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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ D’après la note de conjoncture de l’Insee, le produit intérieur brut devrait progresser de 0,4 % au premier puis au deuxième trimestre 2018.
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La croissance française fléchit légèrement en début d’année

D’après la note de conjoncture de l’Insee, le produit intérieur brut devrait progresser de 0,4 % au premier puis au deuxième trimestre 2018.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 18h04
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 18h34
    |

            Elise Barthet








                        



   


Après l’accélération pleins gaz de 2017, l’économie française connaît, depuis le début de l’année, un léger ralentissement. Rien d’alarmant à ce stade : les indicateurs fléchissent, tout en restant positifs. D’après la note de conjoncture de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), publiée mardi 20 mars, le produit intérieur brut (PIB) devrait ainsi progresser de 0,4 % au premier puis au deuxième trimestre 2018. Un rythme moins soutenu que précédemment, mais qui porte l’acquis de croissance pour l’année à 1,6 %.
Comme en 2017, c’est surtout l’investissement des entreprises qui tire l’activité. Les ménages, eux, ont assez nettement réduit leurs dépenses de consommation et d’investissement. Leur pouvoir d’achat a été grevé par un regain de l’inflation et l’étalement des baisses de charges. Il devrait, selon l’Insee, reprendre des couleurs au printemps. Mais il n’est pas dit que la confiance, qui a elle aussi marqué le pas en février, suivra la même trajectoire. Un défi de taille pour le gouvernement, alors que se profilent d’importants mouvements sociaux.
La croissance se tasse
A-t-on atteint un pic d’optimisme l’an passé ? Possible. L’Insee, qui avait constamment revu à la hausse ses prévisions en 2017, pour finir sur une croissance annuelle de 2 %, joue désormais la prudence. En décembre, les statisticiens misaient sur une progression du PIB de 0,5 % pour le premier trimestre 2018. Elle ne serait plus que de 0,4 %, la production industrielle ayant surpris à la baisse en janvier.
Une fois encore, la France fait un peu moins bien que la moyenne de la zone euro. Si l’activité des pays membres devrait, elle aussi, se contracter légèrement, la croissance se maintiendrait théoriquement à 0,5 % par trimestre en début d’année.
Un environnement international toujours porteur
L’Hexagone, comme ses voisins, continuera en effet à bénéficier de la bonne santé de l’économie mondiale. Aux Etats-Unis, la mise en place de la réforme fiscale – marquée par la baisse de l’impôt sur les sociétés et de la taxation des revenus des plus riches – a, semble-t-il, permis de prolonger le cycle d’expansion. Malgré les velléités protectionnistes du président Donald Trump, les importations américaines ne devraient donc pas faiblir.
L’embellie est d’autant plus marquée que les grands émergents ont abordé l’année avec le vent dans le dos. Les perspectives industrielles sont bonnes au Brésil, en Inde et en Turquie ; l’économie russe a bénéficié de la remontée des prix du pétrole ; et les importations de la Chine, en dépit d’un léger repli de l’activité, progressent au premier trimestre.
Les exportations françaises se redressent
Cette demande mondiale soutenue profite vraiment à l’économie française. Dopées par plusieurs livraisons aéronautiques, les exportations ont bondi fin 2017. Elles poursuivront sur leur lancée au premier trimestre, avec la vente d’un paquebot. Mieux : le commerce extérieur devrait enfin contribuer positivement à la croissance. Du jamais-vu depuis cinq ans, selon l’Insee.
Des entreprises moins optimistes, mais prêtes à investir
Et pourtant, les temps ne sont déjà plus à l’euphorie. Le climat des affaires commence à piquer du nez. Alors qu’il tutoyait les sommets en décembre, l’indice qui le synthétise a perdu trois points depuis le début de l’année. Industrie, services, bâtiment, commerce… Tous les secteurs sont concernés.
Faut-il s’en inquiéter ? Non, assure-t-on à l’Insee. « On reste très au-delà des moyennes de long terme » et la solidité de l’activité se lit toujours dans les perspectives d’investissement. Les taux avaient atteint en 2017 des niveaux inédits depuis quarante ans. Ils progresseraient encore de 1,1 % puis de 1,2 % au premier et au second trimestre.
Rien d’étonnant à cela : le tissu productif français n’a pas fini sa mue. Les entreprises cherchent à augmenter leurs capacités pour suivre le rythme de la reprise. Elles sont de plus en plus nombreuses à faire face à des difficultés d’offre et à des problèmes de recrutement.
L’emploi progresse
Ces tensions profitent d’ailleurs au marché de l’emploi. Malgré la suppression des emplois aidés, les analystes tablent sur 113 000 créations de poste au premier semestre. Un chiffre bien plus haut qu’anticipé.
Il ne faut toutefois pas s’attendre à une baisse du chômage de l’ampleur de celle enregistrée en décembre. Tombé à 8,9 %, son taux devrait se maintenir au même niveau jusqu’en juin.
Les salaires, en revanche, continueraient doucement à grimper. On estime leur progression à 2 % dans le secteur marchand en 2017 et à 1,2 % pour les six premiers mois de 2018. Pas de quoi enthousiasmer les ménages…
Une consommation des ménages en berne
Ces derniers ont vu leur pouvoir d’achat grignoté en début d’année par la mise en œuvre du premier train de mesures décidées par le gouvernement. L’inflation, estimée à 1,6 %, a également pesé sur les revenus, obligeant beaucoup de Français à puiser dans leurs économies. Le taux d’épargne serait ainsi passé de 14,3 % fin 2017 à 13,7 % au début de l’année.
Mais si le pouvoir d’achat devrait nettement se redresser au second trimestre, la consommation attendue des ménages reste en demi-teinte. Il en va de même de leur investissement. Un repli qui se répercute sur les permis de construire et les transactions de logements anciens.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Selon une enquête du Cercle des épargnants et d’Ipsos, seulement un quart des actifs estiment qu’ils disposeront de ressources suffisantes après leur cessation d’activité.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Les Français sont inquiets pour leur retraite

Selon une enquête du Cercle des épargnants et d’Ipsos, seulement un quart des actifs estiment qu’ils disposeront de ressources suffisantes après leur cessation d’activité.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 17h48
    |

            Jérôme Porier








                        



   


Plus de sept Français sur dix (73 %) se disent inquiets pour leur retraite, selon une enquête publiée le 20 mars par l’association Le Cercle des épargnants et Ipsos. Et 83 % des sondés craignent de manquer de ressources financières après leur cessation d’activité.
Toutes classes d’âges confondues, 26 % des Français déclarent ne jamais penser à la retraite. Ainsi, si seulement 15 % des moins de 35 ans s’en préoccupent, ce ratio monte à 47 % pour la tranche 45-59 ans. « On commence généralement à se soucier de sa retraite à partir de 40 ans, et surtout lorsqu’on s’approche du cap des 50 ans », précise Valérie Plagnol, présidente du Cercle des épargnants.
La principale motivation des épargnants est de se constituer une épargne de précaution (67 %), devant la préparation de la retraite (29 %) et l’anticipation d’une éventuelle situation de dépendance (25 %).

