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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ La présentation du rapport parlementaire contenant la mesure, initialement prévue mercredi, devrait être annulée.
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Tollé après la proposition d’un député LREM de supprimer le quotient familial

La présentation du rapport parlementaire contenant la mesure, initialement prévue mercredi, devrait être annulée.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 18h03
   





                        



   


Pas touche au quotient familial. La proposition d’un député de la majorité (LREM), Guillaume Chiche, de supprimer cet outil avec en contrepartie le versement d’allocations à toutes les familles dès le premier enfant, a provoqué un tollé dans les rangs de l’opposition, mardi 20 mars.
L’idée, qui n’est pas nouvelle, figure dans un projet de rapport d’une mission d’information parlementaire sur la politique familiale commandé par le gouvernement. Mais la présentation du texte, qui devait initialement avoir lieu mercredi, devrait être annulée, faute de signature du corapporteur, le député Les Républicains d’Ille-et-Vilaine Gilles Lurton, qui a dénoncé une mesure surgie « au dernier moment ».
Selon plusieurs partisans, Guillaume Chiche a présenté les grandes lignes du rapport en réunion de groupe mardi et a été applaudi. « Il n’est pas question de suppression du quotient familial mais d’une transformation structurelle globale pour une politique familiale universelle qui garantit réellement la dignité des familles », a-t-il soutenu.
La somme totale dédiée aux familles resterait inchangée, les 12 milliards d’euros consacrés au quotient familial s’additionnant aux 12 milliards actuels des allocations familiales pour le versement de la nouvelle aide.

        Lire la chronique :
         

          « L’universalité des allocations familiales est devenue un mythe »



Agnès Buzyn temporise
L’opposition n’a pas tardé à réagir. « Hors de question de laisser passer une telle attaque contre la politique familiale », a tonné le chef de file des députés de droite, Christian Jacob, selon qui, sous le précédent quinquennat, « la politique familiale a été mise à mal, ça s’est traduit par une baisse de la natalité ».
Une fin du quotient serait le « dernier acte de la politique d’abandon des familles », a tweeté la présidente du FN, Marine Le Pen. Les députés communistes n’y sont « a priori » pas favorables, le quotient étant « un des critères d’équité sociale », selon un de leurs porte-parole, Sébastien Jumel.
Sans se prononcer sur le fond, Agnès Buzyn a répondu être « particulièrement attachée à la politique familiale » et attendre « avec intérêt » les propositions de la droite. « J’ai laissé une totale liberté aux députés », sans « feuille de route précise » pour cette mission d’information, a précisé la ministre des solidarités et de la santé. La mission avait été lancée à l’automne, après la réouverture du débat sur l’universalité des allocations familiales.

        Lire la tribune :
         

          Il faut « donner un nouveau souffle à la politique familiale »



Le candidat Emmanuel Macron s’était prononcé pour une augmentation du quotient familial car « raboter à la fois les allocations et le quotient a été un problème ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Quatorze hommes sont poursuivis dans cette enquête, soupçonnés d’avoir apporté une aide logistique au tueur de Montrouge et de l’Hyper Cacher.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Six personnes placées en garde à vue dans l’enquête sur les armes d’Amedy Coulibaly

Quatorze hommes sont poursuivis dans cette enquête mais tous nient avoir eu connaissance du projet terroriste du.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 16h29
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 16h54
   





                        



   


Quatre personnes ont été interpellées, mardi 20 mars, dans le Nord et deux autres dans le Val-de-Marne et placées en garde à vue dans l’enquête sur la fourniture des armes utilisées par Amedy Coulibaly à Montrouge et Paris, le 8 et 9 janvier 2015, a appris l’AFP de sources concordantes.
Selon ces sources judiciaire et proche du dossier, « ces gardes à vue visent à préciser le rôle qu’ils auraient pu jouer dans la fourniture des armes à Amedy Coulibaly », qui avait tué Clarissa Jean-Philippe, policière municipale à Montrouge, le 8 janvier, au lendemain de l’attentat de Charlie Hebdo perpétré par les frères Kouachi, puis abattu Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab et François-Michel Saada à l’épicerie juive Hyper Cacher, porte de Vincennes, le 9 janvier.
Parmi ces personnes interpellées, certaines ont été en lien avec des suspects déjà mis en cause dans l’enquête, selon une source proche du dossier. Les gardes à vue des six personnes peuvent durer jusqu’à 96 heures.
Quatorze hommes sont poursuivis dans cette enquête, soupçonnés à des degrés divers d’avoir apporté une aide logistique à Amedy Coulibaly, mais tous nient avoir eu connaissance du projet terroriste. Début janvier, treize d’entre eux étaient en détention provisoire, selon une source proche du dossier.
Fin janvier, quatre hommes avaient été placés en garde à vue dans le cadre de cette enquête avant d’être relâchés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Quelles sont les dimensions du terrain que Catherine a acheté ? Celles qu’indique le cadastre ? Ou celles qui figurent sur le procès-verbal de bornage, qu’un géomètre expert a établi vingt-quatre ans plus tôt ?
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Lassés du grand écart entre les chiffres fournis par les organisateurs et la préfecture, une vingtaine de médias publieront leur propre décompte, réalisé de manière indépendante.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Des médias s’associent pour compter les participants aux manifestations

Lassés du grand écart entre les chiffres fournis par les organisateurs et la préfecture, une vingtaine de médias publieront leur propre décompte, réalisé de manière indépendante.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 15h06
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 16h09
    |

            Nicolas Chapuis








                        



   


Fini les grands écarts arithmétiques qui avaient presque fini par faire le charme des journées de manifestation. Constatant l’incapacité des organisateurs et de la préfecture à fournir des chiffres fiables quant au nombre de personnes présentes à un rassemblement, une vingtaine de grands médias, dont Le Monde, ont décidé de s’associer pour adopter leur propre méthode de décompte des participants. Ce collectif (qui regroupe notamment l’AFP, France Inter, Europe 1, RTL, Franceinfo, RMC, BFM-TV, France Culture, CNews, France 2, Mediapart, Le Figaro, Le Parisien, Libération, La Croix et la presse régionale et départementale représentée par l’Union de la presse en région) a fait appel au cabinet d’étude Occurrence.
Ce comptage indépendant, qui pourra être effectué à l’occasion de chaque grande manifestation et à l’initiative du collectif, sera communiqué à l’issue des défilés. La méthode s’appuie sur une démarche éprouvée : des capteurs sont positionnés sur le parcours du défilé, en hauteur, afin de tracer une ligne virtuelle. Chaque personne qui la franchit, y compris sur le trottoir, est comptabilisée.
Dispositif déjà testé
En parallèle, sont effectués des « microcomptages humains ». La manifestation est filmée pendant vingt à trente secondes à différents intervalles et différentes « intensités ». Les manifestants sont recomptés humainement sur ces extraits vidéo pour ajuster le décompte fait par les capteurs, et déterminer une marge d’erreur.
Le projet, en construction depuis plusieurs mois, notamment à l’initiative du journaliste Thomas Legrand de France Inter, a déjà été testé « à blanc » par le collectif de médias. Lors de la manifestation du 16 novembre 2017 « contre la politique libérale d’Emmanuel Macron », à l’appel notamment de la Confédération générale du travail (CGT), le dispositif avait permis de décompter 8 250 manifestants. Plusieurs médias ont recompté séparément les manifestants à partir d’un enregistrement de l’intégralité du défilé. Ils sont parvenus à un chiffre similaire.
Lors de cette manifestation, la police (qui fait un comptage manuel de ce genre de manifestation, ainsi qu’un enregistrement vidéo qui lui permet de vérifier éventuellement ses chiffres) avait dénombré 8 000 manifestants. La CGT avait quant à elle annoncé 40 000 manifestants, soit cinq fois plus.
Le nouveau dispositif de comptage sera utilisé pour la première fois officiellement lors des manifestations jeudi 22 mars, à l’appel des syndicats de fonctionnaire et à l’initiative de ceux de la SNCF.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la présidente de l’Union nationale des associations familiales, Marie-Andrée Blanc, estime qu’il faut relancer la politique familiale, relevant que des économies drastiques ont frappé l’ensemble des familles et pas seulement les plus aisées.
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Il faut « donner un nouveau souffle à la politique familiale »

