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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ A voir ce soir. Construite sur des mini-sketchs, cette série à destination des jeunes, parodie les comportements de ceux qui ont grandi en même temps que les réseaux sociaux (sur France 4 à 20 h 30).
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TV – « Like-moi !», une satire de la génération Y

A voir ce soir. Construite sur des mini-sketchs, cette série à destination des jeunes, parodie les comportements de ceux qui ont grandi en même temps que les réseaux sociaux (sur France 4 à 20 h 30).



Le Monde
 |    18.03.2018 à 17h45
    |

                            Louis Berthelot








                        


Série sur France 4 à 20 h 30

En 2016, les internautes français découvraient Like-moi !, une série comique québécoise diffusée sur Télé-Québec dont le succès fut immédiat. Visionné huit millions de fois en quelques mois, l’un de ses épisodes (« Photos du bébé ») est même devenu viral sur les réseaux sociaux. De quoi inspirer les chaînes françaises (France 4), belge (RTBF) et suisse (RTS), qui ont décidé de l’adapter pour l’Europe francophone.
A partir du 18 mars, chaque dimanche soir, sera programmé sur France 4 un format long de vingt-six minutes ; et, du lundi au vendredi, des mini-sketchs, calqués sur le format des vidéos qui circulent sur les médias sociaux. Proposer un format similaire aux vidéos en ligne à la télévision étant susceptible de pouvoir attirer un public jeune ultra-connecté. Ce dernier pourra retrouver certains épisodes en exclusivité sur le site Internet de France TV.
Les jeunes de 20 à 35 ans, confrontés aux vertiges de la révolution numérique, pourront aisément s’identifier aux personnages drôles et touchants, imaginés par Nadja Anane et François Uzan. Ainsi qu’aux thèmes abordés, qui s’articulent autour des réseaux sociaux, applications de rencontres amoureuses et selfies…

   


Les quatre-vingt-dix-huit sketchs que compte la première saison de Like-moi ! mettent seulement huit acteurs en scène. Mais chacun joue plusieurs personnages. Aude Gogny-Goubert, aux interventions remarquées dans les sketchs de Very Bad Blagues et du Palmashow, incarne cinquante personnalités différentes. Tantôt trentenaire désespérée à la recherche de l’homme de sa vie, tantôt confidente soucieuse de raisonner son amie, la comédienne se glisse avec l’aisance d’un caméléon dans la peau de ses différents rôles.
Like-moi ! a le mérite de souligner, avec humour, les difficultés rencontrées par les jeunes adultes dans la construction d’une vie sociale qui passe par les réseaux sociaux. Un terrain propice aux malentendus, aux faux-semblants, aux rencontres et sentiments virtuels. La série n’évite pas, en revanche, l’écueil de la caricature, forçant parfois trop le trait, tant sur les situations que sur les personnages, pas toujours épargnés du ridicule, malgré la justesse de jeu des acteurs.
Like-moi !, de Nadja Anane et François Uzan (Fr.-Bel.-Sui., 2018, 26 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Pendant toute sa carrière, la comédienne a multiplié les rôles, aussi bien dans des pièces classiques, que dans des comédies de boulevard.
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La comédienne Geneviève Fontanel est morte

Pendant toute sa carrière, la comédienne a multiplié les rôles, aussi bien dans des pièces classiques, que dans des comédies de boulevard.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 17h37
   





                        



   


La comédienne Geneviève Fontanel, actrice de théâtre qui a été l’interprète de grands auteurs comme Cocteau, Pirandello ou Ionesco, est décédée samedi 17 mars à l’âge de 81 ans, a appris l’AFP auprès de sa famille.
L’actrice, s’est également illustrée au cinéma, elle a obtenu le César du meilleur second rôle féminin pour son interprétation dans « L’homme qui aimait les femmes » (1977) de François Truffaut. Elle est également connue pour ses rôles dans « Un singe en hiver » d’Henri Verneuil, « La vie devant soi » de Moshé Mizrahi ou « Notre histoire » de Bertrand Blier.
En 1999, elle avait été récompensée par le Molière de la meilleure comédienne dans un second rôle pour la pièce « Délicate Balance » d’Edward Albee.
Pendant toute sa carrière, la comédienne a multiplié les rôles, aussi bien dans des pièces classiques (« Les précieuses ridicules », « Le bourgeois gentilhomme »), que dans des comédies de boulevard, où elle a joué aux côtés de Jean Le Poulain, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault.
Un dernier rôle en 2015
Elle a également interprété du Ionesco - « Macbett », « Ce formidable bordel ! » - comme du Pirandello - « Ce soir on improvise » - ou Cocteau - « Les parents terribles » dans une mise en scène de Jean-Claude Brialy. « Quand je ne joue pas, je suis infernale », reconnaissait alors la comédienne. En parallèle, elle n’a cessé de tourner pour la télévision.
L’actrice était née à Bordeaux mais a grandi à Casablanca. A 17 ans, elle retourne à Bordeaux où elle étudie au conservatoire municipal, avant de rejoindre le Centre d’art dramatique de la rue Blanche à Paris et le conservatoire national d’art dramatique. En 1958, elle intègre la Comédie-Française, dont elle sera pensionnaire pendant quatre ans, et dont elle gardera un souvenir critique :
« Je n’en garde pas un mauvais souvenir, puisque cela m’a permis de jouer une quantité de pièces du répertoire, de débuter au cinéma, de faire des tournées (…) Mais au bout d’un certain temps, on a une impression de captivité à la Comédie-Française »
En 1965, elle épouse le comédien et peintre Jacques Destoop, avec qui elle a eu une fille, Isabelle.
Son dernier rôle a été dans « Les grandes filles » en 2015, où elle incarnait, avec Judith Magre, Claire Nadeau et Edith Scob, un quatuor de vieilles dames indignes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A voir et à écouter. Le luthiste Thomas Dunford rend hommage au grand compositeur élisabéthain au Wigmore Hall de Londres, soirée filmée par le site Culturebox.
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TV – Dowland, le chantre de la mélancolie

A voir et à écouter. Le luthiste Thomas Dunford rend hommage au grand compositeur élisabéthain au Wigmore Hall de Londres, soirée filmée par le site Culturebox.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 17h30
    |

            Renaud Machart








                        


Concert sur Culturebox à la demande

Une heure et quelques de délices affligées, d’effusions lamentables : c’est à quoi invite le subtil luthiste Thomas Dunford, qui donnait, le 20 avril 2017, un beau récital au mythique Wigmore Hall (la Salle Gaveau de Londres, en quelque sorte). On emploie le mot « lamentable » dans un sens archaïsant qui convient à la musique de John Dowland (1563-1626) : celui dont le blason était « Semper Dowland Semper dolens » (« Toujours Dowland, toujours souffrant ») fut le chantre de la lamentation, de la mélancolie, de la larme devenue emblème (il publia notamment, en 1607, un cycle sublime de pièces nommées Lachrimae ou Sept larmes).
Sa musique se fait cependant parfois gaie, d’une verdeur populaire, leste même. Mais, pour l’essentiel, Dowland demeure le maître par excellence de l’expression élégiaque typique de l’époque élisabéthaine – pendant le règne de la reine Elizabeth I (1558-1603) –, d’une intense richesse culturelle.
La musique de Dowland inspira notamment Benjamin Britten (1913-1976), qui écrivit deux pièces importantes développées à partir des chansons de son grand aîné : ses Lachrymae op. 48 (1950), pour alto et piano (ou cordes), ainsi que sa grande pièce pour guitare, le Nocturnal op. 70 (1963).
Accompagné d’un contre-ténor
Cette dernière composition a d’ailleurs été enregistrée (pour Alpha) au théorbe (grand luth de la période baroque) par Edin Karamazov,avec qui le chanteur anglais Sting a gravé pour Deutsche Grammophon, en 2006, un étonnant album consacré à Dowland. Le récital du luthiste franco-américain ThomasDunford inclut deux Toccatas de Giovanni Kapsberger (ca. 1580-1651), un Italo-Allemand dont la musique pour le luth et le théorbe recèle aussi des trésors élégiaques et de surprenantes chicanes harmoniques.
En avant-goût d’un récital qu’ils devaient donner ensemble trois jours plus tard,Thomas Dunford (qui présente en anglais, de manière assez amusante, certaines des pièces jouées) appelle sur scène le contre-ténor britannique Iestyn Davies pour une Frog Galliard (« La gaillarde de la grenouille »), faisant resurgir que Dowland passa, encore adolescent, trois années à Paris.
Récital John Dowland, transmission réalisée par Frédéric Caillierez. Par Thomas Dunford (luth) etIestyn Davies (contre-ténor) (Fr., 2017, 70 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Pour le romancier, la chanson est à la source de l’envie d’écrire. Mais elle est pour la première fois au centre d’un de ses livres, son nouveau roman, « Chanson de la ville silencieuse ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/03/2018
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Olivier Adam, de la musique avant toute chose

Pour le romancier, la chanson est à la source de l’envie d’écrire. Mais elle est pour la première fois au centre d’un de ses livres, son nouveau roman, « Chanson de la ville silencieuse ».



