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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Neuvième volet de la collection Archéologie du « Monde » et de « National Geographic », Louxor, dont les fouilles remontent le temps depuis près de trois siècles.
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La malle aux trésors de Louxor

Neuvième volet de la collection Archéologie du « Monde » et de « National Geographic », Louxor, dont les fouilles remontent le temps depuis près de trois siècles.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 17h00
    |

            Florence Evin








                        



                                


                            

Collection « Archéologie ». Le sous-sol de la Haute-Egypte est une malle aux trésors sans fond. A Louxor, l’ancienne Thèbes, les travaux des archéologues se poursuivent ­depuis près de trois siècles avec le même enthousiasme à remonter le temps. ­L’immense complexe religieux de Karnak ­dédié au dieu Amon-Rê a sans cesse été agrandi et enrichi par les pharaons qui ont régné sur l’Egypte, jusqu’aux invasions perse, grecque, romaine et byzantine.
Après dix saisons de fouilles, le temple de Ptah, jouxtant l’imposant sanctuaire d’Amon-Rê, livre les traces de ces millénaires successifs. La fouille du secteur oriental du temple, occupé par un vaste quartier d’habitations, a mis en évidence une occupation des premiers chrétiens à Karnak. Des travaux opérés par le Centre franco-égyptien d’étude des temples de Karnak (CFEETK), codirigé par le CNRS et le ministère des antiquités d’Egypte, avec le soutien du ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE) et du Labex Archimede (université Montpellier-III).
« Le temple de Ptah a été construit par Thoutmosis III (qui régna de 1457 à 1425 av. J.-C.), remplaçant un édifice plus ancien bâti en brique crue, note l’égyptologue Christophe Thiers (CNRS), codirecteur du CFEETK. Les souverains de la 25e dynastie et les Ptolémées ont agrandi l’espace cultuel par l’adjonction de grandes portes d’enceinte. La fouille des abords est en cours et a déjà livré d’importantes données sur l’histoire du site, du Moyen Empire à l’époque romano-byzantine, avec un ensemble jamais fouillé de maisons des IVeet Ve siècles. » La restauration achevée des salles dites funéraires de l’Akh-Menou, temple de Thoutmosis III, permet au public de les visiter.
Ensemble encore inédit
Parmi les révélations, la très riche décoration du complexe des « magasins nord », un ensemble de salles encore inédit qui « développe des thèmes...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Ce site, qui permet le dépôt des versions préliminaires de publications soumises aux revues, séduit de plus en plus les biologistes.
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Biorxiv.org révolutionne la diffusion des travaux de recherche

Ce site, qui permet le dépôt des versions préliminaires de publications soumises aux revues, séduit de plus en plus les biologistes.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 15h50
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
« Nous vivons une minirévolution dans la manière dont nous diffusons nos travaux de recherche », constate Evelyn Houliston, chercheuse CNRS au Laboratoire de biologie du développement de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes).
Il y a quelques mois, cette biologiste a utilisé pour la première fois un site Web dont le succès ­explose : Biorxiv.org. Ce dernier permet de déposer des versions préliminaires d’articles de ­recherche, appelées préprints, qui peuvent être également soumis en même temps aux grandes revues scientifiques pour évaluation et publication. La consultation de ces préprints est gratuite. « Le processus de publication dans les revues prend plusieurs mois. Or nous avions besoin, pour soumettre un second article, d’un premier résultat qui n’était pas encore publié, car encore dans ce processus. En le déposant sur Biorxiv, nous avons pu le mentionner comme préprint dans ­notre second article », explique Evelyn Houliston, ravie de la facilité et de la rapidité du site.

« Vous pouvez ainsi communiquer vos résultats des mois, voire des années avant leur publication. Cela permet aux chercheurs de les utiliser et d’avancer. Vous recevez aussi rapidement des retours, soit par les commentaires, soit par les réseaux sociaux, ce qui permet d’améliorer le texte », développe Yaniv Erlich, professeur à l’université Columbia, l’un des plus gros contributeurs de Biorxiv. Le site attribue en effet un identifiant unique et une adresse Web, faciles à diffuser. Il date aussi précisément les versions permettant d’arbitrer d’éventuels conflits en paternité. Enfin, des commentaires, non anonymes, sont autorisés sous les préprints.
Lancé en 2013, le site a véritablement décollé en 2016. D’une centaine de préprints déposés par mois, il est passé début 2018 à plus de 1 200. « C’est un grand changement, on devrait encore doubler fin 2018. C’est encore une goutte d’eau car on estime que plus d’un million d’articles en...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Plus un pays est inégalitaire en termes économiques, plus la performance des filles par rapport aux garçons se détériore, expliquent dans une tribune au « Monde » les trois économistes auteurs d’une analyse publiée dans « Science ».
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« L’écart de performance entre filles et garçons en sciences est une forme d’inégalité sociale »

Plus un pays est inégalitaire en termes économiques, plus la performance des filles par rapport aux garçons se détériore, expliquent dans une tribune au « Monde » les trois économistes auteurs d’une analyse publiée dans « Science ».



Le Monde
 |    20.03.2018 à 11h57
    |

Thomas Breda (CNRS-Ecole d’économie de Paris), Elyès Jouini (Université Paris-Dauphine) et Clotilde Napp (CNRS, université Paris-Dauphine)







                        



                                


                            

Tribune. Aux évaluations nationales de CE2 et de 6e, au brevet ou au baccalauréat, les filles obtiennent de meilleurs résultats que les garçons. Elles sont plus nombreuses à se voir attribuer des mentions au baccalauréat et ont des parcours scolaires plus aisés et plus fluides : elles redoublent moins, sont moins susceptibles de décrocher du système scolaire, sont plus nombreuses à faire des études supérieures, font des études plus longues.
Mais ces résultats, manifestement à leur avantage, n’empêchent pas leur sous-représentation dans les filières scientifiques. Or ce sont ces filières qui mènent assez largement aux professions les mieux rémunérées et aux postes les plus haut placés. Les filles sont moins représentées en classes préparatoires scientifiques et en écoles d’ingénieur. Les doctorants en sciences sont, à une écrasante majorité, des hommes. Plus on monte dans l’échelle du prestige et de l’expertise, moins les femmes sont représentées dans les domaines scientifiques.
Situation différente selon les pays
A l’échelle de l’OCDE, les enquêtes PISA [Programme international pour le suivi des acquis] révèlent que si l’écart de performance moyenne en mathématiques à l’âge de 15 ans entre les sexes est bien en train de se réduire, il n’en est rien lorsque l’on s’intéresse aux élèves qui réussissent le mieux : il y a, en moyenne, 40 % de filles parmi les 10 % des meilleurs élèves – soit ceux qui sont susceptibles de poursuivre des études et des carrières de haut niveau.
Cette proportion de 40 % de filles se retrouve également dans les 10 % des meilleurs en sciences. Elle est en revanche inversée – 40 % de garçons – en ce qui concerne les évaluations littéraires. Les garçons auraient-ils un « esprit » plus scientifique et les filles un « esprit » plus littéraire ?
L’article que nous avons publié vendredi 16 mars dans Science éclaire ce débat d’un jour nouveau. En analysant les...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Une étude bavaroise de grande ampleur montre que les demandeurs d’asile n’exposent pas la population locale aux maladies graves comme le sida ou l’hépatite B.
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L’accueil des migrants  ne présente aucun risque sanitaire

