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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ En choisissant le rappeur, le magazine entend montrer que « les hommes virils reprennent le devant de la scène », selon l’anthropologue Mélanie Gourarier.
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JoeyStarr en couverture de « Playboy » : un choix « en réaction à ce qu’il se passe depuis l’affaire Weinstein »

En choisissant le rappeur, le magazine entend montrer que « les hommes virils reprennent le devant de la scène », selon l’anthropologue Mélanie Gourarier.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 14h59
    |

                            Charlotte Herzog








                        


Playboy affiche JoeyStarr sur sa couverture. Playboy, le magazine érotique « masculin qui parle aux femmes », a choisi le rappeur de NTM comme vitrine pour son numéro à paraître samedi 17 mars, pour « son charisme et sa force physique ».

#JoeyStarr premier homme à décrocher la #une de @Playboy France https://t.co/PN9TIjr9lU— JFGuyot (@Jean-François Guyot)


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Sidney Carron, la photographe qui le met en scène, a expliqué au Parisien qu’elle voyait en lui « l’homme qui fascine les filles. L’incarnation de ce qu’on appelle parfois le “mâle alpha”, celui qui crie le plus fort » ; elle voulait « capter son air animal, sa virilité ». Derrière la veste chic, les oreilles de lapin et les lunettes de créateur, JoeyStarr est aussi une personnalité connue pour ses accès d’agressivité et sa tendance à la provocation. L’homme a fait plusieurs séjours en prison, notamment pour violences conjugales. Il lui est aussi arrivé de qualifier une personnalité publique de « grosse tarlouze », tout en « s’en cognant » d’être accusé d’homophobie.
Pour Mélanie Gourarier, anthropologue, chercheuse au CNRS et auteure d’Alpha mâle (Seuil, 2017), le choix d’afficher Joey Starr « s’inscrit pleinement en réaction à tout ce qu’il se passe depuis l’affaire Weinstein ».
JoeyStarr en couverture de « Playboy », qu’est-ce que cela dit du choix du magazine d’afficher ce type d’incarnation de la masculinité ?
Mélanie Gourarier : Il s’agit évidemment d’une intention forte de montrer que les hommes virils, dans une acception très traditionnelle du terme, n’ont non seulement pas disparu, mais reprennent le devant de la scène. C’est une volonté d’érection d’un modèle assez classique et traditionnel de la masculinité, qui est conçu comme un modèle un peu « hors du temps ». Cette virilité traditionnelle dont on est en train, aujourd’hui, de déplorer la perte. Cette couverture s’inscrit pleinement en réaction à tout ce qu’il se passe depuis l’affaire Weinstein. Il y a une volonté de la part de la rédaction de Playboy de dire que ce modèle-là est toujours le plus désirable, et que ce modèle le plus désirable, on le réaffirme alors même qu’il est aujourd’hui contesté.
Des photos du shooting ont déjà été publiées sur les réseaux sociaux, notamment par JoeyStarr lui-même. Des femmes se disent séduites par ce qu’elles appellent son côté « bad boy ». En quoi le « bad boy » reste-t-il désirable aujourd’hui ?
L’usage du concept de « bad boy » vient taire des pratiques de violence. Au lieu de dire « l’homme violent », « l’homme qui a tapé des hommes ou des femmes », on va dire « bad boy ». On invisibilise derrière ce terme des pratiques effectives de pouvoir et de violences faites aux femmes, et aux autres hommes. Continuer à dire que les femmes sont toujours attirées par ce genre d’hommes, c’est renverser le fonctionnement du rapport. Ce discours signifie en creux que, parce que les femmes sont attirées par ces hommes-là, il faut que les hommes continuent à incarner les « bad boys ». En l’érigeant comme modèle désirable, on réaffirme que ce sont les femmes qui désirent cela. D’une part, on les culpabilise et on les considère comme les fautives du maintien de ce modèle, et d’autre part, on s’empêche d’évoluer et de le transformer.
Qu’est-ce que le « mâle alpha » ?
Le mâle alpha n’existe pas. Ni en tant qu’homme, ni en tant que personnage disposant de qualités qui seraient définies une fois pour toutes. Le mâle alpha, c’est ce qu’on projette comme étant la masculinité idéale. C’est un concept vide que l’on remplit. C’est ce que fait Playboy en remplissant ce modèle du mâle alpha contemporain à venir, de qualités spécifiques, la force physique ou la brutalité, qu’il attribue à JoeyStarr. Il y a une forme naturalisée et essentialisée de ce qui relèverait de ces qualités, or on sait très bien que les qualités de la masculinité sont constamment mouvantes et, comme toute incarnation genrée, ces qualités sont amenées à se transformer dans le temps, en fonction des époques.
« Vu le climat après Weinstein, on n’avait pas envie d’afficher une “poster girl” classique », raconte au « Parisien » le corédacteur en chef de l’édition française de « Playboy ». Ainsi, c’est un homme qui prend la place d’une femme. Serait-ce une forme de retour en arrière ?
Ce n’est pas un retour en arrière. Je vois ça comme un acte de projection, qui s’intéresse à ce qui va advenir de la masculinité. Ils choisissent de ne pas mettre une « poster girl » car ils considèrent que c’est trop obsolète et que dans le contexte, c’est dangereux. En gros, ils essayent de faire une symétrie avec l’homme-objet. Bon, dans ce cas, un homme-objet qui a un sacré caractère. Mais il s’agit d’un magazine érotique destiné aux hommes, qui présente un homme qui est dans un modèle de masculinité extrêmement traditionnel, mais qui est érigé comme homme-objet. C’est peut-être ça, la transformation. Donc il y a chez eux comme une intention de souligner un paradoxe pour dire : comment cet homme-là, par cette virilité traditionnelle, peut-il se renouveler et participer à la modernité ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ Deux mois après son lancement, le magazine a 8 000 abonnés et vend de 8 000 à 10 000 exemplaires en kiosque.
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« Ebdo », en grande difficulté, cherche des investisseurs

Deux mois après son lancement, le magazine a 8 000 abonnés et vend de 8 000 à 10 000 exemplaires en kiosque.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 14h12
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 06h37
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


« Nous sommes face à ce moment de crise où tout se résout ou s’encalmine », résume Laurent Beccaria, l’un des deux actionnaires d’Ebdo, dans Libération, jeudi 15 mars. Deux mois après son lancement, le magazine est déjà menacé de disparition, en raison de ventes décevantes et de fonds trop limités pour poursuivre l’activité et investir.
Après une réunion de crise avec la quarantaine de salariés du journal, le cofondateur et son associé, Patrick de Saint-Exupéry, disent chercher à constituer un nouveau tour de table d’investisseurs. « On se bat », résument-ils. Mais le temps est compté. « On n’a pas six mois, déclare M. Beccaria. Cela se compte en semaines. » Faute d’argent, le journal pourrait s’arrêter très rapidement.
Selon nos informations, les ventes en kiosque (exemplaires vendus au numéro, hors abonnements) ont baissé depuis le lancement : 53 000 pour le premier numéro, le 12 janvier, pour une diffusion de 200 000 exemplaires ; 28 000 le 19 janvier, 24 000 le 26 janvier, 21 000 le 2 février, 23 000 le 9 février pour le numéro sur la plainte pour viol déposée contre le ministre Nicolas Hulot, 13 000 le 16 février, 13 000 le 23 février. Et « entre 8 000 à 10 000 » pour les derniers numéros, selon les fondateurs cités par Libération.

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                Le nouveau journal « Ebdo » se dévoile



