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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ La romancière franco-ivoirienne Véronique Tadjo se félicite, dans une tribune au « Monde », de la volonté d’Emmanuel Macron de vouloir lier pluralisme linguistique et francophonie. Pour elle, la langue française a trop longtemps voulu défendre son hégémonie en Afrique subsaharienne.
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« Le français ne doit plus faire barrage aux langues nationales des pays dits francophones »

La romancière franco-ivoirienne Véronique Tadjo se félicite, dans une tribune au « Monde », de la volonté d’Emmanuel Macron de vouloir lier pluralisme linguistique et francophonie. Pour elle, la langue française a trop longtemps voulu défendre son hégémonie en Afrique subsaharienne.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 17h19
    |

Véronique Tadjo (Ecrivaine et universitaire franco-ivoirienne)







                        



                                


                            

Tribune. La position du président de la République sur la question de la francophonie me semble nouvelle. En effet, dès le début, le projet est annoncé : il s’agit de parler de la langue française et du pluralisme. C’est une avancée de taille. Pendant trop longtemps, nous avons été habitués à une langue française voulant défendre son hégémonie au point de faire barrage aux langues nationales des pays dits « francophones ».
La majorité des jeunes apprennent à parler et surtout à lire le français à l’école
On connaît l’anecdote truculente des petits élèves africains sous la colonisation récitant leurs leçons en commençant par « Nos ancêtres les Gaulois… » Ensuite, les politiques linguistiques adoptées au moment des indépendances dans bon nombre de pays de l’Afrique subsaharienne, par exemple, ont fait du français la langue officielle au détriment des langues locales. Or, plus de cinquante ans après, on se rend compte que cette décision n’était sans doute pas la plus judicieuse. Surtout dans l’enseignement.

Le français n’a pas répondu aux ambitions que nous lui avions données. La majorité des jeunes apprennent à parler et surtout à lire le français à l’école. Mais d’une crise économique à une autre, d’un conflit armé à un autre, les systèmes éducatifs se sont effondrés et le niveau de langue a fait une chute vertigineuse. Aujourd’hui, les dégâts auraient été réduits si les élèves du primaire avaient suivi un enseignement dans leur langue maternelle. Ils auraient gagné en fierté identitaire et mieux intégrés les premiers concepts de base qui mènent aux sciences, à la technique et à la pensée.
La Francophonie, source de malentendus
Mettre le pluralisme au centre des préoccupations est de l’intérêt du français comme des autres langues qui aspirent à cohabiter pacifiquement avec lui. La francophonie du Sud est naturellement polyglotte. Il faut renforcer le dialogue des langues de façon à ce que nous n’ayons pas des mentalités...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ L’universitaire Jean-Louis Margolin explique, dans une tribune au « Monde », que le processus diplomatique entre les Etats-Unis et la Corée du Nord est encourageant mais ne réussira pas. Car « jamais Pyongyang n’acceptera de renoncer à un programme nucléaire et balistique auquel il a presque tout sacrifié depuis plus de vingt-cinq ans ».
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« Le grand dessein du régime de Kim Jong-un se dévoile »

L’universitaire Jean-Louis Margolin explique, dans une tribune au « Monde », que le processus diplomatique entre les Etats-Unis et la Corée du Nord est encourageant mais ne réussira pas. Car « jamais Pyongyang n’acceptera de renoncer à un programme nucléaire et balistique auquel il a presque tout sacrifié depuis plus de vingt-cinq ans ».



Le Monde
 |    21.03.2018 à 16h47
    |

Jean-Louis Margolin (Historien, maître de conférences à Aix-Marseille Université)







                        



                                


                            
Tribune. Il y a de quoi avoir le tournis : en peu de semaines, le ciel de Corée est passé de l’avis de tempête au grand beau temps. Si du moins on se fie aux apparences, car, depuis un quart de siècle au moins, on oscille, de ce côté-là du monde, entre proclamations guerrières non suivies d’effets et promesses de paix restées vaines. Il n’empêche : la rencontre prévue entre les numéros un de la Corée du Nord et des Etats-Unis est un vrai événement, sans aucun précédent ; d’autant plus qu’elle devrait suivre de près un sommet intercoréen, dont il n’y a eu que deux précédents (en 2000 et 2007).
Dans la mesure où c’est Kim Jong-un qui est à l’initiative de ces ouvertures, cela révèle déjà de sa part une grande flexibilité, assurément appuyée sur la certitude d’un parfait contrôle de l’appareil dirigeant nord-coréen, ainsi qu’une aptitude bien plus étendue que chez ses prédécesseurs à apparaître en public et à s’y exprimer.
Des concessions non négligeables
Du côté de Donald Trump, on peut se féliciter d’avoir déjà amené Pyongyang à effectuer des concessions non négligeables : cessation, pendant la durée des négociations, de ses essais nucléaires et balistiques, acceptation des manœuvres militaires américano-sud-coréennes et, surtout, examen de la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Il peut à bon droit y voir une justification de son intransigeance, ainsi que du désarroi provoqué par son attitude erratique – la « tactique du fou », inaugurée par Richard Nixon face à un autre adversaire communiste.
Il reste que les Etats-Unis finirent par perdre la partie au Vietnam. Et qu’il pourrait en aller de même en Corée. Le premier risque est qu’un Trump peu au fait de la complexité du dossier, et sensible à la flatterie, fasse à Kim des promesses inconsidérées, à effet immédiat (par exemple, une levée partielle des sanctions), contre des assurances de dénucléarisation pour un lointain futur.

Le second risque, plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Le groupe new-yorkais Spanglish Fly remet au goût du jour le boogaloo, un style en vogue à la fin des années 1960. Enthousiasmant !
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<article-nb="2018/03/21/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ La modélisation des comportements en sciences sociales se heurte à des difficultés pratiques et conceptuelles.
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La délicate mise en équation de l’homme

La modélisation des comportements en sciences sociales se heurte à des difficultés pratiques et conceptuelles.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 17h36
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Le livre. « Les sciences sociales sont les véritables sciences “dures” ! » Cette phrase résume le ton et le propos d’un livre très original et stimulant. Son auteur, Pablo ­Jensen, est un ancien physicien, passé aux sciences sociales (versant plutôt économique) avec, avoue-t-il, la naïveté de penser qu’il pourrait, grâce aux maths notamment, modéliser et mettre en équations les systèmes sociaux aussi facilement qu’on prédit qu’un système solide devient liquide à telle température. Le livre raconte la difficulté de réaliser une telle ambition.
Comme celle-ci a été au cœur de nombreux travaux, une bonne partie de l’ouvrage ­consiste en une critique précise et assez ­dévastatrice de nombreux modèles, en économie, en politique, pour les transports… ­Pablo Jensen n’est bien sûr pas le premier à le faire, et les résultats qu’il démonte l’ont été par d’autres, mais ses arguments portent.
On trouve ainsi quelques « ambulances » sur ­lesquelles il tire, comme l’indicateur très ­imparfait du produit intérieur brut (PIB) pour mesurer la richesse, ou bien les modèles irréalistes, mais omniprésents, des agents économiques rationnels. D’autres résultats sont également décortiqués sur les choix électoraux, l’apparition de plusieurs centres urbains, la ségrégation dans une ville…
Mode des mégadonnées
Il se montre aussi très sceptique sur la mode actuelle des mégadonnées, ou big data, qui consiste à penser que plus de données aideraient à sortir de l’impasse. Pour l’auteur, aucun enseignement majeur sur la société n’a été apporté pour l’instant par ces nouvelles techniques gavées de données.
Les raisons sont multiples et renvoient à la première phrase de cette recension. La ­complexité des individus se laisse mal ­réduire à quelques paramètres et inter­actions entre agents. Les caractéristiques humaines, très hétérogènes, ne sont pas aussi stables que celles des atomes. Et ces diables de bonshommes sont aussi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Ni les exemples étrangers ni la modélisation économétrique ne démontrent l’efficacité de la réforme envisagée, estiment, dans une tribune au « Monde », Marc Ivaldi et Frédéric Cherbonnier, professeurs à l’Ecole d’économie de Toulouse.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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SNCF : « L’ouverture à la concurrence ne garantit en rien une baisse des prix favorable au voyageur »

Ni les exemples étrangers ni la modélisation économétrique ne démontrent l’efficacité de la réforme envisagée, estiment, dans une tribune au « Monde », Marc Ivaldi et Frédéric Cherbonnier, professeurs à l’Ecole d’économie de Toulouse.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 14h00
    |

Marc Ivaldi et Frédéric Cherbonnier (Professeurs à l’Ecole d’économie de Toulouse)







                        



                                


