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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ En mai 1968, ce photographe, membre de l’agence Magnum, a couvert à Paris et en banlieue le mouvement de contestation sociale en couleurs, fait rare pour l’époque.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Alors que M. Macron tente de calmer le jeu, les parlementaires demandent la suppression des trois départements de la petite couronne.
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Les élus LRM veulent accélérer la réforme du Grand Paris

Alors que M. Macron tente de calmer le jeu, les parlementaires demandent la suppression des trois départements de la petite couronne.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h54
    |

            Béatrice Jérôme








                        



                                


                            
« Rien n’est tranché. Tous les scénarios sont sur la table » : Emmanuel Macron a pris soin de porter lui-même ce message à plusieurs patrons de département d’Ile-de-France, ces dernières semaines. Il y avait urgence. Les barons départementaux promettent les pires embûches politiques au chef de l’Etat si le Val-de-Marne, la Seine-Saint-Denis et les Hauts-de-Seine devaient être sacrifiés sur l’autel de l’ambition présidentielle de « simplifier drastiquement le mille-feuille territorial » du Grand Paris.
Depuis l’automne 2017, M. Macron cherche la martingale institutionnelle pour réformer l’Ile-de-France sans provoquer la fronde de ses grands élus. Mais il est aussi pressé par les parlementaires de La République en marche (LRM) de ne pas renoncer au scénario de la suppression des départements de la petite couronne parisienne, d’autant que les militants de son mouvement y sont favorables.

Samedi 17 mars, quelque 200 élus, cadres et militants sont conviés à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) à la première réunion de présentation des travaux de la Macronie sur le Grand Paris. Doivent y être présentés les résultats d’une consultation des Parisiens et franciliens lancée par LRM. Sur 1 761 participants à ce questionnaire réalisé en ligne en décembre, plus de 53 % se prononcent pour la suppression de l’échelon départemental pour « simplifier » le Grand Paris. « Les habitants sont attachés à leur département, mais ils cernent mal son rôle dans leur vie quotidienne », commente Philippe Zaouati, responsable de LRM à l’échelle de la capitale. A peine plus de 20 % proposent de supprimer la Métropole du Grand Paris (MGP), créée en 2016 ; 60 % des répondants se sentent « grands-parisiens » plutôt que « parisiens ».
En attendant les arbitrages du chef de l’Etat, LRM entend préparer le terrain à la réforme. Six groupes d’adhérents – urbanistes, économistes, spécialistes des transports, du logement de l’environnement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ La gauche du Parti socialiste a obtenu 25 % des suffrages lors du vote des militants pour la présidence du parti.
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Congrès du PS : l’aile gauche déplumée

La gauche du Parti socialiste a obtenu 25 % des suffrages lors du vote des militants pour la présidence du parti.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h44
    |

            Françoise Fressoz








                        



                                


                            

Tout ça pour ça ! Après Benoît Hamon, éliminé le 23 avril 2017 de la compétition présidentielle avec un score historiquement faible (6,35 % des suffrages exprimés), c’est au tour d’Emmanuel Maurel de subir un échec cuisant. Le député européen, chantre de la rupture au sein du Parti socialiste, s’est retrouvé largement distancé jeudi 15 mars par Olivier Faure et Stéphane Le Foll, deux représentants du pôle social-démocrate, dans la course à la présidence du parti.

Emmanuel Maurel et Benoît Hamon ont en commun d’avoir fait partie des frondeurs sous le précédent quinquennat. Tous deux ont dénoncé la dérive « sociale-libérale » de François Hollande, combattu pied à pied les derniers textes emblématiques du quinquennat : la loi Macron comme la loi El Khomri. La défaite historique du président sortant, placé dans l’incapacité de se représenter, combinée à l’élimination de Manuel Valls, le premier ministre qu’ils avaient ardemment combattu, lors de la primaire socialiste, auraient pu leur donner de l’oxygène et c’est tout le contraire qui s’est produit. A la présidentielle, Benoît Hamon a flirté avec le score calamiteux de Gaston Defferre en 1969 (5,01 %) et aujourd’hui le Parti socialiste, ou plutôt ce qu’il en reste, n’a jamais été aussi social-démocrate.
A eux deux, Olivier Faure et Stéphane Le Foll engrangent 74,6 % des suffrages des militants, avec une prime au premier, qui a eu l’habileté de se démarquer du bilan de François Hollande sans le renier complètement, tandis que le second restait identifié au président sortant.
Vraie déroute
L’aile gauche du parti est, elle, cantonnée à 25 %, divisée entre les troupes d’Emmanuel Maurel (18,98 %) et celles de Luc Carvounas (6,36 %). C’est une vraie déroute, car les lendemains de défaite lui sont en général favorables : en 2002, c’est sur les décombres du jospinisme qu’était né, autour d’Arnaud Montebourg, de Julien Dray et de Vincent Peillon, le Nouveau Parti socialiste, un courant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Le gouvernement tente d’inciter les épargnants à se tourner davantage vers les sociétés. Panorama de l’offre actuelle en attendant la présentation du projet de loi Pacte au mois de mai.
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Investir dans les entreprises : les placements existants

Le gouvernement tente d’inciter les épargnants à se tourner davantage vers les sociétés. Panorama de l’offre actuelle en attendant la présentation du projet de loi Pacte au mois de mai.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 08h05
    |

                            Laurence Boccara








                        


C’est en mai que devrait être présenté le projet de loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), dont l’objectif consiste à faire « grandir » les entreprises françaises face à la concurrence internationale. « Depuis plusieurs semaines, nous travaillons avec Bercy et d’autres professionnels sur un volet de ce texte qui devrait être consacré à la façon de mieux orienter l’épargne publique vers l’économie réelle et vers ces sociétés », indique David Charlet, président de l’Association nationale des conseils financiers (Anacofi).
la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) pourrait avoir à terme un effet positif sur les sociétés
En plus de bénéficier d’une conjoncture économique porteuse, les entreprises ont, depuis quelques mois, le vent en poupe. Car un mouvement destiné à encourager l’investissement dans les sociétés a déjà été enclenché. Ainsi, l’instauration, le 1er janvier, de la « flat tax » a été présenté comme une mesure voulue pour alléger la taxation du capital investi dans les valeurs mobilières, à savoir dans les entreprises, qu’elles soient petites (TPE), moyennes (PME, PMI, ETM) ou grandes, cotées ou non.
Quant à la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF), elle pourrait avoir à terme un effet positif. « Cela devrait éviter aux sociétés familiales de distribuer d’importants dividendes à leurs actionnaires. Des dividendes qui jusqu’alors servaient à régler cet impôt. Désormais, ces fonds pourront être investis pour davantage développer la société », affirme Jean-David Haas, directeur général de NextStage AM.
Réduction d’impôt
En attendant l’annonce du projet de loi Pacte, voilà une sélection de placements qui investissent déjà dans l’économie réelle et productive. Si l’on veut choisir soi-même son investissement, le moyen le plus simple et le plus accessible (dès 20 euros) consiste à effectuer un placement par le biais d’une plate-forme de crowdfunding.

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                Retrouvez nos tribunes sur « l’objet social de l’entreprise »



« Le financement participatif peut se réaliser en “private equity” c’est-à-dire au sein du capital d’une société qui a besoin de fonds propres pour se développer ou en lui prêtant de l’argent par l’achat d’obligations pour financer un projet spécifique. Cette somme sera remboursée à court ou à moyen terme par la société », détaille Stéphane Fantuz, président de la Chambre nationale des conseillers en investissements financiers (CNCIF). Ici, on injecte de l’argent dans une seule société. Mais rien n’empêche d’investir sur plusieurs projets et de mixer les plates-formes de financement pour réduire le risque. Il est aussi possible d’investir seul et directement dans les fonds propres d’une société d’un proche, mais cela reste, là encore, limité à un actif.
Bloqués entre cinq à huit ans, ces placements sont susceptibles de rapporter plusieurs fois la mise ou de faire perdre tout ou partie du capital
Plus diversifiés, des produits collectifs tels que les fonds d’investissement de proximité (FIP) ou les fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI) permettent, par l’achat de parts, d’accéder à un portefeuille de participations de quinze à vingt sociétés triées sur le volet par la société de gestion. Alors que le FIP privilégie des entreprises installées dans des régions géographiques limitrophes, le FCPI cible des TPE et des PME exerçant une activité innovante. Ces placements sont souvent souscrits en fin d’année fiscale, car ils bénéficient d’une réduction d’impôt sur le revenu. Exceptionnellement, le taux est dopé cette année. Il est de 25 % de la somme investie, contre 18 % habituellement.
« Ceci n’est valable que jusqu’au 31 décembre. Ce dispositif n’a pas, pour l’instant, vocation à être prolongé au-delà », précise Stéphane Fantuz. Bloqués entre cinq à huit ans, ces placements sont susceptibles de rapporter plusieurs fois la mise ou de faire perdre tout ou partie du capital. Mieux vaudra choisir un gérant sur la base des performances de ses fonds débouclés (hors avantage fiscal). Une solution alternative consiste à acheter des titres de sociétés de capital-développement dont l’activité est d’accompagner les PME, ETI et ETM dans leur développement à long terme. « Notre portefeuille compte une cinquantaine de participations. La liquidité de ce placement est assurée par le marché boursier », commente Jean-David Haas.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Plébiscité lors du premier tour de l’élection à la tête du parti, le député de Seine-et-Marne va devoir remettre sur pied un parti à bout de souffle, limiter l’hémorragie des militants et préparer les futures échéances électorales.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/03/2018
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Les trois chantiers qui attendent Olivier Faure à la tête du Parti socialiste

