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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Mgr Dario Vigano avait présenté une version tronquée d’une lettre de l’ancien pape Benoît XVI, dans laquelle il semblait apporter son soutien public à son successeur.
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Le pape François contraint de démettre son ministre de la communication

Mgr Dario Vigano avait présenté une version tronquée d’une lettre de l’ancien pape Benoît XVI, dans laquelle il semblait apporter son soutien public à son successeur.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 18h13
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 18h18
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            

On ne manipule pas impunément les mots d’un pape, fût-il émérite. Pour avoir enfreint cette évidence, Mgr Dario Vigano, le puissant « ministre » de la communication du Vatican, vient d’être démis de ses fonctions de préfet (chef) du nouveau secrétariat à la communication. Le pape François, qui en avait fait l’un des rouages importants de sa réforme de la curie, a accepté sa démission, non sans « une certaine difficulté », de son propre aveu. Le directeur de la salle de presse du Vatican, Greg Burke, a rendu publique cette décision mercredi 21 mars. Elle vise à dénouer le psychodrame qui tient en haleine depuis dix jours le petit monde des vaticanistes, qui l’ont affublé d’un titre aux relents de scandale : le « Lettergate ».
L’affaire a commencé le 12 mars. Ce jour-là, veille du cinquième anniversaire de l’élection du pape François, Mgr Vigano présente aux quelques journalistes présents à un point de presse une collection de onze volumes éditée par la Librairie éditrice vaticane. Onze théologiens y commentent la pensée du pape François, que certains secteurs conservateurs de l’Eglise, qu’il irrite, accusent de manquer d’épaisseur, par comparaison avec ses deux prédécesseurs immédiats, en particulier Benoît XVI.
Lors de cette séance, Mgr Vigano lit quelques phrases tirées d’une lettre que lui a adressée Benoit XVI, à qui il avait demandé une contribution, sur cette initiative éditoriale. Retiré dans un monastère du Vatican depuis sa démission retentissante le 11 février 2013, le pape émérite a écrit : « J’applaudis à cette initiative qui veut s’opposer et réagir contre le préjugé insensé selon lequel le pape François serait un homme purement pratique, privé d’une formation théologique ou philosophique, tandis que je serais moi-même un théoricien de la théologie qui n’aurait pas compris grand-chose de la vie concrète d’un chrétien d’aujourd’hui. Ces petits volumes montrent, à juste titre, que le pape...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Un rapport en possession de l’état-major de l’armée souligne que les 54 appareils F-16 américains de la défense pourraient voler six années de plus, ce qui reporterait la date de leur renouvellement de 2023 à 2029.
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En Belgique, le renouvellement des avions de chasse vire au cauchemar

Un rapport en possession de l’état-major de l’armée souligne que les 54 appareils F-16 américains de la défense pourraient voler six années de plus, ce qui reporterait la date de leur renouvellement de 2023 à 2029.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 15h32
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Le marché pour le renouvellement des avions de chasse de l’armée belge n’a visiblement pas livré tous ses secrets. Il tourne même au cauchemar pour le gouvernement de Charles Michel. Cette opération, qui devrait représenter un montant de 15 milliards d’euros (3,6 milliards pour l’achat des appareils, le reste pour leur entretien sur quatre décennies) avait déjà été entachée par le retrait mystérieux de deux constructeurs, l’américain Boeing et le suédois Gripen.
S’y est ajoutée la démarche de Dassault, qui ne s’est pas engagé dans la procédure officielle d’appel d’offres afin de proposer un « partenariat étendu ». Cela a brouillé le jeu – que les autorités voulaient transparent – et crée in fine des tensions politiques et des suspicions.

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Mardi 20 mars, un nouvel élément troublant était évoqué par le quotidien De Standaard. Un rapport en possession de l’état-major de l’armée souligne que les 54 appareils F-16 américains de la défense belge pourraient très bien voler six années de plus, ce qui reporterait la date de leur renouvellement de 2023 à 2029.
Jusqu’ici, le ministre (nationaliste) flamand Steven Vandeput, interrogé à plusieurs reprises par des parlementaires, avait assuré que la date butoir pour le renouvellement des chasseurs était obligatoirement 2023, aucune étude ne permettant, selon lui, d’affirmer que leur durée de vie pourrait être prolongée.
Embarras du premier ministre Charles Michel
Le ministre a-t-il menti ou était-il mal informé ? Quoi qu’il en soit, son ministère a bel et bien commandé un rapport, qui a été remis en avril 2017. Il indiquait qu’il était parfaitement possible, moyennant quelques aménagements, d’utiliser des appareils qui n’ont pas atteint la limite de durée de vol. Une deuxième étude confirmait ce diagnostic, en février.
Paradoxe : ces rapports ont été rédigés par le constructeur américain Lockheed Martin, qui est le concurrent apparemment le mieux placé dans la course pour le remplacement des F-16 : son F-35 Lightning a les faveurs de l’état-major et, semble-t-il, du ministre. Même si ses coûts sont très élevés, si le contrôle de son système informatique par les Etats-Unis soulève des questions, et si la Belgique prône, comme d’autres pays, la nécessité d’une défense européenne.
Le seul rival officiel du F-35 est le Typhoon, appareil issu d’un programme réunissant le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Les Britanniques de BAE Systems promettent, en cas d’acquisition de leur appareil, 19 milliards d’euros de retombées et 6 000 emplois, ainsi que des centres de formation, d’innovation et de cybersécurité.
Le groupement français d’intérêt économique Rafale - Dassault Aviation, avec Thales et Safran, évoque de son côté 5 000 emplois et 20 milliards d’euros, et mise sur la nécessité d’un choix européen. Embarrassé, tiraillé entre des positions flamandes favorables au F-35 et les élus qui, dans son parti – le Mouvement réformateur (libéral francophone) –, demandent une prise en compte de l’offre française, le premier ministre Charles Michel a commandé une analyse juridique pour déterminer si le projet du Rafale pouvait être accepté, même si Dassault n’a pas respecté la procédure d’appel d’offres.

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Audit externe du ministère de la défense
Avant les révélations sur le rapport caché de la défense, le premier ministre évoquait une décision à l’horizon de juillet – soit aux alentours du sommet de l’OTAN, qui doit se tenir au nouveau siège de l’Alliance atlantique, à Bruxelles, les 11 et 12 juillet.
On s’attend à ce qu’au cours de cette réunion, le président Donald Trump insiste à nouveau bruyamment pour que ses partenaires européens accroissent leurs dépenses de défense. La Belgique, qui compte parmi les mauvais élèves en matière de dépenses militaires – loin des 2 % du PIB exigés par Washington – espérait visiblement corriger son image en annonçant son investissement. Quitte, peut-être, à se mettre à dos son voisin français (c’est la ministre Florence Parly qui a personnellement remis l’offre de partenariat à son homologue belge, en septembre 2017).
Interrogé en urgence au Parlement, mardi 20 mars, le ministre Steven Vandeput a démenti avoir été mis au courant de l’existence des rapports sur l’état des F-16. Accusé de « grave négligence » par l’opposition, il a annoncé un audit externe de son ministère, afin de déterminer quels étaient les responsables du dysfonctionnement. M. Vandeput a affirmé que les études avaient été commandées par son ministère, mais que les résultats n’avaient pas été transmis au plus haut niveau.
« J’ai découvert ce rapport ce matin. Je n’ai jamais rien caché, ni au gouvernement ni au Parlement », a-t-il poursuivi, soulignant que la procédure pour l’acquisition de nouveaux avions allait se poursuivre normalement. Les chefs de l’armée devraient bientôt être, à leur tour, sur la sellette. En tout état de cause, le choix du gouvernement s’annonce plus complexe après les révélations des derniers jours.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ La Russie a dénoncé mercredi une « situation absurde » où Londres « pose des questions mais ne veut pas entendre les réponses », tandis que le Royaume-Uni dénonce des « mensonges ».
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Affaire Skripal : nouveaux échanges tendus entre Londres et Moscou

La Russie a dénoncé mercredi une « situation absurde » où Londres « pose des questions mais ne veut pas entendre les réponses », tandis que le Royaume-Uni dénonce des « mensonges ».