                            
Tribune. Si la réforme annoncée de la SNCF veut mettre un terme à l’augmentation inexorable de sa dette, elle est aussi motivée par la nécessité de transposer la récente directive européenne qui fixe le cadre juridique de l’ouverture à la concurrence sur les lignes à grande vitesse (LGV) à partir de 2020, puis sur les lignes régionales (TER, TET) au plus tard en 2023.
Les entreprises de transport ne sont pas naïves et fixent leurs prix en anticipant la réaction de leurs concurrents et en tenant compte des préférences des voyageurs
En ce qui concerne les LGV, la réforme préconise le « libre accès » ou la « concurrence sur le marché », qui consiste à partager les tranches horaires de circulation sur une même ligne pour permettre à différents opérateurs d’y faire rouler leurs trains. Selon la directive européenne, la concurrence doit conduire à l’amélioration des services proposés aux usagers. Qu’en serait-il exactement pour le TGV français ?
Pour répondre à cette question, il faut pouvoir comparer la situation actuelle à celle qui prévaudrait après ouverture à la concurrence. Cet exercice est rendu possible au moyen d’un outil de simulation que nous avons construit en prenant comme référence les liaisons Paris -Bordeaux et Paris - Marseille. Cet outil est tout d’abord calibré pour reproduire au mieux la situation actuelle, dans laquelle la SNCF est confrontée à la concurrence des autres modes de transport – aérien et covoiturage notamment.
Il se veut réaliste : d’une part, il admet que les voyageurs prennent leurs décisions en matière de déplacement en fonction des prix proposés, mais également selon leurs goûts et la qualité attribuée à chaque mode de transport ; d’autre part, il considère que les entreprises de transport ne sont pas naïves et fixent leurs prix en anticipant la réaction de leurs concurrents et en tenant compte des préférences des voyageurs.
Les très faibles marges du TGV
Un premier enseignement...




                        

                        


<article-nb="2018/03/21/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Affaiblir le régulateur, comme le prévoit le gouvernement, serait un mauvais signal adressé à ceux qui veulent investir dans l’amélioration de l’attractivité du rail, prévient Bernard Roman, président de l’Arafer, dans une tribune au « Monde ».
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SNCF : « Il faut sortir du malthusianisme ferroviaire »

Affaiblir le régulateur, comme le prévoit le gouvernement, serait un mauvais signal adressé à ceux qui veulent investir dans l’amélioration de l’attractivité du rail, prévient Bernard Roman, président de l’Arafer, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    21.03.2018 à 14h00
    |

Bernard Roman (Président de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer)







                        



                                


                            
Tribune. Le mal dont le ferroviaire français est atteint est profond. Plus de quatorze milliards d’euros d’argent public y sont consacrés chaque année, et le déficit de la SNCF s’accroît de deux milliards d’euros par an, avec la perspective, si rien n’est fait, de dépasser soixante milliards dans cinq ans.
Dans le même temps, alors que, chez nos voisins européens, la part du ferroviaire progresse plus que celle de l’automobile, elle décroît en France d’année en année depuis 2010. A peine 10 % des déplacements sont réalisés en train.
L’entretien des 29 000 kilomètres de voies a été sacrifié depuis trente ans au profit d’investissements (certes de qualité) sur les 2 800 kilomètres de lignes à grande vitesse. Ce réseau va nécessiter des investissements massifs dans les dix ans qui viennent pour retrouver un niveau de service et de sécurité à la hauteur des attentes des utilisateurs.
Rendre le ferroviaire plus attractif et performant
Il faut donc réformer, mais il faut réformer pour relancer le ferroviaire, pour le rendre plus attractif et plus performant, pour redonner aux Français le goût de choisir ce mode de mobilité. Il faut sortir de la logique malthusienne dans laquelle le secteur est enlisé depuis des années.
Cette réforme intervient au moment où le projet européen de création d’un marché unique du transport ferroviaire devient une réalité et où toutes les entreprises devront avoir accès au réseau français, le deuxième plus grand d’Europe.
Pour s’inscrire dans ce cadre européen, la France a mis en place, à l’instar de ce qui a été fait dans d’autres secteurs eux aussi ouverts à la concurrence, comme les télécommunications ou l’énergie, un régulateur, l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer), doté par le Parlement, dès sa création en 2010, de pouvoirs juridiquement contraignants de contrôle de l’action du gestionnaire d’infrastructure (aujourd’hui SNCF Réseau), et notamment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Un collectif de plus de cent soixante intellectuels et chercheurs – dont Etienne Balibar, Patrick Chamoiseau, Geneviève Fraisse, Susan George – appelle, dans une tribune au « Monde », à soutenir la lutte des cheminots contre la « fin du service public ferroviaire ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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SNCF : Ce projet de loi « sans légitimité démocratique » est « un danger mortel pour la cohésion territoriale »

Un collectif de plus de cent soixante intellectuels et chercheurs – dont Etienne Balibar, Patrick Chamoiseau, Geneviève Fraisse, Susan George – appelle, dans une tribune au « Monde », à soutenir la lutte des cheminots contre la « fin du service public ferroviaire ».



Le Monde
 |    21.03.2018 à 14h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron en avait fait un argument majeur : contrairement à ses prédécesseurs, il annoncerait les mesures qu’il appliquerait une fois élu. Les Français sauraient donc à quoi s’attendre. Or voici qu’il met en chantier une réforme, ou plutôt une contre-réforme, majeure qui n’a jamais été soumise au vote de nos concitoyens. Elle engage la privatisation de la SNCF et la fin du statut des cheminots.
une très large majorité de la population britannique est favorable à une renationalisation du rail
Ce projet n’a donc aucune légitimité démocratique, d’autant moins que le gouvernement veut le faire adopter par ordonnances, réduisant ainsi les droits du Parlement à portion congrue. Ce dépérissement du service public du rail, déjà par ailleurs bien entamé, couplé à l’ouverture totale à la concurrence, est un danger mortel pour une cohésion territoriale déjà fragilisée.
Elle se traduira par la fermeture des lignes non rentables, notamment les petites lignes de desserte locale, une augmentation des tarifs, un entretien du réseau encore plus défectueux, car les entreprises privées, poussées par la recherche d’une rentabilité financière toujours plus grande, ont toujours tendance à rogner sur la sécurité. L’exemple du Royaume-Uni est emblématique : à la suite de la privatisation, les incidents et les retards se sont multipliés, les tarifs ont fortement augmenté, et l’Etat britannique a été obligé de verser chaque année 4,6 milliards d’euros de subventions aux compagnies privées qui n’ont pas assez investi. Les enquêtes d’opinion montrent qu’une très large majorité de la population est favorable à une renationalisation.
De plus, alors qu’il serait nécessaire de développer le transport ferroviaire dans la perspective de la transition écologique, rien n’est prévu pour un rééquilibre de la route vers le rail. Pire, une privatisation de la SNCF, qui verrait la rentabilité financière...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Louise Beaudoin, ancienne ministre des relations internationales du Québec, se réjouit d’entendre Emmanuel Macron reconnaître que la France n’est pas le centre de la francophonie. Mais elle s’interroge sur son silence sur l’Organisation internationale de la francophonie.
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« Les Français sont des francophones comme les autres »

Dans une tribune au « Monde », Louise Beaudoin, ancienne ministre des relations internationales du Québec, se réjouit d’entendre Emmanuel Macron reconnaître que la France n’est pas le centre de la francophonie. Mais elle s’interroge sur son silence sur l’Organisation internationale de la francophonie.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 13h43
    |

Louise Beaudoin (Ancienne ministre des relations internationales du Québec)







                        



                                


                            

Tribune. Les Français sont des francophones comme les autres. Ainsi l’a décrété le 20 mars Emmanuel Macron dans son discours très attendu sur l’ambition de la France pour la langue française et le plurilinguisme prononcé à l’Académie française.
Enfin ! Diront les autres francophones disséminés sur les cinq continents. Nous attendions depuis longtemps une telle déclaration et nous espérons tout simplement qu’elle sera suivie d’effets concrets. Ainsi dorénavant n’entendrons-nous plus jamais un président de la République affirmer, comme le fit Nicolas Sarkozy à propos du rôle de TV5 Monde : « Je veux renforcer les moyens de diffusion de la culture française dans le monde ».

Cette phrase en disait long : pour beaucoup de Français et pour le premier d’entre eux, la francophonie c’était la France ; la langue française c’était la France. Grand bond en avant, par conséquent, avec cette reconnaissance par Emmanuel Macron d’une francophonie multiple dont la France n’est plus nécessairement le centre, tout en admettant qu’elle a des responsabilités particulières par rapport à la langue française.
Il y a plus de dix ans, un collectif d’écrivains francophones dont plusieurs québécois, notamment Dany Laferrière et Wajdi Mouawad, lançaient un Manifeste (« Le Monde des Livres », 15 mars 2007) qui avait fait, à l’époque, grand bruit. Pour ces auteurs, la littérature française était un élément, ni plus ni moins, de la littérature francophone et les lettres francophones n’étaient pas une simple dépendance de la littérature française.
Refus du bilinguisme institutionnel
Ils ajoutaient que la langue française devait être « libérée de son pacte exclusif avec la nation », sous-entendue « française », car elle appartenait à tous les francophones. Alain Mabanckou, souhaitait même, compte tenu de sa connotation péjorative pour beaucoup d’Africains parce que teintée de postcolonialisme, abolir le terme de francophonie...