Dans une tribune au « Monde », la présidente de l’Union nationale des associations familiales, Marie-Andrée Blanc, estime qu’il faut relancer la politique familiale, relevant que des économies drastiques ont frappé l’ensemble des familles et pas seulement les plus aisées.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 14h28
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 14h29
    |

Marie-Andrée Blanc (Présidente de l’Union nationale des associations familiales)







                        



                                


                            

Tribune. La politique familiale française a longtemps été perçue comme un modèle envié par nos voisins européens. Son efficacité reposait tant sur la confiance des familles, que sur l’équilibre de plusieurs objectifs : soutenir toutes les familles avec enfants en compensant partiellement leur perte de niveau de vie, favoriser la conciliation vie familiale-vie professionnelle et notamment l’emploi des femmes, contribuer à lutter contre la pauvreté.
Ces dernières années, des inflexions fortes ont été apportées à cette politique. Des économies drastiques ont spécifiquement été faites aux dépens des familles avec enfants ; la politique familiale a fait l’objet de réductions répétitives et massives (plus de 4 milliards d’euros) qui ont frappé l’ensemble des familles et pas seulement les plus aisées, même si ces dernières, et notamment les familles nombreuses, ont subi les plus lourdes pertes.
Rempart contre la pauvreté
Dans le même temps, cette politique a été orientée de manière de plus en plus exclusive vers les familles les plus modestes, en privant de plus en plus de familles du bénéfice de certaines prestations. Enfin, la conciliation a été cantonnée à l’accueil collectif (crèches) au préjudice des autres formes d’accueil (assistantes maternelles, congés parentaux).
Au moment où se négocie la convention d’objectifs et de gestion (COG) de la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf) et alors qu’un rapport sur la politique familiale sort prochainement, il faut tirer le bilan de ces inflexions. Ont-elles rendu notre politique familiale plus juste et plus efficace ? Faut-il poursuivre cette voie ?
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
Le taux d’emploi des mères entre 25 et 54 ans se dégrade (baisse d’1,5 point entre 2014 et 2016 selon Eurostat). Le baromètre Eurofound rétrograde la France de la 2e place (en 2007) à la 18e en 2016 sur le sentiment de pouvoir concilier vie familiale et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Plus un pays est inégalitaire en termes économiques, plus la performance des filles par rapport aux garçons se détériore, expliquent dans une tribune au « Monde » les trois économistes auteurs d’une analyse publiée dans « Science ».
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« L’écart de performance entre filles et garçons en sciences est une forme d’inégalité sociale »

Plus un pays est inégalitaire en termes économiques, plus la performance des filles par rapport aux garçons se détériore, expliquent dans une tribune au « Monde » les trois économistes auteurs d’une analyse publiée dans « Science ».



Le Monde
 |    20.03.2018 à 11h57
    |

Thomas Breda (CNRS-Ecole d’économie de Paris), Elyès Jouini (Université Paris-Dauphine) et Clotilde Napp (CNRS, université Paris-Dauphine)







                        



                                


                            

Tribune. Aux évaluations nationales de CE2 et de 6e, au brevet ou au baccalauréat, les filles obtiennent de meilleurs résultats que les garçons. Elles sont plus nombreuses à se voir attribuer des mentions au baccalauréat et ont des parcours scolaires plus aisés et plus fluides : elles redoublent moins, sont moins susceptibles de décrocher du système scolaire, sont plus nombreuses à faire des études supérieures, font des études plus longues.
Mais ces résultats, manifestement à leur avantage, n’empêchent pas leur sous-représentation dans les filières scientifiques. Or ce sont ces filières qui mènent assez largement aux professions les mieux rémunérées et aux postes les plus haut placés. Les filles sont moins représentées en classes préparatoires scientifiques et en écoles d’ingénieur. Les doctorants en sciences sont, à une écrasante majorité, des hommes. Plus on monte dans l’échelle du prestige et de l’expertise, moins les femmes sont représentées dans les domaines scientifiques.
Situation différente selon les pays
A l’échelle de l’OCDE, les enquêtes PISA [Programme international pour le suivi des acquis] révèlent que si l’écart de performance moyenne en mathématiques à l’âge de 15 ans entre les sexes est bien en train de se réduire, il n’en est rien lorsque l’on s’intéresse aux élèves qui réussissent le mieux : il y a, en moyenne, 40 % de filles parmi les 10 % des meilleurs élèves – soit ceux qui sont susceptibles de poursuivre des études et des carrières de haut niveau.
Cette proportion de 40 % de filles se retrouve également dans les 10 % des meilleurs en sciences. Elle est en revanche inversée – 40 % de garçons – en ce qui concerne les évaluations littéraires. Les garçons auraient-ils un « esprit » plus scientifique et les filles un « esprit » plus littéraire ?
L’article que nous avons publié vendredi 16 mars dans Science éclaire ce débat d’un jour nouveau. En analysant les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Les victimes du « violeur de la Sambre » ont été conviées à une réunion d’information jeudi 22 mars par le parquet de Valenciennes.
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Entre honte et omerta, certaines victimes n’ont jamais parlé

Les victimes du « violeur de la Sambre » ont été conviées à une réunion d’information jeudi 22 mars par le parquet de Valenciennes.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 11h11
    |

            Julia Pascual








                        



                                


                            
Les victimes du « violeur de la Sambre » ont été conviées à une réunion d’information jeudi 22 mars par le parquet de Valenciennes. Elles sont officiellement vingt dans la procédure qui a valu à Dino Scala d’être mis en examen le 28 février, victimes d’agressions ou de viol entre 1996 et 2012. La plupart n’ont jamais pris d’avocat. « Comme les policiers n’avaient pas arrêté la personne, ça ne servait à rien », justifie Dalila, agressée en 1996 alors qu’elle se rendait à son travail. Aujourd’hui installée dans le sud de la France, elle n’assistera pas à la réunion d’information. D’autres femmes victimes d’agressions ou de viols dans la région, mais dont les plaintes n’ont pas été rattachées à la procédure, pourraient au contraire s’y rendre.

C’est le cas de Betty, victime d’un viol en 2002 sur le chemin du lycée. Ou de Clara, agressée en 1997 à son domicile. Sa plainte a été classée sans suite, mais elle est convaincue que Dino Scala est celui qui s’est introduit chez elle, après le départ de son mari pour le travail, et l’a violentée, menacée, bâillonnée. Ce jour-là, elle dit avoir « évité le pire ». En prenant son assaillant dans ses bras, celui-ci est devenu « comme un enfant », jusqu’à ce qu’elle parvienne à le repousser hors de chez elle. Le jour même, elle avait porté plainte à Aulnoye-Aymeries. A l’époque, le maire de la ville avait conseillé à sa belle-mère de ne pas faire de bruit. « Il disait que ça aurait créé la psychose et fait chuter les prix de l’immobilier », relate Clara. Toujours maire PCF de la ville, Bernard Baudoux n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations. Quant à la plainte de Clara, elle a finalement été classée.
Une vingtaine de témoignages
Cette affaire raconte aussi en creux la honte et l’omerta qui entourent les violences sexuelles. Après l’arrestation de Dino Scala, Clara a créé une page Facebook intitulée « Ensemble pour la vérité » pour fédérer les victimes entre elles. Elle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ A droite, des proches de l’ancien président s’étonnent notamment de la lenteur de la procédure avec cette garde à vue qui a lieu onze ans après les faits présumés.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Réactions politiques à la garde à vue de Nicolas Sarkozy

A droite, des proches de l’ancien président s’étonnent notamment de la lenteur de la procédure avec cette garde à vue qui a lieu onze ans après les faits présumés.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 14h14
   





                        


L’ancien chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, a été placé mardi 20 mars au matin en garde à vue, dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007. M. Sarkozy est entendu pour la première fois dans cette enquête, par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) à Nanterre, près de Paris.