Le Monde
 |    21.03.2018 à 14h08
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 16h24
   





                        



   


Londres et Moscou continuent de se répondre et de s’invectiver au sujet de l’affaire Skripal. La Russie a assuré, mercredi 21 mars, que l’empoisonnement de l’ancien agent double était soit une « attaque terroriste », soit une « mise en scène ». Ces propos ont été tenus lors d’une réunion organisée par le ministère des affaires étrangères russe à laquelle l’ambassadeur britannique a refusé de se rendre.
Cette réunion, consacrée à l’affaire de l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille au Novitchok, un agent neurotoxique développé par la Russie, le 4 mars à Salisbury (Royaume-Uni), devait être l’occasion pour la Russie de démonter les accusations portées contre elle par Londres.

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« Mensonges » et « désinformation »
« Soit les autorités britanniques ne sont pas en mesure de fournir une protection contre ce type, disons-le ainsi, d’attaque terroriste, soit elles ont directement ou indirectement — je n’accuse personne de quoi que ce soit — mis en scène une attaque contre un citoyen russe », a déclaré un haut responsable de la diplomatie russe, Vladimir Ermakov, lors de cette réunion.
Il a également voulu discréditer la thèse de l’empoisonnement au Novitchok : « N’importe quelle substance toxique militaire aurait fait de multiples victimes sur le lieu de l’empoisonnement. Mais à Salisbury, ce n’était pas du tout le cas. » Interpellé par une diplomate britannique sur ses éventuels programmes d’armes chimiques, M. Ermakov l’a accusée de faire preuve de « russophobie », déclarant : « Sortez donc un peu de votre russophobie, de votre mentalité insulaire. (…) J’ai honte pour vous. »
Peu après, l’ambassade britannique à Moscou a accusé en retour la Russie sur Twitter :
« Nous n’avons reçu aucune explication crédible expliquant pourquoi un agent innervant produit en Russie a été utilisé sur le sol britannique. Au lieu de fournir des réponses, la Russie continue de répandre des mensonges et de la désinformation. »
« Situation absurde »
Plus tôt dans la journée, la tension était encore montée d’un cran entre les deux pays quand l’ambassade britannique en Russie a annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) que son ambassadeur, Laurie Bristow, ne « participera [it] pas à cette réunion », mais pourrait être représenté par un fonctionnaire au « niveau opérationnel ».
Si la porte-parole du ministère des affaires étrangères russe, Maria Zakharova, a assuré que « l’important n’[était] pas le statut [des personnes participant à la réunion] mais qu’une discussion se tienne », ajoutant que « cent quarante personnes étaient déjà accréditées ce matin », le Kremlin a pris ce désistement comme un affront. « C’est une nouvelle manifestation éloquente d’une situation absurde où l’on pose des questions mais on ne veut pas entendre les réponses », a réagi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Nouvelles sanctions envisagées
L’empoisonnement de Sergueï Skripal a ravivé le climat de confrontation Est-Ouest, latent depuis l’annexion de la Crimée par Moscou, en mars 2014, et a exacerbé les tensions entre Moscou et Londres, dont les relations étaient déjà glaciales.
Accusant la « Russie de Poutine » d’avoir ordonné cet empoisonnement, Londres a expulsé vingt-trois diplomates russes du territoire britannique et a annoncé le gel des relations bilatérales. La Russie, qui clame son innocence, a rétorqué en expulsant à son tour vingt-trois diplomates britanniques et en mettant fin aux activités du British Council dans le pays.

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Les dirigeants de l’Union européenne sont prêts, eux, à se « coordonner sur des mesures » à prendre contre la Russie si elle ne coopère pas à l’enquête, selon un projet de déclaration préparé pour leur sommet jeudi et vendredi à Bruxelles, vu mardi par l’AFP.
De nouvelles sanctions pourraient également être adoptées par Londres : la première ministre britannique, Theresa May, a réuni mardi son Conseil de sécurité et « réfléchit activement » à d’autres mesures de rétorsion contre Moscou, selon son porte-parole.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le numéro deux de la liste Junts per Catalunya, actuellement en détention préventive, a indiqué mercredi renoncer à diriger la région.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Emprisonné, l’indépendantiste Jordi Sanchez renonce à la présidence de la Catalogne

Le numéro deux de la liste Junts per Catalunya, actuellement en détention préventive, a indiqué mercredi renoncer à diriger la région.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 13h07
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 13h25
   





                        


Après Carles Puigdemont, un second leadeur indépendantiste renonce à diriger la Catalogne. Accusé de « sédition » par la justice espagnole et actuellement placé en détention provisoire, le numéro deux de la liste Junts per Catalunya (« Ensemble pour la Catalogne »), Jordi Sanchez, a jeté l’éponge, après avoir échoué à obtenir sa sortie. Sa formation politique a publié sur Twitter mercredi 21 mars sa lettre à l’actuel président de la région, Roger Torrent.

📄 Carta de renúncia de @jordialapreso al president @rogertorrent: "Amb plena harmonia amb el president @KRLS, et de… https://t.co/eRhjD4k6U6— JuntsXCat (@Junts per Catalunya 🎗)


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M. Sanchez « m’informe qu’il retire sa candidature à la présidence, estimant que c’est le meilleur service qu’il puisse rendre au pays », a confirmé Roger Torrent à la presse, en évoquant la difficulté à l’investir compte tenu de son incarcération et en dénonçant « l’atteinte à ses droits fondamentaux ». Ce renoncement devrait permettre la formation rapide d’un gouvernement régional, selon M. Torrent.
Carles Puigdemont avait déjà dû renoncer
Au départ, l’élection de l’indépendantiste Roger Torrent à la tête de la région, le 17 janvier, devait poser les jalons à la réinvestiture de Carles Puigdemont, le leadeur des indépendantistes en exil en Belgique. L’intéressé a finalement annoncé au début de mars qu’il renonçait à prendre la tête de l’exécutif à distance.

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Pour le remplacer, les indépendantistes ont alors porté leur choix sur le numéro deux de la liste Junts per Catalunya, Jordi Sanchez. Problème : ce dernier étant emprisonné, il devait demander une autorisation de sortie au juge du Tribunal suprême, Pablo Llarena, afin de se rendre au Parlement. Sortie qui lui a été refusée le 9 mars, l’empêchant de participer au débat d’investiture trois jours plus tard, puis mardi 20 mars.
Si les indépendantistes désignent cette fois un candidat « viable », dans le sens où il ne serait ni incarcéré ni à l’étranger, rien ne s’oppose a priori à ce qu’ils puissent former rapidement un gouvernement.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ L’affaire suscite un débat sur la couverture journalistique du mouvement #Metoo, dans un pays ébranlé par des révélations en cascade dans le monde de la culture.
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Mis en cause pour harcèlement sexuel, le directeur d’un théâtre suédois se suicide

L’affaire suscite un débat sur la couverture journalistique du mouvement #Metoo, dans un pays ébranlé par des révélations en cascade dans le monde de la culture.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 12h15
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            
L’ancien directeur du Stadsteatern de Stockholm, Benny Fredriksson, qui avait démissionné le 7 décembre 2017, après avoir été accusé, dans une série d’articles, de harcèlement sexuel et moral, s’est suicidé samedi 17 mars en Australie, où il accompagnait sa femme, une chanteuse d’opéra invitée à se produire à Sydney.
Trois jours plus tard, le cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC), mandaté par la municipalité de Stockholm pour faire la lumière sur ces accusations, a rendu ses premières conclusions. Sur les 135 salariés du théâtre entendus, aucun n’a réitéré les accusations de harcèlement, recueillies anonymement, à l’automne, par le journal Aftonbladet, auprès d’une quarantaine d’employés, actuels et passés. Le bureau exécutif de la municipalité de Stockholm a fait savoir que le rapport serait publié dans sa totalité ultérieurement. Il examinera également les méthodes de management très contestées de l’ancien directeur du théâtre.
En Suède, le suicide de Benny Fredriksson, adulé par les uns et craint par les autres, secoue un monde de la culture déjà fortement ébranlé par les révélations en cascade de ces derniers mois, dans le sillage de l’affaire Weinstein. Elle pose aussi la question de la couverture journalistique du mouvement #Metoo. Dans un communiqué de presse, le nouveau directeur de l’institution Kulturhuset Stadsteatern, Sture Carlsson, fustige ainsi une « campagne médiatique sans borne », ayant causé à son prédécesseur « une blessure inguérissable ».
Témoignages anonymes et « culture du silence »
S’appuyant sur une quarantaine de témoignages anonymes, le journal Aftonbladet avait publié, le 5 décembre dernier, une série d’articles dénonçant « la culture du silence », imposée par Benny Fredriksson et son management « dictatorial ». Le quotidien affirme alors qu’il aurait forcé une actrice à avorter, harcelé mentalement et physiquement des employés et couvert des comédiens accusés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ La Commission de Bruxelles suggère de taxer 3 % des revenus générés par les données des utilisateurs pour les sociétés Internet. Ce nouvel impôt rapporterait 5 milliards d’euros par an dans l’Union.
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La « taxe GAFA » sème la division parmi les Européens

