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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Les archives classées secret défense ont permis à Jean-Christophe Brisard d’éclaircir le mystère de la disparition du corps du dictateur nazi (sur France 2 à 23 h 25).
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TV – « Le Mystère de la mort d’Hitler »

Notre choix du soir. Les archives classées secret défense ont permis à Jean-Christophe Brisard d’éclaircir le mystère de la disparition du corps du dictateur nazi (sur France 2 à 23 h 25).



Le Monde
 |    20.03.2018 à 17h45
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur France 2 à 23 h 25



Alors que les Soviétiques s’apprêtent à prendre Berlin, le 30 avril 1945, Adolf Hitler, réfugié dans son bunker, se donne la mort en compagnie d’Eva Braun. Soucieux que son corps ne tombe pas aux mains de l’ennemi, il a ordonné à ses proches de le brûler. Dès le lendemain, la population apprend par la radio allemande que le Führer n’est plus. Les Russes qui se sont mis en quête de le retrouver, à défaut de le capturer, découvrent dans le jardin de la chancellerie les restes de deux corps calcinés – celui d’un homme et d’une femme.
Or, contrairement à d’autres dignitaires nazis retrouvés morts, tels Goebbels ou Himmler, aucune photo ou film ne seront diffusés. Et le mystère va s’épaissir encore lorsque, à la conférence de Potsdam, le 17 juillet 1945, Staline laisse entendre à Winston Churchill qu’Hitler, toujours vivant, aurait réussi à gagner le Japon ou l’Amérique latine. Sur ce mensonge vont fleurir pendant des années les thèses les plus fantaisistes. Et ce jusqu’en 2000, où les autorités russes, lors d’une exposition consacrée au régime nazi, présentent pour la première fois les restes de la boîte crânienne du Führer et de sa dentition. Mais faute d’expertise scientifique, le doute persiste. En 2009, d’ailleurs, des chercheurs américains vont remettre en cause l’authenticité des ossements du crâne et prétendre qu’il s’agit en fait de ceux d’une femme de moins de 40 ans. Soixante-treize ans après les faits, le mystère Hitler pourrait bien enfin avoir trouvé sa résolution grâce à Jean-Christophe Brisard.
Rigueur scientifique
En effet, après deux années d’âpres négociations, le grand reporter, aidé de la journaliste russe Lana Parshina, a réussi à obtenir des autorités russes que leur soient ouvertes les portes des archives d’Etat de la Fédération de Russie (GARF) ainsi que celles, très secrètes, du FSB (ex-KGB). Outre l’accès à certains documents inédits, les deux enquêteurs, auxquels est venu s’adjoindre Philippe Charlier, légiste et anthropologue réputé, ont pu expertiser pour la première fois les reliques d’Hitler. Si l’écriture, très rythmée, emprunte aux codes du thriller, rendant la chose moins aride et éminemment palpitante, là s’arrête néanmoins le caractère divertissant de ce documentaire dont le propos ne transige en rien sur la rigueur historique et scientifique. Ces deux domaines sont d’ailleurs étroitement mêlés pour nous permettre de suivre, à la fois, l’avancée de l’enquête – avec ses contraintes et ses limites –, le récit détaillé des derniers jours d’Hitler, éclairés de nouveaux documents (notamment les interrogatoires des membres de la garde rapprochée), ainsi que celui de la guerre froide autour de ces restes.

   


A ceux que passionnerait ce « cold case » et qui voudraient en connaître tous les détails, on conseillera la lecture de l’ouvrage de Jean-Christophe Brisard et Lana Parshina qui a inspiré le documentaire : La Mort d’Hitler. Dans les dossiers secrets du KGB (Fayard, 372 p., 23 €). Le texte conserve son caractère de thriller historique, et sa lecture en est tout aussi captivante.
Le Mystère de la mort d’Hitler, de Jean-Christophe Brisard, avec la collaboration de Lana Parshina (Fr., 2018, 60 min). Philippe Charlier est aussi au centre de deux documentaires scientifico-historiques sur Saint Louis et Henri IV diffusé ce soir sur France 5.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A voir aussi ce soir. Deux journalistes ont enquêté sur l’organisation internationale, qui a recours à des financements occultes (sur Arte à 20 h 50).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

TV – « Interpol, une police sous influence ? »

A voir aussi ce soir. Deux journalistes ont enquêté sur l’organisation internationale, qui a recours à des financements occultes (sur Arte à 20 h 50).



Le Monde
 |    20.03.2018 à 17h30
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Arte à 20 h 50


Introduction - Interpol, une police sous influence ? from cocottesminute productions on Vimeo.

C’est une délicate et solide enquête qu’ont menée le Français Mathieu Martinière et l’Allemand Robert Schmidt sur Interpol, organisation mondiale aussi mythique que méconnue. Dans l’imaginaire collectif, celle-ci évoque plutôt un univers d’enquêteurs aux pouvoirs considérables, aux compétences reconnues et aux moyens sans limites, capables de surveiller, d’arrêter terroristes, trafiquants et autres fâcheux.
Une image que cette enquête menée sur plusieurs années démythifie. D’abord, l’institution créée en 1923 et basée à Lyon, en dépit de ses 192 pays membres, paraît sans cesse courir après l’argent, tant son budget de fonctionnement (environ cent millions d’euros) est ridicule par rapport aux multiples missions dont elle est chargée. A titre comparatif, le budget du FBI américain avoisine les 7 milliards d’euros. Pourquoi une telle faiblesse budgétaire ? Simplement parce que les pays membres d’Interpol rechignent à mettre la main à la poche, préférant garder le pouvoir sur leur sécurité intérieure et hésitant à partager des informations avec l’institution supranationale.
Entités peu scrupuleuses
D’où la nécessité pour Interpol de trouver d’autres sources de financement, avec des entreprises privées ou même des Etats. Aussi lucratifs soient-ils, ces partenariats (avec la FIFA, Philip Morris ou des pays comme le Qatar ou Singapour) posent évidemment la question du conflit d’intérêts.
Le documentaire revient en détail sur le long mandat de l’Américain Ronald Noble, secrétaire général d’Interpol de 2000 à 2014. Décidé à remplir les caisses, ce dernier a mené une vaste campagne auprès de partenaires autres que les pays membres, quitte à accepter l’argent d’entités peu scrupuleuses. Entre 2010 et 2015, la contribution des pays membres au financement d’Interpol a augmenté de 6,5 % alors que celle des partenaires privés augmentait de 750 %. L’Allemand Jürgen Stock, qui a succédé en novembre 2014 à Ronald Noble, semble faire beaucoup plus attention à l’indépendance de l’institution et a mis fin à plusieurs contrats avec le privé. Mais où trouver l’argent si les pays membres refusent d’augmenter leurs contributions ? Le problème semble insoluble.
Interpol, une police sous influence ?, de Samuel Lajus. Auteurs : Mathieu Martinière et Robert Schmidt. (Fr., 2018, 95 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Le lieu d’exposition s’installera dans un hôtel particulier du quartier de Montparnasse.
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L’Institut Giacometti ouvrira ses portes en juin à Paris

Le lieu d’exposition s’installera dans un hôtel particulier du quartier de Montparnasse.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 17h11
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



   


On connaît désormais le détail de l’Institut Giacometti, qui ouvrira ses portes le 21 juin prochain rue Schoelcher, dans le quartier de Montparnasse (14e arrondissement), où Alberto Giacometti (1901-1966) a vécu et travaillé durant quarante ans. Un aboutissement pour la conservatrice Catherine Grenier qui, il y a quatre ans, quittait ses fonctions au Centre Pompidou en tant que directrice adjointe du Musée national d’art moderne pour prendre les rênes de la Fondation Giacometti avec, déjà, le projet d’ouvrir un lieu d’exposition. L’écrin choisi est un hôtel particulier de 350 mètres carrés classé, de style Art nouveau et Art déco, qui fut l’atelier du décorateur Paul Follot, et que l’architecte Pascal Grasso a réaménagé tout en conservant les décors historiques.

   


Le futur institut présentera de manière permanente une reconstitution de l’atelier de l’artiste suisse, qui fut immortalisé par les photographes Robert Doisneau, Sabine Weiss, Gordon Parks ou Ernst Scheidegger. L’ensemble des éléments avait été conservé par sa veuve, Annette Giacometti, soit plus de 70 sculptures, parmi lesquelles ses toutes dernières œuvres en terre, encore jamais montrées, son mobilier et ses murs peints. L’intimité du lieu sera recréée grâce à un système de vitrage, d’éclairage et de gradins permettant aux visiteurs de s’immerger dans ce qui fut le cadre de création de l’artiste.

   


Avec près de 350 sculptures, 90 peintures et plus de 5 000 dessins, lithographies et carnets, la Fondation dispose du plus riche fonds d’œuvres d’Alberto Giacometti existant, qu’elle a la charge de conserver, de restaurer et d’enrichir, mais aussi d’un large fonds d’archives, incluant sa correspondance et des photographies. Un patrimoine resté largement inaccessible au public depuis la mort de l’artiste, il y a plus de cinquante ans, et qui a fait l’objet de plusieurs expositions d’envergure ces dernières années, en France comme à l’étranger (à New York, Istanbul, Shanghaï, Rabat ou Séoul), dont la première exposition révélant les liens entre ­Giacometti et Picasso, présentée au Musée national Picasso, à Paris, puis à Doha (Qatar), en 2016-2017.

