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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Bernard Belleville, ancien dirigeant du Crédit mutuel du Sud-Ouest, regrette dans une tribune au « Monde » le risque que la scission prônée par Arkéa fait courir au groupe Crédit mutuel.
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« L’avenir du Crédit mutuel en France dépend plus que jamais de son unité »

Bernard Belleville, ancien dirigeant du Crédit mutuel du Sud-Ouest, regrette dans une tribune au « Monde » le risque que la scission prônée par Arkéa fait courir au groupe Crédit mutuel.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 18h19
    |

Bernard Belleville (Secrétaire général du Crédit mutuel du Sud-Ouest  de 1982 à 2004)







                        



                                


                            

Tribune. L’unité du Crédit mutuel s’est construite dans la durée, le dialogue et la solidarité. Né en 1893 en France, ce n’est qu’à la fin des années 1960 et au début des années 1970 que cette unité a pu se concrétiser. Malheureusement, celle-ci menace aujourd’hui d’éclater, et ce malgré les terribles conséquences qui en découleraient. En cause, les volontés indépendantistes de certains responsables du Crédit mutuel Arkéa, qui réunit les fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif central.
Jusqu’à ces dernières années, malgré des tensions dues le plus souvent à la maladresse de quelques dirigeants, cette unité a été préservée. Celle-ci a d’ailleurs été l’un des moteurs essentiels du développement qui a fait du Crédit mutuel ce qu’il est aujourd’hui : l’une des banques françaises les plus solides (49 540 millions de capitaux propres) et l’une des plus appréciées et reconnues par les consommateurs.
Cette unité est aujourd’hui gravement menacée, et sa rupture porte en germe les risques d’un ébranlement du Crédit mutuel. Le temps n’est pas à la recherche des responsabilités des uns et des autres, même si l’on est en droit de s’interroger sur les motivations de certains. Ce qui est en jeu ici, c’est l’avenir du Crédit mutuel — et de tous ses artisans — face à la volonté d’indépendance de quelques dirigeants du Groupe Arkéa.
Dans la durée et le dialogue
De par son appartenance à ce groupe, le Crédit mutuel du Sud-Ouest (CMSO) se trouve embarqué dans ce conflit. Peut-être faut-il, à ce stade, rappeler quelques éléments d’histoire à ceux qui, venus d’autres horizons que celui du monde mutualiste et coopératif, feignent de l’ignorer ou croient pouvoir s’en affranchir.
Les actuels dirigeants bretons ne devraient en effet pas oublier que l’unité du Crédit mutuel, même en Bretagne, s’est forgée elle aussi dans la durée et le dialogue. Le Groupe Crédit mutuel de Bretagne (CMB) devenu Arkéa, aujourd’hui si sûr de lui et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le ministre des affaires étrangères turc insiste sur l’engagement de son pays dans la lutte contre le terrorisme et considère qu’une partie des Européens refuse de comprendre les problèmes de sécurité de son pays.
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Mevlüt Çavusoglu : « La Turquie est le meilleur allié pour la sécurité de l’Europe »

Dans une tribune au « Monde », le ministre des affaires étrangères turc insiste sur l’engagement de son pays dans la lutte contre le terrorisme et considère qu’une partie des Européens refuse de comprendre les problèmes de sécurité de son pays.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 18h08
    |

Mevlüt Çavuşoğlu (ministre des affaires étrangères de Turquie)







                        



                                


                            
Tribune. La lutte contre les organisations terroristes comme Daech (acronyme arabe de l’organisation Etat islamique) et la gestion des flux de l’émigration constituent les plus grands défis auxquels les pays européens doivent faire face aujourd’hui. La Turquie continue de jouer un rôle majeur dans l’action internationale pour les relever.
C’est la Turquie qui a permis à l’Union européenne (UE) de réguler le flux d’émigrés de Syrie. Elle a non seulement accueilli chez elle 3,5 millions de Syriens, mais également sauvé la vie de milliers d’entre eux, en leur épargnant une périlleuse traversée de la mer Egée pour rejoindre l’Europe occidentale.
C’est la Turquie qui a été parmi les premiers pays à reconnaître Daech comme une organisation terroriste. Elle fait partie de la coalition internationale dressée contre celle-ci.
C’est la Turquie qui a refusé l’entrée sur son territoire de plus de 4 000 voyageurs suspects, renvoyé près de 6 000 terroristes, placé en détention plus de 10 000 membres de Daech et d’Al-Qaïda et accompli un énorme effort pour sécuriser sa frontière, longue de 911 km, avec la Syrie. Alors que certains pays occidentaux se sont montrés incapables de seulement contrôler le passage de djihadistes par leurs aéroports.
Accusations gratuites contre le régime turc
C’est la Turquie, seule, qui a, dès 2016, engagé son armée de terre aux côtés de l’Armée syrienne libre pour combattre Daech. Alors que les autres membres de la coalition se sont contentés d’une présence très symbolique au sol. La libération des villes de Djarabulus, d’Al-Bab ainsi que de l’ensemble de la zone alentour, par l’opération « Bouclier de l’Euphrate » conduite par l’armée turque, reste l’un des rares – sinon le seul – exemples à suivre, puisqu’elle a permis à des centaines de milliers de Syriens de retourner chez eux en toute tranquillité.

Mais cette Turquie, sur laquelle les Européens se reposent de fait pour leur sécurité, est-elle...




                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Un collectif de vingt-quatre entrepreneurs et investisseurs spécialistes de la fintech s’inquiète dans une tribune au « Monde » de la mise en cause d’Arkéa dans la crise qui secoue le groupe Crédit mutuel.
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« Arkéa est un financeur essentiel de la French Tech »

Un collectif de vingt-quatre entrepreneurs et investisseurs spécialistes de la fintech s’inquiète dans une tribune au « Monde » de la mise en cause d’Arkéa dans la crise qui secoue le groupe Crédit mutuel.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 17h48
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 18h20
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Entrepreneurs ou investisseurs, nous suivons avec étonnement, parfois inquiétude et souvent désarroi, le conflit entre Arkéa et la Confédération nationale du Crédit mutuel.
Notre volonté n’est pas de nous immiscer dans un débat bancaire, politique ou réglementaire sur le bien-fondé des démarches d’indépendance d’Arkéa. En revanche, nous souhaitons expliquer à toutes les parties prenantes ce que cet acteur bancaire nous a apporté, et pourquoi son développement est vital pour notre écosystème. Ces « paroles d’entrepreneurs » apporteront un éclairage nouveau sur ce dossier.