Le Monde
 |    18.03.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 13h41
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            
« Chanson de la ville silencieuse », d’Olivier Adam, Flammarion, 224 p., 19 €.

C’est l’un des décors de son nouveau roman : le 18e arrondissement de Paris, versant immeubles en pierre de taille, magasins bio et cafés à presque 3 euros. Olivier Adam s’y fond, quadragénaire (il est né en 1974) à long manteau noir, jean itou, gilet boutonné sur la chemise qui fait ressortir ses yeux au bleu presque transparent.
Longtemps, il le dit, il a entretenu un « rapport conflictuel » avec cette ville et ce qu’elle symbolisait – ses personnages en témoignaient. Ecrivain de la France des marges (Lisières, Flammarion, 2012), grandi dans l’Essonne, installé comme jeune adulte dans la capitale, il a quitté celle-ci pour Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), où il a passé neuf années.
Puis, en 2014, celui qui fait de nos contradictions la matière de ses livres est revenu à Paris avec sa femme, la romancière Karine Reysset, et leurs deux enfants. Son lien à la ville s’est « apaisé ». Au point qu’il lui est devenu possible d’écrire, avec Chanson de la ville silencieuse, un livre où celle-ci ne serait ni un horizon inatteignable ni un repoussoir, et en ayant en tête le plus parisien des écrivains contemporains : « J’avais l’idée un peu pompeuse de faire un livre “modianesque”. J’avais envie d’un roman qui ait cette texture de rêve incertain, de voiles empilés, et mon quartier, l’arrière de Montmartre, est très présent chez Patrick Modiano. »
C’est là que vit la narratrice de Chanson de la ville silencieuse ; une femme discrète, éditrice, fille d’un chanteur star devenu une légende après avoir disparu deux fois – la première, en quittant la scène pour se retirer du monde, la deuxième, en se suicidant probablement : sa voiture et ses santiags ont été retrouvées au bord d’un fleuve.
Motifs de l’apparition et de la disparition
L’autre pôle du livre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La diva du jazz évoque dans un entretien sa renaissance après l’accident qui faillit lui coûter la vie à 19 ans.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/03/2018
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Melody Gardot : « Je n’ai que 14 ans dans ma deuxième vie »

La diva du jazz évoque dans un entretien sa renaissance après l’accident qui faillit lui coûter la vie à 19 ans.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 13h37
    |

            Annick Cojean








                        



                                


                            
En treize ans, la chanteuse, auteure et compositrice américaine Melody Gardot s’est imposée sur la scène mondiale du jazz. Elle sort un double CD issu de ses meilleurs concerts européens.
Je ne serais pas arrivée là si…
Si je n’avais rencontré sur ma route autant d’amour.
Où ? Quand ? De qui ?
Partout ! En permanence ! Derrière les épreuves ou les drames qui nous frappent, les gens ne voient toujours qu’âpreté et souffrance. Moi, je vois surtout l’amour. C’est lui qui m’a permis de me redresser et de remarcher après qu’un chauffard m’a renversée à bicyclette quand j’avais 19 ans et laissée polytraumatisée, en miettes, quasi-amnésique, sur la chaussée. Lui qui m’a orientée vers la musique alors que je pensais devenir artiste peintre. Lui qui m’a nourrie, protégée, aiguillonnée depuis ma naissance et me maintient encore debout.
A l’origine, de quel amour parlez-vous ?
De celui de ma mère, qui a mené un nombre incalculable de guerres pour que nous puissions survivre toutes les deux. Nous étions pauvres à Philadelphie. Une ou deux paires de chaussures, peu de vêtements, une boîte de conserve à nous partager le soir. Et un logement précaire qui nous obligeait à déménager fréquemment faute d’argent. Tout devait tenir dans deux valises ! Nous formions une petite cellule de deux personnes, une équipe soudée à la vie à la mort. Elle était artiste-photographe, mais prête à tous les jobs pour gagner un peu de fric. Je la regardais se démener, se fatiguer, faire des sacrifices, si seule et si combative. Et surtout si aimante. Cela vous donne de la force pour la vie, une mère comme ça !
Est-ce qu’il y avait des hommes dans cette micro-cellule ?
Non. En tout cas pas au début. Plus tard, quelques-uns sont passés. Et j’étais comme la petite voix de sa conscience : « Allons ! Tu lui donnes trop de chances à celui-là ! Tu t’égares ! »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Les photographies qui symbolisent aujourd’hui le mouvement n’ont que rarement été publiées en mai et juin 1968. C’est dans la durée, grâce à des acteurs qui les ont valorisées, qu’elles se sont imposées.
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Photo : comment les icônes de Mai 68 ont été fabriquées

Les photographies qui symbolisent aujourd’hui le mouvement n’ont que rarement été publiées en mai et juin 1968. C’est dans la durée, grâce à des acteurs qui les ont valorisées, qu’elles se sont imposées.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 13h36
    |

                            Fanny Arlandis








                        



                                


                            

Elles avaient les qualités esthétiques, symboliques ou journalistiques pour s’imposer : certaines images viennent immédiatement à l’esprit lorsque l’on pense à Mai 68. Daniel Cohn-Bendit souriant face à un CRS, ou la « Marianne de Mai 68 », ces clichés célèbres représentent, par métonymie, les événements de ce printemps-là. Et pourtant…
Aura symbolique
La « Marianne de Mai 68 », prise par le photographe Jean-Pierre Rey, convoque une autre image (elle-même symbolique), La Liberté guidant le peuple (1830), d’Eugène Delacroix. En 1968, elle ne paraît qu’une seule fois dans un magazine français : Paris Match la publie dans son numéro daté du 15 juin, mais en petit format, dans une double page consacrée à la manifestation unitaire parisienne du 13 mai. « L’aura symbolique ne peut donc pas être la seule explication à son iconisation », constate Audrey Leblanc, docteure en histoire et commissaire de l’exposition « Icônes de Mai 68. Les images ont une histoire », qui se tiendra à la BNF, à Paris, du 17 avril au 26 août. Même chose pour la photographie de Cohn-Bendit par le photographe Gilles Caron : cette année-là, elle n’est publiée qu’une fois, en juin, avec une quinzaine d’autres, dans le magazine spécialisé Journalistes Reporters Photographes.
En réalité, « l’iconisation de ces images a été construite progressivement, à chaque anniversaire, par des acteurs du monde journalistique, éditorial et culturel », explique Audrey Leblanc. Il faut attendre les commémorations de 1978 pour que la « Marianne » figure en bonne place dans Paris Match et dans Le Nouvel Observateur, puis encore dix ans pour qu’elle soit en « une » de Paris Match. Une circulation médiatique emblématique : « L’histoire de la photo de Cohn-Bendit se construit également au fil du temps, poursuit Audrey Leblanc. Que dit cette histoire ? Que c’est le plus grand photographe de la plus grande agence de photographie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Dans un entretien au « Parisien », dimanche, le chanteur, soutenu par « l’amour inconditionnel du public » explique qu’il avait écouté deux des nouveaux titres de Johnny.
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David Hallyday trouve « normal » d’avoir un droit de regard sur l’album de son père

Dans un entretien au « Parisien », dimanche, le chanteur, soutenu par « l’amour inconditionnel du public » explique qu’il avait écouté deux des nouveaux titres de Johnny.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 04h47
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 13h34
   





                        


« Avec une telle carrière, c’est normal que son fils, sa fille, comme ses deux autres petites filles aient un droit de regard dessus », s’indigne David Hallyday. Le chanteur défend sa demande conjointe avec sa sœur Laura Smet pour obtenir un droit de regard sur l’album posthume de Johnny, dans un entretien au Parisien dimanche 18 mars.