La Commission de Bruxelles suggère de taxer 3 % des revenus générés par les données des utilisateurs pour les sociétés Internet. Ce nouvel impôt rapporterait 5 milliards d’euros par an dans l’Union.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 12h02
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


C’était devenu un secret de Polichinelle bruxellois, tant les fuites dans les médias s’étaient multipliées ces derniers jours. Mercredi 21 mars, le commissaire à l’économie et à la fiscalité, Pierre Moscovici, a rendu publics tous les détails de la très attendue « taxe numérique » européenne. Une taxe réclamée avec insistance par Paris, mais qui, pour entrer un jour en vigueur, doit obtenir l’unanimité des Etats membres de l’UE.

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Or, elle les divise déjà fortement, certains craignant que, dans un contexte de fortes tensions avec les Etats-Unis (liées aux menaces de Donald Trump de taxer leurs importations d’acier et d’aluminium), cette proposition soit interprétée par Washington comme une mesure protectionniste des Européens vis-à-vis des géants américains de l’Internet.

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La Commission européenne dit vouloir réintroduire de l’« équité » dans la fiscalité des entreprises en Europe, alors que les sociétés du numérique échappent largement à l’impôt du fait de la dématérialisation de leurs activités.
Rompant avec plus d’un siècle de tradition fiscale, elle propose de taxer, non les profits, mais les revenus des sociétés. Il s’agit de prélever l’impôt là où se trouvent les utilisateurs des services en ligne, plutôt que là où sont concentrés les profits générés par ceux-ci.
Recettes fiscales modestes à l’échelle de l’UE
Sont visées, non pas des entreprises, mais des « activités ». En l’occurrence, celles où les utilisateurs contribuent à l’essentiel de la création de valeur : vente d’espaces publicitaires liés à l’exploitation des données privées (Facebook, Google, etc.), ou plates-formes d’intermédiation facilitant les ventes de biens et services entre internautes (Airbnb, Uber, Booking, etc.).
Ne seront en revanche pas concernés les cybermarchands (Amazon et consorts) ou les vendeurs de services sur abonnements (Netflix, iTunes d’Apple, etc.).
Pour éviter de taxer les start-up, souvent à peine rentables, la Commission recommande de n’imposer que les sociétés réalisant un chiffre d’affaires annuel d’au moins 750 millions d’euros dans le monde, dont au moins 50 millions dans l’Union.
Pour ce qui est du taux, Bruxelles suggère qu’il soit fixé à seulement 3 % (Paris plaidait pour 5 ou 6 %). En conséquence, les recettes fiscales devraient rester modestes à l’échelle de l’UE : 5 milliards d’euros par an, au plus. Mais la Commission voulait éviter qu’en mettant la barre trop haut, elle pénalise les plus modestes des sociétés « attrapées » par le nouvel impôt, celles dont les marges sont les moins importantes. La taxe devrait concerner entre 120 et 150 entreprises, dont une moitié d’américaines et environ un tiers d’européennes (le reste étant des asiatiques).

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Les Français poussent en faveur de cette solution depuis l’été 2017, mais ils semblent de plus en plus isolés
Ce nouvel impôt n’est pas « une ponction financière » sur le dos des sociétés américaines, a assuré Pierre Moscovici dans un courrier adressé au secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, le 16 mars. M. Moscovici marche sur des œufs. En effet, il est conscient de l’impact d’une annonce ciblant forcément nombre de sociétés californiennes, alors que les Européens tentent toujours d’obtenir des Américains qu’ils ne mettent pas à exécution leurs menaces de taxer leurs importations d’acier et d’aluminium.
Dans sa missive, le Français a également insisté sur le caractère « intérimaire » de la taxe numérique. Pour la Commission, elle a vocation à disparaître une fois que l’Union aura réussi à s’entendre sur une modernisation de la notion d’établissement fiscal servant de base au calcul de l’impôt sur les sociétés. Bruxelles propose d’y adjoindre la notion de « présence numérique ».
Cette taxe est loin de faire l’unanimité sur le Vieux Continent. Les Français poussent en faveur de cette solution depuis l’été 2017, convaincus que la révision « structurelle » de l’impôt sur les sociétés prendra au mieux des années. Mais ils semblent de plus en plus isolés. Cet avis n’est pas celui de l’Irlande, des Pays-Bas, de Malte, de Chypre ou du Luxembourg, réputés pour leur fiscalité accommodante. Ils ont signalé à Bruxelles à quel point ils trouvaient cette idée mauvaise.
Inquiétudes vis-à-vis de la réaction américaine
Le Luxembourg fait déjà valoir que l’Union n’a pas intérêt à aller de l’avant et qu’elle doit s’aligner sur les travaux internationaux de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Une manière de gagner (beaucoup) de temps et de préserver la compétitivité de sa place financière, poumon économique du Grand-Duché. L’Irlande qui, grâce à son taux d’imposition des sociétés à 12,5 %, a su attirer nombre de sièges européens de sociétés numériques, redoute qu’une telle taxe remette en cause ce modèle de développement.
Les Polonais ne seraient pas non plus enthousiastes, tout comme les Tchèques et les Hongrois (parce qu’ils ont adopté leur propre taxe numérique nationale)… Les Allemands, soutien pourtant indispensable de Paris, s’inquiètent tout particulièrement de la réaction américaine. Et pour cause : en leur qualité de premiers exportateurs européens, ils se trouveraient en première ligne en cas de guerre commerciale ouverte avec les Etats-Unis.
Le débat entre dirigeants prévu jeudi 22 mars au soir lors d’un conseil européen, à Bruxelles, s’annonce tendu. Emmanuel Macron, qui réclamait déjà une « taxe GAFA » dans son discours de la Sorbonne, en septembre 2017, entend-il s’en prévaloir pendant la campagne pour les élections européennes de 2019, alors que, pour l’instant, ses tentatives de relance du projet commun n’ont pas encore donné de résultats tangibles (hormis la révision de la directive sur le travail détaché, en passe d’être adoptée) ?