        Lire aussi :
         

                Comprendre l’affaire de Sarkozy et la Libye en 2007



Le premier ministre, Edouard Philippe, sur BFM-TV et RMC :
« Aucun commentaire à faire sur la procédure judiciaire, mais je dis ce que j’ai à dire sur l’homme. Tout le monde sait que j’ai appartenu à la même famille politique que Nicolas Sarkozy et ceux qui suivent la vie politique savent que j’ai parfois eu avec lui des relations difficiles. Elles ont toujours été respectueuses, toujours, et à chaque fois que j’ai eu des contacts avec lui depuis que j’ai été premier ministre, ils ont toujours été empreints de respect mutuel. »
Le groupe Les Républicains dans un communiqué :
« Nous souhaitons rappeler que le principe de la présomption d’innocence prévaut pour tous les citoyens. Les adhérents et sympathisants Les Républicains ont une nouvelle fois le sentiment que tous les élus ou anciens élus ne subissent pas le même traitement, selon qu’ils appartiennent à telle ou telle famille politique. »
L’eurodéputée Nadine Morano, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, sur RTL :
« On verra si cette garde à vue était justifiée, quels éléments elle apportera. Encore une fois, moi, je regarde la réalité des faits. La réalité des faits, c’est que, bien souvent, il a été mis en cause, bien souvent, il en est sorti en étant totalement blanchi. J’appelle à beaucoup de prudence les médias qui commencent à s’exciter. »
Valérie Pécresse, présidente Les Républicains (LR) de la région Ile-de-France, au micro de Radio Classique :
« J’ai personnellement beaucoup de peine à croire à cette affaire, mais la justice travaille et je souhaite vraiment qu’il n’y ait aucune interférence du pouvoir politique dans le travail de la justice (…) Je respecte la présomption d’innocence qui s’attache à tout homme politique. »
Christian Jacob, président du groupe LR à l’Assemblée, qui assure M. Sarkozy « de toute l’amitié et du soutien du groupe LR » :
« C’est un acharnement incompréhensible. Onze ans après, à quoi tout cela rime ? On a vu ce que cela donnait l’acharnement sur l’affaire Bettencourt [dans lequel M. Sarkozy a finalement bénéficié d’un non-lieu]. »
Philippe Gosselin, député LR de la Manche, interrogé à l’Assemblée :
« C’est un peu le sparadrap qu’on cherche à coller au doigt de l’ancien président. On voit une justice qui prend son temps. Elle a décidé d’accélérer, cela va permettre à Sarkozy de pouvoir s’expliquer même si onze ans après ça perd de son sens et de sa valeur. On peut se poser la question de l’intérêt d’une justice aussi lente, d’une instruction qui a pris son temps et donc de la solidité du dossier. »
Quant à Laurent Wauquiez, nouveau patron des Républicains, il n’a pas réagi à l’information à sa sortie du groupe des Républicains au Sénat qui se tenait dans la matinée, selon un journaliste de Public Sénat présent sur place :

. @laurentwauquiez présent au groupe LR du Sénat ce matin. Pas de réaction à garde à vue de Sarkozy @publicsenat https://t.co/YbyV8csktF— jeromrabier (@Jérôme Rabier)


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Jean-Christophe Lagarde, président de l’Union des démocrates et indépendants, s’interroge sur le fait que le régime de la garde à vue ait été indispensable :
« Je n’ai pas compris pourquoi il était entendu sous le régime de la garde à vue. Il est prévu pour éviter que la personne entendue ne puisse s’enfuir. Je n’en pense pas que c’était un risque, ou pour éviter que des témoins se parlent. Depuis le temps je pense que les témoins ont eu le temps de se parler. »
Wallerand de Saint-Just, trésorier du Front national, a publié un message sur Twitter :
« Je ne soutiens pas Nicolas Sarkozy, mais que les médias puissent ainsi être renseignés minute par minute sur cette procédure me donne la nausée. Notre justice est vraiment bien malade. »
Gilbert Collard, député Front national du Gard, interrogé à l’Assemblée nationale :
« Si les policiers qui sont sous l’autorité des juges ont enclenché cette garde à vue, c’est qu’il y a des éléments (…). S’il y a eu financement libyen, on est dans un cataclysme démocratique. On risque vite d’apprendre qu’il y a des moyens de contourner la démocratie. »
Florian Philippot, président des Patriotes, a publié un message sur Twitter :
« Jamais agréable pour la fierté nationale de voir d’anciens présidents en garde à vue : oui. Mais la vraie question est ailleurs : avez-vous le sentiment que les hommes installés à l’Elysée depuis pas mal de temps sont dignes de la fonction de président de la République ? »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Une étude bavaroise de grande ampleur montre que les demandeurs d’asile n’exposent pas la population locale aux maladies graves comme le sida ou l’hépatite B.
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L’accueil des migrants  ne présente aucun risque sanitaire

Une étude bavaroise de grande ampleur montre que les demandeurs d’asile n’exposent pas la population locale aux maladies graves comme le sida ou l’hépatite B.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 11h00
    |

                            Sylvie Burnouf








                        



                                


                            
Face à la détresse d’hommes et de femmes fuyant un pays en guerre, l’Allemagne a ouvert les bras. En 2015, le pays aaccueilli plus de 1 million de ­demandeurs d’asile – Syriens, Afghans et Irakiens pour les deux tiers. Un suivi sanitaire des réfugiés a été effectué dans le ­cadre de la loi sur la procédure d’asile : par le diagnostic précoce d’éventuels cas d’infection grave, les autorités sanitaires allemandes voulaient être sûres de pouvoir ­juguler toute épidémie naissante.
Afin de déterminer si les populations migrantes représentaient un risque sanitaire accru pour les résidents locaux, des chercheurs du LGL, l’office bavarois pour la santé et la sécurité alimentaire, se sont intéressés à la prévalence des ­maladies infectieuses graves chez les migrants. Pour mener à bien leur étude, publiée le 8 mars dans la ­revue Eurosurveillance, ils ont travaillé à partir de données engrangées en Bavière : ce Land, qui a ­accueilli le plus grand nombre de demandeurs d’asile en 2015, après la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, constitue en effet une ressource importante en ce qui concerne les données épidémiologiques.
Evaluer l’état de santé
Concrètement, dans les trois jours suivant leur arrivée sur le sol bavarois, les réfugiés passaient entre les mains d’un médecin qui avait pour mission d’évaluer leur état de santé général et de déterminer s’ils présentaient des symptômes de maladie infectieuse. En parallèle, ils étaient soumis à plusieurs examens médicaux : un dosage sanguin pour le dépistage du virus du sida (VIH) et celui de l’hépatite B, une radiographie des poumons et un test biologique pour celui de la tuberculose, et une analyse des ­selles pour les infections bactériennes (salmonelles et shigelles).
Premier constat : sur les 95 117 réfugiés testés pour le VIH cette année-là, seuls 318 étaient séropositifs, soit 0,3 %. Ce taux se révèle être assez proche de celui de la population générale allemande : en 2015, le nombre de cas était estimé à 85 000,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ A l’Université de Bretagne à Lorient, un nouveau master « cybersécurité des systèmes embarqués » forme à la protection des objets connectés et de leurs usagers.
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Cybersécurité : un master breton pour traquer les pirates

A l’Université de Bretagne à Lorient, un nouveau master « cybersécurité des systèmes embarqués » forme à la protection des objets connectés et de leurs usagers.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 10h30
    |

            Eric Nunès








                        



                                


                            