   


Les trois ou quatre expositions que l’institut présentera chaque année seront consacrées à des aspects particuliers du travail de l’artiste, à ses liens avec les artistes et écrivains de son époque, ainsi qu’aux échos de son œuvre dans les générations suivantes. L’exposition inaugurale, intitulée « L’Atelier d’Alberto Giacometti par Jean Genet » (de juin à septembre 2018), rendra compte des relations d’amitié et d’admiration entre l’artiste et l’écrivain.
Un centre de recherche
Elle sera suivie d’une exposition d’Annette Messager, qui a plusieurs fois fait allusion à l’œuvre de Giacometti dans ses installations et imaginera un parcours avec des pièces anciennes et nouvelles (octobre 2018-janvier 2019), puis d’une autre consacrée aux photographies de sculptures de Giacometti prises par Peter Lindbergh dans les réserves de la fondation (début 2019). Celle-ci poursuivra par ailleurs sa programmation hors les murs, avec en 2018 six expositions dans de grandes institutions internationales, à Séoul, Québec, Bâle, New York et Bilbao, ainsi qu’au Musée Maillol à Paris.

   


L’institut sera également un centre de recherche en histoire de l’art consacré aux pratiques artistiques modernes (1900-1970) ouvert aux chercheurs, étudiants et amateurs, avec colloques, ­conférences et masterclass. Une vocation scientifique qui sera renforcée par une bourse de recherche et la publication d’une collection d’essais. Une bibliothèque sur l’art moderne, constituée en partie par la bibliothèque personnelle de l’artiste, ainsi qu’un cabinet d’art graphique rassemblant ses dessins seront mis à la disposition du public.
Sur le Web : www.fondation-giacometti.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le Conseil de Paris doit à nouveau se pencher les 20 et 21 mars sur la piétonisation des voies sur berges. Olivier Blond, président de l’association Respire, souligne les enjeux du dossier.
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Voies sur berge à Paris : « Il faut davantage d’“oasis d’air sain” en Ile-de-France »

Le Conseil de Paris doit à nouveau se pencher les 20 et 21 mars sur la piétonisation des voies sur berges. Olivier Blond, président de l’association Respire, souligne les enjeux du dossier.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 15h19
    |

Olivier Blond (Président de l’association Respire, à l’origine des pétitions en faveur de la piétonisation des berges)







                        



                                


                            

Tribune. Le débat sur les berges de Seine a rebondi récemment avec la décision du tribunal administratif [Le tribunal administratif de Paris a annulé la fermeture des voies sur berges le 21 février], et on pourrait croire que tout recommence comme il y a deux ans, lors de la mise en place de la piétonisation. Mais il n’en est rien. Car tout a changé depuis la mise en place de la mesure. Tout, sauf le ton houleux des discussions.
En effet, l’ensemble des partis politiques, y compris la droite, s’est désormais rallié à la lutte contre la pollution de l’air. C’est ainsi une victoire considérable de ces deux dernières années, et des premières mobilisations autour de la piétonisation, que d’avoir participé à ce changement majeur. Plus personne n’ose sérieusement contester ni l’importance des enjeux, ni la nécessité d’agir.

Le contexte international montre qu’il s’agit là d’une évolution profonde : la pollution automobile est désormais un enjeu majeur partout dans le monde, de Leipzig jusqu’à Rome, villes qui pourraient prochainement interdire les véhicules diesel.
En France, le gouvernement fait face à deux injonctions majeures : la première est celle de la Commission européenne, qui menace d’une action contre la France pour non-respect des normes de pollutions (notamment à Paris) et pourrait imposer des millions d’euros d’amende. La seconde provient du Conseil d’Etat, qui a sommé le gouvernement de produire un plan d’action vigoureux au plus tard à la fin de ce mois.
Ralliement décisif
Au niveau régional, les oppositions sont toujours aussi rugueuses, mais la position de Valérie Pécresse a évolué radicalement. Elle critique certes la méthode et le timing de la mesure d’Anne Hidalgo, mais elle soutient désormais qu’il faudrait (certes en 2021) des voies piétonnisées. C’est un ralliement décisif.
Enfin, au niveau local, le soutien à la mesure dans l’opinion s’est accru, malgré les attaques contre le projet....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Après être entrée à la Comédie-Française en 2014, la comédienne belge a reçu le Molière de la révélation féminine. A partir du 21 mars, elle interprète Marguerite dans un « Faust » qui se distingue par ses tours d’illusion.
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Anna Cervinka ajoute une pincée de magie à son jeu


                      Après être entrée à la Comédie-Française en 2014, la comédienne belge a reçu le Molière de la révélation féminine. A partir du 21 mars, elle interprète Marguerite dans un « Faust » qui se distingue par ses tours d’illusion.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 14h30
    |

                            Emilie Grangeray








   


Anna Cervinka a les yeux qui pétillent. La comédienne belge de 37 ans est à l’affiche de Faust au Vieux-Colombier, où elle joue l’innocente Marguerite adorée par le héros. La mise en scène est signée Valentine Losseau et Raphaël Navarro, initiateurs (avec Clément Debailleul) du courant de la magie nouvelle qui dépoussière les tours de passe-passe et autres lapins sortant du chapeau. Un mouvement très en vogue dans les programmations des scènes nationales et qui débarque désormais à la Comédie-Française.
« Chaque personnage est comme un être de papier auquel il faut donner un cœur et le gonfler de ses chagrins, de ses joies. »
Comme ses camarades de la Troupe dont elle est pensionnaire depuis 2014, Anna Cervinka découvre donc les trouvailles merveilleuses des deux metteurs en scène : jeux de disparitions, lévitation, etc. Mais, comme toujours, ce qui intéresse la comédienne ce sont les rencontres « et ce qui en découle ».
Rencontres avec les metteurs en scène, avec ses partenaires et avec le personnage, « cette petite facette de soi-même ». « Chaque personnage est comme un être de papier auquel il faut donner un cœur et le gonfler de ses chagrins, de ses joies. Au lieu d’être dans l’illustration, je préfère voir l’acteur comme un être qui insuffle de la vie et de la vérité afin que le spectateur n’ait pas seulement à voir, mais à vivre aussi. »
Née dans un milieu artistique (père architecte et mère styliste), Anna Cervinka a toujours eu envie de jouer. Après le Conservatoire royal de Bruxelles, dont elle sort diplômée en 2008, elle effectue un stage d’un mois à Demain le Printemps, l’école de théâtre francophone à Minsk, en Biélorussie, qui l’a beaucoup marqué : « Apprendre à donner de l’imaginaire à un corps, et que la parole suive ».
L’angoisse de l’improvisation
Elle interprète les écrits de Robert Walser, avec son professeur Pascal Crochet, puis rencontre le Bulgare Galin Stoev, qui la fait jouer dans Danse Delhi et Liliom, où elle est repérée par Muriel Mayette, alors administratrice de la Comédie-Française. Ses rôles dans Les Enfants du silence et surtout dans Vania lui ont valu le Molière de la révélation féminine en 2017.
Elle cite ceux avec qui elle a travaillé, comme Julie Deliquet : « Elle laisse venir la vie sur le plateau et laisse beaucoup de place à l’improvisation, ce qui est angoissant et vertigineux mais nous soude de manière extraordinaire. » Et ajoute, au sujet de sa carrière : « Le théâtre, c’est faire croire, donc on doit y croire soi-même, mais on doit le vivre ensemble. » Avec aussi la conviction qu’il faut « juste être là, voir ce qui vient et ce que l’autre propose ou renvoie car c’est alors que les choses naissent et nous étonnent nous-mêmes », confie celle qui risque d’émerveiller longtemps.
« Faust », de Goethe, mise en scène de Valentine Losseau et Raphaël Navarro. Du 21 mars au 6 mai. Théâtre du Vieux-Colombier, Paris 6e. 



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Evénement considérable en son temps, avec ses enjeux économiques, politiques et diplomatiques, la dernière grande Exposition organisée en France eut pour maître de cérémonie le paysagiste Achille Duchêne.
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Le paysagiste Achille Duchêne et l’Exposition internationale de 1937

Evénement considérable en son temps, avec ses enjeux économiques, politiques et diplomatiques, la dernière grande Exposition organisée en France eut pour maître de cérémonie le paysagiste Achille Duchêne.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 13h55
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 15h26
    |

            Lucien Jedwab








                        


L’Exposition internationale de 1937 consacrée aux « arts et techniques dans la vie moderne », qui accueillit en son temps… 31 millions de visiteurs, fait aujourd’hui elle-même l’objet, jusqu’au 12 mai, d’une (plus modeste) exposition à la bibliothèque universitaire de Saint-Quentin-en-Yvelines. La figure centrale en est Achille Duchêne (1866-1947), un paysagiste à la notoriété alors bien établie. Celui-ci avait pris la succession de son père, Henri Duchêne, après lui avoir été associé. Il avait dessiné et créé, restauré ou réinventé des centaines de jardins de l’aristocratie et de la grande bourgeoisie – dont une grande partie ont pu être préservés jusqu’à aujourd’hui. Parmi ceux-ci, Vaux-le-Vicomte, Champs-sur-Marne ou Breteuil. Mais aussi Condé-sur-Iton, Courances, Voisins, Royaumont, Blenheim, en Angleterre, ou les jardins de l’hôtel de Matignon.