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A la question « Quels sont les meilleurs produits pour épargner ? », 44 % des personnes interrogées répondent l’assurance-vie, 35 % les livrets réglementés (comme le livret A ou le livret de développement durable et solidaire) et 27 % le plan épargne logement (PEL), à égalité avec l’épargne salariale.
Autre constat, 78 % sont informés du bas niveau actuel des taux d’intérêt. Une situation qui incite un sondé sur cinq à aller vers des placements mieux rémunérés, quitte à bloquer son épargne pendant plusieurs années. Mais cette situation ne pousse que 11 % des sondés vers l’immobilier et à peine 7 % vers des placements un peu plus risqués.
Insuffisamment formés pour gérer leur épargne
A quelles conditions les sondés accepteraient-ils de choisir un placement financier « aidant les entreprises » ? Les trois-quarts répondent qu’il faudrait une garantie sur le capital investi et la possibilité de récupérer son argent à tout moment. Ce qui nous renvoie, une fois de plus, à leur appétence pour l’assurance-vie…
De façon générale, un tiers des Français ne se sentent pas suffisamment formés pour gérer leur épargne. C’est particulièrement vrai pour les jeunes et les personnes seules. Un sondé sur trois souhaiterait davantage d’aide pour administrer son argent.
« Ces chiffres sont inquiétants, car ils confirment qu’il existe une fracture persistante entre ceux qui maîtrisent les questions financières et ceux qui sont perdus. Cette absence de culture financière nourrit l’inquiétude diffuse autour des retraites », commente Brice Teinturier, directeur général délégué chez Ipsos.
Ainsi, seulement un Français sur trois déclare suivre l’actualité financière et économique dans les médias. Et 59 % des sondés pensent que leur épargne sert à financer l’activité des banques et les marchés financiers…

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Seulement un quart des actifs estiment qu’ils disposeront de ressources suffisantes à la retraite. Pourtant, seule la moitié (57 %) d’entre eux épargne en vue de la retraite. A noter qu’un sondé sur deux (48 %) se déclare favorable au développement des fonds de pension.
En revanche, une majorité de Français refusent la solution d’une augmentation des cotisations et la plupart sont complètement réfractaires à l’idée de reculer de nouveau l’âge de départ à la retraite ou de diminuer le montant des pensions de retraite. Déjà, un retraité actuel sur cinq déclare maintenir une activité professionnelle rémunérée, principalement pour améliorer sa pension.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Quelles sont les dimensions du terrain que Catherine a acheté ? Celles qu’indique le cadastre ? Ou celles qui figurent sur le procès-verbal de bornage, qu’un géomètre expert a établi vingt-quatre ans plus tôt ?
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<filnamedate="20180320"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180320"><AAMMJJHH="2018032019">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ La police allemande a saisi au mois de mars des données et documents dans le cadre d’une enquête liée à l’affaire des moteurs diesel truqués, révélée en 2015.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Dieselgate : de nouvelles perquisitions chez Volkswagen

La police allemande a saisi au mois de mars des données et documents dans le cadre d’une enquête liée à l’affaire des moteurs diesel truqués, révélée en 2015.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 15h40
   





                        


Nouvelle péripétie dans le feuilleton des moteurs truqués de Volkswagen. La justice allemande a ordonné début mars de nouvelles perquisitions au siège du constructeur, affirment des sources concordantes. Elles entreraient dans le cadre d’une enquête pour manipulation de cours, liée au scandale des moteurs truqués.
« Des documents et d’importantes masses de données » ont été saisis dans 13 bureaux du géant de l’automobile à Wolfsbourg, a annoncé, mardi 20 mars, à l’hebdomadaire Wirtschaftswoche un porte-parole du parquet de Brunswick, une ville du nord de l’Allemagne. Selon la même source, il s’agit d’enquêter sur un communiqué financier, publié le 9 décembre 2015 par Volkswagen, qui minimisait l’ampleur de la fraude sur les moteurs diesel révélée trois mois plus tôt. Le parquet soupçonne ce document d’être « objectivement faux » et destiné à tromper les investisseurs.
Volkswagen a confirmé à l’Agence France-Presse la tenue de ces nouvelles perquisitions et le lien avec le communiqué de fin 2015, mais se dit « convaincu d’avoir convenablement rempli ses obligations réglementaires d’information », selon un porte-parole.

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Etablir les responsabilités individuelles
Le parquet de Brunswick, parmi d’autres investigations sur des motifs distincts, enquête depuis juin 2016 sur des soupçons de manipulation de cours visant notamment l’ancien patron de Volkswagen Martin Winterkorn et son ex-directeur financier devenu président du conseil de surveillance, Hans Dieter Pötsch. Saisi par le gendarme allemand des marchés financiers (Bafin), le parquet de Stuttgart a de son côté ouvert en février 2017 une enquête visant notamment l’actuel patron du groupe, Matthias Müller, pour avoir « consciemment informé avec retard » les marchés financiers de la tricherie de grande ampleur du géant de l’automobile.
Le groupe avait reconnu au mois de septembre 2015 avoir massivement trompé les contrôleurs américains sur les niveaux d’émissions polluantes de ses véhicules diesel. Après les révélations sur la tricherie, l’action de Volkswagen avait dévissé de 40 % en deux jours. Des investisseurs ont encaissé de grosses pertes et réclament maintenant des milliards d’euros à Volkswagen. La justice, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Allemagne, cherche toujours à établir les responsabilités individuelles dans la manipulation des valeurs d’émissions polluantes au sein du groupe allemand, qui a jeté une suspicion générale sur le secteur et écorné l’image de la technologie diesel sur le Vieux Continent.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la présidente de l’Union nationale des associations familiales, Marie-Andrée Blanc, estime qu’il faut relancer la politique familiale, relevant que des économies drastiques ont frappé l’ensemble des familles et pas seulement les plus aisées.
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Il faut « donner un nouveau souffle à la politique familiale »

Dans une tribune au « Monde », la présidente de l’Union nationale des associations familiales, Marie-Andrée Blanc, estime qu’il faut relancer la politique familiale, relevant que des économies drastiques ont frappé l’ensemble des familles et pas seulement les plus aisées.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 14h28
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 14h29
    |

Marie-Andrée Blanc (Présidente de l’Union nationale des associations familiales)







                        



                                


                            