Ces chiffres sont loin des objectifs affichés au départ : 20 000 ventes au numéro et 70 000 abonnements. Ces derniers ne dépassent pas le nombre de 8 000. Les ventes en kiosque sont plus faibles que celles affichées par certains newsmagazines (25 000 en moyenne en 2017 pour L’Express, 29 000 pour L’Obs, qui a des actionnaires communs avec Le Monde) mais, surtout, ces hebdos ont beaucoup plus d’abonnés et disposent de recettes venant d’annonceurs, alors qu’Ebdo est un journal sans publicité. De son côté, le site indépendant Mediapart, après dix ans d’existence et de nombreux scoops, affiche 140 000 abonnés environ, ce qui donne une idée de la difficulté d’atteindre l’objectif fixé par Ebdo.
La levée de fonds n’a pas eu lieu
Quant aux capitaux, la levée de fonds de 2 millions d’euros annoncée pour février n’a pas eu lieu, ce qui a empêché de débloquer 4 millions d’euros de crédits bancaires, expliquent les dirigeants d’Ebdo. Le journal a été lancé avec les 500 000 euros récoltés lors d’un financement participatif (ou crowdfunding) et les quelques réserves de Rollin Publications, la société éditrice, qui publie également les revues trimestrielle et semestrielle XXI et 6 Mois. Avec une équipe de journalistes expérimentés souvent débauchés dans d’autres rédactions, le budget annuel était, lui, estimé à 13 millions d’euros.
Aujourd’hui, Ebdo est en crise. Plusieurs réunions internes ont eu lieu cette semaine. Mercredi, des participants des assises du journalisme de Tours ont remarqué que le journal avait annulé sa participation à un débat. Sollicités, les dirigeants n’ont pas souhaité s’exprimer dans Le Monde. Les journalistes sont peu enclins à commenter, certains lâchant toutefois des tweets sybillins, comme cette photo d’un mug avec une citation de Victor Hugo « Nous périssons faute d’émerveillement ».
Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné jusqu’ici ? MM. Beccaria et Saint-Exupéry pointent clairement du doigt le rôle joué par l’« affaire Hulot ». Cet article – relatant anonymement une plainte pour viol déposée en 2008 à propos de faits datés en 1997, donc classée sans suite – a suscité l’indignation de certains lecteurs. Pour une partie d’entre eux, ce style de scoop offensif ne correspondait pas à un journal qui promettait de prendre du recul par rapport à l’actualité et à son buzz.
Polémique autour de l’« affaire Hulot »
« Ebdo a connu un coup d’arrêt. Il y a eu une crise quand les journalistes ont découvert le sujet, car personne n’était au courant en amont. Une partie de la rédaction, proche de XXI et de 6 Mois, loin de ce journalisme d’enquête, a mal réagi », a expliqué M. Beccaria dans un entretien à Marianne, le 8 mars. Surtout, la polémique autour des accusations visant le ministre de la transition écologique et solidaire aurait fait fuir un investisseur important, selon les dirigeants cités par Libération.
Pourtant, d’autres, au sein de la rédaction, n’ont pas la même vision des choses. La baisse des ventes n’était-elle pas amorcée avant le numéro sur M. Hulot ? Surtout, certains sont surpris que les dirigeants n’aient pas fait la levée de fonds prévue au départ et ne disposent pas, comme ils l’avaient suggéré, de quoi faire tenir Ebdo pendant deux ans.
Aujourd’hui, MM. Beccaria et Saint-Exupéry seraient même prêts à quitter l’aventure, pour laisser la place à de nouveaux investisseurs. « Nous assumerons notre part de responsabilité. Nous ferons tout ce qui est bon pour la société », disent-ils à Libération, en laissant entendre que les actifs XXI et 6 Mois pourraient être laissés dans la structure pour favoriser l’arrivée d’investisseurs.

   


Le directeur de la publication, Thierry Mandon, ancienne figure du Parti socialiste, serait chargé de chercher des fonds qui pourraient permettre le lancement d’une nouvelle formule avec le soutien des membres de la rédaction motivés. Comment le journal serait-il remanié ? Serait-il plus proche de l’actualité ? Jusqu’ici, Ebdo s’en éloignait plutôt, sans pour autant jouer la carte du reportage et du très long format, marque de fabrique de XXI ou de 6 Mois. Les couvertures ont mis en avant la SNCF, le travail, le plaisir des femmes, le Brexit, la défense des services publics… Quant à l’« affaire Hulot », les dirigeants ont laissé entendre qu’ils pourraient à l’avenir publier de nouveaux éléments sur le ministre.
A Marianne, qui lui rappelait « les leçons de journalisme » dispensées dans le manifeste de XXI, M. Beccaria a rappelé que ce texte de 2013 « dit seulement qu’Internet a changé la donne et qu’il faut s’adapter, qu’on peut proposer un autre journalisme ». Tout en reconnaissant que « l’impasse de ce manifeste, c’était l’actualité : comment faire de l’actualité au jour le jour. A l’époque, je ne comprenais pas quand on me disait “c’est facile d’être trimestriel”. Je l’ai bien compris aujourd’hui ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ « Je suis soulagée de pouvoir vous annoncer que le protocole qui permet la poursuite de l’activité vient d’être homologué par le tribunal de commerce », a déclaré Françoise Nyssen, jeudi.
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La ministre de la culture annonce un accord pour sauver le distributeur de journaux Presstalis

« Je suis soulagée de pouvoir vous annoncer que le protocole qui permet la poursuite de l’activité vient d’être homologué par le tribunal de commerce », a déclaré Françoise Nyssen, jeudi.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 19h04
   





                        


Le naufrage de Presstalis n’aura pas lieu, du moins pas tout de suite. La ministre de la culture Françoise Nyssen a annoncé, jeudi 15 mars lors des Assises du journalisme, à Tours – tout un symbole –, qu’un protocole d’accord avait été approuvé la veille par le tribunal de commerce de Paris pour sauver le distributeur de journaux et magazines.
Une étape cruciale qui ouvre la voie à la survie du groupe, au bord du gouffre depuis la fin de l’année 2017. « Je suis soulagée de pouvoir vous annoncer que le protocole qui permet la poursuite de l’activité vient d’être homologué par le tribunal de commerce », a déclaré la ministre.

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          Presstalis au bord du gouffre



Mme Nyssen n’a donné aucun détail sur ce plan de sauvetage. Mais elle avait réaffirmé au début du mois de mars que son financement incomberait aux éditeurs de presse (actionnaires de Presstalis), tout en confirmant que l’Etat accorderait un prêt assorti de strictes conditions pour permettre la survie de l’entreprise. Ce prêt s’élèverait à 90 millions d’euros, soit la moitié du coût total du plan de redressement du groupe, a indiqué à l’Agence France-Presse une source proche du dossier, confirmant une information de la Correspondance de la presse.
Presstalis (ex-NMPP), qui avait déjà été sauvé de la faillite par les éditeurs de presse et l’Etat en 2012, est le premier distributeur de la presse au numéro en France. Sa dirigeante, Michèle Benbunan, a présenté en février le premier volet d’un plan de sauvegarde de l’emploi, qui pourrait entraîner au total la suppression de 200 à 300 postes, soit jusqu’au quart des effectifs (1 200 personnes au total en incluant les dépositaires). « C’est la dernière chance accordée à Presstalis », déclare au Figaro Mme Benbunan, ajoutant « notre objectif désormais est de nous restructurer le plus vite possible et de gérer l’argent accordé par les éditeurs en bon père de famille ».
Les éditeurs inquiets
Pour financer cette restructuration, qui devrait également inclure des cessions d’activité et permettre le redressement financier de l’entreprise, les journaux et magazines vont en effet devoir verser à Presstalis 2,25 % de leurs recettes durant cinq ans, entre autres mesures exceptionnelles récemment actées par la filière. Ces mesures ont suscité de vives protestations chez certains éditeurs de journaux et magazines indépendants, qui se disent mis à leur tour en difficulté par cette ponction. Les éditeurs de presse avaient déjà subi une retenue de 25 % en décembre et janvier sur leurs recettes pour renflouer Presstalis. Certains ont lancé des appels à leurs lecteurs pour financer leur participation au sauvetage.
Par ailleurs, Mme Nyssen a confirmé que le sauvetage du groupe allait nécessiter de revoir les règles de distribution de la presse, après avoir récemment suggéré de donner plus de souplesse aux marchands de journaux pour choisir les titres qu’ils vendent et réduire ainsi les invendus. Ce qui impliquera de réformer la loi Bichet, qui régule la distribution de la presse depuis l’après-guerre en France, comme le gouvernement s’y est déjà engagé. « La vente au numéro de la presse a chuté de 50 % en dix ans. Et le taux d’invendus est de 50 %. La filière doit être réorganisée pour retrouver de la croissance », a souligné la ministre, en assurant que cette réforme serait menée « dans le respect du pluralisme ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ La désignation de Bertrand Delais, réalisateur de documentaires, comme prochain président de La Chaîne parlementaire est dénoncée par l’opposition.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/03/2018
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Polémique après la nomination d’un pro-Macron à la tête de LCP

La désignation de Bertrand Delais, réalisateur de documentaires, comme prochain président de La Chaîne parlementaire est dénoncée par l’opposition.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 07h33
    |

            François Bougon








                        



                                


                            
La Chaîne parlementaire (LCP) n’en a pas fini avec les polémiques. La désignation, mercredi 14 mars, du réalisateur de documentaires Bertrand Delais comme président par le bureau de l’Assemblée nationale, par 13 voix contre 7, suscite des remous. L’opposition a aussitôt dénoncé un candidat imposé par l’Elysée et une volonté de contrôle des médias.
M. Delais, qui a tourné sur les coulisses de la campagne présidentielle « Macron, en marche vers l’Elysée » diffusé en mai sur France 2, s’est distingué par une série de billets louangeurs envers le chef de l’Etat sur le site du HuffPost. « Cinquante ans après 1968, un parfum d’ORTF », s’est inquiétée, dans un tweet, la députée La France Insoumise (LFI) de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain. Membre du bureau de l’Assemblée nationale, elle a voté contre et elle a fait part d’un débat tendu.
Un autre parlementaire mélenchoniste, Alexis Corbière (LFI, Seine-Saint-Denis), administrateur de LCP qui avait participé à l’audition des candidats en février, s’inquiète d’une reprise en main de la chaîne par un « proche » d’Emmanuel Macron : « Je ne veux pas que LCP devienne la chaîne présidentielle, elle ne doit pas être la courroie de transmission de l’Elysée. » 
Olivier Faure, chef de file des députés Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale, l’un des quatre candidats à la direction du Parti socialiste, a jugé sur Twitter que « la nomination d’un hagiographe d’E. Macron à la tête de LCP en dit long sur ce pouvoir qui méthodiquement cherche à neutraliser tous les contre-pouvoirs : la presse, le parlement, les syndicats, les élus locaux. Ce n’est plus La République en marche, c’est une marche consulaire ». La présidente du Front national (FN) Marine Le Pen a souligné, pour sa part, dans un tweet, qu’il y avait « un vrai problème avec les médias et le traitement de l’information dans notre pays ».
Climat social dégradé
Des accusations balayées par l’heureux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ Le chercheur en sciences politiques et ancien membre du Parti socialiste, quitte à son tour la webtélé proche de La France insoumise.
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Gaël Brustier quitte à son tour « Le Média »

