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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Il y a deux ans, le Conseil du gouvernement adoptait un élargissement de l’interruption de grossesse aux cas de viol, d’inceste ou de malformation du fœtus.
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Décryptage

Les Marocaines attendent toujours la réforme de l’avortement voulue par Mohammed VI

Il y a deux ans, le Conseil du gouvernement adoptait un élargissement de l’interruption de grossesse aux cas de viol, d’inceste ou de malformation du fœtus.

Par                                            Ghalia Kadiri




LE MONDE
              datetime="2018-03-18T17:30:27+01:00"

        Le 18.03.2018 à 17h30






    
De toutes jeunes filles enceintes d’un viol, d’inceste ou d’une relation non mariée, souvent marginalisées et au bord du désespoir, sont prises en charge par des associations telles que Basma, à Casablanca.
Crédits : ABDELHAK SENNA / AFP


La petite lueur d’espoir s’est éteinte. Deux ans après son adoption en Conseil de gouvernement, le projet de loi élargissant le droit à l’avortement au Maroc aux cas de viol, d’inceste, de handicap mental ou de malformation très grave du fœtus n’a jamais vu le jour. Dans un pays où l’interruption de grossesse est illégale sous peine de prison ferme, sauf pour sauvegarder la santé de la mère, ces nouvelles dispositions ouvraient un champ vers un assouplissement de la législation.

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« Nous avons attendu mais, cette fois, c’en est trop ! » Le gynécologue Chafik Chraïbi, fondateur de l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin (AMLAC), a fait du droit à l’avortement son cheval de bataille. A la tête de la maternité des Orangers de Rabat, il a été démis de ses fonctions de chef de service après avoir témoigné dans un reportage sur le drame des interruptions volontaires de grossesse (IVG) clandestines au Maroc, diffusé en décembre 2014 sur France 2.
« Silence total »
Celui qui avait été déclaré persona non grata a pourtant fini par remporter une victoire. Quelques mois après le vif débat qui a suivi la diffusion du reportage, le roi Mohammed VI s’était emparé de la question en chargeant les ministres de la justice, des affaires islamiques et le Conseil national des droits de l’homme de mener des consultations sur le sujet. Le 15 mai 2015, un communiqué royal avait tranché : le recours à l’avortement devrait être autorisé lors de « grossesses [qui] résultent d’un viol ou de l’inceste », ou encore de « graves malformations et maladies incurables que le fœtus pourrait contracter ». Le texte a ensuite été adopté en Conseil du gouvernement en janvier 2016, avant, théoriquement, d’être présenté au Parlement.
Depuis, « c’est le silence total », regrette le professeur Chraïbi. « C’est vrai qu’il n’y avait pas de gouvernement pendant plusieurs mois, puis il y a eu le problème du Rif. Mais là, ce n’est plus possible, poursuit le médecin, qui a alerté le gouvernement à plusieurs reprises. Je n’ai eu aucune réponse. » D’autant que les défenseurs de l’IVG comptaient sur la nomination de Saad-Eddine Al-Othmani à la tête du gouvernement, dirigé par les islamistes du Parti de la justice et du développement (PJD). Médecin de formation, M. Al-Othmani est considéré comme plus modéré que son prédécesseur, Abdelilah Benkirane. « Non seulement le texte n’est jamais arrivé au Parlement, mais j’ai l’impression que les autorités, qui fermaient habituellement les yeux sur l’avortement clandestin, arrêtent de plus en plus de médecins qui le pratiquent. »

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Vendredi 9 mars, la police a arrêté quatre personnes, dont un jeune homme, sa fiancée et un médecin interne stagiaire au Centre hospitalier universitaire « pour leur implication présumée dans une affaire de mœurs, d’avortement et de complicité », selon un communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), après avoir découvert un fœtus dans un terrain vague de Marrakech. Si la loi marocaine prévoit six mois à deux ans de prison ferme pour une interruption de grossesse, elle punit également la personne qui subit l’avortement et, éventuellement, son partenaire.
Une gynécologue basée à Casablanca assure quant à elle continuer à braver l’interdiction. « Les médecins ont de plus en plus peur. Mais, quand on décèle une maladie grave, on le fait, témoigne la spécialiste, qui a souhaité garder l’anonymat. J’ai des patientes dont le fœtus a de très graves malformations, mais que personne ne veut toucher. Soit on le fait nous-mêmes, soit elles vont le faire faire ailleurs, avec les conséquences dramatiques que l’on connaît. » Infections, hémorragies, délabrements génitaux, intoxications aiguës… Les interruptions de grossesse pratiquées par des infirmières, des sages-femmes ou des « faiseuses d’anges », mais aussi des médecins, parfois à des fins lucratives, dans des cabinets non aseptisés et sans anesthésiste, peuvent entraîner de graves complications, ou la mort de la patiente. 
« Enterrer son bébé vivant »
Bien qu’aucun chiffre officiel n’existe, des associations estiment qu’entre 150 à 200 avortements clandestins sont effectués chaque jour au Maroc. « Et celles qui ne le font pas peuvent aller jusqu’à se suicider ou abandonner le nourrisson dans une poubelle, renchérit Chafik Chraïbi. On vient d’arrêter une femme qui aurait enterré son bébé vivant. »

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Aujourd’hui, même si le texte élargissant le droit à l’avortement venait à être adopté, les partisans de l’IVG restent toutefois mitigés sur l’efficacité d’une telle loi, qui ne concerne pas tous les cas de figure qui peuvent mener à l’avortement. Et puis, « il y a tellement de conditions que ces dispositions rendent la loi encore plus répressive : une femme qui a été violée doit porter plainte et obtenir une attestation que sa plainte est crédible pour avoir le droit d’avorter. Je vous laisse imaginer les contraintes que cela pose par exemple pour une fille qui doit aller déposer une plainte contre son propre père, souligne Nouzha Skalli, militante pour l’égalité des sexes et ex-ministre chargée des droits des femmes. Pire, la femme risque de se mettre elle-même en danger : les relations extraconjugales étant illégales, si elle n’arrive pas à prouver le viol, et c’est courant, cela peut se retourner contre elle : plusieurs femmes dans ce cas ont déjà été incarcérées. »

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Le texte devrait aussi provoquer un grand débat éthique : quels types de malformations justifient-ils un avortement ? « Si une famille ne veut pas avoir d’enfant trisomique ou qui n’a pas de membres, pourquoi faut-il que les autres décident pour eux ?, s’indigne le gynécologue Chakif Chraïbi. Certains parlent d’épuration génétique, mais il s’agit tout simplement de donner le droit aux parents de décider. »
Deux ans après les recommandations royales, le projet de loi est-il perdu dans le circuit législatif ou définitivement enterré ? « Le texte entre dans le cadre d’un projet de réforme du Code pénal marocain, qui n’a pas encore été adopté et est en total déphasage avec les valeurs de la Constitution, rappelle l’ex-ministre Nouzha Skalli. Mais nous avons de l’espoir que les choses changent d’ici les prochains mois. Plusieurs grands chantiers de réformes majeures sont attendus, dont celui du Code de la famille. Nous avons le soutien du roi. » Mais cela suffira-t-il ?


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Afin de rebondir après la sortie de l’Union européenne , Londres se rêve en terre d’accueil des capitaux des pays émergents. Mais la place financière doit trouver le bon équilibre entre son désir d’ouverture et le maintien de régulations qui ont fait sa réputation.
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La City après le Brexit : la tentation du grand large

Afin de rebondir après la sortie de l’Union européenne , Londres se rêve en terre d’accueil des capitaux des pays émergents. Mais la place financière doit trouver le bon équilibre entre son désir d’ouverture et le maintien de régulations qui ont fait sa réputation.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 17h00
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

En quelques petites phrases, Khalid A. Al-Falih a fait souffler un vent d’espoir sur la City, jeudi 8 mars. Dans une interview à CNN, le ministre de l’énergie de l’Arabie saoudite a assuré que Londres conservait une vraie chance de remporter l’introduction en Bourse de Saudi Aramco, la plus grosse société pétrolière au monde, le joyau de la couronne saoudienne. « Depuis le début, [Londres] est dans la course et elle le reste. » Et New York, qu’on murmurait favorite ? « Les poursuites judiciaires y sont une vraie inquiétude pour nous. Cinq compagnies pétrolières y ont été poursuivies pour des raisons frivoles de changement climatique. Franchement, Saudi Aramco est trop gros et trop important pour le royaume pour faire face à ce genre de risque. »
Saudi Aramco, le joyau de la couronne saoudienne, devrait être valorisée entre 1 000 et 2 000 milliards de dollars, devenant d’emblée la première société cotée mondiale
M. Al-Falih n’a fait aucune promesse. Ses déclarations positives sont à prendre avec prudence, faisant partie d’une offensive de charme de l’Arabie saoudite, lors de la visite officielle de Mohammed Ben Salman, le très influent jeune prince de 32 ans, héritier désigné de la couronne. Il est de toute façon possible que Saudi Aramco renonce à son introduction en Bourse et préfère une vente privée à quelques gros investisseurs. Mais dans cette affaire démesurée, les enjeux sont tels que chaque mot est scruté à la loupe.
Personne n’est certain des actifs exacts de l’entreprise, mais Saudi Aramco devrait être valorisée entre 1 000 et 2 000 milliards de dollars, devenant d’emblée la première société cotée mondiale. Dans son programme d’ouverture économique, le royaume saoudien envisage d’en mettre 5 % en Bourse, soit un maximum de 100 milliards. « En comparaison, une grosse opération en Bourse, c’est généralement 5 ou 6 milliards. Aucune place financière ne peut se permettre de laisser passer Saudi Aramco »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ L’autorité américaine de régulation des marchés veut alléger les procédures d’introduction en bourse pour augmenter le nombre d’entreprises cotées.
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Wall Street conserve son capital séduction