Tribune. La politique familiale française a longtemps été perçue comme un modèle envié par nos voisins européens. Son efficacité reposait tant sur la confiance des familles, que sur l’équilibre de plusieurs objectifs : soutenir toutes les familles avec enfants en compensant partiellement leur perte de niveau de vie, favoriser la conciliation vie familiale-vie professionnelle et notamment l’emploi des femmes, contribuer à lutter contre la pauvreté.
Ces dernières années, des inflexions fortes ont été apportées à cette politique. Des économies drastiques ont spécifiquement été faites aux dépens des familles avec enfants ; la politique familiale a fait l’objet de réductions répétitives et massives (plus de 4 milliards d’euros) qui ont frappé l’ensemble des familles et pas seulement les plus aisées, même si ces dernières, et notamment les familles nombreuses, ont subi les plus lourdes pertes.
Rempart contre la pauvreté
Dans le même temps, cette politique a été orientée de manière de plus en plus exclusive vers les familles les plus modestes, en privant de plus en plus de familles du bénéfice de certaines prestations. Enfin, la conciliation a été cantonnée à l’accueil collectif (crèches) au préjudice des autres formes d’accueil (assistantes maternelles, congés parentaux).
Au moment où se négocie la convention d’objectifs et de gestion (COG) de la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf) et alors qu’un rapport sur la politique familiale sort prochainement, il faut tirer le bilan de ces inflexions. Ont-elles rendu notre politique familiale plus juste et plus efficace ? Faut-il poursuivre cette voie ?
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
Le taux d’emploi des mères entre 25 et 54 ans se dégrade (baisse d’1,5 point entre 2014 et 2016 selon Eurostat). Le baromètre Eurofound rétrograde la France de la 2e place (en 2007) à la 18e en 2016 sur le sentiment de pouvoir concilier vie familiale et...




                        

                        


<article-nb="2018/03/20/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Dans sa chronique, le corrrespondant du « Monde » à Londres Eric Albert voit dans le développement de l’investissement « passif » très en vogue depuis une grosse décennie le poids gigantesque – hautement stratégique et géopolitique – pris par les indices.
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« Les actionnaires préfèrent de plus en plus se contenter de suivre les indices boursiers »

Dans sa chronique, le corrrespondant du « Monde » à Londres Eric Albert voit dans le développement de l’investissement « passif » très en vogue depuis une grosse décennie le poids gigantesque – hautement stratégique et géopolitique – pris par les indices.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 14h05
    |

            Eric Albert (@IciLondres)








                        



                                


                            
Lettre de la City. Avez-vous jamais entendu parler de MSCI ? La discrète société, guère connue au-delà du monde de la finance, détient pourtant un pouvoir prodigieux sur les marchés financiers. Les hauts dirigeants de la Chine et de l’Arabie saoudite font pression sur elle, attendant avec anxiété ses décisions apparemment hautement techniques mais financièrement capitales. Sur les marchés des actions, 12 400 milliards de dollars (10 000 milliards d’euros, un peu plus que le PIB de la Chine), sont influencés par cette discrète entreprise.
MSCI (anciennement Morgan Stanley Capital International), créée en 1969 par Morgan Stanley et Capital Group International, mais aujourd’hui société indépendante, fait un métier relativement ennuyeux : elle fabrique des indices boursiers. Le grand public connaît le CAC 40, le FTSE 100 ou le Dow Jones. Les professionnels n’aiment guère utiliser ces indices historiques, souvent déséquilibrés et mal faits.

Le FTSE 100 est, par exemple, très exposé aux entreprises minières et ne représente absolument pas l’économie britannique. Le Dow Jones est particulièrement ridicule : il classe les entreprises en fonction du prix de leur action. Ainsi, Boeing, avec son action à 330 dollars, compte plus qu’Apple, dont l’action vaut 180 dollars, alors même que la capitalisation du premier vaut quatre fois et demie moins que le second.
Idée très simple
Les investisseurs professionnels préfèrent utiliser des indices plus précis. Le S&P 500, basé sur cinq cents valeurs aux Etats-Unis, est l’un des favoris. Le FTSE propose aussi une série d’indices alternatifs. Et à ce jeu, MSCI s’est imposée comme le leader pour le marché mondial des actions, avec des milliers d’indices différents, aux variations infinies : marchés émergents d’Amérique latine, valeurs technologiques mondiales, pharmacie et biotechnologie, et notre favori, l’indice des valeurs catholiques…
Les investisseurs ont tiré une conclusion implacable...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Dans sa chronique, l’économiste Paul Jorion revient sur cette fonction sociale dont la logique néolibérale entend faire le prototype de chacun de nous, au détriment d’autres historiquement présentes dans nos sociétés.
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« Peut-on vraiment imaginer une société faite seulement d’(auto)entrepreneurs ? »

Dans sa chronique, l’économiste Paul Jorion revient sur cette fonction sociale dont la logique néolibérale entend faire le prototype de chacun de nous, au détriment d’autres historiquement présentes dans nos sociétés.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 14h00
    |

                            Paul Jorion (Economiste et anthropologue, Université catholique de Lille)








                        



                                


                            
L’éclairage. Les fonctions sociales entre lesquelles se distribuent nos sociétés ont leur fondement dans notre histoire. De notre Moyen Age, émergent quatre familles de fonctions que nous retrouvons encore aujourd’hui sous d’autres formes.
Une fonction est présente de toute éternité ou presque : le métoïkos, marchand mais aussi étranger, à la fois interne et extérieur dans la cité grecque antique. Assurant la distribution des produits, il vit de sa capacité à extraire de ses acheteurs un profit : la différence entre le prix de vente et la somme des coûts.
Au sein même de la cité, trois rôles émergent du contrat de métayage, partout présent sur la planète, souvent appelé aujourd’hui « système à la part », ou « actionnariat » quand il préside au financement des entreprises cotées en Bourse. Ces trois rôles sont ceux du propriétaire terrien, du « métayer » en tant que tel, et du « journalier ».
A l’origine, le propriétaire terrien doit ses propriétés à ses exploits guerriers : il a acquis ses terres par la lutte et les a défendues par le glaive contre ceux qui auraient contesté ses droits.
Logique néolibérale
Le métayer, dans le contrat qui le lie au propriétaire terrien, investit son travail dans les terres mises à sa disposition mais partage avec lui le risque des aléas inhérents au monde tel qu’il est : insuffisamment de pluie cette année, trop l’année suivante… Sur la base, par exemple, d’un contrat 50/50, le métayer conserve la moitié de ce qu’il a récolté et rétrocède l’autre moitié comme rente à son propriétaire.
un hybride entre le métayer, qui investit son travail et assume le risque des aléas dus à l’imprévisibilité du monde, et le marchand, qui cherche à maximiser son profit
Le journalier, recruté par le métayer en cas de « coup de feu », n’assume, lui, aucun risque : il est rémunéré à la tâche au prorata du nombre de journées qu’il consacre à travailler ou du nombre de pièces qu’il produit ; à charge...