Le chercheur en sciences politiques et ancien membre du Parti socialiste, quitte à son tour la webtélé proche de La France insoumise.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 17h15
   





                        


La série de départs du Média continue. Après Marc de Boni mardi, c’est au tour de Gaël Brustier d’annoncer, mercredi 14 mars, qu’il quitte le pure player proche de La France insoumise. Le chercheur en sciences politiques et ancien membre du Parti socialiste a publié un message sur son compte Twitter, dans lequel il évoque un management « discutable ».

Je me retire de @LeMediaTv. Les équipes #LeMédia sont formidables. Le management est discutable et le travail doit… https://t.co/GKZTjbfUg7— Gaelbrustier (@Gaël Brustier)


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Des réglements de compte en ligne
Sophia Chikirou, ancienne directrice de la communication de Jean-Luc Mélenchon et fondatrice du Média, a rapidement répondu à Gaël Brustier par un tweet acrimonieux. Elle l’accuse de « surfer sur la vague du moment », pour avoir reçu un message du chercheur dans lequel il évoque ses conditions de rémunération, un sujet jamais abordé auparavant affirme-t-elle. Son message est resté sans réponse.
Bastien Parisot, responsable des réseaux sociaux du Média, a lui, qualifié le départ de Gaël Brustier de « retournement de veste en mode Lucky Luce ». Il accompagne son message, publié sur Twitter également, d’une vidéo dans laquelle son ancien compère se dit « surpris » des polémiques en cours, ajoutant que « le fait d’aller parler à n’importe quel micro [lui] semble un peu suspect » et évoquant « des formes de déloyauté ».

1⃣Hier, @Regards_fr publiait une vidéo de @Gaelbrustier parlant de "manipulations dérisoires et grotesques" autour… https://t.co/KICFRG6IFO— BastienParisot (@Bastien Parisot)


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Les propos du chercheur font écho ceux d’Aude Rossigneux, licenciée par le pure player à la fin du mois de février. Elle dénonçait dans une lettre avoir été évincée avec une « brutalité qui n’est pas exactement conforme à l’idée que chacun se fait d’un “management” de gauche ». Après elle, d’autres départs avaient suivi, volontaires cette fois. Catherine Kirpach, Léa Ducré et Noël Mamère ont notamment décidé de partir, à cause du traitement du conflit en Syrie choisi par le nouveau média.

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                Le Média : les coulisses d’une crise






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le PDG d’Havas Village France Raphaël de Andréis estime que les agences de communication restent indispensables aux annonceurs pour s’orienter dans la complexité croissante des algorithmes et du data.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« C’est sur l’équilibre entre “data analyse” et algorithmes que repose toute la valeur ajoutée des agences médias modernes »

Dans une tribune au « Monde », le PDG d’Havas Village France Raphaël de Andréis estime que les agences de communication restent indispensables aux annonceurs pour s’orienter dans la complexité croissante des algorithmes et du data.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 15h47
    |

Raphaël de Andréis (Président de l’Union  des  entreprises de conseil   et achat média et PDG   d’Havas Village France)







                        



                                


                            
Tribune. Vous êtes en train de lire Le Monde, c’est à peu près ma seule certitude. Etes-vous en train de le lire sur papier ? Sur ordinateur, tablette ou mobile ? Via Twitter, Facebook, Google peut-être ? Comme Le Monde, les grands médias modernes ont muté de façon vertigineuse ces dernières années. Nouvelles temporalités, nouveaux supports, nouvelles technologies, nouvelles écritures… ils ont dû tout repenser pour conserver leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs.
demain, les assistants personnels détermineront les contenus que nous consommerons
Si l’essor du numérique a permis de réinventer notre façon de consommer les médias, il a aussi complètement reconfiguré la chaîne de valeur des médias – annonceurs, agences de communication, éditeurs et producteurs de contenu – et y a introduit les GAFA (géants du Web), qui ont de toute évidence créé de nouveaux rapports de force en son sein.
Il est aujourd’hui impératif de trouver un modèle économique pérenne pour l’ensemble des acteurs de cette chaîne de valeur quand, demain, ce seront les assistants personnels qui détermineront les contenus que nous consommerons grâce à une utilisation de plus en plus grande des données.
Partie émergée de l’iceberg
Cette complexité infinie des usages des médias, matérialisée par la masse vertigineuse des data (données informatiques) et l’automatisation des actions, n’est que la partie émergée de l’iceberg auquel les marques et les annonceurs sont confrontés pour, eux aussi, toucher leurs consommateurs. La connexion entre les marques et les médias était jusqu’ici le cœur de métier des agences. Mais en a-t-on encore besoin ?
il faut de plus en plus créer des algorithmes capables d’unifier, et donc simplifier, des sources de données très hétérogènes
Le rôle des agences est d’aider les marques à dominer et à tirer profit de cette complexité, qui contient des menaces mais aussi beaucoup d’opportunités. Concrètement, notre plus-value...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ Réputé proche d’Emmanuel Macron, il a été élu, mercredi, par le bureau de l’Assemblée nationale pour prendre la tête de LCP.
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Le documentariste Bertrand Delais prend la tête de La Chaîne parlementaire

Réputé proche d’Emmanuel Macron, il a été élu, mercredi, par le bureau de l’Assemblée nationale pour prendre la tête de LCP.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 12h21
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 13h23
   





                        


Le documentariste Bertrand Delais a été choisi par l’Assemblée nationale, mercredi 14 mars, pour succéder à Marie-Eve Malouines à la tête de La Chaîne parlementaire (LCP), a précisé l’Assemblée nationale dans un communiqué. Il prendra ses fonctions le 8 juin, pour un mandat de trois ans.
Bertrand Delais a été élu, après un long débat, avec 13 voix pour, 7 contre, sur proposition du président de l’Assemblée (LRM) François de Rugy, selon plusieurs députés membres du bureau de la plus haute instance collégiale de l’Assemblée.

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Un réalisateur réputé proche d’Emmanuel Macron 
Le documentariste avait fait parler de lui ces derniers mois à la suite de la diffusion sur France 2, au mois de mai, de son documentaire En marche vers l’Elysée, qui revenait sur la campagne électorale d’Emmanuel Macron. Il est également l’auteur d’une série de posts de blog élogieux, publiés sur le HuffPost, concernant l’action du président de la République.
« Toutes les oppositions ont voté contre [Bertrand Delais] et la macronie a fait bloc », a affirmé l’« insoumise » Clémentine Autain. « Pour le 50e anniversaire de 1968, ce parfum d’ORTF est un signal dramatique pour la démocratie. Bertrand Delais a fait deux reportages sur Macron. Il est un soutien affiché. Ce choix est scandaleux. Il confirme le mépris de la macronie pour le pluralisme », a-t-elle aussi estimé.
« Malgré une procédure qui se voulait transparente, le candidat voulu par Emmanuel Macron est élu », a jugé un autre député qui a requis l’anonymat. « Seuls les députés La République en marche (LRM) ont voté pour, toutes les autres formations politiques ont voté contre. »
« Restaurer la confiance et la sérénité »
Onze candidatures avaient été déposées et trois candidats avaient été retenus après l’évaluation de leurs projets stratégiques. Parmi eux figuraient Bertrand Delais, Thierry Guerrier et Marie-Eve Malouines, la présidente sortante.
Marie-Eve Malouines, dont le mandat s’achève en juin, a fait l’objet début janvier d’une motion de défiance pour avoir réintégré le présentateur de la chaîne, Frédéric Haziza, accusé d’agression sexuelle par une de ses collègues.
Après avoir restauré « la confiance et la sérénité au sein de l’entreprise », « la nouvelle équipe de direction de la chaîne (…) aura la responsabilité de proposer une grille des programmes renouvelée et d’engager les mutualisations indispensables avec Public Sénat, dans un contexte financier et budgétaire contraint », a déclaré François de Rugy dans le communiqué de l’Assemblée.

