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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Isabelle Mandraud, correspondante du « Monde » à Moscou, a répondu à vos questions sur la réélection, dimanche, de Vladimir Poutine en Russie.
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Russie : « Dans un régime autoritaire, chacun redoute un changement non préparé »

Isabelle Mandraud, correspondante du « Monde » à Moscou, a répondu à vos questions sur la réélection, dimanche, de Vladimir Poutine en Russie.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 14h28
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 15h50
   





                        



   


Vladimir Poutine a remporté, dimanche 18 mars, une victoire d’une ampleur sans précédent en plus de dix-huit ans de pouvoir, réélu président pour un quatrième mandat avec 76,7 % des voix. Isabelle Mandraud a répondu à vos questions.

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Riurik : Quels sont les faits rapportés de fraude électorale, d’agressions, etc., à la proximité des bureaux de vote ?
Isabelle Mandraud : Plusieurs sources de l’opposition et des candidats ont rapporté des violations, quelques bourrages d’urnes, notamment en Tchétchénie, en Iakoutie ou près de Moscou, mais dans l’ensemble, elles n’ont pas été aussi importantes, semble-t-il, que lors de précédentes élections. En revanche, les pressions exercées par des entreprises et des administrations ont été rapportées par plusieurs observateurs, journalistes, et associations indépendantes telles que Golos, spécialisée dans la surveillance des élections. 
Mat : Comment comptez-vous les votants « sous pression » dans les 56 millions de voix de Vladimir Poutine ? Autrement dit, sans ces « pressions importantes », aurait-il été réélu ?
Isabelle Mandraud : Difficile de dire combien de personnes ont été ainsi mises sous pression. Mais des témoignages, dans différentes régions, en ont fait état. Sans ces pressions, cela aurait-il changé quelque chose ? Pas sûr du tout. Le score de M. Poutine aurait sans doute été moins important, mais il aurait remporté cette élection, faute d’une réelle concurrence. Le chef du Kremlin s’est placé au-dessus de tous les autres, sans participer à aucun débat, ni même présenter un programme. Il est l’Etat. Enfin, les pressions ne sont pas le seul facteur qui a joué en sa faveur. Les médias soutenant le pouvoir livrent, jour après jour, la vision du Kremlin sur les événements. 
Eva : Le taux de participation est très élevé comparé à 2012. Comment peut-on l’expliquer ?
Isabelle Mandraud : En 2012 ce taux était de 65,3 %, contre 67,4 %. C’est effectivement une augmentation. Le pouvoir s’était préparé à cette bataille, et la mobilisation des électeurs, en amont, a été très importante. Le plus grand danger pour le Kremlin était que les Russes ne se soucient pas d’aller voter, estimant, à juste titre, que les jeux étaient faits. Les appels à participer au scrutin ont été intenses sur tout le territoire. Des jeux et des animations étaient proposés autour des bureaux de vote. Les électeurs ont pu s’enregistrer jusqu’au dernier moment dans le bureau de vote de leur choix. Et enfin, comme nous l’avons rapporté, des salariés du secteur public ont été soumis à de fortes pressions de leurs employeurs.
Gégé : Pourquoi la tentative d’assassinat d’un agent double russe sur le sol britannique aurait remotivé les électeurs russes ? Poutine était-il vraiment en danger ?
Isabelle Mandraud : Non, M. Poutine n’était pas vraiment en danger. Mais alors que les sondages le gratifiaient ces dernières années de taux de popularité mirobolants, jusqu’à 86 %, il était impensable qu’il remporte l’élection avec un score en demi-teinte. Le but a été atteint : dimanche, M. Poutine a été élu avec 76,66 % des voix, soit le meilleur score jamais obtenu depuis qu’il exerce le pouvoir. En 2000, il avait été élu avec 52,94 % des suffrages, 71,31 %, en 2004, et 63,6 % en 2012. La participation, en revanche, n’est pas la meilleure enregistrée, malgré tous les efforts déployés. L’affaire Skripal, en Grande-Bretagne, a pu jouer, en dopant le réflexe de protection autour du chef, mais à la marge, me semble-t-il.
Baby Huey : Poutine sort renforcé de ce scrutin. Après avoir joué sur la fibre nationaliste et les menaces occidentales réelles ou supposées, quelle peut être sa ligne de conduite pour continuer à mobiliser ses partisans à l’intérieur et renforcer la position de la Russie à l’international ?

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Isabelle Mandraud : Le président russe ne changera sans doute pas sa ligne de conduite qu’il a réaffirmée, de manière assez spectaculaire, lors de son discours du 1er mars, en vantant le nouvel arsenal nucléaire de l’armée russe. C’était clairement un message destiné à l’Occident. Le résultat d’hier le conforte. Maintenant, il a devant lui quelques défis sérieux à relever : la Syrie, bien sûr, où, après les succès militaires, la phase politique s’avère bien plus délicate. Et, en Ukraine, le conflit est loin d’être réglé.
Europeen : Le Français que je suis a quelques difficultés à concevoir la popularité de Poutine. A quoi tient-elle ?
Isabelle Mandraud : Lorsqu’on discute avec des Russes, il est courant d’obtenir un point de vue contradictoire. Beaucoup se disent peu satisfaits de leur situation sur le plan intérieur. Avec la baisse du cours du pétrole et les sanctions, leurs revenus ont dégringolé depuis 2014. La situation dans les hôpitaux reste mauvaise, surtout dans les régions, tout comme l’état des routes. Et la corruption, toujours présente, insupporte la population. Mais d’un autre côté, sur le plan de la politique étrangère, beaucoup se disent rassurés d’avoir un président « fort ». Les révolutions arabes ou le soulèvement en Ukraine font peur, d’autant plus que les médias propouvoir matraquent le « chaos » que cela a provoqué. Et dans un régime autoritaire comme celui exercé en Russie, chacun redoute un changement non préparé.
Opposition ? : On parle beaucoup de son opposant Alexeï Navalny. Sur sa page Wikipedia, on parle de lui comme d’un proche des mouvements d’extrême droite. Je ne comprends pas bien ce qu’il représente dans toute cette élection. Il n’y a pas d’opposition démocrate en Russie ? Quels sont les courants ?
Isabelle Mandraud : L’opposition est très affaiblie en Russie, d’une part parce qu’elle n’a pas les moyens de se développer, ni même de se faire entendre, mais aussi parce qu’elle est très divisée. Elle souffre aussi d’une image “pro-occidentale”, et du rappel, sans cesse rabâché, de la dureté des années 1990, lorsque l’URSS s’est effondrée. Alexeï Navalny apparaît aujourd’hui comme le seul opposant déterminé à affronter le Kremlin, mais il n’a pas pu concourir à l’élection en raison d’une condamnation pénale qu’il réfute. Il est effectivement issu des rangs très nationalistes, mais depuis 2013, il a pris quelques distances avec ces courants.

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Osman : Qu’en est-il de la situation économique en Russie ? Je pense notamment au niveau de croissance et au chômage. La tendance et les chiffres sont-ils en faveur de Poutine ?
Isabelle Mandraud : La croissance se relève un peu mais la situation reste tendue, particulièrement dans les régions. Moscou est une belle vitrine moderne, mais la vie reste plus compliquée ailleurs. Ce ne sont pas les mêmes critères qu’en Europe qui prévalent en Russie. Le chômage est très faible. Trouver un emploi n’est pas très compliqué, mais il est beaucoup plus difficile d’obtenir un travail suffisamment rémunérateur pour vivre correctement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ En position de faiblesse face aux Européens, le gouvernement de la première ministre britannique, Theresa May, a multiplié, lundi, les concessions.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Brexit : un accord a été trouvé sur la période de transition entre Londres et Bruxelles

En position de faiblesse face aux Européens, le gouvernement de la première ministre britannique, Theresa May, a multiplié, lundi, les concessions.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 18h03
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


La pression des milieux d’affaires britanniques était trop forte : lundi 19 mars, Londres a abandonné à peu près toutes ses revendications et accepté les conditions posées par Bruxelles pour la période de transition que le gouvernement May réclamait, dans la foulée du Brexit. Une période durant laquelle le pays pourrait continuer à négocier sa « relation future » avec l’Union européenne (UE), sans perdre brutalement tous les avantages d’un Etat membre.
La transition ne devra durer que vingt et un mois, du 30 mars 2019, au lendemain du Brexit, jusqu’au 31 décembre 2020, comme le réclamaient les Européens. Et pas jusqu’en mars 2021, comme le souhaitait initialement le gouvernement de Mme May. Autre concession, bien plus conséquente : Londres a accepté que les citoyens de l’Union venant s’installer au Royaume-Uni durant la période de transition puissent bénéficier du même droit de séjour, à la fin de la période de transition, que ceux arrivés dans le pays avant le Brexit.
Londres a par ailleurs renoncé au « droit de veto » réclamé sur les lois que l’Union adopterait durant cette période de transition : le pays pourra, jusqu’au 31 décembre 2020, continuer d’accéder sans entraves au marché intérieur européen, mais devra continuer de contribuer au budget communautaire, et il n’aura plus du tout voix au chapitre : ni commissaires, ni ministres invités aux réunions bruxelloises, ni députés européens.
Pas de « clause guillotine »
A la rigueur, les Britanniques pourront, à titre purement consultatif, participer à des réunions d’experts – ne serait-ce parce que, sur des sujets comme la sécurité alimentaire ou la lutte contre le terrorisme, leurs connaissances seront utiles aux Européens. Londres pourra aussi entrer en négociation avec des pays tiers, en vue de conclure des accords commerciaux par exemple, mais pas question que ces éventuels accords entrent en force durant la période de transition.
Bruxelles a cependant échoué, pour l’instant, à imposer une « clause guillotine », amputant le Royaume-Uni de certains de ses droits d’accès au marché intérieur durant la période de transition si jamais le pays ne se conformait pas aux lois de l’Union ou aux décisions de la Cour de justice de Luxembourg, la plus haute juridiction de l’UE.
Michel Barnier, le négociateur en chef de l’Union, s’est félicité lundi, d’avoir pu franchir avec son homologue David Davis, une étape « décisive » des discussions avec Londres. « Nous avons fait ces derniers jours une partie essentielle du chemin vers un départ ordonné » du Royaume-Uni, a ajouté le Français.
« Accord de retrait »
De fait, la perspective d’un « non-accord » entre Londres et Bruxelles s’éloigne, même si M. Barnier a précisé, lundi, que la transition ne serait définitivement acquise que quand les parties se seront mises d’accord sur tous les autres points de l’accord de divorce, au plus tard en octobre. La transition est partie intégrante de ce futur traité international, d’ores et déjà baptisé « accord de retrait » à Bruxelles.
Sur l’épineuse question irlandaise, Londres a aussi significativement reculé, lundi, acceptant qu’en l’absence d’une solution britannique pour éviter le retour d’une « frontière dure » entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord, ce serait celle mise sur la table par les Européens qui s’imposerait. Or, cette dernière a tout d’une provocation pour le gouvernement May, qui dépend, pour sa fragile majorité parlementaire, d’une alliance de circonstance avec le petit parti unioniste nord irlandais DUP.