                        

                        


<article-nb="2018/03/20/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Le groupe ferroviaire aurait décidé de réduire de moitié le nombre de places dans les trains les jours où il n’y aura pas grève, ce qui pourrait entraîner une inflation tarifaire.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

SNCF : pourquoi les prix des billets risquent de « mécaniquement exploser » avec la grève

Le groupe ferroviaire aurait décidé de réduire de moitié le nombre de places dans les trains les jours où il n’y aura pas grève, ce qui pourrait entraîner une inflation tarifaire.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 13h57
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 14h49
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Depuis ce matin, mardi 20 mars, le service commercial de la SNCF est en mode grève. Les utilisateurs du site Internet OUI.sncf ont pu noter qu’un bandeau titré « Flash info : mouvement social » informait les consommateurs que « Tous les trains circulant un jour de grève [étaient] affichés en “trains complets” car fermés à la réservation ».
Désormais, il est impossible de réserver une place en avril (dans les trains à réservation obligatoire) les fameux jours marqués du rouge de la grève sur le calendrier fourni par les syndicats le 15 mars. Pour ces jours-là, les clients sont invités à s’informer la veille de leur voyage à 17 heures, afin de savoir si leur train circule.
Mais il y a plus surprenant. Selon nos informations, issues de sources concordantes interne et externe à la SNCF, le groupe ferroviaire a pris la décision de réduire l’offre à environ 50 % de la capacité des trains les jours de non-grève, soit trois jours sur cinq à partir du 5 avril.

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                SNCF : les cheminots optent pour une grève d’usure sur trois mois



Pratique du « yield management »
La direction ne confirme pas cette information. « Aucune décision en ce sens n’a été prise à ce stade », déclare un porte-parole. « Les lendemains de grève sont toujours des moments difficiles de reprise, puisque le mouvement se prolonge jusqu’à 8 heures, glisse pourtant un responsable. Ces jours précis, nous allégerons probablement l’offre, par exemple le 5 avril, afin de ne pas risquer de promettre ce que nous ne pourrons pas tenir. »
Cette décision devrait avoir pour conséquence de faire grimper les prix par le jeu du yield management, cette pratique inspirée de la gestion des chambres d’hôtel consistant à vendre plus cher les périodes les plus demandées et moins cher les moins recherchées. « La décision a été prise d’augmenter les prix entre les jours de grève », affirme un employé de SNCF Voyages au « Monde ». « Les prix pourraient même mécaniquement exploser, ajoute un cadre interne. A moins que la direction décide de limiter la hausse. »
De son côté, la direction de la SNCF dément catégoriquement toute hausse des prix liée à la mécanique du yield. « Cela ne marche pas comme cela, affirme un porte-parole du groupe ferroviaire. Il n’y aura pas de changement de prix qui seront les mêmes que d’habitude. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ La restructuration va concerner les tâches administratives du siège de La Défense ainsi que les « délégués médicaux ».
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Teva va supprimer 248 postes en France dans le cadre de sa restructuration mondiale

La restructuration va concerner les tâches administratives du siège de La Défense ainsi que les « délégués médicaux ».



Le Monde
 |    20.03.2018 à 13h34
   





                        



   


Dans le cadre d’une vaste restructuration de son organisation à l’échelle mondiale, le groupe pharmaceutique israélien Teva a annoncé un plan de suppression de 248 postes sur ses 578 en France. « Un plan de départs volontaires sera soumis dans un premier temps et sera suivi par un plan de départs contraints », précise Teva dans un communiqué, mardi 20 mars.
Sur les 578 postes que compte Teva en France, 61 postes sont déjà vacants et 60 autres postes seront réaffectés à d’autres tâches en interne, est-il précisé. Le projet prévoit en outre la création de 22 postes, « principalement liés aux métiers de la connaissance clients », de la stratégie numérique et multicanale, ainsi qu’à la simplification des processus internes.
Le groupe justifie ce plan par la « pression sur les prix » des médicaments, des « charges élevées » dues aux exigences réglementaires et environnementales ainsi qu’un « retard » de la pénétration des médicaments génériques dans le pays.
Tâches administratives et délégués médicaux
La restructuration du groupe qui n’a pas d’usine en France va concerner les tâches administratives du siège de La Défense, près de Paris, ainsi que les « délégués médicaux », chargés de la promotion de ses médicaments auprès des médecins et des hôpitaux dans toute la France.
Teva France prévoit de transformer son modèle commercial, de déployer de nouvelles solutions numériques et de refonder son organisation administrative.

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                Le laboratoire Teva supprime 14 000 postes dans une douloureuse opération survie



Le groupe israélien, surendetté, a annoncé en décembre un plan de suppression de 25 % de ses effectifs mondiaux, soit 14 000 emplois dans le monde, afin de dégager 3 milliards de dollars d’économies d’ici à la fin de 2019.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Passante tuée par une voiture autonome Uber, fuite massive de données d’utilisateurs de Facebook… Deux accidents industriels qui arrivent à point nommé pour infléchir le destin d’une technologie, explique Philippe Escande, éditorialiste au « Monde ».
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Le big data face à ses premiers accidents industriels

Passante tuée par une voiture autonome Uber, fuite massive de données d’utilisateurs de Facebook… Deux accidents industriels qui arrivent à point nommé pour infléchir le destin d’une technologie, explique Philippe Escande, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    20.03.2018 à 13h06
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Le numérique compte ses victimes. Cette semaine, une voiture autonome Uber a causé la mort d’une passante aux Etats-Unis, tandis que l’on apprend qu’une entreprise britannique a siphonné à des fins politiques les données personnelles d’une cinquantaine de millions de citoyens américains.

Bien sûr, la marche du progrès, comme celle de l’histoire, s’accompagne toujours de martyrs. Et repose à chaque fois la question de son utilité. Le 8 mai 1842, le tout jeune train Paris-Versailles déraille à Meudon. On dénombre plus d’une centaine de victimes, dont l’explorateur Dumont d’Urville. La presse s’enflamme contre le train et Alfred de Vigny évoque « le sacrifice horrible fait à l’industrie ». La sécurité a été renforcée et le train a repris sa route à toute vapeur.
Un modèle remis en cause
Parfois pourtant, les accidents industriels arrivent à point nommé pour infléchir le destin d’une technologie. La catastrophe de Fukushima a provoqué un reflux mondial du nucléaire civil dans le monde entier, tandis que le scandale du dieselgate a sonné le glas, à terme, de la propulsion diesel dans les automobiles. Dans ces deux exemples, la défiance s’était installée, que ce soit pour des raisons économiques ou d’acceptation sociétale.
Le cas d’Uber relève plus de l’exemple ferroviaire. L’essor de la voiture autonome semble suivre les rails du progrès, comme le train au XIXe siècle, quelles qu’en soient les conséquences à brève échéance.
L’histoire de Facebook est différente car elle interroge à la fois une pratique et un modèle économique dont les fondements pourraient bien être remis en cause. Tout d’abord parce qu’elle concerne une industrie de réseau, ce qui potentiellement lui donne un pouvoir dévastateur.