Arkéa, c’est d’abord un financeur essentiel de la « French Tech ». Actionnaire de nos plus belles start-up dans les services financiers, dont Younited Credit, Leetchi, Linxo, Fluo, Grisbee, Yomoni, Pumpkin ou MaSuccession. Fr, Arkéa représente 28 % des montants investis dans les fintechs [start-up spécialisées dans la finance] françaises en 2017, avec un montant multiplié par vingt-cinq depuis 2012 ! Arkéa dédie aussi 17 % de ses fonds propres au capital-investissement français (alors que ce ratio ne dépasse pas 5 % chez ses principaux concurrents).
La banque des entrepreneurs, pour les entrepreneurs
Le groupe est ainsi l’un des grands souscripteurs des fonds technologiques de Blackfin, Daphni, Isai (qui eux-mêmes sont devenus les financeurs de sociétés comme BlaBlaCar). En tant qu’entrepreneurs, nous pouvons affirmer que la façon dont Arkéa déploie ce capital est unique et exemplaire : prêt à prendre des risques en investissant très tôt, jamais dans une position de suiveur mais assumant le rôle d’initiateur, investisseur patient avec une vision de long terme, sans volonté hégémonique de prise de contrôle du capital, laissant les entreprises accélérer leur croissance sous son aile bienveillante.
Arkéa, c’est aussi la banque des entrepreneurs, pour les entrepreneurs. La culture d’entreprise de ce groupe est unique, et nous constatons que ses équipes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de Kurdes originaires d’Afrin et vivant en Europe lance un appel à la communauté internationale et aux gouvernements européens, qu’ils jugent trop silencieux face à l’intervention de la Turquie dans l’enclave d’Afrin.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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« Ne laissons pas Afrin devenir, comme Rakka, un foyer djihadiste »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de Kurdes originaires d’Afrin et vivant en Europe lance un appel à la communauté internationale et aux gouvernements européens, qu’ils jugent trop silencieux face à l’intervention de la Turquie dans l’enclave d’Afrin.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 18h14
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. La population kurde d’Afrin lance un appel au secours à ses amis d’Europe et d’Occident pour leur rappeler que nous, les Kurdes, avons lutté ensemble contre la menace terroriste que représente l’organisation Etat islamique (EI) jusqu’à la victoire commune à Rakka. Aujourd’hui, la communauté internationale doit nous aider afin d’empêcher qu’une occupation durable et définitive du canton d’Afrin, imposée par le dictateur turc avec les armes de l’OTAN, ne soit admise dans l’indifférence totale des dirigeants du monde libre. Compte tenu de l’urgence de la situation, il est primordial d’agir immédiatement pour empêcher qu’un nouveau foyer djihadiste ne se constitue dans les montagnes d’Afrin. Si les puissances occidentales n’agissent pas, il sera impossible de se débarrasser de ces terroristes qui se préparent à exporter la guerre sainte en Europe. Ce foyer sera une menace pour les libertés et les citoyens du monde démocratique. Des crimes de guerre sont en cours, perpétrés par l’armée turque et les djihadistes dans la plus grande impunité.

La Turquie et ses supplétifs djihadistes sont engagés dans une entreprise d’épuration ethnique contre les Kurdes d’Afrin. Depuis le 20 janvier 2018, l’armée turque a lancé une opération militaire cyniquement appelée « Rameau d’olivier ».
Mettre fin à l’existence des Kurdes
L’objectif du président Erdogan est clair. Il s’active à vider Afrin de sa population kurde afin d’y installer des personnes déplacées par la guerre et des réfugiés syriens se trouvant sur le territoire turc pour mettre fin à l’existence des Kurdes dans ce canton. Cette offensive consiste à détruire les infrastructures de la région au moyen de bombardements, privant ainsi la population de tout moyen de subsistance.
Dès le début de l’invasion, l’alimentation en eau potable a été coupée. Les habitants n’ont accès qu’à de l’eau non traitée grâce à de rares puits, et sont victimes de graves maladies. Contrairement...




                        

                        


<article-nb="2018/03/19/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Livre. Le spécialiste du « Pays du Matin calme » Patrick Maurus ébranle avec cet essai les clichés ressassés sur ces deux Etats et éclaire le rôle charnière qu’aura à jouer dans toute évolution de la péninsule la Corée « chinoise » de la région autonome de Yanbiane.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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La silencieuse troisième Corée

Livre. Le spécialiste du « Pays du Matin calme » Patrick Maurus ébranle avec cet essai les clichés ressassés sur ces deux Etats et éclaire le rôle charnière qu’aura à jouer dans toute évolution de la péninsule la Corée « chinoise » de la région autonome de Yanbiane.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 17h00
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant)








                        



                                


                            

Livre. La Corée ? Quelle Corée ? Le Nord ou le Sud, évidemment. Pas si simple, car il en existe une troisième : la Corée « chinoise » composée de trois millions de « Coréens » de la région autonome de Yanbian, sur la rive chinoise du fleuve Yalu qui sépare la Chine de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) : de nationalité chinoise, ils sont restés Coréens par leur culture, leur langue (employée parallèlement au chinois) et leur attachement au pays d’origine.
L’écheveau coréen est plus complexe que ne le donne à penser le manichéisme à propos d’un pays divisé depuis 1945
Patrick Maurus, professeur émérite de coréen à l’Institut des Langues et Civilisations orientales (INALCO) et fin connaisseur des deux pays où il a séjourné à maintes reprises et dont il traduit des œuvres littéraires, aide à comprendre la situation paradoxale d’une Corée aujourd’hui éparpillée. Un pays qui n’existe plus en tant que tel et n’a même plus de nom pour le désigner : la Corée s’appelle Choson au Nord et Hanguk au Sud…
Ce livre au ton enlevé, parfois sarcastique, dense et érudit – au point parfois d’égarer le lecteur non averti – a le mérite d’ébranler les clichés. L’agacement de l’auteur est légitime : une incompréhension délibérée a nourri des erreurs politiques qui ont conduit à la situation présente, celle d’une RPDC de facto nucléaire et des risques de guerre. 
L’écheveau coréen est plus complexe que ne le donne à penser le manichéisme à propos d’un pays divisé en 1945 par les vainqueurs de la guerre du Pacifique devenu deux Etats qui se déchireront dans une guerre fratricide (1950 à 1953) suspendue à un cessez-le-feu qui n’a jamais été suivi d’un traité de paix.
Nationalisme farouche
Dictature au Nord, démocratie au Sud. Certes, mais encore. La démocratie au Sud est jeune : jusqu’en 1987, le pays était placé sous des dictatures militaires soutenues par les Etats-Unis et elle a connu bien des dérives dont témoigne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ A l’occasion des cinquante ans du début du mouvement de Mai 68, racontez-nous vos souvenirs des manifestations et des grèves qui ont rythmé le pays durant plusieurs semaines.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤     

APPEL À TÉMOIGNAGES
Mai 68 : racontez-nous vos souvenirs du mouvement de protestation

Discussion lancée le 19 mars 2018
19 mars 2018

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Les événements de Mai 68 ont cinquante ans cette année. Le mouvement social de protestations, de manifestations étudiantes, de grèves générales, etc. commença le 22 mars, à la faculté de Nanterre (Hauts-de-Seine), lorsque cent cinquante étudiants décidèrent d’occuper la faculté de la banlieue parisienne. Vous étiez alors étudiant·e, ouvrier, ouvrière, employé·e, cadre… racontez-nous vos souvenirs.  Avez-vous participé aux grèves et aux manifestations ? Si oui, pourquoi et de quelle manière ? Avec le recul, que pensez-vous que ce mouvement a apporté ? Ce mouvement a-t-il eu des conséquences sur la suite de votre vie ?
Ou alors étiez-vous opposé à ce mouvement et pourquoi ? Cinquante après, que retenez-vous des changements apportés par Mai 68 dans la société ?                            