                        

                        


<article-nb="2018/03/21/19-9">
<filnamedate="20180321"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180321"><AAMMJJHH="2018032119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Le réseau social a laissé le cabinet Cambridge Analytica siphonner les données personnelles de millions d’usagers pour, in fine, essayer d’orienter leur vote lors de l’élection présidentielle américaine de 2016.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

La coupable négligence de Facebook

Editorial. Le réseau social a laissé le cabinet Cambridge Analytica siphonner les données personnelles de millions d’usagers pour, in fine, essayer d’orienter leur vote lors de l’élection présidentielle américaine de 2016.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 15h51
   





                        



Editorial du « Monde ». Facebook est-il encore digne de confiance ? La vitesse à laquelle le mot dièse #deletefacebook (« supprimer Facebook ») se répand sur les réseaux sociaux montre que des millions d’internautes ont déjà un avis sur la question. Ce doute apparaît légitime depuis les révélations sur le siphonnage des données personnelles de dizaines de millions d’utilisateurs de Facebook à leur insu, dans le but supposé de peser sur le résultat de la dernière élection présidentielle américaine.
A l’origine de l’affaire se trouve Cambridge Analytica, un cabinet spécialisé dans les études de consommation, dont Steve Bannon, ex-conseiller de Donald Trump et figure de l’extrême droite américaine, a été l’une des chevilles ouvrières. Peu de temps après sa création, en 2014, la société avait fait appel à un chercheur de l’université britannique de Cambridge pour se développer dans les études d’opinion. Sous couvert de mener des recherches universitaires sur les comportements électoraux, celui-ci avait mis au point une application proposant à des membres de Facebook inscrits sur les listes électorales américaines de remplir un questionnaire contre une modeste rétribution.
50 millions de personnes abusées
Plus de 270 000 personnes ont téléchargé l’application, ce qui a permis d’avoir accès à leurs données personnelles, mais aussi à celles de leurs amis. Grâce à la viralité que permet Facebook, près de 50 millions de personnes auraient été ainsi abusées. Cette base de renseignements, croisée avec les préférences exprimées par ces internautes sur le réseau social, aurait permis de dresser des profils psychologiques et politiques suffisamment précis pour les cibler avec de la publicité dans le but d’orienter leur vote.

        Lire aussi :
         

                Affaire Cambridge Analytica : Mark Zuckerberg peine à reconnaître ses responsabilités



Cinq jours après l’éclatement de l’affaire, le silence des dirigeants de Facebook est assourdissant, alors que la pression monte de toutes parts. Aux Etats-Unis comme en Europe, parlementaires et instances de régulation veulent comprendre pourquoi Cambridge Analytica a eu accès à ces données et pourquoi Facebook n’en a pas informé ses utilisateurs, pas plus qu’il n’a pris de mesures efficaces pour remédier au problème.
Fausse gratuité
La teneur de la réponse est de nature à remettre en question le modèle économique du réseau social, qui a construit sa prospérité sur une fausse gratuité : derrière l’accès à une plate-forme d’échange pour rester en contact avec ses « amis » et s’informer se cache une monétisation des données des utilisateurs aux visées commerciales ou politiques. L’adage selon lequel « Si le service est gratuit, c’est que vous êtes le produit » n’a jamais été aussi pertinent. Par naïveté plus ou moins assumée, les internautes, bercés par les promesses des géants de l’Internet, n’ont pas prêté suffisamment attention aux conséquences de ce que cela signifiait.
Cette affaire est d’autant plus grave qu’elle n’est pas isolée. Facebook est aussi accusé de ne pas avoir pris suffisamment au sérieux l’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine et de participer à la diffusion de fausses informations et de contenus racistes ou faisant l’apologie du terrorisme.
En début d’année, Mark Zuckerberg avait pris une résolution : « réparer » Facebook pour regagner la confiance de ses utilisateurs. Ce nouveau scandale montre toute la difficulté qu’a le réseau social à se réguler lui-même. Il est grand temps que les pouvoirs publics s’emparent du sujet pour protéger des données personnelles que nous avons imprudemment laissées à la merci des convoitises.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste américain Barry Eichengreen explique pourquoi les experts, lui compris, se sont trompés dans leurs prévisions d’une évolution de la monnaie américaine à la hausse.
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Pourquoi la hausse du dollar n’a pas eu lieu

Dans cette chronique, l’économiste américain Barry Eichengreen explique pourquoi les experts, lui compris, se sont trompés dans leurs prévisions d’une évolution de la monnaie américaine à la hausse.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 10h30
    |

Barry Eichengreen (Professeur à l’université de Californie à Berkeley)







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. L’une des plus grosses surprises de la première année de la présidence Trump, pour les économistes en tout cas, a été la faiblesse du dollar. En un an, de janvier 2017 à janvier 2018, son taux de change effectif (basé sur un panier élargi de devises) a chuté de 8 %, contrairement aux prévisions des experts. Y compris aux miennes…
Les experts brillent davantage par leur capacité à expliquer les variations passées des taux de change qu’à les prévoir
Je pensais que les baisses d’impôt et la normalisation des taux d’intérêt conduiraient à une hausse du dollar. La réforme fiscale, qui incite les entreprises américaines à rapatrier leurs bénéfices, devait susciter l’arrivée d’un flux de capitaux, poussant ainsi à la hausse. Les taxes douanières, dans une économie proche du plein-emploi, auraient paradoxalement accru la demande de produits importés, ce qui aurait conduit à l’appréciation du taux de change réel par l’inflation ou plus vraisemblablement par une hausse du dollar. Mais, dans leur grande sagesse, les marchés rejettent cette logique depuis plus d’un an.
Or les experts brillent davantage par leur capacité à expliquer les variations passées des taux de change qu’à les prévoir. Aussi sommes-nous confrontés à une surabondance d’explications de cette baisse imprévue.
Eviter la surchauffe
La plus populaire consiste à dire que Trump, du fait de son incompétence, n’a pas tenu ses promesses : les taxes douanières n’ont pas augmenté tous azimuts, l’accord de libre-échange nord-américain n’a pas été abrogé, et on attend toujours les 1 000 milliards de dollars en faveur des infrastructures. Certes, mais il y a bien eu d’importantes réductions d’impôt, augmentation des taux d’intérêt et rapatriement des bénéfices des entreprises… ce qui aurait dû propulser le dollar à la hausse. Bref, les promesses non tenues ne peuvent expliquer à elles seules la baisse du dollar.
Aujourd’hui, les marchés craignent que la Fed augmente...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Le mathématicien parraine la nouvelle collection du « Monde », « Génies des mathématiques », pour diffuser sa discipline au plus grand nombre.
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Etienne Ghys : « J’aime bien les maths quand elles sont partagées »

Le mathématicien parraine la nouvelle collection du « Monde », « Génies des mathématiques », pour diffuser sa discipline au plus grand nombre.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 09h56
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 15h15
    |

            David Larousserie








                        



   


Etienne Ghys est directeur de recherche à l’Ecole normale supérieure de Lyon et rédacteur régulier de la rubrique « Carte blanche » dans le supplément « Science & médecine » du Monde. Ce spécialiste de l’étude des systèmes dynamiques est aussi très engagé dans la diffusion de sa discipline auprès du grand public. Il a nourri de dizaines d’articles de vul­garisation le site Images des maths (Images.math.cnrs.fr) et a notamment co­réalisé deux films très pédagogiques, Dimensions, une promenade mathéma­tique en 2008 (Dimensions-math.org) et Chaos, une aventure mathématique en 2013 (Chaos-math.org). Académicien depuis 2004 et membre du récent Conseil scientifique de l’éducation nationale, il a accepté d’être le parrain de la collection « Génies des mathématiques ».

