<FILE-date="2018/03/19/19">

<article-nb="2018/03/19/19-1">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Enquête sur le trafic d’armes, les liens entre hooligans, voyous et responsables officiels qui sévissent dans le pays (sur Canal+ à 22 h 45).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

TV – « Serbie : les miliciens du crime »

Notre choix du soir. Enquête sur le trafic d’armes, les liens entre hooligans, voyous et responsables officiels qui sévissent dans le pays (sur Canal+ à 22 h 45).



Le Monde
 |    19.03.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 18h05
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Canal+ à 22 h 45

   


Belgrade et son univers impitoyable. Filmée de nuit sur une musique anxiogène, la capitale serbe prend une allure inquiétante. Dans cette ville d’un million et demi d’habitants environ, organisations criminelles, hooligans redoutés et armes de guerre font partie du paysage. Habitué de ces atmosphères, Jérôme Pierrat enquête depuis plus de vingt ans sur le crime organisé sous toutes ses formes. Cette fois, en compagnie d’Olivia Mokiejewski, il s’est intéressé à ce qu’il appelle « le trou noir de l’Europe », à savoir la Serbie, pays de 7 millions d’habitants, dont l’une des spécialités semble être le trafic d’armes.
On estime que 80 % des armes de guerre circulant en France proviennent de l’ex-Yougoslavie et notamment de Serbie, pays abritant de redoutables gangs de braqueurs écumant l’Europe occidentale. Un pays devenu également une véritable plaque tournante pour le trafic de stupéfiants. Pourquoi les voyous serbes semblent-ils aussi puissants ? Quels sont leurs appuis, leurs éventuels liens avec des responsables politiques, policiers et militaires ? A toutes ces délicates questions, Jérôme Pierrat tente de répondre en interrogeant de nombreux témoins, dont certains voyous de haut vol qui, face caméra, garderont leur cagoule. On n’est jamais trop prudent entre Danube et Save…

   


Fusils-mitrailleurs, pistolets, grenades, on trouve facilement de tout en Serbie. « En France, une kalachnikov vaut entre 2 000 et 3 000 euros. On en vend beaucoup », souligne un témoin, le ­visage caché : « Nos armes sont généralement transportées par des camions turcs. Mais avec les contrôles renforcés aux frontières à cause des migrants, c’est de plus en plus dur. Avant, on passait par la Hongrie ; maintenant, par la Croatie ».
Au fil de son avancée, l’enquête engage une plongée dans le milieu des hooligans locaux : « Fossoyeurs » du Partizan, « Braves » de l’Etoile rouge, certains groupes ressemblent à de véritables milices paramilitaires. Avant l’éclatement de la Yougoslavie, ces groupes étaient protégés par le pouvoir. En échange, les hooligans s’occupaient à leur manière des manifestants anti-régime. Aujourd’hui, les liens entre hooligans, voyous et responsables officiels perdurent. « Nous nous protégeons mutuellement », résume Ratko, supporteur du Partizan et prospère trafiquant de cocaïne.
Liquidation d’opposants
En interrogeant Bozidar Spasic, ancien responsable des services secrets de Yougoslavie, Jérôme Pierrat a face à lui un précieux témoin. Condamné à perpétuité par défaut en Belgique, Spasic a délivré, en quinze ans, six cents passeports à des criminels, chargés notamment de liquider des opposants passés à l’Ouest. « L’Etat n’a pas créé des criminels, ils existaient avant. On s’est servi d’eux », résume Spasic. Parmi ces criminels protégés par le pouvoir, Zeljko Raznatovic (1952-2000), plus connu sous le surnom d’« Arkan ».
Ancien voyou, hooligan emblématique de l’Etoile rouge, chef de guerre criminel à la tête de la Garde des volontaires serbes (les tristement célèbres Tigres), mafieux, homme d’affaires, politicien, époux de la reine de la pop locale, assassiné en plein Belgrade, la vie d’« Arkan » semble écrite par un scénariste sous amphétamines. Aujourd’hui, l’Etat se veut irréprochable, mais le crime organisé persiste. Grâce à des appuis dans les mairies, les commissariats et, paraît-il, certains ministères, l’argent du trafic d’armes et de la drogue est blanchi dans le bâtiment.
Serbie : les miliciens du crime, de Jérôme Pierrat et Olivia Mokiejewski (Fr., 2018, 55 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-2">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A l’occasion des 90 ans de Mickey, la Monnaie de Paris commercialise des nouvelles pièces comme elle le fait régulièrement pour d’autres commémorations. Ces séries limitées se révèlent, parfois, de bons placements.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Les monnaies de collection : un bon investissement ?

A l’occasion des 90 ans de Mickey, la Monnaie de Paris commercialise des nouvelles pièces comme elle le fait régulièrement pour d’autres commémorations. Ces séries limitées se révèlent, parfois, de bons placements.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 18h01
    |

                            Carine Albertus








                        



   


Des monnaies en argent de 10 euros, 50 euros ou 200 euros intitulée Mickey & la France : la Monnaie de Paris, installée quai Conti, à Paris (6e arrondissement), révèle enfin le thème de sa nouvelle série de pièces de monnaie de collection à valeur faciale, après celle intitulée La France de Jean-Paul Gaultier en 2017. Une manne financière pour cette vieille institution (en activité depuis plus de 1 150 ans !) qui lui a permis de compenser le manque de commandes de frappe de monnaies courantes à partir de l’année 2000, aussi bien par l’Etat français que par ses clients étrangers.
Tous les ans depuis 2008, l’Etablissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) édite ainsi des séries d’euros à valeur faciale, descendantes directes des pièces de 20 francs ou de 50 francs en argent que nos parents conservaient avant de les revendre pour récupérer de la monnaie sonnante et trébuchante… Les ingrédients actuels de cette gamme de produits très marketée : un tirage important, des montants accessibles (10 euros en argent 333 ‰, 50 euros en argent, 200 euros en or 999 ‰), une thématique grand public et un réseau de points de vente partout en France (bureaux de poste et la toute nouvelle boutique de la Monnaie de Paris, quai Conti).

        Lire aussi :
         

                Ma tante sur Internet



« Ces pièces sont vendues à leur valeur faciale, précise Claude Giffin, directrice marketing et développement à la Monnaie de Paris, sauf la pièce colorisée de 50 euros vendue un peu plus cher (59 euros avec une cartelette jointe). »
Mayotte en pointe
Mais que valent ces pièces de qualité courante au bout de quelques années ? « Jamais moins que leur valeur faciale, affiche Claude Giffin. Parfois plus selon la loi de l’offre et de la demande : dans la collection des euros des régions en 2010, la pièce de Mayotte en argent a vite été épuisée, son tirage était faible (NDLR : 50 000 exemplaires). Aujourd’hui, elle peut se vendre beaucoup plus cher que 10 euros ».
Effectivement, la pièce à l’effigie de ce territoire d’outre mer devenu, en 2011, le cent unième département français, s’affiche volontiers autour de 40 euros actuellement. Au-delà de leur valeur marchande, ces pièces ont vocation à véhiculer le savoir-faire de la Monnaie de Paris, mais aussi une valeur patrimoniale. Claude Giffin argumente : « un objet réclamé par les enfants et acheté par les grands-parents ».

   


