<FILE-date="2018/03/18/19">

<article-nb="2018/03/18/19-1">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ 
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Poursuite de la grève à la Cour nationale du droit d’asile





Le Monde
 |    18.03.2018 à 12h56
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 13h03
   





                        


L’association à l’origine de la grève des avocats à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) a annoncé, vendredi 16 mars, poursuivre le mouvement, malgré l’annonce faite mardi par les agents de la CNDA de la fin de la grève, en raison de « certaines avancées ».
« Les avocats constatent que le projet de loi “pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif” ne respecte plus les principes essentiels de ce droit et ne permet plus son application », a expliqué l’association Elena dans un communiqué. N’étant « plus en mesure d’assurer leur mission », les avocats continuent de faire la grève des audiences devant la CNDA, à Montreuil, et ce « de manière indéterminée », a-t-elle ajouté.
En grève depuis le 13 février pour dénoncer le projet de loi du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, ces avocats déplorent notamment la diminution des délais pour les recours, la multiplication des décisions rendues par ordonnance et l’utilisation de la visioconférence.

        Lire aussi :
         

                A la Cour nationale du droit d’asile, une grève contre la future loi immigration






                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/18/19-2">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Depuis « Sauvons les garçons ! », en 2009, Jean-Louis Auduc s’est penché sur le paradoxe français qui veut que les filles réussissent bien mieux à tous les niveaux du système éducatif, mais soient, dans la vie professionnelle, empêchées de progresser aussi vite que leurs comparses masculins
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Une fracture sexuée, dès l’école

Depuis « Sauvons les garçons ! », en 2009, Jean-Louis Auduc s’est penché sur le paradoxe français qui veut que les filles réussissent bien mieux à tous les niveaux du système éducatif, mais soient, dans la vie professionnelle, empêchées de progresser aussi vite que leurs comparses masculins



Le Monde
 |    18.03.2018 à 12h00
    |

                            Ondine Debré








                        



   


Dans le domaine des inégalités à l’école, le genre est le facteur-clé. C’est la conviction de Jean-Louis Auduc, auteur de Ecole : la fracture sexuée (Fabert, 2016). Pour ce docteur en histoire, la France subit « une triple fracture, sociale, ethnique et sexuée ». Et présente un paradoxe : les filles réussissent bien mieux à tous les niveaux du système éducatif, mais, dans la vie professionnelle, sont empêchées de progresser aussi vite que leurs collègues masculins.
Les enfants des classes sociales supérieures qui échouent à l’école ne sont quasiment que des garçons, alors que les élèves des classes défavorisées qui réussissent sont surtout des filles. Parmi les élèves issus de la première génération d’immigrés, 28 % des garçons sortent du cursus scolaire sans diplôme, contre 9 % des filles. Chez les élèves n’ayant aucun parent immigré, ces chiffres sont de 9 % pour les garçons, et 5 % pour les filles.
Cette réalité résulte néanmoins, pour Jean-Louis Auduc, d’un postulat de départ erroné : « En France, on est encore sur l’idée que les classes de maternelle sont remplies de petits êtres sans sexe qui s’appellent “élèves”. Précisément, et à cause de conditions de socialisation différentes pour les filles et les garçons dont nous n’avons pas conscience, l’apprentissage de la lecture doit se faire différemment selon le sexe. Certains pays, comme la Finlande, ont adopté des pédagogies différentes pour les filles et les garçons », martèle celui qui signa Sauvons les garçons ! (Descartes & Cie, 2009). Ignorer cette fracture sexuée à l’école, et laisser les garçons en échec, est un danger pour notre société, affirme-t-il.
Les inégalités dans la réussite scolaire ont pour conséquence l’accroissement de la violence des garçons sur les filles, comme une sorte de rite de passage « permettant d’affirmer avec force sa virilité, d’afficher les stéréotypes de la masculinité, de montrer que l’on ose défier l’autorité », explique Sylvie Ayral dans son enquête La Fabrique des garçons (PUF, 2011).
Jean-Louis Auduc le clame haut et fort, c’est à la société de reconnaître certaines erreurs et certains préjugés pour déconstruire ce petit roi tyrannique qui va passer, de la maison à l’école, de la suprématie à l’échec et à la violence. « L’absence de partage des tâches à la maison entre garçons et filles ne mène pas à une réflexion différenciée sur l’entrée dans le métier d’élève et dans la construction de leur identité entre filles et garçons », observe-t-il.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/18/19-3">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Dans cette chronique, Valérie Bentz, responsable des études patrimoniales à l’UFF, avertit qu’au regard du droit la mauvaise rédaction de la clause bénéficiaire d’une assurance-vie peut générer moult injustices.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Assurance-vie : quels sont les risques d’une clause bénéficiaire mal rédigée ?

Dans cette chronique, Valérie Bentz, responsable des études patrimoniales à l’UFF, avertit qu’au regard du droit la mauvaise rédaction de la clause bénéficiaire d’une assurance-vie peut générer moult injustices.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 08h39
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 12h38
    |

Valérie Bentz (Responsable des études patrimoniales à l’UFF)







                        


Question à un expert. Un des intérêts majeurs de l’assurance-vie réside dans la souplesse de la clause bénéficiaire. Le souscripteur peut transmettre un capital aux personnes de son choix et dans des conditions fiscales extrêmement avantageuses. La clause bénéficiaire n’a pas pour but d’être équitable ou juste. Un chanteur peut parfaitement désigner comme bénéficiaire sa nouvelle épouse et seulement deux de ses quatre enfants s’il le souhaite (à condition toutefois que les versements ne soient pas jugés manifestement exagérés).
En contrepartie, la clause doit être rédigée clairement, et de manière suffisamment exhaustive pour ne laisser aucune place à l’interprétation. Une mauvaise rédaction de cette clause peut mettre ses proches dans une situation très compliquée voire injuste et incompréhensible pour eux. Prenons le cas d’un souscripteur qui veut désigner comme bénéficiaire son concubin, celui qui a partagé sa vie depuis plusieurs années. S’il rédige une clause attribuant ses capitaux « à mon conjoint ou à défaut mes héritiers », il commet une erreur lourde de conséquences : au regard du droit, un concubin ou un partenaire pacsé n’est ni « conjoint » ni « héritier ».
Dans ce cas, les capitaux reviendront donc aux héritiers légaux, et non au concubin ou partenaire. Afin de bien rédiger une clause bénéficiaire, il faut déterminer la personne que vous souhaitez protéger en priorité. Vous avez également tout intérêt à inscrire des bénéficiaires dits « de second rang » pour organiser la transmission de vos capitaux. Comme, par exemple, dans les cas où votre premier bénéficiaire désigné décéderait avant vous ou choisirait de renoncer au bénéfice du capital.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/18/19-4">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Le contexte social explosif sur le territoire risque d’entraîner une très faible participation, ce dimanche. Des élus de l’île ont demandé, sans succès, le report du scrutin.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

A Mayotte, une législative partielle sous très haute tension

Le contexte social explosif sur le territoire risque d’entraîner une très faible participation, ce dimanche. Des élus de l’île ont demandé, sans succès, le report du scrutin.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 06h06
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 06h57
    |

            Patrick Roger (Mayotte, envoyé spécial)








                        



Les écoles et les services des sept mairies de la 1re circonscription de Mayotte, fermées ou en service réduit, seront-ils prêts pour le premier tour de l’élection législative partielle qui doit avoir lieu dimanche 18 mars ? Une élection à haut risque compte tenu du contexte extrêmement tendu dans lequel elle se tient, près d’un mois après le début du mouvement de grèves et de blocages qui affecte le département. Un mouvement, lancé le 20 février, qui lui-même oscille entre la radicalisation de certains de ses éléments, la volonté d’une partie de ses acteurs de renouer les fils du dialogue pour trouver une issue à la crise, et l’exaspération croissante de larges franges de la population.
Des élections « sous pression »
Première inconnue : dans quelles conditions cette élection partielle va-t-elle se tenir ? Relayant la position des dirigeants de l’intersyndicale et des collectifs qui se sont réunis vendredi 16 mars, à Dzoumogné, dans le nord de Grande-Terre, les élus ont fait savoir, samedi, lors d’une conférence de presse tenue au conseil départemental de Mamoudzou, souhaiter le report du scrutin.