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                Ce que l’on sait sur l’album posthume de Johnny Hallyday, attendu ce printemps



« C’est mon père, je trouve ça normal. C’est la logique même. Je ne vois pas dans quel pays ce ne serait pas logique », insiste-t-il avant d’ajouter : « Et aussi parce que je suis musicien. Il m’a toujours fait écouter ses albums avant qu’ils sortent, au moins en partie. »
« J’ai écouté deux titres [de l’album posthume] avec lui dans une voiture. C’était au stade de maquette. C’était bien ce qu’il avait fait. Sa voix était incroyable, mais ce n’est pas une découverte. »
Le premier round judiciaire très attendu sur l’héritage de Johnny Hallyday qui oppose ses deux aînés à Læticia Hallyday, a été renvoyé jeudi au 30 mars, à la demande des avocats de David Hallyday et de Laura Smet qui réclament devant le tribunal de grande instance de Nanterre un droit de regard sur l’album posthume de leur père ainsi que le gel de son patrimoine.

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                Héritage de Johnny Hallyday : le premier round judiciaire renvoyé au 30 mars



La magie du rassemblement
L’ex-« idole des jeunes » avait travaillé une grande partie de l’année 2017 à son 51e album studio, qui devrait sortir cet été et pour lequel dix chansons ont été enregistrées.
Dans cet entretien, le premier depuis la mort de son père, souligne Le Parisien, David Hallyday avoue être « content » d’effectuer une tournée : « Cela me libère de beaucoup de choses. Mes sentiments, les choses importantes, je les fais passer dans ce que je sais faire de mieux, dans des chansons. »

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                Sur la scène du Grand Rex, Sylvie Vartan fait revivre Johnny



Il revient également sur la cérémonie des obsèques en l’église de la Madeleine à Paris : « La perte de quelqu’un qu’on aime est déjà difficile. Ce qui m’a sauvé authentiquement, c’est de voir ce rassemblement (…) C’était de l’amour pur, inconditionnel, c’est tellement rare… Quand le peuple arrive à se rassembler comme ça, c’est magique. »
Et David Hallyday de conclure : « Oui, il me manque terriblement, il y a des hauts et des bas, des moments où je me sens fort, des moments où je me sens moins fort. Dans ces moments, je pense à lui et cela me donne de la force. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le pianiste a donné le coup d’envoi de la 35e édition du festival séquano-dionysien.
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Jazz : Abdullah Ibrahim et l’Afrique du Sud sur le devant de la scène à Banlieues bleues

Le pianiste a donné le coup d’envoi de la 35e édition du festival séquano-dionysien.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 13h05
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                            Francis Marmande








                        



                                


                            

Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), Espace 1789 : à 22 heures, M. Abdullah Ibrahim entre en scène. Grand, silhouette imposante, complet gris acier, chemise noire, magnétique. Il lui suffit d’apparaître. Ibrahim Abdullah, son nom de conversion, Adolph Johannes Brand le prend en 1968. Il n’empêche, discographie et plus ou moins vieux amateurs continuent à le nommer parfois « Dollar Brand » : « C’est le pseudo affectueux que les marins africains-américains en escale au port du Cap m’avaient donné : pas mal d’entre eux étaient musiciens, d’ailleurs. »
Il lui suffit d’entrer, et plus rien n’existe. Au point qu’assez injustement la première partie, le chanteur et guitariste de folk sud-africain Sibusile Xaba (né en 1984, cinquante ans après le maître), en trio très novateur avec Kholofelo Mphago et Nhlanhla Mpila (percussions), pourrait être renvoyée à quelque anecdote divertissante. Or le jeune public de banlieue le connaît bien. Sibusile Xaba compose comme Einstein théorise : en dormant. « Je dors, et je rêve que des ancêtres zoulous chantent pendant des cérémonies. Je me réveille en sursaut avec leurs chansons dans la tête, je prends ma guitare et je les retranscris telles quelles. »
Question : combien de temps les mélodies d’Abdullah Ibrahim restent-elles en tête ? Il entre en scène, joue solo, comme il le fit en 1969 pour le label ECM, mais avec une douceur de toucher, un piano/pianissimo qui sera la marque de tout le récital. Quelque chose de bleu, de voulu, à l’envers de toute hystérie racoleuse, passe encore, mais aussi de cette frappe africaine, qu’on a pu lui connaître à d’autres époques.
Simplicité biblique
Entrent à leur heure Cleave Guyton Jr. (flûte traversière) et Noah Jackson (violoncelle). Plus tard, les cuivres – trombone, trompette, sax ténor –, sur fond de contrebasse (Noah Jackson) et batterie subliminale (Will Terrill). L’instrumentarium étonne, les arrangements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Des milliers de manuscrits passent entre leurs mains. Souvent surdiplômés, sous-payés, les lecteurs accomplissent une tâche essentielle, mais parfois ingrate, dans le processus de publication.
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Les « orpailleurs » des maisons d’édition, des lecteurs qui passent au tamis tous les manuscrits

Des milliers de manuscrits passent entre leurs mains. Souvent surdiplômés, sous-payés, les lecteurs accomplissent une tâche essentielle, mais parfois ingrate, dans le processus de publication.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 13h32
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            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Chaque jour, trente à quarante manuscrits arrivent par la poste chez Gallimard. Leurs auteurs, jusqu’à 8 000 par an, espèrent être publiés dans la collection « Blanche », le nec plus ultra de l’édition. Des montagnes de projets de romans enveloppés dans du papier kraft se reforment quotidiennement. La personne chargée du tri lit en diagonale tout ce qui arrive dans la journée. Secoue les manuscrits pour en faire tomber une fleur séchée ou un ticket de métro et éviter d’être accusée de ne pas avoir lu l’œuvre de A à Z. Il s’agit d’effectuer à vive allure une sélection entre les ouvrages qui ne sont pas aboutis, ceux qui ne correspondent pas à la maison, les très mauvais, les moyens et les rares excellents.
Environ 10 % à 15 % des manuscrits filtrés par ce premier tamis seront confiés à des lecteurs. Une armada de professionnels, dont le travail consiste à lire pour les grands éditeurs une masse de manuscrits pour ne conserver que ce qui pourra être publié. « J’ai trouvé des pépites formidables », raconte Ludovic Escande, lecteur et éditeur chez Gallimard. « C’est au courrier qu’ont été découverts les romans de Tristan Garcia, Aurélien Bellanger, David Foenkinos ou Joy Sorman… et même L’Art français de la guerre, le premier roman d’Alexis Jenni, le Goncourt de 2011. »
Le salon Livre Paris, qui se tient jusqu’au 19 mars, permet un coup de projecteur sur ces lecteurs sous-payés, qui jouent, dans l’ombre, un rôle essentiel dans le processus de publication. Lire un manuscrit, en rédiger un résumé et une fiche argumentée sur l’intérêt ou non de le publier n’est rémunéré qu’entre 30 et 60 euros, selon le nombre de pages. Seuls les 640 lecteurs du Centre national du livre (CNL) perçoivent jusqu’à 150 euros pour expertiser chaque année, dans le cadre des aides à la traduction, près de 2 500 ouvrages en langue originale et en français. Impossible de vivre de cette activité, même pour les lecteurs les plus compulsifs.
Très...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ A voir dans la journée. Patrick Boucheron rééclaire dix dates qui ont marqué l’histoire de l’humanité. Un voyage dans le temps vif et intelligent (sur Arte à 16 h 30).
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TV – « Quand l’histoire fait dates »

A voir dans la journée. Patrick Boucheron rééclaire dix dates qui ont marqué l’histoire de l’humanité. Un voyage dans le temps vif et intelligent (sur Arte à 16 h 30).



Le Monde
 |    17.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 13h31
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                            Antoine Flandrin








                        


Série documentaire sur Arte à 16 h 30


Quand l'Histoire fait dates BA EP4 VF from Les Films d'Ici on Vimeo.