Avec une cote plus forte mais un tirage plus faible, les monnaies de collection classiques, quant à elles, présentent une valeur marchande déconnectée de leur valeur faciale en raison notamment de leur qualité de gravure et de frappe. « La qualité belle épreuve, ce que l’on fait de mieux », assure Claude Giffin. Une frappe spéciale à la main, réalisée monnaie par monnaie, et vérifiée par le monnayeur au cœur des ateliers parisiens. Quant à la gravure, étape précédant la frappe, elle répond à des critères précis, notamment celui du relief : « Il ne doit pas dépasser le listel [NDLR: rebord en saillie] de la pièce qui protège le motif », précise la responsable de l’institution.
« Mickey plutôt qu’un empereur romain »
Le tirage de ce type de séries essentiellement destinées aux collectionneurs est faible : « au maximum pour une monnaie en argent, entre 2 000 et 3 000 pièces ; 99 exemplaires pour les pièces de 5 onces ». Parmi ce genre d’opérations en cours depuis les années 1980, la célébration des Jeux olympiques d’Albertville marque les débuts du succès pour ces pièces de qualité : la pièce de 100 francs Albertville vaut aujourd’hui entre 50 et 60 euros sur les sites spécialisés ou sur eBay.
Enfin, mention spéciale à la série sortie en 2012, imaginée avec Karl Lagerfeld et célébrant le 125e anniversaire de la naissance de Coco Chanel : deux en argent (45 euros et 325 euros pour celle de 5 onces) et deux en or (345 euros et 5 900 euros pour celle de 5 onces), toutes d’une valeur faciale de 5 euros comme le parfum N° 5.
Pureté du métal, rareté du modèle, considérations techniques s’allient pour faire grimper la cote : aujourd’hui, la pièce Chanel « peut valoir le double de son prix, voire plus », affirme Claude Giffin. Une valorisation qui dépend aussi de la dextérité du maître graveur, détenteur du savoir-faire propre à la Monnaie de Paris.
Toutefois, il reste difficile de suivre la cote des pièces de collection, comme on pourrait suivre le cours de ses lingots d’or… « En règle générale, la numismatique, l’étude des monnaies, n’est pas propice à un investissement, confirme Sabine Bourgey, du Cabinet Bourgey numismatique. Cette spécialiste installée à Paris tempère néanmoins ses propos : « Achetez une monnaie de collection si cela vous plaît, selon vos moyens, sans jamais penser à investir. Si vous préférez acheter une pièce à l’effigie de Mickey plutôt qu’un empereur romain, pourquoi pas ! ». L’achat de monnaies grand public peut ainsi donner le goût de la collection et peut-être un jour de l’investissement.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-3">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Le romancier américain, auteur de best-sellers pour adolescents, était de passage au Salon du livre de Paris pour promouvoir sa dernière trilogie.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Neal Shusterman, auteur de « La Faucheuse » : « Je ne voulais pas écrire une dystopie de plus »

Le romancier américain, auteur de best-sellers pour adolescents, était de passage au Salon du livre de Paris pour promouvoir sa dernière trilogie.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 16h45
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 17h58
    |

            Pauline Croquet








                        


Nombreux étaient les amateurs et amatrices de Neal Shusterman à se presser autour du stand de dédicaces pour la première venue de l’auteur au Salon du livre de Paris, qui s’achève lundi 19 mars. Après s’être essayé à plusieurs genres, le romancier américain a rencontré le succès dans la littérature adolescente avec, notamment, la série Les Fragmentés.

#LivreParis - Jour 4 ! 
— CollectionR (@Collection R)


require(["twitter/widgets"]);

Sa nouvelle trilogie de La Faucheuse qui s’achèvera en 2019 et dont le deuxième tome vient de paraître en France, décrit une société de la post-mortalité, où les humains, grâce aux progrès de la médecine, ne sont plus voués à mourir et peuvent même rajeunir à l’envi. La criminalité est en berne depuis que la société est gouvernée par un nuage informatique mais un problème subsiste : la surpopulation, du fait de l’immortalité. Pour y pallier, des faucheurs sont désignés parmi les humains pour condamner certains de leurs congénères.
Qu’est-ce que qui vous a inspiré cette trilogie de « La Faucheuse » ?
Ayant écrit des dystopies pour adolescents et constaté à quel point elles sont populaires, je ne voulais pas en écrire une de plus. Je me suis dit qu’on avait rarement observé comment cela se passe quand tout va bien dans le monde. J’ai donc essayé d’écrire une histoire utopique et de penser à quoi la société ressemblerait si on avait éradiqué la pauvreté, le racisme, les maladies, etc.
J’ai commencé à faire beaucoup de recherches, et l’une des choses qui est ressortie, c’est le rallongement de la durée de vie et les travaux pour arrêter le processus de vieillissement. Que serions-nous en tant qu’individus et en tant qu’espèce si nous devenions immortels ? J’ai réalisé que ça poserait des problèmes de population et les gens devraient quand même mourir. Comment décider alors qui doit vivre et mourir ?
Dans votre livre, vous avez confié cette unique tâche à la population elle-même…
Oui, car, finalement, on revient facilement à des éléments de dystopie si on imagine que les ordinateurs décident, que le gouvernement décide. Il fallait trouver mieux et m’est venue l’idée de confier ça à des personnages de haute moralité comme les maîtres Jedi. C’est de là que j’ai choisi les faucheurs, des personnages qui sont les plus moraux, les plus éthiques, les plus sages. Mais bien sûr, quand vous avez ce type de pouvoir, il est facile de se faire corrompre.

        Lire aussi :
         

                Cinq romans pour adolescents à découvrir au Salon du livre de Paris



Dans cette trilogie, la société est régie par un super-nuage informatique, le « Thunderhead ». Etes-vous optimiste ou pessimiste envers la technologie ?
Je suis neutre : pour chaque chose positive qui survient grâce à la technologie, il y a aussi des conséquences négatives. Historiquement, c’est comme cela que ça semble fonctionner. Il y a des choses prodigieuses qui vont se produire avec l’intelligence artificielle, mais il y aura aussi des choses effrayantes. Et l’on va devoir trouver un moyen de naviguer entre les deux. Ma démarche est de poser ces questions aux adolescents qui vont dans quelques années être à la tête de la société.
Beaucoup d’œuvres de pop culture actuelle questionnent le futur : films, séries, livres… Y en a-t-il qui vous ont particulièrement plu ?
Black Mirror est ma série télé préférée du moment parce qu’elle traite de ce que j’essaie de faire avec mes livres. Elle m’empêche de dormir parce que je n’arrête pas de penser à ces technologies et où celles-ci peuvent nous conduire. Plus il y aura de productions comme celle-là, mieux ce sera, parce que nous devons absolument réfléchir à ces questions.
Ces livres ont pour thème central la mort. Reflètent-ils vos inquiétudes sur le sujet ?
Tout le monde est inquiet par la mort à un moment dans sa vie. Mais c’est bien plus l’idée de la conscience que celle de la mort qui m’intéresse. J’ai envie de comprendre ce que cette dernière signifie : avons-nous une âme ? Si on devient immortel, qu’est-ce que cela dit de notre conscience ? Est-ce qu’une intelligence artificielle peut avoir une conscience ? Pour moi, cette dernière question se doit d’être résolue parce que nous allons arriver à un point ou peut-être ne serons nous plus capable de faire la différence entre quelque chose d’artificiel et quelque chose qui ne l’est pas.
Est-il difficile de parler de mort à des adolescents ? Est-ce que vous vous êtes interdit certaines choses à ce propos ?
Ecrire sur la mort n’était pas difficile, parce que j’ai eu l’impression d’écrire à ce sujet de façon responsable et prudente. Les histoires qui me frustrent sont celles qui se terminent futilement. Je ne veux pas écrire ce genre d’histoires. Pour moi, les seules qui vaillent la peine sont celles qui contiennent de l’espoir. Même si certains de mes récits s’ancrent dans des situations sombres, elles contiendront toujours de l’espoir.
Les romans adolescents permettent aux lecteurs de grandir. Y a-t-il un enseignement qui vous tient à cœur de transmettre ?
La chose la plus importante que je veux transmettre n’est pas tant une morale. Car cela suggère qu’il y a une réponse simple et qu’en tant qu’auteur je la connaîtrais. La seule leçon que mes livres pourraient contenir est celle sur l’importance des perspectives, des points de vue. On doit voir les choses sous différents angles même ceux auxquels on ne veut pas penser. On doit avoir une vue d’ensemble pour pouvoir prendre des décisions éclairées.
Certains passages de « La Faucheuse » peuvent s’avérer violents. Comment avez-vous travaillé ces épisodes ?
J’ai choisi avec attention et beaucoup travaillé ces passages parce que je savais que je ne pouvais pas éviter la violence, cela sert l’histoire. Je devais montrer ce qui fait de certains faucheurs des mauvaises personnes. Il y a ce moment où Maître Goddard apparaît dans le premier tome. Il arrive dans un avion et annonce que tous les passagers vont être fauchés. La scène se déroule entièrement du point de vue d’un homme assis dans l’avion qui cherche à voir comment il peut affronter les faucheurs et qui réalise comment ces derniers prennent trop de plaisir à accomplir leur tâche. Cela a été raconté d’une manière qui ne glorifie pas la violence ou le sang.
Il y a aussi l’épisode du massacre dans le centre commercial qui peut trouver écho avec des événements aux Etats-Unis…
Encore une fois l’histoire est racontée du point de vue d’une petite fille qui se cache et ferme les yeux. On sait ce qui se passe, mais je ne le montre pas. 
Je veux préciser que jamais les faucheurs n’utilisent d’armes à feu même dans les moments où ils pourraient y recourir, parce que j’ai un problème avec ça. Je suis très en faveur du contrôle des armes à feu aux Etats-Unis, et je suis frustré par le fait qu’il n’y en ait pas plus actuellement. En tant qu’auteur de livres pour jeunes gens, je ne veux pas glorifier cette violence. Je fais de mon mieux pour éviter ça.
Votre trilogie a deux héros : une fille, Citra, et un garçon, Rowan. Etait-ce parce qu’il était difficile de choisir ?
Non. C’est parce que je voulais que ça attire les garçons et les filles. Les récents romans dystopiques pour ados ont, en général, une héroïne. Je voulais aussi avoir un personnage masculin, car je me suis dit que si je divisais l’histoire et les points de vue entre Citra et Rowan, je pourrais offrir beaucoup plus.
« La Faucheuse », tome II Thunderhead, de Neal Shusterman, éditions Robert Laffont, 576 pages, 19,50 €.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-4">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Membre de l’Ecole freudienne, ami de Françoise Dolto, Denis Vasse appartenait à toute une lignée de jésuites qui se tournèrent vers la psychanalyse. Il est mort lundi 12 mars, à 84 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mort du prêtre et psychanalyste Denis Vasse