        Lire aussi :
         

          « Notre île coule sans que l’on puisse agir »



« Vu le contexte actuel, nous avons demandé au préfet le report, pour des raisons de sécurité, rapporte Soibahadine Ibrahim Ramadani, le président (LR) du conseil départemental. Maintenant, si l’Etat s’obstine à vouloir les organiser, c’est de sa responsabilité d’en assurer la sécurité. Pour ce qui nous concerne, toutes les dispositions réglementaires ont été prises dans les sept communes concernées pour qu’elles puissent se tenir. » « Organiser des élections sous pression, ce n’est pas l’idéal, ajoute le maire de Tsingoni, Bacar Mohamed, porte-parole de la coordination des élus. On ne sait pas ce qui va se passer. »
Demande rejetée dans la foulée par le préfet, Frédéric Veau, qui s’est exprimé dans l’après-midi à la radio. « La République, c’est la démocratie. La démocratie, ce sont les citoyens qui s’expriment dans les urnes. En votant, a-t-il affirmé. L’Etat prendra toutes les dispositions pour assurer le bon déroulement du scrutin. Chacun doit être conscient de sa responsabilité pour qu’il ait lieu dans un climat serein. »
Durcissement du mouvement
Du côté du mouvement, il semble que la tendance soit à une forme de durcissement, sous l’impulsion d’une poignée de leaders radicaux qui ne faisaient pas partie de la délégation qui a rencontré mardi la ministre des outre-mer, Annick Girardin. Ceux-ci ont rejeté la proposition de suspendre la grève et les barrages, refusent de dialoguer avec la mission restée sur place et exigent de négocier avec des interlocuteurs mandatés par le premier ministre.
Alors que, jusqu’à présent, les barrages étaient levés pendant le week-end, à l’exception des plus stratégiques, pour permettre à la population de se ravitailler, ils ont cette fois été maintenus, même s’ils sont moins hermétiques et que les forces militantes sont moins nombreuses. Objectif clairement affiché : perturber le déroulement du scrutin.
Parmi les tenants d’une ligne dure, Saïd Kambi, ancien directeur général des services de la commune de Sada et récemment élu président de la Fédération des associations d’éducation islamique de Mayotte. Décidé à reprendre la main sur le mouvement au moment où s’instaurait une possibilité d’engager le dialogue avec le gouvernement et ses représentants, l’homme est un redoutable prêcheur et dispose de quelques alliés déterminés à lui prêter main-forte dans cette opération, tels El-Hanzize Hamidou, de l’union départementale FO, ou Ravomalala Rakotondravelo, dit « Ravo », du SNUipp, rentré cette semaine de métropole. Ils dénoncent dans le maintien de l’élection législative partielle « un passage en force ». « Quand il y a passage en force, il faut opposer le rapport de forces », assume Saïd Kambi, n’hésitant pas à attiser les braises sur les barrages et à dresser les militants qui les tiennent contre les « traîtres » qui, selon lui, sont prêts à brader le mouvement.
« Des généraux sans troupes »
Les jeunes porte-parole qui avaient émergé ces dernières semaines, tels Fatihou Ibrahim ou Saïd Hachim, ou des dirigeants plus ouverts au dialogue, comme Salim Naouda (CGT) ou Mahamoud Azihary, ancien dirigeant de la Société immobilière de Mayotte et figure emblématique sur l’île, sont désormais pris à partie par des barragistes chauffés à blanc. Tandis que les élus, tel le sénateur (LRM) Thani Mohamed Soilihi, qui s’étaient engagés pour servir de passerelle avec le gouvernement, sont voués aux gémonies.

        Lire aussi :
         

                « L’Etat a pour devoir d’assumer les conséquences de la départementalisation de Mayotte »



Fait révélateur : le camouflet imposé au député (LR) de la 2e circonscription, Mansour Kamardine, une des personnalités les plus influentes du département. Présent vendredi à la réunion de Dzoumogné et décidé lui aussi à mettre tout son poids dans la balance pour débloquer une situation qui risque de déraper, il publiait en fin d’après-midi un communiqué appelant à reprendre le dialogue avec le gouvernement. « L’Etat a fait montre de sa volonté de respecter sa parole, écrit celui qui, jusqu’à il y a peu, n’a guère ménagé l’exécutif. Nous devons à notre tour respecter notre parole et acter que les premières conditions de poursuite du dialogue sont acquises. » Et, en ce qui le concerne, il se dit prêt à « prendre part aux travaux de la mission de haut niveau mise en place par le gouvernement ».
Samedi matin, alors qu’il était attendu à la conférence de presse des élus, il ne s’est pas présenté. Les barragistes de Chiconi, qui avaient été prévenus de son passage et, probablement, dûment chapitrés, ne l’ont pas laissé passer pour rejoindre Mamoudzou. Ce climat de règlements de comptes ne présage rien de bon pour la suite du mouvement. Il risque au contraire d’envenimer la situation et de persuader une partie des forces présentes sur les barrages de s’en retirer, renforçant ainsi l’isolement des plus radicaux. « A la fin, ils seront généraux, mais des généraux sans troupes », note un observateur averti.
Crainte d’une « chasse aux migrants »
Tensions, donc, au sein du mouvement, mais aussi tensions intercommunautaires, dans un climat de violence toujours aussi pesant, malgré les renforts de police et de gendarmerie et une présence accrue des forces de l’ordre sur le terrain, à la fois des opérations de sécurisation et de lutte contre l’immigration clandestine. La préfecture annonçait ainsi, vendredi, que 156 personnes en situation irrégulière avaient été interpellées en deux jours et avoir procédé à 192 reconduites à la frontière.

        Lire aussi :
         

                Mayotte, une île au cœur des flux de populations



Pour autant, des habitants du nord de l’île, notamment à Mtsamboro, organisés en collectif, ont commencé à effectuer des « rondes » afin de débusquer des étrangers en situation irrégulière et les remettre à la gendarmerie. Près d’une centaine de clandestins auraient ainsi déjà été remis aux forces de l’ordre, a assuré un membre de ce collectif. « Ce genre de pratiques, ça n’existe pas dans un département », a déclaré Mme Girardin à l’AFP, invitant les habitants à « laisser les forces de l’ordre faire leur travail ». Les autorités, mais aussi de nombreuses forces associatives, redoutent que, dans ce climat, certains ne se livrent à des « chasses aux migrants ». Des opérations de « décasage » (destruction des constructions illégales) ont d’ailleurs été signalées dans le nord de l’île. Craignant pour leur propre sécurité, plusieurs dizaines d’immigrés auraient préféré se rendre spontanément aux forces de l’ordre. L’intersyndicale, de son côté, déclare « ne pas cautionner ces dérives » et « se dissocier de ces exactions ».
Ces développements témoignent des risques que fait peser une situation explosive et donnent raison à ceux qui, au sein même du mouvement, redoutent qu’elle ne devienne incontrôlable. Dans ce contexte, le premier tour de l’élection législative risque fort de ne mobiliser qu’un faible, très faible, taux de participants. C’est finalement en métropole, à 8 000 kilomètres de là, que ce scrutin aura déclenché les plus vives passions, étant devenu un enjeu de basse politique entre la droite et l’extrême droite. A mille lieues des préoccupations des Mahorais.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/18/19-5">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Les températures devraient descendre en dessous de 0 °C dans la nuit de dimanche à lundi, en particulier dans le Nord-Est de la France.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Le gouvernement annonce une « mobilisation » pour les sans-abri face à une nouvelle vague de froid

Les températures devraient descendre en dessous de 0 °C dans la nuit de dimanche à lundi, en particulier dans le Nord-Est de la France.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 21h42
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 12h21
   





                        



   


Le ministère de la cohésion des territoires a annoncé samedi 17 mars une « mobilisation » des services de l’Etat « pour mettre à l’abri les plus démunis » avec l’arrivée d’une nouvelle vague de froid, qui a conduit à la réactivation du plan « Grand Froid » en Ile-de-France.
Les températures ont commencé à chuter samedi et « la journée de lundi devrait être la plus froide de cette nouvelle vague avec des températures en moyenne 6 à 7 degrés en dessous des normales saisonnières selon Météo France », ont souligné le ministre Jacques Mézard et son secrétaire d’Etat Julien Denormandie dans un communiqué.
En Ile-de-France, où la neige est tombée samedi après-midi, le plan « Grand Froid » a été réactivé par la préfecture de région, offrant 1 677 places d’hébergement d’urgence supplémentaires, qui s’ajoutent aux 4 260 places du plan hiver lancé le 1er novembre, selon le ministère.
Des places ouvertes dans plusieurs régions
La préfecture d’Ile-de-France a fait savoir dans un communiqué que « toutes les équipes de maraudes pédestres, véhiculées, nocturnes seront renforcées pour aller à la rencontre de tous les publics et ce dans les zones les moins accessibles, telles que le bois de Vincennes et les quais de Seine ».
« Des places supplémentaires et un renforcement des maraudes sont également prévus dans les Hauts-de-France, en Centre - Val-de-Loire et en Bretagne », et « dans le Grand Est 264 places de renfort hivernal et 54 places supplémentaires Grand Froid restent ouvertes », a ajouté le ministère.
Pour cette troisième vague de froid de l’année, Météo France prévoit des températures très inférieures aux normales de saison. Un épisode neigeux s’étendra à partir de dimanche soir sur un axe allant des Alpes à la Normandie. Les températures devraient descendre en dessous de 0 °C dans la nuit de dimanche à lundi, en particulier dans le nord-est de la France.

        Lire aussi :
         

                Vague de froid : une nuit avec le SAMU social






                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/18/19-6">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Quelque 500 à 600 migrants errent dans le Calaisis, où ils tentent la nuit de rejoindre la Grande Bretagne.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Un migrant retrouvé mort poignardé à Calais

Quelque 500 à 600 migrants errent dans le Calaisis, où ils tentent la nuit de rejoindre la Grande Bretagne.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 20h19
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 20h39
    |

            Maryline Baumard








                        


Un jeune Afghan de vingt-cinq ans a été retrouvé mort à Calais à 17 h 20 samedi 17 mars sur une aire de covoiturage. Le jeune homme a été tué samedi en fin d’après-midi d’un coup de couteau. Il est décédé à proximité de l’hôpital où une association assure depuis le 6 mars des distributions de repas aux migrants. Son décès a été confirmé par la préfecture. « Aucun élément ne permet de penser qu’il y a un lien entre cet événement tragique et la distribution de repas aux migrants », a précisé Fabien Sudry, préfet du Pas-de-Calais.
Quelque 500 à 600 migrants errent dans le Calaisis. Ils tentent la nuit de passer en Grande Bretagne et ont du mal à se reposer car la police a pour ordre d’éviter tout point de fixation. Ces jeunes gens, majoritairement Érythréens, Éthiopiens et Afghans sont extrêmement fatigués. Le Monde a pu constater sur place début mars leur état d’exaspération face à la destruction récurrente de leurs effets personnels. À l’époque, ils refusaient la nourriture proposée par l’Etat, situation qui semble s’être arrangée depuis.