Une étude bavaroise de grande ampleur montre que les demandeurs d’asile n’exposent pas la population locale aux maladies graves comme le sida ou l’hépatite B.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 11h00
    |

                            Sylvie Burnouf








                        



                                


                            
Face à la détresse d’hommes et de femmes fuyant un pays en guerre, l’Allemagne a ouvert les bras. En 2015, le pays aaccueilli plus de 1 million de ­demandeurs d’asile – Syriens, Afghans et Irakiens pour les deux tiers. Un suivi sanitaire des réfugiés a été effectué dans le ­cadre de la loi sur la procédure d’asile : par le diagnostic précoce d’éventuels cas d’infection grave, les autorités sanitaires allemandes voulaient être sûres de pouvoir ­juguler toute épidémie naissante.
Afin de déterminer si les populations migrantes représentaient un risque sanitaire accru pour les résidents locaux, des chercheurs du LGL, l’office bavarois pour la santé et la sécurité alimentaire, se sont intéressés à la prévalence des ­maladies infectieuses graves chez les migrants. Pour mener à bien leur étude, publiée le 8 mars dans la ­revue Eurosurveillance, ils ont travaillé à partir de données engrangées en Bavière : ce Land, qui a ­accueilli le plus grand nombre de demandeurs d’asile en 2015, après la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, constitue en effet une ressource importante en ce qui concerne les données épidémiologiques.
Evaluer l’état de santé
Concrètement, dans les trois jours suivant leur arrivée sur le sol bavarois, les réfugiés passaient entre les mains d’un médecin qui avait pour mission d’évaluer leur état de santé général et de déterminer s’ils présentaient des symptômes de maladie infectieuse. En parallèle, ils étaient soumis à plusieurs examens médicaux : un dosage sanguin pour le dépistage du virus du sida (VIH) et celui de l’hépatite B, une radiographie des poumons et un test biologique pour celui de la tuberculose, et une analyse des ­selles pour les infections bactériennes (salmonelles et shigelles).
Premier constat : sur les 95 117 réfugiés testés pour le VIH cette année-là, seuls 318 étaient séropositifs, soit 0,3 %. Ce taux se révèle être assez proche de celui de la population générale allemande : en 2015, le nombre de cas était estimé à 85 000,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Pour identifier le point d’émission d’un son, l’humain ne peut se passer des mouvements de sa tête.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                   
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Bouger son corps, la clé pour entendre les distances

Pour identifier le point d’émission d’un son, l’humain ne peut se passer des mouvements de sa tête.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 06h34
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Vous avez sans doute déjà fait l’expérience : fermez un œil et tentez d’allumer une cigarette. Si tout se passe bien, vous échouerez lamentablement ; dans le pire des cas, vous vous brûlerez le nez. La raison en est assez simple : pour bien apprécier les distances, nous avons besoin de nos deux yeux. En pointant un même objet, ils permettent à notre cerveau d’évaluer la distance.
Rien de similaire avec les oreilles. Si les chats, les chevaux, les cerfs… et les ratons laveurs peuvent bouger leurs organes auditifs, nous autres ­humains en sommes incapables. Pas question, donc, de viser une source sonore.
Comment, dès lors, déterminer la distance d’émission d’un son ? Une équipe allemande vient de répondre à la question dans les Proceedings de l’Académie des sciences américaine (PNAS). Au terme d’une étude minutieuse, elle a montré qu’il nous suffit de bouger notre corps et plus particulièrement notre tête pour y parvenir.
Ainsi énoncée, l’affirmation peut sembler sinon évidente, du moins assez intuitive. Puisque les oreilles ne peuvent pas se déplacer seules, aidons-les. La replacer dans son contexte en donne pourtant une tout autre portée. Depuis les premiers travaux de John William Strutt (1842-1919), alias Lord Rayleigh, les spécialistes de l’audition ont tenté de mettre en évidence les indices binauraux, autrement dit ces informations que nous pouvons percevoir indépendamment de la ­nature du son. Par exemple, nous pouvons dire qu’un son vient de notre gauche parce qu’il parvient à notre oreille gauche avant d’atteindre ­notre oreille droite, et avec un volume plus fort.
« Nous avons de bons indices binauraux pour la latéralité, mais beaucoup moins pour la distance », explique ainsi Victor Bénichoux, chercheur en neuroscience de l’audition à l’Institut Pasteur.
A l’entendre, nous serions donc incapables de percevoir les distances sonores. Etrange… Ne distinguons-nous pas au contraire, sans mal,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Cette précieuse substance offre à la reine des abeilles sa couronne : non seulement elle l’alimente, mais elle lui permet de défier les lois de la gravité.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤                     
                                                   
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Les super-pouvoirs de la gelée royale

Cette précieuse substance offre à la reine des abeilles sa couronne : non seulement elle l’alimente, mais elle lui permet de défier les lois de la gravité.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 19h00
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Zoologie. Depuis 2009, les jardins de Buckingham Palace abritent quatre magnifiques ruches. Chaque année, la ­famille royale profite ainsi des quelque 160 pots produits par ses ouvrières. Quant à Elizabeth II, sans doute doit-elle méditer sur son sort de souveraine, lorgnant avec un peu d’envie ses royales voisines. Chez les abeilles, en effet, les ouvrières d’été vivent en moyenne cinq à six semaines. Partie d’une larve en tout point identique, dotée notamment d’un même génome, la reine, elle, peut vivre jusqu’à cinq ans. Respect, Your Highness !
Son secret tient dans une potion magique. Ou plutôt dans une drôle de substance protéinée dont une équipe allemande vient d’analyser la composition et la structure. Publiés dans Current Biology, ces résultats détaillent l’étonnante sophistication du processus qui voit une colonie appeler une abeille à régner.

Les grands principes sont assez largement connus. Dans une ruche, trois types d’abeilles cohabitent. Des femelles ouvrières, chargées de l’ensemble des travaux de la colonie, du butinage et de l’apport en eau à la confection des alvéoles ou à la défense de la collectivité. Des mâles, également appelés faux-bourdons, chargés, pendant le vol nuptial, de ­remplir la spermathèque de la reine. Cinq à dix d’entre eux se succèdent pour l’opération. De quoi permettre à la souveraine de pondre ensuite durant toute sa vie, au rythme de 1 000 à 2 000 œufs… par jour, avec toutefois une pause royale de fin septembre à février. Et enfin il y a la reine.
Mais d’où vient-elle ? D’un concours de circonstances, d’abord : la précédente reine a succombé ou bien la colonie prend trop d’importance. Les ouvrières construisent alors des cellules spéciales : non pas les fameuses alvéoles hexagonales d’où naissent des centaines d’ouvrières et coule le miel. Des structures plus longues, arrondies, installées sur le bord de la ruche et surtout tournées vers le bas. Personne ne sait trop comment...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Dans une lettre ouverte au ministre de l’éducation nationale, un collectif d’associations demande que les sciences réintègrent le tronc commun et contribuent au développement de l’esprit.
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« Ne sacrifions pas l’enseignement des sciences »