L’autorité américaine de régulation des marchés veut alléger les procédures d’introduction en bourse pour augmenter le nombre d’entreprises cotées.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 17h00
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            
Wall Street, forcément. Eh bien, non, pas forcément. La plus grande place financière du monde n’attire pas nécessairement toutes les entreprises de la planète. On l’a vu avec la tentative reportée d’introduction en Bourse d’Aramco, le géant saoudien du pétrole. En dépit des accointances du prince héritier et de Donald Trump, une cotation sur le sol américain comporte des risques : une transparence forte et, surtout, un risque juridique de voir l’Etat américain sous toutes ses formes user de ses prérogatives pour engager des poursuites extraterritoriales, pour violation d’embargo, soutien au terrorisme ou usage jugé abusif du dollar. Bref, être coté aux Etats-Unis, c’est avoir accès à l’immense marché des capitaux américains, mais aussi se mettre sous la tutelle politique de Washington.
Chacun choisit sa tutelle, et quand on est chinois, l’Amérique reste attirante : l’entreprise Alibaba a ainsi choisi en 2014 de se faire coter à New York plutôt qu’à Hongkong. La raison : il est possible d’y avoir des droits de vote différenciés, alors que Hongkong exigeait que fût appliqué le principe « une action, une voix ». Jack Ma, le fondateur d’Alibaba, a préféré cette souplesse, qui lui permet de conserver le contrôle du géant chinois du commerce en ligne.
C’est cette flexibilité qui a expliqué l’engouement des Chinois pour New York, qui a supplanté Hongkong. Quelque vingt-cinq entreprises chinoises se sont introduites en Bourse aux Etats-Unis en 2017, levant au total 4 milliards de dollars. Ainsi, en novembre 2017, le moteur de recherche Sogou, filiale du géant chinois du commerce en ligne Tencent, a levé 585 millions de dollars au New York Stock Exchange pour accéder au marché américain, notamment celui des fusions et acquisitions.
Dilemme
Toutefois, les Chinois sont aujourd’hui face à un dilemme : les valorisations sont plus fortes en Chine qu’aux Etats-Unis ; Tencent est mieux valorisé à Hongkong que son concurrent Alibaba à New York. Ce différentiel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Quelque 110 millions d’électeurs russes étaient appelés à voter, dimanche 18 mars, pour une élection sans grand suspense qui devrait voir la réélection de Vladimir Poutine.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ ONG et opposants dénoncent des cas de fraude dans plusieurs régions du pays, dimanche, à l’occasion de l’élection présidentielle.
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Des irrégularités signalées lors de la présidentielle en Russie

ONG et opposants dénoncent des cas de fraude dans plusieurs régions du pays, dimanche, à l’occasion de l’élection présidentielle.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 17h03
   





                        



   


Des fraudes et des irrégularités, dont il est difficile de déterminer l’ampleur, ont émaillé le scrutin présidentiel russe, dimanche 18 mars. L’ONG russe Golos, spécialisée dans la surveillance des élections, faisait état peu avant 18 heures, heure de Moscou (16 heures, heure de Paris) de 2 288 cas d’irrégularités, parmi lesquelles des cas de bourrages d’urnes, des votes multiples ou des entraves au travail des observateurs. Ces chiffres, qui comprennent également des fautes de procédure, sont invérifiables.
Le mouvement du principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, empêché de se présenter au scrutin et qui affirme avoir dépêché plus de 33 000 observateurs dans les bureaux de vote, a, lui, rapporté des centaines de cas de fraudes dans plusieurs régions du pays. Quelque 150 observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sont également déployés dans le pays.
La présence de webcams dans les bureaux de vote a permis de documenter les fraudes les plus grossières et les plus visibles, même si nombre de caméras n’ont pas les urnes dans leur champ de vision. Plusieurs sites d’opposition ou de médias répertoriaient dimanche les vidéos montrant des irrégularités.

Bourrage des urnes, épisode 2. Après la Tchétchénie, en #Iakoutie aussi... De nombreux bureaux de vote étant désorm… https://t.co/NLmbSzTUHt— mandraud (@Mandraud Isabelle)


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Dans cette autre vidéo, on voit un homme glisser plusieurs bulletins dans une urne d’un bureau du Daghestan :

Ces fraudes ne sont pas réservées aux régions reculées du Caucase ou d’Extrême-Orient, où elles sont traditionnellement plus nombreuses. Une vidéo diffusée à la mi-journée montrait ainsi un très classique bourrage d’urne dans un bureau de vote de la banlieue de Moscou. Ce dernier cas a été reconnu comme irrégulier par la Commission électorale centrale et les bulletins ont été annulés.

L’opposant Navalny avait aussi montré dans une vidéo, avant le jour de l’élection, la facilité avec laquelle des membres de son équipe avaient obtenu plusieurs bulletins chacun, à la faveur de la procédure permettant, sur simple demande, de voter hors de son bureau de vote traditionnel. Cette pratique, dite du « carrousel », permet des votes multiples par une même personne.
Ces cas signalés sont encore loin des fraudes massives qui avaient émaillé le scrutin législatif de décembre 2011, et dans une moindre mesure la présidentielle de mars 2012. A l’époque, l’indignation soulevée par ces fraudes s’était transformée en un mouvement de contestation long et massif. Ce précédent fait office de repoussoir pour le Kremlin, qui cherche à tout prix à éviter qu’un tel scénario se reproduise. Pour cela, la consigne d’éviter les fraudes trop visibles, en premier lieu dans les grandes villes, a été passée aux autorités locales.

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La participation, enjeu majeur de la présidentielle russe
Cette année, l’enjeu principal pour le pouvoir réside dans la participation. Un chiffre inférieur à celui de 2012 (65,27 %) sonnerait comme un désaveu pour Vladimir Poutine, qui entend légitimer sa politique de confrontation permanente avec l’Ouest.
C’est sur cet aspect que l’accent a été particulièrement mis pour ce scrutin, opportunément placé à la date anniversaire de l’annexion de la Crimée, entérinée par la Douma le 18 mars 2014. Dimanche, des témoignages faisaient état d’électeurs transportés dans les bureaux de vote par autocars entiers, sous la conduite de la police.
Les moyens utilisés pour attirer les électeurs sont variés : distribution de sandwichs, de bons de réduction, organisation de loteries, marchés alimentaires à prix cassés ou encore tenue parallèle de référendums ou de consultations locales, par exemple sur les horaires scolaires. La correspondante de France 24 en Russie a, de son côté, rapporté avoir reçu « en cadeau », après avoir voté, une place de concert gratuite.
Des « reçus » attestant la participation au vote
En amont, la mobilisation des électeurs avait aussi été assurée. Golos s’est inquiétée notamment d’informations faisant état de contraintes exercées par des employeurs ou des universités forçant leurs employés et leurs étudiants à voter non pas à leur lieu de domicile mais sur leur lieu de travail ou d’études, « où l’on peut contrôler leur participation au scrutin ».
Ces pratiques sont particulièrement répandues dans le secteur public et dans certaines grandes entreprises, où les employés doivent faire la preuve de leur vote, comme par exemple la photo de leur bulletin. Des « reçus » attestant la participation au vote ont aussi été distribués de manière inhabituelle dans plusieurs bureaux.
Une vidéo diffusée samedi sur les réseaux sociaux montrait les infirmières d’une maternité expliquer aux parturientes qu’elles « devaient » voter. Dans une autre, on voit des nonnes dans un couvent remplir leur bulletin sous l’œil de leur mère supérieure.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Les forces turques et leurs supplétifs syriens ont pris, dimanche 18 mars, le contrôle de la ville kurde dans le nord-ouest syrien.
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Syrie : les Kurdes promettent de se battre pour la « libération » d’Afrin, passée sous contrôle turc

Les forces turques et leurs supplétifs syriens ont pris, dimanche 18 mars, le contrôle de la ville kurde dans le nord-ouest syrien.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 15h51
   





                        



   


Les Kurdes de Syrie se sont engagés à se battre jusqu’à la « libération » d’Afrin, promettant de « frapper à chaque opportunité » les forces turques et leurs supplétifs syriens qui ont pris, dimanche 18 mars, le contrôle de la ville kurde dans le nord-ouest syrien. « La résistance à Afrin va se poursuivre jusqu’à la libération de chaque territoire d’Afrin », a mis en garde dans un communiqué l’administration semi-autonome kurde de la région.