Plébiscité lors du premier tour de l’élection à la tête du parti, le député de Seine-et-Marne va devoir remettre sur pied un parti à bout de souffle, limiter l’hémorragie des militants et préparer les futures échéances électorales.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 10h46
    |

                            Astrid de Villaines








                        



                                


                            
« Renaissance. » Olivier Faure a placé la barre haut, pendant la campagne du 78e congrès du Parti socialiste, répétant ce mantra à l’envi, jusqu’à en faire le titre de son texte d’orientation n° 3, « Socialistes, le chemin de la renaissance ». Largement plébiscité jeudi soir lors du premier tour où il s’est qualifié avec 48,56 % des voix, M. Faure doit désormais être à la hauteur de son ambition. Il prend la tête d’un parti au bord du précipice après deux défaites électorales cinglantes, à la présidentielle et aux législatives de 2017.
M. Faure devra d’abord prouver aux militants qu’il les place effectivement au cœur de l’appareil socialiste, comme il l’a martelé pendant sa campagne. Son projet était celui qui faisait la part belle à une « méthode de refondation » pour rénover le PS « du sol au plafond ».

Le député de Seine-et-Marne a promis de « renouveler les profils », de décentraliser le parti et d’associer les militants aux prises de décision et à l’émergence d’idées nouvelles, notamment avec la mise en place d’une plate-forme en ligne, sorte de « laboratoire » du PS.
« Nous ne serons pas un parti vertical, ce sera un bouleversement dans notre propre organisation », a réaffirmé M. Faure vendredi après-midi, lors de sa première déclaration à la presse après son élection, rue de Solférino, à Paris. « Je veux faire confiance à de nouveaux talents, de nouveaux visages, construire de nouvelles idées avec les citoyens et le mouvement social dans toutes les villes et les villages de France », a lancé le futur premier secrétaire, tout en refusant de se fixer une échéance pour évaluer le bilan de ses premières mesures. « Cela doit être l’œuvre de tous les jours », a-t-il estimé.
Donner de la voix au PS
Autre enjeu pour l’ancien collaborateur de Jean-Marc Ayrault à l’Assemblée nationale, parvenir à donner de la voix au PS, quasiment inexistant dans le débat public depuis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Les deux dirigeants ont insisté, vendredi 16 mars à Paris, sur « la responsabilité extrêmement importante » à laquelle font face Paris et Berlin.
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Macron et Merkel veulent faire redémarrer le « moteur franco-allemand »

Les deux dirigeants ont insisté, vendredi 16 mars à Paris, sur « la responsabilité extrêmement importante » à laquelle font face Paris et Berlin.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 20h28
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 06h41
   





                        



   


La France et l’Allemagne trouveront des convergences pour la réforme de la zone euro d’ici au Conseil européen de la fin du mois de juin, ont assuré le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, vendredi 16 mars à Paris.
Après cinq mois d’attente pour la formation d’un gouvernement outre-Rhin, « le travail qui nous attend est important dans un contexte européen profondément bousculé depuis le Brexit (…) et depuis l’élection italienne qui a vu monter les extrêmes », a dit le chef de l’Etat au côté de son invitée, avant un dîner de travail à l’Elysée.
Les deux dirigeants, qui veulent faire redémarrer le fameux « moteur franco-allemand », ont par ailleurs insisté sur la nécessité de trouver des solutions aux multiples défis auxquels l’Union européenne (UE) est confrontée :
crise migratoireprogression des formations eurosceptiques dans l’UEtensions diplomatiques internationalesréformes des institutions européennes.
M. Macron a insisté sur « la responsabilité extrêmement importante » à laquelle font face Paris et Berlin, « alors même que les tensions internationales ne cessent de croître ». Les deux dirigeants ont notamment cité l’affaire de l’empoisonnement d’un agent double russe, le 4 mars au Royaume-Uni, réitérant la « solidarité des alliés » avec Londres.

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          Moscou va enquêter sur la « tentative d’assassinat » qui a visé la fille de Sergueï Skripal



Le couple franco-allemand est prêt
Félicitant Angela Merkel pour la formation de son nouveau gouvernement, M. Macron a ajouté que « pendant de longues années », l’UE avait « attendu que le couple franco-allemand avance et propose. Nous y sommes prêts. C’est donc cette étape qui est devant vous ». Il a souhaité que soient « réarticulées » la responsabilité et la solidarité dans la zone euro et cité les politiques migratoires, de défense, commerciale et d’éducation. « Nous proposerons une feuille de route claire, ambitieuse pour cette refondation d’ici au mois de juin », a-t-il dit.
La France a fait des propositions et conduit ses réformes, a souligné Angela Merkel, expliquant que son gouvernement, désormais formé, souhaitait travailler à « un nouvel avenir » avec les autorités françaises. « Nous voulons maintenant trouver des chemins communs », a souligné la chancelière, en insistant notamment sur la politique migratoire.
« Nous serons invincibles en tant qu’Européens si nous ne nous laissons pas diviser dans nos relations géopolitiques, que ce soit au niveau du commerce ou au niveau d’une compétition équitable avec les pays en expansion », a-t-elle ajouté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Patrick Roger, journaliste au service politique du « Monde », actuellement à Mayotte, a répondu aux questions des internautes lors d’un tchat, vendredi.
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« L’Etat a pour devoir d’assumer les conséquences de la départementalisation de Mayotte »

Patrick Roger, journaliste au service politique du « Monde », actuellement à Mayotte, a répondu aux questions des internautes lors d’un tchat, vendredi.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 19h12
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 20h34
   





                        



   


Depuis quatre semaines, le 101e département français est secoué par une importante contestation sociale. Une grève générale touche l’île depuis le 20 février, avec au centre des revendications des Mahorais la question de l’insécurité et des conditions de vie.
Lors d’un tchat, vendredi 16 mars, Patrick Roger, journaliste au service politique du Monde, actuellement à Mayotte, a répondu aux questions des internautes.

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                Ce qu’il faut retenir de la situation à Mayotte



Youpi : Pouvez-nous nous décrire le climat sur place ? On entend beaucoup le discours de peur des Moharais, qui ne se sentent pas en sécurité. Mais qu’en est-il des violences contre les migrants ?
Patrick Roger : Le climat ici est extrêmement tendu. La peur de la population mahoraise est réelle : depuis mon arrivée, je n’ai pas rencontré une seule personne qui ne se soit pas fait agresser, dérober quelque chose ou cambrioler. Plus personne ou presque ne sort la nuit. Les bandes rivales font régner la terreur chaque nuit dans les quartiers, malgré le renforcement de la présence et des patrouilles des forces de l’ordre. Cela ne doit pas faire oublier, pour autant, les risques de représailles, voire pire. Déjà, depuis deux ans, on a assisté à des opérations de « décasage » menées par des habitants pour déloger des clandestins de leurs constructions sauvages.  Récemment a eu lieu le procès de plusieurs individus qui avaient carrément procédé à un lynchage de deux jeunes soupçonnés d’avoir dérobé une télévision. Et cette nuit même a été retrouvé un corps roué de coups sur une plage de l’ouest de Mayotte. Celui-ci n’a pas encore été identifié et une enquête a été ouverte. Il suffit d’une étincelle pour que Mayotte s’embrase. Certains syndicalistes n’hésitent pas à mettre en garde contre les risques d’une guerre civile.
Hubert BDLB : Quelles sont les revendications concrètes des grévistes ? Quelle est la situation concernant les négociations ?
La plate-forme élaborée par l’intersyndicale, le collectif des citoyens et les élus, comporte 61 propositions, portant à la fois sur la restauration de l’autorité de l’Etat (bien affaiblie il est vrai) et la sécurité des citoyens, le renforcement des moyens de la justice et l’« implication de la société civile et des collectivités dans le maintien de l’ordre public et la protection de l’enfance », c’est-à-dire la reconnaissance des associations agissant dans ces domaines, un « plan Marshall » pour Mayotte, avec notamment un fonds exceptionnel de rattrapage de 1,8 milliard d’euros sur 10 ans, la valorisation de Mayotte et de ses atouts culturels.
Lors de la rencontre qui a eu lieu mardi soir 13 mars entre la ministre des outre-mer, Annick Girardin, et une délégation du mouvement, une quinzaine de dispositions en matière de sécurité et de lutte contre l’immigration clandestine ont été acceptées, en sus des mesures de renforcement et d’effectifs supplémentaires que la ministre avait annoncées plus tôt. Mais, depuis, la situation est de nouveau bloquée et les barrages continuent, une partie du mouvement ayant rejeté ces avancées.
Pierre : Vous semble-t-il possible de ne pas adopter une mesure qui remette en cause le droit du sol à Mayotte ? Une procédure de changement total du statut de l’île semble-elle possible à moyen terme ?
Le gouvernement évoquait récemment une possible évolution du statut de la maternité de Mayotte pour en faire une « maternité internationale », posant ainsi la question de son extraterritorialité. Cette option pourrait permettre au gouvernement de contourner la question du droit du sol pour les enfants nés à Mayotte de parents étrangers.
Mais selon Serge Slama, professeur de droit public à l’université de Grenoble, cette option est inenvisageable car elle serait anticonstitutionnelle.