   


Achille Duchêne fut sollicité en 1937 pour être « maître de cérémonie et grand initiateur des fêtes somptueuses données à cette exceptionnelle occasion », nous rappelle son arrière-petit-fils, Michel Duchêne, qui a prêté de nombreux objets et documents pour l’exposition. Achille Duchêne s’acquitta de sa tâche avec talent, dans le contexte de tensions sociales et diplomatiques de l’époque. Colossal, le chantier de l’Exposition avait pour épicentre le nouveau palais de Chaillot, avec les jardins (dessinés par Achille Duchêne), l’aquarium, les bassins et les fontaines du Trocadéro. Il comprenait le palais de Tokyo, le Palais de la découverte, le palais d’Iéna, conservés, et s’étendait principalement sur le Champ-de-Mars, au pied de la tour Eiffel, autour du Grand Palais et sur l’île aux Cygnes. La partie « Art des jardins » avait élu domicile dans le parc de Sceaux.

   


Programmée dès 1934, l’Exposition, avec la victoire électorale du Front populaire et le mouvement de grèves qui s’en est suivi, devint un enjeu à haute charge symbolique pour le gouvernement de Léon Blum, mais aussi pour un de ses soutiens, le Parti communiste français. Alors dirigé par Maurice Thorez, celui-ci se faisait le chantre de la politique de Staline, qui achevait brutalement d’asseoir son pouvoir. A Paris, face à l’aigle nazi du pavillon de l’Allemagne, conçu par l’architecte Albert Speer, futur ministre d’Hitler, le pavillon de l’URSS devait incarner le dynamisme de la « patrie du socialisme ». Surmonté de la spectaculaire statue en métal inoxydable d’une sculpturale kolkhozienne et d’un ouvrier brandissant une faucille et un marteau emblématiques, il préfigurait un rempart contre la guerre à venir… Guerre déjà présente sur le sol de l’Espagne républicaine, dont le pavillon présentait le Guernica de Picasso.

   


Achille Duchêne, lui, avait énoncé dès 1935 des conceptions nouvelles dans un ouvrage précurseur, Les Jardins de l’avenir. Il y constatait la disparition, conséquence de la première guerre mondiale et du krach boursier de 1929, des grandes fortunes qui avaient permis l’existence de jardins d’exception. Dorénavant, il s’agirait « d’introduire la beauté dans la vie collective (…), par des moyens qui permettent à chacun d’utiliser et d’incorporer à sa propre existence l’élément esthétique dont se sera enrichi le patrimoine commun ». Un programme auquel ne pouvaient que souscrire les promoteurs de l’Exposition de 1937. Mais Achille Duchêne ne fut pas qu’un théoricien et un acteur de premier plan, il fut aussi, grâce à sa passion et à sa maîtrise de la photographie, un témoin privilégié.

   


« Exposition internationale de 1937 : photos et objets insolites », bibliothèque universitaire de Saint-Quentin-en-Yvelines, jusqu’au 12 mai 2018. Voir, issu du dossier des Cahiers d’histoire (n° 135), « L’Exposition internationale de 1937 : politique et culture au temps du Front populaire », l’article de Georges Vayrou, « Deux regards sur l’Expo de 1937 », illustré de nombreuses photographies d’Achille Duchêne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Football, cinéma, presse seront des options séparées des abonnements fixe et mobile. Les nouveaux clients ont accès à trois offres fixes, à des prix compris entre 23 et 54 euros.
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SFR contraint de séparer contenus et forfaits Internet

Football, cinéma, presse seront des options séparées des abonnements fixe et mobile. Les nouveaux clients ont accès à trois offres fixes, à des prix compris entre 23 et 54 euros.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 14h44
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            

Rénover de fond en comble la stratégie de SFR, tout en assurant qu’il ne s’agit pas d’un retour en arrière, tel est le subtil exercice de rhétorique auquel a dû se livrer Alain Weill, le PDG de l’opérateur télécoms, en présentant, mardi 20 mars, les contours des nouvelles offres d’abonnement de l’entreprise.
Pendant deux ans, Patrick Drahi, le propriétaire de SFR, ne jurait que par la « convergence » des tuyaux et des contenus. Las, cette stratégie n’a pas porté ses fruits, et en 2017 la marque a perdu 170 000 clients dans l’Internet fixe et n’en a gagné que 199 000 dans le mobile, loin de ses concurrents. « Avec Patrick Drahi, nous pensons que cette intuition première était la bonne. Mais il fallait apporter à cette stratégie quelques réglages », explique le dirigeant, actant un virage à 180 degrés.
Désormais, les « contenus » (football, cinéma, presse) ne seront plus inclus dans les forfaits de base de l’opérateur télécoms. Les nouveaux clients ont accès à trois offres fixes, à des prix compris entre 23 et 54 euros, en fonction des débits et des promotions. Trois forfaits mobiles sont également proposés. Le cinéma et les séries, la presse et le sport seront, eux, commercialisés sous forme d’option, non seulement aux abonnés SFR, mais également aux clients des autres opérateurs.
« Nous misons sur la simplicité »

« Nous misons sur la simplicité, justifie Alain Weill, qui table sur le réseau de 700 boutiques pour populariser ces nouvelles offres. Après les abonnements fixes et mobiles, les commerciaux vendront aussi des contenus. Ils voient leur métier évoluer. »
L’option Ciné Séries, qui comprend la chaîne de cinéma Altice Studio, lancée à la rentrée 2017, et le service de vidéo à la demande (SVoD), coûtera 4 euros aux abonnés de SFR et 10 euros aux autres clients. Le kiosque SFR, qui comprend 80 titres de presse en accès illimité, sera désormais une option payante facturée 10 euros...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le sixième long-métrage d’Abdellatif Kechiche, lointainement inspiré d’un roman de François Bégaudeau, bouillonne de sensualité.
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« Mektoub, My Love » : l’amour, à en perdre le souffle

Le sixième long-métrage d’Abdellatif Kechiche, lointainement inspiré d’un roman de François Bégaudeau, bouillonne de sensualité.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 08h28
    |

                            Mathieu Macheret








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – chef-d’œuvre
Pour son sixième long-métrage, Abdellatif Kechiche ouvre en grand les fenêtres de son cinéma et plonge dans un tourbillon de scènes dont le caractère extensif n’a d’égal que la sensation de plénitude, créant un appel d’air si intense qu’on parvient à peine à y reprendre son souffle. Sans doute peut-on voir en Mektoub, My Love, lointainement inspiré du roman La Blessure, la vraie, de François Bégaudeau, la quintessence du cinéma de Kechiche, tout du moins l’aboutissement d’une recherche qui avait pris jusqu’alors des formes transitoires. Le cinéaste trouve ici un terrain d’épanouissement, mais surtout une prise directe sur ce qu’il filme : la beauté des corps immergés dans la lumière d’été, les jeux de l’amour et de la séduction, tout s’organise en un cosmos humain, où le moindre détail renvoie à chaque instant à l’unité du vivant.

L’audace du film tient à son récit, délesté de toute détermination et n’affichant d’autre ambition que celle de passer du temps avec ses personnages. Amin (Shaïn Boumedine), ex- étudiant en médecine à Paris, revient pour l’été à Sète, auprès des siens, une famille de restaurateurs d’origine tunisienne. Autour de lui, les corps des autres – son cousin Tony, dragueur invétéré, son amie Ophélie, mais aussi Céline et Charlotte, deux touristes en goguette – s’échauffent au soleil et se tournent autour dans un bouillonnement de sensualité.
Exaltation des corps
Mais Amin, garçon timide et prévenant, reste au seuil de ces amours d’été, caressant le rêve de devenir réalisateur. L’histoire a lieu en 1994 et cette perspective jette un jour autobiographique sur les approches et les esquives d’Amin, entre la plage, les sorties au bar et en boîte de nuit.
Kechiche investit cette trame diaphane pour mieux s’engouffrer dans des scènes interminables (au sens propre : qu’il ne se résout jamais à terminer), fascinantes par leur capacité à lâcher prise. Certes, le cinéaste...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ L’actrice de « Autant en emporte le vent » a déposé plainte pour atteinte à « sa réputation ». La justice californienne doit se prononcer aujourd’hui.
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L’actrice de 101 ans Olivia de Havilland refuse de passer pour une peste dans la série « Feud »


                      L’actrice de « Autant en emporte le vent » a déposé plainte pour atteinte à « sa réputation ». La justice californienne doit se prononcer aujourd’hui.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 10h43
    |

            Samuel Blumenfeld








   