Dans une lettre ouverte au ministre de l’éducation nationale, un collectif d’associations demande que les sciences réintègrent le tronc commun et contribuent au développement de l’esprit.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 17h35
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 09h12
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Mercredi 14 février, le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a présenté la réforme du baccalauréat et de l’enseignement au lycée. L’ensemble des signataires que nous sommes, soucieux de la réussite des étudiantes et étudiants dans l’enseignement supérieur, de la préservation du potentiel de recherche et d’innovation de la nation et de la dissémination de la culture scientifique aux citoyennes et citoyens pour l’exercice de leur rôle démocratique, sont inquiets de la ­capacité du projet actuel de réforme à répondre à ces attentes.
Tout d’abord, étant donné l’absence d’enseignement spécifique (mathématiques, physique, chimie, SVT)dans le tronc commun proposé,la science ne ferait pas significativement partie de la culture commune des citoyens. La réforme, tout en reconnaissant que la science constitue tout un pan du ­savoir et de l’aventure intellectuelle humaine, ne semble pas lui donner les moyens de contribuer au développement de l’esprit.
Elle n’accorde pas non plus assez d’importance à l’assimilation des ­enjeux et démarches scientifiques par les acteurs et actrices de demain alors même que la société devient toujours plus dépendante des choix technologiques opérés. Les conséquences sur les prises de décision collectives et donc sur les choix démocratiques sont potentiellement très inquiétantes.
Les conséquences de la réforme sur les prises de décision collectives et donc sur les choix démocratiques sont potentiellement très inquiétantes
L’enseignement« d’humanités scientifiques et numériques » – la nouvelle matière prévue par la réforme –, aux contours disciplinaires encore mal ­définis, se doit de poser les bases et les méthodes scientifiques en mathématiques, physique, chimie, sciences de la vie et de la terre (SVT), nécessaires pour une réflexion rationnelle.
En l’état ­actuel des choses, les deux heures par semaine prévues ne représentent en aucun cas un horaire suffisant pour une formation...




                        

                        


<article-nb="2018/03/20/19-8">
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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Utiles pour les dépressions sévères, ces traitements ne semblent pas très opérants dans les autres cas. Et l’évaluation de l’effet placebo est toujours discutée.
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Antidépresseurs : une efficacité limitée

Utiles pour les dépressions sévères, ces traitements ne semblent pas très opérants dans les autres cas. Et l’évaluation de l’effet placebo est toujours discutée.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 07h56
    |

                            Catherine Mary








                        



                                


                            
Dans quelle mesure les ­antidépresseurs sont-ils efficaces, et quelle est la part de l’effet placebo dans la guérison des patients ? Au total, plus d’une quarantaine de ces molécules sont commercialisées à travers le monde.
Apparus dans les années 1950-1960, les antidépresseurs de première génération (tricycliques et inhibiteurs de monoamine oxydase) sont aujourd’hui moins utilisés du fait de leurs effets secondaires. Ils ont été principalement remplacés par des inhibiteurs sélectifs de la ­recapture de la sérotonine (ISRS), développés à partir des ­années 1980-1990, avec comme chef de file la fluoxétine (Prozac).
Leur conception a été motivée par une hypothèse jamais démontrée attribuant la dépression à une baisse de la concentration en sérotonine, considérée comme l’hormone du bonheur dans le cerveau. Mieux tolérés que les premiers ­antidépresseurs, les produits actuels – dont certains agissent aussi sur la noradrénaline – peuvent ­cependant provoquer une baisse de la libido, une prise de poids et de la fatigue ou de la somnolence.
Les experts s’accordent pour ­reconnaître que l’efficacité de ces médicaments est modeste, et leur contribution réelle à l’amélioration de l’état des patients reste discutée. « Dans 50 % à 70 % des cas, un premier traitement antidépresseur ne fonctionne pas et il est alors nécessaire d’en essayer un autre », estiment Adeline Gaillard et David Gourion dans leur ouvrage Antidépresseurs, le vrai du faux (Delachaux et Niestlé, 2015).

Piètre littérature scientifique
Une étude d’ampleur inédite, publiée dans The Lancet le 21 février, contribue à éclairer le débat, mais laisse des zones d’ombre. Elle a intégré les données issues de 522 études cliniques, totalisant près de 116 500 patients avec un trouble dépressif majeur. « Notre méthode nous a permis de comparer l’efficacité respective des antidépresseurs. Notre conclusion est qu’ils sont plus efficaces que le placebo pour les...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Burn-out, violences sociales, anxiété… Mieux comprise pour certains, trop médicalisée pour d’autres, cette affection est difficile à circonscrire.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 19/03/2018
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La dépression, un mal flou à redéfinir

Burn-out, violences sociales, anxiété… Mieux comprise pour certains, trop médicalisée pour d’autres, cette affection est difficile à circonscrire.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 11h02
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                            Catherine Mary








                        



                                


                            

Dépression. C’est le terme utilisé par la médecine contemporaine pour désigner cette plongée dans la souffrance psychique que les thérapeutes antiques nommaient mélancolie. Une maladie complexe qui se manifeste par un état de rupture avec l’état habituel de la personne, se traduisant par des troubles psychiques et physiques dont l’insomnie, l’angoisse, la perte d’appétit ou encore les pensées suicidaires. Dans les formes les plus sévères, elle fait peser un risque vital sur la personne, notamment par suicide ou arrêt d’alimentation.
Elle touche une personne sur cinq au cours de son existence et l’Organisation mondiale de la santé ­(OMS) estime à plus de 300 millions le nombre annuel de ­dépressifs. Mais si ce nombre n’a cessé d’augmenter (+ 18 % entre 2005 et 2015), des voix s’élèvent pour questionner la légitimité de la médecine à détenir seule un droit de regard sur la maladie. En cause, ses « frontières », qui englobent l’ensemble des états dépressifs face auxquels le traitement médical – principalement les antidépresseurs et les psychothérapies – s’impose comme l’unique réponse.
« La dépression est une notion dépassée. De plus en plus, on va vers une ­déconstruction de ce qu’est ce trouble », affirme le ­sociologue Xavier Briffault, du Centre de recherche en médecine, sciences, santé, santé mentale et société du CNRS. « Ce qui ressort depuis une dizaine d’années, c’est que le concept de dépression lié à une cause biologique sous-jacente n’existe plus. Différents éléments de la personne incluant des facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux entrent en compte. Ces ­éléments interagissent entre eux pour créer un cercle ­vicieux qui aboutit à la dépression », poursuit-il.
Psychiatres partagés
Et c’est justement sur cette dimension sociale des troubles dépressifs qu’insistait le sociologue Alain Ehrenberg, en octobre 2016, dans son discours d’inauguration à la tête du Conseil national de la santé mentale....