Membre de l’Ecole freudienne, ami de Françoise Dolto, Denis Vasse appartenait à toute une lignée de jésuites qui se tournèrent vers la psychanalyse. Il est mort lundi 12 mars, à 84 ans.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 17h54
    |

                            Patrick Kéchichian








                        



                                


                            

Prêtre, médecin et psychanalyste, Denis Vasse est mort lundi 12 mars à Francheville, dans le Rhône, à l’âge de 84 ans. Cette identité multiple ne dissimule pas une contradiction ni même un affrontement. Au centre d’une vocation plurielle et unique, il y a la parole. Parole entendue, écoutée, étudiée, avec le plus grand soin, le plus haut sérieux.
« L’homme est réponse à la question que pose toute parole », écrivait-il en 1969, dans un premier livre qui marqua profondément les esprits : Le Temps du désir. Essai sur le corps et la parole (Seuil). Cette citation valant aussi bien dans l’espace de la psychanalyse que dans celui de la foi. Lire Freud et Lacan n’empêche pas de méditer les Evangiles ! Il écrivait aussi, avec simplicité et profondeur : « Sans la foi en la parole, les mots se redoublent en songe de l’esprit. »
Né en 1933 en Algérie dans une famille modeste, Denis Vasse fait ses études de médecine à Alger, avant d’entrer dans la Compagnie de Jésus en 1958 et de prononcer ses premiers vœux en 1960. Cette même année, il soutient sa thèse de médecine. Partisan de l’indépendance, il exerce comme médecin au sein de l’armée.
Vice-président de l’Ecole freudienne
Ordonné prêtre en 1971, il s’installe à Villeurbanne, près de Lyon, où il conduit des cures d’enfants au centre médico-psychologique. Psychanalyste, il se rapproche de Jacques Lacan et de l’Ecole freudienne, dont il sera même le vice-président à la fin des années 1970, juste avant la dissolution de l’institution décidée par Lacan en 1980. Entre 1978 et 2007, il donna de nombreux cours et séminaires, aussi bien en France qu’en Italie ou au Canada.
Ami de Françoise Dolto, dont il célébrera les obsèques à Paris en août 1988, Denis Vasse appartient à toute une lignée de jésuites qui se tournèrent vers la psychanalyse, notamment après Vatican II et Mai 68 – événements fondateurs, chacun à leurs mesures, et catalyseurs de pensée. On peut citer Louis...




                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-5">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Pour garder sa voix le plus longtemps possible, l’artiste détaille ses règles de vie : « Je ne bois pas, je ne fume pas, je ne mange jamais épicé. Et le pire, c’est de parler. C’est même pire que l’alcool, de parler. »
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ 
<article-nb="2018/03/19/19-6">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Au Palais de Tokyo, l’artiste a accumulé des objets persuasifs dans une mise en scène déconcertante.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le plasticien Neïl Beloufa joue à se faire peur avec la propagande

Au Palais de Tokyo, l’artiste a accumulé des objets persuasifs dans une mise en scène déconcertante.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 16h03
    |

                            Emmanuelle Lequeux








                        



                                


                            

Plus qu’une exposition, c’est un monde. Un Web Wide World, pourrait-on dire : un monde à la dimension (dantesque) de la Toile. Où l’on croise Churchill et les martyrs de Téhéran, des soldates israéliennes en promo sexy sur Instagram et les tulipes de Jeff Koons version miniature, Benoît Hamon caricaturé avec des oreilles de Monsieur Spock et les peintures de George W. Bush, le combat des femmes peshmerga et une pub pour un jeu vidéo, des gadgets maoïstes vendus aux touristes en mal d’exotisme coco ou un livre de coloriage anti-organisation Etat islamique… Le monde, tel qu’il apparaît, régi par la violence et les conflits. Le plasticien Neïl Beloufa a encore du mal à saisir la déconcertante mise en scène qu’il a orchestrée là, au Palais de Tokyo. « Nous avons sélectionné des objets de représentations de pouvoirs politiques ou économiques, intellectuels et artistiques, afin d’essayer d’analyser leur mécanique de fonctionnement, leurs formes, sur quoi ces images jouent. Puis nous les avons assemblés en faisant des nœuds, qui parfois coincent, parfois créent des associations, des sens involontaires. » Ainsi tente-t-il de résumer l’entreprise titanesque dans laquelle il s’est lancé.

Ce qu’il donne à voir, c’est une foule de maquettes, fac-similés, reproductions. Des propagandes tous azimuts, tirées de musées de la guerre ou du flux d’images de la Toile. Fétichisation d’une poutre métallique du World Trade Center en forme de croix, devenu objet d’un culte christique ; synthèse 3D reconstituant les bouddhas de Bamyan comme un sordide son et lumière ; jeux de cartes de l’armée américaine à l’effigie de Saddam Hussein, ou casques de guerre irakiens dessinés par son fils en copiant la coiffe de Dark Vador ; publicité russe qui clame : « Le tabac tue, mais moins que Barack Obama » ; Robert Ménard qui utilise pour réclamer le TGV pour sa ville de Béziers une photo de Trump avec Kim Jong-un… Ou encore, pire que tout, une maquette de ville...




                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-7">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le chorégraphe d’origine sénégalaise réinvente la géométrie dans l’espace sur la scène du Théâtre des Abbesses.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le hip-hop tout en légèreté d’Amala Dianor

Le chorégraphe d’origine sénégalaise réinvente la géométrie dans l’espace sur la scène du Théâtre des Abbesses.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 10h15
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

De la danse hip-hop en chaussettes pour mieux glisser et se la jouer patineur d’un soir en pirouettant comme une torche vive. Du hip-hop planant, doux, à peine audible tant il surfe léger au-dessus du sol, pèse poids plume sans pour autant manquer de chair. Du hip-hop ample qui ne se contente pas de torpiller sur place, mais voyage dans l’espace.
Avec ce trio masculin simple, savant et beau, Dianor pose sur scène, l’air de rien, un traité de danse pure
Quelque part au milieu de l’infini, d’Amala Dianor, à l’affiche du 13 au 17 mars au Théâtre des Abbesses, à Paris, tient mystérieusement les promesses de son titre intersidéral. Avec ce trio masculin simple, savant et beau, Dianor pose sur scène, l’air de rien, un traité de danse pure assumé comme tel, avec la seule passion du mouvement et de la relation à l’autre. Car, entre les gestes, le chorégraphe affirme avant tout la qualité fraternelle et humaine d’un art vécu comme une passerelle et une conversation.

Sur le plateau vide, trois hommes, le Coréen Pansun Kim, le ­Burkinabé Ladji Koné et Dianor lui-même, lancent à tour de rôle leur ligne de danse comme on va à la pêche, entraînant leurs collègues dans leur sillage. Sans ­jamais se perdre de vue, ils tirent sur l’élastique de leur relation, réinventent les lois de l’at­traction au gré d’un jeu continu de correspondances gestuelles, d’échos et parfois d’unissons. Une combinatoire chorégraphique magique qui fait respirer la scène et irradie de sérénité.
Langue métisse
Cette circulation du trio est soufflée par l’écriture d’Amala Dianor. Hybride fluide de sabar sénégalais, de hip-hop disloqué et acrobatique, ainsi que de contemporain, elle surfe sur les différents registres dans un élan organique. Elle valorise l’intelligence d’un corps global, traversé jusqu’aux extrémités par un mouvement ondulatoire qui semble n’avoir ni début ni fin. L’ensemble est subtil et sensuel, virtuose sans ostentation, tant les trois interprètes...