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                La collection Génies des mathématiques



Vous-même avez été poussé vers cette discipline par un livre, non ?
En partie oui. J’avais 14 ans, lorsque dans la bibliothèque municipale de ­Roubaix j’ai emprunté le livre Les Grands Mathématiciens (Payot, 1950), d’Eric Temple Bell. C’est un ouvrage de portraits de matheux en 30 chapitres environ. J’ai adoré cela car c’était plein d’anecdotes qui me fascinaient, même si j’ai compris bien plus tard que ce livre contenait des ­erreurs historiques, ou tout au moins une présentation un peu romancée de l’histoire des mathématiques.
Par exemple, Euler y était décrit comme un touche-à-tout, ce qui est correct, mais le chapitre se termine par « le 7 septembre 1783, (…) il cessa de calculer et de vivre », ce qui me laissait l’impression qu’il était une espèce de machine à calculer sans aucun sentiment. Or ce n’est pas conforme à la réalité car Euler n’était pas si froid et calculateur. Il était même très humain, comme en témoigne sa correspondance avec une princesse d’Allemagne où il est question de maths mais aussi de musique, de philosophie…
Quel est votre rapport aux grands « anciens » ?
Je suis toujours plongé dans leurs « vieux machins » en fait. C’est comme cela que j’apprends. Je ne suis évidemment pas le seul. En 2007, pour fêter le centenaire d’un théorème, nous nous sommes réunis à une quinzaine dans un gîte rural de Sologne. Nous avons lu beaucoup d’articles qui précédaient ce théorème et nous avons parcouru le chemin qui y conduisait, tout au long du XIXe siècle. C’était très studieux, on a travaillé comme des fous, en ne mangeant que des pâtes. Et à la fin, on s’est dit que ce travail, cette fête, ne devait pas rester entre nous. Alors on a décidé d’en faire un livre collectif, sorti trois ans plus tard, sous pseudonyme, en français, puis traduit en anglais, et où chacun a écrit et relu tous les chapitres (Uniformisation des surfaces de Riemann, retour sur un théorème centenaire, par Henri Paul de Saint-Gervais, ENS Editions, 2010).
Notre mélange de vision mathématique et historique a été modérément apprécié par les historiens. En écrivant pourquoi telle erreur avait été commise et en la corrigeant avec nos méthodes anachroniques du XXe ou XXIe siècle, nous commettions pour eux une sorte de péché mortel. Nous ne cherchions pas la réalité historique mais la compréhension d’un morceau de mathématiques d’aujourd’hui à travers son passé.
En biologie, à quoi bon apprendre des théories erronées anciennes ? Mais en maths, les erreurs sont utiles.
A quoi cela vous a-t-il servi ?
Cette histoire continue de me nourrir aujourd’hui. On dit en général que les mathématiciens ont une vision cumulative de l’histoire : un théorème vrai un jour reste vrai toujours. Le théorème démontré par Archimède restera évidemment toujours vrai, alors que beaucoup de théories d’Aristote sur la physique ou sur la biologie n’ont plus cours depuis longtemps. Mais la réalité est plus subtile.
Il existe des théorèmes qui ne sont plus intéressants ou d’autres qui changent de statut. Le théorème de Pythagore par exemple. Il est bien connu que le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés. C’est le fondement de la géométrie euclidienne. Maintenant cela s’applique à des espaces de grandes dimensions et même en physique quantique, où l’on travaille dans des espaces qu’on appelle « de Hilbert » qui sont en quelque sorte définis à partir du théorème de Pythagore. On peut presque dire que le théorème est devenu une ­définition. Il a acquis un nouveau visage.
Autre exemple de ce principe cumulatif à relativiser. En maths on apprécie énormément que des branches différentes se mettent à interagir. Descartes, en introduisant les coordonnées du plan, fait un lien entre l’algèbre et la géométrie et donne naissance à la géométrie ­algébrique. Les maths sont un arbre un peu étrange dans lequel on constate à la fois l’apparition de nouvelles branches et la fusion de branches différentes.
Avez-vous un héros particulier ?
Ceux qui me connaissent savent que c’est Henri Poincaré. Ses textes me parlent car j’y retrouve la même langue, les mêmes notations que j’utilise au quotidien. D’autres maths, comme celles du XVIIe siècle, me sont moins familières.
Mais des textes plus anciens ont aussi mes faveurs. Je voudrais citer ainsi Archimède, qui a laissé des textes ­toujours limpides aujourd’hui. Il a par exemple écrit L’Arénaire, que j’adore, véritable propagande pour la défense des sciences permettant d’expliquer pourquoi les chercheurs ont besoin de moyens. Il y convainc ainsi un roi que des questions apparemment futiles et inutiles, comme celle de compter le nombre de grains de sable qui seraient nécessaires pour remplir l’Univers, peuvent avoir des répercussions inattendues. Un très beau texte.
Les historiens contemporains ont ­entamé un mouvement pour ne plus écrire l’histoire seulement comme celle des grands hommes, mais en s’intéressant aussi à des populations plus obscures et modestes. Est-ce pareil en maths ?
Je n’ai aucun doute sur le rôle important des grands mathématiciens, comme Newton, Gauss, Riemann, Poincaré… que l’on retrouve évidemment dans cette collection, mais ils n’auraient pas existé sans un terreau dont ils sont issus. Beaucoup de mathématiciens inconnus ont joué de grands rôles dans leur histoire. Ils étaient ingénieurs, professeurs du secondaire, mécaniciens… On peut citer un mathématicien, Augustin Mouchot, pionnier de l’énergie solaire au XIXe siècle, qui pour la domestiquer a passé sa vie à dessiner de grands miroirs paraboliques et a résolu d’intéressantes questions de géométrie. Ce serait dommage d’oublier ces « inconnus ».
Vous regrettez l’absence d’autres ­personnes dans cette historiographie ?
Oui, les femmes ! Et pas seulement dans l’histoire, mais aujourd’hui. Certes, d’autres sciences manquent de femmes, et ce n’est pas spécifique aux maths, mais pour notre discipline c’est de pire en pire. Leur proportion au CNRS, en maths, baisse depuis trente ans. Cette année, il n’y a pas de normalienne en maths à Paris, et il n’y en a que deux ou trois à l’ENS Lyon. Je n’ai pas d’explications mais c’est préoccupant.
La France aura-t-elle encore des médailles Fields au congrès international de mathématiques de Rio en août ?
Je ne me prononcerai pas. On a quelques idées pour expliquer le succès de l’école mathématique française. Il faut d’abord le chercher dans l’histoire de France. Napoléon a mis les maths au cœur d’un système éducatif d’élite, autour de Polytechnique, de l’ENS et des grandes écoles. Pendant longtemps (et encore actuellement, à un degré moindre), les maths étaient un passage obligatoire pour les « bons élèves », qui se retrouvent dans les classes préparatoires d’élite (une spécificité française) puis dans quelques écoles prestigieuses. C’est une raison du succès de la recherche mathématique en France.
Autre raison : si je ne me trompe pas, tous les Médailles Fields français sont passés par le CNRS à un moment ou un autre de leur carrière, souvent au début, ce qui leur a permis de travailler dans d’excellentes conditions. Or, le CNRS est une autre spécificité française.
Il faut noter enfin l’inertie de cet « indicateur de qualité » que seraient les médailles Fields. Les lauréats ont moins de 40 ans et ont donc fait leur thèse quinze ans plus tôt et passé leur bac il y a plus de vingt ans. En exagérant un peu, une abondance de médailles françaises signifie que le système marchait bien… il y a quinze ans !
Ce système marche-t-il moins bien aujourd’hui ?
Bien sûr, les résultats de nos collégiens dans les diverses évaluations ne sont pas bons, mais je voudrais relativiser un peu ces constats. On voit par exemple que la Finlande, dont les élèves sont les meilleurs en science, est aussi la dernière pour ce qui est de l’intérêt pour cette discipline. Il n’y a pas qu’une seule manière de mesurer les choses. Et de toute façon, il n’y a aucune raison d’enseigner les maths de la même manière partout. Le contenu des enseignements dépend de la culture locale. Les maths, ce n’est pas aussi universel qu’on peut le penser : on peut choisir le morceau du gâteau qu’on veut manger.
D’ailleurs il y a aussi plusieurs façons de faire des maths. Les Russes sont très forts en géométrie, les Français ont été, eux, marqués par Bourbaki et ses traités sur les mathématiques favorisant plutôt l’abstraction. Au Brésil, que je connais bien pour y avoir travaillé et gardé des contacts, ils ont développé un langage commun qui leur fabrique un terrain de jeu différent du nôtre.
Alors, tout va bien ?
Je suis préoccupé par un problème sociologique majeur : les Ecoles normales supérieures n’ont plus comme naguère le rôle d’ascenseur social. Auparavant, les mathématiciens de l’ENS venaient de milieux plus divers. Aujourd’hui, on a beaucoup de fils d’enseignants du secondaire ou du supérieur dans les promos de normaliens.
Au CNRS, bon an mal an, une douzaine de chercheurs sont recrutés en maths. Chaque année, quelques-uns d’entre eux sont des fils de mathématiciens professionnels, ce qui n’est pas vraiment représentatif de la population française. C’est un mauvais signe pour l’épanouissement des vocations et cela me préoccupe de me rendre compte que ma profession attire moins les jeunes.
Il ne faut évidemment pas en conclure que l’unique objectif des enseignants de France est de former des chercheurs au CNRS. Ils doivent certes former une élite, mais ils doivent surtout contribuer à décomplexer leurs élèves par rapport aux maths. Ma discipline ferait peur, serait froide, déconnectée de la réalité, servirait d’étalon pour évaluer l’intelligence, sélectionner…
Mais ce n’est pas mon expérience, je vois les maths comme une occasion de créativité et d’expression. Les maths ne sont qu’une manière d’être intelligent, mais bien évidemment pas la seule.
Que faudrait-il corriger dans ­l’enseignement ?
Le rapport Torossian-Villani sur l’enseignement des maths, remis au ministre de l’éducation, formule de véritables constats que l’on répète depuis longtemps. Notamment, qu’il faut mieux former les professeurs des écoles à cette discipline. Beaucoup ont peur de cette matière, sans vraiment avoir eu l’occasion de la connaître et de l’apprécier. Ça peut vous étonner, mais ma fille, institutrice, n’est pas trop intéressée par les maths. Un jour, je lui ai proposé de faire de la géométrie dans la cour de récréation, en dessinant à la craie des cercles de différents rayons. Les enfants ont pu constater, avec des bouts de ficelle, que le périmètre était environ trois fois le diamètre. Ça a été un vrai bonheur pour ses élèves et, victoire personnelle, pour ma fille aussi !