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A RTL, l’heure du départ de la rue Bayard a sonné

La première radio généraliste française quitte son siège historique parisien pour des locaux flambant neufs à Neuilly. Sans nostalgie et sans grande fête, regrettent certains.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 15h13
    |

            François Bougon








                        



   


Sans tambour ni trompette, ni fête extravagante, RTL quitte son siège de la rue Bayard, dans le 8e arrondissement de Paris, non loin des Champs-Elysées. La façade années 1970 conçue par Victor Vasarely avec ses lames en aluminium a déjà été démontée, offerte à la Fondation de l’artiste située à Aix-en-Provence. Le moment est historique, car la première radio généraliste de France occupait ces lieux – numéro 22 – depuis 1936.
Si certaines émissions phares, comme « Les Grosses têtes » animées par Laurent Ruquier, bénéficient d’un sursis – le temps que soit aménagé le studio qui accueillera à la fois l’animateur, ses complices, les invités et le public –, la rédaction, elle, fera ses adieux à la capitale au cours du week-end. Elle rejoindra les locaux flambant neufs de Neuilly (Hauts-de-Seine), où se trouvent déjà RTL2 et Fun Radio, juste en face de l’immeuble du groupe de télévision M6, leur nouveau propriétaire. Dimanche 18 mars, il est prévu que le journal de 18 heures soit diffusé depuis cette banlieue chic de Paris.
Avant ce départ, aucun grand raout, on marque le coup avec mesure : chaque service organisera son pot, et la rédaction comme les autres. Comme aussi la brasserie d’en face, Savy, présente depuis 1923 et qui va perdre de bons clients… Mais l’heure n’est pas à la nostalgie, explique-t-on rue Bayard. « Nous ne sommes pas nostalgiques parce que nous allons écrire une nouvelle page, explique au Monde Jacques Esnous, directeur de l’information de RTL. C’est comme un déménagement personnel : vous avez vécu des moments sympathiques, mais vous vous projetez sur un nouvel appartement, la vie continue. » Au sein de la rédaction, certains regrettent que le départ se fasse de cette manière. « On aurait voulu que ce soit à la hauteur de RTL », juge un journaliste. Vendredi, une fête sera donc organisée chez Savy, où les anciens ont été conviés, parmi lesquels Michel Drucker, Philippe Labro et Patrick Cohen, le matinalier d’Europe 1. Le tout sans contribution de la direction.

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Craintes d’ingérence
Dans les colonnes du Figaro, le président du directoire de M6 Nicolas de Tavernost avait jugé que le déménagement, à l’image de l’intégration de RTL, se passait « extrêmement correctement ». Il avait cependant dû apaiser les craintes de la rédaction sur une éventuelle ingérence après avoir mis son veto à l’invitation de Jean-Pierre Pernaut, présentateur du 13 heures de TF1, un concurrent, sur l’antenne de la radio. « Nicolas de Tavernost a reçu les représentants des journalistes qui s’en étaient émus. C’était plus une question de forme que de fond », explique M. Esnous.

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Ce départ de la rue Bayard marque aussi la fin programmée du « triangle des médias » dans ce quartier bourgeois de Paris. Non loin de là, une autre radio périphérique, Europe 1, prépare ses cartons pour un déménagement prévu à l’été. D’ailleurs, la rédaction de la radio du groupe Lagardère accueillera jeudi matin ses concurrents sur le départ dans ses locaux, rue François-Ier. Pas pour un pot, mais pour un petit-déjeuner : une dernière « fête des voisins ».
Mise à jour du 15 mars à 15 heures : le témoignage d’un journaliste de RTL a été ajouté.



                            


                        

                        


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Racisme : « National Geographic » fait son mea culpa

La rédactrice en chef du magazine américain a fait appel à un professeur d’histoire qui a pointé les stéréotypes racistes publiés pendant des décennies.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 18h02
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 18h18
   





                        


Du racisme et des regrets. C’est le bilan que dresse dans un éditorial Susan Goldberg, la rédactrice en chef de National Geographic, magazine américain de photographie et de reportages fondé en 1888, après avoir épluché les cent trente ans d’archives de la revue. Elle explique que sa publication a décidé de faire son « examen de conscience » à l’occasion d’un numéro spécial sur le concept de « races » — « le principe même de races est une hérésie scientifique et ne résulte d’aucune façon d’une différenciation biologique », rappelle-t-elle.
Pour cela, les collaborateurs du National Geographic ont fait appel à John Edwin Mason, professeur d’histoire de l’Afrique et d’histoire de la photographie à l’université de Virginie. De l’étude des archives du magazine, il a tiré deux conclusions, énoncées dans l’éditorial :
« Jusque dans les années 1970, “National Geographic” ignorait complètement les personnes de couleur qui vivaient aux Etats-Unis, ne leur reconnaissant que rarement un statut, le plus souvent celui d’ouvrier ou de domestique. Parallèlement à cela, le magazine dépeignait avec force reportages les “natifs” d’autres pays comme des personnages exotiques, souvent dénudés, chasseurs-cueilleurs, sorte de “sauvages anoblis”, tout ce qu’il y a de plus cliché. »

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« Stéréotypes de la culture blanche occidentale »
Pour étayer ses propos, John Edwin Mason s’appuie notamment sur l’exemple d’un reportage réalisé en Afrique du Sud en 1962, dans lequel aucun Noir sud-africain ne s’exprime. A la place, les personnes noires représentées sont des domestiques, des ouvriers ou sont en train de danser.
Il pointe aussi les « représentations glamour des femmes insulaires du Pacifique » faites par le magazine, les photographies sur lesquelles figurent des « autochtones “non civilisés”, apparemment fascinés par la technologie “civilisée” des Occidentaux ». Ou encore cette légende dans un reportage en Australie datant de 1916 : « deux Noirs sud-australiens : ces sauvages se classent parmi les moins intelligents de tous les êtres humains. »
« Contrairement aux magazines comme “Life”, explique John Edwin Mason, “National Geographic” a très peu fait en sorte que ses lecteurs dépassent les stéréotypes de la culture blanche occidentale, poursuit l’éditorial. (…) “National Geographic” n’a pas organisé l’émancipation des préjugés que son autorité aurait permis d’organiser. »
L’opération d’autocritique du National Geographic rappelle celle du New York Times. Après s’être plongé dans ses archives et avoir constaté que ses nécrologies étaient essentiellement consacrées à des hommes blancs, le quotidien américain a publié, le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, les nécrologies de « quinze femmes remarquables » — telles que Diane Arbus, Charlotte Brontë ou encore Ida B. Wells — qui n’avaient jamais été écrites.

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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-10"> ¤ L’un des trois partis de la coalition gouvernementale appelle à des élections anticipées. Le ministre de l’intérieur a été poussé à la démission par le chef du gouvernement, Robert Fico.
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Après le meurtre du journaliste Jan Kuciak, le premier ministre slovaque vacille

L’un des trois partis de la coalition gouvernementale appelle à des élections anticipées. Le ministre de l’intérieur a été poussé à la démission par le chef du gouvernement, Robert Fico.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 10h56
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Le pouvoir de Robert Fico vacille en Slovaquie. Dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 mars, l’un des trois partis de la coalition gouvernementale, la petite formation Most-Hid, représentant la minorité hongroise du pays, a appelé ses partenaires du SMER-SD (populistes de gauche), accusés de corruption et de liens avec la mafia, et de l’extrême droite du SNS, à organiser des élections anticipées. En d’autres termes, la coalition en place depuis mars 2016 menace d’éclater.
Quelques heures plus tôt, afin de tenter de maintenir son gouvernement, le premier ministre (SMER-SD) avait pourtant cédé à la pression en poussant à la démission son très controversé ministre de l’intérieur, Robert Kalinak. Ancien avocat et homme d’affaires, celui-ci était jugé peu susceptible de laisser la police enquêter en toute indépendance sur le double meurtre du journaliste d’investigation Jan Kuciak et de sa fiancée, Martina Kusnirova, dont les corps criblés de balles ont été retrouvés le 26 février.
Le reporter enquêtait sur des liens supposés entre des membres du gouvernement appartenant au SMER-SD et la Mafia italienne
Car au moment de sa mort, le reporter effectuait, pour le site internet Aktuality.sk, des recherches sur des liens supposés entre des membres du gouvernement appartenant au SMER-SD et la mafia italienne, qui détournait, selon lui, des subventions européennes. Il avait évoqué des liens entre l’assistante du premier ministre, Maria Troskova, et un homme d’affaires italien proche de la ’Ndrangheta, le crime organisé calabrais.
Une seconde manifestation appelant à l’organisation d’un nouveau scrutin avait rassemblé plus de 40 000 personnes, vendredi 9 mars, dans le centre de la capitale, Bratislava. Elle avait reçu le soutien inédit de l’Eglise, très influente dans ce pays catholique d’Europe centrale comptant 5,4 millions d’habitants.