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Londres ayant confirmé récemment vouloir aussi quitter l’Union douanière au jour du Brexit, Bruxelles a proposé que le contrôle des marchandises, devenu nécessaire, entre l’UE à vingt-sept et le Royaume-Uni, ne s’effectue pas à la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, afin de préserver les « accords de paix du Vendredi saint » de 1998. Ce contrôle aurait lieu dans les ports britanniques, pour les marchandises en partance pour l’Irlande : une manière de réunifier l’île par le commerce.
Accélération des discussions
L’annonce par le géant Unilever, en fin de semaine dernière, qu’il rapatrierait ses troupes britanniques à Rotterdam (aux Pays-Bas) pour y installer son unique siège social européen, a-t-il poussé le gouvernement May à accélérer les discussions bruxelloises ? La première ministre britannique avait promis d’obtenir un accord sur la transition avant fin mars… elle y est donc parvenue.

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A Bruxelles, les négociateurs vont maintenant pouvoir se concentrer sur la « relation future » que les Européens envisagent déjà comme un accord de libre-échange. Les Britanniques ont déjà accepté ce canevas, mais militent pour qu’il intègre un accord sur les services financiers : ils veulent préserver le précieux « passeport » dont dispose la City pour vendre sans entraves ses services sur le marché intérieur européen. 

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« Nous sommes plus proches que jamais d’un bon accord entre le Royaume-Uni et l’UE », a affirmé David Davis, toujours positif, malgré l’évident désavantage de Londres dans une négociation depuis le début très déséquilibrée en faveur de Bruxelles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Alors que le Royaume-Uni désigne la Russie comme le coupable de l’empoisonnement au Novitchok de Sergueï Skripal, Moscou continue de nier.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Que sait-on sur l’empoisonnement de l’ex-agent double russe au Royaume-Uni ?

Alors que le Royaume-Uni désigne la Russie comme le coupable de l’empoisonnement au Novitchok de Sergueï Skripal, Moscou continue de nier.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 18h46
    |

                            Eléa Pommiers








                        



   


Le dialogue semble rompu entre Londres et Moscou après l’empoisonnement, sur le sol britannique, de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal. Alors que le Royaume-Uni continue de désigner la Russie comme le coupable évident de cette « tentative d’assassinat », le Kremlin exige des preuves, ou des excuses, « à ces accusations infondées ». 
Après quinze jours d’enquête, que sait-on de l’affaire qui provoque une importante crise diplomatique entre les deux pays, et relance le bras de fer entre la Russie et l’Union européenne, soutenue par les Etats-Unis ?
Retrouvés inconscients à Salisbury
L’affaire débute le 4 mars à Salisbury, au sud-ouest de Londres. Un homme et sa fille sont retrouvés inconscient sur un banc, sans blessure apparente, et sont hospitalisés « dans un état critique ». L’événement prend immédiatement une tournure politique à la lumière de l’identité de la victime : Sergueï Skripal, 66 ans, est un ancien colonel du service de renseignement russe réfugié au Royaume-Uni.
Arrêté en 2004 par le FSB (le service fédéral de sécurité russe), celui qui est à l’époque un espion russe avoue avoir été recruté par les services de renseignement britanniques neuf ans plus tôt et leur avoir livré l’identité de plusieurs dizaines d’agents secrets russes exerçant en Europe, contre plus de 100 000 dollars (78 000 euros de l’époque).
En 2006, l’agent double est condamné par la Russie pour « haute trahison » à treize ans de camp, et son titre de colonel lui est retiré. Après avoir été échangé, avec trois autres agents russes, contre dix agents dormants du Kremlin installés aux Etats-Unis, il se réfugie au Royaume-Uni, en 2010.

   



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Le Novitchok à l’origine de l’empoisonnement
Moins de deux jours après la découverte des victimes, la police britannique annonce que Sergueï Skripal et sa fille sont « soignés pour une exposition présumée à une substance toxique », et la thèse de l’empoisonnement s’impose parmi les responsables politiques britanniques. Elle est renforcée par la contamination de deux policiers, qui ont dû être soignés pour des « symptômes légers », et les traces de contaminations découvertes dans un restaurant où l’ancien espion russe et sa fille avaient déjeuné.
Après une semaine d’enquête, le 12 mars, la police britannique identifie la substance qui aurait servi à leur empoisonnement : il s’agit du Novitchok, un agent neurotoxique innervant — qui rompt la connexion entre le système nerveux et les muscles, empêchant progressivement la victime de respirer.
Développé par des chercheurs de l’Union des républiques socialistes soviétique (URSS) dans les années 1970 et 1980 — il n’a pas d’autre origine connue —, il est considéré comme cinq à dix fois plus létal que les deux autres agents innervants les plus connus, le gaz sarin et le VX. Son existence avait été découverte par la communauté internationale au début des années 1990, malgré les engagements de l’URSS à mettre fin à son programme chimique.

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La Russie, coupable désignée du Royaume-Uni
L’identification de ce poison fait de la Russie la coupable évidente aux yeux du Royaume-Uni, qui pointait déjà Moscou du doigt depuis plusieurs jours. Le 12 mars, Theresa May, la première ministre britannique, lance un ultimatum à la Russie pour que cette dernière apporte des explications.
Le ton est d’autant plus dur que la tension monte depuis des mois entre les deux pays. Multiples approches d’avions ou navires russes dans les eaux territoriales britanniques ; accusations d’« ingérences » russes, par les réseaux sociaux, dans la campagne du référendum sur le Brexit ; responsabilité de la cyberattaque destructrice NotPetya en juin 2017… Les griefs de Londres à l’égard de Moscou sont nombreux.
Et l’affaire n’est pas sans rappeler d’autres éliminations d’opposants politiques russes sur le sol britannique. Déjà, en 1978, en pleine guerre froide, le dissident bulgare Georgi Markov est empoisonné à Londres par une dose de ricine, un poison plus puissant que le cyanure.
En 2006, Alexandre Litvinenko, un opposant russe et ex-agent du KGB (service secret russe, devenu FSB en 1995), est empoisonné au polonium 210, une substance radioactive extrêmement toxique produite en Russie. Sa veuve a ainsi déclaré que l’empoisonnement de Sergueï Skripal avait des airs de « déjà-vu ».

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Crise diplomatique entre Londres et Moscou
Le 14 mars, après expiration de l’ultimatum lancé à Moscou, Theresa May dénonce une « tentative d’assassinat » et condamne un « affront à l’interdiction de l’usage des armes chimiques ». Pour elle, l’absence de réponse de la Russie et l’usage du Novitchok excluent toute autre « conclusion que celle qui désigne l’Etat russe comme coupable ». Mme May annonce plusieurs sanctions pour répliquer à ce que le président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des communes, Tom Tugendhat, a qualifié « d’attentat russe ».
Si Londres assure que le dialogue n’est pas rompu, Theresa May a tout de même décidé de suspendre les contacts bilatéraux avec Moscou, d’expulser vingt-trois diplomates russes (sur les cinquante-neuf présents au Royaume-Uni), de retirer l’invitation adressée au chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, et annonce que la famille royale britannique ne se rendra pas à la Coupe du monde de football en Russie.
Dans une déclaration commune, le 15 mars, le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Etats-Unis et la France ont estimé que la responsabilité russe était la seule explication « plausible » de l’empoisonnement. Les quatre puissances ont demandé dans la foulée à Moscou « toutes les informations » sur son programme chimique.
Le gouvernement britannique a demandé à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) de mener des examens indépendants dans ses laboratoires sur les échantillons recueillis sur place.

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Du « grand n’importe quoi », pour la Russie
Dès le 9 mars, la Russie, par la voix de son ministre des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait dénoncé de la « pure propagande ». A l’ultimatum de Theresa May, le Kremlin répond que « la Russie n’a aucun rapport avec ce qui s’est passé en Grande-Bretagne » et insiste sur l’absence de preuve impliquant formellement la Russie. Les autorités russes se déclarent également ouvertes « à toute coopération pour une enquête sur les causes de l’incident ».
Après les sanctions décidées et annoncées par Theresa May, Moscou réplique en expulsant à son tour vingt-trois diplomates britanniques et en mettant fin aux activités du British Council en Russie, l’organisme international britannique pour les relations culturelles et l’éducation.

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Après quinze jours de silence et au jour de sa réélection à la tête de la Russie dimanche, Vladimir Poutine a fait écho à ses dénégations, qualifiant les accusations britanniques de « grand n’importe quoi ». Le président russe a souligné que la Russie avait « détruit toutes ses armes chimiques » :
« La première chose qui me vient à l’esprit, c’est que si un gaz chimique militaire existait, les gens seraient morts sur le coup. C’est évident. (…) La deuxième chose, c’est que la Russie ne dispose pas de ce type de moyens. Nous avons détruit toutes nos armes chimiques sous la supervision d’observateurs internationaux. »
Une réponse que Boris Johnson, chef de la diplomatie britannique, a qualifiée de « stratégie classique de la Russie qui consiste à essayer de cacher l’aiguille de la vérité dans une botte de foin de mensonges et d’obscurcissement ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Les acteurs de terrain, qui ont présenté leurs travaux à Jacques Mézard, craignent que le gouvernement fasse du rural sa priorité.
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Plan pour les banlieues : la colère des maires et des associatifs

Les acteurs de terrain, qui ont présenté leurs travaux à Jacques Mézard, craignent que le gouvernement fasse du rural sa priorité.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 12h21
    |

            Louise Couvelaire








                        