                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-8">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Avec Gal Costa et Nando Reis, le Brésilien était en concert à La Seine musicale.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Musiques du monde : la générosité joyeuse de Gilberto Gil

Avec Gal Costa et Nando Reis, le Brésilien était en concert à La Seine musicale.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 09h44
    |

                            Patrick Labesse








                        



   


Gilberto Gil de retour sur scène, en France, samedi 17 mars, à La Seine musicale, sur l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Pas loin de 4 000 personnes ont bravé le froid et la neige pour ce concert-événement. Depuis son passage au Palais des Congrès, à Paris, avec Caetano Veloso, en 2015, on avait redouté le pire pour la star brésilienne quand, fin août 2016, la nouvelle était tombée d’une (troisième) hospitalisation, pour insuffisance rénale. Le revoir sur scène, à 75 ans, joyeux, guitare en mains, avec toujours le même esprit camarade et généreux vis-à-vis de son public, nous a rassurés.
Gilberto Gil partage la scène avec une autre icône de la MPB (musica popular brasileira), la chanteuse bahianaise Gal Costa, de trois ans sa cadette, très rare à Paris (elle-même avoue ne pas se souvenir à quand remonte son dernier passage).
Le projet baptisé « Trinca de ases » (« brelan d’as ») est né sur scène à Brasilia en 2016
A ces deux figures historiques s’est joint, recruté par Gil, un « jeune » de 55 ans, né à Sao Paulo, le guitariste et chanteur Nando Reis. Très rock’n’roll dans l’attitude et l’énergie qu’il insuffle tout au long de la soirée à ses camarades, moins alertes et pas toujours en voix. Une découverte pour le public francilien, car lui n’avait encore jamais chanté à Paris. Le Brésil l’a connu bassiste et chanteur du groupe de rock Titas, avant qu’il n’entame une carrière solo et ne se lance dans la production (travaillant, entre autres, avec la chanteuse Marisa Monte).

C’est en fait lui le véritable MC (maître de cérémonie) de ce projet baptisé « Trinca de ases » (« brelan d’as »), né sur scène à Brasilia en 2016, sur lequel tous les trois sont appuyés par l’efficacité remarquable du bassiste Magno Brito et du percussionniste-batteur Kainan do Jejê (du groupe Sinara), et actuellement en tournée européenne. Il en a conçu le répertoire – disponible sur un album enregistré en public à Sao Paulo, paru sur le label brésilien Biscoito fino, bientôt distribué en France – et il en a signé les arrangements.
Quelques perles d’amis
Aux compositions de son aîné (Palco, Esotérico, Cores vivas, Refavela, Barato total…), et aux siennes, ont été ajoutées quelques perles d’amis, dont Baby, signée par Catano Veloso sur l’emblématique album du tropicalisme, le mouvement qui malmènera, à la fin des années 1960, la bossa-nova et bousculera la chanson bien-pensante, Tropicália ou Panis et Circencis (paru en 1968). Un album réunissant Gilberto Gil, Gal Costa, Caetano Veloso, Tom Zé, Nara Leão, le groupe Os Mutantes. Rogerio ­Duprat (1932-2006) en signait les arrangements.
« C’est la révolution esthétique du tropicalisme d’alors qui permet aujourd’hui d’envisager une politique alternative dans laquelle je veux m’engager », commentait, en 1987, Gilberto Gil dans le documentaire Gilberto Gil, la passion sereine, réalisé par Ariel de Bigault. A la fin des années 1980, il occupe un poste à la ­culture dans l’Etat de Bahia puis deviendra plus tard (de 2003 à 2008), représentant le Parti Vert, ministre de la culture dans le gouvernement de Lula.
A la mémoire de Marielle Franco
A La Seine musicale, Gal Costa rappelle, avec ses deux complices, la mémoire de Luiz Melodia, mort en 2017, en interprétant une de ses compositions, Perola negra. Luiz Melodia était souvent perçu comme un porte-parole des favelas et de la culture du peuple noir au Brésil. Les favelas dont était issue Marielle Franco, une jeune femme de 38 ans, élue municipale de Rio, populaire militante des droits de l’homme, en guerre contre les exactions policières et militaires, assassinée dans la soirée du 14 mars en plein centre de Rio.

        Lire le récit :
         

          L’assassinat à Rio de Marielle Franco, élue locale et militante contre les violences policières, émeut le Brésil



« Evidemment, tout ce que nous faisons là, après l’assassinat de Marielle, c’est un hommage à la vie et pour honorer sa mémoire », déclare sur scène (en français) Gilberto Gil. Deux heures plus tôt, dans les loges, il commentait ce drame qui a bouleversé une partie du Brésil. « Marielle était une militante pour la cause noire, la cause des femmes… Elle avait des ennemis, des gens qui voulaient la faire taire. Elle a été exécutée. Cet assassinat m’apparaît comme une conséquence de toute la situation “compliquée” socialement, politiquement, économiquement, que nous vivons en ce moment au Brésil. »
Gilberto Gil reviendra en concert avec le projet « Refavela 40 » : le 28 juin au festival Archéo Jazz, à Blainville-Crevon (Seine-Maritime), le 6 juillet au Barrière Enghien Jazz Festival à Enghien-les-Bains (Val-d’Oise), le 7 à Jazz à Vienne (Isère), le 10 au festival Les Suds à Arles (Bouches-du-Rhône).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-9">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ En guise d’illustration des sept nuances de français décrites par l’essayiste Jean-Michel Delacomptée dans son ouvrage « Notre langue française », l’écrivain oulipien Hervé Le Tellier a décliné la même phrase en sept versions.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                
                                       
édition abonné


Une nouvelle, sept façons de l’écrire


                      En guise d’illustration des sept nuances de français décrites par l’essayiste Jean-Michel Delacomptée dans son ouvrage « Notre langue française », l’écrivain oulipien Hervé Le Tellier a décliné la même phrase en sept versions.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 07h39
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 08h44
    |

                            Hervé Le Tellier








                              

                        
Le début de la nouvelle Knock (publiée dans le magazine Thrilling Wonder Stories en 1948, non traduite), de Fredric Brown, pourrait être une nouvelle en soi. « Le dernier homme sur la Terre était assis tout seul dans une pièce. Il y eut un coup à la porte… » (« The last man on Earth sat alone in a room. There was a knock on the door… »). A partir de cet incipit, que l’on a dû un tout petit peu développer – à regret – pour la démonstration, voici quelques « exercices de style » autour de ces différents « français » qu’a dénombrés Jean-Michel Delacomptée dans son ouvrage.

La langue standard
On ne sait pas trop pourquoi, mais après une guerre atomique, une épidémie, une révolte des robots, il n’est plus resté qu’un seul type sur la Terre. Il est assis tout seul dans une pièce presque vide. Et alors, d’un coup, il y a un coup à sa porte.
La haute langue
Nul ne sait comment tout est arrivé. Un conflit nucléaire, une épouvantable pandémie, une insurrection des machines intelligentes ? C’est de peu d’importance désormais, rien ne rachètera le monde. Il n’est plus sur toute la Terre qu’un homme, un seul homme. Il se tient prostré, sur une chaise, au milieu de la pièce. Soudain, à la porte, il y a un coup.
Les langues régionales (ici, le gaga stéphanois)
Alors, demande-moi pas te dire pourquoi, la guerre, les maladies, les robots, bref, il reste plus qu’un seul homme sur la terre entière, eh ben crois-moi crois-moi pas, c’est le garçon au René.
Le coissou est acclapé tout seul dans un fauteuil, fermé dans une pièce qui sent le coufi, sans le moindre petit cafuron. De quoi vous fiche la lourde, beauseigne ! Mais vois-tu-moi-le, bichette : il se sent franc patraque, ah ça non, il fait pas son faramelan… Mais il est rien brave, allez ! pour selon qu’il est à barreaux, il sait que c’est pas le moment d’avoir le babaud, alors il tâche moyen de pas trop broger. Et tout par un coup, fouilla ! un truc de pas croyab :...