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                Mayotte : donner un statut international à la première maternité de France est-il réaliste ?



Webdomi : Comment sortir d’une crise latente depuis de nombreuses années alors que les conflits d’intérêts, les détournements de fonds, les emplois fictifs illustrent cette île depuis bien trop longtemps, avec des autorités préfectorales dépassées et on pourrait dire sans aucun contrôle ni conseils de la France métropolitaine ?
Je comprends que Mayotte puisse apparaître comme un puits sans fond et la situation inextricable. Conflits d’intérêts, détournements de fonds, corruption et autres malversations sont réels. Mais il ne faut pas oublier que Mayotte n’est devenue un département français que depuis sept ans. Même si on peut regretter les conditions, l’impréparation plutôt, dans lesquelles s’est opérée cette départementalisation, l’Etat a pour devoir d’en assumer les conséquences. Et ce qui manque dramatiquement ici, ce sont justement des services de l’Etat à la hauteur des défis et des exigences de rattrapage pour éviter que Mayotte ne sombre. Le personnel politique mahorais, pour une large part, a lui-même été plus que déficient.
Mais émerge aujourd’hui, y compris au sein de ce mouvement, une nouvelle génération d’intellectuels, de responsables associatifs et syndicaux, et dans les milieux économiques, qui représentent en partie l’avenir de Mayotte.
Trantsyx : On peut lire souvent dans les commentaires des articles concernant Mayotte des personnes prônant la rétrocession de Mayotte aux Comores. Est-ce réalisable (et souhaitable) ?
Les gouvernements comoriens font courir la fausse idée que l’avenir de Mayotte ne serait que dans l’union des Comores et exhibent pour ce faire des résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies n’ayant aucune valeur contraignante. La revendication comorienne sur Mayotte vise plutôt à faire oublier l’état d’impéritie totale dans lequel se trouve ce pays. Aucune solution durable, toutefois, ne pourra être trouvée sans établir des accords de coopération bilatéraux avec les Comores.
Catherine : Pour la France, à part les eaux territoriales et un pied dans cette région du monde, qu’apporte Mayotte ?
C’est effectivement un point d’appui stratégique dans la région, y compris en termes de systèmes d’interception dont le Royaume-Uni souhaite continuer à pouvoir bénéficier : c’est un élément en balance dans les discussions en cours sur le Brexit. Mais il ne faut pas s’arrêter à cela. La pêche dans l’océan Indien représente 800 000 tonnes de poisson et 2 milliards d’euros par an. Lorsque la France a négocié la PAC à Bruxelles elle a mis sur la table, en contrepartie des aides pour ses agriculteurs, des autorisations de pêche dans les eaux territoriales mahoraises pour les pêcheurs espagnols et italiens.
L’agriculteur limousin ou auvergnat doit une partie du maintien de ses aides aux ressources halieutiques de Mayotte. Ce département est aussi une formidable réserve écologique, hélas terriblement dégradée aujourd’hui, où l’on trouve des essences et des espèces rares endémiques. Ce que le gouvernement français ne s’est pas privé d’utiliser comme argument lors de la COP21.

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                Mayotte, une île au cœur des flux de populations



Gautier : On parle souvent de la « base » : qui la compose ? Est-elle vraiment représentative de l’opinion de l’ensemble de la population ? De fait, les barrages sont tenus par un petit nombre d’individus dont le pouvoir de nuisance est très fort…
Un mouvement de cette nature, bien entendu, ne saurait représenter toute la population. Et des manifestations d’exaspération de plus en plus fortes s’expriment car le mouvement, incontestablement, a empiré les difficultés de la vie quotidienne. Y compris en termes de sécurité. Ce mouvement est comparable, en ampleur, à celui de 2011 contre la vie chère. Les collectifs d’associations de citoyens en sont à l’origine, rejoints par l’ensemble des syndicats réunis en intersyndicale mais aussi par une partie des milieux économiques, qui ont participé à l’élaboration de la plate-forme.
Dans une telle diversité, des dissensions se font jour. La durée du mouvement a aussi tendance à accroître la fatigue, l’énervement et les crispations. Dans cette situation, les éléments les plus radicaux semblent avoir pris la main depuis deux jours, ce qui a ramené à cette situation de blocage. Mais en ce moment même se tient à Dzoumonié, dans le nord de l’île, une nouvelle réunion de l’ensemble des dirigeants du mouvement et des élus de tous bords pour tenter une nouvelle fois de calmer le jeu.
Kat : Comment se fait-il que le déplacement sur place de la ministre des outre-mer, Annick Girardin, ait été si mal perçu par les habitants ?
Il était d’abord incroyablement mal organisé. J’ignore comment Annick Girardin avait été briefée par ses services et ceux de la préfecture mais j’ai rarement vu une telle impréparation. Il est même miraculeux qu’il n’y ait pas eu d’incidents plus sérieux. Il faut lui reconnaître aussi du cran et des accents sincères dans ses propos. Je pense qu’elle a une réelle volonté de faire avancer les choses mais elle mérite d’être mieux accompagnée et soutenue par l’ensemble de l’exécutif, alors que j’ai le sentiment que, au sommet de l’Etat, s’exercent des influences contradictoires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Le député Les Républicains de Mayotte, Mansour Kamardine, a annoncé vendredi qu’il allait rejoindre la mission mise en place par le gouvernement.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤                     
                                                

Crise à Mayotte : Girardin promet une réorganisation des services de l’Etat, les blocages se poursuivent

Le député Les Républicains de Mayotte, Mansour Kamardine, a annoncé vendredi qu’il allait rejoindre la mission mise en place par le gouvernement.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 18h19
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 19h46
   





                        



   


La crise politique, économique et sociale qui a débuté il y a près d’un mois se poursuit à Mayotte. Une nouvelle réunion entre les représentants de l’Etat et du mouvement social n’a de nouveau rien donné jeudi. Mais, vendredi 16 mars, la ministre des outre-mer, Annick Girardin, a fait savoir qu’elle annoncerait « très prochainement une réorganisation profonde des services de l’Etat » dans l’île.
Cette annonce survient alors que l’une des principales revendications des manifestants est la restauration de l’autorité de l’Etat. « Les Mahoraises et les Mahorais attendent un Etat plus efficace. Ils réclament des services publics performants et des agents publics qui répondent à leurs besoins, a expliqué Mme Girardin dans une vidéo publiée sur Facebook. L’Etat respecte ses engagements pris. La confiance restera le maître mot. »

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« Dépasser ses postures »
Alors que les blocages se poursuivent dans l’île après que les propositions avancées par le gouvernement ont été rejetées par l’intersyndicale, la ministre a appelé à « la responsabilité de tous » et demandé à « chacun de dépasser ses stratégies, ses postures, et de renouer le dialogue dans l’intérêt de Mayotte ».
Dans l’après-midi vendredi, le député Les Républicains de Mayotte, Mansour Kamardine, a par ailleurs annoncé qu’il avait « décidé de prendre part aux travaux de la mission de haut niveau mise en place par le gouvernement ». Cette annonce pourrait être une étape importante dans l’apaisement de la situation dans l’île. Pour l’élu, « l’Etat a fait montre de sa volonté de respecter sa parole » :
« Les opérations de contrôle de la régularité au regard du droit de séjour se sont multipliées. Les actions d’intervention visant les bandes organisées sont lancées avec détermination. Les renforts d’urgence en forces de l’ordre sont arrivés à Mayotte et sont déployés sur le terrain. »
M. Kamardine demande toutefois « l’amplification des actions visant à lutter contre l’immigration illégale et l’insécurité ».
En fin de journée, vendredi, la préfecture a annoncé que 192 personnes en situation irrégulière avaient « été éloignées du territoire » en deux jours, lors d’opérations menées par les forces de l’ordre. « Conformément aux engagements pris par l’Etat, plusieurs opérations d’ampleur ont été menées par les forces de sécurité intérieure au cours des dernières quarante-huit heures », rapporte la préfecture dans un communiqué.
Par ailleurs, une vingtaine d’étrangers en situation irrégulière se sont spontanément rendus aux forces de l’ordre jeudi à Mtsamboro (nord de l’île), a fait savoir vendredi la gendarmerie à l’Agence France-Presse, en raison d’un climat communautaire tendu dans l’île.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Etudiants, mais aussi lycéens, ouvriers, immigrés, banlieusards, paysans... La figure du « soixante-huitard » converti au néolibéralisme par opportunisme masque une réalité plurielle.
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édition abonné


Existe-t-il une « génération 68 » ?