Ils veillent à notre santé, sécurisent nos maisons, nous assistent pour la conduite de nos automobiles, valident nos paiements… Ce sont les objets connectés. Des concentrés d’électronique et d’informatique mêlés, quasiment absents de notre quotidien au siècle dernier, qui nous accompagnent aujourd’hui dans la plupart de nos gestes. On en compterait 40 milliards en 2018, selon l’IDATE DigiWorld, think tank spécialisé dans l’économie numérique, et « à l’horizon 2020, il y en aura entre 80 et 200 milliards », prévoit Philippe Coussy, professeur à l’université de Bretagne-Sud (UBS).
Beaucoup de ces objets visent à optimiser la sécurité de leurs usagers, mais sont-ils sûrs eux-mêmes ? Un pacemaker, une carte de transport, une automobile, un drone… sont-ils à l’abri d’une prise de contrôle mal intentionnée ? Le garantir sera le métier de Nicolas, Samy et Eliott, étudiants du nouveau master « cybersécurité des systèmes embarqués », ouvert en 2017 à la faculté des sciences et sciences pour l’ingénieur de l’UBS à Lorient (Morbihan).
Sécuriser l’accès à ses données personnelles et professionnelles, équiper son matériel informatique d’un antivirus, d’un pare-feu, ou protéger ses connexions à distance avec un réseau privé virtuel (VPN) sont des pratiques entrées dans les usages des entreprises puis du commun des utilisateurs. « La sécurité s’est beaucoup développée en informatique, reconnaît Guy Gogniat, professeur de sécurité des systèmes embarqués à l’UBS. Mais les composants électroniques n’ont pas été créés pour se défendre contre des usages malveillants. » 
Résister aux pirates informatiques
En clair, les logiciels qui animent les écrans de nos portables, tablettes, ordinateurs, partie immergée de nos outils numériques sont, dès la conception, pensés pour résister aux attaques des pirates informatiques. En revanche, les composants électroniques, chevilles ouvrières de notre cyberenvironnement, sont autant de potentiels...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Gianni a choisi un bac pro « ouvrage du bâtiment » par défaut. Aujourd’hui volontaire en service civique, il raconte ses difficultés à trouver un emploi stable faute d’études.
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Gianni, 22 ans : « Je n’ai laissé aucune chance aux professeurs de me transmettre leur savoir »

Gianni a choisi un bac pro « ouvrage du bâtiment » par défaut. Aujourd’hui volontaire en service civique, il raconte ses difficultés à trouver un emploi stable faute d’études.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 10h06
   





                        



   


Voix d’orientation. Le Monde Campus et La ZEP, média jeune et participatif, s’associent pour faire témoigner lycéens et étudiants de leurs parcours d’orientation. Cette semaine, Gianni, 22 ans, volontaire en service civique, à Perpignan. 
« J’aimais aller à l’école, mais je n’ai jamais aimé étudier. En cours, je passais mon temps à bavarder, à faire le clown ou à embêter mes amis. Les profs essayaient bien de me garder concentré, mais je ne faisais pas le moindre effort pour les aider.
J’ai longtemps pensé qu’ils étaient responsables du fait que je ne m’intéressais pas à leurs cours. Mais, même si c’est loin d’être faux pour certains, la vérité est que je ne leur ai laissé aucune chance de me transmettre leur savoir.
J’étais buté, je voulais seulement plaisanter et faire rire sans savoir que je le regretterais plus tard. Malgré les discours pertinents de mes parents à propos des études, je n’avais pas encore pris conscience que j’avais un avenir à construire et que la plupart de ces profs que je détestais tant étaient là pour m’aider à le bâtir.
Lorsque la question de l’orientation s’est posée en fin de troisième, je ne savais pas ce que je voulais faire de ma vie. Je souhaitais partir en seconde générale, mais les efforts fournis jusque-là ne me le permettaient pas.
Je me suis donc mis dans la tête que je devais apprendre un métier, quel qu’il soit, dans le seul but d’entrer dans la vie active. Je me suis donc dirigé vers un bac pro, là où il restait de la place, en ouvrage du bâtiment, option métallerie. Ces trois années ont été assez pénibles, car je n’aimais pas ce que j’apprenais. J’étais en désaccord avec la pédagogie proposée, qui nous laissait en arrière-plan au lieu de nous permettre d’échanger avec le prof. C’est pourtant plus que nécessaire à la compréhension du cours. Le plus dur a été de me mettre à travailler, de rester concentré plus d’une heure et de réapprendre à apprendre.
Ce manque de volonté passé me suit encore aujourd’hui. J’ai énormément de mal à décrocher un contrat de travail à cause du manque d’études et d’expérience. Pour avancer, je n’ai d’autre choix que d’enchaîner les petits boulots à droite et à gauche : préparateur de commandes, ouvrier agricole dans les champs de maïs, de pruniers ou encore dans les vignes.
Dans l’espoir d’être recruté sur des postes que je ne suis même pas sûr d’apprécier, je suis obligé de passer par des formations de remise à niveau tout en continuant de rédiger des lettres de motivation, qui finissent par toutes se ressembler.
Les profs et les parents, c’est chiant, car ils ne nous disent jamais ce que l’on veut entendre. Ils sont toujours là pour nous rappeler à l’ordre. Mais en grandissant, on comprend vite qu’on aurait mieux fait de les écouter et d’apprendre tout ce qu’ils avaient à nous enseigner. C’est en prenant du recul, et souvent trop tard, qu’on se rend compte de ce qu’on a loupé. Mais le retour dans le passé n’étant pas possible, il ne nous reste plus qu’à apprendre les leçons tirées de nos échecs et faire de notre mieux pour ne pas commettre les mêmes erreurs. »

   



La Zone d’expression prioritaire (ZEP) accompagne la prise de parole des 15-25 ans
La Zone d’expression prioritaire (ZEP) est un dispositif d’accompagnement à l’expression des jeunes de 15 à 25 ans par des journalistes professionnels. Via des ateliers d’écriture dans des lycées, universités, associations étudiantes ou encore dans des structures d’insertion, ils témoignent de leur quotidien et de l’actualité qui les concernent.
Tous leurs récits sont à retrouver sur la-zep.fr.

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« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
En cette période de formulation et de confirmation des vœux d’orientation sur la nouvelle plate-forme d’admission post-bac, Parcoursup, Le Monde Campus propose reportages, décryptages, tchats, à retrouver sur ses sous-rubriques O21, Etudes supérieures et Parcoursup APB.
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions au moment d’effectuer les vœux d’orientation, Le Monde organise également les conférences O21/S’orienter au 21e siècle, à Paris (17 et 18 mars), après Nancy, Lille, Nantes et Bordeaux.

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                Choisir son orientation : participez à nos conférences O21 à Paris, les 17 et 18 mars








                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ L’ancien président de la République est actuellement entendu dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre sur les soupçons de financement illicite qui pèsent sur sa campagne victorieuse de 2007.
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Financement libyen de la campagne de 2007 : Nicolas Sarkozy en garde à vue

L’ancien président de la République est actuellement entendu dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre sur les soupçons de financement illicite qui pèsent sur sa campagne victorieuse de 2007.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 08h18
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 16h37
    |

            Joan Tilouine et 
Simon Piel








                        



   


Entre une conférence à Dubaï sur l’éducation, quelques entrevues à son bureau parisien rue de Miromesnil et une intervention à Londres prochainement, Nicolas Sarkozy a dû honorer un rendez-vous d’un autre genre mardi 20 mars au matin. Selon nos informations, l’ancien président de la République a été placé en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre, où il était convoqué dans le cadre de l’enquête sur le possible financement par la Libye de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.