Un chercheur britannique obtient le consentement de 270 000 utilisateurs Facebook pour passer un test psychologique. Ce faisant, il aspire en même temps les données sur les « amis » de ces cobayes...




                        

                        


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L’absence d’ambition culturelle, critique récurrente envers l’audiovisuel public

La critique est aussi vieille que l’ORTF. La principale difficulté vient des divergences à propos de ce que doit être la mission du service public. Entretien



Le Monde
 |    20.03.2018 à 12h44
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

Les critiques assassines émises par Emmanuel Macron, en décembre 2017 devant des députés, sur le manque d’ambition culturelle de l’audiovisuel public semblent avoir été entendues.

France Télévisions – où l’on s’était senti particulièrement visé – assure qu’il y aura des changements. « Il doit y avoir du jeu et du divertissement, même si aujourd’hui, quelquefois, il y a peut-être trop de jeux… », reconnaît son nouveau numéro deux, Takis Candilis.

Le directeur général délégué à l’antenne et aux programmes promet également « des grands marqueurs qui se voient de manière plus visible, des émissions référentielles, comme le fut “Le Grand Echiquier” [le grand rendez-vous culturel animé par Jacques Chancel entre 1972 et 1989] ». « C’est l’une des premières choses que nous ferons à la rentrée », affirme-t-il, même s’il s’empresse de préciser que « la culture sur le service public, il y en a à tout moment ».
« Un média populaire »
L’absence d’ambition culturelle est une critique aussi vieille que l’Office de radiodiffusion-télévision française. Elle hante le service public depuis ses débuts. Comme pris de remords, celui-ci a même accouché d’une chaîne franco-allemande, Arte, dévolue aux programmes culturels.
A la télévision, le dilemme entre course à l’audience et exigence culturelle a toujours existé. On ne compte plus le nombre de rapports rédigés sur le sujet dans l’histoire de la Ve République. Cependant, comme le souligne M. Candilis :
« La télévision est un média populaire et l’une de nos fonctions est aussi de répondre aux attentes populaires. On ne fera pas n’importe quoi, mais on doit aussi prendre en compte la France dans toutes ses composantes. »
La difficulté perdure, car personne ne parvient à s’entendre sur ce que doit être une politique culturelle sur le service public… « Lorsque l’on parle de magazine culturel, on a du mal à trouver...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Takis Candilis, nouveau directeur général chargé de la stratégie et des programmes de France Télévisions, croit des alliances possibles pour faire face à la concurrence des plates-formes américaines. Entretien
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Takis Candilis : « Seuls les services publics peuvent contrer Netflix ou Amazon »

Takis Candilis, nouveau directeur général chargé de la stratégie et des programmes de France Télévisions, croit des alliances possibles pour faire face à la concurrence des plates-formes américaines. Entretien



Le Monde
 |    20.03.2018 à 12h41
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Takis Candilis, directeur général délégué à l’antenne et aux programmes de France Télévisions, accorde son premier entretien depuis son entrée en fonctions, le 26 février. Ancien directeur de la fiction chez TF1, producteur passé par Lagardère ou Banijay, il est chargé de mettre en œuvre une nouvelle organisation, dans laquelle les chaînes lui sont hiérarchiquement rattachées.

Pourquoi avoir décidé de rejoindre le service public audiovisuel, qu’Emmanuel Macron a qualifié de « honte » ?
Cela fait trente ans que je suis dans ce métier et j’ai beaucoup travaillé à l’international. J’ai pu observer l’évolution de l’audiovisuel dans le monde, notamment des GAFAN [Google, Apple, Facebook, Amazon et Netflix]. Leurs investissements sont colossaux, leurs bataillons, impressionnants. Netflix est aujourd’hui le plus puissant et son challenger, Amazon, met les bouchées doubles pour le rattraper. Quant à Hulu ou Apple, ils ne vont pas rester les bras croisés.
Seuls les services publics peuvent contrer Netflix ou Amazon. Les chaînes privées sont confrontées à la baisse de leurs recettes publicitaires et au transfert des annonceurs vers le numérique. De plus, leur cible unique me semble trop resserrée. Enfin, une raison importante de ma venue est Delphine Ernotte elle-même [la présidente de France Télévisions depuis 2015], une femme que j’apprécie et qui a engagé des réformes essentielles.
L’audiovisuel public peut-il faire face aux géants du Net ?
Oui, en passant des alliances. Au niveau national, France Télévisions est le premier diffuseur en audience. Au niveau régional, notre maillage est très efficace. Enfin, au niveau européen, nous pouvons unir nos forces avec les autres services publics. Je travaille avec nos homologues pour lancer une grande politique de coproductions. Ce dispositif me semble être une réponse formidable qui, je l’espère, sera une alternative au raz de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ L’établissement, qui veut redevenir numéro un en France, a recruté quatre nouveaux associés gérants en six mois.
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La banque d’affaires Lazard étoffe ses équipes en France

L’établissement, qui veut redevenir numéro un en France, a recruté quatre nouveaux associés gérants en six mois.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 12h32
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 12h33
    |

            Isabelle Chaperon








                        



                                


                            

Quatre associés gérants recrutés en six mois : c’est du jamais vu chez Lazard à Paris. Et bientôt cinq ! La banque d’affaires a annoncé lundi 19 mars l’arrivée de Corso Bavagnoli, chef du service du financement de l’économie à la direction générale du Trésor. « Une belle prise », salue un concurrent. L’inspecteur général des finances, qui fut conseiller économique au cabinet de François Fillon quand ce dernier était premier ministre, pilotait le prestigieux pôle qui supervise l’épargne, les banques et les assureurs.
Le cercle des associés gérants s’est déjà élargi récemment. Depuis octobre, la maison du boulevard Haussmann est allée chercher Andrea Bozzi chez Crédit suisse, dont il était co-responsable de la banque d’affaires en France, et Cédric Léoty chez Citigroup, où ce dernier occupait les mêmes fonctions. Début mars, en outre, Charles-Henri Filippi, président de Citigroup France, longtemps l’un des piliers du Crédit commercial de France (CCF) devenu HSBC France, avait rejoint Lazard.
« Nous passons à l’offensive »
Cette conjuration des « i » – deux des nouveaux cooptés sont franco-italiens, un autre est corse – traduit une inflexion dans la stratégie de Lazard en France. Le 1er octobre 2017, Matthieu Pigasse (actionnaire à titre individuel du Monde) a succédé à Bruno Roger à la présidence de la maison française. L’ancien membre du cabinet de Dominique Strauss-Kahn à Bercy dirigeait déjà les fusions-acquisitions (M&A) et le conseil aux gouvernements pour l’ensemble du groupe Lazard.
« Nous passons à l’offensive. Nous voulons être leadeurs en France et nous développer en Europe à partir de Paris. Nous avions besoin d’élargir notre couverture des entreprises », précise un proche de la banque qui comptait jusqu’à ce mercato une quinzaine d’associés-gérants en M&A : moins que Rothschild, numéro un des conseils en M&A en France sur l’année 2017, selon Thomson Reuters, Lazard se plaçant 4e.
Pourquoi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Football, cinéma, presse seront des options séparées des abonnements fixe et mobile. Les nouveaux clients ont accès à trois offres fixes, à des prix compris entre 23 et 54 euros.
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SFR contraint de séparer contenus et forfaits Internet