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                Syrie : Erdogan affirme que le centre-ville d’Afrin est « totalement » sous contrôle



La Turquie a lancé le 20 janvier une opération militaire en territoire syrien dans le but de déloger de l’enclave d’Afrin la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG). L’enclave kurde dans son intégralité est désormais sous le contrôle des forces turques et des rebelles syriens favorables à Ankara, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Cette région était autrefois un des trois cantons formant la « région fédérale » proclamée en 2016 sur les territoires de la communauté, contrôlés par une administration semi-autonome.
« Dans tous les secteurs d’Afrin, nos forces vont devenir un cauchemar permanent » pour les forces turques et les rebelles syriens, met en garde le communiqué des autorités locales kurdes. « Notre guerre contre l’occupation turque (…) est entrée dans une nouvelle étape : nous passons d’une guerre de confrontation directe à une tactique d’attaques éclair. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ La Turquie a lancé une offensive à la fin de janvier contre ce bastion kurde du nord-ouest de la Syrie.
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Syrie : Erdogan affirme que le centre-ville d’Afrin est « totalement » sous contrôle

La Turquie a lancé une offensive à la fin de janvier contre ce bastion kurde du nord-ouest de la Syrie.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 10h02
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 11h27
   





                        


Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé, dimanche 18 mars, que des combattants syriens soutenus par Ankara contrôlaient totalement le centre-ville d’Afrin, bastion kurde dans le nord-ouest de la Syrie et principal objectif de l’offensive lancée le 20 janvier par la Turquie contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG).
« Des unités des Forces syriennes libres, qui sont soutenues par les forces armées turques, ont pris le contrôle total du centre-ville d’Afrin ce matin à 8 h 30 (heure locale, 6 h 30 heure française) », a déclaré M. Erdogan, ajoutant que des opérations de déminage se poursuivaient.
« Maintenant, le drapeau turc flotte là-bas ! Le drapeau des Forces syriennes libres flotte là-bas ! », a lancé M. Erdogan, qui s’exprimait lors d’une cérémonie de commémoration de la bataille des Dardanelles, pendant la première guerre mondiale. Ankara considère les YPG comme une organisation « terroriste », alors que ces combattants kurdes sont soutenus et armés par Washington pour combattre l’organisation djihadiste Etat islamique (EI).

   


Exode massif de civils
L’entrée des forces d’Ankara dans le centre-ville d’Afrin survient alors que l’offensive turque s’est accélérée ces dernières semaines, après des premières semaines marquées par une progression pénible. Après M. Erdogan, l’état-major turc a également déclaré dans un communiqué que le centre-ville était désormais « sous contrôle ». « Les opérations de recherche de mines et d’autres explosifs se poursuivent », a ajouté l’état-major. Selon les chiffres de l’armée turque, 46 soldats turcs ont été tués depuis le lancement de l’offensive sur Afrin, baptisée « Rameau d’olivier ».
L’état-major turc a publié sur son compte Twitter une vidéo montrant un soldat accrochant un drapeau turc au balcon d’un bâtiment.

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L’avancée des forces turques a entraîné ces derniers jours un exode massif de civils, faisant craindre un nouveau drame humanitaire dans un pays ravagé par un conflit entré dans sa huitième année et qui a fait plus de 350 000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ L’armée israélienne semble ne plus reculer devant rien pour briser la résistance, pourtant pacifique, de la famille Tamimi, au cœur de la Cisjordanie occupée, explique dans un post de blog Jean-Pierre Filiu.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Si le président américain s’est réjoui ouvertement samedi du départ forcé d’Andrew McCabe, des voix se sont élevées contre ce renvoi, y voyant une « décision dangereuse ».
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Etats-Unis : Trump se félicite du limogeage du n° 2 du FBI, une décision très critiquée

Si le président américain s’est réjoui ouvertement samedi du départ forcé d’Andrew McCabe, des voix se sont élevées contre ce renvoi, y voyant une « décision dangereuse ».



Le Monde
 |    18.03.2018 à 08h39
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 10h53
   





                        


Au lendemain du limogeage d’Andrew McCabe, le no 2 du FBI, Donald Trump se réjouissait ouvertement samedi 18 mars, saluant ce départ forcé comme « un grand jour pour la démocratie », là où beaucoup dénoncent une vendetta politique. Ravivant les inquiétudes sur les velléités de la Maison Blanche de mettre un terme à l’enquête russe du procureur spécial Robert Mueller, l’avocat personnel du président états-unien, John Dowd, a, lui, dit espérer que le ministère de la justice refermerait maintenant ce dossier.
Dans le collimateur de l’administration Trump depuis des mois, Andrew McCabe – qui avait quitté en janvier ses fonctions de directeur adjoint du FBI mais restait un employé – a appris son licenciement vendredi, à quarante-huit heures de pouvoir toucher, après plus de vingt et un ans de service, sa retraite de haut fonctionnaire.
« Pas de collusion entre Moscou et la campagne Trump »
Donald Trump, lui, a répété sur Twitter qu’il n’y avait « pas eu collusion entre la Russie et la campagne Trump ». « Comme beaucoup le découvrent maintenant, en revanche, il y a eu une quantité énorme de fuites, de mensonges et de corruption aux plus hauts niveaux du FBI, de la justice et du [département] d’Etat », a-t-il poursuivi, avant de qualifier à nouveau l’enquête de Robert Mueller de « chasse aux sorcières », qui « n’aurait jamais dû commencer ».
C’est en reprenant l’expression « Vous êtes viré ! » (You’re fired !) qui a fait ses grandes heures de star de la télé-réalité que Donald Trump avait salué dans la nuit de vendredi à samedi le nouveau coup de théâtre dans cette saga politique. « Andrew McCabe VIRÉ, un grand jour pour les hommes et les femmes du FBI qui travaillent dur – Un grand jour pour la démocratie. »

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Victime d’une « guerre » contre la FBI
La réponse de ce dernier ne s’est pas fait attendre. Se déclarant victime d’une « guerre » menée contre le FBI et contre l’enquête du procureur spécial, Andrew McCabe a dénoncé « une entreprise sans précédent, conduite par le président lui-même », pour le « chasser » de son poste. Andrew McCabe a dirigé le FBI par intérim de mai à août 2017, après le licenciement spectaculaire par Donald Trump du directeur James Comey.
Il avait auparavant participé à l’enquête sur les courriels d’Hillary Clinton. Une investigation que la candidate démocrate de la présidentielle américaine de 2016 accuse d’avoir sapé ses chances de remporter l’élection mais dont certains conservateurs déplorent qu’elle ait été classée sans suite.
A nouveau samedi, Donald Trump a accusé M. McCabe d’être trop proche de M. Comey ainsi que des démocrates. Et le président de tacler au passage sur Twitter l’ancien patron du FBI, l’une de ses cibles favorites.
« Le moralisateur James Comey était son chef et a fait passer McCabe pour un enfant de chœur. Il savait tout des mensonges et de la corruption qui régnaient aux plus hauts niveaux du FBI ! »
« Les Américains jugeront d’eux-mêmes »
Caustique, James Comey lui a répondu sur le réseau social, faisant allusion à son livre à paraître en avril : « M. le président, les Américains entendront mon histoire sous peu. Et ils pourront juger d’eux-mêmes qui est honorable et qui ne l’est pas. »
C’est après une enquête interne du FBI que le ministre de la justice, Jeff Sessions, a annoncé le licenciement de M. McCabe vendredi soir, mettant un terme à des semaines de suspense. Les services du FBI ont établi que M. McCabe avait fait des révélations non autorisées aux médias et « manqué d’honnêteté sous serment » ; une grave accusation.
La décision de le limoger a été prise à la suite d’« une enquête complète et équitable » par un bureau indépendant, a assuré Jeff Sessions. Le détail des faits retenus contre lui n’a pas encore été rendu public. Andrew McCabe a d’ailleurs déjà livré au procureur spécial ses notes personnelles, prises notamment après des conversations avec Donald Trump, selon CNN samedi.
Une décision « dangereuse »
Un représentant démocrate du Wisconsin, Mark Pocan, a annoncé samedi dans un communiqué qu’il avait offert un emploi dans son bureau à M. McCabe pour lui permettre de toucher sa retraite complète et afin d’y « travailler sur la sécurité dans les élections ». « Nous considérons toutes les options », a répondu M. McCabe par la voix de sa porte-parole.
Un ancien ministre de la justice du démocrate Barack Obama, Eric Holder, s’est inquiété sur Twitter de la décision « dangereuse » de Donald Trump. Et l’ancien chef de la CIA sous M. Obama, John Brennan, a eu des mots encore plus forts à l’attention du 45e président des Etats-Unis :
« Lorsque l’étendue complète de votre vénalité, de votre turpitude morale et de votre corruption politique sera connue, vous occuperez votre juste place parmi les démagogues déshonorés dans les poubelles de l’histoire. »

When the full extent of your venality, moral turpitude, and political corruption becomes known, you will take your… https://t.co/xbl1pcESbL— JohnBrennan (@John O. Brennan)


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Dresde, Saint-Pétersbourg, Moscou, Sotchi… ces quatre villes incarnent les ambitions de Vladimir Poutine, qui brigue un quatrième mandat à la tête du plus grand pays du monde.
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Les villes qui ont façonné Vladimir Poutine

Dresde, Saint-Pétersbourg, Moscou, Sotchi… ces quatre villes incarnent les ambitions de Vladimir Poutine, qui brigue un quatrième mandat à la tête du plus grand pays du monde.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 17h00
   





                        



   