        Lire aussi :
         

                A Calais, les migrants refusent les repas de l’Etat



Un bilan qui s’alourdit
Déjà le 1er février, une rixe impliquant une centaine de migrants de nationalité afghane et érythréenne avait éclaté après la distribution de repas. Vingt-deux avaient été blessés, dont quatre blessés par balles. Si l’état de santé de trois des blessés s’est depuis largement amélioré, le quatrième, lui, restera tétraplégique.
Cette mort du jour est à ajouter au bilan qui s’alourdit dangereusement ces dernières semaines. Le 14 février, un Pakistanais de 17 ans a été retrouvé mort noyé dans la Seine. Il était pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance, et avait obtenu la protection subsidiaire de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), mais souffrait de graves troubles psychiques. Les associations d’aide aux migrants ont dénoncé le manque de suivi de l’Aide sociale à l’enfance de Paris et le fait qu’un jeune en grande difficulté psychologique soit laissé dans un hôtel.

        Lire aussi :
         

                Calais : une information judiciaire ouverte à la suite des rixes entre migrants



Le 8 février, c’est un Soudanais de trente ans qui a été retrouvé mort devant le Centre de premier accueil de la Porte de la Chapelle à Paris. « Mort de froid, de manque de soin et d’humanité », ont dénoncé les bénévoles qui depuis des mois se relaient pour faire vivre la solidarité et permettre aux migrants de survivre autour d’une action de distribution de petits-déjeuners. Des fleurs ont été déposées sur les blocs de pierre installés l’an dernier par la Ville de Paris pour empêcher les réfugiés de dormir là.
À Paris, les différents comptages évaluent les migrants à 1 500 dans les rues. Le Centre de la Chapelle qui était né sur l’idée d’un accueil inconditionnel va fermer ses portes cette semaine et laisser place à des centres où sera établie une évaluation administrative des situations. La question reste de savoir si les migrants qui ne sont ni demandeurs d’asile, ni réfugiés, ni en situation régulière rejoindront ces centres.

        Lire aussi :
         

                Migrants en hébergement d’urgence : un texte viendra éclairer la circulaire Collomb






                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/18/19-7">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Des banderoles appelaient à une « riposte populaire face au racisme d’Etat, aux violences policières et contre la chasse aux sans-papiers et aux migrants ». Deux mille personnes ont manifesté, selon la Préfecture.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

A Paris, une manifestation contre les violences policières et en soutien aux migrants

Des banderoles appelaient à une « riposte populaire face au racisme d’Etat, aux violences policières et contre la chasse aux sans-papiers et aux migrants ». Deux mille personnes ont manifesté, selon la Préfecture.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 19h52
   





                        


Deux mille personnes, selon la Préfecture de police, ont défilé samedi 17 mars à Paris lors d’une « marche des solidarités » pour dénoncer les violences policières, les discriminations et la politique migratoire du gouvernement qui incarnent selon elles un « racisme d’Etat ».
Des collectifs de soutien aux migrants et aux familles de victimes de violences policières ont ouvert la marche, sous la neige, vers 15 h 00, au départ de la place de l’Opéra.
« Pas de justice, pas de paix », « Police partout, justice nulle part », « Mur par mur, pierre par pierre, nous détruirons vos centres de rétention », ont scandé les manifestants, réunis notamment à l’appel d’associations de soutien aux migrants et aux sans-papiers et d’organisations antifascistes, d’extrême gauche et anarchistes.
Des banderoles appelaient à une « riposte populaire face au racisme d’Etat, aux violences policières et contre la chasse aux sans-papiers et aux migrants », à « l’égalité des droits » et au « retrait du projet de loi asile-immigration ». Non loin, une banderole du NPA (Nouveau Parti anticapitaliste) clamait : « C’est pas les réfugiés, musulmans, roms, sans-papiers qui sont de trop, c’est le racisme ! »

        Lire aussi :
         

                Grande-Synthe : un pas vers un nouveau camp



Soutien aux Kurdes
Des manifestants ont également affiché leur soutien aux Kurdes, notamment à Afrin, ville du nord-ouest de la Syrie encerclée par les forces turques. D’autres ont réclamé « Justiça por Marielle » (« Justice pour Marielle ») en hommage à Marielle Franco, conseillère municipale de Rio de Janeiro tuée à 38 ans lors du mitraillage de sa voiture mercredi alors qu’elle revenait d’un rassemblement pour la promotion des femmes noires.
« C’est un rassemblement contre les violences policières, contre les discriminations, partout dans le monde. Marielle Franco luttait pour les droits des femmes noires, contre le racisme, contre la violence de la police et des militaires, et elle a été assassinée parce qu’elle était un symbole de tout ça », a expliqué Natalia, une étudiante brésilienne.
Un peu plus loin, Martine Davy, 54 ans, est venue dénoncer la politique « anti-migrants » de la France : « Ce n’est pas normal que des gens venus en France pour échapper à la mort meurent de froid chez nous, ce n’est pas normal qu’on enferme des enfants, des bébés dans des centres de rétention ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/18/19-8">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Difficultés d’approvisionnement, impossibilité pour une partie des soignants d’aller travailler… L’unique hôpital du département subit les conséquences des barrages qui paralysent l’île depuis un mois.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

« La situation devient catastrophique sur le plan sanitaire » : l’hôpital de Mayotte tire la sonnette d’alarme

Difficultés d’approvisionnement, impossibilité pour une partie des soignants d’aller travailler… L’unique hôpital du département subit les conséquences des barrages qui paralysent l’île depuis un mois.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 16h55
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 17h26
    |

            Camille Bordenet








                        


« C’est un grand cri d’alarme que je vous adresse. Nous sommes au bord de l’implosion. » L’appel au secours est lancé à plus de 8 000 kilomètres, par une infirmière du Centre hospitalier de Mayotte (CHM), à Mamoudzou. Géraldine se fait l’écho d’une situation devenue critique pour le seul hôpital de l’île et ses structures périphériques, qui subissent de plein fouet les conséquences des barrages paralysant le département depuis près d’un mois.
« En temps normal déjà, nous soignons la population sans distinction dans un quasi-état d’urgence permanent. Nous fonctionnons tout le temps au-delà de nos possibilités techniques et humaines. Mais aujourd’hui, avec les blocages, c’est pire encore. La situation devient catastrophique sur le plan sanitaire », alerte l’infirmière de 41 ans, qui raconte une détresse partagée par l’ensemble de ses collègues soignants, « à bout ».

        Lire aussi :
         

                Crise à Mayotte : Girardin promet une réorganisation des services de l’Etat, les blocages se poursuivent



« Nos stocks sont quasiment à zéro »
« Nous faisons face à d’importantes difficultés d’approvisionnement puisque le principal stock de médicaments est bloqué au port de Longoni [l’unique port de commerce par lequel transite quasiment toutes les importations de l’île], témoigne le Dr Sophie Olivier, présidente de la commission médicale d’établissement (CME). On commence à manquer de tout : de médicaments (antidouleurs, antibiotiques), d’oxygène, de matériel médical, tenues du personnel, linge, couches-culottes pour bébé… Nos stocks sont quasiment à zéro. Et les déchets ne sont plus évacués. » Une situation qui laisse craindre la pénurie de certains produits, si le port demeurait bloqué trop longtemps.
Autre conséquence des blocages : la difficulté du personnel pour se rendre au travail. « Plus d’un tiers manque tous les jours à l’appel à cause des difficultés de circulation, ou parce qu’ils ne peuvent pas s’approvisionner en carburant. Certains marchent plusieurs heures pour venir à pied », relate la directrice du CHM, Catherine Barbezieux.
« En sous-effectifs au-delà du possible »
Pour ceux présents à l’hôpital et sursollicités depuis un mois, l’épuisement est palpable. « Nous enchaînons les jours de travail pour assurer un service minimum et remplacer ceux qui ne peuvent venir. Tous les jours nous sommes en sous-effectifs au-delà du possible, témoigne Géraldine. Nous nous sentons démunis, seuls, désemparés. »
Les équipes sont à pied d’œuvre pour faire face à ce que tous qualifient de « crise sanitaire ». Les cellules de crise sont quotidiennes, week-end compris… L’établissement a mis en place des navettes maritimes pour le personnel, des logements à disposition pour ceux qui ne peuvent pas rentrer chez eux et a demandé à d’autres de se rendre sur un poste plus proche de leur domicile. « Système D » oblige, certains s’hébergent aussi les uns les autres. L’hôpital vient également de faire appel au soutien de la réserve sanitaire.
Mais davantage que pour leurs conditions, les soignants s’inquiètent surtout pour les malades bloqués chez eux sans possibilité de venir se faire soigner. Notamment pour ceux atteints de pathologies lourdes ou chroniques, qui nécessitent des traitements et des examens réguliers, ou pour la population d’enfants drépanocytaires, « dont la prise en charge de la douleur n’est pas assurée de manière efficiente », souligne le Dr Olivier, qui rappelle également que l’île connaît actuellement une épidémie de bronchiolites, qui touche beaucoup d’enfants en bas âge. « Il n’y a pas non plus de solution de substitution, puisque les cabinets libéraux, peu nombreux, sont tout aussi difficiles d’accès. Quant aux pharmacies, elles ont les mêmes difficultés d’approvisionnement. » 
« Je suis écœurée pour les patients, lâche Géraldine. Et même pour ceux qui parviennent à atteindre l’hôpital, les services sont saturés. Des blocs sont annulés par manque de personnel qualifié sur place. Le plateau technique fonctionne au ralenti, les ambulanciers ne peuvent plus assurer correctement les transports à cause des barrages et de la pénurie d’essence. »
Difficultés pour les évacuations sanitaires
Les barrages entraînent, en effet, des difficultés pour les évacuations sanitaires. Malgré des instructions du collectif à la tête du mouvement pour laisser passer les véhicules de secours, le Dr Philippe Durasnel, chef du pôle des urgences, réanimation et SMUR et vice-président de la CME, fait état de « véhicules ayant été bloqués sur certains barrages ». « Il est arrivé que certains manifestants vérifient la nationalité des patients dans l’ambulance et que nos personnels soient pris à partie quand il s’agissait d’étrangers », déplore-t-il.
Les services d’urgences ont également constaté la mort de deux enfants en bas âge à leur domicile ces derniers jours, et la question se pose de savoir si elles ont un lien plus ou moins direct avec la situation de blocage de l’île.