Patrick Boucheron raffole des dates. Il en avait retenu 146 pour l’Histoire mondiale de la France (Seuil, 2017) et présenté 25 pour L’Avent des historiens, série présentée avec Sylvain Venayre, publiée chaque jour par Le Monde, du 1er au 25 décembre 2017. Voilà que l’historien signe une belle collection documentaire intitulée Quand l’histoire fait dates, diffusée les samedis après-midi sur Arte.
Conçue comme une invitation au voyage dans le temps, cette émission en dix épisodes porte sur dix dates qui ont marqué l’histoire de l’humanité. Certaines, comme 1789 ou 1945 sont ancrées dans notre mémoire collective. Patrick Boucheron en restitue la densité et la complexité. Ainsi, 1492 n’est pas seulement l’année du voyage de Christophe Collomb, c’est aussi celle de la prise de Grenade et de l’expulsion des juifs d’Espagne. Si cette année ouvre un temps nouveau, l’époque moderne, elle, appartient aussi au Moyen Age féodal et conquérant.
Eclairages pointus
L’historien, dont on aurait été surpris qu’il se contente des dates inévitables, s’intéresse également aux dates moins connues et moins certaines, telle la chute d’Angkor en 1431. « On peut aimer les moments où l’histoire est prise en défaut, où on est plongés dans un océan d’incertitudes », observe-t-il. La temporalité d’Angkor, qu’il étale sur plus de douze siècles – de sa fondation en 802 à aujourd’hui –, lui permet de ­porter son attention sur une « date très certaine, qui forme une entaille dans la mémoire du XXe siècle » :le 17 avril 1975, qui voit les Khmers rouges entrer dans Phnom Penh.
Patrick Boucheron montre ainsi que, selon les ères géographiques et selon les époques, il existe différentes textures de temps. Il en offre une belle illustration dans les deux épisodes diffusés samedi 17 mars, consacrés à des dates de fondation. Dans le premier, dont le sujet est la crucifixion du Christ en 33, il remarque avec finesse que, si le temps chrétien commence avec la naissance du Christ, c’est la crucifixion qui lui donne son sens et sa direction. Lucide, l’historien, qui insiste sur « cette manière que le christianisme a eue de coloniser le temps », rappelle que cette « colonisation imperceptible » repose sur une croyance feinte : l’Occident suppose que le monde se plie à son calendrier.

   


Le second épisode sur l’Hégire, année zéro de l’islam (622 de notre ère), est, pour lui, l’occasion d’évoquer un « temps compacté », un « temps dramatisé », celui du passage de Mohamed, de La Mecque vers Médine. Il montre, carte à l’appui, comment le Prophète et ses compagnons ont pu fonder l’islam dans un « angle mort géopolitique », avant de se muer en communauté politique porteuse de croissance. Soucieux de restituer l’islam à son histoire, ne cédant rien aux fondamentalistes, il conclut sur une fulgurance : « Au fond, être historien, c’est refuser de se laisser intimider par une scène originelle. »
Merveilleux conteur, pédagogue à la diction élégante, il met également à contribution des spécialistes pour répondre à des questions précises. Les éclairages pointus d’Anne-Emmanuelle Veïsse sur l’Egypte ou de François-Xavier Fauvelle sur le discours de Nelson Mandela en 1990 permettent ainsi de changer de rythme et d’introduire d’autres visages. Servi par une iconographie variée et des animations ludiques et agrémenté par des images tournées à Angkor, Le Caire, La Mecque, Jérusalem ou Grenade, chaque épisode donne à voir une petite enquête de vingt-six minutes, bâtie avec une énergie joyeuse. Brillant.
Quand l’histoire fait dates, de Patrick Boucheron et Denis van Waerebeke (Fr., 2017, 10x26 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Longtemps, les Français ont considéré le livre audio comme étant réservé aux non-voyants. Mais sur ce marché dominé par Hachette, de nouveaux acteurs comme la Fnac et Editis vont se lancer.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/03/2018
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Le livre audio, nouveau relais de croissance pour l’édition

Longtemps, les Français ont considéré le livre audio comme étant réservé aux non-voyants. Mais sur ce marché dominé par Hachette, de nouveaux acteurs comme la Fnac et Editis vont se lancer.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 13h29
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            Nicole Vulser








                        



                                


                            

A l’instar des Etats-Unis, de l’Allemagne, de la Suède ou de la Grande-Bretagne, un soudain tropisme se fait jour pour le livre audio en France. De nouveaux acteurs (comme la Fnac ou Editis) s’apprêtent à se lancer sur un marché dominé par Hachette (Audiolib). Gallimard et Amazon (Audible) sont déjà bien implantés et tant Apple (iTunes) que Google (Google Play Livres Audio) essaient de s’y faire une place.

Une effervescence rare dans le domaine morose de l’édition – dont les ventes ont légèrement baissé de 1,2 % l’an dernier à 4 milliards d’euros, selon l’institut GFK – qui tient au fait que ce micromarché semble très porteur, grâce à l’engouement pour les téléchargements numériques. Au niveau mondial, l’association des éditeurs audio l’estime à 2,1 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros), en hausse de 18,2 % par rapport à 2016.
« Livres parlants »
Selon Valérie Lévy-Soussan, PDG d’Audiolib, « dans le numérique, le marché français connaît une croissance à deux chiffres. Nos volumes globaux ont progressé de 50 % entre 2014 et 2017, grâce aux téléchargements de livres, qui ont été multipliés par 2,8, tandis que les ventes de CD se maintiennent ».
Il est possible d’écouter « Du côté de chez Swann », de Proust, lu par André Dussollier, sur son vélo ou en faisant de la course à pied
Pendant longtemps, les Français ont considéré que ces livres étaient réservés aux non-voyants, ou à ceux qui n’aimaient pas ouvrir un ouvrage. Mais ces préjugés tendent à disparaître doucement, et le marché reste à conquérir. Le nombre de titres enregistrés augmente, ce qui permet d’écouter Du côté de chez Swann, de Marcel Proust, lu par André Dussollier (Audible), ou La Chambre claire, de Roland Barthes, récitée par Daniel Mesguich (Audiolib), tout en faisant du vélo, de la course à pied ou en restant calé dans un canapé.
Les Editions des femmes-Antoinette Fouque avaient lancé la première collection en France...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ L’auteur revisite les contes occidentaux pour raconter la surprenante relation d’une petite fille et d’une créature aux longues cornes. Rencontre avec cet autodidacte féru d’animaux à l’occasion du Salon du livre de Paris.
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« L’Enfant et le Maudit » : Nagabe, le mangaka qui fait cavalier seul

L’auteur revisite les contes occidentaux pour raconter la surprenante relation d’une petite fille et d’une créature aux longues cornes. Rencontre avec cet autodidacte féru d’animaux à l’occasion du Salon du livre de Paris.





Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 13h27
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                            Alexis Orsini





Au cœur de la forêt, entre les grands arbres qui semblent tutoyer les cieux, une frêle silhouette blanche jure avec l’obscurité ambiante. Au premier abord, on pourrait croire que cette petite fille blonde se balade seule. Mais la jeune Sheeva est en réalité accompagnée de celui qu’elle surnomme affectueusement « Professeur », une créature cornue et noire comme la suie, qui se fond dans le décor.
Sheeva a pour interdiction formelle de toucher son protecteur, sous peine d’être « maudite », comme lui, et de se transformer en monstre. Pourquoi ces deux êtres cohabitent-ils alors que tout les oppose ? Le Professeur se résoudra-t-il à avouer à la petite fille qu’elle a été abandonnée et que sa tante, dont elle attend le retour, ne viendra jamais la chercher ?
En quelques planches d’une grande simplicité, servies par un style graphique épuré, volontairement avare en dialogues, Nagabe pose l’ambiance et les enjeux de L’Enfant et le Maudit.
« Mes personnages galopent librement »

   


Le jeune auteur, 24 ans, de passage en France à l’occasion du Salon du livre de Paris et d’une tournée de dédicaces, admet volontiers que le mystère entourant ses deux héros l’oblige lui-même à naviguer à vue : « Avant de commencer L’Enfant et le Maudit, je m’étais fixé plusieurs idées, mais je ne m’y tiens pas toujours car les personnages évoluent à leur gré, avec une certaine liberté. »
Comme dans ce passage du premier volume, où le Professeur tente d’aider Sheeva, blessée, à marcher. Comment faire pour lui prêter main-forte sans la toucher ? Le maudit finit par lui tendre le manche de son parapluie, qui s’impose comme un substitut inattendu.
« Je n’avais pas du tout pensé à cette scène au début, mais c’est en commençant à dessiner le paysage que mes personnages se sont mis à faire ça. […] Sheeva et le Professeur sont très libres, ils sont comme des chevaux qui galopent dans une plaine : dans ma tête, ils galopent librement, et j’ai parfois du mal à les rattraper ! »
La métaphore animale s’impose naturellement dans l’esprit de Nagabe : son œuvre entière repose sur des créatures aux caractéristiques bestiales ou anthropomorphes. Son premier manga, Buchou wa Onee (inédit en France), raconte ainsi le quotidien d’un dragon-patron en costume cravate, respecté de ses pairs japonais. Ceux-ci ignorent toutefois qu’il passe ses soirées dans un bar en tant qu’hôtesse, aux côtés d’autres serveurs musclés vêtus de minijupes et perchés sur de haut talons… Nagabe était le premier à s’interroger sur le potentiel commercial du titre, comme il le confiait en 2017 au site Pixivision : « Vu que le héros est un dragon baraqué et travesti, je me suis demandé si ce type de manga marcherait bien dans un magazine [rires]. »
Un auteur repéré sur Twitter