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                Taxation des GAFA : Bruno Le Maire poursuit sa quête de soutiens européens



Pour convaincre l’Irlande, identifié comme le pays le plus réticent, la France serait en tout cas prête à mettre dans la balance son soutien, indispensable dans le cadre du Brexit. Elle n’a certainement pas l’intention que cette nouvelle idée d’impôt connaisse le même sort que la taxe sur les transactions financières, pas enterrée officiellement à Bruxelles, mais en état de coma avancé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ L’enquête du « Daily Mirror » sur un réseau pakistanais met en question l’attitude des élus et des autorités.
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Au Royaume-Uni, le soupçon de biais racial resurgit dans une vaste affaire d’exploitation sexuelle

L’enquête du « Daily Mirror » sur un réseau pakistanais met en question l’attitude des élus et des autorités.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 11h54
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        


Les élus travaillistes et la police locale ont-ils fermé les yeux sur l’exploitation sexuelle à grande échelle sur des mineures dans des villes défavorisées du Royaume-Uni par des gangs d’hommes principalement d’origine pakistanaise, par crainte d’être accusés de racisme ? Le soupçon, confirmé en 2014 à Rotherham (nord de l’Angleterre), resurgit depuis la publication par le Daily Mirror, le 11 mars, d’une enquête portant sur la ville de Telford, dans le centre du pays. Ce tabloïd, proche du Labour, agrège des témoignages remontant jusqu’aux années 1980, pour affirmer que « près d’un millier de jeunes filles, certaines âgées de seulement 11 ans, [y] ont été violées, battues et vendues comme esclaves sexuelles ».
Ce trafic, souvent organisé par des gérants de fast-food, avait été révélé au début des années 2010 et sept hommes avaient été condamnés en 2013 à des peines de prison. Tous étaient d’origine pakistanaise tandis que leurs victimes étaient « blanches », selon une nomenclature courante au Royaume-Uni. Mais selon le Mirror, alors que d’autres accusations avaient été portées, « les autorités ont négligé de conserver le signalement des membres des communautés asiatiques [Indiens et Pakistanais] par peur du “racisme” ». Connu depuis longtemps, le trafic de jeunes filles et leur exploitation auraient pris, à Telford, une ampleur beaucoup plus vaste que celle reconnue par les autorités.
Sordides, les récits publiés par le quotidien décrivent un système où des adolescentes, voire des fillettes, de milieux pauvres, sont attirées par les cadeaux d’hommes sans scrupule, rendues dépendantes par l’alcool ou la drogue puis utilisées comme esclaves sexuelles. « Chaque nuit, j’étais forcée d’avoir des relations sexuelles avec plusieurs hommes dans des fast-foods dégoûtants et des maisons sales, affirme une femme, âgée de 14 ans à l’époque des faits. Je devais prendre la pilule du lendemain deux fois par semaines sans poser de questions. » 
Scepticisme
Les témoignages du Mirror accablent aussi les services sociaux, qui auraient fermé les yeux, et la police, qui aurait rejeté des plaignantes, les considérant comme « consentantes ». Il décrit les ravages causés à long terme en termes de santé mentale. Alors que les auteurs des sévices se seraient comptés par dizaines voire centaines, seuls sept ont été condamnés. Tom Harding, le chef de la police locale, estime que le « millier » de victimes recensées par le journal est un chiffre gonflé pour « faire du sensationnel » avec des faits accumulés « depuis vingt ou trente ans ».
Lors des procès de 2013, les policiers avaient estimé à une centaine le nombre de jeunes filles victimes. Le commissaire dit travailler aujourd’hui sur 46 plaintes ou signalements et assure que les auteurs de crimes et délits sexuels « reflètent proportionnellement la diversité de la population ». A Rotherham, l’enquête a établi que pas moins de 1 400 mineurs ont été livrés à des prédateurs sexuels entre 1997 et 2013.
Devant l’émotion suscitée par les accusations du Mirror, la ministre de l’intérieur, Amber Rudd, a confirmé que l’enquête indépendante sur les abus sexuels sur les enfants, ouverte en 2014, couvrirait Telford. Il ne s’agit pas d’une procédure de type pénal, mais d’investigations sur les éventuels dysfonctionnements des institutions, notamment les services de santé, de police et d’aide à l’enfance. Plusieurs victimes affirment avoir trouvé porte close, s’être heurté à du scepticisme, voire subi des intimidations lorsqu’elles ont voulu se plaindre.



                            


                        

                        


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Comment le président Petro Porochenko a déçu les espoirs de la révolution ukrainienne

L’enlisement de la lutte anticorruption irrite les alliés occidentaux du président Porochenko, et ses électeurs.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 12h57
    |

            Benoît Vitkine (Kiev, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Dans le centre de Kiev, la Bankova, le siège de l’administration présidentielle ukrainienne, prend de plus en plus des airs de camp retranché. En ce début de printemps, les hommes du président ne craignent pas tellement les manifestations sporadiques qui se déroulent quelques centaines de mètres plus bas, sur la place de l’Indépendance, où a débuté quatre ans plus tôt la révolution de Maïdan. La bataille du moment est souterraine : elle met aux prises Petro Porochenko, le président porté au pouvoir par cette révolution, et ses partenaires occidentaux.
En jeu, la création d’une institution nouvelle, la Cour spéciale anticorruption. Les données du problème sont simples : l’Ukraine a fait des progrès dans la traque des fonctionnaires et des élus véreux, notamment grâce au travail du Bureau national anticorruption (NABU). Mais les enquêtes de cette institution aux vastes pouvoirs d’investigation, créée en 2015, finissent enlisées dans les tribunaux. Début décembre 2017 a ainsi débuté à Kiev le procès de l’ancien directeur de l’administration fiscale, Roman Nasirov. « La cour a d’emblée annoncé qu’elle allait lire les 700 pages de l’acte d’accusation, ce qu’elle n’est pas obligée de faire, relate la journaliste d’investigation Kristina Berdynskykh. Au rythme des audiences, il y en a pour deux ans. »
Petro Porochenko a commencé par s’opposer fermement à l’idée de cour anticorruption. Mi-septembre 2017, devant un parterre d’étrangers réunis pour le Yalta European Strategy Forum, à Kiev, il a pris à témoin l’assistance : « Dans lequel de vos pays y a-t-il une cour similaire ? Elles n’existent qu’en Ouganda, au Kenya ou en Malaisie. » Au nom de la souveraineté, le président ukrainien ne se laisserait donc pas dicter sa conduite. Sauf que les Occidentaux ont fait monter les enchères et, selon une méthode désormais bien rodée, gelé le versement d’une nouvelle tranche d’aide financière attendue par Kiev. Depuis,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Pionnier du genre, le service de télévision et radio de rattrapage de la « Beeb » rivalise pour l’instant avec les plates-formes américaines comme Netflix. Mais jusqu’à quand ?
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iPlayer, l’arme de la BBC face aux géants américains du Net

Pionnier du genre, le service de télévision et radio de rattrapage de la « Beeb » rivalise pour l’instant avec les plates-formes américaines comme Netflix. Mais jusqu’à quand ?



Le Monde
 |    21.03.2018 à 10h38
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Mise à mal depuis longtemps par ITV et Sky News, la toute-puissance de BBC Television en matière de programmes se heurte désormais aux GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). Face aux géants californiens, l’audiovisuel public britannique est engagé dans « le combat de David contre Goliath » pour sa survie, s’est alarmé le PDG de la « Beeb », Tony Hall, mercredi 7 mars, lors d’un discours devant le personnel.
Faisant référence aux tentatives de Disney et du câblo-opérateur Comcast pour s’emparer de Sky, M. Hall a prédit un avenir dominé par quatre ou cinq mastodontes américains « exploitant la moindre parcelle de données personnelles pour créer de la croissance et du profit ».
Il n’a pas mâché ses mots pour dénoncer leur stratégie, fondée sur « le pillage des talents reconnus » et un usage des médias sociaux qui « déforme l’opinion que nous avons les uns des autres », « aggrave l’impression de malaise et de division sociale » et « sape la confiance dans les médias, y compris la BBC ». 