Etudiants, mais aussi lycéens, ouvriers, immigrés, banlieusards, paysans... La figure du « soixante-huitard » converti au néolibéralisme par opportunisme masque une réalité plurielle.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 16h55
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 18h05
    |

                            Marion Rousset








                        



                                


                            

Depuis des décennies, on se repasse le même film. Celui d’une génération d’étudiants qui évoluent dans un tout petit périmètre parisien, entre la Seine et le Luxembourg, la rue d’Ulm et le boulevard Saint-Michel. On raconte l’histoire de ces jeunes gens qui ont décidé, un joli jour de mai, de transformer la cour de la Sorbonne en agora. On évoque en toile de fond les guerres d’Algérie et du Vietnam, la révolution cubaine et les projets de Mao, trame de leur engagement politique. On parle de ces rebelles d’un soir qui se sont convertis au néolibéralisme pour occuper des postes de pouvoir.
Figures de proue
Ces trajectoires sont-elles vraiment emblématiques d’une « génération 68 » – expression devenue un lieu commun ? « Un certain nombre de porte-parole autoproclamés ont construit cette idée de “génération 68” sur la base de leur devenir propre, qui n’était pas représentatif des destinées des soixante-huitards ordinaires. Leur vision a évacué la masse des lycéens, des ouvriers, des employés qui ont participé à l’événement », estime la sociologue Julie Pagis.
Un livre joue un rôle crucial dans la construction de ce mythe : Génération (Seuil). Le best-seller d’Hervé Hamon et de Patrick Rotman, dont les deux tomes paraissent en 1987 et 1988, donne naissance à une série documentaire diffusée sur TF1 à la fin des années 1990. Il popularise le mythe d’une jeunesse révoltée, privilégiée, hédoniste et opportuniste. Au fil des commémorations, une poignée de « vedettes » ayant un accès direct aux médias ont contribué à façonner ce portrait à leur image.
Dans les années 2000, ce sont les mêmes figures de proue que fait revivre l’écrivain Olivier Rolin dans ­Tigre en papier (Seuil, 2002), roman amer sur les ruines de la révolution. Et quand, quarante ans après les événements, Virginie Linhart publie Le Jour où mon père s’est tu (Seuil), c’est toujours aux plus célèbres des intellectuels militants – Benny Lévy, Blandine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Arrivé en tête avec 48,5 % des voix au premier tour, Olivier Faure est assuré, avec à peine plus de 17 000 voix, de devenir premier secrétaire du Parti socialiste, après le retrait de Stéphane Le Foll.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤                     
                                                

Congrès du PS : quatre fois moins de votants en dix ans

Arrivé en tête avec 48,5 % des voix au premier tour, Olivier Faure est assuré, avec à peine plus de 17 000 voix, de devenir premier secrétaire du Parti socialiste, après le retrait de Stéphane Le Foll.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 16h40
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 18h28
    |

                            Les Décodeurs








                        



   


Arrivé largement en tête du premier tour, jeudi 15 mars, avec 48,5 % des suffrages exprimés par les militants, Olivier Faure, le président du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale, est assuré de devenir le premier secrétaire du PS, après le retrait de Stéphane Le Foll, arrivé en deuxième position, avec 26,1 % des voix. Suivent Emmanuel Maurel (18,98 %) et Luc Carvounas (6,36 %).

        Lire aussi :
         

                Stéphane Le Foll annonce qu’il se retire, Olivier Faure assuré de prendre la tête du Parti socialiste



Selon les chiffres définitifs transmis vendredi par le coordinateur du parti, Rachid Temal, 37 014 militants ont voté, dont 36 439 suffrages exprimés lors de cette consultation organisée avant le congrès d’Aubervilliers, les 7 et 8 avril. Olivier Faure a donc obtenu le vote d’un peu moins de 17 700 militants socialistes. Un deuxième tour doit être organisé le 29 mars, mais, avec un seul candidat en lice, la participation risque d’être encore plus faible.


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Congrès du PS : Olivier Faure a recueilli 48,5 % des suffrages, soit 17 695 voix
Quatre candidats se présentaient au premier tour du congrès socialiste d'Aubervilliers, le 15 mars 2018.

Source : Parti socialiste



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Les responsables socialistes semblent se contenter de ce taux de participation. « Après les terribles défaites, neuf mois plus tard, 37 000 camarades se sont déplacés », se félicite M. Temal sur Twitter. Pourtant, trois ans plus tôt, au premier tour de l’élection pour le congrès de Poitiers, ils étaient plus de 71 000 votants. Un chiffre qui atteignait presque 132 000 en 2008.


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Congrès du PS : en dix ans, le nombre de participants est passé de 132 000 à 37 000
Les noms et scores des candidats apparaissent au survol.

Sources : PS, Wikipedia



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Le nombre de votants lors des congrès n’a cessé de baisser ces dix dernières années. Un désamour qui s’est aussi ressenti lors de l’organisation des primaires pour désigner le candidat à l’élection présidentielle. Ouvertes aux non-militants, elles ont recueilli un million de suffrages de moins en 2017 que lors de leur première édition, en 2011.

   



        Lire aussi :
         

                Olivier Faure, le rassembleur du Parti socialiste






                            


                        

                        


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<filnamedate="20180317"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180317"><AAMMJJHH="2018031719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Patrick Roger, journaliste au service politique du « Monde », actuellement à Mayotte, a répondu à vos questions.
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<article-nb="2018/03/17/19-12">
<filnamedate="20180317"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180317"><AAMMJJHH="2018031719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le juriste Philippe Blachèr estime nécessaire l’inscription dans un article constitutionnel de principes fondamentaux sur la transparence de la vie publique.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La déontologie de la vie politique, grande absente de la réforme constitutionnelle »

Dans une tribune au « Monde », le juriste Philippe Blachèr estime nécessaire l’inscription dans un article constitutionnel de principes fondamentaux sur la transparence de la vie publique.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 15h42
    |

Philippe Blachèr (Professeur à l’université de Lyon)







                        



                                


                            

Tribune. La réforme constitutionnelle, qui fait actuellement l’objet de consultations et devrait être présentée en conseil des ministres au mois d’avril, vise à moderniser la Constitution de 1958 sans affecter les grands équilibres institutionnels qui ont forgé la longévité du régime de la Cinquième République.
Les mesures en discussion concernent la diminution du nombre des députés et sénateurs, la limitation du nombre des mandats parlementaires à trois, la réforme du Conseil économique social et environnemental, la suppression de la Cour de justice de la République, la réforme du Conseil supérieur de la magistrature, la suppression des membres de droit au Conseil constitutionnel, la limitation du droit d’amendement des parlementaires, l’inscription de la Corse et la référence à la protection climatique dans le préambule.
Curieusement, aucune référence n’est faite à ce qui constitue, sans nul doute, le cœur de la rénovation du système politique : la déontologie de la vie politique. Les pouvoirs publics se sont pourtant engagés, bien avant l’affaire Cahuzac de 2013, dans un processus de codification de règles de bonne conduite et de transparence (notamment en matière de financement de la vie politique et de comportement des élus) et dans la mise en place de mécanismes sectoriels d’enquête et de sanction pour lutter contre les conflits d’intérêts, pour sanctionner les manquements grave à l’éthique et pour rappeler les élus et les décideurs au devoir d’exemplarité en raison du caractère public de leur charge.
« Il ne peut y avoir de réforme sans confiance »
Si le législateur français a adopté, depuis 1988, des lois afin d’injecter des règles déontologiques dans le financement de la vie politique, les lois relatives à la transparence de la vie publiquede 2013, à la lutte contre la corruption dite « Sapin 2 » de 2016 et à la confiance dans la vie politique de 2017, énoncent les règles de comportement attendues...