Football, cinéma, presse seront des options séparées des abonnements fixe et mobile. Les nouveaux clients ont accès à trois offres fixes, à des prix compris entre 23 et 54 euros.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 14h44
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            

Rénover de fond en comble la stratégie de SFR, tout en assurant qu’il ne s’agit pas d’un retour en arrière, tel est le subtil exercice de rhétorique auquel a dû se livrer Alain Weill, le PDG de l’opérateur télécoms, en présentant, mardi 20 mars, les contours des nouvelles offres d’abonnement de l’entreprise.
Pendant deux ans, Patrick Drahi, le propriétaire de SFR, ne jurait que par la « convergence » des tuyaux et des contenus. Las, cette stratégie n’a pas porté ses fruits, et en 2017 la marque a perdu 170 000 clients dans l’Internet fixe et n’en a gagné que 199 000 dans le mobile, loin de ses concurrents. « Avec Patrick Drahi, nous pensons que cette intuition première était la bonne. Mais il fallait apporter à cette stratégie quelques réglages », explique le dirigeant, actant un virage à 180 degrés.
Désormais, les « contenus » (football, cinéma, presse) ne seront plus inclus dans les forfaits de base de l’opérateur télécoms. Les nouveaux clients ont accès à trois offres fixes, à des prix compris entre 23 et 54 euros, en fonction des débits et des promotions. Trois forfaits mobiles sont également proposés. Le cinéma et les séries, la presse et le sport seront, eux, commercialisés sous forme d’option, non seulement aux abonnés SFR, mais également aux clients des autres opérateurs.
« Nous misons sur la simplicité »

« Nous misons sur la simplicité, justifie Alain Weill, qui table sur le réseau de 700 boutiques pour populariser ces nouvelles offres. Après les abonnements fixes et mobiles, les commerciaux vendront aussi des contenus. Ils voient leur métier évoluer. »
L’option Ciné Séries, qui comprend la chaîne de cinéma Altice Studio, lancée à la rentrée 2017, et le service de vidéo à la demande (SVoD), coûtera 4 euros aux abonnés de SFR et 10 euros aux autres clients. Le kiosque SFR, qui comprend 80 titres de presse en accès illimité, sera désormais une option payante facturée 10 euros...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Plus un pays est inégalitaire en termes économiques, plus la performance des filles par rapport aux garçons se détériore, expliquent dans une tribune au « Monde » les trois économistes auteurs d’une analyse publiée dans « Science ».
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« L’écart de performance entre filles et garçons en sciences est une forme d’inégalité sociale »

Plus un pays est inégalitaire en termes économiques, plus la performance des filles par rapport aux garçons se détériore, expliquent dans une tribune au « Monde » les trois économistes auteurs d’une analyse publiée dans « Science ».



Le Monde
 |    20.03.2018 à 11h57
    |

Thomas Breda (CNRS-Ecole d’économie de Paris), Elyès Jouini (Université Paris-Dauphine) et Clotilde Napp (CNRS, université Paris-Dauphine)







                        



                                


                            

Tribune. Aux évaluations nationales de CE2 et de 6e, au brevet ou au baccalauréat, les filles obtiennent de meilleurs résultats que les garçons. Elles sont plus nombreuses à se voir attribuer des mentions au baccalauréat et ont des parcours scolaires plus aisés et plus fluides : elles redoublent moins, sont moins susceptibles de décrocher du système scolaire, sont plus nombreuses à faire des études supérieures, font des études plus longues.
Mais ces résultats, manifestement à leur avantage, n’empêchent pas leur sous-représentation dans les filières scientifiques. Or ce sont ces filières qui mènent assez largement aux professions les mieux rémunérées et aux postes les plus haut placés. Les filles sont moins représentées en classes préparatoires scientifiques et en écoles d’ingénieur. Les doctorants en sciences sont, à une écrasante majorité, des hommes. Plus on monte dans l’échelle du prestige et de l’expertise, moins les femmes sont représentées dans les domaines scientifiques.
Situation différente selon les pays
A l’échelle de l’OCDE, les enquêtes PISA [Programme international pour le suivi des acquis] révèlent que si l’écart de performance moyenne en mathématiques à l’âge de 15 ans entre les sexes est bien en train de se réduire, il n’en est rien lorsque l’on s’intéresse aux élèves qui réussissent le mieux : il y a, en moyenne, 40 % de filles parmi les 10 % des meilleurs élèves – soit ceux qui sont susceptibles de poursuivre des études et des carrières de haut niveau.
Cette proportion de 40 % de filles se retrouve également dans les 10 % des meilleurs en sciences. Elle est en revanche inversée – 40 % de garçons – en ce qui concerne les évaluations littéraires. Les garçons auraient-ils un « esprit » plus scientifique et les filles un « esprit » plus littéraire ?
L’article que nous avons publié vendredi 16 mars dans Science éclaire ce débat d’un jour nouveau. En analysant les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Les premières pistes pour la réforme souhaitée par le chef de l’Etat seront dévoilées en avril. Le projet de loi devrait être présenté « avant la fin de l’année ».
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Audiovisuel public : des propositions au projet de loi, un calendrier difficile à tenir

Les premières pistes pour la réforme souhaitée par le chef de l’Etat seront dévoilées en avril. Le projet de loi devrait être présenté « avant la fin de l’année ».



Le Monde
 |    20.03.2018 à 11h35
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Fin mars, Emmanuel Macron attend que la majorité produise « des propositions partagées, chiffrées et structurées » pour réformer l’audiovisuel public, ainsi qu’il l’a formulé le 4 janvier, lors de ses vœux à la presse. C’est en principe à la fin du premier trimestre que doivent converger les travaux des différentes instances mobilisées sur ce dossier.