<article-nb="2018/03/19/19-10">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals ou de clips.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 18/03/2018
Découvrir l’application


                        

Un clip, un concert et trois festivals : votre semaine en musique

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals ou de clips.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 08h35
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Avec le printemps reviennent les festivals… Nous vous en proposons trois dans notre liste de ce lundi.
UN VIDÉO-CLIP : « A vous jusqu’à la fin du monde », de Julien Clerc

Dans une maison, un couple se dispute. « Vingt ans de mariage », dit l’épouse interprétée par l’actrice Valeria Bruni Tedeschi à son époux, interprété par le chanteur et compositeur Julien Clerc. Qui, pour les besoins du vidéo-clip d’A vous jusqu’à la fin du monde, ne planche pas au piano mais est en train de chercher des rimes pour le texte d’une chanson. Musique. Les cordes et vents de l’introduction de la chanson, l’appui du piano, la voix de Julien Clerc. Et Valeria Bruni-Tedeschi qui fait sa valise. Ladite valise, dans ce savoureux vidéo-clip réalisé par Michel Gondry, va prendre d’étonnantes proportions. S’y entassent peu à peu vêtements, souvenirs, objets, appareils ménagers… Un accompagnement visuel drôle et fantasque, avec des moments tendres et mélancoliques à l’une des plus belles chansons du récent album de Julien Clerc, A nos amours (Si on chantait-Parlophone/Warner Music), sorti à l’automne 2017. Sylvain Siclier
UN CONCERT : Les Escrocs, au Café de la danse, à Paris, samedi 24 mars

   


Formé en 1994, le trio Les Escrocs avait attiré l’attention avec plusieurs chansons bien tournées, dont Assedic, Jojo le tombeur, Mobylette (sur fond musical de musette), Les Faux-culs, C’est dimanche, et des envies musicales qui puisaient dans le reggae, la chanson swing, la java ou le rock. En sommeil à partir du milieu des années 2000, le groupe s’est reformé en 2015 pour des concerts puis l’enregistrement d’un quatrième album Super-héros (Big Thumb Productions/L’Autre Distribution), tout juste sorti le 2 mars. Sur disque comme sur scène – en mars, leur tournée de présentation du disque passe par Paris, au Café de la danse, samedi 24 mars –, les trois camarades jouent de nombreux instruments. Parmi leurs nouvelles chansons, Super-héros, qui, sous des dehors humoristiques, pointe du doigt les « drames du quotidien » et les violences du monde, Ça sent l’accordéon, dans la tradition réaliste, L’Ours bipolaire, savoureux reggae, Tôt le matin ou le très drôle Space Cake. S. Si.
Café de la danse, 5 passage Louis-Philippe, Paris 11e. Mo Bastille. Samedi 24 mars, à 19 h 30. 20 €.
TROIS FESTIVALS :
Rock The Pistes, dans les stations du domaine alpin des Portes du soleil, jusqu’au 24 mars

   


Ils ont beau avoir l’expérience de plusieurs années derrière eux, les organisateurs du festival Rock The Pistes continuent de s’étonner de parvenir à installer en un temps record des scènes de concert en haut des pistes de ski du domaine alpin franco-suisse Les Portes du Soleil. Pas une vague estrade avec trois loupiotes, non des espaces scéniques vastes, avec sonorisation et éclairages pour des concerts suivis par plusieurs milliers de personnes. Pour la 8e édition, le festival maintient son fonctionnement entre concerts du « in », en milieu de journée, là-haut dans la montagne et concerts du « off », en fin de journée/soirée dans les villages des stations. Au programme du « in », après Stephan Eicher, dimanche 18 mars, à Châtel, Alice Merton, chanteuse pop à la voix expressive sera lundi 19 mars à Champéry-Les Crosets, le groupe rock The Horrors est attendu jeudi 22 aux Gets-Morzine, le groupe électro-pop Oscar & The Wolf vendredi 23 à Avoriaz, et enfin FFF viendra porter la bonne parole funk et rock samedi 24 à Morgins. Pour le « off », même diversité musicale avec en plus quelques virées blues, jazz manouche, électro et en tout plus d’une vingtaine de formations. S. Si.
Festival Rock The Pistes, jusqu’au 24 mars, concerts du « in » sur les pistes de ski à 13 h 30, forfait ski nécessaire pour y accéder.
Les Emancipéés, à Vannes et Arradon, du 21 au 26 mars

   


En sous-titre du nom du festival Les Emancipéés – le double é est volontaire –, la mention « littérature, chanson et autres libertés » indique un propos. Celui de croisements, liens entre les deux arts cités qui, au-delà de la lecture de texte ou du concert, seront présentés sous diverses formes, bal littéraire, conférence chantée, exposition de photographies, cinéma… Huit créations sont annoncées pour la 2e édition du festival, organisé du 21 au 26 mars par Scènes du golfe, qui regroupe deux établissements culturels du Morbihan, le Palais des arts/Théâtre Anne-de-Bretagne, à Vannes et La Lucarne à Arredon. Parmi lesquelles une évocation de Barbara par Raphaële Lannadère avec Babx et Thomas Jolly, A 5 ans, je suis devenue terre-à-terre, abécédaire en chansons par Jeanne Cherhal, un retour sur la relation entre Jean Cocteau et Raymond Radiguet par Florent Marchet et Arnaud Cathrine, Olivier et la fille oubliette, pièce musicale pour le jeune public par Julie Rey avec Françoiz Breut. Sont aussi attendus Christophe, en solo, Bastien Lallemant, Albin de la Simone, Cyril Mokaiesh. S. Si.
Les Emancipéés, au Palais des arts/Théâtre Anne-de-Bretagne, place de Bretagne, à Vannes et à La Lucarne, 1 rue de l’île Boedic, à Arradon. Tél. : 02-97-01-62-04. Du 21 au 26 mars. De 5 € à 30 €.
Le Blues autour du zinc, à Beauvais, jusqu’au 24 mars

   


« Le blues est une musique matrice, elle a inspiré tous les styles », annonce le communiqué de présentation du festival Le Blues autour du zinc, organisé depuis le 16 mars et jusqu’au 24 mars dans une dizaine de lieux à Beauvais (Oise). La phrase justifie qu’à côté d’une programmation globalement consacrée au blues soient annoncés Yuksek et Etienne de Crécy, l’un et l’autre pour une soirée électro jeudi 22 mars, à La Maladrerie Saint-Lazare. Pour le blues et ses cousinages avec la soul, le rock ou le folk, l’affiche de la 23e édition propose pour les cinq derniers jours du festival les chanteuses Elles Bailey et Jo Harman mardi 20 mars à La Maladrerie Saint-Lazare, le chanteur et guitariste Paul Dunbar, mercredi 21 à L’Arche, même jour que le premier des deux rendez-vous Secret Gig, l’un au Théâtre des Poissons (21) et l’autre au MUDO Musée de l’Oise (22), pour lesquels les noms des artistes ne sont révélés qu’à leur entrée en scène. Vendredi 23 et samedi 24, c’est dans divers cafés que se produiront notamment Lily and Ross, Odall, Wicked, Jess Gardham, The Ringtones… Et pour la soirée de clôture, samedi 24 mars, à La Maladrerie Saint-Lazare, le groupe soul DeRobert and The Half-Truths, le trio folk Gunwood et le groupe rock soul General Elektriks. S. Si.
Le Blues autour du zinc, dans diverses salles à Beauvais (Oise). Jusqu’au 24 mars. De 15 € à 20 €.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-11">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ La chanteuse australienne est remontée sur scène pour présenter son quatorzième album studio, « Golden ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 18/03/2018
Découvrir l’application


                        

Au Café de la danse, Kylie Minogue se la joue cow-girl

La chanteuse australienne est remontée sur scène pour présenter son quatorzième album studio, « Golden ».



Le Monde
 |    19.03.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 09h11
    |

            Bruno Lesprit








                        



   


Largué dans les classements du Royaume-Uni et de l’Australie – les deux plus gros marchés pour la chanteuse –, le nouveau single Dancing semble indiquer que, à bientôt 50 ans, la cote de Kylie Minogue serait sur une pente descendante. C’est donc avec une prudence calculée que la native de Melbourne, qui a embrasé de ses déhanchements les dancefloors des années 2000, effectue son retour à la scène par une microtournée européenne : cinq dates dans de minuscules salles. S’arrêter dimanche 18 mars à Paris, dans le quartier de la Bastille, au Café de la danse – qui ne peut accueillir que 500 spectateurs –, est en effet un moyen imparable d’attirer l’attention quand on a vendu des disques par millions.
Davantage que de concert, il faudrait parler de « showcase », ces présentations d’un nouvel album d’ordinaire réservées aux professionnels et à quelques fans triés sur le volet. Là, les places ont été mises en vente pour trouver immédiatement preneurs, de même que le « meet and greet » permettant à trente inconditionnels d’échanger quelques mots avec l’icône pop contre la modique somme de 800 euros. Le glamour a un coût et, dans ce domaine, Kylie Minogue n’a jamais ménagé ses efforts. Depuis sa révélation comme starlette de soap opera (en 1986 dans le feuilleton Les Voisins) à sa dernière tournée mondiale en date, le « Kiss Me Once Tour » (2014-2015), débauche de chorégraphies et de tenues sexy.