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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Ce livre d’entretiens entre Nicolas Hulot et l’Indienne Vandana Shiva, égérie mondiale de l’écologie et de l’altermondialisme, constitue un vif plaidoyer en faveur d’une lutte sans concession contre le réchauffement climatique et en défense de la planète Terre.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Plaidoyer de Nicolas Hulot et Vandana Shiva pour l’écologie et l’altermondialisme

Ce livre d’entretiens entre Nicolas Hulot et l’Indienne Vandana Shiva, égérie mondiale de l’écologie et de l’altermondialisme, constitue un vif plaidoyer en faveur d’une lutte sans concession contre le réchauffement climatique et en défense de la planète Terre.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 16h55
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            

Livre. Si l’on voulait se montrer un tantinet caustique, on pourrait recommander au ministre Hulot de parcourir attentivement ce livre écrit par… Nicolas Hulot, l’icône écologiste. Un véritable plaidoyer, et vif, en faveur d’une lutte sans concession contre le réchauffement climatique et en défense de la planète Terre que cet ouvrage d’entretien entre Nicolas Hulot, pas encore pièce maîtresse du premier gouvernement d’Emmanuel Macron, et l’Indienne Vandana Shiva, égérie mondiale de l’écologie et de l’altermondialisme, grande défenseure des petits paysans, de leurs semences… et en guerre contre les géants de l’industrie agrochimique, Monsanto en tête.

Ces entretiens menés par Lionel Astruc ont été réalisés dans la demeure bretonne de Nicolas Hulot alors qu’il venait de décider d’accepter la proposition de devenir ministre, mais avant que ce choix ne soit rendu public. Le pouvoir, l’ex-président de la fondation qui portait son nom (devenue Fondation pour la nature et l’homme) l’avait déjà tutoyé aux côtés des trois anciens présidents de la République : « J’ai suffisamment côtoyé le pouvoir pour m’apercevoir que les hommes politiques en exercice découvrent (certains font semblant) qu’en réalité ils ont été dépossédés de leurs prérogatives au fil du temps. »
Les propos se font durs, tant sur le CETA, le traité de libre-échange entre le Canada et l’Europe, ou l’influence démesurée de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur la marche du monde, que sur les Nations unies dénoncées par les deux débatteurs.
Dossiers chauds de l’écologie planétaire
Vandana Shiva et Nicolas Hulot soulignent aussi la profonde inégalité planétaire qu’aggrave la crise climatique, et critiquent vertement le rôle des grandes multinationales et les conséquences environnementales que cela entraîne. « On a acté la séparation de l’Eglise et l’Etat, mais pas celle de l’Etat et des entreprises », lâche Nicolas Hulot, des propos...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Le président de la Fédération de Russie a été réélu, dimanche, avec 76,66 % des suffrages exprimés. Pendant la campagne, il a pourtant peu parlé de ce qu’il comptait faire de ce nouveau mandat.
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Poutine : un triomphe pour quoi faire ?

Editorial. Le président de la Fédération de Russie a été réélu, dimanche, avec 76,66 % des suffrages exprimés. Pendant la campagne, il a pourtant peu parlé de ce qu’il comptait faire de ce nouveau mandat.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 10h47
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 11h02
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Loin de nous l’idée de relativiser l’ampleur de la victoire de Vladimir Poutine, réélu, dimanche 18 mars, président de la Fédération de Russie avec 76,66 % des suffrages exprimés, après dix-huit ans au pouvoir. C’est, à n’en pas douter, une victoire éclatante, un triomphe, un raz-de-marée, un plébiscite : saluons-les comme tels. Non seulement le chef du Kremlin réussit, grâce à un régime sportif dont il nous fait généreusement profiter, à maîtriser les effets de l’usure de l’âge, mais l’usure du pouvoir lui est totalement étrangère.

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Les esprits chagrins feront valoir que, lorsque l’on dispose de tous les leviers du pouvoir, obtenir les trois quarts des voix n’est pas forcément un exploit. Certes, Vladimir Poutine a su écarter, de manière plus ou moins radicale, tous les opposants dignes de ce nom ; une campagne électorale sans réels adversaires, beaucoup en rêvent, lui l’a fait. Certes, M. Poutine contrôle la totalité des médias publics et en particulier la télévision, dont l’influence, dans un pays aussi vaste que la Russie, est déterminante.
Certes, le président Poutine peut également s’appuyer sur l’ensemble des forces de sécurité, à commencer par les très efficaces services de renseignement, dont il a été un officier de premier plan avant de se lancer en politique. Certes, il a placé ses amis à la tête de toutes les grandes entreprises du pays. Pour cette quatrième campagne électorale – voire cinquième, si l’on considère que celle de 2008 était aussi la sienne, même si le candidat s’appelait Dmitri Medvedev –, Vladimir Poutine était tellement maître de la situation qu’il n’a même pas jugé utile de s’appuyer sur un parti politique. L’Etat, c’est lui.
Le culte de la force
M. Poutine a également été servi par une situation internationale à laquelle il a largement contribué. Son dernier mandat a été marqué par le retour de la Russie sur la scène mondiale, une fierté qui masque ­évidemment de nombreuses faiblesses, mais dont il a su jouer auprès de ses compatriotes, comme en témoigne sa décision de faire coïncider l’élection présidentielle avec le jour anniversaire de l’annexion de la Crimée par Moscou.
La force est une ­valeur historiquement respectée en Russie, que M. Poutine cultive, sous ses diverses formes, avec une constance remarquable. La tension avec l’Occident qui a entouré la dernière semaine de la campagne a été pour lui l’occasion de montrer que la Russie était une puissance redoutée.

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Ajoutons à tous ces atouts une fraude électorale qui, si elle n’a pas été déterminante, a sans doute enjolivé le score final, et la pression sans précédent exercée sur les électeurs, y compris sur leurs lieux de travail, pour qu’un taux de participation correct légitime le processus : voilà, réunis, quelques éléments rationnels susceptibles d’expliquer le score de 76,66 % des voix et de 67 % de participation.
La question la plus importante, cependant, n’est pas de savoir comment Vladimir Poutine a été réélu, mais ce qu’il compte faire de ce nouveau mandat, qui doit le maintenir au pouvoir jusqu’à 2024. Curieusement, il en a peu parlé pendant la campagne électorale. Le 1er mars, le maître de la Russie a promis à ses concitoyens des missiles « comme personne d’autre n’en possède actuellement ». Il s’est également engagé à réduire de moitié un taux de pauvreté « inacceptable » ; sans pour autant dire comment. Maintenant qu’il a grassement nourri les oligarques et ses amis politiques, il lui reste à nourrir son peuple.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Le premier ministre a présenté son nouveau plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Frédéric Potier, délégué interministériel, en présente les objectifs.
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Lutte contre le racisme : « Internet, la première priorité du plan national »

Le premier ministre a présenté son nouveau plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Frédéric Potier, délégué interministériel, en présente les objectifs.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 09h51
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 11h19
    |

            Cécile Chambraud








                        


Le premier ministre, Edouard Philippe, a présenté, lundi 19 mars, le plan 2018-2020 de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, dont Internet est la première priorité. Un groupe de travail sera chargé de préparer une loi destinée à faire pression sur les plates-formes numériques. Le plan sera piloté par la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah). Son responsable, Frédéric Potier, en détaille les grandes lignes.