                        

                        


<article-nb="2018/03/17/19-13">
<filnamedate="20180317"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180317"><AAMMJJHH="2018031719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Le régime de retraite des cheminots leur assure un départ plus tôt et une pension plus confortable que le reste de la population. Mais ce système déséquilibré coûte cher à l’Etat.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤                     
                                                

La retraite des cheminots, un régime spécial largement déficitaire

Le régime de retraite des cheminots leur assure un départ plus tôt et une pension plus confortable que le reste de la population. Mais ce système déséquilibré coûte cher à l’Etat.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 15h42
    |

                            Jean-Gabriel Fernandez








                        



   


Le projet de réforme de la SNCF suscite l’inquiétude des cheminots pour leur avenir. Si le premier ministre, Edouard Philippe, a bien assuré que le projet de loi « n’est pas la réforme des retraites des cheminots », il a aussi annoncé la fin de l’embauche « au statut » des employés de la SNCF. Autrement dit, que les futurs agents ne seront pas sous le statut actuel des cheminots et ne cotiseront pas pour le régime spécial actuellement en vigueur, ce qui signifiera mécaniquement moins de cotisations salariales pour les retraites.
Ce régime spécial dont bénéficient les cheminots est dans le collimateur du gouvernement à cause de son coût élevé. Durant la seule année 2016, les retraites des cheminots ont été déficitaires de 3,3 milliards d’euros, comblés par l’Etat.
Pourquoi ça coûte si cher ?
Ils étaient 260 000 retraités de la SNCF en 2017, un chiffre à rapporter à environ 150 000 personnes actuellement employées par l’entreprise. Ce nombre important est en partie expliqué par l’âge minimum de départ en retraite pour les cheminots : 57 ans pour les agents sédentaires et 52 ans pour les conducteurs. L’âge minimum peut varier jusqu’à deux ans en fonction de l’année de naissance des agents, mais reste très en dessous du minimum de 62 ans en vigueur dans le privé. En 2016, en moyenne, les conducteurs ont pris leur retraite à 53 ans et 5 mois, les autres employés SNCF à 57 ans et 6 mois, contre 62 ans et 5 mois pour les affiliés au régime général.
Plus confortable que la retraite moyenne en France, qui était de 1 376 euros en 2015
La pension de retraite des cheminots est également plutôt avantageuse. A taux plein, elle correspond à 75 % du salaire des six derniers mois d’activité (dans le privé, on fait la moyenne des salaires des vingt-cinq meilleures années), auxquels s’ajoutent une grande part des primes. En 2016, la pension directe moyenne versée aux cheminots était de 24 759 euros par an, soit 2 063 euros par mois. Celle-ci est plus confortable que la retraite moyenne en France, qui était de 1 376 euros en 2015, selon le ministère des solidarités et de la santé.
Ce régime spécial, obtenu en 1909, est antérieur à la fondation de la SNCF. Or, il est aujourd’hui incapable de s’autofinancer et est subventionné par l’Etat, au même titre que dix autres régimes spéciaux (marine, mines, transports urbains). Le coût total des prestations de retraite des cheminots en 2016 était de 5,3 milliards d’euros, que les cotisations ne suffisent pas à couvrir. L’Etat a donc versé 3,3 milliards d’euros pour les cheminots à la retraite, soit près de 60 % du budget total dédié cette année-là aux onze régimes spéciaux, dont fait partie la SNCF.


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Contribution de l'Etat au financement des pensions de retraite de la SNCF depuis 2015


Source : Caisse prévoyance retraite de la SNCF



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Seuls les « agents du cadre permanent » de la SNCF sont affiliés au régime spécial des cheminots, cotisent et en bénéficient. Ils doivent avoir été embauchés avant leurs 30 ans, posséder toutes les qualifications demandées par l’entreprise et passer une période d’évaluation allant d’un an à deux ans et demi. Pour bénéficier de la retraite à taux plein en 2016, ils devaient également avoir accumulé 163 ou 164 trimestres de service à la SNCF, avec un taux de cotisation de 8,2 %. Dans le privé, le taux de cotisation moyen est aux alentours de 11 % pendant 172 trimestres. Les cheminots ont également une cotisation retraite avantageuse par rapport aux fonctionnaires, qui cotisent à hauteur de 10,56 %.
A la SNCF, 0,56 actif pour 1 retraité
Il y a en France 17,5 millions d’actifs qui travaillent, contre 14 millions de retraités. C’est-à-dire que 1,3 actif cotise pour chaque personne à la retraite. A la SNCF, où l’on est passé de 303 000 agents en 1970 à 150 000 aujourd’hui, ce ratio est de 0,56. En 2016, on comptait près de deux retraités pour chaque cotisant à la SNCF, et la situation continue de se dégrader. « Le nombre des cotisants baisse régulièrement à la SNCF, de 1,4 % en 2014, 2 % en 2015 et, en prévision, de 1,2 % en 2017 », note la commission chargée d’examiner les régimes de retraite par le Sénat.


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Nombre de cotisants et de pensionnés dans le régime de la SNCF


Source : Sénat



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Vers une disparition du régime spécial ?
C’était l’une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron, qui ne cache pas son ambition d’abolir le régime de retraite des cheminots, qu’il qualifiait d’« injuste » l’été dernier lors d’un échange avec des cheminots.
« Je souhaite que l’on puisse avoir au premier semestre 2018 une loi-cadre qui donne le top départ de cette réforme, par exemple au 1er juillet 2018 ou début 2019. (…) Ceux qui étaient à cinq ans de la retraite ne sont pas touchés, les autres ont des droits acquis dans un régime et à partir de ce jour-là basculent vers un régime unique, où un euro cotisé donne lieu aux mêmes droits. »
Ce n’est pas la première fois que le gouvernement cherche à revenir sur les avantages dont bénéficient les retraités de la SNCF. En 2008, une réforme des régimes spéciaux menée par le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait déjà entamé le travail. Dans un premier temps, la réforme de 2008 a allongé la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein : de 37 ans et deux trimestres, celle-ci est passée à 41 ans et un trimestre aujourd’hui. Elle continuera d’être relevée d’un trimestre par an jusqu’à atteindre la durée en vigueur pour les assurés du régime général, soit 172 trimestres (43 ans). La réforme des retraites a également instauré une décote et une surcote identiques à celles des fonctionnaires.
En 2011, une nouvelle réforme a touché les retraites des cheminots et remonté l’âge d’ouverture des droits de deux ans. Le taux de cotisation salariale des agents du cadre permanent a également été modifié. Passant de 8,15 % en 2015 à 8,79 % en 2018, ce taux continuera d’augmenter jusqu’à atteindre 10,95 % en 2026.


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Evolution du taux de cotisation salariale des cheminots


Source : Legifrance.gouv.fr



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L’une des conséquences observables est l’augmentation de l’âge moyen de départ à la retraite à la SNCF depuis 2009, une augmentation de trois ans pour les conducteurs et de deux ans et deux mois pour les autres. L’objectif poursuivi par la réforme de 2008 était d’aligner le régime des cheminots sur les règles en vigueur dans la fonction publique. Un objectif partiellement atteint, car les cheminots ont perdu quelques-uns de leurs avantages. La nouvelle réforme de la SNCF pourrait accélérer cette convergence vers le régime général des retraites.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Deux mois après son lancement, le magazine a 8 000 abonnés et vend de 8 000 à 10 000 exemplaires en kiosque.
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« Ebdo », en grande difficulté, cherche des investisseurs

Deux mois après son lancement, le magazine a 8 000 abonnés et vend de 8 000 à 10 000 exemplaires en kiosque.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 14h12
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 06h37
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


« Nous sommes face à ce moment de crise où tout se résout ou s’encalmine », résume Laurent Beccaria, l’un des deux actionnaires d’Ebdo, dans Libération, jeudi 15 mars. Deux mois après son lancement, le magazine est déjà menacé de disparition, en raison de ventes décevantes et de fonds trop limités pour poursuivre l’activité et investir.
Après une réunion de crise avec la quarantaine de salariés du journal, le cofondateur et son associé, Patrick de Saint-Exupéry, disent chercher à constituer un nouveau tour de table d’investisseurs. « On se bat », résument-ils. Mais le temps est compté. « On n’a pas six mois, déclare M. Beccaria. Cela se compte en semaines. » Faute d’argent, le journal pourrait s’arrêter très rapidement.
Selon nos informations, les ventes en kiosque (exemplaires vendus au numéro, hors abonnements) ont baissé depuis le lancement : 53 000 pour le premier numéro, le 12 janvier, pour une diffusion de 200 000 exemplaires ; 28 000 le 19 janvier, 24 000 le 26 janvier, 21 000 le 2 février, 23 000 le 9 février pour le numéro sur la plainte pour viol déposée contre le ministre Nicolas Hulot, 13 000 le 16 février, 13 000 le 23 février. Et « entre 8 000 à 10 000 » pour les derniers numéros, selon les fondateurs cités par Libération.