Toutefois, le rendu de cette première étape pourrait avoir un peu de retard. En effet, du côté de la ministre de la culture, Françoise Nyssen, qui participe à un groupe de travail interministériel, on a décalé à début avril un rendez-vous de travail prévu le 16 mars avec les dirigeants des différentes sociétés d’audiovisuel public afin de discuter de synergies et de chantiers communs.
« Débat extrêmement large »
De même, le rapport du groupe de travail parlementaire des députés de la majorité, coordonné par Frédérique Dumas (Hauts-de-Seine), pourrait être rendu courant avril. Enfin, les conclusions du Comité action publique 2022, chargé de proposer des économies budgétaires, notamment dans l’audiovisuel public, pourraient n’être connues que fin avril. Interrogé, Matignon, auquel ce comité est rattaché, précise que la date de rendu n’est pas arbitrée mais que le travail avance.

Outre les turbulences politiques de la réforme de la SNCF, un autre élément favorise l’hypothèse d’un report : le nom du successeur de Mathieu Gallet à la présidence de Radio France ne sera connu que le 14 avril.
Une fois les propositions mises sur la table devra s’ouvrir une phase de « consultation », a annoncé Emmanuel Macron. Ce « débat extrêmement large » devrait concerner l’opinion publique et, surtout, l’ensemble des professionnels du secteur, chaînes, producteurs, syndicats… Il devrait en principe durer jusqu’à l’été.
Un léger flottement
Le projet de loi devra, lui, être présenté en conseil des ministres « avant la fin de l’année », selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ La société, filiale à 70 % du groupe national ferroviaire, a réalisé un chiffre d’affaires de 5,4 milliards d’euros l’an dernier, en hausse de 6,4 %.
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Les bons chiffres de Keolis, la version libérale de la SNCF

La société, filiale à 70 % du groupe national ferroviaire, a réalisé un chiffre d’affaires de 5,4 milliards d’euros l’an dernier, en hausse de 6,4 %.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 11h33
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Il existe une branche de la SNCF qui transporte chaque année 3 milliards de voyageurs avec des personnels sans statut de cheminot, une branche aguerrie à la concurrence, qui défend avec succès ses marchés contre des groupes privés. Cette « autre SNCF », c’est Keolis, une société – filiale à 70 % du groupe national ferroviaire – spécialisée dans le transport public urbain, et qui a dévoilé ses comptes 2017, lundi 19 mars.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Keolis se porte bien. Un chiffre d’affaires de 5,4 milliards d’euros (en hausse de 6,4 %), une rentabilité qui progresse de 9,4 % et un ratio d’endettement à faire pâlir la maison mère. Depuis dix ans, la croissance de Keolis s’établit à la moyenne spectaculaire de 10 % par an.
Cependant, au-delà des bons chiffres (ceux de la SNCF aussi étaient excellents en 2017), ce qui frappe c’est la capacité de Keolis à se mouvoir en France dans un environnement hautement concurrentiel. Le groupe dirigé par Jean-Pierre Farandou a conservé en 2017 les très gros marchés des transports publics des métropoles de Lille – en dépit de l’offensive de sa grande rivale Transdev –, de Rennes et de ceux de dix autres villes plus petites.

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                Transport public : comment les Transdev, Keolis et RATP Dev luttent pour maintenir leurs marges



Rôle d’appui à la maison mère
Mieux : Keolis a ravi le marché du Grand Besançon à Transdev l’an dernier. En 2018, l’entreprise défendra ses positions dans les réseaux de transport de Tours, Orléans, Nîmes, Angers, Brest et Aix-en-Provence, qu’elle exploite aujourd’hui.
Certes, la comparaison a ses limites. Etre opérateur de métro-bus-tramway – le cœur de métier de Keolis – n’est pas aussi lourd et complexe que le fait de gérer, de maintenir et d’exploiter l’immense réseau ferré français. Mais Keolis est loin d’être étranger au train, dès lors que celui-ci se déplace dans un environnement urbain. Hors de France, la société fait du ferroviaire aux Etats-Unis et en Allemagne. En outre, elle est en lice pour devenir opérateur de tous les trains régionaux du pays de Galles.
Dans le cadre de la concurrence à venir sur le territoire français, Keolis (qui possède une licence ferroviaire en France), pourrait jouer un rôle d’appui à sa maison mère, sans aller jusqu’à la concurrencer. « Sur des appels d’offres à caractéristique urbaine ou périurbaine, Keolis devra y aller, a déclaré M. Farandou. Et elle ira. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ 1/5. Réformer France Télévisions et Radio France est l’un des chantiers de l’exécutif. Et la pression pour aboutir est forte. Toute la semaine, « Le Monde » plonge au cœur de cinq modèles européens de télés et radios publiques, dont certains pourraient inspirer les réflexions françaises.
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Réforme de l’audiovisuel public : les scénarios du big bang

1/5. Réformer France Télévisions et Radio France est l’un des chantiers de l’exécutif. Et la pression pour aboutir est forte. Toute la semaine, « Le Monde » plonge au cœur de cinq modèles européens de télés et radios publiques, dont certains pourraient inspirer les réflexions françaises.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 11h37
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Il n’y a pas que le droit du travail, les chemins de fer ou la formation qu’Emmanuel Macron veut réformer. Il y a aussi l’audiovisuel public, sur lequel l’exécutif doit produire un « scénario de transformation », d’ici à la « fin du premier trimestre 2018 », comme l’a annoncé le président de la République le 4 janvier. Ces derniers mois, en coulisses, le travail avance, dans les entreprises concernées et dans les instances gouvernementales ou parlementaires.

Les architectes des réformes tentent de donner corps aux volontés de changement du président de la République, qui a en décembre qualifié l’audiovisuel public de « honte », sans toutefois proposer de remèdes très précis. Pour se guider, la majorité s’appuie sur une idée du candidat Macron : le « rapprochement » entre France Télévisions, Radio France et les autres entités de l’audiovisuel public. En entrant dans le détail, les réformateurs mesurent aussi les difficultés posées par ces chantiers. Revue de détail des pistes de changement, dont certaines doivent être traduites dans la loi audiovisuelle prévue pour début 2019.
Proximité et local
Renforcer l’audiovisuel public au niveau local s’est imposé au fil des mois comme un des chantiers jugés les plus prioritaires. Le principal levier identifié par les dirigeants et la ministre de la culture, Françoise Nyssen, est la collaboration entre les employés régionaux de la télévision France 3 et de la radio France Bleu. Mais selon quelles modalités ? La piste de créer des structures locales communes ne semble pas retenue.
En revanche, les entreprises veulent créer ensemble des programmes régionaux, par exemple, une matinale diffusée en radio et en télévision. Ou des émissions sur l’emploi ou l’environnement, annonce le directeur de la stratégie et des programmes de France Télévisions, Takis Candilis, qui met en avant la fonction de « service » de France 3. D’autres aimeraient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Les constructeurs tricolores ont emporté un marché pour un montant estimé entre 5 millions et 20 millions d’euros chacun.
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Bus électrique : en choisissant Heuliez et Bolloré, la RATP confirme qu’elle aime acheter français

Les constructeurs tricolores ont emporté un marché pour un montant estimé entre 5 millions et 20 millions d’euros chacun.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 11h08
    |

                            Éric Béziat








                        



   


En attendant le résultat de l’énorme appel d’offres en cours de 250 à 1 000 bus électriques, la RATP a confirmé, lundi 19 mars, l’achat aux sociétés Bolloré et Heuliez d’autobus à batteries pour un montant compris entre 5 millions à 20 millions d’euros chacun, soit une quarantaine de véhicules au maximum pour l’un et l’autre constructeur.
Ce sont des engins fabriqués dans le Finistère (les Bluebus de Bolloré) et dans les Deux-Sèvres (berceau d’Heuliez Bus), qui ont été choisis par la régie autonome, dans le cadre d’un appel d’offres lancé en février 2017 par la RATP et Ile-de-France Mobilités, et décomposé en deux lots identiques destinés à deux constructeurs différents. Les véhicules seront livrés à l’opérateur des transports parisiens sur une période de deux ans.