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Depuis votre arrivée, quel est votre constat concernant les plates-formes numériques ?
On constate tous les jours un océan de haine sur Internet, d’une ampleur que je ne soupçonnais pas en prenant mes fonctions. La violence y est extrêmement aiguë. Or je suis persuadé que cette violence verbale peut précéder la violence physique. C’est pourquoi la première priorité de ce plan national, c’est Internet. On sait que ce sera un travail au long cours, qui ne sera pas facile, mais nous mènerons cette bataille dont le premier ministre a fait un combat personnel.
Aujourd’hui, la Dilcrah signale au procureur de la République les faits qui nous semblent illégaux. Nous obtenons des résultats, nous arrivons à faire fermer des pages Facebook, à faire supprimer des Tweet, à faire bloquer des chaînes YouTube. Mais nous devons construire une réponse de plus grande ampleur.
Le plan prévoit une loi. Quels nouveaux outils créera-t-elle ?
D’abord, nous porterons une initiative pour faire modifier le cadre européen. Mais sans attendre cette négociation, qui prendra du temps, nous ouvrons le chantier du cadre législatif national. C’est l’objet de la mission confiée à Karim Amellal [écrivain], Laetitia Avia [députée LRM de Paris] et Gil Taïeb [vice-président du CRIF]. Ils regarderont dans le détail les pistes d’ores et déjà retenues, notamment les propositions très concrètes faites par les associations, dont je salue le travail. Ainsi, les plates-formes devront avoir en France une représentation juridique [vers qui pourront se tourner les pouvoirs publics]. Elles devront rendre très accessibles les dispositifs de signalement pour que tout internaute puisse signaler facilement un contenu qui lui semble illicite. Nous devrons pouvoir fermer des comptes anonymes qui, de manière massive et répétée, diffusent des contenus de haine.
C’est impossible aujourd’hui ?
C’est très compliqué. Cela suppose des efforts extrêmement importants par rapport au nombre de comptes ou de Tweet. Dans les toutes prochaines semaines, nous allons étendre la possibilité des enquêtes sur Internet sous pseudonyme aux faits de racisme et d’antisémitisme. Aujourd’hui, elles sont limitées aux enquêtes sur des contenus terroristes et pédopornographiques.
Depuis octobre, l’Allemagne a une telle loi. Est-ce un modèle ?
Le président de la République a dit que c’était un exemple inspirant. L’Allemagne est à l’avant-garde de ce combat sur Internet. Sa loi instaure des mécanismes de retrait de contenus illicites très précis, contraignants, avec des pénalités très lourdes [pour les plates-formes] qui peuvent aller jusqu’à 50 millions d’euros. Elle est extrêmement intéressante mais elle a aussi créé des débats sur sa compatibilité avec la liberté d’expression. Elle peut nous aider à trouver notre propre point d’équilibre entre la liberté d’expression et la sanction de contenus de haine.
Que faut-il encore exiger des plates-formes ?
Ce sera à la mission de le déterminer. Mais on peut aussi parler de la question de l’enfermement algorithmique. Il ne faut plus que, lorsque vous consultez une vidéo haineuse, on vous recommande systématiquement d’autres contenus du même type. Il existe des réponses techniques.
Hors Internet, comment améliorer le recueil des plaintes ? Faut-il, comme au Royaume-Uni, que les victimes puissent qualifier elles-mêmes les faits de racistes ?
Il y a une vraie volonté de transformer la façon dont on accueille les victimes. Nous allons étudier le système en vigueur au Royaume-Uni et dans les pays nordiques. Dans ces pays, les enquêtes judiciaires partent du qualificatif posé par la victime, de sa perception, que ce soit une circonstance aggravante raciste, antisémite ou homophobe. Une mission en ce sens sera confiée à l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ).
C’est un système complètement différent du nôtre, qui supposerait un vrai big-bang juridique et culturel. Il faut aller l’étudier, le tester. Les Britanniques répertorient 62 000 actes de haine là où nous en avons 1 800. Cela montre bien qu’il y a une façon de compter, de nommer les choses, et qu’il ne faut pas être figé sur notre système français. Il faut pouvoir identifier nos marges de progrès et proposer des mesures concrètes.
Nous avons souhaité doubler cette étude d’une expérimentation locale avec un réseau d’enquêteurs et de magistrats spécifiquement formés aux crimes de haine et aux discours racistes et antisémites, pour que nous puissions mieux caractériser la façon dont les plaintes sont prises en compte et que l’on puisse, le cas échéant, modifier les procédures (auditions, PV, accueil des victimes).
Parleriez-vous d’un nouvel antisémitisme ?
J’ai utilisé ce terme non pas pour l’opposer à l’ancien, mais pour dire que le vieil antisémitisme, qui vient notamment du XIXe siècle, alimente un nouvel antisémitisme qui, lui, provient plutôt de l’islamisme radical. Il faut combattre les deux avec la même force. Il faut pouvoir répondre à ces deux types de haines par des supports adaptés et non par une posture trop moralisatrice.
Comment faire en sorte qu’une famille juive menacée ne soit plus contrainte de déménager ou qu’un élève juif ne soit pas poussé à quitter l’école publique ?
Le combat contre le racisme et l’antisémitisme est aussi un combat contre l’ignorance et l’obscurantisme. Dans ce combat, l’école de la République ne peut rester sans réaction. Le plan propose la création d’une équipe nationale de réaction rapide pilotée par le ministère de l’éducation nationale et la Dilcrah. Elle devra pouvoir proposer aux établissements, aux enseignants, des interventions lorsque des difficultés nous remontent. Notre idée est d’utiliser la palette d’outils que la Dilcrah a contribué à faire émerger (outils pédagogiques, associatifs, avec des liens avec des lieux de mémoire) et de les proposer aux établissements et aux enseignants qui en auraient le plus besoin. Parallèlement, nous poursuivons les efforts de formation, y compris en ligne.
Quelle place voulez-vous donner aux associations ?
Nous devons lutter contre les angles morts de la République par la mobilisation de toute la société. Cela passe aussi beaucoup par les associations. Nous allons créer un prix Ilan Halimi [victime en 2006 du « gang des barbares »], qui sera remis chaque année le 13 février. Nous souhaitons le faire avec les associations pour favoriser et récompenser les actions à destination de la jeunesse. J’ai à cœur de travailler avec le plus d’associations possible et j’assume tout à fait que, parfois, elles puissent se montrer critiques envers certaines politiques publiques. Mais sur ce qui nous rassemble – le refus du racisme, de l’antisémitisme, de la haine anti-LGBT –, il doit y avoir un front uni.
Des associations dénoncent l’existence de mécanismes discriminants, voire racistes, dans l’action publique…
Je le dis clairement : il n’y a pas de racisme d’Etat. Cette notion, c’est une aberration. Mais cela ne veut pas dire que tout va bien dans le meilleur des mondes. Il faut améliorer la formation des agents publics, qui sont des Français comme les autres, avec parfois des préjugés. Il faut qu’on puisse les aider à les surmonter. C’est pour cela que nous allons lancer un grand plan national de formation dans les trois fonctions publiques. Nous allons intervenir aussi davantage dans les commissariats, dans les gendarmeries, à l’Ecole nationale de la magistrature.