        Lire aussi :
         

                A Mayotte, la base relance la guerre des barrages



« On s’attend à un afflux massif de patients »
La communauté médicale de l’hôpital déplore une situation d’autant plus « préoccupante » que la « crise sanitaire existe déjà en temps normal », dans un département qui souffre d’une pénurie criante de personnel soignant dans tous les domaines, et où l’hôpital public assure l’essentiel de l’offre de soins.
Autre corollaire de la désertification médicale : « en cas de crise, on ne peut compter que sur nos propres ressources, puisque il n’y a pas d’autres structures publiques ou privées, pointe la directrice. L’établissement le plus proche susceptible de nous dépanner est à 2 000 km, à La Réunion ». Cette dernière s’inquiète aussi que cette crise sociale, comme les précédentes, n’aggrave plus encore la difficulté à attirer et fidéliser du personnel soignant à Mayotte – dissuadés notamment par l’insécurité et la faiblesse du niveau scolaire.

        Lire aussi :
         

                Mayotte : « Notre île coule sans que l’on puisse agir »



Les soignants appréhendent également la levée des blocages. « Quand la situation de l’île reprendra un cours normal, on s’attend à être débordés par un afflux massif de patients, dans un état très dégradé parce qu’ils n’auront pas pu être soignés pendant des semaines », explique le Dr Durasnel. Une situation que l’hôpital avait déjà connue lors des précédentes crises qui ont secoué Mayotte, en 2011 et en 2016. Pour faire face, les équipes préparent un plan de sortie de crise.
Reste cette amertume, unanimement partagée : « cela fait des années qu’on alerte sur la situation sanitaire criante de l’île et les difficultés de l’hôpital. En vain », déplore le Dr Sophie Olivier.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/18/19-9">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Un dispositif exceptionnel a été activé dans 97 hôpitaux sur 650 pour répondre à un afflux de patients depuis début mars. Faute de lits, beaucoup passent la nuit sur des brancards.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Les urgences hospitalières confrontées à une surchauffe inhabituelle sur l’ensemble du territoire

Un dispositif exceptionnel a été activé dans 97 hôpitaux sur 650 pour répondre à un afflux de patients depuis début mars. Faute de lits, beaucoup passent la nuit sur des brancards.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 06h37
    |

            François Béguin








                        


Confrontées à un afflux de patients âgés et à un manque de lits d’hospitalisation, les urgences explosent. Selon des chiffres fournis par le ministère de la santé vendredi 16 mars, 97 hôpitaux sur les 650 - publics ou privés - comportant une structure d’urgences avaient, au 13 mars, activé le plan « hôpital en tension », un dispositif qui permet notamment de libérer des lits dans les différents services en reportant des opérations programmées. Une saturation inhabituelle à cette époque de l’année.

        Lire aussi :
         

                « Ras-le-bol », « découragement », « perte de sens » : le malaise de l’AP-HP



Depuis le début du mois, dans les services d’urgences adultes des établissements de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), le taux d’occupation est aussi en augmentation, selon l’heure de la journée, de 15 % à 25 % par rapport au taux moyen en 2016, soit « pratiquement le niveau observé au pic des épidémies hivernales ». Par comparaison, ces deux dernières années, le taux d’occupation en mars était proche du taux moyen annuel (soit + 5 % environ).
Un autre indicateur a également viré au rouge : le nombre de passages de personnes de plus de 75 ans dans les hôpitaux de l’AP-HP a enregistré ces sept derniers jours des hausses comprises entre 8 % et 20 % par rapport à la même période l’année dernière. Dans un prestigieux hôpital parisien, un médecin urgentiste explique avoir été ce mois-ci « en situation de crise permanente ». « Nous n’avons plus de salle d’examen disponible et nous examinons donc les patients dans les couloirs », raconte-t-il sous le couvert de l’anonymat.
« L’hôpital est en train de s’écrouler »
Le phénomène touche toute la France. « On a l’impression de revivre la canicule de 2003, témoigne Pierre Mardegan, le responsable des urgences à l’hôpital de Montauban. Devoir hospitaliser entre 25 et 30 personnes âgées par jour, je n’ai jamais connu ça en vingt ans d’exercice. » Signe de la gravité de la crise, au centre hospitalier de Bourges, il a été expressément demandé aux habitants « de ne venir aux urgences qu’en cas de nécessité absolue ».
A Strasbourg, les syndicats FO et CFTC ont dénoncé une situation « extrêmement critique » et ont lancé un appel à la grève à partir du 20 mars. « Depuis une semaine, c’est la catastrophe », assure Mathias Wargon, le chef des urgences de l’hôpital Delafontaine, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). « On ne prend pas de risque vital avec les patients, mais ce n’est pas de la bonne médecine », regrette-t-il.

        Lire aussi :
         

                Accueil des patients de psychiatrie : au CHU de Saint-Etienne, la parole se libère



« Ça craque de partout, l’hôpital est en train de s’écrouler », juge Christophe Prudhomme, porte-parole de l’association des médecins urgentistes de France et membre de la CGT. « Cette situation est le signe que le modèle hospitalier est au bout du bout et qu’il doit se réorganiser », abonde François Braun, le président de Samu-Urgences de France. Pour mesurer l’ampleur du phénomène, son organisation a mis en place un dispositif de comptage quotidien – sur la base du volontariat – du nombre de personnes admises aux urgences ne trouvant pas de lits d’hospitalisation.
« Dysfonctionnements »
Le résultat est édifiant : entre le 10 janvier et le 9 mars, sur une centaine de services d’urgences (sur un total de 650), plus de 15 000 patients ont passé la nuit sur un brancard, faute de lit d’hospitalisation. « En extrapolant à tous les services, cela représente près de 100 000 patients en deux mois », précise M. Braun. Cette surcharge « entraîne une augmentation de la mortalité de 9 % pour tous les patients et de 30 % pour les patients les plus graves », affirme Samu-Urgences de France, dans un communiqué. La médiatisation de décès survenus ces derniers jours dans plusieurs services d’urgences saturés ont d’ailleurs mis en lumière la situation de crise dans ces hôpitaux. A Reims et à Rennes, des enquêtes judiciaires ont même été ouvertes.
A quoi attribuer cette fréquentation inhabituelle ? La direction de l’AP-HP fait valoir que « ces derniers jours, l’épidémie de grippe saisonnière, marquée par une proportion plus importante de souche virale B, impacte davantage la population âgée, ce qui a entraîné une augmentation des hospitalisations pour pathologies respiratoires ».

        Lire aussi :
         

                Martin Hirsch : « A l’hôpital, il y a un sentiment qui va de la lassitude à la souffrance »



L’hypothèse d’un effet grippe ne suffit pas aux urgentistes. « Le pic de l’épidémie était mi-janvier », assure M. Braun. « On est en dehors de tout épisode épidémique, la situation n’est donc pas liée uniquement à cela », complète M. Mardegan, à Montauban. Pour ces médecins, un tel degré d’engorgement est d’abord la conséquence de toute une série de « dysfonctionnements » de l’hôpital. Alors que la population est vieillissante et que les médecins de ville sont de moins en moins nombreux et accessibles, ils font valoir que l’hôpital ne s’est pas réorganisé en conséquence et ne dispose pas de suffisamment de lits d’hospitalisation générale pour accueillir des personnes âgées polypathologiques.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/18/19-10">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ A l’ouverture de la quatrième journée d’audience du procès, la présidente du tribunal a tancé les prévenus et l’avocat Jérémie Assous.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Tarnac : « Si vous voulez un vrai procès, il faut changer votre façon de faire »

A l’ouverture de la quatrième journée d’audience du procès, la présidente du tribunal a tancé les prévenus et l’avocat Jérémie Assous.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h27
    |

            Henri Seckel








                        



                                


                            

Pendant quelques heures, vendredi 16 mars, on a presque cru qu’on assisterait désormais à un procès normal. Après trois premières journées marquées par une agitation qui n’aurait pas duré trois minutes dans n’importe quelle autre affaire, la salle des criées avait retrouvé un semblant de sérénité. La veille au soir, la présidente Corinne Goetzmann avait reproché à l’intarissable Julien Coupat et à son turbulent avocat, Me Jérémie Assous, de « monopoliser la parole » et de « créer la confusion » en se défendant sur des points qui n’avaient pas encore été évoqués. « Le tribunal perd pied », s’était-elle agacée.