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                Vingt et une pistes pour une « nouvelle politique » de l’enseignement des maths



En tout cas, clairement, il manque de temps et de moyens pour la formation des professeurs des écoles, aussi bien initiale que permanente.
C’est pour défendre cela que vous avez accepté d’être dans le Conseil scientifique de l’éducation nationale présidé par Stanislas Dehaene ?
Oui, j’espère que ça va marcher. Nous verrons. Pour l’instant j’ai choisi de m’impliquer dans le sous-groupe de travail sur les manuels scolaires du primaire. La première étape est de faire un bilan sur l’usage de ces livres : comment servent-ils ? qui s’en sert ? sont-ils même utilisés ?
Ensuite nous essaierons de rédiger un cahier des charges à destination des maisons d’édition pour définir ce que l’on attend d’un bon manuel scolaire. Aujourd’hui, on constate que si tous les livres se prétendent en accord avec les programmes, ce n’est pas toujours le cas. En outre, il existe des marges de manœuvre sur l’interprétation du programme et nous pourrions proposer de poser des garde-fous.
Quel plaisir prenez-vous à faire des maths ?
C’est d’abord souvent de la souffrance en réalité ! On réfléchit en permanence à un problème, on se pose des questions, on cherche une solution… Bref, on piétine. Pour éviter cet état, beaucoup, comme moi, ont plusieurs sujets en tête pour pouvoir en changer. Je dis souvent d’ailleurs que j’ai fait dans ma carrière des choses faciles, évitant les gros morceaux qui me font piétiner.
L’autre souffrance, c’est l’erreur, l’angoisse d’avoir publié quelque chose de faux. Le pire qui puisse arriver à un chercheur est de recevoir un message de quelqu’un qui trouve une erreur dans de vieux articles. Un erratum est honteux. Cela m’est arrivé une fois, mais ce n’était heureusement pas si grave. Mon article énumérait une liste de cas possibles et il en manquait un, qui était en fait tellement évident que je l’avais omis.
Et le vrai plaisir ?
J’aime bien les maths quand elles sont partagées. Et j’aime évidemment moi-même participer à ce partage par des discussions. Ce rapport à d’autres m’aide à mieux comprendre moi-même. Parfois, cela conduit à de jolies histoires, comme récemment avec un de mes étudiants en master, Christopher-Lloyd Simon. Comme je l’ai dit précédemment, j’avais en tête plusieurs problèmes dont l’un en particulier me turlupinait.
Je voulais l’exposer dans mon dernier livre (A Singular Mathematical Promenade, ENS Editions, 2017). Grâce aux commentaires francs et directs de Christopher-Lloyd sur l’un des chapitres, nous avons trouvé ensemble une manière de débloquer la question. Un article devrait sortir à se sujet. C’est le prototype du plaisir en maths : je suis sorti d’une impasse grâce à une collaboration.
Quelle est votre obsession du moment ?
Elle vient d’un cheminement également inattendu. Je devais préparer un exposé pour des élèves en CP sur le flocon de neige. Je ne me faisais évidemment pas de soucis sur ce que j’allais dire, mais en fouillant, comme j’aime le faire, dans la littérature scientifique, j’ai découvert que la théorie rigoureuse de la croissance des flocons de neige était en fait encore à écrire ! J’ai découvert aussi des textes et des illustrations merveilleuses dans de vieux textes de Kepler ou du Moyen Age. Et c’est ce que je ferai découvrir aux lecteurs du Monde le 29 mars lors d’une conférence. Avec, j’espère, une surprise : j’aurais peut-être démontré d’ici là une conjecture qui m’obsède sur les flocons de neige !

Géométrie et chaos  font leur cinéma
Etienne Ghys est le coauteur (avec Aurélien Alvarez et Jos Leys) de deux films frappant par leur pédagogie, Dimensions, une promenade mathématique, 2008 (www.dimensions-math.org) et Chaos, une aventure mathématique, 2013 (www.chaos-math.org). Réalisés en images de synthèse, avec des calculs parfois originaux et complexes, ils n’ont pas vieilli, si ce n’est peut être dans l’esthétique. Ces deux fois neuf épisodes de moins d’un quart d’heure initient aux notions de dimensions et de chaos.

La recette est à chaque fois la même : de la lenteur dans les propos, des situations très imagées, voire spectaculaires, et des références historiques. De quoi amener le lecteur depuis des bases très simples (les deux dimensions, le mouvement de boules de billard, le calcul différentiel) à des concepts plus difficiles et jusqu’aux préoccupations des mathématiciens contemporains.
Le premier film, très géométrique, est plus statique que le second, consacré justement aux mouvements, stables ou, au contraire, chaotiques. Dans ce second volet, des boules de billard s’entrechoquent, des planètes se tournent autour, des figurines de Lego font la course, des canards oscillent sur l’eau et un magnifique taureau de Wall Street se fait parcourir l’échine et les cornes par plusieurs boules.

Inutile de dire que bon nombre des génies de la collection de livres proposés par Le Monde sont sollicités dans ces films : Euclide, Newton, Laplace, Gauss, Riemann, Poincaré…
A signaler, dans le premier film, l’ultime chapitre entièrement consacré à une démonstration pas à pas et très géométrique d’un théorème de Riemann sur la sphère. De quoi convaincre que « démontrer » n’est pas « montrer » et que regarder ces images peut aussi servir à susciter des vocations.



Au programme
Le Monde organise, jeudi 29 mars, de 19 heures à 20 h 30, dans son auditorium, une conférence avec Etienne Ghys, membre de l’Académie des sciences, directeur de recherche au CNRS et parrain de la collection « Génies des mathématiques », sur le thème « La géométrie des flocons de neige ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans sa chronique, Sylvie Kauffman, éditorialiste au « Monde », estime que la naïveté n’est plus de mise face à la Russie, mais qu’il faut aussi savoir communiquer et coopérer avec Moscou.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 20/03/2018
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« Chaque fois qu’Européens et Américains ont manqué de fermeté, la Russie en a profité »

Dans sa chronique, Sylvie Kauffman, éditorialiste au « Monde », estime que la naïveté n’est plus de mise face à la Russie, mais qu’il faut aussi savoir communiquer et coopérer avec Moscou.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 10h14
    |

            Sylvie Kauffmann (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, Vladimir Poutine s’est introduit dans l’ordre du jour du prochain Conseil européen, les 22 et 23 mars à Bruxelles.
Officiellement, bien sûr, il ne s’agit pas de lui. Theresa May, la première ministre britannique, présentera un rapport sur l’empoisonnement de l’ancien agent double Sergueï Skripal et de sa fille Youlia, le 4 mars à Salisbury, dans le sud de l’Angleterre. Ce n’est pas Skripal, pourtant, qui trottera dans la tête des vingt-sept autres chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE) au son des accents indignés de Mme May, mais bien le chef du Kremlin. C’est lui que Londres, par la voix de son remuant ministre des affaires étrangères, Boris Johnson – ce dernier sera dans la salle –, a directement mis en cause dans cette attaque à l’arme chimique sur le sol britannique.