L’action de terrain, une priorité
Il a bien un compte Twitter mais ne s’en sert pas pour polémiquer. Frédéric Potier, 38 ans, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) depuis mai 2017, a pris le parti inverse de son prédécesseur, Gilles Clavreul. Autant celui-ci avait fait de sa fonction de « Dilcrah de Manuel Valls » une base pour partir à l’assaut idéologique d’un certain antiracisme qu’il accusait de communautarisme, autant celui-là, nommé par l’équipe d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe, donne la priorité au travail de terrain sur les joutes verbales. Marqués tous deux par la prolifération des tensions racistes et antisémites dans la société française post-Mérah, ayant tous deux vécu les attentats djihadistes de 2015 et 2016 à divers postes au sein de l’exécutif, ils ont opté pour des façons de faire qui correspondent finalement à leurs premiers ministres respectifs. Gilles Clavreul a cofondé le Printemps républicain, une association qui regroupe des partisans d’une laïcité extensive. Frédéric Potier préfère parler des « modalités concrètes d’action » plutôt que de prendre des « postures moralisatrices ».
L’action de la Dilcrah, avec ses douze salariés et son budget de 6,2 millions d’euros, relève du travail de fourmi, consistant à mobiliser plusieurs ministères concernés et les services déconcentrés de l’Etat. Une enveloppe de 2 millions d’euros sert à financer « des opérations d’hyperproximité (intervention dans un collège ou un lycée, un festival, un événement sportif…) », soit un total de « plus de 700 actions locales et nationales » en 2017. A l’avenir, son délégué voudrait multiplier les contrats territoriaux de lutte contre le racisme et l’antisémitisme expérimentés à Vitrolles et à Vaulx-en-Velin. Ils consistent à « identifier des associations, des pratiques, à mettre en place des actions de formation ». « Nous souhaitons en signer cinquante autres », indique-t-il. L’action concrète avant la parole.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ En guise d’illustration des sept nuances de français décrites par l’essayiste Jean-Michel Delacomptée dans son ouvrage « Notre langue française », l’écrivain oulipien Hervé Le Tellier a décliné la même phrase en sept versions.
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Une nouvelle, sept façons de l’écrire


                      En guise d’illustration des sept nuances de français décrites par l’essayiste Jean-Michel Delacomptée dans son ouvrage « Notre langue française », l’écrivain oulipien Hervé Le Tellier a décliné la même phrase en sept versions.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 07h39
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 08h44
    |

                            Hervé Le Tellier








                              

                        
Le début de la nouvelle Knock (publiée dans le magazine Thrilling Wonder Stories en 1948, non traduite), de Fredric Brown, pourrait être une nouvelle en soi. « Le dernier homme sur la Terre était assis tout seul dans une pièce. Il y eut un coup à la porte… » (« The last man on Earth sat alone in a room. There was a knock on the door… »). A partir de cet incipit, que l’on a dû un tout petit peu développer – à regret – pour la démonstration, voici quelques « exercices de style » autour de ces différents « français » qu’a dénombrés Jean-Michel Delacomptée dans son ouvrage.

La langue standard
On ne sait pas trop pourquoi, mais après une guerre atomique, une épidémie, une révolte des robots, il n’est plus resté qu’un seul type sur la Terre. Il est assis tout seul dans une pièce presque vide. Et alors, d’un coup, il y a un coup à sa porte.
La haute langue
Nul ne sait comment tout est arrivé. Un conflit nucléaire, une épouvantable pandémie, une insurrection des machines intelligentes ? C’est de peu d’importance désormais, rien ne rachètera le monde. Il n’est plus sur toute la Terre qu’un homme, un seul homme. Il se tient prostré, sur une chaise, au milieu de la pièce. Soudain, à la porte, il y a un coup.
Les langues régionales (ici, le gaga stéphanois)
Alors, demande-moi pas te dire pourquoi, la guerre, les maladies, les robots, bref, il reste plus qu’un seul homme sur la terre entière, eh ben crois-moi crois-moi pas, c’est le garçon au René.
Le coissou est acclapé tout seul dans un fauteuil, fermé dans une pièce qui sent le coufi, sans le moindre petit cafuron. De quoi vous fiche la lourde, beauseigne ! Mais vois-tu-moi-le, bichette : il se sent franc patraque, ah ça non, il fait pas son faramelan… Mais il est rien brave, allez ! pour selon qu’il est à barreaux, il sait que c’est pas le moment d’avoir le babaud, alors il tâche moyen de pas trop broger. Et tout par un coup, fouilla ! un truc de pas croyab :...




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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ L’universitaire estime, dans une tribune au « Monde », que le roman national réduit la discipline à une trajectoire sans obstacle et favorise un récit unique qui appauvrit l’esprit citoyen.
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Roman national : « Non, à l’histoire-autoroute », prévient Nicolas Offenstadt

L’universitaire estime, dans une tribune au « Monde », que le roman national réduit la discipline à une trajectoire sans obstacle et favorise un récit unique qui appauvrit l’esprit citoyen.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 15h20
    |

                            Nicolas Offenstadt (Maître de conférences habilité à l’Université de Paris 1-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            
Tribune. Tout le monde, ou presque, en France, s’accorde à le croire : l’enseignement de l’histoire développe les vertus civiques. La connaissance du passé devient alors, au-delà de la simple érudition et du plaisir du récit, un outil pour se guider dans le présent. Derrière ces formulations générales, se posent en réalité deux questions qui ne conduisent en rien à des réponses consensuelles : que peut l’histoire comme discipline et quelles vertus civiques veut-on lui faire servir ?

Pour répondre à la première, on peut, pour faire court, user d’une formule facile mais évocatrice : « l’histoire ne repasse pas les plats », c’est-à-dire que les situations du passé ne peuvent guère éclairer celles du présent car justement l’histoire c’est comprendre pourquoi les gens d’autrefois ne sont pas nous, pourquoi des configurations historiques ont des traits propres non reproductibles, ou du moins jamais avec les mêmes combinaisons. Ce que peut l’histoire, comme travail sur le passé, en revanche, c’est permettre à chacun de s’inscrire dans une temporalité et de regarder avec plus d’acuité les dynamiques en jeu dans le monde social.
Croit-on vraiment que ces deux belles tâches peuvent s’accommoder de la promotion d’un « roman national » unificateur ? A vrai dire dans cette expression – « le roman national » – les trois mots sont à démonter.
Appauvrissement par le récit unique
D’abord il n’existe pas de récit fermé que l’on pourrait tous partager comme les croyants un catéchisme. C’est d’autant plus vrai aujourd’hui, quand le cumul des connaissances et des approches rend plus difficile encore qu’il y a cinquante ans de suivre un fil unique. Va-t- on exclure l’histoire des femmes du récit parce que la domination masculine leur laisse peu de place dans les époques anciennes ? Va-t-on raconter toute l’histoire sous le sceau de la construction de l’Etat de la nation française,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Analyse. La ministre de la culture veut offrir un passe à tous les jeunes de 18 ans. Mais quel doit être son contenu ? « Star Wars » ? Netflix ? Des places de théâtre, d’opéra ? Notre reporter Culture Sandrine Blanchard met en lumière les contradictions de ce débat.
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/03/2018
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« Comment faire adhérer les jeunes au crédit culture de 500 euros s’il fait l’impasse sur ce qu’ils aiment ? »