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Dimanche, une heure environ après le plongeon du Soleil sous l’horizon ouest, les planètes Vénus et Mercure jouent, avec la participation du mince croissant de Lune, une magnifique scène crépusculaire, visible à l’œil nu. Un spectacle rare.
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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Une jeune fille victime pendant 24 mois de bâillements incoercibles. Elle bâillait vingt à trente fois d’affilée, et ce dix à douze fois par jour !
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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Leur enquête publiée par « Le Monde » sur les stratégies de Monsanto pour défendre le glyphosate a abouti à la création d’une commission spéciale au Parlement européen.
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Stéphane Foucart et Stéphane Horel récompensés par le Prix européen du journalisme d’enquête

Leur enquête publiée par « Le Monde » sur les stratégies de Monsanto pour défendre le glyphosate a abouti à la création d’une commission spéciale au Parlement européen.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h15
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 08h10
   





                        



   


Les Prix de la presse européenne ont été décernés mercredi 14 mars à Budapest, distinguant une dizaine de journalistes européens pour leur travail. Dans la catégorie « investigation », Stéphane Foucart et Stéphane Horel, journalistes au Monde, se sont vus distinguer pour leur enquête très fouillée sur les stratégies et les méthodes discutables mises en place par Monsanto pour défendre coûte que coûte son produit phare controversé, le glyphosate.
Publiée en plusieurs volets les 2 et 3 juin, puis les 5 et 6 octobre 2017, cette série d’articles s’est nourrie des « Monsanto Papers » – un ensemble de documents internes de la firme que la justice américaine a commencé à rendre publics début 2017 dans le cadre de procès en cours. La publication de ce travail a contribué à la mise en place d’une commission spéciale du Parlement européen sur les procédures d’homologation des pesticides.

        Lire aussi :
         

                « Monsanto papers » : la guerre du géant des pesticides contre la science



Lors de la cérémonie, le prix d’excellence a été attribué à Michael Obert (Süddeutsche Zeitung Magazin) pour un reportage sur de troubles opérations de sauvetage de migrants, organisées par un chef de guerre libyen en Méditerranée. Le jury a par ailleurs attribué une mention spéciale à Till Krause et Hannes Grassegger pour une enquête sur les conditions de travail chez Facebook, en particulier celles des personnels affectés à l’effacement des contenus.
Le prix de l’innovation journalistique est allé à Bureau Local, un projet de journalisme collaboratif rassemblant plusieurs centaines de professionnels et de bénévoles, et destiné à faire émerger des sujets généralement peu traités par les grands médias. Dans la catégorie « opinion », c’est Dragan Bursac qui a été distingué, pour un article publié par Al-Jazira Balkans racontant l’histoire d’un enfant bosniaque. Le prix spécial du jury a été attribué à la journaliste danoise Ida Nyegaard Espersen (Jyllands Posten).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Seulement une société sur cinq en France aurait mis en place une offre de sport. Mais les initiatives explosent.
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Des entreprises dopées au sport

Seulement une société sur cinq en France aurait mis en place une offre de sport. Mais les initiatives explosent.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 10h47
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Jamais les employés de Björn Borg, la marque de vêtements créée par l’ancien champion de tennis suédois, n’ont à se poser la question de leur ­emploi du temps du vendredi, de 11 heures à midi. C’est sport et c’est obligatoire. Objectifs affichés : convivialité, bien-être, mais aussi performance.
« Si on ne veut pas faire de sport et être intégré à la culture de l’entreprise, on s’en va », a récemment ­affirmé à l’AFP Henrik Bunge, le directeur général de Björn Borg, à l’origine de cette initiative il y a plus de deux ans. Mais, selon lui, personne n’a claqué la porte pour ce motif.
Aux Etats-Unis, c’est plutôt sur la carotte que ­misent certains employeurs. Ainsi du fabricant de matelas Casper qui offre jusqu’à 190 dollars par mois à ses salariés pouvant justifier, données ­connectées à l’appui, d’un certain niveau d’activité physique et de sommeil.
En France, le sport en entreprise n’est ni obligatoire ni rémunéré, mais il a le vent en poupe. Simples ­actions de sensibilisation, remboursement d’une salle de sport, mise à disposition de locaux, indemnité kilo­métrique vélo… Les initiatives sont multiples, et dépendent du niveau d’engagement des compagnies.
Un concept ancien
Le concept n’est pas récent. « Dès 1870, l’industriel Jean-Baptiste Godin avait fait construire un lavoir-piscine au Familistère de Guise pour apprendre aux ouvriers à nager, raconte Julien Pierre, maître de conférences à la faculté des sciences du sport de Strasbourg. Puis il y a eu des compétitions cyclistes entre grands magasins. A partir de 1920, l’industrie automobile s’est très investie dans la création ­d’équipes sportives. C’était un moyen de divertir, mais aussi d’exercer une forme de contrôle sur une main-d’œuvre jugée faillible. »
Aujourd’hui, les dirigeants cherchent à quantifier les bénéfices du sport pour la santé des salariés et celle de leur entreprise. Selon un rapport du cabinet...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Cet ouvrage plein d’esprit embarque le lecteur pour un voyage jusqu’aux confins de la conscience et de l’inconscient.
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Le cerveau à livre ouvert

Cet ouvrage plein d’esprit embarque le lecteur pour un voyage jusqu’aux confins de la conscience et de l’inconscient.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 09h29
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Le livre. Partant du constat que les neurosciences résonnent « avec toutes les facettes de nos existences quotidiennes » mais que les termes qu’elles emploient sont souvent hermétiques pour le profane, ­Lionel Naccache, professeur de neurologie à la Pitié-Salpêtrière et chercheur à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière, a élaboré cet ouvrage. Au point de départ se trouve une série diffusée sur France Inter, à l’été 2017. Bien que seul Lionel Naccache ­s’exprime, l’émission comme ce livre ont pris naissance dans un dialogue, une ­« coconstruction », entre l’expert reconnu et son épouse, Karine Naccache, non spécialiste assumée du domaine.
But avoué : « Faire en sorte que la langue des sciences du cerveau ne sonne plus comme une langue étrangère aux oreilles des ­non-initiés. » Et c’est une réussite, tant cet ouvrage est limpide, didactique et plein ­d’esprit, ce qui est pleinement à propos.
Le neurologue a choisi une architecture progressant « du neurone à la pensée », adoptant les composantes d’une langue (mots, syntaxe qui les assemble et grammaire qui fait litière de certaines idées reçues) et jalonnée de liens entre les « mots du cerveau » et notre imaginaire collectif. Chacun des mots du cerveau choisi faisant l’objet d’un chapitre.
« On ne naît pas glie, on le devient ! »
Le voyage débute par le neurone, la cellule nerveuse de base, dont nous possédons quelque 100 milliards dans notre système nerveux, et la glie, population de cellules qui les entourent. Longtemps considérée avec condescendance, la glie possède la même origine que les neurones et remplit des fonctions essentielles. Ce qui fait dire à Lionel Naccache, à l’instar de Simone de Beauvoir : « On ne naît pas glie, on le devient ! »
Suivent les neurotransmetteurs, la communication entre les neurones qui constituent des réseaux, puis toutes les structures du cerveau, avec une place de choix pour...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Il est temps de repenser le temps, montre le physicien dans un essai défiant nos certitudes.
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Les horloges affolées de Carlo Rovelli

Il est temps de repenser le temps, montre le physicien dans un essai défiant nos certitudes.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 07h45
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                            Céline Henne (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            
L’Ordre du temps (L’Ordine del tempo), de Carlo Rovelli, traduit de l’italien par Sophie Lem, Flammarion, 288 p., 21 €.

