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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Afin de rebondir après la sortie de l’Union européenne , Londres se rêve en terre d’accueil des capitaux des pays émergents. Mais la place financière doit trouver le bon équilibre entre son désir d’ouverture et le maintien de régulations qui ont fait sa réputation.
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La City après le Brexit : la tentation du grand large

Afin de rebondir après la sortie de l’Union européenne , Londres se rêve en terre d’accueil des capitaux des pays émergents. Mais la place financière doit trouver le bon équilibre entre son désir d’ouverture et le maintien de régulations qui ont fait sa réputation.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 17h00
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

En quelques petites phrases, Khalid A. Al-Falih a fait souffler un vent d’espoir sur la City, jeudi 8 mars. Dans une interview à CNN, le ministre de l’énergie de l’Arabie saoudite a assuré que Londres conservait une vraie chance de remporter l’introduction en Bourse de Saudi Aramco, la plus grosse société pétrolière au monde, le joyau de la couronne saoudienne. « Depuis le début, [Londres] est dans la course et elle le reste. » Et New York, qu’on murmurait favorite ? « Les poursuites judiciaires y sont une vraie inquiétude pour nous. Cinq compagnies pétrolières y ont été poursuivies pour des raisons frivoles de changement climatique. Franchement, Saudi Aramco est trop gros et trop important pour le royaume pour faire face à ce genre de risque. »
Saudi Aramco, le joyau de la couronne saoudienne, devrait être valorisée entre 1 000 et 2 000 milliards de dollars, devenant d’emblée la première société cotée mondiale
M. Al-Falih n’a fait aucune promesse. Ses déclarations positives sont à prendre avec prudence, faisant partie d’une offensive de charme de l’Arabie saoudite, lors de la visite officielle de Mohammed Ben Salman, le très influent jeune prince de 32 ans, héritier désigné de la couronne. Il est de toute façon possible que Saudi Aramco renonce à son introduction en Bourse et préfère une vente privée à quelques gros investisseurs. Mais dans cette affaire démesurée, les enjeux sont tels que chaque mot est scruté à la loupe.
Personne n’est certain des actifs exacts de l’entreprise, mais Saudi Aramco devrait être valorisée entre 1 000 et 2 000 milliards de dollars, devenant d’emblée la première société cotée mondiale. Dans son programme d’ouverture économique, le royaume saoudien envisage d’en mettre 5 % en Bourse, soit un maximum de 100 milliards. « En comparaison, une grosse opération en Bourse, c’est généralement 5 ou 6 milliards. Aucune place financière ne peut se permettre de laisser passer Saudi Aramco »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Quelque 110 millions d’électeurs russes étaient appelés à voter, dimanche 18 mars, pour une élection sans grand suspense qui devrait voir la réélection de Vladimir Poutine.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ ONG et opposants dénoncent des cas de fraude dans plusieurs régions du pays, dimanche, à l’occasion de l’élection présidentielle.
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Des irrégularités signalées lors de la présidentielle en Russie

ONG et opposants dénoncent des cas de fraude dans plusieurs régions du pays, dimanche, à l’occasion de l’élection présidentielle.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 17h03
   





                        



   


Des fraudes et des irrégularités, dont il est difficile de déterminer l’ampleur, ont émaillé le scrutin présidentiel russe, dimanche 18 mars. L’ONG russe Golos, spécialisée dans la surveillance des élections, faisait état peu avant 18 heures, heure de Moscou (16 heures, heure de Paris) de 2 288 cas d’irrégularités, parmi lesquelles des cas de bourrages d’urnes, des votes multiples ou des entraves au travail des observateurs. Ces chiffres, qui comprennent également des fautes de procédure, sont invérifiables.
Le mouvement du principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, empêché de se présenter au scrutin et qui affirme avoir dépêché plus de 33 000 observateurs dans les bureaux de vote, a, lui, rapporté des centaines de cas de fraudes dans plusieurs régions du pays. Quelque 150 observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sont également déployés dans le pays.
La présence de webcams dans les bureaux de vote a permis de documenter les fraudes les plus grossières et les plus visibles, même si nombre de caméras n’ont pas les urnes dans leur champ de vision. Plusieurs sites d’opposition ou de médias répertoriaient dimanche les vidéos montrant des irrégularités.

Bourrage des urnes, épisode 2. Après la Tchétchénie, en #Iakoutie aussi... De nombreux bureaux de vote étant désorm… https://t.co/NLmbSzTUHt— mandraud (@Mandraud Isabelle)


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Dans cette autre vidéo, on voit un homme glisser plusieurs bulletins dans une urne d’un bureau du Daghestan :

Ces fraudes ne sont pas réservées aux régions reculées du Caucase ou d’Extrême-Orient, où elles sont traditionnellement plus nombreuses. Une vidéo diffusée à la mi-journée montrait ainsi un très classique bourrage d’urne dans un bureau de vote de la banlieue de Moscou. Ce dernier cas a été reconnu comme irrégulier par la Commission électorale centrale et les bulletins ont été annulés.

L’opposant Navalny avait aussi montré dans une vidéo, avant le jour de l’élection, la facilité avec laquelle des membres de son équipe avaient obtenu plusieurs bulletins chacun, à la faveur de la procédure permettant, sur simple demande, de voter hors de son bureau de vote traditionnel. Cette pratique, dite du « carrousel », permet des votes multiples par une même personne.
Ces cas signalés sont encore loin des fraudes massives qui avaient émaillé le scrutin législatif de décembre 2011, et dans une moindre mesure la présidentielle de mars 2012. A l’époque, l’indignation soulevée par ces fraudes s’était transformée en un mouvement de contestation long et massif. Ce précédent fait office de repoussoir pour le Kremlin, qui cherche à tout prix à éviter qu’un tel scénario se reproduise. Pour cela, la consigne d’éviter les fraudes trop visibles, en premier lieu dans les grandes villes, a été passée aux autorités locales.

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                Vote en Russie : les élections de 2011-2012, l’épouvantail du pouvoir russe



La participation, enjeu majeur de la présidentielle russe
Cette année, l’enjeu principal pour le pouvoir réside dans la participation. Un chiffre inférieur à celui de 2012 (65,27 %) sonnerait comme un désaveu pour Vladimir Poutine, qui entend légitimer sa politique de confrontation permanente avec l’Ouest.
C’est sur cet aspect que l’accent a été particulièrement mis pour ce scrutin, opportunément placé à la date anniversaire de l’annexion de la Crimée, entérinée par la Douma le 18 mars 2014. Dimanche, des témoignages faisaient état d’électeurs transportés dans les bureaux de vote par autocars entiers, sous la conduite de la police.
Les moyens utilisés pour attirer les électeurs sont variés : distribution de sandwichs, de bons de réduction, organisation de loteries, marchés alimentaires à prix cassés ou encore tenue parallèle de référendums ou de consultations locales, par exemple sur les horaires scolaires. La correspondante de France 24 en Russie a, de son côté, rapporté avoir reçu « en cadeau », après avoir voté, une place de concert gratuite.
Des « reçus » attestant la participation au vote
En amont, la mobilisation des électeurs avait aussi été assurée. Golos s’est inquiétée notamment d’informations faisant état de contraintes exercées par des employeurs ou des universités forçant leurs employés et leurs étudiants à voter non pas à leur lieu de domicile mais sur leur lieu de travail ou d’études, « où l’on peut contrôler leur participation au scrutin ».
Ces pratiques sont particulièrement répandues dans le secteur public et dans certaines grandes entreprises, où les employés doivent faire la preuve de leur vote, comme par exemple la photo de leur bulletin. Des « reçus » attestant la participation au vote ont aussi été distribués de manière inhabituelle dans plusieurs bureaux.
Une vidéo diffusée samedi sur les réseaux sociaux montrait les infirmières d’une maternité expliquer aux parturientes qu’elles « devaient » voter. Dans une autre, on voit des nonnes dans un couvent remplir leur bulletin sous l’œil de leur mère supérieure.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ La région est sans gouvernement depuis la déclaration d’indépendance ratée en octobre.
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Catalogne : des milliers d’anti-indépendantistes veulent un retour à la « sagesse »

La région est sans gouvernement depuis la déclaration d’indépendance ratée en octobre.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 15h25
   





                        



   


« Maintenant plus que jamais, sagesse ! » C’est sous ce slogan que des milliers de personnes opposées à l’indépendance de la Catalogne ont défilé, dimanche 18 mars, dans les rues de Barcelone, alors que la région se retrouve sans gouvernement depuis octobre et la déclaration d’indépendance ratée.
Les manifestants ont parcouru la capitale catalane en brandissant les drapeaux de l’Espagne, de la Catalogne et de l’Union européenne, à l’appel de la Société civile catalane (SCC), avec le soutien des partis anti-indépendantistes.
« Nous voulons un gouvernement pour tous les Catalans, pas seulement pour les indépendantistes (…), un gouvernement qui laisse enfin derrière lui ce cauchemar du processus séparatiste », a lancé Alex Ramos, président de la SCC.