Comment gérer Vladimir Poutine ? La question, qui occupe les Européens avec plus ou moins d’acuité depuis sa première élection en 2000, se pose de nouveau, puisque le président russe vient de se faire reconduire pour six ans. Même la chancelière allemande Angela Merkel, qui, arrivée au pouvoir un peu plus tard, en 2005, a presque la même longévité, n’a pas trouvé la réponse. Aucun des dirigeants présents au Conseil, jeudi, n’est assuré d’être encore là en 2024, lorsque M. Poutine achèvera ce mandat. Pour un peu, il pourrait battre Fidel Castro, qui avait vu se succéder sous son règne onze présidents américains.
Le Poutine de 2018 n’est pas celui de 2000
Il va pourtant falloir la mettre au point, cette réponse. Le Poutine de 2018 n’est pas celui de 2000 ; il n’est pas même celui de 2012. Ou peut-être est-il le même, avec le même ressentiment, les mêmes ambitions et les mêmes paranoïas, mais le chemin qu’il a parcouru impose d’autres défis.

Dans sa volonté de rendre sa grandeur à la Russie et de résister à l’expansion de la démocratie, Vladimir Poutine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Analyse. La loi de programmation militaire, débattue à l’Assemblée nationale depuis mardi, fait l’objet de nombreuses attentes de la part des soldats qui espèrent voir leurs conditions s’améliorer.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/03/2018
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Les armées et la politique « à hauteur d’homme »

Analyse. La loi de programmation militaire, débattue à l’Assemblée nationale depuis mardi, fait l’objet de nombreuses attentes de la part des soldats qui espèrent voir leurs conditions s’améliorer.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 18h27
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Analyse. C’est le slogan du moment, le frontispice de la nouvelle loi de programmation militaire (LPM), débattue en séance à l’Assemblée nationale mardi 20 mars : elle a été conçue « à hauteur d’homme », assure le ministère, pour planifier les crédits de la défense entre 2019 et 2025.
De cette expression, l’on peut comprendre que, après des années de coupes budgétaires et 40 000 emplois nets perdus depuis 2009, après une décennie ayant conduit à une forte dégradation de la condition militaire – infrastructures de vie, moyens d’entraînement, petits équipements –, le gouvernement veut s’occuper de ceux qui sont à la base du « succès des armes de la France », selon l’expression consacrée : les soldats eux-mêmes.
Une loi de programmation porte des enjeux de souveraineté nationale sur le long terme. Celle-ci lance ou confirme des équipements qui seront opérationnels jusqu’en 2060. Elle organise une dépense cumulée de 295 milliards d’euros sur sept années. Et elle engage la parole présidentielle : Emmanuel Macron promet que « sa » LPM, bien qu’étalée comme les précédentes sur deux mandatures, scellera le réinvestissement du pays dans sa défense. L’objectif affiché est que 2 % du produit intérieur brut (PIB) soit consacré aux armées en 2025, hors budget des pensions, soit 50 milliards d’euros de budget annuel en 2025.
« Le soldat au centre »
Dans ce cadre, le quotidien du soldat semble ne pas peser lourd. Peut-on comparer le besoin d’une tenue de sport décente avec celui d’un nouveau satellite d’écoute ? Faut-il recourir à une loi pour amener la hiérarchie à être plus attentive à l’équilibre familial de la troupe ?
Les petites dépenses d’équipement, cruciales pour le moral, sont toujours les premières sacrifiées quand l’Etat réclame des économies budgétaires. L’état-major de l’armée de terre a ainsi promu l’idée qu’une LPM « à hauteur d’homme » permettrait de matérialiser aux yeux des sceptiques l’ambition...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Trois associations demandent, dans une tribune au « Monde », de déclassifier les archives nationales sur le rôle de Paris dans le génocide des Tutsi en 1994.
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« Monsieur le président, mettez en œuvre la transparence sur le rôle de la France au Rwanda »

Trois associations demandent, dans une tribune au « Monde », de déclassifier les archives nationales sur le rôle de Paris dans le génocide des Tutsi en 1994.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 13h29
    |

Alain Gauthier (Président du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR)), Marcel Kabanda (Président de l'association Ibuka-France) et Fabr...







                        



                                


                            
Tribune. Que faut-il attendre de plus ? Depuis presque un quart de siècle, les révélations s’accumulent sur le rôle trouble de la France avant, pendant et après le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994. Il ne doit plus désormais être question de « polémique », mais bien d’un travail de vérité, indispensable pour les rescapés, pour l’histoire et pour le débat public républicain sur le fonctionnement de nos institutions.
En 2015, la pression publique et médiatique poussa le président François Hollande à annoncer enfin la déclassification d’archives de l’Elysée. Hélas, ce « coup de com » n’a été accompagné que de l’ouverture de quelques dizaines de documents de la présidence –, mais pas les plus sensibles – et de déclassifications un peu plus consistantes – mais en catimini – de la part de Matignon, du ministère des affaires étrangères et de celui de la défense.
Obstacles à la vérité
L’opacité demeure donc la règle, habillée de différents artifices juridiques et politiques brandis comme autant d’obstacles à la vérité. L’enjeu est pourtant majeur : rien de moins que stopper enfin le négationnisme, qui continue sordidement son œuvre en France vingt-quatre ans après le génocide, en refusant aux victimes et à leurs proches le droit de savoir, et ainsi le droit d’être considérés dans leur pleine humanité. Il s’agit également de permettre aux citoyens français de comprendre quelle politique fut menée en leur nom et en vertu de quels mécanismes institutionnels de la Ve République.
Lorsqu’un témoin militaire direct de l’époque comme Guillaume Ancel veut parler, il subit des pressions pour « rentrer dans le rang ».Parallèlement, les tenants d’une thèse aujourd’hui invraisemblable, selon laquelle la France n’aurait rien d’autre à se reprocher qu’une regrettable « inertie de la communauté internationale », viennent en renfort des responsables politiques et militaires de l’époque qui convoquent « l’honneur de la France » pour éviter...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ L’Académie de France à Rome présente de plus en plus d’événements culturels. Or, estime dans une tribune au « Monde », un collectif d’anciens pensionnaires, cette programmation livre l’institution à une politique de rentabilisation commerciale.
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« Non à la marchandisation de la Villa Médicis »

L’Académie de France à Rome présente de plus en plus d’événements culturels. Or, estime dans une tribune au « Monde », un collectif d’anciens pensionnaires, cette programmation livre l’institution à une politique de rentabilisation commerciale.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 09h42
   





                        



                                


                            

Tribune. Peut-on encore véritablement créer, étudier et mener une réflexion à la Villa Médicis alors que la présence des pensionnaires y est toujours plus marginalisée ? L’Académie de France à Rome est peu à peu privée des moyens d’accomplir sa mission principale : offrir les meilleures conditions possibles à la création artistique et à la recherche en histoire de l’art dans l’une des villes les plus emblématiques de la culture et de la conscience européennes. Les signes de cette dégradation se sont multipliés ces dernières années.
Louis XIV et Colbert ont voulu stimuler et perfectionner la création artistique française avec une institution d’exception que Bonaparte a ensuite installée à la Villa Médicis. La réforme Malraux de 1971 en a ouvert les portes aux disciplines artistiques plus récentes, ainsi qu’aux écrivains et aux historiens des arts, afin d’adjoindre un volet littéraire et scientifique à la création, et de favoriser un dialogue étroit et constructif entre leurs acteurs. Cette mission initiale d’accueil, dite « mission Colbert », a aidé de nombreux pensionnaires à devenir d’éminents professionnels et des personnalités internationalement reconnues.
De plus en plus ordinaire et tapageuse
La réforme de 1971 lui a adjoint une mission de programmation culturelle (appelée aujourd’hui « mission Mal­raux »), initialement pensée comme un corollaire et un prolongement de la création et de la recherche. Pourtant, cette mission est devenue prédominante et de plus en plus ordinaire et tapageuse, et s’est muée en une succession incohérente d’événements, guidée par des impératifs d’animation et de communication, sans rapport avec l’exigence et la rigueur portées par les pensionnaires.
S’y est ajoutée une volonté de rentabilisation commerciale de la Villa Médicis toujours plus intense, qui entre toujours plus en conflit avec la mission fondatrice d’une telle institution. Aucune autre académie étrangère en Italie, aucune autre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Alexandra Palt, directrice de la Fondation L’Oréal, montre dans une tribune au « Monde » comment les préjugés sur les femmes – dans le domaine de la santé ou de l’intelligence artificielle, par exemple – influent sur les résultats de la recherche scientifique.
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« Il est vital que les robots soient programmés par des hommes… et des femmes »

Alexandra Palt, directrice de la Fondation L’Oréal, montre dans une tribune au « Monde » comment les préjugés sur les femmes – dans le domaine de la santé ou de l’intelligence artificielle, par exemple – influent sur les résultats de la recherche scientifique.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 19h00
    |

Alexandra Palt (Directrice générale de la Fondation L’Oréal)







                        



                                


                            