A l’occasion d’une élection sans suspense, que Vladimir Poutine est pratiquement sûr de remporter, Le Monde dresse un portrait du président russe à travers quatre villes qui l’ont façonné. De Dresde, où il fut officier du KGB, à Saint-Pétersbourg, sa ville natale, en passant par Moscou, le siège du pouvoir, et par la station balnéaire de Sotchi, retour sur le parcours du chef d’Etat à la tête du plus grand pays du monde depuis dix-huit ans.
A Dresde, sur les traces de l’agent Poutine (1/4)
Vladimir Poutine officie comme agent du renseignement à Dresde de 1985 à 1990, sous le pseudonyme de « l’officier Platov », en référence à un général russe qui commanda les troupes cosaques contre Napoléon. Son travail consiste à recueillir des renseignements sur les hommes politiques et « les ennemis potentiels ».
C’est dans cette région de la Saxe allemande que l’officier met en pratique la formation reçue dans les années précédentes au KGB. A 32 ans, il y réalise son rêve d’adolescent : se couler dans la peau d’un « agent de communication », infiltrer des réseaux et rendre compte au « Centre », Moscou. En 1989, c’est depuis Dresde qu’il vit la « plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle », la dislocation de l’URSS, dont il a la primeur.
Poutine et la « bande » de Saint-Pétersbourg (2/4)
Vladimir Poutine est né à Saint-Pétersbourg, alors Leningrad, dans une famille modeste – son père travaillait dans une usine ferroviaire –, vivant dans un appartement communautaire.
En 1990, après cinq années à Dresde, il revient à Leningrad avec le grade de lieutenant-colonel du KGB, dans une ville sens dessus dessous. D’interminables files d’attente se forment devant les magasins, les étalages restent vides, les tickets de rationnement sont la norme. Poutine comprend que son monde s’est effondré. A 38 ans, il rejoint l’université dans laquelle il a autrefois étudié le droit en tant qu’adjoint du recteur.
Un ami lui conseille de rejoindre Anatoli Sobtchak, tout juste élu à la tête du Lensoviet, le conseil municipal de Leningrad. Vladimir Poutine devient son assistant et démissionne du KGB en 1991. Cette année-là, Leningrad retrouve son nom de Saint-Pétersbourg et, en juin, Sobtchak en devient le premier maire élu. Au sein de la mairie, Vladimir Poutine se forge un réseau qui s’imposera au sommet de l’Etat au tournant des années 2000.
Poutine, l’homme de Moscou (3/4)
Vladimir Poutine entre au Kremlin comme simple collaborateur, en 1996, de la tentaculaire administration présidentielle instituée par Boris Eltsine. En moins de trois ans, il apprend vite les codes de la capitale et s’impose aux avant-postes de la scène politique. Il est nommé en 1998 directeur du FSB, les services qui ont succédé au KGB. Poursuivant son ascension, Poutine devient premier ministre en 1999, puis est élu à la tête du Kremlin le 23 mars 2000.
« Nous allons remettre de l’ordre », promet-il d’emblée. Il commence par la Tchétchénie, en lançant une intervention militaire après une série d’attentats attribués à des Tchétchènes. Puis il s’attaque aux oligarques et aux médias. Tout se passe sans heurts, ou presque, car, dans le même temps, le niveau de vie de la population s’élève. La « verticale du pouvoir », un terme qu’il emploie lui-même en s’adressant à la nation en 2000, devient la marque du poutinisme. Tout part du haut, avec un seul chef et ses fidèles à la manœuvre.
Sotchi, le « Poutine World » (4/4)
Vladimir Poutine a choisi Sotchi, ville à la frontière avec l’Abkhazie, pour incarner ses ambitions internationales. Il en fait sa capitale bis, où il reçoit, à plus d’un millier de kilomètres de Moscou, les dirigeants du monde.
La ville accueille les Jeux olympiques d’hiver de 2014, un projet pharaonique dans lequel des milliards de dollars sont engloutis. Autoroutes, ponts, hôtels et stades surgissent de terre en un temps record.
C’est dans cette station balnéaire que se manifestent une partie des tensions internationales autour de la crise ukrainienne, en 2014, lors des Jeux olympiques, puis en 2017-2018, sur la guerre en Syrie : le 22 novembre 2017, l’ancien sanatorium Lénine sert de cadre à la rencontre entre le président russe et ses homologues turc et iranien. En janvier 2018, le Congrès pour la paix en Syrie, organisé dans la ville entièrement pavoisée avec le drapeau du régime de Damas, échoue.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ La contestation qui suivit les élections législatives de décembre 2011, entachées par la révélation de fraudes massives, reste une question sensible pour le Kremlin.
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Vote en Russie : les élections de 2011-2012, l’épouvantail du pouvoir russe

La contestation qui suivit les élections législatives de décembre 2011, entachées par la révélation de fraudes massives, reste une question sensible pour le Kremlin.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 17h01
    |

                            Dorine Goth








                        



   


Dimanche 18 mars, 110 844 277 électeurs russes sont invités à élire le président de la Fédération de Russie. Si la victoire de Vladimir Poutine fait peu de doute, le déroulement du scrutin reste une question sensible pour le Kremlin. Un précédent, qui fait office de repoussoir, hante encore les esprits : la contestation qui suivit les élections législatives de décembre 2011. La révélation de fraudes massives avait alors poussé des dizaines de milliers de personnes à descendre dans la rue, et avait obligé le pouvoir à affronter sa crise politique la plus sérieuse et la plus longue de l’ère Poutine. Cette année, le Kremlin a tout fait pour se prémunir contre la répétition de scénario.
Les fraudes
Le 4 décembre 2011, le parti de Vladimir Poutine, Russie unie, récolte 49,32 % des suffrages. Une victoire modeste, derrière laquelle se cachent de fortes disparités : au Daghestan, dans le Caucase, le parti du pouvoir obtient 91,44 % des voix ; en Mordovie (Russie centrale), 91,62 % ; et en Tchétchénie, record absolu, 99,48 %. Rapidement, il apparaît que les fraudes ne concernent pas seulement ces territoires excentrés où les autorités locales cherchent à briller aux yeux de Moscou.

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Le lendemain du vote, les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) dénoncent des fraudes électorales « fréquentes », confirmant les conclusions de l’ONG russe Golos, spécialisée dans l’observation électorale. Surtout, des dizaines de vidéos illustrant ces fraudes, filmées avec leur téléphone par de simples citoyens, apparaissent sur Internet. Cela va du simple bourrage d’urne à des méthodes plus inventives. Au choix : l’encre effaçable, qui permet de changer le vote sur un bulletin, ou encore la méthode dite « du carrousel ». Le subterfuge consiste à payer des électeurs afin de les faire voter dans différents bureaux. Un manège bien rôdé qui permet, par exemple, à la Tchétchénie d’atteindre un taux de participation de 99 %.
Si ce n’est pas la première fois que des soupçons d’irrégularité pèsent sur une élection en Russie, sa visibilité est sans précédent, démultipliée par le pouvoir des réseaux sociaux, que les autorités ont sous-estimé. « Une fraude si grossière et d’une telle ampleur était unique, se souvient Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du centre Russie-Nouveaux Etats indépendants de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Le pouvoir s’en cachait à peine. »
Des manifestations sans précédent
L’indignation monte progressivement. Dans les jours suivant le vote, de petits rassemblements ont lieu dans plusieurs villes de Russie. Une semaine après la proclamation des résultats, la place Bolotnaïa, au pied du Kremlin, est noire de monde. Estimée à vingt-cinq mille personnes par la police, et entre cinquante mille et quatre-vingt mille par l’opposition, la foule scande : « Députés, nous n’avons pas voté pour vous ! » Le rassemblement est inédit par sa taille et par sa nature, fédérant bien au-delà des cercles traditionnels de l’opposition.
« Pour la première fois, la classe moyenne descendait dans les rues pour demander un renouvellement de la classe politique jusqu’à la démission de Vladimir Poutine », explique la chercheuse. Le choc est d’autant plus important pour le pouvoir que cette classe moyenne qui s’est constituée durant les années de prospérité du régime Poutine, à la faveur de l’envolée du prix des hydrocarbures, constitue son socle électoral. Vladimir Poutine, alors premier ministre, y voit une trahison.
Le pouvoir, qui compte sur l’essoufflement du mouvement, le traite par le dédain. Mais le 24 décembre 2011, cent vingt mille Moscovites, selon l’opposition, bravent le froid et s’agglutinent sur l’avenue Sakharov. Dans les rangs des contestataires, le ton est de plus en plus dur. Parmi les orateurs, l’avocat et blogueur anticorruption Alexeï Navalny fait sensation et s’impose peu à peu comme l’un des principaux opposants à Vladimir Poutine.
Le mouvement se poursuit de façon sporadique jusqu’à l’élection présidentielle du 4 mars 2012, à Moscou et dans une moindre mesure en province. Le parallèle avec les manifestations qui se déroulent à la même époque dans plusieurs pays arabes est dressé, tant dans le camp des opposants que du côté du pouvoir. Dès décembre, le Kremlin accuse les Etats-Unis d’orchestrer la protestation et de payer les manifestants. Unique concession, il annonce l’installation de webcams censées empêcher les fraudes dans les bureaux de vote.
Le 4 mars, alors que la contestation n’est pas entièrement endiguée, 65 % des électeurs se rendent aux urnes, et Vladimir Poutine est élu dès le premier tour avec 64 % des voix. Si le phénomène de fraude est moins massif, « des irrégularités de procédures ont été observées », dit l’OSCE. En Tchétchénie, Poutine obtient 99,8 % ; à Novossibirsk, en Sibérie, les opposants remarquent que les bulletins dépouillés représentent 146 % de la population.
Le 6 mai 2012, veille de l’investiture du président élu, et alors que le mouvement semble s’être essoufflé depuis la réélection du président, les abords de la place Bolotnaïa se remplissent. Le dernier sursaut de l’onde contestataire, dans une ambiance tendue.
La reprise en main du Kremlin
Ce jour-là, la réponse violente des forces de l’ordre sonne le glas des espoirs de l’opposition. Deux cent cinquante personnes (selon les autorités) sont arrêtées. La condamnation de vingt-huit des manifestants à des peines allant jusqu’à quatre ans de prison, dans les mois qui suivent, marque définitivement la reprise en main du régime. Cette répression est complétée par l’adoption progressive d’une série de lois — cinquante depuis 2012, selon le relevé de la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’homme) — réduisant la liberté d’expression ou les capacités de mobilisation de l’opposition, à commencer par une législation nouvelle contre « l’extrémisme ». Le contrôle des médias est resserré.
Dans le même temps, note Tatiana Kastouéva-Jean, une certaine libéralisation est amorcée, avec le retour du scrutin direct pour l’élection des gouverneurs (avec néanmoins des mécanismes de présélection des candidats), un assouplissement des règles d’enregistrement des partis politiques et l’abaissement du quota de signatures pour se présenter à l’élection présidentielle.