Parenté avec Dolly Parton
Sur la scène du Café de la danse, le « K » enserré dans un cœur de néon devant un rideau rouge de cabaret constitue plutôt un vestige. La « dancing queen » se présente en jeans, pans de chemise noués à la taille. Autour d’elle – mais aussi devant elle, son public étant à dominante masculine –, des hipsters. Vêtus du même tissu, plus un chapeau de cow-boy pour le batteur et un bandana autour du cou pour un des deux guitaristes. Golden, le quatorzième album studio, à paraître le 6 avril (Darenote/BMG), a été en grande partie enregistré à Nashville (Tennessee), la capitale de la country. Un hennissement précède la chanson-titre, qui cite le thème d’Ennio Morricone pour Le Bon, la Brute et le Truand.
Souvent injustement décriée comme une sous-Madonna, Kylie Minogue fournit tout de même le fouet : le look cow-girl a en effet été déjà exploité par son aînée américaine en 2000 avec l’album Music. La parenté avec Dolly Parton, modèle du genre, est toutefois approfondie par une reprise d’Islands in the Stream, interprétée en 1983 par la reine blonde de la country et Kenny Rogers. Avec un effet pervers : aucune des dix chansons (sur douze) de Golden entendues dimanche ne titille les tympans comme cette bluette composée par les Bee Gees.

Un travail « plus personnel »
Toutes ont été coécrites par Kylie Minogue, aidée par une armée de collaborateurs, dont ceux de Taylor Swift. Elle peut définir ce travail comme son « plus personnel », les ballades (Put Yourself in My Place, Radio On) sont assez insipides. Et les titres enlevés attendent le premier prétexte, en l’occurrence le refrain, pour se débarrasser de leurs oripeaux country (les guitares sèches, le banjo sur un rythme de polka d’A Lifetime to Repair) et basculer dans le disco-pop. Sous les coups de boutoir de la grosse caisse, avec les effets électroniques de claviers et le renfort de deux choristes, indispensables pour suppléer celle que les mauvaises langues ont pu surnommer « la perruche chantante ».
Kylie Minogue semble faussement hésiter entre le saloon et la discothèque, entre les pierres du Rhin et les paillettes projetées par des canons. La deuxième option devrait naturellement s’imposer lors de la vraie tournée, qui passera par les Arena en septembre. Son humeur joyeuse, son humour et la transe feront le reste.
Sur le Web : www.kylie.com



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-12">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le Mémorial de la Shoah, à Paris, dévoile le côté politique de l’œuvre du portraitiste, qui photographia à la fois les juifs persécutés et les nazis.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 18/03/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Photographie : August Sander, les Allemands sous tous les angles

Le Mémorial de la Shoah, à Paris, dévoile le côté politique de l’œuvre du portraitiste, qui photographia à la fois les juifs persécutés et les nazis.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 09h24
    |

            Claire Guillot








                        



                                


                            

On ne s’attendait guère à voir une exposition consacrée au photographe allemand August Sander (1876-1964) au Mémorial de la Shoah, à Paris. Après tout, ce portraitiste hors pair, artiste majeur du XXe siècle, n’était pas juif. Et son œuvre a beau coller aux temps troublés de la République de Weimar et du Reich, elle n’est pas focalisée sur le génocide. Hommes du XXe siècle, ce projet à l’ambition folle sur lequel August Sander a travaillé toute sa vie, se voulait une « coupe transversale de [s]on époque ». En plus de 500 portraits, il s’agissait d’embrasser toute la société allemande, découpée méthodiquement en sept grands chapitres et 45 sous-chapitres : paysans, artisans, artistes, hommes politiques, fonctionnaires… Sans oublier les gens humbles, domestiques ou vagabonds.
Dans cette œuvre à la fois artistique et sociologique, chaque portrait se voulait celui d’un « type » autant que d’un individu, caractérisé par son visage mais aussi par son costume, ses outils, son attitude. Ce faisant, le photographe, au regard à la fois méticuleux et sensible, a signé quelques grandes icônes du XXe siècle : un manœuvre chargé d’une pile de briques, un pâtissier aussi joufflu que sa marmite, trois jeunes paysans endimanchés à la grâce fragile…

Avec l’exposition « Persécutés/Persécuteurs », les commissaires Sophie Nagiscarde et Marie-Edith Agostini ont choisi de mettre l’accent sur la dimension politique et sociale de l’œuvre. Les héritiers de Sander ont été ravis de la proposition. « Cette œuvre a été si longtemps célébrée pour sa valeur esthétique que les gens ont été un peu aveuglés par la beauté des images, estime Julian Sander, arrière-petit-fils du photographe, galeriste à Cologne. Cette nouvelle approche coïncide avec ma vision des arts, qui sont connectés à la société. » Car la politique, la prise de pouvoir des nazis et la guerre ont non seulement perturbé la carrière...




                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-13">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Analyse. La ministre de la culture veut offrir un passe à tous les jeunes de 18 ans. Mais quel doit être son contenu ? « Star Wars » ? Netflix ? Des places de théâtre, d’opéra ? Notre reporter Culture Sandrine Blanchard met en lumière les contradictions de ce débat.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 18/03/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« Comment faire adhérer les jeunes au crédit culture de 500 euros s’il fait l’impasse sur ce qu’ils aiment ? »

Analyse. La ministre de la culture veut offrir un passe à tous les jeunes de 18 ans. Mais quel doit être son contenu ? « Star Wars » ? Netflix ? Des places de théâtre, d’opéra ? Notre reporter Culture Sandrine Blanchard met en lumière les contradictions de ce débat.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 10h26
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Analyse. Il a beaucoup été question de Star Wars lors du premier comité d’orientation du « passe culture », réuni mardi 6 mars à l’initiative de la ministre Françoise Nyssen. Star Wars ou l’exemple-type de ce qu’il faudra – ou pas – proposer dans ce « GPS de la culture », promis par le candidat Emmanuel Macron. C’est Richard Brunel qui a mis les pieds dans le plat devant la quarantaine d’artistes, de responsables d’établissements culturels, d’élus, de représentants du monde éducatif et associatif ou d’acteurs du numérique, invités à plancher sur ce que la ministre de la culture considère comme « “le” chantier culturel du quinquennat » : soit la création d’une application pour mobile réunissant toutes les offres culturelles à proximité et créditée de 500 euros pour les jeunes âgés de 18 ans.
Le directeur de la Comédie de Valence, centre dramatique national, a choisi de prendre le contre-pied des propos de Mme Nyssen. Quelques jours plus tôt, sur Europe 1, la ministre, interrogée sur les contours de cette future application, déclarait : « J’espère bien que l’on pourra voir Star Wars avec le passe. » A quoi bon ?, lui a répondu Richard Brunel :
« N’importe quel jeune peut voir ce blockbuster. Il n’est pas nécessaire que cela y soit proposé. »
Cette prise de position n’a pas fait l’unanimité mais elle a eu le mérite de poser l’un des principaux enjeux de ce projet de « réseau social culturel » : le périmètre de son contenu. « La culture, en France, est un peu coincée dans une forme d’aristocratie. Il faut Star Wars dans les propositions », a jugé le réalisateur Fabrice de Boni, cocréateur de la websérie à succès Et tout le monde s’en fout. Organisatrice du Festival du livre de Mouans-Sartoux et adjointe à la culture de cette commune des Alpes-Maritimes, Marie-Louise Gourdon a renchéri en estimant que « Star Wars...




                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-14">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Yann Arnaud est tombé lors d’un numéro de sangles aériennes intégré du spectacle « Volta ». Il a succombé à ses blessures à l’hôpital.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Chute fatale pour un acrobate français du Cirque du Soleil, en Floride

Yann Arnaud est tombé lors d’un numéro de sangles aériennes intégré du spectacle « Volta ». Il a succombé à ses blessures à l’hôpital.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 02h22
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 09h43
   





                        


Yann Arnaud, un acrobate du Cirque du Soleil, est mort samedi 17 mars au soir des suites d’une chute sur scène lors d’un spectacle à Tampa, en Floride. « La grande famille du Cirque du Soleil est sous le choc et dévastée par cette tragédie », a souligné dans un communiqué Daniel Lamarre, président de l’entreprise de divertissement. « Yann était avec nous depuis plus de quinze ans et était aimé par tous ceux et celles qui ont eu la chance de le connaître. » 
L’artiste français de 38 ans a chuté alors qu’il exécutait un numéro de sangles aériennes lors d’une représentation du spectacle Volta. Transporté à l’hôpital, il a succombé à ses blessures quelques heures plus tard. Le groupe recueille les informations afin d’aider les autorités à déterminer les circonstances de cet accident.
Troisième chute mortelle en plein spectacle en trente-quatre ans
Ce n’est pas la première fois que le Cirque du Soleil, fondé au Québec en 1984, déplore un accident en plein spectacle. Aux Etats-Unis, en juin 2013, une acrobate française, Sarah Guillot-Guyard, était morte des suites d’une chute pendant une représentation du spectacle Kà dans le grand hôtel casino MGM Grand, à Las Vegas.