Analyse. La ministre de la culture veut offrir un passe à tous les jeunes de 18 ans. Mais quel doit être son contenu ? « Star Wars » ? Netflix ? Des places de théâtre, d’opéra ? Notre reporter Culture Sandrine Blanchard met en lumière les contradictions de ce débat.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 10h26
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Analyse. Il a beaucoup été question de Star Wars lors du premier comité d’orientation du « passe culture », réuni mardi 6 mars à l’initiative de la ministre Françoise Nyssen. Star Wars ou l’exemple-type de ce qu’il faudra – ou pas – proposer dans ce « GPS de la culture », promis par le candidat Emmanuel Macron. C’est Richard Brunel qui a mis les pieds dans le plat devant la quarantaine d’artistes, de responsables d’établissements culturels, d’élus, de représentants du monde éducatif et associatif ou d’acteurs du numérique, invités à plancher sur ce que la ministre de la culture considère comme « “le” chantier culturel du quinquennat » : soit la création d’une application pour mobile réunissant toutes les offres culturelles à proximité et créditée de 500 euros pour les jeunes âgés de 18 ans.
Le directeur de la Comédie de Valence, centre dramatique national, a choisi de prendre le contre-pied des propos de Mme Nyssen. Quelques jours plus tôt, sur Europe 1, la ministre, interrogée sur les contours de cette future application, déclarait : « J’espère bien que l’on pourra voir Star Wars avec le passe. » A quoi bon ?, lui a répondu Richard Brunel :
« N’importe quel jeune peut voir ce blockbuster. Il n’est pas nécessaire que cela y soit proposé. »
Cette prise de position n’a pas fait l’unanimité mais elle a eu le mérite de poser l’un des principaux enjeux de ce projet de « réseau social culturel » : le périmètre de son contenu. « La culture, en France, est un peu coincée dans une forme d’aristocratie. Il faut Star Wars dans les propositions », a jugé le réalisateur Fabrice de Boni, cocréateur de la websérie à succès Et tout le monde s’en fout. Organisatrice du Festival du livre de Mouans-Sartoux et adjointe à la culture de cette commune des Alpes-Maritimes, Marie-Louise Gourdon a renchéri en estimant que « Star Wars...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans le conflit qui s’ouvre à la SNCF sur le statut des cheminots, le président a quelques atouts dans sa manche, que n’avait pas Juppé en 1995, souligne notre journaliste Jean-Michel Bezat dans sa chronique.
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« Aucun dirigeant politique n’aime les grèves. Macron moins que les autres »

Dans le conflit qui s’ouvre à la SNCF sur le statut des cheminots, le président a quelques atouts dans sa manche, que n’avait pas Juppé en 1995, souligne notre journaliste Jean-Michel Bezat dans sa chronique.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 06h36
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            
La France n’a pas totalement perdu sa boussole sociale : la grève est de retour. Elle commençait à nous manquer, avec ses cortèges République-Bastille, ses assemblées générales fébriles, ses trains de banlieue bondés aux heures de pointe, ses usagers partagés entre solidarité et colère… Après une année 2016 chahutée par la loi travail de Myriam El Khomri, l’encéphalogramme des conflits était resté plat en 2017, période de latence où les Français avaient tiré un trait sur le quinquennat de François Hollande en attendant les réformes d’Emmanuel Macron.
Nous y voilà. Les syndicats de la SNCF ont tergiversé avant de lancer, jeudi 15 mars, un mot d’ordre de « deux jours de grève sur cinq » entre le 3 avril et le 28 juin. Trente-six jours d’un mouvement inédit – en pointillés – qui va désorganiser le trafic ferroviaire durant trois mois. Et contraindre le gouvernement à renoncer à l’extinction de leur statut, veulent espérer les cheminots. Si le printemps s’annonce « chaud, chaud, chaud », sont-ils pour autant capables de faire plier un président qui joue là une partie de son crédit politique de réformateur ?

Aucun dirigeant politique n’aime les grèves et les manifestations. Macron moins que les autres. Depuis un an, ses déclarations sur les conflits sociaux se résument à des traits où il ne cache pas son irritation. A l’automne, ceux qui contestaient sa réforme du code du travail ont été qualifiés de « fainéants ». Les salariés de l’équipementier GM & S ont été invités à arrêter de « foutre le bordel » et à se faire embaucher à 100 kilomètres de leur usine de La Souterraine (Creuse). Il ne prise guère Mai 68, une utopie suivie de trop de désillusions, et il a finalement renoncé à commémorer le 50e anniversaire d’un mouvement marqué par la plus longue grève de l’histoire de France.
La « gréviculture »
C’est que le président juge que « la démocratie, ce n’est pas la rue », une conviction...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’historien défend qu’il est nécessaire de réécrire un récit intégrateur et conciliant les mémoires diverses pour mieux exalter les symboles de notre unité.
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Histoire : « Redonnons fierté à la cohésion nationale », affirme Jean-Christian Petitfils

Dans une tribune au « Monde », l’historien défend qu’il est nécessaire de réécrire un récit intégrateur et conciliant les mémoires diverses pour mieux exalter les symboles de notre unité.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 10h48
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Jean-Christian Petitfils (Historien et écrivain)







                        



                                


                            
[Dans son dernier livre « Histoire de la France » (Fayard, 1 152 p. , 29 euros), Jean-Christian Petitfils entend répondre à l’ouvrage collectif dirigé par Patrick Boucheron, « Histoire mondiale de la France » (Seuil, 2017) et relance la polémique sur le rapport entre Histoire et intégration nationale.]
Tribune. De nombreuses voix écartent aujourd’hui l’idée d’un retour à l’ancien roman national, et avec raison ! Comment faire renaître en effet ce catéchisme républicain, simpliste et réducteur, largement mythique, utilisé de la fin du XIXe siècle et au début du XXe par les fameux hussards noirs de l’école de Jules Ferry, ces instituteurs dévoués dont l’enseignement combinait l’approche lyrique d’un Michelet ou l’imagination d’un Augustin Thierry et un nationalisme de revanche, fermé sur lui-même, né du traumatisme de la défaite de 1870 ? Exaltant les grandeurs de la France, le « Petit Lavisse » appelait implicitement les fiers descendants des Gaulois à se tenir prêts à résister aux menaçants Germains qui avaient arraché l’Alsace-Lorraine à la mère patrie ! Le monde depuis a bien changé.