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La priorité, surtout, est d’assurer le bon déroulement des journées de scrutin, avec celui du 18 mars en ligne de mire. « Des consignes ont été données afin de limiter les fraudes les plus visibles, dit la chercheuse. C’est désormais en amont que le contrôle s’exerce. » En premier lieu, le choix des candidats : le principal opposant, Alexeï Navalny, n’a pas été autorisé à se présenter du fait de condamnations passées. Tout aussi important, l’encadrement des votes, une vieille tradition héritée de l’époque soviétique : « Des instructions sont données dans certains organismes publics. Le jour du scrutin, les électeurs devront prendre en photo leur bulletin de vote et l’envoyer à un responsable. »
La Russie en a-t-elle fini avec les fraudes ? Dans une vidéo publiée à la veille du scrutin, l’équipe d’Alexeï Navalny montrait avec quelle facilité l’un de ses membres avait pu obtenir le droit de voter dans plusieurs bureaux de vote. Pour ce 18 mars, date anniversaire de l’annexion de la Crimée par la Russie, l’opposition tente de mobiliser des milliers de volontaires, en complément du travail effectué par quelque cent cinquante observateurs internationaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Au préalable, samedi, un engin piégé a explosé à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, sans faire de victime.
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Bande de Gaza : un raid aérien israélien vise une « cible militaire » du Hamas

Au préalable, samedi, un engin piégé a explosé à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, sans faire de victime.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 06h56
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 10h57
   





                        


Des avions israéliens ont attaqué, dans la nuit de samedi 17 à dimanche 18 mars, une « cible militaire » du Hamas – principal mouvement islamique palestinien – dans la bande de Gaza. Ce raid survient à la suite de l’explosion d’un engin piégé à la frontière entre cette région et Israël, a annoncé l’armée. « L’organisation terroriste du Hamas doit rendre des comptes pour tout ce qui se passe dans et à partir de la bande de Gaza », a ajouté l’armée dans un communiqué.

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« L’armée israélienne continuera à opérer par tous les moyens à sa disposition pour assurer la sécurité des civils israéliens », a prévenu l’armée sans donner d’autres détails. Selon des sources palestiniennes, cette attaque n’a pas fait de blessé.
Un engin explosif a été actionné samedi près de la frontière entre la bande de Gaza et Israël sans faire de victime. L’armée israélienne avait déjà procédé samedi à des représailles visant le Hamas. Des chars israéliens ont visé un poste d’observation appartenant au Hamas. Selon des sources palestiniennes, ces tirs de représailles ont fait un blessé léger.
Une trêve ébranlée
Deux engins explosifs avaient été actionnés jeudi le long de la frontière ; ce qui avait déjà provoqué des attaques israéliennes contre des positions du Hamas. Les explosions n’ont pas été revendiquées, mais Israël considère que le Hamas est responsable de ce qui se passe dans la bande de Gaza.
Israël, le Hamas ainsi que ses alliés observent un cessez-le-feu fragile de part et d’autre de la barrière depuis la guerre de 2014, la troisième en six ans dans l’enclave.

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Cette trêve est régulièrement mise à mal, notamment par des tirs de projectiles en provenance du territoire vers Israël, qui riposte systématiquement en prenant pour cibles des positions du Hamas, même si les roquettes sont communément attribuées à d’autres groupes. Quatre soldats israéliens avaient été blessés le 17 février dans l’explosion d’un engin disposé le long de la barrière israélienne, provoquant une riposte israélienne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Les meilleurs trumpologues de Washington en sont convaincus : après avoir été tétanisé par l’ampleur d’une tâche à laquelle il n’était pas préparé, le locataire de la Maison Blanche serait désormais convaincu de n’avoir plus besoin de personne.
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édition abonné


Président Trump, an II : en roue libre

Les meilleurs trumpologues de Washington en sont convaincus : après avoir été tétanisé par l’ampleur d’une tâche à laquelle il n’était pas préparé, le locataire de la Maison Blanche serait désormais convaincu de n’avoir plus besoin de personne.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 06h37
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            
Le général Kelly a dû intervenir. La porte de sortie de la Maison Blanche donnait l’impression de s’être emballée et d’aspirer toute personne passant à proximité. Le chief of staff de Donald Trump a donc convoqué la presse pour assurer discrètement qu’après le premier limogeage par Twitter d’un secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, le 13 mars, les rumeurs visant le conseiller à la sécurité nationale, H. R. McMaster, et une demi-douzaine de membres du cabinet présidentiel étaient exagérées. Un site basé au Costa Rica, BetDSI, permet à chacun de parier sur le prochain départ. La cote de H. R. McMaster n’a rien de rassurant pour lui.
On ne sait pas si le message de John Kelly s’adressait en priorité à l’opinion publique américaine ou bien au personnel de la Maison Blanche. On imagine le brave général en bleu de travail, des clous plein la bouche, tentant à grands coups de marteau d’immobiliser pour un temps le vantail infernal. Une tâche d’autant plus difficile qu’à l’autre bout de la West Wing, le président lui-même ouvre grandes les fenêtres du bureau Ovale pour faire courant d’air. Le chief of staff a convenu dans cette conversation off the record rapportée par le site Axios (qui n’y avait pas été convié), que les rumeurs venaient sans doute du téléphone de Donald Trump, ce qui n’aide pas.

Quelques heures plus tard, l’ancien numéro deux du FBI, Andrew McCabe, éreinté depuis des mois par le président qui le jugeait hostile, a d’ailleurs été limogé, juste avant de pouvoir faire valoir ses droits à la retraite. Le ministre de la justice, Jeff Sessions, lui-même en situation inconfortable, a donné l’impression de vouloir complaire à Donald Trump. Ce dernier a jugé par la suite, peu après minuit, qu’il s’agissait d’« un grand jour pour la démocratie ».
Le monde n’a peut-être encore rien vu
Les meilleurs trumpologues de Washington en sont convaincus : après avoir été initialement tétanisé par l’ampleur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Assuré d’être réélu, Vladimir Poutine n’a quasiment pas fait campagne. L’opposition signale des irrégularités, telles que des bourrages d’urnes ou des votes multiples.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/03/2018
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Election présidentielle en Russie : participation en hausse, selon la commission électorale

Assuré d’être réélu, Vladimir Poutine n’a quasiment pas fait campagne. L’opposition signale des irrégularités, telles que des bourrages d’urnes ou des votes multiples.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 17h46
    |

                            Le Monde.fr (avec Isabelle Mandraud)








                        



   


Dimanche 18 mars, 108 968 869 électeurs russes sont appelés aux urnes pour le premier tour de l’élection présidentielle qui voit s’affronter huit candidats, sept hommes et une femme. Un scrutin dans lequel l’actuel président, Vladimir Poutine, est grand favori, et qui survient au cœur de nouvelles tensions entre la Russie et plusieurs pays occidentaux.
Selon la Commission électorale, la participation globale s’établissait à 14 heures, heure locale (12 heures, heure française) à 34,72 %, soit davantage que lors du précédent scrutin de 2012 à la même heure. L’agence de presse publique TASS a pour sa part fait état de taux de participation dépassant 60 %, voire 70 %, dans les régions de l’Extrême-Orient russe, où le vote s’est terminé plus tôt en raison du décalage horaire.
Fraudes et incitations au vote
L’ONG Golos, spécialisée dans la surveillance des élections, dresse sur son site Internet une carte des fraudes montrant en début d’après-midi 2 033 cas d’irrégularités, tels que du bourrage d’urnes, des cas de votes multiples ou des entraves au travail des observateurs.
Le principal opposant au Kremin Alexeï Navalny – déclaré inéligible par la commission électorale –, a dépêché plus de 33 000 observateurs dans les bureaux de vote. Dès dimanche matin, il a diffusé une vidéo présentée comme montrant un bourrage d’urne dans un bureau de vote en Extrême-Orient, et sur lequel la commission électorale a promis d’enquêter.
La correspondante du Monde, Isabelle Mandraud, rapportait sur son compte Twitter des bourrages d’urnes signalés en Tchétchénie et en Iakoutie.