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                En Catalogne, l’heure du bilan économique de la crise politique



« L’Europe a besoin d’une Espagne unie, c’est le message de l’Europe », a déclaré de son côté l’ex-premier ministre français d’origine catalane Manuel Valls. « Il ne peut y avoir ni médiation ni appui possible aux séparatismes. »
La situation politique est bloquée en Catalogne depuis les élections régionales du 21 décembre, qui ont donné aux indépendantistes la majorité au Parlement régional. Mais les partis séparatistes n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur un candidat à la présidence de la région qui ne soit pas actuellement en détention ou sous le coup d’un mandat d’arrêt pour sédition à la suite de la déclaration d’indépendance d’octobre.
Tant qu’elle n’a pas de gouvernement, cette région de 7,5 millions d’habitants continue à être gouvernée par Madrid.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Dresde, Saint-Pétersbourg, Moscou, Sotchi… ces quatre villes incarnent les ambitions de Vladimir Poutine, qui brigue un quatrième mandat à la tête du plus grand pays du monde.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Les villes qui ont façonné Vladimir Poutine

Dresde, Saint-Pétersbourg, Moscou, Sotchi… ces quatre villes incarnent les ambitions de Vladimir Poutine, qui brigue un quatrième mandat à la tête du plus grand pays du monde.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 17h00
   





                        



   


A l’occasion d’une élection sans suspense, que Vladimir Poutine est pratiquement sûr de remporter, Le Monde dresse un portrait du président russe à travers quatre villes qui l’ont façonné. De Dresde, où il fut officier du KGB, à Saint-Pétersbourg, sa ville natale, en passant par Moscou, le siège du pouvoir, et par la station balnéaire de Sotchi, retour sur le parcours du chef d’Etat à la tête du plus grand pays du monde depuis dix-huit ans.
A Dresde, sur les traces de l’agent Poutine (1/4)
Vladimir Poutine officie comme agent du renseignement à Dresde de 1985 à 1990, sous le pseudonyme de « l’officier Platov », en référence à un général russe qui commanda les troupes cosaques contre Napoléon. Son travail consiste à recueillir des renseignements sur les hommes politiques et « les ennemis potentiels ».
C’est dans cette région de la Saxe allemande que l’officier met en pratique la formation reçue dans les années précédentes au KGB. A 32 ans, il y réalise son rêve d’adolescent : se couler dans la peau d’un « agent de communication », infiltrer des réseaux et rendre compte au « Centre », Moscou. En 1989, c’est depuis Dresde qu’il vit la « plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle », la dislocation de l’URSS, dont il a la primeur.
Poutine et la « bande » de Saint-Pétersbourg (2/4)
Vladimir Poutine est né à Saint-Pétersbourg, alors Leningrad, dans une famille modeste – son père travaillait dans une usine ferroviaire –, vivant dans un appartement communautaire.
En 1990, après cinq années à Dresde, il revient à Leningrad avec le grade de lieutenant-colonel du KGB, dans une ville sens dessus dessous. D’interminables files d’attente se forment devant les magasins, les étalages restent vides, les tickets de rationnement sont la norme. Poutine comprend que son monde s’est effondré. A 38 ans, il rejoint l’université dans laquelle il a autrefois étudié le droit en tant qu’adjoint du recteur.
Un ami lui conseille de rejoindre Anatoli Sobtchak, tout juste élu à la tête du Lensoviet, le conseil municipal de Leningrad. Vladimir Poutine devient son assistant et démissionne du KGB en 1991. Cette année-là, Leningrad retrouve son nom de Saint-Pétersbourg et, en juin, Sobtchak en devient le premier maire élu. Au sein de la mairie, Vladimir Poutine se forge un réseau qui s’imposera au sommet de l’Etat au tournant des années 2000.
Poutine, l’homme de Moscou (3/4)
Vladimir Poutine entre au Kremlin comme simple collaborateur, en 1996, de la tentaculaire administration présidentielle instituée par Boris Eltsine. En moins de trois ans, il apprend vite les codes de la capitale et s’impose aux avant-postes de la scène politique. Il est nommé en 1998 directeur du FSB, les services qui ont succédé au KGB. Poursuivant son ascension, Poutine devient premier ministre en 1999, puis est élu à la tête du Kremlin le 23 mars 2000.
« Nous allons remettre de l’ordre », promet-il d’emblée. Il commence par la Tchétchénie, en lançant une intervention militaire après une série d’attentats attribués à des Tchétchènes. Puis il s’attaque aux oligarques et aux médias. Tout se passe sans heurts, ou presque, car, dans le même temps, le niveau de vie de la population s’élève. La « verticale du pouvoir », un terme qu’il emploie lui-même en s’adressant à la nation en 2000, devient la marque du poutinisme. Tout part du haut, avec un seul chef et ses fidèles à la manœuvre.
Sotchi, le « Poutine World » (4/4)
Vladimir Poutine a choisi Sotchi, ville à la frontière avec l’Abkhazie, pour incarner ses ambitions internationales. Il en fait sa capitale bis, où il reçoit, à plus d’un millier de kilomètres de Moscou, les dirigeants du monde.
La ville accueille les Jeux olympiques d’hiver de 2014, un projet pharaonique dans lequel des milliards de dollars sont engloutis. Autoroutes, ponts, hôtels et stades surgissent de terre en un temps record.
C’est dans cette station balnéaire que se manifestent une partie des tensions internationales autour de la crise ukrainienne, en 2014, lors des Jeux olympiques, puis en 2017-2018, sur la guerre en Syrie : le 22 novembre 2017, l’ancien sanatorium Lénine sert de cadre à la rencontre entre le président russe et ses homologues turc et iranien. En janvier 2018, le Congrès pour la paix en Syrie, organisé dans la ville entièrement pavoisée avec le drapeau du régime de Damas, échoue.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ La contestation qui suivit les élections législatives de décembre 2011, entachées par la révélation de fraudes massives, reste une question sensible pour le Kremlin.
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Vote en Russie : les élections de 2011-2012, l’épouvantail du pouvoir russe

La contestation qui suivit les élections législatives de décembre 2011, entachées par la révélation de fraudes massives, reste une question sensible pour le Kremlin.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 17h01
    |

                            Dorine Goth








                        



   


Dimanche 18 mars, 110 844 277 électeurs russes sont invités à élire le président de la Fédération de Russie. Si la victoire de Vladimir Poutine fait peu de doute, le déroulement du scrutin reste une question sensible pour le Kremlin. Un précédent, qui fait office de repoussoir, hante encore les esprits : la contestation qui suivit les élections législatives de décembre 2011. La révélation de fraudes massives avait alors poussé des dizaines de milliers de personnes à descendre dans la rue, et avait obligé le pouvoir à affronter sa crise politique la plus sérieuse et la plus longue de l’ère Poutine. Cette année, le Kremlin a tout fait pour se prémunir contre la répétition de scénario.
Les fraudes
Le 4 décembre 2011, le parti de Vladimir Poutine, Russie unie, récolte 49,32 % des suffrages. Une victoire modeste, derrière laquelle se cachent de fortes disparités : au Daghestan, dans le Caucase, le parti du pouvoir obtient 91,44 % des voix ; en Mordovie (Russie centrale), 91,62 % ; et en Tchétchénie, record absolu, 99,48 %. Rapidement, il apparaît que les fraudes ne concernent pas seulement ces territoires excentrés où les autorités locales cherchent à briller aux yeux de Moscou.

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                De 2000 à aujourd’hui, la mainmise électorale de Poutine et de Russie unie



Le lendemain du vote, les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) dénoncent des fraudes électorales « fréquentes », confirmant les conclusions de l’ONG russe Golos, spécialisée dans l’observation électorale. Surtout, des dizaines de vidéos illustrant ces fraudes, filmées avec leur téléphone par de simples citoyens, apparaissent sur Internet. Cela va du simple bourrage d’urne à des méthodes plus inventives. Au choix : l’encre effaçable, qui permet de changer le vote sur un bulletin, ou encore la méthode dite « du carrousel ». Le subterfuge consiste à payer des électeurs afin de les faire voter dans différents bureaux. Un manège bien rôdé qui permet, par exemple, à la Tchétchénie d’atteindre un taux de participation de 99 %.
Si ce n’est pas la première fois que des soupçons d’irrégularité pèsent sur une élection en Russie, sa visibilité est sans précédent, démultipliée par le pouvoir des réseaux sociaux, que les autorités ont sous-estimé. « Une fraude si grossière et d’une telle ampleur était unique, se souvient Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du centre Russie-Nouveaux Etats indépendants de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Le pouvoir s’en cachait à peine. »
Des manifestations sans précédent
L’indignation monte progressivement. Dans les jours suivant le vote, de petits rassemblements ont lieu dans plusieurs villes de Russie. Une semaine après la proclamation des résultats, la place Bolotnaïa, au pied du Kremlin, est noire de monde. Estimée à vingt-cinq mille personnes par la police, et entre cinquante mille et quatre-vingt mille par l’opposition, la foule scande : « Députés, nous n’avons pas voté pour vous ! » Le rassemblement est inédit par sa taille et par sa nature, fédérant bien au-delà des cercles traditionnels de l’opposition.
« Pour la première fois, la classe moyenne descendait dans les rues pour demander un renouvellement de la classe politique jusqu’à la démission de Vladimir Poutine », explique la chercheuse. Le choc est d’autant plus important pour le pouvoir que cette classe moyenne qui s’est constituée durant les années de prospérité du régime Poutine, à la faveur de l’envolée du prix des hydrocarbures, constitue son socle électoral. Vladimir Poutine, alors premier ministre, y voit une trahison.
Le pouvoir, qui compte sur l’essoufflement du mouvement, le traite par le dédain. Mais le 24 décembre 2011, cent vingt mille Moscovites, selon l’opposition, bravent le froid et s’agglutinent sur l’avenue Sakharov. Dans les rangs des contestataires, le ton est de plus en plus dur. Parmi les orateurs, l’avocat et blogueur anticorruption Alexeï Navalny fait sensation et s’impose peu à peu comme l’un des principaux opposants à Vladimir Poutine.
Le mouvement se poursuit de façon sporadique jusqu’à l’élection présidentielle du 4 mars 2012, à Moscou et dans une moindre mesure en province. Le parallèle avec les manifestations qui se déroulent à la même époque dans plusieurs pays arabes est dressé, tant dans le camp des opposants que du côté du pouvoir. Dès décembre, le Kremlin accuse les Etats-Unis d’orchestrer la protestation et de payer les manifestants. Unique concession, il annonce l’installation de webcams censées empêcher les fraudes dans les bureaux de vote.
Le 4 mars, alors que la contestation n’est pas entièrement endiguée, 65 % des électeurs se rendent aux urnes, et Vladimir Poutine est élu dès le premier tour avec 64 % des voix. Si le phénomène de fraude est moins massif, « des irrégularités de procédures ont été observées », dit l’OSCE. En Tchétchénie, Poutine obtient 99,8 % ; à Novossibirsk, en Sibérie, les opposants remarquent que les bulletins dépouillés représentent 146 % de la population.
Le 6 mai 2012, veille de l’investiture du président élu, et alors que le mouvement semble s’être essoufflé depuis la réélection du président, les abords de la place Bolotnaïa se remplissent. Le dernier sursaut de l’onde contestataire, dans une ambiance tendue.
La reprise en main du Kremlin
Ce jour-là, la réponse violente des forces de l’ordre sonne le glas des espoirs de l’opposition. Deux cent cinquante personnes (selon les autorités) sont arrêtées. La condamnation de vingt-huit des manifestants à des peines allant jusqu’à quatre ans de prison, dans les mois qui suivent, marque définitivement la reprise en main du régime. Cette répression est complétée par l’adoption progressive d’une série de lois — cinquante depuis 2012, selon le relevé de la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’homme) — réduisant la liberté d’expression ou les capacités de mobilisation de l’opposition, à commencer par une législation nouvelle contre « l’extrémisme ». Le contrôle des médias est resserré.
Dans le même temps, note Tatiana Kastouéva-Jean, une certaine libéralisation est amorcée, avec le retour du scrutin direct pour l’élection des gouverneurs (avec néanmoins des mécanismes de présélection des candidats), un assouplissement des règles d’enregistrement des partis politiques et l’abaissement du quota de signatures pour se présenter à l’élection présidentielle.