   


Outre son style graphique singulier, Nagabe a en effet pour autre particularité d’avoir été repéré sur Internet, très jeune, par une maison d’édition, séduite par ses dessins amateur.
« J’avais l’habitude de poster des illustrations sur [la plate-forme de partage artistique] Pixiv comme sur Twitter quand j’étais encore étudiant à l’université. En deuxième année de fac, un éditeur a repéré mes dessins et m’a proposé de réaliser un manga à partir des illustrations que j’avais publiées. C’est ainsi que j’ai pu publier mon premier manga professionnel alors que j’étais encore étudiant. »
S’il envisageait de signer quelques mangas en tant qu’amateur, l’idée de devenir professionnel n’avait jusque-là jamais traversé l’esprit de ce passionné de dessin, qui a fait ses premières armes à l’enfance, en recopiant ses héros préférés. Au collège, il se met à inventer ses propres personnages. Et pas n’importe quel type : des kemonomimi, ces figures humaines emblématiques de la pop culture japonaise, reconnaissables à leurs caractéristiques animales plus ou moins marquées, comme des oreilles de chat ou une queue de chien.
Après avoir commencé à publier L’Enfant et le Maudit sous la forme d’un dôjinshi (un recueil de mangas amateurs), la sortie de Buchou Wa Onee l’amène à reconsidérer ses envies :
« Lorsque j’ai eu en main mon premier manga en volume relié, j’étais très content mais, en même temps, frustré, parce que je trouvais que la qualité n’était pas au rendez-vous, que je pouvais encore améliorer plein de choses… C’est seulement à ce moment-là que je me suis dit : “Pourquoi ne pas devenir un mangaka professionnel ?” »
« Je suis frustré de garder ces personnages séparés »

   


Le défi est de taille, à plusieurs titres. D’abord parce qu’il devient ainsi le maillon d’une longue chaîne d’intermédiaires, alors qu’il travaillait jusque-là seul, sans pression extérieure. Ensuite parce que Nagabe se trouve obligé d’acquérir un attribut jusque-là manquant : la capacité à dessiner des décors.
Pour pallier cette lacune, il s’abreuve du maximum d’influences graphiques, dont les œuvres de l’illustratrice américaine Tasha Tudor, dont il s’inspire pour donner vie aux nombreux jardins et maisons qui parsèment le monde de L’Enfant et le Maudit. L’interdiction formelle de contact entre Sheeva et le Professeur complique aussi les choses :
« Quand vous dessinez deux personnages qui vivent ensemble et s’apprécient, on a vraiment envie qu’ils se touchent, qu’il y ait un contact entre les deux… Plus je dessine, plus je ressens de frustration à les montrer aussi détachés l’un de l’autre, alors que j’aimerais renforcer leurs liens ! »
Enfin, avec L’Enfant et le Maudit, le mangaka débutant doit non seulement apprendre à imaginer un scénario mais aussi à maintenir l’intérêt périodique de ses lecteurs à la parution de chaque nouveau chapitre. Une gageure quand on choisit de raconter le quotidien tranche-de-vie d’une petite fille et de son protecteur : « Pour moi, c’est très difficile de concevoir le scénario ! […] Depuis que je suis devenu mangaka professionnel, je passe mon temps à acheter les mangas d’autres auteurs pour voir comment faire pour garder les lecteurs en haleine, pour y trouver des astuces… »
Un manga « silencieux »

   


Sans surprise, le jeune artiste est aussi fin connaisseur des héros anthropomorphes européens, qu’il s’agisse des Moomins, ou des animaux mis en scène par le duo espagnol Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido dans la célèbre bane dessinée Blacksad, qu’il aime beaucoup. L’artiste, habitué à dessiner son manga avec des feutres standard, disponibles dans n’importe quelle supérette de quartier, accorde un soin particulier au style graphique inhabituel de L’Enfant et le Maudit, plus proche d’un album illustré que d’un manga.
Cette particularité joue pour beaucoup dans son ambiance souvent contemplative, mais jamais ennuyeuse, grâce à un rythme et un sens du rebondissement particulièrement maîtrisés. L’auteur s’essaye en outre à une forme de narration novatrice :
« J’essaye d’utiliser le moins possible d’onomatopées, parce que je veux que mon manga soit silencieux. Au-delà de son style graphique, c’est peut-être ça sa plus grosse différence [avec les autres mangas], sans compter le fait que je réalise tout moi-même, sans assistant. »
Dernièrement, Nagabe s’est notamment essayé à un nouvel exercice avec Daisy Mata Ashita, une histoire courte publiée dans un recueil (inédit en France) consacré aux histoires d’amour entre des humains et des non-humains. Il y raconte la relation improbable d’une petite fille handicapée, qui ne peut pas marcher, et d’un corbeau géant, pour montrer « comment deux être qui ne parlent pas la même langue peuvent communiquer leur affection de façon non verbale ».
Si sa carrière ne fait que commencer, Nagabe envisage-t-il un jour de réaliser un manga totalement dénué d’animaux ou de créatures de son invention ? « Jamais ! Il faut absolument qu’il y ait un animal dans mes mangas, parce que je les aime ! Et puis, on trouve déjà plein de mangas dont les héros sont des humains… […] Créer ces personnages, ça représente une forme de liberté pour moi. »




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ John Bailey, qui dirige l’institution hollywoodienne depuis août 2017, fait l’objet d’une enquête après trois accusations de harcèlement sexuel.
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Harcèlement sexuel : le président de l’Académie des Oscars visé par une enquête interne

John Bailey, qui dirige l’institution hollywoodienne depuis août 2017, fait l’objet d’une enquête après trois accusations de harcèlement sexuel.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 08h18
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 13h23
   





                        


Le président de l’Académie des arts et sciences du cinéma, qui remet les prestigieux Oscars, fait l’objet d’une enquête interne à la suite d’accusations de harcèlement sexuel, rapportaient, vendredi 17 mars, plusieurs médias américains. La chaîne de télévision CBS et le magazine spécialisé dans l’industrie du film Variety, citant des sources proches du dossier, écrivent notamment que l’Académie a reçu ces trois accusations, mercredi, au sujet de John Bailey et a aussitôt ouvert une enquête.
En réponse aux questions de l’AFP, l’Académie s’est contentée de répondre qu’elle « traite toutes les plaintes de façon confidentielle pour protéger toutes les parties prenantes ». « La commission des membres examine toutes les plaintes contre des membres de l’Académie au regard de nos règles de conduite, et après cet examen, elle soumet ses conclusions au conseil des gouverneurs », a-t-elle précisé dans sa déclaration.
Séisme de l’affaire Weinstein
John Bailey, directeur de la photographie de 75 ans, préside la vénérable institution d’Hollywood depuis août 2017. En février, lors d’un déjeuner réunissant tous les artistes nommés aux Oscars cette année, il avait affirmé avec force que l’Académie se « réinventait » et qu’Hollywood était en train « d’enfoncer dans l’oubli à coups de marteau-piqueur le lit fossilisé de beaucoup de [ses] pires abus ». Il faisait allusion au séisme de l’affaire Harvey Weinstein, le producteur déchu accusé de harcèlement, agression sexuelle ou viol par une centaine de femmes, dont des stars comme Gwyneth Paltrow, Léa Seydoux ou Angelina Jolie.

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                Une cérémonie des Oscars particulièrement politique



Le scandale Weinstein a provoqué une vague de révélations sur des abus sexuels d’hommes puissants à Hollywood, dont Kevin Spacey, Jeffrey Tambor, Dustin Hoffman, Steven Seagal ou le producteur Brett Ratner, entre autres. Weinstein a été exclu de l’Académie et la puissante institution du cinéma américain a annoncé la mise en place d’un nouveau code de conduite destiné à contrer le harcèlement sexuel sur les plateaux.
John Bailey a succédé à Cheryl Boone Isaacs, qui avait mené la charge pour réformer l’Académie et l’ouvrir plus aux minorités ethniques. Elle-même noire, elle avait dû répondre à de nombreuses accusations de discrimination raciale au sein de l’Académie dans la foulée de la campagne #OscarsSoWhite sur les réseaux sociaux. La filmographie de Bailey inclut 84 titres, dont Les Divins Secrets, Un Jour sans fin ou American Gigolo.