        Lire aussi :
         

                Le Cirque du Soleil change de propriétaire et vise la Chine



Mère de deux enfants, l’artiste âgée de 31 ans, Sassoon de son nom de scène, faisait partie de la troupe originale de Kà depuis 2006, avait alors expliqué le fondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, se disant « dévasté ».
En 2009, un acrobate ukrainien, Alexandre Jourov, surnommé Sacha et âgé de 24 ans, avait chuté mortellement lors d’un entraînement à Montréal.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-15">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ A voir ce soir. Construite sur des mini-sketchs, cette série à destination des jeunes parodie les comportements de ceux qui ont grandi en même temps que les réseaux sociaux (sur France 4 à 20 h 30).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

TV – « Like-moi ! », une satire de la génération Y

A voir ce soir. Construite sur des mini-sketchs, cette série à destination des jeunes parodie les comportements de ceux qui ont grandi en même temps que les réseaux sociaux (sur France 4 à 20 h 30).



Le Monde
 |    18.03.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 19h32
    |

                            Louis Berthelot








                        


Série sur France 4 à 20 h 30

En 2016, les internautes français découvraient Like-moi !, une série comique québécoise diffusée sur Télé-Québec dont le succès fut immédiat. Visionné huit millions de fois en quelques mois, l’un de ses épisodes (« Photos du bébé ») est même devenu viral sur les réseaux sociaux. De quoi inspirer les chaînes françaises (France 4), belge (RTBF) et suisse (RTS), qui ont décidé de l’adapter pour l’Europe francophone.
A partir du 18 mars, chaque dimanche soir, sera programmé sur France 4 un format long de vingt-six minutes ; et, du lundi au vendredi, des mini-sketchs, calqués sur le format des vidéos qui circulent sur les médias sociaux. Proposer un format similaire aux vidéos en ligne à la télévision étant susceptible de pouvoir attirer un public jeune ultra-connecté. Ce dernier pourra retrouver certains épisodes en exclusivité sur le site Internet de France TV.
Les jeunes de 20 à 35 ans, confrontés aux vertiges de la révolution numérique, pourront aisément s’identifier aux personnages drôles et touchants, imaginés par Nadja Anane et François Uzan. Ainsi qu’aux thèmes abordés, qui s’articulent autour des réseaux sociaux, applications de rencontres amoureuses et selfies…

   


Les quatre-vingt-dix-huit sketchs que compte la première saison de Like-moi ! mettent seulement huit acteurs en scène. Mais chacun joue plusieurs personnages. Aude Gogny-Goubert, aux interventions remarquées dans les sketchs de Very Bad Blagues et du Palmashow, incarne cinquante personnalités différentes. Tantôt trentenaire désespérée à la recherche de l’homme de sa vie, tantôt confidente soucieuse de raisonner son amie, la comédienne se glisse avec l’aisance d’un caméléon dans la peau de ses différents rôles.
Like-moi ! a le mérite de souligner, avec humour, les difficultés rencontrées par les jeunes adultes dans la construction d’une vie sociale qui passe par les réseaux sociaux. Un terrain propice aux malentendus, aux faux-semblants, aux rencontres et sentiments virtuels. La série n’évite pas, en revanche, l’écueil de la caricature, forçant parfois trop le trait, tant sur les situations que sur les personnages, pas toujours épargnés du ridicule, malgré la justesse de jeu des acteurs.
Like-moi !, de Nadja Anane et François Uzan (Fr.-Bel.-Sui., 2018, 26 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-16">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Pendant toute sa carrière, l’actrice a multiplié les rôles, aussi bien dans des pièces classiques que dans des comédies de boulevard.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

La comédienne Geneviève Fontanel est morte

Pendant toute sa carrière, l’actrice a multiplié les rôles, aussi bien dans des pièces classiques que dans des comédies de boulevard.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 17h37
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 19h28
   





                        



   


La comédienne Geneviève Fontanel, actrice de théâtre qui a été l’interprète de grands auteurs comme Cocteau, Pirandello ou Ionesco, est décédée samedi 17 mars à l’âge de 81 ans, a appris l’AFP auprès de sa famille.
L’actrice, s’est également illustrée au cinéma, elle a obtenu le César du meilleur second rôle féminin pour son interprétation dans L’homme qui aimait les femmes (1977), de François Truffaut. Elle est également connue pour ses rôles dans Un singe en hiver, d’Henri Verneuil, La vie devant soi, de Moshé Mizrahi, ou Notre histoire, de Bertrand Blier.
En 1999, elle avait été récompensée par le Molière de la meilleure comédienne dans un second rôle pour la pièce Délicate Balance, d’Edward Albee.
Pendant toute sa carrière, la comédienne a multiplié les rôles, aussi bien dans des pièces classiques (Les Précieuses ridicules, Le Bourgeois gentilhomme), que dans des comédies de boulevard, où elle a joué aux côtés de Jean Le Poulain, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault.
Un dernier rôle en 2015
Elle a également interprété du Ionesco – Macbett, Ce formidable bordel ! – comme du Pirandello – Ce soir on improvise – ou Cocteau – Les Parents terribles dans une mise en scène de Jean-Claude Brialy. « Quand je ne joue pas, je suis infernale », reconnaissait alors la comédienne. En parallèle, elle n’a cessé de tourner pour la télévision.
L’actrice était née à Bordeaux mais a grandi à Casablanca. A 17 ans, elle retourne à Bordeaux où elle étudie au conservatoire municipal, avant de rejoindre le Centre d’art dramatique de la rue Blanche à Paris et le Conservatoire national d’art dramatique. En 1958, elle intègre la Comédie-Française, dont elle sera pensionnaire pendant quatre ans, et dont elle gardera un souvenir critique :
« Je n’en garde pas un mauvais souvenir, puisque cela m’a permis de jouer une quantité de pièces du répertoire, de débuter au cinéma, de faire des tournées (…) Mais au bout d’un certain temps, on a une impression de captivité à la Comédie-Française »
En 1965, elle épouse le comédien et peintre Jacques Destoop, avec qui elle a eu une fille, Isabelle.
Son dernier rôle a été dans Les Grandes Filles en 2015, où elle incarnait, avec Judith Magre, Claire Nadeau et Edith Scob, un quatuor de vieilles dames indignes.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-17">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ A voir et à écouter. Le luthiste Thomas Dunford rend hommage au grand compositeur élisabéthain au Wigmore Hall de Londres, soirée filmée par le site Culturebox.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

TV – Dowland, le chantre de la mélancolie

A voir et à écouter. Le luthiste Thomas Dunford rend hommage au grand compositeur élisabéthain au Wigmore Hall de Londres, soirée filmée par le site Culturebox.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 17h30
    |

            Renaud Machart








                        