Qu’est-ce que le temps ? « Si personne ne me pose la question, je le sais ; si quelqu’un pose la question et que je veuille expliquer, je ne sais plus », écrivait saint Augustin à l’orée du Ve siècle. Quelque 1 600 ans et combien de révolutions scientifiques plus tard, difficile de savoir si la confusion s’est dissipée ou si elle n’en est que plus grande. Dans un essai à la fois exigeant, didactique et poétique, le physicien Carlo Rovelli, auteur du best-seller mondial Sept brèves leçons de physique (Odile Jacob, 2015), nous offre un bel aperçu de ce que la science actuelle répond, quand la question lui est posée.
L’essai se présente comme un voyage initiatique en trois étapes. Il commence par « l’effritement du temps », ou plutôt de nos intuitions les plus familières sur sa nature. Il n’y a pas un seul « maintenant » mais une infinité de présents locaux ; le temps ne s’écoule pas uniformément ; aucun cadre temporel absolu ne permet de mesurer le changement. De là, on débouche sur « l’étrange paysage de la physique relativiste », sans toutefois s’arrêter à Einstein. Ce qui entraîne – dans un chapitre parfois ardu pour le novice – jusqu’à la toute récente « théorie de la gravitation quantique à boucles », dont Rovelli est l’un des pères fondateurs. C’est l’un des principaux modèles prétendant aujourd’hui unifier mécanique quantique et relativité générale, sans qu’un consensus soit encore atteint dans la communauté scientifique.

Rovelli dépeint ensuite le « monde sans temps » imaginé par cette théorie. Attention, tout, dans cette deuxième étape, n’est pas « gelé et immobile » comme dans « l’Univers-bloc » de la cosmologie éternaliste. Selon cette conception, défendue par Bertrand Russell (1872-1970) ou Stephen...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Le cosmologiste britannique a grandement contribué à mieux connaître la physique des trous noirs, des objets longtemps restés au stade de curiosité mathématique.
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Ce que les travaux de Stephen Hawking ont apporté à la physique

Le cosmologiste britannique a grandement contribué à mieux connaître la physique des trous noirs, des objets longtemps restés au stade de curiosité mathématique.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 21h18
    |

            Gary Dagorn








                        



   


Stephen Hawking, mort mercredi 14 mars à l’âge de 76 ans, est l’un des fondateurs de ce que l’on pourrait appeler la physique des trous noirs, presque une discipline en soi. La première contribution majeure de Hawking remonte à la fin des années 1960, date à laquelle lui et son ancien professeur et ami Roger Penrose publient ce que l’on appelle les « théorèmes des singularités », des travaux qui changeront le regard des physiciens sur les trous noirs.
Jusqu’alors, le trou noir, objet bien connu aujourd’hui, ne représentait rien de plus pour les physiciens qu’un objet théorique, émanant d’un concept et encore jamais observé. Le mot même de « trou noir » ne fut inventé qu’en 1969 par John Wheeler.
Le trou noir, du concept théorique à la réalité
Le concept, lui, remonte à 1783, lorsque John Michell, professeur à Cambridge, se posa une simple question : alors qu’il faut une certaine vitesse pour s’affranchir de la gravité (la vitesse de libération, que les fusées doivent atteindre pour quitter la Terre, par exemple), qu’adviendrait-il si un objet était si massif que même la vitesse de la lumière n’y suffirait pas ? Rien ne pourrait s’en échapper, donc pas même la lumière, et l’astre serait invisible, soit « noir ». A l’époque, Michell estime que l’objet doit faire au minimum 500 fois la taille du Soleil pour générer une telle situation.
L’intérêt pour le trou noir va connaître un regain lors de la publication de la théorie de la relativité générale d’Albert Einstein, en 1915, qui prédit que la matière déforme la structure même de l’espace. Une étoile massive pourrait, dans cette perspective, s’effondrer sur elle-même jusqu’à n’être qu’un point de dimension zéro et à la gravité infinie : ce que l’on appellera plus tard une « singularité gravitationnelle ». Mais la réalité d’une telle possibilité est vivement contestée par les grands physiciens de l’époque, y compris par Einstein lui-même, qui estime impossible l’existence de ces singularités : le fait qu’une étoile puisse se ratatiner jusque dans un point prodigieusement minuscule lui paraissait être un non-sens physique.
Hawking et Penrose, qui travaillent ensemble depuis 1965, démontrent que loin d’être un non-sens, les singularités gravitationnelles peuvent exister, et dans des conditions bien moins rares que ce que pensaient les physiciens jusque-là. Le trou noir n’est ni une simple curiosité, ni un concept sans rapport à la réalité, ni même un objet rare : de nombreuses étoiles réunissent les conditions qui feront que celles-ci, à court de carburant nucléaire à la fin de leur vie, s’effondreront sur elles-mêmes jusqu’à devenir si denses que la courbure de l’espace forme un puits dans lequel les rayons lumineux seront enfermés et continueront de circuler pour toujours, en boucle. Aujourd’hui, on estime à quelques masses solaires (plusieurs fois celle de notre Soleil) la masse minimale requise pour qu’une étoile finisse en trou noir.
Ce travail sur les singularités gravitationnelles connaîtra son aboutissement avec la publication en 1973 de La Structure à grande échelle de l’espace-temps, un livre dans lequel Hawking et George Ellis détaillent les mathématiques de leur théorie.
Des trous pas si noirs que cela
L’autre contribution majeure de Stephen Hawking est la découverte du « rayonnement de Hawking », en 1975. Jusqu’à cette date, il était considéré que les trous noirs n’émettaient aucun rayonnement, puisque par définition, ils retenaient la lumière prisonnière de leur puits gravitationnel. Stephen Hawking a montré qu’au contraire, les trous noirs émettent théoriquement un rayonnement de corps noir, c’est-à-dire un rayonnement correspondant à leur température. Plus la masse d’un trou noir sera élevée, plus sa température sera faible, et moins le trou noir émettra de rayonnement.
Mais puisque rien ne peut s’échapper d’un trou noir, comment celui-ci peut ne serait-ce qu’émettre une seule particule ? Ce n’est en fait pas exactement le trou noir qui émet le rayonnement en question, mais le voisinage immédiat de ce dernier. En effet, les théories quantiques prévoient que le vide génère en continu des paires de particules/antiparticules (une antiparticule est simplement une particule de charge électrique opposée). Celles-ci s’annihilent instantanément du fait de leurs charges électriques opposées. Mais lorsqu’elles sont générées à proximité d’un trou noir, le champ gravitationnel de ce dernier sépare les deux particules, l’une des deux y échappant. Du point de vue d’un observateur, la particule aura été émise par le trou noir.