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                Présidentielle russe : « Le principal atout de Poutine, c’est l’absence d’une alternative jugée crédible »



La priorité, surtout, est d’assurer le bon déroulement des journées de scrutin, avec celui du 18 mars en ligne de mire. « Des consignes ont été données afin de limiter les fraudes les plus visibles, dit la chercheuse. C’est désormais en amont que le contrôle s’exerce. » En premier lieu, le choix des candidats : le principal opposant, Alexeï Navalny, n’a pas été autorisé à se présenter du fait de condamnations passées. Tout aussi important, l’encadrement des votes, une vieille tradition héritée de l’époque soviétique : « Des instructions sont données dans certains organismes publics. Le jour du scrutin, les électeurs devront prendre en photo leur bulletin de vote et l’envoyer à un responsable. »
La Russie en a-t-elle fini avec les fraudes ? Dans une vidéo publiée à la veille du scrutin, l’équipe d’Alexeï Navalny montrait avec quelle facilité l’un de ses membres avait pu obtenir le droit de voter dans plusieurs bureaux de vote. Pour ce 18 mars, date anniversaire de l’annexion de la Crimée par la Russie, l’opposition tente de mobiliser des milliers de volontaires, en complément du travail effectué par quelque cent cinquante observateurs internationaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Assuré d’être réélu, Vladimir Poutine n’a quasiment pas fait campagne. L’opposition signale des irrégularités, telles que des bourrages d’urnes ou des votes multiples.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/03/2018
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Election présidentielle en Russie : participation en hausse, selon la commission électorale

Assuré d’être réélu, Vladimir Poutine n’a quasiment pas fait campagne. L’opposition signale des irrégularités, telles que des bourrages d’urnes ou des votes multiples.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 17h46
    |

                            Le Monde.fr (avec Isabelle Mandraud)








                        



   


Dimanche 18 mars, 108 968 869 électeurs russes sont appelés aux urnes pour le premier tour de l’élection présidentielle qui voit s’affronter huit candidats, sept hommes et une femme. Un scrutin dans lequel l’actuel président, Vladimir Poutine, est grand favori, et qui survient au cœur de nouvelles tensions entre la Russie et plusieurs pays occidentaux.
Selon la Commission électorale, la participation globale s’établissait à 14 heures, heure locale (12 heures, heure française) à 34,72 %, soit davantage que lors du précédent scrutin de 2012 à la même heure. L’agence de presse publique TASS a pour sa part fait état de taux de participation dépassant 60 %, voire 70 %, dans les régions de l’Extrême-Orient russe, où le vote s’est terminé plus tôt en raison du décalage horaire.
Fraudes et incitations au vote
L’ONG Golos, spécialisée dans la surveillance des élections, dresse sur son site Internet une carte des fraudes montrant en début d’après-midi 2 033 cas d’irrégularités, tels que du bourrage d’urnes, des cas de votes multiples ou des entraves au travail des observateurs.
Le principal opposant au Kremin Alexeï Navalny – déclaré inéligible par la commission électorale –, a dépêché plus de 33 000 observateurs dans les bureaux de vote. Dès dimanche matin, il a diffusé une vidéo présentée comme montrant un bourrage d’urne dans un bureau de vote en Extrême-Orient, et sur lequel la commission électorale a promis d’enquêter.
La correspondante du Monde, Isabelle Mandraud, rapportait sur son compte Twitter des bourrages d’urnes signalés en Tchétchénie et en Iakoutie.

Bourrage des urnes, épisode 2. Après la Tchétchénie, en #Iakoutie aussi... De nombreux bureaux de vote étant désorm… https://t.co/NLmbSzTUHt— mandraud (@Mandraud Isabelle)


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Faute de suspense et vu les appels au boycottage d’Alexeï Navalny, le Kremlin a tout fait pour que la participation, seul véritable baromètre de ce scrutin, soit aussi forte que possible dimanche. Les autorités ont mené des campagnes massives d’information et d’incitation au vote, facilitant le vote hors du lieu de résidence mais aussi, selon des médias, en faisant pression sur les fonctionnaires ou les étudiants pour aller aux urnes. Des militants de l’opposition ont fait état dimanche d’électeurs amenés en bus dans les bureaux de vote par la police ou de coupons de réductions distribués aux citoyens se rendant aux urnes.
L’organisation Golos a de son côté rapporté des informations faisant état de contraintes exercées par des employeurs ou universités forçant employés et étudiants à voter non pas dans le bureau correspondant à leur lieu de domicile mais sur leur lieu de travail ou d’études, « où l’on peut contrôler leur participation au scrutin ».
Comment se déroule le vote
De la péninsule du Kamtchatka, à l’est, jusqu’à l’enclave de Kaliningrad à l’ouest, les plus de 108 millions de Russes inscrits sur les listes électorales au 1er janvier ont commencé à voter à 8 heures, heure locale. L’immense pays comptant onze fuseaux horaires, les premiers bureaux de vote de l’Est russe ont ouvert samedi soir à 20 heures GMT. Les derniers bureaux fermeront dimanche soir, à 18 heures (heure de Paris).
A l’étranger, Kiev a décidé de bloquer le vote des électeurs russes résidant en Ukraine pour protester contre la tenue de la présidentielle en Crimée, péninsule annexée par Moscou en 2014.

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Qui sont les candidats ?

   


Le grand absent de ce scrutin est Alexeï Navalny, principal opposant (41 ans) de Vladimir Poutine qui avait mené campagne sur le terrain de puis des mois, écarté de l’élection en raison de condamnations pénales qu’il réfute.
Le favori : Vladimir Poutine, 65 ans
Désigné comme le successeur de Boris Eltsine en 1999, il a été élu pour la première fois président de la Fédération de Russie le 23 mars 2000, avec 52,9 % des voix, puis en 2004 avec 71,3 % des voix. La Constitution russe limitant le nombre de mandats présidentiels consécutifs à deux, Vladimir Poutine a pris la place de son premier ministre, Dmitri Medvedev, en 2008, tandis que celui-ci prenait la sienne au Kremlin après avoir été élu avec 70,2 % des voix. Sous sa présidence, la Constitution a été modifiée afin de repousser la durée du mandat de quatre à six ans. En 2012, malgré des manifestations importantes dénonçant des fraudes, Vladimir Poutine a été réélu avec 63,6 % des voix. Il brigue aujourd’hui un 4e mandat.
L’outsider : Pavel Groudinine, 58 ans

   


Pour la première fois, le candidat qui porte les couleurs du Parti communiste n’est… pas encarté. Directeur du sovkhoze Lénine, une exploitation agricole dans la région de Moscou fondée en 1917 et privatisée en 1995, il a créé la surprise en remportant une mini-primaire organisée au sein du PC russe et de quelques formations nationalistes de gauche. Ce chef d’entreprise atypique, numéro un de la fraise en Russie, avait participé à la première campagne électorale de Vladimir Poutine en 2000, avant de se retirer totalement du parti au pouvoir, Russie unie, en 2010. Les experts lui prédisent la deuxième place à l’issue du scrutin.
Le senior : Vladimir Jirinovski, 71 ans
Président fondateur depuis 1990 du Parti libéral démocrate de Russie (LDPR), il défend des idées ultranationalistes, xénophobes et antisémites, à l’opposé du libellé de sa formation. Candidat lors de la première élection présidentielle russe de 1991, où il avait obtenu 8 % des voix, il s’est présenté toutes les fois suivantes, à l’exception de 2004, en obtenant invariablement la cinquième, la troisième ou la quatrième place.
La benjamine : Ksenia Sobtchak, 36 ans

   