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                Le nouveau journal « Ebdo » se dévoile



Ces chiffres sont loin des objectifs affichés au départ : 20 000 ventes au numéro et 70 000 abonnements. Ces derniers ne dépassent pas le nombre de 8 000. Les ventes en kiosque sont plus faibles que celles affichées par certains newsmagazines (25 000 en moyenne en 2017 pour L’Express, 29 000 pour L’Obs, qui a des actionnaires communs avec Le Monde) mais, surtout, ces hebdos ont beaucoup plus d’abonnés et disposent de recettes venant d’annonceurs, alors qu’Ebdo est un journal sans publicité. De son côté, le site indépendant Mediapart, après dix ans d’existence et de nombreux scoops, affiche 140 000 abonnés environ, ce qui donne une idée de la difficulté d’atteindre l’objectif fixé par Ebdo.
La levée de fonds n’a pas eu lieu
Quant aux capitaux, la levée de fonds de 2 millions d’euros annoncée pour février n’a pas eu lieu, ce qui a empêché de débloquer 4 millions d’euros de crédits bancaires, expliquent les dirigeants d’Ebdo. Le journal a été lancé avec les 500 000 euros récoltés lors d’un financement participatif (ou crowdfunding) et les quelques réserves de Rollin Publications, la société éditrice, qui publie également les revues trimestrielle et semestrielle XXI et 6 Mois. Avec une équipe de journalistes expérimentés souvent débauchés dans d’autres rédactions, le budget annuel était, lui, estimé à 13 millions d’euros.
Aujourd’hui, Ebdo est en crise. Plusieurs réunions internes ont eu lieu cette semaine. Mercredi, des participants des assises du journalisme de Tours ont remarqué que le journal avait annulé sa participation à un débat. Sollicités, les dirigeants n’ont pas souhaité s’exprimer dans Le Monde. Les journalistes sont peu enclins à commenter, certains lâchant toutefois des tweets sybillins, comme cette photo d’un mug avec une citation de Victor Hugo « Nous périssons faute d’émerveillement ».
Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné jusqu’ici ? MM. Beccaria et Saint-Exupéry pointent clairement du doigt le rôle joué par l’« affaire Hulot ». Cet article – relatant anonymement une plainte pour viol déposée en 2008 à propos de faits datés en 1997, donc classée sans suite – a suscité l’indignation de certains lecteurs. Pour une partie d’entre eux, ce style de scoop offensif ne correspondait pas à un journal qui promettait de prendre du recul par rapport à l’actualité et à son buzz.
Polémique autour de l’« affaire Hulot »
« Ebdo a connu un coup d’arrêt. Il y a eu une crise quand les journalistes ont découvert le sujet, car personne n’était au courant en amont. Une partie de la rédaction, proche de XXI et de 6 Mois, loin de ce journalisme d’enquête, a mal réagi », a expliqué M. Beccaria dans un entretien à Marianne, le 8 mars. Surtout, la polémique autour des accusations visant le ministre de la transition écologique et solidaire aurait fait fuir un investisseur important, selon les dirigeants cités par Libération.
Pourtant, d’autres, au sein de la rédaction, n’ont pas la même vision des choses. La baisse des ventes n’était-elle pas amorcée avant le numéro sur M. Hulot ? Surtout, certains sont surpris que les dirigeants n’aient pas fait la levée de fonds prévue au départ et ne disposent pas, comme ils l’avaient suggéré, de quoi faire tenir Ebdo pendant deux ans.
Aujourd’hui, MM. Beccaria et Saint-Exupéry seraient même prêts à quitter l’aventure, pour laisser la place à de nouveaux investisseurs. « Nous assumerons notre part de responsabilité. Nous ferons tout ce qui est bon pour la société », disent-ils à Libération, en laissant entendre que les actifs XXI et 6 Mois pourraient être laissés dans la structure pour favoriser l’arrivée d’investisseurs.

   


Le directeur de la publication, Thierry Mandon, ancienne figure du Parti socialiste, serait chargé de chercher des fonds qui pourraient permettre le lancement d’une nouvelle formule avec le soutien des membres de la rédaction motivés. Comment le journal serait-il remanié ? Serait-il plus proche de l’actualité ? Jusqu’ici, Ebdo s’en éloignait plutôt, sans pour autant jouer la carte du reportage et du très long format, marque de fabrique de XXI ou de 6 Mois. Les couvertures ont mis en avant la SNCF, le travail, le plaisir des femmes, le Brexit, la défense des services publics… Quant à l’« affaire Hulot », les dirigeants ont laissé entendre qu’ils pourraient à l’avenir publier de nouveaux éléments sur le ministre.
A Marianne, qui lui rappelait « les leçons de journalisme » dispensées dans le manifeste de XXI, M. Beccaria a rappelé que ce texte de 2013 « dit seulement qu’Internet a changé la donne et qu’il faut s’adapter, qu’on peut proposer un autre journalisme ». Tout en reconnaissant que « l’impasse de ce manifeste, c’était l’actualité : comment faire de l’actualité au jour le jour. A l’époque, je ne comprenais pas quand on me disait “c’est facile d’être trimestriel”. Je l’ai bien compris aujourd’hui ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Christian Saint-Etienne estime qu’on ne peut viser à la fois l’objectif d’un marché unique ouvert à la mondialisation et celui de faire de l’Europe une économie qui compte.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤                     
                                                   
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Seul « un cadre d’action intergouvernemental de dix à douze pays » pourra faire de l’Europe une puissance

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Christian Saint-Etienne estime qu’on ne peut viser à la fois l’objectif d’un marché unique ouvert à la mondialisation et celui de faire de l’Europe une économie qui compte.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 14h00
    |

Christian Saint-Etienne (Professeur titulaire de la Chaire d’économie industrielle au Conservatoire national des arts et métiers)







                        



                                


                            
Tribune. Le nouveau gouvernement allemand fait profession de foi européenne. Mais est-ce celle d’Emmanuel Macron, ou celle de Mark Rutte, premier ministre des Pays-Bas, qui s’est opposé, dans un discours à Berlin, le 2 mars, à l’idée d’un budget et d’un ministre des finances spécifiques à la zone euro ? Pour lui, l’urgence est de réduire les déficits et la dette des pays membre de la zone ainsi que le budget 2021-2027 de l’Union à 27 à la suite du départ du Royaume-Uni ; et il est hors de question que le Nord de la zone euro prenne en charge les dettes du Sud. Cette position est partagée à mi-voix par l’Allemagne, et par d’autres pays nord-européens. Pour les tenants de cette Europe minimale, la reprise économique semble régler les problèmes et il n’y aurait pas besoin de réformes systémiques.
Les populistes, mais aussi beaucoup de pro-européens, rejettent l’Europe sans frontières et l’ouverture au commerce international sans réciprocité
Or, il y a deux failles gravissimes dans le raisonnement de M. Rutte. La première est que, avec la consolidation de l’AFD en Allemagne en septembre 2017 et la poussée de la Ligue du Nord et du Mouvement cinq étoiles en Italie en mars 2018, la vague populiste n’a en réalité pas diminué. Les populistes, mais aussi beaucoup de pro-européens, rejettent l’Europe sans frontières et l’ouverture au commerce international sans réciprocité, notamment vis-à-vis des Etats-Unis et de la Chine. Ils attendent une politique crédible face à l’immigration débridée et au chômage élevé, notamment chez les jeunes dans les pays du Sud.
La deuxième faille est, qu’en dépit des excédents extérieurs mirobolants de l’Allemagne et des Pays-Bas, l’Europe s’effondre face à la Chine et aux Etats-Unis dans la guerre numérique. Il n’y a pas de grandes plates-formes numériques en Europe, y compris en Allemagne et aux Pays-Bas, face aux Gafam américains (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et aux BATX chinois (Baidu, Alibaba,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Un ancien fonctionnaire du ministère de la défense revient sur ses tentatives d’alerter la présidence Mitterrand des dangers de la politique suivie au Rwanda.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤         

Entretien

Pierre Conesa : « Rien ne justifiait qu’on tienne le régime rwandais à bout de bras »

Un ancien fonctionnaire du ministère de la défense revient sur ses tentatives d’alerter la présidence Mitterrand des dangers de la politique suivie au Rwanda.