« Le départ de M. Kalinak, ce n’est pas assez », estime Juraj Seliga, doctorant...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 12/03/2018
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Le dessinateur Ersin Karabulut au chevet d’une société turque résignée

Dans sa bande dessinée parue en France en février, l’artiste décrit une Turquie traumatisée par la violence et l’insécurité et confrontée à un pouvoir intrusif et autoritaire.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 06h29
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

LETTRE D’ISTANBUL
Des enfants exclus de l’école pour avoir réfléchi, des ménagères qui trouvent des mots d’amour à l’intérieur des légumes qu’elles épluchent, un phallus qui pousse au plafond d’un appartement. Bienvenue dans l’univers fantastique du dessinateur Ersin Karabulut, l’espoir de la bande dessinée turque, dont l’album Contes ordinaires d’une société résignée vient de sortir en France, le 21 février, aux éditions Fluide glacial.
Dès la couverture, le ton est donné. On y voit des hommes et des femmes qui se jettent dans le vide depuis les toits des immeubles. Au premier plan, un couple et sa petite fille s’apprêtent à sauter eux aussi. La femme se retourne, son regard glaçant plonge le lecteur dans l’atmosphère oppressante et extravagante décrite à travers quinze contes finement traduits et adaptés du turc par Didier Pasamonik.
Le graphisme est réaliste, les histoires sont fantastiques, un peu à la manière d’Edgar Allan Poe. Ersin Karabulut y décrit la peur, la résignation. Il imagine les pathologies et les fantasmes qui hantent la société turque, traumatisée par la violence et l’insécurité, résignée face à un pouvoir politique de plus en plus intrusif et autoritaire.
Dans Monochrome, l’un des récits, la population est incitée, au nom de la réussite sociale, à se vêtir et à se colorer la peau en gris. Seule couleur politiquement correcte, le gris gagne du terrain à tel point que les « dissidents » en vêtements colorés se font rappeler à l’ordre dans les transports en commun.
« Pousser l’absurdité jusqu’à l’extrême »
Les « incolores », renommés « affranchis », sont de plus en plus nombreux, tout le monde veut en être. Le parti du gris gagne même l’environnement. Les arbres sont peints à la bombe grise, les mers sont teintes en gris. Seul le ciel a gardé sa couleur d’origine, il suffit de relever la tête pour s’en rendre compte.
Regarder le ciel, c’est ce que Ersin Karabulut fait,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ Ce départ vient s’ajouter à ceux de Catherine Kirpach et de Léa Ducré, au début de mars, ainsi qu’à celui de Noël Mamère, qui avait jeté l’éponge à la fin de février, à cause du « traitement du conflit en Syrie » par le pure player de la gauche alternative.
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Le journaliste Marc de Boni quitte également « Le Média »

Ce départ vient s’ajouter à ceux de Catherine Kirpach et de Léa Ducré, au début de mars, ainsi qu’à celui de Noël Mamère, qui avait jeté l’éponge à la fin de février, à cause du « traitement du conflit en Syrie » par le pure player de la gauche alternative.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 23h00
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 07h03
   





                        


Nouveau départ d’un journaliste au Média. Marc de Boni a annoncé, lundi 12 mars, sur son compte Twitter qu’il quittait le pure player de la gauche alternative, soutenu par des proches de La France insoumise (LFI).
« J’ai sollicité l’interruption de ma période d’essai au Média. Le comité de pilotage y a donc mis fin et vous ne me verrez plus à la rédaction ni à l’antenne », a-t-il fait savoir. D’après lui, « cette demande intervient à [sa] seule initiative : on ne [l]’a pas mis à la porte, au contraire ».
« Seulement, une période d’essai est faite, comme son nom l’indique, pour s’essayer à une nouvelle aventure. Et parfois ça ne colle pas, c’est tout », explique l’ancien grand reporter politique au Figaro.

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                Le Média : les coulisses d’une crise



Départ de plusieurs journalistes
Ce départ intervient après ceux de Catherine Kirpach et de Léa Ducré, début mars, ainsi que celui de Noël Mamère qui avait jeté l’éponge à la fin de février, à cause du « traitement du conflit en Syrie » par le nouveau média. « Je suis rentré en homme libre dans ce projet et je repars en homme libre. J’ai pu exercer mon métier de manière totalement libre », avait-il expliqué au Monde. Avant ces départs, Aude Rossigneux avait été évincée de son poste par la direction du Média. 
Dans une lettre adressée au comité de pilotage – qui regroupe notamment Mme Chikirou et Gérard Miller, le psychanalyste et documentariste –, publiée par Electron libre, elle avait notamment dénoncé la « brutalité qui n’est pas exactement conforme à l’idée que chacun se fait d’un “management” de gauche ». En réponse, la direction du Média avait fait savoir qu’il n’a « jamais été question d’un licenciement » de Mme Rossigneux. « C’est la fin de sa période d’essai. Cela peut se faire à la demande de l’employeur ou du salarié », a précisé M. Miller.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ A l’occasion de la Journée mondiale contre la censure sur Internet, l’ONG Reporters sans frontières pointe du doigt les grandes plates-formes du Web, qu’elle accuse de collaborer avec les régimes autoritaires.
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Reporters sans frontières : « Nous réclamons plus de transparence à Facebook »

A l’occasion de la Journée mondiale contre la censure sur Internet, l’ONG Reporters sans frontières pointe du doigt les grandes plates-formes du Web, qu’elle accuse de collaborer avec les régimes autoritaires.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 19h16
    |

                            Nicolas Six








                        


La Journée mondiale contre la censure sur Internet fête ses dix ans, lundi 12 mars. En une décennie, comment a évolué cette problématique ? La semaine dernière, dans un communiqué, l’ONG Reporters sans frontières – à l’origine de cet événement – a accusé les grandes plates-formes du Web de collaborer « parfois de manière active avec les régimes autoritaires » et les a appelés à « ne pas sacrifier la liberté de l’information pour quelques parts de marché ». Explications avec Elodie Vialle, responsable journalisme et technologie de l’ONG.
Pourquoi accusez-vous Facebook, Youtube, Instagram ou encore Twitter de se rendre complices de censure ?
En Russie, l’opposant Alexeï Navalny a publié des photos et vidéos compromettantes du vice-premier ministre russe. Instagram a retiré ces photos à la demande de l’organe de supervision des médias russes. Youtube a refusé de retirer la vidéo. Mais quelques semaines plus tôt, certains résultats de recherche, portant sur des opposants politiques, étaient occultés par Youtube. Ce ne sont que quelques exemples parmi d’autres. Pour se développer dans ces marchés, ces plates-formes sont prêtes à courber l’échine.
Quelle est la marge de manœuvre de Google, Facebook et Twitter face aux pays autoritaires ?
C’est difficile à dire. Eux-mêmes jouent au chat et à la souris avec eux. Notre message, c’est « ne faites pas d’excès de zèle ». Vous avez un rôle de service public. Nous pensons que la pression de la société civile peut les aider à résister. C’est un argument qu’ils peuvent utiliser pour peser contre les gouvernements.
Dans un pays autoritaire, mieux vaut-il un Facebook censuré ou pas de Facebook du tout ?
Facebook n’est pas l’ennemi. C’est même une solution dans beaucoup de cas. Facebook permet à diverses voix de s’exprimer. Certains médias que nous soutenons n’existeraient pas sans cette plate-forme. Mais Facebook parle dans une logique « produit ». Nous souhaitons qu’ils prennent en compte les droits humains, même si ceux-ci ne sont pas toujours compatibles avec leur business. Nous voudrions savoir sur quoi ils acceptent de céder pour garder leur place sur ces marchés.
Que réclamez-vous à Google, Facebook, Twitter et consorts ?
Plus de transparence dans leur gouvernance, leur organisation, leur modération, leur politique de retrait de contenus. Les rapports de transparence de ces plates-formes mériteraient d’être largement améliorés. Nous leur réclamons également plus de responsabilité. Ils occupent une place qu’ils ont créée au cœur de l’espace public numérique, et qu’ils doivent assumer. Nous ne souhaitons plus incarner la figure du chien de garde qui intervient en deuxième rideau, RSF aimerait pouvoir s’exprimer en amont. Nous aimerions mettre la société civile autour de la table et décider des règles de modération.
Plus largement, quelles sont les techniques de censure les plus fréquentes sur Internet ?
Les régimes autoritaires recourent de plus en plus souvent à des coupures d’Internet, ou à des ralentissements massifs. Le Cameroun anglophone a subi quatre-vingt-treize jours de coupure d’affilée en 2017. Les autorités formulent également des demandes de blocage, ciblant certains sites, en utilisant adroitement les règles de modération des plates-formes. Les hackeurs de certains pays mènent des attaques informatiques sur des sites d’actualité pour les saturer et empêcher leur consultation. Quelques-uns ont développé des robots qui publient de la désinformation sur les réseaux sociaux afin de noyer le contenu journalistique. Des armées de trolls utilisent les techniques publicitaires pour cibler, de façon précise, leur propagande sur les réseaux sociaux. Ce chaos informationnel décrédibilise les journalistes. Pour nous, il s’agit d’une forme de censure. Tout cela évolue très vite et les chercheurs ont du mal à suivre. Nous lançons un appel à investir dans la recherche sur ces nouvelles formes de censure.
Comment a évolué cette problématique depuis 2007, année de lancement de la Journée mondiale contre la censure sur Internet ?
Pendant les « printemps arabes », Internet a été une formidable caisse de résonance pour les journalistes indépendants victimes de censure. Mais les vieux prédateurs de la liberté de la presse ont appris à utiliser les nouvelles technologies, et depuis, ils ont largement rattrapé leur retard. Nous avons identifié une trentaine de pays disposant de cybersoldats. Les conseils circulent entre ces pays : les forces éthiopiennes se sont formées auprès des Chinois par exemple. Résultat : on a assisté à un renforcement global de la censure sur Internet, qui a même investi les réseaux sociaux.
Avec le temps, les journalistes et les citoyens ont-ils appris à déjouer la censure ?
Certains opposants utilisent des messageries chiffrées. Mais les Etats prédateurs se déplacent aussi vers ces nouveaux outils dans un jeu du chat et de la souris. Nous pensons qu’il faut désormais se méfier de Telegram et WhatsApp, et conseillons désormais Signal. Il y a un vrai enjeu de vulgarisation de ces outils de contournement de la censure. RSF organise des formations à la cybersécurité pour des journalistes et des activistes.
Alors que la France prépare une loi contre les « fake news », certains redoutent un risque de censure. Qu’en pensez-vous ?
Nous évitons le terme fake news, qui nous paraît dangereux. Il a été repris à leur compte par Trump, Erdogan et la classe politique chinoise. Nous préférons parler de désinformation. Les projets de loi se multiplient en Italie, au Brésil, en France, etc. RSF est contre l’instauration d’un « ministère de la vérité ». La notion de vérité d’une information est souvent trop vague. En Italie, ça serait à la police de décider de ce qui est vrai ou faux. En Malaisie, nous craignons que le projet de loi se transforme en outil de censure de l’opposition politique. RSF ne souhaite pas non plus que la censure soit laissée aux mains d’entreprises privées. En revanche, la censure confiée au pouvoir judiciaire nous gêne moins. On parle en France du référé, une procédure de justice accélérée. Mais pour nous, il faut rester ouvert sur plusieurs pistes et continuer de réfléchir. On pourrait, par exemple, inviter la société civile, ou d’autres corps intermédiaires dans la médiation.