Fille de l’ancien maire de Saint-Pétersbourg, Anatoli Sobtchak, mentor en politique de Vladimir Poutine, la journaliste se présente comme une opposante résolue à Vladimir Poutine sous l’étiquette « contre tous » – une ligne qui figurait autrefois sur les bulletins de vote pour les électeurs mécontents. Accusée d’être une « marionnette du Kremlin » par ses détracteurs, elle est néanmoins l’une des rares voix, en Russie, à oser évoquer l’annexion de la Crimée comme une « violation du droit international ». Soutenue par de riches donateurs, Ksenia Sobtchak veut incarner un courant libéral « qui n’existe plus en Russie » depuis les années 1990.
L’entêté : Gregori Iavlinski, 65 ans
Cet économiste a travaillé avec les réformateurs de la perestroïka. En 1993, il a cofondé le parti démocrate libéral Iabloko, qui attira une partie de l’intelligentsia russe et compta dans ses rangs jusqu’à 16 parlementaires en 2003. Candidat à deux reprises de l’élection présidentielle, en 1996 et en 2000, opposé au retour de Vladimir Poutine en 2012, il avait été écarté de la compétition cette année-là au motif qu’il n’avait pas les deux millions de signatures alors nécessaires.
L’entrepreneur : Boris Titov, 57 ans
Fondateur du Parti de la croissance (libéral et conservateur), il est aussi délégué aux droits des entrepreneurs auprès du président russe. Sa candidature, il ne s’en cache pas, n’est pas là pour gêner le favori, mais pour faire entendre la voix des PME, et promouvoir « l’esprit d’initiative ».
Le rouge-brun : Sergueï Babourine, 59 ans
Député du peuple au dernier Soviet suprême de Russie, en 1990, il est l’un des sept élus à avoir voté contre la dissolution de l’URSS. Réélu par la suite, vice-président de la Douma en 2004, il préside le parti La Volonté du peuple, aujourd’hui renommé « Union des peuples russes ». En 2003, Jean-Marie Le Pen s’était rendu à Moscou à son invitation. Sergueï Babourine a soutenu publiquement le Serbe Radovan Karadzic, surnommé le « Boucher des Balkans », lors de son procès pour « génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre ».
Le cadet : Maxime Souraïkine, 40 ans
Président du parti Communistes de Russie, d’obédience marxiste-léniniste, il est le fondateur d’un mouvement de jeunes présenté comme l’héritier du Komsomol, les jeunesses du Parti communiste en URSS. Il revendique aujourd’hui 50 000 membres pour son parti, qui a obtenu 2,3 % des voix lors des élections législatives de 2016. Le portrait de Staline s’affiche sur son site de campagne.
La non-campagne de Vladimir Poutine
Assuré d’être réélu, Vladimir Poutine n’a quasi pas fait campagne, se contentant de deux participations de deux minutes chacune lors de concerts de soutien et snobant les débats télévisés.

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                Election présidentielle russe, mode d’emploi



Il s’est surtout illustré par un discours très musclé devant le Parlement, le 1er mars, pendant lequel il a longuement vanté les nouveaux missiles « invincibles » de l’armée russe développés en réaction aux projets de bouclier antimissile, sommant les Occidentaux d’« écouter » enfin la Russie. S’il a déclaré que la Russie devait augmenter de moitié le PIB par habitant d’ici à la mi-2020, M. Poutine n’a cependant pas donné la marche à suivre ni présenté de programme économique.
Le contexte international s’est cependant emballé dans les derniers jours de la campagne, depuis l’annonce des sanctions britanniques contre la Russie, et les nouvelles tensions causées par l’empoisonnement de l’agent double russe Sergueï Skripal à Salisbury. Moscou, accusé par le Royaume-Uni et certains de ses alliés, nie être responsable de cette attaque, mais répond avec retenue pour le moment, préférant concentrer l’attention sur le scrutin de dimanche.

        Lire le compte-rendu du tchat avec notre correspondante à Moscou :
         

          « Le principal atout de Poutine, c’est l’absence d’une alternative jugée crédible »



La participation, principal enjeu
Depuis 2000, Vladimir Poutine a toujours été élu dès le premier tour, et selon les sondages, cette élection ne devrait pas briser cette tendance. Le taux de participation est donc le principal enjeu du scrutin, l’actuel dirigeant russe ayant besoin d’une forte participation pour légitimer sa victoire. L’opposition estime qu’un taux inférieur à 50 %, voire à 55 %, mettrait en question la crédibilité de Poutine.
La participation est restée particulièrement stable depuis 2000, avec un peu plus de 64 %, mais en 2006, le taux minimal de 50 % de votants, nécessaire pour valider l’élection, a été supprimé.

   


Selon l’institut de sondages public VTsIOM, 74 % des électeurs russes ont l’intention de se rendre aux urnes le 18 mars. Mais, le seul grand institut indépendant, le Levada Center, affirme, lui, que moins d’un tiers des Russes sont vraiment décidés à aller voter.
Pour s’assurer une participation au niveau des précédentes élections, les autorités ont décidé d’organiser la plus grande campagne d’incitation au vote depuis l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir en 2000. La Commission centrale électorale a réservé un budget de 770 millions de roubles (plus de 10 millions d’euros) pour faire la publicité du scrutin.

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« Si vous n’allez pas voter, vous serez automatiquement inscrit comme électeur gréviste, et on ajoutera que vous doutez du statut russe de la Crimée », a écrit sur son blog – et en dépit de la réserve imposée aux fonctionnaires et élus – le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, rendant au passage un vibrant hommage à Poutine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Responsable du bureau Europe de l’Est et Asie Centrale pour la Fédération internationale des droits de l’homme, Sacha Koulaeva revient sur l’affaire Skripal et dénonce l’apathie des puissances occidentales.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Poutine « n’a pas d’autre choix que de cultiver des ennemis »

Responsable du bureau Europe de l’Est et Asie Centrale pour la Fédération internationale des droits de l’homme, Sacha Koulaeva revient sur l’affaire Skripal et dénonce l’apathie des puissances occidentales.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 03h02
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 11h36
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)








                        



   


Sacha Koulaeva est responsable du bureau Europe de l’Est et Asie Centrale pour la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH). A l’occasion de l’élection présidentielle et alors que Moscou est jugé responsable de l’empoisonnement de l’agent double Sergueï Skripal et de sa fille au Royaume-Uni, elle dénonce l’apathie des puissances occidentales face aux provocations de la Russie.
La Russie est accusée d’être derrière l’empoisonnement d’un agent double russe et de sa fille, le 4 mars. La réponse internationale est somme toute mesurée. Comment l’expliquez-vous ?
Sacha Koulaeva. Evidemment, pour le moment, on ne peut pas affirmer que c’est la Russie, puisqu’il y a une présomption d’innocence qui s’applique même pour un pays qui s’est déjà démarqué par des incidents de ce genre.
Il est surtout incroyable que cette situation ne semble pas surprendre ou ne semble pas improbable aux autres dirigeants du monde. Il me semble que c’est donc déjà une réponse assez forte de dire tout de suite après la découverte de l’attaque quel pays se trouve derrière. Le problème est que dans le monde d’aujourd’hui, l’impunité dont bénéficie la Russie depuis maintenant plusieurs décennies fait apparaître cette accusation comme une réponse assez faible. Et c’est cela qui est dramatique.

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La Russie a réussi, et c’est ça peut-être le plus grave, à habituer sa société civile et le monde extérieur à l’impunité, à l’absence de réponse forte, à franchir une étape de plus à chaque fois, et à regarder la réaction et, en fonction, à continuer encore plus loin ses provocations…
Quel message le Kremlin, à votre avis, a-t-il voulu envoyer en utilisant un agent neurotoxique mis au point par l’Union soviétique ?
La Russie envoie un message de force, de présence et de non-respect des règles pour voir les réactions. Il y a quelques jours, Vladimir Poutine a donné une interview qui a fait beaucoup de bruit. Les questions des médias d’Etat russes sont toujours préparées à l’avance. Les journalistes lui ont demandé s’il y avait des choses désagréables auxquelles il était confronté. M. Poutine a répondu que la seule chose qu’il ne supportait pas et qu’il ne laissait jamais passer, c’était la trahison. Cette interview a été donnée dans les vingt-quatre heures qui ont suivi les événements en Angleterre. Ce n’est certainement pas une preuve de quoi que ce soit, mais c’est important de le souligner.
L’ancien président Hollande a estimé dans un entretien au « Monde » que « si la Russie est menaçante, elle doit être menacée ». Que ce soit en Syrie, en Ukraine, en Crimée, lors des cyberattaques et des interférences dans les campagnes électorales, ce message n’est visiblement pas entendu. Qu’attendez-vous des puissances occidentales ?
Cela aurait été un message extrêmement bien tourné du temps où M. Hollande était en poste. Dommage que ces propos arrivent un peu tard. Sans être une politicienne, je suis néanmoins d’accord sur le fait que la Russie comprend les messages de fermeté. Ce message a jusqu’à présent été absent de l’agenda international. Il n’y a aucune raison que les agissements de la Russie cessent, puisqu’il n’y a pas de message clair afin qu’elle arrête.
Les Etats-Unis viennent d’annoncer des sanctions contre 5 entités et 19 individus, notamment les services de renseignement intérieur et les services secrets militaires pour avoir interféré dans l’élection présidentielle américaine. Le Kremlin est-il sensible à ces sanctions ?
Les sanctions sont une question complexe. ll faut qu’elles soient cohérentes, logiques et surtout appliquées ! L’Union européenne a sanctionné Moscou dès 2014 à la suite des événements en Ukraine. La Russie a immédiatement répliqué par des sanctions contre les Européens. […] Le danger des sanctions est qu’elles sont utilisées par Poutine à des fins internes, pour se maintenir au pouvoir, en construisant le mythe d’un ennemi externe.
Comment le pouvoir est-il organisé depuis la réélection de M. Poutine en 2012 ?
Tout est dit par le nombre de lois (une cinquantaine depuis 2012) et leur chronologie. Cela montre cette frénésie législative au cours de laquelle tous les mois s’ajoutait une nouvelle loi bloquant une nouvelle liberté d’expression et de critique. Ces lois n’interdisent pas les activités politiques ou les médias libres, mais elles interdisent toute expression de doute ou d’analyse critique du passé, du présent ou de l’avenir.