Propos recueillis par                                            David Servenay




LE MONDE
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        Le 16.03.2018 à 13h39

     •
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        Mis à jour le 16.03.2018 à 17h28





Enarque et agrégé d’histoire, ancien fonctionnaire à la délégation aux affaires stratégiques (DAS) du ministère de la défense, Pierre Conesa avait mis en garde, dans une note de 1993, révélée aujourd’hui par Le Monde, contre les risques de l’engagement français aux côtés du gouvernement rwandais de l’époque qui allait commettre le génocide un an plus tard. Il ne sera pas écouté.
Au sein du ministère de la défense, à quelle époque avez-vous été en contact avec le dossier rwandais ?
Le point de départ, c’est la création de la délégation aux affaires stratégiques qui se constitue après la guerre du Golfe [1991]. Pierre Joxe, ministre de la défense, pense qu’il lui manque deux choses. D’une part un service de renseignement militaire constitué, d’où la création de la direction du renseignement militaire [DRM], mais il veut aussi avoir son think tank, car il ne se satisfait pas du fait que le chef d’état-major des armées dise alors « la stratégie, c’est moi ». Il met donc Jean-Claude Mallet, conseiller d’Etat, à la tête de la DAS et je suis un de ses adjoints. Là-bas, je m’occupe de la zone des crises. Voilà pour l’organisation générale.

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Pour le bureau Afrique, je pensais qu’il fallait travailler sur les crises à venir, non sur les crises en cours. On essaie alors de se déconnecter de l’actualité, pour aller sur le futur, en recrutant des vrais connaisseurs du sujet africain, comme le géographe Gérard Prunier. Dès 1993, on travaille sur la Somalie et le Rwanda, en ayant une réflexion sur la prospective des crises en Afrique, en y associant des officiers des troupes de marine et des géographes.
Comment se passe cette réforme de l’appareil de renseignement ?
La DRM a une spécificité qui est le « renseignement d’intérêt militaire », ce qui n’est pas toujours évident à définir mais a une vraie spécificité. Le général Heinrich [qui prend la tête de cette nouvelle structure] empiète donc sur les plates-bandes de la DGSE [direction générale de la sécurité extérieure] et, il se fâche avec ses anciens amis [il a dirigé le service action de la DGSE], car la DGSE se dit pourquoi la DRM ferait mieux que nous ? La deuxième fâcherie d’Heinrich est avec la DAS, qui lui enlève une partie de son pain, car nous avions des budgets de recherche, avec un angle de vue différent. C’est une histoire de pré carré. Pareil avec le Quai d’Orsay, qui se juge concurrencé. Ce sont des querelles de chapelle, mais dans une époque de transition profonde.
Quelle est la première alerte sur le Rwanda ?
« Le processus hiérarchique, à l’Elysée, filtrait la réalité. Le canal d’informations faisait que les notes n’étaient jamais mises directement sur le bureau du président »
C’est le rapport de la Fédération internationale des droits de l’homme au printemps 1993, où les ONG détaillent la planification des massacres de 1992 sur les Tutsi par les autorités rwandaises. Cette dynamique des tueries à répétition me pose un problème : s’agit-il d’un processus récurrent ou d’une explosion temporaire ? Ce qui me frappe, c’est le côté cyclique des massacres, comme régulateur démographique. J’écris donc une note [du 10 avril 1993], en démontant l’argumentaire de notre intervention : l’intérêt stratégique du Rwanda ? Le syndrome de Fachoda, parce que Kagame, parle anglais ? Il me semblait que rien ne justifiait qu’on tienne le régime Habyarimana à bout de bras… C’est une critique frontale de la cellule Afrique de l’Elysée et du dispositif militaire français. Cette note avait pour but de dire : prenons nos distances, car l’Elysée se fourvoie.
Comment est-elle reçue ?
Le cabinet civil du ministre de la défense la reçoit très bien, le cabinet militaire très mal, car elle vient en confrontation avec beaucoup de gens en charge de la politique africaine.
Pendant la crise, que saviez-vous ?
Je me souviens d’une réunion avec le directeur de cabinet de François Léotard, le ministre de la défense, au moment de monter l’opération « Turquoise ». La discussion avec le général Germanos, chef du cabinet militaire, tourne autour de la question : « Comment déployer cette opération ? » Or, le seul individu à avoir une connaissance du pays, de sa dynamique et du terrain, et une approche critique, c’est Gérard Prunier, car, autour de la table, il est le seul à connaître le Rwanda. La première source d’infos dans cette cellule de crise, c’est l’AFP. Autrement dit, la dimension médiatique en fait un sujet politique. Le fossé va se creuser entre la presse et les autorités, car la première soupçonne une opération d’assistance au régime en place, celui des génocidaires.

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Après la crise, le 24 février 1995, vous rédigez une seconde note intitulée « Evaluation politico-militaire de la crise du Rwanda ». Quelle est votre intention ?
J’étais amer de constater que les gens qui avaient critiqué ma première note, et portaient une responsabilité directe dans la politique menée avant le génocide, s’en sortaient indemnes. Evidemment, ils étaient soutenus par François Mitterrand. Ma question est donc : les autorités politiques avaient-elles les moyens de savoir ? Avec mon équipe, nous avons repris toutes les notes des services [DGSE, DRM] et les télégrammes diplomatiques, en se demandant quel était le niveau d’information ? Pour éviter le cliché du « ce sont les militaires qui font la politique » et pas les politiques.
Quelle est votre conclusion ?
Ma conclusion est que le processus hiérarchique, à l’Elysée, filtrait la réalité. Le canal d’informations faisait que les notes n’étaient jamais mises directement sur le bureau du président. Mon sentiment est que c’était une crise « annonçable », même si personne n’avait idée de l’ampleur des massacres à venir. De ce point de vue, la DGSE a fait ce qu’il fallait pour attirer l’attention, la DRM un peu moins et les affaires étrangères pas du tout.

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Que devient cette seconde note ?
Le directeur s’est opposé à sa diffusion… Alors, je mets mon mouchoir dessus, avec le sentiment amer d’un système qui se drape dans sa dignité.
Quels sont les enjeux aujourd’hui de l’affaire rwandaise ? Quel rôle jouent les politiques ?
« Cette incapacité de la société française à exorciser un passé trouble est terrible »
Nous sommes dans un système majoritaire et donc le Parlement ne peut pas critiquer trop fortement le gouvernement. Par exemple, on a créé une Mission d’information parlementaire, pas une commission d’enquête avec de vrais pouvoirs d’investigation. Son président, Paul Quilès, a dédouané François Mitterrand, qui ne pouvait pas être responsable. Cette incapacité de la société française à exorciser un passé trouble est terrible. On ne fera pas le bilan politique de Mitterrand de manière objective et froide. Il y a eu une omerta partielle sur le sujet, notamment à cause de ceux qui sont les conservateurs de la mémoire. Nous sommes toujours dans une construction de mémoire historique qui ne sera vraiment étudié que dans cinquante ans, quand les archives seront rendues publiques.

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Etes-vous favorable à l’ouverture des archives, réclamée par de nombreux universitaires ?
Oui, je pense que c’est important, en particulier pour que les rapports entre les différents services administratifs ne soient pas pervertis par les supposées responsabilités des uns et des autres. Il y a deux enjeux de société en réalité : la mémoire collective et la judiciarisation des actions de guerre. Cette judiciarisation préoccupe les militaires et je les comprends, mais ce n’est pas une raison pour éviter l’exercice de la mémoire collective. On peut changer le droit des archives et le droit du secret-défense, à condition d’offrir aux gens concernés un processus d’impunité pour ceux qui sont menacés, quand ils ont obéi à des ordres. C’est ce qu’il faudrait faire, pour sortir de l’impasse. La justice ne pardonnera pas, mais il ne faut pas que les exécutants portent la responsabilité des décideurs. La judiciarisation est une dérive.