Alors, vendredi, la quatrième journée d’audience s’est ouverte par un subtil rappel à l’ordre. « J’ai bien conscience qu’il y a chez les prévenus une colère qui avait besoin d’être exprimée compte tenu de l’ancienneté des faits et du traitement de cette affaire. C’est pourquoi il m’a semblé important de leur laisser une place pour s’exprimer. Les débats ont été plutôt atypiques – le mot est faible –, mais ce n’est pas de cette façon que doit se dérouler un procès pénal », a lancé Corinne Goetzmann, soulignant au passage, si l’ambiance potache des premiers jours l’avait fait perdre de vue, que certains prévenus risquaient cinq ans de prison.
La zizanie est revenue
Effet immédiat. Hormis quelques tentatives de coup d’éclat vite réprimées, « Tarnac » a alors été un procès comme un autre, avec une présidente qui préside, des parties qui participent quand c’est leur tour, et un public qui s’ennuie. Et puis, au fil des heures et de l’évocation de points cruciaux que Julien Coupat enrageait de ne pouvoir contester, la zizanie de la veille est revenue.
Si bien qu’à 23 heures, juste avant d’envoyer tout le monde en week-end, la présidente a dû faire, à nouveau, la police de l’audience : « Malgré mes interventions, les débats ne se déroulent pas comme nous le souhaitons. Que les prévenus...




                        

                        


<article-nb="2018/03/18/19-11">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Un rapport publié le 1er mars relevant l’accueil indigne des patients du pôle de psychiatrie a provoqué un choc au sein du centre hospitalier de Saint-Etienne.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Accueil des patients de psychiatrie : au CHU de Saint-Etienne, la parole se libère

Un rapport publié le 1er mars relevant l’accueil indigne des patients du pôle de psychiatrie a provoqué un choc au sein du centre hospitalier de Saint-Etienne.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 10h49
    |

                            Vincent Charbonnier (Saint-Etienne, correspondant)








                        



                                


                            
On n’avait peut-être jamais autant parlé du CHU de Saint-Etienne. Jeudi 1er mars, la publication d’un rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), qui révélait l’indignité de la prise en charge des patients de psychiatrie aux urgences générales, a été relayée par les journaux, les radios, les télés. Après le choc, la parole a commencé à se libérer. Quant aux soignants, ils ont le sentiment d’être déconsidérés dans leur travail.
Malgré les mails envoyés par des cadres dès le 28 février, veille de la publication du rapport, pour inciter les personnels à ne pas parler aux journalistes, certains ont tenu à s’exprimer. Timidement, anonymement. « On a reçu plus d’informations par la presse qu’en interne », déplore un infirmier, dont le blog remporte son petit succès : 4 000 vues et 500 partages sur Facebook. « Mon souci n’est pas de désavouer, mais d’expliquer », observe celui qui est revenu dans un post sur les contentions abusives aux urgences, l’usage disproportionné de l’isolement en psychiatrie, le manque de moyens humains.

Des mesures d’urgence ont été prises : aménagement de « salons d’apaisement » et de quelques lits supplémentaires, sas entre les urgences générales et les urgences psychiatriques pour éviter la relégation des patients dans les couloirs des premières. Autant de réponses dilatoires, selon lui.
Mépris
« Pour nous, la publication du rapport a été un soulagement. On s’est dit : “Ça y est, l’abcès est crevé. Ça va faire bouger les choses.” » Pour ces trois infirmiers rencontrés au domicile de l’un d’eux, loin du CHU, les recommandations du CGLPL ont été perçues comme un « coup de pied dans la fourmilière ». Eux aussi trouvent « anormal et inadmissible qu’on fasse peser sur les patients un manque de moyens ». Sans vouloir incriminer « les personnels des urgences qui, faute de temps, ne peuvent guère faire autrement que...




                        

                        


<article-nb="2018/03/18/19-12">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ La nuit du sabotage de la ligne TGV était l’objet de l’audience, vendredi.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Tarnac : le « PV 104 », atout et faiblesse de l’accusation

La nuit du sabotage de la ligne TGV était l’objet de l’audience, vendredi.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h19
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 11h12
    |

            Henri Seckel








                        



                                


                            

Parmi les nombreuses curiosités que charrie « l’affaire de Tarnac », celle-ci : la pièce maîtresse de l’accusation est aussi celle de la défense. Il s’agit du « PV 104 », procès-verbal d’une filature de dix-neuf heures entre le 7 et le 8 novembre 2008 sur la Mercedes de Julien Coupat et Yildune Lévy, accusés d’avoir saboté une ligne de TGV, cette nuit-là, en Seine-et-Marne.
Pour le procureur, les sept pages de ce document actent la présence des suspects à proximité immédiate du lieu du sabotage, quelques minutes avant sa commission. Pour les prévenus et leurs avocats, plusieurs invraisemblances disqualifient la pièce, et font tomber l’accusation. Le « PV 104 » était au menu, vendredi 16 mars, d’une audience attendue, et à peine plus calme que les précédentes, qui a permis aux différentes thèses sur le déroulement de la nuit fatidique de s’affronter.

La présidente du tribunal Corinne Goetzmann commence par concéder « un certain nombre de critiques tout à fait pertinentes » soulignées par la défense. L’une des plus spectaculaires concerne un policier présent toute la nuit sur la filature en Seine-et-Marne, selon le procès-verbal, et qui se trouvait au même moment dans son bureau de Levallois-Perret, à 60 kilomètres de là : un autre PV rédigé à 3 h 13 dans la commune des Hauts-de-Seine porte sa signature. « Aucune explication n’a été donnée au sujet de cette incohérence », dit la présidente.
« Pas très adroit »
Le procureur en livre une : ce policier a bien fait l’intégralité de la filature, et c’est en venant au bureau le lendemain qu’il a constaté l’arrivée, dans la nuit, à 3 h 13, d’un fax dont il fallait faire un PV. Or, en pareil cas, « on indique l’heure à laquelle est arrivé le fax, pas l’heure à laquelle on rédige le PV, explique le procureur. Ce n’est évidemment pas très adroit, mais c’est la façon dont fonctionne la police. » Le public rit. La défense grimace.
A l’aide d’une carte...




                        

                        


<article-nb="2018/03/18/19-13">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Pour le directeur général de l’AP-HP, la contrainte budgétaire ne sera supportable qu’avec des transformations profondes de l’hôpital.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Martin Hirsch : « A l’hôpital, il y a un sentiment qui va de la lassitude à la souffrance »

Pour le directeur général de l’AP-HP, la contrainte budgétaire ne sera supportable qu’avec des transformations profondes de l’hôpital.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h08
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 10h49
    |

            François Béguin








                        



                                


                            

Quelques jours après avoir annoncé que le déficit de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) serait supérieur à 200 millions d’euros pour 2017, Martin Hirsch, son directeur général, répond aux inquiétudes des soignants et appelle à des « évolutions majeures » des modes de fonctionnement.
Que dites-vous aux médecins et aux personnels qui s’inquiètent d’une baisse des effectifs et d’une dégradation des conditions de travail ?
Après trois ans d’affilée de réduction du déficit, l’année 2017 a été atypique, avec une activité stable et des dépenses que nous n’avons pas ajustées à temps. Le plan que nous mettons en place repose d’abord sur des économies sur les médicaments auxquelles tous adhèrent, et un gel de 0,5 % de la masse salariale que tous redoutent. C’est dur à supporter, mais cela ne met pas en péril l’AP-HP ni la prise en charge des malades. Pour que cela ne pèse pas là où les besoins sont les plus forts, nous organisons, avec les présidents de communauté médicale, une revue des services que nous aurions dû réorganiser plus tôt, pour le faire vite.

Y a-t-il un malaise chez les soignants ?
Incontestablement, et nous en avons pleinement conscience. Il traduit ce que j’appelle la « mue douloureuse » de l’hôpital, avec un sentiment qui va de la lassitude à la souffrance, mais qui ne remet pas en cause l’attachement au service public. Quand nous avons rédigé collectivement les valeurs de l’AP-HP en 2017, c’est clairement ce qui ressortait : « Les valeurs, nous les avons, mais nous avons l’impression de ne pas pouvoir travailler en accord avec elles. »
Ce malaise est-il dû à la tarification à l’activité, qui pousse à faire plus d’actes pour maintenir l’équilibre financier ? L’hôpital est-il arrivé « au bout d’un système », comme le dit la ministre de la santé ?
La tarification concentre toutes les critiques...




                        

                        


<article-nb="2018/03/18/19-14">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Parmi les 12 400 médecins et les 53 800 personnels des 39 établissements du « navire amiral » de la santé publique en France, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer un hôpital au bord du « désastre ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 16/03/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« Ras-le-bol », « découragement », « perte de sens » : le malaise de l’AP-HP

Parmi les 12 400 médecins et les 53 800 personnels des 39 établissements du « navire amiral » de la santé publique en France, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer un hôpital au bord du « désastre ».