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                Le monde du cinéma tourne le dos à Harvey Weinstein, accusé de viols et d’agressions sexuelles






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Ce rendez-vous annuel de la jeune photographie européenne, qui a lieu jusqu’au 7 mai, au Centquatre, à Paris, accueille dix-sept nationalités d’artistes.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale » propose une sélection de programmes à voir ou à écouter en différé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/03/2018
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Deuil, sang et superpouvoirs : nos choix de replays

Chaque samedi, « La Matinale » propose une sélection de programmes à voir ou à écouter en différé.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 13h17
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Au programme de notre liste de replays hebdomadaire : un court-métrage sur le deuil, un documentaire radio sur les règles et une série animée pour les enfants, en 3D, très réussie.
« Pépé le Morse » est mort, et alors…

   


Après avoir notamment été couronné du prix du public à Annecy en 2017, Pépé le Morse, de Lucrèce Andreae, sélectionné au dernier Festival de Cannes, vient de recevoir le César 2018 du meilleur court-métrage d’animation. Visible sur Arte, d’une durée de quatorze minutes, il évoque le deuil de façon très atypique, par un subtil mélange de poésie et de trivialité.
Lucas, sa mère, son petit frère, ses sœurs et leur grand-mère forment un étrange cortège, sur une plage déserte fouettée par le vent. Maman hurle et jure ; les filles s’ennuient grave ; Lucas rêvasse ; et mamie prie. Pépé est mort d’avoir trop bronzé et fumé sur cette plage, mais peu importe : même si la petite famille accompagne mamie à reculons, grand-mère tient à tout prix à lui bâtir un autel de sable, de coquillages et de mégots…
Habillé d’un élégant graphisme à l’aquarelle, le scénario parvient à évoquer la mort de ce bizarre grand-père avec malice, délicatesse et une touche de surnaturel. Martine Delahaye
« Pépé le morse », de Lucrèce Andreae (France, 2017, 14 min). Sur Arte.tv
« Sang tabou », ou comment j’ai arrêté les tampons

   


Arte Radio a eu l’excellente et malicieuse idée de lancer, le 8 mars, officiellement jour des droits des femmes, le documentaire Sang tabou (23 minutes), sur une des préoccupations féminines les plus secrètes : les règles.
Choix d’autant plus judicieux que les jeunes filles qui en parlent ici, dont la réalisatrice du doc, Nina Almberg, ont décidé que les tampons, à risques, et les serviettes, incommodes, n’étaient vraiment plus pour elles. Estimant qu’il serait bon de protéger les femmes de ces « protections », en réalité toxiques. Quant à la « mooncup » (coupe menstruelle en silicone, réutilisable, que l’on se met dans le vagin), elles la jugent tout simplement démodée.
Et pour cause. Ces jeunes filles racontent la libération que représente la technique du « flux instinctif libre », qui, comme pour l’urine, consiste à contracter son périnée et à se retenir, avant de laisser le sang s’écouler de lui-même lorsqu’on va aux toilettes. Ce qui marche aussi la nuit. Après quelques mois d’ajustage, comme le concède la documentariste, il est possible de « prendre le pouvoir sur ses règles », s’étonne-t-elle elle-même : « une révolution » dont il est « dingue » de penser, ajoute-t-elle à raison, qu’elle reste toujours aussi secrète. M. De. 
« Sang tabou », de Nina Almberg (France, 2018, 26 min). Sur Arteradio
« Les Pyjamasques », mini-héros aux superpouvoirs

Les nuits de Yoyo, Gluglu et Bibou sont, à n’en pas douter, plus palpitantes que leurs journées. Car à partir de minuit, les trois lascars – deux garçons et une fille – enfilent leurs pyjamas dotés de pouvoirs spéciaux et partent résoudre énigmes, phénomènes étranges et faits qui ne tournent pas rond.
Yoyo rebondit comme une balle en caoutchouc ; Gluglu court sur les murs sans jamais tomber ; et Bibou vole dans les airs. Mais surtout, ces trois-là sont des amis inséparables qui partagent la même bonne humeur et le sens commun de la solidarité. Des valeurs que cette série animée en 3D communique aux jeunes téléspectateurs, à partir d’un divertissement qui privilégie l’action et le mouvement, en s’autorisant quelques clins d’œil aux films d’aventures et de super-héros.
Série animée franco-britannique en 3D, réalisée par Christian de Vita, Les Pyjamasques est l’adaptation des livres éponymes de l’auteur français Romuald. Une série d’aventures faites sur mesure pour les petits qui rêvent de devenir de minijusticiers, sans peur et sans reproche. Véronique Cauhapé
« Les Pyjamasques », série d’animation réalisée par Christian de Vita (France - Royaume-Uni, 2015, 52 x 11 minutes). Sur Francetv



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ La première épouse du chanteur, mort en décembre 2017, lui a rendu hommage en reprenant une dizaine de ses tubes avant un émouvant duo virtuel.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/03/2018
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Sur la scène du Grand Rex, Sylvie Vartan fait revivre Johnny

La première épouse du chanteur, mort en décembre 2017, lui a rendu hommage en reprenant une dizaine de ses tubes avant un émouvant duo virtuel.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 04h28
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 13h13
    |

            Sandrine Blanchard








                        


« Malgré cette affaire sordide d’héritage, Sylvie a rendu un hommage très émouvant à Johnny Hallyday. » Fabienne et Nadine, deux sexagénaires parisiennes, sortent les larmes aux yeux du concert de Sylvie Vartan. Pour la première fois depuis le décès du rockeur, sa première épouse est remontée sur scène vendredi 16 mars, au Grand Rex à Paris, en plein psychodrame autour du testament de la star.
L’heure, cette fois, n’est pas à la polémique mais au souvenir. Devant une salle comble, la chanteuse, accompagnée de neuf musiciens et trois choristes, livre une rétrospective de son répertoire. Puis, en fin de concert, troquant sa veste à paillettes dorées contre un blazer noir, elle rend un hommage d’une demi-heure à celui qu’elle considère comme « un être exceptionnel ». 
« Il a mis le feu à une génération et nous l’avons tous suivi. »
Grâce à « la magie de la technologie », Sylvie Vartan a choisi, dit-elle, « d’ouvrir une fenêtre dans le ciel ». Un écran descend à ses côtés, et commence alors, avec l’hologramme de Johnny Hallyday, un duo virtuel. Le couple mythique des années 1960 chante le tube J’ai un problème et une partie des spectateurs, venus spécialement pour cet hommage, brandissent des ballons gonflables rouges en forme de cœur.
Auparavant, de nombreuses photos du couple, mais aussi de David Hallyday, de Nathalie Baye et de Laura Smet, ont défilé en fond de scène, pendant que Sylvie Vartan interprétait Tendres années. Cette mise en scène retraçant la vie d’avant Laeticia Hallyday résonne alors comme le symbole d’un clan uni, au moment où le fils et la fille aînés du chanteur réclament un droit de regard sur l’album posthume de leur père et leur part d’héritage.

Duo virtuel entre #JohnnyHallyday et #SylvieVartan ❤️ https://t.co/NkqkWj6QPJ— LeGrandRex (@Le Grand Rex)


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Vidéo sur écran géant
Dos au public, face à un immense portrait de Johnny, Sylvie Vartan entonne La plus belle pour aller danser. Puis se lance dans un medley de sept chansons de son ancien complice – parmi lesquelles Noir c’est noir, Retiens la nuit, Gabrielle et Que je t’aime – en incitant le public à « chanter en son honneur ». « Pendant vingt ans, lui et moi avons grandi ensemble. Nous avons vécu des moments inoubliables sur scène et, même si la vie nous a séparés, rien n’a pu altérer notre amour et le respect que nous avions l’un pour l’autre », explique-t-elle.
Visiblement émue, la chanteuse rend un dernier adieu à son ex-mari :
« Merci Johnny. Merci pour les merveilleuses années que tu as partagées avec tes fans et avec ta famille. Tu me manques déjà. »
Et elle laisse la place à une vidéo, retransmise sur un écran géant, où l’on voit le couple reprendre ensemble deux chansons d’Edith Piaf, L’Hymne à l’amour et Non, je ne regrette rien enregistrées lors d’un concert à l’Olympia en 2009.