3,3 milliards de consultations en 2017
Le prestigieux groupe ne continuera à prospérer que s’il se réforme en profondeur, a poursuivi M. Hall, appelant à la mobilisation autour des valeurs du service public. Le fait que la majorité des contenus visionnés sur Netflix ou Amazon continue d’être britannique, même chez les jeunes, constitue un motif de satisfaction. D’où l’appel à une « collaboration entre concurrents » comme ITV et la BBC, lancé le 8 mars par l’Ofcom, le régulateur des communications, « afin de bâtir un nouvel âge d’or de la production qui préserve notre identité britannique ». 
Dans la bataille qui l’oppose aux GAFA, la BBC dispose d’une arme très efficace : son service de télévision et radio de rattrapage. Pionnier du genre, iPlayer, bien conçu, populaire et gratuit, rivalise pour l’instant avec les plates-formes américaines. Avec 3,3 milliards de consultations en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, expose ses différences avec le projet européen de Macron et défend des positions proches de celles de l’Allemagne pour gérer la zone euro.
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Mark Rutte : « Je souhaite que les Britanniques restent dans le marché unique européen »

Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, expose ses différences avec le projet européen de Macron et défend des positions proches de celles de l’Allemagne pour gérer la zone euro.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 07h17
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 12h05
    |

            Jean-Pierre Stroobants (La Haye, Envoyé spécial)








                        



                                


                            

Emmanuel Macron devait effectuer, mercredi 21 mars, un voyage à La Haye aux Pays-Bas, juste avant le Conseil européen des 22 et 23 mars à Bruxelles. Le premier ministre néerlandais, le libéral Mark Rutte, explique sa vision de l’Europe et ses différences d’approche par rapport à la feuille de route du président français.
Vous avez signé une lettre avec sept pays du Nord, concernant l’avenir de la zone euro. Est-ce un « non » définitif aux propositions de M. Macron, comme un budget et un Parlement de la zone euro ou un ministre des finances européen ?
Mon but n’est pas de réagir mais d’avancer mes propositions, de rechercher des solutions et, peut-être, de constater des divergences. Je suis d’accord avec M. Macron pour dire qu’il faut agir tant au niveau des Etats qu’au niveau européen. Cela signifie respecter les critères de Maastricht, réformer, réduire les déficits, tenter de dégager des surplus budgétaires…
Votre message de rigueur s’adresse surtout à la France, non ?
Je crois qu’elle est en train d’agir ! Je n’ai pas à me prononcer sur les choix politiques qu’elle a posés mais je suis impressionné par l’action de son président, et sa réforme du marché du travail notamment. C’est important parce que la France est potentiellement l’une des économies les plus innovantes au niveau mondial.
Et que faire au niveau européen ?
Comme l’affirme le président, il faut renforcer l’union monétaire. Avec la priorité pour un mécanisme européen de stabilité et la création d’un fonds monétaire européen qui gérerait en dernier ressort les problèmes de pays en difficulté. L’union bancaire doit également être achevée avec une réduction des risques et un pas vers la création d’un système européen de garantie des dépôts. Enfin, il faut que le secteur privé puisse être sollicité lorsqu’une difficulté survient au niveau bancaire, afin que toute la charge ne repose pas sur les épaules du...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 20/03/2018
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La BBC, monument à l’indépendance proverbiale

L’audiovisuel public en Europe 2/5 La « Beeb » est souvent montrée en exemple pour son autonomie vis-à-vis du pouvoir politique. Elle n’est pourtant pas exempte de reproches.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 11h02
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

A l’heure où la défiance à l’égard des médias atteint son acmé et où les dysfonctionnements de l’audiovisuel public se multiplient, la British Broadcasting Corporation (BBC) a de quoi faire des jaloux en France. En effet, 81 % des Britanniques estiment qu’elle accomplit « bien » ou « très bien » la mission qui lui échoit depuis sa création, en 1927 : « Informer, éduquer, divertir. »

Dans un Royaume-Uni où la plupart des services publics ont été confiés au privé, « Auntie » (« tantine »), comme elle est surnommée affectueusement, fait figure d’exception, au même titre que le système de santé (NHS). Avec la monarchie et William Shakespeare, elle compte parmi les symboles de l’identité nationale. Plus de 50 % des citoyens font confiance à ses deux mille journalistes « pour dire la vérité », contre 33 % aux députés et 6 % aux reporteurs des tabloïds. Temple du rigorisme éditorial et de l’information équilibrée, la « Beeb », qui produit des documentaires prestigieux, des séries culte et des shows ultrapopulaires, est aussi l’un des vecteurs de l’influence britannique dans le monde.
De prime abord, ce monument national pourrait donc représenter une référence, ­sinon un exemple, pour une réforme de l’audiovisuel public français. Mais s’inspirer des seules structures de la BBC — une « charte royale » qui définit ses obligations pour onze ans et lui garantit des revenus ainsi qu’un conseil d’administration (neuf membres sont nommés par la BBC et cinq autres, dont le président, par le gouvernement) — ne saurait suffire. Proverbiale, son indépendance est davantage le fruit de sa longue histoire et de l’absence de publicité que de la manière de nommer ses dirigeants.
Accusations de Thatcher et de Blair
« L’après-guerre a été un moment d’extra­ordinaire épanouissement du journalisme au sein de la BBC, explique Roy Greenslade, chroniqueur média du Guardian et pro­fesseur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’enquête ouverte contre l’ONG, son fondateur, le chef de mission et le capitaine du navire fait suite à une opération de secours survenue il y a quelques jours
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/03/2018
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Le navire de l’ONG Proactiva, « Open-Arms », placé sous séquestre

L’enquête ouverte contre l’ONG, son fondateur, le chef de mission et le capitaine du navire fait suite à une opération de secours survenue il y a quelques jours



Le Monde
 |    21.03.2018 à 06h21
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 10h12
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



   


Les policiers ont investi l’Open-Arms, affrété par l’ONG espagnole Proactiva, au petit jour, dimanche matin 18 mars, dans le port sicilien de Pozzallo. A bord, ils ont saisi plusieurs documents, puis placé le navire sous séquestre, en même temps qu’étaient annoncées des poursuites pour « association de malfaiteurs en vue de favoriser l’immigration clandestine » contre le coordinateur de l’ONG et le capitaine du bateau.
La raison de cette offensive éclair ? La veille, au terme de deux jours de guerre des nerfs, l’Open-Arms avait obtenu le droit de débarquer 218 personnes qu’il avait refusé de remettre aux gardes-côtes libyens. Selon les magistrats italiens, cette attitude est contraire au code de bonne conduite édicté par le ministre de l’intérieur Marco Minniti, à l’été 2017, et que l’ONG espagnole avait signé.
« Aujourd’hui, il semble que la solidarité soit devenue un délit », a dénoncé le fondateur de Proactiva, Oscar Camps, lors d’une conférence de presse, lundi à Barcelone, assurant que le véritable objectif des autorités italiennes est « qu’il ne reste plus aucune ONG de secours en mer ». De fait, depuis la mise sous séquestre de l’Open-Arms, seul l’Aquarius croise encore dans les eaux du canal de Sicile.
Tout a commencé le 15 mars par plusieurs appels de détresse immédiatement répercutés par le centre de coordination des recherches (MRCC) de Rome. Quelques heures plus tard, selon une procédure devenue courante ces dernières semaines, le MRCC annonce que les opérations seront prises en charge par les garde-côtes libyens. Puis il relaie un nouvel appel au secours…
La rencontre entre le navire espagnol et les garde-côtes a lieu à 73 milles nautiques des côtes africaines. Quand les Libyens arrivent, l’Open-Arms est en plein sauvetage.

   


Les militaires libyens exigent que les migrants leur soient remis, mais les humanitaires refusent d’obtempérer, malgré les menaces. Après plusieurs heures de tension, le navire espagnol se dirige vers Malte, où sont hospitalisés une mère et un bébé en situation critique. L’Open-Arms devra encore attendre plus de vingt-quatre heures avant d’être autorisé à débarquer dans un port italien.
Totale contradiction
La Commission européenne, qui a affirmé « suivre de près cet incident depuis vendredi » s’est « félicitée » que les migrants aient pu être débarqués, non sans appeler « toutes les parties à respecter le droit international mais également le code de conduite italien ». Faisant mine d’ignorer que, dans le cas présent, les deux sont en totale contradiction.
En effet, si les autorités italiennes ont proclamé, dès l’été 2017, la naissance d’une zone de « secours » où les autorités libyennes seraient compétentes, aucune instance internationale ne l’a pour l’heure reconnue. Dans les eaux internationales, la compétence libyenne est donc nulle. De plus, la Libye pourra difficilement être qualifiée de « pays sûr » pour les migrants, alors que plusieurs rapports internationaux témoignent de l’horreur du trafic d’êtres humains et des exactions qui s’y déroulent.
Deux journalistes catalans présents à bord de l’Open-Arms lors de l’accrochage ont filmé la scène. Sur leurs images montrant des enfants terrorisés, on entend un homme lançant plusieurs fois, par un mégaphone : « Donnez-nous les migrants ou on vous tue ! » L’une des journalistes, Cristina Mas, a confié : « D’après ce que j’ai vu à bord, les migrants auraient préféré mourir que monter à bord du navire libyen. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Des proches du premier ministre hongrois s’enrichissent sur le dos de l’Union européenne qu’il ne cesse de dénoncer.
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En Hongrie, l’entourage d’Orban s’enrichit sur fonds européens