Bourrage des urnes, épisode 2. Après la Tchétchénie, en #Iakoutie aussi... De nombreux bureaux de vote étant désorm… https://t.co/NLmbSzTUHt— mandraud (@Mandraud Isabelle)


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Faute de suspense et vu les appels au boycottage d’Alexeï Navalny, le Kremlin a tout fait pour que la participation, seul véritable baromètre de ce scrutin, soit aussi forte que possible dimanche. Les autorités ont mené des campagnes massives d’information et d’incitation au vote, facilitant le vote hors du lieu de résidence mais aussi, selon des médias, en faisant pression sur les fonctionnaires ou les étudiants pour aller aux urnes. Des militants de l’opposition ont fait état dimanche d’électeurs amenés en bus dans les bureaux de vote par la police ou de coupons de réductions distribués aux citoyens se rendant aux urnes.
L’organisation Golos a de son côté rapporté des informations faisant état de contraintes exercées par des employeurs ou universités forçant employés et étudiants à voter non pas dans le bureau correspondant à leur lieu de domicile mais sur leur lieu de travail ou d’études, « où l’on peut contrôler leur participation au scrutin ».
Comment se déroule le vote
De la péninsule du Kamtchatka, à l’est, jusqu’à l’enclave de Kaliningrad à l’ouest, les plus de 108 millions de Russes inscrits sur les listes électorales au 1er janvier ont commencé à voter à 8 heures, heure locale. L’immense pays comptant onze fuseaux horaires, les premiers bureaux de vote de l’Est russe ont ouvert samedi soir à 20 heures GMT. Les derniers bureaux fermeront dimanche soir, à 18 heures (heure de Paris).
A l’étranger, Kiev a décidé de bloquer le vote des électeurs russes résidant en Ukraine pour protester contre la tenue de la présidentielle en Crimée, péninsule annexée par Moscou en 2014.

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                Premier vote en Crimée pour une élection présidentielle russe



Qui sont les candidats ?

   


Le grand absent de ce scrutin est Alexeï Navalny, principal opposant (41 ans) de Vladimir Poutine qui avait mené campagne sur le terrain de puis des mois, écarté de l’élection en raison de condamnations pénales qu’il réfute.
Le favori : Vladimir Poutine, 65 ans
Désigné comme le successeur de Boris Eltsine en 1999, il a été élu pour la première fois président de la Fédération de Russie le 23 mars 2000, avec 52,9 % des voix, puis en 2004 avec 71,3 % des voix. La Constitution russe limitant le nombre de mandats présidentiels consécutifs à deux, Vladimir Poutine a pris la place de son premier ministre, Dmitri Medvedev, en 2008, tandis que celui-ci prenait la sienne au Kremlin après avoir été élu avec 70,2 % des voix. Sous sa présidence, la Constitution a été modifiée afin de repousser la durée du mandat de quatre à six ans. En 2012, malgré des manifestations importantes dénonçant des fraudes, Vladimir Poutine a été réélu avec 63,6 % des voix. Il brigue aujourd’hui un 4e mandat.
L’outsider : Pavel Groudinine, 58 ans

   


Pour la première fois, le candidat qui porte les couleurs du Parti communiste n’est… pas encarté. Directeur du sovkhoze Lénine, une exploitation agricole dans la région de Moscou fondée en 1917 et privatisée en 1995, il a créé la surprise en remportant une mini-primaire organisée au sein du PC russe et de quelques formations nationalistes de gauche. Ce chef d’entreprise atypique, numéro un de la fraise en Russie, avait participé à la première campagne électorale de Vladimir Poutine en 2000, avant de se retirer totalement du parti au pouvoir, Russie unie, en 2010. Les experts lui prédisent la deuxième place à l’issue du scrutin.
Le senior : Vladimir Jirinovski, 71 ans
Président fondateur depuis 1990 du Parti libéral démocrate de Russie (LDPR), il défend des idées ultranationalistes, xénophobes et antisémites, à l’opposé du libellé de sa formation. Candidat lors de la première élection présidentielle russe de 1991, où il avait obtenu 8 % des voix, il s’est présenté toutes les fois suivantes, à l’exception de 2004, en obtenant invariablement la cinquième, la troisième ou la quatrième place.
La benjamine : Ksenia Sobtchak, 36 ans

   


Fille de l’ancien maire de Saint-Pétersbourg, Anatoli Sobtchak, mentor en politique de Vladimir Poutine, la journaliste se présente comme une opposante résolue à Vladimir Poutine sous l’étiquette « contre tous » – une ligne qui figurait autrefois sur les bulletins de vote pour les électeurs mécontents. Accusée d’être une « marionnette du Kremlin » par ses détracteurs, elle est néanmoins l’une des rares voix, en Russie, à oser évoquer l’annexion de la Crimée comme une « violation du droit international ». Soutenue par de riches donateurs, Ksenia Sobtchak veut incarner un courant libéral « qui n’existe plus en Russie » depuis les années 1990.
L’entêté : Gregori Iavlinski, 65 ans
Cet économiste a travaillé avec les réformateurs de la perestroïka. En 1993, il a cofondé le parti démocrate libéral Iabloko, qui attira une partie de l’intelligentsia russe et compta dans ses rangs jusqu’à 16 parlementaires en 2003. Candidat à deux reprises de l’élection présidentielle, en 1996 et en 2000, opposé au retour de Vladimir Poutine en 2012, il avait été écarté de la compétition cette année-là au motif qu’il n’avait pas les deux millions de signatures alors nécessaires.
L’entrepreneur : Boris Titov, 57 ans
Fondateur du Parti de la croissance (libéral et conservateur), il est aussi délégué aux droits des entrepreneurs auprès du président russe. Sa candidature, il ne s’en cache pas, n’est pas là pour gêner le favori, mais pour faire entendre la voix des PME, et promouvoir « l’esprit d’initiative ».
Le rouge-brun : Sergueï Babourine, 59 ans
Député du peuple au dernier Soviet suprême de Russie, en 1990, il est l’un des sept élus à avoir voté contre la dissolution de l’URSS. Réélu par la suite, vice-président de la Douma en 2004, il préside le parti La Volonté du peuple, aujourd’hui renommé « Union des peuples russes ». En 2003, Jean-Marie Le Pen s’était rendu à Moscou à son invitation. Sergueï Babourine a soutenu publiquement le Serbe Radovan Karadzic, surnommé le « Boucher des Balkans », lors de son procès pour « génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre ».
Le cadet : Maxime Souraïkine, 40 ans
Président du parti Communistes de Russie, d’obédience marxiste-léniniste, il est le fondateur d’un mouvement de jeunes présenté comme l’héritier du Komsomol, les jeunesses du Parti communiste en URSS. Il revendique aujourd’hui 50 000 membres pour son parti, qui a obtenu 2,3 % des voix lors des élections législatives de 2016. Le portrait de Staline s’affiche sur son site de campagne.
La non-campagne de Vladimir Poutine
Assuré d’être réélu, Vladimir Poutine n’a quasi pas fait campagne, se contentant de deux participations de deux minutes chacune lors de concerts de soutien et snobant les débats télévisés.

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                Election présidentielle russe, mode d’emploi



Il s’est surtout illustré par un discours très musclé devant le Parlement, le 1er mars, pendant lequel il a longuement vanté les nouveaux missiles « invincibles » de l’armée russe développés en réaction aux projets de bouclier antimissile, sommant les Occidentaux d’« écouter » enfin la Russie. S’il a déclaré que la Russie devait augmenter de moitié le PIB par habitant d’ici à la mi-2020, M. Poutine n’a cependant pas donné la marche à suivre ni présenté de programme économique.
Le contexte international s’est cependant emballé dans les derniers jours de la campagne, depuis l’annonce des sanctions britanniques contre la Russie, et les nouvelles tensions causées par l’empoisonnement de l’agent double russe Sergueï Skripal à Salisbury. Moscou, accusé par le Royaume-Uni et certains de ses alliés, nie être responsable de cette attaque, mais répond avec retenue pour le moment, préférant concentrer l’attention sur le scrutin de dimanche.

        Lire le compte-rendu du tchat avec notre correspondante à Moscou :
         

          « Le principal atout de Poutine, c’est l’absence d’une alternative jugée crédible »



La participation, principal enjeu
Depuis 2000, Vladimir Poutine a toujours été élu dès le premier tour, et selon les sondages, cette élection ne devrait pas briser cette tendance. Le taux de participation est donc le principal enjeu du scrutin, l’actuel dirigeant russe ayant besoin d’une forte participation pour légitimer sa victoire. L’opposition estime qu’un taux inférieur à 50 %, voire à 55 %, mettrait en question la crédibilité de Poutine.
La participation est restée particulièrement stable depuis 2000, avec un peu plus de 64 %, mais en 2006, le taux minimal de 50 % de votants, nécessaire pour valider l’élection, a été supprimé.

   


Selon l’institut de sondages public VTsIOM, 74 % des électeurs russes ont l’intention de se rendre aux urnes le 18 mars. Mais, le seul grand institut indépendant, le Levada Center, affirme, lui, que moins d’un tiers des Russes sont vraiment décidés à aller voter.
Pour s’assurer une participation au niveau des précédentes élections, les autorités ont décidé d’organiser la plus grande campagne d’incitation au vote depuis l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir en 2000. La Commission centrale électorale a réservé un budget de 770 millions de roubles (plus de 10 millions d’euros) pour faire la publicité du scrutin.