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C’est la première fois que M. Sarkozy est entendu à ce sujet depuis qu’une information judiciaire a été ouverte en avril 2013, et confiée à plusieurs juges d’instruction du pôle financier de Paris, dont Serge Tournaire, qui a déjà renvoyé l’ancien président devant le tribunal dans l’affaire Bygmalion. Sa garde à vue peut durer quarante-huit heures. Il pourrait être présenté aux magistrats à l’issue de sa garde à vue afin d’être mis en examen. Brice Hortefeux a de son côté été convoqué comme suspect libre. Il est actuellement entendu lui aussi par la police.
Depuis la publication, en mai 2012, par le site Mediapart d’un document libyen faisant état d’un financement par la Libye de Kadhafi de la campagne de Nicolas Sarkozy, les investigations des magistrats ont considérablement avancé, renforçant les soupçons qui pèsent sur la campagne de l’ancien chef de l’Etat.
Argent liquide
En novembre 2016, en pleine primaire du parti Les Républicains, l’intermédiaire Ziad Takieddine avait affirmé avoir transporté 5 millions d’euros en liquide de Tripoli à Paris entre fin 2006 et début 2007 avant de les remettre à Claude Guéant puis à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur. Mis en examen depuis pour « complicité de corruption d’agent public étranger » et pour « complicité de détournements de fonds publics en Libye », ses propos venaient confirmer ceux tenus le 20 septembre 2012 par Abdallah Senoussi, l’ancien directeur du renseignement militaire du régime libyen devant le procureur général du Conseil national de transition libyen.

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                Enquête sur le financement libyen : les soupçons qui pèsent sur les réseaux Sarkozy



Mais ce n’est pas tout. Les carnets de l’ancien ministre libyen du pétrole Choukri Ghanem, mort en 2012 dans des circonstances encore troubles, récupérés par la justice française, mentionnent, eux aussi, l’existence de versements d’argent à destination de Nicolas Sarkozy. Bechir Saleh, l’ancien grand argentier de Kadhafi et homme des relations avec la France, récemment blessé par balle lors d’une agression à Johannesburg, avait en outre confié au Monde : « Kadhafi a dit qu’il avait financé Sarkozy. Sarkozy a dit qu’il n’avait pas été financé. Je crois davantage Kadhafi que Sarkozy. »
Des circuits financiers fuligineux
Plus récemment, les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) ont remis un rapport aux magistrats dans lequel ils détaillent, sur la base de nombreux témoignages, comment l’argent liquide a circulé au sein de l’équipe de campagne de M. Sarkozy. Jusqu’à présent, les enquêteurs pensent déjà avoir remonté l’une des pistes de l’argent libyen à travers l’intermédiaire Alexandre Djouhri, alors proche de Bechir Saleh, actuellement incarcéré à Londres dans l’attente de sa possible remise à la France, et Claude Guéant mis en examen pour « faux et usage de faux » et pour « blanchiment de fraude fiscale » qui aurait acquis son appartement parisien à travers des circuits financiers fuligineux et possiblement libyens.
La décision de placer Nicolas Sarkozy en garde à vue signifie-t-elle que les magistrats ont depuis rassemblé de nouvelles preuves du financement illicite de la campagne permettant de le mettre en cause directement ? Les autorités libyennes ont-elles finalement décidé de coopérer ? Selon nos informations, plusieurs anciens dignitaires libyens de l’époque kadhafiste auraient aussi livré de nouveaux éléments confirmant les soupçons de financement illicites.
Depuis plusieurs semaines, la justice française dispose, en outre, de nombreux documents saisis lors d’une perquisition menée en 2015 au domicile suisse d’Alexandre Djouhri. Jusqu’ici, Nicolas Sarkozy a toujours contesté les accusations de financement illicite de sa campagne de 2007.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Le gouvernement croit pouvoir résoudre la crise, qui a débuté fin février, en mettant l’accent sur des mesures sécuritaires. Or, rien ne sera réglé tant que la France n’aura pas repensé ses relations avec les Comores voisines, avertit le chercheur Christophe Rocheland dans une tribune au « Monde ».
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« Depuis Paris, l’échelle d’analyse semble extirper Mayotte de son contexte comorien et africain »

Le gouvernement croit pouvoir résoudre la crise, qui a débuté fin février, en mettant l’accent sur des mesures sécuritaires. Or, rien ne sera réglé tant que la France n’aura pas repensé ses relations avec les Comores voisines, avertit le chercheur Christophe Rocheland dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    20.03.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 08h57
    |

Christophe Rocheland (Doctorant en géopolitique, Institut français de géopolitique, Paris-VIII)







                        



                                


                            

Tribune. Mayotte bat tous les records du sous-développement des régions françaises et de l’Union européenne. Les chiffres montrent qu’on est proche d’une explosion sociale. Explosion démographique avec une population multipliée par 11 de 1958 à 2017, de 23 300 à 256 500 habitants. Record de fécondité : en 2012, le nombre d’enfants par femme (indice de fécondité) était de 4,1, alors que la moyenne pour l’ensemble de la France était en 2012 de 2.
« Pour être au rendez-vous, il nous faudrait créer une classe par jour », a reconnu la ministre des outre-mer Annick Girardin. On touche aux limites des obligations constitutionnelles françaises d’enseignement public obligatoire et gratuit. Un peu plus de la moitié des adultes de 18 à 79 ans qui résident à Mayotte n’y sont pas nés, selon les statistiques de l’Insee. Explosion migratoire exceptionnelle : les natifs des Comores, les îles voisines indépendantes, représentent 42 % de la population totale. D’après les chiffres communiqués au Sénat le 7 mars par la ministre des outre-mer, « Mayotte, c’est 45% de personnes étrangères en situation irrégulière ».
Cette situation engendre misère et pauvreté : 84% de la population vit sous le seuil de pauvreté, le taux de chômage chez les jeunes et chez les femmes est supérieur à 47%. Une île en totale « sous France », « The Island of Death », comme l’a surnommée la chaîne qatarie Al Jazeera. En effet, les conséquences humanitaires désastreuses (les milliers de morts en kwassa-kwassa, ces embarcations de fortune sur lesquelles les migrants tentent de rejoindre l’île ; les violences xénophobes, les milliers de mineurs isolés laissés à eux-mêmes dans des bidonvilles) ternissent chaque jour l’image de la France en Afrique et dans le monde.
Les élus veulent être entendus par Paris
Cette situation dramatique ne fait que s’aggraver d’année en année depuis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Dino Scala, mis en examen pour vingt viols et agressions sexuelles, était entendu par une juge d’instruction à Valenciennes lundi.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/03/2018
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« Violeur de la Sambre » : une affaire qui a tenu la police en échec pendant vingt-deux ans

Dino Scala, mis en examen pour vingt viols et agressions sexuelles, était entendu par une juge d’instruction à Valenciennes lundi.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 12h20
    |

            Julia Pascual








                        



                                


                            

A quoi cela tient, parfois, la résolution d’une affaire. A une note de synthèse. Ce jour-là, elle parvient à un petit service de la police judiciaire (PJ) lilloise, la division du traitement de l’information criminelle (DTIC), créée en 2015 pour améliorer la diffusion de renseignements.
La note du 6 février provient de la police de Charleroi, en Belgique, et dresse le bilan de l’activité quotidienne dans la zone frontalière. Quelques lignes rapportent des faits d’attentat à la pudeur qui ont eu lieu la veille dans la petite commune limitrophe d’Erquelinnes. Le jour n’était pas encore levé quand une jeune fille de 15 ans a été agressée alors qu’elle attendait le bus. Un homme lui a touché la poitrine, sous la menace d’un couteau, avant de la laisser prendre la fuite.