Ils parlent d’une « douche froide », d’une séance « humiliante », d’un « rendez-vous manqué », d’une « gifle monumentale », d’une manœuvre « odieuse » et « méprisante ». Jeudi 15 mars, une cinquantaine d’élus et de représentants d’associations de banlieue sont ressortis furieux du ministère de la cohésion des territoires, où se tenait une réunion en présence du ministre Jacques Mézard. Depuis, ils ne décolèrent pas.
Point d’étape clé dans la « coconstruction » d’une nouvelle ambition pour les quartiers populaires promise par Emmanuel Macron, en novembre 2017, lors de son discours de Tourcoing (Nord), cette rencontre, destinée à présenter les travaux des acteurs de terrain, « a fait pschitt », commente Philippe Rio, maire (PCF) de Grigny (Essonne). « Le moins que l’on puisse dire, c’est que nous n’avons pas senti d’enthousiasme », déplore Thibault Renaudin, secrétaire général de l’Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV). 
« Déception »
Les participants décrivent un ministre qui « n’a pas dit un mot de toute la réunion » après être arrivé avec plus d’une heure de retard. « Il ne s’est intéressé à rien et n’a posé aucune question : à l’évidence, le sujet l’emmerde », en conclut un associatif. « Nous attendions un cadre, des objectifs, un calendrier, un retour… Mais non, rien, il n’y avait pas de son », regrette une élue. « Cette rencontre n’est pas très prometteuse, se désole Chantal Dardelet, responsable du pôle égalités des chances de l’école de commerce Essec. On craint de se faire rouler dans la farine. »
L’absence du secrétaire d’Etat Julien Denormandie – il était à Cannes, au marché international des professionnels de l’immobilier – a également été perçue comme un signe de désintérêt. La « déception » et la « perte de confiance » sont telles que certains songent à quitter le processus de « mobilisation nationale pour la ville et les quartiers » voulue par l’Elysée.
A Tourcoing, le président de la République avait invité tous les acteurs de terrain à s’engager dans une démarche de coconstruction. Une approche destinée à donner un nouvel élan à la politique de la ville, qui venait de souffler ses quarante bougies dans un contexte particulièrement tendu. L’annonce, quelques mois plus tôt, des coupes budgétaires puis du gel des contrats aidés avait déclenché les foudres des maires et des associations œuvrant dans les territoires urbains défavorisés. Ils avaient alors fait entendre leur voix en organisant, mi-octobre, les états de généraux de la politique de la ville, baptisés par la suite « appel de Grigny ».
« Désintérêt manifeste »
Depuis l’annonce du chef de l’Etat, on ne les entendait plus, trop occupés à « travailler comme des malades », souligne Jean-Philippe Acensi, président de l’association Bleu, blanc, zèbre. Cela fait plus de cinq mois que les élus et les associatifs sillonnent la France et enchaînent les groupes de travail thématiques (éducation, emploi, insertion, apprentissage, culture, sport…). Le tout, sous la houlette de Jean-Louis Borloo, missionné par le chef de l’Etat pour soumettre au gouvernement un ensemble de propositions qui devraient être présentées dans trois semaines.
Pour beaucoup, ce qu’ils perçoivent aujourd’hui comme un « désintérêt manifeste » pour leurs travaux est avant tout la conséquence d’une mise en concurrence « aberrante » et « malsaine » entre milieu rural et milieu urbain. « C’est ce qui se joue en creux, nous le sentons bien », déclare Thibault Renaudin, de l’AFEV. « Il y a un équilibre à trouver entre les deux et de nombreuses possibilités de répartition équitable des moyens, plaide Catherine Vautrin, présidente (LR) du Grand Reims (Marne). On ne peut pas jouer l’urbain contre le rural. »
Cette crainte est nourrie par « les inclinaisons naturelles du ministre Mézard pour la ruralité et les villes moyennes », jugent certains, et l’actualité. Afin de faire taire la grogne du milieu rural – limitation de la vitesse sur les routes départementales à 80 km/h notamment –, Emmanuel Macron a passé douze heures au Salon de l’agriculture, quelques jours seulement après avoir reçu plusieurs centaines de jeunes agriculteurs à l’Elysée. « Nous risquons de passer à la trappe », redoute Philippe Rio, à Grigny.

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Bahreïn : sept ans de répression

Depuis 2011, le royaume, sous influence saoudienne, intensifie les mesures coercitives afin d’écraser toute contestation émise par la communauté chiite, majoritaire dans le pays.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 18h31
    |

            Benjamin Barthe (Manama, envoyé spécial)








                        



                                


                            
Les entrées sont presque toutes barrées par des grillages en fer, des murets de béton ou des rouleaux de barbelés. Une batterie de caméras et de projecteurs traque les mouvements suspects aux alentours. Des policiers en tenue antiémeute patrouillent à proximité. La localité chiite de Diraz, dans le nord-ouest du royaume de Bahreïn, peuplée de 20 000 habitants, est soumise à un quasi-blocus. Sur les onze routes reliant cette banlieue de Manama, la capitale, au reste de ce minuscule archipel du golfe Persique, deux seulement sont encore ouvertes. Les seules personnes habilitées à les emprunter sont les résidents de Diraz eux-mêmes, après vérification de leurs papiers d’identité aux barrages de police érigés sur ces voies d’accès.
« Impossible d’inviter des amis ou des parents, impossible d’organiser des funérailles ou des mariages, impossible même de faire venir une ambulance ou le moindre dépanneur, s’insurge Abou Qassem, un fonctionnaire à la retraite, attablé à un café, et qui, pour des raisons de sécurité, préfère ne pas donner son véritable nom. Les épiceries ferment les unes après les autres car les livraisons sont devenues trop aléatoires. On étouffe. C’est comme ça depuis le 20 juin 2016 », ajoute-t-il.

Ce jour-là, le ministère de l’intérieur de Bahreïn avait retiré sa nationalité au cheikh Issa Qassem, le guide spirituel des chiites du royaume, accusé de menées « théocratiques » en lien avec les « ennemis de la nation », autrement dit l’Iran. Cette nouvelle escalade dans la confrontation entre le pouvoir, aux mains de la dynastie sunnite des Khalifa, et la communauté majoritaire du royaume, victime de discriminations, avait déclenché une mobilisation immédiate des habitants de Diraz, bourg natal du vieil ayatollah. De crainte qu’il ne soit déporté, des milliers de personnes s’étaient massées aux abords de son domicile, incitant les autorités à verrouiller Diraz, pour éviter que le mouvement reçoive des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Syndicats et patronat vont découvrir les intentions de l’exécutif concernant la gouvernance de l’assurance-chômage et le contrôle des chômeurs.
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Unédic, chômage… le gouvernement présente ses arbitrages

Syndicats et patronat vont découvrir les intentions de l’exécutif concernant la gouvernance de l’assurance-chômage et le contrôle des chômeurs.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 14h36
   





                        



   


Le gouvernement présente aux syndicats et au patronat, lundi 19 mars, ses arbitrages sur la gouvernance de l’assurance-chômage (Unédic) et son plan pour un renforcement du contrôle des chômeurs.
Si Muriel Pénicaud, la ministre du travail, compte leur réserver la primeur de ses annonces, elle n’a pas caché son intention de donner plus de place à l’Etat dans la gouvernance de l’assurance-chômage, conformément à une promesse de campagne d’Emmanuel Macron.
Cette réunion sera aussi l’occasion de présenter un arsenal rénové de sanctions contre les chômeurs ne remplissant pas leurs obligations ; une réforme qui, avec le renforcement des contrôles, est présentée comme la contrepartie de l’extension des droits aux démissionnaires et indépendants.
Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait présenté le renforcement du contrôle des chômeurs comme la « contrepartie » d’une assurance-chômage qu’il comptait rendre « universelle ». A défaut d’universalité, le gouvernement s’apprête finalement à élargir le régime aux indépendants en liquidation judiciaire et, sous conditions, aux salariés qui démissionnent en vue d’une reconversion.
En matière de sanction, M. Macron promettait lors de la campagne de les rendre « justes et crédibles ». Aujourd’hui, ne pas se présenter à un rendez-vous est passible de deux mois de radiation, et donc de suspension des allocations, tandis qu’un chômeur qui ne cherche pas assez activement un emploi risque deux semaines de radiation.

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Loi peu appliquée
La ministre veut aussi remodeler la notion d’« offre raisonnable » d’emploi, qu’un demandeur d’emploi ne peut refuser plus d’une fois sous peine d’être radié pour deux mois. L’« offre raisonnable » est déjà définie très précisément dans le code du travail. Dans les faits, cette loi, adoptée en 2008, n’est quasi pas appliquée, puisqu’en 2013 77 chômeurs ont été radiés pour ce motif, soit 0,01 % des 544 000 radiations totales. Muriel Pénicaud veut la rendre « pleinement applicable », dans un contexte de reprise où certaines entreprises ont des difficultés à recruter.
Parallèlement à ces évolutions, le gouvernement a déjà annoncé une intensification des contrôles. Les équipes chargées de vérifier que les demandeurs d’emploi cherchent activement du travail seront portées de 200 à 600 agents d’ici à la fin de l’année.
Expérimentées dès 2013, ces équipes ont été généralisées en 2015. Selon un premier bilan effectué à la fin de 2017, elles mènent, avec leurs effectifs actuels, environ 144 000 contrôles par an – de manière aléatoire, ciblés sur des profils ou après à des signalements –, qui aboutissent à quelque 20 000 radiations.
A la fin de décembre, face à une polémique naissante, Emmanuel Macron assurait que l’intention du gouvernement n’était pas de « mettre de la suspicion derrière chacun » mais de poursuivre « les quelques-uns qui abusent des règles ». « Il n’y a rien de choquant » à contrôler les chômeurs, assurait-il.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ L’avocat général a réclamé des peines plus lourdes qu’en première instance pour deux des douze salariés ou anciens salariés de la compagnie aérienne.
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« Chemise arrachée » à Air France : trois à cinq mois de prison avec sursis requis en appel

L’avocat général a réclamé des peines plus lourdes qu’en première instance pour deux des douze salariés ou anciens salariés de la compagnie aérienne.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 18h28
   





                        


Trois à cinq mois de prison avec sursis. C’est la peine requise lundi 19 mars contre quatre ex-salariés d’Air France, jugés en appel à Paris pour l’épisode de la « chemise arrachée » de deux cadres de la compagnie.
Dénonçant des « violences intolérables », l’avocat général a réclamé pour deux de ces quatre prévenus une peine plus importante qu’en première instance. Contre l’un, relaxé en 2016 à Bobigny, il a requis trois mois d’emprisonnement avec sursis. Contre l’autre, cinq mois avec sursis ont été requis, alors qu’il avait été initialement condamné à trois mois avec sursis.
Le magistrat a demandé à la cour d’appel de confirmer les peines de trois et quatre mois avec sursis des deux autres prévenus. Il a aussi réclamé la confirmation des peines d’amende de 500 euros prononcées contre huit autres prévenus poursuivis pour des « dégradations ».
Des séances de négociation « dépaysées » depuis les faits
Le jour des faits, le 5 octobre 2015, une manifestation contre un projet de restructuration menaçant plusieurs milliers d’emplois avait dégénéré à l’aéroport de Roissy. Violemment pris à partie alors qu’ils exposaient le plan, Xavier Broseta, directeur des ressources humaines d’Air France à l’époque, et Pierre Plissonnier, ex-responsable du long-courrier, désormais retraité, avaient dû fuir sous les huées de salariés, torse nu pour le premier, la chemise en lambeaux pour le second.
Les images des deux cadres forcés d’escalader un grillage pour échapper à la foule avaient fait le tour du monde. Depuis les faits, la direction a pris plusieurs fois la précaution de « dépayser » à Paris des séances de négociation avec les syndicats, par crainte de nouveaux débordements.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Une société proche de Donald Trump a aspiré les données de millions d’utilisateurs sur Facebook durant la campagne présidentielle américaine.
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Cambridge Analytica : comment éviter que des entreprises collectent vos données Facebook

Une société proche de Donald Trump a aspiré les données de millions d’utilisateurs sur Facebook durant la campagne présidentielle américaine.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 12h52
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 12h55
    |

                            Perrine Signoret








                        


Les données de dizaines de millions d’utilisateurs de Facebook ont été collectées sur Facebook par Cambridge Analytica, une entreprise proche de Donald Trump, ont rapporté le Guardian et le New York Times le 17 mars. Cette firme s’est servi des informations personnelles recueillies pour cibler au mieux les campagnes de l’actuel président des Etats-Unis durant l’élection présidentielle. Dans la plupart des cas, les utilisateurs n’avaient pas consenti à une telle opération. Voici comment mieux protéger ses données.