Pour certains, il faudrait se contenter d’un simple récit national intégrant les acquis de l’école des Annales et les recherches universitaires portant sur les mémoires douloureuses du passé (esclavage, colonisation, collaboration, antisémitisme, racisme…). Cette approche permet-elle de saisir cette « âme de la France », dont parlait Ernest Renan (« une nation est une âme, un principe spirituel »), ou Charles de Gaulle lorsqu’il évoquait « la Madone aux fresques des murs », « notre dame la France » ? « Toute ma vie, écrivait ce dernier au début de ses Mémoires de guerre, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. »
Transmettre un amour vrai...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Edouard Gardella, chargé de recherche au CNRS, souligne que, pour les sans-abri, aller en hébergement d’urgence risque de casser les relations auxquelles ils tiennent et qui les font tenir.
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/03/2018
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Edouard Gardella : « Cessons de nier les relations que les sans-abri nouent avec leur environnement social »

Dans une tribune au « Monde », Edouard Gardella, chargé de recherche au CNRS, souligne que, pour les sans-abri, aller en hébergement d’urgence risque de casser les relations auxquelles ils tiennent et qui les font tenir.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 10h16
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Edouard Gardella (Chargé de recherche au CNRS)







                        



                                


                            
Tribune. Le retour provisoire du froid, après un épisode particulièrement rigoureux en février, replacera-t-il la question des SDF dans le débat public ? Sans doute faudra-t-il maintenant attendre le prochain hiver pour la voir ressurgir, avec les mêmes témoignages soudain alarmés, et les mêmes questions subitement reposées.
Parmi celles-ci, il en est une sur laquelle la séquence qui vient de s’achever s’est cristallisée : le refus par des personnes sans abri d’être hébergées dans des structures d’accueil alors que s’installent, dans les rues, des températures négatives. Il vaut la peine d’y revenir, tant son traitement a dévoilé les mécanismes qui empêchent encore aujourd’hui, en France, d’aborder la question des sans-abri dans des termes adéquats.
Manque de places disponibles
D’un côté, certains représentants de l’actuelle majorité politique ont avancé que le refus d’hébergement manifesté par certains sans-abri s’expliquait par un choix personnel de leur part. De l’autre, les associations de lutte contre l’exclusion ont répondu que le non-hébergement était principalement dû au manque de places disponibles : en réalité, seul un petit nombre de sans-abri refusent d’être hébergés, un comportement qui s’explique, selon ces associations, soit par le fait qu’il s’agit de personnes en profonde désocialisation, soit par l’indignité des conditions matérielles qui leur sont proposées.
En apparence opposées (certaines responsabilisent l’individu, les autres l’Etat), ces différentes prises de position publiques se rejoignent pourtant sur un point : elles dépeignent le sans-abri réfractaire à l’hébergement comme un individu isolé, prenant personnellement la décision de refuser le toit qu’on lui propose.
« S’il ne va pas en centre d’hébergement, explique-t-il, c’est qu’il a ses “habitudes” sur “sa” plaque »
Or, cette représentation rend impensables bien des réalités observables sur le terrain. Elle passe, par exemple, à côté du fait,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Adepte du roman national, Jean-Christian Petitfils tient compte des pages les plus fastes comme des plus sombres de l’histoire de France mais se perd parfois dans un argumentaire qui pèche sur le plan scientifique.
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Une « Histoire de la France » équilibrée mais peu convaincante

Adepte du roman national, Jean-Christian Petitfils tient compte des pages les plus fastes comme des plus sombres de l’histoire de France mais se perd parfois dans un argumentaire qui pèche sur le plan scientifique.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 04h45
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 10h04
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                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            

Livre. Adepte du roman national, Jean-Christian Petitfils s’est gardé, dans son Histoire de la France, de déployer une galerie de grands hommes, montrant la France en gloire. Certes, sa fresque fait la part belle à l’histoire politique, du partage de l’empire carolingien, en 843, à l’élection d’Emmanuel Macron, en 2017.
L’auteur de biographies (Louis XIII, Louis XIV, Louis XV et Louis XVI) revient tambour battant sur l’action des gouvernants au cours des douze derniers siècles. Il n’en consacre pas moins de larges développements aux transformations sociales ou économiques, au mouvement des idées et à l’histoire des mentalités. Les femmes, les mouvements ouvriers et l’immigration occupent toutefois une place réduite dans son récit.

Jean-Christian Petitfils s’efforce de bâtir un « roman » national équilibré, tenant compte des pages les plus fastes comme des plus sombres de l’histoire de France. L’antisémitisme d’Etat sous Vichy est traité à l’aune des travaux les plus récents. La guerre d’Algérie est restituée dans sa complexité : la torture pratiquée par l’armée française est abordée, au même titre que les attaques à la bombe du FLN devant les écoles, les stades et les restaurants. Au contraire, son histoire de la colonisation reste sommaire. La conquête sanglante de Madagascar, en 1895, est tout juste qualifiée de « campagne militaire longue et laborieuse ». De nombreux autres crimes coloniaux connus sont ignorés.
Essentialiser l’histoire de France
Contrairement aux romans nationaux traditionnels, Jean-Christian Petitfils ne commence pas son histoire de France par Vercingétorix ou Clovis. L’historien explique bien en quoi ces points de départ relèvent de reconstructions postérieures. Toutefois, il ne résiste pas à la tentation de lever le rideau sur une scène inaugurale : la bataille de Fontenoy-en-Puisaye, en 841, entre les fils de Charlemagne.
« L’événement fera date, car du sang...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Chercheur en neurosciences et neuropsychologue, Sebastian Dieguez voyage dans les théories cognitives autour des petits arrangements avec la réalité.
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« Total Bullshit » : une tentative de doter d’un corpus théorique la notion de « post-vérité »

Chercheur en neurosciences et neuropsychologue, Sebastian Dieguez voyage dans les théories cognitives autour des petits arrangements avec la réalité.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 10h14
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            Samuel Laurent








                        



                                


                            

Livre. Elu « mot de l’année 2016 » par le dictionnaire d’Oxford, le concept de « post-vérité », à une époque où les faits comptent moins que les croyances, ou sa déclinaison plus floue encore, les fameuses « fake news », les « fausses nouvelles », sont devenues en quelques mois une nouvelle antienne du débat mondial. Pourtant, il n’existait jusqu’ici que peu de littérature sérieuse sur la question, spécialement en français.
Chercheur en neurosciences et neuropsychologue au Laboratoire des sciences cognitives et neurologiques de l’université de Fribourg (Suisse), spécialiste notamment des théories du complot, Sebastian Dieguez a voulu dépasser le caractère très contemporain de cette idée pour en trouver la racine.