Des proches du premier ministre hongrois s’enrichissent sur le dos de l’Union européenne qu’il ne cesse de dénoncer.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 15h21
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Les lampadaires de Szekszard sont devenus une affaire d’Etat. Pas seulement « parce qu’ils diffusent mal la lumière et qu’on n’y voit pas bien », comme le note le député d’opposition Akos Hadhazy, dans les rues sombres de cette petite ville du centre de la Hongrie. Mais parce que, depuis quelques mois, ils jettent une lumière crue sur les affaires sulfureuses de l’entourage de Viktor Orban, le premier ministre hongrois ultraconservateur actuellement en pleine campagne pour obtenir sa réélection le 8 avril. Si l’homme fort de Budapest dénonce sur tous les tons « Bruxelles » et sa politique d’immigration, il est nettement plus discret sur les scandales qui se multiplient autour de l’usage douteux des fonds régionaux européens par ses proches.
Parmi ces affaires, celle des lampadaires de Szekszard, et de 34 autres communes, semble la plus gênante. Tout a commencé en 2012, quand Akos Hadhazy, vétérinaire dans le civil, occupait encore la fonction de simple conseiller municipal, alors membre du Fidesz, le parti de M. Orban. En plein milieu de l’été, il est subitement convoqué pour un conseil extraordinaire destiné à renouveler les lampadaires de toute la commune. « Le maire nous a annoncé qu’il fallait tout décider dans les deux jours, sans en avoir jamais parlé auparavant, alors qu’il y en avait tout de même pour 3 millions d’euros. J’ai trouvé ça bizarre », assure l’élu qui avait pris l’habitude d’enregistrer toutes les réunions du groupe Fidesz. Pour calmer les réticences, l’édile passe alors un coup de fil en pleine réunion à la directrice de ce qui est encore une discrète société d’éclairage, Elios Innovativ. « Après cette discussion, il nous a dit que ça ne coûterait rien à la ville, grâce aux fonds européens. »
Dans la foulée, les élus votent en faveur du lancement d’un appel d’offres, qui sera remporté quelques mois plus tard par… Elios. Mais le vétérinaire de Szekszard n’est pas au bout de ses surprises. Il découvre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Pékin exerce de multiples pressions sur les membres de cette communauté vivant à l’étranger, qu’ils aient déjà adopté la nationalité du pays hôte ou qu’ils soient toujours ressortissants chinois.
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Comment la Chine traque les Ouïgours d’Europe

Pékin exerce de multiples pressions sur les membres de cette communauté vivant à l’étranger, qu’ils aient déjà adopté la nationalité du pays hôte ou qu’ils soient toujours ressortissants chinois.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 15h02
    |

            Harold Thibault et 
Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

A Paris, Berlin ou Istanbul, les Ouïgours de l’étranger, qu’ils aient déjà adopté la nationalité du pays hôte ou qu’ils soient toujours ressortissants chinois, sont la cible d’une campagne d’intimidation d’une ampleur inédite. Six d’entre eux, vus ou joints par Le Monde, ont témoigné de pressions d’agents chinois pour les pousser à espionner d’autres membres de la communauté en exil, cesser de manifester, fournir des documents personnels et, pour certains, rentrer en Chine. Avec une redoutable arme : des menaces systématiques de détention de leurs familles au Xinjiang.
Un Ouïgour de nationalité française et vivant près de Paris a ainsi reçu récemment un appel vidéo de sa mère, au pays. L’air angoissé, levant le regard comme pour chercher l’approbation d’un tiers en contrechamp avant de parler, elle a imploré son fils de lui « laisser un peu d’air pour respirer » en ne se rendant plus à des manifestations, en France, de la communauté ouïgoure en exil. « Mon chéri, arrête, écoute la police chinoise », disait-elle. Craignant qu’elle ne soit arrêtée, il a renoncé à ces rassemblements qui appellent au respect des droits de l’homme.
Mais les agents chinois, eux, n’ont pas cessé leurs pressions. Un homme, en particulier, qu’il n’a pourtant jamais rencontré, mais qui, chaque jour, lui envoie des messages par une application de messagerie depuis la Chine : il demande ce qu’il a fait de sa journée en France, s’il se rend bien à son travail dont il connaît tous les détails, s’il a des informations sur les activités d’autres membres de la communauté. Une fois, à l’approche d’une manifestation, il l’a prévenu : « On va chercher ta mère dans la semaine. »
« Lancer le filet très loin »
Les 10,5 millions de Ouïgours, turcophones et musulmans, sont soumis depuis 2016 à des mesures de surveillance physique et électronique d’une portée sans précédent dans la région autonome du Xinjiang, aux confins de l’Asie centrale....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Malgré les démentis des autorités de Moscou, l’existence de l’agent innervant est corroborée par des scientifiques qui ont travaillé à sa conception.
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En Russie, des témoignages accablants sur le programme « Novitchok »

Malgré les démentis des autorités de Moscou, l’existence de l’agent innervant est corroborée par des scientifiques qui ont travaillé à sa conception.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 10h14
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


De quoi Novitchok est-il le nom ? De rien, assurent les autorités russes, qui démentent avec constance l’existence même d’un agent innervant Novitchok (« petit nouveau » en russe), suspecté d’être à l’origine de l’empoisonnement de Sergueï Skripal, l’espion retrouvé inanimé le 4 mars avec sa fille Ioulia à Salisbury, en Angleterre. « Je peux dire avec certitude qu’aucun programme de développement d’agents chimiques Novitchok n’a jamais existé, ni en URSS ni en Russie », proclamait le 15 mars Sergueï Riabkov, le vice-ministre des affaires étrangères. « Jamais ni du temps de l’URSS ni du temps de la Russie », répétait deux jours plus tard sa porte-parole, Maria Zakharova.

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Un scientifique a apporté, mardi 20 mars, un élément de réponse. « Novitchok n’est pas une substance chimique, c’est tout un système d’armes chimiques, affirme Leonid Rink, cité par l’agence Ria Novosti. Le système adopté en URSS s’appelait Novitchok-5, ajoute-t-il. Sans ce chiffre, ce nom n’était pas utilisé. » Moscou a-t-il joué sur cette subtilité ? Il ne fait pourtant guère de doute qu’un tel programme a bien existé dans l’ex-URSS.
Chargé de recherche et chef de laboratoire, Leonid Rink a travaillé vingt-sept ans à Chikhany, dans la région méridionale de Saratov, dans une filiale de l’Institut national de recherche scientifique de chimie organique qui développait, à l’époque soviétique, des armes chimiques. Et il déclare : « Un très grand groupe de spécialistes travaillait sur Novitchok à Chikhany et Moscou. Des techniciens, des toxicologues, des chimistes… Il était nécessaire de synthétiser un échantillon et de suivre ensuite dix mille règles pour que le système soit efficace et durable via tous les moyens d’utilisation. Et finalement, nous avons obtenu de très bons résultats. »