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Comment une entreprise tierce peut-elle collecter des données sur Facebook ?
Pour aspirer les données de dizaines de millions d’utilisateurs (30 millions selon le New York Times, 50 millions selon le Guardian), Cambridge Analytica s’est servi d’une application Facebook, c’est-à-dire un programme dont on se sert ou auquel on se connecte depuis le réseau social (un jeu, un test, un service comme Tinder…) et à qui on donne un accès à son compte.
Nommée « thisisyourdigitallife », elle avait été développée par Aleksandr Kogan, un chercheur de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni. Elle avait été présentée à Facebook comme étant destinée à une étude académique. A l’intérieur, un questionnaire, qui n’était accessible que par les internautes connectés à Facebook et inscrits sur les listes électorales américaines.
Quelques centaines de milliers de personnes ont répondu à l’enquête. Problème : en acceptant cela, elles ont donné à « thisisyourdigitallife » l’accès à nombre de leurs données personnelles contenues sur Facebook. Grâce à une fonctionnalité désormais désactivée, l’application tierce a également pu obtenir les données de leurs contacts sur le réseau social de Mark Zuckerberg. Ce sont toutes ces informations qui ont servi à Cambridge Analytica pour son opération de communication politique.
Est-ce encore possible ?
En avril 2015, Facebook a restreint le nombre de données qui pouvaient être collectées sur sa plate-forme. Le réseau social a notamment interdit aux applications d’accéder à votre liste d’amis de manière automatique. Seuls les noms des amis qui utilisent eux-mêmes l’application concernée (et qui ont accepté ses conditions d’utilisation) sont visibles des développeurs.
Cette protection est supposée empêcher, a priori, des collectes de données aussi massives que celle effectuée par Cambridge Analytica.
Par ailleurs, toujours depuis avril 2015, Facebook a introduit de nouvelles fonctionnalités permettant aux utilisateurs de choisir manuellement quelles informations ils souhaitent partager avec une application tierce.
Comment sélectionner les données que collectent les applications ?
Lors de la première connexion à une application Facebook, il est ainsi désormais possible de sélectionner les données que vous souhaitez partager.
Si vous vous êtes déjà connectés à des applications, il est possible également de revenir en arrière. Pour ce faire, une fois connecté sur Facebook, rendez-vous dans l’onglet Paramètres, puis dans « Applications » (à gauche de l’écran). La première option consiste à supprimer de la liste d’applications liées à votre profil toutes celles que vous souhaitez voir disparaître, en cliquant sur la petite croix grise.

   


Vous pouvez également cliquer sur le crayon « Modifier les paramètres » situé juste à gauche de la croix. Une fenêtre s’ouvre alors, où il vous sera possible de choisir précisément à quelle information vous souhaitez que l’application puisse accéder.

   


Si vous souhaitez passer à l’étape supérieure, sélectionner ensuite « Applications, sites web et modules ». Cliquez sur « Modifier » puis « Désactiver la plateforme ». Cela vous empêchera d’accéder à quelques fonctionnalités, comme la possibilité de vous identifier auprès des sites web ou applications via votre compte Facebook. Il est bien sûr possible de revenir sur cette décision à n’importe quel moment.

   


Enfin, sélectionnez « Application que d’autres utilisent », puis décochez ce que vous souhaitez.

   


A noter que toutes ces opérations ne signifient pas nécessairement que les applications supprimeront les informations qu’ils avaient collectées par le passé sur votre profil. Pour ce faire, il faut se référer aux conditions d’utilisation de chaque application.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Ces révélations sur un double assassinat à Bastia fin 2017 posent des questions sur les liens pouvant exister entre voyous et policiers.
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Un nouveau repenti témoigne sur la mafia corse

Ces révélations sur un double assassinat à Bastia fin 2017 posent des questions sur les liens pouvant exister entre voyous et policiers.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 15h54
    |

            Jacques Follorou








                        



                                


                            

Les policiers, pourtant ­expérimentés, ont cru avoir devant eux un invraisemblable mythomane. Mais ils ont fini par croire à son témoignage sur la mafia. Et début mars, sa vie a changé. Il a changé de nom et vit sous protection dans un lieu ­secret. Le statut de repenti lui a été accordé en contrepartie de ses informations sur le crime organisé corse.
Ses révélations, recueillies à partir de la mi-décembre, ont fourni des informations précieuses sur la préparation d’un double assassinat commis, en plein jour, le 5 décembre, à l’aéroport de Bastia. ­Elles lèvent également le voile sur des aspects inédits du fonctionnement interne du grand banditisme français et posent des questions sur les liens pouvant exister entre voyous et policiers.
En théorie, ce nouveau repenti, Philippe M. – dont nous avons anonymisé nom et prénom – n’avait rien à faire dans cet univers criminel. Il a travaillé pour l’association des maires de France dans les années 2000 puis au cabinet d’un maire de banlieue avant de notamment tenter une carrière politique comme suppléant d’une candidate UMP aux législatives de 2012, finalement battue.

« On tourne un film »
Son chemin va dévier en février 2017. Alors qu’il séjourne quelques jours dans une résidence hôtelière à La Baule (Loire-Atlantique), il fait la connaissance de Jacques Mariani. Héritier d’un baron de la Brise de mer, clan mafieux insulaire qui a régné pendant près de trente ans, ce criminel de haut rang purge, alors, en travaillant à l’accueil, une fin de peine en régime aménagé sous bracelet électronique. Les deux hommes sympathisent et Mariani lui présente l’un de ses proches, Christophe Guazelli, fils d’un autre baron de la Brise de mer.
Le trio déjeune souvent chez Cocoche, un restaurant de La Baule. Philippe M. et son épouse aident Jacques Mariani dans ses démarches administratives et fréquentent sa famille quand elle vient, fin mars, dans la région. Début avril, sous couvert d’un investissement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Le parquet national financier requiert un procès de Patrick et Isabelle Balkany pour « blanchiment de fraude fiscale » dans la vaste enquête sur le patrimoine du couple.
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Nouvelle demande de renvoi en correctionnelle du couple Balkany

Le parquet national financier requiert un procès de Patrick et Isabelle Balkany pour « blanchiment de fraude fiscale » dans la vaste enquête sur le patrimoine du couple.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 15h20
   





                        



   


Le parquet national financier (PNF) a de nouveau requis un procès de Patrick et Isabelle Balkany. Dans ses réquisitions rendues le 14 mars, le PNF demande que Patrick Balkany, le maire (LR) de Levallois-Perret, 69 ans, et son épouse, Isabelle Balkany, 70 ans, ainsi qu’un de leurs enfants, Alexandre, soient renvoyés « pour blanchiment de fraude fiscale aggravée ».
Le ministère public requiert que l’élu et son épouse soient aussi jugés pour « déclaration incomplète ou mensongère » à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, chargée de contrôler les revenus des élus. Le PNF chiffre le montant des avoirs concernés par le blanchiment à au moins 13 millions d’euros.
Deux procédures
Deux procédures avaient été ouvertes dans cette affaire. Concernant la première, qui vise le chef de « fraude fiscale » M. et Mme Balkany ont été renvoyés le 22 février en correctionnelle dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en 2015 à la suite d’une plainte de l’administration fiscale. Dans la seconde procédure, pour « blanchiment de fraude fiscale », le PNF avait requis une première fois en juillet 2017 le renvoi du couple en correctionnelle.
Mais, par la suite, de nouvelles pièces émanant des autorités égyptiennes avaient été adressées aux juges d’instruction, les obligeant à rouvrir leur enquête. Ils avaient de nouveau notifié le 5 mars la fin de leur enquête, et le PNF a rendu un second réquisitoire le 14 mars, d’après une source proche du dossier.
Les parties disposent d’un délai pour présenter d’éventuelles observations avant un éventuel renvoi du couple en correctionnelle dans ce volet de l’affaire. A terme, les deux procédures pourraient être jointes et un seul procès serait alors organisé.

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                Le couple Balkany renvoyé devant le tribunal correctionnel pour fraude fiscale






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Les débats doivent déterminer quand et comment Sophie Lionnet a été tuée. Ses employeurs ont été placés en détention depuis la découverte du cadavre.
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/03/2018
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Meurtre d’une jeune fille au pair française : le procès s’ouvre à Londres

Les débats doivent déterminer quand et comment Sophie Lionnet a été tuée. Ses employeurs ont été placés en détention depuis la découverte du cadavre.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 06h22
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 08h21
   





                        


La lumière devrait être faite sur la mort de Sophie Lionnet, une jeune Française au pair, originaire de Troyes (nord-est de la France), dont le corps calciné avait été retrouvé à la fin de septembre dans le jardin de ses employeurs, à Londres. Le procès du couple, principaux suspects, s’ouvre lundi 19 mars devant la cour criminelle de l’Old Bailey, dans la capitale britannique.
Ouissem Medouni, 40 ans, qui a plaidé coupable d’entrave à la justice pour avoir tenté de se « débarrasser » du corps « en le brûlant », selon les termes retenus pour ce chef d’accusation, et Sabrina Kouider, 35 ans, nient avoir tué la jeune fille, âgée de 21 ans au moment des faits.

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Les deux Français ont été placés en détention depuis que la police britannique a découvert, le 20 septembre 2017, le cadavre de la jeune fille. Les autorités avaient été alertées par des voisins, intrigués par une épaisse fumée en provenance de l’habitation du couple, située dans le quartier de Southfields, dans le Sud-Ouest londonien.
Le procès doit permettre de déterminer quand et comment Sophie Lionnet a été tuée. Son corps n’a toujours pas été rapatrié en France, des contre-expertises pouvant être ordonnées pendant les quatre semaines que doivent durer les débats. Ses parents pourront y assister grâce à une aide financière spéciale débloquée par l’Etat français pour prendre en charge leur transport et leur hébergement sur place, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) leur avocat, Frank Berton. « C’est assez rare pour être souligné. »
Mise en lumière des difficultés des jeunes au pair
La mort de Sophie Lionnet avait provoqué une vive émotion parmi les jeunes au pair travaillant au Royaume-Uni, et plus largement au sein d’une partie de la communauté française. L’affaire avait également mis en lumière les difficultés, entre isolement et exploitation, parfois rencontrées par les travailleurs au pair, souvent très jeunes et sans expérience, qui travaillent et habitent chez des familles à l’étranger.
Le 8 octobre, une marche silencieuse en hommage à Sophie Lionnet avait rassemblé une trentaine de personnes, membres de sa famille et amis, dans le quartier où elle vivait à Londres. Sa cousine, Mélanie Lionnet, avait alors déclaré à l’AFP que la jeune fille était « fatiguée », et qu’elle voulait « rentrer en France ». « Elle nous disait que ses employeurs ne l’avaient pas encore rémunérée, qu’une fois qu’ils l’auraient rémunérée, elle rentrerait. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Analyse. La ministre de la culture veut offrir un passe à tous les jeunes de 18 ans. Mais quel doit être son contenu ? « Star Wars » ? Netflix ? Des places de théâtre, d’opéra ? Notre reporter Culture Sandrine Blanchard met en lumière les contradictions de ce débat.
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/03/2018
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« Comment faire adhérer les jeunes au crédit culture de 500 euros s’il fait l’impasse sur ce qu’ils aiment ? »