Le final... ❤️🖤 Merci Sylvie et merci Johnny #SylvieVartan https://t.co/T2lA3udDk4— LeGrandRex (@Le Grand Rex)


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« Une Hallyday au féminin »
Que ce soit à travers de nombreuses images d’archives, ou le choix de Sylvie Vartan de commencer le concert par Le Bon temps du rock and roll, l’un des classiques de « l’idole des jeunes », Johnny Hallyday n’aura cessé d’être présent durant ces deux heures et demie de show auquel assistaient, notamment, les filles de son fils David, mais aussi Etienne Daho et le photographe Jean-Marie Périer. « Vous savez, je suis très attachée à ma famille », a rappelé la chanteuse devant un public criant des « je t’aime » et comblé par ce flash-back musical.
« Ce couple Vartan-Hallyday représente notre jeunesse, l’insouciance des années 1960 », témoigne Fabienne, fan de la première heure, à la sortie du concert. Le déchirement familial autour de l’héritage passe au second plan en cette soirée de nostalgie.
« Cette histoire de testament ne m’intéresse pas parce qu’elle est privée », assure Patrice, qui a déjà assisté à dix-huit concerts de Sylvie Vartan. « Mon premier était en 1977 au Palais des congrès, elle avait une robe panthère et c’était un vrai show à l’américaine », se souvient-il. Pour ce commerçant âgé de 55 ans, « Sylvie est comme une Hallyday au féminin, la dernière star française vivante, une mère et une femme idéale ».
« Elle s’en est sortie avec respect et finesse, l’ambiance ce soir était au rassemblement »
Corinne, elle, ne cache pas qu’elle était « curieuse de voir comment la chanteuse allait rendre hommage à Johnny en pleine polémique ». Avec sa copine Annie, elles assurent ne pas avoir été déçues : « Elle s’en est sortie avec respect et finesse, l’ambiance ce soir était au rassemblement. » Edith et Jean-Pierre, venus de Rouen, jugent le show « bouleversant », mais se disent « persuadés que le clan Hallyday ne lâchera pas l’affaire de l’héritage, il y a trop de fierté ».
Jeudi 15 mars, au micro de LCI, Sylvie Vartan a livré ses doutes sur la rédaction du fameux testament : « Tout ce qui a été fait lui a été dicté par des gens dans son entourage », estime-t-elle. Elle donnera un nouveau concert, le 14 avril au Grand Rex, avec, une fois encore, l’hommage à Johnny. Dans l’intervalle, l’héritage du rocker devrait connaître de nouveaux épisodes judiciaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Considérés comme désuets il y a une décennie encore, des artistes des années 1950 et 1960 ont réapparu dans les galeries. Un engouement esthétique ou spéculatif ?
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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Marché de l’art : la revanche d’Hartung et des cinétiques

Considérés comme désuets il y a une décennie encore, des artistes des années 1950 et 1960 ont réapparu dans les galeries. Un engouement esthétique ou spéculatif ?



Le Monde
 |    16.03.2018 à 18h44
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

D’octobre à décembre 2017, la Galerie Emmanuel Perrotin, rue de Turenne (3e arrondissement parisien), présentait sous le titre « Bifurcations » l’artiste d’origine argentine Julio Le Parc. Cette phrase toute simple aurait été impensable il y a dix ans. La galerie existait, depuis 2005. Le Parc était, depuis bien plus longtemps – il est né en 1928 –, l’un des principaux artistes du cinétisme, apparu autour de 1960 et auquel il est demeuré attaché. Mais, chez Perrotin, il y a dix ans, les stars se nommaient Maurizio Cattelan (né en 1960), Takashi ­Murakami (1962) ou Jean-Michel Othoniel (1964) : trois figures de l’art actuel, aimées des foires, des collectionneurs « prescripteurs » et des musées. Le contraire de ­Le Parc.

L’exposition s’accompagne d’un catalogue de type muséal. L’artiste y est interrogé par Hans-Ulrich Obrist, critique fétiche de la scène internationale. Lequel lance à Le Parc : « Aujourd’hui, nous assistons à un remarquable renouveau d’intérêt en faveur de l’art cinétique et de la génération d’artistes liés à ce courant. En novembre dernier, vous avez eu à New York votre première exposition personnelle depuis 1973. » Autrement dit : depuis plus de quarante ans, vous aviez disparu des radars de l’art contemporain – y compris, du reste, de celui d’Obrist. Pourquoi et comment une galerie spécialisée dans le très contemporain comme Perrotin en vient-elle à défendre un octogénaire dont la visibilité et la notoriété s’étaient peu à peu réduites ?

Elle se pose d’autant plus fort que Le Parc n’est qu’un exemple de cet étrange revirement, flagrant chez Perrotin. En janvier et février, son espace new-yorkais était dévolu à Hans Hartung (1904-1989), l’un des champions de l’expressionnisme abstrait européen des décennies 1950 et 1960. Son nom était alors indissociable de ceux de ses plus proches amis, Zao Wou-ki (1920-2013) et Pierre Soulages (né en 1919). Gros catalogue là encore, promotion intense. La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ A écouter cette semaine : un opéra inédit sur Pinocchio, des œuvres de Rachmaninov, Scriabine et Prokofiev, la réédition de « You’ve Come a Long Way, Baby »…
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Sélection albums : Philippe Boesmans, Jean-Paul Gasparian, Fatboy Slim…

A écouter cette semaine : un opéra inédit sur Pinocchio, des œuvres de Rachmaninov, Scriabine et Prokofiev, la réédition de « You’ve Come a Long Way, Baby »…



Le Monde
 |    16.03.2018 à 17h51
   





                        


Philippe Boesmans Pinocchio Divers solistes, Orchestre symphonique de la Monnaie, Patrick Davin (direction)

   


Un opéra inédit sans support visuel ? Celui de Philippe Boesmans – le septième de ce Belge de 81 ans – tient la gageure. A l’écoute de ce Pinocchio (découpé en 23 scènes avoisinant un total de deux heures), on peut se passer de mise en scène (tout comme du DVD d’accompagnement, qui caricature les pratiques du compositeur), d’autant que le spectacle débute par une évocation musicale de ce qu’a longtemps vu… un aveugle. L’imaginaire fonctionne donc d’abord à partir du son. L’Ouverture en témoigne d’emblée. « Ouverture », au sens propre de partition d’accueil, où s’entrecroisent de nombreuses musiques, populaires ou savantes. La captation en live (à la Monnaie de Bruxelles, où l’œuvre a été donnée en 2017, trois mois après sa création au Festival d’Aix-en-Provence) permet d’apprécier la vitalité d’une distribution de grande classe (emmenée par l’irrésistible Stéphane Degout) et le tour de force (tant vocal qu’instrumental) d’une écriture illusionniste, donc trompeuse, judicieusement mise au service d’un conte sur les méfaits du mensonge. Pierre Gervasoni 
2 CD et 1 DVD Cyprès.
Jean-Paul Gasparian Etudes-Tableaux, op. 39, de Rachmaninov. Sonate pour piano n° 2, op. 19, de Scriabine. Trois Etudes, op. 65, de Scriabine. Sonate pour piano n° 2 en ré mineur, op. 14, de Prokofiev

   


C’est avec trois compositeurs russes que Jean-Paul Gasparian, pianiste de 22 ans formé au Conservatoire de Paris, se présente pour son entrée au disque : Rachmaninov, Scriabine et Prokofiev. En ouverture, les Etudes-Tableaux, de Rachmaninov, dans lesquelles l’autorité pianistique du jeune homme s’impose. Aisance, équilibre et clarté règnent dans les neuf pièces qui constituent le cycle unifié sous ses doigts. Gasparian évoque sans asséner, laissant à l’auditeur l’espace pour se créer son propre parcours narratif. Dans la Sonate n° 2 de Scriabine, empreinte d’un « pianisme chopinien », sonne un piano ductile, aux lignes amples. Une atmosphère qui contraste avec les Trois Etudes écrites près de quinze plus tard, dans lesquelles Gasparian se délecte de la richesse harmonique aux multiples climats d’un Scriabine explorant de nouvelles sonorités. C’est avec une autre facette de la modernité russe, celle de la percussive Sonate n° 2, de Prokofiev, impeccable de rigueur et de précision rythmique, que se clôt le programme de cet album plus que prometteur. Anna Sigalevitch
1 CD Evidence Classics.
Fatboy Slim You’ve Come a Long Way, Baby

   


En octobre 1998, sortait You’ve Come a Long Way, Baby, le deuxième album de Fatboy Slim, pseudonyme du multi-instrumentiste, producteur et DJ anglais Norman Cook. Vingt ans plus tard, réédité dans la collection « The Art of the Album », il a conservé tout son impact et sa fantaisie musicale. Même ceux qui ne juraient que par le rock et se montraient rétifs à l’électro, forme globale du disque, ont été alors emballés. De fait, les figures rythmiques renvoient souvent aux motifs de base employés dans le rock, comme les ponctuations de riffs de guitare (The Rockafeller Skank, Fucking In Heaven), les parties chantées sont restreintes à quelques mots dans l’évidence de seuls refrains, les samples renvoient à une histoire musicale large. Ici et là, des traces de gospel (Praise You), de funk, de soul (Soul Surfing), de calypso (Gangster Tripping) viennent donner une impulsion swing. Toujours excitant pour les oreilles, donc, et désormais institué à raison en classique, au-delà de sa capacité à susciter l’envie de danser. Sylvain Siclier
1 CD Skint Records/BMG.
Zuco 103 Etno Chic