Le Monde
 |    17.03.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 14h56
    |

            François Béguin








                        



                                


                            
L’hôpital public, pour elle, c’est terminé. A la fin du mois, après douze années comme infirmière de bloc opératoire dans un hôpital de la banlieue parisienne de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Agathe (tous les prénoms ont été modifiés) va raccrocher la blouse. A 43 ans, elle se dit « fatiguée » et « triste » d’avoir dû se résoudre à ce choix. Il y a huit ans, le service d’obstétrique où elle travaille effectuait 2 800 accouchements par an. Il en fait aujourd’hui 900 de plus, à effectif constant. « Ils ont fait de notre service une usine, raconte-t-elle. On nous presse, on nous stresse, on nous demande du rendement… La chef de service nous rappelle constamment que, si on ne fait pas tel chiffre d’activité, on nous réduira les postes… » 
A quelques kilomètres de là, dans un établissement parisien de l’AP-HP, Pascale, une aide-soignante de 35 ans, songe, elle aussi, parfois, à démissionner. Elle dénonce l’évolution « négative et dangereuse » du métier qu’elle exerce depuis treize ans. « Pour payer mes études, j’avais bossé à McDo. Toute la journée, on entendait : “On y va ! On y va !” J’ai retrouvé ça au bloc ces dernières années. On n’a plus le temps de discuter avec les patients angoissés avant une opération… »
« Injonctions contradictoires » des tutelles
Ce constat d’un hôpital « sous pression », « à flux tendu », « rationné », Agathe et Pascale sont loin d’être les seules à le faire parmi les 12 400 médecins et les 53 800 personnels soignants paramédicaux et socio-éducatifs qui font tourner les 39 établissements de l’AP-HP, le « navire amiral » de l’hôpital public en France. L’« AP », c’est une institution, un morceau du patrimoine national, un concentré des atouts et des faiblesses de l’hôpital public – et donc un bon résumé de ses tensions actuelles. On y trouve aussi bien la Pitié-Salpêtrière que l’hôpital mastodonte Georges-Pompidou, le vieil Hôtel-Dieu,...




                        

                        


<article-nb="2018/03/18/19-15">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Les débats ont été recadrés vendredi. Le tribunal a analysé le procès-verbal de surveillance, qui a révélé de nombreuses incohérences.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Procès Tarnac : la pièce centrale de l’accusation disséquée

Les débats ont été recadrés vendredi. Le tribunal a analysé le procès-verbal de surveillance, qui a révélé de nombreuses incohérences.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 06h06
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 12h25
   





                        


Pièce centrale pour l’accusation, le document est considéré comme un faux par la défense. Au procès Tarnac, le tribunal a passé, vendredi 16 mars, au crible le procès-verbal (PV) de surveillance de Julien Coupat et Yildune Lévy la nuit du sabotage d’une ligne SNCF.
La présidente Corinne Goetzmann a d’abord tenu à recadrer les débats après les débordements des premiers jours, où certains prévenus sont parvenus par leurs interpellations, questionnements et affirmations, à imposer leur tempo.
« J’ai bien conscience que, dans ce procès, il y a chez certains prévenus une colère qui avait besoin de s’exprimer, c’est la raison pour laquelle il m’a semblé important de leur laisser [la parole], ce qui fait que les débats ont été plutôt atypiques. »
« Ce n’est pas comme cela que doit se dérouler un procès pénal, il faut pouvoir discuter des éléments de preuve, s’écouter », a-t-elle lancé. « Ce procès est une affaire sérieuse », a insisté Corinne Goetzmann, soulignant l’aspect « fondamental dans l’architecture du dossier » de ce procès-verbal.

        Lire aussi :
         

                Procès Tarnac : « Le tribunal perd pied… »



De nombreuses incohérences
Le PV détaille la surveillance de Julien Coupat et de Yildune Lévy par des policiers de l’antiterrorisme (SDAT) et du renseignement intérieur (DCRI). Combien étaient-ils ? Entre 15 et 20, selon les témoignages. De quels moyens matériels disposaient-ils ? Secret défense.
Engagée le 7 novembre à 11 h 10 à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), la filature prend fin le 8 novembre peu avant 6 heures après le retour du couple à Paris. Entre-temps, la Mercedes empruntée par le couple au père de Coupat sera vue en train d’effectuer des allers-retours durant la nuit sur les routes de Seine-et-Marne. Les policiers affirment avoir observé le véhicule « stationné tous feux éteints à l’entrée d’une voie de service » de la SNCF, en contrebas de la ligne TGV où un crochet en fer a provoqué l’avarie d’un train.

        Lire aussi :
         

                Procès de Tarnac : le Comité invisible, dix ans de subversion



Celui qui est présenté comme le théoricien de la communauté libertaire de Tarnac (Corrèze) et sa compagne d’alors sont pour cela poursuivis pour dégradation d’une ligne SNCF, des faits passibles de cinq ans de prison et 75 000 euros – et non plus pour terrorisme.
Mais le PV présente de nombreuses incohérences : les policiers disent avoir vu le véhicule passer sous l’autoroute A4 alors que la route passe au-dessus et un policier qui aurait participé à la filature a, à la même heure, signé un PV au siège de la SDAT à Levallois-Perret, près de Paris.
Un PV « adapté » selon Coupat
Le procureur Olivier Christen a tenté de justifier ces erreurs, expliquant que l’auteur du PV l’avait rédigé dans les 24 heures à partir de ses notes et de cartes. Il a affirmé que l’autre policier a bien participé à la filature mais a maladroitement validé par la suite un fax parvenu cette même nuit à la SDAT.
Appelée à la barre, Yildune Lévy a raconté être partie en voiture avec Coupat parce qu’ils se sentaient suivis à Paris et pour se retrouver ensemble : « Cette surveillance créait un sentiment de peur et nous conduisait à faire des choix un peu absurdes. »

        Lire aussi :
         

                Ouverture du procès Tarnac : « M. Coupat, est-il indispensable que vous preniez votre goûter pendant l’audience ? »



Très vite, le couple se rend compte, sur les petites routes de Seine-et-Marne, qu’il est toujours pisté. « La seule chose dont je me souviens aujourd’hui, c’est de l’hôtel du Mouflon d’or », où ils n’avaient pu trouver de chambre pour la nuit, et de la pizzeria Bella Vita où ils se sont restaurés. Elle évoque aussi un « câlin » dans la voiture avec Coupat « pour se réchauffer » : « On a éclaté de rire et l’on s’est dit : “Ce week-end, c’est trop la loose”. »
« Ce qui s’est passé n’est pas mystérieux », explique Coupat. « Les policiers ont fait une filature jusqu’à minuit, puis ils sont allés se coucher. Mais, le lendemain, ils se sont dit : “aïe”, en découvrant les sabotages aux infos », alors ils ont adapté leur PV « pour insinuer que nous avons un rapport avec tout ça ». Il met en cause « le bon sens » de l’accusation : « des gens qui cherchent un hôtel et se savent suivis sont peu susceptibles de se rendre coupables d’un sabotage. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/18/19-16">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Pour l’écrivaine sénégalaise Ndèye Fatou Kane, les propos d’un philosophe justifiant le viol à la télévision sont révélateurs de l’impunité qui règne dans une société sexiste.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤         

Point de vue

Sénégal : « Silence, on viole ! »

Pour l’écrivaine sénégalaise Ndèye Fatou Kane, les propos d’un philosophe justifiant le viol à la télévision sont révélateurs de l’impunité qui règne dans une société sexiste.

Par                Ndèye Fatou Kane



LE MONDE
              datetime="2018-03-16T22:29:19+01:00"

        Le 16.03.2018 à 22h29






    
Sur un marché de Dakar, la capitale sénégalaise, en juillet 2015.
Crédits : SEYLLOU/AFP


Tribune. Le professeur Songué Diouf, enseignant en philosophie et chroniqueur dans l’émission « Jakaarlo Bi », diffusée tous les vendredis soirs sur la chaîne de télévision TFM, a jeté un pavé dans la mare. Dans ce programme hebdomadaire de près d’une heure, s’enchaînent pêle-mêle les interventions du présentateur, de ses invités et des chroniqueurs. La règle que tout ce beau monde observe est l’absence d’écoute. Tous les sujets sont « débattus » dans un capharnaüm indescriptible.

        Lire aussi :
         

                « Au Sénégal, nous avons construit une société où être femme est un supplice »



S’exprimant sur la recrudescence des viols au Sénégal, le professeur Songué Diouf a suggéré le 9 mars de « couper la poire en deux », jetant l’opprobre sur les victimes d’abus sexuels. Selon lui, celles-ci ne peuvent s’en prendre qu’à elles-mêmes, car leur habillement « obscène » et leurs atours justifient que les hommes ne puissent se retenir de commettre l’irréparable.
Le plus consternant est que la seule femme présente ce soir-là sur le plateau n’a pas émis la moindre parole de protestation. A part quelques timides réactions d’autres intervenants et des rires gênés, personne n’a osé contredire le professeur, l’encourageant ainsi à continuer sur sa lancée.
Un voile épais sur le sujet du viol
Au moment de l’éclatement de l’affaire Weinstein et de l’émergence des hashtags #MeToo et #BalanceTonPorc, un pays m’intéressait : le Sénégal. Je m’étonnais de la faiblesse des réactions de mes compatriotes ou de leur absence. Pourtant, dans les colonnes de faits divers des journaux, s’étalent quotidiennement les sordides histoires d’abus sexuels subis par les petites filles, les jeunes femmes et même, parfois, les vieilles dames.
Après avoir participé au mouvement de masse et partagé largement #MeToo et #BalanceTonPorc sur les réseaux sociaux, ce qui n’est pas mauvais en soi, je me suis interrogée sur le regard à porter sur les viols commis au sein même de la société sénégalaise, le plus souvent dans le sutura le plus absolu – sutura signifie discrétion en wolof, ou propension à masquer, à maquiller, laissant croire que tout va bien.