Analyse. La ministre de la culture veut offrir un passe à tous les jeunes de 18 ans. Mais quel doit être son contenu ? « Star Wars » ? Netflix ? Des places de théâtre, d’opéra ? Notre reporter Culture Sandrine Blanchard met en lumière les contradictions de ce débat.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 10h26
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Analyse. Il a beaucoup été question de Star Wars lors du premier comité d’orientation du « passe culture », réuni mardi 6 mars à l’initiative de la ministre Françoise Nyssen. Star Wars ou l’exemple-type de ce qu’il faudra – ou pas – proposer dans ce « GPS de la culture », promis par le candidat Emmanuel Macron. C’est Richard Brunel qui a mis les pieds dans le plat devant la quarantaine d’artistes, de responsables d’établissements culturels, d’élus, de représentants du monde éducatif et associatif ou d’acteurs du numérique, invités à plancher sur ce que la ministre de la culture considère comme « “le” chantier culturel du quinquennat » : soit la création d’une application pour mobile réunissant toutes les offres culturelles à proximité et créditée de 500 euros pour les jeunes âgés de 18 ans.
Le directeur de la Comédie de Valence, centre dramatique national, a choisi de prendre le contre-pied des propos de Mme Nyssen. Quelques jours plus tôt, sur Europe 1, la ministre, interrogée sur les contours de cette future application, déclarait : « J’espère bien que l’on pourra voir Star Wars avec le passe. » A quoi bon ?, lui a répondu Richard Brunel :
« N’importe quel jeune peut voir ce blockbuster. Il n’est pas nécessaire que cela y soit proposé. »
Cette prise de position n’a pas fait l’unanimité mais elle a eu le mérite de poser l’un des principaux enjeux de ce projet de « réseau social culturel » : le périmètre de son contenu. « La culture, en France, est un peu coincée dans une forme d’aristocratie. Il faut Star Wars dans les propositions », a jugé le réalisateur Fabrice de Boni, cocréateur de la websérie à succès Et tout le monde s’en fout. Organisatrice du Festival du livre de Mouans-Sartoux et adjointe à la culture de cette commune des Alpes-Maritimes, Marie-Louise Gourdon a renchéri en estimant que « Star Wars...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Battue par la Belgique, l’Espagne a raté sa qualification directe pour la Coupe du monde au profit de la Roumanie et cible l’arbitre… roumain de la rencontre.
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Rugby : les Espagnols ne digèrent pas l’arbitrage de « voyou »

Battue par la Belgique, l’Espagne a raté sa qualification directe pour la Coupe du monde au profit de la Roumanie et cible l’arbitre… roumain de la rencontre.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 17h40
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 18h00
    |

                            Corentin Lesueur








                        



   


La nuit n’a pas apaisé leur colère. Les « Leones » sont toujours remontés après leur défaite, dimanche 18 mars, face à la Belgique qui hypothèque largement leurs chances de se qualifier pour la Coupe du monde, organisée en 2019 au Japon. Plus que le revers à Bruxelles face à un adversaire normalement à leur portée (10-18), les Espagnols dénoncent la prestation du trio arbitral, jugée au mieux médiocre, au pire orientée.
En cause : la désignation de trois Roumains au sifflet d’une partie décisive pour la qualification au Mondial de… la Roumanie. Le faux pas espagnol offre, en effet, aux « Chênes » une qualification directe presque inespérée et l’honneur de disputer le match d’ouverture face au pays hôte, le Japon. Comme ses coéquipiers, Lucas Guillaume, troisième ligne du XV de Leon et de Narbonne, est très remonté.
« Deux ans de travail ont été annihilés en quatre-vingt-dix minutes par un voyou. On se sent volés, usurpés. Il ne s’agit pas d’un match entre deux villages arbitré de manière louche, c’est une partie pour vivre ce qui se fait de mieux dans le rugby : une Coupe du monde. Je n’ai même plus envie de rejouer au rugby. »
« Incompétence » et « parti pris »
Propension à multiplier les pénalités en faveur des Belges, oubli malheureux d’arrêter le chronomètre quand chaque minute vaut de l’or : les décisions litigieuses de Vlad Iordachescu sur la pelouse du Petit Heysel, à Bruxelles, se comptent par dizaines. Dans une vidéo diffusée sur Youtube, un ancien arbitre écossais décortique la prestation du Roumain, entre « incompétence » et « parti pris ». « On était sur une moyenne de huit pénalités sifflées contre nous ces deux dernières années, abonde Guillaume Lucas. Là, il n’a pas fallu plus de dix minutes pour faire pire. »

Anticipant l’enjeu de cette ultime partie du Championnat d’Europe des nations (ou Tournoi des six nations B), la Fédération espagnole avait formulé un recours auprès de Rugby Europe. Cette demande a été balayée par l’organisation présidée par… le Roumain Octavian Morariu. L’instance avait désigné plusieurs mois à l’avance le trio arbitral et elle était la seule compétente pour en changer la composition.
Une décision risquée et d’autant moins compréhensible qu’elle concerne un arbitre qui n’a pas toujours fait l’unanimité, y compris en Belgique. « Son arbitrage lui vaut très souvent des critiques, même au cours de matchs sans enjeu, appuie Bruno Verscheure, journaliste pour le site belge de rugby Sportkipik.be. On le connaît bien ici, et beaucoup se plaignent dès qu’il est désigné pour diriger une partie de la Belgique. Il ne siffle pas bien. »
Sans aller jusqu’à parler d’un arbitrage orienté, Bruno Verscheure s’interroge sur la volonté de Rugby Europe de maintenir à tout prix M. Iordachescu aux commandes d’une rencontre aussi décisive :
« C’est triste, mais on peut quand même se poser des questions. Pourquoi refuser de changer d’arbitre ? Certes, au moment de sa désignation, personne n’imaginait que cette partie serait aussi importante. Mais c’était prendre trop de risques que de le laisser en place. »
Un recours sans illusion
En Espagne, le sentiment de gâchis est à la hauteur de l’engouement soudain pour un sport jusqu’ici anonyme. Renforcé par l’arrivée de nombreux Français (comme l’ancien ouvreur du Stade Toulousain, Mathieu Bélie), le XV de Leon s’était offert la « une » de Marca, le très influent quotidien sportif, après s’être ouvert les portes vers une qualification pour le Mondial, une première depuis 1999.

Y nadie puede perdérselo! A partir de las 13:00 horas de este domingo en @teledeporte 🏉 El triunfo ante Bélgica en… https://t.co/buLnNtTmFB— ferugby (@España Rugby)


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Mais la belle histoire a vécu. Les Espagnols s’en sont pris à l’arbitre dès le coup de sifflet final. Les images de l’escorte improvisée de M. Iordachescu jusqu’au vestiaire ont fait le tour d’Internet. Bien plus que la compilation de ses multiples interprétations douteuses.
« On reste des hommes, on a dégoupillé, c’est vrai, reconnaît Lucas Guillaume. Mais l’arbitre n’a pas été touché, ni violenté. » « On n’a pas porté atteinte à son intégrité, abonde Gauthier Gibouin, son capitaine. Notre déception est à la hauteur de l’enjeu : ce sont quatre ans de travail pour le développement de ce sport qui sont partis en fumée. »

La Fédération espagnole a rapidement formé un recours auprès de Rugby Europe, pour obtenir, cette fois, le droit de rejouer la rencontre. Sans réel espoir. « Nos dirigeants nous ont dit de ne rien en attendre, regrette Gauthier Gibouin. On se fait peu d’illusions maintenant. »
Dans l’attente du « Rapport d’évaluation du Superviseur des officiels de la rencontre », qui sera analysé, vendredi 23 mars, par son comité de désignation des arbitres, l’instance européenne s’est défendue, arguant avoir « toujours œuvré en sélectionnant les meilleurs arbitres internationaux quelles que soient les compétitions ».
Cette mauvaise blague belge oblige les Espagnols à prendre un itinéraire détourné pour espérer voir le Japon. Il leur faudra sortir victorieux d’un barrage entre voisins face au Portugal, avant de défier les redoutables Samoa. Et en cas de défaite, une dernière chance leur sera offerte lors d’un tournoi de repêchage avec quatre équipes, dont le Canada. Le rugby, ce sport où on aime faire simple.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Battus sur le fil au Pays de Galles, les Bleus terminent à la 4e place un Tournoi qui a vu naître certains espoirs. Mais faut-il s’enflammer pour autant ?
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Tournoi des six nations : faut-il croire au renouveau de l’équipe de France ?

Battus sur le fil au Pays de Galles, les Bleus terminent à la 4e place un Tournoi qui a vu naître certains espoirs. Mais faut-il s’enflammer pour autant ?



Le Monde
 |    19.03.2018 à 12h19
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 15h58
    |

            Adrien Pécout et 
                                Alexandre Pedro








                        



   


Au service des sports du Monde, il y a les éternels optimistes et les indécrottables pessimistes. Pour les premiers, ce Tournoi 2018 est l’hirondelle qui annonce le printemps après un long hiver. Pour les autres, les maux bleus n’ont pas disparu avec la moustache de Jacques Brunel et une victoire au forceps contre l’Angleterre. Le débat est lancé.
Demain, tout redevient possible
Aragon préférait le cyclisme. Mais les mots du poète conviennent aussi au XV de France : « Le bonheur existe et j’y crois. » Oui, les Bleus peuvent espérer mieux qu’une quatrième place dans le Tournoi (encore heureux…). Ce n’est ni cocardier ni excessif de le dire.
Venons-en aux faits et aux défaites. D’accord, les Bleus ont perdu trois matchs sur cinq. Mais ce fut sans jamais être loin du compte. Ah, ce drop de l’Irlandais Sexton (ce Jonny fait toujours mal) juste avant le coup de sifflet ! Ah, ce coup de pied mal ajusté de François Trinh-Duc le Français, contre les Gallois ! Ah, ce match perdu en Ecosse après avoir mené jusqu’à l’heure de jeu !

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Trois défaites « encourageantes » (comme on dit dans le vestiaire) auxquelles s’ajoutent donc deux victoires. L’une, attendue de toutes parts, contre l’Italie ; l’autre, survenue de nulle part, contre l’Angleterre : la première contre le XV de la Rose dans la compétition depuis 2014… Tout cela prête à optimisme après, faut-il le rappeler, une année 2017 exécrable pour le XV de France. En juin, les Bleus avaient perdu leur nord et leur jeu en Afrique du Sud. En novembre, à domicile, mêmes défaites contre les Sud-Africains et les Néo-Zélandais ; suivies d’un match nul, à tous les égards, contre le Japon.
D’accord, l’équipe de France cherche toujours son jeu. Mais elle semble déjà avoir trouvé aujourd’hui quelque chose d’intéressant : « Une assise de joueurs » et « une assise d’état d’esprit », selon les mots de leur nouveau sélectionneur, Jacques Brunel, qui n’a pas totalement tort là-dessus.