                            


                        

                        


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édition abonné


Passage de témoin à la tête du groupe Les Echos-Le Parisien

Pierre Louette, ancien numéro deux d’Orange et ex-PDG de l’AFP, succède à Francis Morel, qui a su redresser le quotidien économique.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 10h58
    |

            François Bougon et 
Sandrine Cassini








                        



                                


                            

Vendredi 9 mars, le hall des locaux flambant neufs du Parisien et des Echos, non loin de la tour Eiffel, est bondé. A 69 ans, Francis Morel fête son départ. Entre champagne et petits fours, le PDG du groupe Les Echos-Le Parisien, propriété de LVMH, découvre les fausses « unes » préparées pour respecter la tradition de la presse papier.
Le Parisien affiche « Tout schuss », avec Francis Morel en tenue de ski. Sur celle des Echos, le patron parade sur une plage ensoleillée. Le titre : « Francis, Merci. » Les journalistes n’ont pas osé « Merci Francis ! », qui aurait pu passer pour provocateur aux yeux de l’actionnaire, Bernard Arnault, raillé dans le documentaire de François Ruffin, « Merci patron ! ».
Lundi, M. Morel laisse les clefs de la boutique à Pierre Louette, 55 ans. L’ancien numéro 2 d’Orange connaît de longue date Nicolas Bazire, membre du comité exécutif de LVMH. Il a travaillé entre 2000 et 2003 pour Europaweb, l’ancien pôle Internet de M. Arnault. « C’est une chance de se voir confier les rênes d’un groupe doté de très belles marques », se félicite M. Louette.

M. Morel ne part pas de gaieté de cœur. Son mandat ­arrivait à échéance en avril-mai 2019, et il comptait aller au bout. « Cela ne me fait pas plaisir, mais depuis le début de l’année, il y avait beaucoup de rumeurs sur mon départ. Il fallait clarifier les choses pour la stabilité de l’entreprise », dit-il au Monde.
Chantier du numérique et diversification
Il laisse à son successeur un groupe en relativement bon état. Aux Echos, déficitaire à son arrivée, il a opéré un redressement spectaculaire. « Le titre est bénéficiaire depuis 2015. La diffusion augmente depuis sept ans, grâce au numérique. Les activités de diversification représentent 40 % du chiffre d’affaires, et nous allons vers les 50 %. »
Sous sa houlette, Les Echos ont mis...




                        

                        


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Canal+ décide de rétablir définitivement la diffusion des chaînes de TF1 à tous ses abonnés

Le groupe a fait cette annonce au lendemain d’une trêve liée à la diffusion du spectacle des Enfoirés.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 16h31
   





                        


Au lendemain d’une trêve liée à la diffusion du spectacle des Enfoirés, Canal+ a annoncé, samedi 10 mars, avoir décidé de rétablir totalement l’accès à TF1 à tous ses abonnés et se dit prêt à trouver un accord avec la chaîne « sur une base raisonnable », selon un communiqué du groupe :
« Le groupe Canal+ a pris la décision de rétablir la diffusion du signal linéaire de TF1 le 9 mars sur l’ensemble de ses réseaux et pour l’ensemble de ses abonnés. »
Canal+ avait coupé à ses clients, dans la nuit du 1er au 2 mars, le signal de TF1 et des autres chaînes gratuites du groupe (TMC, TFX, TF1 Séries Films, LCI), après des mois de négociations infructueuses sur une somme réclamée par TF1 en échange de leur diffusion.
Le groupe avait déjà rétabli le signal mercredi pour ceux qui reçoivent Canal+ via le satellite, soit la plupart de ses près de 5 millions d’abonnés directs. Rétabli vendredi soir en grande pompe pour l’ensemble de ses abonnés, juste avant le spectacle de l’association de Coluche, le signal n’a pas été coupé depuis.

        Lire aussi :
         

                Télévision : Les Enfoirés réalisent leur plus mauvaise audience depuis 2000



Droits de diffusion
TF1, qui fournissait jusqu’ici ses chaînes gratuitement, tente désormais d’obtenir le paiement de droits de diffusion de la part des opérateurs qui les retransmettent à leurs abonnés. Selon le groupe de Vincent Bolloré, « les derniers jours (ont) confirmé que la diffusion des chaînes gratuites resterait gratuite, et que seuls les services complémentaires (replay, start over ...) pouvaient être payants ».
Réaffirmant sa position face à TF1, le groupe assure que « les abonnés aux offres Canal n’ont pas vocation à payer pour des chaînes en clair, ayant obtenu, à ce titre, de l’État des fréquences gratuites ».
Canal+ se dit en revanche « disposé à négocier avec le Groupe TF1 la rémunération » des « services et fonctionnalités associées à ces chaînes », et ce « sur une base raisonnable et non discriminatoire par rapport aux accords signés avec les autres distributeurs ».
TF1 a déjà trouvé un accord avec trois autres opérateurs, SFR, Orange et Bouygues, concernant les modalités financières de diffusion de ses chaînes sur leurs « box ». Outre Canal+, le groupe de Martin Bouygues reste en conflit avec Free.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi Canal+ a coupé l’accès des chaînes de TF1 à ses abonnés ?






                            


                        

                        


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Télévision : Les Enfoirés réalisent leur plus mauvaise audience depuis 2000

Le spectacle des Enfoirés a attiré 9,7 millions de téléspectateurs sur TF1 vendredi, soit 45,2 % de part d’audience, réalisant un des plus mauvais scores de ces dernières années dans un contexte tendu avec Canal Plus.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 13h34
   





                        


Diffusé vendredi 9 mars sur TF1, le spectacle des Enfoirés a réalisé, pour la première fois depuis 2000, une audience inférieure à 10 millions de téléspectateurs.
Un coup dur pour TF1, qui réalise habituellement avec ce spectacle la meilleure audience de l’année (hors rencontres sportives), selon les chiffres de Médiamétrie.


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Les Enfoirés n'avaient pas réalisé pareille audience depuis le spectacle de l'an 2000 et ses 8 millions de téléspectateurs.
Nombre de télespectateurs ayant regardé en direct la soirée des Enfoirées. Ces chiffres d'audience ne prennent pas en compte les visionnages en replay (J+7).