        Lire aussi :
         

                « Si on avait observé les trous noirs s’évaporer, Hawking aurait obtenu un Nobel »



L’émission de particules chargées positivement entraînerait un courant de particules chargées négativement à l’intérieur du trou noir et réduirait ainsi son énergie, et donc in fine sa masse (une équivalence formulée dans la fameuse équation d’Einstein « E = MC² »). Plus le rayonnement de Hawking est fort, plus le trou noir se réduit et perd sa masse. C’est ainsi que l’on parle d’évaporation des trous noirs.
Un trou noir de plusieurs fois la masse du Soleil perd régulièrement une infime partie de sa masse, au fur et à mesure que l’Univers se refroidit. Au rythme actuel de refroidissement de l’Univers, il faudrait tout de même attendre 1 000 milliards de milliards de milliards de milliards de milliards de milliards de milliards d’années pour que celui-ci s’évapore complètement, autant dire que ça n’est pas pour après-demain (en rappelant que l’Univers n’est vieux « que » de 13,8 milliards d’années).
Des questions restées irrésolues
Si les découvertes théoriques majeures de Hawking semblent concerner surtout les trous noirs, ses théories ont ouvert plusieurs questions importantes qui dépassent l’étude de ceux-ci et qui demeurent non résolues.
Le « paradoxe de l’information » avalée par les trous noirs
Le premier de ces problèmes est ce que l’on appelle le « paradoxe de l’information » posé par les trous noirs et qui voit s’opposer les règles de la relativité générale et les postulats de la physique quantique. Pour résumer, la question se pose de savoir ce que devient l’information « avalée » par un trou noir. Les travaux de Hawking prédisaient que l’information tombée dans un trou noir est irrémédiablement détruite. Si votre livre préféré tombe dans un trou noir (pas de chance), la théorie veut que toutes les propriétés internes contenues dans ledit livre soient perdues lors de l’évaporation du trou noir au lieu d’être restituées sous une autre forme. Cela contredit fermement l’un des postulats de la physique quantique appelé « unitarité », et qui énonce qu’il n’y a ni création ni destruction d’information. Un système similaire au principe de conservation de la matière, résumé par le Français Lavoisier par la maxime célèbre « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».
Hawking, qui se pencha comme beaucoup d’autres physiciens sur cette question épineuse depuis plusieurs décennies, annonça finalement avoir résolu le paradoxe en août 2015 lors d’un exposé donné à Stockholm, affirmant que l’information serait stockée dans le plan de l’horizon des événements et qu’elle serait libérée progressivement lors de l’évaporation du trou noir. Mais en l’absence de publication scientifique et de fondations solides, l’idée de Hawking n’a pas convaincu la communauté scientifique, qui considère toujours le paradoxe comme non levé.
Une théorie unifiant les quatre forces physiques est-elle possible ?
Le second des grands problèmes de la physique auquel Stephen Hawking a tenté de répondre est l’unification des théories décrivant les quatre grandes forces physiques qui régissent la matière : les interactions faibles et fortes (responsables respectivement de la radioactivité et de la cohésion des noyaux atomiques), l’électromagnétisme et la gravitation. Ces quatre forces sont actuellement décrites par deux théories distinctes et irréconciliées : la relativité générale et la physique quantique. La première est une théorie de la gravitation qui explique la mécanique de l’Univers à grande échelle, tandis que la dernière est une théorie qui explique le comportement des particules à l’échelle de l’infiniment petit. Chacun des systèmes fournit une compréhension juste des phénomènes observés dans leurs domaines mais sont impuissants à expliquer les observations sur une échelle différente.
L’expérience de pensée du chat de Schrödinger est la plus célèbre tentative de mettre en évidence l’impuissance de la physique quantique à expliquer les phénomènes macroscopiques : un chat est enfermé dans une boîte, dans laquelle se trouve une dose mortelle de poison, qui n’est libérée que si un compteur Geiger détecte la désintégration d’une particule radioactive. Si la probabilité d’une telle désintégration au bout d’une minute est estimée à 50 %, les principes quantiques indiquent que tant que l’observation n’est pas faite, le chat est à la fois mort et vivant : c’est la superposition quantique des états. Le principe fonctionne très bien au niveau atomique, mais il devient invalide au niveau macroscopique.
La question, qui occupa en vain les dernières décennies de la vie d’Albert Einstein, comme celle de plusieurs générations de physiciens, résista également à Stephen Hawking. Dans The Grand Design, un ouvrage publié en 2010 avec le physicien américain Leonard Mlodinow, il doutera publiquement de l’existence d’une telle théorie : « Il se pourrait que les attentes classiques du physicien d’une théorie unifiée de la nature soient intenables, et qu’il n’existe aucune explication unique. »

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          Le physicien Stephen Hawking est mort à 76 ans






                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Quelques heures après l’annonce de la mort de l’astro-physicien, plusieurs de ses ouvrages apparaissent dans les meilleures ventes de livres du site.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤                     
                                                

En quelques heures, plusieurs livres de Hawking se placent dans les meilleures ventes d’Amazon

Quelques heures après l’annonce de la mort de l’astro-physicien, plusieurs de ses ouvrages apparaissent dans les meilleures ventes de livres du site.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 18h05
   





                        


Quelques heures à peine après l’annonce, mercredi 14 mars, de la mort de l’astro-physicien Stephen Hawking, l’une des éditions de son livre le plus connu Une brève histoire du temps : du Big Bang aux trous noirs figurait en tête des meilleures ventes du site de commerce en ligne Amazon. Ses autres ouvrages Y a-t- il un grand architecte dans l’Univers ?, Dernières nouvelles des trous noirs et Georges et les secrets de l’Univers se sont également fait une place parmi les trente livres les plus vendus sur le site.
Publiée en 1988, Une brève histoire du temps : du Big Bang aux trous noirs avait connu un succès sans précédent lors de sa sortie. L’ouvrage avait figuré dans le classement des meilleures ventes du Sunday Times pendant 237 semaines, une prouesse, d’autant plus pour un livre à caractère scientifique. Au total, il a été vendu à plus de 10 millions d’exemplaires et traduit en 35 langues.
Il s’agissait alors du premier texte destiné à des non-spécialistes de Stephen Hawking. L’astro-physicien y retrace de manière claire les théories du cosmos, de celle de Galilée à celles d’Einstein ou de Poincaré en passant par celle de Newton. Salué pour l’accessibilité de son ouvrage, il s’impose grâce à lui comme l’un des plus grands vulgarisateurs scientifiques.
Cet intérêt ravivé pour les livres écrits par le scientifique n’est pas surprenant. A la fin de l’année dernière, au mois d’octobre 2017, le physicien avait publié sa thèse sur le site Internet de l’université de Cambridge, où il était professeur, ce qui avait fait planter le système informatique de l’université.

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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Pierre Barthélémy, journaliste scientifique au « Monde », a répondu aux questions des internautes sur l’astrophysicien, mort mercredi.
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« Si on avait observé les trous noirs s’évaporer, Hawking aurait obtenu un Nobel »

Pierre Barthélémy, journaliste scientifique au « Monde », a répondu aux questions des internautes sur l’astrophysicien, mort mercredi.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 14h43
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 15h59
   





                        



   


MC : Quelles sont les découvertes remarquables de Stephen Hawking ?
Pierre Barthélémy : Le travail le plus important de Stephen Hawking concerne les « trous noirs ». La théorie classique prévoyait qu’il s’agissait de corps tellement denses et massifs que rien, ni matière, ni lumière, ni information, ne pouvait s’en échapper. Hawking, en appliquant les propriétés de la mécanique quantique, a montré que ces objets peuvent « fuiter ». Cette « évaporation des trous noirs » porte d’ailleurs le nom de « rayonnement Hawking ».
Mais il faut bien garder à l’esprit que Hawking était avant tout un théoricien. Il ne faisait pas d’expériences de physique. Il reste encore à observer ce rayonnement dans la réalité… Si cette observation avait été faite de son vivant, Hawking aurait sans nul doute obtenu un prix Nobel.