Le mode opératoire, l’heure matinale, la zone géographique… Le scénario interpelle un agent de la DTIC et lui rappelle le « violeur de la Sambre », du nom d’une affaire vieille de vingt-deux ans, sur laquelle la PJ de Lille a toujours buté. Une vingtaine de viols et d’agressions sexuelles ont été commis sur un itinéraire qui suit le tracé de la rivière et, malgré un ADN relevé à plusieurs reprises, le criminel en série n’a jamais été identifié. Lorsqu’ils reçoivent la note de synthèse, les policiers lillois se rapprochent de leurs homologues belges.
A quoi cela tient, parfois, la résolution d’une affaire. A une caméra de vidéosurveillance. Il y a de cela « une grosse année », David Lavaux, bourgmestre d’Erquelinnes, en a installé sept dans le quartier de la gare, « le seul coin chaud de la ville ». Un investissement de 90 000 euros qu’il ne regrette pas. Les caméras, d’ordinaire, filment des bagarres, du deal, rien de spectaculaire, de l’aveu de l’édile. Ce 5 février, l’une d’elles a enregistré la Peugeot 206 de l’agresseur et un bout de sa plaque minéralogique, française.
Un « bon père de famille »
La suite se déroule assez vite. Les policiers...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Trois personnes ont comparu lundi devant le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc. Deux d’entre elles ont été condamnées à trois mois de prison ferme et incarcérées.
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Centre de déchets nucléaires de Bure : prison ferme pour deux opposants

Trois personnes ont comparu lundi devant le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc. Deux d’entre elles ont été condamnées à trois mois de prison ferme et incarcérées.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 03h21
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 08h39
   





                        



   


Violences lors de l’évacuation du bois Lejuc, dégradations ultérieures : le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc a condamné à trois mois de prison ferme et incarcéré, lundi 19 mars, deux opposants au projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse).

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La condamnation d’un homme âgé de 24 ans à huit mois de prison dont cinq avec sursis avec une interdiction de territoire en Meuse et en Haute-Marne, a été accueillie par les vives protestations de la centaine de personnes qui ont assisté au procès. Il était poursuivi pour des faits qui se sont produits le 22 février, jour de l’évacuation du bois Lejuc – épicentre de la contestation au projet de Bure – par 500 militaires. Il était accusé d’avoir jeté un bidon d’essence enflammé en direction des gendarmes, ce qu’il conteste, et d’avoir incendié le bivouac où il se trouvait.

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Le prévenu a reconnu avoir donné un coup de pied à un militaire, puis craché sur un second « par dégoût et mépris » lors de son interpellation. « Je venais de perdre une partie de ma vie dans les flammes de cette cabane et dans les ruines de tous les lieux habités, rasés ce matin-là », a-t-il expliqué.
D’autres procès à venir
Une femme, qui a refusé de se lever, de décliner son identité et de s’exprimer, a elle été condamnée à trois mois de prison ferme et incarcérée, conformément aux réquisitions du procureur. Elle faisait partie d’un groupe qui avait jeté des pierres, près du bois Lejuc, sur le véhicule d’un pépiniériste et de deux employés, ces trois personnes étant mandatées par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) qui porte le projet de stockage. Six autres personnes seront jugées pour ces faits ultérieurement.
Une autre femme, âgée de 30 ans, a été condamnée à quatre mois de prison avec sursis pour rébellion lors d’une perquisition à la « maison de résistance », à Bure. Non assistée d’un avocat, elle a refusé de s’exprimer sur les faits.
Les trois opposants étaient également poursuivis pour avoir refusé de se soumettre au prélèvement ADN. Trois autres personnes, interpellées lors de la perquisition de la « maison de résistance », seront jugées le 12 juin pour outrages et – ou – rébellion sur agent dépositaire de l’autorité publique.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ L’acte d’accusation décrit une prise de contrôle méthodique et perverse de la « jeune fille au grand cœur » par le couple d’employeurs français qui comparaît pour meurtre.
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Le calvaire de Sophie Lionnet, jeune fille au pair française, devant la justice à Londres

L’acte d’accusation décrit une prise de contrôle méthodique et perverse de la « jeune fille au grand cœur » par le couple d’employeurs français qui comparaît pour meurtre.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 22h27
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 12h06
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Sophie Lionnet n’était pas seulement une Cosette des temps modernes. La jeune fille au pair française, dont le corps calciné a été retrouvé, le 20 septembre 2017, dans le petit jardin de ses patrons à Wimbledon, au sud-ouest de Londres, a enduré un long martyre sous la domination d’une femme qui voulait lui faire avouer des crimes imaginaires et sous le regard de son compagnon. « Piégée dans un cauchemar familial », sans cesse menacée des pires violences et probablement torturée, elle était devenue leur esclave, jusqu’à reconnaître des fautes non commises, jusqu’à en mourir.
Au premier jour du procès qui doit juger pour « meurtre » et « entrave au cours de la justice » les deux employeurs français – Sabrina Kouider, 35 ans, mère de deux enfants, et Ouissem Medouni, 40 ans –, lundi 19 mars, le président de la cour criminelle de Londres a interrompu au bout de deux heures la lecture de l’acte d’accusation. Un récit tellement insoutenable que les jurés et le public, parmi lequel les parents de la victime, avaient besoin de respirer.
Sophie Lionnet n’a pas été tuée par balles ou à coups de couteau, mais à coups de mauvais traitements infligés des mois durant. L’analyse des rares éléments non réduits en cendres de son cadavre révèle « des fractures au sternum et à la mâchoire, quatre côtes cassées, des hématomes au bras gauche, au dos et à la poitrine ».
Terribles vidéos de menaces
Les deux accusés nient le meurtre. L’accusation d’« entrave au cours de la justice » renvoie à la tentative de faire disparaître le corps. Ouissem Medouni ne devrait pas contester ce deuxième chef. Le 20 septembre, il a été surpris dans son jardin par les pompiers devant un brasier qu’il tentait de faire prendre pour un méchoui, avant que ces derniers ne découvrent des restes humains et n’appellent la police.
A la cour déjà sous le choc, Richard Horwell, l’un des avocats de l’accusation, a révélé, lundi, que le couple avait été jusqu’à enregistrer en vidéo les « interrogatoires » qu’il faisait subir à la jeune fille que son naturel timide et ses origines modestes n’avaient pas habituée à protester.
Plus de huit heures et demie d’enregistrement de ces terribles séances, où ils la menaçaient de « prison, de viol et de violence » si elle ne reconnaissait pas leurs charges délirantes, ont été retrouvées sur les portables des deux accusés. Sur ces vidéos « éprouvantes » que la cour doit visionner mardi, Sophie Lionnet apparaît « émaciée, terrifiée et sans défense, soucieuse de dire et de faire tout ce que ses bourreaux voulaient lui faire dire ou faire » sans même toujours comprendre – et pour cause – ce qu’ils attendaient d’elle.
Titulaire d’un CAP petite enfance, Sophie Lionnet avait choisi le Royaume-Uni comme tant de jeunes Français : elle aimait s’occuper d’enfants, voulait conquérir sa liberté et apprendre l’anglais. Début 2016, elle quitte Sens (Yonne), où elle vivait avec sa mère, peu après ses 20 ans. Elle croit alors avoir trouvé dans cette famille recomposée de Wimbledon le foyer idéal pour s’épanouir. Le profil de sa patronne, se prétendant proche des milieux de la mode, la séduit.
« Soudain, j’ai peur »
La jeune fille, décrite comme « naïve et vulnérable » par le procureur, avait un « grand cœur » et « manquait d’expérience ». Elle accepte d’être « à peine rétribuée », compatissant à l’égard des prétendues difficultés financières de sa patronne. Elle consent aussi à dormir sur un lit superposé, dans la même chambre que les deux enfants qui lui étaient confiés.
Le rêve commence à se briser lorsque Sabrina Kouider accuse faussement sa « French nanny » de lui avoir volé un pendentif, puis une boucle d’oreille en diamant. « Une façon d’intimider et de contrôler Sophie », selon l’accusation.
Mais le pire est à venir. La patronne prétend qu’elle est complice de son ex-compagnon, Mark Walton, ancien chanteur du groupe pop irlandais Boyzone, d’abus sexuels commis à l’encontre de sa famille et même d’en avoir commis elle-même. « Il y a beaucoup de tensions et je suis accusée de choses que je n’oserais JAMAIS faire. Soudain, j’ai peur », écrit la jeune fille à son père fin juin 2017, trois mois avant sa mort. « Je n’ai aucune raison de me faire traiter de pute, de salope et de traînée », remarque-t-elle dans une note adressée à sa patronne.
L’accusation décrit une prise de contrôle méthodique et perverse de la « jeune fille au grand cœur », piégée par son « désir de plaire » et placée dans l’impossibilité de s’enfuir. Sa carte d’identité n’a pas été retrouvée et ses patrons pourraient la lui avoir confisquée.
Délire de persécution
Sabrina Kouider charge de plus en plus Sophie, devenue son bouc émissaire. Elle cherche à lui faire avouer l’endroit de Londres où son ancien amant, qui vit en réalité aux Etats-Unis mais dont elle veut se venger, aurait infligé des sévices imaginaires à sa famille. Selon l’accusation, les méfaits reprochés à Sophie Lionnet sont « tout à fait faux », mais « ces inventions ou croyances » visant l’ancien compagnon de Sabrina Kouider « sont au centre des raisons pour lesquelles les accusés ont tué Sophie ».
Dans son délire de persécution, Sabrina Kouider va jusqu’à emmener Sophie Lionnet au poste de police où elle souhaite porter plainte contre elle. Le procureur a justifié de façon appuyée l’absence de réaction de la police : « La plainte n’avait aucun sens. Pourquoi une employeuse aurait-elle gardé à son service une nanny qu’elle accusait de faits graves ? » Pourtant, le comportement aberrant de l’employeuse aurait pu intriguer les policiers.
Si ce n’est la police, qui aurait pu sauver Sophie Lionnet ? Michael, le marchand de fish and chips du métro voisin, l’a vue en pleurs, dévorant comme une affamée les frites qu’il lui offre. Il lui a proposé son aide. Mais elle l’a refusée. Sophie, sans argent, sans téléphone, accablée par des accusations délirantes et une patronne qui lui reprochait de « jouer les victimes », était prisonnière.
A ses parents, aimants et aimés, mais sans moyens financiers pour l’aider, elle promet sans cesse son retour prochain. Mais sa patronne ne la lâchera pas avant qu’elle « avoue ». Pis, la jeune femme se sent coupable. Dans l’une des lettres poignantes adressées à sa mère, elle regrette de s’être « grisée de mots » en voulant voler de ses propres ailes. « J’aurais dû t’écouter toi et non mon cœur. J’ai été complètement idiote. »
Le procès doit durer au moins cinq semaines.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Après deux mois de débat interne, la direction de l’hôpital Purpan a ordonné le décrochement d’une fresque de style carabin ornant le réfectoire des internes.
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Des internes du CHU de Toulouse obtiennent le retrait d’une fresque jugée sexiste