Source : Médiamétrie



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« Echec » à relativiser
La chaîne réalise cependant le meilleur score depuis le début de l’année et était loin devant ses concurrentes vendredi soir : France 2 a attiré 2,9 millions avec son téléfilm Lanester, tandis que M6 séduisait 2 millions de téléspectateurs avec la série Mac Gyver.
Par ailleurs, il est possible que les récentes tensions entre TF1 et Canal+ aient participé à ce score inhabituel : Canal+ avait coupé le signal de TF1 pour ses abonnés le 1er mars, à la suite d’un différend commercial. Le groupe de télévision payante, avait cependant annoncé, vendredi 9 mars, qu’il allait rétablir la retransmission de TF1 à tous ses abonnés, à l’occasion de l’émission des « Enfoirés ».
Canal+, qui avait coupé le signal de TF1 à quasiment 6 millions de clients, avait déjà rétabli la transmission de TF1, mercredi 7 mars pour 3,7 millions de foyers satellites. La chaîne avait pris cette décision après un communiqué du ministère de la culture lui intimant de remettre en place le signal chez les 1,5 million de foyers TNT Sat installés dans des zones où le satellite est le seul moyen de recevoir la télévision.

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                Canal+ rétablit la diffusion de TF1 sur les offres satellite



Hommage à Johnny Hallyday
Coup d’envoi de la 33e campagne des Restos du Cœur, le spectacle des Enfoirés, enregistré au Zénith de Strasbourg, proposait à l’affiche 33 artistes, d’Amir à Zazie, en passant par Jean-Louis Aubert, Bénabar, Patrick Bruel, Nicolas Canteloup, Julien Clerc, Marc Lavoine, MC Solaar, Michaël Youn et Marie-Agnès Gillot, Etoile du Ballet de l’Opéra de Paris.
Un hommage y a été rendu à Johnny Hallyday, l’un des tout premiers Enfoirés, au côté de Coluche lors de la tournée inaugurale en 1989, quatre ans après la création des Restos du Cœur.
Le double CD et le DVD « Enfoirés 2018 : Musique ! », avec l’intégralité du concert et de nombreux bonus, seront mis en vente au profit des Restos du Cœur. Chaque vente assurera à l’association la distribution de dix-sept repas. L’an dernier, les fonds recueillis ont permis de distribuer 15 millions de repas.



                            


                        

                        


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L’inquiétant recul de la liberté de la presse en Europe centrale et orientale

La concentration des médias aux mains des oligarques menace le pluralisme.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 15h02
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Même s’il avait conscience que les nuages menaçants s’amoncelaient à l’horizon, Michal Badin ne pensait sans doute pas devoir un jour pleurer l’un de ses confrères. Ce journaliste travaille pour le grand site slovaque d’information Aktuality.sk, qui appartient au groupe Ringier Axel Springer. Depuis l’assassinat de Jan Kuciak, 27 ans, retrouvé mort chez lui avec sa compagne, dans la nuit du dimanche 25 au lundi 26 février, il se pose de sérieuses questions sur les conditions d’exercice de son métier au cours des années à venir.
« Cela n’a jamais été facile de faire de l’investigation dans mon pays, mais je crois que ce sera désormais plus dur que jamais », souligne-t-il. De fait, c’est la première fois qu’un reporter est tué dans l’un des pays membres de l’Union européenne issus de l’ancien bloc communiste ou de la Yougoslavie, depuis le début de leur intégration, en 2004.
Jan Kuciak enquêtait sur la corruption et les liens tissés entre le monde des affaires et les élites politiques. La police a déclaré que sa mort était « très probablement liée » à son activité professionnelle. Ce précédent est un choc qui secoue toute la région, provoquant colère et inquiétude. En effet, il survient dans un contexte de recul très marqué de la liberté de la presse, alors que la Russie exerce toujours son influence sur cette zone dépendante d’elle au niveau énergétique.
« Discours hostile »
« La détérioration des conditions dans lesquelles les journalistes doivent travailler est nette ces dix dernières années », déplore Pauline Adès-Mével, responsable du bureau Europe-Balkans de Reporters sans frontières (RSF). « Les élus sont de plus en plus enclins à développer un discours hostile aux médias, qui a des répercussions quand les reporters se retrouvent sur le terrain. Ensuite, on a constaté une concentration des groupes de presse entre les mains de quelques oligarques, qui les mettent au service de leurs...




                        

                        


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Turquie : deux journalistes du quotidien d’opposition « Cumhuriyet » libérés

La justice a ordonné leur remise en liberté, le temps de leur procès pour subversion. Ils sont poursuivis pour leurs liens présumés avec le prédicateur en exil Fethullah Gülen.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 00h33
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 06h14
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Samedi 10 mars, il est minuit passé et des centaines de personnes sont regroupées devant Silivri, la prison de la lointaine périphérie d’Istanbul. Elles attendent fébrilement la libération des journalistes du quotidien d’opposition Cumhuriyet, Ahmet Sik et Murat Sabuncu, le rédacteur en chef, incarcérés depuis près de 500 jours pour leur présumé « soutien à des organisations terroristes ».
Leur remise en liberté conditionnelle a été ordonnée quelques heures plus tôt par le tribunal de la prison. En revanche, le tribunal de Silivri a décidé de maintenir en détention le patron du quotidien, Akin Atalay. « Le capitaine quitte le navire en dernier », a ironisé Abdurrahman Orkun Dag, le président du tribunal.
Devant la prison, une légère anxiété est palpable. Vont-ils vraiment sortir? Les décisions de justice ne sont pas toujours suivies à la lettre en Turquie, on l’a vu le 11 janvier quand un tribunal pénal de quartier a refusé de libérer deux journalistes – Mehmet Altan et Sahin Alpay – malgré la décision de la Cour constitutionnelle, la plus haute instance juridique du pays. A minuit trente, Ahmet Sik et Murat Sabuncu sortent enfin. La joie est immense.
Cohue à la prison
Pour autant, leur libération ne met pas un point final au procès intenté par l’Etat turc contre dix-sept salariés de Cumhuriyet, pris dans la machine infernale des purges du post coup d’état manqué du 15 juillet 2016, quand plus de 50 000 personnes ont été incarcérées pour «terrorisme ».
Avec ses 11 000 détenus, la prison de Silivri tourne à plein régime. Vendredi, c’est la cohue. Non seulement une nouvelle audience s’ouvre pour les dix-sept collaborateurs de Cumhuriyet – quatorze libres, trois incarcérés – mais c’est aussi jour de visite pour les familles qui se hâtent en grappes compactes sur la route de la prison où les voitures roulent au pas entre deux barrages de gendarmes.
Policiers anti émeute, gendarmes, hommes en tenue de camouflage lourdement armés, le palais de justice est bien gardé. Journalistes, parents, amis et observateurs sont priés de laisser leurs téléphones portables à l’entrée. Les soutiens des accusés tentent d’improviser une conférence de presse, les policiers tentent de l’empêcher. Le député du Parti républicain du peuple (CHP, principal parti d’opposition) Utku Cakirozer parvient à briser l’interdit.
Le procès traîne
Dans l’immense salle d’audience, l’ambiance est tendue. Les avocats de la défense, plusieurs dizaines, demandent à ce que les journalistes présents soient placés plus près de la barre, ce qui est fait. Les observateurs, parmi eux des diplomates étrangers, sont assis tout au fond de la salle à six cent mètres des accusés. Mais les micros fonctionnent et des écrans plats diffusent les visages des intervenants.
Mehmet Faraç, premier témoin entendu, dépose à charge contre Cumhuriyet, où il a travaillé par le passé. Il pérore contre le changement de ligne éditoriale du quotidien, accusé d’avoir abandonné les sacro saints principes de la République fondée par Atatürk en 1923. Pour lui, le changement de ligne éditoriale relève du code pénal.
En cours depuis neuf mois, le procès traîne en longueur sans convaincre. Accusés d’avoir soutenu en même temps trois groupes terroristes antagonistes (FETO : les partisans de Fethullah Gülen, le cerveau du putsch de juillet 2016 selon Ankara ; le Parti des travailleurs du Kurdistan ; le DHKP-C, une organisation d’extrême gauche violente) les dix-sept collaborateurs de Cumhuriyet risquent jusqu’à quarante-trois ans de prison alors que leurs dossiers d’accusations sont vides, ou plutôt ne contiennent que leurs articles, devenus pièces à conviction.
« Ces accusations sont inimaginables », a déclaré Altan Oymen, un ancien de Cumhuriyet, venu témoigner. Le cas du journaliste d’investigation Ahmet Sik est particulièrement poignant. Emprisonné pendant un an en 2011 pour avoir enquêté sur l’infiltration des institutions d’Etat par la communauté dirigée par Gülen, il vient de passer 434 jours en prison sous l’accusation de soutien à l’organisation qu’il a toujours dénoncé. Vendredi, à l’annonce de sa libération, il n’a pas pu retenir ses larmes.
Le bout du tunnel ?
Le procès Cumhuriyet se poursuit. Prochaine audience, le 16 mars. Les soutiens des journalistes veulent croire que la lumière est au bout du tunnel. Détenu depuis plus d’un an, le journaliste turco-allemand Deniz Yücel, le correspondant de Die Welt en Turquie, n’a-t-il pas été libéré le 16 février?
Mais il aura fallu pour cela des tractations secrètes entre Sigmar Gabriel, l’ex-ministre allemand des affaires étrangères et le président turc Recep Tayyip Erdogan dont on ne sait sur quoi elles ont porté. Emprisonné sans jamais avoir été mis en examen, Deniz Yücel s’est vu remettre son acte d’inculpation à sa sortie de prison, peu avant son départ pour l’Allemagne.
Ces libérations pourraient être dues au fait que M. Erdogan cherche à apparaître sous un meilleur jour à deux semaines du sommet Turquie-Union européenne prévu à Varna (Bulgarie) le 26 mars, avancent des diplomates européens.
La justice continue d’avoir la main lourde. Après les journalistes Ahmet Altan, Mehmet Altan et Nazli Iliçak, condamnés le 16 février à des peines de « perpétuité aggravée » (confinement, droit de visites limités, promenade restreinte), vingt-cinq journalistes accusés d’avoir été impliqués dans la tentative de putsch ont été condamnés jeudi à des peines allant jusqu’à sept ans et demi de prison.
Vendredi, la Cour de cassation a annulé une condamnation à cinq ans de prison datant de 2016 pour les journalistes Can Dündar, ex-rédacteur en chef de Cumhuriyet, réfugié en Allemagne, et Erdem Gül, chef du bureau d’Ankara, réclamant des condamnations plus lourdes encore, cette fois ci pour « espionnage ».