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L’état d’esprit, d’abord : il en fallait un minimum pour se redresser après les deux premières défaites, contre l’Ecosse et l’Irlande. Cette équipe se cherche encore son attaque, mais elle a déjà trouvé sa défense : seulement cinq essais concédés dans tout le Tournoi. Elle le doit à une première ligne déjà bien établie : Guilhem Guirado au talon, les piliers Jefferson Poirot et Rabah Slimani à ses côtés.
Le capitaine Guirado, justement, a longtemps avancé esseulé depuis deux ans. Moins maintenant : d’autres joueurs se sont affirmés cette année comme des cadres en puissance. A commencer par un autre Toulonnais, Mathieu Bastareaud, un revenant de 29 ans, capitaine de substitution contre les Gallois pour remplacer son coéquipier forfait sur blessure. On pense aussi au jeune Yacouba Camara et à l’un peu moins jeune Wenceslas Lauret, en troisième ligne.
Tous ces hommes-là ont malmené les Gallois en leur Millennium Stadium pendant tout le match. Ils pourraient être bien aidés, à l’avenir, par un nommé Teddy Thomas. De fait, le XV de France a joué une bonne partie du Tournoi sans son joueur le plus en jambes : l’ailier du Racing, auteur de trois essais pour les deux premiers matchs, faisait partie des fêtards d’Edimbourg. Depuis, le rugby français commence à se remettre de sa gueule de bois.
Adrien Pécout, l’optimiste

   


La route est droite, mais la pente est encore dure
Pour un peu, les Bleus auraient pu défiler sur les Champs-Elysées entre deux flocons de neige pour célébrer cette quatrième place et leurs “presque” victoires contre l’Irlande, l’Ecosse le Pays de Galles. Le rugby français en est réduit à vendre de l’exploit face à des nations au réservoir (de licenciés) de citadine, quand lui oublie qu’il en dispose un de berline. « Avec les ressources naturelles des deux pays, on doit être dominé à chaque fois ! Je trouve ça incroyable qu’on puisse battre la France », s’étonnait dans L’Equipe l’ancien international écossais John Beattie. Comme lui, sans doute se fait-on encore une certaine idée du XV de France.

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Alors soyons indulgents. Jacques Brunel a trouvé au pied de son sapin de Noël l’homme malade du rugby mondial. Et le médecin de garde gersois l’a plutôt bien retapé avec des cachets de pragmatisme à prendre trois fois par jour et un régime riche en rigueur défensive. C’est déjà ça. Reste que cette équipe a perdu la recette pour gagner. En attendant, elle a développé une certaine habilité à rendre l’adversaire plus vilain qu’il ne l’est vraiment. Elle a été aidée dans sa tâche par des Celtes et Anglais aux jambes lourdes comme tous les quatre ans à la sortie de la tournée estivale des Lions britanniques.
Mais à chacun ses problèmes. Et quand on n’arrive même pas à battre le Japon, on en revient à ses bonnes vieilles vertus de virilité et de combat. Mais mettre les barbelés, gratter dans les rucks comme des affamés et se nourrir des erreurs adverses peut vous permettre de gagner un match à l’héroïsme (comme face à l’Angleterre), mais est-ce un programme de reprise durable ? La dernière Coupe du monde est là pour rappeler que le rugby qui gagne est celui qui confisque le ballon, multiplie les temps de jeu et tout ça saupoudré d’un peu de flair. Pour l’instant, ce serait trop en demander à cette équipe, assemblage sympathique mais foutraque d’anciens tricards (Bastareaud, Grosso) de soldats de devoir (Guirado, Lauret) et d’espoirs encore un peu verts (Camara, Poirot).

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Il y aurait de quoi construire à partir de ce pépin d’équipe, capitaliser sur ces défaites encourageantes. Sauf qu’une tournée de trois matchs en Nouvelle-Zélande se profile en juin au lendemain de la finale du championnat. Pour un convalescent, c’est une idée aussi judicieuse que balader un ex-alcoolique en sortie de cure dans les rues de Dublin un soir de Saint-Patrick. Et puis le Top 14 reste une terrible essoreuse. A manger sans digérer sa cinquantaine de matchs par saison, un Yoann Maestri a pris un coup de vieux avant l’heure. Paul Gabrillagues, son successeur en deuxième ligne, risque de connaître le même sort à trop donner son corps et sa jeunesse pour la patrie et un Stade Français en péril.
Et on n’oublie pas ce mal endémique, ce poste d’ouvreur toujours orphelin de son titulaire. Entre un Jalibert fauché dans la fleur de ses 19 ans, un Beauxis à la gestion de jeu lunaire et un Trinh-Duc coulé à Cardiff, Jacques Brunel a peu avancé. Mais il savait d’où il partait : de très loin.
Alexandre Pedro, le pessimiste



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ L’avenir agricole de la ZAD va commencer à être négocié lundi, mais sans les zadistes et certains opposants à l’ex-projet d’aéroport, qui appellent à un rassemblement sous les fenêtres de la préfecture.
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Notre-Dame-des-Landes : une négociation des terres sous tension

L’avenir agricole de la ZAD va commencer à être négocié lundi, mais sans les zadistes et certains opposants à l’ex-projet d’aéroport, qui appellent à un rassemblement sous les fenêtres de la préfecture.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 11h28
   





                        



   


Les négociations s’annoncent tendues. L’avenir agricole de la ZAD (zone à défendre) de Notre-Dame-des-Landes va commencer à être discuté, lundi 19 mars, mais sans les « zadistes » ni certains opposants à l’ex-projet d’aéroport, qui appellent à un rassemblement sous les fenêtres de la préfecture.
La préfète de la région Pays de la Loire présidera un premier comité de pilotage. Cette réunion de négociations, que Nicole Klein souhaite placer sous le signe de « l’apaisement » et de la « construction », se tient à deux semaines de l’expiration de l’ultimatum fixé aux zadistes pour régulariser leur situation sous peine d’expulsion, et alors que le mouvement très hétérogène des opposants se fissure.
Certains opposants (la Confédération paysanne et l’Adeca, association d’agriculteurs « historiques » ayant refusé de quitter leurs terres) seront autour de la table avec la préfète. Conviée, l’Acipa, principale association opposée à l’ex-projet d’aéroport, a décliné l’invitation mais ne participera pas non plus au rassemblement organisé devant la préfecture par « l’assemblée du mouvement » anti-aéroport, disant préférer le dialogue à la « démonstration de force ».

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Volonté de gérer les terres de la ZAD
Exclues du comité du pilotage, certaines composantes de la lutte contre l’aéroport comptent faire entendre leur mécontentement et rappeler au gouvernement, qui « fait la sourde oreille » selon elles, leur volonté de gérer les terres de la ZAD, pour qu’y subsistent également des activités non agricoles.
« Ce comité de pilotage se limite à une approche agrico-agricole, ce n’est pas le bon endroit pour un dialogue constructif sur la totalité des questions posées et des propositions que l’on fait, environnementales et sociétales », explique Vincent Delabouglise de Copain 44, un collectif d’organisations agricoles, dont est membre la Confédération paysanne. Et d’affirmer :
« On n’est pas dans une démarche d’opposition, on est ouverts à un vrai début de dialogue mais sur la base de nos propositions. »
La semaine dernière, « l’assemblée du mouvement » anti-aéroport s’était dite « seule légitime » à prendre en charge le territoire de la ZAD « sauvée de la destruction programmée », dans un communiqué dont se sont désolidarisés plusieurs associations et collectifs opposés au projet aéroportuaire.
« Nous ne pouvons accepter une vision cloisonnée et laisser les terres pour lesquelles nous nous sommes battu(e)s être reprises en main par les voies du modèle agricole classique dont on connaît partout les conséquences : désertification rurale, disparition des petites exploitations, dégradation continue des sols et de la biodiversité », écrit le mouvement dans son appel à rassemblement.
Certains zadistes remettent en cause la présence, autour de la préfète, des élus et des syndicats agricoles, d’une association d’agriculteurs nouvellement créée, l’Amelaza, proche de la Coordination rurale et qui veut aussi peser sur la répartition du foncier.

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Gestion transitoire des terres
« On les trouve assez abjects d’oser revendiquer des droits sur des terres qu’ils ont abandonnées au bitume », estime Sarah, éleveuse de brebis sur la ZAD, qui désapprouve aussi la participation « d’institutions comme la chambre d’agriculture qui n’ont absolument pas participé à préserver le bocage ici ».
La représentante de l’Etat a rappelé de son côté qu’elle avait rencontré, tout au long du mois de février, « l’ensemble des acteurs concernés » et que chacun a pu faire connaître sa « vision prospective du devenir de ce territoire ».
Le mouvement anti-aéroport, tout comme le conseil départemental de Loire-Atlantique associé à la chambre d’agriculture, convoite une partie des 1 650 hectares de l’ex-emprise aéroportuaire. Tous demandent un gel de l’attribution conventionnelle des terres, pendant au moins un an, le temps d’élaborer le futur projet agricole.
La première réunion du comité de pilotage, qui débute à 14 h 30, doit ainsi « définir les principes d’une gestion transitoire des terres, laissant du temps à la construction du projet agricole et de territoire dont les grands objectifs pourront être discutés », indique la préfecture.
Le secrétaire d’Etat à la transition écologique, Sébastien Lecornu, se rendra quant à lui mardi et mercredi dans le département, et rencontrera élus locaux, syndicats agricoles, agriculteurs et opposants au projet d’aéroport.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le romancier américain, auteur de best-sellers pour adolescents, était de passage au Salon du livre de Paris pour promouvoir sa dernière trilogie.
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Neal Shusterman, auteur de « La Faucheuse » : « Je ne voulais pas écrire une dystopie de plus »

Le romancier américain, auteur de best-sellers pour adolescents, était de passage au Salon du livre de Paris pour promouvoir sa dernière trilogie.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 16h45
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 17h58
    |

            Pauline Croquet








                        


Nombreux étaient les amateurs et amatrices de Neal Shusterman à se presser autour du stand de dédicaces pour la première venue de l’auteur au Salon du livre de Paris, qui s’achève lundi 19 mars. Après s’être essayé à plusieurs genres, le romancier américain a rencontré le succès dans la littérature adolescente avec, notamment, la série Les Fragmentés.

#LivreParis - Jour 4 ! 
— CollectionR (@Collection R)


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Sa nouvelle trilogie de La Faucheuse qui s’achèvera en 2019 et dont le deuxième tome vient de paraître en France, décrit une société de la post-mortalité, où les humains, grâce aux progrès de la médecine, ne sont plus voués à mourir et peuvent même rajeunir à l’envi. La criminalité est en berne depuis que la société est gouvernée par un nuage informatique mais un problème subsiste : la surpopulation, du fait de l’immortalité. Pour y pallier, des faucheurs sont désignés parmi les humains pour condamner certains de leurs congénères.
Qu’est-ce que qui vous a inspiré cette trilogie de « La Faucheuse » ?
Ayant écrit des dystopies pour adolescents et constaté à quel point elles sont populaires, je ne voulais pas en écrire une de plus. Je me suis dit qu’on avait rarement observé comment cela se passe quand tout va bien dans le monde. J’ai donc essayé d’écrire une histoire utopique et de penser à quoi la société ressemblerait si on avait éradiqué la pauvreté, le racisme, les maladies, etc.
J’ai commencé à faire beaucoup de recherches, et l’une des choses qui est ressortie, c’est le rallongement de la durée de vie et les travaux pour arrêter le processus de vieillissement. Que serions-nous en tant qu’individus et en tant qu’espèce si nous devenions immortels ? J’ai réalisé que ça poserait des problèmes de population et les gens devraient quand même mourir. Comment décider alors qui doit vivre et mourir ?
Dans votre livre, vous avez confié cette unique tâche à la population elle-même…
Oui, car, finalement, on revient facilement à des éléments de dystopie si on imagine que les ordinateurs décident, que le gouvernement décide. Il fallait trouver mieux et m’est venue l’idée de confier ça à des personnages de haute moralité comme les maîtres Jedi. C’est de là que j’ai choisi les faucheurs, des personnages qui sont les plus moraux, les plus éthiques, les plus sages. Mais bien sûr, quand vous avez ce type de pouvoir, il est facile de se faire corrompre.