Dans Au cœur de la post-vérité, publié à l’initiative du sociologue Gérald Bronner, spécialiste de la rumeur, il propose de revenir à un autre concept plus ancien : celui de « bullshit ». Littéralement « merde de taureau », que l’on traduira plutôt, bien qu’improprement, par « foutaise ». Un concept développé notamment par le philosophe américain Harry Frankfurt dans un célèbre ouvrage, On bullshit, publié pour la première fois en 1986 et traduit en français en 2006 sous le titre De l’art de dire des conneries, qui a connu un certain succès public.
« Des effets aussi nocifs que concrets »
La théorie de Frankfurt décrit le bullshit non comme un état intermédiaire entre vérité et mensonge, mais plutôt comme une indifférence à l’égard de la vérité. Tout à la fonction performative de son discours, le « bullshiteur » ne connaît pas nécessairement la vérité (ce qu’implique un mensonge), car elle lui est égale : l’important, ce sont les bénéfices qu’il attend de son discours, qu’ils soient politiques, médiatiques ou très concrets.
Si chacun s’imagine aisément telle ou telle figure de bullshiteur, il faut comprendre, explique M. Dieguez, que nous sommes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Les photographies qui symbolisent aujourd’hui le mouvement n’ont que rarement été publiées en mai et juin 1968. C’est dans la durée, grâce à des acteurs qui les ont valorisées, qu’elles se sont imposées.
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Photo : comment les icônes de Mai 68 ont été fabriquées

Les photographies qui symbolisent aujourd’hui le mouvement n’ont que rarement été publiées en mai et juin 1968. C’est dans la durée, grâce à des acteurs qui les ont valorisées, qu’elles se sont imposées.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 07h15
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                            Fanny Arlandis








                        



                                


                            

Elles avaient les qualités esthétiques, symboliques ou journalistiques pour s’imposer : certaines images viennent immédiatement à l’esprit lorsque l’on pense à Mai 68. Daniel Cohn-Bendit souriant face à un CRS, ou la « Marianne de Mai 68 », ces clichés célèbres représentent, par métonymie, les événements de ce printemps-là. Et pourtant…
Aura symbolique
La « Marianne de Mai 68 », prise par le photographe Jean-Pierre Rey, convoque une autre image (elle-même symbolique), La Liberté guidant le peuple (1830), d’Eugène Delacroix. En 1968, elle ne paraît qu’une seule fois dans un magazine français : Paris Match la publie dans son numéro daté du 15 juin, mais en petit format, dans une double page consacrée à la manifestation unitaire parisienne du 13 mai. « L’aura symbolique ne peut donc pas être la seule explication à son iconisation », constate Audrey Leblanc, docteure en histoire et commissaire de l’exposition « Icônes de Mai 68. Les images ont une histoire », qui se tiendra à la BNF, à Paris, du 17 avril au 26 août. Même chose pour la photographie de Cohn-Bendit par le photographe Gilles Caron : cette année-là, elle n’est publiée qu’une fois, en juin, avec une quinzaine d’autres, dans le magazine spécialisé Journalistes Reporters Photographes.
En réalité, « l’iconisation de ces images a été construite progressivement, à chaque anniversaire, par des acteurs du monde journalistique, éditorial et culturel », explique Audrey Leblanc. Il faut attendre les commémorations de 1978 pour que la « Marianne » figure en bonne place dans Paris Match et dans Le Nouvel Observateur, puis encore dix ans pour qu’elle soit en « une » de Paris Match. Une circulation médiatique emblématique : « L’histoire de la photo de Cohn-Bendit se construit également au fil du temps, poursuit Audrey Leblanc. Que dit cette histoire ? Que c’est le plus grand photographe de la plus grande agence de photographie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ En mai 1968, ce photographe, membre de l’agence Magnum, a couvert à Paris et en banlieue le mouvement de contestation sociale en couleurs, fait rare pour l’époque.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Editorial. La série d’enquêtes que « Le Monde » vient de publier montre qu’il reste des zones d’ombre autour du rôle de la France pendant le génocide. Aux archives désormais de « parler ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Faire la clarté sur le rôle de la France au Rwanda

Editorial. La série d’enquêtes que « Le Monde » vient de publier montre qu’il reste des zones d’ombre autour du rôle de la France pendant le génocide. Aux archives désormais de « parler ».



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 15h55
   





                        



   


Editorial du « Monde ». A quoi bon enquêter sur le rôle de la France avant et pendant le génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda ? Tout n’a-t-il pas déjà été dit par la Mission d’information parlemaentaire de 1998 ? Les archives n’ont-elles pas été déclassifiées par François Hollande en 2015 ? Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas reconnu en 2010 des « erreurs d’appréciation, des erreurs politiques » qui « ont eu des conséquences absolument dramatiques » ? Eh bien non. Il reste d’importantes zones d’ombre.
Certaines relèvent de la France, d’autres pas. Ce génocide, le dernier du XXe siècle, est loin d’avoir été élucidé dans toutes ses dimensions. A commencer par son « déclencheur », l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président hutu Juvénal Habyarimana : ce crime, qui est à l’origine mais qui n’est pas la cause des massacres qu’une partie du régime en place avait largement préparés, est devant la justice française depuis vingt ans, sans que l’enquête soit close. D’autres procédures sont en cours, visant des militaires français pour leur rôle durant l’opération militaro-humanitaire « Turquoise » intervenue fin juin 1994, avec pour mandat de l’ONU de faire cesser les massacres et de protéger les civils. Ces procédures sont devenues une gêne diplomatique et un abcès de fixation.
La série d’enquêtes que Le Monde vient de publier montre que le rôle de la France, meilleur soutien du régime Habyarimana dans sa guerre contre la rébellion tutsi du Front patriotique rwandais – FPR –, est loin d’avoir été clair pendant les massacres. « Turquoise », dans l’esprit de certains dirigeants français, devait, sous couvert d’humanitaire, remettre en selle le gouvernement intérimaire rwandais, auteur du génocide. Trop occupée à massacrer des civils, l’armée rwandaise était, en effet, en train de perdre la guerre contre le FPR. Quand les soldats de « Turquoise » ont débarqué au Zaïre voisin, il était – heureusement – trop tard pour reprendre le contrôle de Kigali, la capitale.
Travail incomplet
D’autres faits sont troublants. Pourquoi et comment des livraisons d’armes aux Forces armées rwandaises (FAR) ont-elles pu avoir lieu sous les yeux des soldats français en plein embargo de l’ONU ? Que faisaient et que savaient les militaires français restés aux côtés des FAR après le début du génocide ? Enfin, pourquoi des avertissements explicites – comme la note de la délégation aux affaires stratégiques du ministère de la défense que nous avons révélée – sur la catastrophe à venir, la répétition de massacres précurseurs, la formation de milices, la préparation des esprits, ont-ils été ignorés ?
Sur tous ces points, le travail de la mission parlementaire de 1998 est pour le moins incomplet et ses conclusions lénifiantes. Les tribunaux ne sont pas le lieu, non plus, pour dire sereinement l’Histoire. Parce qu’ils sont les premiers visés par les instructions en cours, des militaires sont sortis de leur réserve, pour se défendre ou mettre en cause les ordres reçus. C’est aux politiques et à leurs archives qu’il incombe de « parler ». A commencer par celles de François Mitterrand, qui a joué un rôle essentiel dans le soutien au régime rwandais de 1990 à 1994. Ses écrits sont consultables, mais uniquement selon le bon vouloir de Dominique Bertinotti, gestionnaires des archives du président défunt.
Emmanuel Macron, qui n’a pas d’héritage politique à ménager, ni à droite ni à gauche (la France était en cohabitation en 1994), est le mieux placé aujourd’hui pour rendre réelle et effective la déclassification annoncée par son prédécesseur en 2015. C’est une exigence morale et historique.

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                Génocide au Rwanda : retrouvez les réponses à vos questions sur le rôle exact de la France






                            


                        

                        