C’était la veille de son cent unième anniversaire. Le 30 juin 2017, Olivia de Havilland, la Melanie d’Autant en emporte le vent (1939), déposait une plainte pour le portrait que la première saison de la série Feud faisait d’elle. La cour d’appel de Californie se prononcera le 20 mars sur la recevabilité de la requête. Celle qui reste l’une des dernières comédiennes vivantes de l’âge d’or d’Hollywood, récompensée à deux reprises par l’Oscar de la meilleure actrice, pour A chacun son destin (1947), de Mitchell Leisen, et L’Héritière (1949), de William Wyler, assure ne jamais avoir donné son accord, ou reçu la moindre somme d’argent, pour l’utilisation de son nom et de son identité. Et estime que le personnage incarné à l’écran par la comédienne britannique Catherine Zeta-Jones entache « sa réputation professionnelle », elle qui est « connue pour son intégrité, son honnêteté, son abnégation et sa dignité » 
Les sœurs ennemies du cinéma
Feud, diffusée en 2017 aux Etats-Unis sur la chaîne FX Networks et en France sur Canal+, raconte la rivalité hors normes entre deux stars hollywoodiennes, Bette Davis et Joan Crawford, sur le tournage heurté, fou et passionnel de Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?. Le film de Robert Aldrich, sorti en octobre 1962, joue sur la confusion assumée entre le scénario – deux sœurs, l’une ancienne star de cinéma et en chaise roulante ; l’autre actrice ratée martyrisant sa cadette dans une maison transformée en tombeau – et le désir mutuel de ces stars quinquagénaires d’en découdre dans la vie réelle. Cette pulsion meurtrière reste l’un des facteurs qui permet à Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? de s’imposer comme le plus génial et le plus troublant opus jamais réalisé sur Hollywood. « Si Joan Crawford venait à prendre feu, estimait une Bette Davis étrangère à toute langue de bois, je ne me donnerais même pas la peine de pisser dessus. »

Dans Feud, Jessica Lange incarne Joan Crawford, tandis que Susan Sarandon endosse le costume de Bette Davis. Le personnage d’Olivia de Havilland tient un rôle secondaire. L’actrice y raconte notamment la fameuse soirée des Oscars en 1963 où, nommée pour la statuette de la meilleure actrice pour Baby Jane, Bette Davis regarda, médusée, Joan Crawford aller chercher en personne la récompense attribuée à Anne Bancroft pour Miracle en Alabama, après s’être mise d’accord avec l’intéressée. Elle y évoque aussi « sa salope de sœur », à savoir Joan Fontaine, la vedette de Rebecca, d’Alfred Hitchcock.
Une scène dommageable pour son image
Leur rivalité reste relativement méconnue du grand public. L’aînée, Olivia de Havilland, avait gardé son nom pour poursuivre sa carrière, contraignant sa cadette à adopter celui de sa mère. Mais c’est Joan Fontaine qui fut la première à remporter l’Oscar de la meilleure actrice en 1942 pour Soupçons, d’Alfred Hitchcock, devant sa sœur, estomaquée, nommée de son côté pour Par la porte d’or, de Mitchell Leisen. « Je me suis mariée avant elle, j’ai obtenu l’Oscar avant elle, et, si je meurs avant elle, elle en deviendra blême. Même là, je l’aurai devancée », disait Joan Fontaine, décédée en 2013 à l’âge de 96 ans.
Olivia de Havilland, qui vit à Paris depuis le milieu des années 1950 et son mariage avec le journaliste de Paris Match Pierre Galante, était, elle, une icône terne, un modèle de « respectabilité », que ce soit à travers le rôle de la cousine vertueuse de Scarlett O’Hara dans Autant en emporte le vent ou comme la partenaire attitrée d’Errol Flynn, entre autres dans Les Aventures de Robin des bois de Michael Curtiz, dont elle se vantait d’avoir refusé les avances. Dans Feud, toujours au sujet de la remise des Oscars en 1963, Olivia de Havilland ajoute que Frank Sinatra, qui présentait la cérémonie cette année-là, devait avoir vidé le bar de sa loge vu qu’il ne restait plus la moindre bouteille dans le frigo.

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                TV : « Feud », deux chattes sur un tournage brûlant



L’actrice d’Autant en emporte le vent estime cette scène dommageable pour son image. Son action en justice vise à empêcher de futures productions de dépeindre des personnes encore vivantes sans leur accord ou celui de leurs héritiers. Une démarche qui a peu de chances d’aboutir, même si l’actrice centenaire se déclare prête à venir témoigner en personne. L’enjeu reste de taille. La série Feud, qui signifie querelle et dont le second volet sera consacré, en 2019, au prince Charles et à sa première épouse, Diana Spencer, verrait tout son principe remis en cause. Au-delà, c’est la possibilité de mettre en scène un personnage réel, en le portraiturant de manière critique dans une fiction, qui deviendrait impossible.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le réalisateur de « Mektoub, My Love » explique avoir fait son film, qui célèbre la beauté du corps féminin et l’amour, en réaction à une époque « terrifiante ».
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Abdellatif Kechiche : « Un artiste qui crée n’est ni homme ni femme »

Le réalisateur de « Mektoub, My Love » explique avoir fait son film, qui célèbre la beauté du corps féminin et l’amour, en réaction à une époque « terrifiante ».



Le Monde
 |    20.03.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 11h24
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Rendez-vous à Belleville, Paris, où Abdellatif Kechiche nous attend dans sa maison de production, en ce lundi 12 mars où collaborateurs et amis mettent la dernière touche à Mektoub, My Love : Canto Uno. Nouvelle et éblouissante réussite, film dionysiaque qui dit à peu près tout sur le presque rien de l’instant amoureux.

C’est le sixième long-métrage de l’auteur, en dix-huit ans, d’une carrière bardée d’or (Palme à La Vie d’Adèle, 2013) et de métal (César à L’Esquive, 2005, et à La Graine et le Mulet, 2008). Une rareté prodigue administrée, depuis le début (La Faute à Voltaire, 2000), sous le signe contradictoire de la guerre et de l’amour. Des conflits qui émaillent les relations du réalisateur avec le milieu du cinéma, du lyrisme et de la beauté qui déchirent ses films. Rien que de naturel. Ce cinéma climatique, affolant et intense, ressemble à son auteur, lequel ressemble lui-même à un ciel impressionniste. Soleil et ombre, orageuse douceur distillée en politique de la chair. Voici pourquoi ce natif de Tunis et français d’adoption renouvelle, ici et maintenant, l’horizon renoirien, sensuel et réflexif à la fois, du cinéma français.

Commençons par le commencement : la rencontre avec le roman de François Bégaudeau, « La Blessure, la vraie » (Verticales, 2011). Qu’est-ce qui vous séduit au point de vouloir l’adapter ?
J’ai adoré le livre. Il y a ce personnage principal, le narrateur du récit, qui s’appelle François, sans doute inspiré de la littérature du XIXe siècle et qui est un peu le héros romantique d’un récit d’initiation, à la Balzac ou à la Stendhal. Le roman, qui se situe vers 1986, si ma mémoire est bonne, s’arrête à l’adolescence, mais ça m’excitait d’essayer de l’emmener progressivement jusqu’à nous, d’imaginer son destin…
Vous l’avez aussi amené, par la force des choses,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale » propose une liste de séries à découvrir ou à revoir.
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De Paris à New York en passant par Hollywood : notre choix de séries

Chaque mardi, « La Matinale » propose une liste de séries à découvrir ou à revoir.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 07h36
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Deux séries françaises qui vous feront (peut-être) rire et deux productions américaines qui revisitent l’histoire des Etats-Unis. Voici notre sélection hebdomadaire de séries.
« Irresponsable » et « J’ai deux amours » : rire à foison
Incroyable mois de mars ! Dans le genre si délicat de la comédie, deux séries – qui plus est françaises – sont entrées dans notre liste des recommandations. La première est la meilleure surprise française de ces deux dernières années : il s’agit d’Irresponsable, dont le bouquet d’Orange OCS propose à présent la deuxième saison.

Créée par Frédéric Rosset et portée par le comédien d’exception qu’est Sébastien Chassagne, Irresponsable confirme dans cette saison 2 les talents d’écriture du premier et l’intense finesse d’interprétation du second – lequel, bien que dans un genre différent, rappelle l’extraordinaire palette de jeu d’un Jean Dujardin. Le  pitch, en une phrase : Julien (Sébastien Chassagne), préado de 31 ans, sans travail et vivant chez maman, découvre dans la saison 1 qu’il a un fils, un ado qui a déjà 15 ans (fort subtilement interprété par le jeune Théo Fernandez). La commande d’une troisième saison vient d’être annoncée.