        Lire aussi :
         

                Des Marocaines racontent harcèlement et agressions sexuelles dans une minisérie web



Pour surfer sur la tendance et transposer l’effet tsunami de #MeToo au Sénégal, j’avais lancé le hashtag #BalanceTonSaïSaï (« balance ton pervers ») qui, après quelques discussions houleuses – le plus souvent suscitées par des hommes –, fut mort-né. D’autres initiatives telles que #Nopiwouma (« je ne me tais pas ») ont vu le jour, mais le voile pudique qui recouvre le sujet du viol est si épais que l’on peine à le soulever.
S’y ajoute le fait que l’on a peur de dénoncer ces pères de famille respectables et respectés, notables de leur quartier, imams, oncles, frères, qui se soulagent sur leurs filles, disciples, nièces, sœurs… Dans la plupart de ces cas, on intime à la victime l’ordre de se taire, de ne pas déposer de plainte, sous peine de faire éclater la cellule familiale.
Le mal est dans les maisons
Au Sénégal, le mal est dans les maisons. Il opère insidieusement, brisant la victime qui doit non seulement vivre avec le traumatisme d’un rapport sexuel non consenti, mais aussi subir le regard insistant de tous, car c’est elle, la fautive, après tout… Elle n’avait qu’à se couvrir ! Il n’est pas rare de lire dans les comptes rendus de procès, si procès il y a, que la mère ou une autre femme de la famille était au courant des agissements du bourreau, mais ne voulait pas le dénoncer.
La victime devient en quelque sorte le bourreau, car il y aurait bien une explication à cet acte contre nature : une poitrine trop précocement développée, un bout de cuisse qui dépasse ou un arrière-train volumineux. Ce qui fait que le violeur ne peut se retenir, le pauvre !
On pourrait même extrapoler sur ce qu’il convient d’appeler la culture du viol au Sénégal en faisant une incursion dans le monde professionnel. Combien sont-ils, patrons, directeurs des ressources humaines, à abuser de jeunes femmes avec la promesse de contrats mirobolants ? Vers qui ces âmes en peine se tourneront-elles, dans une société où une jeune femme violée a forcément fait ou dit quelque chose pour subir ces assauts ?

        Lire aussi :
         

                #metoo : le vertige de la vie d’après pour les victimes d’agressions sexuelles



Les paroles du professeur Songué Diouf, en plus d’être choquantes et inacceptables, renseignent finalement sur l’état d’esprit de beaucoup de Sénégalais concernant le viol. Ainsi, quand il est question des violences sexuelles, les femmes de ce pays sont – même si des exceptions existent – étrangement aphones.
Mais dans une société où le sutura et le muugn sont érigés en valeurs cardinales, pourquoi s’en étonner ? Le muugn pourrait être assimilé à la propension à endurer stoïquement les épreuves. Un trait de caractère très valorisé chez les femmes qui, associé au sutura, conditionne ces dernières à continuer de prendre sur elles.
Pour se rendre compte de l’ampleur des faits, il suffit d’écouter la radio ou de parcourir la colonne des faits divers des journaux : on viole, on harcèle, on violente impunément les femmes, sœurs, cousines, belles-filles et même filles, on bafoue leur dignité, sans aucune sanction. Mais il faut que cela cesse ! Tant que nous n’arriverons pas à mener à bien ce changement, des propos tels que ceux du professeur Songué Diouf provoqueront encore rires gênés et divisions. En attendant, silence, on viole !
Ndèye Fatou Kane est une blogueuse sénégalaise. Egalement romancière, elle a publié Le Malheur de vivre (L’Harmattan, 2014), puis participé à l’ouvrage collectif Franklin, l’insoumis (La Doxa, 2016). Son dernier livre, l’essai Vous avez dit féministe ?, est paru aux éditions de L’Harmattan en mars 2018.


<article-nb="2018/03/18/19-17">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Patrick Roger, journaliste au service politique du « Monde », actuellement à Mayotte, a répondu aux questions des internautes lors d’un tchat, vendredi.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

« L’Etat a pour devoir d’assumer les conséquences de la départementalisation de Mayotte »

Patrick Roger, journaliste au service politique du « Monde », actuellement à Mayotte, a répondu aux questions des internautes lors d’un tchat, vendredi.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 19h12
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 20h34
   





                        



   


Depuis quatre semaines, le 101e département français est secoué par une importante contestation sociale. Une grève générale touche l’île depuis le 20 février, avec au centre des revendications des Mahorais la question de l’insécurité et des conditions de vie.
Lors d’un tchat, vendredi 16 mars, Patrick Roger, journaliste au service politique du Monde, actuellement à Mayotte, a répondu aux questions des internautes.

        Lire aussi :
         

                Ce qu’il faut retenir de la situation à Mayotte



Youpi : Pouvez-nous nous décrire le climat sur place ? On entend beaucoup le discours de peur des Moharais, qui ne se sentent pas en sécurité. Mais qu’en est-il des violences contre les migrants ?
Patrick Roger : Le climat ici est extrêmement tendu. La peur de la population mahoraise est réelle : depuis mon arrivée, je n’ai pas rencontré une seule personne qui ne se soit pas fait agresser, dérober quelque chose ou cambrioler. Plus personne ou presque ne sort la nuit. Les bandes rivales font régner la terreur chaque nuit dans les quartiers, malgré le renforcement de la présence et des patrouilles des forces de l’ordre. Cela ne doit pas faire oublier, pour autant, les risques de représailles, voire pire. Déjà, depuis deux ans, on a assisté à des opérations de « décasage » menées par des habitants pour déloger des clandestins de leurs constructions sauvages.  Récemment a eu lieu le procès de plusieurs individus qui avaient carrément procédé à un lynchage de deux jeunes soupçonnés d’avoir dérobé une télévision. Et cette nuit même a été retrouvé un corps roué de coups sur une plage de l’ouest de Mayotte. Celui-ci n’a pas encore été identifié et une enquête a été ouverte. Il suffit d’une étincelle pour que Mayotte s’embrase. Certains syndicalistes n’hésitent pas à mettre en garde contre les risques d’une guerre civile.
Hubert BDLB : Quelles sont les revendications concrètes des grévistes ? Quelle est la situation concernant les négociations ?
La plate-forme élaborée par l’intersyndicale, le collectif des citoyens et les élus, comporte 61 propositions, portant à la fois sur la restauration de l’autorité de l’Etat (bien affaiblie il est vrai) et la sécurité des citoyens, le renforcement des moyens de la justice et l’« implication de la société civile et des collectivités dans le maintien de l’ordre public et la protection de l’enfance », c’est-à-dire la reconnaissance des associations agissant dans ces domaines, un « plan Marshall » pour Mayotte, avec notamment un fonds exceptionnel de rattrapage de 1,8 milliard d’euros sur 10 ans, la valorisation de Mayotte et de ses atouts culturels.
Lors de la rencontre qui a eu lieu mardi soir 13 mars entre la ministre des outre-mer, Annick Girardin, et une délégation du mouvement, une quinzaine de dispositions en matière de sécurité et de lutte contre l’immigration clandestine ont été acceptées, en sus des mesures de renforcement et d’effectifs supplémentaires que la ministre avait annoncées plus tôt. Mais, depuis, la situation est de nouveau bloquée et les barrages continuent, une partie du mouvement ayant rejeté ces avancées.
Pierre : Vous semble-t-il possible de ne pas adopter une mesure qui remette en cause le droit du sol à Mayotte ? Une procédure de changement total du statut de l’île semble-elle possible à moyen terme ?
Le gouvernement évoquait récemment une possible évolution du statut de la maternité de Mayotte pour en faire une « maternité internationale », posant ainsi la question de son extraterritorialité. Cette option pourrait permettre au gouvernement de contourner la question du droit du sol pour les enfants nés à Mayotte de parents étrangers.
Mais selon Serge Slama, professeur de droit public à l’université de Grenoble, cette option est inenvisageable car elle serait anticonstitutionnelle.

        Lire aussi :
         

                Mayotte : donner un statut international à la première maternité de France est-il réaliste ?



Webdomi : Comment sortir d’une crise latente depuis de nombreuses années alors que les conflits d’intérêts, les détournements de fonds, les emplois fictifs illustrent cette île depuis bien trop longtemps, avec des autorités préfectorales dépassées et on pourrait dire sans aucun contrôle ni conseils de la France métropolitaine ?
Je comprends que Mayotte puisse apparaître comme un puits sans fond et la situation inextricable. Conflits d’intérêts, détournements de fonds, corruption et autres malversations sont réels. Mais il ne faut pas oublier que Mayotte n’est devenue un département français que depuis sept ans. Même si on peut regretter les conditions, l’impréparation plutôt, dans lesquelles s’est opérée cette départementalisation, l’Etat a pour devoir d’en assumer les conséquences. Et ce qui manque dramatiquement ici, ce sont justement des services de l’Etat à la hauteur des défis et des exigences de rattrapage pour éviter que Mayotte ne sombre. Le personnel politique mahorais, pour une large part, a lui-même été plus que déficient.
Mais émerge aujourd’hui, y compris au sein de ce mouvement, une nouvelle génération d’intellectuels, de responsables associatifs et syndicaux, et dans les milieux économiques, qui représentent en partie l’avenir de Mayotte.
Trantsyx : On peut lire souvent dans les commentaires des articles concernant Mayotte des personnes prônant la rétrocession de Mayotte aux Comores. Est-ce réalisable (et souhaitable) ?
Les gouvernements comoriens font courir la fausse idée que l’avenir de Mayotte ne serait que dans l’union des Comores et exhibent pour ce faire des résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies n’ayant aucune valeur contraignante. La revendication comorienne sur Mayotte vise plutôt à faire oublier l’état d’impéritie totale dans lequel se trouve ce pays. Aucune solution durable, toutefois, ne pourra être trouvée sans établir des accords de coopération bilatéraux avec les Comores.
Catherine : Pour la France, à part les eaux territoriales et un pied dans cette région du monde, qu’apporte Mayotte ?
C’est effectivement un point d’appui stratégique dans la région, y compris en termes de systèmes d’interception dont le Royaume-Uni souhaite continuer à pouvoir bénéficier : c’est un élément en balance dans les discussions en cours sur le Brexit. Mais il ne faut pas s’arrêter à cela. La pêche dans l’océan Indien représente 800 000 tonnes de poisson et 2 milliards d’euros par an. Lorsque la France a négocié la PAC à Bruxelles elle a mis sur la table, en contrepartie des aides pour ses agriculteurs, des autorisations de pêche dans les eaux territoriales mahoraises pour les pêcheurs espagnols et italiens.
L’agriculteur limousin ou auvergnat doit une partie du maintien de ses aides aux ressources halieutiques de Mayotte. Ce département est aussi une formidable réserve écologique, hélas terriblement dégradée aujourd’hui, où l’on trouve des essences et des espèces rares endémiques. Ce que le gouvernement français ne s’est pas privé d’utiliser comme argument lors de la COP21.