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Dans cette trilogie, la société est régie par un super-nuage informatique, le « Thunderhead ». Etes-vous optimiste ou pessimiste envers la technologie ?
Je suis neutre : pour chaque chose positive qui survient grâce à la technologie, il y a aussi des conséquences négatives. Historiquement, c’est comme cela que ça semble fonctionner. Il y a des choses prodigieuses qui vont se produire avec l’intelligence artificielle, mais il y aura aussi des choses effrayantes. Et l’on va devoir trouver un moyen de naviguer entre les deux. Ma démarche est de poser ces questions aux adolescents qui vont dans quelques années être à la tête de la société.
Beaucoup d’œuvres de pop culture actuelle questionnent le futur : films, séries, livres… Y en a-t-il qui vous ont particulièrement plu ?
Black Mirror est ma série télé préférée du moment parce qu’elle traite de ce que j’essaie de faire avec mes livres. Elle m’empêche de dormir parce que je n’arrête pas de penser à ces technologies et où celles-ci peuvent nous conduire. Plus il y aura de productions comme celle-là, mieux ce sera, parce que nous devons absolument réfléchir à ces questions.
Ces livres ont pour thème central la mort. Reflètent-ils vos inquiétudes sur le sujet ?
Tout le monde est inquiet par la mort à un moment dans sa vie. Mais c’est bien plus l’idée de la conscience que celle de la mort qui m’intéresse. J’ai envie de comprendre ce que cette dernière signifie : avons-nous une âme ? Si on devient immortel, qu’est-ce que cela dit de notre conscience ? Est-ce qu’une intelligence artificielle peut avoir une conscience ? Pour moi, cette dernière question se doit d’être résolue parce que nous allons arriver à un point ou peut-être ne serons nous plus capable de faire la différence entre quelque chose d’artificiel et quelque chose qui ne l’est pas.
Est-il difficile de parler de mort à des adolescents ? Est-ce que vous vous êtes interdit certaines choses à ce propos ?
Ecrire sur la mort n’était pas difficile, parce que j’ai eu l’impression d’écrire à ce sujet de façon responsable et prudente. Les histoires qui me frustrent sont celles qui se terminent futilement. Je ne veux pas écrire ce genre d’histoires. Pour moi, les seules qui vaillent la peine sont celles qui contiennent de l’espoir. Même si certains de mes récits s’ancrent dans des situations sombres, elles contiendront toujours de l’espoir.
Les romans adolescents permettent aux lecteurs de grandir. Y a-t-il un enseignement qui vous tient à cœur de transmettre ?
La chose la plus importante que je veux transmettre n’est pas tant une morale. Car cela suggère qu’il y a une réponse simple et qu’en tant qu’auteur je la connaîtrais. La seule leçon que mes livres pourraient contenir est celle sur l’importance des perspectives, des points de vue. On doit voir les choses sous différents angles même ceux auxquels on ne veut pas penser. On doit avoir une vue d’ensemble pour pouvoir prendre des décisions éclairées.
Certains passages de « La Faucheuse » peuvent s’avérer violents. Comment avez-vous travaillé ces épisodes ?
J’ai choisi avec attention et beaucoup travaillé ces passages parce que je savais que je ne pouvais pas éviter la violence, cela sert l’histoire. Je devais montrer ce qui fait de certains faucheurs des mauvaises personnes. Il y a ce moment où Maître Goddard apparaît dans le premier tome. Il arrive dans un avion et annonce que tous les passagers vont être fauchés. La scène se déroule entièrement du point de vue d’un homme assis dans l’avion qui cherche à voir comment il peut affronter les faucheurs et qui réalise comment ces derniers prennent trop de plaisir à accomplir leur tâche. Cela a été raconté d’une manière qui ne glorifie pas la violence ou le sang.
Il y a aussi l’épisode du massacre dans le centre commercial qui peut trouver écho avec des événements aux Etats-Unis…
Encore une fois l’histoire est racontée du point de vue d’une petite fille qui se cache et ferme les yeux. On sait ce qui se passe, mais je ne le montre pas. 
Je veux préciser que jamais les faucheurs n’utilisent d’armes à feu même dans les moments où ils pourraient y recourir, parce que j’ai un problème avec ça. Je suis très en faveur du contrôle des armes à feu aux Etats-Unis, et je suis frustré par le fait qu’il n’y en ait pas plus actuellement. En tant qu’auteur de livres pour jeunes gens, je ne veux pas glorifier cette violence. Je fais de mon mieux pour éviter ça.
Votre trilogie a deux héros : une fille, Citra, et un garçon, Rowan. Etait-ce parce qu’il était difficile de choisir ?
Non. C’est parce que je voulais que ça attire les garçons et les filles. Les récents romans dystopiques pour ados ont, en général, une héroïne. Je voulais aussi avoir un personnage masculin, car je me suis dit que si je divisais l’histoire et les points de vue entre Citra et Rowan, je pourrais offrir beaucoup plus.
« La Faucheuse », tome II Thunderhead, de Neal Shusterman, éditions Robert Laffont, 576 pages, 19,50 €.



                            


                        

                        


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édition abonné


SNCF : la retraite des cheminots, victime collatérale de la réforme

Le gouvernement a exclu ce dossier sensible de son projet de transformation ferroviaire, mais le système risque de se retrouver déséquilibré.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 11h24
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            

C’est un sujet explosif que l’exécutif a pris soin de mettre de côté – pour le moment. En dévoilant les grands axes de la transformation de notre système ferroviaire, Edouard Philippe avait martelé, le 26 février : « Rien dans le texte que nous présenterons au Parlement ne concerne les retraites des cheminots. » Celles-ci, avait précisé le premier ministre, seront appelées à évoluer dans le cadre de la réforme systémique qui devrait être lancée d’ici à l’été 2019 et dont l’entrée en vigueur va s’étaler sur plusieurs années.
Or, la décision de ne plus appliquer l’actuel statut des agents de la SNCF aux futurs embauchés va sans doute intervenir avant ce « big bang » des retraites et aura, du même coup, des incidences pour le système de pension des personnels de l’entreprise publique : comme c’est déjà le cas des contractuels engagés par celle-ci, les nouveaux entrants devraient non pas cotiser à la Caisse de prévoyance et de retraite (CPR) des cheminots, mais au régime général, piloté par la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV).

Problème : la CPR est confrontée, depuis des années, à un important déséquilibre démographique. La SNCF avait massivement recruté, après la seconde guerre mondiale, pour reconstruire son réseau. Puis ses effectifs n’ont fait que décroître. En 2016, on dénombrait près de 146 000 cotisants pour 264 000 pensionnés – dont 87 000 au titre de la réversion, accordée aux conjoints survivants.
Controverses récurrentes
Résultat : les recettes de la CPR ne couvrent pas ses besoins de financement et l’Etat doit lui apporter une contribution d’équilibre (3,3 milliards d’euros, il y a deux ans). Le déficit risque de se creuser un peu plus, avec l’accélération de la diminution du nombre de cotisants, induite par la fin des « embauches au statut ». « Comment va-t-il être financé ? Ce sera l’une des questions, dans le débat entre l’Etat, la SNCF et les syndicats, que de savoir qui paye le coût de cet...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ L’employé a comparu lundi devant un juge israélien. Il est accusé d’avoir sorti des armes de la bande de Gaza.
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Un employé du consulat français à Jérusalem poursuivi pour trafic d’armes à Gaza

L’employé a comparu lundi devant un juge israélien. Il est accusé d’avoir sorti des armes de la bande de Gaza.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 10h20
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 16h12
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        


Un employé de 24 ans du consulat de France à Jérusalem a comparu devant un juge du tribunal de Beer-Sheva, lundi 19 mars, et a été inculpé, ainsi que cinq Palestiniens, ses complices présumés. Sa détention a été prolongée jusqu’au 28 mars.
Le jeune homme a été arrêté il y a plusieurs semaines pour avoir fait sortir des armes de la bande de Gaza, territoire palestinien gouverné par le Hamas depuis 2007, explique le Shin Bet (service de sécurité intérieure israélien).
Les enquêteurs précisent dans un communiqué que le Français avait reçu les armes d’un Palestinien travaillant pour le centre culturel français dans la bande de Gaza, très rare présence étrangère officielle dans ce territoire. Elles étaient destinées à un individu en Cisjordanie.
Selon Le Figaro, ce chauffeur du consulat aurait convoyé des dizaines d’armes à cinq reprises au cours des trois derniers mois, jusqu’à son arrestation, le 19 février. Elles étaient dissimulées à bord d’une voiture pourvue d’une plaque diplomatique, échappant aux contrôles d’habitude très rigoureux en cours au terminal d’Erez, la porte d’entrée de Gaza dans le nord du territoire.
Le Drian attendu en Israël
L’ambassadrice d’Israël en France, Aliza Bin Noun, a été reçue en urgence par le cabinet de Jean-Yves Le Drian à Paris. L’affaire tombe particulièrement mal alors que le ministre des affaires étrangères français est attendu les 25 et 26 mars en Israël. La diplomate israélienne a fait part du désir de son pays de juger l’employé du consulat. Paris a décidé de n’y faire aucun obstacle, au vu de la gravité des faits. Selon une source israélienne, il est envisageable que le suspect, en cas de condamnation, accomplisse sa peine de prison en France. La justice israélienne a imposé une interdiction de révélation (« gag order ») sur les détails de cette affaire. Elle devait être levée lundi, peu avant le début de l’audience au tribunal de Beer-Sheva, dans le sud du pays.
En raison de ce « gag order », on ne sait, pour l’heure, précisément dans quelles circonstances le Français a été repéré. Mais l’arrestation de plusieurs autres suspects dans cette enquête pour trafic d’armes laisse à penser que des auditions ont pu orienter les policiers. Selon une source israélienne, le Français ne savait pas forcément à qui étaient destinées les armes, convoyées vers Jérusalem-Est ou la Cisjordanie, où le Hamas essaie d’implanter des cellules pour d’éventuelles attaques.
Mais la coordination entre les services palestiniens et israéliens et les nombreuses arrestations qu’elle entraîne ont permis jusqu’à présent de limiter ses capacités de nuisance. Depuis deux ans, selon nos informations, l’armée israélienne a démantelé quatre-vingt-dix ateliers de fabrication d’armes en Cisjordanie et a saisi plus de mille armes. « Les responsables internationaux doivent mettre leur maison en ordre, afin de s’assurer que leur assistance est fournie aux résidents de Gaza plutôt qu’au terrorisme », a réagi le major général Yoav Mordechaï, coordinateur des activités du gouvernement israélien dans les territoires palestiniens (Cogat).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ L’UEFA a ouvert une procédure disciplinaire à la suite d’incidents lors du match entre Lyon et le CSKA Moscou. Lyon est déjà en sursis pour de précédents débordements.
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Football : l’Olympique lyonnais visé par une procédure pour « comportement raciste »

L’UEFA a ouvert une procédure disciplinaire à la suite d’incidents lors du match entre Lyon et le CSKA Moscou. Lyon est déjà en sursis pour de précédents débordements.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 17h08
   





                        


Le huitième de finale de Ligue Europa entre l’Olympique lyonnais et le CSKA Moscou, disputé jeudi 15 mars, pourrait coûter cher au club de Jean-Michel Aulas : déjà éliminé à domicile d’une compétition dont il espérait disputer la finale dans son stade, Lyon pourrait se voir lourdement sanctionné par l’UEFA pour les comportements de ses supporteurs.
Une procédure disciplinaire a été ouverte par la confédération européenne notamment pour « comportement raciste », « jet d’objets et utilisation d’engins pyrotechniques », « perturbations de la foule » et « escaliers bloqués », a annoncé lundi l’UEFA, qui étudiera le dossier le 31 mai.
L’UEFA ne précise pas quels « comportements racistes » ont été signalés au Parc OL le soir du match. Au moins huit policiers avaient été blessés en marge du match, qui s’était soldé par l’élimination de l’OL (défaite 3-2 après une victoire 1-0 en Russie à l’aller).