Autre belle surprise, à découvrir d’ores et déjà sur le site d’Arte, avant même sa diffusion télévisée le jeudi 22 mars : J’ai deux amours, écrite principalement par le critique de séries des Inrockuptibles, Olivier Joyard. En abordant des sujets de société de manière légère, cette « dramédie » romantique fait preuve de beaucoup de charme. Construction des trois épisodes, ton, situations, dialogues, comédiens, l’ensemble sonne constamment juste. Surtout, elle donne le sentiment que le scénario et la réalisation de Clément Michel ont fait alliance pour laisser éclater le pouvoir de séduction des personnages et explorer une veine sentimentale sans cynisme ni entrave. Martine Delahaye
« Irresponsable », créée par Frédéric Rosset. Avec Sébastien Chassagne, Marie Kauffmann, Théo Fernandez (France, 2016 et 2018, 10 x 26 min et 10 x 26 min). Saisons 1 et 2, sur OCS GO.
« J’ai deux amours », créée par Olivier Joyard et Jérôme Larcher. Avec François Vincentelli, Julia Faure, Olivier Barthélémy (France, 2018, 3 x 50 min). Sur le site d’Arte et également sur la chaîne à partir du 22 mars à 20 h 55.
« The Last Tycoon » : Hollywood sous l’influence du Reich

Le roman The Last Tycoon (« Le Dernier Nabab »), laissé inachevé, en décembre 1940, par Francis Scott Fitzgerald, a fait l’objet de nombreuses adaptations pour la télévision, le théâtre et le cinéma. HBO qui avait prévu d’en faire une série, a fini par vendre les droits à Sony Pictures, qui en assura la production pour les studios d’Amazon Video en 2016.
Grâce à un budget conséquent, cette adaptation très libre est réalisée dans l’esprit d’un film hollywoodien glamour et flamboyant, reconstituant à grands frais les années 1930 californiennes. Mais l’époque dépeinte est aussi celle où Hitler tente, par le biais de son consulat à Los Angeles, de faire la pluie et le beau temps sur le cinéma en censurant tout ce qui ne convient pas à la doctrine nationale-socialiste.
Monroe Stahr (Matt Bomer) va tenter de s’opposer à cette censure, avec l’appui de son patron, Pat Brady (le granitique Kelsey Grammer), directeur d’un studio qui ne peut se permettre de perdre le marché allemand. A cet axe principal s’agrègent des intrigues amoureuses, des doubles jeux, des drames et des violences sociales dont le terrain d’action est le studio de Pat Brady et les résidences des nababs d’Hollywood. De sorte que le propos s’illustre par l’artifice du principe du théâtre dans le théâtre. Renaud Machart
« The Last Tycoon », créée par Billy Ray. Avec Matt Bomer, Kelsey Grammer, Lily Collins (Etats-Unis, 2016-2017, 9 x 50-60 min.) Amazon Prime à la demande.
« The Looming Tower » : dans les coulisses du 11-Septembre

Cette série que propose Amazon Video à raison d’un épisode par semaine, retrace les années qui ont précédé les terribles attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. On y voit comment la chose a pu se produire dans le cadre d’une rivalité permanente entre les services du FBI et de la CIA, où peu parlaient l’arabe, où les bisbilles procédurières et les jeux de pouvoir ont fini par masquer ce qui aurait pu et dû être repéré, et possiblement empêché.
Les deux premiers épisodes disponibles montrent un savant mais parfois gênant mélange d’archives et de reconstitutions qui font circuler The Looming Tower entre fiction historique et docufiction. Les Français regarderont cette série créée par Dan Futterman, Alex Gibney et Lawrence Wright (d’après le livre de ce dernier, paru en 2006) d’un œil peut-être plus attentif car l’acteur Tahar Rahim y joue, dans un bon anglais, l’un des deux rôles principaux – au côté de Jeff Daniels. Sinon, The Looming Tower, tourné en sept pays et dix villes, semble se situer, certes à une époque différente, entre Homeland et Le Bureau des légendes. Ce qui lui donne un malheureux air de déjà-vu. R. Ma
« The Looming Tower », créée par Dan Futterman, Alex Gibney et Lawrence Wright. Avec Tahar Rahim, Jeff Daniels (Etats-Unis, 2018, 10 x 51 min). Amazon Prime à la demande.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ The Weinstein Company met également fin aux accords de confidentialité qui imposaient le silence aux victimes et aux témoins des abus sexuels d’Harvey Weinstein.
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Le studio de cinéma Weinstein a déposé le bilan

The Weinstein Company met également fin aux accords de confidentialité qui imposaient le silence aux victimes et aux témoins des abus sexuels d’Harvey Weinstein.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 05h38
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 06h56
   





                        


Clap de fin pour le studio de cinéma fondé par Harvey Weinstein et son frère Robert. Il a déposé formellement son bilan lundi 19 mars. Dans un communiqué, la direction du studio, The Weinstein Company, attaqué en justice par plusieurs victimes présumées d’Harvey Weinstein et criblé de dettes, a ajouté avoir trouvé un accord avec une société d’investissement, Lantern Capital, pour la reprise « en substance de ses actifs et de ses employés », même si cet accord reste à confirmer par le tribunal des faillites.
« Même si nous avions espéré arriver à une reprise hors tribunal, le conseil d’administration est heureux d’avoir un plan qui permette de maximiser la valeur des actifs et de préserver le maximum d’emplois et de rendre justice aux victimes », a déclaré Robert Weinstein, cité dans le communiqué. Aucune information chiffrée n’a été donnée concernant cet accord de rachat.

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                A la suite de la chute du studio Weinstein, le chocolatier Lindt assigne l’entreprise en justice



The Weinstein Company a aussi annoncé mettre fin « immédiatement » aux clauses de confidentialité signées à l’initiative de Harvey Weinstein, « dans la mesure où elles empêchaient de parler des individus ayant subi ou été témoin des abus sexuels d’Harvey Weinstein ».
« Personne ne doit avoir peur de s’exprimer ou être contraint de rester silencieux. La société remercie les individus courageux qui ont déjà pris la parole. Vos voix ont inspiré un mouvement porteur de changement pour le pays et le monde entier. »
Libérer les voix « bâillonnées »
Le studio, prudent, ne dit pas combien d’accords de confidentialité ont ainsi pu être signés. Si une centaine de femmes ont déjà accusé Harvey Weinstein d’abus sexuels allant du harcèlement au viol, cette annonce rend d’autres révélations possibles.
Le procureur de l’Etat de New York, Eric Schneiderman, qui avait assigné The Weinstein Company en justice en février et empêché un accord de reprise du studio faute de dispositions suffisantes pour les victimes d’Harvey Weinstein, s’est réjoui de cette annonce. Cela « permettra à des voix qui ont été trop longtemps bâillonnées de pouvoir enfin être entendues », a-t-il réagi dans un communiqué, en soulignant que ses services resteraient impliqués dans le processus de faillite pour s’assurer de la bonne compensation et de la protection des victimes.

        Lire aussi :
         

                L’accord de rachat du studio Weinstein annulé



Le dépôt de bilan intervient après de nombreux rebondissements. The Weinstein Company a longtemps négocié une reprise avec l’ancienne responsable des PME de l’administration Obama, Maria Contreras-Sweet, pour quelque 500 millions de dollars, mais les négociations ont tourné court il y a deux semaines.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Notre choix du soir. Enquête sur le trafic d’armes, les liens entre hooligans, voyous et responsables officiels qui sévissent dans le pays (sur Canal+ à 22 h 45).
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TV – « Serbie : les miliciens du crime »

Notre choix du soir. Enquête sur le trafic d’armes, les liens entre hooligans, voyous et responsables officiels qui sévissent dans le pays (sur Canal+ à 22 h 45).



Le Monde
 |    19.03.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 20h40
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Canal+ à 22 h 45

   


Belgrade et son univers impitoyable. Filmée de nuit sur une musique anxiogène, la capitale serbe prend une allure inquiétante. Dans cette ville d’un million et demi d’habitants environ, organisations criminelles, hooligans redoutés et armes de guerre font partie du paysage. Habitué de ces atmosphères, Jérôme Pierrat enquête depuis plus de vingt ans sur le crime organisé sous toutes ses formes. Cette fois, en compagnie d’Olivia Mokiejewski, il s’est intéressé à ce qu’il appelle « le trou noir de l’Europe », à savoir la Serbie, pays de 7 millions d’habitants, dont l’une des spécialités semble être le trafic d’armes.
On estime que 80 % des armes de guerre circulant en France proviennent de l’ex-Yougoslavie et notamment de Serbie, pays abritant de redoutables gangs de braqueurs écumant l’Europe occidentale. Un pays devenu également une véritable plaque tournante pour le trafic de stupéfiants. Pourquoi les voyous serbes semblent-ils aussi puissants ? Quels sont leurs appuis, leurs éventuels liens avec des responsables politiques, policiers et militaires ? A toutes ces délicates questions, Jérôme Pierrat tente de répondre en interrogeant de nombreux témoins, dont certains voyous de haut vol qui, face caméra, garderont leur cagoule. On n’est jamais trop prudent entre Danube et Save…

   