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Les confidences de Leonid Rink à l’agence s’achèvent ainsi : « Pour l’instant, tout le monde est vivant [au Royaume-Uni, Sergueï Skipal et sa fille sont toujours hospitalités dans un état critique], donc soit ce n’est pas du Novitchok, soit il a été mal fait. »
Quelques instants plus tard, peut-être effrayée par l’écho qu’a suscité cet entretien recueilli par ses soins, l’agence Ria a modifié son contenu en précisant que le scientifique faisait « partie d’un groupe de créateurs d’un système nommé par l’Occident “Novitchok” ». Dans la foulée, l’agence a publié sur son site Internet un autre article, basé sur des sources anonymes, intitulé : « En Russie, et en URSS, il n’y avait pas de programme Novitchok ».
Issue fatale
Vil Mirzaïanov travaillait lui aussi à Chikhany. Emigré aux Etats-Unis depuis 1995, ce scientifique chargé du contre-espionnage dans le même laboratoire que Leonid Rink avait révélé au monde entier l’existence du Novitchok dès les années 1990, avant de livrer sa formule dans un livre paru en 2008. L’agent Novitchok, insiste-t-il dans un entretien réalisé le 15 mars par le journal Novaïa Gazeta, a « été adopté dès la fin des années 1980 par l’armée ». « Le KGB s’y intéressait aussi, ajoute-t-il. Ils venaient chez nous, on coopérait, mais eux ne nous invitaient jamais dans leur laboratoire. »
Selon ce spécialiste, il suffit d’une dose de 0,01 mg/kg pour que cet agent innervant devienne mortel. En dessous de ce niveau, l’issue fatale ne fait pas non plus de doute, même après quelques années, en raison des « changements irréversibles et des complications ». Il décrit ainsi le cas d’un ami, Andreï Jelezniakov, mort cinq ans après avoir été victime d’une fuite lors d’un essai, en 1987.
« Le Novitchok affecte le système nerveux de manière irréversible », assure le scientifique, qui évoque des expériences sur des animaux, à l’air libre, sur un terrain d’entraînement dans la région de Noukous, en Ouzbékistan. A l’époque soviétique, « nous n’existions pas, nous étions en dehors du cadre légal », rappelle-t-il. Vil Mirzaïanov précise aussi que pour recréer les composantes du Novitchok, cela nécessite « des laboratoires puissants et du personnel expérimenté qui n’existent que dans quelques pays ». L’apparition de la substance au Royaume-Uni a été pour lui un « choc ». « Je pensais naïvement, avoue-t-il, qu’après avoir publié la formule, j’avais mis un terme à son application. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ La prolongation de l’état d’urgence a conduit à de « graves » violations des droits de « centaines de milliers de personnes », dont certaines ont été torturées, accuse l’organisation.
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Les Nations unies dénoncent de graves violations des droits de l’homme en Turquie

La prolongation de l’état d’urgence a conduit à de « graves » violations des droits de « centaines de milliers de personnes », dont certaines ont été torturées, accuse l’organisation.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 11h56
   





                        


La prolongation de l’état d’urgence en Turquie, instauré après le putsch manqué de juillet 2016, a conduit à de « graves » violations des droits de « centaines de milliers de personnes », dont certaines ont été torturées, accuse, mardi 20 mars, le Haut-Commissariat de l’Organisation des Nations unies (ONU) aux droits de l’homme, qui publie un rapport sur la situation dans ce pays en 2017.

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Parmi ces violations figurent la torture et d’autres mauvais traitements, les détentions arbitraires, la privation arbitraire du droit au travail et de la liberté de mouvement, ou encore les atteintes à la liberté d’association et d’expression, selon le rapport.
L’état d’urgence a été instauré en Turquie quelques jours après une tentative de coup d’Etat, le 15 juillet 2016, imputée par les autorités au prédicateur Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis et qui nie toute implication.

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« Restreindre sévèrement les droits humains »
« Les chiffres sont stupéfiants : près de 160 000 personnes arrêtées pendant dix-huit mois d’état d’urgence ; 152 000 fonctionnaires renvoyés, dont beaucoup de manière totalement arbitraire ; des enseignants, des juges et des avocats renvoyés ou poursuivis ; des journalistes arrêtés, des médias fermés et des sites Web bloqués », a révélé le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, cité dans un communiqué. Et d’ajouter :
« Il est clair que les états d’urgence successifs déclarés en Turquie ont été utilisés pour restreindre sévèrement et arbitrairement les droits humains d’un très grand nombre de personnes. »
Le Haut-Commissariat reconnaît « les défis complexes auxquels la Turquie a dû faire face pour répondre à la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016 et à un certain nombre d’attentats terroristes ».

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Mais le rapport note également que « le simple nombre » et « la fréquence » des décrets d’urgence, ainsi que « l’absence de lien » entre ces décrets et la « menace nationale semblent montrer (…) une utilisation des pouvoirs d’urgence pour étouffer toute forme de critique ou de dissidence à l’égard du gouvernement ».

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                « Nous demandons à Erdogan un retour rapide à l’Etat de droit et à une totale liberté de parole et d’expression »



La Turquie a dénoncé un rapport qui « contient des informations déformées, biaisées et fausses », un texte « inacceptable pour la Turquie », a déclaré le ministère des affaires étrangères turc dans un communiqué.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Les brexiters regrettent que le gouvernement de Theresa May ait fait de nombreuses concessions à Michel Barnier, le négociateur bruxellois.
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Brexit : l’accord sur la transition soulage les entreprises, mais frustre les partisans du divorce

Les brexiters regrettent que le gouvernement de Theresa May ait fait de nombreuses concessions à Michel Barnier, le négociateur bruxellois.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 11h09
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 14h36
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Les milieux financiers avaient prévenu : si le flou persistait à la fin mars à propos des futures relations entre le Royaume-Uni et l’UE après le Brexit programmé dans un an, ils accéléreraient leurs projets de délocalisation vers le continent. L’annonce, lundi 19 mars à Bruxelles, d’un accord couvrant les vingt et un mois de « transition » entre le Brexit effectif, le 30 mars 2019, et la fin de l’année 2020, a été saluée par les marchés et par un rebond de la livre sterling, qui a atteint son plus haut niveau depuis trois semaines. « L’accord sur la transition est une étape décisive qui donne à des centaines d’entreprises la confiance nécessaire pour geler leurs plans d’urgence et continuer d’investir au Royaume-Uni », a estimé lundi soir la Confederation of British Industry (CBI), la principale association patronale britannique.

Mais en cédant du terrain sur la souveraineté britannique en échange du maintien de l’accès libre au marché unique européen à la veille d’un sommet de l’UE, Theresa May a déclenché des réactions hostiles au sein de sa propre famille politique. Pendant près de deux ans supplémentaires, « rien ne va changer et je pense que c’est un problème que le gouvernement va devoir affronter, car beaucoup de députés sont très mal à l’aise à ce sujet », a grincé Iain Duncan Smith, ancien ministre conservateur europhobe. De son côté, Jacob Rees-Mogg, figure de la droite des tories, a estimé que le gouvernement s’était « écrasé sans résistance », tout en concédant que l’accord était « tolérable » s’il aboutit au final à un « Brexit total ».
Quant à Nigel Farage, ex-leader du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP, extrême droite), il a appelé une fois de plus à la démission de « Theresa [May] la conciliatrice ». En écho, à gauche, le député travailliste proeuropéen Chuka Umunna a reproché à la première ministre d’avoir « capitulé ».
Concession...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Pour sauver l’accord nucléaire, contesté par Trump, Paris, Londres et Berlin durcissent le ton.
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Les Européens sont divisés sur l’opportunité de nouvelles sanctions contre l’Iran

Pour sauver l’accord nucléaire, contesté par Trump, Paris, Londres et Berlin durcissent le ton.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 10h51
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Bureau européen)








                        



   