Après deux mois de débat interne, la direction de l’hôpital Purpan a ordonné le décrochement d’une fresque de style carabin ornant le réfectoire des internes.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 18h49
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 10h06
    |

                            Soazig Le Nevé








                        



   


La banderole avait tenu quinze minutes. Promptement, le 11 janvier, le secrétariat des internes de l’hôpital Purpan, à Toulouse, était intervenu pour décrocher le drap blanc où deux phrases étaient inscrites, recouvrant une fresque : « Ceci est du harcèlement sexuel. Qu’en pensez-vous ? » 
Accrochée au mur du réfectoire des internes, la fresque représentait des médecins grimés, habillés en moines, s’affairant autour d’une femme allongée et entièrement nue. Un étonnant comité médical, entouré d’une demi-douzaine de femmes qui semblaient écouter une leçon, nues elles aussi, certaines affublées de talons hauts.
Dans une lettre ouverte adressée à la direction générale de l’hôpital, le collectif d’internes, baptisé « Jeudi onze », a alors réclamé le retrait du tableau :
« Nous avons chacune et chacun déjà vécu des situations de harcèlement sexuel, qu’il s’agisse de propositions sexuelles de la part de nos supérieur·e·s hiérarchiques, de propos ou manières de nous interpeller dégradantes (“l’externe femelle”, “ma foufoune”), de blagues sexistes répétées. Il est difficile de nous exprimer quand les auteur·e·s de ces propos sont nos supérieur·e·s hiérarchiques et que la validation de nos stages en dépend. » 

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Ce collectif d’une dizaine d’internes, dont une majorité de femmes, avait pour ambition initiale de décrocher tout bonnement la fresque avant de se raviser. « Nous avons finalement opté pour une invitation au débat, raconte au Monde l’une de ses membres, prénommée Léa. Vu les réactions, on a tout de suite compris qu’il allait être très difficile de questionner cette culture carabine, tellement bien ancrée. »
Acte « hystérique » et « violent »
Très vite, les auteurs de l’opération « antifresque » (qui avaient convié la presse locale le 11 janvier) sont pris à partie. Ils sont traités d’« hystériques » et de « violents », rapporte Léa. « Les médecins ont pour habitude de régler leurs problèmes entre eux. Ils n’ont pas apprécié du tout qu’on dévoile l’affaire. » Les critiques les plus virulentes viennent de femmes, internes ou médecins, qui reprochent au collectif de parler en leur nom et de « les faire passer toutes pour des hystériques ».
Deux mois plus tard, la réponse de la direction est finalement arrivée… à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars. Interpellée lors d’une réunion interne, Anne Ferrer, directrice générale du CHU de Toulouse, décide d’envoyer un courrier à l’internat, le sommant de retirer la fresque. Ce qui fut fait le lendemain.
« La direction n’a pas voulu intervenir de façon autoritaire dès le mois de janvier car, certes, il s’agit de locaux du CHU, mais ceux-ci sont mis à disposition de deux associations d’internes », fait valoir au Monde la direction de l’hôpital Purpan. Depuis l’action du collectif, Anne Ferrer serait intervenue « plusieurs fois » auprès des deux associations pour « leur demander de mener une réflexion ».
Cellule contre le harcèlement sexuel
« La fresque, ce n’était pas le fond du problème. Il est beaucoup plus large et nous nous en préoccupons depuis longtemps », poursuit le porte-parole du CHU de Toulouse, en allusion à la création, en novembre 2017, d’une commission égalité hommes-femmes au sein de l’hôpital, en partenariat avec l’université de Toulouse.
Le projet d’établissement 2018-2022 ambitionne aussi de renforcer la place des femmes pour les faire accéder à des postes à responsabilité. Un volet prévention contre le harcèlement sexuel est prévu, grâce à une cellule d’écoute ouverte « fin mars début avril ». « Notre objectif est de faire acte de pédagogie par rapport à la culture sexiste qui peut exister », résume le porte-parole de la direction du CHU, où 80 % du personnel hospitalier et 53 % des médecins sont des femmes.