        Lire aussi :
         

                Mayotte, une île au cœur des flux de populations



Gautier : On parle souvent de la « base » : qui la compose ? Est-elle vraiment représentative de l’opinion de l’ensemble de la population ? De fait, les barrages sont tenus par un petit nombre d’individus dont le pouvoir de nuisance est très fort…
Un mouvement de cette nature, bien entendu, ne saurait représenter toute la population. Et des manifestations d’exaspération de plus en plus fortes s’expriment car le mouvement, incontestablement, a empiré les difficultés de la vie quotidienne. Y compris en termes de sécurité. Ce mouvement est comparable, en ampleur, à celui de 2011 contre la vie chère. Les collectifs d’associations de citoyens en sont à l’origine, rejoints par l’ensemble des syndicats réunis en intersyndicale mais aussi par une partie des milieux économiques, qui ont participé à l’élaboration de la plate-forme.
Dans une telle diversité, des dissensions se font jour. La durée du mouvement a aussi tendance à accroître la fatigue, l’énervement et les crispations. Dans cette situation, les éléments les plus radicaux semblent avoir pris la main depuis deux jours, ce qui a ramené à cette situation de blocage. Mais en ce moment même se tient à Dzoumonié, dans le nord de l’île, une nouvelle réunion de l’ensemble des dirigeants du mouvement et des élus de tous bords pour tenter une nouvelle fois de calmer le jeu.
Kat : Comment se fait-il que le déplacement sur place de la ministre des outre-mer, Annick Girardin, ait été si mal perçu par les habitants ?
Il était d’abord incroyablement mal organisé. J’ignore comment Annick Girardin avait été briefée par ses services et ceux de la préfecture mais j’ai rarement vu une telle impréparation. Il est même miraculeux qu’il n’y ait pas eu d’incidents plus sérieux. Il faut lui reconnaître aussi du cran et des accents sincères dans ses propos. Je pense qu’elle a une réelle volonté de faire avancer les choses mais elle mérite d’être mieux accompagnée et soutenue par l’ensemble de l’exécutif, alors que j’ai le sentiment que, au sommet de l’Etat, s’exercent des influences contradictoires.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/18/19-18">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Renée fait bénéficier son infirmière de plusieurs assurances-vie ; Raymond lègue ses biens à son médecin ; Nicole fait un testament en faveur de sa psychanalyste. Neveux et compagne contestent ces legs, en invoquant l’article 909 du code civil.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ 
<article-nb="2018/03/18/19-19">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Le procureur de la République de Paris a toutefois demandé au ministère des affaires étrangères des précisions sur le statut du camp dans lequel ces femmes sont censées se trouver.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Les plaintes des parents de françaises détenues en Syrie classées sans suite

Le procureur de la République de Paris a toutefois demandé au ministère des affaires étrangères des précisions sur le statut du camp dans lequel ces femmes sont censées se trouver.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 17h14
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 18h28
   





                        



   


Les plaintes visant l’Etat français, déposées en janvier par les avocats des familles de trois Françaises qui avaient rejoint l’organisation Etat islamique en Syrie et sont aujourd’hui détenues au Kurdistan syrien avec leurs enfants, ont été classées sans suite, a annoncé une source judiciaire, vendredi 16 mars, confirmant une information du Le Parisien.
Le procureur de la République de Paris, François Molins, a cependant demandé au ministère des affaires étrangères le statut du camp dans lequel elles sont censées se trouver et questionné l’autorité administrant le camp, ajoute-t-on de même source. S’agit-il d’un camp de personnes déplacées ou de prisonniers ? Une précision nécessaire pour établir si l’infraction de détention arbitraire peut être caractérisée. Elle viserait alors les geôliers kurdes de ces femmes. Selon une source judiciaire, le Quai d’Orsay n’a pas encore répondu à cette demande d’information.
Dans leurs plaintes, les avocats s’appuient sur l’article 432-5 du code pénal, selon lequel une personne dépositaire de l’autorité publique qui a connaissance d’une détention illégale ou arbitraire et ne fait rien pour y mettre fin, est elle-même coupable d’une infraction. Les autorités françaises en sont clairement la cible, même si la plainte est portée « contre X ».

        Sur les plaintes :
         

          Des parents de djihadistes français arrêtés en Syrie déposent plainte pour « détention arbitraire »



Dans un courrier adressé le 19 février aux avocats Marie Dosée, William Bourdon, Marc Bailly et Martin Pradel, M. Molins estime que l’infraction réprimée par l’article 432-5 du code pénal n’est pas caractérisée. Il s’appuie sur le fait que la France n’a plus de représentation diplomatique en Syrie et n’a pas, en la matière, les moyens d’agir sur un théâtre de conflit armé.
Les avocats contestent
Dans leur réponse à M. Molins, datée du 7 mars, les quatre avocats contestent cette analyse. Ils invoquent le fait que « la France a reconnu l’existence d’un “Kurdistan syrien” à travers la bouche de son porte-parole, Benjamin Griveaux » et rappellent que Jean-Yves Le Drian avait confirmé, il y a deux ans, quand il était ministre de la défense, la présence de forces spéciales françaises en Syrie.
Ils estiment, en outre, que la demande d’information du procureur de la République au Quai d’Orsay est « la parfaite démonstration qu’aucune vérification nécessaire (…) n’a été diligentée par les autorités françaises, pourtant parfaitement informées de la situation » de leurs clientes.
Ils réaffirment encore que rien, à leurs yeux, ne justifie que leurs clientes soient maintenues en captivité, quelle que soit la nature du camp où elles sont retenues. Ils se réservent le droit, en cas de classement sans suite, de prendre toute initiative de nature à garantir ceux de leurs clientes.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/18/19-20">
<filnamedate="20180318"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180318"><AAMMJJHH="2018031819">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Si les formules politico-poétiques tracées sur les murs du Quartier latin montrent le désir, alors largement partagé, de changer la vie, ils ne sauraient représenter l’état d’esprit des 10 millions de personnes qui ont pris part au mouvement.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les slogans résument-ils l’esprit de Mai 68 ?

Si les formules politico-poétiques tracées sur les murs du Quartier latin montrent le désir, alors largement partagé, de changer la vie, ils ne sauraient représenter l’état d’esprit des 10 millions de personnes qui ont pris part au mouvement.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 18h08
    |

                            Marion Rousset








                        



                                


                            

C’était le printemps. A côté des rangées de platanes bien taillés, des aphorismes ont soudain fleuri sur les murs comme pousse la mauvaise herbe, aussi piquants qu’un chardon des champs, aussi légers qu’un pissenlit duveteux, aussi poétiques qu’un coquelicot au bord d’une autoroute. « Il est interdit d’interdire », « Sous les pavés, la plage », « Jouissez sans entraves », « Ne perdez pas votre vie à la gagner », « L’imagination au pouvoir », « Tout, tout de suite » : ces slogans poético-politiques restent enracinés dans la mémoire collective telle une trace vivace de l’esprit de Mai.
Cerveaux créatifs
Leur succès a contribué à orienter la vision d’une révolution placée sous le signe du refus de l’autorité, de l’individualisme, de la libération sexuelle, de l’éloge du présent. Et l’on oublie ce faisant que l’on ne doit pourtant leur existence qu’à quelques cerveaux créatifs : « La plupart ont été inventés par une toute petite minorité, qu’on a appelée les “enragés de Nanterre”. Moins d’une dizaine de personnes dont les idées étaient celles de l’Internationale situationniste », assure l’historienne Michelle Zancarini-Fournel. A savoir, Guy Debord, René Viénet, René ­Riesel, Raoul Vaneigem, Mustapha Khayati… qui tiennent le premier comité d’occupation de la Sorbonne. C’est Viénet en personne qui aurait peint : « L’humanité ne sera heureuse que quand le dernier bureaucrate sera pendu avec les tripes du dernier capitaliste. » Et c’est à Debord que l’on doit d’avoir tracé à la craie « Ne travaillez jamais », pour la première fois, rue de Seine, en 1953.
« Ces slogans ne sont pas représentatifs de l’état d’esprit des 10 millions de participants. Le registre d’un ouvrier de La Rochelle ou d’ailleurs n’était pas forcément le même que celui des situationnistes », reconnaît l’historienne Ludivine Bantigny. De fait, les tracts qui circulent dans les usines en grève et au sein des organisations d’extrême gauche...




                        

                        