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Observez-vous un recul de la contestation du pouvoir en place ?
Ces lois sont introduites de manière insidieuse, au compte-gouttes, du coup les gens n’en ressentent pas tout de suite les effets. C’est l’interdiction de penser différemment qui devient la doctrine. D’abord, ce sont les organisations pour les droits humains qui ont été déclarées comme « agent de l’étranger », puis les médias. Maintenant, c’est au tour des blogueurs. Il y a aussi un grand arsenal de loi contre l’« extrémisme ». Il ne s’agit évidemment en aucun cas d’extrémisme violent mais d’extrémisme de la pensée qui permet d’inclure absolument tout. Par exemple, un jeune homme a été condamné à de la prison avec sursis pour avoir joué au Pokémon Go à l’église. Mais il y a une constante : ces arrestations visent toujours de près ou de loin les contestataires. Quarante-deux organisations des droits humains ont été fermées et 12 sont en procédure de fermeture.
Quelles peuvent être les conséquences de cet isolement de la société et du pouvoir russes sur la scène internationale ?
Ces lois ne visent pas que la société civile, elles visent aussi la population. Maintenant, tous les membres des forces armées, de la police, des pompiers ont interdiction de quitter le territoire de la Russie. Ils n’ont plus le droit de voyager à l’extérieur. Officiellement, par peur d’être arrêtés par les ennemis de la Russie. Vu la taille du pays, il s’agit de millions de personnes qui ne peuvent plus sortir. De même, le ministère des affaires étrangères russe explique sur son site qu’il est déconseillé aux citoyens russes de se rendre dans l’Union européenne ou aux Etats-Unis parce qu’il y a un grand risque d’être arrêté. Donc le moindre échange d’information risque d’être interprété comme un agissement à la solde d’agents étrangers.
On est en réalité face à un régime en stagnation, en proie à une crise de légitimité évidente en interne et en externe. Pour subsister, ce régime n’a pas d’autre choix que de cultiver des ennemis externes et internes. C’est pour cela que, malgré toutes les horreurs qui se passent en Ukraine et en Syrie, il est important de braquer les projecteurs sur ce qui se passe à l’intérieur du pays, parce que ça reste probablement l’enjeu le plus important pour le régime.
Le peuple russe vote pour une élection au résultat sans surprise. Dans quel climat ces élections se déroulent-elles ? Quel type de fraudes craignez-vous ?
Les candidats de l’opposition sont ceux qui disent uniquement ce qu’ils ont le droit de dire. Pour ce qui est des fraudes, des régions ont déjà publié les résultats de participation du fait d’un bug informatique. Des résultats pour des élections qui n’avaient pas encore eu lieu ! Mais je pense que ce n’est pas ça le plus important. Je pense que le plus important, c’est ce climat de répression, de censure et d’autocensure, le nombre de prisonniers politiques et d’assassinats politiques à l’intérieur comme à l’extérieur de la Russie qui montrent la vraie nature de ces élections.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ l s’agit de la quatrième grande manifestation depuis le mois de septembre, pour exiger que les retraites soient revalorisées au-delà des 0,25 % accordés en 2016 et 2017.
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En Espagne, des dizaines de milliers de manifestants défendent leurs retraites

l s’agit de la quatrième grande manifestation depuis le mois de septembre, pour exiger que les retraites soient revalorisées au-delà des 0,25 % accordés en 2016 et 2017.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 22h21
   





                        



   


Des dizaines de milliers de personnes ont marché une nouvelle fois samedi 17 mars en Espagne pour exiger une revalorisation de leurs retraites et défendre le système actuel menacé à terme de privatisation par la droite au pouvoir, selon les syndicats.
Mariano « Rajoy, voleur, tu voles ma pension ! » ; « La droite manipule et vole » : à Barcelone et Madrid notamment, où ils ont bravé pluie et neige, des retraités déterminés ont rempli les rues du centre en fin de matinée. « Il y a une perte de pouvoir d’achat des classes les plus modestes », estime Emilio Zamora, retraité depuis deux ans armé d’une affiche où l’on pouvait lire : « sans pain pas de paix ».

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Il s’agit de la quatrième grande manifestation depuis le mois de septembre, pour exiger que les retraites soient revalorisées au-delà des 0,25 % accordés en 2016 et 2017, en-dessous du taux d’inflation (1,2 % fin 2017). Un enjeu de taille pour le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy qui s’appuie traditionnellement sur un électorat sénior.
Ces faibles revalorisations, estime le syndicat Commissions ouvrières (CCOO) dans un communiqué, ont pour « but de favoriser les retraites privées au détriment des publiques avec à terme un horizon de libéralisation ».
Vieillissement de la population
Le gouvernement assure qu’il est tenu par des objectifs de stabilité budgétaire imposés par l’UE et doit faire face à une hausse systémique des dépenses liée au vieillissement de la population.
Mariano Rajoy s’est engagé à faire des efforts pour les plus petites retraites mais il a subordonné mercredi une hausse au vote du budget 2018 par l’opposition, tentant ainsi de retourner une situation difficile.
C’est à l’occasion du débat sur le budget « que nous pourrons parler d’améliorations possibles pour le bien-être des Espagnols, y compris en matière de retraites », a déclaré M. Rajoy qui a considéré que le système devait rester fondé sur la « création d’emploi », permettant, via les cotisations, de continuer à financer les retraites.
L’opposition pour sa part accuse le gouvernement d’avoir vidé un fonds de réserve destiné au paiement de celles-ci et de pénaliser les plus pauvres.

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L’évolution démographique a entraîné une hausse du poids des retraites dans le budget de l’Etat, passant de 21,6 % des dépenses à 29 % en dix ans. Le phénomène de vieillissement de la population concerne toute l’Europe selon Eurostat : les personnes de 65 ans et plus représenteront 28,7 % de la population de l’UE à 28 en 2080, contre 18,9 % en 2015.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Quelque 500 à 600 migrants errent dans le Calaisis, où ils tentent la nuit de rejoindre la Grande Bretagne.
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Un migrant retrouvé mort poignardé à Calais

Quelque 500 à 600 migrants errent dans le Calaisis, où ils tentent la nuit de rejoindre la Grande Bretagne.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 20h19
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 20h39
    |

            Maryline Baumard








                        


Un jeune Afghan de vingt-cinq ans a été retrouvé mort à Calais à 17 h 20 samedi 17 mars sur une aire de covoiturage. Le jeune homme a été tué samedi en fin d’après-midi d’un coup de couteau. Il est décédé à proximité de l’hôpital où une association assure depuis le 6 mars des distributions de repas aux migrants. Son décès a été confirmé par la préfecture. « Aucun élément ne permet de penser qu’il y a un lien entre cet événement tragique et la distribution de repas aux migrants », a précisé Fabien Sudry, préfet du Pas-de-Calais.
Quelque 500 à 600 migrants errent dans le Calaisis. Ils tentent la nuit de passer en Grande Bretagne et ont du mal à se reposer car la police a pour ordre d’éviter tout point de fixation. Ces jeunes gens, majoritairement Érythréens, Éthiopiens et Afghans sont extrêmement fatigués. Le Monde a pu constater sur place début mars leur état d’exaspération face à la destruction récurrente de leurs effets personnels. À l’époque, ils refusaient la nourriture proposée par l’Etat, situation qui semble s’être arrangée depuis.

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Un bilan qui s’alourdit
Déjà le 1er février, une rixe impliquant une centaine de migrants de nationalité afghane et érythréenne avait éclaté après la distribution de repas. Vingt-deux avaient été blessés, dont quatre blessés par balles. Si l’état de santé de trois des blessés s’est depuis largement amélioré, le quatrième, lui, restera tétraplégique.
Cette mort du jour est à ajouter au bilan qui s’alourdit dangereusement ces dernières semaines. Le 14 février, un Pakistanais de 17 ans a été retrouvé mort noyé dans la Seine. Il était pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance, et avait obtenu la protection subsidiaire de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), mais souffrait de graves troubles psychiques. Les associations d’aide aux migrants ont dénoncé le manque de suivi de l’Aide sociale à l’enfance de Paris et le fait qu’un jeune en grande difficulté psychologique soit laissé dans un hôtel.