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John house : Peut-on lui attribuer un prix Nobel à titre posthume ?
Il n’a pas eu le prix Nobel parce que sa prédiction sur l’évaporation des trous noirs n’a pas été confirmée par l’observation, contrairement au boson de Higgs, qui a été découvert au LHC (le plus gros accélérateur de particules du monde) en 2012, longtemps après avoir été prédit. Les théoriciens Peter Higgs et François Englert ont presque aussitôt eu le prix Nobel de physique, en 2013.
Un troisième physicien, Robert Brout, aurait dû partager le prix avec eux mais il était mort en 2011. Le prix Nobel n’est attribué qu’à des chercheurs vivants. Voilà pourquoi Stephen Hawking ne l’aura jamais (sauf si on change la règle…).
Luron : S’agit-il plus d’un vulgarisateur à la Hubert Reeves que d’un aspirant Nobel ?
Je ne dirais pas qu’il s’agissait d’un vulgarisateur à la Hubert Reeves. Son livre le plus célèbre, Une brève histoire du temps, a été vendu à des millions d’exemplaires mais les personnes l’ayant lu en entier sont beaucoup moins nombreuses, l’ouvrage étant assez ardu dans sa dernière partie.
Violoncelle86 : J’ai regardé à multiples reprises le film The Theory of Everything, relatant la vie de Hawking. A chaque fois, Eddie Redmayre (interprétant Stephen Hawking) m’émeut. Sans la maladie de Charcot, il aurait eu une belle vie…
Effectivement, le film (Une merveilleuse histoire du temps, en français) rendait bien le personnage qu’était Stephen Hawking, surtout dans ses jeunes années.
Et pour ce qui est de sa maladie, je me suis souvent demandé à quoi on pouvait attribuer cette exceptionnelle longévité. La SLA (ou maladie de Charcot) est une maladie cruelle qui touche les neurones moteurs, et la majorité des personnes qui en sont atteintes meurent dans les trois ans qui suivent le diagnostic. Cette maladie est décelée chez environ 2 500 personnes par an en France.

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                Qu’est-ce que la maladie de Charcot, dont était atteint Stephen Hawking ?



Alain : S’il n’avait pas été en chaise roulante, aurait-il eu la même aura ?
Stephen Hawking n’était pas dupe. Sur son site Internet, il écrivait : « Je suis certain que mon handicap a un rapport avec ma célébrité. » Il ajoutait qu’il ne prêtait d’ailleurs guère d’attention à la façon dont les médias le décrivaient : « Ils ont besoin d’un personnage à la Einstein auquel se référer. Mais, pour les journalistes, me comparer à Einstein est ridicule. Ils ne comprennent ni le travail d’Einstein ni le mien. » C’est un peu dur pour la presse mais cela montre qu’Hawking savait qu’il ne pouvait occuper la même place dans le panthéon scientifique que ses plus grands prédécesseurs.
Dick F. : Qui peut désormais reprendre le titre de « scientifique contemporain le plus connu » ? Personnellement, je suis un grand fan de Sir Roger Penrose (The Road To Reality est un tour de force). Qui d’autre ?
Pour l’instant, difficile de voir qui peut reprendre ce « flambeau ». Il faut un cocktail gagnant de grande qualité scientifique, de vulgarisation et d’aura médiatique. Roger Penrose est certes très respecté dans le milieu scientifique mais loin d’être aussi connu. L’Américain Neil deGrasse Tyson pourrait éventuellement faire figure de successeur…
En 2017, Neil deGrasse Tyson a publié Petite Excursion dans le cosmos, où il manie avec adresse les ficelles de la vulgarisation et embarque le lecteur dans la compréhension de l’Univers.

        Lire (édition abonnés) la critique du livre « Petite Excursion dans le cosmos » :
         

          Excursion express dans le Cosmos



MM66 : Hawkins sera regretté et sa contribution scientifique est indéniable. Cependant, pourquoi nos chercheurs français n’ont-ils pas cette aura ?
Ce n’est pas forcément une question de génie. Le problème des chercheurs français, c’est d’abord qu’ils… sont français, et pas de culture anglophone. Or l’anglais est la langue et le vecteur de la science. La plupart des grandes revues scientifiques sont en anglais et éditées par des personnes de culture anglophone. Les ouvrages qui sortent en France sont rarement traduits en anglais.
Les chercheurs français sont reconnus à leur juste valeur dans le milieu, mais cela ne leur ouvre pas pour autant les portes de la notoriété, qui passe également souvent par de grands ouvrages de vulgarisation.
J’ajoute que souvent, la culture des chercheurs français ne les pousse pas trop à la mise en avant personnelle, qui est assez mal vue dans le domaine de la recherche.
Vanilys : Au sujet des chercheurs que l’on pourrait comparer à Stephen Hawking, je pense pour ma part à Hubert Reeves bien sûr, mais aussi à Etienne Klein et à Jean-Pierre Luminet, deux brillants scientifiques et vulgarisateurs.
Les trois chercheurs dont vous parlez sont effectivement d’excellents vulgarisateurs. Hubert Reeves a probablement une dimension plus internationale, mais ils sont essentiellement connus dans le monde francophone.
MorduDeSériezzz : Stephen Hawking a joué dans beaucoup de séries (« The Big Bang Theory », « Les Simpson », etc.). Sait-on si ces séries vont lui rendre hommage avec des épisodes spéciaux ?
Il est encore trop tôt pour dire si des séries lui rendront cet hommage posthume. Mais il est vrai que Stephen Hawking était apparu dans Les Simpson et dans Star Trek. Il en était d’ailleurs assez fier. Dans un épisode de Star Trek, il disputait une partie de poker avec Newton et Einstein. Il a aussi prêté sa voix, digitalisée, à la chanson Keep Talking des Pink Floyd. On s’attend davantage à voir des personnages comme Einstein, Newton ou Galilée dans des fictions : il est assez rare que des chercheurs contemporains fassent une apparition dans ce type d’œuvres.
Pour écouter Keep Talking, des Pink Floyd, c’est ici :