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C’est une victoire pour les deux entreprises, mais peut-être plus encore pour Heuliez Bus, qui emporte, pour la première fois, un appel d’offres sur l’énorme marché parisien. L’entreprise deux-sévrienne, qui avait réussi à placer, ces derniers mois, des bus électriques à Mulhouse (5 véhicules), à La Rochelle (3) et à Trondheim, aux Pays-Bas (10), emporte là sa plus grosse commande pour son offre électrique. Elle est aussi la deuxième entreprise, après Bolloré, à s’arroger un appel d’offres à Paris pour des grands bus électriques (12 mètres).
Bataille d’influence entre les constructeurs

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En effet, Blue Solutions, la filiale des véhicules à batterie du groupe Bolloré (elle fait aussi les Autolib’), était une habituée des victoires sans partage sur le marché des bus électriques de la RATP. Elle fait déjà rouler une bonne quarantaine de bus sur les lignes parisiennes 341, 115 et 126.
Dans la bataille d’influence entre les constructeurs pour rafler la mise du marché parisien, les petits français avancent donc leurs pions crânement face à la concurrence espagnole (Irizar), polonaise (Solaris) et surtout chinoise (Yutong et BYD). Ces derniers pourraient faire remarquer qu’Heuliez n’est pas si française que ça, puisque la société appartient à la holding de droit néerlandais CNH Industrial (ex-Fiat Industrial), également maison mère des camions Iveco. D’autant plus que les constructeurs chinois, s’ils gagnaient des appels d’offres significatifs à Paris, assembleraient leurs bus en Alsace, en partenariat avec Dietrich Carebus (Yutong), ou dans l’Oise, près de Beauvais (BYD).

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Mais, installée à Rorthais (Deux-Sèvres) depuis presque quarante ans, Heuliez a droit au label Origine France garantie et est équipée de batteries conçues et mises au point par la PME francilienne Forsee Power à partir de cellules japonaises et coréennes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Selon l’Association nationale des industries alimentaires, le secteur a créé 4 491 postes en 2017. Son chiffre d’affaires global, lui, a crû de 3,9 %.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

L’agroalimentaire grossit les rangs de l’emploi en France

Selon l’Association nationale des industries alimentaires, le secteur a créé 4 491 postes en 2017. Son chiffre d’affaires global, lui, a crû de 3,9 %.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 11h01
    |

            Laurence Girard








                        



   


L’industrie alimentaire continue de créer des emplois en France – 4 491 en 2017, selon les chiffres rendus publics, mardi 20 mars, par l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA). De quoi conforter sa place de premier pourvoyeur d’emplois dans l’Hexagone, avec 429 079 salariés directs.
Cette dynamique s’explique d’abord par un tissu formé essentiellement de TPE et de PME, c’est-à-dire de petites structures, qui représentent 98 % des 17 647 entreprises référencées dans le secteur. D’où la faible part de l’exportation dans le chiffre d’affaires par rapport à d’autres secteurs industriels. En moyenne, l’export représente 21 % des ventes des entreprises agroalimentaires.

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Autre signe positif pour l’agroalimentaire, son chiffre d’affaires global a progressé de 3,9 % en 2017, à 180 milliards d’euros. Les prix n’ont guère bougé, avec une déflation de 0,1%, après un trou d’air de - 1,2 % en 2016. La courbe des volumes de production se redresse également, avec un repli limité à 0,4 % contre - 1,3 % un an plus tôt.
Toutefois, malgré tous ces signaux de reprise, l’ANIA tire le signal d’alarme. Elle met en exergue les incidences négatives, pour l’industrie agroalimentaire, de la guerre des prix que se livrent les grandes enseignes.
Sur quatre ans, entre 2014 et 2017, elle chiffre la déflation à 3,7 %, soit une destruction de valeur estimée à 4 milliards d’euros. L’an dernier, plusieurs rayons ont encore vu leurs prix orientés à la baisse (épicerie salée et sucrée, eaux et sodas, bière, cidre, spiritueux).
La guerre des prix perdure
En parallèle, les matières premières sont reparties à la hausse, enregistrant une progression moyenne de 12 %. Résultat : les marges des entreprises agroalimentaires ont été sous pression et le taux de marge s’est érodé à 41,4 % au troisième trimestre de 2017.
L’ANIA estime que, malgré les engagements pris lors des Etats généraux de l’alimentation et la charte signée par les acteurs, la guerre des prix perdure entre les enseignes en 2018. D’après son Observatoire des négociations commerciales, avec un panel de 120 entreprises, 81 % des sociétés interrogées affirment qu’elles ont été confrontées à des demandes de déflation de principe et 78 % à des refus de hausse de tarif.

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                Une loi pour rééquilibrer les relations dans l’agroalimentaire



Pour 71 % d’entre elles, l’augmentation du coût des matières premières n’a pas été prise en compte. Enfin, 69 % des entreprises concernées ont subi des menaces de déréférencement et 22 % des déréférencements effectifs en cours de négociation. Selon l’ANIA, les enseignes ont fait une demande de déflation moyenne d’environ 1,2 % en 2018.
L’industrie alimentaire a donc des attentes fortes avec le projet de loi censé rééquilibrer les relations commerciales et présenté le 31 janvier. Elle milite pour le relèvement du seuil de revente à perte de 10 % – une mesure qui obligerait les enseignes à prendre en compte leurs coûts logistiques dans leur prix – et pour l’encadrement des promotions.

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A l’argument de Leclerc, qui estime que ces mesures obéreraient le pouvoir d’achat des Français, l’ANIA répond en affirmant que ledit pouvoir d’achat est davantage lié à l’évolution de leur salaire qu’aux achats alimentaires et que le budget alimentaire ne représente que 9,9 % des dépenses des ménages. Elle chiffre à 50 centimes par mois et par personne le coût des mesures du projet de loi.



                            


                        

                        