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Juste avant le début du match, 100 à 150 supporteurs encagoulés s’en étaient pris à un équipage de la BAC (brigade anticriminalité) présent dans le cadre de la protection antiterroriste, selon la police. Ils ont notamment lancé des projectiles et leur véhicule a été très endommagé, nécessitant l’intervention de CRS (compagnie républicaine de sécurité).

   


Sous le coup d’une exclusion
L’OL est menacé d’être exclu de la prochaine Coupe d’Europe pour laquelle le club se qualifierait. En effet, l’UEFA l’a sanctionné en avril 2017 d’une exclusion avec sursis avec période probatoire de deux ans, à la suite de graves débordements survenus en amont du match de Ligue Europa contre Besiktas au Parc OL.
La rencontre, comptant pour les quarts de finale de Ligue Europa, avait débuté avec trois quarts d’heure de retard en raison de l’envahissement de la pelouse par des dizaines de supporteurs lyonnais du virage sud.

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Ces derniers voulaient alors se protéger des projectiles et des pétards lancés du haut des tribunes. Des affrontements avaient en outre débuté aux abords du stade deux heures avant la rencontre entre fans des deux équipes, et des bagarres ont ensuite éclaté dans les tribunes.
L’Olympique de Marseille est également visé par une procédure disciplinaire de l’UEFA à la suite du match qu’il a remporté à Bilbao, face à l’Athletic Club (2-1, aller victoire 3-1). Sont reprochés à l’OM « utilisation et jet d’engins pyrotechniques » et « perturbations de la foule », précise l’UEFA qui étudiera ce cas le 22 mars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Des centaines d’enfants auraient été victimes d’abus sexuels depuis les années 1980 dans une ville située au centre de l’Angleterre, selon le « Sunday Mirror ».
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Une enquête ouverte au Royaume-Uni après la révélation d’un scandale de pédophilie à Telford

Des centaines d’enfants auraient été victimes d’abus sexuels depuis les années 1980 dans une ville située au centre de l’Angleterre, selon le « Sunday Mirror ».



Le Monde
 |    19.03.2018 à 16h20
   





                        


Une enquête indépendante a été lancée au Royaume-Uni après la révélation d’un scandale de pédophilie qui pourrait concerner des centaines d’enfants. Les faits, révélés le 11 mars par le Sunday Mirror, auraient eu lieu à Telford, une ville de 170 000 habitants du centre de l’Angleterre.
L’enquête a pour but d’« obtenir la vérité, montrer ce qui n’a pas fonctionné et en tirer les leçons pour l’avenir », a déclaré un porte-parole du ministère de l’intérieur, interrogé vendredi 16 mars par l’Agence France-Presse (AFP). « C’est une affaire vraiment terrible, certains des membres les plus vulnérables de notre société étant la proie de criminels sans pitié », a-t-il ajouté.
Selon l’hebdomadaire britannique, jusqu’à un millier d’enfants, dont les plus jeunes avaient 11 ans, auraient été victimes d’agressions et de viols, parfois collectifs, depuis les années 1980. « Nous avons tous été choqués par cette affaire horrible », avait déclaré mercredi la première ministre Theresa May devant les députés, soulignant la nécessité de lancer une enquête le plus rapidement possible. Celle-ci est menée par un organe indépendant chargé d’examiner si les institutions ont suffisamment agi pour protéger les enfants.
Le rôle des institutions à déterminer
D’après le Sunday Mirror, la police aurait échoué à démanteler le réseau de pédophiles. « Les travailleurs sociaux étaient au courant des abus dans les années 1990, mais la police a mis une décennie à ouvrir une enquête », écrivent les journalistes.
Une adolescente de 14 ans a déclaré au Mirror « avoir été forcée d’avoir des relations sexuelles avec plusieurs hommes dans des restaurants de vente à emporter ou des maisons dégoûtantes ». Elle a expliqué qu’elle se rendait dans une clinique locale pour prendre la pilule du lendemain « au moins deux fois par semaine », mais que « personne n’a jamais posé de questions ». Ses agresseurs la menaçaient de représailles si elle parlait, a-t-elle aussi affirmé.
« Ces jeunes filles étaient très souvent issues de la classe ouvrière blanche, souffrant de fragilités multiples et c’est pour cela que leurs agresseurs les ciblaient », a déclaré la députée conservatrice de Telford, Lucy Allan, qui avait plaidé pour une enquête urgente.
Plusieurs enquêtes ont été ouvertes ces dernières années en Angleterre à la suite de la découverte de réseaux pédophiles.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Cinq regroupements universitaires étaient sur les rangs dans la compétition de l’Initiative d’excellence, qui distingue des pôles de recherche à rayonnement mondial.
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L’université de Paris-Saclay conserve le label IDEX, et le projet toulousain recalé

Cinq regroupements universitaires étaient sur les rangs dans la compétition de l’Initiative d’excellence, qui distingue des pôles de recherche à rayonnement mondial.



Le Monde
 |    19.03.2018 à 15h41
 • Mis à jour le
19.03.2018 à 17h03
    |

            Camille Stromboni








                        



   


L’heure doit être au soulagement sur le plateau de Saclay (Essonne) : le regroupement universitaire reste dans la compétition de l’Initiative d’excellence (IDEX). Le verdict de cet appel à projets national, rendu public lundi 19 mars par le ministère de l’enseignement supérieur et le secrétariat général pour l’investissement, était fortement attendu.
Plusieurs pôles universitaires étaient sur la sellette depuis 2016, date à laquelle ils avaient été sommés de faire leurs preuves dans les deux ans, pour conserver ou récupérer le label d’excellence et l’enveloppe financière qui l’accompagne.
Lancée sous Nicolas Sarkozy puis poursuivie par la gauche, l’IDEX vise à faire émerger une dizaine d’universités de recherche pluridisciplinaires de rayonnement mondial, disposant d’une puissance scientifique de premier plan dans de larges champs de la connaissance, avec, à la clé, des enveloppes d’une vingtaine de millions d’euros par an. Des moyens cruciaux en cette période de restrictions budgétaires.
Un feu vert donné pour Saclay, sous condition
Parmi les regroupements sur le fil, Saclay se retrouve donc confirmé – et bénéficiera ainsi d’un financement d’une trentaine de millions par an – à l’issue des auditions menées par le jury international. Et ce, malgré la scission intervenue avec plusieurs grandes écoles du plateau francilien, dont la prestigieuse Polytechnique, qui ne font plus partie de l’université Paris-Saclay.
Ce feu vert est cependant donné par le premier ministre, Edouard Philippe, suivant les recommandations du jury, sous condition : le projet qui réunit, désormais, l’université Paris-Sud, CentraleSupelec ou encore l’ENS Paris-Saclay et AgroParisTech, bénéficie, en effet, d’une prolongation de trente mois pour « créer une grande université de recherche aux standards internationaux », avec, d’ici là, une ultime procédure de vérification.

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Ce nouveau jalon est fixé aux projets qui « touchent au but mais n’ont pas encore atteint pleinement leur objectif », précise le gouvernement, qui a réservé le même sort à l’université Paris sciences et lettres (PSL), qui réunit notamment Paris-Dauphine, l’ENS Paris ou encore Chimie ParisTech, Mines ParisTech, et l’ESPCI. Son homologue Sorbonne université, issue de la fusion des universités Pierre-et-Marie-Curie et Paris-Sorbonne intervenue le 1er janvier, est, pour sa part, confirmée définitivement, et bénéficiera donc sans limitation de durée de son financement annuel. Elle rejoint ainsi les pôles bordelais, strasbourgeois et celui d’Aix-Marseille, définitivement labellisés en 2016.
Dernier projet parisien évalué, l’université de Paris, qui prévoit la création d’un nouvel établissement dès janvier 2019 – unissant les universités Paris-Descartes, Paris-Diderot, et l’Institut de physique du globe de Paris –, décroche sa place parmi les IDEX avec une période probatoire de quatre ans. Le projet a fortement évolué entre les différentes phases de sélection : plusieurs de ses membres initiaux, tels la Sorbonne-Nouvelle, Paris-XIII ou encore Sciences Po, ne font plus partie du projet d’établissement unique.
La « déception » pour les porteurs du projet toulousain
En revanche, l’heure est à la « déception » et à « l’incompréhension » pour les porteurs du projet toulousain, selon les mots de Philippe Raimbault, président de l’université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées. Le coup est sévère : le projet, qui retentait sa chance après un premier échec en mai 2016, est de nouveau recalé. Malgré « le potentiel scientifique remarquable du site toulousain » et les « avancées réalisées dans un contexte difficile », le jury international a, en effet, jugé celui-ci « insuffisant », « faute d’une réelle adhésion de tous les acteurs à une véritable démarche de transformation ».
« Nous ne savons pas si le jury fait allusion à l’absence de certains établissements [par exemple, l’université Toulouse-I Capitole] ou à la contestation en cours à l’université Jean-Jaurès [ex-Le Mirail] », explique M. Raimbault, dans l’attente du rapport complet du jury.
Depuis plusieurs mois, une partie des étudiants et des personnels de l’université Jean-Jaurès s’oppose à ce projet de « fusion » avec l’université Toulouse-III et deux écoles d’ingénieurs. Une assemblée générale était prévue dans la journée de lundi pour décider des suites du blocage total de l’université, qui a débuté le 6 mars. La réforme des règles à l’entrée de l’université, dénoncée comme l’instauration d’une sélection, fait également partie des motifs de mobilisation.

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Dix millions d’euros de rallonge pour la réforme de l’université
Une enveloppe supplémentaire va être débloquée par le premier ministre, Edouard Philippe, pour accompagner la mise en œuvre de la réforme de l’accès à l’université, a annoncé Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, dans Libération, lundi 19 mars.
Huit millions d’euros serviront à financer les futurs « parcours personnalisés » des étudiants, avec des modules d’accompagnement visant à favoriser la réussite en licence. Deux millions d’euros seront utilisés pour l’indemnisation des enseignants-chercheurs chargés de l’examen des dossiers déposés sur Parcoursup par les candidats à l’entrée en licence. Des sommes qui s’ajoutent aux 25 millions d’euros promis par le gouvernement pour financer les diverses mesures de cette réforme et la création de places dans les établissements du supérieur afin de pouvoir accueillir les élèves actuellement en terminale, qui sont 28 000 de plus que l’an dernier.





                            


                        

                        