Les Européens « chantent à plusieurs voix, mais la même chanson ». La formule de la haute représentante Federica Mogherini résume, de manière un peu optimiste, ce qui s’est, une fois encore, déroulé lundi 19 mars, à Bruxelles, lors d’une réunion des ministres des affaires étrangères. Confrontée au risque de voir Donald Trump remettre en cause l’accord international conclu à Vienne, en 2015, sur le programme nucléaire de l’Iran, l’UE entend tout faire pour sauver ce texte mais se divise sur la stratégie pour – peut-être – y parvenir.
D’un côté, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne évoquent des sanctions à prendre contre Téhéran, pour son soutien au régime syrien et aux rebelles houthistes du Yémen, qui sont en guerre contre une coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite. Paris, Londres et Berlin, qui tentent visiblement de convaincre Washington de leur fermeté, disent aussi partager les inquiétudes américaines quant au programme iranien de missiles balistiques, contraire, selon eux, à la lettre et à l’esprit de l’accord de Vienne.
« Leur portée est plus longue, plus précise, plus létale que prévu », affirme un diplomate, qui juge en outre « inquiétant » le transfert de cet armement à « des acteurs étatiques et non étatiques » de la région. « Nous ne devons pas exclure la responsabilité de l’Iran dans la prolifération des missiles balistiques et dans son rôle très discutable au Proche et au Moyen-Orient », déclarait, lundi, Jean-Yves Le Drian, qui se disait « déterminé » à s’assurer que l’accord de Vienne était respecté. « Ce doit être discuté pour parvenir à une position commune », soulignait le ministre français.
« Affreuses erreurs »
Celle-ci est loin d’être trouvée. Un régime de sanctions européennes contre l’Iran est toujours en vigueur, mais son renforcement – ce serait le premier depuis 2015 – suppose une unanimité des Vingt-Huit. La signature de l’accord sur le nucléaire – approuvé par la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Chine, la Russie et les Etats-Unis, alors dirigés par Barack Obama – avait entraîné la levée des sanctions économiques. M. Trump a donné aux signataires européens jusqu’au 12 mai pour « réparer les affreuses erreurs » de ce document, faute de quoi il refusera, dit-il, de prolonger l’assouplissement des sanctions américaines contre la République islamique.
Bruxelles prend très au sérieux cette menace qui, affirme Mme Mogherini, comporte un enjeu sécuritaire majeur « pour l’Europe et le monde ». Aux Etats-Unis, Bob Corker, président républicain de la commission sénatoriale des affaires étrangères, a indiqué récemment qu’il ne croyait pas à la prolongation de l’accord. « Je pense que le président en sortira sans doute, à moins que nos homologues européens ne proposent un autre cadre. Et je n’ai pas l’impression que ce soit leur intention », a-t-il déclaré sur la chaîne CBS.
C’est pour tenter d’infléchir des jugements de ce type que Paris, Londres et Berlin ont déposé un document évoquant de nouvelles sanctions, dévoilé par l’agence Reuters, mais dont l’existence n’est pas confirmée par les chancelleries, soucieuses, à ce stade, de ne pas provoquer d’autres divisions dans le camp européen. Certains pays – dont l’Italie – rejettent, en effet, l’hypothèse de nouvelles mesures coercitives. Ils sont soucieux du développement de leurs relations commerciales, d’autant, soulignent-ils que l’Iran n’a pas vraiment bénéficié du programme d’investissements qui lui était promis et que ses exportations de pétrole vers l’Europe n’ont atteint que les trois quarts de leur niveau d’avant les sanctions.
Le projet élaboré par la France et ses partenaires n’a pas été évoqué par Mme Mogherini. Il n’y a « pas de position officielle de l’Union sur de nouvelles sanctions », a-t-elle insisté. Elle est très attachée à l’accord qu’elle a négocié, et soucieuse de maintenir le contact avec la diplomatie iranienne, qui rejette l’idée d’une négociation de son programme balistique, présenté comme purement défensif.

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                A Téhéran, Jean-Yves Le Drian se heurte à l’intransigeance iranienne



Téhéran se montre désormais aussi très critique à l’égard de M. Le Drian, qui s’est rendu en Iran au début du mois. « Nous espérions qu’après sa récente visite et ses négociations, [M. Le Drian] comprendrait les réalités de la politique de défense iranienne », a déclaré Bahram Qasemi, porte-parole du ministère des affaires étrangères.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Paris, Bruxelles et Berlin ont souligné leurs divergences avec le président russe.
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En Occident, réactions officielles glaciales à la réélection de Vladimir Poutine

Paris, Bruxelles et Berlin ont souligné leurs divergences avec le président russe.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 10h14
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Il n’est pas question pour les grandes capitales européennes de féliciter, comme si de rien n’était, Vladimir Poutine pour sa réélection. Son quatrième mandat à la tête de la Russie a été salué par ses alliés, à commencer par le Chinois Xi Jinping, le Vénézuélien Nicola Maduro, le Syrien Bachar Al-Assad, l’Iranien Hassan Rohani, et le Hongrois Viktor Orban. Les réactions occidentales sont en revanche pour le moins réservées, voire glaciales, à l’aune des tensions croissantes encore attisées par la tentative d’empoisonnement par du Novitchok, un redoutable produit neurotoxique, de l’agent double Sergueï Skripal, 66 ans, et de sa fille Ioulia, 33 ans, à Salisbury dans le sud de l’Angleterre. Ni Londres ni Washington n’avaient envoyé de message quarante-huit heures après le scrutin.
Emmanuel Macron est l’un des rares dirigeants occidentaux à avoir appelé le président russe. Mais leur conversation, le 19 mars, a été pour le moins franche, comme en témoigne le communiqué de l’Elysée. « Au lendemain de l’élection présidentielle et au moment où Vladimir Poutine s’apprête à exercer une nouvelle fois les plus hautes fonctions exécutives, le président de la République a adressé à la Russie et au peuple russe, au nom de la France, ses vœux de succès pour la modernisation politique, démocratique, économique et sociale du pays », affirme le texte. Les mots sont soigneusement pesés et pas une seule fois il n’est fait mention de félicitations personnelles pour le vainqueur.
« Nécessité d’un dialogue »
Les principaux points de contentieux avec Moscou sont en outre listés l’un après l’autre, tout en rappelant la « nécessité d’un dialogue constructif ». Emmanuel Macron souligne son inquiétude pour la situation en Syrie, à Afrin comme dans la Ghouta orientale, « appelant la Russie à faire ses meilleurs efforts pour que cessent les combats et les pertes civiles ». Il insiste aussi sur « le ferme attachement de la France au plein rétablissement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Analyse. Pour la journaliste Anne-Françoise Hivert, il est aujourd’hui, contrairement à naguère, devenu plus facile d’énumérer les points d’accord entre le parti social-démocrate (SD) et le parti du peuple danois (DF) que les sujets qui fâchent.
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« Flirt politique » inédit au royaume du Danemark

Analyse. Pour la journaliste Anne-Françoise Hivert, il est aujourd’hui, contrairement à naguère, devenu plus facile d’énumérer les points d’accord entre le parti social-démocrate (SD) et le parti du peuple danois (DF) que les sujets qui fâchent.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 10h31
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                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            
Analyse. La missive est partie le 13 février, veille de la Saint-Valentin. Kristian Thulesen Dahl, patron des populistes du Parti du peuple danois (Dansk Folkeparti, DF), y félicite chaudement la leadeuse des sociaux-démocrates, Mette Frederiksen, pour sa nouvelle politique de l’immigration, annoncée début février. « Je suis tout à fait d’accord avec toi sur le fait que l’immigration non occidentale, indépendamment de sa nature et de ses causes, représente le plus grand et le plus sérieux des défis pour le Danemark », écrit M. Thulesen Dahl, terminant sa lettre par une invitation à boire un café, « dans mon bureau ou le tien », pour en discuter.
Le rendez-vous a-t-il eu lieu ? Pour le moment, rien n’a filtré. Editorialiste du quotidien Berlingske, Thomas Larsen y voit la preuve d’un « changement historique » dans les relations entre les deux partis : « Il suffit de se rendre au Parlement : non seulement les leadeurs se rencontrent régulièrement, mais aussi les principaux responsables des deux formations et leurs conseillers, sans qu’il y ait la moindre fuite. » Ce « flirt politique », selon la terminologie prisée des médias danois, inédit dans le royaume scandinave, porte déjà ses fruits : il est en effet devenu plus facile d’énumérer les points d’accord entre les deux partis que les sujets qui fâchent.

Oubliées, donc, les haines d’antan, quand le premier ministre social-démocrate Poul Nyrup Rasmussen fustigeait en 1999, depuis la tribune du Parlement, la politique « non danoise, inacceptable et xénophobe » de DF, visant à « créer la peur et la haine ». Le même Poul Nyrup Rasmussen, alors président du Parti socialiste européen, récidivait en 2006, mettant en garde ses collègues tentés par une collaboration avec des partis comme DF, « populistes, extrêmes, xénophobes et intolérants ».
Force d’appoint
En septembre 2014, Helle Thorning-Schmidt,...




                        

                        