Fusils-mitrailleurs, pistolets, grenades, on trouve facilement de tout en Serbie. « En France, une kalachnikov vaut entre 2 000 et 3 000 euros. On en vend beaucoup », souligne un témoin, le ­visage caché : « Nos armes sont généralement transportées par des camions turcs. Mais avec les contrôles renforcés aux frontières à cause des migrants, c’est de plus en plus dur. Avant, on passait par la Hongrie ; maintenant, par la Croatie ».
Au fil de son avancée, l’enquête engage une plongée dans le milieu des hooligans locaux : « Fossoyeurs » du Partizan, « Braves » de l’Etoile rouge, certains groupes ressemblent à de véritables milices paramilitaires. Avant l’éclatement de la Yougoslavie, ces groupes étaient protégés par le pouvoir. En échange, les hooligans s’occupaient à leur manière des manifestants anti-régime. Aujourd’hui, les liens entre hooligans, voyous et responsables officiels perdurent. « Nous nous protégeons mutuellement », résume Ratko, supporteur du Partizan et prospère trafiquant de cocaïne.
Liquidation d’opposants
En interrogeant Bozidar Spasic, ancien responsable des services secrets de Yougoslavie, Jérôme Pierrat a face à lui un précieux témoin. Condamné à perpétuité par défaut en Belgique, Spasic a délivré, en quinze ans, six cents passeports à des criminels, chargés notamment de liquider des opposants passés à l’Ouest. « L’Etat n’a pas créé des criminels, ils existaient avant. On s’est servi d’eux », résume Spasic. Parmi ces criminels protégés par le pouvoir, Zeljko Raznatovic (1952-2000), plus connu sous le surnom d’« Arkan ».
Ancien voyou, hooligan emblématique de l’Etoile rouge, chef de guerre criminel à la tête de la Garde des volontaires serbes (les tristement célèbres Tigres), mafieux, homme d’affaires, politicien, époux de la reine de la pop locale, assassiné en plein Belgrade, la vie d’« Arkan » semble écrite par un scénariste sous amphétamines. Aujourd’hui, l’Etat se veut irréprochable, mais le crime organisé persiste. Grâce à des appuis dans les mairies, les commissariats et, paraît-il, certains ministères, l’argent du trafic d’armes et de la drogue est blanchi dans le bâtiment.
Serbie : les miliciens du crime, de Jérôme Pierrat et Olivia Mokiejewski (Fr., 2018, 55 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ A l’occasion des 90 ans de Mickey, la Monnaie de Paris commercialise des nouvelles pièces comme elle le fait régulièrement pour d’autres commémorations. Ces séries limitées se révèlent, parfois, de bons placements.
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Les monnaies de collection : un bon investissement ?

A l’occasion des 90 ans de Mickey, la Monnaie de Paris commercialise des nouvelles pièces comme elle le fait régulièrement pour d’autres commémorations. Ces séries limitées se révèlent, parfois, de bons placements.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 18h01
    |

                            Carine Albertus








                        



   


Des monnaies en argent de 10 euros, 50 euros ou 200 euros intitulée Mickey & la France : la Monnaie de Paris, installée quai Conti, à Paris (6e arrondissement), révèle enfin le thème de sa nouvelle série de pièces de monnaie de collection à valeur faciale, après celle intitulée La France de Jean-Paul Gaultier en 2017. Une manne financière pour cette vieille institution (en activité depuis plus de 1 150 ans !) qui lui a permis de compenser le manque de commandes de frappe de monnaies courantes à partir de l’année 2000, aussi bien par l’Etat français que par ses clients étrangers.
Tous les ans depuis 2008, l’Etablissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) édite ainsi des séries d’euros à valeur faciale, descendantes directes des pièces de 20 francs ou de 50 francs en argent que nos parents conservaient avant de les revendre pour récupérer de la monnaie sonnante et trébuchante… Les ingrédients actuels de cette gamme de produits très marketée : un tirage important, des montants accessibles (10 euros en argent 333 ‰, 50 euros en argent, 200 euros en or 999 ‰), une thématique grand public et un réseau de points de vente partout en France (bureaux de poste et la toute nouvelle boutique de la Monnaie de Paris, quai Conti).

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« Ces pièces sont vendues à leur valeur faciale, précise Claude Giffin, directrice marketing et développement à la Monnaie de Paris, sauf la pièce colorisée de 50 euros vendue un peu plus cher (59 euros avec une cartelette jointe). »
Mayotte en pointe
Mais que valent ces pièces de qualité courante au bout de quelques années ? « Jamais moins que leur valeur faciale, affiche Claude Giffin. Parfois plus selon la loi de l’offre et de la demande : dans la collection des euros des régions en 2010, la pièce de Mayotte en argent a vite été épuisée, son tirage était faible (NDLR : 50 000 exemplaires). Aujourd’hui, elle peut se vendre beaucoup plus cher que 10 euros ».
Effectivement, la pièce à l’effigie de ce territoire d’outre mer devenu, en 2011, le cent unième département français, s’affiche volontiers autour de 40 euros actuellement. Au-delà de leur valeur marchande, ces pièces ont vocation à véhiculer le savoir-faire de la Monnaie de Paris, mais aussi une valeur patrimoniale. Claude Giffin argumente : « un objet réclamé par les enfants et acheté par les grands-parents ».

   


Avec une cote plus forte mais un tirage plus faible, les monnaies de collection classiques, quant à elles, présentent une valeur marchande déconnectée de leur valeur faciale en raison notamment de leur qualité de gravure et de frappe. « La qualité belle épreuve, ce que l’on fait de mieux », assure Claude Giffin. Une frappe spéciale à la main, réalisée monnaie par monnaie, et vérifiée par le monnayeur au cœur des ateliers parisiens. Quant à la gravure, étape précédant la frappe, elle répond à des critères précis, notamment celui du relief : « Il ne doit pas dépasser le listel [NDLR: rebord en saillie] de la pièce qui protège le motif », précise la responsable de l’institution.
« Mickey plutôt qu’un empereur romain »
Le tirage de ce type de séries essentiellement destinées aux collectionneurs est faible : « au maximum pour une monnaie en argent, entre 2 000 et 3 000 pièces ; 99 exemplaires pour les pièces de 5 onces ». Parmi ce genre d’opérations en cours depuis les années 1980, la célébration des Jeux olympiques d’Albertville marque les débuts du succès pour ces pièces de qualité : la pièce de 100 francs Albertville vaut aujourd’hui entre 50 et 60 euros sur les sites spécialisés ou sur eBay.
Enfin, mention spéciale à la série sortie en 2012, imaginée avec Karl Lagerfeld et célébrant le 125e anniversaire de la naissance de Coco Chanel : deux en argent (45 euros et 325 euros pour celle de 5 onces) et deux en or (345 euros et 5 900 euros pour celle de 5 onces), toutes d’une valeur faciale de 5 euros comme le parfum N° 5.
Pureté du métal, rareté du modèle, considérations techniques s’allient pour faire grimper la cote : aujourd’hui, la pièce Chanel « peut valoir le double de son prix, voire plus », affirme Claude Giffin. Une valorisation qui dépend aussi de la dextérité du maître graveur, détenteur du savoir-faire propre à la Monnaie de Paris.
Toutefois, il reste difficile de suivre la cote des pièces de collection, comme on pourrait suivre le cours de ses lingots d’or… « En règle générale, la numismatique, l’étude des monnaies, n’est pas propice à un investissement, confirme Sabine Bourgey, du Cabinet Bourgey numismatique. Cette spécialiste installée à Paris tempère néanmoins ses propos : « Achetez une monnaie de collection si cela vous plaît, selon vos moyens, sans jamais penser à investir. Si vous préférez acheter une pièce à l’effigie de Mickey plutôt qu’un empereur romain, pourquoi pas ! ». L’achat de monnaies grand public peut ainsi donner le goût de la collection et peut-être un jour de l’investissement.



                            


                        

                        


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Neal Shusterman, auteur de « La Faucheuse » : « Je ne voulais pas écrire une dystopie de plus »

Le romancier américain, auteur de best-sellers pour adolescents, était de passage au Salon du livre de Paris pour promouvoir sa dernière trilogie.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 16h45
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 17h58
    |

            Pauline Croquet








                        


Nombreux étaient les amateurs et amatrices de Neal Shusterman à se presser autour du stand de dédicaces pour la première venue de l’auteur au Salon du livre de Paris, qui s’achève lundi 19 mars. Après s’être essayé à plusieurs genres, le romancier américain a rencontré le succès dans la littérature adolescente avec, notamment, la série Les Fragmentés.

#LivreParis - Jour 4 ! 
— CollectionR (@Collection R)


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Sa nouvelle trilogie de La Faucheuse qui s’achèvera en 2019 et dont le deuxième tome vient de paraître en France, décrit une société de la post-mortalité, où les humains, grâce aux progrès de la médecine, ne sont plus voués à mourir et peuvent même rajeunir à l’envi. La criminalité est en berne depuis que la société est gouvernée par un nuage informatique mais un problème subsiste : la surpopulation, du fait de l’immortalité. Pour y pallier, des faucheurs sont désignés parmi les humains pour condamner certains de leurs congénères.
Qu’est-ce que qui vous a inspiré cette trilogie de « La Faucheuse » ?
Ayant écrit des dystopies pour adolescents et constaté à quel point elles sont populaires, je ne voulais pas en écrire une de plus. Je me suis dit qu’on avait rarement observé comment cela se passe quand tout va bien dans le monde. J’ai donc essayé d’écrire une histoire utopique et de penser à quoi la société ressemblerait si on avait éradiqué la pauvreté, le racisme, les maladies, etc.
J’ai commencé à faire beaucoup de recherches, et l’une des choses qui est ressortie, c’est le rallongement de la durée de vie et les travaux pour arrêter le processus de vieillissement. Que serions-nous en tant qu’individus et en tant qu’espèce si nous devenions immortels ? J’ai réalisé que ça poserait des problèmes de population et les gens devraient quand même mourir. Comment décider alors qui doit vivre et mourir ?
Dans votre livre, vous avez confié cette unique tâche à la population elle-même…
Oui, car, finalement, on revient facilement à des éléments de dystopie si on imagine que les ordinateurs décident, que le gouvernement décide. Il fallait trouver mieux et m’est venue l’idée de confier ça à des personnages de haute moralité comme les maîtres Jedi. C’est de là que j’ai choisi les faucheurs, des personnages qui sont les plus moraux, les plus éthiques, les plus sages. Mais bien sûr, quand vous avez ce type de pouvoir, il est facile de se faire corrompre.