Tribune. Alors que ces derniers mois resteront sans doute dans l’histoire collective ceux de la libération mondiale de la parole des femmes dans les domaines du cinéma, dans le monde politique, des ONG ou encore de l’entreprise, il reste un secteur où les voix sont demeurées plus silencieuses : le milieu scientifique, alors même qu’il est confronté à une disparité de genre dont nous devrions tous, en tant que société, nous émouvoir.
Si la proportion de femmes engagées dans des carrières en science a augmenté, bien que trop lentement, nombre d’entre elles se heurtent encore à des obstacles pour y accomplir de longs et florissants parcours, pour accéder à des postes à responsabilité ou encore pour avoir accès à des financements. Résultat : aujourd’hui, seulement 11 % des postes à responsabilité dans les institutions académiques de l’Union européenne par exemple, sont exercées par des femmes. Moins de 30 % des chercheurs sont des femmes et seulement 3 % des Prix Nobel scientifiques leur ont été attribués.
Principaux essais cliniques sur des hommes
Comment expliquer qu’après des années de combat pour l’égalité des genres, la sous-représentation des femmes en science soit toujours aussi criante, et surtout quelles en sont les conséquences pour notre société ?
Elles sont nombreuses et nous devons collectivement en prendre la mesure, tant pour le monde que nous voulons construire, que pour l’avancée du progrès scientifique et de la connaissance requise pour résoudre les grands défis de notre temps.
Prenons deux exemples.
Contrairement aux humains, les algorithmes ne peuvent pas lutter consciemment contre les préjugés acquis
Dans le domaine de la santé d’abord, les illustrations sont nombreuses. Avons-nous réellement pris conscience par exemple, que pendant longtemps, l’idée que les maladies cardiovasculaires étaient un problème masculin a prévalu ? Les principaux essais cliniques portant sur la réduction des facteurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Un collectif de journalistes, de syndicats et d’associations se mobilise dans une tribune au « Monde » contre une proposition de loi qui pourrait empêcher à l’avenir de révéler des affaires comme celles du Mediator ou les « Panama Papers ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/03/2018
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« L’intérêt général et le droit des citoyens à l’information remis en cause »

Un collectif de journalistes, de syndicats et d’associations se mobilise dans une tribune au « Monde » contre une proposition de loi qui pourrait empêcher à l’avenir de révéler des affaires comme celles du Mediator ou les « Panama Papers ».



Le Monde
 |    20.03.2018 à 18h57
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 07h03
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. L’Assemblée nationale et le Sénat s’apprêtent à remettre en cause nos libertés fondamentales en votant, selon une procédure accélérée, une proposition de loi portant sur le secret des affaires.
Ce texte, qui sera étudié en séance publique à l’Assemblée nationale le 27 mars et qui porte sur « la protection des savoir-faire et des informations commerciales non divulgués contre l’obtention, l’utilisation et la divulgation illicites », est la transposition d’une directive européenne adoptée en 2016 malgré les mises en garde des ONG, des syndicats, des journalistes et l’opposition massive des citoyens.
Sanctions pénales
Cette directive a été élaborée par les lobbies des multinationales et des banques d’affaires qui souhaitaient un droit plus protecteur pour leurs secrets de fabrication et leurs projets stratégiques, alors que le vol de documents et la propriété intellectuelle sont déjà encadrés par la loi.
La France dispose de marges de manœuvre importantes pour la transposition de la directive dans notre droit national, et peut préserver les libertés tout en respectant le droit européen. Pourtant, le gouvernement et la majorité semblent avoir choisi, en catimini, de retenir une option qui remet gravement en cause l’intérêt général et le droit des citoyens à l’information. La proposition de loi sur le secret des affaires a des implications juridiques, sociales, environnementales et sanitaires graves. De fait, ce texte pourrait verrouiller l’information à la fois sur les pratiques et les produits commercialisés par les entreprises.
En effet, la définition des « secrets d’affaires » est si vaste que n’importe quelle information interne à une entreprise peut désormais être classée dans cette catégorie. L’infraction au secret des affaires aurait lieu dès lors que ces informations seraient obtenues ou diffusées, et leur divulgation serait passible de sanctions pénales.
Les dérogations instituées par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Alors que la ministre de la culture veut engager la lutte contre la désinformation, il est temps de s’interroger sur la place qu’occupent ces rubriques dans les journaux estime, dans une tribune au « Monde », Serge Bret-Morel, président de l’Observatoire zététique.
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Fake news : « Il faut exiger du CSA qu’il s’exprime sur le sujet des horoscopes ! »

Alors que la ministre de la culture veut engager la lutte contre la désinformation, il est temps de s’interroger sur la place qu’occupent ces rubriques dans les journaux estime, dans une tribune au « Monde », Serge Bret-Morel, président de l’Observatoire zététique.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 16h00
    |

Serge Bret-Morel (Président de l’Observatoire Zététique)







                        



                                


                            

Tribune. Le sondage IFOP « Enquête sur le complotisme » (lien vers PDF) a fait couler beaucoup d’encre mais l’item de la page 11 a été injustement oublié. Il est pourtant, et de loin, le plus important de tous, que les étoiles en soient témoins ! 6 % seulement des personnes interrogées consultent leur horoscope « tous les jours », 11 % « une fois par semaine ». Preuve par le vide est (peut-être) faite d’une idée reçue bien installée, plaignons ceux qui en font un véritable outil marketing.
Des entreprises vendent des horoscopes clé en main qui résultent d’un simple tirage au sort informatique
S’il ne faisait pas vendre plus d’exemplaires à proprement parler, au moins pensait-on que, en tant que rubrique récurrente, il participait discrètement à la fidélisation du lectorat. Que nenni : voilà qu’il n’intéresse plus personne ! Il faut craindre un bouleversement du paysage médiatique et même pire. Qu’on ne puisse plus agrémenter son trajet dodo/boulot du matin en dénombrant le nombre d’étoiles attribuées scientifiquement à l’un ou l’autre de nos proches selon leurs signes astrologiques. L’enfer astral, en somme.
Ces chiffres sont-ils absurdes ? Pas forcément. Le sondage IFOP, comme la plupart aujourd’hui, a été réalisé en ligne afin d’éviter le jugement du sondeur mais, surtout, plusieurs reportages télévisés ont insisté depuis un an sur un contenu (au moins) abracadabrantesque.
Des entreprises vendent des horoscopes clé en main qui résultent d’un simple tirage au sort informatique. En effet, copiez/collez dans Google un bloc de texte et vous le retrouverez plusieurs fois, au mot près, dans les dix dernières années. Le recours aux services d’un astrologue est devenu optionnel !
Mauvaise farce
On connaissait déjà les compétences pointues indispensables au poste de rédacteur d’horoscope. Les témoignages d’étudiants, stagiaires, secrétaires, membres de rédaction et même cousins ou cousines sont légions. Mais la trouvaille...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Le Conseil de Paris doit à nouveau se pencher les 20 et 21 mars sur la piétonisation des voies sur berges. Olivier Blond, président de l’association Respire, souligne les enjeux du dossier.
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Voies sur berge à Paris : « Il faut davantage d’“oasis d’air sain” en Ile-de-France »

Le Conseil de Paris doit à nouveau se pencher les 20 et 21 mars sur la piétonisation des voies sur berges. Olivier Blond, président de l’association Respire, souligne les enjeux du dossier.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 15h19
    |

Olivier Blond (Président de l’association Respire, à l’origine des pétitions en faveur de la piétonisation des berges)







                        



                                


                            

Tribune. Le débat sur les berges de Seine a rebondi récemment avec la décision du tribunal administratif [Le tribunal administratif de Paris a annulé la fermeture des voies sur berges le 21 février], et on pourrait croire que tout recommence comme il y a deux ans, lors de la mise en place de la piétonisation. Mais il n’en est rien. Car tout a changé depuis la mise en place de la mesure. Tout, sauf le ton houleux des discussions.
En effet, l’ensemble des partis politiques, y compris la droite, s’est désormais rallié à la lutte contre la pollution de l’air. C’est ainsi une victoire considérable de ces deux dernières années, et des premières mobilisations autour de la piétonisation, que d’avoir participé à ce changement majeur. Plus personne n’ose sérieusement contester ni l’importance des enjeux, ni la nécessité d’agir.