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#metoo à la française : stupeur et… frémissement


                      Le 5 mars, l’association « Pour les femmes dans les médias » remettait ses trophées au Pavillon Dauphine, à Paris, dans une ambiance post-affaire Weinstein. Guillemette Faure, la chroniqueuse de « M », y était.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 15h05
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 10h51
    |

                            Guillemette Faure








   


« Mais pourquoi en France, ça ne sort pas… », me faisait remarquer une journaliste après l’affaire Weinstein. Pourquoi n’avait-on pas vu de stars de la télé, de grands chefs cuisiniers, d’entraîneurs sportifs remerciés en rafale pour des affaires de harcèlement sexuel ? S’il y avait un endroit pour poser la question, c’était aux Trophées PFDM (Pour les femmes dans les médias) décernés lundi dernier au Pavillon Dauphine.
Pour les femmes dans les médias est une association d’une soixantaine de femmes « plutôt dirigeantes », comme dit leur patronne, Françoise Laborde. Ce soir, elles organisent une remise de prix et une table ronde sur le harcèlement dans les médias – « Différences des prises de parole des femmes en France et aux USA ».
Présidente des Césars 2018, « Vanessa Paradis a une trop petite voix pour dire à toute une salle de se lever, façon Frances McDormand », explique la réalisatrice Tonie Marshall.
Trois jours plus tôt se tenait la soirée des Césars. « Je me suis dit, là on va assister à quelque chose, raconte Françoise Laborde. D’accord, il y a eu les rubans blancs, mais je suis un peu restée sur ma faim… », dit-elle à propos du militantisme qui consiste à épingler à son vêtement ce qu’on vous distribue à l’entrée. La réalisatrice Tonie Marshall essaie d’expliquer ce qui s’est passé dans le milieu du cinéma : « C’était un peu compliqué… Il y avait des associations avec des initiatives qui partaient dans tous les sens, qui n’ont pas réussi à se coordonner, tâtonne-t-elle. Et puis, de toute façon, Vanessa Paradis a une trop petite voix pour dire à toute une salle de se lever, façon Frances McDormand. »
Les groupes de femmes dans les médias ne sont pas monolithiques. Il y a aussi le collectif Prenons la Une, par exemple, qui trouve leurs aînées bien sages. Peut-être parce que les « plutôt dirigeantes » ne s’en sont pas si mal sorties et qu’elles sont de l’école du féminisme qui commence toujours par remercier les hommes qui sont là.

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                Le collectif Prenons la « une » devient une association pour aider les victimes de harcèlement dans les médias



L’UNEF, les syndicats, l’affaire Baupin… Brigitte Grésy, spécialiste de l’égalité entre hommes et femmes, est plus optimiste. On ne peut pas dire qu’il ne se soit rien passé en France. « Dès qu’un foyer s’éteint, un autre s’allume ailleurs… » Elle sent un mouvement frémir du côté des hommes. « Il faudrait seulement qu’ils se désolidarisent des sexistes pour faire passer leurs grosses blagues pour des ringardises. »
Des sacs « Féministes » chez Monoprix
Flavie Flament est là. Françoise Laborde lui dit que « c’était extrêmement courageux de dire : “Il y a un vieux con qui m’a violée et il s’appelle David Hamilton”… » « Ce qui nous empêche de parler, c’est qu’on sait qu’on a en soi du moche, répond l’animatrice [qui, avec la réalisatrice Magaly Richard-Serrano a reçu ce soir-là le prix Fiction pour La Consolation, adaptation de son roman autobiographique pour la télévision]. En octobre 2016, j’étais toute seule… » Aujourd’hui, on achète des sacs imprimés « Féministes » chez Monoprix à 19,99 euros mais le mouvement #metoo n’a pas secoué la société française aussi profondément que la société américaine.
La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa a également été invitée. Elle aussi pense que « c’est plus difficile en France ». Au buffet, l’ancienne ministre Laurence Rossignol regrette qu’on soit allé « aussi vite pour poser un couvercle sur la marmite ». Elle cite les mots d’Emmanuel Macron, le 25 novembre, qui ne voulait pas « qu’on tombe dans un quotidien de la délation ». Il aura fallu peu de temps pour que celles qui portent plainte passent pour des menteuses, pour qu’on s’en prenne à Caroline De Haas plus qu’aux harceleurs. « Y a qu’en France qu’on a trouvé cent femmes pour signer une pétition pour défendre les hommes… »

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                Marlène Schiappa : « On ne m’a jamais dit : “Ce ne sera pas possible” »



« Il est où notre harcelé ? », demande une femme en se servant un verre. Car une heure plus tôt, à la fin de la table ronde, c’est un homme qui a levé la main en premier dans cette salle féminine à 99 %. Il s’appelle Laurent et il a une question. En fait, il a juste quelque chose à dire, avec ces phrases très longues qui poussent les animateurs à demander si vous avez une question. « Il ne faudrait quand même pas qu’on en arrive à une dérive comme aux Etats-Unis… » Mais l’argument de « l’Amérique qui fait peur », comme dirait Frédéric Mitterrand à propos de l’affaire Polanski, ne fait plus mouche. La spécialiste des Etats-Unis Nicole Bacharan met les choses au point : les histoires de couples américains tenus à sortir des contrats de consentement avant de s’embrasser, ce sont des légendes urbaines, elle n’en a jamais vu.
Mais l’homme qui a pris le micro ne le lâche plus. Il s’excuse d’être arrivé en cours de route, ce qui ne l’empêche pas d’avoir des remarques sur ce qu’il n’a pas entendu. Par exemple, il dit qu’il n’y a pas que les femmes, que lui aussi a été harcelé. Françoise Laborde se tourne vers lui : « Vous avez été harcelé ? Mais on veut des détails… D’ailleurs vous étiez habillé comment ? »



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Chronologie des médias  : bientôt des films plus récents sur tous les écrans ?

« Le Monde » s’est procuré le scénario proposé vendredi par les médiateurs du secteur du cinéma et de l’audiovisuel.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 11h47
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

C’est un « scénario de compromis » que les médiateurs Dominique d’Hinnin (ancien dirigeant du groupe Lagardère) et François Hurard (ancien directeur du cinéma du Centre national du cinéma), mandatés pour favoriser un accord sur la chronologie des médias, ont présenté aux professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, vendredi 9 mars.
Avec ce schéma, que Le Monde s’est procuré, le spectateur pourrait demain acheter la majorité des films à la demande trois mois après leur sortie en salles, au lieu de quatre aujourd’hui. Et les films resteraient disponibles à l’achat tout le temps, au lieu de disparaître des catalogues au bout de six mois. Sur Canal+, le téléspectateur pourrait regarder des films passés sur grand écran six ou sept mois auparavant, et non plus dix mois. Sur TF1, France 2 ou M6, les longs-métrages proposés seraient un peu plus récents.
De plus, certains services de vidéo à la demande par abonnement pourraient diffuser des films au bout de quinze mois et non plus trente-six mois, à la condition toutefois qu’ils s’engagent à financer le cinéma français comme le font les chaînes payantes OCS ou Ciné+. En revanche, les plates-formes étrangères, comme Netflix ou Amazon, n’auraient toujours pas le droit de proposer des films sortis en salles il y a moins de trois ans. Sauf s’ils acceptaient d’embrasser ces règles de l’exception culturelle française, et devenaient donc « vertueux ».
Les deux médiateurs, nommés en novembre 2017 par la ministre de la culture, Françoise Nyssen, ont suivi certains principes : ils conservent l’idée fondatrice selon laquelle plus un diffuseur finance le cinéma français, plus les films qu’il peut offrir sont récents. Mais ils avancent toutes les « fenêtres », pour lutter contre le téléchargement illégal. Les services de vidéo à la demande sur abonnement se voient offrir une petite porte pour entrer dans le système, sous réserve d’efforts de financement.
Le schéma proposé...




                        

                        