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                Tatiana Kastouéva-Jean : « Le pouvoir russe est obsédé par le contrôle »



« Si vous n’allez pas voter, vous serez automatiquement inscrit comme électeur gréviste, et on ajoutera que vous doutez du statut russe de la Crimée », a écrit sur son blog – et en dépit de la réserve imposée aux fonctionnaires et élus – le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, rendant au passage un vibrant hommage à Poutine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Responsable du bureau Europe de l’Est et Asie Centrale pour la Fédération internationale des droits de l’homme, Sacha Koulaeva revient sur l’affaire Skripal et dénonce l’apathie des puissances occidentales.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Poutine « n’a pas d’autre choix que de cultiver des ennemis »

Responsable du bureau Europe de l’Est et Asie Centrale pour la Fédération internationale des droits de l’homme, Sacha Koulaeva revient sur l’affaire Skripal et dénonce l’apathie des puissances occidentales.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 03h02
 • Mis à jour le
18.03.2018 à 11h36
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)








                        



   


Sacha Koulaeva est responsable du bureau Europe de l’Est et Asie Centrale pour la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH). A l’occasion de l’élection présidentielle et alors que Moscou est jugé responsable de l’empoisonnement de l’agent double Sergueï Skripal et de sa fille au Royaume-Uni, elle dénonce l’apathie des puissances occidentales face aux provocations de la Russie.
La Russie est accusée d’être derrière l’empoisonnement d’un agent double russe et de sa fille, le 4 mars. La réponse internationale est somme toute mesurée. Comment l’expliquez-vous ?
Sacha Koulaeva. Evidemment, pour le moment, on ne peut pas affirmer que c’est la Russie, puisqu’il y a une présomption d’innocence qui s’applique même pour un pays qui s’est déjà démarqué par des incidents de ce genre.
Il est surtout incroyable que cette situation ne semble pas surprendre ou ne semble pas improbable aux autres dirigeants du monde. Il me semble que c’est donc déjà une réponse assez forte de dire tout de suite après la découverte de l’attaque quel pays se trouve derrière. Le problème est que dans le monde d’aujourd’hui, l’impunité dont bénéficie la Russie depuis maintenant plusieurs décennies fait apparaître cette accusation comme une réponse assez faible. Et c’est cela qui est dramatique.

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La Russie a réussi, et c’est ça peut-être le plus grave, à habituer sa société civile et le monde extérieur à l’impunité, à l’absence de réponse forte, à franchir une étape de plus à chaque fois, et à regarder la réaction et, en fonction, à continuer encore plus loin ses provocations…
Quel message le Kremlin, à votre avis, a-t-il voulu envoyer en utilisant un agent neurotoxique mis au point par l’Union soviétique ?
La Russie envoie un message de force, de présence et de non-respect des règles pour voir les réactions. Il y a quelques jours, Vladimir Poutine a donné une interview qui a fait beaucoup de bruit. Les questions des médias d’Etat russes sont toujours préparées à l’avance. Les journalistes lui ont demandé s’il y avait des choses désagréables auxquelles il était confronté. M. Poutine a répondu que la seule chose qu’il ne supportait pas et qu’il ne laissait jamais passer, c’était la trahison. Cette interview a été donnée dans les vingt-quatre heures qui ont suivi les événements en Angleterre. Ce n’est certainement pas une preuve de quoi que ce soit, mais c’est important de le souligner.
L’ancien président Hollande a estimé dans un entretien au « Monde » que « si la Russie est menaçante, elle doit être menacée ». Que ce soit en Syrie, en Ukraine, en Crimée, lors des cyberattaques et des interférences dans les campagnes électorales, ce message n’est visiblement pas entendu. Qu’attendez-vous des puissances occidentales ?
Cela aurait été un message extrêmement bien tourné du temps où M. Hollande était en poste. Dommage que ces propos arrivent un peu tard. Sans être une politicienne, je suis néanmoins d’accord sur le fait que la Russie comprend les messages de fermeté. Ce message a jusqu’à présent été absent de l’agenda international. Il n’y a aucune raison que les agissements de la Russie cessent, puisqu’il n’y a pas de message clair afin qu’elle arrête.
Les Etats-Unis viennent d’annoncer des sanctions contre 5 entités et 19 individus, notamment les services de renseignement intérieur et les services secrets militaires pour avoir interféré dans l’élection présidentielle américaine. Le Kremlin est-il sensible à ces sanctions ?
Les sanctions sont une question complexe. ll faut qu’elles soient cohérentes, logiques et surtout appliquées ! L’Union européenne a sanctionné Moscou dès 2014 à la suite des événements en Ukraine. La Russie a immédiatement répliqué par des sanctions contre les Européens. […] Le danger des sanctions est qu’elles sont utilisées par Poutine à des fins internes, pour se maintenir au pouvoir, en construisant le mythe d’un ennemi externe.
Comment le pouvoir est-il organisé depuis la réélection de M. Poutine en 2012 ?
Tout est dit par le nombre de lois (une cinquantaine depuis 2012) et leur chronologie. Cela montre cette frénésie législative au cours de laquelle tous les mois s’ajoutait une nouvelle loi bloquant une nouvelle liberté d’expression et de critique. Ces lois n’interdisent pas les activités politiques ou les médias libres, mais elles interdisent toute expression de doute ou d’analyse critique du passé, du présent ou de l’avenir.

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          « Le principal atout de Poutine, c’est l’absence d’une alternative jugée crédible »



Observez-vous un recul de la contestation du pouvoir en place ?
Ces lois sont introduites de manière insidieuse, au compte-gouttes, du coup les gens n’en ressentent pas tout de suite les effets. C’est l’interdiction de penser différemment qui devient la doctrine. D’abord, ce sont les organisations pour les droits humains qui ont été déclarées comme « agent de l’étranger », puis les médias. Maintenant, c’est au tour des blogueurs. Il y a aussi un grand arsenal de loi contre l’« extrémisme ». Il ne s’agit évidemment en aucun cas d’extrémisme violent mais d’extrémisme de la pensée qui permet d’inclure absolument tout. Par exemple, un jeune homme a été condamné à de la prison avec sursis pour avoir joué au Pokémon Go à l’église. Mais il y a une constante : ces arrestations visent toujours de près ou de loin les contestataires. Quarante-deux organisations des droits humains ont été fermées et 12 sont en procédure de fermeture.
Quelles peuvent être les conséquences de cet isolement de la société et du pouvoir russes sur la scène internationale ?
Ces lois ne visent pas que la société civile, elles visent aussi la population. Maintenant, tous les membres des forces armées, de la police, des pompiers ont interdiction de quitter le territoire de la Russie. Ils n’ont plus le droit de voyager à l’extérieur. Officiellement, par peur d’être arrêtés par les ennemis de la Russie. Vu la taille du pays, il s’agit de millions de personnes qui ne peuvent plus sortir. De même, le ministère des affaires étrangères russe explique sur son site qu’il est déconseillé aux citoyens russes de se rendre dans l’Union européenne ou aux Etats-Unis parce qu’il y a un grand risque d’être arrêté. Donc le moindre échange d’information risque d’être interprété comme un agissement à la solde d’agents étrangers.
On est en réalité face à un régime en stagnation, en proie à une crise de légitimité évidente en interne et en externe. Pour subsister, ce régime n’a pas d’autre choix que de cultiver des ennemis externes et internes. C’est pour cela que, malgré toutes les horreurs qui se passent en Ukraine et en Syrie, il est important de braquer les projecteurs sur ce qui se passe à l’intérieur du pays, parce que ça reste probablement l’enjeu le plus important pour le régime.
Le peuple russe vote pour une élection au résultat sans surprise. Dans quel climat ces élections se déroulent-elles ? Quel type de fraudes craignez-vous ?
Les candidats de l’opposition sont ceux qui disent uniquement ce qu’ils ont le droit de dire. Pour ce qui est des fraudes, des régions ont déjà publié les résultats de participation du fait d’un bug informatique. Des résultats pour des élections qui n’avaient pas encore eu lieu ! Mais je pense que ce n’est pas ça le plus important. Je pense que le plus important, c’est ce climat de répression, de censure et d’autocensure, le nombre de prisonniers politiques et d’assassinats politiques à l’intérieur comme à l’extérieur de la Russie qui montrent la vraie nature de ces élections.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ C’est la première mobilisation organisée par les adversaires du président depuis la vague de manifestations qui avaient fait quelque 125 morts entre avril et juillet 2017.
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Des Vénézuéliens rassemblés pour protester contre l’élection présidentielle anticipée

C’est la première mobilisation organisée par les adversaires du président depuis la vague de manifestations qui avaient fait quelque 125 morts entre avril et juillet 2017.



Le Monde
 |    18.03.2018 à 00h22
   





                        



   


Les incidents dans les manifestations sont de l’histoire ancienne au Venezuela. L’opposition a organisé des rassemblements pacifiques samedi 17 mars dans plusieurs villes du pays pour protester contre l’élection présidentielle anticipée convoquée le 20 mai par le président socialiste Nicolas Maduro.
Ces rassemblements, de taille modeste selon des correspondants de l’Agence France-Presse (AFP) sur place, ont consisté en des « assemblées citoyennes » et des débats sur la voie publique. Il s’agissait de la première mobilisation organisée par les adversaires de M. Maduro depuis la vague de manifestations qui avaient fait quelque 125 morts entre avril et juillet 2017.

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                L’exode massif des Vénézuéliens face au régime chaviste



« Les assemblées sont une démonstration de résistance face à un régime qui veut nier nos droits. Nous devons récupérer le droit de choisir librement, et c’est pour cela que nous luttons pour les garanties électorales », a déclaré à l’AFP la députée d’opposition Delsa Solorzano.
D’autres protestations pacifiques à venir
Ces protestations avaient été convoquées par Frente Amplio, un mouvement né en rejet de l’élection présidentielle anticipée. Alors que ce scrutin a traditionnellement lieu en décembre, il a été avancé au 20 mai par l’Assemblée constituante, dotée de pouvoirs étendus et composée uniquement de partisans du chef de l’Etat. Nicolas Maduro va chercher à se faire réélire jusqu’en 2025.