Le contexte international montre qu’il s’agit là d’une évolution profonde : la pollution automobile est désormais un enjeu majeur partout dans le monde, de Leipzig jusqu’à Rome, villes qui pourraient prochainement interdire les véhicules diesel.
En France, le gouvernement fait face à deux injonctions majeures : la première est celle de la Commission européenne, qui menace d’une action contre la France pour non-respect des normes de pollutions (notamment à Paris) et pourrait imposer des millions d’euros d’amende. La seconde provient du Conseil d’Etat, qui a sommé le gouvernement de produire un plan d’action vigoureux au plus tard à la fin de ce mois.
Ralliement décisif
Au niveau régional, les oppositions sont toujours aussi rugueuses, mais la position de Valérie Pécresse a évolué radicalement. Elle critique certes la méthode et le timing de la mesure d’Anne Hidalgo, mais elle soutient désormais qu’il faudrait (certes en 2021) des voies piétonnisées. C’est un ralliement décisif.
Enfin, au niveau local, le soutien à la mesure dans l’opinion s’est accru, malgré les attaques contre le projet....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ La République en marche, Génération.s, La France insoumise, Les Républicains… L’atlas des partis politiques français n’a quasiment plus rien à voir avec celui d’il y a cinq ans.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Le bouleversement du paysage des partis politiques en une infographie

La République en marche, Génération.s, La France insoumise, Les Républicains… L’atlas des partis politiques français n’a quasiment plus rien à voir avec celui d’il y a cinq ans.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 20h55
    |

            Maxime Vaudano








                        


La vie politique française a toujours eu une capacité hors du commun à se réinventer régulièrement, suffisamment souvent en tout cas pour qu’un observateur étranger, même chevronné, ait le plus grand mal à en suivre le rythme. Cette passion transformiste a toutefois franchi un cap au cours des cinq dernières années, avec une reconfiguration quasi complète du paysage des partis.
Entre les changements de nom, les fusions, les scissions, les disparitions, les créations et les retournements d’alliance, l’atlas des partis politiques français de 2018 n’a en effet quasiment plus rien à voir avec celui du début de mandat de François Hollande, en 2012.
Et si certains de ces changements sont cosmétiques avec de simples changements de noms (comme le passage de l’UMP à LR ou du FN au RN), d’autres s’avèrent beaucoup plus structurants pour le débat politique (à l’image de La République en marche, qui a obtenu une majorité absolue à l’Assemblée nationale à peine un an après son lancement par Emmanuel Macron, ou de la France insoumise, qui a obtenu 17 députés sans l’appui du Parti communiste comme à l’époque du Front de gauche).




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Cette infographie représente l'évolution  des principaux partis politiques nationaux entre 2012 et 2018.
Chaque  symbolise un parti.
Dans les colonnes grises figurent les groupes parlementaires à l'Assemblée nationale en 2012 (à gauche) et 2018 (à droite).
Les partis alliés sont reliés par des triangles .
Passez votre curseur sur les  pour en savoir plus.






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  "rassemblementnational": "Le Front national n'a pas bougé dans sa structure depuis 2012. Sa présidente, Marine Le Pen, a toutefois proposé en mars 2017 de rebaptiser le parti « Rassemblement national ». Ce choix doit encore être entériné par les militants.",
  "rassemblementbleumarine": "Le Rassemblement bleu Marine (RBM) a été créé en mars 2012 par Marine Le Pen pour élargir la base électorale et militante du Front national. Il agrège plusieurs micro-partis d'extrême droite et des élus extérieurs au FN. Le SIEL (Souveraineté, identité et libertés), principale autre composante du RBM, le quitte fin 2016.",
  "lespatriotes": "Après la défaite à la présidentielle de mai 2017, Florian Philippot, le bras droit de Marine Le Pen, lance Les Patriotes, une association rattachée au Front national. Ses relations avec la présidente du FN se détériorent rapidement et il coupe les ponts avec le parti en septembre, pour faire des Patriotes un parti à part.entière.",
  "dlffn": "Le Front national et Debout la France connaissent une alliance éphémère dans l'entre-deux-tours de la présidentielle 2017, lorsque Nicolas Dupont-Aignan se rallie à Marine Le Pen. Le rapprochement est de courte durée, puisque les deux formations échouent à nouer un accord pour les élections législatives qui se tiennent dans la foulée.",
  "libres": "En septembre 2017, Valérie Pécresse lance son mouvement Libres! pour peser à droite face au futur président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez. Après avoir enregistré l'arrivée de plusieurs cadres des Républicains hostiles à M. Wauquiez, Libres! devient un mouvement associé à LR en février 2018.",
  "agir": "Après l'élection d'Emmanuel Macron, plusieurs députés de droite macron-compatibles décident de créer un groupe distinct des Républicains à l'Assemblée nationale, baptisé Les Constructifs, aux côtés de l'UDI. Démissionnaires ou exclus de l'UDI, ils créent finalement en novembre 2017 un nouveau parti : Agir, la droite constructive.",
  "lescentristes": "Fin 2016, le Nouveau Centre présidé par Hervé Morin se rebaptise Les Centristes et annonce son intention de s'émanciper de l'UDI. Le départ n'est acté qu'un an plus tard, en décembre 2017.",
  "mouvementradical": "Quarante-cinq ans après leur schisme de 1972, le Parti radical de gauche et le Parti radical valoisien se réunissent en décembre 2017 sous la bannière du Mouvement radical. Se revendiquant « alternatif au système gauche-droite », les deux partis promettent de s’affranchir de leurs anciennes alliances (respectivement avec le PS et l'UDI).",
  "alliancecentriste": "Membre fondateur de l'UDI, l'Alliance centriste en est exclue en mars 2017, après avoir appelé à voter pour Emmanuel Macron. Elle est désormais membre de La République en marche.",
  "mdp": "Le mouvement unitaire progressiste de Robert Hue, rebaptisé Mouvement des progressistes en 2014, soutient en 2017 la candidature d'Emmanuel Macron, après avoir tenté sans succès de participer à la primaire du PS. Si le parti continue d'exister, les deux députés issus de ses rangs sont rattachés à La République en marche.",
  "lrem": "Le mouvement En marche !, qui a porté la candidature d'Emmanuel Macron à partir de 2016, s'est rebaptisé La République en marche après sa victoire en 2017. Il a agrégé de nombreux anciens élus d'autres partis (PS, MoDem, LR, MDP, etc.).",
  "modemlrem": "Une partie des élus et des militants du Mouvement démocrate ont rejoint La République en marche en 2017.",
  "pslrem": "De nombreux élus et militants du Parti socialiste ont rejoint La République en marche en 2017.",
  "generations": "Après sa défaite à la présidentielle, Benoît Hamon quitte le Parti socialiste en juillet 2017 et lance le Mouvement du 1er juillet, rebaptisé Génération.s en décembre.",
  "partiecologiste": "En 2015, des écologistes pro-gouvernement quittent Europe Ecologie-Les Verts pour fonder Ecologistes !, rebaptisé Parti écologiste en 2016. Il s'associe rapidement avec le Front démocrate au sein de l'Union des démocrates et des écologistes (UDE). Pour la présidentielle de 2017, son président, François de Rugy, soutient Emmanuel Macron après avoir participé, sans succès, à la primaire du PS. Il rejoint La République en marche après son élection, comme les deux autres députés du Parti écologiste.",
  "franceinsoumise": "En 2016, Jean-Luc Mélenchon abandonne le Front de gauche au profit d'un nouveau mouvement, la France insoumise, qui porte sa candidature à la présidentielle. Celui-ci fédère des anciens cadres du Front de gauche, des dissidents d'Europe Ecologie-Les Verts et des personnalités de la société civile. Il obtient un groupe parlementaire distinct des communistes après les législatives de juin 2017.",
  "pcf": "Allié depuis 2009 avec Jean-Luc Mélenchon dans le cadre du Front de gauche, le PCF ne s'associe pas en 2017 avec la France insoumise, bien qu'il ait soutenu la candidature de M. Mélenchon. A l'Assemblée, ses députés siègent avec cinq députés ultramarins de gauche radicale et un insoumis.",
  "ensemble": "Le mouvement Ensemble ! est créé en 2013 comme la troisième force du Front de gauche, aux côtés du Parti de gauche et du Parti communiste. En 2017, il se rallie à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Ensemble ! ne rallie pas officiellement la France insoumise, mais ses deux députées siègent au sein de son groupe parlementaire.",
  "mrc": "Le MRC est l'héritier du Mouvement des citoyens créé en 1993 par Jean-Pierre Chevènement. Allié au PS en 2012, le parti tente – sans succès – de présenter un candidat à la primaire socialiste en vue de la présidentielle 2017. L'unique député du MRC élu en 2017 siège avec les socialistes dans le groupe Nouvelle Gauche, mais le parti a soutenu un candidat de la France insoumise dans la législative partielle de Belfort, début 2018.",
  "rump": "En novembre 2012, dans la foulée de la guerre Copé-Fillon pour la présidence de l'UMP, les fillonistes siègent pendant deux mois dans un groupe parlementaire distinct, avant de rejoindre leurs collègues en janvier 2013.",
  "lrlrem": "Plusieurs élus et militants des Républicains ont rejoint La République en marche en 2017."
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    /* Appli ou mobile, pour le tooltip */
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    /*    La gestion du tooltip    */
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