Smithix : Pourriez-vous nous expliquer comment fonctionnait ce logiciel qui lui permettait de communiquer avec cette désormais célèbre voix robotique ? Est-il mis à la disposition d’autres personnes ayant perdu la faculté de parler ?
Stephen Hawking utilisait un synthétiseur vocal, une machine qui retranscrit oralement les mots écrits. Evidemment, il ne pouvait pas écrire ses messages à la main. Pour les rédiger, il faisait défiler des mots sur un écran et cliquait dessus. Au départ, le clic était activé par un pouce, mais quand il a perdu aussi l’usage de ce doigt, le seul muscle qu’il pouvait contrôler pour cliquer était un muscle de la joue. Il me semble qu’on a aussi amélioré le programme pour qu’il tente de prédire les mots suivants.
J’ai assisté une fois à une session de questions-réponses avec Stephen Hawking. La plupart des questions avaient été envoyées à l’avance et il avait eu le temps d’enregistrer les réponses. Il lui suffisait de déclencher son synthétiseur vocal. Mais il a aussi accepté de répondre en direct à une question posée par un journaliste. La rédaction de la réponse, qui ne devait pas dépasser deux phrases, a pris quelques longues minutes.
JK : Que sait-on de la façon dont Hawking travaillait au quotidien avec son handicap ?
Quand sa maladie est devenue trop handicapante, il n’a plus été question, pour Stephen Hawking, de travailler tout seul. Bien sûr, son cerveau conservait toutes ses capacités, mais il lui fallait de l’aide pour traduire ses idées et faire les calculs qui les accompagnaient. Il avait donc pris l’habitude de travailler avec de jeunes chercheurs (comme par exemple le Français Christophe Galfard).
Jiemel : Que penser de ses prévisions concernant l’avenir de l’humanité ?
Effectivement, Stephen Hawking, qui avait beaucoup écrit sur le destin de l’Univers, s’est aussi intéressé à celui de notre espèce. Il avait notamment exprimé ses craintes sur les progrès de l’intelligence artificielle (les machines risquant de surpasser les hommes dans un scénario un peu à la Terminator) ou sur le fait que la Terre allait devenir invivable. Difficile de juger la qualité de ces prévisions… Le mieux est de citer la phrase célèbre attribuée à un autre grand physicien, Niels Bohr : « Il est difficile de faire des prédictions, surtout quand elles concernent l’avenir… »
Rémi : Y a-t-il des conférences ou interventions de Hawking disponibles gratuitement sur Internet ?
Oui, il y a notamment cette conférence TED datant de 2008, sous-titrée en français, dans laquelle Stephen Hawking pose quelques grandes questions, telles que : « Comment l’univers a-t-il commencé ? », « Comment la vie a-t-elle vu le jour ? », « Sommes-nous seuls ? ».
Majuan : Pour Stephen Hawking, il y avait quoi avant le Big Bang ?
Pour nous, à notre échelle temporelle humaine et dans notre façon d’aborder l’Histoire, il y a toujours un avant. C’est différent quand on s’intéresse à l’histoire du cosmos. Pour Stephen Hawking, le temps de notre Univers commence au Big Bang (la naissance de l’Univers tel que nous le connaissons). Le temps a un début. Et par définition, il ne peut y avoir d’avant. Tout comme quand vous allez au pôle Nord, vous ne pouvez pas aller plus au nord.
Rol : Quelle est sa position sur l’existence de Dieu et des formes de vie extraterrestres ?
Je ne m’avancerai pas sur l’aspect Dieu, d’autant que le Dieu évoqué par Einstein ou Hawking n’a pas forcément la même signification que pour la plupart des gens.
Pour ce qui est de l’existence de formes de vie extraterrestres, il n’excluait pas – comme, j’imagine, l’immense majorité des scientifiques – que la vie ait pu apparaître ailleurs que sur Terre. Rappelons qu’en 2015, Stephen Hawking avait soutenu le programme Breakthrough Initiatives, qui recouvre plusieurs projets concernant la détection d’une vie extraterrestre.
Caro : Il pensait que la Terre allait devenir dans le futur invivable pour les humains ? Pouvez-vous nous en dire plus ?
Effectivement, fin 2016, lors d’un débat, Stephen Hawking avait déclaré : « Je ne pense pas que nous survivrons mille ans de plus si nous ne nous échappons pas de notre fragile planète. » Un peu comme dans le film Interstellar, il encourageait donc les humains à chercher une nouvelle planète d’accueil et à développer le transport spatial.
Ce à quoi Hubert Reeves, dans un entretien que j’ai réalisé avec lui peu de temps après, a vivement rétorqué : « Ce qui est important, c’est d’arriver à apprendre à vivre sur la Terre, à y vivre en harmonie avec la nature. Si on n’apprend pas cela, que ferons-nous ? Nous transporterons nos problèmes ailleurs et cela recommencera. »

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Jean : Dans la série des grands physiciens et vulgarisateurs, qui poursuivent le travail théorique de Hawking, il faut aussi citer Carlo Rovelli, spécialiste de la gravitation quantique (toujours la recherche du Graal…).
Vous avez raison de citer Carlo Rovelli. J’ajoute toutefois qu’aucun des chercheurs cités (Neil deGrasse Tyson, Hubert Reeves, Carlo Rovelli) n’atteint le niveau de reconnaissance mondiale d’un personnage comme Stephen Hawking.
Carlo Rovelli avait accordé un entretien au Monde en 2015 sur son rapport au temps, à retrouver ici :

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Maxime : Quels sont ses livres de vulgarisation scientifique que vous pouvez recommander pour se plonger dans ses travaux et ses réflexions ?
En s’accrochant un peu (voire beaucoup), il faut tout de même lire Une brève histoire du temps, qui évoque le Big Bang, les notions d’espace et de temps telles que les voit la relativité générale, les « trous noirs » et toutes les questions un peu plus ardues sur la grande réunification de la physique.
Arriver à concilier la relativité générale d’Einstein, qui décrit l’infiniment grand (et la gravitation), et la mécanique quantique, qui décrit l’infiniment petit (et les autres forces de la nature) est un des plus grands défis de la science depuis des décennies.
AG : Hawking a-t-il publié d’autres livres de vulgarisation après Une brève histoire du temps, qui permettent d’aller plus loin que son premier livre ?
On peut citer L’Univers dans une coquille de noix et Dernières Nouvelles des trous noirs. Et rappeler aussi que Stephen Hawking avait, dans Sur les épaules des géants, présenté les travaux de ses grands prédécesseurs (Galilée, Copernic, Kepler, Newton, Einstein) et leurs textes les plus marquants.
Mari1009 : Nous est-il possible de consulter des revues scientifiques, sur l’astrophysique, dans lesquels les chercheurs publient leurs travaux et réflexions ?
Les revues scientifiques dites primaires, celles où les chercheurs publient leurs résultats, sont très difficiles à lire ou à trouver, très « pointues », en anglais, et très chères. Voilà pourquoi je recommande de commencer par des magazines spécialisés comme Ciel et Espace, par exemple.
Toutefois, pour qui est vraiment passionné et en veut davantage, il y a moyen de trouver gratuitement les versions de travail des études en astrophysique sur le site de prépublications scientifiques arXiv.
Jpbrussels : Je voulais juste faire remarquer qu’il est décédé le même jour que la naissance d’Einstein.
C’est juste. Et comme il était né un 8 janvier, jour de la mort de Galilée, on dira que la boucle est bouclée…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ A la télévision, le célèbre astrophysicien n’hésitait pas à se moquer de lui-même. Il a incarné son propre rôle dans « Star Trek », « The Big Bang Theory » ou « Les Simpsons ».
<filname="PROF-env_sciences-20"> ¤ 