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Le 8 février, c’est un Soudanais de trente ans qui a été retrouvé mort devant le Centre de premier accueil de la Porte de la Chapelle à Paris. « Mort de froid, de manque de soin et d’humanité », ont dénoncé les bénévoles qui depuis des mois se relaient pour faire vivre la solidarité et permettre aux migrants de survivre autour d’une action de distribution de petits-déjeuners. Des fleurs ont été déposées sur les blocs de pierre installés l’an dernier par la Ville de Paris pour empêcher les réfugiés de dormir là.
À Paris, les différents comptages évaluent les migrants à 1 500 dans les rues. Le Centre de la Chapelle qui était né sur l’idée d’un accueil inconditionnel va fermer ses portes cette semaine et laisser place à des centres où sera établie une évaluation administrative des situations. La question reste de savoir si les migrants qui ne sont ni demandeurs d’asile, ni réfugiés, ni en situation régulière rejoindront ces centres.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Vladimir Poutine a toujours su mêler politique intérieure et extérieure. Les quatre guerres qui ont émaillé ses 18 années de mandat se sont traduites par des regains de sa popularité.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Au moins seize personnes, dont six enfants, se sont noyées, dans la nuit de vendredi à samedi, lors du naufrage d’un navire convoyant une vingtaine de migrants des côtes turques.
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Grèce : au moins 16 morts dans le naufrage d’un bateau de migrants

Au moins seize personnes, dont six enfants, se sont noyées, dans la nuit de vendredi à samedi, lors du naufrage d’un navire convoyant une vingtaine de migrants des côtes turques.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 13h37
   





                        


Un nouveau naufrage sur la route migratoire égéenne a fait au moins seize morts samedi, dont six enfants, à la veille du deuxième anniversaire du pacte UE-Turquie censé tarir les arrivées aux portes de l’Europe en provenance des côtes turques. Ce drame est le plus meurtrier dans la zone depuis la conclusion il y a deux ans de cet accord.
Sur la base des témoignages des trois seuls rescapés, deux femmes et un homme, qui ont gagné à la nage l’île d’Agathonissi, la police portuaire estime à deux ou trois le nombre de passagers toujours manquants.
Deux migrants ont par ailleurs trouvé la mort samedi matin près de la frontière terrestre avec la Turquie, quand la camionnette qui les convoyait s’est renversée en tentant d’échapper à un contrôle, a indiqué la police locale.
En mer, les recherches se poursuivaient samedi, mobilisant d’importants moyens, dont un bateau de Frontex, l’Agence européenne des frontières. Mais le bilan n’a fait que s’alourdir : dix nouveaux noyés ont été retirés des eaux en début d’après-midi, après la découverte de six premières victimes. Selon les médias, six enfants figurent parmi ces victimes, dont la nationalité était inconnue.
Des centaines d’arrivées par mois
Le drame intervient à la veille du deuxième anniversaire du pacte conclu entre les pays de l’UE et la Turquie pour tarir le flux migratoire entre la Turquie et les îles grecques, qui étaient devenues en 2015 la première porte d’entrée en Europe des populations, notamment syriennes, fuyant guerre et misère.
Cet accord a réduit les arrivées, même si elles continuent à se chiffrer à des centaines par mois, et les noyades, alors que plus d’un millier d’exilés, dont de nombreux enfants, avaient trouvé la mort en mer Egée en 2015 et 2016. Vivement contesté par le monde humanitaire, car il prévoit le renvoi en Turquie de tous les arrivants, y compris les réfugiés Syriens, cet accord a aussi abouti au confinement sur les îles grecques de milliers de migrants, dans des conditions dénoncées par les défenseurs des réfugiés et au prix de tensions avec les habitants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Aux commandes du pays depuis plus de dix-huit ans, Vladimir Poutine devrait être réélu à l’issue de la présidentielle, dimanche. Pourtant, son bilan économique et social est loin d’être flatteur.
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La Russie économique et sociale en quelques chiffres

Aux commandes du pays depuis plus de dix-huit ans, Vladimir Poutine devrait être réélu à l’issue de la présidentielle, dimanche. Pourtant, son bilan économique et social est loin d’être flatteur.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 11h00
    |

            Edouard Pflimlin








                        



   


La Russie, plus vaste pays du monde, est dotée de richesses exceptionnelles : hydrocarbures, minerais rares, forêts immenses… Pourtant, elle est confrontée à d’immenses difficultés économiques et sociales et reste dépendante d’une économie de rente fondée sur le pétrole. Le président russe, Vladimir Poutine, aux commandes depuis plus de dix-huit ans, devrait être réélu pour un 4e mandat à la tête du pays, à l’issue de la présidentielle dimanche 18 mars. Pourtant son bilan économique et social est loin d’être flatteur.
143,4 millions
C’est le nombre d’habitants en Russie, selon l’édition 2018 du Bilan du Monde. Depuis 2009, la courbe de croissance de la population est repartie à la hausse, après des années de baisse après le pic atteint en 1992 (148,689 millions d’habitants). Selon Philippe Pelé-Clamour, spécialiste de la Russie et professeur à l’Ecole des hautes études commerciales (HEC) de Paris, « la politique familiale de Poutine pour aider à partir du deuxième enfant n’a pas fonctionné dans les villes, mais seulement dans les campagnes ». Depuis l’arrivée au pouvoir de Poutine, le taux de fécondité – en forte baisse depuis 1987 – est certes reparti à la hausse, mais il reste trop faible pour assurer le renouvellement des générations ; il était de 1,75 en 2015, selon les données disponibles les plus récentes.
1 469,3 milliards
C’est, en dollars, le montant du produit intérieur brut de la Russie, selon le Bilan du Monde, qui s’appuie sur les chiffres du Fonds monétaire international (FMI). Le pays, qui a le 12e plus gros PIB du monde, se place entre la Corée du Sud (1 529,7 milliards) et l’Espagne (1 307,2 milliards) et loin derrière les Etats-Unis, premiers avec 19 362,1 milliards de dollars. Le PIB russe, qui était à son plus-haut en 2013, représente actuellement un petit peu moins de 2 % du PIB mondial.
+ 1,8 %
C’est le taux de croissance qu’a connu Russie en 2017, d’après les estimations du FMI. Pour 2018, la présidente de la Banque centrale de Russie, Elvira Nabioullina, a estimé, en décembre 2017, que la croissance serait « entre 1,5 % et 2 % ». Le pays a beau être sorti de la récession dans laquelle il était plongé depuis 2014, sous le double effet de la chute des cours du pétrole et des sanctions, la reprise reste fragile, notamment à cause de la production industrielle qui a suivi une brusque rechute en novembre 2017.
– 8,4 %
C’est le déficit budgétaire hors recettes pétrolières en 2017, selon le FMI. Avec les recettes pétrolières, il n’était que de 1 % en 2017. Cela montre la dépendance énorme du budget aux recettes des ventes d’hydrocarbures.
10 307
C’est, en dollars, le revenu national brut par habitant en 2016, selon la Banque mondiale. En hausse quasi constante depuis des dizaines d’années, ce chiffre accuse une baisse depuis 2013 et place aujourd’hui la Russie assez loin dans le classement mondial (entre la 55e et la 60e place, selon les modes de calcul), à quelques rangs devant le Kazakhstan, mais derrière notamment la Pologne et la Hongrie.
71,3 ans
C’est l’espérance de vie moyenne en 2015, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), avec un écart très important entre les femmes (76,7 ans) et les hommes (65,9 ans). Cette moyenne reste bien en deçà de celle que connaissent la plupart des pays développés à l’instar de la France (82,4 ans) ou des Etats-Unis (78,8 ans).
103 438
C’est le nombre de nouveaux cas d’infection par le VIH enregistrés en 2016 parmi les citoyens russes, selon l’Onusida. Dans son rapport 2017, l’organisme saluait des améliorations sur l’épidémie partout dans le monde, sauf en Europe orientale et en Asie centrale. En Russie, l’épidémie s’est développée ces dernières années à un rythme inquiétant, puisqu’en 2010, le nombre de nouveaux cas se limitait à 62 581.
19,8 millions
Selon les statistiques officielles russes, c’est le nombre de Russes vivant sous le seuil de pauvreté en 2016 ; 13 % de la population vivait cette année avec moins que le revenu minimal fixé à 9 691 roubles (environ 160 euros), soit le niveau le plus haut enregistré depuis dix ans. Ils n’étaient que 16,1 millions à vivre sous ce seuil en 2014, avant l’entrée de la Russie en récession à cause de l’effondrement des cours du pétrole et des sanctions occidentales dues à la crise ukrainienne. L’année 2016 fut donc la pire en Russie en termes de pauvreté depuis 2006, quand 21,6 millions de Russes vivaient sous le seuil de pauvreté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Si Paris et Berlin affichent leur volonté d’établir une feuille de route, les points de divergence restent nombreux.
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Emmanuel Macron et Angela Merkel encore dans le flou pour renforcer l’Europe

Si Paris et Berlin affichent leur volonté d’établir une feuille de route, les points de divergence restent nombreux.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h47
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant), 
Philippe Ricard et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

C’est le point de départ d’une négociation aussi intense qu’incertaine : investie l’avant-veille, la chancelière Angela Merkel et Emmanuel Macron ont longuement abordé vendredi 16 mars à l’Elysée la meilleure façon de renforcer l’Union européenne et la zone euro. Ils ont confirmé leur intention de formuler une feuille de route, soumise à leur partenaire d’ici à juin. Mais, en dépit de la complicité et du volontarisme affichés par les deux dirigeants, rien n’est encore acquis.
« II est indispensable aujourd’hui que nous puissions ensemble construire des ambitions nouvelles », a martelé le président français avant l’entretien. « Nous ne sommes peut-être pas toujours dès le départ du même avis mais, dans l’Histoire, la France et l’Allemagne ont déjà fait beaucoup – vous avez une volonté très forte, nous aussi, nous avons une volonté très forte », a renchéri la chancelière.
me Merkel libérée des contraintes de politique intérieure
Depuis l’élection de M. Macron à la présidence de la République française, la capacité d’action de la chancelière allemande était limitée. Lorsqu’il s’était rendu à Berlin, le 15 mai 2017, elle était candidate à sa réélection. Quand il avait prononcé son discours sur l’avenir de l’Europe à la Sorbonne, le 26 septembre 2017, deux jours après les législatives allemandes, elle avait pour priorité la formation d’une coalition. A l’Elysée, vendredi, M. Macron avait donc pour la première fois à ses côtés une Mme Merkel libérée des contraintes de politique intérieure qui l’avaient jusque-là entravée. Mais une chancelière surtout soucieuse de parler immigration, défense ou commerce.
Dans ce contexte, il était déjà évident vendredi que les Français ont révisé leurs ambitions de départ. Plus question pour le président Macron d’évoquer publiquement ses idées d’un super-ministre des finances et d’un Parlement de la zone euro, même s’il défend toujours celle d’un budget de la zone euro....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ L’Union européenne ne reconnaît pas le scrutin du 18 mars organisé dans la péninsule ukrainienne quatre ans, jour pour jour, après son annexion « illégale » par la Russie.
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Premier vote en Crimée pour une élection présidentielle russe