Concert sur Culturebox à la demande

Une heure et quelques de délices affligées, d’effusions lamentables : c’est à quoi invite le subtil luthiste Thomas Dunford, qui donnait, le 20 avril 2017, un beau récital au mythique Wigmore Hall (la Salle Gaveau de Londres, en quelque sorte). On emploie le mot « lamentable » dans un sens archaïsant qui convient à la musique de John Dowland (1563-1626) : celui dont le blason était « Semper Dowland Semper dolens » (« Toujours Dowland, toujours souffrant ») fut le chantre de la lamentation, de la mélancolie, de la larme devenue emblème (il publia notamment, en 1607, un cycle sublime de pièces nommées Lachrimae ou Sept larmes).
Sa musique se fait cependant parfois gaie, d’une verdeur populaire, leste même. Mais, pour l’essentiel, Dowland demeure le maître par excellence de l’expression élégiaque typique de l’époque élisabéthaine – pendant le règne de la reine Elizabeth I (1558-1603) –, d’une intense richesse culturelle.
La musique de Dowland inspira notamment Benjamin Britten (1913-1976), qui écrivit deux pièces importantes développées à partir des chansons de son grand aîné : ses Lachrymae op. 48 (1950), pour alto et piano (ou cordes), ainsi que sa grande pièce pour guitare, le Nocturnal op. 70 (1963).
Accompagné d’un contre-ténor
Cette dernière composition a d’ailleurs été enregistrée (pour Alpha) au théorbe (grand luth de la période baroque) par Edin Karamazov,avec qui le chanteur anglais Sting a gravé pour Deutsche Grammophon, en 2006, un étonnant album consacré à Dowland. Le récital du luthiste franco-américain ThomasDunford inclut deux Toccatas de Giovanni Kapsberger (ca. 1580-1651), un Italo-Allemand dont la musique pour le luth et le théorbe recèle aussi des trésors élégiaques et de surprenantes chicanes harmoniques.
En avant-goût d’un récital qu’ils devaient donner ensemble trois jours plus tard,Thomas Dunford (qui présente en anglais, de manière assez amusante, certaines des pièces jouées) appelle sur scène le contre-ténor britannique Iestyn Davies pour une Frog Galliard (« La gaillarde de la grenouille »), faisant resurgir que Dowland passa, encore adolescent, trois années à Paris.
Récital John Dowland, transmission réalisée par Frédéric Caillierez. Par Thomas Dunford (luth) etIestyn Davies (contre-ténor) (Fr., 2017, 70 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-18">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Pour le romancier, la chanson est à la source de l’envie d’écrire. Mais elle est pour la première fois au centre d’un de ses livres, son nouveau roman, « Chanson de la ville silencieuse ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 17/03/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Olivier Adam, de la musique avant toute chose

Pour le romancier, la chanson est à la source de l’envie d’écrire. Mais elle est pour la première fois au centre d’un de ses livres, son nouveau roman, « Chanson de la ville silencieuse ».



Le Monde
 |    18.03.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 13h41
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            
« Chanson de la ville silencieuse », d’Olivier Adam, Flammarion, 224 p., 19 €.

C’est l’un des décors de son nouveau roman : le 18e arrondissement de Paris, versant immeubles en pierre de taille, magasins bio et cafés à presque 3 euros. Olivier Adam s’y fond, quadragénaire (il est né en 1974) à long manteau noir, jean itou, gilet boutonné sur la chemise qui fait ressortir ses yeux au bleu presque transparent.
Longtemps, il le dit, il a entretenu un « rapport conflictuel » avec cette ville et ce qu’elle symbolisait – ses personnages en témoignaient. Ecrivain de la France des marges (Lisières, Flammarion, 2012), grandi dans l’Essonne, installé comme jeune adulte dans la capitale, il a quitté celle-ci pour Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), où il a passé neuf années.
Puis, en 2014, celui qui fait de nos contradictions la matière de ses livres est revenu à Paris avec sa femme, la romancière Karine Reysset, et leurs deux enfants. Son lien à la ville s’est « apaisé ». Au point qu’il lui est devenu possible d’écrire, avec Chanson de la ville silencieuse, un livre où celle-ci ne serait ni un horizon inatteignable ni un repoussoir, et en ayant en tête le plus parisien des écrivains contemporains : « J’avais l’idée un peu pompeuse de faire un livre “modianesque”. J’avais envie d’un roman qui ait cette texture de rêve incertain, de voiles empilés, et mon quartier, l’arrière de Montmartre, est très présent chez Patrick Modiano. »
C’est là que vit la narratrice de Chanson de la ville silencieuse ; une femme discrète, éditrice, fille d’un chanteur star devenu une légende après avoir disparu deux fois – la première, en quittant la scène pour se retirer du monde, la deuxième, en se suicidant probablement : sa voiture et ses santiags ont été retrouvées au bord d’un fleuve.
Motifs de l’apparition et de la disparition
L’autre pôle du livre...




                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-19">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ La diva du jazz évoque dans un entretien sa renaissance après l’accident qui faillit lui coûter la vie à 19 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 17/03/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Melody Gardot : « Je n’ai que 14 ans dans ma deuxième vie »

La diva du jazz évoque dans un entretien sa renaissance après l’accident qui faillit lui coûter la vie à 19 ans.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 13h37
    |

            Annick Cojean








                        



                                


                            
En treize ans, la chanteuse, auteure et compositrice américaine Melody Gardot s’est imposée sur la scène mondiale du jazz. Elle sort un double CD issu de ses meilleurs concerts européens.
Je ne serais pas arrivée là si…
Si je n’avais rencontré sur ma route autant d’amour.
Où ? Quand ? De qui ?
Partout ! En permanence ! Derrière les épreuves ou les drames qui nous frappent, les gens ne voient toujours qu’âpreté et souffrance. Moi, je vois surtout l’amour. C’est lui qui m’a permis de me redresser et de remarcher après qu’un chauffard m’a renversée à bicyclette quand j’avais 19 ans et laissée polytraumatisée, en miettes, quasi-amnésique, sur la chaussée. Lui qui m’a orientée vers la musique alors que je pensais devenir artiste peintre. Lui qui m’a nourrie, protégée, aiguillonnée depuis ma naissance et me maintient encore debout.
A l’origine, de quel amour parlez-vous ?
De celui de ma mère, qui a mené un nombre incalculable de guerres pour que nous puissions survivre toutes les deux. Nous étions pauvres à Philadelphie. Une ou deux paires de chaussures, peu de vêtements, une boîte de conserve à nous partager le soir. Et un logement précaire qui nous obligeait à déménager fréquemment faute d’argent. Tout devait tenir dans deux valises ! Nous formions une petite cellule de deux personnes, une équipe soudée à la vie à la mort. Elle était artiste-photographe, mais prête à tous les jobs pour gagner un peu de fric. Je la regardais se démener, se fatiguer, faire des sacrifices, si seule et si combative. Et surtout si aimante. Cela vous donne de la force pour la vie, une mère comme ça !
Est-ce qu’il y avait des hommes dans cette micro-cellule ?
Non. En tout cas pas au début. Plus tard, quelques-uns sont passés. Et j’étais comme la petite voix de sa conscience : « Allons ! Tu lui donnes trop de chances à celui-là ! Tu t’égares ! »...




                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-20">
<filnamedate="20180319"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180319"><AAMMJJHH="2018031919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Les photographies qui symbolisent aujourd’hui le mouvement n’ont que rarement été publiées en mai et juin 1968. C’est dans la durée, grâce à des acteurs qui les ont valorisées, qu’elles se sont imposées.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Photo : comment les icônes de Mai 68 ont été fabriquées

Les photographies qui symbolisent aujourd’hui le mouvement n’ont que rarement été publiées en mai et juin 1968. C’est dans la durée, grâce à des acteurs qui les ont valorisées, qu’elles se sont imposées.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 07h15
    |

                            Fanny Arlandis








                        



                                


                            

Elles avaient les qualités esthétiques, symboliques ou journalistiques pour s’imposer : certaines images viennent immédiatement à l’esprit lorsque l’on pense à Mai 68. Daniel Cohn-Bendit souriant face à un CRS, ou la « Marianne de Mai 68 », ces clichés célèbres représentent, par métonymie, les événements de ce printemps-là. Et pourtant…
Aura symbolique
La « Marianne de Mai 68 », prise par le photographe Jean-Pierre Rey, convoque une autre image (elle-même symbolique), La Liberté guidant le peuple (1830), d’Eugène Delacroix. En 1968, elle ne paraît qu’une seule fois dans un magazine français : Paris Match la publie dans son numéro daté du 15 juin, mais en petit format, dans une double page consacrée à la manifestation unitaire parisienne du 13 mai. « L’aura symbolique ne peut donc pas être la seule explication à son iconisation », constate Audrey Leblanc, docteure en histoire et commissaire de l’exposition « Icônes de Mai 68. Les images ont une histoire », qui se tiendra à la BNF, à Paris, du 17 avril au 26 août. Même chose pour la photographie de Cohn-Bendit par le photographe Gilles Caron : cette année-là, elle n’est publiée qu’une fois, en juin, avec une quinzaine d’autres, dans le magazine spécialisé Journalistes Reporters Photographes.
En réalité, « l’iconisation de ces images a été construite progressivement, à chaque anniversaire, par des acteurs du monde journalistique, éditorial et culturel », explique Audrey Leblanc. Il faut attendre les commémorations de 1978 pour que la « Marianne » figure en bonne place dans Paris Match et dans Le Nouvel Observateur, puis encore dix ans pour qu’elle soit en « une » de Paris Match. Une circulation médiatique emblématique : « L’histoire de la photo de Cohn-Bendit se construit également au fil du temps, poursuit Audrey Leblanc. Que dit cette histoire ? Que c’est le plus grand photographe de la plus grande agence de photographie...




                        

                        