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Depuis le 20 février, l’île connaît de nombreux mouvements sociaux. Ces imposantes manifestations traduisent un sentiment d’abandon de l’Etat. En voici un aperçu en quelques chiffres.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Douze personnes de plus sont mortes en février 2018 par rapport au même mois de l’année précédente.
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Sécurité routière : augmentation de 5,9 % du nombre de tués sur les routes en février 2018

Douze personnes de plus sont mortes en février 2018 par rapport au même mois de l’année précédente.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 12h11
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 12h21
   





                        


Le nombre de morts sur les routes de France métropolitaine a augmenté en février, avec 217 personnes tuées, soit 12 de plus qu’en février 2017 (+ 5,9 %), a annoncé, vendredi, la Sécurité routière.
La publication de ces chiffres a lieu le jour où Edouard Philippe se rend dans la Sarthe pour justifier sa décision contestée de ramener à 80 km/h la vitesse maximale sur les routes secondaires. Une décision annoncée en janvier qui a suscité la colère d’associations de motards et d’automobilistes et provoqué plusieurs manifestations à travers la France.
Cette mesure permettrait de sauver de 350 à 400 vies par an, selon le gouvernement, qui a instauré une « clause de rendez-vous » au 1er juillet 2020. « Si les résultats ne sont pas à la hauteur de nos espérances, le gouvernement prendra ses responsabilités », avait déclaré le premier ministre, Edouard Philippe.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Editorial. Alors que le chef de l’Etat « assume » la hausse de la CSG imposée aux seniors depuis le début de l’année, leur mobilisation, jeudi 15 mars, est prise très au sérieux par le gouvernement.
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Emmanuel Macron face à la contestation des retraités

Editorial. Alors que le chef de l’Etat « assume » la hausse de la CSG imposée aux seniors depuis le début de l’année, leur mobilisation, jeudi 15 mars, est prise très au sérieux par le gouvernement.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 12h07
   





                        


Editorial du « Monde ». Macron n’est pas « foutu » parce que les vieux sont dans la rue ! Mais la mobilisation des retraités, jeudi 15 mars, constitue un sérieux avertissement. Dans la capitale comme dans de nombreuses villes, ils étaient, en effet, plusieurs dizaines de milliers, venus manifester pour défendre leur pouvoir d’achat.
Cette crispation était prévisible. Depuis le 1er janvier, une bonne moitié des retraités – ceux qui touchent plus de 1 289 euros net par mois – ont vu le taux de contribution sociale généralisée (CSG) ponctionnée sur leur pension passer 6,6 % à 8,3 %. Or, contrairement aux salariés du secteur privé et aux fonctionnaires, cette hausse de 1,7 point n’est pas – ou pas encore – compensée et se traduit donc par une perte équivalente de revenu.

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La philosophie du chef de l’Etat est connue. Elle figurait en bonne place dans sa campagne présidentielle et il l’a répété et « assumé » à plusieurs reprises depuis. Le 15 mars encore, en déplacement en Touraine, Emmanuel Macron a réexpliqué que « ce sont les actifs qui paient » les pensions des retraités. La priorité est donc de « remettre la France dans le travail » et, au nom de la « solidarité générationnelle », de demander un effort aux seniors. D’autant qu’ils bénéficient, globalement, d’un niveau de vie légèrement supérieur à celui de l’ensemble de la population. En outre, plaide le gouvernement, si la hausse de la CSG touche effectivement, dans l’immédiat, près de 60 % des retraités, l’impact de la mesure s’atténuera progressivement grâce à la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % d’entre eux.
Gros bataillons d’électeurs
Il n’empêche que le mécontentement est inévitable. D’abord à cause du calendrier des mesures : la CSG augmente dès à présent alors que la suppression de la taxe d’habitation sera étalée sur trois ans et ne produira ses premiers effets qu’à partir de l’automne. Ensuite, s’il est exact que le seuil de déclenchement de la hausse de la CSG correspond, à quelques euros près, au niveau moyen des retraites, il est difficile pour les intéressés d’admettre qu’ils font partie des retraités « aisés ». Enfin, cette mesure vient s’ajouter à plusieurs autres prises ces dernières années (suppression progressive de la demi-part des veuves, fiscalisation de la majoration de pension pour les parents ayant élevé trois enfants, contribution additionnelle de 0,3 % pour financer la prise en charge de la dépendance…).

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Pour le gouvernement et le président, le risque de cette grogne est tout sauf négligeable. Les 16 millions de retraités français constituent de gros bataillons d’électeurs (un tiers de l’électorat), et d’électeurs déterminants, moins abstentionnistes et moins volatils que les plus jeunes. Ils avaient largement contribué à la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, et leur désaffection relative lui avait été fatale en 2012. De même, en 2017, 76 % des plus de 65 ans ont voté pour Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, soit 10 points de plus que son score national.
Si les seniors continuent à soutenir plus fermement le chef de l’Etat que la moyenne des Français, leur grogne actuelle est très perceptible : depuis janvier, Emmanuel Macron a perdu, chez les plus de 65 ans, 9 points de confiance selon la Sofres et 6 points selon l’IFOP. Il n’y a pas encore péril en la demeure. Mais un sérieux effort de pédagogie va être nécessaire pour convaincre les retraités qu’ils ne sont pas les laissés-pour-compte du « nouveau monde » macronien.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Les cotisations supplémentaires sont dues à l’amélioration du marché de l’emploi.
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Les comptes de la Sécurité sociale poursuivent leur lent redressement

Les cotisations supplémentaires sont dues à l’amélioration du marché de l’emploi.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 11h48
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières








                        


Encore une bonne nouvelle pour le gouvernement. Les comptes de la Sécurité sociale ont continué à s’améliorer en 2017, selon les chiffres définitifs annoncés dans un communiqué, jeudi 15 mars, par la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, et son collègue de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin.
En 2016, le déficit cumulé du régime général de la Sécu et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV), qui verse les cotisations retraite des chômeurs et le minimum vieillesse, s’est établi à 5,1 milliards d’euros. Il est en « légère amélioration » par rapport aux prévisions du gouvernement dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale, votée fin 2017, qui tablait sur un déficit à 5,2 milliards d’euros. L’année précédente, il atteignait 7,8 milliards d’euros.
Ces résultats s’expliquent en grande partie par l’embellie économique sur le front de l’emploi, qui a permis d’engranger des cotisations supplémentaires. Mardi, l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss) a fait état d’une hausse de la masse salariale de l’ordre de 3,5 % en 2017 contre 3,3 % attendus. Résultat : 1,2 milliard d’euros de recettes en plus. Mais par un jeu d’écriture, 1 milliard d’euros, qui aurait dû se retrouver dans les caisses de la Sécurité sociale, a été affecté au budget général de l’Etat. Lors de la loi de finances adoptée fin 2017, le gouvernement avait en effet attribué des recettes de TVA habituellement destinées à la Caisse nationale d’assurance-maladie à l’Acoss pour « financer le dispositif de compensation des exonérations de cotisations salariales de l’assurance-chômage », selon le communiqué.
« Il n’y a pas de cagnotte »
Les deux ministres se félicitent de « ces bons résultats » qui « confortent la perspective de sortie de la France de la procédure de déficit excessif dès 2017 » et « permettent d’envisager un retour à l’équilibre des comptes de la Sécurité sociale dans un avenir proche ». La date de 2020 avait été avancée par le premier ministre en juillet 2017. D’ici là, le gouvernement entend ramener cette année le déficit à 2,2 milliards d’euros. Olivier Véran, rapporteur de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, se veut plus optimiste. « En 2018, si le marché de l’emploi reste dynamique, on aura un surcroît de cotisations qui permettra un meilleur résultat et peut-être de résorber le déficit », avance le député LRM de l’Isère.
Dans le détail, le déficit du régime général se réduit presque de moitié en 2017 par rapport à l’année précédente, à 2,2 milliards d’euros. Les branches accidents du travail et vieillesse sont de nouveau excédentaires (respectivement 1,1 milliard d’euros et 1,8 milliard d’euros). Même le FSV résorbe une partie de ses pertes, de 3,6 à 2,9 milliards d’euros. La branche famille ne repasse pas encore dans le vert mais n’en est pas loin. Seule l’Assurance-maladie creuse son déficit qui passe de 4,8 à 4,9 milliards d’euros, contre 4,1 milliards d’euros prévus par le gouvernement. Cependant, pour Mme Buzyn et M. Darmanin, ce dernier se « stabilise (…) malgré la perte de produits de la TVA ». « Sa situation financière sous-jacente s’améliore donc de l’ordre de 1 milliard d’euros par rapport à l’année dernière », affirment-ils.
Pour autant, pas question pour M. Véran de parler de « cagnotte » : « Factuellement, il n’y en a pas. On respecte l’objectif fixé en 2017 et quand bien même, il y a encore un déficit. » La semaine dernière, le gouvernement a tenté d’éteindre un début de polémique sur l’existence d’une « cagnotte fiscale ». L’amélioration de la conjoncture a en effet permis une accélération des recettes de 4,3 milliards d’euros en 2017. Le rapporteur LRM de la commission des finances, Joël Giraud, s’est vu opposer une fin de non-recevoir après avoir proposé de « redistribuer une part » de cette somme, notamment aux établissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).
Hasard du calendrier, la publication des chiffres de la Sécu est tombée le jour où les personnels des Ehpad ont de nouveau défilé pour réclamer des moyens humains et financiers supplémentaires. Mais pour M. Véran, « il n’y a pas lieu d’envisager de nouvelles dépenses sociales » : « On ne peut pas engager des dépenses structurelles sur la base de recettes conjoncturelles », juge-t-il.



                            


                        

                        