L’Union européenne ne reconnaît pas le scrutin du 18 mars organisé dans la péninsule ukrainienne quatre ans, jour pour jour, après son annexion « illégale » par la Russie.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h19
    |

            Isabelle Mandraud (Simferopol, Sébastopol (Crimée), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

En pleine crise diplomatique aiguë entre Londres et Moscou, provoquée par l’empoisonnement d’un agent double russe sur le sol anglais, Boris Johnson, le ministre des affaires étrangères britannique, a reçu, mercredi 14 mars, une délégation des Tatars de Crimée menée par leur chef, Moustafa Djemilev, résidant aujourd’hui à Kiev.
La rencontre a eu lieu le jour même où Vladimir Poutine visitait sur place, à l’est de la Crimée, le pont de Kertch, en cours de finition pour relier le territoire à la Russie continentale. Bientôt, a promis Moscou, il sera ainsi définitivement arrimé à la « mère patrie ». En attendant, l’élection présidentielle russe organisée dimanche 18 mars, quatre ans jour pour jour après l’annexion par la Russie, marque une étape supplémentaire dans le processus d’intégration de la péninsule ukrainienne.

A Simferopol, capitale de la Crimée, Zaïr Smedlov donne rendez-vous devant la Cour suprême. « Pour éviter les rassemblements, les bancs ont été enlevés », prévient-il d’emblée, en s’excusant. Les Tatars s’attroupent régulièrement ici afin de soutenir des membres de cette communauté musulmane autochtone opposée depuis 2014 aux nouvelles autorités russes. Ce 13 mars, quatre d’entre eux, soupçonnés d’escroquerie, passent en appel.
« Depuis un an, c’est la nouvelle tendance, ceux qui ne sont pas d’accord avec le pouvoir sont arrêtés pour n’importe quelle raison, affirme Zaïr Smedlov. On ouvre des affaires pénales sur tout, même pour des publications sur les réseaux sociaux. »
Chaque électeur a reçu par courrier une « invitation » personnalisée pour se rendre dans un bureau de vote
Cet ancien professeur de dessin, ex-secrétaire du Mejliss, le conseil des Tatars de Crimée classé « extrémiste » par Moscou en 2016, observe avec une froide indifférence les préparatifs pour la présidentielle russe, prévue pour la première fois dans la péninsule. « Ce n’est pas notre affaire »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Ces discussions avec le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay interviennent alors que l’Alena est toujours menacé par Donald Trump.
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Sous pression des Etats-Unis, le Canada va négocier un accord de libre-échange avec le Mercosur

Ces discussions avec le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay interviennent alors que l’Alena est toujours menacé par Donald Trump.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h10
    |

                            Olivier Mougeot (Québec, correspondance)








                        



   


Mardi 20 mars, le Canada entamera des négociations en vue d’un traité de libre-échange avec les pays membres du Mercosur. Les représentants du gouvernement de Justin Trudeau retrouveront à Ottawa des délégations venues du Brésil, de l’Argentine, du Paraguay et de l’Uruguay. Le Mercosur, constitue un marché de 260 millions d’habitants pour un PIB de plus de 3 000 milliards de dollars canadiens (1 860 milliards d’euros).
« Un accord permettrait au Canada d’obtenir un meilleur accès aux marchés brésiliens et argentins, les deux poids lourds du Mercosur », explique Mark Agnew, directeur affaires internationales à la Chambre de commerce du Canada. Et d’ajouter : « Plusieurs secteurs pourraient bénéficier de cet accord, comme les produits chimiques, les machines et l’équipement. » A l’heure actuelle, les taxes peuvent atteindre jusqu’à 35 % dans le secteur automobile, par exemple. Un enjeu de taille alors que l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) est toujours menacé par Donald Trump.
Le Brésil risque néanmoins d’être plus difficile que les autres à convaincre. Celui-ci s’est longtemps plaint de la concurrence déloyale que livrerait le secteur aérospatial canadien en raison de son financement par le gouvernement. Les discussions s’annoncent ardues le Brésil et le Canada chercheront tous deux à protéger leurs joyaux respectifs : Embraer pour l’un, Bombardier pour l’autre.
Diversifier les relations commerciales
« L’objectif est l’harmonisation des conditions de commerce afin de se protéger des soubresauts politiques et économiques des partenaires », commente Philippe Faucher, professeur au Centre d’études et de recherches internationales à l’Université de Montréal.
Ce n’est pas la première fois que le Canada et le Mercosur essayent de s’entendre. Déjà en 2012, un round de négociations s’était tenu entre le gouvernement conservateur de Stephen Harper et ce bloc économique. « Environ 60 % du PIB canadien provient du commerce international, il n’est donc pas étonnant que le Canada cherche à diversifier ses relations commerciales », fait remarquer M. Faucher. Il rappelle d’ailleurs que le Canada tente de s’entendre avec l’Inde et la Chine mais que les discussions n’avancent guère.
Ces négociations surviennent quelques jours seulement après la signature, le 8 mars, de l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP). Ce dernier est la nouvelle mouture du Partenariat transpacifique mis à mal par le retrait des Etats-Unis des négociations, en janvier 2017. Avec cette entente, le Canada obtient l’accès à un marché de 495 millions de personnes, comptant pour 13 % du PIB mondial. Une analyse publiée par Affaires mondiales Canada affirme que cet accord engendrera pour le pays des gains économiques à long terme de 4,2 milliards de dollars.
L’Alena toujours menacé par Donald Trump
Surtout, ces discussions avec ces quatre pays d’Amérique latine interviennent alors que l’Alena est toujours menacé par Donald Trump. Le danger est grand pour le Canada, alors que les trois quarts de ses exportations sont destinées aux Etats-Unis. Selon le Conference Board du Canada, l’abandon de l’Alena entraînerait la perte de 176 000 emplois en deux ans.
En aucun cas une entente avec le Mercosur ne permettra de compenser ce choc. En 2016, le commerce bilatéral entre le Canada et Mercosur n’a totalisé que 8,1 milliards de dollars, alors que les échanges entre le Canada et les Etats-Unis se sont chiffrés à 544 milliards. Pour autant, en s’entendant avec le Marché commun du Sud, le Canada, qui possède déjà des accords avec le Chili, le Pérou et le Mexique s’assurerait un accès à la quasi-totalité de l’Amérique du Sud. En combinant le Mercosur, l’accord signé avec l’Europe et le PTPGP, le Canada aurait accès à un marché combiné plus de quatre fois la taille des Etats-Unis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le ministère des affaires étrangères russe a annoncé samedi l’expulsion de 23 diplomates britanniques. Theresa May estime que ces mesures de rétorsion ne changent rien à la culpabilité de la Russie.
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Espion empoisonné : Moscou réplique à Londres

Le ministère des affaires étrangères russe a annoncé samedi l’expulsion de 23 diplomates britanniques. Theresa May estime que ces mesures de rétorsion ne changent rien à la culpabilité de la Russie.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h05
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 06h36
   





                        


Le ministère des affaires étrangères russe a annoncé, samedi 17 mars, l’expulsion imminente de vingt-trois diplomates britanniques en réponse à une mesure similaire annoncée par Londres après l’empoisonnement en Grande-Bretagne d’un espion russe et de sa fille. Sergueï Skripal, 66 ans, et Youlia, 33 ans, ont été retrouvés inconscients sur un banc à Salisbury, dans le sud de l’Angleterre, le 4 mars : une tentative d’empoisonnement prêtée à la Russie.
« Vingt-trois membres du personnel diplomatique de l’ambassade britannique à Moscou sont déclarés persona non grata et vont être expulsés dans la semaine », a annoncé le ministère qui avait convoqué l’ambassadeur britannique, Laurie Bristow, pour lui faire part de cette décision. Cette mesure est une réponse aux « actions de provocation » et aux « accusations sans fondement concernant l’événement du 4 mars à Salisbury » portées par Londres, précise le ministère.

   


La première ministre britannique, Theresa May, a estimé peu après que les mesures de rétorsion prises par Moscou en réaction aux sanctions britanniques ne changent « rien aux faits » et à la culpabilité de la Russie. « La réponse de la Russie ne change rien aux faits : la tentative d’assassinat de deux personnes sur le sol britannique, pour laquelle il n’existe pas d’autre conclusion que celle de la culpabilité de l’Etat russe », a affirmé la cheffe du gouvernement lors d’un discours prononcé au congrès du Parti conservateur, à Londres.
Le gouvernement britannique a ordonné mercredi l’expulsion de 23 diplomates russes, une mesure inédite depuis la fin de la Guerre froide, et suspendu toutes les rencontres bilatérales, provoquant la colère de Moscou, qui réfute les accusations.
Fin des activités du Bristish Council
Moscou a par ailleurs annoncé qu’il mettait fin aux activités du British Council en Russie, l’organisme international britannique pour les relations culturelles et l’éducation. « Etant donné le statut hors régulation du British Council en Russie, son activité est arrêtée », a annoncé le ministère des affaires étrangères russe.
Moscou se réserve le droit de prendre d’autres sanctions contre la Grande-Bretagne dans l’éventualité où Londres prendrait d’autres mesures hostiles, ajoute le ministère. Le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, avait annoncé vendredi que la Russie s’apprêtait à expulser des diplomates britanniques.