   


Enregistré à Amsterdam (hormis pour le percussionniste « VIP » Marcos Suzano, qui a fourni sa partie depuis un studio de Rio), Etno Chic est le sixième album du trio brésilo-néerlandais formé par Lilian Vieira (chant), Stefan Schmid (claviers, programmations) et Stefan Kruger (batterie, programmations). Joyeuse, funky (avec une pointe de ragga), dansante, leur mixture électro-pop et samba a l’élégance de la légèreté. Quasiment toutes les chansons sont de la plume de Lilian Vieira, à la voix acidulée ou amoureuse. Elle parle de ses états d’âme, hybrides et changeants, entre amour désabusé et nouvelle aurore sentimentale, fait allusion à la réalité politique chaotique du Brésil (Na Luta) et rend hommage à l’architecte brésilien Joao da Gama Filgueiras Lima (Song For Lelé), un « poète du béton » qui a amélioré la vie de beaucoup. Patrick Labesse
1 CD Zucosound/Inouïe Distribution.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Notre choix du soir. Dans un parc d’attractions, les visiteurs peuvent revivre le frisson de la conquête de l’Ouest, avec des figurants androïdes. Un grand spectacle métaphysique (sur Canal+ Séries à 20 h 55).
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TV – « Westworld », horde de robots dans le Far West

Notre choix du soir. Dans un parc d’attractions, les visiteurs peuvent revivre le frisson de la conquête de l’Ouest, avec des figurants androïdes. Un grand spectacle métaphysique (sur Canal+ Séries à 20 h 55).



Le Monde
 |    16.03.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 18h03
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur Canal+ Séries à 20 h 55

Que produiriez-vous si vous n’aviez pour seule limite que votre imagination ? Une question que se pose tout scénariste avant de se lancer dans l’écriture d’une série. Une question qui s’impose aussi aux visiteurs du parc Westworld, débarqués du train qui les transporte dans un Ouest « sauvage » de la fin du XIXe siècle parfaitement reconstitué (à l’image des westerns d’Hollywood), et peuplé d’humanoïdes à leur entière disposition.
Sachant tout de même que, comme dans toute fiction, la mort ici n’est jamais réelle. Ni pour les mâles venus à Westworld jouer les cow-boys, car ces visiteurs sont des clients que l’on compte bien voir revenir (les balles qu’ils reçoivent ne les blessent aucu­nement), ni pour les humanoïdes (programmés pour paraître aussi vrais que des humains), puisque même égorgés, saignés à blanc ou scalpés, ils seront vite récupérés par le personnel du parc. Puis remis en état et vidés de toute mémoire avant de reprendre place dans la vie de ce western virtuel.

   


Ces « hôtes » humanoïdes, qui, chaque jour, accueillent des invités venus vivre une expérience exotique, sont la création d’un chercheur-showrunner, Robert Ford (Anthony Hopkins), qui vit dans un laboratoire situé sous le parc. Non content d’avoir imaginé et encodé des centaines de personnages différents, il souhaite maintenant les amener à un stade supérieur de sophistication : leur permettre de rêver. Un projet faustien qui va entraîner des dysfonctionnements chez ses personnages, puisque l’étoffe des rêves se tisse de souvenirs…
Qui plus est, enrichir les androïdes de plus d’humanité suppose une vision de ce qui rend un personnage attachant, et son histoire intrigante pour le public. Or, le chercheur-créateur de Westworld n’en a pas la même perception que son scénariste en chef, censé lui proposer, pour la saison suivante, une nouvelle approche de la fiction que livre le parc. A ce scénariste sûr de lui, qui estime que chaque invité attend de se découvrir lui-même à travers son expérience dans le parc, Robert Ford oppose un non catégorique : « L’idée, ce n’est pas de donner aux gens ce que vous croyez qu’ils veulent. Ils ne viennent pas pour une histoire qui leur raconte qui ils sont. Ça, ils le savent déjà. Ils sont là parce qu’ils veulent entrevoir ce qu’ils pourraient être. »
Rendre le spectateur conscient
A la manière brechtienne, Westworld casse ainsi constamment le quatrième mur entre scène et public, rendant le spectateur conscient, à chaque viol ou massacre, de l’overdose à laquelle il se soumet passivement dans nombre de séries (notamment dans la série Game of Thrones, produite par HBO comme West­world) et critique. Ce qui, et l’exploit est là, n’empêche pas de s’attacher à l’histoire des androïdes, parce qu’ils vont connaître le doute, évoluent et aspirent à une forme de liberté, contrairement à leurs invités, dans les seuls quatre épisodes que nous avons pu voir.
Un conseil : ne pas délaisser Westworld au vu du premier épisode, qui agit en trompe-l’œil. On est sans doute là face à une grande série. Qui ouvre une ère, à la fois fiction et réflexion sur la création de fictions. Une métasérie.
Westworld, série créée par Lisa Joy et Jonathan Nolan. Avec Evan Rachel Wood, Jeffrey Wright, Sidse Babett Knudsen, Anthony Hopkins (EU, 2016, 70 min, puis 9×45 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ A voir aussi ce soir. Portrait du brillant et explosif batteur dont le caractère et la vie ont dépassé tous les repères de la raison (sur Arte à 23 heures).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

TV – « Ginger Baker, batteur inconditionnel »

A voir aussi ce soir. Portrait du brillant et explosif batteur dont le caractère et la vie ont dépassé tous les repères de la raison (sur Arte à 23 heures).



Le Monde
 |    16.03.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 18h00
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Arte à 23 heures



Le destin de Ginger Baker, né en Angleterre en 1939 et ­vedette de ce passionnant documentaire, dépasse tout ce que l’on peut imaginer. Musicien génial, caractériel notoire, héroïnomane impénitent, l’ancien batteur mythique de Cream, Blind Faith ou de Fela Kuti n’a jamais pu tenir en place. Riche puis ruiné à plusieurs reprises, il a vécu en ­Angleterre, en Californie, au Colorado, à Hawaï, en Jamaïque, en Italie, au Nigeria, en Afrique du Sud. Il a joué avec les plus grands, s’est fâché avec tout le monde ou presque, s’est pris de passion pour le polo et n’a jamais abandonné la batterie jusqu’à ce que des problèmes cardiaques lui interdisent, en 2016, de rejouer sur scène.
Orphelin de père à 4 ans, sa vie semble placée sous le signe de l’insécurité permanente. Et de la nécessité de prendre du plaisir (derrière sa batterie, en jouant au polo, avec les femmes, en s’enfilant des substances illicites), dès que l’occasion se présente.
Visage émacié et regard fou
Les archives filmées des années 1960 et 1970 dénichées par le réalisateur Jay Bulger montrent un grand rouquin au visage émacié et au regard fou. Elles font entendre aussi un batteur d’une puissance et d’une aisance rythmique inouïes. Les nombreux témoignages de partenaires musiciens ou de proches (ex-épouses, enfants) parlent de Ginger Baker avec, selon les cas, admiration, tendresse, effroi, tristesse ou mélancolie. D’Eric Clapton à Carlos Santana en passant par Charlie Watts, Nick Mason ou Stewart Copeland, pour ne citer que les plus célèbres, tous évoquent un personnage dont les traits et la vie dépassent l’entendement. Et un batteur aussi à l’aise avec un orchestre de jazz qu’avec un groupe de rock.
« Doux Jésus, Ginger joue comme un nègre », s’est exclamé un jour le mythique Max Roach (1924-2007). Le plus beau compliment que Ginger Baker pouvait recevoir de la part d’une de ses quatre idoles, les autres étant Phil Seamen (1926-1972), Art Blakey (1919-1990) et ­Elvin Jones (1927-2004). Des types qui, baguettes en main, ont élevé la batterie au rang d’un art. Filmé en 2012 dans son repaire sud-africain, Baker n’a rien perdu de son humour, de ses colères, de ses angoisses. Il parle de sa vie chaotique et douloureuse, de la musique, d’argent, de drogues, de femmes, de chevaux. Une belle vie.
Ginger Baker, batteur inconditionnel, de Jay Bulger (Etats-Unis, 2012, 90 min).



                            


                        

                        

