheurs dans une tribune publiée en 2017 par Libération.
Dépollution des cours d’eau
A la Fédération nationale de la pêche en France, le président, Claude Roustan, s’étonne que l’on puisse s’attaquer à une « activité populaire », au poids économique fort (plus de 2 milliards d’euros par an pour la pêche de loisir associative). Plutôt que d’évoquer la souffrance des poissons – dont « nous ne sommes pas certains », hasarde-t-il –, il préfère insister sur les « actions de terrain » des pêcheurs pour dépolluer les cours d’eau ou éduquer à l’environnement.
A Paris, un plan départemental pour la protection des milieux aquatiques et la gestion des ressources piscicoles est en cours de finalisation pour les cinq années qui viennent. Au-delà d’un état des lieux des ressources (une trentaine d’espèces présentes dans les cours d’eau, dont une vingtaine qui sont pêchées) et de leurs habitats, « il présentera des actions pour améliorer la qualité des milieux, comme la revégétalisation des berges, l’installation de passes à poissons ou la sensibilisation des élus et du grand public », explique Marion Escarpit, directrice de la Fédération interdépartementale de pêche (Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne). D’un coût de 200 000 euros, il est notamment financé par les pêcheurs, par le biais de la carte (75 euros par an) requise pour s’adonner à leur loisir.
S’il est difficile d’avoir des chiffres sur les quantités de poissons prélevés par les 9 000 pêcheurs qui ont leur permis à Paris, Marion Escarpit en est sûre : « La majorité remettent les poissons à l’eau, c’est la pratique du “no-kill”. De plus en plus jeunes et avertis, les pêcheurs pratiquent une pêche responsable qui permet le renouvellement des stocks. »
Patience et confiance en soi
Un avis que partage Aurélien Fiaux, qui a créé en 2015 la Naturlish Academy, un club de pêche dans le 19e arrondissement de Paris. « On pêche sans ardillon, que l’on écrase, pour que le poisson puisse repartir lorsqu’on le rejette à l’eau. On respecte les poissons, on est très loin de la pêche avec filets ou à la dynamite », assure ce passionné de 40 ans, qui pratique cette activité depuis l’âge de 7 ans.
Tous les samedis, une vingtaine de pêcheurs en herbe, de 6 à 13 ans, parfois accompagnés de leurs parents, « issus du 16e arrondissement comme de Seine-Saint-Denis », apprennent le « street-fishing ». Butin de l’an dernier : 158 poissons – des perches, gardons, brochets, ou encore carassins – pris au cours de 26 sessions d’avril à décembre. « Il y a une valeur éducative : les jeunes apprennent la patience, la confiance en soi et à ne jamais lâcher, assure-t-il. Cette activité peut aussi canaliser des enfants hyperactifs et les rendre plus minutieux. »



Pour Amandine Sanvisens, de Paris Animaux Zoopolis, la pratique du « no-kill » n’enlève rien à la souffrance des poissons. « Nous nous intéressons à la question des individus, les pêcheurs celle des espèces », conclut-elle. Pourtant, elle le reconnaît, les vœux de Danielle Simonnet et des écologistes ont peu de chance d’aboutir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Il y a sept mois, une avalanche de terre ensevelissait une partie de Regent, un quartier de la capitale sierra-léonaise.
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Reportage

A Freetown, une montagne et des plaies toujours à vif après le glissement de terrain de 2017

Il y a sept mois, une avalanche de terre ensevelissait une partie de Regent, un quartier de la capitale sierra-léonaise.

Christophe Châtelot (Freetown, envoyé spécial)
    



LE MONDE
              datetime="2018-03-19T17:03:56+01:00"

        Le 19.03.2018 à 17h03






                        

Crédits : Afolabi Sotunde/REUTERS


                    

Sept mois après le drame, la montagne et le cœur des survivants continuent de saigner. Une large et longue plaie de terre ocre suinte sur l’un des pans du Pain de sucre, point culminant de la Peninsula Mountains de Freetown. Comme si une main invisible et titanesque avait balayé de haut en bas la montagne, déchirant une bande du tapis verdoyant sur une centaine de mètres en largeur, et dix fois plus dans le sens de la vallée. Depuis, il n’y a plus rien, plus un signe de vie.
Le 14 août 2017, une avalanche de terre, des torrents d’eau charriant d’énormes rochers ont tout broyé, écrasé, enseveli, tuant 1 141 personnes, selon le décompte officiel. Sous l’effet de la croissance démographique et de l’exode rural, les hauteurs de Freetown se sont couvertes de maisons, sans plan d’urbanisation. La question n’est pas de se demander si cette catastrophe en partie naturelle peut se reproduire, mais quand et où.
« Comme un barrage qui cède »
La famille de Samuel Senesie, 26 ans, fut l’une des premières à s’installer sur les pentes escarpées du Pain de sucre, en 2012. « C’était la forêt, à cette époque », se rappelle-t-il. Aujourd’hui, seul un bonnet d’arbres recouvre le sommet de la montagne où un panneau aux couleurs de l’Union européenne indique « Parc national protégé ».
Samuel est un miraculé. En ce jour d’été, Freetown était alors noyée sous des pluies encore plus torrentielles qu’à l’accoutumée. L’eau s’engouffrait tant dans la maison de Samuel qu’il partit se réfugier chez son frère, tout proche. « A peine sorti de chez moi, le sol s’est mis à trembler, puis il y eut une explosion, on aurait dit un barrage qui cède. La terre ne s’est pas ouverte, elle nous a recouverts. Il faisait encore nuit, on ne voyait pas à dix mètres, comme dans un brouillard », précise-t-il.

Prince Aliou, lui, était persuadé qu’un « avion s’était écrasé dans les environs à cause de l’explosion ». « Enorme explosion, énorme »,...