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La confrontation entre les Occidentaux et Moscou s’est encore durcie vendredi, à deux jours de l’élection présidentielle russe de dimanche, que Vladimir Poutine s’apprête à remporter pour un quatrième mandat, qui le maintiendra à la tête de la Russie jusqu’en 2024.
Le ministre des affaires étrangères britannique, Boris Johnson, avait alors assuré que Londres en voulait au « Kremlin de Poutine » et non à la Russie pour cette attaque à Salisbury, petite ville du sud de l’Angleterre. « Nous pensons qu’il est extrêmement probable qu’il s’agisse de sa décision d’ordonner l’utilisation d’un agent neurotoxique dans les rues du Royaume-Uni, dans les rues de l’Europe, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale », avait déclaré M. Johnson.
« Menace pour la paix et la sécurité »
Le Kremlin avait aussitôt réagi, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov. Dans cette affaire, « toute mention ou référence à notre président n’est rien d’autre que choquant et impardonnable », a-t-il dit.
Moscou nie depuis le début avoir commandité cette attaque au « Novitchok », un agent toxique mis au point par la Russie à l’époque soviétique et que, selon l’un de ses inventeurs – qui vit désormais aux Etats-Unis –, seule la Russie est capable de produire.

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Samedi, la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova a accusé Theresa May, sur la chaîne publique Rossiya 24, d’avoir inventé un empoisonnement au « Novitchok » car ce mot a une consonance qui « l’associe directement à la Russie, qui l’associe directement à quelque chose de russe ». Selon elle, il n’y a jamais eu en URSS ou en Russie « de recherches qui s’appelaient ou avaient pour nom de code “Novitchok” ».
L’OTAN s’était dite « profondément préoccupée par la première utilisation offensive d’un agent neurotoxique sur le territoire de l’Alliance depuis sa fondation », notant qu’elle considérait « toute utilisation d’armes chimiques comme une menace pour la paix et la sécurité internationales ». Moscou avait répondu en niant avoir fabriqué du « Novitchok ». « Il n’y a eu aucun programme de développement d’armes chimiques sous le nom Novitchok ni sous l’URSS, ni en Russie », avait déclaré le vice-ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Riabkov.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Oleksiy Makukhin est membre d’une ONG ukrainienne qui a conduit des travaux de recherche sur la télévision russe. Dans une tribune au « Monde », il livre les conclusions de cette enquête.
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« Sur les écrans de télé russes, l’Europe est mentionnée de façon négative »

Oleksiy Makukhin est membre d’une ONG ukrainienne qui a conduit des travaux de recherche sur la télévision russe. Dans une tribune au « Monde », il livre les conclusions de cette enquête.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 08h00
    |

Oleksiy Makukhin (chercheur au Ukraine Crisis Media Center)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis quelques années, la mise en place par la Russie de véritables usines à trolls et à « fake news » est un phénomène désormais avéré. Notre organisation non gouvernementale Ukraine Crisis Media Center (UCMC) travaille sur la question de la désinformation russe depuis le début de l’agression militaire de ce pays contre l’Ukraine, en 2014. En nous fondant sur les cas nombreux où nous avons pu mettre au jour des cas de désinformation délibérée, nous avons constaté avec étonnement que même lorsque des nouvelles manifestement fausses sont confrontées aux faits, cela ne modifie en rien l’opinion de fond de l’audience visée.
Nous avons étudié les journaux télévisés et les talk-shows politiques des trois plus grandes chaînes de télévision publiques sur une période de trois ans et demi
La méthode de propagande russe repose sur des récits que nous considérons comme des éléments essentiels des campagnes de désinformation conduites par Moscou. Ces récits sont globaux, simples et émotionnels. Ils fournissent aux événements réels et à leurs motivations supposées des explications qui sont faciles à comprendre et leur donnent du sens aux yeux du spectateur moyen. Une fois mis en place, ces récits résistent efficacement à toute vérification, car ils répondent à toute accusation par une contre-accusation. La fréquence de l’utilisation de formules telles que « hystérie antirusse » et « russophobie » a été multipliée de plusieurs dizaines de fois en 2017 sur la chaîne publique Russia Today, le site étatique Sputnik et dans les déclarations du ministère russe des affaires étrangères.
Comme nous autres Ukrainiens sommes régulièrement accusés sans aucune preuve de russophobie, nous avons mené, en accumulant une quantité énorme de données, une étude systématique des récits diffusés par les médias russes. Nous avons étudié les journaux télévisés et les talk-shows politiques des trois plus grandes chaînes de télévision publiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Certes, Angela Merkel a été réélue chancelière et la coalition sortante a été reconduite. Mais cette continuité a quelque chose de trompeur, analyse le correspondant du « Monde » à Berlin, Thomas Wieder.
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Double rupture en Allemagne

Certes, Angela Merkel a été réélue chancelière et la coalition sortante a été reconduite. Mais cette continuité a quelque chose de trompeur, analyse le correspondant du « Monde » à Berlin, Thomas Wieder.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 15h11
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            
Analyse. Les six mois qui viennent de s’écouler marqueront durablement la vie politique allemande. Certes, le dénouement de la séquence, ouverte avec les élections législatives du 24 septembre 2017, peut donner l’impression du contraire. Mercredi 14 mars, ce n’est pas seulement Angela Merkel qui a été réélue chancelière, mais aussi la coalition sortante qui a été reconduite, une première depuis l’accession au pouvoir de la présidente de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), en 2005.
Jusque-là, chaque nouveau mandat de Mme Merkel s’était accompagné d’un changement de majorité. En 2009, après avoir gouverné quatre ans avec les sociaux-démocrates (SPD), la chancelière conservatrice s’était alliée aux libéraux (FDP). En 2013, le SPD était revenu au gouvernement. Cinq ans plus tard, après avoir hésité, il a choisi d’y rester. Même chancelière, même majorité : pour trouver pareille continuité entre deux législatures, il faut remonter à 2002, date de la réélection de Gerhard Schröder à la tête d’une coalition associant le SPD et les Verts.
me Merkel pour constituer un gouvernement ne sont pas qu’une parenthèse 
Mais cette continuité a quelque chose de trompeur. Les six mois qui auront été nécessaires à Mme Merkel pour constituer un gouvernement ne sont pas qu’une parenthèse. Pendant cette période, une double rupture s’est opérée dans la vie politique allemande. La première est l’entrée du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) au Bundestag. Ses 92 députés (sur 709) constituent désormais le principal groupe parlementaire de l’opposition. C’est un tournant historique. Non que l’extrême droite ait complètement disparu du champ politique allemand après la seconde guerre mondiale, mais elle était résiduelle et dispersée. Instaurée en 1953, l’obligation pour un parti de recueillir au moins 5 % des voix pour être représenté au Bundestag a durablement tenu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Le temps est venu de retrouver ses esprits même s’il est difficile de parler avec le président russe, considère le spécialiste de la Russie et de l’ancien espace soviétique dans une tribune au « Monde ».
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Jean Radvanyi : « La spirale des menaces est relancée entre Russes et occidentaux »

Le temps est venu de retrouver ses esprits même s’il est difficile de parler avec le président russe, considère le spécialiste de la Russie et de l’ancien espace soviétique dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    17.03.2018 à 07h00
    |

Jean Radvanyi (professeur à l'Inalco)







                        



                                


                            
Tribune. Alors que s’achève une campagne présidentielle russe sans enjeu, tant le résultat est connu d’avance, la politique extérieure a fait une entrée spectaculaire dans le champ ­médiatique. Plusieurs épisodes sont venus raviver les polémiques quant au rôle de la ­Russie dans le monde, une des clés de la rhétorique poutinienne.
Dernier voyage du candidat sortant, la rencontre entre Vladimir Poutine et les constructeurs du pont qui doit relier ­bientôt la Crimée à la Russie est venue rappeler aux électeurs l’annexion de la péninsule (les Russes parlent de réintégration) qui a pratiquement fait l’unanimité dans l’opinion russe. Mais les combats continuent au Donbass oriental et l’intervention de l’armée russe, niée officiellement, a fait basculer dans une nouvelle russophobie la majorité de la population ukrainienne, une réalité douloureuse pour les nombreuses familles partagées entre les deux pays.
La tension est aussi montée d’un cran sur le terrain syrien quand le chef d’état-major russe a menacé de s’attaquer aux navires lanceurs de missiles américains au cas où l’armée américaine procéderait à des bombardements sur Damas. Cela faisait suite à des déclarations de Nikki Haley, la représentante des Etats-Unis à l’ONU, qui n’excluait aucune option dans le cas où Bachar Al-Assad poursuivrait ses attaques à l’arme chimique sur la Ghouta orientale. Jusqu’où le Kremlin est-il prêt à défendre le dictateur syrien ? Si l’intervention russe en Syrie a renforcé la position de Moscou et confirmé auprès des Russes que leur pays était redevenu un acteur majeur sur la scène internationale, cette complicité avec un régime qui n’hésite pas à massacrer son propre peuple pour rester au pouvoir demeurera une tache funeste sur l’image du président russe.
er mars, lors de son adresse au Parlement russe, Vladimir Poutine annonçait la mise au point d’une nouvelle génération de missiles
Encore plus inquiétante est la relance annoncée...




                        

                        