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Parmi les médecins, le retrait de la fresque a divisé, les avis étant très partagés au sujet de cet « art carabin » considéré comme partie intégrante de l’histoire de la médecine. « La discussion a été dense entre pro et anti », confirme la direction de l’hôpital, qui appelle les deux camps à « réfléchir ensemble sur le devenir de cette fresque », évoquant la possibilité de la confier au musée d’histoire de la médecine, à Paris.
Trois fresques à l’hôpital Rangueil
Le sujet pourrait très rapidement revenir à l’ordre du jour, l’hôpital Rangueil — qui appartient aussi au CHU de Toulouse —, abritant également trois tableaux, que décrit Léa, la jeune interne du collectif Jeudi onze.
« Le premier imite la fresque du plafond de la chapelle Sixtine, deux hommes médecins se passant le téléphone de garde. En arrière-plan, des femmes nues, et à leur disposition sexuelle, patientent. »
Sur la deuxième œuvre, « une personne du bloc opératoire avec son sexe en érection a l’air d’en frapper une autre ». Enfin, la troisième fresque se distingue par « son caractère raciste », explique Léa : « Elle montre une scène d’orgie avec plein de personnes en position sexuelle. Au milieu, apparaît un personnage noir de peau, orné d’une ceinture de bananes. »
Au CHU, le porte-parole l’assure : « La même politique s’appliquera partout : si elles posent problème, les fresques doivent être décrochées. »

   


Pour sa part, le Syndicat national des jeunes médecins généraliste (SNJMG) a salué, dans un communiqué, la décision prise par la directrice de l’hôpital, « en totale adéquation avec les engagements du syndicat contre le sexisme en médecine ». Sa présidente, Sayaka Oguchi, rapporte au Monde que « tout l’art carabin n’est pas forcément sexiste et peut revêtir uniquement un caractère dévergondé ». « Mais quand les choses vont trop loin, il ne faut pas les laisser passer. La fresque du Purpan n’avait vraiment rien à y faire. »
Selon une enquête de l’Intersyndicale nationale des internes menée en octobre 2017 auprès de près de trois mille internes (dont les trois quarts de femmes), 34 % rapportent des attitudes connotées au moins une fois et 8,6 % un harcèlement sexuel.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ L’avocat général a réclamé des peines plus lourdes qu’en première instance pour deux des douze salariés ou anciens salariés de la compagnie aérienne.
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« Chemise arrachée » à Air France : trois à cinq mois de prison avec sursis requis en appel

L’avocat général a réclamé des peines plus lourdes qu’en première instance pour deux des douze salariés ou anciens salariés de la compagnie aérienne.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 18h28
   





                        


Trois à cinq mois de prison avec sursis. C’est la peine requise lundi 19 mars contre quatre ex-salariés d’Air France, jugés en appel à Paris pour l’épisode de la « chemise arrachée » de deux cadres de la compagnie.
Dénonçant des « violences intolérables », l’avocat général a réclamé pour deux de ces quatre prévenus une peine plus importante qu’en première instance. Contre l’un, relaxé en 2016 à Bobigny, il a requis trois mois d’emprisonnement avec sursis. Contre l’autre, cinq mois avec sursis ont été requis, alors qu’il avait été initialement condamné à trois mois avec sursis.
Le magistrat a demandé à la cour d’appel de confirmer les peines de trois et quatre mois avec sursis des deux autres prévenus. Il a aussi réclamé la confirmation des peines d’amende de 500 euros prononcées contre huit autres prévenus poursuivis pour des « dégradations ».
Des séances de négociation « dépaysées » depuis les faits
Le jour des faits, le 5 octobre 2015, une manifestation contre un projet de restructuration menaçant plusieurs milliers d’emplois avait dégénéré à l’aéroport de Roissy. Violemment pris à partie alors qu’ils exposaient le plan, Xavier Broseta, directeur des ressources humaines d’Air France à l’époque, et Pierre Plissonnier, ex-responsable du long-courrier, désormais retraité, avaient dû fuir sous les huées de salariés, torse nu pour le premier, la chemise en lambeaux pour le second.
Les images des deux cadres forcés d’escalader un grillage pour échapper à la foule avaient fait le tour du monde. Depuis les faits, la direction a pris plusieurs fois la précaution de « dépayser » à Paris des séances de négociation avec les syndicats, par crainte de nouveaux débordements.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Un article consacré à l’île et voué à être inscrit dans la Constitution a été présenté au président de l’exécutif corse, Gilles Simeoni, qui le juge trop restrictif.
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Le projet d’inscription de la Corse dans la Constitution est « en deçà » des attentes des autonomistes

Un article consacré à l’île et voué à être inscrit dans la Constitution a été présenté au président de l’exécutif corse, Gilles Simeoni, qui le juge trop restrictif.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 17h55
   





                        


Le projet d’inscription de la Corse dans la Constitution présenté par le gouvernement est « très en deçà des attentes », a déclaré lundi 19 mars le président de l’exécutif corse, Gilles Simeoni. « On est très en deçà des attentes, très en deçà de ce qui a été validé par le vote la semaine dernière par l’Assemblée de Corse, très en deçà du moment politique », a-t-il déclaré à l’issue d’une réunion avec Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’intérieur, chargée du dossier corse.
Le gouvernement prévoit dans sa réforme constitutionnelle l’introduction d’un article 72-5 spécifique à la Corse, où serait notamment reconnue son insularité. Mais pour le président de l’exécutif corse, l’article ne va pas assez loin :
« Cet article ne mentionnerait pas la notion d’autonomie et n’organise absolument pas un statut d’autonomie. On est uniquement dans une capacité d’adaptation qui serait reconnue à la Corse dans certains cas et dans des conditions extrêmement restrictives. Tantôt cette adaptation serait mise en œuvre par le législateur, soit elle serait mise en œuvre par la Corse mais après une autorisation par le Parlement. »

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                Statut spécifique de la Corse : les constitutionnalistes partagés



Des « spécificités » géographiques, économiques et sociales
Gilles Simeoni s’exprimait à l’issue d’une réunion de près de trois heures avec le président autonomiste de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, et avec Jacqueline Gourault. Celle-ci avait dit dimanche que le mot « autonomie » ne serait pas écrit dans l’article qui doit inscrire la Corse dans la Constitution, promesse d’Emmanuel Macron. Toutefois, le projet d’article reconnaît des « spécificités » à la Corse tant géographiques qu’économiques ou sociales, a dit lundi à l’AFP son entourage.
La « mention » de la Corse dans la Constitution est l’une des rares revendications des dirigeants nationalistes que le président de la République, dans un discours ferme, avait acceptées le 7 février à Bastia.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Dans une lettre ouverte au ministre de l’éducation nationale, un collectif d’associations demande que les sciences réintègrent le tronc commun et contribuent au développement de l’esprit.
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« Ne sacrifions pas l’enseignement des sciences »

Dans une lettre ouverte au ministre de l’éducation nationale, un collectif d’associations demande que les sciences réintègrent le tronc commun et contribuent au développement de l’esprit.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 17h35
 • Mis à jour le
20.03.2018 à 09h12
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                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Mercredi 14 février, le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a présenté la réforme du baccalauréat et de l’enseignement au lycée. L’ensemble des signataires que nous sommes, soucieux de la réussite des étudiantes et étudiants dans l’enseignement supérieur, de la préservation du potentiel de recherche et d’innovation de la nation et de la dissémination de la culture scientifique aux citoyennes et citoyens pour l’exercice de leur rôle démocratique, sont inquiets de la ­capacité du projet actuel de réforme à répondre à ces attentes.
Tout d’abord, étant donné l’absence d’enseignement spécifique (mathématiques, physique, chimie, SVT)dans le tronc commun proposé,la science ne ferait pas significativement partie de la culture commune des citoyens. La réforme, tout en reconnaissant que la science constitue tout un pan du ­savoir et de l’aventure intellectuelle humaine, ne semble pas lui donner les moyens de contribuer au développement de l’esprit.
Elle n’accorde pas non plus assez d’importance à l’assimilation des ­enjeux et démarches scientifiques par les acteurs et actrices de demain alors même que la société devient toujours plus dépendante des choix technologiques opérés. Les conséquences sur les prises de décision collectives et donc sur les choix démocratiques sont potentiellement très inquiétantes.
Les conséquences de la réforme sur les prises de décision collectives et donc sur les choix démocratiques sont potentiellement très inquiétantes
L’enseignement« d’humanités scientifiques et numériques » – la nouvelle matière prévue par la réforme –, aux contours disciplinaires encore mal ­définis, se doit de poser les bases et les méthodes scientifiques en mathématiques, physique, chimie, sciences de la vie et de la terre (SVT), nécessaires pour une réflexion rationnelle.
En l’état ­actuel des choses, les deux heures par semaine prévues ne représentent en aucun cas un horaire suffisant pour une formation...




                        

                        