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Dans cette trilogie, la société est régie par un super-nuage informatique, le « Thunderhead ». Etes-vous optimiste ou pessimiste envers la technologie ?
Je suis neutre : pour chaque chose positive qui survient grâce à la technologie, il y a aussi des conséquences négatives. Historiquement, c’est comme cela que ça semble fonctionner. Il y a des choses prodigieuses qui vont se produire avec l’intelligence artificielle, mais il y aura aussi des choses effrayantes. Et l’on va devoir trouver un moyen de naviguer entre les deux. Ma démarche est de poser ces questions aux adolescents qui vont dans quelques années être à la tête de la société.
Beaucoup d’œuvres de pop culture actuelle questionnent le futur : films, séries, livres… Y en a-t-il qui vous ont particulièrement plu ?
Black Mirror est ma série télé préférée du moment parce qu’elle traite de ce que j’essaie de faire avec mes livres. Elle m’empêche de dormir parce que je n’arrête pas de penser à ces technologies et où celles-ci peuvent nous conduire. Plus il y aura de productions comme celle-là, mieux ce sera, parce que nous devons absolument réfléchir à ces questions.
Ces livres ont pour thème central la mort. Reflètent-ils vos inquiétudes sur le sujet ?
Tout le monde est inquiet par la mort à un moment dans sa vie. Mais c’est bien plus l’idée de la conscience que celle de la mort qui m’intéresse. J’ai envie de comprendre ce que cette dernière signifie : avons-nous une âme ? Si on devient immortel, qu’est-ce que cela dit de notre conscience ? Est-ce qu’une intelligence artificielle peut avoir une conscience ? Pour moi, cette dernière question se doit d’être résolue parce que nous allons arriver à un point ou peut-être ne serons nous plus capable de faire la différence entre quelque chose d’artificiel et quelque chose qui ne l’est pas.
Est-il difficile de parler de mort à des adolescents ? Est-ce que vous vous êtes interdit certaines choses à ce propos ?
Ecrire sur la mort n’était pas difficile, parce que j’ai eu l’impression d’écrire à ce sujet de façon responsable et prudente. Les histoires qui me frustrent sont celles qui se terminent futilement. Je ne veux pas écrire ce genre d’histoires. Pour moi, les seules qui vaillent la peine sont celles qui contiennent de l’espoir. Même si certains de mes récits s’ancrent dans des situations sombres, elles contiendront toujours de l’espoir.
Les romans adolescents permettent aux lecteurs de grandir. Y a-t-il un enseignement qui vous tient à cœur de transmettre ?
La chose la plus importante que je veux transmettre n’est pas tant une morale. Car cela suggère qu’il y a une réponse simple et qu’en tant qu’auteur je la connaîtrais. La seule leçon que mes livres pourraient contenir est celle sur l’importance des perspectives, des points de vue. On doit voir les choses sous différents angles même ceux auxquels on ne veut pas penser. On doit avoir une vue d’ensemble pour pouvoir prendre des décisions éclairées.
Certains passages de « La Faucheuse » peuvent s’avérer violents. Comment avez-vous travaillé ces épisodes ?
J’ai choisi avec attention et beaucoup travaillé ces passages parce que je savais que je ne pouvais pas éviter la violence, cela sert l’histoire. Je devais montrer ce qui fait de certains faucheurs des mauvaises personnes. Il y a ce moment où Maître Goddard apparaît dans le premier tome. Il arrive dans un avion et annonce que tous les passagers vont être fauchés. La scène se déroule entièrement du point de vue d’un homme assis dans l’avion qui cherche à voir comment il peut affronter les faucheurs et qui réalise comment ces derniers prennent trop de plaisir à accomplir leur tâche. Cela a été raconté d’une manière qui ne glorifie pas la violence ou le sang.
Il y a aussi l’épisode du massacre dans le centre commercial qui peut trouver écho avec des événements aux Etats-Unis…
Encore une fois l’histoire est racontée du point de vue d’une petite fille qui se cache et ferme les yeux. On sait ce qui se passe, mais je ne le montre pas. 
Je veux préciser que jamais les faucheurs n’utilisent d’armes à feu même dans les moments où ils pourraient y recourir, parce que j’ai un problème avec ça. Je suis très en faveur du contrôle des armes à feu aux Etats-Unis, et je suis frustré par le fait qu’il n’y en ait pas plus actuellement. En tant qu’auteur de livres pour jeunes gens, je ne veux pas glorifier cette violence. Je fais de mon mieux pour éviter ça.
Votre trilogie a deux héros : une fille, Citra, et un garçon, Rowan. Etait-ce parce qu’il était difficile de choisir ?
Non. C’est parce que je voulais que ça attire les garçons et les filles. Les récents romans dystopiques pour ados ont, en général, une héroïne. Je voulais aussi avoir un personnage masculin, car je me suis dit que si je divisais l’histoire et les points de vue entre Citra et Rowan, je pourrais offrir beaucoup plus.
« La Faucheuse », tome II Thunderhead, de Neal Shusterman, éditions Robert Laffont, 576 pages, 19,50 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Membre de l’Ecole freudienne, ami de Françoise Dolto, Denis Vasse appartenait à toute une lignée de jésuites qui se tournèrent vers la psychanalyse. Il est mort lundi 12 mars, à 84 ans.
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Mort du prêtre et psychanalyste Denis Vasse

Membre de l’Ecole freudienne, ami de Françoise Dolto, Denis Vasse appartenait à toute une lignée de jésuites qui se tournèrent vers la psychanalyse. Il est mort lundi 12 mars, à 84 ans.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 17h54
    |

                            Patrick Kéchichian








                        



                                


                            

Prêtre, médecin et psychanalyste, Denis Vasse est mort lundi 12 mars à Francheville, dans le Rhône, à l’âge de 84 ans. Cette identité multiple ne dissimule pas une contradiction ni même un affrontement. Au centre d’une vocation plurielle et unique, il y a la parole. Parole entendue, écoutée, étudiée, avec le plus grand soin, le plus haut sérieux.
« L’homme est réponse à la question que pose toute parole », écrivait-il en 1969, dans un premier livre qui marqua profondément les esprits : Le Temps du désir. Essai sur le corps et la parole (Seuil). Cette citation valant aussi bien dans l’espace de la psychanalyse que dans celui de la foi. Lire Freud et Lacan n’empêche pas de méditer les Evangiles ! Il écrivait aussi, avec simplicité et profondeur : « Sans la foi en la parole, les mots se redoublent en songe de l’esprit. »
Né en 1933 en Algérie dans une famille modeste, Denis Vasse fait ses études de médecine à Alger, avant d’entrer dans la Compagnie de Jésus en 1958 et de prononcer ses premiers vœux en 1960. Cette même année, il soutient sa thèse de médecine. Partisan de l’indépendance, il exerce comme médecin au sein de l’armée.
Vice-président de l’Ecole freudienne
Ordonné prêtre en 1971, il s’installe à Villeurbanne, près de Lyon, où il conduit des cures d’enfants au centre médico-psychologique. Psychanalyste, il se rapproche de Jacques Lacan et de l’Ecole freudienne, dont il sera même le vice-président à la fin des années 1970, juste avant la dissolution de l’institution décidée par Lacan en 1980. Entre 1978 et 2007, il donna de nombreux cours et séminaires, aussi bien en France qu’en Italie ou au Canada.
Ami de Françoise Dolto, dont il célébrera les obsèques à Paris en août 1988, Denis Vasse appartient à toute une lignée de jésuites qui se tournèrent vers la psychanalyse, notamment après Vatican II et Mai 68 – événements fondateurs, chacun à leurs mesures, et catalyseurs de pensée. On peut citer Louis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Pour garder sa voix le plus longtemps possible, l’artiste détaille ses règles de vie : « Je ne bois pas, je ne fume pas, je ne mange jamais épicé. Et le pire, c’est de parler. C’est même pire que l’alcool, de parler. »
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Au Palais de Tokyo, l’artiste a accumulé des objets persuasifs dans une mise en scène déconcertante.
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Le plasticien Neïl Beloufa joue à se faire peur avec la propagande

Au Palais de Tokyo, l’artiste a accumulé des objets persuasifs dans une mise en scène déconcertante.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 16h03
    |

                            Emmanuelle Lequeux








                        



                                


                            

Plus qu’une exposition, c’est un monde. Un Web Wide World, pourrait-on dire : un monde à la dimension (dantesque) de la Toile. Où l’on croise Churchill et les martyrs de Téhéran, des soldates israéliennes en promo sexy sur Instagram et les tulipes de Jeff Koons version miniature, Benoît Hamon caricaturé avec des oreilles de Monsieur Spock et les peintures de George W. Bush, le combat des femmes peshmerga et une pub pour un jeu vidéo, des gadgets maoïstes vendus aux touristes en mal d’exotisme coco ou un livre de coloriage anti-organisation Etat islamique… Le monde, tel qu’il apparaît, régi par la violence et les conflits. Le plasticien Neïl Beloufa a encore du mal à saisir la déconcertante mise en scène qu’il a orchestrée là, au Palais de Tokyo. « Nous avons sélectionné des objets de représentations de pouvoirs politiques ou économiques, intellectuels et artistiques, afin d’essayer d’analyser leur mécanique de fonctionnement, leurs formes, sur quoi ces images jouent. Puis nous les avons assemblés en faisant des nœuds, qui parfois coincent, parfois créent des associations, des sens involontaires. » Ainsi tente-t-il de résumer l’entreprise titanesque dans laquelle il s’est lancé.