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                Au Venezuela, une figure du chavisme dissident arrêtée



Outre la coalition d’opposition MUD, qui rassemble une vingtaine de partis anti-Maduro allant de la gauche au centre droit, le Frente Amplio comprend également des représentants des universités, des ONG et des dissidents du camp au pouvoir. La MUD, qui souffre de divisions internes et d’un manque de leadership, a choisi de boycotter la présidentielle du 20 mai, estimant au terme d’une négociation avec le gouvernement que le compte n’y était pas en matière de garanties électorales.
Le Frente Amplio compte multiplier les « protestations pacifiques » au cours des prochaines semaines, a affirmé Lilian Tintori, épouse de l’opposant Leopoldo Lopez actuellement en résidence surveillée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ l s’agit de la quatrième grande manifestation depuis le mois de septembre, pour exiger que les retraites soient revalorisées au-delà des 0,25 % accordés en 2016 et 2017.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

En Espagne, des dizaines de milliers de manifestants défendent leurs retraites

l s’agit de la quatrième grande manifestation depuis le mois de septembre, pour exiger que les retraites soient revalorisées au-delà des 0,25 % accordés en 2016 et 2017.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 22h21
   





                        



   


Des dizaines de milliers de personnes ont marché une nouvelle fois samedi 17 mars en Espagne pour exiger une revalorisation de leurs retraites et défendre le système actuel menacé à terme de privatisation par la droite au pouvoir, selon les syndicats.
Mariano « Rajoy, voleur, tu voles ma pension ! » ; « La droite manipule et vole » : à Barcelone et Madrid notamment, où ils ont bravé pluie et neige, des retraités déterminés ont rempli les rues du centre en fin de matinée. « Il y a une perte de pouvoir d’achat des classes les plus modestes », estime Emilio Zamora, retraité depuis deux ans armé d’une affiche où l’on pouvait lire : « sans pain pas de paix ».

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Il s’agit de la quatrième grande manifestation depuis le mois de septembre, pour exiger que les retraites soient revalorisées au-delà des 0,25 % accordés en 2016 et 2017, en-dessous du taux d’inflation (1,2 % fin 2017). Un enjeu de taille pour le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy qui s’appuie traditionnellement sur un électorat sénior.
Ces faibles revalorisations, estime le syndicat Commissions ouvrières (CCOO) dans un communiqué, ont pour « but de favoriser les retraites privées au détriment des publiques avec à terme un horizon de libéralisation ».
Vieillissement de la population
Le gouvernement assure qu’il est tenu par des objectifs de stabilité budgétaire imposés par l’UE et doit faire face à une hausse systémique des dépenses liée au vieillissement de la population.
Mariano Rajoy s’est engagé à faire des efforts pour les plus petites retraites mais il a subordonné mercredi une hausse au vote du budget 2018 par l’opposition, tentant ainsi de retourner une situation difficile.
C’est à l’occasion du débat sur le budget « que nous pourrons parler d’améliorations possibles pour le bien-être des Espagnols, y compris en matière de retraites », a déclaré M. Rajoy qui a considéré que le système devait rester fondé sur la « création d’emploi », permettant, via les cotisations, de continuer à financer les retraites.
L’opposition pour sa part accuse le gouvernement d’avoir vidé un fonds de réserve destiné au paiement de celles-ci et de pénaliser les plus pauvres.

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L’évolution démographique a entraîné une hausse du poids des retraites dans le budget de l’Etat, passant de 21,6 % des dépenses à 29 % en dix ans. Le phénomène de vieillissement de la population concerne toute l’Europe selon Eurostat : les personnes de 65 ans et plus représenteront 28,7 % de la population de l’UE à 28 en 2080, contre 18,9 % en 2015.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Quelque 500 à 600 migrants errent dans le Calaisis, où ils tentent la nuit de rejoindre la Grande Bretagne.
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Un migrant retrouvé mort poignardé à Calais

Quelque 500 à 600 migrants errent dans le Calaisis, où ils tentent la nuit de rejoindre la Grande Bretagne.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 20h19
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 20h39
    |

            Maryline Baumard








                        


Un jeune Afghan de vingt-cinq ans a été retrouvé mort à Calais à 17 h 20 samedi 17 mars sur une aire de covoiturage. Le jeune homme a été tué samedi en fin d’après-midi d’un coup de couteau. Il est décédé à proximité de l’hôpital où une association assure depuis le 6 mars des distributions de repas aux migrants. Son décès a été confirmé par la préfecture. « Aucun élément ne permet de penser qu’il y a un lien entre cet événement tragique et la distribution de repas aux migrants », a précisé Fabien Sudry, préfet du Pas-de-Calais.
Quelque 500 à 600 migrants errent dans le Calaisis. Ils tentent la nuit de passer en Grande Bretagne et ont du mal à se reposer car la police a pour ordre d’éviter tout point de fixation. Ces jeunes gens, majoritairement Érythréens, Éthiopiens et Afghans sont extrêmement fatigués. Le Monde a pu constater sur place début mars leur état d’exaspération face à la destruction récurrente de leurs effets personnels. À l’époque, ils refusaient la nourriture proposée par l’Etat, situation qui semble s’être arrangée depuis.

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Un bilan qui s’alourdit
Déjà le 1er février, une rixe impliquant une centaine de migrants de nationalité afghane et érythréenne avait éclaté après la distribution de repas. Vingt-deux avaient été blessés, dont quatre blessés par balles. Si l’état de santé de trois des blessés s’est depuis largement amélioré, le quatrième, lui, restera tétraplégique.
Cette mort du jour est à ajouter au bilan qui s’alourdit dangereusement ces dernières semaines. Le 14 février, un Pakistanais de 17 ans a été retrouvé mort noyé dans la Seine. Il était pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance, et avait obtenu la protection subsidiaire de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), mais souffrait de graves troubles psychiques. Les associations d’aide aux migrants ont dénoncé le manque de suivi de l’Aide sociale à l’enfance de Paris et le fait qu’un jeune en grande difficulté psychologique soit laissé dans un hôtel.

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Le 8 février, c’est un Soudanais de trente ans qui a été retrouvé mort devant le Centre de premier accueil de la Porte de la Chapelle à Paris. « Mort de froid, de manque de soin et d’humanité », ont dénoncé les bénévoles qui depuis des mois se relaient pour faire vivre la solidarité et permettre aux migrants de survivre autour d’une action de distribution de petits-déjeuners. Des fleurs ont été déposées sur les blocs de pierre installés l’an dernier par la Ville de Paris pour empêcher les réfugiés de dormir là.
À Paris, les différents comptages évaluent les migrants à 1 500 dans les rues. Le Centre de la Chapelle qui était né sur l’idée d’un accueil inconditionnel va fermer ses portes cette semaine et laisser place à des centres où sera établie une évaluation administrative des situations. La question reste de savoir si les migrants qui ne sont ni demandeurs d’asile, ni réfugiés, ni en situation régulière rejoindront ces centres.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Vladimir Poutine a toujours su mêler politique intérieure et extérieure. Les quatre guerres qui ont émaillé ses 18 années de mandat se sont traduites par des regains de sa popularité.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Ameenah Gurib-Fakim est accusée d’avoir fait des achats personnels à l’aide d’une carte bancaire fournie par l’ONG Planet Earth Institute.
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Compte rendu

Maurice : démission de la présidente, impliquée dans un scandale financier

Ameenah Gurib-Fakim est accusée d’avoir fait des achats personnels à l’aide d’une carte bancaire fournie par l’ONG Planet Earth Institute.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-17T15:22:39+01:00"

        Le 17.03.2018 à 15h22






    
Ameenah Gurib-Fakim, le 29 novembre 2016, à Budapest en Hongrie.
Crédits : Zoltan Mathe / AP


La présidente mauricienne Ameenah Gurib-Fakim a présenté, samedi 17 mars, sa démission « dans l’intérêt national ». Celle-ci prendra effet le 23 mars. Seule femme chef d’Etat en Afrique, elle est accusée d’avoir fait des achats personnels à l’aide d’une carte bancaire fournie par l’ONG Planet Earth Institute. Il y a quelques jours, elle avait fait savoir par la voix de son avocat qu’elle refusait de quitter son poste.
Sous forte pression depuis plus de deux semaines, la présidente Gurib-Fakim a reconnu les faits, tout en affirmant avoir utilisé la carte par « inadvertance » et avoir remboursé à PEI l’argent utilisé à titre personnel.
Bijoux, chaussures de marque
La démission de Mme Gurib-Fakim met un terme au feuilleton politique qui agite cet archipel de l’océan Indien depuis la publication par le quotidien mauricien L’Express de documents bancaires démontrant que la présidente avait utilisé à des fins personnelles une carte bancaire remise par PEI. Le montant des dépenses (bijoux, chaussures de marque…) s’élève à au moins 25 000 euros, selon le quotidien.
L’affaire fait aussi scandale car elle implique le milliardaire angolais Alvaro Sobrinho, un homme d’affaires controversé qui finance PEI et qui, depuis 2015, a tenté plusieurs fois d’investir à Maurice, selon L’Express, ce qui avait déjà déclenché des polémiques.
Samedi, l’avocat Yousouf Mohamed a assuré que la présidente est « soulagée » d’avoir finalement présenté sa démission, après les moments « difficiles » vécus ces dernières semaines.