Ce qu’il donne à voir, c’est une foule de maquettes, fac-similés, reproductions. Des propagandes tous azimuts, tirées de musées de la guerre ou du flux d’images de la Toile. Fétichisation d’une poutre métallique du World Trade Center en forme de croix, devenu objet d’un culte christique ; synthèse 3D reconstituant les bouddhas de Bamyan comme un sordide son et lumière ; jeux de cartes de l’armée américaine à l’effigie de Saddam Hussein, ou casques de guerre irakiens dessinés par son fils en copiant la coiffe de Dark Vador ; publicité russe qui clame : « Le tabac tue, mais moins que Barack Obama » ; Robert Ménard qui utilise pour réclamer le TGV pour sa ville de Béziers une photo de Trump avec Kim Jong-un… Ou encore, pire que tout, une maquette de ville...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le chorégraphe d’origine sénégalaise réinvente la géométrie dans l’espace sur la scène du Théâtre des Abbesses.
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édition abonné


Le hip-hop tout en légèreté d’Amala Dianor

Le chorégraphe d’origine sénégalaise réinvente la géométrie dans l’espace sur la scène du Théâtre des Abbesses.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 10h15
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

De la danse hip-hop en chaussettes pour mieux glisser et se la jouer patineur d’un soir en pirouettant comme une torche vive. Du hip-hop planant, doux, à peine audible tant il surfe léger au-dessus du sol, pèse poids plume sans pour autant manquer de chair. Du hip-hop ample qui ne se contente pas de torpiller sur place, mais voyage dans l’espace.
Avec ce trio masculin simple, savant et beau, Dianor pose sur scène, l’air de rien, un traité de danse pure
Quelque part au milieu de l’infini, d’Amala Dianor, à l’affiche du 13 au 17 mars au Théâtre des Abbesses, à Paris, tient mystérieusement les promesses de son titre intersidéral. Avec ce trio masculin simple, savant et beau, Dianor pose sur scène, l’air de rien, un traité de danse pure assumé comme tel, avec la seule passion du mouvement et de la relation à l’autre. Car, entre les gestes, le chorégraphe affirme avant tout la qualité fraternelle et humaine d’un art vécu comme une passerelle et une conversation.

Sur le plateau vide, trois hommes, le Coréen Pansun Kim, le ­Burkinabé Ladji Koné et Dianor lui-même, lancent à tour de rôle leur ligne de danse comme on va à la pêche, entraînant leurs collègues dans leur sillage. Sans ­jamais se perdre de vue, ils tirent sur l’élastique de leur relation, réinventent les lois de l’at­traction au gré d’un jeu continu de correspondances gestuelles, d’échos et parfois d’unissons. Une combinatoire chorégraphique magique qui fait respirer la scène et irradie de sérénité.
Langue métisse
Cette circulation du trio est soufflée par l’écriture d’Amala Dianor. Hybride fluide de sabar sénégalais, de hip-hop disloqué et acrobatique, ainsi que de contemporain, elle surfe sur les différents registres dans un élan organique. Elle valorise l’intelligence d’un corps global, traversé jusqu’aux extrémités par un mouvement ondulatoire qui semble n’avoir ni début ni fin. L’ensemble est subtil et sensuel, virtuose sans ostentation, tant les trois interprètes...




                        

                        


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Musiques du monde : la générosité joyeuse de Gilberto Gil

Avec Gal Costa et Nando Reis, le Brésilien était en concert à La Seine musicale.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 09h44
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                            Patrick Labesse








                        



   


Gilberto Gil de retour sur scène, en France, samedi 17 mars, à La Seine musicale, sur l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Pas loin de 4 000 personnes ont bravé le froid et la neige pour ce concert-événement. Depuis son passage au Palais des Congrès, à Paris, avec Caetano Veloso, en 2015, on avait redouté le pire pour la star brésilienne quand, fin août 2016, la nouvelle était tombée d’une (troisième) hospitalisation, pour insuffisance rénale. Le revoir sur scène, à 75 ans, joyeux, guitare en mains, avec toujours le même esprit camarade et généreux vis-à-vis de son public, nous a rassurés.
Gilberto Gil partage la scène avec une autre icône de la MPB (musica popular brasileira), la chanteuse bahianaise Gal Costa, de trois ans sa cadette, très rare à Paris (elle-même avoue ne pas se souvenir à quand remonte son dernier passage).
Le projet baptisé « Trinca de ases » (« brelan d’as ») est né sur scène à Brasilia en 2016
A ces deux figures historiques s’est joint, recruté par Gil, un « jeune » de 55 ans, né à Sao Paulo, le guitariste et chanteur Nando Reis. Très rock’n’roll dans l’attitude et l’énergie qu’il insuffle tout au long de la soirée à ses camarades, moins alertes et pas toujours en voix. Une découverte pour le public francilien, car lui n’avait encore jamais chanté à Paris. Le Brésil l’a connu bassiste et chanteur du groupe de rock Titas, avant qu’il n’entame une carrière solo et ne se lance dans la production (travaillant, entre autres, avec la chanteuse Marisa Monte).

C’est en fait lui le véritable MC (maître de cérémonie) de ce projet baptisé « Trinca de ases » (« brelan d’as »), né sur scène à Brasilia en 2016, sur lequel tous les trois sont appuyés par l’efficacité remarquable du bassiste Magno Brito et du percussionniste-batteur Kainan do Jejê (du groupe Sinara), et actuellement en tournée européenne. Il en a conçu le répertoire – disponible sur un album enregistré en public à Sao Paulo, paru sur le label brésilien Biscoito fino, bientôt distribué en France – et il en a signé les arrangements.
Quelques perles d’amis
Aux compositions de son aîné (Palco, Esotérico, Cores vivas, Refavela, Barato total…), et aux siennes, ont été ajoutées quelques perles d’amis, dont Baby, signée par Catano Veloso sur l’emblématique album du tropicalisme, le mouvement qui malmènera, à la fin des années 1960, la bossa-nova et bousculera la chanson bien-pensante, Tropicália ou Panis et Circencis (paru en 1968). Un album réunissant Gilberto Gil, Gal Costa, Caetano Veloso, Tom Zé, Nara Leão, le groupe Os Mutantes. Rogerio ­Duprat (1932-2006) en signait les arrangements.
« C’est la révolution esthétique du tropicalisme d’alors qui permet aujourd’hui d’envisager une politique alternative dans laquelle je veux m’engager », commentait, en 1987, Gilberto Gil dans le documentaire Gilberto Gil, la passion sereine, réalisé par Ariel de Bigault. A la fin des années 1980, il occupe un poste à la ­culture dans l’Etat de Bahia puis deviendra plus tard (de 2003 à 2008), représentant le Parti Vert, ministre de la culture dans le gouvernement de Lula.
A la mémoire de Marielle Franco
A La Seine musicale, Gal Costa rappelle, avec ses deux complices, la mémoire de Luiz Melodia, mort en 2017, en interprétant une de ses compositions, Perola negra. Luiz Melodia était souvent perçu comme un porte-parole des favelas et de la culture du peuple noir au Brésil. Les favelas dont était issue Marielle Franco, une jeune femme de 38 ans, élue municipale de Rio, populaire militante des droits de l’homme, en guerre contre les exactions policières et militaires, assassinée dans la soirée du 14 mars en plein centre de Rio.

        Lire le récit :
         

          L’assassinat à Rio de Marielle Franco, élue locale et militante contre les violences policières, émeut le Brésil



« Evidemment, tout ce que nous faisons là, après l’assassinat de Marielle, c’est un hommage à la vie et pour honorer sa mémoire », déclare sur scène (en français) Gilberto Gil. Deux heures plus tôt, dans les loges, il commentait ce drame qui a bouleversé une partie du Brésil. « Marielle était une militante pour la cause noire, la cause des femmes… Elle avait des ennemis, des gens qui voulaient la faire taire. Elle a été exécutée. Cet assassinat m’apparaît comme une conséquence de toute la situation “compliquée” socialement, politiquement, économiquement, que nous vivons en ce moment au Brésil. »
Gilberto Gil reviendra en concert avec le projet « Refavela 40 » : le 28 juin au festival Archéo Jazz, à Blainville-Crevon (Seine-Maritime), le 6 juillet au Barrière Enghien Jazz Festival à Enghien-les-Bains (Val-d’Oise), le 7 à Jazz à Vienne (Isère), le 10 au festival Les Suds à Arles (Bouches-du-Rhône).



                            


                        

                        

